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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 21:49
Marion Suge Knight en compagnie de 2Pac
Marion Suge Knight en compagnie de 2Pac

SOURCE


Le fondateur du label Death Row Records, âgé de 49 ans, a été arrêté à 3 heures du matin (11H00 GMT) et des inspecteurs de la police criminelle l'ont arrêté pour meurtre, a indiqué à l'AFP le sergent Diane Hecht de la police de Los Angeles.

Il a été placé en détention au bureau du shérif du comté de West Hollywood avec une caution de 2 millions de dollars pour sa libération, a-t-elle précisé.

Selon elle, il s'est rendu de lui-même au bureau du shérif où il a été interrogé au sujet d'incidents qui se sont produits jeudi.

Death Row Records a régné sur le monde du rap en produisant des artistes comme Dr. Dre, Tupac Shakur ou Snoop Dogg, jusqu'à l'incarcération de Suge Knight en 1996.

A leur arrivée sur les lieux de l'accident de jeudi, les inspecteurs de la police criminelle ont appris que deux personnes se tenaient sur un parking derrière des commerces lorsqu'un pick-up rouge s'est approché, selon un communiqué de la police. Le conducteur du pick-up a eu un accrochage verbal avec ces personnes, qui a dégénéré et le conducteur a fait marche arrière, touchant l'une des victimes.

Il a ensuite avancé, touchant les deux victimes avant de quitter les lieux dans son véhicule décrit comme un Ford F-150 Raptor, a poursuivi la police, précisant que plusieurs témoins avaient identifié Marion Suge Knight comme étant le conducteur et qu'il possède un véhicule similaire.

La police de Los Angeles avait auparavant qualifié Suge Knight de témoin dans le cadre d'un accident mortel à Compton suivi d'un délit de fuite survenu jeudi peu avant 15H00 (23H00 GMT).

Elle indiquait alors qu'un homme avait été déclaré mort à son arrivée à l'hôpital tandis que l'état du second, hospitalisé pour soigner ses blessures, était inconnu.

James Blatt, l'avocat du producteur, avait indiqué dans la nuit de jeudi à vendredi que son client avait renversé deux piétons alors qu'il tentait de s'éloigner d'une rixe sur un lieu de tournage.

L'avocat a précisé au Los Angeles Times que son client avait été agressé par un groupe d'hommes qui le menaçaient de mort tandis qu'il était dans son véhicule, et qu'il avait accidentellement renversé les victimes en essayant de s'échapper craignant pour sa vie.

Un peu plus tard, selon le journal, l'avocat a indiqué que la victime était un ami proche du producteur qui essayait de mettre fin à la dispute.

Selon le site d'informations sur les célébrités TMZ, Suge Knight tournait en compagnie notamment des rappeurs Ice Cube et Dr. Dre.

Le capitaine John Corina, du bureau du shérif, a expliqué au Los Angeles Times que la dispute avait commencé sur le plateau du tournage Straight outta Compton, un documentaire consacré au groupe précurseur du rap NWA.

Suge Knight aurait, selon le capitaine, quitté le plateau et aurait suivi les deux victimes dans son véhicule jusqu'à un fast-food, sur le parking duquel l'incident s'est produit.

Depuis son incarcération en 1996, Suge Knight a eu de constants démêlés avec la justice pour différents motifs, notamment pour drogue, cambriolage et agressions.

Fin août 2014, il a reçu six balles dans une boîte de nuit lors d'une soirée organisée par Chris Brown en amont des MTV Video Music Awards et avait dû être hospitalisé.

En novembre, il avait plaidé non coupable d'avoir volé avec le comédien Micah Katt Williams l'appareil photo d'une photographe de célébrités le 5 septembre à Beverly Hills.

Placé en détention avec une caution de 500.000 dollars pour sa libération, il risque toujours dans cette affaire jusqu'à 30 ans de prison en raison d'une condamnation préalable pour agression avec une arme.


(©AFP / 30 janvier 2015 19h47)

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 11:34
#LibertédExpression / Qui défendra le dirlo de ce journal marocain ? (#CharlieHebdo)

SOURCE

Le président français figure en première page de l'hebdomadaire Al Watan Al An, affublé d'une moustache et d'une croix gammée. Le directeur de la publication «assume» et parle de «sonnette d'alarme».

Avec cette couverture, l'hebdomadaire entend dénoncer l'attitude de la France vis-à-vis des citoyens musulmans. «Le gouvernement français n'assure pas la sécurité des citoyens musulmans en France», assure Abderrahim Ariri, directeur de la publication, interrogé par Tel Quel, affirmant que «plusieurs lieux de culte musulmans sont attaqués quotidiennement sans que cela n'alerte les autorités françaises». Le patron de l'hebdomadaire considère par ailleurs que «la gauche comme la droite française sont partis dans une compétition qui va causer le plus de tort à la communauté musulmane après ces attentats», en référence aux attaques à Charlie Hebdo et celles de Montrouge et de l'Hyper Cacher de Vincennes les 7, 8 et 9 janvier.

Sa critique est alimentée par la hausse d'actes anti-musulmans en France depuis les attentats. Le 19 janvier, l'Observatoire contre l'islamophobie en dénombrait 116 depuis le premier attentat, soit une augmentation de plus de 110% sur la totalité du mois de janvier 2014.

Passible de poursuites

L'hebdomadaire Al Watan Al An n'est pas un média de référence au Maroc. «Son tirage et son impact restent limités par rapport aux autres», explique Abderrahim Ariri à Francetvinfo. Auparavant journal régional de Casablanca, il est devenu en hebdomadaire en 2006. «Il n'hésite pas à prendre position, mais il n'est pas habitué des unes à scandale», indique le directeur de la publication au site d'actualité, qui «assume» néanmoins cette couverture. «C'est une sonnette d'alarme pour la classe politique, au Maroc et en France», assure-t-il au site d'actualité, évoquant «beaucoup de témoignages» indiquant une hausse de l'islamophobie en France.

Assumée ou pas, cette couverture pourrait entraîner des poursuites. Tel Quel évoque ainsi l'article 52 du Code de la presse marocain, selon lequel «l'offense commise publiquement envers la personne des chefs d'État et leur dignité (...) sera punie d'un emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 10 000 à 100 000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement». Ce choix éditorial ne devrait pas non plus aider à l'amélioration des relations franco-marocaines, dont les tensions régulières se sont encore accentuées ces derniers jours avec l'annulation d'une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays.

PS : la titraille est de la rédaction

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 07:00
Bientôt une Cour Pénale Africaine ? / Zokou Séri réagit au Sommet de l'UA (#Africa24)

Intervention du juriste ivoirien Zokou Séri, durant le JT d'Africa 24 du 29/01/2015

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 14:56
#Montréal / Il est toujours urgent d'assister à une Causerie sur Césaire (& Glissant)

Causerie

Aimé Césaire et Édouard Glissant

Avec Lise Gauvin, Pierre Nepveu et Rodney Saint-Éloi

Jeudi 5 février 2015, 19h30

Librairie Paulines

(2653, rue Masson, Montréal)

La causerie sera ponctuée de lectures de textes avec Franz Benjamin, Jasmuel, Yara El-Ghadban…

Venez nous visiter : nos bureaux sont ouverts du lundi au vendredi, de 9h à 17h

il suffit de téléphoner (514 989-1491) avant de passer (1260, rue Bélanger, bureau 201, Montréal).

Vous trouverez les livres que vous avez toujours rêvé de lire...

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 20:00
#CPI / Dommage que Gbagbo n'ait pas connu ce Me Altit-là

Ce jour, dans un espace emmaüssien voué aux meubles pas chers mais où on trouve aussi des livres, entre les mémoires mitterrandiennes de Roland Dumas - très jolies pages sur Jacques Vergès - deux Dashiell Hammett et un A.D.G., déniché Dans les geôles de Kadhafi, d'Emmanuel Altit. L'avocat de Gbagbo à La Haye, devant la Cour pénale internationale pour les Africains seulement. 4 euros pour le tout. J'achète.

En rentrant, je pelote un peu le Dumas, jusqu'à tomber sur les pages consacrées à Vergès. Pour le moins différentes de celles du livre soi-disant "co-écrit" par Gbagbo et validé par un Altit visiblement désireux de tuer jusque dans le cercueil de Vergès la possibilité d'une Défense moins connivente que la sienne (si efficace, on l'a vu).

Feuillette mes Hammett.

Lis le début d'A.D.G.

La seule quatrième de couverture que je lis, allez savoir pourquoi, c'est celle d'Altit.

"De Sofia à Tripoli, de Londres à Paris en passant par New York, Emmanuel Altit dévoile les coulisses de l'affaire, les enjeux cachés, les négociations secrètes. Il explique sa stratégie gagnante : transformer l'affaire en une question politique internationale, mobiliser les consciences du monde entier, réveiller les opinions publiques et se servir des médias pour peser sur les politiques."

Il y a donc eu une période où Me Altit trouvait judicieux d'écrire un livre dans le cadre de la défense d'un client de dimension internationale...
Il y a donc eu une période où Altit écrivait lui-même, sans avoir besoin d'un vrai-faux livre faussement co-écrit par Gbagbo (et dont l'impact sur les médias internationaux aura, comme prévu, été nul).

Il y a donc eu une période où Me Altit trouvait indispensable de :

1) transformer une affaire en question politique internationale.

2) mobiliser les consciences du monde entier

3) réveiller les opinions publiques

4) se servir des médias

Quel dommage que le Président Gbagbo n'ait pas connu ce Me Altit-là.

Le sien est vissé à La Haye. Pas foutu d'aller même seulement à Abidjan informer, juste informer, les Ivoiriens de ce qui se joue à la CPI. Manifestement incapable aujourd'hui de "mobiliser les consciences, réveiller les opinions publiques et se servir des médias"...

Pas grave, les groupies de Gbagbo répètent jusqu'à s'en étourdir que le meilleur avocat de Gbagbo, c'est...Gbagbo.

Grégory Protche

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 11:00
Cynthia Akuetteh, nouvel ambassadeur US au gabon
Cynthia Akuetteh, nouvel ambassadeur US au gabon

La réponse du mouvement "Les Souverainistes" au communiqué de Mme l’Ambassadeur des États-Unis d'Amérique en République gabonaise

Le mouvement "Les Souverainistes" prend note de la déclaration du nouvel Ambassadeur des États-Unis d'Amérique au Gabon, Mme Cynthia Akuetteh, à travers laquelle elle donne l'appréciation de son gouvernement sur la situation politique dans notre pays, tout en faisant référence aux valeurs et intérêts communs à nos deux nations. "Les Souverainistes" pensent effectivement que nos deux peuples ont en partage les principes et valeurs qui fondent toute république, à savoir le respect des règles démocratiques, l’attachement aux droits et libertés fondamentaux, la promotion de la bonne gouvernance, etc.

C'est au nom de ces valeurs et principes partagés que "Les Souverainistes", comme la majorité des Gabonais, ont refusé l'arrivée au pouvoir, contre l'ordre constitutionnel, législatif et règlementaire, de M. Ali Bongo Ondimba. Le scandale du faux acte de naissance de l’intéressé, qui défraie à nouveau l'actualité, a été dénoncé en vain en 2009 devant une Cour constitutionnelle dirigée de manière partisane par la mère de ses demi-frères. L'irruption d'hommes en armes interrompant la plénière de la Commission électorale pour permettre au Ministre de l'Intérieur de proclamer des résultats inconnus de cette institution habilitée qui n'avait pas encore achevé ses travaux et le refus de la confrontation des procès verbaux remis aux représentants des candidats dans les bureaux de vote avec ceux en possession de la Cour constitutionnelle sont, entre autres, autant de faits qui attestent de l'illégalité et de l'illégitimité de M. Ali Bongo Ondimba à la tête de notre pays.

A ce propos, "Les Souverainistes" invitent Mme Cynthia Akuetteh à lire le télégramme de l’ambassadeur des Etats-Unis en France, enregistré sous le numéro 1473 et daté de novembre 2009.Dans ce câble, M. Charles Rivkin informait Mme la Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, que lors de l’élection présidentielle anticipée d’août 2009, M. Ali Bongo Ondimba avait « inversé le décompte des voix et s’était déclaré président du Gabon ». Ancien ministre de la Défense, il succédait ainsi à son père, Omar Bongo Ondimba, qui avait dirigé le Gabon pendant 42 ans, jusqu’à sa mort, en juin 2009.

Au Gabon, comme dans tout Etat de droit, le fait accompli ne constitue pas un droit. La question de l'acte de naissance de M. Ali Bongo Ondimba tient son importance dans ce que l'intéressé devait prouver qu'au moment de sa naissance il était gabonais, pour respecter les dispositions de l'article 10 de la Constitution gabonaise. C'est une exigence fondamentale qui s'impose à tous les citoyens. Il y a quelques jours, le porte-parole de la présidence de la République et M. Ali Bongo Ondimba lui-même ont reconnu que l'acte de naissance de M. Ali Bongo Ondimba n’est ni plus ni moins qu'un faux. Or, le citoyen Ali Bongo Ondimba ne saurait être au-dessus de la loi.

"Les Souverainistes" ont noté que le Président américain, Barak Obama, au cours de l'année 2011, a dû exhiber son certificat de naissance pour prouver qu'il était bien né sur le sol américain et qu'ainsi, il avait respecté la disposition constitutionnelle qui veut que seuls les citoyens américains nés sur le territoire américain peuvent prétendre à la présidence des États-Unis d'Amérique. S'il n'avait été en mesure de faire la preuve de sa naissance sur le sol américain, M. Barak Obama aurait été purement et simplement obligé de quitter aussitôt ses fonctions après plus de deux ans d'exercice effectif du pouvoir. Telle est la force de la Constitution, telle est la force de la loi, qui ont vu en son temps le Président Nixon quitter le pouvoir pour avoir menti.

Demander le respect de la loi n'est pas faire violence."Les Souverainistes" ne pensent pas que la violence soit du côté de ceux qui, à chaque fois, comptent et enterrent leurs morts. En effet, à l'occasion de manifestations pacifiques, des compatriotes trouvent la mort du fait des forces de défense et de sécurité. Le dernier cas est celui de l’étudiant Bruno Mboulou Beka, assassiné le 20 décembre 2014. Tout comme dans la semaine du 03 septembre 2009, face au refus du peuple gabonais d'accepter le coup d’Etat électoral qui a porté M. Ali Bongo Ondimba au pouvoir, une répression sauvage et violente s'est abattue contre des manifestants sans armes, causant un bilan de plusieurs dizaines de morts à Port-Gentil. Les Gabonais ont attendu en vain que les amis du Gabon s'en indignent et condamnent tout en soulignant l'impérieuse nécessité de respecter les règles démocratiques, seules gages de paix, de stabilité et de prospérité réelles. La violence, ce sont aussi les entraves à la liberté constitutionnelle d'aller et venir, les arrestations arbitraires, les écoutes téléphoniques illégales, les rétentions illégales de salaires de fonctionnaires proches de l'Opposition, les crimes à caractères fétichistes dits « crimes rituels » couverts par un pouvoir complice, les violations de la liberté de la presse et autres exactions dont le régime de M. Ali Bongo Ondimba est coutumier.

La violence, c'est également la corruption, toutes formes de prédation des ressources de l'Etat, quand dans le même temps, des Gabonais meurent parce qu'ils ne peuvent pas se soigner normalement, souffrent de ne pouvoir se loger décemment, peinent à se déplacer convenablement pour rejoindre leurs lieux de travail ... C'est également les dons douteux de plusieurs milliards de francs Cfa, à l'exemple de celui accordé à l'Université de l'Orégon, alors nos universités sont constamment en grève par manque de moyens. L'Opposition gabonaise se bat depuis toujours par des voies démocratiques face à un régime violent qui ne respecte pas l'Etat de droit, mais s'évertue plutôt à violer la loi ou à renforcer les lois liberticides qui lui permettent de s'éterniser au pouvoir. Or, comme l’a déclaré M. Barak Obama : « Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la règle de brutalité et au gangstérisme. Cela n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, y compris même si vous y mettez une élection. ». Cette phrase, extraite de son discours d’Accra (11/07/09), est encore présente dans nos esprits, et pourtant, il y a comme une dissonance entre ces propos pleins d’espérance et l’invitation de Mme Akuetteh à aller à la prochaine mascarade électorale dont les résultats sont courus d’avance.

Dans tous les cas, de la déclaration de l'Ambassadeur des États-Unis d'Amérique, "Les Souverainistes" retiennent essentiellement que le Gabon est en crise. En revanche, pour la partie de son exposé qui indexe l'Opposition gabonaise, nous refusons de croire que cette prise de position soit un des nombreux avatars de la collusion maintes fois dénoncée entre son prédécesseur, l'Ambassadeur Benjaminson, et M. Ali Bongo Ondimba.

Pour ce qui les concerne, "Les Souverainistes" sont plus que jamais persuadés qu’il y a urgence à organiser un vrai dialogue politique. Certes, M. Ali Bongo Ondimba en est totalement disqualifié, du fait de ses forfaitures, mais tous les compatriotes, qu’ils soient du PDG, de l’Opposition ou de la Société civile devraient pouvoir discuter ensemble de l’avenir du Gabon. C'est pourquoi "Les Souverainistes" ne cessent d'appeler à la tenue sans délai d’une conférence nationale souveraine, afin que les conclusions de cette concertation, qu'ils souhaitent apaisée, inclusive et constructive, s'imposent à l'ensemble des composantes de la société gabonaise. Toutes les concertations politiques organisées par M. Ali Bongo Ondimba depuis 2009 n'ont eu aucun effet constructif sur la société gabonaise. Bien au contraire, elles n'ont été que des opérations de communication politique à son bénéfice et à celui de quelques alliés de circonstance. Par exemple, la concertation sur la biométrie, qui aurait dû permettre la fiabilisation du fichier électoral, aura coûté plus de 40 milliards de francs Cfa au contribuable, tout en laissant entier le problème qu'elle était censée régler.

Pour conclure, "Les Souverainistes" affirment que le peuple gabonais saura toujours manifester son amitié et sa reconnaissance à tous ceux de ses amis qui l'accompagneront avec sincérité sur la voie de la démocratie, des droits de l'Homme, de la bonne gouvernance et du développement qu'il s'est résolument choisie.


Libreville, le 15 janvier 2015

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 07:34
Causerie sur une charogne / Philippe Tesson


Lecture commentée de la fiche wikipédia du fâcheux Philippe Tesson.

Camarade de classe de Pierre Mauroy - qu'avec tendresse Jean-Edern Hallier appelait Rougeaud de Lille -, Philippe Tesson est un homme du Nord qui parle et pense comme un rapatrié niçois.

Philippe Tesson a eu pour metteur de pied à l'étrier l'oncle d'Isabelle Balkany - Henri Smadja -, de qui il tient certainement cette mentalité méditerranéenne qui consiste à "connaître" les Arabes. Et c'est vrai qu'il y a parfois du Robert Castel chez Philippe Tesson.

Philippe Tesson attend que l'oncle tunisien d'Isabelle Balkany lui ait confié les rênes du journal camusien Combat, pour publier en 1965 SON livre : De Gaulle 1er, la révolution manquée. Ensuite, comme Nicolas Beau, Philippe Tesson a plutôt co-écrit, co-signé, dirigé.

(A notre avis, si vous souhaitez aborder Philippe Tesson dans des perspectives professionnelles, en vue d'un coup de pouce ou d'une recommandation, dénichez ce livre-là et lorsque vous le rencontrerez, faites-le lui signer d'entrée, vaniteux comme il a l'air, il sera ravi).

Dieu sait pourquoi, depuis qu'en 1988 j'ai lu La mort de Louis-Ferdinand Céline, Immédiatement, La France de Jean Yanne, Contre Servan-Schreiber, Le cinquième empire, et tout le reste, je vois en Philippe Tesson un Dominique de Roux du pauvre.

Pire : un Dominique de Roux bourgeois.

Dominique de Roux, dont le biographe Jean-Luc Barré rapporte que :
"Non moins indigné que Genet par le sort infligé aux Palestiniens "condamnés depuis vingt ans à vivre en exil, entassés comme au temps de la peste", il se déclare tout aussi solidaire de leur cause lorsqu'en septembre 1970, en réaction aux prises d'otages effectués par les activistes de l'OLP à bord d'avions détournés sur l'aéroport d'Amman, le roi Hussein de Jordanie ordonne le bombardement des camps de réfugiés palestiniens implantés sur son territoire. Dominique de Roux condamne immédiatement l'opération en des termes si implacables que Philippe Tesson refusera de le publier dans Combat :
"Amman ! L'ordre règne. Imaginez la morgue, Madrid 1937. La lopette de service, débile mental fils de débile mental, l'agent double de l'impérialisme, Hussein et ses meutes bédouines articulées par Israël et l'Amérique ont massacré les Palestiniens... Ces Palestiniens d'engeance divine eux aussi et autant citoyens de la ville de Jérusalem que les Romains l'étaient de la ville de Rome.
Le massacre des pauvres par les riches s'est accompli... Le monde est resté immobile ou bien consultant les Lloyd's quant à leurs avions entassés en un seul jour... Amman, donc, on nettoie, on fixe une dynastie de gorilles, on va organiser le désert. Mais si les choses s'éclairent, l'enfant perdu de Jérusalem, l'innocent de l'Histoire, saura sous le manteau devancer l'heure du règlement de co
mpte."

C'est pas d'aujourd'hui le panarabisme de Philippe Tesson.

On dit Philippe Tesson cultivé comme on disait François Mitterrand lettré. Alors que le père de Mazarine adorait les chichis de Chardonne et que celui de Sylvain est décidément trop bête ou trop pleutre pour s'apercevoir que Dieudonné est plus proche de Molière que de Gad Elmaleh ou Jamel Debbouze.

Je payerais cher pour entendre ce causeur poseur comme une vieille tante nous donner un point de vue théâtral sérieux sur la si savante science scénographique m'bala m'balienne. Lui qui traite l'humoriste breton d'animal abominable et voue l'auteur camerounais au peloton d'exécution. (Philippe Tesson étant plus Pierre Delanoë que Pierre Boutang - qui lui était contre la peine de mort sous prétexte qu'"on ne sait pas où on les envoie".)

Philippe Tesson n'est même pas un facho élégant, suicidaire et méprisant l'argent. Il n'est que de droite. Assez vulgairement.

Philippe Sollers et Philippe Tesson. Fourberies de ces tapins rescapés de tout aux vieux jours qui n'en finissent pas.

Philippe Tesson fut patron de presse cumulard et népotique comme le Béchir Ben Yahmed de l'impayable mais très achetable Jeune Afrique, à qui il ressemble tant - diriger le Quotidien de Paris pendant que sa tendre et chère veille sur celui du Médecin, celui du Pharmacien.

Philippe Tesson, père de.

Dans l'adaptation du roman de Simenon Le Président par Verneuil et Audiard, pendant que Gabin égrène les noms et qualités des députés véreux, un directeur de journal se cure les dents de bonheur, puis sort appeler sa rédaction et ordonne de titrer à la gloire des adversaires de...Gabin. "On est gouvernemental ou on ne l'est pas !" Pour moi, Tesson, c'est exactement ça. Quoi qu'il pense sincèrement, il finit toujours par cracher et se coucher là où on lui a dit.

Je crois que je préfère (vraiment) Jean Montaldo à Philippe Tesson.

Quand on songe que le martial et imposant russophile Léon Zitrone était en fait la serpillère de l'ORTF, on se demande quel aura été l'exact destin, d'une émission l'autre, en radio et en télé, d'un Philippe Tesson.

Cette manie d'assigner les Français d'origine maghrébine à la condition communautaire de musulmans pour leur reprocher ensuite de nous étouffer avec leur islam.

Les mauvais auteurs donnant souvent de beaux parleurs, avec son acolyte Nerson, en critique théâtral à l'enthousiasme intempestif et aux colères cabotinées, dans Rive droite Rive gauche, il tenait un truc - dirait Jean-Claude Convenant. Qu'il ne lâchera pas de 1997 à 2004. Date à laquelle, selon nous, Philippe Tesson aurait du s'éteindre comme une télé.

G.P.

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 11:08
L'essor économique de l'Afrique vu par Le Monde, Slate, Le Point / Christian d'Alayer (#ConDeBlanc)

Figurez-vous que le journal français Le Monde vient de créer un journal en ligne sur l'Afrique : Le Monde Afrique. Et, pour lancer son bébé, le quotidien dit "de référence" a publié un hors série intitulé "l'Afrique s'envole".

C'est bien, direz-vous. Voilà enfin un media français qui reconnaît que l'Afrique n'est pas ou plus cet enfant éthiopien au gros ventres et jambes ultra maigres, entouré de mouches et criant à ses parents assassinés par je ne sais quel chef de guerre : "j'ai faim" ! C'est d'autant mieux pourrez vous ajouter que Le Monde-Afrique n'est pas le premier media français à faire cela : l'hebdomadaire Le Point a fait la même chose deux mois plus tôt en lançant, toujours en ligne, Le Point-Afrique. Et avant cela, des anciens du Monde avaient eux-mêmes créé un machin-en-ligne-sur-l'Afrique en association avec un autre bidule en ligne américain, Slate Magazine. Et avant cela... Rassurez-vous tout de même, si ça s'accélère sacrément depuis quelques mois, ça partait de tellement bas que la liste tient sur les doigts d'une seule main !

C'est que tous ces gus qui veulent visiblement se faire du fric avec la pub qu'ils imaginent tous s'envoler allégrement à l'attention des millions et millions et dizaines et centaines de millions de consommateurs africains ont tout de même pas mal de choses à se faire pardonner. A commencer par le plus faux cul d'entre eux, j'ai nommé Le Monde : figurez-vous que ce quotidien eut le culot de nommer à la tête de son service Afrique puis comme adjoint au patron de l'international un dénommé Stephen Smith, Américain francophone et raciste. Le mec - qui voyageait certes souvent sur le continent mais ne voyait que des présidents et des ministres - écrivit de nombreux ouvrages sur vous dont au moins un devrait retenir votre attention courroucée : Négrologie que ça se nommait. Dans ce torchon, l'auteur attentionné vous comparait quasiment à des singes, expliquant que l'Occident vous avait couvert de fric et que vous n'avez rien su en faire. Il alla plus loin en écrivant crûment que si le Tchad avait été peuplé d'Israéliens, il serait devenu l'égal d'un pays développé. Ce bouquin reçut plusieurs prix littéraires français et des critiques fort élogieuses. Tandis que mon propre livre, Un crime médiatique contre l'Afrique - Les Africains sont-ils tous nuls ?, fut roulé dans la boue quand pas carrément passé sous silence parce que j'osais écrire que les journaleux occidentaux racontaient conneries sur conneries à votre égard et que le troisième millénaire serait africain.

C'était fin 2004, il y a tout juste 10 petites années...

Je n'ai pas fini de rhabiller Le Monde pour l'hiver : dans les années 1980, ce canard avait un commercial sur l'Afrique qui fut un temps le mieux payé de sa boîte (payé au pourcentage). Le Monde gagnait donc un fric fou sur votre dos tout en y cassant allégrement du sucre ! Et bien le type fut remercié, le média français "de référence" jugeant sans doute que vous ne valiez même pas un vendeur de pub. spécialisé... Et c'est cette merde qui vient aujourd'hui vous demander de lire sa prose en ligne sur vous pour que les annonceurs viennent y dépenser leurs sous. Le boycott étant interdit en France (les élites se méfient des "administrés") je ne peux officiellement vous encourager à le pratiquer à l'égard de ce média plus qu'hypocrite. Mais je puis vous conseiller de lire plutôt la presse africaine en ligne ainsi que la presse papier panafricaine réalisée par des Africains...

Car les autres ne sont pas mieux. Slate Afrique par exemple est une création de Jean Marie Colombani, ex-directeur du Monde à l'époque où y sévissait S.S. (Stephen Smith). Le même Colombani hyper libéral qui fut viré pour avoir perdu plus de la moitié des lecteurs en quelques années. Acoquiné aujourd'hui avec des Américains, c'est sûr qu'il ne va pas cracher ni sur le FMI, ni sur la Banque Mondiale !

Et que dire du Point !? Tellement conservateur qu'il a sans doute dû recruter des gamins pour écrire sur l'Afrique sans se boucher le nez ! Pfft, "même ma concierge a une voiture !" C'est du même acabit, le truc de la concierge c'est ce que ma grand-mère disait quand fut inauguré le premier exemplaire de la 4CV Renault. Alors, des macaques qui se mettent à faire des affaires, vous pensez ! Ils sont d'ailleurs tellement confis, les mecs, qu'ils repartent sur l'Afrique comme non pas en 40 mais en 70 : sus aux Etats et aux présidents et ministres. Ils n'ont pas compris que l'envol de l'Afrique n'avait rien à voir avec ses Etats, consciencieusement détruits par les FMI-Banque Mondiale-Clubs de Paris et Londres au cours des dernières décennies du 2e millénaire. Remarquez qu'ils commettent la même erreur chez eux, les journaleux : ils ne s'intéressent qu'aux apparences du pouvoir, qu'à ses "pompes"...

Aucun n'a compris que les Etats africains n'ont plus de pouvoir et plus d'argent à foison. Nos hypocrites se retrouvent donc avec des impayés pas possibles et je suis certain qu'ils ne comprennent toujours pas comment vous pouvez décoller avec de tels Etats ! Tenez, dans le supplément du Monde sur l'Afrique qui s'envole, ils ont quand même fait un papier sur Lagos. Dans lequel ils notent que la ville est bourrée de nouveaux riches et que signer des contrats est le sport favori des habitants de la mégalopole. Tout cela avec des pannes d'électricité constantes. Ont-ils pour autant compris comment ça fonctionnait ? Juste une phrase dans laquelle, en résumé, l'auteur note que l'un des critères de richesse du pays est la taille du...générateur personnel. Autrement dit, la municipalité n'a plus que les réverbères à gérer, CQFD ! D'autant que, rapporte toujours l'auteur sans faire les liaisons nécessaires, l'essence est subventionnée au Nigéria.

Mais ce qu'il a vu à Lagos existe depuis des lustres à Douala et existait à Abidjan. Même Dakar ou Brazzaville sans parler de Kinshasa ont connu les affres des heures de pointe depuis belle lurette. Les Africains, Dieu merci, n'ont pas attendu la permission des Occidentaux pour s'adapter à l'exode rural et l'urbanisation, véritables moteurs de leur décollage actuel. Ce qui n'est pas évident, là encore, pour le quotidien français de référence. Pour lui, ce sont les investissements directs étrangers qui sont à l'origine du décollage ! Et oui, les journaleux de ce canard n'ont même pas pris la peine d'aller regarder les statistiques pourtant gratuites de la CNUCED. Lesquelles montrent que les dits "IDE", "Investissements directs étrangers", sont les plus faibles du Monde en Afrique, stagnant autour de 50 milliards de dollars/an sur les quelques 1500 milliards de dollars/an au total. Ne leur dites pas que ce sont vos immigrés qui ont investi plus que les multinationales - lesquelles continuent à vous bouder ostensiblement -, ils ne vous croiront pas. Comme ils continuent à ne pas vouloir croire que l'austérité entraine le chômage lequel accroit l'endettement des Etats. Mais bon, quand un âne ne veut pas boire...

Dernier truc que j'ai relevé avant d'en avoir marre : pour eux, l'avenir de l'Afrique, c'est toujours et encore les matières premières. Bande de crétins congénitaux ! Avec aujourd'hui une bonne moitié du milliard et des poussières d'habitants que vous êtes qui peuvent consacrer de l'argent à plus que le strict nécessaire, ce sont avant tout les biens de consommation qui tirent votre croissance, voir la téléphonie mobile. Mais allez expliquer à ces petites cervelles que vous êtes capables aussi de vous industrialiser ! "On a fait une erreur avec l'Asie, on ne la recommencera pas avec l'Afrique" auraient dit des grossiums occidentaux lors de l'un de leurs G20. C'est donc l'Asie qui va venir investir chez vous en sus de ceux de vos compatriotes qui se sont déjà lancés tout seuls, comme des grands. Le tout financé par les matières premières que vous vendez aujourd'hui très cher aux dits Occidentaux. Pas mal, non ?

Texte / Christian d'Alayer

Article initialement titré

L'Afrique s'envole : le bal des hypocrites

(Christian d'Alayer - 24 janvier 2015)

PS : nous nous permettons de vous encourager plus que vivement à vous rendre sur le site du "Con de Blanc" Christian d'Alayer ICI. Vous y retrouverez tous ses articles parus dans Le Gri-Gri International (papier et web). Mais aussi, et peut-être surtout, le reste de sa production. Essais en ligne accessibles gratuitement. Tribunes. Pamphlets. Analyses et prospective économique. Contre-information. Vous y trouverez aussi et enfin un interlocuteur généreux, parfois brutal, jamais obtus et toujours prêt à dialoguer et réfléchir. Mieux qu'un maître : un exemple.

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 09:27
Mme Aïchatou Mindaoudou, Représentante Spéciale du SG de l'ONU
Mme Aïchatou Mindaoudou, Représentante Spéciale du SG de l'ONU

C'est à la ouattariste plate-forme Abidjan.net que l'on doit la révélation de la perle du jour.

La représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, a dans un communiqué rendu public, le jeudi 22 janvier, félicité les autorités judiciaires ivoiriennes pour l’acte posé en faveur des pro-Gbagbo. A savoir l'élargissement - "provisoire" - de 50 prisonniers politique et le dégel de 31 comptes bancaires de personnalités pro-Gbagbo, annoncés mercredi 21 janvier dernier.

Pour Mme Aïchatou Mindaoudou il s'agit d'un acte qui « contribuera à renforcer la confiance entre les acteurs politiques et à consolider le dialogue politique ». Un acte qu'il conviendra de poursuivre pour « un traitement rapide et définitif des dossiers de l’ensemble des détenus de la crise post-électorale ». La représentante spéciale a lancé un appel à l’ensemble de la classe politique ivoirienne en l’exhortant à « persévérer dans la dynamique de réconciliation nationale engagée ». Avant de rappeler que son organisation « ne ménagera aucun effort, dans le cadre de son mandat, pour accompagner la Côte d’Ivoire sur la voie d’une stabilité durable. »

Rappelons que le coup d'état politico-médiatico-militaire perpétré par la France contre le dernier président élu de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, en vue d'installer l'employé Ouattara à la tête du pays et des instances africaines clés, a eu lieu en avril 2011.

Recommander de poursuivre un « un traitement rapide et définitif des dossiers de l’ensemble des détenus de la crise post-électorale » QUATRE ANS après les faits et leurs effets ?

Se féliciter d'une amorce circonstancielle - procès de Simone et impunité coûteuse et voyante des rebelles faits rois (justice des vainqueurs).

Assurer que l'ONU « ne ménagera aucun effort, dans le cadre de son mandat, pour accompagner la Côte d’Ivoire sur la voie d’une stabilité durable » Exactement ce que le machin s'engage à faire depuis au moins 2002.

Pour mémoire, en octobre 2010, quelques semaines avant la présidentielle, le même ONU dénonçait officiellement le fait que la rébellion n'était pas désarmée, qu'elle était même richement dotée en nouvelles armes... et s'en lavait les mains, en se défendant d'avance : nous vous avons prévenus, il en faut pas organiser ces élections que nous vous obligeons à organiser.

Chaka Hama Zulu

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 08:00
#RDC / L'archevêque de Kin' demande à Kabila de ne pas tuer de Congolais

SOURCE

(RV) Entretien - En République démocratique du Congo, des affrontements depuis le début de la semaine opposent les forces de l’ordre aux manifestants, notamment des jeunes, qui condamnent la réforme de la loi électorale à Kinshasa et dans le reste du pays.

Jeudi, Goma, la grande ville de l'Est du pays, était le théâtre de heurts. Le maire a annoncé la fermeture des écoles, lycées et établissements supérieurs jusqu'à lundi. Dans la matinée, plusieurs jeunes opposants au président Joseph Kabila se sont rassemblés dans la ville, où des policiers ont ouvert le feu. Au moins deux étudiants ont été blessés.

Les bilans de ces violences sont contradictoires selon qu'ils proviennent du gouvernement ou des ONG puisqu'ils varient de 11 personnes tuées à plus de 40.

c a réagi à cette flambée de violence, dénonçant une capitale assiégée et appelant surtout au calme et à la responsabilité. Son témoignage a été recueilli par Jean-Baptiste Cocagne, jeudi matin.

Pour écouter le témoignage ICI.

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:00
IBK marche pour Charlie à Paris et oublie les militaires maliens tués / par Omar Mariko, député malien

Cette tribune nous a été envoyée avec pour titre initial "Le prix de l'inconséquence"

Deux jours avant la tuerie de Charlie Hebdo, le 5 janvier au matin, une milice a attaqué les positions de l’armée malienne dans la ville de Nampala, ville du Mali proche de la frontière mauritanienne. Lors de cet attentat onze militaires maliens ont été tués. Dès l’annonce de cette triste nouvelle, le Parti Sadi a demandé au Gouvernement l’organisation de funérailles nationales. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus et nous avons été les seuls à nous déplacer pour présenter nos condoléances aux familles des victimes. Le 11 janvier sept dirigeants africains, dont le Président du Mali, IBK, défilaient dans les rues de Paris pour rendre hommage aux 17 morts Français. Ces deux événements, Charlie Hebdo et Nampala, étaient pourtant en tous points similaires, une attaque commando organisée pour tuer et réalisée par les mêmes groupuscules obscurantistes se revendiquant de l’Islam. Evidemment, nous avons de la compassion pour les familles des victimes françaises, mais est-il anormal de demander la même compassion pour nos morts et en particulier celle de notre Président ? En se précipitant à Paris pour être sur la photo des puissants de ce monde contre la barbarie, ces chefs d’Etat, de Faure Gnassigbé à Ali Bongo, en passant par IBK et Mahamadou Issoufou, n’ont pas mesuré les conséquences de cette présence sur leurs opinions publiques. Les populations ont-elles eu tort d’interpréter la marche de leurs Présidents sur le pavé parisien comme du mépris face à leur sort, à la barbarie qu’elles affrontent chaque jour et aux drames qu’elles vivent quotidiennement ? En tweetant : « Mes collègues Africains rendent des hommages aux morts français, mais les morts de chez nous, ils s’en foutent. Vous faites honte à l’Afrique. » le Président camerounais, Paul Biya, a dit tout haut ce que beaucoup d’Africains pensaient tout bas.

Car il ne faut pas s’y tromper, les manifestations au Niger comme au Mali contre les dernières caricatures du Prophète publiées par Charlie Hebdo, relèvent plus de la colère contre leurs Présidents respectifs Mahamadou Issoufou et IBK que d’une révolte contre la liberté d’expression ! Ensuite, il a été facile pour les fondamentalistes de récupérer les manifestations, ils savent parfaitement et depuis longtemps instrumentaliser cette colère, la frustration, la misère et le ressentiment des populations. Conséquence de cette marche parisienne : au moins 10 morts au Niger. Qui leur rendra hommage ?

Personne n’a relevé qu’il n’y avait eu aucune manifestation contre ces caricatures au Burkina Faso, alors que ce pays est à majorité musulmane. La raison en est simple, non seulement les autorités de transition, qui dirigent ce pays depuis la chute de Blaise Compaoré, n’étaient pas présentes à Paris, mais elles ont honoré leurs morts en rendant les 13 et 14 janvier dernier, un hommage national et digne lors du rapatriement des corps de 19 victimes burkinabé décédées lors du crash de l’avion d’Air Algérie. J’étais le seul représentant malien à ces cérémonies, pourtant cet accident a eu lieu sur notre sol et le Mali est responsable de l’enquête sur les circonstances de ce drame. Ni notre Président, ni aucun membre de notre Gouvernement n’a fait le voyage jusqu’au Burkina voisin pour présenter ses condoléances aux familles. Y ont-ils seulement pensé ? Lors de la veillée funéraire, le Président de la transition Michel Kafando et son Premier ministre Yacouba Zida étaient aux côtés d’un imam, d’un évêque, d’un pasteur et d’un chef coutumier dans un hommage œcuménique. C’est cette Afrique là que nous reconnaissons et aimons.

Depuis ces événements, les attaques des groupes armés, des djihadistes, des milices ont fait encore plus d’une vingtaine de morts notamment lors de combats dans le village de Ténenkou. La situation sécuritaire au Mali se dégrade vite. Le cessez le feu négocié lors du troisième round des pourparlers d’Alger en octobre 2014, est une lettre morte. Ces pourparlers doivent reprendre mais il ne faut pas être naïf, les négociations ne peuvent pas aboutir à une paix durable. En effet, les accords seront signés pour satisfaire aux exigences de la communauté internationale et non pour préserver l’unité du Mali et des Maliens. La paix ne peut être gagnée que par un véritable dialogue entre Maliens avec comme seul et unique but : l'intérêt du Mali.

En attendant, le peuple malien paye le prix fort à la fois de l’inconséquence de ces dirigeants successifs qui n’ont pas su, pas pu, pas voulu, régler la question du Nord Mali et de l’inconséquence de la coalition internationale qui a mené la guerre en Libye sans en mesurer les effets pour toute la région sahélienne et pour le Mali en particulier. A l’époque, les Maliens ne s’étaient pas trompés, par dizaines de milliers, ils étaient descendus dans les rues pour dire : « Non à la guerre en Libye ». Ils n’ont pas été entendus…

Par Oumar Mariko
Président du Parti SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance)
Député de l’Assemblée Nationale du Mali

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 08:00
#BokoHaram (2) / Le terrorisme sert les intérêts de l'OTAN / Alain Chouet (ex DGSE)

SOURCE

Boko Haram frappe encore et encore les populations civiles du Nigeria sans que la mobilisation de la communauté internationale n’ait pu enrayer cette spirale meurtrière. Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement et de sécurité à la DGSE (service de renseignement extérieur de la France) révèle, dans cette deuxième partie de l’entretien, les soutiens extérieurs dont peut bénéficier cette secte islamiste, notamment le financement des pétromonarchies du Golfe.

Afrik.com : Vous dites que les pétromonarchies du Golfe ont certainement participé à financer Boko Haram, dans une tribune sur Mondafrique, pour quelles raisons ? Quel intérêt ont-ils à financer ce groupe ?
Alain Chouet
: Le Qatar et surtout l’Arabie fondent leur légitimité sur l’Islam et, ces pays doivent se prémunir contre toute forme de critique, de concurrence ou de dépassement, sur la lecture la plus fondamentaliste de cette religion. Soumis à la concurrence et à la volonté de puissance de l’Iran, leur politique constante est de tenter de s’assurer le contrôle de l’Islam à l’échelon mondial par le seul moyen dont ils disposent à suffisance : l’argent. Ils sont extrêmement attentifs dans le monde entier à toute initiative fondamentaliste locale qui pourrait risquer de les dépasser ou de menacer leur légitimité et s’empressent d’essayer de la canaliser et de la contrôler grâce aux revenus de leur rente pétrolière. C’est là l’une des raisons de la montée en puissance de l’islamisme militant dans le monde, tous les acteurs locaux ayant compris que plus ils affirmeraient leur fondamentalisme, plus ils attireraient l’attention et l’argent des pétromonarchies wahhabites.

Afrik.com : Boko Haram a-t-il d’autres sources de financement ?
Alain Chouet
: Boko Haram a commencé ses activités en se finançant par les trafics en tous genres : le racket, le pillage et, plus récemment, par les prises d’otages contre rançon. C’est là son fonds de commerce ordinaire auquel l’argent des pétromonarques ne vient qu’ajouter un élément de régularité, mais dont la pérennité n’est pas assurée.

Afrik.com : Dans cette même tribune, vous évoquez l’instrument que constitue Boko Haram pour rendre le Nigeria dépendant de l’OTAN, de quelle façon ?
Alain Chouet
: Ne tombons pas dans le conspirationnisme ! Ce n’est évidemment pas l’OTAN qui instrumentalise Boko Haram. Mais il se trouve que du fait de la faiblesse et de l’inertie des organisations internationales comme l’ONU ou des organisations transnationales régionales en Afrique, au Moyen Orient ou en Asie, ce sont toujours les forces de l’OTAN qui se précipitent sous la pression des opinions publiques quand un problème de sécurité se pose. Plutôt que de tenter de renforcer les capacités d’intervention sécuritaire des organisations internationales ou régionales normalement habilitées à cela, les États-Unis et l’OTAN qu’ils contrôlent prennent prétexte de tout désordre régional pour intervenir militairement, avec des résultats d’ailleurs discutables, mais dont le principal effet est de rendre les Etats faibles dépendants des forces du Pacte Atlantique. C’est actuellement le cas du Nigeria qui avait toujours cherché à éviter ce type de connivence avec l’Occident et se tenait sur une ligne de relative neutralité tiers-mondiste peu appréciée à Washington. En ce sens, l’action de Boko Haram finit par servir les intérêts de l’OTAN et à nuire à l’indépendance du pays.

Afrik.com : L’OTAN est une organisation largement contrôlée par les Américains qui en assurent la plus grande partie du financement. Vous n’évoquez pas les Etats-Unis, quel peut être leur rôle dans cette histoire ? Quels sont les intérêts des Américains à intervenir au Nigeria ?
Alain Chouet
: Qui dit OTAN dit Etats-Unis. Le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique et le 6e exportateur de pétrole au monde. Il est clair que l’hyperpuissance américaine ne peut s’en désintéresser. Washington ne peut laisser un pays aussi important au cœur de l’Afrique sombrer dans la confusion et devenir un sanctuaire djihadiste, ni tomber par réaction entre les mains d’un pouvoir militaire fort qui pourrait avoir la tentation d’une politique nationaliste sur le modèle iranien ou venezuélien en s’affranchissant des règles de l’OPEP et de l’acceptation du paiement de son pétrole en dollars.

Afrik.com : La presse locale au Nigeria avait indiqué que certains hauts gradés de l’armée étaient passés en cour martiale pour avoir fourni des armes et des informations à Boko Haram, ce qui a été démenti par le gouvernement, quelle est votre réaction à ces éventuelles collusions ?
Alain Chouet
: A titre personnel, je ne dispose d’aucune preuve dans un sens ni dans l’autre. Mais de tels faits paraissent tout à fait plausibles. Le Nigeria est un pays qui connaît un fort taux de corruption dans la fonction publique, les services de sécurité et l’armée. Les militaires, même hauts gradés, qui ne sont pas assez proches des cercles du pouvoir pour bénéficier de la corruption sont sous-payés (quand ils sont payés…), sous équipés et personne ne vient à leur aide quand ils sont confrontés à des attaques. Dans ces conditions, on ne peut s’étonner qu’ils ne se montrent pas très offensifs ni déterminés et que, dans les zones d’activité de Boko Haram, ils préfèrent s’arranger sur place avec les malfaisants plutôt que s’engager dans une confrontation que personne ne soutiendra au niveau du gouvernement central.

Afrik.com : Pourquoi après le sommet de Paris du 17 mai dernier, seul le Cameroun semble avoir mis en application la traque conjointe de Boko Haram ? Qu’attendent à votre avis le Bénin, le Tchad, le Niger qui ont part à ce Sommet de l’Elysée et décidé de ce « Plan global régional » ?
Alain Chouet
: Ce sommet a été très « cosmétique ». Les différentes armées de la région connaissant à peu près toutes des conditions semblables à celles de l’armée nigériane. Le Bénin et le Niger ne disposent pas d’armées suffisamment fortes, équipées, structurées et motivées pour intervenir dans ce conflit. Si le Cameroun semble avoir entrepris de sécuriser ses frontières nord avec le Nigeria, sa détermination à en faire plus reste à prouver. Ses rivalités et contentieux anciens permanents avec le Nigeria ne plaident pas en faveur d’un engagement résolu. Quant au Tchad, qui dispose certainement de la meilleure armée régionale et qui l’a prouvé par ses actions courageuses et ses sacrifices au Mali, il semble avoir son propre agenda dans cette affaire et ne s’engagera certainement pas de façon déterminante sans assurance de contreparties financières et politiques. On ne peut demander au seul Tchad de tirer les marrons du feu en se brûlant les doigts dans toute la région pour que d’autres les dégustent.

Afrik.com : A votre avis comment mettre fin aux agissements de Boko Haram ?
Alain Chouet
: L’action actuelle de Boko Haram s’inscrit dans la problématique globale du salafisme violent dans l’ensemble du monde musulman. Je note que Boko Haram ne nous interpelle que depuis qu’il a enlevé 250 jeunes filles en heurtant la sensibilité des Occidentaux. On en parlait bien peu avant, sauf quand des Occidentaux étaient enlevés. Et on ne parle guère des violences islamistes qui font chaque jour des dizaines de morts en Libye, en Afghanistan, au Yémen, en Irak, en Syrie, au Pakistan et ailleurs. C’est une violence qui s’enracine dans des contentieux locaux irrésolus et qui se perpétue avec les encouragements et le financement de pétromonarques que nous persistons à considérer comme des alliés. Personne n’en viendra à bout si la communauté internationale ne contribue pas à essayer d’éteindre les contentieux locaux et si les Occidentaux n’exercent pas les pressions suffisantes pour contraindre les monarchies wahhabites à cesser de soutenir idéologiquement et financièrement la subversion salafiste.

Retrouvez la 1ère partie de l'entretien ICI.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 12:00
#CharlieHebdo / Les frères Kouechi sont les enfants de la France, pas de l'islam (Yasmina Khadra)

Ajoutée le 17 janv. 2015

The French-Algerian author shares his views on literature, politics, freedom of speech, and the Charlie Hebdo attack.

http://www.yasmina-khadra.com/

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 09:00
#BokoHaram / Remember Biafra - Alain Chouet (ex DGSE)

SOURCE

PS : la titraille est de la rédaction

Les attaques de Boko Haram se succèdent, et malgré l’aide de la communauté internationale, le Nigeria n’arrive pas à sécuriser le nord du pays. Décryptage par Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement et de sécurité à la DGSE (service de renseignement extérieur de la France).

Le Nigeria est au devant de la scène internationale. Pour cause, les plus de 200 lycéennes enlevées par le groupe extrémiste Boko Haram à la mi-avril dans leur établissement de Chibok, dans l’Etat de Borno, sont toujours retenues en otage. Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement et de sécurité à la DGSE (service de renseignement extérieur de la France), explique le processus de radicalisation de Boko Haram qui échappe jusqu’à présent aux occidentaux.

Afrik.com : Comment définissez-vous Boko Haram ? Qui se cache derrière Boko Haram ?
Alain Chouet
: Boko Haram est en fait une appellation familière d’un groupe politico-militaire intitulé « Jama’a al-Islamiyyah lil-da’awa wal-jihad » (Groupe islamique pour la prédication et le combat) créé en 2002 par le Nigérian Mohammad Yussuf. C’est au départ un mouvement de revendication politique, économique et social qui conteste le basculement progressif du pouvoir et des rentes au Nigeria au détriment des populations majoritairement musulmanes du nord du pays et au profit des élites sudistes essentiellement chrétiennes et animistes. Si le mouvement s’est ancré dans l’islamisme, c’est parce que l’Islam est le dénominateur commun des populations hétérogènes du nord du pays et un moyen démagogique de mobilisation contre les sudistes.

Afrik.com : Comment expliquer la radicalisation de ce mouvement depuis 2009 et l’arrivée à la tête du mouvement d’Abubakar Shekau ? Quels intérêts a-t-il à mener toutes ces tueries de masse ?
Alain Chouet
: A ses débuts, le mouvement n’a pas connu un grand succès ni des résultats appréciables. Comme tous les mouvements de ce genre, il a donc été l’objet en interne de surenchères constantes où les plus radicaux, les plus intransigeants et les plus violents, donc les plus voyants, ont rapidement pris le dessus. Voyou et « gros-bras » de la ville de Maiduguri dans le nord est du Nigeria, il a rejoint assez tôt le mouvement de Mohammad Yusuf auquel il a servi de bras armé et exécuteur des basses œuvres. A la mort de Yusuf, tué dans un assaut de l’armée en 2009, Shekau s’est autoproclamé chef du mouvement sans que personne ne cherche à le contester tant sa réputation de férocité était devenue légendaire. Shekau est incontestablement une brute de quartier dénué du moindre sentiment et il a tout intérêt à entretenir cette image pour être pris au sérieux...

Se « payer sur la bête »

Afrik.com : Dans quelle mesure le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, contrôle-t-il vraiment ceux qui se revendiquent de son mouvement ?
Alain Chouet
: C’est sa réputation de brutalité et son intransigeance qui ont permis à Shekau d’établir son autorité. Mais pour la conserver, il lui a aussi fallu faire preuve d’habileté dans ses choix stratégiques et tactiques ainsi que dans le management des hommes. C’est pourquoi il est certainement erroné de le présenter comme un fou furieux. Boko Haram est comparable aux « grandes compagnies » de mercenaires qui écumaient l’Europe à la fin du Moyen Age. Ce ne sont pas des armées ordonnées et disciplinées. Le chef définit des grands axes stratégiques et tactiques que les sous groupes doivent en gros respecter. S’ils ne le font pas, la brutalité du chef s’abat sur eux. S’ils le font, le chef leur donne licence de se « payer sur la bête » par le pillage, la mise à sac et le viol, et partage les bénéfices avec eux.

Afrik.com : L’enlèvement de deux prêtres italiens et d’une sœur canadienne récemment libérés n’avait pas été revendiqué par cette organisation, quelle est le degré d’homogénéité de ce mouvement ?
Alain Chouet
: Pour Boko Haram, l’enlèvement de ressortissants occidentaux a d’abord une finalité financière qui est d’obtenir une rançon aussi élevée que possible. Si les négociations avec le pays d’origine des otages se révèlent prometteuses et fructueuses, il n’est pas nécessaire de faire du bruit autour. Ce n’est qu’en cas de marchandage ou de réticences à payer le prix des otages que Boko Haram interpelle l’opinion publique internationale par de la publicité et des revendications plus ou moins fantaisistes et évidemment d’ordre politique pour ne pas avoir à afficher ses appétits d’argent. Personne n’est dupe.

« Asile et protection parmi la population locale »

Afrik.com : Boko Haram, qui n’opère principalement que dans l’Etat de Borno, au Nord-Est, déstabilise-t-il réellement le pays le plus peuplé d’Afrique ?
Alain Chouet
: L’État de Borno est le territoire d’origine et le principal réservoir de militants du mouvement. Mais Boko Haram est aussi actif dans les territoires voisins de Yobe et Gombe et mène aussi des opération dans le saillant de Jos, excroissance vers le nord de l’Etat du Plateau (Etat où ne s’applique pas la charia et où vivent de nombreux chrétiens) ainsi que des attaques ponctuelles un peu partout dans le nord du Nigeria. Le fait qu’un groupe extrémiste puisse ainsi mener à sa guise des actions offensives répétées et meurtrières au nez et à la barbe des forces de sécurité nationales dont l’impuissance est ainsi démontrée est évidemment très déstabilisant pour le pouvoir fédéral qui se trouve réduit à solliciter publiquement l’assistance de ses voisins et de la communauté internationale.

Afrik.com : Boko Haram multiplie les attaques, comment expliquer, selon vous, que les pays occidentaux lancés à leur trousse, avec tous les moyens logistiques et humains mis en œuvre, n’arrivent toujours pas à repérer les bases arrières de l’organisation ?
Alain Chouet
: Le nord-est du Nigeria n’est pas le désert du Sahara. Entre les nombreux villes et villages, on y trouve des zones cultivées, voire boisées, où il est possible d’échapper aux surveillances aériennes. Contrairement aux miliciens d’AQMI au Mali, les militants de Boko Haram sont chez eux dans cette région du Nigeria dont ils sont majoritairement issus. Ils trouvent fréquemment asile et protection parmi la population locale qui, bon gré mal gré, leur fournit le gîte, le couvert et des caches sûres. Les pays occidentaux disposent effectivement d’importants moyens techniques de surveillance et d’écoute, mais ces moyens sont d’une utilité très relative face à une rébellion armée rustique évoluant « comme un poisson dans l’eau », qui utilise très peu de technologie et se sait surveillée et écoutée. Quant aux moyens humains, les Occidentaux en ont très peu sur le terrain. Agitée depuis un demi-siècle par les propagandes nationalistes et extrémistes religieuses, la population se méfie des Occidentaux et refuse généralement de coopérer avec eux. Au Nigeria, tout le monde garde en mémoire l’aventure biafraise des années 60 au cours de laquelle certains Occidentaux avaient encouragé la sécession du sud et la révolte des Ibos avant de les abandonner en rase campagne et les livrer au massacre. Et ce ne sont pas les exemples du Viet-Nam, de l’Afghanistan, de l’Irak ou de la Libye qui risquent de donner confiance à la population locale dans l’intervention - forcément limitée dans le temps - des Occidentaux….

Seconde partie de l'entretien demain

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 09:10
En route vers I Télé, Bassam Tahhan répond au Cercle des Volontaires
En route vers I Télé, Bassam Tahhan répond au Cercle des Volontaires

Ajoutée le 10 janv. 2015

Le Cercle des Volontaires a souhaité s'entretenir avec Bassam Tahhan, géopoliticien et spécialiste du Coran, à propos de l'attaque de Charlie Hebdo et des événements qui s'en sont suivis. Qui sont les djihadistes ? Qui les soutient, les finance ?

http://www.cercledesvolontaires.fr

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Où étiez-vous le 11 avril 2011 ?

 


Des débuts de livres

 


Patrice dispense de l'impayable

mais très achetable Jeune Afrique

 


 

Les lectures du Gri-Gri