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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 12:02
#Gabon / Festival MUGRIGA (Musiques et griots du Gabon) du 17 au 21 juin 2015

Festival Musiques et Griots du Gabon sur Facebook

Du 17 au 21 juin / Entrée libre

Festival MUGRIGA

Musiques et Griots du Gabon
A l’occasion de la Fête de la Musique 2015, l’Institut français du Gabon vous invite à la première édition du Festival MUGRIGA !
Véritable célébration de la musique au Gabon, le Festival MUGRIGA investit la grande scène et les jardins de l’Institut français du Gabon, le temps de deux concerts.

À ne pas manquer !

Du 17 au 19 juin
Atelier Nou’art
L’Atelier Nou’art propose à une douzaine d’artistes gabonais de se réunir et de créer ensemble un spectacle musical inédit. Balafon, cithare, arc à bouche, guitare, sanza, basse, percussions accompagneront chanteurs, slameurs et conteurs dans une création unique.
Sous la direction artistique du groupe Scen’art.

Samedi 20 juin
Concert d’ouverture du Festival MUGRIGA
L’Institut français du Gabon et le groupe Scen’art vous invite à un concert exceptionnel !
Pendant le temps d’une soirée, l’Atelier Nou’art investit la scène de l’Institut français pour présenter au public son spectacle inédit. Il sera accompagné sur scène de la talentueuse Queen Koumb et de nombreuses surprises gabonaises et internationales !

Dimanche 21 juin
Fête de la Musique
!

Scène ouverte de la Fête de la Musique

A partir de 16h
Venez partager votre talent, votre musique et vos textes sur la grande scène ouverte de l’Institut français !
Participation gratuite sur inscription à l’Institut français du Gabon avant le 15 juin.

Grande soirée de la fête de la Musique.
A partir de 19h30
Retrouvez tous vos artistes gabonais favoris sur scène pour un grand concert exceptionnel dans les jardins de l’Institut français !
Avec Scen’art, Naneth, Igor Makaya, Papé Nziengui, Sista Kash, Didier Dekokaye et bien d’autres surprises !

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Published by Gri-Gri International - dans Arts & culture Gabon 2011
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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 11:00
Jacques Vergès by Roland Dumas / Lecture Protche (#TrailerFilmVergès)

Où acheter le livre

Ajoutée le 21 mai 2015

En janvier 2015, Roland Dumas, avocat des Algériens à la fin des années 50, ministre des Affaires étrangères de Mitterrand, puis président du Conseil constitutionnel, publie un nouveau volume de ses mémoires, notes et verbatims, Politiquement incorrect.
Grégory Protche a sélectionné et lu les passages consacrés à un des plus veux amis de Me Dumas : Jacques Vergès, avec qui il avait renoué à la faveur de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire, fin décembre 2010.

Mixage / CaveDu18
www.legrigriinternational.com

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 12:00
#Gabon / Testament politique d’AMO : attention aux imposteurs !


Suite au décès, le 12 avril dernier, du Président André Mba Obame, l’Union Nationale a unilatéralement décidé d’une période de deuil qui a pris fin le 22 mai. Désormais, la politique a repris ses droits. Les intrigues et les manipulations aussi. Mais avant toute chose, il faudrait d’abord que nous, Gabonais qui entendons bénéficier du combat mené par AMO et de son sacrifice suprême, que nous nous posions très sérieusement la question suivante : « Qu’entendons-nous faire de son héritage ? Que faisons-nous pour mériter ce qu’il a accompli pour le Gabon ? Sommes-nous dignes de son combat ou devons-nous plutôt nous considérer comme de simples jouisseurs ingrats, plus intéressés par le pouvoir à tout prix que par la libération du pays ? ».
André Mba Obame a démontré sa capacité à imposer une ligne de rupture par rapport à l’oppression du système Bongo/PDG, et à mobiliser contre celui-ci des forces disparates. Maintenant qu’il est entré dans le mystère de l’Eternité, on va bientôt voir surgir des imposteurs plus ou moins crédibles se réclamant de son héritage politique. Il y en a qui se prépare déjà à se rendre dans la capitale camerounaise pour lancer « l’appel de Yaoundé ». Macabre mimétisme ! D’autres, en revanche, se disent « porteurs de consignes » fabriquées de toutes pièces. Abominable cynisme ! André Mba Obame était un homme organisé et rationnel. Quand il voulait s’adresser à ses compatriotes, il savait trouver les canaux pour le faire. Même au plus fort de sa maladie. Il faudra donc que tous ces vampires qui pensent pouvoir se servir d’AMO comme fonds de commerce politique, trouvent autre chose. Nous savons que ces spécialistes de la politique politicienne, celle-là même qui occupe le champ clos des conflits d’intérêts individuels, où l’on se dispute le fruit d’un héritage mal acquis, sont à la manœuvre depuis quelques semaines. Nous sommes aussi au courant de la duplicité de ces individus qui, bien même avant le décès du Président, l’avaient déjà enterré et multipliaient les séjours chez des charlatans équato-guinéens pour se « préparer ».
La schizophrénie et le cynisme de ceux qui font le jeu du pouvoir tout en se réclamant d’AMO, n’abusent personne. Le testament politique de Mba Obame c’est la libération du Gabon. Si quelqu’un est porteur de ce message-là, qu’il en apporte la preuve écrite ou audio-visuelle. Sinon, circulez et laissez le peuple se battre pour récupérer sa souveraineté !

TEXTE - N.N.E.

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 10:46
Le nouveau Ben Kerber, loin des merdes de notre temps / Jérôme Reijasse

Il y a des gens que l'on a plus envie de suivre que d'autres. Et on ne sait même pas vraiment pourquoi. Une sorte de fidélité tacite, quelque chose de l'ordre de l'évidence. Ben Kerber, autrefois, appartenait à un groupe parisien, les Shades. Je n'avais pas aimé du tout le premier album, envoyé alors par Burgalat, qui venait de le signer sur son label, Tricatel. Nous étions en pleine vague bébés rockeurs, on frôlait l'overdose, les médias en faisaient des tonnes alors qu'il n'y avait rien, ou si peu. Des mômes parfois sexy, rarement doués, arrogants (la jeunesse a le droit) et nostalgiques. Et quoi de plus triste qu'un enfant qui regarde vers un passé qui ne lui appartient même pas ?

Les années passent. Les Shades poursuivent leur chemin, sortent d'autres disques. Le deuxième album est mieux, en tout cas, il me parle. Le dernier en date, lui, ne m'avait pas ému plus que ça. J'attendais autre chose. On se trompe souvent à trop vouloir prêter aux autres nos désirs. Jusqu'à cet EP avec un titre beau à chialer, que jamais je n'oublierai, Mon enfance, sorte de complainte sépia idéale, remuant des sentiments d'importance. Une chanson qui appartient désormais à mon existence et qui, quand je l'écoute, convoque des larmes internes qui froissent mes ténèbres. Qui me bouleverse autant qu'un Hank Williams ou qu'un Cure.

En 2015, un soir de printemps pluvieux, un mail dans ma boîte. Benjamin Kerber m'annonce qu'il vient d'autoproduire un nouvel EP, Loin des mers, en solo. 4 titres. Sans attendre, je clique et appuie sur la touche play. Alfortville et son minimalisme synthétique, ses sonorités électroniques à la fois entêtantes et aériennes, cette voix qui flirte avec Daniel Darc, qui impose sans violence une intimité, rare de nos jours, est une très bonne surprise. Une chanson trésor. Les Shades ne sont peut-être plus mais Ben Kerber a encore beaucoup de choses à chanter. C'est une bonne chose, quand les gens que vous respectez vous démontrent que le cynisme et la facilité ne les ont pas encore totalement bouffés.

Nous étions des rêveurs et son introduction My bloody Valentine, avec cette batterie robotique, est une très jolie ballade pop, avec, comme souvent chez Kerber, ces petites récurrences soniques qui fédèrent celui qui a envie d'y croire. Autour de la mélodie, simple et indélébile, Kerber édifie un univers qui n'appartient qu'à lui et qui a pourtant la capacité de devenir celui de n'importe qui. Dans mon monde, on appelle ça un tube.

Vagabond poursuit dans la même veine, à un tempo peut-être plus enlevé. On devine une certaine mélancolie, même quand les choses se passent bien. Kerber ne ressemble pas à cette jeunesse pressée, angoissée, aux éjaculations précoces sans lendemain. Il existe, il donne beaucoup, il se livre.

Enfin, conclusion inattendue et formidable, Keep Your Dreams, reprise de Suicide. Et en français ! C'est fantastique, comme un songe qui refuserait que le matin l'efface pour toujours. Kerber chante à notre oreille, il est à sa place. Et on a envie de le suivre, encore. Quand je lui réponds, le soir même, que j'ai beaucoup aimé ses nouvelles compositions, il me remercie. Il semble surpris de ma réponse rapide. Peut-être parce qu'il pense encore que je suis un journaliste, c'est à dire un pisseur de copies sans âme, une groupie dévoyée. Non. Je suis un homme perdu, effrayé, en colère qui ne vit plus que pour s'oublier dans la magie des autres.

TEXTE Jérôme Reijasse

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 07:30
Le dessin réponse à Luz de Booba
Le dessin réponse à Luz de Booba

Relecture facétieuse d'un article du HuffingtonPost consacré à la réponse (dessinée) du rappeur Booba à la réponse (dessinée) de Luz dans Charlie Hebdo, qui faisait suite elle-même aux réponses de Booba aux questions (vidéo) du Parisien au sujet de certains extraits de son nouvel album, peu compatissants à l'endroit (et même à l'envers) du canard satirique plumé à Paris début janvier 2015 par les barbus frères Kouechi.

"CHARLIE HEBDO", prévient, en amorce sous-titrante, l'HuffingtonPost... Ce n'est pas sous l'égide du rap, de la politique ou des arts que tout ceci se place, mais, plus solennellement - on n'est même pas loin du sacré, et pas juste parce qu'il fut question de blasphème -, là où se situerait dorénavant le débat : la religieuse injonction faite à l'esprit d'être Charlie.

On se rappelle l'infecte joujournaliste mal coiffée à nom de bière qui, sur le Service public, exigeait que soient listés - en vue de leur offrir des séjours en spa rééducatifs, certainement - les malotrus qui sur les réseaux sociaux et dans la vie réelle se permettaient de ne pas se sentir Charlie Hebdo... sous l'unique prétexte que ce connard de Charb - pardon, un, comme disait Saint Jules Vallès, "La mort n'est pas une excuse", deux, les anti-fumeurs fachos, morts ou vifs, on leur chie dessus - et ses amis avaient été exécutés par des barbus djihado téléguidés - je veux pas faire le complotiste, mais des mecs financés par un imam mort en 2011 et qui font des crédits pour acheter une voitures fin 2014, il m'arrive de ne pas voir en eux les exclusifs coupables qu'on nous décrit...

Donc, c'est au nom désormais saint et sacré de Charlie que la polémique, le clash, la controverse qui agite les réseaux sociaux et les élites médiatiques, et oppose le rappeur Booba aux restants (pour ne pas dire aux restes) de Charlie Hebdo, continue de rebondir.

"Booba joue l'escalade. Après les propos très controversés du rappeur au sujet de Charlie Hebdo, le dessinateur Luz, qui continue à travailler pour l'hebdomadaire satirique, lui avait répondu par une caricature. Représenté nu et pas particulièrement à son avantage, le "D.U.C" était en train de faire de la musculation et son torse affichait un tatouage "Je suis gonflette". Le slogan "Booba n'est pas Charlie" surplombait le tout.

Une caricature que Booba n'a visiblement pas appréciée. Sur Instagram, le rappeur a posté la photo d'un dessin à son image: ultra-provocateur et trash. Dessiné au stylo, il représente visiblement le rappeur mettant son sexe dans la bouche d'une personne allongée qu'il maintient à terre le pied sur sa poitrine. Sur son torse, l'inscription "Je suis balaise" répond au "Je suis gonflette"."

L'insolent grand métis couleur café crème, l'MC capuccino, né d'une Blanche et d'un Nègre - un coup de hanche et c'est le ravin -, s'est permis d'user de son artistique liberté d'expression dans son dernier album, pour renvoyer dos à dos (ou cul botté à cul botté) Charlie et pas Charlie.

Tous soumis.

Là, le mi Limonov mi Dutroux qu'on appelle Luz, à qui l'on devra la Une du numéro de résurrection de Charlie Hebdo - le seul journal au monde qui a plus d'abonnements que d'abonnés -, a décidé de réagir. De répondre. Il s'est pas chié dessus ! Bim ! Un dessin dans ta gueule Booba ! Dieudonné, dans Charlie il y a dix ans, s'était mangé un cerveau aux dimensions d'une cacahouète, B2O se retrouve lui castré...

On peut se dire que Luz le finaud a ainsi pointé ironiquement le caractère phallique de l'icône Booba, il est vrai textuellement enculo-niqueur de première et formellement très attentif à sa plastique.

On peut aussi se demander ce qu'a ressenti Luz en castrant le rappeur vicieux de Miami.

C'est une constante, les amuseurs et autres libertaires se défient du Nègre peu souriant. Voir les pathétiquement douteux sketches des Guignols au début de la carrière de millionnaire d'Anelka.

Ils sont plus MC Solaar et Marius Trésor.

Et l'auteur de Tony Coulibaly est parfois un peu tête de con sur les bords.

Demandez aux gens du rap... entre ceux qu'il a clashés à distance, jusqu'à les rendre inaudibles, et ceux qu'il domestiqua en les faisant figurer, pardon, featurer sur ses morceaux...

Le prenant pour un rappeur, aucun éditorialiste n'oserait envisager que Booba a peut-être juste fourré tout le monde, à la Spike Lee, en déclenchant une rentable joute au moment où sortait son nouveau disque...se branlant complètement des histoires de Charlie, mais ayant capté le névralgisme artificiel d'une plaie visiblement entretenue.

Et en jouant, gammes médiatiques et sociologiques aussi astucieuses qu'efficaces : qui ignore aujourd'hui que pour répondre à Luz Booba a mis en dessin sa grosse bite dans la bouche du moribond Charlie ?

On attend déjà avec ravissement les punchlines inspirées par Luz et Charlie qui émailleront le prochain album.

Jacques Mesrine, ce n'est pas le moins charmant de son parcours, adorait se faire passer pour un gangster à conscience politique rougeoyante pour faire suinter les journalistes de Libé, dont il faisait les scribes fidèles et mythologisants de son épopée d'homme libre à biscotos et grande gueule. Semée de braquages et de prises d'otages.

Booba, lui, pour vendre des disque et continuer son oeuvre, se joue des diabolisations. Passant plus de temps sur les réseaux sociaux du 21ème siècle à scruter son impact et ses ventes qu'à salonner en promo à la télé du 20 ème.

Slalom habile et illisible pour la meute à oeillères qui se croit blanche entre les interdits et les réprouvés - Dieudonné, Ramadan clashé et ramené à la hauteur de Saïd Tagmaoui.

Communautarisme revendiqué - mi social, mi religieux et mi racial. "Chez nous, personne n'a les yeux bleus, à part un Huskie" (mettre Booba le disant). Comme tout le monde finalement, mais en le disant salement.

Sexisme aussi consternant que réjouissant - Diams.

Contre-exemple civique - à la fin des embrouilles, Booba ne s'absoud pas en appelant à voter (sous-entendu contre Le Pen).

Exil chez le Grand Satan - une piste fiscale à creuser, peut-être, on sait le procédé en vogue chez les limiers missionnés.

Adéquation politico-économique entre le discours, les postures et les pratiques - à l'inverse de ses confrères tous anti-mariage gay en privé et bien sûr de gauche en public. Point commun pas innocent avec un des (rares) autres authentiques artistes du rap français, Doc Gynéco.

"A travers les hashtags qui accompagnent le dessin - ajoutant au passage une belle touche de vulgarité - "

Ah, la vulgarité... venant du HuffingtonPost de la Sinclair, n'est-ce pas merveilleux (là, on met Eastwood qui le dit) ?

"Booba ne s'en prend pas qu'à Luz mais aussi à Laurent Ruquier. "#ruquierniquetesmortsnarvallo", écrit Booba en réponse aux propos de l'animateur sur son compte. "

Oh, la belle insulte communautaire...chez les raboins !

"Sur le plateau du Grand Journal, l'animateur de France 2 avait qualifié Booba de "Trierweiler du rap". "

Laurent Ruquier aussi Bouvard du pauvre qu'épais Pécuchet.

"Les caricaturistes ne s'attaquaient pas à l'Islam, non justement, ils s'attaquaient au terrorisme. Il n'a rien compris en fait Booba, et quand on n'a rien compris, on ferme sa gueule", s'était énervé Laurent Ruquier.

Où l'on se rend compte qu'en fait et comme souvent, c'est Ruquier qui n'a rien compris.

Ou bien que l'auteur Ruquier est moins tarte et demeuré que l'animateur Ruquier qui commence à glousser faux comme Sevran.

TEXTE - GREGORY PROTCHE

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 07:00
#ComplémentToddBis / La Bite à Booba dans la bouche à Charlie / Grégory Protche & Cavedu18 (vidéo)

Dans son dernier album, Booba a renvoyé dos à dos pro charlie et pas charlie. Le Parisien l'a questionné à ce sujet. Ses réponses ont occasionné une réponse d'un dessinateur de Charlie Hebdo, Luz. Dessin auquel Booba a répliqué par...un dessin, plus rapide, moins artistique mais combien efficace...
La polémique ne cesse de rebondir.
Plusieurs hommes politiques français ont annoncé leur volonté d'entamer des poursuites contre le rappeur, pour apologie du terrorisme. Plusieurs syndicats de policiers l'ont d'ores et déjà fait.

Le Gri-Gri International, par son dictateur-adjoint Grégory Protche, ancien de la presse rap, propose une relecture d'un article du Huffington Post consacré à l'affaire Booba VS Luz et Charlie.

Texte et lecture : Grégory Protche
Mixage : Cave du 18

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 15:27
#Canada / François Bugingo, le journaliste mytho président d'honneur de #RSF !

SOURCE

Le journaliste canadien né à Kisangani (RDC) François Bugingo a inventé de toutes pièces plusieurs reportages internationaux. Lesquels sont vrais, lesquels sont faux?

C'est «l'un des moments les plus douloureux» que François Bugingo ait «jamais vécu dans [sa] carrière de journaliste et de témoin de toutes les guerres qui ont endeuillé le monde dans les 20 dernières années».

À Misrata, en Libye, «l'un des tortionnaires les plus zélés du régime du dictateur Kadhafi » est sur le point d'être exécuté par des miliciens triomphants. L'homme, menotté, dégage une odeur fétide : sans doute s'est-il fait dessus. Son visage est boursouflé des coups qu'il a reçus. Alors que des combattants surexcités l'entraînent vers son lieu d'exécution, il se tourne vers François Bugingo et lui crie : «I hate the bad man the Guide made of me».

Cette histoire a été relatée par François Bugingo lui-même dans son blogue, hébergé sur le site internet du Journal de Montréal, le 11 février 2014. Une scène d'une grande violence, sûrement douloureuse pour tout journaliste qui aurait eu le malheur d'y être confronté.

Le problème, c'est que François Bugingo n'a jamais mis les pieds à Misrata. Il n'a jamais vu un tortionnaire du régime Kadhafi sur le point de se faire exécuter par des milices rebelles en Libye.

Il n'a pas davantage trinqué avec les tireurs d'élite serbes de Sarajevo en 1993;

Il n'a pas négocié la libération d'un journaliste otage avec des terroristes d'Al-Qaïda en Mauritanie en septembre 2011;

Il n'était pas représentant de la Commission européenne auprès du ministre égyptien de l'Intérieur au Caire, en février 2011;

Il n'était pas à Mogadiscio, en Somalie, le 4 août 2011.

François Bugingo a pourtant publiquement prétendu tout cela, au cours des dernières années, aux micros de différents médias - y compris ceux de La Presse, de Radio-Canada, de TVA, de Télé-Québec, du Devoir, du 98,5fm et du Journal de Montréal. Le reporter dispose d'une large tribune au Québec. Notre enquête démontre toutefois que ses faits d'armes journalistiques sont parfois très romancés, quand ils ne sont pas carrément faux.

Dans le cas de Misrata, François Bugingo a lui-même nié s'y être rendu, au cours d'une longue entrevue avec La Presse, le 15 mai dernier : «Non, je ne suis pas allé à Misrata », a-t-il dit. Lorsque nous avons évoqué la «douloureuse» scène du tortionnaire bientôt mis à mort par les milices de la ville, le journaliste a continué à nier: «Non, non, non. J'ai dû le lire quelque part.»

La fable de Sarajevo

De passage à l'émission Deux filles le matin à TVA, le 14 octobre dernier, François Bugingo a évoqué le siège de Sarajevo lorsque l'animatrice lui a demandé de parler d'un «moment marquant, une rencontre qui a changé [sa] vision de la vie».

«Je dirais, en 93, dans la guerre de Bosnie, a-t-il répondu. Je me rappellerai toujours, à Sarajevo, cet homme-là qui, tout l'après-midi, avait passé le temps à tirer, à tirer, à tirer. Et puis le soir, il a sorti une bouteille de slivovitz (alcool slave) et il s'est mis à jouer de la guitare, et je me suis rendu compte que c'était un artiste exceptionnel.»

Interrogé à ce sujet, François Bugingo a précisé qu'il s'était plutôt rendu à Sarajevo en 1995 avec les journalistes français Thierry Cruvellier et Patrick Muller, afin d'y mettre en place une publication, l'International Justice Tribune (IJT). «Je suis allé là pour eux, avec eux.»

Contactés par La Presse, Patrick Muller et Thierry Cruvellier ont tous deux déclaré qu'ils ne s'étaient jamais rendus à Sarajevo avec François Bugingo. En fait, M. Cruvellier a fondé l'IJT en 2004 et s'est rendu pour la première fois en Bosnie en 2005. M. Muller est bien allé à Sarajevo dans le cadre d'un projet média en 1995, mais pas avec François Bugingo.

Des reportages inexistants

François Bugingo, 41 ans, prétend avoir visité 152 pays et couvert la majorité des grands conflits qui ont ravagé la planète au cours des deux dernières décennies, notamment en Irak, en Afghanistan, au Liberia, au Rwanda, en Algérie, au Sierra Leone, en Colombie, au Liban, en Bosnie, au Sri Lanka. Mais les reportages émanant de cette impressionnante couverture sont rares, et souvent même inexistants.

C'est le cas de la guerre en Irak, en 2003. En entrevue, François Bugingo a juré qu'il y était bel et bien, mais que le magazine L'actualité n'était pas intéressé par l'achat de son reportage. À L'Actualité, on n'a pas pu confirmer, puisqu'on n'a pas souvenir de cette proposition de pige.

Dans le numéro juillet-août 2008 du magazine Réussir ici, François Bugingo raconte qu'avant son arrivée au Québec, en 1997, il était pigiste à RFI, à l'Agence France-Presse (AFP) et à l'Agence panafricaine de presse (PANAPRESS). Aujourd'hui, il nie avoir été pigiste pour ces trois agences.

François Bugingo a souvent répété être « devenu un homme » lorsqu'il s'est rendu au Rwanda, à 20 ans, pour couvrir le génocide du printemps 1994. Ses reportages sont introuvables. Il dit en avoir écrits - sans les signer - pour un défunt hebdomadaire burundais, en plus d'alimenter le journaliste français Jean Hélène, de Radio France Internationale (RFI).

Jean Hélène est mort en 2003.

François Bugingo soutient avoir écrit des « résumés » que Jean Hélène intégrait à ses reportages sur le génocide. « Je fournissais pas mal Jean Hélène, pour ce qu'il faisait lui, au groupe RFI dans son ensemble. »

«Jean ne nous a jamais demandé de rémunérer l'un de ses informateurs», s'étonne Christophe Boisbouvier, reporter vétéran de l'Afrique à RFI. «Le nom de M. Bugingo ne dit rien aux anciens comme moi, qui travaillais déjà à RFI en 1994. Ce nom n'apparaît à aucun endroit dans nos archives écrites et sonores. Nous avons même fait la recherche dans les deux volumes de retranscription des archives rwandaises de RFI. Il n'y a aucune trace de M. Bugingo.»

En tant que vice-président international de Reporters sans frontières (RSF), François Bugingo a souvent affirmé avoir mené des missions secrètes ou des opérations sensibles pour négocier la libération de journalistes otages à travers le monde - ce que nient catégoriquement quatre dirigeants de RSF, anciens et actuels, que nous avons contactés en France.

«Il n'a jamais eu de mandat pour négocier avec des preneurs d'otages, des terroristes, tranche Hervé Deguine, ancien secrétaire général adjoint de RSF. Tout cela, c'est du matériau pour un bon roman de kiosque de gare.»

Une large tribune

François Bugingo est une figure médiatique très présente au Québec. Il collabore au bulletin télévisé du TVA 22h, tient une chronique quotidienne sur les affaires internationales à la radio 98,5fm, en plus d'alimenter un blogue et une chronique auJournal de Montréal.

Dans le passé, il a travaillé pour de nombreux autres médias. Il a notamment été animateur de Points chauds, à Télé-Québec, et de la Course évasion autour du monde, au Canal Évasion. En 2010, il a réalisé un documentaire sur le Rwanda, diffusé à Radio-Canada. Par ailleurs, il a animé plusieurs conférences, entre autres au Musée de la civilisation de Québec.

Ses employeurs actuels, au 98,5fm, à TVA et au Journal de Montréal, ont refusé de commenter notre enquête, hier. «Permettez-moi, par contre, de préciser que François Bugingo est un de nos collaborateurs depuis 2013. Il n'est donc pas un employé du Groupe Média», a souligné Véronique Mercier, vice-présidente Communications, Groupe Média et Groupe TVA.

François Bugingo est membre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, dont le Guide de déontologie stipule que «les journalistes ont l'obligation de s'assurer de la véracité des faits qu'ils rapportent au terme d'un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations».

Dans son blogue au Journal de Montréal, le 19 janvier, François Bugingo condamne un «grave délit de mensonge ou de fabulation» commis par la chaîne américaine Fox News, estimant qu'il était du «devoir professionnel et éthique» des médias de dénoncer ces dérives. «Il en va de notre crédibilité auprès de nos publics», écrit-il, avant de conclure :

«Dans les guerres et autres tragédies du monde, la vérité est la première victime, a-t-on souvent dit. Il serait dramatique que ceux qui se disent défenseurs de cette vérité (et Dieu sait si nombre de nos collègues sont morts en recherchant la vérité) contribuent à son enterrement.»

27 septembre 2010. François Bugingo est en Mauritanie pour négocier la libération d'un journaliste, pris en otage par le groupe Al-Qaïda. La rencontre est tendue. À un certain moment, des avions survolent le lieu de rendez-vous. «Si les avions tirent, nous vous tuons tous», lance alors le terroriste.

Ce jour-là, François Bugingo dit avoir eu la peur de sa vie. «J'ai un gamin de 6 ans, je me suis dit qu'il était temps que j'arrête», a-t-il raconté à La Presse, le 10 mars 2011. C'est ainsi qu'il a expliqué sa décision de quitter la vice-présidence de Reporters sans frontières (RSF), ainsi que la présidence de la section canadienne de l'organisme, qu'il avait lui-même fondée.

Vérifications faites, RSF n'a jamais donné à François Bugingo le mandat de négocier la libération d'un otage en Mauritanie ; en fait, RSF n'a jamais négocié avec des ravisseurs, et surtout pas avec des terroristes ; de toute façon, il n'y avait aucun journaliste détenu par Al-Qaïda en Mauritanie en septembre 2010.

François Bugingo a plutôt démissionné de RSF le 24 septembre 2010. À l'époque, la section canadienne était en sérieuses difficultés financières. Selon une source, Paris avait refusé d'avancer les 30 000 $ demandés par François Bugingo pour relancer cette section, au bord du gouffre. Depuis, cette entité - qui était entièrement indépendante de Paris - a disparu.

François Bugingo affirme aujourd'hui qu'il n'a pas négocié la libération d'un journaliste otage en Mauritanie. Mais il soutient toujours s'être rendu dans ce pays pour y rencontrer «des gens d'Al-Qaïda».

Dans quel but? Le journaliste refuse d'en dire plus, sous prétexte qu'il est en train d'écrire un livre sur sa vie. «Ça, tu le comprendras dans le bouquin. Ce que je faisais en Mauritanie, et comment je me suis retrouvé autour de cette table.»

Il maintient ne pas avoir été mandaté par RSF. «Je suis allé en Mauritanie pour une autre boîte. J'étais invité par une chancellerie occidentale.» Il dit avoir quitté RSF simplement parce qu'il avait «fait le tour du jardin».

Le 27 septembre 2010, François Bugingo a pourtant écrit sur sa page Facebook : «J'avoue avoir eu peur du syndrome de la dernière mission qui finit mal. De retour à mon hôtel. Hâte que tout cela finisse. Que cesse la peur.»

Un an plus tôt, le 11 mai 2009, le journaliste a écrit sur Facebook qu'il était «catastrophé par le cambriolage de Reporters sans frontières Canada. Certaines de nos missions secrètes seront-elles mises en danger? Du boulot en perspective...».

Des missions secrètes? François Bugingo dit maintenant ne pas en avoir mené. «Je n'ai jamais été dans le secret. » Il admet par ailleurs n'avoir jamais négocié la libération d'un otage avec un ravisseur pour le compte de RSF. « Ce n'est pas notre mandat.»

Le 30 octobre 2013, dans son blogue du Journal de Montréal, il écrivait pourtant avoir été «nombre de fois au coeur de différentes négociations pour la libération de captifs».

Hervé Deguine, ancien secrétaire général adjoint de RSF, affirme que la contribution de François Bugingo au sein de l'organisme a été plutôt modeste. «C'est quelqu'un de très sympathique, qui communique bien et qui se présente bien. Pour être président d'une association et faire des cocktails, c'est très bien. Mais s'il faut faire des missions qui demandent de la rigueur, du sérieux, un travail approfondi et de la discrétion, ce n'est pas le bon personnage.»

La vice-présidence de RSF International, qu'a occupée François Bugingo pendant des années, est essentiellement honorifique, précise Hervé Deguine. « C'est deux réunions par an autour d'une table d'un salon bien chauffé à Paris où on discute de grandes idées, mais ce n'est pas du tout un organe qui mène des opérations », contrairement au secrétariat général de l'organisme.

Le fondateur de RSF, Robert Ménard, est plus indulgent envers François Bugingo. «Quand je lui ai demandé de faire des choses pour RSF, il les a toujours bien faites», dit M. Ménard, tout en admettant que son ami présentait «une vision romanesque des choses».

SOMALIE

L'AFFIRMATION

Début août 2011, François Bugingo dit avoir accompagné un convoi des forces africaines en Somalie (AMISOM) à Mogadiscio. Une partie de la capitale était alors occupée par les milices islamistes Shebab.

François Bugingo a écrit un texte d'opinion, publié dans Le Devoir, le 3 août 2011, et intitulé «La nuit est triste à Mogadiscio».

Après la parution de ce texte, le journaliste a accordé plusieurs interviews - trois à la radio de Radio-Canada, deux à RDI et une à la radio 98,5fm - dans lesquelles il a témoigné de sa dure expérience. Entre l'aéroport et le palais présidentiel, le convoi dans lequel il prenait place a été attaqué « une quinzaine de fois» par les Shebab ; le président était «terré, assiégé» dans son palais; l'AMISOM ne sécurisait plus qu'une «infime partie» de la capitale.

VÉRIFICATION FAITE

Débarqué le 1er août 2011 à Mogadiscio, François Bugingo y serait resté deux jours : dans des entrevues accordées à Radio-Canada, le 3 août 2011, il affirme avoir déjà quitté la Somalie et être à Bujumbura, au Burundi.

Or, dans une interview accordée le 4 août au 98,5fm, François Bugingo prétend être toujours à Mogadiscio. Au cours de l'entrevue, il affirme clairement être sur place. Quand l'animateur Benoît Dutrizac lui demande comment il assure sa sécurité, il répond : « Je suis avec ces militaires des forces africaines. [...] Le tout est d'être extrêmement prudent et de réduire le plus possible nos mouvements. »

Cette interview n'a pas été préenregistrée, puisque Benoît Dutrizac évoque le texte duDevoir. « Ça se peut que j'aie fait de l'esbroufe avec Benoît. Que je dise que je suis encore là, mais non », admet François Bugingo.

Pourquoi cette visite éclair en Somalie ? Les motifs du reporter varient d'une interview à l'autre.

À Radio-Canada, le 3 août, François Bugingo dit être allé à Mogadiscio « comme journaliste », pour témoigner de la tragédie somalienne au moment où les Shebab bloquaient le pays aux reporters occidentaux. « Il est extrêmement difficile de s'y rendre mais c'est essentiel, c'est crucial. » Une semaine plus tard, toujours à Radio-Canada, il affirme au contraire qu'il était en « mission d'observation », qui ne l'« autorisait pas à parler publiquement aux médias ».

Aujourd'hui, François Bugingo parle d'une « opportunité exceptionnelle » offerte par un militaire qui l'aurait invité à voyager, tous frais payés, avec l'AMISOM. Il refuse de révéler l'identité de ce militaire.

Par ailleurs, les multiples attaques décrites par François Bugingo ne semblent pas refléter la réalité, à l'époque, sur le terrain.

Correspondant de l'AFP, le journaliste somalien Mustafa Haji Abdjinur est catégorique : «Il n'est jamais arrivé qu'un convoi soit attaqué à 15 reprises à Mogadiscio. Ni sur la route Al-Mukarama, qui relie l'aéroport au palais présidentiel, ni sur n'importe quelle autre route», tranche-t-il. À l'été 2011, la route Maka Al-Mukarama était sécurisée par l'AMISOM et les soldats somaliens. En outre, elle ne se trouvait pas en zone contrôlée par les Shebab.

DANEMARK

L'AFFIRMATION

Dans son blogue au Journal de Montréal, le 19 février 2015, François Bugingo affirme avoir fait une interview téléphonique avec Toke Agerschou, responsable d'un «programme très spécial anti-radicalisation» de la ville d'Aarhus, au Danemark. Ce programme vise à réintégrer à la société de jeunes djihadistes danois de retour de Syrie.

François Bugingo raconte que son interlocuteur a semblé agacé lorsqu'il a laissé entendre que le programme faisait la part belle aux djihadistes. Toke Argeschou a répondu sèchement, avant de mettre un terme à la conversation.

VÉRIFICATION FAITE

Toke Agerschou ne se souvient ni de cette interview ni de François Bugingo. En outre, il ne parle pas français, et n'accorde que très peu d'entrevues en anglais, une langue qu'il maîtrise mal. En règle générale, il demande aux reporters étrangers qui le sollicitent d'embaucher un interprète, comme il l'a fait avec une journaliste de La Presse en novembre 2014.

«J'ai coordonné toutes les requêtes médiatiques, avec un collègue, et aucun de nous ne peut se rappeler avoir eu le moindre contact avec François Bugingo», souligne Henning Mols, attaché de presse de Toke Agerschou.

ÉGYPTE

L'AFFIRMATION

Printemps arabe, 10 février 2011. François Bugingo fait une intervention au micro de Benoît Dutrizac, au 98,5fm, au cours de laquelle il affirme revenir d'une «mission» en Égypte. «J'ai rencontré le ministre de l'Intérieur, j'ai rencontré différents responsables de la police», raconte-t-il. «J'étais plutôt du côté du pouvoir, pour différentes négociations [...].»

En ondes, le journaliste prétend que c'est la Commission européenne qui l'a délégué au Caire ; son mandat consistait à faire le bilan des agressions perpétrées contre les journalistes affectés à la couverture des manifestations de la place Tahrir. François Bugingo devait tenter d'obtenir «un engagement, de la part des autorités égyptiennes», que ces agressions ne se reproduisent pas.

Un mois plus tard, François Bugingo dit à La Presse s'être rendu en Égypte à titre de représentant de la Commission européenne auprès du ministre de l'Intérieur. «J'étais là pour m'assurer de la libre circulation de l'information», soutient-il dans un article, publié le 10 mars.

VÉRIFICATION FAITE

Aujourd'hui, François Bugingo revient sur ce qu'il a raconté au 98,5fm et à La Presse : il n'a pas été mandaté par la Commission européenne pour accomplir une mission au Caire. Pas plus qu'il n'a rencontré le ministre égyptien de l'Intérieur. «Non, jamais. Jamais.»

François Bugingo affirme plutôt s'être rendu en Égypte pour lui-même, à ses propres frais. Ce n'est qu'une fois sur place qu'il aurait réalisé ne pas avoir les moyens de rester; il serait donc reparti à Montréal après deux jours. «Il aurait fallu que des boîtes me prennent. Or, la plupart des boîtes québécoises avaient déjà envoyé leurs propres correspondants là-bas.»

Avant de quitter l'Égypte, François Bugingo dit toutefois avoir eu le temps de se greffer à une délégation de la Commission européenne, pour laquelle le gouvernement avait préparé une courte visite à l'extérieur du Caire. Le but de cette visite organisée, dit-il, était de prouver que les manifestants de la place Tahrir n'étaient pas représentatifs du reste du pays.

Au micro du 98,5fm, le 10 février 2011, François Bugingo a prévenu que les manifestants «se trompent très fortement s'ils s'imaginent que tout cela peut partir en un claquement de doigts. Ça ne change pas aussi facilement».

Le lendemain, Hosni Moubarak était chassé du pouvoir.

LA CÔTE D'IVOIRE

L'AFFIRMATION

Dans La Presse, François Bugingo prétend s'envoler pour Abidjan, le 8 mars 2011, pour aller former des journalistes ivoiriens dans le cadre des activités de l'Institut Panos. Dans une récente entrevue, le journaliste a réitéré cette affirmation.

VÉRIFICATION FAITE

«Non, il n'a pas travaillé pour nous, écrit Pauline Bend, directrice des programmes de l'Institut Panos - Afrique de l'Ouest. Nous avons effectivement mené différents projets en Côte d'Ivoire. Toutefois, sur la période de temps donnée, c'est-à-dire mars 2011, nous n'avions aucun projet/activité en cours dans le pays. Il est donc difficile que cette personne ait effectué une formation pour nous, à la date spécifiée. Sur les autres périodes passées (avant 2011) ou récentes (2013-2015), je ne trouve rien non plus.»

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 08:09
Entre Flamby Hollande et Tomi le Corse du Gabon : IBK et le Mali

Le 28 mars 2014, à 12h55, Michel Tomi, surnommé le “parrain des parrains”, condamné plusieurs fois par la justice dans des affaires financières liées à la mafia corse, décroche son téléphone. Un vieux complice est au bout du fil, Pierre-Nonce Lanfranchi, dit “Nono”. « Putain, ils ne te lâchent plus ! », s’agace “Nono”, élu historique du petit village de Guitera-les-Bains (Corse-du-Sud), entre deux échanges en langue insulaire avec l’homme d’affaires. Il faut dire que, ce jour-là, un article du Monde révélant l’existence d’une enquête judiciaire d’ampleur contre Michel Tomi tourne sur la Toile depuis plus d’une heure.

« Qu’est-ce qu’ils me cherchent ! », confirme Michel Tomi, alors écouté par les policiers de l’Office anti-corruption de Nanterre. « Ah, mais on dirait qu’ils cherchent plutôt IBK », avance “Nono”. Ces initiales sont celles de l’actuel président du Mali : Ibrahim Boubacar Keita. Un « ami » de la France, symbole de la politique africaine de François Hollande, que l’on retrouvera aux premiers rangs de la marche officielle des chefs d’État du monde entier, le 11 janvier dernier, après les attentats de Paris.

« Il va finir en garde à vue, hein ? », interroge “Nono”. « Je ne crois pas, non », le rassure Tomi. « Mais il y a quelqu’un qui bouge par derrière, c’est pas possible », suggère son ami. « Bien sûr. Tu as raison », confirme l’homme d’affaires. Puis les deux hommes s’amusent du surnom (le “parrain des parrains”) de Michel Tomi, exilé depuis plusieurs décennies en Afrique, où cet ancien pilier de l’ombre du clan Pasqua — il a été condamné dans l’affaire du casino d’Annemasse — a bâti avec son groupe Kabi un empire autour des jeux, puis de l’immobilier, puis de l’aviation, puis de tout ce qui est juteux. Au Cameroun, au Gabon, au Mali. Le tout sous le regard longtemps bienveillant de la France, de sa police et de ses services secrets.

Les temps ont, semble-t-il, changé et “Nono” n’a pas tout à fait tort. Même s’il est actuellement protégé pénalement par son statut de chef d’État, le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, est bel et bien dans le radar des policiers et de la justice française, selon de nombreux documents réunis par Mediapart. De manière incidente, IBK a même été écouté téléphoniquement à de très nombreuses reprises en 2013 et 2014 dans le cadre de l’enquête des juges Serge Tournaire et Hervé Robert (parti au printemps à la Cour des comptes) sur l’empire Tomi. Il n’est d’ailleurs pas le seul. Un autre chef d’État africain — et non des moindres —, Ali Bongo, le président du Gabon, a lui aussi été écouté.

Les retranscriptions policières révèlent un vaste système de largesses en tout genre mis en place par Michel Tomi au profit d’IBK et, dans une moindre mesure, d’Ali Bongo : croisières sur un yacht, voyages en jets privés, séjours dans les plus grands palaces parisiens, transport en limousines, achats de costumes de luxe, de voitures, de lunettes, soins médicaux réglés rubis sur l’ongle.

Contactées, les présidences du Mali et du Gabon n’ont pas donné suite à nos sollicitations.

Tomi se met en quatre pour satisfaire les moindres désirs des présidents. Il est leur homme. Leur tiroir-caisse. Le facilitateur pour leur rendre la vie plus douce, à tous points de vue. Il fluidifie. En contrepartie, il a le champ libre pour faire prospérer ses affaires sur le continent. Pour justifier ces faveurs, l’homme d’affaires préfère revendiquer un lien de nature « familiale » avec Keita et Bongo, comme il le fera par exemple en garde à vue devant les enquêteurs.

Soupçonné par les polices françaises d’être, au mieux, le banquier du milieu corse et, au pire, l’un de ses parrains les plus redoutables, Michel Tomi a tout fait pour tromper la surveillance judiciaire. En vain. Dans une écoute du 31 mars 2014, à 18 h 58, trois jours après les révélations du Monde, l’homme d’affaires explique ainsi au couple Keita — il parle à l’un et à l’autre à tour de rôle — qu’il utilise un numéro spécial pour ses conversations avec eux. « Il est que pour vous […] Tu vois, je m’en sers qu’au Mali, donc il a pas été touché par tous ces problèmes », confie-t-il, de manière à peine codée.

Le même jour, mais dix minutes plus tard, il glisse sur une ligne identifiée par les policiers comme étant utilisée par les Keita : « Des fois, avec l’autre [téléphone – ndlr] je peux te dire des conneries, hein. Donc, n’en tiens pas compte. Tu vois ce que je veux te dire… La vérité, je la dis sur celui-là hein. » Pas de chance, cette ligne aussi est écoutée. La vérité s’écoulera au fil des mois d’un téléphone l’autre et finira par causer les plus graves ennuis judiciaires que Michel Tomi ait connus ; c’est dire. L’homme d’affaires a été mis en examen, le 20 juin 2014, après 48 heures de garde à vue, pour « corruption d’agents publics étrangers » parmi dix-sept chefs d’inculpation.

Alors que le Mali est classé parmi les pays les plus pauvres du monde en plus de connaître la guerre et le terrorisme, les écoutes Tomi dans lesquelles apparaît IBK montrent un président malien obsédé par la satisfaction de ses besoins dispendieux. Le “parrain des parrains” le couvre d’égards et de cadeaux. Une voiture, pour commencer. Un Range Rover. Écoute du 4 octobre 2013, à 20 h 15 : « Et le Range ? », demande Tomi au président du Mali.« Impeccable, impeccable… », répond l’intéressé, qui n’a rien payé, d’après la justice. Le Corse, telle une nounou pour chef d’État, rappelle ensuite à IBK sa prescription médicale, listant les médicaments qu’il doit prendre sans faute.

L’homme d’affaires ne ménage pas ses efforts pour permettre au président malien de bénéficier des meilleurs soins en France. Le 3 décembre 2013, après s’être assuré qu’IBK a bien réceptionné le manteau qu’il vient de lui faire livrer (« comme ça demain vous vous couvrez bien »), Tomi tente un trait d’humour pour souligner à quel point il s’est démené pour obtenir un rendez-vous médical. Au bout du fil, celui qui fut élu vice-président de l’Internationale socialiste en 1999 semble réceptif.

— Tomi : « Vous savez la dernière pour un socialiste ? On va casser la grève demain, parce qu'il y a grève dans les hôpitaux à Marseille mais pour vous on va ouvrir l’IRM. »
— IBK : « Ouuuh mon frère. »
— Tomi : « Hein… »
— IBK : « Tu fais de moi un briseur de grève ! »
— Tomi : « Voilà ! Briseur de grève ! J’ai déjà préparé le panneau “IBK contre la grève”. »

Beaucoup de conversations entre Tomi et IBK tournent également autour de l’aviation de luxe. D’abord au sujet d’un jet privé Bombardier Global Express, propriété du groupe de Michel Tomi, que la présidence malienne loue pour un million d’euros « alors même que l’État malien semble disposer d’un avion présidentiel », s’étonnent les enquêteurs de l’Office anti-corruption dans un rapport de synthèse de mars 2014. Il est aussi question de l’acquisition pour le président IBK d’un avion estimé à 36 millions de dollars par l’intermédiaire d’une société basée à Hong Kong, Skycolor.

Le mandat signé entre l’État malien et Skycolor, dont la justice a échoué à découvrir les vrais bénéficiaires économiques faute de coopération judiciaire, prévoit une commission de 5 % sur la vente au profit de ses mystérieux ayants droit. Les policiers soupçonnent que Tomi ou des proches se cachent en réalité derrière toute l’opération. Le principal intéressé s’en défend.

Les écoutes montrent pourtant bien que tout le clan Tomi s’investit intensément dans cette vente. Par pure amitié, donc. Les policiers soulignent d’ailleurs dans le même rapport de synthèse « l’influence » de Tomi exercée sur IBK, de telle sorte que quand deux ministres du gouvernement malien s’opposent à l’achat de l’avion pour des raisons de bonne gestion, « Michel Tomi en est informé et contacte immédiatement le président malien, lui demandant d’appeler ses ministres ». « Le soir même, le président malien prend attache avec Tomi pour l’informer qu’il a contacté son ministre de l’économie et que la signature de la vente de l’avion ne pose aucun problème », notent, sidérés, les enquêteurs.

S’agissant de cet avion, la générosité de Tomi pour IBK n’a pas de limite. Dans une écoute du 2 avril 2014 avec le plus proche collaborateur d’IBK à la présidence, Mahalmoudou Sabane, on découvre que c’est l’homme d’affaires corse qui a directement rémunéré un expert aéronautique chargé d’expertiser l’avion fraîchement acquis. « Dis-moi, Sabane, attaque Tomi, il y a un problème. On a un expert qui est descendu pour expertiser le 727 [un 737, en fait - ndlr] à la demande du président. Depuis hier, il est à l’hôtel, il n’a pas de nouvelles. C’est quelqu’un qu’on paie. Personne ne s’en occupe. Il faut lui envoyer un chauffeur. » Sabane, qui appelle Tomi « patron », paraît aux ordres :« Oui, j’ai compris. »

Michel Tomi est décidément un ami tout confort. Grâce à lui, IBK profite lors de ses séjours en France, officiels ou non, de nuitées dans les plus beaux palaces de Paris et de Marseille : le Royal-Monceau, La Réserve, le Meurice, le Sofitel, l’Intercontinental. C’est un homme de main de Tomi, Valentin Dos Reis, qui règle la facture à chaque fois, toujours en espèces : 14 005 € par-ci, 32 950 € par-là. Mais c’est Tomi en personne qui fait les réservations. Le 5 février 2014, il appelle par exemple le Sofitel de la cité phocéenne « pour le président Keita ». Il veut « la grande suite, pour lui ». Il répète l’exercice avec Le Royal Monceau de Paris. Il lui faut sept chambres. Dont la plus grande.

Quelques heures plus tard, Tomi appelle IBK pour lui dire qu’il s’occupe de tout pour le séjour qui s’annonce chargé. « On va chez le tailleur et tout. On peut faire les courses », souffle l’homme d’affaires, qui propose par ailleurs au président malien de lui mettre à disposition l’un de ses jets privés, le Falcon 900 ou le Global Express. Au même moment, vent de panique à la présidence. Sabane, l’homme de confiance d’IBK, appelle Tomi pour se plaindre que le Sofitel de Marseille ait envoyé la facture « au bureau ». « Nous avons demandé de ne pas faire ça », dit-il. « Ramène-la, je vais m’en occuper », le rassure Tomi.

IBK, lui, a autre chose en tête. Le lendemain, à 20 h 21, lors d’une conversation téléphonique, le président malien s’interroge :

« Tu as pensé à mes lunettes, Michel ? »
— Réponse de Tomi : « Demain, j’ai celles avec les verres blancs. Il y a trois paires. »
— IBK : « Les fumées, les fumées ! »
— Tomi : « Ok, y a pas de problème, y a pas de problème. »

Tout doit être aux petits oignons pour IBK. Le “parrain des parrains” va même jusqu’à s’occuper des films qui doivent être téléchargés dans l’I-Pad du président malien. La liste qu’il dicte à l’un de ses obligés, lors d’une conversation téléphonique du 8 février, à 14 h 26, parle d’elle-même : « Les trois “Parrains”, “Les Affranchis”, “Ultimo Padrino”, mets la série “Corleone”, elle est belle, mets-lui la série – elle est pas très belle – “Mafiosa”, sur la Corse. Ça va lui plaire. » Cela ne s’invente pas.

Une autre fois, Tomi fait en sorte que des costumes de la marque Cifonelli attendent son« frère » Keita dans sa suite de l’Intercontinental de Paris. Il y en a pour plusieurs milliers d’euros. Une écoute du 2 mars 2014, à 22 h 10, montre un IBK très sensible à ces faveurs. Très pressé, aussi. « Michel, si les gens de Cifonelli, là, pouvaient me donner mes habits de campagne, j’apprécierais beaucoup. Mes tenues légères, les trois poches là… », réclame le président malien. Tomi : « Elles seront prêtes demain. Vous avez besoin d’autre chose ? » IBK : « Euh..., en ce moment, non. »

Quand il s’agit d’amitié, Michel Tomi n’est pas seulement généreux. Il est aussi extrêmement fidèle. Avant de jeter son dévolu sur le Mali et Keita, l’homme d’affaires a d’abord fait ses classes au Gabon sous les présidences de Bongo, père et fils. C’est son autre Corse. Le pays où il s’est installé au début des années 1990 sous l’égide de son ancien compagnon de route, Robert Feliciaggi, assassiné à Ajaccio en 2006. Celui dont il a acquis la nationalité il y a dix ans. Celui, surtout, qui lui a permis de faire fortune et d’être élevé au rang d’empereur des jeux africains (son groupe Kabi possède notamment le PMU du Gabon et le Casino Croisette de Libreville).

Quand il en parle, il n’est presque plus question d’affaires et de gros sous. Seulement de racines et de sphère intime. « Jusqu'à hier, nous avons parlé de Michel Tomi et du groupe Kabi. Je vais maintenant vous parler de Michel Tomi perso », confie-t-il gravement aux enquêteurs en juin 2014. Sept ans plus tôt, la mise sur écoute de son téléphone dans l'enquête sur l'assassinat de Feliciaggi avait révélé « ses relations très privilégiées » avec le président gabonais d’alors, Omar Bongo, qui le surnommait affectueusement le« Batéké corse » ; mais également avec le fils de celui-ci, Ali, à l’époque ministre de la défense, qu’il a littéralement poussé au pouvoir à la mort de son père en 2009.

L’homme d’affaires s’enorgueillit des « relations familiales » qu’il entretient avec l’actuel président du Gabon. « J’étais le “frère” de son père, dans la coutume gabonaise. J’avais la chance d’avoir son affection. […] Il disait de moi que je ne lui avais jamais menti. »Logiquement, Ali Bongo le considère aujourd’hui comme son « oncle ». D’ailleurs, « tout le Gabon me considère comme son “oncle” », souligne Tomi qui joue les ingénus quand on l’interroge sur les raisons d’une telle affection. « J'ai toujours été un homme de parole, jusqu'à son dernier souffle, j’ai accompagné le père, risque-t-il. Aujourd’hui, je vois Ali Bongo sous un angle familial et non protocolaire. […] Les liens avec un président en Afrique ne sont pas forcément basés sur l'argent comme le pensent la plupart des gens. »

En revanche, ces liens se renforcent quand on sait faire plaisir. Et Tomi est un maître en la matière. Lors de ses séjours parisiens, il n’hésite pas à dégainer ses cartes bleues pour acheter « divers cadeaux luxueux pour récompenser ses amis et collaborateurs, en offrant de nombreuses montres de luxe (Rolex, Breitling, etc.) ou véhicules de marques prestigieuses », comme l’indiquaient encore les écoutes de 2007. Une Porsche Cayenne pour Omar Bongo, des voyages en jets privés pour toute la famille et les ministres du gouvernement gabonais, des frais d’hospitalisation pour certains dignitaires du pays… Quand on aime, on ne compte pas. Et Michel Tomi aime beaucoup les Bongo.

Il les emmènerait jusqu’au bout du monde s’il le pouvait. Et il le peut. Grâce au Graziadiu, un luxueux yacht de 43 mètres acheté 13,5 millions d’euros et géré par la société Harmill Limited, domiciliée aux Seychelles. Le 20 juillet 2013, le bateau navigue sur une mer d’huile, au large de l’île grecque de Corfou. À son bord deux hôtes de prestige : le président du Gabon et sa femme, Sylvia. Ali Bongo est tranquillement en train de regarder le Tour de France à la télévision quand le capitaine lui tend un téléphone. C’est Tomi au bout du fil. Il veut savoir si tout se passe bien. « Oui ! Ça va, on est content ! », s’enthousiasme le chef d’État.

Très vite, son « oncle » corse l’entraîne sur le terrain des affaires. « Que vous sachiez, notre ami qui voulait prendre l’immeuble, le terrain là… […] Il a fait intervenir la grande sœur. Il lui a proposé un deal… en lui disant que je m’étais attribué le terrain. » Bongo s’énerve : « Oh ? L’autre, il ne bouge pas sans mon autorisation. Sans moi, il ne bouge pas, c’est tout. » Une fois rassuré, Tomi fait mine de s’excuser : « Non mais je veux pas vous embêter, c’est les vacances ! » Avant d’enchaîner sur une proposition on ne peut plus explicite :

« Bonne continuation, profitez bien du… j'avais une belle hôtesse, une Bulgare.... mais je l'ai pas mise… »
— Gloussements d’Ali Bongo : « Eh, ehe !!! »
— Tomi : « Parce que dit Maman… hein elle était vraiment belle »
— Bongo : « Eh eh eh »
— Tomi : « Surtout pour le petit massage, eh ehe ehe !!!! hein »
— Bongo : « Ah oui oui oui ! tout à fait ! »
— Tomi : « J'ai dit quand même, je l'ai enlevée pour moi et pour vous, celle-là je la garde pour septembre, si des fois en septembre y a un petit saut tout seul… heu… c'est pas mal… y a ce qui faut. »

Quelques jours plus tard, l’homme d’affaires est de nouveau au téléphone, mais cette fois-ci avec son ami Alexandre Rodriguez, patron de la société SNP Boat qui assure tous les frais afférents à l’utilisation du Graziadiu. Les deux hommes sont ravis. Le président « était très content » de sa petite croisière, lui et sa femme ont « adoré le bateau ». Tomi et Rodriguez se connaissent depuis fort longtemps. Non contents d’avoir en commun le goût des yachts de luxe, ils partagent également de nombreuses – et souvent mauvaises – fréquentations, parmi lesquelles Richard Casanova, l’un des anciens piliers du gang corse de la “Brise de mer”, assassiné en 2008 à Porto-Vecchio.

Rodriguez a lui aussi eu maille à partir avec la justice. En 2010, il a été mis en examen pour « blanchiment, d’infraction à la législation sur les jeux et d’extorsion de fonds aggravée, recel de malfaiteurs, abus de bien sociaux », après un coup de filet dans le milieu du grand banditisme marseillais. Écroué, il a officiellement légué la présidence de SNP Boat à son père. Officieusement, celui qui reçoit compliments et remerciements de la bouche même du président gabonais semble pourtant toujours aux commandes.

Le Graziadiu a beau être un petit bijou flottant, c’est aussi un nid à problèmes pour Michel Tomi. En témoigne une écoute téléphonique datée du 2 février 2014, entre l’homme d’affaires et « Philippe », le gérant déclaré de Harmill Limited qui détient le yacht. Ce dernier est ennuyé par une nouveauté made in Seychelles : « Ils veulent des actions nominatives. » « C’est hors de question de leur donner votre nom, prévient-il. Je voulais savoir si c’était pas mieux de mettre votre fils. » « Non, non, je vais mettre mon neveu, répond Tomi. J’ai presque aussi envie de changer le nom. Je vais l’appeler Hamboulaye. Ça veut dire comme Graziadiu, mais en arabe. »

« À partir du moment où il est au nom de mon neveu, si un juge est pris de folie contre moi, il ne peut pas le saisir ? », s’inquiète-t-il soudain.
— Philippe le rassure : « Non, il ne peut pas le saisir. »
— Tomi : « Même si on veut m’embêter comme ils le veulent depuis des années ? »

Embêté, Tomi le sera sérieusement le 18 juin 2014 : interpellation à 6 h 10 du matin dans son luxueux appartement parisien, perquisitions chez lui et ses proches, garde à vue, mise en examen… Face aux policiers, il a tenu la même ligne de défense : ce n’est pas du tout ce que vous croyez, qu’il s’agisse des Bongo ou des Keita. « Si je fais des cadeaux [à IBK – ndlr], c’est en raison de notre amitié et non par le fait qu’il soit président », a juré Tomi. Les Bongo ? « Des relations familiales. »

Devant les juges, le lendemain, il n’en démordra pas : « Je suis quand même étonné qu’on me mette en examen pour corruption d’agents publics étrangers. Je fais des choses officiellement avec des sociétés étrangères qui viennent chercher des marchés dans certains pays africains […] Je pense que si certains organes de presse ne m’avaient pas fait une certaine réputation, je ne serais pas là aujourd’hui. »

SOURCE : Mediapart

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Published by Gri-Gri International - dans Mali Gabon 2011 Gos et Gars du moment
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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 15:13
#Diams / Laisse-la kiffer la vibes avec La Mecque (#Yannick)

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Par MARC FOURNY

Son prochain livre devrait s’arracher comme le premier, très autobiographique. Cette fois, Diam’s, qui désire qu’on l’appelle désormais Mélanie Georgiades, de son vrai nom, a décidé d’évoquer sa vie spirituelle depuis sa conversion à l’islam, qui avait fait grand bruit. Et surtout d'expliquer comment on peut vivre sa foi dans un pays comme la France, revendiquant les deux cultures qui la nourrissent. « Moi, Mélanie, Française et musulmane... Ce titre me tenait à coeur, car je voulais par ces mots montrer qu’il n’y a pas de contradictions entre ces termes, ni incompatibilité, explique-t-elle sur la quatrième de couverture de son nouveau livre, en vente dès le 21 mai. Ni dans les mots, ni dans mon coeur. Je suis française et musulmane, j’ai des racines et des ailes. »

Être heureux loin du show-biz

Un acte de foi, mais surtout un acte politique pour cette ex-rappeuse, née catholique, qui a quitté la violence verbale et les pièges de la célébrité pour se construire une vie axée sur la méditation, le pacifisme et l’altruisme – elle soutient l’enfance défavorisée en Afrique à travers son association Big Up Project. Quand les Français la découvrent convertie et voilée en 2012, lors de l’émission Sept à huit, le choc se mélange à la gêne : comment une artiste engagée dans des combats passionnés, contre les violences faites aux femmes ou le Front national, pouvait-elle basculer et s’épanouir dans un cadre strict et religieux ? « Je crois bien que beaucoup ont encore du mal à accepter que l'on puisse être si heureux et si serein loin du show-biz, de l'opulence, de la gloire et des médias, expliquait alors celle qui quittait définitivement la scène... Et qu'il y a un bonheur possible sans tous ces faux-semblants, ces faux sourires, ce faux monde dans lequel nombreux se noient. »

À l’occasion de la sortie de son livre, Diam’s s’est confiée au journaliste Thierry Demaizière, dans un nouvel entretien dans Sept à huit, diffusé dimanche 24 mai. « Elle parle de la naissance de son deuxième enfant, un garçon prénommé Abraham, de son divorce, de son remariage et de ce qui s'est passé dans sa vie depuis deux ou trois ans, rapporte le journaliste sur le site Mytf1. Elle a même accepté de parler de son divorce pour montrer qu'une femme musulmane n'est pas soumise à son mari. » Elle évoque également son père, avec lequel elle était fâchée depuis de nombreuses années, et leur récente réconciliation. Déjà mère d’une petite Maryam, Diam’s est toujours restée très discrète sur sa vie privée.

« Je suis musulmane, certes..., mais française »

Depuis sa nouvelle vie, elle ne communique que par sa page Facebook, suivie par 860 000 personnes. On y trouve des poèmes, des photos de fleurs, d’arbres ou des paysages inspirants, des phrases du Prophète, des conseils ou encore des nouvelles de ses engagements humanitaires... Lors des attentats contre Charlie Hebdo, en janvier dernier, elle avait fermement condamné cette violence perpétrée au nom de l’islam : « Je suis affligée, écrivait-elle. L'islam n'enseigne pas la vengeance ni le meurtre, mais appelle à propager la lumière du bien et de l'excellence dans le comportement. » Même réaction face aux barbaries commises par les membres de Daesh : « Le terrorisme de Daesh et d'Al-Qaïda est l'ennemi numéro un de l'islam », rappelle-t-elle fermement, en reprenant les paroles du grand mufti d’Arabie saoudite.

Faire la différence entre un islam de paix et des sectes prônant la mort, voilà le message qu’elle souhaite faire passer. Prouver que l’on peut vivre sereinement sa foi musulmane en France, sans pour cela être montré du doigt ou assimilé à des intégristes violents. « Être différent, est-ce vouloir du mal à l’autre ? s’interroge-t-elle dans son nouveau livre. Si moi, Mélanie, je m’habille différemment de mes voisins, cela signifie-t-il que je veux du mal au pays qui m’a portée et éduquée ? Que de questions. Car moi, je suis musulmane, certes..., mais française. » De quoi relancer le débat.

Mélanie, française et musulmane de Mélanie Georgiades, parution le 21 mai.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 09:13
#Niger #BokoHaram / Free Moussa Tchangari !

SOURCE

L’Observatoire a été informé par des sources fiables de l’arrestation et de la détention de M. Moussa Tchangari, secrétaire général de l’association Alternative Espaces Citoyens (AEC).

APPEL URGENT - L’OBSERVATOIRE

NER 001 / 0515 / OBS 042
Arrestation / Détention arbitraire
Niger
20 mai 2015

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation Mondiale Contra la Torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Niger.

Description de la situation :

L’Observatoire a été informé par des sources fiables de l’arrestation et de la détention de M. Moussa Tchangari, secrétaire général de l’association Alternative Espaces Citoyens (AEC).

Selon les informations reçues, le 18 mai 2015, alors qu’il se rendait à la Cellule Anti-terroriste (CAT) de Niamey pour y apporter de la nourriture à plusieurs détenus, M. Tchangari a été appréhendé par des éléments de la CAT, relevant de la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN).

Au moment de la publication de cet appel urgent, M. Moussa Tchangari n’avait toujours pas pu s’entretenir avec son avocat et les raisons de son interpellation n’étaient pas connues.

En mai 2015, AEC a publié un rapport sur la situation humanitaire et des droits de l’Homme dans la région de Diffa, dénonçant particulièrement les violations des droits de l’Homme consécutives à la proclamation de l’état d’urgence dans la région de Diffa dans le cadre de la lutte contre le groupe armé terroriste « Boko Haram ».

L’Observatoire dénonce l’arrestation M. Moussa Tchangari, en ce qu’elle semble n’avoir pour seul but que de sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme, et prie les autorités du Niger de procéder à sa libération immédiate et inconditionnelle.

Actions requises :

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités nigériennes en leur demandant de :

I. Libérer immédiatement et inconditionnellement M. Moussa Tchangari car sa détention est arbitraire en ce qu’elle ne vise qu’à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme ;

II. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Moussa Tchangari et de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme nigériens ;

III. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article 1 qui stipule que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales aux niveaux national et international” et son article 12.2 qui prévoit que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;

IV. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Niger.

Adresses :

· M. Issoufou Mahamadou, Président de la République du Niger, Tél. : +227 20 72 24 72, Fax : + 227 20 73 34 30
· M. Brigi Rafini, Premier Ministre, Cabinet du Premier Ministre BP 893 Niamey, Niger ; Tél : + 227 20 72 26 99, Fax : + 227 20 73 58 59
· M. Marou Amadou, Ministre de la Justice, Tél : +227 08 00 11 11Fax : +227 20 72 37 77
· M. Massaoudou Hassoumi, Ministre de l’Intérieur, Tél. :+227 20 32 32 62, Fax : + 227 20 72 21 76
· Mission permanente du Niger auprès de l’Union européenne, Fax : + 32 2 648 27 84
· Mission permanente du Niger auprès des Nations unies à Genève, 23 Avenue de France, 1202 Genève, Suisse. Tél : +41 22 979 24 50 – Fax : +41 22 979 24 51

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Niger dans vos pays respectifs.


Paris-Genève, le 20 mai 2015

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