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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 11:00
Zoro Bi Ballo à La Haye et au Congrès du RDR de Ouattara
Zoro Bi Ballo à La Haye et au Congrès du RDR de Ouattara

Bonjour,

Suite à l’article paru sur votre site et signé par M. Shaka Hama Zulu au sujet de Epiphane Zoro sur la CPI (ICI), veuillez noter que M. Zoro ne fait plus partie de l’équipe de Maître Paolina Massidda depuis décembre 2014.

M. Epiphane Zoro avait été nommé par Maître Paolina Massidda, Représentant légal commun des victimes dans l’affaire Blé Goudé, en tant qu’assistant juridique sur le terrain.

Il faut rappeler que Monsieur Zoro n’était pas un « expert indépendant » nommé par la Cour et ne travaillait ni pour le Bureau du Procureur ni pour les Juges. Son rôle était d’apporter un soutien au Conseil désigné pour représenter les victimes dans cette affaire et contribuer à maintenir le contact entre cette avocate et ses clients.

Sincères salutations,

Jean-Michel Beaucher
Coordonnateur chargé de la sensibilisation en Côte d’Ivoire
Cour Pénale Internationale

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Published by Gri-Gri International CPI - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 CPI Politique
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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 11:00
#ProcèsGbagbo / Ce que Simone a dit à ses juges


INTERVENTION DE MADAME SIMONE EHIVET GBAGBO

Monsieur le Président,
Je tiens à saluer la mémoire de toutes les personnes qui ont perdu la vie durant cette période douloureuse que traverse la Côte d’Ivoire.

Je compatis également aux souffrances et à la douleur de toutes les personnes blessées, mutilées, physiquement, moralement. Toutes ces personnes qui ont été pillées et qui ont perdu leurs biens et qui sont aujourd’hui désemparées.

Je salue enfin toutes les personnes qui se retrouvent en exil du fait de la crise postélectorale. Je salue la Cour, et suis ravie de comparaitre afin de donner ma part de vérité sur les poursuites dont je fais l’objet. Tellement de choses ont été dites !!!

PLAN

I- SUR LE DEROULEMENT DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2010


II- SUR LA CRISE POSTELECTORALE


A. SUR L’INTERVENTION INTEMPESTIVE ET ABUSIVE DE LA COMMUNAUTE
INTERNA
TIONALE

1. LA CERTIFICATION

2. LES AUTORITES FRANÇAISES, PARTIES AU CONFLIT

B. SUR LE REFUS D’ALASSANE OUATTARA
III- SUR LA PRISE DE POUVOIR PAR ALASSANE OUATTARA I

V- SUR LES CONDITIONS DE MON ARRESTATION

V- SUR LES CHEFS D’INCULPATION

SUR LE DEROULEMENT DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2010

Le 1er tour des élections présidentielles en Côte d’Ivoire a eu lieu le 30 Octobre 2010.
Le 27 Novembre 2010, la veille du 2ème tour de l’élection présidentielle, les candidats Laurent GBAGBO et Alassane OUATTARA se sont par écrit, solennellement engagés : (…) à accepter le verdict des urnes tel que proclamé, à l’issue du scrutin, par la Commission Electorale Indépendante et le Conseil Constitutionnel ».

Pièce No1 : Appel aux Electeurs

C’est dans ces conditions que le 28 Novembre 2010 a eu lieu le Second tour de l’élection présidentielle. La Commission Electorale Indépendante avait alors 3 jours, soit jusqu’au 1er Décembre 2010 à minuit, pour proclamer des résultats provisoires.

En effet, la clôture du scrutin étant intervenue le 28 novembre 2010 à 17 heures, la CEI avait jusqu’au 1er décembre à minuit pour : Communiquer au Conseil Constitutionnel un exemplaire des procès- verbaux, accompagnés des pièces justificatives, Proclamer les résultats provisoires.
Faute de quoi, elle serait forclose. Le 1er décembre 2010, répondant à des journalistes, Monsieur Youssouf BAKAYOKO, Président de la CEI a confirmé cela, en déclarant que : « Nous poursuivons notre travail. Cela signifie que nous n’avons communiqué, à l’heure où je vous parle, aucun résultat. Nous n’avons rien dit à qui que ce soit parce que nous n’avons pas achevé notre travail »1 (Conférence de Presse de Monsieur Youssouf BAKAYOKO du 1 er décembre à 23 heures 30.) Continuant de répondre à des journalistes, Monsieur Youssouf BAKAYOKO a déclaré devant les médias ivoiriens « qu’il n’était pas encore minuit invitant les Ivoiriens à demeurer patients. Les résultats tardant à venir, le candidat Alassane OUATTARA va même écrire au Président de la CEI, toujours le 1er décembre 2010, pour lui dire, je cite : « Nous nous permettons de rappeler que le délai de trois jours impartis à la Commission Electorale Indépendante expire ce jour, avec comme conséquence le risque de voir la CEI
dessaisie, ce qui serait un échec dans la conduite de votre
mission ». Pièce n02 : Courrier d’Alassane OUATTARA du 1er Décembre 2010

Le Président de la République Française, Monsieur Nicolas SARKOZY, va également s’autoriser à adresser une correspondance au Président de la CEI, pour lui indiquer : (…) Les textes de la République de Côte d’Ivoire vous offre une marge limitée pour proclamer les résultats provisoires, comme vous le savez mieux que moi-même, et compte tenu de l’attente de votre peuple, je vous exhorte au prononcé du verdict des urnes. Nous sommes disposés ainsi que toute la communauté de l’Union Européenne à soutenir de façon irrévocable le respect de la volonté du peuple, de sécuriser les civils ainsi que tous les
nouveaux représentants des institutions installées (…)

Pièce n03 : Courrier de Nicolas SARKOZY du 1er Décembre 2010

Comment le Président SARKOZY, alors que la CEI n’a pas fini de dépouiller les procès-verbaux peut-il annoncer qu’il va y avoir de « nouveaux représentants des institutions installées » et qu’il va avoir, lui, à « sécuriser les civils » ? Enfin de compte, la CEI transmet au Conseil Constitutionnel, les 30 novembre et 1er Décembre 2010, tous les procès-verbaux de dépouillement des votes sans proclamer de résultats provisoires.

Le 1er Décembre 2010, le candidat Laurent GBAGBO a, conformément à l’article 60 de la Constitution, formulé des requêtes devant le Conseil Constitutionnel sur des irrégularités constatées, lors du 2nd Tour du scrutin, dans les bureaux de vote de huit départements (Bouake, Korhogo, Boudiali, Dabakala, Ferkessedougou, Katiola, Béoumi, et Sakassou).

Le 2 Décembre 2010, prenant acte de la transmission des procès-verbaux de dépouillement, et des requêtes du candidat Laurent GBAGBO, le Conseil Constitutionnel a rendu une décision dans laquelle il dessaisissait la Commission Electorale Indépendante, et constatait avoir été régulièrement saisi.

Pièce n04 : Décision de dessaisissement Ainsi, la critique tendant à affirmer que le Conseil Constitutionnel s’est auto-saisie de la question électorale tentant, par ce fait, d’empêcher la CEI de procéder à la proclamation des résultats provisoires est totalement erronée.

En réalité, la CEI n’a pas été en mesure de procéder à la proclamation de résultats provisoires faute de consensus, mais surtout faute de pouvoir établir un Procès-Verbal de délibération et de résultats au plus tard le 1er décembre 2010. Cependant, le même jour et de manière plutôt surprenante, Monsieur BAKAYOKO Youssouf, Président de la Commission Electorale Indépendante, est allé proclamer de prétendus résultats au quartier général du candidat du RDR, Monsieur Alassane OUATTARA.

A ce niveau, j’ai plusieurs remarques à faire :

– Tout d’abord, cette déclaration est intervenue plus de trois jours après la clôture du scrutin du 28 novembre 2010, en dehors du siège de la CEI, et en l’absence des médias ivoiriens, alors que la CEI était forclose et avait elle-même déjà transmis tous les procès- verbaux de dépouillement au Conseil Constitutionnel

– Deuxièmement : Le Président de la CEI ne peut procéder à une proclamation qu’avec l’ensemble de son bureau réuni, et au siège de son institution. Cette proclamation solitaire au QG d’un candidat rend
sa déclaration nulle ;

– Troisièmement : Le Président de la CEI, n’a jamais justifié d’un Procès-Verbal de délibération ni de la liste d’émargement des Commissaires Centraux pour justifier de la validité des résultats qu’il
a annoncés ;

– Enfin, toutes déclarations émanant de la CEI et portant sur des résultats, ne peuvent être que des résultats provisoires. Et toutes les parties étaient et sont aujourd’hui encore d’accord avec cela. Le 3 Décembre 2010, le Conseil Constitutionnel a proclamé le candidat

Laurent GBAGBO, vainqueur de l’élection présidentielle dans le respect du texte constitutionnel.

Pièce n05 : Décision du Conseil Constitutionnel du 3 Décembre 2010

Or, tout le monde sait qu’en Côte d’Ivoire l’article 98 de la Constitution dispose que : « Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à
toutes autorités administratives, juridictionnelles, militaires et à toutes personnes physiques ou morales ».
Je considère donc que le débat sur le vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire est clos avec la décision du Conseil Constitutionnel ; et que Monsieur Laurent GBAGBO est le vainqueur des élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire.

Le 4 Décembre 2010, Monsieur Laurent GBAGBO prêtait serment devant le Conseil Constitutionnel. Cela est précisé par l’article 39 de la Constitution qui précise que « dans les 48 heures de la proclamation définitive des résultats, le Président de la République élu prête serment devant le Conseil Constitutionnel, réuni en audience solennelle ».

Toutes ces formalités ayant été appliquées conformément à l’article 39, Monsieur Laurent GBAGBO est le Président de la République de la Cote d’Ivoire. Le seul Gouvernement légitime était donc celui mis en place par le Président Laurent GBAGBO. Je tiens à préciser que quel que soit le gouvernement mis en place par Monsieur Alassane OUATTARA, il ne pouvait être valable qu’après sa prestation de serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle, et cela conformément à l’article 39 de la Constitution.

SUR LA CRISE POSTELECTORALE

La crise postélectorale est ainsi née du refus de respecter le choix du peuple ivoirien et la décision du Conseil Constitutionnel rendue conformément à la Constitution ivoirienne.

A- SUR L’INTERVENTION INTEMPESTIVE ET ABUSIVE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

1- LA CERTIFICATION

Dans son Rapport du 14 Mai 2007, le Secrétaire Général des Nations Unies insiste sur le fait que : (…) il est admis que le rôle de certification des Nations Unies ne saurait se substituer aux prérogatives qui appartiennent aux institutions nationales en ce qui concerne la certification des différents aspects du processus électoral, mais qu’il vient se greffer sur ces prérogatives ».

Pièce n06 : Rapport du 14 Mai 2007

C’est ainsi que la Résolution 1765 du Conseil de sécurité adopté le 16 Juillet 2007, confie dans son Paragraphe 6, au Représentant Spécial la mission de certifier que : (…) tous les stades du processus électoral fourniront toutes garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielles et législatives ouvertes, libres, justes et transparentes conformément aux normes internationales ».

Pièce no 7 : Résolution 1765

Le Certificateur a une mission d’évaluation des différentes étapes du processus (procédures et modes opératoires) conformément aux normes internationales en vigueur en matière d’élections démocratiques. En aucun cas, il n’a compétence pour : Dépouiller des procès-verbaux de votes ; Proclamer des résultats. A aucun moment, les déclarations du Certificateur ne peuvent prévaloir sur les dispositions des textes nationaux. Etant donné que l’ONU, elle-même, considère sacro-sainte la souveraineté des Etas qui la constitue. Monsieur CHOI, en transgressant ses prérogatives, est venu faire déraper
tous les débats sur les élections en Côte d’Ivoire.

3. LES AUTORITES FRANÇAISES, PARTIES AU CONFLIT

J’ai constaté une ingérence des autorités françaises dans le débat ivoirien. Cela s’est manifesté entre autre par la lettre du Président SARKOZY au Président de la Commission Electorale Indépendante. De quoi se mêle-t-il ? Cela s’est aussi manifesté par les bombardements des autorités françaises, qui n’ont pas eu pour but de protéger les populations civiles, mais d’assister la rébellion dans ses attaques contre l’armée ivoirienne et les institutions de la Côte d’Ivoire. Les autorités françaises n’ont malheureusement fait qu’accentuer la crise postélectorale

En encourageant le candidat malheureux à user de la violence au lieu
de saisir le Conseil Constitutionnel pour dénoncer d’éventuelles irrégularités ; En incitant à la prise de résolutions onusiennes et européennes visant à établir des embargos dont les principales victimes sont les populations civiles ;

En bombardant la résidence présidentielle pendant une dizaine de jours, alors qu’aucune résolution de l’ONU ne leur donnait ce pouvoir. C’est à croire que l’intention inavouable des autorités françaises était l’élimination physique du Président élu Laurent GBAGBO. En tout état de cause, tout cela était prémédité si l’on en croit le Président SARKOZY qui aurait déclaré selon des journalistes français dans l’ouvrage « ça reste entre nous, hein » les propos suivants : (…) Quand je vois, le soin que j’ai mis à intervenir en Côte d’Ivoire … On a sorti Laurent GBAGBO, on a installé Alassane OUATTARA, sans aucune polémique sans rien ».
Pièce n08 : Extrait du livre de Nathalie SCHUCK et Frédéric GERSCHEL

B. SUR LE REFUS D’ALASSANE OUATTARA

Le 3 décembre 2010, c’est à dire le jour même où le Conseil Constitutionnel a proclamé le candidat Laurent GBAGBO, vainqueur de l’élection présidentielle, Monsieur Alassane OUATTARA signifiait au Conseil Constitutionnel un premier serment par écrit.

Pièce n09 : Courrier d’Alassane OUATTARA du 3 décembre 2010

Je précise qu’aucun texte régissant les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ne prévoit une prestation par écrit adressée au Président du Conseil Constitutionnel.

La Loi ivoirienne prévoit comme je l’ai dit, la prestation de serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle. Le 8 Décembre 2010, le Conseil Constitutionnel rappelait à Monsieur Alassane OUATTARA que la Commission Electorale Indépendante n’avait pu donner de résultats provisoires conformément aux textes, et que conformément aux dispositions de l’article 94 de la Constitution, les résultats définitifs sont du ressort exclusif du Conseil Constitutionnel.

Pièce n010 : Courrier du Conseil Constitutionnel du 8 décembre 2010

Lequel Conseil Constitutionnel a proclamé le 3 Décembre 2010, le candidat Laurent GABGBO vainqueur de l’élection présidentielle. Le 22 Décembre 2010, à la suite de la correspondance de Monsieur Alassane OUATTARA, le Conseil Constitutionnel rendait une décision dans laquelle, il déclarait nulle et de nul effet, la prestation de serment par écrit de Monsieur Alassane OUATTARA, et précisait que les actes de ce dernier ne sauraient donc engager la Côte d’Ivoire.

Pièce n011 : Décision du Conseil Constitutionnel du 22 Décembre 2010

A la suite de tout cela, la Côte d’Ivoire fera l’objet d’une agression violente et multiforme. Les troupes rebelles de Monsieur Alassane OUATTARA et de Monsieur Guillaume SORO, aidés par leur mercenaire et milices appuyées par les forces onusiennes et françaises, ont entrepris la descente sur Abidjan massacrant des populations civiles, humiliant des représentants de l’Etat, éventrant des prisons, pillant et incendiant les résidences des cadres de la LMP sur leur passage, et cela tout le long de leur avancée. La Côte d’Ivoire fera en outre l’objet d’un embargo économique et tous ses avoirs à l’extérieur seront bloqués.

III- SUR LA PRISE DE POUVOIR PAR ALASSANE OUATTARA

Je note qu’après la capture du Président Laurent GBAGBO et de moi-même, à la résidence présidentielle, le Conseil Constitutionnel rendra une nouvelle décision le 4 Mai 2011, proclamant Monsieur Alassane OUATTARA Président de la République.

Pièce n012 : Décision du Conseil Constitutionnel du 4 Mai 2011

J’ai à ce stade, plusieurs observations à faire. Effectivement, à l’examen de cette décision, je note que : Le Conseil Constitutionnel n’a pas été saisi en application des dispositions de l’article 59 et 60 de la Constitution. Comment donc pouvait-il rendre une décision sans avoir été saisi ?

De plus, dans sa décision du 4 Mai 2011, le Conseil Constitutionnel ne s’est pas dédit par rapport à sa décision du 3 décembre 2010. Vous noterez effectivement que dans sa décision du 3 décembre 2010, le Conseil Constitutionnel a proclamé le Président Laurent GBAGBO vainqueur de l’élection présidentielle, alors que dans sa décision du 4 mai 2011, il prend acte d’une situation de fait et proclame Monsieur Alassane OUATTARA Président de la République de Côte d’Ivoire et non vainqueur de l’élection présidentielle de 2010.

La Constitution, en son article 94 qui définit les missions du Conseil Constitutionnel, ne prévoit pas la proclamation d’un Président de la République.

Le Conseil Constitutionnel a ainsi rendu : Le 3 décembre 2010, une décision proclamant les résultats définitifs de l’élection présidentielle faisant du Président Laurent GABGBO le vainqueur de ladite élection, et ce conformément aux pouvoirs que lui confère l’article 94 de la Constitution

Le 4 mai 2011, une décision que je pourrai qualifier de décision politique de légitimation du candidat perdant, mais soutenu par la Communauté Internationale.

Je m’interroge donc. Comment puis-je être poursuivie sur la base d’une décision politique qui en tout état de cause, ne conteste pas la victoire du Président Laurent GABGBO aux élections présidentielles de 2010 et la légitimité du Gouvernement qui en a découlé ?

Comment puis-je être poursuivie alors que j’ai respecté la décision, du Conseil Constitutionnel ? Vous noterez que Monsieur Alassane OUATTARA prêtera de nouveau serment, et cette fois-ci, devant le même Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle le 6 Mai 2011, et le 21 Mai 2011, il fait son investiture à YAMOUSSOUKRO.

S’il avait véritablement donné une quelconque valeur à sa prestation de serment du 3 décembre 2010, pourquoi Monsieur Alassane OUATTARA prête-t-il de nouveau serment le 6 Mai 2011 ? Si la prestation de serment par écrit du 3 décembre 2010 était valable, la 2ème prestation de serment serait alors superfétatoire. Les décisions du Conseil Constitutionnel ont été rejetées par Alassane OUATTARA lorsqu’il proclamait Laurent GBAGBO vainqueur, et brusquement le 6 Mai 2011, la même institution dirigée et animée par les mêmes personnes devient à ses yeux et aux yeux de la Communauté internationale, crédible lorsqu’elle proclame Alassane OUATTARA, Président de la République. Cela démontre encore que le Président Laurent GBAGBO était bel et bien le Président élu de la République de Côte d’Ivoire au moins jusqu’au 6 Mai 2011.

IV. SUR LES CONDITIONS DE MON ARRESTATION

Comme je vous l’ai indiqué, c’est le 11 avril 2011, et après d’intenses bombardements sur la résidence présidentielle par l’armée française, que j’ai été arrêtée. J’ai été battue avec une violence inouïe, et conduite contre mon gré à l’hôtel du Golf. Le 22 Avril 2011 à 2 heures du matin, j’ai encore été réveillée et conduite dans un véhicule jusqu’à Odienné, sans être au préalable informée ni de la date, ni de la destination.
Je suis arrivée à Odienné le 22 Avril 2011, et y suis restée enfermée jusqu’au 1er Décembre 2014, date à laquelle j’ai été transférée sur Abidjan. Je tiens à préciser que j’ai fait l’objet d’une détention arbitraire du 11 avril jusqu’au 16 aout 2011, date de ma première inculpation. Contrairement à ce qui a été dit, je n’ai jamais été assignée à résidence, et mon immunité parlementaire a été violée.

V. SUR LES CHEFS D’INCULPATION
Enfin, je tiens à revenir sur les chefs d’inculpation. Je suis en effet poursuivie pour : Atteinte à la défense nationale , Attentat ou complot contre l’autorité de l’Etat Constitution de bandes armées ; Direction ou Participation à un mouvement insurrectionnel , Trouble à l’Ordre public ; Rébellion.

Je ne me reconnais bien évidemment pas dans ces chefs d’inculpation. Mais surtout, je voudrai faire un certain nombre d’observations :
Premièrement, il ne m’a été fait cas d’aucun fait concret que j’aurai personnellement posé et qui serait constitutif d’une seule de ces infractions. Au point où à l’heure actuelle, où je me présente devant vous à la barre, je ne sais toujours pas quels sont les actes matériels qu’on me reproche d’avoir posés ;

Deuxièmement, l’instruction a duré 2 ans. En 2 ans, je n’ai jamais été confrontée à un quelconque témoin des infractions reprochées ;

Troisièmement, en 2 ans d’instruction, le Juge d’instruction ne m’a auditionnée qu’une seule fois pour ne me poser qu’une seule question qui est la suivante : « Après le 28 décembre 2010, vous avez reçu plusieurs groupes ethniques, tels les TOURA, la coalition des femmes du Grand V Baoulé, la population d’Alépé, et animé plusieurs réunions au cours desquelles vous avez demandé à ces populations de résister à l’exercice effectif du pouvoir par Monsieur Alassane OUA T TARA et de libérer la Côte d’Ivoire et l’Afrique entière.

Que recherchez-vous exactement en tenant de tels propos ? ».
J’ai répondu au Juge d’instruction que j’ai reçu les femmes de différentes communautés à la résidence présidentielle, dans des rencontres couvertes par les médias, et pour les encourager à résister à la pression des embargos, et à organiser la solidarité de façon encore plus efficace. Il fallait que la population continue d’être approvisionné en vivres et en produits de premières nécessités en dépit des embargos.

Quatrièmement, je me demande toujours comment une telle question posée par le Juge d’instruction a pu me conduire devant la Cour d’Assises pour des crimes aussi graves.

Je vous remercie de m’avoir écoutée, et je suis à votre disposition pour toutes les questions que vous voudriez me poser.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 08:45
#ProcèsGbagbo / Ce que disait l'avocat de Simone en janvier...

Mise en ligne le 27 janvier 2015

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 11:00
#Gabon / Ali Bongo le Parrain et "Le braquage du siècle"

L'affaire des «BongoLeaks»: Gabon, le braquage du siècle
12 mars 2015 | Par Fabrice
Arfi


Mediapart a obtenu plusieurs documents confidentiels sur la holding familiale des Bongo au Gabon, baptisée Delta Synergie. Ils révèlent un système de prédation probablement inégalé dans l’histoire de la Françafrique. Une poignée de membres du clan au pouvoir s'approprie des pans entiers de l’activité économique du pays. L'actuel président Ali Bongo en est le principal bénéficiaire. Révélations. Il s’agit de l’un des secrets les mieux gardés du Gabon. Il se nomme Delta Synergie, du nom d’une holding financière détenue par une partie de la famille régnante, les Bongo. Mediapart a pu avoir accès à des documents confidentiels portant sur l’actionnariat secret de la société et l’ensemble de ses prises de participation – le plus souvent dissimulées. Ces documents révèlent un système de prédation probablement inégalé dans l’histoire de la Françafrique. Grâce à lui, une poignée de membres du clan au pouvoir, au premier rang desquels l’actuel président gabonais Ali Bongo, tire des bénéfices personnels de toute l’activité économique du pays.

Depuis le décès en 2009 du dictateur Omar Bongo (le père d’Ali, arrivé au pouvoir en 1967), il se murmurait beaucoup de choses au Gabon et dans les chancelleries occidentales sur Delta Synergie. Mais rien n’était vraiment su. Dans les faits, cela dépasse tout ce qui avait pu être imaginé.

C’est l’histoire d’un pillage digne de l’Ancien Régime. Pas un secteur de l’économie gabonaise n’est épargné par le système Delta Synergie : assurances, banques, agroalimentaire, sécurité, transport, médicament, BTP, agriculture, matières premières, immobilier, aviation d’affaires, textile, média, vente de gaz et de pétrole, bois… Au moins quatre multinationales françaises présentes au Gabon – Bolloré, Bouygues, Eramet et la BNP – sont citées dans les documents en notre possession. Au total, ce sont 35 sociétés majeures de l’économie gabonaise au capital desquelles Delta Synergie est partie prenante, à des degrés divers. Tous ces éléments d’informations sont issus de la succession d’Omar Bongo. Mediapart a déjà raconté la découverte par la justice française d’embarrassants comptes offshore à Monaco (dotés de 34 millions d’euros) et l’étourdissante emprise foncière du clan Bongo aux quatre coins du Gabon (de nouveaux documents détaillés sont téléchargeables ici et là). La face cachée de Delta Synergie offre désormais un panorama inédit de la corruption gabonaise.

La répartition du capital de Delta Synergie n’est connue que d’une poignée de personnes à Libreville. La voici : jusqu’en 2009, Omar Bongo détenait 37 % des parts de la société (soit 114 700 actions), d’après deux déclarations de succession rédigées les 10 juin et 1er octobre 2014. Ali, son successeur, et sa fille Pascaline s’étaient vu secrètement gratifier de 10 % chacun à titre personnel. Six autres membres de la famille se partageaient le reste. La mort d’Omar Bongo a totalement rebattu les cartes. Ali Bongo, élu en 2009 à l’issue d’un scrutin très contesté avec le fervent soutien du président français de l’époque, Nicolas Sarkozy, a vu au terme de la succession sa part personnelle grimper à 19,25 %. Tout comme sa sœur aînée Pascaline, qui fut aussi la plus proche collaboratrice de son père à la présidence de la République. Six ans après la disparition du patriarche de la Françafrique, l’équation est donc simple : l’actuel chef de l’État gabonais en exercice et sa sœur sont aujourd’hui les principaux bénéficiaires de la mine d’or que représente Delta Synergie. Le tout avec l’assentiment d’avocats et de notaires – parfois français – qui ont pris activement part à la succession Bongo. Appliqué au règne animalier, le système Delta Synergie équivaut au fonctionnement d’une sangsue ; il s’agrippe partout où il le peut et il pompe. Le tableau des prises de participations de la holding familiale montre l’ampleur du phénomène : Le secteur d’activités le plus représenté est celui des matières premières et des mines. On retrouve ainsi Delta Synergie au capital d’Ank Gabon (à hauteur de 39,2 %), une société spécialisée dans le traitement du manioc. En novembre 2008, à l’occasion de l’inauguration par Omar Bongo en personne de l’usine Ank Gabon, la présidence gabonaise avait diffusé un communiqué pour souligner que la création de cette entreprise était une illustration du « souci permanent d’assurer l’autosuffisance alimentaire dans notre pays ». Elle oubliait de dire qu’elle assurait, aussi, l’autosuffisance financière du clan au pouvoir. Il n’est pas inutile de préciser qu’un actuel conseiller du président Ali Bongo, Jean-Pierre Lemboumba, ancien ministre des finances surnommé « coffre-fort » au Gabon, est actionnaire pour sa part d’Ank à hauteur de 10,05 %. Un petit monde.

Delta Synergie apparaît aussi au capital de Gabon Mining Logistics (30 %), une filiale du groupe Bolloré qui offre un soutien logistique au secteur minier gabonais. Sollicité, le groupe Bolloré n’a pas donné suite à nos questions. La holding des Bongo est également actionnaire de Ragasel (29,1 %), une raffinerie de sel, qui partage quant à elle son capital avec l’actuel ministre des sports du Gabon, Blaise Louembé (1,7 %).

On peut également citer la Somipar (28,5 %), la société Petro Gabon Holding (17 %), spécialisée dans la commercialisation des hydrocarbures, Les Carrières de Makora (13,04 %), Maboumine (5 %), qui gère un immense projet d’exploitation de gisement polymétallique au sud-est de Libreville, la Somivab (2,68 %), laquelle œuvre dans le bois, ou encore la Comilog (0,03 %), une filiale du géant français des mines et de la métallurgie Eramet – qui n’a pas répondu à nos questions.

Le Gabon danse sur un volcan social

Le second secteur le plus représenté dans le portefeuille de Delta Synergie est le monde de la finance et des banques. La pépite des Bongo est ainsi parvenue à s’infiltrer au fil des ans dans le capital de la BGFI Bank Congo (10 %), d’Ecobank Gabon (7,5 %) ou de BGFI Holding (6,4 %), la plus puissante banque du pays. Sont aussi concernées la Finatra (6,25 %), spécialisée dans le crédit à la consommation, l’Union gabonaise de banque (UGB, 5,21 %) ou la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Gabon (BICIG, 3,23 %), une filiale de la BNP. Delta Synergie est en outre actionnaire à 15 % d'un autre véhicule financier des Bongo, la Compagnie du Komo. C'est elle, par exemple, qui est au capital de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG), filiale du géant français Veolia qui détient depuis 1997 le monopole absolu de l'eau et de l'électricité dans tout le pays.

Les assurances et les transports arrivent à égalité en troisième position des secteurs d'activité chéris par Delta Synergie. La principale compagnie d’assurances du Gabon, le groupe Ogar, est ainsi détenue à 60,69 % par la holding quand deux autres acteurs du marché, la Solicar et Assinco, sont contrôlés respectivement à hauteur de 55 % et 7,5 %. Quant aux transports, Delta Synergie apparaît au capital de la Sarep (54 %), qui fait dans le transport maritime, de la SN2AG (34,99 %), spécialisée dans l’aviation d’affaires, ou de Gabon Fret (20 %). Rien n’échappe à Delta. Ainsi, dans le secteur très lucratif du BTP, la Socoba, principale bénéficiaire des travaux publics du pays dirigée par un gendre d’Omar Bongo, a dû laisser au profit de Delta Synergie 50 % de ses actions. Le groupe français Bouygues, présent au Gabon au travers de la société ETDE/SOGEC, n’échappe pas à la règle : 4,54 % du capital de ses activités gabonaises sont contrôlés par Ali Bongo et les siens. Également sollicité, le groupe Bouygues n’a pas donné suite.

Dans l’immobilier, le géant gabonais IMP est contrôlé à 35 % par Delta et son concurrent AICI à 20 %. Dans le textile, la société MGV, connue pour fabriquer tout ce que le pays compte d'uniformes (écoliers, armée, hôpitaux…), a dû laisser 34,7 % de son capital aux caciques du régime. Côté médicaments, aussi : la Société gabonaise de fabrication de médicaments, la Sogafam, a vu son capital tomber à hauteur de 60 % entre les mains des Bongo. Le pourcentage est encore supérieur (69,3 %) dans le domaine de la sécurité avec la Société gabonaise de sécurité, la SGS, leader dans la sûreté des sites sensibles, ambassades, ports ou aéroports. Depuis plusieurs années, de hauts gradés de l’armée française, comme le colonel Béthencourt ou le général Megel, défilent à la tête de la SGS, au capital de laquelle on retrouve également la famille d’Ernest Mpouho Epigat (9,2 %), l'actuel ministre de la défense. Un tout petit monde.

Officiellement, Delta Synergie a été valorisée dans le cadre de la succession d’Omar Bongo à 27,8 milliards de francs CFA, soit 42 millions d’euros. Plusieurs héritiers – ils sont au total 53, mais seuls Ali et Pascaline sont légataires universels – soupçonnent une sous-évaluation massive, au regard de l’emprise réelle de la holding sur l’économie gabonaise. Nombre d’entre eux n’ont en effet découvert cet état de fait que ces derniers mois et ils se demandent aujourd’hui où sont concrètement passés les immenses flux financiers dégagés par Delta Synergie depuis 2009. Certains viennent d’ailleurs de missionner des avocats français ou américains et menacent d’engager des poursuites pénales pour détournement d’actif successoral, selon nos informations.

La succession Bongo est une double bombe à retardement. D’abord pour la famille : les membres du clan s’entre-déchirent autour du magot laissé par Omar Bongo. Les sommes en jeu sont, de fait, vertigineuses. Un document du ministère de l’économie gabonais, obtenu par Mediapart (disponible ici), montre que Pascaline et Ali sont appelés à se partager plus de 183 milliards de francs CFA (280 millions d’euros) en tant que légataires universels du dictateur disparu. Soit 140 millions d’euros chacun. Mais la succession est surtout devenue un problème politique de premier ordre pour la présidence du Gabon, alors que le pays connaît depuis bientôt un mois l’une des plus graves crises sociales de son histoire. Les conditions de vie médiocres et les bas salaires, qui ne s’améliorent pas en dépit des nombreuses promesses de campagne d’Ali Bongo, ont poussé une partie des salariés à se mettre en grève et à plonger le pays dans un état de quasi-blocage. Dans ce contexte, les précédentes révélations de Mediapart sur l’héritage d’Omar Bongo ont suscité l’indignation citoyenne. Lors d’une conférence de presse exceptionnelle, qui s’est tenue mardi 10 mars, le porte-parole de la présidence gabonaise, Alain Claude Bilié-By-Nzé, a dû réagir (voir également la Boîte noire). Il a qualifié les articles de Mediapart « d’amalgames tendancieux entre des éléments qui relèvent de la succession d’Omar Bongo, donc de la sphère privée, et le président de la République, Ali Bongo ». La face cachée de Delta Synergie montre que les sphères privée et publique des Bongo ne font qu’une quand il est question d’argent.

Dans un entretien accordé jeudi 12 mars au quotidien L'Union, organe de presse proche du pouvoir gabonais, le porte-parole d'Ali Bongo n'a démenti aucune des informations de Mediapart sur le fond des faits concernant la succession d'Omar Bongo. Il s'est en revanche employé à qualifier de « contrevérités » une information selon laquelle Ali Bongo était marié « sous le régime de la séparation de biens, option polygamie ». « M. Bongo est bien marié à la monogamie. Cela ne fait l'ombre d'aucun doute ni d'aucune discussion », a affirmé Alain Claude Bilié-By-Nzé à L'Union.

Mediapart tient à la disposition de la présidence gabonaise un document qu'elle a déjà : il s'agit de l'acte de notoriété établi le 25 juin 2010, au cabinet de la notaire Lydie Relongue, après la mort d'Omar Bongo. Page 8, on peut y lire, noir sur blanc, qu'Ali Bongo est bien marié depuis le 16 février 2000 « sous le régime légal de la séparation des biens, option polygamie ». La même mention revient dans d'autres documents de la déclaration de succession.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 08:17
#BokoHaram / De la secte à l'Etat, par Michel Galy

La planète entière est, avec un mois de retard sur les événements, bouleversée à juste titre par le rapt de 200 lycéennes du Nord Nigeria, ce « géant pétrolier » de l’Afrique qui s’est vite révélé incapable de les retrouver. Emerge alors, via un hashtag devenu célèbre et bientôt détourné à qui mieux mieux, une campagne internationale inédite qui mobilise les foules, et mêle Web.2.0, bonne conscience « humanitaire » ou mondaine et…intervention militaire sans précédent !

Le « sommet de l'Elysée » du Samedi 18 mai est un moyen pour l’Armée et l’Etat français de ne pas perdre la main – surtout de ne pas laisser les USA intervenir à grand fracas : mieux vaut provoquer une intervention supplémentaire, même hors de nos moyens, opinent les géopolitologues ou « intellectuels » organiques, plutôt qu’en être exclus !

Si, sans contester le devoir de sauver les jeunes filles victimes, on garde la tête froide et l’analyse raisonnée, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles : la situation rappelle en fait celle des djihadistes du Nord Mali et de l’opération Serval en janvier 2013. Ou encore celle des « rebelles » de la Seleka - qu’on laisse prendre Bangui, la capitale centrafricaine - et de l’opération Sangaris en décembre de la même année.

Et en remontant la série plus en amont, la série des « OPEX » qui s’accélère, en grande continuité sous Sarkozy et Hollande : Libye, Côte d’Ivoire, Mali, RCA, Nord Nigeria… ou pour celles qui se dessinent, faut-il dire : Nigeria, et Niger, et Cameroun, et Tchad ? Quoique la base française, dans ce dernier pays, y soit depuis « l’Indépendance », confortant de nos jours le régime d’Idriss Deby – tout en prétendant en « finir avec la Françafrique »…

L’« opération Boko Haram » (titre provisoire, nul doute qu’un terme exotique fera dans les jours qui viennent le bonheur des journalistes…) comporte déjà ce qui caractérise le « triangle » des pouvoirs dans la très bushienne « guerre au terrorisme » : Etats/groupes armés/médias, en interaction complexe mais permanente.

Au-delà, il est bien clair pour les observateurs, et déjà les historiens, que l'« affaire Boko Haram » est bien le symptôme d’une série de soulèvements sporadiques des sociétés africaines qu’il convient d’interroger, et de répressions occidentales à répétition .

Et que pour éviter leur recommencement - et peut être un jour des lendemains désenchantés ou peut-être des défaites militaires -, il faut en comprendre les causes, pour en esquisser des alternatives politiques.

Et ce ne sont pas les explications simplistes à la Huntington qui apportent quelques lumières, Occident vs Islam ! Autant dire que nous serons virtuellement en guerre contre un milliard de croyants…

D’une part parce que des syncrétismes d’inspiration chrétiennes sont ailleurs en jeu, telle la fameuse « Armée de Résistance du Seigneur » de Joseph Kony - qui a le même modus operandi que Boko Haram, pour l’enlèvement de jeunes filles destinées à devenir esclaves sexuelles des combattants.

D’un autre côté, les nationalistes africains, voire les panafricanistes, sont explicitement désignés par la prospective du Ministère français de la Défense comme les ennemis du pays - à l’instar par exemple de Laurent Gbagbo, de Paul Kagamé…ou d’IBK du Mali, si ce dernier ne répond pas assez vite aux diktats de la puissance (néo)coloniale pour signer très vite les « traités inégaux » et forcés du XXI ème siècle - qu’on appelle par antiphrase « accords de défense ».

Enfin parce que l’instrumentalisation des rébellions par le « complexe militaro-colonial » français – ou leur « containment », ou leur destruction - ne tiennent pas à leur religion, mais tout à leur supposée utilité immédiate, pour soutenir ou combattre à peu de frais telle dictature ou tel régime.

Sans parler des « alliances contre nature » qui font répéter à notre échelle la bourde grandiose des Américains soutenant les Talibans contre les Soviétiques en Afghanistan : n’est ce pas ce qu’il s’est passé en Libye, et ce que nous pratiquons en Syrie ?

A travers les terrains aussi différents que la Centrafrique, le Mali et aujourd’hui le Nigeria - mais qu'on a pu aussi observer en RDC, Liberia, Sierra Leone et autres terrains de guerre -, on retrouve des invariants bien mal analysés par les politologues en faveur à Paris : échec de l’Etat et du système électoral « à l’occidentale », refuges ou alternatives dans des utopies religieuses ou radicales, insurrection des périphéries délaissées et paupérisées, et dissémination des « guerres nomades ».

Car c’est bien un modèle occidental, surlégitimé par les instances onusiennes, qui est en cause : Etat prédateur, élections truquées, corruption du développement sont observés dans tous ces pays en guerre, et vont bien évidemment à l’encontre de la doxa gouvernementale, fut elle française, britannique, ou nord américaine. Et c’est plus pour conforter un « modèle failli » et non un « Etat effondré » que l’on intervient, en mettant à chaque fois des motifs « humanitaires » pour envoyer des corps expéditionnaires à répétition.

Pétrole, uranium et matières premières : c’est bien ce modèle colonial et archaïque d’échange inégal et de prédation déséquilibrée qui persiste depuis le XIX ème siècle, sous d’autres formes, mais avec la même structure, entre Occident et Afrique. Et le Nigeria en est un des derniers exemple : riche en pétrole, il n’ avait pas encore de base militaire fixe ni de corps expéditionnaires, comme au Mali il y a peu ; dès lorsque les troupes internationales s’installent à demeure, le peu d’indépendance nationale est définitivement obérée - y compris par les militaires sous contrôle UN, qui ne sont trop souvent, comme l’ont prouvé Licorne et Onuci en Côte d’Ivoire, que les supplétifs de l’ancienne puissance impériale.

L’insurrection généralisée qui vient dépasse de toute évidence, en particulier en période de crise et de restrictions des budgets militaires, les capacités françaises : le modèle militaire colonial de ce siècle sera multilatéral, ou ne sera plus.
C’est tout l’enjeu implicite du sommet de Paris, au delà de Boko Haram et des jeunes filles enlevées - qui sont d ailleurs sans doute en partie au Cameroun, Niger, ou Tchad.

TEXTE / MICHEL GALY (Politologue et enseignant à l'ILERI)

PS : tribune initialement publiée par Le Monde, en date du 20 mars 2015

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 07:00
#Gabon / Pour les étudiants (aussi) 2015 sera blanche et sèche

Des milliers de personnes – étudiants, travailleurs et retraités – sont descendues dans les rues de Libreville, la capitale gabonaise, lundi 23 mars, dans le cadre de la grève générale qui immobilise le pays depuis des semaines, et qui touche notamment le domaine de l’éducation. En l’absence de cours, les étudiants s’inquiètent désormais de la possibilité d’une année blanche, tout en se montrant solidaires de leurs enseignants.

La grève générale a été votée le 7 février dernier par la coalition "Dynamique unitaire", qui regroupe une cinquantaine de syndicats de la fonction publique, avant d’être reconduite le 16 mars. Éducation, travaux publics, affaires sociales, impôts, douane… Tous les secteurs de la fonction publique sont concernés par le mouvement.

Les fonctionnaires souhaitent notamment que le salaire minimum passe de 80 000 francs CFA (soit 121 euros environ) à 300 000 francs CFA (soit 456 euros environ). Les retraités réclament quant à eux une revalorisation de leurs pensions, tandis que les étudiants du secondaire et du supérieur exigent le versement de bourses trimestrielles et la reprise des cours.

Lire la suite ICI.

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 12:00
#CPI / Scandale : l'expert ivoirien "indépendant" est un militant du parti présidé par Ouattara !

A force, en Ouattarie, de rattrapage ethnique en marché offert sans mise en concurrence, de pipeaux sur le passé et de promesses de solutions d'avenir, de justice des vaincus électoraux victorieux militairement au détriment exclusif des victorieux dans les urnes défaits par les armes, on finirait presque par ne plus réagir à rien...y'a pourtant ici de quoi.

Dans le cadre du grotesque "procès" intenté contre Laurent Gbagbo par la Communauté internationale (cette machine infernale), via sa Cour de justice à peu près réservée aux Africains, un certain nombre d'experts et autres autorités, tous plus indépendants, bien sûr, les unes que les autres, interviennent durant la procédure.

Un aura récemment retenu l'attention : Zoro Bi Ballo. On a pu le voir tout à la fois à La Haye il y a quelques semaines et...au Congrès du RDR, le parti dont Alassane Ouattara est (toujours) le président.

Un déni de justice, parmi d'autres.

Texte / Shaka Hama Zulu

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 08:00
#Gabon / Arfi, Benquet, Ondo Mintsa & Harel débattent sur Mediapart

Débat animé par Frédéric Bonnaud. Avec :

- Fabrice Arfi, journaliste à Mediapart.
- Patrick Benquet, réalisateur, auteur de Françafrique, 50 années sous le sceau du secret, un documentaire de référence.
- Bruno Ondo Mintsa, opposant au régime Bongo, animateur du collectif « Ça suffit comme ça ».
- Xavier Harel, journaliste, spécialiste de l'Afrique et des questions pétrolières, auteur du livre Le Scandale des biens mal acquis et de Afrique, pillage à huis clos.

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 09:00
Côte d'Ivoire / Pourquoi les paysans doivent refuser de vendre la terre aux étrangers (#LNC)

En Côte d’Ivoire, la terre divise et tue les Ivoiriens. Les forêts et les terres à l´Ouest de la Côte d´Ivoire sont non seulement inexploitées mais mieux elles n´appartiennent à personne. Et pourtant, la terre comme tout bien doit avoir un propriétaire ou un locataire. C’est régulièrement que les Ivoiriens se battent pour la terre, à l’Ouest comme au Sud du pays. Une bonne réforme foncière est nécessaire en Côte d’Ivoire, pour mettre fin à l’expropriation des terres de nos parents. Mais en attendant, les Ivoiriens doivent refuser de vendre la terre aux étrangers car c’est une façon savante de recoloniser nos terres et notre pays. C’est le seul sauf-conduit pour éviter l’envahissement du pays.


Retour sur les raisons des tensions concernant le foncier en Côte d’Ivoire

Les Ivoiriens affrontent régulièrement la colère de certains Burkinabé au sujet de la terre. Il faudra expliquer cette situation à partir de l’histoire de notre pays. En 1932, quand sous la colonisation française, une bonne partie de la Haute Volta, actuel Burkina Faso, est rattachée à la Côte d’Ivoire et devient la Haute Côte d’Ivoire, des milliers de manœuvres originaires du Burkina-Faso sont convoyés en Côte d’Ivoire pour les travaux de construction des ports, du chemin de fer Abidjan-Niger et pour l’exploitation des champs de café/Cacao. Malgré la reconstitution de la Haute Volta en 1947, des millions de Burkinabè vont se retrouver, par le fait de l’histoire et pour des raisons économiques, en Côte d’Ivoire. L’hospitalité des Ivoiriens aidant, ils vont acquérir des terres avec une aisance déconcertante. A cette époque, la propriété foncière n’était pas un sujet débattu surtout avec l’affirmation d’Houphouët-Boigny selon laquelle « la terre appartient à celui qui la met en valeur ». En outre, les déplacements des nationaux vers les zones forestières du pays ont fini par créer une tension très forte sur le marché de la terre en Côte d’Ivoire. Dès lors, les conflits récurrents vont opposer, d’un côté les Ivoiriens aux Burkinabè et de l’autre, les Ivoiriens entre eux.

Les tentatives de résolution des conflits

La seule tentative de règlement des problèmes fonciers de façon juridique, reste la loi de 1998. En résumé, cette loi dit ceci : en revenant sur le droit du premier occupant du sol, la loi du 23 décembre 1998 à son article 1 impose une immatriculation de la propriété dans une première phase : « Article 1 : Le Domaine Foncier Rural est constitué par l’ensemble des terres mises en valeur ou non et quelle que soit la nature de mise en valeur. Il constitue un patrimoine national auquel toute personne physique ou morale peut accéder. Toutefois, seuls l’État, les collectivités publiques et les personnes physiques ivoiriennes sont admis à en être propriétaires. » Dans la seconde, elle impose un certificat foncier qui est lié à la notion de la nationalité. C’est dire qu’à partir de cette loi, aucun non Ivoirien ne peut être propriétaire terrien. Tous ceux qui, par des arrangements coutumiers ont acquis une parcelle de terre dans le passé, se verront dépouiller de leur bien au bénéfice de l’État, s’ils n’apportent pas la preuve de leur nationalité :

Article 6 :
« Les terres qui n’ont pas de maître appartiennent à l’État et sont gérées suivant les dispositions de l’article 21 ci-après. Ces terres sont immatriculées, aux frais du locataire ou de l’acheteur
». Finalement à ces étrangers, leur droit de propriété se transformera en un contrat emphytéotique conformément à l’article 26. Non seulement cette loi n’a pas été appliquée mais elle a autorisé le président actuel à distribuer la nationalité ivoirienne. En effet, la modification de certains articles
du code de la nationalité et le vote du texte qui donne deux ans aux personnes nées de parents étrangers et âgées de 21 ans à la date du 20 décembre 1961, à celles qui ont résidé sur le territoire ivoirien avant l’indépendance acquise en 1960 et leurs enfants nés en Côte d’Ivoire et à celles qui sont nées par la suite sur le territoire ivoirien entre le 20 décembre 1961 et le 25 janvier 1973, qui sont donc des Ivoiriens sans le savoir, pour régulariser leur situation. Pour Ouattara, l’association de la nationalité à la possession foncière avait carabiné plus le problème foncier. Ne pouvant rien, sa seule solution était de distribuer la nationalité ivoirienne. Les députés ivoiriens ont voté deux lois qui soulagent les Burkinabè. Sur la nationalité
et le foncier ce sont en majorité des Burkinabè, émigrés dans ce pays bien avant les indépendances qui sont visés. Le nombre de bénéficiaires directs de cette loi n’est pas encore bien connu, mais ils pourraient être pour l’essentiel des Burkinabè. Cette nouvelle loi permet aux personnes concernées de bénéficier de la nationalité ivoirienne « par déclaration » en lieu et place de la procédure de naturalisation qui était jusqu’ici en vigueur.


Les dangers qui guettent la Côte d’Ivoire

Plus un pays émerge économiquement plus le secteur primaire, l’agriculture, perd de l’importance dans l’offre d’emplois. On peut imaginer que dans deux décennies, le nombre d’Ivoiriens que l’agriculture occupe directement chute drastiquement. L’agriculture restera sans
doute longtemps encore le secteur porteur de la croissance, mais dans la chaine de valeurs, ce
sera plus rentable de posséder une usine qui transforme plutôt que des hectares de terre. Il faut
se garder de vendre la terre aux étrangers car les multinationales vont finir par « acheter » notre pays. Un tel accaparement des terres devient de plus en plus fréquent dans le monde, alors que les multinationales cherchent à s'établir sur des terres étrangères et à exploiter les ressources
qui s'y trouvent pour accroître leurs opportunités d'exportation. En Côte d’Ivoire, le groupe Louis-Dreyfus, qui contrôle plus 60% de l’importation de riz – avec ses partenaires locaux Soukpafolo Koné (proche d’Amadou Gon Coulibaly) et Carré d’Or – veut visiblement mettre la main à moyen terme sur toute la chaîne de valeur rizicole ivoirienne, de la production à la distribution. Au-delà des enjeux alimentaires et économiques, se pose la question de l’agriculture
locale, de la souveraineté alimentaire et de l’avenir des paysans. Car ces accaparements poussent à une agriculture intensive et industrielle qui laisse de côté bon nombre de « petits » paysans. Ils remettent sur le devant de la scène la question foncière et celle de l’accès à la terre et impose, parfois de facto, une réforme agraire qui favorise les investissements privés étrangers. Le phénomène d’accaparement des terres entraîne des conséquences négatives qui menacent la vie des communautés, en particulier le déplacement des populations, l’aggravation de la pauvreté et de la faim, l’augmentation des conflits, la perte des droits fonciers et des moyens de subsistance, la suppression pour les communautés et les paysans l’accès à la terre pour une production locale de produits de base. Et pourtant, ce sont eux qui peuvent mettre en place des systèmes alimentaires pour nourrir les populations.

La nécessité de trouver un remède au problème foncier

Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, seulement 11% des terres sont cadastrés. Selon les autorités actuelles, la sécurisation complète des terres ivoiriennes, dans le cadre de la délimitation des territoires villageois et la délivrance de certificats fonciers sur l’ensemble du pays, nécessite
un financement de plus de 330 milliards de FCFA. Ce montant estimatif porte sur la délimitation globalement de 11.000 sites habités et la sécurisation des 23 millions d’hectares environ en Côte
d’Ivoire. Le gouvernement n’a pas trouvé les ressources nécessaires pour sécuriser nos terres. Les Ivoiriens doivent donc arrêter la vente des terres aux étrangers en attendant qu’une solution soit trouvée. La vente des terres aux étrangers constitue pour la Côte d’Ivoire, une future arme de destruction massive des Ivoiriens.

La terre, le travail et l’argent ne sont d’ailleurs pas des marchandises comme les autres. Il ne faut pas les traiter comme s’ils s’agissaient de marchandises réelles. À la différence de celles-ci,
ceux-là ne sont pas originellement produits pour être vendus, bien qu’ils puissent se voir conférer un prix. Comment la nature, les personnes et les relations sociales pourraient être, en effet, pleinement soumis aux exigences du marché, sans être altérées, voire détruites ?
Permettre au mécanisme de marché d’organiser le travail, la terre, et l’argent comme des marchandises authentiques aboutirait à déshumaniser les relations sociales et compromettre l’environnement, c’est-à-dire à anéantir l’idée d’humanité, voire peut-être son existence même. En ce sens, le travail, la terre, et l’argent sont des « marchandises fictives » parce qu’elles sont uniquement traitées comme si elles étaient produites pour la vente sur le marché, mais elles ne le sont pas. Le travail, par exemple, n’est rien d’autre que ces êtres humains eux-mêmes dont chaque société est faite, et la terre, que le milieu naturel dans lequel chaque société existe. Les inclure dans le mécanisme du marché, nous dit l’auteur, c’est subordonner aux lois du marché la
substance de la société elle-même.

Texte / Prao Yao Séraphin

in Le Nouveau courrier N°1238 Du Vendredi 20 Mars 2015

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 15:06
Madame PAU LANGEVIN, Ministre de l’outre-mer dans cette réunion de travail avec les hauts administrateurs de services de la Martinique, dont la priorité serait l’emploi des jeunes
Madame PAU LANGEVIN, Ministre de l’outre-mer dans cette réunion de travail avec les hauts administrateurs de services de la Martinique, dont la priorité serait l’emploi des jeunes

SOURCE

Bonjour Madame Pau LANGEVIN,

Cette réaction à la présente photo prise alors que vous êtes dans une importante réunion de travail en Martinique, ne vient pas alimenter un effet de mode. A l’heure de la démocratie participative, toutes les occasions peuvent être propices à faire progresser notre vivre ensemble en terre française.

Madame La Ministre, voici un instantané très parlant. Ce n’est pas là un cliché caricatural. C’est au contraire une cristallisation de ce qui se fait et s’est fait depuis toujours. Cela est édifiant à plus d’un point. Vous vivez en direct cet héritage millénaire de la discrimination et de la domination blanche dans sa plus naturelle expression ! Vous n’y êtes pour rien !

Mais devant une telle évidence de l’exclusion des Noir(e)s d’outre-mer de la gestion des choses qui les intéressent, je sais, ou tout du moins, j’espère que votre voix peut s’étonner et certainement s’indigner.

Peut-être, habitée de cette grande profession de foi du président François Hollande, pouvez-vous exiger la traduction concrète du fameux « LE CHANGEMENT C’EST MAINTENANT » dans le temps présent de votre ministère.

Peut-être pouvez-vous cesser de prêter main-forte à ce déni total de respect et d’égalité en défaveur de ces Français ultramarins, marqués au fer rouge du mépris quotidien par la scarification mensongère de la République France : Liberté-Egalité-Fraternité.

Je vous sais, je vous crois malheureuse dans cet aréopage, et je sais que vos yeux pleinement ouverts sur ce qu’est dans sa substance profonde la politique française vis-à-vis de ces minorités, vous retrouverez le feu courroucé que vous avez partagé avec MARCEL MANVIL contre l’insupportable domination de l’homme noir par l’homme blanc.

Vous avez l’âme humaniste et l’esprit de combat a toujours animé votre longue marche dans les chemins troubles de la vie politique. Manuel Vals dans le naturel d’une émotion profonde, disait un temps qu’il souhaitait dans son cortège qu’il y ait un peu plus de « White », un peu plus de « blancos ». Nous nous contenterons de dire qu’il est légitime et respectueux qu’il y ait un peu plus de « noirs » dans les hautes travées de nos administrations en « terre française d’outre-mer ».

Nous ne sommes pas candides, nous ne le sommes plus. Nous savions la composition systématique de la photo de famille des grands administrateurs des colonies. Mais nous sommes ici devant le choc des images.

Vous seule, personne noire, dans ce « Petit-déjeuner avec les chefs des services de l’État en Martinique », dans cette réunion de travail dont la priorité serait l’emploi des jeunes de notre toujours département. Pas l’ombre du moindre chef de service d’origine antillaise. PAS UN SEUL.

Et c’est un accident que vous ministre, et seule personne noire dans ce tableau symbolique et instructif, vous contribuiez à visualiser l’intolérable racisme de l’administration française.

Sachez définitivement que cette image témoin nous est insupportable, et que le statu quo dont elle témoigne est une atteinte récidivante contre notre dignité de citoyens déconsidérés, discriminés.

Cela peut changer.
Par vous, Madame la ministre, peut souffler, marquant votre ministère, un vrai vent de changement ! Votre présence dans ces fonctions gouvernementales constitue une chance. Vous êtes notre ministre de tutelle. Dites notre haut-le-cœur à Monsieur Hollande, président de la république et à chacun de vos collègues du gouvernement.

Voici en deux mots nos doléances :
– Nous voulons des grands administrateurs majeurs noirs pour penser et mettre en acte le quotidien dans nos territoires. Aux plus hauts niveaux !
– Nous vous demandons de mettre à l’index l’esprit colonial de l’administration française en outre-mer !

Et voici notre engagement :
Nous vous certifions que nombreux, Antillais Français d’Outre-mer, nous vous appuierons dans ce juste et nécessaire bouleversement des pratiques.

Soyez assurée, Madame la Ministre, de mon total respect !

Yves UNTEL PASTEL
Ethnologue, poète et auteur-composite
ur

PS : la titraille est de la rédaction

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