icone-Gri-Gri.jpg

Présentation

  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
  • : actualité politique afrique Sarkozy facebook Actualité
  • : Depuis sa naissance en 2001 au Gabon, le Gri-Gri International empêche de dormir les rois nègres, les ministres corrompus ou excessivement coopérants, les experts internationaux véreux, les personnels d'ambassades incompétents, les journalistes propagandistes et simplificateurs...
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact
  • : 09/01/2009

Acheter les livres du Gri-Gri

EKIROK.jpg

Interdit aux bâtards - 10 euros

En ligne getbusy.bigcartel.com

Ou chez EKIROK

61 Rue Saint-Denis, 75001 Paris

Les Halles

Ou chez Anjuna

37 Rue Faidherbe, 75011 Paris

Métro Charonne/Faidherbe-Chaligny

www.anjunabijoux.com


couv-reijasse-cap.jpg 

En ligne : 10 euros + frais de port

www.nouveaucourrier.net

En vrai :

Le Monte en l'air

75, rue de Ménilmontant 75020 Paris

Lady Long Solo

38, rue Keller 75011 Paris

Le Libre-Ère

111 bd de Ménilmontant 75020 Paris

  

 cap-IBNI-couv-2.jpg 

En ligne : 10 euros + frais de port

www.nouveaucourrier.net

En vrai :

Présence Africaine

25bis, rue des écoles 75005 Paris

Lady Long Solo

38, rue Keller 75011 Paris

Le Libre-Ère

111 bd de Ménilmontant 75020 Paris

 

couv-ouattara-def.jpg

En ligne : 10 euros + frais de port

www.nouveaucourrier.net

En vrai :

Présence Africaine

25bis, rue des écoles 75005 Paris 

Le Libre-Ère 

111 bd de Ménilmontant 75020 Paris

 

 on-a-gagne-seul.jpg

En ligne : 10 euros + frais de port

www.nouveaucourrier.net

En vrai :

Présence Africaine

25bis, rue des écoles 75005 Paris

Le Libre-Ère

111 bd de Ménilmontant 75020 Paris

Compteur

medias

Recherche

Éditions du Gri-Gri / 10 euros

on-a-gagne-seul.jpg  Kouamouo couv 2  cap IBNI couv 2

couv reijasse cap Couv-livre-seul.jpg

Mardi 22 avril 2014 2 22 /04 /Avr /2014 21:00

  

Article initialement mis en ligne le 4 mai 2009 (Hugeux est un clou rouillé sur lequel nous ne finirons jamais de taper)


Il était un nommé Vincent Hugeux. Spécialiste de l'Afrique à l'Express - au sein de la Société des journalistes duquel il exerce des responsabilités (son côté délégué de classe fayot ?).

Les pages de l'hebdo dirigé par l'ami de Carla "Patience" de Bruni-Sarkozy lui semblant trop étroites pour ses considérables réflexions, ses prodigieuses enquêtes et ses incommentables jeux de mots, il publia en 2006 un ouvrage monumental, à la verve satirique rarement égalée depuis - à part, peut-être, par l'immense Béchir Ben Yamed dans l'impayable (mais très achetable) Jeune Afrique. 

Le livre s'appelait Les sorciers blancs. Et se présentait comme une manière de pamphlétaire et stimulant essai sur les "blancs" qui s'agitent et opèrent dans la communication, le journalisme et la politique en Françafrique... 

Comme prévu, ceux qui furent attaqués dans le bouquin avaient presque tous en commun d'être... noirs. 

Le Gri-Gri (déjà pro-Gbagbo) prit une avoine de six pages, directement dictées à Hugeux par nos anciens amis les "Bakchiens" - aka les amateurs de Bakchich (point info) -, qui avaient à coeur de nous aider à leur survivre. Un tissu de saloperies et de calomnies qu'il eût été rapide et aisé de vérifier : en nous appelant, par exemple. Pas le genre de Vincent Hugeux. L'homme coiffé comme les acteurs pornos des années 70 qui dispense, pourtant, des cours de journalisme... 

Autre illustration du journalisme selon les règles d'Hugeux : reprendre sans les vérifier des informations erronées, et déjà condamnées par la justice (est-il bête !), au sujet de la directrice d'Africa International, Marie-Roger Biloa.  

Devant les tribunaux, Hugeux et son éditeur Fayard en furent quitte pour quelques milliers d'euros.

À notre connaissance, Vincent Hugeux continue d'aimer l'Afrique...

Dessin - Waga   Texte - Grégory Protche

Par Gri-Gri International Waga - Publié dans : Comptes à régler et compteurs à relever - Communauté : Afrique panafricaine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 avril 2014 2 22 /04 /Avr /2014 06:00

Steve-Beko-20-avril-14-Paris.jpg

Par Gri-Gri International R.D. - Publié dans : Gos et Gars du moment - Communauté : Afrique panafricaine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 avril 2014 2 22 /04 /Avr /2014 04:00
Par Gri-Gri International dr - Publié dans : Des débuts de livres - Communauté : Afrique panafricaine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 avril 2014 2 22 /04 /Avr /2014 00:00

laurent gbagbo

L’ESPOIR

 

11 avril 2011 - 11 avril 2014. Trois ans ont passés depuis la rupture brutale de l’ordre constitutionnel en Côte d’ivoire dans les conditions que nous connaissons tous désormais. Trois ans que le président Laurent Gbagbo,  proclamé élu par l’instance suprême de son pays, est retenu prisonnier, à Korhogo d’abord, dans des conditions indignes dont les responsables porterons à jamais la marque d’infamie de leur acte, à La Haye ensuite, au cœur de l’Europe démocratique, toujours prompte à se mobiliser au nom du Droit et de la Liberté mais qui peine à respecter l’Autre dans les faits et à admettre ses errements. Trois ans qu’une accusation menée, au début, par un Procureur aveuglé par sa partialité suspecte et sa proximité douteuse avec un pouvoir imposé par la force à un peuple avide de liberté, poursuivie ensuite par une Procureure enfermée dans les « certitudes » héritées de son prédécesseur, s’arcboute sur un dossier que la Défense du Président avait déjà mis en pièces lors des audiences de février 2013. 

Trois ans que les Libertés fondamentales sont régulièrement bafouées en Côte d’Ivoire : détentions illégales et illégitimes de dirigeants politiques spoliés de leurs biens dans le même temps, vexations et intimidations quotidiennes de simples citoyens, instillation du venin de l’ethnocentrisme (le « rattrapage ethnique », version ouattarienne de « l’épuration ethnique »). Trois ans que l’économie nationale est soumise à un clan kleptomane qui « travaille » avec l’argent que la population, un peu plus paupérisée chaque jour, voudrait bien voir « circuler ». Trois ans que la Côte d'Ivoire, miraculeusement, continue d’exister dans l’espoir de jours meilleurs mais dont la foi est soumise à rude épreuve.

Et pourtant, pendant ces trois (trop) longues années, des milliers et des milliers  d’énergies, petites et grandes, unies dans le même combat pour la Justice et la Vérité, ont dit non à la forfaiture et au découragement et, aujourd’hui, la flamme, hier vacillante, de l’Espoir brûle à nouveau et éclaire le chemin qui mène à une Côte d’Ivoire réconciliée et unie dans sa diversité.

Le président Gbagbo, le premier, qui n’a jamais renoncé dans l’épreuve, affirmant dès le 5 décembre 2011 devant la Cour à la CPI : « nous irons jusqu’au bout » et qui, j’en porte témoignage, n’a jamais douté de l’issue, faisant preuve d’une force d’âme peu commune et d’une volonté absolue de préserver le tissu national, sans aucun esprit de revanche, mais farouchement décidé à faire reconnaître son bon droit qui se confond avec la volonté d’une immense majorité d’Ivoiriens et d’Ivoiriennes.

Le peuple ivoirien ensuite, car le combat du Président, depuis ce funeste 11 avril, n’a pu se mener sans l’extraordinaire capacité de résilience des Ivoiriens et des Ivoiriennes, au pays d’abord, dans les conditions les plus pénibles, dans la diaspora ensuite, sous toutes les formes et avec le soutien  chaque jour plus sensible de tous ceux, africains ou non, attachés au respect du droit.

Qui aurait pensé, le 12 avril 2011, alors qu’Abidjan, couverte des fumées noires des bombardements, portait le deuil d’une démocratie « assassinée », que trois ans plus tard la Vérité serait proche d’être reconnue, que le pouvoir en place serait acculé à des prises de décisions imposées par toutes les pressions qu’il subit, tant au plan national qu’international ?

Car ne nous trompons pas : le pouvoir actuel n’a pas choisi « spontanément » de libérer les dirigeants enfermés à Bouna, Boundiali ou ailleurs. Le pouvoir n’a pas décidé d’organiser la réconciliation ni de dégeler les comptes et libérer les biens des personnes spoliées depuis le 11 avril. Il concède, pas à pas, des « avancées », souvent, caractéristique absolue de sa vraie nature, dans la plus mauvaise foi, comme le démontre l’épisode honteux du « dégel » des 48 comptes la semaine dernière.

Désormais l’horizon  se dégage : l’échéance à venir est l’élection présidentielle d’octobre 2015. C’est elle qui va permettre à la Côte d’Ivoire de retrouver son « rythme »constitutionnel, fracassé il y a trois ans et aux Ivoiriens et Ivoiriennes de se réconcilier, dans la diversité de leurs origines et croyances, mais dans l’intérêt national au service des générations futures.

En cet anniversaire douloureux mais où l’Espoir ne doit rien concéder à l’abattement et à la résignation, c’est cette vision d’un futur commun pacifié qui doit animer les uns et les autres.

Et cet Espoir passe par un impératif « catégorique » : la libération de tous les prisonniers politiques, au premier rang desquels le président Gbagbo, dont la présence effective dans le processus de réconciliation nationale est incontournable. Il reviendra alors aux Ivoiriens et Ivoiriennes  de choisir, en toute liberté, leur avenir.

Le 11 avril 2014

Bernard Houdin

Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo

Porte-parole pour l’Europe et l’Amérique

 

 

Par Gri-Gri International Bernard Houdin - Publié dans : Côte d'Ivoire - Élections 2010 - Communauté : Afrique panafricaine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 avril 2014 1 21 /04 /Avr /2014 23:00

Yaya-Cissou-Interdit-24-mars-14.jpg

 

1) Papounet, je crois que ce que j'ai hérité de toi, c'est les conneries.

 2) Je déteste très peu de gens, j'aime quelques personnes. Entre les deux, il y a beaucoup d'individus dont je n'ai strictement rien à foutre, et dont certains croient être assez importants pour appartenir à une des deux premières catégories.

 

Pour vous procurer Interdit aux bâtards, le livre de cultes de Sear / Get Busy 

getbusy.bigcartel.com 10 euros +port


Par Gri-Gri International dr - Publié dans : Interdit aux batards Sear / Get Busy - Communauté : Nawakulture !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 avril 2014 1 21 /04 /Avr /2014 22:30

 

 

Où étiez-vous, Stanley Koudou Prager, le 11 avril 2011 ? #31

Figure "française" et "ivoirienne" à part entière de la résistance ivoirienne en France, Stanley Koudou Prager a battu le pavé, organisé, rameuté, gueulé sous la pluie et la neige, pris le gaz des crs... À Paris, à La Haye, depuis décembre 2010 et le début de la crise postélectorale ivoirienne, il est toujours là, aux côté des Ivoiriens.

Film in progress sur la résistance ivoirienne, en lutte, à Abidjan, à Londres, à Paris, à Washington, Stockholm, Bruxelles, Copenhague, Florence, au Ghana, au Bénin, au Libéria ou au Togo...

 

Par Gri-Gri International HGMJ - Publié dans : Gos et Gars du moment - Communauté : Afrique panafricaine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 avril 2014 1 21 /04 /Avr /2014 22:00

Interdit-Comptoir-28-avril-2014.jpg 

 

Sear / Get Busy est un de ces personnages qui peuvent parler des deux côtés du périphériques et aux deux côtés du périphérique. 
Fondateur dans les années 90 de l'ultime fanzine Get Busy dont la devise était "Interdit aux bâtards". 
Proche des NTM, en 1998 il anime Authentik, le premier magazine gratuit à grand tirage distribué dans les FNAC. En 2000, il réalise avec Alain Chabat le documentaire Authentiques (Un an avec le Suprême). Dans la foulée, il relance le phénix Get Busy mais cette fois en magazine et en kiosques. Get Busy restera comme LE magazine de la sous-culture banlieusarde. 
Depuis 2008-2009, Sear explore les réseaux sociaux, et y trouve un terrain nouveau d'expression. 

LECTURE ET PRÉSENTATION 
autour du livre "Interdit aux bâtards" et son auteur Sear/Get Busy, publié aux éditions Gri-Gri. 
Le livre sera en vente dans la Bibliothèque Municipale du Comptoir Général. 

SOIREE SECOUSSE - sur la nouvelle piste de danse
19h00 - 2h00
GET BUSY, avec Dj Diemone, Dj Sims, Dj Lord Issa & Dj Tron (+ friends)

Lien vers la page Facebook de l'évènement


Calixthe-interdit.jpg 

 

Et si tu veux, comme Calixthe Beyala, pouvoir poser avec le livre de Sear / Get Busy...

1) fais-toi inviter à la télé ou en radio avec lui (à chaque fois, on l'offre aux autres invités)

2) va sur getbusy.bigcartel.com 10 euros +port


Par Gri-Gri International - Publié dans : Interdit aux batards Sear / Get Busy - Communauté : Afrique panafricaine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 avril 2014 1 21 /04 /Avr /2014 15:00

Blog-Hugeux-cap-copie-1.jpg 

Correction infligée à un post de Vincent Hugeux qui l'a bien mérité.

 

On y a cru. Triviale phrase d'introduction. À quoi sert ce pronom indéfini sur un blog personnel ?

On a vraiment voulu croire que l’alternance politique survenue au printemps 2011 en Côte d’Ivoire, si chaotique fut-elle, sortirait de l’ornière l’enquête sur l’enlèvement -et selon toute vraisemblance l’assassinat- de Guy-André Kieffer. Décidément, Ô journaliste à tête d'acteur porno des années 80, pourquoi uses-tu de ce "on" ? Aurais-tu peur de bientôt te retrouver seul à croire à toutes les balivernes que tu charries comme tu respires ?

"Alternance politique", écris-tu... es-tu au courant que même Gérard Longuet a publiquement admis que l'armée française était militairement intervenu ("500 hommes")... donc, ton alternance politique, c'est quoi ? Tu la qualifies de "chaotique"... les Ivoiriens tués par les incapables rebelles soutenus par l'armée et les médias gaulois goûteront certainement ce délicat adjectif, pas du tout incongru relativement à une crise politique et militaire (avec embargo sur les médicaments, sur lequel, vieux crapaud, tu continues de faire silence) à l'issue de laquelle seront déplorés plus de 3 000 morts. 

Excès de candeur ? Sans doute. Pardon, Petrol Han man, mais la candeur, venant de toi... avec tes vieux jeux de mots laids de vieux beau, tes "bons mots" de mauvais journaliste - car tu es, d'abord, un excessivement mauvais journaliste, qui ne doit sa place qu'au structurel et structurant racisme de la presse française.

Car dix ans jour pour jour après la disparition du journaliste franco-canadien, le mystère reste entier et l’apathie judiciaire intacte. Et tu n'auras mis que trois ans à t'en apercevoir...?! Quel scrupuleux et attentif observateur de la vie politique ouest-africaine tu fais ! Quel limier ! Cette aussi fumeuse que fameuse affaire Kieffer, avec laquelle, comme tous tes cons-frères, tu t'es tant amusé, faisant comme si, toi aussi, tu savais, mais ne pouvais pas dire, comme si, toi aussi, l'affreux vilain méchant génocidaire Gbagbo t'empêchait de l'évoquer.

« Pas le moindre frémissement », déplore son frère Bernard, qui vient d’achever la rédaction d’un ouvrage consacré à ce « crime d’Etat. » Bravo : tu ne sais, comme tout le monde, rien ou à peu près, en tout cas tu ne peux rien prouver, mais tu te permets, Ô prof de journalisme qui enseignes et pratiques si peu, de voir dans cet "enlèvement" un "crime d'État". C'est bien, comme formule, cossue : "crime d'État. Solennelle. Importante. Exactement ce que le pitre pitoyable aigrisonnant que tu es voudrais paraître. J'ai bien compris : tes guillemets te dédouanent, c'est pas toi, c'est le frère Kieffer qui l'a dit. Tu ajoutes donc la lâcheté à la somme de tes pluriels travers (de porc).

Un peu comme si, singulier paradoxe, le nouveau pouvoir du pays des Eléphants avait autant à redouter les effets de la vérité que le régime déchu. Quelle merveille. Un "singulier" paradoxe. Là où moi je vois un salaud (au sens sartrien) qui feint de découvrir ce que tout le monde redoute, et qu'il ne peut ignorer. La presse ivoirienne et africaine s'est assez épanchée sur cette affaire ces trois dernières années pour que l'on pût attendre de toi plutôt et plus tôt l'énoncé de ce paradoxe peu coûteux (ne dois-tu pas à tes lecteurs la vérité au moment où tu l'apprends)... tu ne peux pas plus prouver aujourd'hui qu'hier, mais hier tu affirmais, aujourd'hui, du bout des lèvres, tu concèdes un "singulier paradoxe". En matière de reptation et d'anguillerie, tu te poses là ! Hier, de l'absence d'éléments, tu déduisais, balayais et dissipais . Aujourd'hui, tu minaudes comme une jeune fille au moment d'enlever sa culotte.

Flash-back. 16 avril 2004. « GAK », qui s’échine à décrypter les malversations au sein de la filière café-cacao, pénètre dans le parking d’un centre commercial d’Abidjan, où il a rendez-vous avec Michel Legré, le beau-frère de la Première Dame de l’époque Simone Gbagbo. Waou ! Quel polardeux tu fais ! Ce sens de la mise en scène ! Comment tu nous mets dans l'ambiance direct ! "GAK" qui pénètre dans le parking d'un centre commercial. On s'y croirait ! On croirait que tu y étais !

T'aurait-ce vraiment coûté en nombre de signes que de rappeler que "GAK" n'était plus vraiment journaliste, mais directement impliqué dans la filière café-cacao au moment de sa disparition ? Pourtant, ça, pour tes lecteurs, c'est une information...

Depuis, plus rien. Je te le fais pas dire ! Me demande même pourquoi t'as pas ouvert ton post là-dessus.

De lourds soupçons certes, des rumeurs et des fausses pistes à foison. Euh, Vincent, tu veux qu'on te mette le nez dans ton caca, comme on fait avec les chiots pour leur apprendre à être propre ? "De lourds soupçons", "des rumeurs" et "des fausses piste"...exactement ta matière première depuis dix ans ! Elle est plus bonne à bouffer et à faire bouffer, c'est ça ?

Mais ni aveux, ni cadavre. Et toujours pas une fois le nom "Ouattara"... ne serait-ce que pour situer ? Même journalistiquement, tu deviens très très limite. Aux confins du révisionnisme.

 

Ramael Kieffer www.legrigriinternational.com


Ce en dépit du travail acharné conduit en milieu hostile par le juge d’instruction Patrick Ramaël, contraint de « décrocher » le 1er septembre 2013, à l’expiration de son mandat décennal ; et malgré les démarches répétées de la famille de Guy-André, tel ce énième courrier, adressé à François Hollande en janvier. Là, je t'admire : faire glisser, l'air de rien, les trois années de pouvoir de Ouattara en profits et pertes, les inclure de fait dans le règne Gbagbo : chapeau bas. 

 « D’autant plus agaçant, soupire Bernard Kieffer, que les autorités ivoiriennes ont sous la main la plupart des protagonistes ». Je t'adore quand tu fais ta petite chatte : "les autorités ivoiriennes". C'est si dur à prononcer : le clan Ouattara ? C'était bien le terme que tu employais pour désigner le précédent président, élu lui sans l'armée française, "clan"...

"La  plupart des protagonistes", mais ni le cadavre, ni la vraie dernière épouse ghanéenne de Kieffer (dis à Osange, que toi-même tu n'oses plus évoquer, qu'à part les attardés malhonnêtes de Reporters sans frontière plus personne ne croit à ces sornettes intéressées.) 

J'y songe... Gbagbo n'étant pas sous la main des ivoiriennes, doit-on en conclure qu'il ne fait pas partie des protagonistes ?

 A commencer par l’ex-First Lady, en résidence surveillée à Odienné (Nord), ou celui qui fut le caïd de sa sécurité rapprochée Anselme Seka Yapo, dit « Seka Seka », détenu au secret. C'est bien, t'es fort en synonymes : first lady pour Simone. Tu aurais pu cependant, par respect pour ton lectorat (ces gens, les innocents, qui te croient journaliste) préciser que Simone Gbagbo est réclamée par la CPI (en plus ça aurait mis un peu de mastic à ta version de son rôle, rien que le terme cour pénale internationale)...et que Ouattara ne veut pas la livrer ! Que la justice ivoirienne se prétend incapable de juger Gbagbo et Blé Goudé, mais tout à fait en mesure de le faire pour Simone. Je sais, ce n'est pas flatteur pour ce régime que tu as appelé de tes voeux et de tes articles, mais ce n'était pas un élément complètement inapproprié ici. On pourrait, par exemple, penser que si Ouattara garde Simone Gbagbo, c'est justement pour pouvoir établir ses responsabilités dans l'affaire Kieffer... mais non, suis-je bête, vlà dix lignes que tu t'acharnes à faire oublier que Ouattara finit par devenir suspect dans cette affaire à force de ne vouloir pas la résoudre.

Ajoutons qu'on sait maintenant grâce à toi que la démocratie a le droit de détenir un individu au secret. Ça ne semble ni t'offusquer moralement, ni digne à tes yeux d'être explicité. Ça signifie quoi "être au secret" ? (À moins que, là encore, tu gardes pour toi ton sentiment réel sur la "démocratie" ivoirienne sous Ouattara, dont tu vas enfin citer le nom).

Au fond, tout se passe comme si Alassane Ouattara et les siens voyaient dans le cas Kieffer une entrave au processus de « réconciliation nationale », d’ailleurs en souffrance. Celle-là, c'est ta plus belle. Ta plus belle saloperie : ce serait pour ne pas entraver la réconciliation nationale que le magnat-gnime ADO, dit l'attardé, ne favoriserait pas l'enquête. Quelle belle idée tu te fais de la séparation des pouvoirs... in fine, comme disent les cuistres de ton espèce, les pro-Gbagbo seraient bel et bien les coupables, qu'on ne voudrait pas courroucer, les pauvrets, en vue d'enfin réussir cette satanée réconciliation nationale. (Qui serait donc au point mort et par leur faute... GAK involontaire responsable de la non-réconciliation en Côte d'Ivoire ?).

À moins que tu n'induises ici la possibilité d'une culpabilité ouattariste ? Connaissant ta légendaire servilité et ta proverbiale absence d'autonomie intellectuelle, permets-moi d'en douter. 

Ou un obstacle parmi d’autres au retour sur l’échiquier électoral du Front populaire ivoirien (FPI), parti à la dévotion de Laurent Gbagbo. Bienheureux celui qui nous fournira un document émanant du FPI faisant de la non-résolution de l'affaire Kieffer un préalable politique. Sinon, c'est mieux encore qu'un procès d'intention.

"Parti à la dévotion de Laurent Gbagbo"... t'as oublié de traiter les partisans de Laurent Gbagbo et du Front populaire ivoirien, à qui la Côte d'Ivoire doit le multipartisme (quand même !), d'illuminés, d'ivoiritaires, de mystiques... tu aurais pu, à l'instar de ta consoeur Maria "Malaria" Malagardis ajouter pour faire bonne mesure les mèches de Simone nouées grâce aux boyaux d'enfants béninois sacrifiés, ça manque un peu. Pour une fois, tu as été court en adjectifs désuets et savoureux, en adverbes ironiques et formules enflées.

 

cacao

 

D’ores et déjà, chacun sait que jamais « Simone » ne sera pas livrée à la Cour pénale international de La Haye. « Elle y aurait pourtant au moins autant sa place que son époux Laurent, avance un magistrat familier du dossier. Une certitude : s’agissant de Kieffer, la thèse de la bavure d’un subalterne ne tient pas. L’ordre venait de très haut. » "Chacun sait", belle expression d'enfumeur dépourvu d'arguments et de preuves. Sachant que "tout le monde" est un con, que penser de ce "chacun" ? 

Bon point, tu soulèves le fait que Simone Gbagbo ne soit étonnamment pas envoyée à La Haye : pourtant avec toutes les nattes qu'elle avait - tu sais, toutes celles que les hommes de Ouattara et Soro lui ont arrachées à l'Hôtel du Golf, sans que ça ne t'arrache à toi la moindre phrase -, elle a du en sacrifier des enfants béninois !

Simone est pas à La Haye, mais elle DEVRAIT ! Foi d'Hugeux ! À l'appui, comme si cela prouvait quoi que ce fut, la citation invérifiable du tocard anonyme... "le magistrat familier du dossier" ! Je dis tocard, comme j'aurais pu dire ENCULÉ, FILS DE PUTE, ESCROC, COCAÏNOMANE ou VIOLEUR D'ENFANTS... un témoin sans nom, même avec une situation sociale prétendue, c'est rien, Vincent, tu le sais bien. Personne. Toi qui comme tes frères en journalisme français a recours à l'honteux procédé à longueur d'articles. Il vaut pas tripette, ton magistrat inconnu, l'âne Onime. Merde, Vincent, respecte un peu tes lecteurs ! Les crois-tu aussi attardés qu'ADO et si peu que cela au fait des moeurs et pratiques journalistiques depuis Balzac ? 

Manque la volonté d’établir les faits et d’en payer le prix. Relis les numéros du Nouveau Courrier, tu verras, on est déjà largement en mesure de démontrer aujourd'hui que le clan Ouattara était bien plus dérangé que Gbagbo par les découvertes de Kieffer sur les bénéfices réalisés par les spéculateurs d'Armajaro grâce à la rébellion de septembre 2004... Kieffer a même écrit, c'est également aujourd'hui établi, un article plutôt fourni sur cette question.

De quel prix parles-tu ? Qui le payerait ? Parce que là, telle que ton post est troussé, ça donne à penser que c'est bien à Ouattara qu'elle manque, cette volonté.

Carence aggravée par le jeu des connivences et des volte-face. Tel juge ivoirien, hier connu pour torpiller les auditions préjudiciables au clan Gbagbo, paradait peu après le triomphe des ouattaristes au volant de sa berline de fonction dernier cri. Quand la justice devient variable d’ajustement d’une équation politique… Qu'est-ce que je te disais sur le "clan" Gbagbo... c'est plus fort que toi.

Chef d'oeuvre de maïeutique à l'usage de débiles profonds : si maintenant l'affaire n'avance plus c'est à cause de cette persistante pratique des magistrats ivoiriens : retourner leur veste. Et comme le pouvoir, ce coup-ci, laisse la justice indépendante, nous vlà à la merci d'un facétieux refondateur recyclé.

Tu me la copieras cent fois ta sentence sur la justice variable d'ajustement. Clichetonner est un pêché. C'est à cause de plumes comme toi que le peuple s'éloigne des médias.

Peut-on ainsi passer par pertes et profits, pour solde de tout (mé)compte, la dépouille d’un gêneur ? Indigné l'Hugeux, hesselien ! Sans oublier la ptite astuce...

Evidemment non. Voilà pourtant exactement ce que tu viens de faire ! 

Pour preuve, le rassemblement programmé ce mercredi à 12H30 place Gambetta, dans le XXe arrondissement de Paris. Ou la campagne d’affichage orchestrée jusqu’au 1er mai à Abidjan par Reporters sans frontières (RSF), avec le concours du Comité de soutien des journalistes ivoiriens. Déjà sous Gbagbo, vous préfériez vous rassembler (et envahir les médias) que nous produire des preuves. Nul doute que Ouattara, lui, y sera sensible. Enfin, je parle des agapes parisiennes. Ce qui se passe à Abidjan, on lui raconte. Il n'y est pas assez souvent, malade comme il est (yako).

Projet imaginé par notre confrère Baudelaire Mieu. « C’est le moins que je puisse faire pour celui qui m’a tout appris dans ce métier, confie-t-il. Ou la preuve qu'il n'y a pas que les footballeurs qui ont en Côte d'Ivoire des prénoms délicieusement surannés.

GAK bossait comme un fou, sans un rond, sourd aux promesses comme aux menaces, uniquement animé par la quête de la vérité. » Le petit "sonore" du pote journaliste africain, devenu émule et donc incontestable.

La vérité ? Elle éclatera tôt ou tard. Dès lors, à quoi bon différer son éclosion ? Hein, ma bonne dame.

 Photo - dr     Texte - Grégory Protche (et V.H.)


Par Gri-Gri International Grégory Protche dr - Publié dans : Côte d'Ivoire - Élections 2010 - Communauté : Afrique panafricaine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 20 avril 2014 7 20 /04 /Avr /2014 05:00

 

Gbagbo Le Hitler noir Le Patriote

 

Le 11 avril, je pense au 29 mars. 29 mars 2011 : Duékoué. Mille morts. Au moins. Morts d’être ce qu’ils sont. En proie à des brutes résumables à ce qu’elles font et défont.

Le 11 avril, je pense à ceux qui auront osé nous dire qu’il n’y avait eu à Duékoué que des affrontements interethniques. Des rixes. Des la bagarre. En tout cas pas d’intention génocidaire.

Le 11 avril, comme Mathilde Thépault, je pense aux Herreros qui continuent d’attendre que l’Allemagne daigne reconnaître le leur, de génocide.

Le 11 avril, je pense à la mâchoire ensanglantée du ministre Désiré Tagro abattu juste après avoir conclu une trêve avec Cochon 1er, l’ambassadeur de France d’alors en Côte d’Ivoire.

Le 11 avril ; je pense à la Jeanne Dark ivoirienne enfermée à Odienné. Simone Gbagbo, mon homme politique préféré. La femme la plus garçon du monde.

Le 11 avril, je pense au maire d’Alepe. Réfugié, comme on dit pudiquement, au Ghana. Me montrant une vieille poule fatiguée, il disait « Greg, je te présente ma basse-cour. » Décembre 2011.

Le 11 avril, je pense à mon maître, Vergès. Ce bordel qu’il aurait mis à la CPI lorsqu’on y a produit de faux documents contre Gbagbo.

Le 11 avril, je pense à Charles Blé Goudé. Traqué, exhibé, humilié, caché, photo-monté, puis finalement envoyé lui aussi à La Haye.

Le 11 avril, je pense à Bernard Houdin, à Guy Labertit, à Stanley Prager, à Michel Galy, à Christine Tibala, à Patrice Broyer, à Hervé Penot… à Philippe Rémond aussi. Surtout.

Le 11 avril, je pense aux enfants nés de couples franco-ivoiriens… ceux qui ont vu le pays de leur père attaquer celui de leur mère. Ou le contraire.

Le 11 avril, je pense à tous les jeunes patriotes ivoiriens morts sous les bombardements et tirs conjoints des rebelles FRCI, de la Force Licorne et de l’ONUCI.

Le 11 avril, je pense à Ban Ki Moon, l’expert-comptable de l’ONU, qui préféra recompter les morts plutôt que les bulletins de vote.

Le 11 avril, je pense à Sarkozy, Hollande, Valls et Fabius.

Le 11 avril, je pense à Mahan Gahé.

Le 11 avril, je pense aux infatigables marcheurs ivoiriens, à Paris, Florence, Stockholm, Montréal, Londres, Washington DC.

Le 11 avril, je pense aux Ivoiriens de Côte d’Ivoire. Celles et ceux dont vous toutes et tous ici attendez le salut. Car le salut ni de La Haye, ni de Paris, ni de  l’ONU, mais bel et bien de Côte d’Ivoire.

Le 11 avril, je pense que si Abidjan tombe, c’est toutes la France-Afrique qui tombera.

Le 11 avril, je pense, et plus que jamais aujourd’hui, que c’est à la Côte d’Ivoire et aux Ivoiriens qu’incombe ce rôle, cette fonction, cette mission : être l’Algérie de l’Afrique noire francophone.

Vendredi 11 avril 2014

 Photo - dr   Texte - Grégory Protche (& HGMJ)

Initialement paru in Le Nouveau Courrier

Par Gri-Gri International Grégory Protche Le Nouveau Courrier - Publié dans : Côte d'Ivoire - Élections 2010 - Communauté : Afrique panafricaine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 20 avril 2014 7 20 /04 /Avr /2014 01:00

 

Jacqueline-Meppiel-Marquez-et-eleves-africains-EICTV-1987.jpg

Garcia Marquez ici avec la monteuse Jacqueline Meppiel et les élèves africains de l'EICTV 1987

Discours prononcé à la réception du Prix Nobel de Littérature 1982 par Gabriel Garcia Marquez

9 août 2010. Antonio Pigafetta, un navigateur florentin qui a accompagné Magellan lors du premier voyage autour du monde, a écrit lors de son passage par notre Amérique méridionale une chronique rigoureuse qui paraît cependant une aventure de l’imagination. Il a raconté qu’il avait vu des cochons avec le nombril dans le dos, et quelques oiseaux sans pattes dont les femelles couvaient dans les dos du mâle, et d’autres comme des pélicans sans langue dont les becs ressemblaient à une cuiller. Il a raconté qu’il avait vu une créature animale avec une tête et des oreilles de mule, un corps de chameau, des pattes de cerf et un hennissement de cheval. Il a raconté que le premier natif qu’ils ont trouvé en Patagonie ils l’ont mis en face d’un miroir, et que ce géant exalté a perdu l’usage de la raison par la frayeur de sa propre image.

 Ce livre bref et fascinant, dans lequel se perçoivent déjà les germes de nos romans d’aujourd’hui, n’est pas beaucoup moins le témoignage le plus étonnant de notre réalité de ces temps. Les Chroniqueurs de l’Amérique nous ont légué d’autres irracontables. Eldorado, notre pays illusoire si convoité, a figuré dans de nombreuses cartes pendant de longues années, en changeant de lieu et de forme selon l’imagination des cartographes. A la recherche de la fontaine de la Jeunesse Éternelle, la mythique Alvar Núñez Cabeza de Vaca a exploré huit ans durant le nord du Mexique, dans une expédition folle dont les membres se sont mangés entre eux, et seuls cinq des 600 qui l’ont entreprise sont arrivés. L’un des nombreux mystères qui n’ont jamais été élucidés, est celui des onze mille mules chargées de cent livres d’or chacune, qui un jour sont sortis du Cuzco pour payer le sauvetage d’Atahualpa et qui ne sont jamais arrivées à destination. Plus tard, pendant la colonie, se vendaient à Carthagène, quelques poules élevées dans des terres d’alluvion, dans les gésiers desquelles se trouvaient des petits cailloux d’or. Ce délire doré de nos fondateurs nous a poursuivis jusqu’il y a peu. À peine au siècle passé la mission allemande chargée d’étudier la construction d’un chemin de fer interocéanique dans l’isthme du Panama, a conclu que le projet était viable à condition que les rails ne fussent pas faits en fer, qui était un métal peu abondant dans la région, mais qu’ils soient faits en or.

L’indépendance de la domination espagnole ne nous a pas mis à l’abri de la démence. Le général Antonio López de Santana, qui a été trois fois dictateur du Mexique, a fait enterrer avec des funérailles magnifiques sa jambe droite qu’il avait perdue dans la dite Guerra de los Pasteles. Le général Gabriel García Morena a gouverné l’Équateur pendant 16 ans comme un monarque absolu, et son cadavre a été veillé vêtu de son uniforme de gala et sa cuirasse de décorations assis dans le fauteuil présidentiel. Le général Maximiliano Hernández Martínez, le despote théosophe du Salvador qui a fait exterminer dans un massacre barbare 30 mille paysans, avait inventé un pendule pour vérifier si les aliments étaient empoisonnés, et a fait couvrir d’un papier rouge l’éclairage public pour combattre une épidémie de scarlatine. Le monument au général Francisco Morazán, érigé sur la place la plus grande de Tegucigalpa, est en réalité une statue du maréchal Ney achetée à Paris dans un dépôt de sculptures usées.

Il y a onze ans, l’un des poètes insignes de notre temps, le Chilien Pablo Neruda, a illuminé cette enceinte avec son verbe. Dans les bonnes consciences de l’Europe, et parfois aussi dans les mauvaises, ont fait irruption depuis ce temps-là avec plus de force que jamais les nouvelles fantomatiques de l’Amérique Latine, cette patrie immense d’hommes hallucinés et de femmes historiques, dont l’entêtement sans fin se confond avec la légende. Nous n’avons pas eu un instant de calme. Un président prometheique retranché dans son palais en flammes est mort en se battant seul contre toute une armée, et deux catastrophes aériennes suspectes et jamais éclaircies ont tranché la vie d’un autre au cœur généreux, et celle d’un militaire démocrate qui avait restauré la dignité de son peuple. Il y a eu 5 guerres et 17 coups d’État, et a surgi un dictateur luciférien qui au nom de Dieu mène le premier ethnocide de l’Amérique Latine de notre temps. Pendant ce temps, 20 millions d’enfants latinoaméricains mouraient avant d’atteindre l’âge de deux ans, ce qui est plus que tous ceux qu’ils sont nés en Europe depuis 1970. En raison de la répression il y a presque 120 000 disparus, c’est comme si aujourd’hui on ne savait pas où sont passés tous les habitants de la ville d’Uppsala. De nombreuses femmes enceintes ont été arrêtées ont mis au monde dans des prisons argentines, mais on ignore encore le destin et l’identité de ses enfants, qui ont été donnés en adoption clandestine ou enfermés dans des orphelinats par les autorités militaires. Pour ne pas vouloir que les choses continuent ainsi près de 200 000 femmes et hommes sont morts sur tout le continent, et plus de 100 000 ont péri dans trois petits pays volontaristes de l’Amérique centrale, Nicaragua, Salvador et Guatemala. Si c’était aux États-Unis, le chiffre proportionnel serait d’un million 600 morts violentes en quatre ans.

Du Chili, un pays aux traditions hospitalières, a fui un million de personnes : 12 % pour cent de sa population. L’Uruguay, une nation minuscule de 2,5 millions d’habitants qui se considérait comme le pays le plus civilisé du continent, a perdu dans l’exil un citoyen sur cinq. La guerre civile au Salvador a causé presque un réfugié toutes les 20 minutes depuis 1979. Le pays qu’on pourrait faire avec tous les exilés et émigrés forcés d’Amérique Latine, aurait une population plus nombreuse que la Norvège.

J’ose penser, que c’est cette réalité extraordinaire, et pas seulement son expression littéraire, qui cette année a mérité l’attention de l’Académie Suédoise des Lettres. Une réalité qui n’est pas celle du papier, mais qui vit avec nous et détermine chaque instant de nos innombrables morts quotidiennes, et qui soutient une source de création insatiable, pleine de malheur et de beauté, de laquelle ce Colombien errant et nostalgique n’est qu’un parmi d’autres plus distingué par la chance. Poètes et mendiants, musiciens et prophètes, guerriers et racaille, toutes les créatures de cette réalité effrénée nous avons eu très peu à demander à l’imagination, parce que le plus grand défi fut pour nous l’insuffisance des ressources conventionnelles pour rendre notre vie croyable. C’est cela, amis, le nœud de notre solitude.

Donc si ces difficultés nous engourdissent, que nous sommes de son essence, il n’est pas difficile de comprendre que les talents rationnels de ce côté du monde, extasiés dans la contemplation de leurs propres cultures, sont restés sans méthode valable pour nous interpréter. Il est compréhensible qu’ils insistent pour nous mesurer avec le même étalon avec lequel ils se mesurent eux même, sans rappeler que les épreuves de la vie ne sont pas égaux pour tous, et que la recherche de l’identité propre est si ardue et sanglante pour nous qu’elle le fut pour eux. L’interprétation de notre réalité avec des schémas étrangers contribue seulement à nous rendre de plus en plus méconnus, de moins en moins libres, de plus en plus solitaires. Peut-être l’Europe vénérable serait plus compréhensive si elle essayait de nous voir à travers son propre passé. Si elle se rappelait que Londres a eu besoin 300 ans pour construire sa première muraille et de 300 autres pour avoir un évêque, que Rome s’est débattu dans les ténèbres de l’incertitude pendant 20 siècles avant qu’un roi étrusque ne l’implantât dans l’histoire, et qu’encore au XVIe siècle les suisses pacifiques d’aujourd’hui, qui nous enchantent avec leurs fromages doux et leurs montres impavides, ensanglantèrent l’ Europe comme soldats de fortune. Encore à l’apogée de la Renaissance, 12 000 lansquenets à la solde des armées impériales pillèrent et dévastèrent Rome, et tuèrent à coups de couteau huit mille de ses habitants. 

Je ne cherche pas à incarner les illusions de Tonio Kröger, dont les rêves d’union entre un nord chaste et un sud passionné exaltaient Thomas Mann il y a 53 ans dans ce lieu. Mais je crois que les Européens d’esprit éclairant, ceux qui luttent aussi ici pour une grande patrie plus humaine et plus juste, pourraient mieux nous aider s’ils révisaient à fond leur manière de nous voir. La solidarité avec nos rêves ne nous fera pas sentir moins seuls, tant que cela ne se concrétise avec des actes de soutien légitime aux peuples qui assument l’illusion d’avoir une vie propre dans la répartition du monde.

L’Amérique Latine ne veut pas ni n’a de quoi être un fou sans arbitre, ni n’a rien de chimérique dans le fait que ses desseins d’indépendance et d’originalité deviennent une aspiration occidentale. Cependant, les progrès de la navigation qui ont réduit tant de distances entre nos Amériques et l’Europe, semblent avoir augmenté en revanche notre distance culturelle. Pourquoi l’originalité qu’on nous admet sans réserves dans la littérature nous est refusée avec toute sorte de suspicions dans nos si difficiles tentatives de changement social ? Pourquoi penser que la justice sociale que les Européens d’avant garde essaient d’imposer dans leurs pays ne peut pas aussi être un objectif latinoaméricain avec des méthodes distinctes dans des conditions différentes ? Non : la violence et la douleur démesurées de notre histoire sont le résultat d’injustices séculières et d’amertumes innombrables, et non un complot ourdi à 3 000 lieues de notre maison. Mais nombre de dirigeants et penseurs européens l’ont cru, avec l’infantilisme des grands-parents qui ont oublié les folies fructueuses de leur jeunesse, comme si n’était possible un autre destin que de vivre à la merci des deux grands propriétaires du monde. Telle est, amis, l’ampleur de notre solitude.

Cependant, face à l’oppression, au pillage et à l’abandon, notre réponse est la vie. Ni les déluges ni les pestes, ni les famines ni les cataclysmes, ni même les guerres éternelles à travers des siècles et des siècles n’ont réussi à réduire l’avantage tenace de la vie sur la mort. Un avantage qui augmente et s’accélère : chaque année il y a 74 millions de naissances de plus que de décès, une quantité de vivants nouveaux comme pour augmenter sept fois chaque année la population de New York. La majorité d’ entre eux naissent dans des pays avec moins de ressources, et parmi ceux-ci, bien sûr, ceux d’Amérique Latine. En revanche, les pays les plus prospères ont réussi à accumuler assez de pouvoir de destruction comme pour anéantir cent fois non seulement tous les êtres humains qui ont existé jusqu’à aujourd’hui, mais la totalité des êtres vivants qui sont passés par cette planète d’infortune.

Un jour comme celui d’aujourd’hui, mon maître William Faulkner a dit dans ce lieu : « Je me refuse à admettre la fin de l’homme ». Je ne me sentirais pas digne d’occuper cet endroit qui fut le sien si je n’avais pas pleine conscience de ce que pour la première fois depuis les origines de l’humanité, la catastrophe colossale qu’il se refusait à admettre il y a 32 ans est maintenant rien plus qu’une simple possibilité scientifique. Devant cette réalité saisissante qui à travers tout le temps humain a du paraître une utopie, les inventeurs de fables que tous nous croyons nous nous sentons le droit de croire que n’est pas encore trop tard pour entreprendre la création de l’utopie contraire. Une nouvelle et triomphante utopie de la vie, où personne ne peut décider pour les autres jusqu’à la forme de mourir, où vraiment soit vrai l’amour et soit possible le bonheur, et où les lignées condamnées à cent ans de solitude ont enfin et pour toujours une deuxième chance sur la terre.


Traduction libre et non officiel de l’espagnol pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi

Source

Par Gri-Gri International www.michelcollon.info dr - Publié dans : Littérature - Communauté : Afrique panafricaine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Gri-Gri TV

Les vidéos de legrigriinternational sur Dailymotion

Auteurs du Gri-Gri

Théophile Kouamouo

 


 Guy Labertit 

 

 

Jérôme Reijasse

 

 

Grégory Protche

 

 

 

Sear / Get Busy

 

  
Pour acheter Interdit aux bâtards cliqez ICI.

 

Calendrier

Avril 2014
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30        
<< < > >>

Films in progress

Où étiez-vous le 11 avril 2011 ?

 


Des débuts de livres

 


Patrice dispense de l'impayable

mais très achetable Jeune Afrique

 


 

Les lectures du Gri-Gri

 

 


Catégories

Recommander

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés