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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 11:43
#Bongo lance la compagnie aérienne low cost du vendeur d'armes sudaf Ichikowitz

Ali Bongo vient d’annoncer la création au Gabon d’une compagnie aérienne low cost dont le nom est Fly Africa. Mais chers lecteurs, comme à son habitude, Ali Bongo ne vous dit pas tout.

Fly Africa est la propriété d’Ivor Ichikowitz, un sulfureux marchand d’armes Sud-Africain, d’origine Lithuanienne. Ivor Ichikowitz a lancé Fly Africa en 2014. Le vol inaugural de cette compagnie aérienne eut lieu le 23 Juillet 2014 entre Victoria Falls et Johannesburg. L’annonce d’Ali Bongo est problématique à plus d’un point :

- Pourquoi Ali Bongo, dans son annonce, veut-il faire croire aux gens qu’il créé une compagnie aérienne, alors que c’est tout au plus une compagnie Sud-Africaine qui ouvre une escale à Libreville ?

- Pourquoi Ali Bongo ne dit-il pas dans son annonce que cette compagnie aérienne a depuis 2014, un réseau de vols allant de l’Afrique du Sud au Zimbabwe, en passant par la Namibie et la Zambie ?

Encore une tentative par Ali Bongo de vouloir se réclamer de quelque chose qu’il n’a pas créé. Ali Bongo joue au mégalomane-mythomane, mais nous exposerons tous ses mensonges au grand jour.

Autre fait non négligeable, chers lecteurs, est que le même Ivor Ichikowitz vient de financer entièrement la tournée de L’Alma Chamber Orchestra, dont l’épouse du Premier ministre français, Manuel Valls, Anne Gravoin, est la directrice artistique, en Afrique du Sud. On se souvient de la récente invitation faite par Ali Bongo à Manuel Valls, pour une visite au Gabon. Ali Bongo vous dira que c’est certainement une coïncidence !

Une autre coïncidence (certainement), nous dira-t-on ; le quotidien français consacré à l’audiovisuel Satellifax, dans son édition du vendredi 20 Mars 2015, précisément à la page 8, nous présente EDAN (Evelyne Diatta Accrombessi Network), comme étant détenu en majorité par Transafrica Capital, dont le propriétaire et patron n’est autre qu’Ivor Ichikowitz (tiens, il est partout avec les Bongo/Accrombessi).

C’est encore le même Ivor Ichikowitz qui avait fourgué à Ali Bongo de vieux Mirages Sud-Africains, déclassés par ce pays car en fin de parcours.

Chers lecteurs, Ali Bongo se croit malin et pense que tous les Gabonais sont naïfs; mais nous l’avons à l’œil… Pendant qu’on veut vous endormir avec une autre élection fantoche, pendant qu’on vous encourage à vous battre entre vous, les Bongo/Accrombessi et leur bande de mafieux pillards s’empiffrent de vos richesses…

SOURCE

PS : la fondation Ivor Ichikowitz (à visiter, on y retrouve l'ANC, Mandela, Sassou, le successeur de Sarkozy Richard Attias...)

PS 2 : à noter, les tarifs que prétend proposer FlyAfrica semblent, de l'avis des consommateurs et des professionnels impossibles à assumer si l'idée est de dégager des bénéfices... mais peut-être n'est-ce pas à cette exclusive fin que Ichikowtz investit dans le low cost au gabon.

PS 3 : pour plus d'infos, un article où l'on apprend que Ichikowitz fait partie de ceux que la guerre contre Daesh enrichit. ICI

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 10:00
Madagascar / Le nouveau code minier profite à tous sauf aux Malgaches... (#Tany)

Mesdames et Messieurs

Veuillez trouver ci-joint, un nouveau Communiqué du Collectif TANY.

Merci de bien vouloir le diffuser.

Avec nos sincères remerciements, veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l'expression de nos respectueuses salutations.

Pour le Collectif TANY

Mamy Rakotondrainibe

LE NOUVEAU CODE MINIER NE DOIT PAS SACRIFIER LE PEUPLE MALGACHE

POUR PLAIRE AUX INVESTISSEURS

Un processus de révision du Code minier est en cours à Madagascar dans la plus grande discrétion. A tel point que les organisations de la société civile (1) ont dénoncé l’absence de cadre formel et règlementé des réunions du Comité conceptuel lié au Ministère des Mines. Les autorités malgaches donnent néanmoins rendez-vous aux investisseurs du monde entier au Salon International sur les Mines et le Pétrole de Madagascar du 23 au 25 septembre 2015 à Antananarivo pour y révéler le nouveau Code minier (2).

Depuis 2005, Madagascar fait déjà figure de « Nouvel Eldorado des compagnies minières et pétrolières ». Une réputation que le pays doit à son Code minier et sa Loi sur les Grands Investissements Miniers, qui accordent des avantages importants aux sociétés minières et pétrolières, ne laissant que des miettes à l’Etat, aux collectivités décentralisées et aux communautés locales.

Mais l’avant-projet du futur code (3), qui remplacera ces deux textes de loi en vigueur, fait de la surenchère en cédant encore plus aux grands investisseurs, nationaux et étrangers, au mépris de l’intérêt national.

A travers ce premier article, le Collectif TANY dénonce cette logique malsaine qui met en danger les petits opérateurs miniers, les communautés locales, et l’ensemble des générations futures malgaches.

Permis minier et titre foncier : des projets source d’accaparement des terres

D’emblée, l’Avant projet pérennise la menace de spoliation des droits sur les terres. Ce risque déjà présent dans le Code minier de 2005 est avéré dans de nombreux cas documentés par le Collectif TANY dans plusieurs régions de Madagascar (4) et (5).Expulsions, pertes de droits légitimes, compensations d’un montant faible et inacceptable, tel est le sort réservé aux populations locales victimes d’accaparements de terres, y compris dans le secteur minier.

Dans son troisième alinéa de l’article 1.1, l’avant-projet stipule que « Nul titulaire de permis minier ne peut s’installer ou procéder à quelconque opération d’extraction [dans le cadre de l’activité de recherche ou de l’activité d’exploitation] sur un site inclus dans son périmètre minier sans être propriétaire [foncier] du site ou, à défaut, sans avoir épuisé la procédure d’identification et d’information des propriétaires et convenu de contrat de bail ou d’autre accord avec les propriétaires fonciers ou avec les autorités locales ».

Déjà contesté auparavant par un groupe d’organisations de la société civile malgache (1), ce premier point porte gravement atteinte à la souveraineté nationale malgache. En effet, cet article 1.1 sous-tend que les sociétés minières, notamment étrangères et transnationales, deviennent propriétaires des terres, au lieu de se contenter d’extraire le produit du sous-sol pour une durée limitée dans le temps.

Cela réduit dangereusement le patrimoine légué aux générations futures malgaches.

Depuis plusieurs années, le Collectif dénonce la loi 2007-036, qui permet aux sociétés étrangères d’acheter et d’acquérir des terrains en pleine propriété. L’autorisation accordée par cette loi a brisé un tabou, en contradiction avec le Code foncier en vigueur qui interdit aux étrangers l’accès à la propriété foncière. D’ailleurs, pour contourner ce frein, de nombreux opérateurs économiques d’origine étrangère ont acquis la nationalité malgache au cours des dernières années (6), sans forcément résider de manière permanente à Madagascar...

Ces éléments aggravent la fuite en avant dans l’octroi de propriétés foncières aux investisseurs au détriment de l’écrasante majorité des citoyens.

N’étant pas un occupant traditionnel, le grand investisseur minier est poussé à acquérir un titre foncier. Pour le commun des Malgaches, le titre foncier reste inaccessible en raison de son coût élevé. Le délai d’obtention constitue un autre handicap car la délivrance d’un titre intervient très souvent plusieurs années après le dépôt de la demande.

En revanche, les sociétés, notamment étrangères, bénéficient de l’appui inégalable de l’EDBM – Economic Development Board of Madagascar, une structure mise en place en 2006 et financée par la Banque Mondiale, « pour renforcer la compétitivité du secteur privé national, accroître l'investissement direct étranger et fournir un service d'accompagnement à l'endroit des investisseurs dans le cadre de leur implantation » (7). Dans ces conditions, ces investisseurs ont la voie libre pour s’octroyer des terres.

Si l’article 1.1 de l’avant-projet est maintenu, seuls les nationaux très riches et les sociétés étrangères pourront entreprendre des activités minières. Les perspectives sont très inquiétantes. Le document « Etat et perspectives du secteur extractif » publié récemment par le Projet TARATRA (8) précise que « sachant que Madagascar a une superficie de 592.000 km2, si on prend la logique qu'une Compagnie minière peut avoir accès à 10.000 km2 [pour un permis de recherches] (9) , cela signifie que 60 sociétés peuvent couvrir tout le territoire. Madagascar est le seul pays qui accorde une telle surface, bloquant les autres initiatives.»

Criminalisation des manifestations : la volonté d’anéantir toute résistance locale

L’Avant projet va plus loin encore dans sa volonté de protéger les intérêts des sociétés minières. Il criminalise de façon scandaleuse les mouvements de contestation au mépris des droits et libertés des populations riveraines affectées par les impacts négatifs.

L’accaparement de leurs terres, l’absence ou l’insuffisance des compensations, comme la non-réalisation des promesses faites par les sociétés minières au cours de réunions de conciliation, ont conduit des populations locales à manifester.

Désormais, les articles 164 à 170 du Code minier concernant les infractions et les pénalités mettent sur le même plan les exploitants illicites, les voleurs et les receleurs de produits miniers d’une part et les personnes qui manifestent en guise de protestation d’autre part.

Dans l’article 167 du code minier en vigueur, ces manifestants sont clairement ciblés et leurs actions condamnées sans appel à des peines extrêmement lourdes : « Les groupes de personnes qui envahissent et occupent les périmètres miniers réglementairement octroyés à fin d’y entreprendre des activités de nature à empêcher leurs titulaires d’exercer leur profession ou de les spolier de leurs droits, commettent un crime et sont punis d’une peine de travaux forcés de cinq (5) ans à vingt (20) ans et d’une amende de 15.000.000 à Ar 150.000.000 ».

Pour anéantir toute résistance, l’Avant-projet a ajouté un article 170-4 destiné à sanctionner les élus des collectivités décentralisées qui soutiendraient les manifestations des communautés locales, comme on a eu l’occasion de le voir dans le passé : « Les personnes membres du conseil et de l’organe exécutif des Collectivités territoriales décentralisées qui se rendent complices dans la violation de périmètre minier, d’envahissement de périmètre minier, d’activités minières illicites, de ruée, indiqués à aux articles 165 à 170-1 ci-dessus, sont punis des mêmes peines que les autres auteurs, avec une circonstance aggravante. »

La criminalisation de toute résistance locale sert de bouclier aux projets miniers quels que soient les préjudices occasionnés aux populations mais aussi aux salariés. Or plusieurs sujets brûlants sont susceptibles de provoquer des manifestations ici-et-là. Par exemple, le licenciement de 1 100 employés à Ambatovy (10) qui serait dû à la chute du cours du nickel, ainsi que le début des licenciements d’employés par les sous-traitants de QMM-Rio Tinto (11) qui exploite l’ilménite. A cet égard, il est illogique de vouloir délivrer des permis d’exploitation de l’ilménite à d’autres compagnies alors que la multinationale qui extrait et exploite déjà ce minerai à Madagascar est en train de ralentir la production et de licencier des employés à cause de la baisse du cours sur le marché mondial.

L’Etat et les investisseurs promettent aux populations que l’installation des compagnies minières apportera le « développement » mais les cas des sociétés opérant déjà à Madagascar prouvent qu’elles n’hésitent pas à sacrifier les emplois dès que leurs intérêts exorbitants sont en jeu.

Une « garantie de stabilité » qui cède encore plus d’avantages aux compagnies minières

L’irréversibilité des droits de propriété accordés aux exploitants miniers est renforcée par l’article 154 et suivant qui propose « aux investissements miniers » une « garantie de stabilité » portant « sur les régimes juridique, fiscal et douanier, ainsi que sur celui des changes ».

A la différence d’autres pays soucieux d’un rééquilibrage du partage de la rente minière (12), la renégociation de contrats est quasiment impossible à Madagascar sous le Code minier en vigueur. L’avant-projet en rajoute et va dans le sens contraire à l’intérêt national en autorisant des exceptions à cette règle si de nouvelles mesures augmentent les avantages des compagnies minières…« Le promoteur peut solliciter le bénéfice de mesures plus favorables qui pourraient intervenir postérieurement à la date de l'option pour la stabilité. Les nouvelles mesures qui seraient plus défavorables que celles en vigueur au moment de la date de l’option, ne seront pas applicables au promoteur. » (article 154-1)

Vers une prochaine exploitation de l’uranium à Madagascar

Fait remarquable et nouveau, l’avant-projet de Code minier a glissé l’uranium parmi les minerais cités dans ses Dispositions générales de l’article 8 relatif à la « recherche, l’exploitation, la transformation, le conditionnement, le transport et la commercialisation des minerais d’uranium et de thorium, [qui] font l’objet de conventions particulières avec l’Etat selon un modèle de convention-type fixé par voie réglementaire ».

Force est de constater que l’exploitation de l’uranium provoque des dégâts sérieux au niveau de la santé humaine et de l’environnement, alors que les capacités et compétences des communautés et institutions malgaches en matière de prévention, de protection et de sécurité sont encore bien faibles (5).

L’inclusion d’une partie spécifique dédiée à l’uranium au sein de l’avant-projet de Code minier n’a rien d’anodin. Le Collectif TANY appelle à la plus grande vigilance face aux risques posés par la radioactivité et ses impacts graves, ce qui nécessite de prendre le temps d’étudier de manière responsable les capacités dans divers domaines et l’opportunité de mettre en place certains projets miniers prévus à Madagascar (13).

CONCLUSION

L’analyse critique de ces points majeurs de l’avant-projet de Code minier révisé est de très mauvaise augure.

Elle prouve que les nouvelles lois risquent de causer des dégâts incontrôlés et un épuisement des ressources minières du sous-sol de Madagascar sans que la nation malgache n’en tire de bénéfices pérennes.

Elle témoigne de la surenchère dont font preuve les autorités et responsables actuels pour attirer les investisseurs (4 000 permis en attente) à l’aide d’un projet de code minier qui risque de légaliser le bradage des ressources minières.

En conséquence, le Collectif TANY

- - réitère la revendication d’un moratoire sur la délivrance de permis miniers, c’est-à-dire une suspension de leur délivrance pendant un délai indéterminé, appuyant ainsi une proposition déjà évoquée par des organisations de la société civile malgaches et par la conférence des évêques ;

- plaide pour la refonte de l’Avant-projet de Code Minier avec la mise en place d’un groupe de travail plus formel, participatif et inclusif,

Ø devant prendre le temps d’échanger, de rebâtir chaque point de la loi en faveur d’une répartition juste et équitable des bénéfices entre les communautés locales, l’ensemble de la nation malgache et les sociétés minières,

Ø réunissant de manière plus organisée et transparente, des représentants des différents acteurs impliqués, dans« un cadre règlementaire pour légaliser et officialiser l'existence nébuleuse des Comités Conceptuels » (8) actuels dont les méthodes de travail improvisées et les dates de réunion changeantes rendent difficile la présence des représentants des organisations de la société civile.

Reste que le travail de révision effectué dans l’Avant-projet de Code minier souffre de lacunes significatives. Plusieurs articles relatifs au Titre V - Obligations attachées à l’exercice des activités minières ne comportent jusqu’à présent aucun développement: C’est le cas de l’Article 94-3.- [Obligation de contribution au développement socio-économique – RSE et « protocole social »], Article 94-4.- [L’obligation de privilégier l’embauche des nationaux] ainsi que l’article 94-5.- [Obligation de transfert de compétence : frais de formation, formation continue du personnel]

Le renforcement de ces articles favoriserait les intérêts de la population malgache. Dans cette perspective, le Collectif TANY réclame

- des consultations publiques dans les différentes régions permettant véritablement l’expression de critiques et suggestions de la part des syndicats d’employés des différentes sociétés minières, des communautés locales riveraines des compagnies minières en cours de recherche et surtout d’exploitation à Madagascar,

- des réunions nationales formelles et officielles de concertation et d’échanges entre l’Etat, la société civile et les acteurs de la vie économique et sociale afin de réfléchir ensemble de manière sérieuse et approfondie sur une politique minière nationale de gestion et de préservation des ressources, sur une répartition équitable des bénéfices liée à une stratégie économique de développement de tous les secteurs et de formation des ressources humaines et compétences malgaches, sur le respect des droits humains, sur les devoirs et responsabilités des différentes parties.

Dans sa vision, le « Document-cadre de la Politique nationale minière » du MPRS – Ministère auprès de la Présidence chargé des Ressources Stratégiques - d’août 2014, avance qu’« un secteur minier durable, géré dans les règles de l’art constitue une source de rentes pour sortir rapidement de la pauvreté et pour être partagé avec la génération future (…)», un vœu que contredit la teneur de l’Avant-projet de Code minier révisé.

En l’état, le texte ne sert que les intérêts des sociétés minières, au mépris des intérêts supérieurs de la Nation malagasy.

Paris, le 20 août 2015

Le Collectif pour la Défense des Terres Malgaches – TANY

Patrimoine.malgache@yahoo.fr http://terresmalgaches.info http://www.facebook.com/TANYterresmalgaches

Références :

(1) Communiqué CRAAD-OI et autres OSC, La société civile relance le processus d’élaboration d’une charte tripartite pour le développement durable et le respect des droits humains dans le cadre des investissements privés à Madagascar, - 28 mai 2015 :http://www.madagascar-tribune.com/La-societe-civile-reclame-une,21151.html

(2) http://www.theenergyexchange.co.uk/event/1st-international-forum-madagascar-oil-mining/endorsement-letter

et Africa Mining Intelligence 7 aout 2015

(3) L’avant-projet n’ayant pas été diffusé au grand public, nous avons reçu différentes versions de diverses sources mais leur contenu est fondamentalement identique.

(4) Re-Common, Solidarité des Intervenants sur le Foncier, Collectif TANY, Les accaparements de terre à Madagascar – Echos et témoignages 2013 : http://terresmalgaches.info/IMG/pdf/Rapport_Accaparements_de_terres_Madagascar_2013.pdf

(5) Non à l’extractivisme : Newsletter n°38 : http://terresmalgaches.info/spip.php?article91

(6) M. Pellerin, Le nouvel essor des relations entre la Chine et Madagascar, Notes de l’IFRI, mars 2011

(7) Economic Development Board of Madagascar http://www.edbm.gov.mg/fr/L-EDBM/Mission-Objectifs

(8) Projet Taratra, Etat et perspectives du secteur extractif, 12 aout 2015, https://www.facebook.com/pages/Projet-Taratra/416457341836685

(9) Article 23 du Code Minier et de l’Avant-projet

(10) http://www.industriall-union.org/fr/madagascar-des-tentatives-de-suicide-apres-les-licenciements-chez-sherritt

(11) http://www.lagazette-dgi.com/index.php?option=com_content&view=article&id=33262:secteur-minier-licenciement-massif-chez-un-sous-traitant-de-qmm&catid=45:newsflash&Itemid=58

(12) http://www.contratsminiersguinee.org/blog/communique-mis-en-place.html, http://www.rfi.fr/emission/20140125-le-burkina-faso-renegocie-contrats-miniers, http://www.voxafrica.com/info/video/0_hphah877/niger-niamey-renegocie-les-contrats-miniers-avec-areva/,

(13) https://www.oecd-nea.org/ndd/pubs/2014/7064-mehium-es-fr.pdf

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 11:07
#Foot / Les nanas de Makélélé, les fausses interviews d'Anelka, les agressions racistes bidonnées... l'ancien agent Marc Roger autopsie son monde

SOURCE

LE SCAN SPORT - Agent de la majorité des stars françaises du ballon rond dans les années 90, Marc Roger dévoile dans son livre Transferts l'envers du décor de négociations parfois surréalistes.

L'avis du Scan sport: Dans les années 90 et jusqu'au début des années 2000, Marc Roger est l'un des agents les plus influents en France et en Europe. Patrick Vieira, Nicolas Anelka, Sylvain Wiltord, Ibrahim Ba ou encore Thierry Henry ont tous signé sous sa coupe de retentissants contrats dans de prestigieux clubs. Dans Transferts, l'homme d'affaires dévoile les coulisses des négociations souvent rocambolesques. Les dessous du foot-business, un monde opaque aux moeurs surréalistes où les coups de bluff pleuvent. A l'exception de quelques rares et courts chapitres sans grand relief, le récit parfois dérangeant est agrémenté d'une multitude d'anecdotes croustillantes , parfois hallucinantes qui offrent au fan de football une relecture saisissante de certaines affaires qui ont fait grand bruit à l'époque dans le monde du ballon rond.

Pourquoi Anelka a quitté le PSG, l'histoire d'une vengance

La situation : La saga autour de la carrière de Nicolas Anelka constitue l'un des chapitres les plus savoureux du livre. Marc Roger, qui aurait probablement pu écrire un tome entier sur ce seul personnage, révèle notamment pourquoi le jeune attaquant (18 ans) a filé à l'anglaise à Arsenal en 1997 en prenant de court tous les dirigeants parisiens. L'agent avait été écarté des transactions autour de l'arrivée du Brésilien Leonardo alors qu'il avait la confiance du club pour gérer ce dossier. Un «coup tordu» qui a a rendu fous de rage Roger et son associé Jean-François Larios. Le départ d'Anelka sera leur vengeance.

Le passage: «Jean François se rend aux Trois Obus insulter Moutier. Des mots très vifs sont prononcés. Et il lui lâche: “Ok, avec Leonardo vous gagnez 1-0. Mais un jour on va vous mettre 3-0 dans la gueule. Nos rapports sont terminés. Vous verrez bien ce qui se passera…” Sans cet épisode houleux, Anelka ne serait sans doute jamais parti à Arsenal.»

La fausse interview d'Anelka à la presse italienne

La situation : Pour négocier avec les dirigeants, les agents sont parfois tentés de commettre quelques entorses aux règles de bonnes conduite en manipulant les médias. Au téléphone, Marc Roger va se faire passer pour Nicolas Anelka auprès d'un journaliste pour décrédibiliser les dirigeants de la Juventus qui avaient négocié l'arrivée de l'attaquant avec Arsenal sans passer par les agents.

Le passage: «J'ai décidé d'appeler un journaliste de La Gazzetta dello Sport en lui disant qu'il pouvait rapporter mes propos comme s'ils étaient de la bouche de Nicolas Anelka, puisqu'il était d'accord pour que je prenne la parole en son nom. J'ai alors massacré la Juventus publiquement: “Je n'irai jamais dans ce club de vieillards. Je préfère arrêter le football plutôt que de jouer à la Juventus.” J'en ai remis une couche dans un autre quotidien sportif italien, Tuttosport, qui a vraiment cru parler au joueur lorsqu'ils m'ont eu au téléphone!»

Faux jets de bananes et de cailloux pour transférer Claude Makelele

La situation : Entorse aux règles de bonnes conduites, acte 2. Pour pousser les dirigeants à accepter de transférer son joueur, Roger monte de toutes pièces de fausses agressions de supporters en colère contre l'international. Il le fera à deux reprises, lorsque «Make» jouera au Celta Vigo, puis lorsqu'il évoluera plus tard au Real Madrid.

Le passage : «Je suis allé porter plainte dans un commissariat local en disant que les supporters du Celta avaient menacé le joueur de vandaliser sa voiture. Sauf que les cailloux, c'est moi qui les avait jetés sur le pare-brise.» Quelques années plus tard, il récidive pour faire plier le Real Madrid: «Il se dit dans la presse qu'il reçoit des insultes, des pierres et des bananes sont jetées par-dessus le portail de sa villa… En réalité, j'ai de nouveau utilisé le stratagème employé trois ans auparavant à Vigo, cette mise en scène du harcèlement.»

Makelele l'homme à femmes en Espagne

La situation : Parti poursuivre sa carrière en Espagne, Claude Makelele va vite obtenir la réputation de vrai Casanova. A tel point que cette étiquette va jouer sur les négociations lors de son transfert de Vigo à Madrid.

Le passage: «Lorenzo Sanz (président du Real Madrid, ndlr): “Désolé Claude, je n'ai plus de fille à marier.” La plaisanterie fait référence à la réputation de séducteur invétéré de Claude Makelele. Son goût pour les femmes avait même fait dire un jour à Horacio Gomez (dirigeant du Celta Vigo, ndlr): “ Je crois que bientôt, la moitié des enfants qui vont naître à Vigo seront des petits métis.”»

Les prostituées payées aux arbitres avant les matches de Coupe d'Europe

La situation: Dans les années 90, Marc Roger côtoie le gratin des dirigeants français. Il est amené à être le témoin de pratiques visiblement courantes en Coupe d'Europe consistant à payer aux arbitres des avantages en nature.

Le passage: «En 1995, 1996, Nantes parvient en demi-finales de la Ligue des Champions. Une marche sur laquelle il trébuche devant la Juventus de Deschamps (0-2, 3-2). Je me souviens de la nuit précédant le match aller à Turin, le 3 avril. Il était une heure du matin et je prenais un verre au bar de l'hôtel Palace avant d'aller me coucher. Soudain, j'aperçois une magnifique brune qui entre dans l'hôtel et se dirige vers l'ascenseur. Je demande au serveur avec qui j'avais sympathisé: “Qui est cette fille?” ”C'est la call-girl qui vient détendre l'arbitrage du match de demain”.»

Quand Zidane n'est pas au courant que son arrivée au Real Madrid se négocie

La situation : Marc Roger ne s'est pas occupé des intérêts de Zinédine Zidane, couvé par son grand rival (et ennemi) dans le milieu: Alain Migliaccio. Mais il révèle comment «Zizou» a été très proche d'une venue au Paris SG après Bordeaux (Michel Denisot a finalement fait capoté les transactions initiées par l'entraîneur Luis Fernandez) et surtout que le n°10 n'était pas du tout au courant des tractations sur son arrivée au Real Madrid, négociée dans son dos par Migliaccio en 2001. Marc Roger vend la mèche au joueur et insiste pour que celui-ci appelle son agent qui a rendez-vous le lendemain avec les pontes du club espagnol. Ce que l'international fait.

Le passage:

«(Zidédine Zidane) -Alain, ça va?

(Alain Migliaccio) -Oui et toi?

-Quoi de neuf?

-Rien de spécial

-Et demain, rien de spécial?

-Non, il y a quoi demain?

-Tu n'as pas un rendez-vous pour moi?

-Qui t'a dit ça?

-Un ami. Toi tu ne m'en as pas parlé alors que c'est important il me semble. Il s'agit quand même du Real Madrid.

-Oui, oui, oui mais tu sais, ce n'est qu'un premier rendez-vous. On verra bien.

-Tu sais quand même qu'il y a le frère et l'avocat du président. Ca a l'air quand même assez sérieux...

-Ne t'inquiète pas, je te tiendrai au courant.»

Makelele joue la comédie pour obtenir un arrêt de travail

La situation: En 2003, Claude Makelele s'est engagé dans un bras de fer avec les dirigeants du Real Madrid pour partir à Chelsea. Il doit faire croire à un medecin venu à son domicile qu'il va mal pour obtenir un certificat médical attestant son inaptitude à s'entraîner.

Le passage: «Louis de Funès dans un grand numéro d'acteur, Makelele affalé dans son canapé est parfait dans le rôle du footballeur accablé par la souffrance… La simulation est magistrale à tel point que le docteur veut l'hospitaliser! Scotché par ce spectacle, j'interviendrai alors pour mettre cet état inquiétant sur le compte de la pression subie par le joueur.»

Le testament de Robert Louis-Dreyfus

La situation: Lorsque l'homme d'affaires Robert Louis-Dreyfus est à la tête de l'OM entre 1996 et 2002, Marc Roger est amené à travailler avec lui. Le milliardaire lâche une confidence qui explique peut-être pourquoi la famille Louis-Dreyfus n'est pas prête de passer la main à d'autres investisseurs.

Le passage: «En 2001, il (Robert Louis-Dreyfus) m'avait glissé: “S'ils sont passionnés par le football, l'OM sera pour mes fils jumeaux. Je mettrai même dans mon testament que le club ne pourra pas être vendu sans leur consentement”.»

Marc Roger, Transferts, Ed. l'Archipel, 184 pages, 17€95.

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 09:08
#BongoAli / Il fallait le temps de lui tailler son costume de bouffon



Qu’attendre d’un chef qui excelle dans l’esbroufe, la jactance et la forfanterie. On vogue en pleine hystérie délirante.


Ces receleurs d’héritiers. Drôle de considération de la jeunesse par son président. Voilà pourquoi ce discours a été différé. Au lieu du 16 août, date du rendez-vous, ce sera le 17 août au soir. Il fallait prendre le temps de lui tailler son costume de bouffon et d’ajuster toutes les inepties de son look. Ainsi paré, il pouvait être présenté aux sujets. Le prince était assuré de l’effet d’admiration que cette marmelade produirait.

Manque de pot, les sujets se mueront en peuple digne et n’apprécieront guère la blague. Ils ne s’esclafferont pas et encore moins ne feront pas sauter l’applaudimètre. Tout au contraire. C’est de boulets rouges et des œufs pourris qu’il a reçus. Qui est dupe ! En avril dernier, le journal en ligne Mediapart achevait des révélations débutées des années plus tôt par les associations anti corruption Sherpa et Transparency sur des biens acquis illicitement par le président de la République gabonaise et sa famille. De père en fils jusqu’à Ali Bongo Ondimba lui-même, tous sont passés à la trappe. Auparavant, il y a eu l’affaire Elf qui a montré au grand jour le système de corruption à grande échelle de la famille d’OBO. C’est à la faveur du pétrole gabonais que les SCI Obali, Baume et autres ont été obtenues. Et pour enfoncer le clou, c’est à coups de bakchichs, des 10% gracieux et … de droit de marchés que la pieuvre Delta Synergie a élargi ses tentacules.

En somme, toute la fortune d’OBO léguée aux légataires universels ABO et à la cliente de poids des crèmes glacées Häagen-Dazs, Pascaline Mferri Bongo Ondimba et tous les réservataires, a été construite avec de l’argent sale ! Sur le caractère litigieux de cette fortune, tous les maux du monde s’y sont agglutinés. A telle enseigne que ABO, dont le pouvoir est en lambeau, oublie même qu’il y a quelques années, il avait quasiment engagé une procédure contre les BMA pour montrer que cette affaire ne le concernait pas. Ne savait-il pas que dans le sigle BMA, il y avait du contenu ? Et que ce contenu n’était autre que la SCI Baume par exemple ; ou encore des hôtels particuliers qu’il veut céder pour usage culturel. Mais que disait-il, parlant d’usage culturel sur un autre BMA ? En l’occurrence le Pozzo Di Borgo ? Une aile ne devait-elle pas abriter des services culturels ? Combien de centres culturels faut-il au Gabon en France ? De surcroît pour un pays qui a du mal à dresser l’état cohérent de son fonds culturel. Passez ! Y a rien à voir !

Tout est litigieux dans ce qu’ABO passe à la jeunesse. C’est à crever de rire. Prenez «OYO», la résidence des Charbonnages. Non seulement cette résidence a été construite par OBO pour son épouse feue Edith Lucie Bongo Ondimba née Sassou Nguesso, mais en plus, il semble bien qu’un contentieux subsiste sur la rétrocession d’une partie des terres de ce domaine. On parle de près de 5 ha qui seraient toujours dans la besace de l’ancien Premier ministre, Léon Mebiame. Ce dossier n’a jamais été vidé. De certaines sources, l’affaire a été évoquée au début du mandat d’ABO. Ce dernier, plutôt que de prendre le taureau par les cornes, veut simplement jeter l’affaire sur la jeunesse gabonaise. « Quel prési cynique ! »

Par ailleurs, à quel moment ce bien a-t-il cessé d’être la propriété de feue Edith Lucie ? Propriété transmise de fait, suite à son décès, à ses héritiers directs, ses enfants et ses parents tous encore en vie. Lorsqu’ABO raconte que c’est en accord avec sa famille qu’il a pris cette décision, a-t-il un PV de conseil de famille qui a statué sur cette cession ? A-t-il consulté tous les ayants droit de ce bien ? Parlant des autres biens, notamment la SCI Baume. Il s’agit d’une société civile immobilière dans laquelle Edith, la défunte, ses enfants et feu son époux étaient actionnaires. La SCI Baume regroupe un ensemble de biens immobiliers près du Parc Monceau, d’une valeur de 15 millions d’euros. Entre autres informations, au décès d’Edith Bongo, Omar hérite naturellement de son épouse. Et lorsque ce dernier part à son tour, il semblerait que Pascaline Mferri se soit imposée sur ce bien comme héritière de son père. Cela paraît possible. Or, là aussi va intervenir la partie congolaise. Tout à fait normal, à cause de leurs petits-enfants et de leur défunte fille.

Tout cela va être auréolé par l’affaire des BMA où la SCI Baume a été frappée de plein fouet.

A moins que le président de la République intronisé par Mborantsuo ait tronqué ses attributs de président par ceux de juge, il peut se permettre de léguer cette SCI aux Gabonais. Ali Bongo Ondimba aurait été crédible s’il annonçait aux Gabonais qu’il vendait le Ranch acheté en Afrique du Sud (on parle d’environ 45 milliards de F CFA) ; s’il annonçait qu’il revendait Pozzo Di Borgo et l’immeuble attenant (100 milliards F CFA) ; ou encore s’il cédait tous ses avoirs dans la SCI Obali (Afrijet). Et en guise d’université, s’il cédait l’ancienne résidence d’Amissa achetée à sa fille pour 5 milliards de F CFA à la Sablière. Et même, cette résidence soulève de nombreuses questions dont les plus pressantes sont : primo, pourquoi c’est la direction de la dette qui a décaissé les fonds pour son acquisition ? Deuxio, pourquoi ce sont les fonds publics qui ont permis l’acquisition par ABO d’une villa au profit de sa fille, Malika Bongo Ondimba ? Le chef de l’exécutif excelle dans l’esbroufe. Mieux, on vogue en pleine hystérie délirante, pour paraphraser Félix Bongo.

La jeunesse gabonaise, elle, à la lire sur les réseaux sociaux, a vite compris qu’Ali Bongo leur offrait Londres, Paris et Amsterdam en héritage. D’où leur euphorie sur les réseaux sociaux. Tellement le canular est gros. En somme, elle attend : le legs d’un Etat de droit et d’égalité de chance ; mais pas celui de biens mal acquis.

TEXTE - RAMSES FRANK

in Echos du Nord N°298

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 23:30
#Vidéo / De la Françafrique à l'Africafrance : L’Afrique au rayon Glaser / par François de Negroni lu par Protche (#CaveDu18)

Ajoutée le 31 juil. 2015

L’Afrique au rayon Glaser / par François de Negroni (lecture Protche + Cavedu18)

Essayiste, écrivain, François de Negroni, auteur, entre autres de Afrique fantasmes, Les jolies colonies, Avec Clouscard ou encore Old is beautiful, s'en prend ici à Antoine Glaser, personnalité omniprésente dans les médias dominants sitôt qu'il s'agit d'Afrique... Initiateur de la fameuse (et très chère) Lettre du continent, co-auteur avec Stephen Smith de plusieurs livres et "spécialiste de l'Afrique", ainsi que la télévision aime à réduire en grossissant.

Texte : François de Negroni
Lecture : Grégory Protche
Mixage : Cave du 18
www.legrigriinternational.com

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 20:00
#Texte / De la Françafrique à l'Africafrance : L’Afrique au rayon Glaser / par François de Negroni

Qui ne connaît Antoine Glaser ? Aussitôt que l’Afrique pointe son nez dans l’actualité médiatique, il déboule au débotté à France 24 ou sur la Cinq, chez cette enflure d’Yves Calvi, pour nous y pomper l’air avec ses obsessions, ses médiocres certitudes, sa délectation morose. Qui n’a goûté ses manières onctueuses et blasées ? Ses grandes moues dédaigneuses et ses petites mines de poulet irrité à l’endroit des intervenants, sur le plateau ? Son ton doux-amer, mi-prédicateur américain, mi-oiseau de mauvais augure ? Bizarrement, il ne s’est jamais fait épingler par les profileurs émérites en experts bidon et en éditocrates soudoyés. Aucun parmi les Halimi, Fontenelle, Boniface, Carles, et autres gâchettes, n’a estimé utile de l’inscrire à son tableau de chasse. Considéré comme du trop menu fretin, sans doute ? Certainement, même. Son engagement univoque dans des débats et des règlements de compte jugés périphériques, sinon exotiques, le classe un rang en dessous de la catégorie vedette des consultants généralistes, transfuges de la presse bourgeoise de référence ou d’instituts de recherches aux sigles pompeux. Pourtant, la façon à la fois capitularde et jubilatoire dont il s’excite sur les relations franco-africaines postcoloniales, depuis tant d’années, l’énergie inlassable qu’il consacre à cet ambigu travail du deuil, son obstination maniaque, légitiment bien un rapide détour critique.

En préambule à chaque émission, le présentateur ne manque pas de rappeler la glorieuse geste fondatrice de l’invité : Glaser, impossible de l’ignorer, a créé en 1984 et dirigé jusqu’en 2010 le bimensuel La Lettre du Continent. Une revue appréciée pour ses informations précises, voire quasi-confidentielles, sur la situation des pays subsahariens (toujours un coup d’avance, chers confrères…) et largement suivie par un lectorat d’opérateurs économiques et d’investisseurs. Il fallait toutefois, surtout dans le contexte de l’époque, donner à cette publication une coloration idéologique vaguement anti-impérialiste, qui lui serve de faire-valoir : ce sera la dénonciation incessante de la Françafrique, ce trop fameux pré carré linguistique, monétaire, militaire, sous le contrôle opaque d’affairistes et de réseaux politiques tortueux. Le livre noir de la Cinquième République. Du crapoteux à tous les étages.

Une bonne pioche, sans conteste. Cette dénonciation permet de rassembler dans une même indignation des auditoires convertis d’avance. Les belles âmes métropolitaines, toutes chapelles confondues ; les expatriés opportunistes, démagogues ou mal dans leur peau ; les délégations occidentales étrangères ou les personnels des organismes internationaux, impliqués dans de vieilles luttes d’influence ; les opinions publiques locales, facilement mobilisables contre ce bouc-émissaire omniprésent. Elle s’appuie en outre sur des agissements, des opérations, des procédures, abondamment connues, commentées et médiatisées. Corruption, soutien aux potentats, ingérence, interventions armées, scandales financiers, liquidations d’opposants, barbouzeries diverses, complicité présumée de génocide… L’histoire immédiate alimente sans répit le florissant marché cathartique de la décolonisation.

Une bonne pioche et un excellent filon. Pas moins de six ouvrages publiés (dont deux cosignés avec le compère Stephen Smith, le sniper-adjoint de la négrologie punitive), six variations à main armée sur le thème de la Françafrique. Mais à force de tirer sur l’ambulance, celle-ci risquait bientôt de se transformer en corbillard et de précipiter la faillite du fonds de commerce éditorial. Notre avisé procureur a donc renversé la proposition. Mi-temps. Balle au centre. On reprend les mêmes, on échange les maillots, on permute et on continue. La Françafrique est morte, vive l’ Africafrance, nouveau label déposé, après réanimation du corpus. Elle est repartie, la plaintive ritournelle. Une demi-douzaine d’opus à venir et des heures de fanfaronnade à la télévision, si Dieu le veut.

Glaser n’est ni Samir Amin ni Charles Bettelheim. Lesquels, parmi d’autres, identifiaient dans la pratique néocoloniale à la française un sous-ensemble susceptible d’entrer en conflit géopolitique avec le projet capitaliste central d’accumulation à l’échelle mondiale. Ladite Françafrique, une réalité moins homogène, plus ambivalente qu’il n’y parait, par-delà ses turpitudes avérées et son usage intempestif de la canonnière? Voire un leurre ? Ou même,parfois, un pôle de résistance civilisationnel à l’hégémonisme de l’Empire ? L’expression aussi,dévoyée mais connivente d’une forme de parenté classificatoire, d’affinités sélectives, enracinées dans des dérisions partagées ? Un espace-temps discontinu d’engendrements mutuels ? Bref, on n’en finirait pas de souligner la complexité d’un système dont une grille de lecture moralisante et rageusement à charge ne parvient pas à rendre compte. Mais Glaser, lui, ne veut rien savoir des aventures subsahariennes de la dialectique. Le grigou possède une besace gonflée de dossiers et de lourds secrets ; ses agendas regorgent de rendez-vous avec des contacts mystérieux. Il a fait de son bout de lorgnette une longue-vue géante d’où les pieds-nickelés ont des gabarits de superhéros de la World Trade Company. Il fouine, il trace sa zone. Sa vision, son combat, sa rente, sont tout entiers résumés par l’intitulé d’un chapeau de la presse satirique : « La Françafrique prospère youp la boum ». L’Africafrance, dorénavant, avis aux rédactions.

Quand l’expert succède à l’intellectuel, il n’y a pas que la pertinence qui en pâtisse. L’appropriation affective le cède au regard froid et le monopole de l’émotion est abandonné aux nouvelles troupes d’occupation larmoyantes de l’humanitaire. Avec Glaser et consorts, on passe du sanglot de l’homme blanc au hideux rictus du spécialiste ; on n’est plus dans le « je t’aime moi non plus » sacrificiel du coopérant progressiste d’autrefois, mais dans le cinglant « nous sommes détestés, nous l’avons bien cherché » d’une imprécatrice Calixthe Beyala d’aujourd’hui. Le discours n’est ni décliniste, ni repentant. Il est maussade et sarcastique. C’est en toute impassibilité - celle du journaliste de terrain et d’arrière-boutique - que Glaser convie son public d’auditeurs et de lecteurs à explorer ses constructions manichéennes en noir et blanc. S’inclut-il pour autant, personnellement, parmi les mauvais sujets du processus historique ? On peine à envisager qu’il puisse bouder les bénéfices symboliques de ses allégations au marteau auprès des fractions tiers-politisées des élites locales, qui, depuis cinquante- cinq ans, poussent en chœur la même goualante.

Sorti de cette Françafricafrancomanie compulsive et de ses fastidieuses incriminations, le condescendant Glaser a-t-il quelque message à délivrer, d’autres missives de premier choix à poster, concernant le futur du continent noir ? Et comment ! L’homme, éperdument désireux de suggérer qu’il en sait bien davantage que ce qu’il consent à divulguer, ne se fait pas prier. Il suffit d’appuyer sur un bouton. Et, devant le bon Yves Calvi bouche bée, la prunelle gloutonne, il déroule. Emphatique quand il évoque le Nigeria, cette puissance colossale, qui – tenez-vous bien – dépassera en population les Etats-Unis d’Amérique à l’horizon 2050. Prophétique dès qu’il s’agit d’annoncer des mutations irréversibles en cours, tels que – rendez-vous compte – l’éclatement des frontières coloniales et la recomposition des états sur des bases tribalo-religieuses. Alarmiste lorsqu’il évoque en cascade - accrochez-vous - la captation chinoise des richesses minières et agricoles, la montée de l’islamisme radical, la poussée des églises évangélistes ou la détresse menaçante d’une jeunesse laissée sur le bas-côté du décollage économique, privée de débouchés et vouée à l’émigration ou au djihad. Apocalyptique – mayday, mayday - alors que, rebondissant sur l’affaire des exactions sexuelles pédocriminelles de la soldatesque française, il révèle avoir maintes fois assisté au spectacle indigne de vieux Européens dépravés lutinant de jeunes prostituées noires. Mais où traîne-t-il donc, le fourbe ? Rien, vraiment rien, n’échappe à sa sourcilleuse vigilance. Entre un animateur inculte et béat, un colonel de réserve branché sur l’animisme et l’arbre à palabres, et deux ou trois géo-stratèges multicartes complètement azimutés, il peut se gargariser à souhait des grandioses platitudes de ses énonciations. Et si d’aventure, ce présumé incollable en ethno-patronymes, toponymes, etc., parle d’Abdoulaye Wadé ou de Rama Yadé (au lieu de prononcer Wade et Yade) ou bien du Centrafrique, nul ne s’esclaffe, ni ne bronche. Respect à l’initié, au grand manitou du wolof et de la conjugaison, à l’as de la prospective Nord-Sud.

Impayable, insupportable, inévitable, Antoine Glaser ! A-t-on suffisamment remarqué son étrange ressemblance avec l’irascible Docteur Jonathan Septimus, le savant mégalomane de la cultissime Marque Jaune. Mêmes lunettes aux reflets étincelants, même sourire sardonique, même allure hautaine. Il ne lui manque que le fume-cigarette, by Jove ! Glaser a braqué son télécéphaloscope sur les prescripteurs décisifs de l’audiovisuel public et s’est promptement emparé du contenu de leurs cerveaux. A quand un vaste programme de rééducation par stimulation des fréquences mentales pour tous les blancs-becs dont les ondes cérébrales ont échappé au faisceau de son rayon, et qui, dans leur incommensurable orgueil, osent snober la parole radoteuse du vénérable maître ?

François de Negroni

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 12:52
#GabonHéritage / Ali Bongo, Robin en bois des BMA

Le 17 Août au soir, sa petite majesté nous a parlé debout pour nous dire finalement deux choses : le dialogue national inclusif, c’est le CND ou rien ; et, les biens mal acquis par la famille Bongo vont officiellement passer à l’Etat gabonais à la tête duquel est juché ABO qui n’entend nullement le quitter. Il lui semble apparemment plus aisé de récupérer des biens qui seront blanchis par leur nouveau statut de patrimoine de l’Etat gabonais. Ce qui, au passage, lui permet de contourner l’adversité familiale qui sévit, en interne, contre lui.


Alors que ne sont pas encore légalement tranchées les questions d’héritage des Bongo entre eux et que, dans le même temps, l’épineux écheveau de l’immense fortune mal acquise des Bongo ne trouve pas d’épilogue, sa petite majesté, à l’occasion de son discours à la nation, s’est fait condescendant en déclarant affecter une partie de ces biens mal acquis à l’Etat gabonais. A moins d’un an de la présidentielle parce que l’homme est régulièrement interpellé sur cette question, on comprend aisément la manœuvre. Cette allocution, c’est le coup d’éclat permanent, de la com., encore de la com., toujours de la com., au point où se tenir debout pour lire un texte téléprompté devient un exploit révolutionnaire dans les bouches soumises des Rossatanga, Moubélet, Billie by Nzé et autres Enongoué, les griots de service - les Gabonais auraient souhaité que ce soit le contenu du texte qui tînt debout. Jusqu’à vouloir nous faire avaler que la sérénité serait revenue chez les Bongo quand on sait que parmi les cinquante-trois héritiers déclarés d'Omar Bongo, seul Ali Bongo Ondimba, actuel chef de l'Etat gabonais, n'a pas communiqué d'acte de naissance. Or, comme le rappelait Ona Essangui, le 20 juin 2015 sur Gabonlibre : « Ce que Nantes nous produit n'établit aucun lien de filiation entre Alain Bernard Bongo et Albert Bongo. Ce qui lui aurait d'emblée accordé la nationalité gabonaise ou française de son résumé père... Or, [dans] l'extrait fourni par Nantes [les] mentions d'ordre public n'apparaissent nullement, ce qui fragilise le caractère authentique d'un tel acte. » La crainte d’être rattrapé par les BMA avant que sa situation administrative ne soit résolue hante l’esprit d’ABO. Les passer officiellement à l’Etat permet donc de voir venir. Dans ces conditions, sa déclaration de « bienfaisance » ne convainc pas lorsqu’il annonce, crânement, « au nom des enfants d’Omar BONGO ONDIMBA, que nous avons décidé de céder l'Etat, à titre gracieux, la propriété située à côté du Camp de Gaulle, dans le 1er arrondissement de Libreville. Elle sera destinée à créer une université au profit la jeunesse gabonaise… [et que] nous avons décidé de céder à l’Etat gabonais, pour le franc symbolique, deux propriétés en France ayant appartenu à Omar BONGO ONDIMBA. Il s’agit de deux hôtels particuliers, situés rue de la Baume dans le 8e arrondissement pour l’un, et rue Edmond Valentin dans le 7e arrondissement de Paris, pour l’autre. Ces biens immobiliers, qui feront désormais partie du patrimoine de l’Etat gabonais, seront affectés à un usage diplomatique et culturel ». Ce qui suggèrerait que les tensions internes aux héritiers se soient estompées, et que l’harmonie serait retrouvée. Le doute est plus que permis. Les biens mal acquis sont généralement définis comme « tout bien meuble ou immeuble, tout avoir ou fonds susceptible d’appropriation privative soustrait illégalement du patrimoine public et qui a pour effet d’appauvrir le patrimoine de l’État ». Les deux hôtels cités plus haut font partie de la liste officielle des BMA. C’est le délit et le crime permanents qui ont permis à des dirigeants un enrichissement que leurs revenus ne peuvent justifier. C’est le résultat de détournements de fonds, de vols ou de transferts illicites d’argent public entre les comptes nationaux et leurs comptes personnels, de la corruption et de l’octroi de rétrocommissions. Les auteurs des infractions utilisent souvent les mécanismes d’évaporation des capitaux opaques, garante d’impunité, grâce notamment aux paradis fiscaux et judiciaires et à la complicité de pays développés. Les associations Survie et Sherpa ont porté plainte pour « recel de détournement de biens publics et complicité » auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris contre cinq chefs d’États africains en fonction et leurs familles dont les Omar Bongo Ondimba. Ils sont soupçonnés d'être propriétaires en France de nombreux biens immobiliers de luxe et détenteurs d’avoirs bancaires auprès de banques françaises et/ou de banques étrangères ayant des activités en France. Le journal Le Monde, qui s'est procuré les procès-verbaux d’une enquête policière ouverte à cet effet par le parquet de Paris en juin 2007, puis classée sans suite pour « infraction insuffisamment caractérisée » en novembre 2007, révèle en janvier 2008 que des membres de la famille Omar Bongo détiennent des douzaines de maisons et appartements à Paris et dans le sud de la France, dont certains ont une valeur de plusieurs millions d’euros, soixante-dix comptes bancaires et neuf véhicules de luxe dont certains payés par des chèques du Trésor public gabonais. La famille d’Omar Bongo Ondimba posséderait ainsi trente troisappartements ou maisons dont un hôtel particulier de plus de 18 millions d’euros à Paris, acheté en juin 2007 par une société civile immobilière associant deux enfants du président gabonais (13 et 16 ans). Le quotidien français « Le Parisien » nous révélait, en février 2015, que « le 4 novembre dernier [2014], l’homme de confiance de la famille Bongo à Paris, Daniel Mentrier, 69 ans, a été mis en examen pour complicité de blanchiment de détournement de fonds publics et recel. Il a admis que 53 millions d’euros avaient été déposés en espèces dans les années 2000 par les dirigeants gabonais sur le compte de sa société Avenir 74, pour l’achat et l’aménagement de deux résidences de luxe à Paris et d’une troisième, à Nice (Alpes-Maritimes).

Proche d’Omar Bongo (président de 1967 à 2009), puis de son fils et successeur Ali Bongo, Daniel Mentrier a déclaré aux juges : « Les règlements en espèces sont légaux au Gabon, et le président et sa famille fasaient partie des plus grandes fortunes au monde. » Tout était donc normal à ses yeux. Trois autres proches de la famille Bongo ont aussi été mis en examen et les actes des ventes litigieuses ont été saisis lors de perquisitions chez des notaires. Les leçons de magnanimité professées par ABO, le 17 au soir, masquent mal la crainte d’une amplification de l’affaire des BMA qui le pousse à déclencher une opération, moins philanthropique qu’elle n’y paraît, de récupération de ce qui peut l’être encore par l’Etat-Bongo. Mais, est-ce le détourneur qui doit établir le niveau de sa rapine ou alors l’addition de ses revenus mensuels multipliés par le nombre de mois et d’années moins l’insolence des signes extérieurs d’une immense richesse visible à l’œil nu fermé ? Est-ce au détourneur de décider s’il doit lui revenir une part de ce qu’il a dérobé ? Ou encore de ce qui doit revenir au Gabon et ce que lui doit conserver ? N’est-ce pas au peuple gabonais d’en décider ? ABO et sa famille sont au cœur de la question de ces biens mal acquis. ABO cherche à en sortir ou, plutôt, à ne pas perdre sur les deux tableaux : celui de l’héritage et celui des BMA. Quand, démagogue et, candidat, en pré-campagne électorale, il se laisse aller à dire que sa part « d’héritage sera partagée avec toute la jeunesse gabonaise, car, à [ses] yeux, tous les jeunes de ce pays sont héritiers d’Omar BONGO ONDIMBA. », sa petite majesté et ses laquais veulent, en fait, échapper à l’étau des procédures de restitution des biens mal acquis dérobés par la famille Bongo un demi-siècle durant. Car, de vraies restitutions ont eu lieu ailleurs. En Suisse, par exemple, où 658 millions de dollars ont ainsi été restitués après 17 ans de procédure aux Philippines sur les fonds des Marcos, l’ex-famille régnante ; 2,4 millions de dollars des fonds du dictateur malien Moussa Traoré ; 594 millions de dollars des fonds du dictateur nigérian Sani Abacha ; 80 millions de dollars des fonds détournés par le clan d’Alberto Fujimori au Pérou. Le Royaume-Uni a restitué au Nigeria des fonds de Sani Abacha hébergés à Jersey. Les États-Unis et leurs alliés en Irak ont réalisé la plus grosse restitution en saisissant en 2003 plus de 2 milliards de dollars appartenant à la famille de Saddam Hussein, somme qui doit servir à la reconstruction de l’Irak. Seule, la France, qui a pourtant ratifié, la première, la convention des Nations Unies contre la corruption (Convention dite de Mérida), n’a encore engagé aucune procédure de restitution. La plupart de ces restitutions se sont déroulées après la chute des dictateurs. Chassé du pouvoir, ABO sait donc ce qui l’attend. Aujourd’hui, il ne peut, sans acte de naissance, hériter de la fortune illicite de son prédécesseur. Demain, les BMA – en fait, l’héritage des Bongo - rétrocédés au nouvel Etat ne lui bénéficieront plus. D’où sa subite générosité.

TEXTE - STEPHEN JEAN LANDRY

in Echos du Nord N°298

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 09:08
#Vidéo / Cet été, je me suis tapé Virginie Despentes / Jérôme Reijasse (#LectureProtche #Cavedu18 7/8/15)

Jérôme Reijasse n'est plus abonné au PSG. Il s'occupe de plus en plus de son fils Jules. Après le succès de son premier recueil de chroniques parues dans le Gri-Gri International, il prépare tranquillement le deuxième. Compose des bios. Coache médiatiquement. Teste des jeux vidéos et des disques chez Rock'n Folk. Brasse l'air du temps dansTechnikart.

Cet été, je me suis tapé Virginie Despentes.

Le village, c'est Altea. Espagne.

Carte postale facile, où je me cache quelques jours avec ma femme et mon fils.

Piscine, ventilateurs coloniaux, chaînes câblées françaises, je vois Nice battre Galatasaray avec un but de Ben Arfaet je regarde jusqu'au bout. Je tombe sur Le Casse, deVerneuil, et je jubile. Olé !

Et lecture. Vernon Subutex 2. J'avais acheté et aimé le premier tome. J'ai donc acheté le second. Un ami m'a bien proposé de me balancer sur usb une version piratée nickel mais j'ai refusé. J'aime toucher un livre. Je m'étais alors dit: “Je la lirai loin du monde, la Despentes. Quand mon corps écrasé par la chaleur n'acceptera plus que de tourner des pages.”

La suite dans la vidéo ci-dessous

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 08:12
#Texte / Cet été, je me suis tapé Virginie Despentes / par Jérôme Reijasse (#7JoursLoinDuMonde)

Jérôme Reijasse n'est plus abonné au PSG. Il s'occupe de plus en plus de son fils Jules. Après le succès de son premier recueil de chroniques parues dans le Gri-Gri International, il prépare tranquillement le deuxième. Compose des bios. Coache médiatiquement. Teste des jeux vidéos et des disques chez Rock'n Folk. Brasse l'air du temps dans Technikart.

Cet été, je me suis tapé Virginie Despentes.

Le village, c'est Altea. Espagne.

Carte postale facile, où je me cache quelques jours avec ma femme et mon fils.

Piscine, ventilateurs coloniaux, chaînes câblées françaises, je vois Nice battre Galatasaray avec un but de Ben Arfa et je regarde jusqu'au bout. Je tombe sur Le Casse, de Verneuil, et je jubile. Olé !

Et lecture. Vernon Subutex 2. J'avais acheté et aimé le premier tome. J'ai donc acheté le second. Un ami m'a bien proposé de me balancer sur usb une version piratée nickel mais j'ai refusé. J'aime toucher un livre. Je m'étais alors dit: “Je la lirai loin du monde, la Despentes. Quand mon corps écrasé par la chaleur n'acceptera plus que de tourner des pages.”

J'ai donc lu et terminé le VD, encerclé de cigales volontaires, acouphène estival et un nettoyeur de piscine sympathique et argentin, qui, le jeudi après-midi, alors qu'il aspirait les aiguilles de pin au fond de l'eau, m'avoua que pour lui, le football, c'était fini, que l'argent avait tout détruit. Même Javier Pastore ? relancai-je. Il fait non de la tête. Diego ? On n'y touche pas, sourit-il, tranquillement.

Et je ne parle pas un mot d'espagnol.

Au début, Virginie rappelle sur quelques pages les principaux personnages et pitche leur passé, si jamais y'avait un con qui achèterait le 2 avant le 1. Elle a raison. Je suis le genre à oublier qui est qui très rapidement. Pas que chez elle. Globalement. C'est pour cela que Dostoïevski m'a fasciné. La valse des noms, des destins. Despentes ne veut perdre personne (elle n'est pas russe) mais elle parvient très rapidement à démontrer qu'elle sait observer les autres. Elle retient ce qu'il faut. Elle y est. Beaucoup plus que dans ses deux derniers romans, tombés de mes mains, destinés aux meufs, ses meilleures copines. Je n'étais pas le public. On est loin également de ce film dont j'ai même oublié le titre. Je mens mais le traumatisme est encore vivace. Virginie, pardonne-moi, je ne pouvais que te l'écrire. Mon courage ne baigne que dans l'encre. Ce film avec Dalle et Béart. Impossible. Je sais, tout a été une galère. Je sais, un film, ce sont des années de dur labeur, de doutes, frustrations, haines et bâillements dépressifs. Mais non, impossible. Bref. Là, VD frappe fort. J'avais adoré les toutes dernières pages du premier volume. Il y avait quelque chose de saisissant. Subutex, c'est quand même de la dépression, du constat lucide, pas froid, glaçant carrément. C'est moins “c'est horrible” que “c'est comme ça. Démerde-toi avec”. Jusqu'à ces ultimes phrases où ça décolle. Pas mystique hippie à la con qui pue du chakra. Quelque chose qui acceptait de s'élever. Qui regardait la mort droit dans les yeux et avec une fierté légitime.

VD n'est pas juste une presque vieille punk sérieuse et pas dupe, aux tripes et aux acides intègres, c'est aussi une reine mère qui sait quand et qui tuer, c'est une meuf qui a bossé, qui préfère désormais, aux barricades naïves et aux stickers posés à l'arrache sur un ampli des Ramones pendant un concert, creuser véritablement le coeur du truc. Nous. Elle. Tout ce bordel qui tourne, tourne et nous éjecte sans avoir balbutié ne serait-ce qu'un début de réponse. VD ne prêche plus comme avant et c'est salutaire. Subutex 2 pourrait être reçu comme un biopic communiste sur Jésus. Ce sont les catacombes, des poissons en tatouages, des barbus qui chuchotent un nouveau monde en priant que leur cul ne soit pas au goût des lions romains, les débuts d'une vie souterraine même si c'est aux Buttes-Chaumont, courageuse et abstraite, risquée et à la tristesse et au ridicule parfois flamboyants. Écriture beaucoup plus exigeante, tendue, sincère. Au départ, je trouvais qu'il y avait trop de personnages, certains références m'agaçaient, encore Eudeline, encore le rock alternatif, encore vagins vs queues, écrire toujours fafs plutôt que fascistes. Et puis, je plonge dedans. Comme dans un Sautet sous coke, Un monde sans pitié mais avec Internet, nos vies disséquées. C'est Soleil Vert à Paname. Despentes est tout: celle qui souffre et celle qui frappe, celle qui baise et celui qui ne peut plus, celui qui s'envole et celle qui s'écrase. Elle ne méprise aucun de ses héros. Elle ne les bâcle pas.

Il est toujours mieux d'être un écrivain qu'un rebelle. C'est ainsi que l'on change les gens. Le petit moustachu austro-hongrois n'aurait pas brûlé tous ces bouquins juste pour faire chier, tout de même ! Écrire (bien), c'est dire à l'autre : regarde, ce que tu ressens, je ne l'ignore pas, je connais.

À l'époque de Baise-moi, le livre, Benjamin, un ami riche, fou et trois fois marié et dont Virginie évoque d'ailleurs l'existence dans son volume 1, m'offre de la rencontrer (c'est aussi lui avec VD qui m'aidera à intégrer Rock&Folk. Du piston indiscutable et tout à fait agréable). Je sors un fanzine, je suis jeune, curieux (c'était bien !) et je pose des questions à Virginie dans un bureau du label où je travaille. Mes interrogations sont souvent naïves (débiles en langage réel). Ses réponses sont honnêtes, parfois maladroites. Je suis impressionné. Elle est habitée et dégage quelque chose d'assez fort. À la fin de l'entretien, elle me sort cette phrase. “Toi, t'es le genre de mec qu'on épouse. Pour faire des enfants.” Un truc du genre. Elle le dit comme elle le pense. Connasse ! Bien sûr, elle avait raison. Les femmes sont des prophètes qui cherchent juste leur désert. Nous nous sommes croisés plusieurs fois. Dans son appartement dans le Marais. Je lui ai offert le dvd de L'Armée des ombres. C'était son anniversaire. J'ai même chié dans ses toilettes (brosse, lavage de main, total gentleman, attention !).

J'aime bien Virginie. Je l'ai parfois maudite. J'ai maudit tout le monde de toute façon. Mon seul sport. Mon côté Churchill.

Je lui en ai (un peu) voulu de ne pas m'avoir dit ce qu'elle avait pensé de mon premier manuscrit, J'ai appris à lire dans une chambre à gaz, jamais publié, alors que j'avais tremblé en lui tendant cette centaine de photocopies, un soir de fin d'été, chez Greg, derrière la gare. Il y avait d'autres gens, je ne me rappelle plus qui exactement. Elle aurait dû m'allumer. Me dire que c'était de la merde. Ou paresseux. Ou sans talent. Quelque chose. Transmettre, aider, pousser ou annihiler. Elle a préféré le silence. Évidemment. Si ce livre avait été bon, il aurait existé. Même autoédité. Je n'ai jamais eu le courage de m'y remettre. VD n'y était pour rien.

Je ne sais pas pourquoi j'aime bien Virginie. Une bienveillance sereine, évidente, détachée. Elle fréquente certaines personnes que je ne fréquenterai pour rien au monde. Ou alors avec un coussin péteur et un M16. Ses amitiés ont pourtant l'air solide, importantes, maîtrisées. Ont l'air. Je n'en sais rien. Elle a publié un livre franchement formidable sur les gorilles. Ou était-ce une biographie lesbo-ethnico-nihilisto-romantico de Diane Fossey ? Je plaisante. King Kong theory était un livre costaud, burné, qui montait au front sans rechigner. Classe. Elle me l'avait dédicacé ainsi : “Je sais, je sais, ça ne se passe même pas en 1942 mais bon... Joyeux Automne ”. Parfait.

Le stylo de Despentes, enfin, le ou les doigts de Despentes (moi, c'est un) visent parfois tellement juste qu'on comprend que derrière les imageries débiles véhiculées par Pigasse, ses Inrocks, beaucoup d'autres, en gros, la militante punk avec un cocktail molotov planqué dans le dos, l'Amazone de la zone, la louve dans la librairie, il y a désormais un écrivain qui ne rougira pas à chaque coup d'oeil dans le rétro. Combien sont-ils à pouvoir en dire autant aujourd'hui ? Un écrivain qui monte, qui monte : là, dans les ventes, tant mieux, gave-toi, profite, mérité, encaisse ! Et aussi et surtout dans le style. Elle est parvenue à transformer ses gimmicks en petits tunnels creusés jusqu'au centre d'émotions indiscutables. Elle commence et elle termine et ne néglige pas l'importance du chemin. On dirait d'une drogue qu'elle a été remplacée. Virginie enlace en serrant ses poings, elle n'ignore toujours pas que la violence est notre oxygène mais elle regarde et se glisse dans toutes les peaux et c'est juste. Elle fait souvent mal, même quand elle se moque encore, même quand elle sait que c'est bien la gangrène et qu'elle a besoin de rester encore un peu pour sentir cette odeur si particulière, quand la maladie souffle son ultime diagnostic. Ce feuilleton, cette mini saga, ce double roman populaire, précis, surprenant, touchant et cruel, est un roman de la France qui n'a jamais été appelée pour répondre à un sondage. Aujourd'hui, quand Despentes cite le chanteur des Vierges, il n'y a plus besoin de connaître. Cela se situe à un autre niveau. Les initiés et les fans d'avant peuvent souffler : Despentes écrit maintenant aussi pour tous les autres. Elle est sortie du squatt.

Je me suis tapé Virginie Despentes cet été.

Et Vernon Subutex, avec ses santiags rouges et sa cohorte d'âmes perdues, mériterait son Retour du Jedi.

JEROME REIJASSE

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 11:49
#BiensMalAcquis / Démagogie de Bongo Ali

Bilan de six ans de pouvoir très flatteur, legs à l’Etat gabonais de la totalité de sa part de l’héritage qu’il devra recevoir de son père Omar Bongo Ondimba, dons des propriétés familiales situées en France et au Gabon à l’Etat Gabonais… Le chef de l’Etat du Gabon a marqué les esprits. Malheureusement dans le sens de la démagogie.

Omar Bongo Ondimba a eu son moment de vérité en 2007. Il avait reconnu que « Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire(…) ».
Ali Bongo Ondimba a voulu dépasser son père en « restituant au peuple gabonais» une partie des biens volés par son père. A la différence qu’Omar Bongo Ondimba, en 2009, était sincère lorsqu’il avait prononcé son discours testament. L’actuel chef de l’Etat est resté fidèle à sa ligne de conduite qui semble coulée dans le mensonge. Car tout ce qu’il a annoncé, le 17 août 2015, au soir n’était que des contrevérités, voire de nouvelles promesses qu’il rangera aussitôt dans son armoire à « maquettes ». Il est cerné de partout, aussi bien à l’intérieur de son propre parti, le PDG, qui ne veut plus de sa gouvernance, qu’à l’extérieur par le reste du peuple gabonais. Acculé par la justice française qui se rapproche de lui au travers de plusieurs procédures, dont la plus récente contre son directeur de cabinet, Maixent Accrombessi, son nkani, Ali Bongo Ondimba a voulu faire diversion pour essayer de faire oublier ses malheurs le temps d’une fête de l’indépendance. Avec un aplomb sans pareil, malgré les évidences, le chef de l’Etat du Gabon s’est attribué un bilan des plus flatteurs, après six années de pouvoir. Ainsi, les Gabonais apprennent que des centaines de milliers d’emplois ont été créés par l’économie du Gabon sur cette période. A ce demander pourquoi dans un tel contexte, cette embellie ne se ressent pas sur le vécu de ces populations, car le taux chômage officiel frôle toujours les 30% de la population active. Sur la même lancée, l’homme a indiqué avoir construit plusieurs infrastructures dont notamment 1 400 km de routes bitumées. Chacun, en cette période de grande saison sèche propice aux migrations vers l’intérieur du Gabon, pourra juger de la réalité de cette annonce. A ce sujet, en juillet et août 2015, dans deux numéros horssérie - le dernier est encore en vente dans vos kiosques à journaux-, votre journal avait abordé cette question sans complaisance. Le constat fait sur le terrain dément totalement les affirmations d’Ali Bongo Ondimba làdessus. Il faut dire que le chef de l’Etat a voulu lancer une opération de séduction en direction du peuple gabonais, en annonçant solennellement qu’il renonçait à sa part d’héritage au profit d’une fondation dédiée à la jeunesse. Tout comme, en accord avec toute sa famille, « il a décidé » de donner à l’Etat la propriété familiale du quartier Charbonnages de Libreville et deux hôtels particuliers situés à Paris. Un vrai gag qui ne résistera pas longtemps à la réalité.

En tant que légataire universelle de la succession Omar Bongo Ondimba, Ali Bongo Ondimba doit s’attendre à recevoir près de 190 milliards de FCFA d’héritage, à en croire les conclusions de Me Rolongoué, la première notaire qui s’est occupé de cette succession. Sauf que pour l’heure, ce dossier fait l’objet d’une procédure judiciaire engagée en France par l’un des héritiers. A moins d’être devin, le chef de l’Etat ne peut pas, pour l’heure, savoir l’issue de cette procédure. Ni la durée que va prendre cette bataille judiciaire. En toute logique, il aurait dû attendre de recevoir sa part d’héritage, avant de la léguer à l’Etat Gabonais. En agissant comme il le fait, Ali Bongo met la charrue avant les bœufs. Quant au legs de deux hôtels particuliers de Paris, le chef de l’Etat n’ignore pas que ces biens, ainsi que plusieurs autres résidences huppées que sa famille possède en Côte d’Azur, font l’objet d’une procédure judiciaire en France. Dans le cadre de l’affaire dite « des biens mal acquis». Ce sont des immeubles qui sont cités dans ce dossier judiciaire comme éléments de preuve. A ce titre, ils ne peuvent pas changer d’affectation avant la fin de cette procédure judiciaire. Venir annoncer dans ce contexte que sa famille et lui-même ont décidé d’en faire don à l’Etat Gabonais est sans aucun doute une insulte à l’endroit du peuple gabonais. Sauf à croire que, par ce jeu de passe-passe, l’action judiciaire sera stoppée en France. Il va en déchanter et réviser ses cours de droit pénal pour s’en convaincre. Ali Bongo Ondimba était attendu sur un tout autre plan, qui engage l’avenir immédiat du pays, à savoir le dialogue politique inclusif. Il est resté muet sur cette question cruciale, renvoyant les acteurs politiques au très inutile Conseil national de la démocratie (CND). Il a préféré vendre des mensonges et léguer à l’Etat Gabonais une fortune qu’il ne possède pas encore ou qui est mise sous séquestre de la justice française. C’est sans aucun doute ce comportement autiste qui va accélérer sa chute.

TEXTE - ARTHUR PAGE

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