Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
  • Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
  • : Né au Gabon en 2001, le Gri-Gri International, sur papier, sur le web ou en livres, a pour fonction d'empêcher de dormir les rois nègres, les ministres excessivement coopérants, les experts véreux, les vedettes en bois, les journalistes stipendiés, les marabouts escrocs...
  • Contact

 

  icone-Gri-Gri.jpg

Recherche

Compteur

medias
24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 11:00
Lettre aux Gabonais / par Jean Ping, feat. Guy Nzouba Ndama & Casimir Oye Mba

Très cher (e) compatriote,

Nous, Guy Nzouba Ndama, Casimir Oye Mba et Jean Ping, avons fait acte de candidature à la présidence de la République. Chacun de nous avait présenté un projet soutenu par de nombreuses forces politiques et sociales. Mais, vous nous avez demandé de nous unir. Avec insistance, vous avez exigé de nous une candidature unique. Du 13 au 16 août 2016, trois jours et trois nuits durant, en toute liberté et en toute responsabilité, nous nous sommes retrouvés pour fondre nos projets politiques autour d’une ambition unique : la libération du Gabon, notre pays. Avec l’aide d’autres compatriotes, nous avons pris la décision historique de désigner Jean Ping comme candidat unique de l’opposition.

Le 27 août prochain, vous irez voter. Nous irons tous voter. En toute conscience, vous déciderez du chemin que notre pays empruntera durant les prochaines années. A quelques jours de ce moment si important pour chacun d’entre nous, il nous parait utile de nous adresser à vous pour vous parler de ce qui nous unit, de ce bien si précieux que nous avons en commun : le Gabon, notre pays. Vous connaissez chacun d’entre nous. Vous savez que nous avons servi notre pays à des niveaux élevés. Dans nos fonctions antérieures, nous avons été témoins et souvent partenaires de toutes vos luttes. Dans cet engagement en faveur du Gabon, nous avons notre part de réussite, d’échec mais aussi de regrets.

Nous pouvons donc légitimement nous permettre de vous dire que le septennat qui s’achève est un échec cuisant. Aucune promesse n’a été tenue. L’Etat de droit a cédé la place à la loi du plus fort. L’économie a été placée au service exclusif de quelques amis. La précarité et le chômage ont gagné du terrain. Les repères moraux et culturels ont été brouillés. Malgré les 21.000 milliards de francs de ressources publiques engrangés en sept ans, les Gabonais, c’est-à-dire vous et nous, vivons plus mal aujourd’hui qu’en 2009. Nous ne le disons pas par démagogie ou mauvaise foi. Nous l’affirmons parce que nous avons conscience de vos peines, souffrances et inquiétudes de tous les jours. Nous ne pouvons laisser les choses continuer à leur rythme actuel. Après 50 ans de règne, le pouvoir Bongo-PDG ne peut plus changer. Il est trop usé pour comprendre les attentes de notre jeunesse. Il est trop ankylosé pour avoir la vivacité qu’exige un monde en perpétuel changement. Définitivement, le PDG et son candidat, Ali Bongo, ne peuvent plus incarner l’avenir.

Parce que le Gabon nous a tout donné, il est de notre responsabilité de le libérer de ce régime oppresseur. Comment admettre que le régime Bongo-PDG ait favorisé le développement des crimes rituels ? Comment tolérer que les décès de Mboulou Beka et Béranger Obame Ntoutoume soient restés impunis ? Comment accepter que la police ait pu dénuder et balader à travers la ville des commerçantes qui ne demandaient qu’à nourrir dignement leurs enfants ?

Comment supporter que des Gabonais aient vu leurs habitations, construites au prix de leurs efforts, détruites de façon arbitraire et sans compensation ? Comment se résigner à voir la police brutaliser et emprisonner des enfants qui manifestaient pour réclamer leur droit légitime d’aller à l’école ? C’est au Gabon, entre 2009 et aujourd’hui, que tout cela s’est passé. A chacun d’entre vous d’y réfléchir. A chacun d’entre vous de se dire que ça pourrait aussi lui arriver demain.

En 50 ans de présence à la tête de notre pays, le régime Bongo-PDG a eu le temps de vous montrer de quoi il est capable. En sept ans, Ali Bongo vous a administré la preuve de son incapacité à gérer le pays. Il vous a promis 37.500 logements, 3.320 kilomètres de routes bitumées, six barrages hydroélectriques, ainsi qu’un investissement massif dans l’éducation et la santé. Des centaines de maquettes ont été conçues et diffusées par tous les canaux possibles et imaginables. Que reste-t-il aujourd’hui de toutes ces promesses ? Rien, si ce n’est un énorme gâchis financier, du temps perdu et, finalement, une profonde frustration. C’est pourquoi, nous vous disons :«Trop c’est trop ! 50 ans ça suffit !». Nous le disons parce que nous savons ce que nous devons à notre pays et à son peuple, c’est-à-dire à chacun d’entre vous. Nous le disons parce que, tous ensemble, nous devons libérer notre pays de l’imposture, de la cupidité, de l’amateurisme et de l’incompétence. Samedi 27 août prochain, nous devons nous débarrasser d’Ali Bongo et son gang. Par votre vote et avec votre détermination, nous allons y arriver.

Madame, Monsieur, Cher jeune

Malgré les doutes qui entourent son état-civil et la suspicion légitime quant à la constitutionnalité de sa candidature, Ali Bongo brigue de nouveau la présidence de la République. Et pourtant, pas moins de quatre actes ou déclarations de naissance en son nom sont en circulation. Au terme de plusieurs procédures et requêtes, la justice, la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap) et la Cour constitutionnelle ont estimé que sa situation administrative était un détail. Nous pouvons dire aujourd’hui que vos véritables adversaires, les ennemis de la liberté et du progrès du peuple gabonais sont désormais connus. Chacun d’entre vous peut aisément les identifier. Parce qu’ils vivent avec nous, au milieu de vous, parce que ce sont vos amis, parents et connaissances, vous avez le devoir de les interpeller individuellement, de les inviter à un sursaut patriotique et républicain.

Il nous reste moins d’une semaine pour enfanter de l’alternance et du changement. Durant cette période, vous devez tout mettre en œuvre pour convaincre ceux qui peuvent et doivent l’être encore. Comme nous, vous avez appris qu’Ali Bongo et son gang ont l’intention de renouveler l’imposture, qu’ils préparent un nouveau passage en force. Les compagnies de téléphonie se mettent en condition de couper toutes les communications. La Cenap est disposée à modifier le résultat des urnes. Le ministre de l’Intérieur est prêt à diffuser des chiffres concoctés dans les officines de la présidence de la République. La Cour constitutionnelle se prépare à donner à ce hold-up annoncé un vernis de légalité. Sans la moindre retenue, l’armée est mise en ordre de bataille pour faire plier le peuple. Avec leur détachement habituel, les observateurs internationaux s’apprêtent à affirmer que «les irrégularités constatées ne sont pas de nature à fausser la sincérité du scrutin». Allons-nous accepter une mascarade d’une telle envergure ?

Nous disons : Non ! Nous vous invitons à vous tenir prêts à défendre votre vote. Quoi qu’il nous en coûte, individuellement et collectivement, nous ne devons pas reculer. Et nous ne reculerons pas !

Vous devez donc avoir conscience de ce que votre avenir dépend de vous-mêmes et de vous seuls. Vous ne pouvez plus continuer à parler du Gabon, comme s’il ne s’agissait de votre pays. Vous ne pouvez plus vous contenter des discours ou de regarder le jeu politique comme un film ou un match de football. Vous devez vous engager. Vous devez agir, en tout lieu et en toute circonstance, jusqu’à la chute d’Ali Bongo et son gang. Vous avez le devoir de vous demander ce qu’il adviendra de chacun d’entre-nous et de notre pays si, par extraordinaire, Ali Bongo rééditait son en force. Vous savez que certains d’entre nous sont déjà promis au goulag, d’autres au «polonium à la gabonaise». Vous êtes conscients que vos conditions de vie vont se dégrader et que vous pourrez vous retrouver condamnés à l’expatriation si ce n’est à l’exil.

Devez-vous vous laisser faire ?

On pourrait nous accuser de cultiver la peur si nous n’avions vécu les sept dernières années. On pourrait nous accuser de fantasmer si nous n’avions été témoins de cette histoire sombre de l’Afrique. Que les plus jeunes se demandent dans quelles conditions s’est créée la diaspora de Guinée Conakry. Qu’ils cherchent à comprendre pourquoi de brillants médecins, avocats ont dû quitter leur pays pour se réfugier au Gabon ou ailleurs. Si Ali Bongo entend réserver aux Gabonais le destin que Sékou Touré a imposé à son peuple, nous ne sommes pas prêts à voir nos enfants aller chercher ailleurs une terre d’accueil. Pour nous, le Gabon doit continuer à faire rêver ses enfants, à vous offrir un horizon.

Envers et contre tout, nous vous appelons à la mobilisation, à la prise de conscience des défis et enjeux de cette élection. A ceux d’entre vous qui sont tentés de soutenir Ali Bongo, nous demandons de ne pas oublier qu’il incarne un système vieux de 50 ans. Au nom de l’intérêt général et du Gabon éternel, nous vous invitons à comprendre qu’il est temps de tourner la page, de passer à autre chose. Notre combat vise à placer l’union, le travail et la justice au cœur de notre vivre ensemble. L’élection du 27 août prochain doit être le point de départ d’un changement profond dans notre société. Elle doit nous permettre de faire entrer notre pays dans la modernité.

Rassemblons-nous. Mobilisons-nous pour changer notre présent et construire notre futur. Décidons du pays que nous voulons pour nos enfants et petits-enfants. Retrouvons le temps heureux rêvé par nos ancêtres. Bâtissons le Gabon nouveau digne d’envie. Pour que 2016 ne soit pas 2009,changeons ensemble de président !

Guy Nzouba Ndama Casimir Oye Mba Jean Ping

Published by Gri-Gri International Guy Nzouba Ndama Casimir Oye Mba Jean Ping - dans Gabon 2011 Francophonie Politique
commenter cet article
23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 09:55
Forces spéciales US en Syrie
Forces spéciales US en Syrie

SOURCE

La mère des batailles qui fait rage à Alep, et quelle qu’en soit l’issue, n’annonce pas pour autant la fin de l’organisation Etat islamique (Dae’ch), ni des autres groupes terroristes de l’islam radical, mais plutôt un tournant majeur : celui de l’après-Dae’ch, à savoir de nouveaux théâtres de jihad. Une reconquête d’Alep par l’armée gouvernementale syrienne et ses alliés accélérera, sans doute, la reprise de Raqqa en Syrie, puis de Mossoul en Irak. Les quelques 30 000 mercenaires jihadistes étrangers ont déjà intégré ce scénario et préparé leur repli en bon ordre dans différents sanctuaires du Caucase, d’Afghanistan et du Nord-Ouest chinois. Ils continueront à utiliser le « hub » turco-méditerranéen pour menacer l’Europe et entretenir des complicités rhizomatiques en Asie, dans la Corne de l’Afrique et dans la bande sahélo-saharienne.

D’autres loups solitaires ou en meute s’inspireront de ce redéploiement pour frapper ici ou là, selon des modes opératoires variés. Leurs deux filiations idéologiques principales – wahhabisme et weltanschauung des Frères musulmans – continueront à inspirer leurs attentats. L’Arabie saoudite et d’autres pétromonarchies continueront à financer recrutement, formation et assurance-vie des familles de leurs « martyrs ». Initiée par les Etats-Unis dans les années 1980, cette politique d’« instabilité constructive » continuera, outre le Loyen-Orient, à cibler la Russie, la Chine et l’Europe… L’éradication « officielle » de Dae’ch changera tout pour que rien ne change…

Au-delà des percées et des replis de la rébellion syrienne, l’enjeu géopolitique le plus large de la bataille d’Alep met en confrontation deux cartographies incompatibles : celle d’un nouveau Sykes-Picot, autrement dit le « Grand-Moyen-Orient » de George W. Bush et Condoleezza Rice – que les deux administrations Obama ont recyclé avec quelques nuances – et celle d’une réaffirmation des Etats-nations arabo-persiques issus du démantèlement de l’empire ottoman.

La première cherche à démanteler les Etats-nations pour les fragmenter en micro-Etats (type Kosovo ou Soudan du Sud), voire pour les re-tribaliser en autant de petits émirats sunnites, chi’ites, druzes, kurdes, etc. selon la bonne vieille recette des imperium (de Rome à l’Hyper-puissance américaine). A l’image ce de qui a été fait en Irak et en Libye, Washington, ses satellites européens, les pétromonarchies du Golfe, Ankara et Tel-Aviv exigent toujours le départ de Bachar al-Assad pour démanteler la Syrie en deux émirats sunnites (Alep et Damas), un micro-Etat druze sur le Golan et un réduit alaouite dans les montagnes qui dominent Lattaquié et Tartous.

La deuxième refuse cette logique de fragmentation, estimant que des Etats nationaux souverains constituent les « monades » essentielles pour résister à l’instauration de cette cartographie d’une mondialisation d’inspiration anglo-saxonne néo-libérale. En effet, les prédateurs de Wall-Street, de la City et de Bruxelles cultivent la même sainte horreur de souverainetés nationales empêcheuses d’exploiter en rond… Moscou (dans une moindre mesure Pékin), Téhéran, Damas, le Hezbollah libanais et plusieurs organisations palestiniennes misent toujours sur la défense et l’affirmation du fait national afin de garantir un monde multipolaire, ultime riposte à la World-company que Washington veut imposer à toute la planète, sous prétexte de « droits de l’homme » et de liberté du commerce.

C’est la première bataille d’Alep : celle d’une armée nationale syrienne qui travaille à reconquérir la totalité de son territoire national contre les hordes de jihadistes, mercenaires serviles de la mondialisation anglo-saxone. Sur ce front, on voit converger Dae’ch et d’autres groupes terroristes dont Jabhat al-Nosra (Al-Qaïda en Syrie), remisant la fiction des « rebelles modérés, laïcs, sinon démocratiques » au rayon des illusions occidentales. A cet égard, Bouthaïna Chabaane, la conseillère de Bachar al-Assad a eu amplement raison d’affirmer dernièrement sur le plateau de la chaine de télévision libanaise Al-Mayadeen, que « la bataille d’Alep démasquait au grand jour les mensonges de la diplomatie occidentale ».

C’est la deuxième bataille d’Alep qui entérine la suprématie des groupes salafo-jihadistes sur les autres composantes de la rébellion syrienne (Armée syrienne libre et compagnies…). Sous-chef opérations de l’état-major des armées françaises, le général Didier Castres affirmait le 16 décembre 2015 devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat qu’il fallait en finir avec le « mythe des rebelles syriens modérés ». Loin de partager la même lucidité, les stratèges du Pentagone ont alors forcé la main des terroristes de Jabhat al-Nosra pour qu’ils annoncent, conférences de presse à l’appui, l’abandon de leur allégeance à Al-Qaïda. Ce tout de passe-passe de pure communication (l’ex-Nosras’appelle désormais Fatah al-Cham), qui n’a trompé personne, était surtout destiné à permettre au Congrès américain de voter de nouveaux crédits à une rébellion d’apparence désormais plus respectable.

Et pour faire bonne mesure, un général saoudien rendait dernièrement visite à ses homologues israéliens pour coordonner l’appui logistique aux « nouveaux jihadistes de la liberté ». De leur côté, les forces spéciales turques et européennes (françaises notamment) pouvaient poursuivre leurs livraisons de matériels aux autres groupes terroristes réunis au sein de Fatah al-Cham. Se répètent ainsi les mêmes erreurs commises au Kosovo, lorsque plusieurs services européens (dont le service-action de la DGSE) armaient de pied en cap l’UCK1 du criminel de guerre Hashim Thaci qui deviendra Premier ministre du Kosovo…

Sur le terrain, les groupes salafo-jihadistes mènent depuis plusieurs semaines des opérations dans les quartiers du sud-ouest d’Alep. Ils ont réussi à s’infiltrer dans la localité de Ramousseh sans pour autant prendre le contrôle de l’est de la ville, essuyant de lourdes pertes. A l’ouest, le Hezbollah libanais a engagé une force spéciale dite « bataillon Rezwan » dans la région d’al-Hamadaniyeh. Cette contre-offensive a été suivie d’un autre déploiement, celui de 2 000 combattants de Al-Nojaba d’Irak. Les forces de ce bataillon ont déjà participé à la libération de certaines localités du Rif d’Alep. Des sources syriennes affirment que la bataille intense que mènent les terroristes vise à libérer les officiers de liaison turcs et occidentaux dont des français pris au piège à l’est d’Alep.

Selon le journal libanais As-Safir, citant des sources militaires syriennes, les Turcs ont dépêché l’une de leurs meilleures unités lors de la deuxième vague de l’attaque pour briser le blocus d’Alep. Elle comptait dans ses rangs des forces du Hizb al-turkestani al-islami et des Ouïghours, jihadistes chinois. Ces derniers éléments ont formé le gros lot des kamikazes qui ont lancé une attaque simultanée en provenance de l’ouest, au moment où les blindés syriens opéraient leur percée.

Les kamikazes chinois Ouighour2 rattachés au Parti islamique du Turkestan jouent un rôle déterminant dans cette deuxième bataille. Ils ont été redéployés du nord de Hama vers le sud d’Alep. Ils se sont fait exploser par dizaines (près d’une soixantaine) durant les deux premiers jours de l’offensive aux portes des complexes militaires du quartier de Ramoussa. Jabhat al-Nosra a pris le relais. « Ce qui est assez paradoxal est de voir ces brigades ouighour, tchètchènes, ouzbèques, ainsi que les jihadistes saoudiens figurer aujourd’hui parmi ceux que la presse occidentale s’obstine à nommer « rebelles modérés », explique un officier français de renseignement ; « sans parler du chef du Conseil islamique d’Alep, le saoudien Abdallah Mohaycini qui s’est imposé comme l’un des leaders incontestés de ces « modérés » promettant 72 vierges aux jihadistes s’ils réussissaient à briser le siège. On le voit dans une vidéo en train de galvaniser les jihadistes en décrivant la sensualité des vierges du paradis… »

Un autre fait capital n’a pas non plus été relayé par la presse occidentale : de généreux bailleurs de fonds saoudiens (encore eux !) assurent de substantiels versements aux familles des kamikazes ouighours par l’intermédiaire de plusieurs banques installées au Koweït.

Mais c’est une troisième bataille, elle-aussi occultée par les grands médias mainstream, qui pourrait s’imposer comme l’enjeu crucial des affrontements d’Alep : celle qui opposent désormais les forces kurdes à l’armée syrienne. Jusqu’à récemment, les Kurdes de Syrie (du PYD, aile syrienne du PKK – Parti des travailleurs du Kurdistan principalement basé en Turquie) observaient une certaine neutralité vis-à-vis de Damas, escomptant un statut d’autonomie au sein de la Syrie historique. Misant non seulement sur les jihadistes d’ex-Nosra, Washington a décidé de jouer aussi la carte kurde afin de prendre à revers les avancées de l’armée syrienne en direction d’Alep.

Pour répondre aux opérations aériennes russes qui s’effectuent désormais aussi à partir de bases iraniennes, la chasse américaine est intervenue dans la région d’Hassaké (au nord-est de la Syrie) pour appuyer la progression des forces kurdes. Des agents de liaison américains ont été identifiés également dans le Kurdistan d’Iran aux côtés d’activistes du PJAK (l’aile iranienne du PKK) ayant mené plusieurs opérations contre des convois de ravitaillement destinés aux Pasdarans engagés aux côtés de l’armée syrienne. Washington a même annoncé vouloir instaurer une « no-flying zone » dans cette partie de la Syrie. Parallèlement, les services israéliens redoublent d’activité aux côtés des organisations du Kurdistan d’Irak, qui malgré des divergences passées avec les Kurdes de Syrie, leur offrent désormais la profondeur stratégique nécessaire à la consolidation d’un front autonome à l’est d’Alep.

Quelles nouvelles promesses les Etats-Unis ont-ils fait aux organisations kurdes d’Iran, d’Irak, de Syrie et de Turquie ? A n’en pas douter, estiment plusieurs officiers européens de renseignement en poste dans la région, ce nouveau soutien américain massif (appuis aériens, matériels, encadrement et renseignement) aux différentes factions kurdes vise trois objectifs : empêcher la reconquête d’Alep par l’armée syrienne ; contenir la dérive militaire turque post-coup d’Etat ; et enfin, ouvrir une nouvelle guerre asymétrique dans le Kurdistan iranien.

Et, concluent les mêmes sources, cette troisième bataille d’Alep pourrait être la plus décisive afin de permettre une nouvelle partition ethnico-confessionnelle de la Syrie qui ne pourra pas être assurée par les seuls jihadistes soit disant modérés, laïcs et démocratiques… Cette troisième bataille d’Alep, de tous contre tous, ne va certainement pas favoriser les négociations de Genève ni un proche retour à la paix.

Richard Labévière
22 août 2016

1 L’Armée de libération du Kosovo ou UÇK (en albanais Ushtria Çlirimtare e Kosovës) est une organisation paramilitaire qui a combattu pour l’indépendance du Kosovo à la fin des années 1990. Après la guerre du Kosovo remportée grâce à l’intervention de l’OTAN, et suite à la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies le mouvement est dissout et intégré au Corps de protection du Kosovo. Certains de ses membres jouent toujours un rôle de premier plan dans la politique kosovare. Le mouvement a fait l’objet de nombreuses accusations de crimes contre l’humanité pour, entre autres, des faits de trafic d’organes et d’épuration ethnique à l’encontre des populations serbes et roms.
2 Les Ouighours représentent, en effet, l’ethnie la plus nombreuse du Xinjiang, soit 46% de la population (13 millions) malgré une «hanisation» galopante depuis l’arrivée au pouvoir de Mao. Il existe par ailleurs une diaspora ouïgoure très active regroupée dans le Congrès mondial des Ouïghours dont le siège est à Munich, l’Allemagne ayant accueilli de nombreux réfugiés politiques ouïghours. Cette organisation est présidée par Rebiya Kadeer, militante des droits de l’homme libérée des prisons chinoises, qui vit aux États-Unis où existe une association américaine des Ouïghours: le Uyghur Human Rights Project, forme classique des ONG soutenues par la CIA et le département d’État américain .

Published by Gri-Gri International Richard Labévière - dans Syrie Politique
commenter cet article
22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 18:09
#CongoB / Le général Mokoko otage de Sassou

ELECTION PRESIDENTIELLE 2016 République du Congo Brazzaville

Marc Mapingou Mitoumbi

Représentant personnel et Porte-parole du Candidat Jean Marie Michel Mokoko

COMMUNIQUE DE PRESSE

L’insoutenable instrumentalisation de la justice congolaise par Monsieur Denis SASSOU-NGUESSO contre le Général Jean Marie Michel MOKOKO

Le jeudi 18 août 2016, la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Brazzaville a rejeté la requête en demande d’une mise en liberté provisoire du Général Jean Marie Michel MOKOKO. Parallèlement à cette décision scandaleuse qui n’a été motivée ni en fait ni en droit, Jean Marie Michel MOKOKO s’est vu notifier une nouvelle inculpation fallacieuse et saugrenue, celle d’incitation aux troubles à l’ordre public.

Cette dernière inculpation relève d’une insoutenable diversion qui est autant une tentative de fuite en avant pour dissimuler derrière un écran de fumée l’absence de motivation de la décision de rejet de la demande de mise en liberté provisoire du Général MOKOKO. En droit, et au vu de la disposition du Général MOKOKO à répondre à toutes les convocations de police depuis le mois de mars 2016, la Chambre d’accusation devait logiquement ordonner sa mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire, celle-ci étant une faculté laissée à la souveraine appréciation et à la conscience des juges à la lumière des éléments du dossier d’instruction. D’autant que le Général MOKOKO, serviteur de l’Etat respecté, présente toutes les garanties de représentation pour bénéficier du régime de la liberté provisoire.

Engluée dans la laideur de ses pratiques aux antipodes des règles élémentaires de la procédure pénale, la justice congolaise vient, une fois de plus, rappeler qu’elle est à la remorque du Président illégitime et illégal, Monsieur Denis SASSOU-NGUESSO. Depuis février 2016, celui-ci est l’ordonnateur principal, le manœuvrier en chef de cette pitoyable et pathétique chasse à courre, cette cabale orchestrée au soutien d’une honteuse instrumentalisation de la justice pour régler des comptes personnels à Jean Marie Michel MOKOKO, un homme d’honneur, attaché à sa dignité, qui a refusé de cautionner la forfaiture, la fraude électorale attentatoire aux droits démocratiques du peuple congolais.

Il n’y a aucune rationalité dans la procédure dite judiciaire engagée contre le Général MOKOKO, le problème dépasse le cadre du droit et de la politique, car Monsieur SASSOU en a fait une affaire personnelle parce que le général MOKOKO l’a sévèrement battu à l’élection présidentielle, tout en mettant en lumière la laideur des pratiques électorales frauduleuses et la gouvernance criminelle d’un régime illégal et illégitime qui a conduit le Congo-Brazzaville au désastre et au naufrage. Le Général MOKOKO est l’otage de Monsieur SASSOU qui veut assouvir sa soif insatiable de vengeance. C’est en cela que l’opinion nationale et la communauté internationale doivent se convaincre que Monsieur SASSOU-NGUESSO n’a jamais été un homme d’Etat.

Les démocrates congolais condamnent fermement l’acharnement de Monsieur SASSOU sur le Général MOKOKO et dénoncent la grave atteinte portée à l’intégrité physique et morale d’un officier brillant et méritant qui a toujours servi avec loyauté son pays et son peuple. Les démocrates congolais n’oublient pas tous les prisonniers politiques, victimes des traitements dégradants et inhumains, qui croupissent injustement dans les prisons congolaises en raison de leurs opinions politiques.

Vive la République Vive le Congo-Brazzaville Que Dieu bénisse le Congo

Paris, le 22 Aout 2016

Marc MAPINGOU MITOUMBI

Published by Gri-Gri International Marc Mapingou Mitoumbi - dans Congo Sassou Francophonie
commenter cet article
21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 11:27
La #CPI, instrument de conquête géopolitique de l'OTAN / Par Nyamien Messou N'Guessan

La CPI, instrument de conquête géopolitique de l'OTAN

Par Nyamien Messou N'Guessan

Chercheur


Depuis le 28 janvier 2016, avec l'ouverture du procès de Président Laurent Gbagbo, la Cour pénale Internationale (CPI) alimente les conversations des observateurs de la scène politique internationale et des Africains de toute génération. Nous sommes parfois surpris de l’innocence avec laquelle les questions relatives à son impartialité sont abordées. Nous pensons que le contexte de sa création, son mode d'organisation et son fonctionnement peuvent nous éclairer.

1 - HISTORIQUE ET FONCTIONNEMENT

Si l'idée de la création d'une cour de justice qui prendrait en charge les crimes contre l'Humanité et les crimes de guerre remonte à 1872, au lendemain de la guerre franco-prussienne et son évocation en 1937 à la SDN et en 1948 à l'Assemblée générale des Nations-Unies, c'est en 1995 que débute sa véritable aventure. Tirant leçon du fonctionnement des tribunaux , en particulier le Tribunal de Nuremberg, créé par les Accords de londres du 8 août 1945 qui définissent les notions de crimes contre la paix, crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, ceux de l'ex-Yougoslavie et celle du Rwanda (1), la CPI est mise en place : La Cour pénale internationale est une juridiction permanente chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l'humanité, de crime d'agression et de crime de guerre.
Le 1er juillet 2002 marque l'entrée en vigueur du Statut de Rome (2).
A ce jour, 29 affaires sont portées devant la CPI. Elles relèvent de 9 pays : République démocratique du Congo, Ouganda, République centrafricaine, Soudan, Kenya, Côte d'Ivoire, Libye, tous situés en Afrique. Il est remarquable que les USA, la Chine, Israël, presque tous les États arabes ne font pas partie au statut de Rome. Les États-Unis ont signé avec 180 pays, l'ABI (3), accord bilatéral d'immunité par lequel les États Unis obtiennent l'immunité pour leurs ressortissants dans tous les Etats signataires. Il s'agit d'un contournement pur et simple de la CPI pour les ressortissants américains.

2 - ANALYSE

2-1 Fin de la guerre froide et Retour à l'ultra-libéralisme

La fin de la seconde guerre mondiale marquée par la conférence de Yalta entre les vainqueurs a fait place rapidement à la constitution du monde en deux blocs concurrents autour des Etats-Unis et de l'Union soviétique. C'est l'Europe qui matérialise cette compétition qui se solde par la mise en place de démocraties populaires d'une part et du bloc ouest d'autre part. La politique du containment menée par le président Truman pour freiner l'expansion russe et la formation de l'OTAN sont des signes visibles de la bipolarisation du monde. Le monde s'installe ainsi petit à petit dans une forme d'équilibre de la terreur entre les deux super puissances, c'est la guerre froide. Elle est notamment marquée par l'existence de zones d'influence des vainqueurs de la seconde guerre mondiale. En 1985, avec l'arrivée au pouvoir de Gorbachev et la mise en œuvre des réformes en union soviétique (4) le déclin de l'Union soviétique est palpable. L'effondrement marqué par la dislocation de l'URSS entraînant la chute du mur de Berlin met fin à la guerre froide. S'ouvre alors une nouvelle ère. C'est le grand retour au capitalisme triomphant sous la forme d'un ultra-libéralisme. C'est la globalisation qui n'est rien d'autre que la mise en conformité de tout aux normes américaines puisque les États-Unis s'imposent désormais comme hyperpuissance.

2-2 Opportunités économiques : ouverture des marchés

Avec le déclin du bloc communiste, les perspectives économiques s'annoncent intéressantes pour peu que les marchés soient tous ouverts à la compétition pour nos champions de l'économie de marché. Les marchés importants se trouvent dans les pays en développement principalement en Afrique et au Moyen-orient. Sont essentiellement visés, les services et les matières premières dans les secteurs stratégiques. Ces politiques sont actionnées au détour des programmes d'ajustement structurels (PAS) par les institutions de Bretton-Woods, Banque mondiale et fonds Monétaire International (FMI). Il s'agit de libéraliser tous les secteurs encore étatiques. Sous le prétexte de la compétitivité économique, tous les marchés sont soumis à la concurrence internationale. Par ce biais, on organise la liquidation du patrimoine de toutes les entreprises publiques des états en développement. Par exemple en Côte d'Ivoire, la privatisation des télécommunications a permis à France-télécom, alors entreprise publique de prendre le contrôle, par sa filiale France câbles et radio, de Côte d'Ivoire Télécom, l'opérateur historique dans le domaine des télécommunications (5). Par avance, on sait qu'une telle entreprise peut susciter des résistances de toute sorte. C'est pourquoi, l'occident prévoit les instruments juridiques permettant d'encadrer une telle opération qui prend parfois des allures d'un banditisme d’État.

2-3 Outils de la conquête

Dans cette perspective, il faut préparer le terrain à la conquête de marchés nouveaux par la mise en place d'instruments devant servir à les encadrer.

- Le droit d'ingérence (6)

C'est une notion très ancienne d'origine anglo-saxonne (humanitarian intervention qui date du XIX è siècle) relancée par Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères pour évoquer un droit d'assistance humanitaire. C'est entre 1988 et 1991 qu'on situe sa ré-appropriation par l'ONU.

- La création de la CPI

La CPI n'est donc pas mise en place pour mettre fin aux crimes contre l'humanité, puisque c'est les nations qui commettent ces crimes qui sont membres du Conseil de sécurité des Nations Unies avec droit de veto. Il n'est donc pas surprenant que par l'ABI et des mécanismes divers, leurs ressortissants ne peuvent être jugés par la CPI. Sa création obéit d'avantage à des objectifs de conquête géostratégiques.

3- MISE EN ŒUVRE DES CONQUÊTES GÉOPOLITIQUES

3-1 Discours et méthodes. Quelles sont les caractéristiques communes à toutes ces opérations ?

1 - Une grande campagne médiatique est organisée pour présenter celui qui est au pouvoir comme un dictateur afin de légitimer l'attaque terroriste ultérieure ;

2 - Une attaque des institutions de la République est organisée par une bande armée ; généralement, les combattants sont en majorité composés d'étrangers ;

3 - La Communauté internationale présente les terroristes comme une opposition armée ;

4 - La Communauté internationale indique qu'il n'y a pas de solution militaire et que le pouvoir doit discuter avec son opposition ;

5 - Pendant les combats, on s'organise pour obtenir une résolution des Nations-Unies pour intervenir afin d'éviter que le dictateur s'en prenne aux civils ;

6 - Généralement, le président en poste est menacé d'être traduit devant la CPI.
C'est en s'appuyant sur ces deux instruments que l'OTAN intervient pour installer le nouveau pouvoir. Une fois installé, le nouveau pouvoir traduit les autorités légitimes à la CPI pour crime contre l'humanité. Les rebellions sont donc devenus la nouvelle méthode de réajustement de politique coloniale, depuis la mise en place des processus démocratiques. Ce sont donc ces instruments qui vont permettre de planifier les guerres de conquête de l'OTAN en Côte d'Ivoire, et en Libye.

3-2 : Mise en application : Cas de la Côte d'Ivoire et de la Libye.

Essayons de comprendre pourquoi ces deux états ont fait l'objet de conquêtes coloniales.

3-2-1 La Côte d'Ivoire

La Côte d'Ivoire est le moteur de l’économie ouest africaine. Elle a joué un rôle clé, sous Houphouet-Boigny, dans le giron de ce qui est convenu d'appeler aujourd'hui, la françafrique. Depuis 1990, date de la rupture du consensus politique et la ré-instauration du multipartisme, et un peu plus tard en 1993 au décès du président Houphouet, le pays est en proie à l'instabilité politique.

Après un coup d’État en 1999 et une transition politique marquée par l'adoption d'une nouvelle constitution et une élection présidentielle, Laurent GBAGBO, l'opposant historique d'Houphouet-Boigny est élu en octobre 2000. Laurent GBAGBO , prône le souverainisme alors que La France et ses alliés rêvent d'un retour aux paradigmes de gouvernances d'Houphouet qui mettent le pays en sous-traitance de gestion auprès de la France.

1 - Les médias français organisent un lynchage médiatique, présentant le président Gbagbo comme un dictateur .

2 - En 2002, la France et ses alliés organisent un coup d’État qui échoue et se transforme en une rébellion qui bénéficie du soutien médiatique, diplomatique et militaire de la Communauté internationale.

3 - Dès l'échec du coup de force, les forces armées de Côte d’Ivoire organisent la libration de la Bouaké, ville dans laquelle se sont réfugies les putschistes en fuite, pour y former un kyste. Prétextant l’évacuation de ses ressortissants, la France s’interpose et met en place un corridor de sécurité. C’est le début de la scission du pays en deux. La France indique, par son ministre de la défense, qu'il n'y pas de solution militaire et organise une table ronde pour régler la crise. Cette table-ronde aboutit au gel du pouvoir politique de Laurent Gbagbo au profit de la rébellion à Linas-Marcoussis. C'est d'ailleurs pour bien marquer cela qu'elle fait entrer au Gouvernement de la République de Côte d'Ivoire des hommes dont certains sont à la limite de l’illétrisme. Elle fait entériner les résolutions par les Nations-Unies à la conférence de Kleber. C'est par ce mécanisme que Paris dirige la Côte d'Ivoire puisque c'est elle qui organise les rebelles et a aussi l'initiative de toutes les résolutions des Nations-Unies.

4 - C'est à ce moment déjà que le Président Compaoré au sortir d'une concertation avec les autorités françaises annonce que Gbagbo devrait être traduit devant la CPI.

5 - Lorsque le président Gbagbo lance une offensive le 04 septembre 2004 pour reprendre le contrôle sur l'ensemble du territoire ivoirien, la France prétexte d'une attaque d'un camp militaire français pour casser tous les aéronefs ivoiriens puis obtient une résolution des Nations-Unies pour empêcher le pays de se réarmer. En pleine crise post-électorale, la contre offensive de l'armée ivoirienne étant de nature à ruiner définitivement les espoirs des rebelles, la France et ses alliés prétextent du bombardement d'un marché à Abobo pour obtenir une résolution de l'ONU permettant aux forces de l'OTAN de bombarder la résidence officielle du président Gbagbo, pour « détruire les armes lourdes » et protéger ainsi les civils ivoiriens.

6 - Le 11 avril 2011, les forces impérialistes finissent par faire arrêter le Président GBAGBO pour le remettre aux rebelles et installent Alassane Ouattara au pouvoir. Depuis cette date, la France reprend le contrôle total de l'économie ivoirienne. Un vaste programme de privatisations est mis en œuvre. C'est dans cette optique que nous situons les problèmes du coût de l'énergie électrique en Côte d'Ivoire. En effet, c'est dans une telle position qu'on peut comprendre aisément la prorogation du contrat frères Bouygues- État de Côte d'Ivoire pour l'exploitation du gisement CI-27 jusqu'en 2024, alors qu'il devrait être rétrocédé à l’État. C'est d'ailleurs, ce processus qui permet à ces deux frères Bouygues d'empocher indûment 100 milliards par an en vendant aux ivoiriens leur propre gaz. C'est un des résultats visibles obtenu par le réajustement de politique coloniale opéré par la France en Côte d'Ivoire en 2011.

3-2-2 La Libye

Au plan national, le guide libyen Muhammar Kadhafi a réussi à faire passer la Libye d'un Etat complètement arriéré à une nation prospère grâce à un système politique, la Jamahiriya. Le Colonel Kadhafi joue depuis des décennies, un rôle moteur dans la mise en place d'institutions africaines autonomes. Il finance fortement l'Union Africaine, prône l'Unité du Continent sous la forme des États-Unis d'Afrique pour laquelle il travaille à la concrétisation de 3 projets d'une importance capitale :

1 - La Banque Africaine d'Investissement

2- Le Fond Monétaire Africain

3 - La Banque centrale africaine

Son action la plus remarquable fut le lancement du satellite africain pour permettre aux états africains d'être désormais maîtres de leurs communications et de leurs systèmes d'informations. Le guide libyen a participé à hauteur de 80 % des 377 millions de dollars nécessaires pour sa mise en œuvre du projet dans le cadre de RASCOM, organisation regroupant 42 états. Il fallait mettre fin à toutes ces ambitions qui devraient permettre à l'Afrique de couper l'essentiel de ses liens néocoloniaux et lui éviter d'être à la merci des occidentaux. Muhammar Kadhafi constituait, pour ainsi dire, une menace aux ambitions hégémoniques de l'occident sur l'Afrique .

1 - Depuis très longtemps, la presse occidentale présente le guide libyen comme un terroriste.

2 - Une rébellion naît à Syrte en février 2011.

3 - Les diplomates occidentaux indiquent que les rebelles portent les revendications légitimes du peuple libyen et que le guide libyen doit discuter avec eux.

4 - Dès le 3 mars 2011, la CPI annonce l'ouverture d'une enquête visant le guide libyen et son entourage.

5 - Lorsque les troupes gouvernementales reprennent le contrôle de la quasi-totalité du territoire libyen, le Conseil de sécurité vote le 17 mars 2011, la résolution 1973 autorisant le recours à la force contre les troupes gouvernementales pour « protéger les populations civiles » Les forces coalisées (France,Grande-Brétagne, USA…) entrent en scène de façon directe aux côtés des rebelles 6-Finalement, le guide libyen est capturé et remis aux autorités du CNT qui l’assassinent. Dès le 1er septembre 2011, une réunion du groupe de contact est présidée par Nicolas Sarkozy et David Cameron et réuni d'autres responsables de l'OTAN à Paris pour s'entendre sur le partage des richesses de la Libye.


Conclusion

Nous avons montré que, bien que la mise en place d'une cour pénale internationale et le droit d'ingérence humanitaire soient deux notions relativement anciennes, leur remise à l'ordre du jour obéit à la volonté de l'OTAN de mettre en place des instruments pour réaliser des conquêtes territoriales pour des raisons économiques et/ou stratégiques. C'est pourquoi, dès la fin de la guerre froide, l'idée de de création de la CPI et le recyclage de la notion de droit d'ingérence ont préoccupé l'OTAN. La CPI est donc dans un rôle de soutien à des opérations de conquêtes géostratégiques. Il faut éviter de penser qu'elle peut jouer son rôle affiché qui est de juger pour crimes contre l'humanité des responsables qui s'en seraient rendus coupables. L'adoption du droit d'ingérence et la création de la CPI forment le couple d'instruments qui permet à l'OTAN de mener ses guerres d'expansion économique


Notes

1 Nations-Unies – Le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie

2 Statut de la Cour Pénale Internationale

3 ABI : Projet de résolution après rapport de la commission des questions juridiques à l'Assemblée parlementaire du conseil de l'Europe, 24 juin 2003

4 - Le capitalisme d’État en URSS de Staline à Gorbatchev – Tony Cliff, Edition l'Atelier, 1990 - Gorbatchev, les ouvriers et la Perestroïka – Luc Duhamel

5 - Libéralisation des télécommunications en Côte d'Ivoire- Wikipédia, Côte d'Ivoire Telecom

6 - Le principe juridique d'ingérence humanitaire n'existe pas. Eric Pourel, la revue géopolitique

20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 09:19
Il y a 3 ans, Jacques Vergès s'en est allé dans le soleil...

Ajoutée le 22 août 2013

Et Jacques Vergès s'en est allé dans le soleil - 20 août 2013
Mort le 15 août 2013, l'avocat Jacques Vergès a été enterré le 20 août au cimetière de Montparnasse à Paris, après une cérémonie religieuse célébrée en l'église Saint-Thomas d'Aquin.
Images autour de la cérémonie religieuse. Ses amis, parfois aussi controversés que lui, ses confrères (sur plusieurs générations), des politiques, des écrivains, des journalistes, des admirateurs inattendus, le petit peuple parisien, des Algériens, des Ivoiriens... et même le président centrafricain Bozizé, récemment renversé...
Montage Grégory Protche
www.legrigriinternational.com

Published by Gri-Gri International - dans Gri-Gri TV Francophonie
commenter cet article
19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 07:16
Après l'Occident / Christian d'Alayer 2/4 (#ConDeBlanc)

Pour relire la partie 1 ICI.

L’après Occident


Salut tout le monde ! Me revoilà sur la demande presque expresse de votre directator qui m’a encensé sans que j’aie rien demandé. Comme je ne suis pas né de la dernière pluie… Et puis en fait, j’avais très envie de vous parler non de vous mais de nous, les Blancs à l’odeur de cadavre frais, puisqu’il paraît que vous voulez nous « remplacer » par vagues d’immigration successives. C’est du moins la chanson qu’on entend de plus en plus chez nous en voyant nos frontières assaillies par des basanés de toutes provenances voulant se faire passer pour des réfugiés syriens.


Que va-t-il se passer donc après cette catastrophe occidentale ? Voyons d’abord comment ça se passe aujourd’hui puisque vous êtes les spectateurs de la dite catastrophe. Economiquement, vous voyez que les tentatives surtout américaines de substituer leurs propres matières premières aux importations est un échec total : la moitié déjà des compagnies qui se sont lancées dans le gaz de schiste se sont cassé la figure sous les coups portés par les producteurs basanés, Arabie Saoudite en tête : la baisse du prix du baril les a plombés et ils ne trouvent plus aujourd’hui aucun nouvel engagement des banques américaines qui, de leur fait, possèdent à présent des actifs pourris en grand nombre. Les compagnies subsistantes vendent à tout va à l’étranger pour trouver de l’argent frais, entretenant en même temps les bas prix qui les tuent ! Je ne rentre pas dans les détails mais entre l’Iran qui peut aujourd’hui vendre sans restriction et les pays durement impactés par la baisse (Venezuela et Algérie notamment), les dits prix ne vont pas remonter tout de suite, même si la demande et l’offre, me dit-on, devrait mieux s’équilibrer l’an prochain.

En Europe, on cherche aussi à substituer d’autres types d’énergies à l’or noir. C’est très lent et ça pose des problèmes qui ne sont toujours pas surmontés aujourd’hui : bruit et vibration de l’éolien, durée de vie et coût du solaire, difficulté de mise en œuvre du méthane au détriment de des cultures alimentaires, etc., etc. Ce n’est pas demain que les pays occidentaux pourront se passer du pétrole, surtout quand le charbon, dont ils sont abondamment pourvus, est terriblement pollueur : l’écologie est votre allié !

Il en ira de même pour toutes les matières premières : techniquement, on peut tout recréer synthétiquement. On sait faire par exemple des sacs en plastic à partir d’amidon de maïs (ou autre) mais il faut équiper des centaines d’usine et ça coûte beaucoup plus cher. On peut remplacer l’acier par des plastics terriblement renforcés, mais là encore, c’est cher et nous n’avons pas les usines ad hoc. Pareil pour presque toutes les matières premières, y compris alimentaires puisque nous produisons massivement aujourd’hui hors sol et sous serres chauffées. Mais il y a le coût et le temps de passage à la production de masse… Et comme les dirigeants occidentaux n’ont rien vu venir du côté des termes de l’échange, ils n’ont rien prévu : ils ont fini par comprendre mais tardivement et encore, pas complètement, les prix chinois qu’ils attribuent encore majoritairement aux niveaux des salaires alors qu’ils bénéficient surtout d’effets de taille impressionnants : les Chinois font de l’industrie là ou nous faisons du marketing fou, jusqu’à des « séries limitées » aussi stupides que suicidaires.

Il nous faudrait donc au moins deux décennies pour devenir moins dépendants des importations de matières premières et plus compétitifs au niveau de la production. Nous ne les avons pas car la différence entre les taux de croissance des pays émergeant et des nôtres est beaucoup trop élevée : 1,5% par an en Occident contre 4% dans les pays émergeant, 2,5% de différence annuelle, plus de 70% de rattrapage des seconds sur les premiers en 20 ans premier point. Et, ce, aujourd’hui, avec une croissance des pays en développement plus faible du fait de la baisse de la croissance chinoise. La différence va s’accroître à l’avenir car les pays en développement ont de telles réserves de demande intérieure qu’ils continuent à croître en dépit de la baisse de leurs exportations. Le cas de votre continent préféré est exemplaire : le Nigeria par exemple, a vu sa croissance monter à plus de 5% l’an dernier malgré la baisse du prix du pétrole…
Bref, l’Occident va continuer à perdre la maîtrise de l’économie mondiale. Et si la Chine faiblit, notez que l’Inde et l’Afrique accélèrent. 1,3 milliards d’habitant croissent un peu moins vite, 2,5 milliards d’habitants croissent plus vite, les 600 millions d’Occidentaux ne peuvent que compter les points, CQFD. Et ces points, c’est quoi ? C’est tout bêtement des entreprises « basanées » qui s’emparent progressivement de morceaux de plus en plus importants de l’ancien empire des entreprises multinationales d’Occident. Exemple simple là encore : le Nigérian Dangote, partenaire des ciments Lafarge, qui se lance à l’assaut des pays africains francophones. Lafarge a connu la même mésaventure en Europe où c’est un cimentier roumain qui lui a mangé la laine sur le dos. Un peu partout dans le monde, le premier cimentier mondial a vu son aire d’influence reculer, ses parts de marché attaquées de toutes parts. Les traders allaient fatalement se poser des questions et l’action Lafarge être alors attaquée, horreur pour tout PDG d’un grand groupe. Celui de Lafarge se rapprocha donc de celui d’Holcim, cimentier suisse un peu dans les mêmes dispositions que le Français. Les deux firmes viennent donc de fusionner pour cacher en fait à leurs actionnaires leurs reculs sur les marchés mondiaux. Avec de la com là dessus plus un siège social évacué vite fait en Suisse et les actionnaires furent contents. Mais demain, quand ce groupe reculera encore (c’est fatal, les coûts de son capital sont exorbitants face à des groupes autochtones qui s’endettent, eux, à des taux d’intérêt ultra faible), que feront les traders ?

Un jour prochain, les actionnaires se rendront compte d’abord que la valeur affichée de leurs actions ne correspond absolument pas à la valeur réelle des entreprises correspondantes : elles sont cotées en moyenne plus de 10 fois le chiffre d’affaires alors que lorsqu’un quidam achète une PME, sa valeur est au maximum trois fois le chiffre d’affaires avec une prime s’il y a des bénéfices et une forte décote, jusqu’à l’euro symbolique en cas de déficits accumulés. Ils verront aussi que les résultats d’exploitations ne sont obtenus que par reculs successifs du périmètre d’exploitation comme disent les experts : en fermant des usines pour être plus clairs ! On baisse les coûts et de baisse en baisse, on dégage des marges…

Tout cela est largement entamé. Je vous ai donné l’exemple du ciment mais voyez ne serait-ce que l’automobile et la percée opérée sur ce marché par la petite Corée du Sud. Avant que la Chine, qui a mis un pied solide chez Peugeot-Citroën, ne viennent également sur le marché. Voyez même les avions, avec la réussite du Brésilien Embraer et les commandes chinoises sous condition de fabrication sur place… Voyez Nokia qui change de métier, Apple qui coulerait sans ses incessantes et souvent fausses innovations tant la pression des Coréens et, déjà, des Chinois est forte sur les Smartphones. Etc., etc.

Tout cela s’accélère à vue d’œil et continuera à s’accélérer. Surtout quand la bulle spéculative boursière éclatera : je vous ai dit que les multinationales occidentales étaient honteusement surcotées. Ce que vous ne savez pas est qu’elles ont généré des « produits dérivés » en quantité, du type des actions constituées à partir des prêts immobiliers américains, cause de la crise de 2008. Exemple : toutes ces multinationales achètent des matières premières en quantité. Pour éviter de trop grandes fluctuations de prix, elles achètent à terme (au prix du jour de l’achat) et, pour se couvrir, font émettre par les banques des actions des mêmes matières premières au prix du jour de l’achat. Quand le terme arrive et si les prix sont plus élevés, les multinationales sont gagnantes et les acheteurs des actions émises par les banques aussi. Mais s’ils sont plus bas ?! Toutes les matières premières ont ainsi généré des milliards et des milliards de dollars de produits dérivés, ajoutant ainsi à la surcote des entreprises une gigantesque financiarisation de l’économie occidentale dans son ensemble. Si celle-ci sombre sous une crise encore plus forte que celle de 2008, imaginez la panique ! Et les dégâts…
Si encore les Etats occidentaux avaient les moyens de renflouer et les banques, et les grandes entreprises. Mais ils ne les ont plus, ces moyens : tout comme vous crouliez sous les dettes quand vos matières premières étaient pillées, l’Occident croule sous les sienne depuis qu’il doit les payer cher. Il n’y a donc plus de filet de protection et ce sont les monnaies occidentales qui vont plonger sous des inflations de type 1930 : si la bulle explose, cette fois-ci l’économie occidentale explosera. Tout dépend donc de la manière avec laquelle les autorités économiques occidentales géreront la communication du désastre. Si elles arrivent à étaler sur plusieurs années la définanciarisation, elles peuvent éviter la panique. Mais l’Occident dispose-t-il encore de cerveaux capables d’anticiper la crise (elle est imminente) et d’en juguler l’aspect explosif ? Et avec quel argent ? Une solution est de faire racheter toutes les dettes publiques occidentales par les banques centrales et de les rééchelonner sur très long terme. Mais il faut alors le faire vite, avant la crise, et je ne vois pas le début du commencement de la queue d’une telle politique ni en Europe, ni aux Etats Unis. Ce qui risque de se passer est l’application de cette politique en pleine crise : imaginez l’horreur ! Des Etats en voie de faillite vendant des dettes de plus en plus douteuses à des banques centrales obligées de créer de la monnaie sans contrepartie réelle (le rééchelonnement n’ayant pas beaucoup de chance de voir les Etat rembourser plus qu’avant) On risque alors d’avoir des Etats augmenter les impôts en pleine récession et donc d’accroître la récession. En fait, les observateurs actuels commencent à paniquer et vous voyez tout un tas de conseillers en ligne vous suggérant de vendre vos assurances-vie, le placement préféré en Occident, pour acheter qui, des actions dans un nouveau secteur technologique qui, dans l’argent métal (on ne peut plus acheter d’or dans la plupart des pays occidentaux), qui même dans les « bitcoins », cette monnaie virtuelle d’Internet.

Vous voudrez bien m’excuser pout tous ces détails techniques, mais ils sont indispensables à la bonne compréhension des maux qui rongent les économies occidentales et qui causent leur perte. Car c’est d’abord économiquement que disparaît l’empire occidental, ce ne sont ni Daech, ni la Russie qui risquent vraiment de seulement l’inquiéter. Al Qaida puis Daech ont surtout permis aux dirigeants occidentaux d’engager une politique de flicage de masse de leurs populations, sur laquelle je reviendrai. Ce, tout en cachant aux yeux des dirigeants mêmes, la réalité économique de leur déclin : ils succombent d’avoir trop obéi à leurs lobbys militaro-industriels, CQFD !


Le schéma des ultra libéraux

Il est simple à comprendre car ne prenant que le paramètre Chine en compte dans ses calculs : étant donné que les pays en développement seront toujours moins chers du fait de leurs bas salaires, il suffit d’appauvrir les salariés occidentaux pour arriver à terme à parité. Car les salariés des pays en développement se battront avec succès pour voir augmenter leurs rémunérations, comme ça s’est effectivement passé en Corée du Sud. Et comme, en appauvrissant les salariés occidentaux on dégage des marges, il faut automatiquement accepter d’enrichir les riches, CQFD. Sauf que ces illuminés n’ont pas pris en compte les formidables économies d’échelle des très grandes séries des pays en développement. Et ils n’ont même pas perçu la hausse du prix des matières premières puisque les pays en développement les achètent également. Dernier point non prévu également : l’effondrement des marchés intérieurs occidentaux, déjà passés en mode « marchés de remplacement » et non plus marchés d’équipement, avec donc les marges jadis confortables des entreprises sur leur marché d’origine envolées à tout jamais : aujourd’hui, ce n’est plus de la guerre commerciale, c’est du corps-à-corps féroce sur tous les marchés de la planète ! Avec, côté occidental, des actionnaires trop gourmands et des dirigeants devenus fous de fric : ils ne peuvent plus faire baisser réellement les masses salariales car leur encadrement supérieur coûte beaucoup trop cher !

A suivre

Texte : Christian d'Alayer (cliquez pour accéder à son indispensable blog)

Published by Gri-Gri International Christian D'Alayer - dans Economie Histoire Politique Con de blanc
commenter cet article
18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 10:43
#SurvieDuGabon / Jean-Marc sera-t-il un Ayrault pour les Gabonais ?

Madame, Monsieur,

Veuillez trouver ci-dessous et ci-jointe la lettre ouverte que l'association Survie a envoyée ce jour à M. Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, concernant le maintien de la coopération militaire et sécuritaire française avec le Gabon relevant de son ministère, alors même que la période pré-électorale est émaillée de violations multiples des droits humains et des principes démocratiques de la part du pouvoir et des forces de l'ordre gabonais.

Nous vous serions reconnaissants si vous pouviez donner de l'écho à cette initiative, et plus largement aux enjeux de cette élection imminente et aux conditions de répression extrême qui s'abattent sur la société civile à son approche, dans ce pays clé des relations franco-africaines qu'est le Gabon.

Pour plus d'information :
- Lire le dossier d'analyse de Survie : Elections en Françafrique, la coopération militaire française au service des dictatures
- Contacter Thomas Bart, porte-parole de Survie sur le Gabon : thomas.solidarite60@gmail.com

Bien cordialement,

L'Association Survie

47 avenue Pasteur
93 100 Montreuil
01 44 61 03 25
www.survie.org

---

Lettre ouverte au ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault
Coopération militaire et sécuritaire avec le Gabon

Paris, le 18 août 2016


Monsieur le Ministre,



Le 30 mars 2016, en réponse à notre interpellation sur les élections en cours dans différents pays d'Afrique et la politique de la France dans ces pays, vous nous avez écrit que c'est au quotidien « que notre diplomatie s'emploie à soutenir les acteurs de la société civile et de la classe politique pouvant être entravés dans leurs activités ou menacés ».

Depuis plusieurs semaines, dans un contexte pré-électoral extrêmement tendu, de nombreux opposants politiques et membres de la société civile gabonais sont victimes d'une répression massive. Nous vous demandons donc, par cette lettre, de joindre la parole aux actes et de prendre position sur les exactions commises au Gabon à l’encontre de ces acteurs que vous déclarez soutenir.

Pour ne citer que quelques exemples, le leader du mouvement des jeunes de l’Union Nationale, Firmin Ollo, se trouve encore à la prison centrale, bien que le juge ait prononcé sa libération vendredi 29 juillet. Sont également toujours détenus des leaders syndicaux de la confédération Dynamique Unitaires, R. Ondo Abessolo et J.R. Yama, arrêtés le 9 juillet (ainsi que plusieurs de leurs collègues). J. R Yama souffre pourtant de graves problèmes de santé et ses conditions d’emprisonnement ne font qu’aggraver son état, comme en atteste son passage le jeudi 4 août au soir en soins intensifs à la clinique SOS Médecin, avant de retrouver sa cellule. Depuis le 9 juillet, ce sont plus d’une trentaine de militants associatifs, syndicaux, politiques ou encore artistes et journalistes qui ont été arrêtés de manière arbitraire.

L'association Survie a d'ores et déjà interpellé le Président de la République sur la situation au Gabon et en particulier sur la coopération sécuritaire que la France entretient avec ce pays. A ce jour, et alors que la répression se poursuit, nous observons que la France n’a, une nouvelle fois, pris aucune position officielle dénonçant ces violations flagrantes des droits de l’Homme. Au contraire, elle maintient jusqu’à présent l’ensemble de ses coopérants militaires au Gabon, renforçant ainsi la dictature d’Ali Bongo, et se rendant par là même complice des exactions commises par le régime contre sa propre population.

Nous vous demandons donc de vous positionner publiquement sur la situation qui prévaut actuellement au Gabon, et notamment sur les arrestations et détentions arbitraires. La récente déclaration conjointe du 12 août 2016 , à laquelle s'est associée l'ambassade de France au Gabon, ne peut en aucun cas tenir lieu de condamnation de la répression en cours, puisqu'elle appelle au contraire les acteurs au « dialogue » et à la « négociation ».

La Direction de la coopération de sécurité et de défense étant rattachée au Ministère des Affaires étrangères, nous vous demandons également de suspendre immédiatement la coopération militaire et sécuritaire, et de rendre publics l’ensemble des postes ainsi que leurs fonctions, des différents coopérants français au Gabon.

La suspension de cette coopération est d'autant plus urgente que l'élection présidentielle gabonaise est prévue le 27 août et qu'une intensification de la répression est donc à craindre, comme cela avait été le cas en 2009. Faire le choix de maintenir cette coopération serait en contradiction totale avec « l'attachement aux principes démocratiques, aux libertés publiques et au respect des droits de l'Homme » que vous nous aviez exprimé.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de ma très haute considération,

Marie Bazin
Co-présidente de l'association Survie

Published by Gri-Gri International
commenter cet article
17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 10:04
Sankara par Negroni : extraits de Une nuit à Majunga (#LectureProtche)

Ajoutée le 21 juin 2016

Juin 2016
Sankara par Negroni : extraits de Une nuit à Majunga

Auteur, sociologue et ancien coopérant particulièrement acerbe avec ses confrères (voir Les colonies de vacances, qui fit grand bruit au milieu des années 1970), ayant travaillé sur l'aristocratie, le suicide et l'image de l'Africain dans la production culturelle, François de Negroni a rencontré à Madagascar, à Majunga plus précisément, un jeune étudiant voltaïque... Thomas Isidore Noël Sankara.
Ce livre est le récit de cette rencontre.

Lecture : Grégory Protche
Mix : Cave du 18

Une nuit à Majunga est paru en mai 2016 aux éditions Materia Scritta.

Published by Gri-Gri International François de Negroni - dans Burkina Faso Devoir d'histoire Littérature Francophonie Gri-Gri TV
commenter cet article
16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 11:48
#Frangili / Ouattara prive la CI d'une athlète aux JO pour ne pas citer Gbagbo qui l'a naturalisée !

Trouvé sur le compte Facebook du journaliste Serge Bilé le 6 août 2016

Tout le monde connaît et apprécie le chanteur du groupe Magic System, Asalfo, de son vrai nom Salif Traoré. Il est lui aussi devenu ivoirien par naturalisation grâce à un décret pris en juillet 2009 par l'ancien président Laurent Gbagbo.

Un an plus tard, le même Ggagbo accordait également par décret la nationalité ivoirienne à Carla Frangili, cette jeune athlète qui vient d'être privée des Jeux Olympiques de Rio, officiellement pour "vice de procédure dans son dossier de naturalisation". Le cas de Carla n'est d’ailleurs pas isolé puisqu'on me dit que des centaines de naturalisés de l'ère Gbagbo sont dans le collimateur du pouvoir qui a donné des instructions à son administration de ne pas renouveler leurs passeports parce qu’ils sont jugés suspects, en attendant un examen sur le fond.

Au-delà du problème de continuité administrative que pose cette remise en cause décidée par Alassane Ouattara, deux questions restent en suspens. Sur quels critères ces naturalisations faites sous Gbagbo sont-elles contestées aujourd'hui et à quel rythme les instruit-on ??

Prenons le cas d’Asalfo, dont on connait les liens avec le couple Ouattara. Son décret de naturalisation, pris par Gbagbo en 2009, a été remplacé par un deuxième décret paru au Journal Officiel le 5 janvier 2015, dont je reproduis ici la copie. Pour info, ce deuxième décret porte en haut exactement la même année (2009) et le même numéro que le décret de Gbagbo : 2009-222. Et puis comme vous pouvez le voir en bas du document, on a gardé, comme pour le premier décret, le nom de… Laurent Gbagbo. Si le dossier d’Asalfo a été traité avec rapidité, il n’en n’est pas de même pour tous les autres.

Dans le cas de Carla Frangili, on est même en droit de s’interroger. Son passeport ivoirien expire le 25 janvier 2017. C'est avec ce passeport ivoirien qu'elle a remporté les championnats d'Afrique de tir à l'arc, au nom de la Côte d'Ivoire. C'est avec ce même passeport ivoirien qu'elle est venue à Abidjan du 17 au 22 mai dernier et, à aucun moment, ni à l’entrée ni à la sortie du territoire, la police des frontières n'a trouvé à redire à ce document. Mais, comme la règle olympique impose aux athlètes d’avoir un passeport valable jusqu'à au moins 6 mois après la fin des Jeux, le père de Carla Frangili a déposé en juin dernier une demande de renouvellement, et c’est là qu’elle lui a été refusée. D’où ma question : quelle fraude à la nationalité ivoirienne une athlète qui vivait tranquillement chez elle en Italie jusqu'à ce que la Côte d'Ivoire vienne la chercher, quelle fraude à la nationalité ivoirienne pourrait-elle avoir commis pour qu’on refuse de renouveler son passeport ??

Si je m’en tiens à la déclaration mardi dernier du ministre des sports, eh bien Carla Frangili n’a commis aucune faute. François Amichia n’a-t-il pas dit lui-même ce jour-là à son sujet : ’’Elle est encore jeune et pourra défendre les couleurs nationales à l’occasion d’autres compétitions’’. Ça veut dire en clair que Carla Frangili, même privée de son passeport ivoirien, est toujours ivoirienne. En fait tout porte à croire qu’on n’a pas voulu qu'elle participe aux Jeux Olympiques pour que son succès éventuel ne soit pas mis au crédit de l'ancien président, comme me l'a expliqué un proche du dossier. Tout porte à croire qu’on n’a pas voulu qu'elle participe aux Jeux Olympiques, sans quoi on aurait fait comme pour Asalfo : on aurait reconduit rapidement, tel quel, son décret de naturalisation pris par Laurent Gbagbo…

Published by Gri-Gri International Serge Bilé - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 Francophonie Sports
commenter cet article
15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 10:15
Ali Bongo n'est pas plus gabonais que moi !, par Grégory Protche (#Texte #Péan #Marianne)

De l'impossiblité pour un journaliste français d'accepter que le droit du sang s'imposât au Gabon

Ou

Ce qu'on apprend dans Marianne des révélations de Pierre Péan sur Ali Bongo

Préalable : se demander quels liens ambigus et ambivalents entretiennent cette fournée chez Marianne, et, quelques heures plus tôt, ce que nous appelions un "Tir dans le tas", chez Mediapart - qui prenait soin de diviser son assaut en additionnant Ali Bongo, et, un peu plus cruellement, son néo-opposant et possible parent, Jean Ping - qu'on appelait "le Chinois" lorsqu'il était ministre du Mollah Omar Bongo, le faux père d'Ali.

Traduction : Mediapart n'était-il pas "chargé" de relativiser et amoindrir l'impact de la livraison de Marianne ? La question n'est pas belle, mais, foi de satiriste, elle se pose. Et pas pour la première fois : n'était-ce pas dans Mediapart, la dernière fois, qu'un communicant d'Ali prénommé Billy put répondre à la précédente salve péanienne ?

Dans Marianne, n°1004, en date du 1er juillet 2016, c'est le journaliste Alain Léauthier (plutôt équilibré, c'est à noter, dans son traitement de l'exemplaire et emblématique crise ivoirienne) qui introduit l'ultime enquête de Péan. Son boulot n'est pas simple. Marianne, comme bien d'autres, est très embarrassée par le thème, sur lequel, tel un clou, Péan tape depuis longtemps : Ali Bongo ne serait pas réellement le fils de son père, feu le Mollah Omar Bongo. Léauthier rappelle, justement, que depuis Affaires africaines (1983), Péan n'a jamais cessé de le répéter, sur tous les tons et des caisses de documents à l'appui. Nous y reviendrons.

Car on touche ici un point névralgique, sur lequel Français et Africains francophones peinent à s'entendre, ne serait-ce que sur les termes du débat.

Pourquoi tant de gêne ?

Charles Onana, proche de Péan, pour ses révélations sur le "voltaïsme" d'Alassane Ouattara, n'a pas eu beaucoup d'écho dans les voltairiens médias français. Il y avait pourtant matière. Gbagbo, dont les partisans furent taxés de xénophobie, d'islamophobie, de communautarisme et de racisme, ayant du, pour complaire à la communauté internationale, tordre la constitution ivoirienne jusqu'à l'illégalité pour rendre possible la candidature de son adversaire, un Ouattara incapable de prouver la naissance ivoirienne de ses deux parents, préalable légal indépassable... depuis une constitution approuvée à plus de 90% par les Ivoiriens (y compris le parti de Ouattara) en 1999.

Pour un Français - et, à part Péan, ils sont peu à oser aller aussi loin sur la gabonité du Mollah'Son -, qu'Ali soit ou non le fils d'Omar et, accessoirement, donc un "vrai" Gabonais, compte, finalement, assez peu.

Etrange mélange :

1) de sentimentalisme indulgent... si Charles "Bongo" Ingalls a élevé Alain-Ali, c'est qu'il l'aimait comme son fils (moins discutable que la gestation par autrui, la paternité par amour) ;

2) de bananianisme... en Afrique, c'est connu, la famille est large et imprécise comme une date de naissance ou un tracé de frontières (comme si les principes et les lois n'étaient pas, eux, justement, intangibles en Afrique aussi) ;

3) de droit du sol français contre droit du sang gabonais... or, en France, le droit du sang est une revendication front nationaliste, donc xalam, laide, indigne, déshonorante et une kyrielle d'adjectifs tous très très infâmants (alors que nombre de partenaires, pas officiellement fâcheux, de la France pratiquent ce même droit du sang sans offusquer quiconque) ;

4) d'inconséquence... célébrons en Afrique les institutions contre les hommes dans le discours moyen (Obama au Ghana en 2009), mais hâtons-nous de les oublier lorsque nous ne parvenons pas à leur faire dire ce qui nous arrangerait (Gbagbo, bien que Conseil constitutionnalisé de frais le 4 décembre 2010, ne saurait être le président qu'auraient librement élu les Ivoiriens) ;

5) d'un pragmatisme circonstanciel, selon lequel on fera du business avec celui qui a le pouvoir et non avec celui qui moralement "devrait" l'avoir (là encore, fut-ce, ici, paradoxalement, Gbagbo fait jurisprudence : si on l'a pour finir si violemment attaqué début avril 2011, après trois mois d'embargo et pressions diverses, n'était-ce pas parce que les Chinois étaient à deux doigts d'envoyer paître la communauté internationale franco-onusienne et ses mises à l'index, pour à nouveau commercer avec lui, parce que, soutenu par l'armée, la police et l'administration, il exerçait le pouvoir ?) ;

6) d'une certaine légèreté dans l'appréhension d'un pays, de ses lois, des rapports entretenus par ses concitoyens avec ces mêmes lois (quels ringards ces Gabonais, capables de risquer de se priver d'un phare, d'une étoile polaire, d'un génie de songe comme Ali Bongo pour de vilaines raisons qu'on se hâtera de trouver d'abord chauvines et ensuite, très anecdotiquement, constitutionnelles !).

On voudrait que nos pays d'Afrique francophone aient une fête nationale sans jamais respecter chez eux le fait national.

Et les implications qu'ils lui donnent.

Bref, pour un observateur français des questions africaines, l'argument de la naissance, de la nationalité réelle d'Ali Bongo et donc de la constitutionnalité de sa candidature ne peut être utilisé. Ca brûle. Ca pique les yeux. Ca invalide et discrédite celui qui en use. En France mais aussi, et c'est plus grave, au Gabon.

Au point de finir par justifier et légitimer le pouvoir d'Ali : mieux vaut un "faux" Gabonais en phase avec les critères et normes made in France qu'un "vrai", avec papa et maman du Gabon, mais qui tiendrait sur la question des origines et des archives un discours aux accents clodoaldiens.

Ce qui, à certains égards, en termes de posture, n'est pas éloigné sinon de l'ingérence (quel pays africain a jamais protesté contre le droit du sol français ou la bi-nationalité, interdite pourtant dans nombre d'entre eux ?), au moins de l'ethnocentrisme - d'autant plus inacceptable, on l'a dit, qu'il est à géométrie variable et ne s'applique, comme la justice internationale, qu'aux présidents africains.

Pour un Gabonais, né au Gabon de parents gabonais, ce qui, a priori, constitue sinon la norme au moins la majorité des cas, la question de la naissance et de la filiation du président, manifestement, ça fait sens. Pas parce qu'ils sont gabonais, xénophobes, racistes, bantous et africains (donc animistes, superstitieux sur les bords et autres considérations touristiques), mais parce que LA LOI GABONAISE LE DIT. Et que tant que celle-ci ne sera pas changée, il en ira ainsi. A charge - si le besoin social et politique s'en faisait ressentir au Gabon - pour la société gabonaise, civile mais pas seulement, ses médias et contre-pouvoirs, ses élites et son peuple, de susciter démocratiquement un débat à l'issue duquel le droit du sol serait adopté.

Pour l'heure, le droit du sang prévaut à Libreville.

On sait, grâce au film d'Eric Benquet La Françafrique (discutable par ailleurs dans son propos) qu'Ali Bongo n'a pas été élu en 2009. Trois officiels français de hauts rang y affirmaient que le résultat de l'élection avait été inversé pour permettre à Ali le looser de trôner. Plus près de nous, tancé par le scolaire et lourdingue humoriste Jérémy Ferrari, dans une émission de Laurent Ruquier sur France Télévision, le Premier ministre français, le Sarkozy à la catalane Manuel Valls lui-même a piteusement admis qu'Ali n'avait pas vraiment été élu...

Ca, l'arnaque électorale, la presse française la condamne volontiers. De même pourfend-elle, et chaque année plus satiriquement, les Biens mal acquis, le népotisme et le dynastisme des affreux présidents afro. Car ce qui est choquant pour elle, mais pas si grave, c'est que les Bongo (ou les Eyadéma) se refilent le pouvoir de père en fils ; pas que le faux fils récupère illégalement un illégitime pouvoir d'un père d'adoption. Pas que Alain-Ali ne soit ne soit pas l'enfant d'Albert-Omar, ni donc celui du pays. Le père donne un pays et la mère une langue (maternelle, lol).

Là, d'après Péan, il n'y a aucun des deux. Vu de Libreville, Ali Bongo n'est pas plus gabonais que moi !

En se privant de traiter cette question, avec les pincettes et égards respectueux qui conviennent, les confrères taiseux sur les travaux de Péan pratiquent la légalisation de l'inceste : Ali n'aurait jamais dû devenir président, à la fois parce qu'il n'avait pas le droit de concourir et parce qu'en sus il a triché, mais il l'est et nous ne voulons pas risquer d'emprunter à la rhétorique identitaire pour dénoncer l'illégalité de sa candidature et par conséquent de son mandat.

Autant on peut comprendre l'embarras du Premier ministre français au moment de répéter intelligiblement et officiellement qu'un des principaux partenaires commerciaux et stratégiques de son pays n'aurait pas été élu démocratiquement et ne serait donc pas un légitime interlocuteur, car il y aurait forcément des conséquences politiques, économiques, commerciales, voire militaires, à une telle déclaration.

Autant il sera permis de s'interroger sur le silence d'un Antoine Glaser sur ces points, régulier client de C dans l'air et auteur d'un Arrogant comme un Français en Afrique qui eût du, pour échapper à son propre postulat, poser sans angoisse les termes réels de ce vrai débat. Plutôt que de sournoisement chipoter autour d'une Chinafrique aussi vraie et aussi fausse que sa cousine française.

Et l'Hugeux. Le prof de journalisme condamné pour n'avoir point assez enquêté, toujours le premier à paradoxer doctement, à pondérer subtilement, jeux de mots et effets sans style à l'appui, n'était-on pas fondé à attendre de lui, dans les colonnes de l'Express ou dans une publication du CNRS, un vrai état des lieux, honnête, pragmatique et sans arrière-pensée, sur la légalité et la légitimité d'Ali Bongo au regard de la constitution gabonaise ?

Quand ce n'est pas le silence des yeux baissés, c'est le refus indigné et entendu, la condamnation morale de l'expert : "Très mauvais angle d'attaque qu'ont choisi là les souverainistes et autres opposants à Ali Bongo, mauvais combat." Ah bon.

Voire la calomnie, la diffamation. Combien sont-ils à m'avoir affirmé tranquillement que Péan était "payé"... à son âge, assis sur des droits d'auteurs de chanteur à succès, Péan ferait de la retape pour quelques centaines de milliers d'euros ? Bof.

Examinons maintenant en détail les apports de Péan, les informations et révélations contenues dans sa nouvelle enquête. Non sans relever un point dans l'intro de Léauthier qui mérite éclaircissement. Ainsi, p.42, est-il écrit : "à plusieurs reprises elle (la France) n'a pas hésité à intervenir dans les affaires intérieures du pays pour protéger ses intérêts économiques et stratégiques." A quelles interventions françaises dans les affaires intérieures gabonaises Alain Léauthier fait-il référence ici ?

Et plongeons au coeur des scoops et révélations de Pierre Péan relativement à la naissance d'Ali Bongo.

"En 2009, pour contourner l'article 10 de la Constitution, Ali Bongo s'est présenté à la présidentielle gabonaise en arborant un faux certificat de naissance, comme il l'a reconnu le 11 janvier 2015 sur RFI."

"Car Ali Bongo n'est pas le fils biologique du couple Bongo. Le quel, n'ayant pas fait les démarches pour l'adopter après son arrivée du Biafra, en septembre 1968, a préféré lui faabriquer un faux état-civil. La nationalité d'Ali Bongo est donc incertaine. Ce n'est qu'un sans-papiers vivant au Gabon, un SPF ("sans-papiers fixe"), selon l'expression assassine de Chantal Myboto, une des nombreuses ex-compagnes d'Omar Bongo."

"Contrairement à la légende devenue vérité d'Etat, l'actuel président gabonais n'est pas né le 9 février 1959 à Brazzaville."

"(Patience Dabany) la propre épousee du président gaboonais n'a pas d'enfant (...). La progéniture de Bongo n'est pas de Joséphine, née Nkama. Ses enfants viennent d'autres lits - notamment ceux des soeurs de sa femme - ou ont été adoptés par le couple présidentiel lors de la guerre du Biafra."

"Léon-Paul Ngoulakia (fils de la soeur aînée de Patience Dabany, et donc cousin d'Ali, ndlr) m'a raconté être arrivé en 1967 dans la famille Bongo et n'avoir vu Ali Bongo qu'en 1968..."

"Quelque temps avant sa mort, le pasteur Ernest Tomo, fils du ministre de l'Intérieur chargé à l'époque de s'occuper de l'arrivée des enfants réfugiés du Biafra, m'avait confié qu'Ali (qui s'appelait alors Alain) était arrivé à Libreville en même temps que son frère biafrais Jean. Mais, contrairement à la famille Bongo, Ernest Tomo effectuera dans les règles les démarches officielles d'adoption afin de donner son patronyme au garçon."

"Ils ont ainsi fait "naître" Ali (Alain) en 1959 (officiellement par césarienne) alors que Joséphine n'avait que quatorze ans, puis Annick cent quinze jours plus tard."

"En se fiant à ces seuls actes, Joséphine aurait ainsi trois enfants entre 14 et 1- ans et demi."

"Le jour des noces, l'ancienne épouse d'Omar Bongo a en effet déclaré à l'officier d'état-civil ne pas être en mesure de signer. Et, effectivement, elle authentifiera l'acte de mariage avec son pouce ou son index. Or, à en croire sa fiche wikipédia, Patience Dabany "a fait ses études primaires à l'école catholique de Brazzaville où elle est devenue par la suite institutrice...""

"Dans la perspective de l'élection de 2016, l'entourage d'Ali Bongo a tenté de calmer les esprits en faisant publier, le 2 décembre 2014, dans Le Monde, la photocopie d'une déclaration de naissance d'Ali figurant dans un registre d'état-civil de l'année 1959 de la mairie de Brazzaville. Un faux à nouveau(...) A la suite d'une procédure engagée à Nantes par Onaïda Maisha Bongo, la fille de Bongo et de Chantal Myboto - oubliée dans l'acte de succession du "vieux" - le service central d'état-civil de Nantes exhibe en novembre 2015 une copie du registre d'état-civil de Brazzaville, quasiment identique à celui publié par Le Monde. Or la copie d'un faux, même émise par un organisme officiel, reste toujours un faux."

Texte : Grégory Protche (Feat. Pierre Péan)

Published by Gri-Gri International Grégory Protche - dans Gabon 2011 Francophonie Politique harcèlement textuel
commenter cet article

Gri-Gri TV