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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:30
#Sénégal / Contre-Sommet de la Francophonie, le programme des festivités

Jeudi 27 Novembre - 10h00

Au restaurant Relais : exposition d art africain, concours poésie/slam

Vendredi 28 Novembre - 15h00

Conférence publique du groupe refondation sur les martyrs de 1944-salle de soutenance de la FLSH/UCAD

Samedi 29 Novembre - 9h00

Colloque UCAD II : thème : Francité, Francophonie et identités nationales

Samedi 29 Novembre - 15h00

Marche départ RTS, arrivée place de l Obélisque

Samedi 29 Novembre - 17h00

Concert place de l Obélisque avec comme groupe phare Keurgui, Maxicrew, Maxcrasy, Takeifa...

http://www.momsarew.org/

https://www.facebook.com/fnspmomsarew?ref=ts&fref=ts


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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:25
Malick Noël Seck, Discours sur la Francophonie (texte)

Aussitôt reçu, aussitôt transmis.

Reçu du Front national de salut public, de notre camarade sénégalais Malick Noël Seck.

À la fin du texte, vous trouverez quelques liens vers les vidéos les plus marquantes de son parcours ces dernières années.

A l'attention de votre rédaction,

L’avenir c’est l’Afrique dit-ont souvent, mais est-ce une Afrique qui appartiendra aux africains, ou l’Afrique des multinationales, du néolibéralisme et de la CPI ? Bété, Bamoun, Diola, Mandingue, Ewe, Peul, Wolof, nos différences culturelles sont un luxe que nous ne pouvons plus opposer au destin macabre qui nous attend si ensemble nous ne réagissons pas ! La presse est la colonne vertébrale de cette réaction. Elle est au centre de l’action pour une Unité Africaine qui ne sera ni quête romantique, ni fantasme racial, ni recherche d’une originalité introuvable dans les origines mais unité dans l’action concertée, coordonnée pour déconstruire les politiques de coopération des Gouverneurs de l’Elysée, qui aujourd‘hui, nous tiennent lieu de chef d’Etat. C’est dans le but de suggérer aux populations de l’Afrique subsaharienne une autre alternative, que nous organiserons un contre-sommet de la Francophonie le 29 et 30 novembre 2014.

Le Discours sur la Francophonie est un acte de naissance que nous souhaitons annoncer dans vos colonnes. Nous vous remercions de bien vouloir le publier.

Discours sur La Francophonie

Du 29 au 30 novembre 2014 se déroulera à Dakar, l’infâme sommet de la Francophonie. Organisé par l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), l’ancienne agence de coopération culturelle et technique (ACCT), on voudrait nous faire croire que son projet est purement linguistique et culturel, or il n’en est rien ! L’OIF n’est qu’une administration de plus instituée par la Francafrique afin de soutenir les leaders politiques qui ont choisi l’Élysée/Matignon contre leur peuple. Il ne faut pas confondre le français et la Francophonie !
Le français est une langue, et comme toutes langues, il fait partie du patrimoine universel. Il appartient à ceux qui l'apprennent, le comprennent, il exprime les idées de ceux qui le parlent ! C’est en français que Sékou Touré dit à de Gaule dans son discours de Septembre 1958, « Nous sommes africains, et nos territoires ne sauraient être une partie de la France ».
La Francophonie, c'est le colonialisme !

Il existe déjà un programme de Francophonie militaire encadré par le ministère français des affaires étrangères, qui s’étend sur 75 pays et qui consiste à l’envoi de professeurs de français (avec ou sans treillis) à l’intérieur des casernes militaires des pays du tiers monde pour y enseigner le français et surtout établir des liens précieux entre les États-majors !
Il n'appartient pas aux administrations françaises (la gauche étant pire que la droite) de nous rassembler autour d'un concept aussi nébuleux que la francophonie à des fins soi-disant humanistes.

Mais enfin pour qui se prennent-elles ?

C'est elles qui balkanisent, effectuent en Afrique des ajustements structurels par l'assassinat politique et le coup d'État militaire, commanditent les génocides, divisent pour mieux régner, en contrôlant nos banques centrales, notre monnaie et en supervisant les organes de presse chargés de nous désinformer. Elles ont dissout les anciennes fédérations d'AOF et d'AEF, créé des micros États, soutenu les dictatures qui leur étaient favorables, fait de l'Afrique francophone une chasse gardée exclusivement réservée à leurs grandes entreprises, elles nous ont réduit, avec la complicité de notre élite politique, à l'état de mendicité absolue, et à l'heure où elles sont engagées dans la construction de l'Europe, elles voudraient que nous nous contentions d'être des francophones !

Et comme dans toute entreprise coloniale, dont le but ultime est toujours d'asservir pour mieux s'implanter, d'abrutir pour mieux exploiter, elles ont besoin de complices, de collaborateurs, d'Africains qui jouent le jeu en se cantonnant au rôle qu'on leur assigne, et en respectant la bienséance édictée par leurs maitres, pour mieux recevoir les Prix qu’on leur paye. Tout dans cette Francophonie relève de la mise en scène et du faux-semblant, et le relativisme moral, comme toujours, y côtoie l'imbécilité. C’est une pensée qui renvoie à l’essentialisme colonial, selon laquelle il existerait une essence Nègre qui fait de l’Africain un Homme identique sous tous les cieux et à travers les âges. On nous dit que le thème de ce XVème sommet sera centré autour des "Femmes et des Jeunes en Francophonie", car selon les organisateurs, les Punus et les Fangs du Gabon ; les Bassas, les Doualas, les Bamilékés et les Bamouns du Cameroun ; les Konos, les Soussou et les Peuls de la Guinée ; les Sérères, les Diolas et les Wolofs du Sénégal, comme la Tunisienne ou les Baoulés de Côte d’Ivoire… qu’ils soient animistes, chrétiens, ou musulmans, quelle que soit leur appartenance sociale, dans des pays où l’ampleur de l’illettrisme est symptomatique d’une déliquescence générale, ont pour dénominateur commun : le Français.

Et ce n’est pas du français de Danton et de Saint-Just qu’il s’agit, mais bien celui de Foccart, de Messmer, de Bouygues, de Bolloré, de Bob Denard, c’est-à-dire celui du chasseur d’homme avec son filet, sa muselière, ses tirailleurs et son chien !
Mais si la pensée nous semble incohérente, la démarche est insidieuse. C’est l’OIF, flanquée de son Secrétaire Général, qui n’est autre qu’un ancien président de la République du Sénégal, qui reconnaissait la réélection du dictateur Paul Biya au Cameroun en octobre 2011, c’est elle qui valide les dictatures héréditaires du Gabon des Bongo, du Togo des Eyadema. Elle tient ses conférences à Brazzaville chez Sassou-Nguesso ou à Ouagadougou, chez l’assassin de Sankara. C’est vous dire l’intérêt qu’elle porte à la démocratie.

Elle est responsable de la « prévention des conflits », c’est-à-dire que de projet linguistique et culturel, elle devient une organisation politique. Elle est désormais, selon la déclaration de Saint-Boniface, adoptée par l’OIF en mai 2006, chargée par la France, de « ... jouer pleinement son rôle spécifique dans l’observation, l’alerte précoce, la diplomatie préventive, la gestion des crises, l’accompagnement des transitions et la consolidation de la paix, et ce, dans le cadre d’une coopération systématique et rationalisée avec les Organisations internationales et régionales. »

Comme le disait si bien le roi Christophe dans la Tragédie d’Aimé Césaire : « Le crime de nos persécuteurs nous cerne les talons et mon peuple danse » ! Arrêtez de danser et de rire du mal que l’on vous fait. Réveillez-vous au grand jour de cette terre qui est vôtre! Que les larbins de l’Élysée s’inclinent et que les peuples se relèvent, car nous ne sommes pas les Nègres de la France des lobbies et de la haute finance. Il faut oser organiser un sommet de la Francophonie dans des pays minés par une pauvreté endémique, par la famine, l’enrichissement illicite, l’absence d’infrastructures hospitalières où la démocratie est une farce et les jeunes sont sans avenir.

La francophonie gangrène tous les aspects de la vie sociale. Elle corrompt les générations futures en instituant les Conseils Nationaux de Jeunesse (CNJ) comme seul interlocuteur de la jeunesse et à travers le financement des organisations et des associations dites de la société civile. L’idée sous-jacente est que chaque contestataire supposé ou réel soit pourvu d’un poste, d’un titre, d’une bourse, d’un visa qui lui fasse passer l’envie de protester, et qu’il se résigne à sacrifier le destin de son peuple en échange de la pitance qu’on lui offre.

Nous venons de vous exposer la supercherie Francophone en Français. Nous avons tenu à dissocier la langue et la culture française de la francophonie qui n’est qu’un prolongement de la stratégie coloniale destinée à l'exploitation de nos matières premières, l'occupation militaire de nos territoires, la formation d'une élite politique aux ordres de l'Elysée, et l'abrutissement de nos peuples. Ce combat ne s'exprimera ni en Sérère, ni en Bamoum, ni en Bété ni en lingala, mais en français car c'est une langue que nous pouvons tous comprendre, y compris nos amis du peuple de France dont nous avons besoin du soutien, car nous voulons toucher toutes les personnes solidaires de notre cause !

Il est regrettable de voir qu'un des réflexes les plus répandus est d'associer le français à la Francophonie et d'opposer à la langue française nos langues nationales ! Nous pouvons tout en conservant le français comme une langue vernaculaire, commerciale et politique, développer l'enseignement des langues nationales.

C'est pour l'ensemble des raisons évoquées que nous avons organisé un contre-sommet auquel nous convions les peuples d'Afrique et de France pour une action concertée afin d'exposer les mensonges que répandent les courtiers de l'impérialisme. Notre démarche devra inspirer d'autres mouvements en Afrique subsaharienne et en France métropolitaine car seule l'unité dans le discours et l’action peuvent nous garantir la souveraineté réelle sans laquelle aucun projet de développement ne saurait aboutir à une amélioration de nos conditions d’existence.

Malick Noel Seck

www.momsarew.org

Pour la presse internationale, nous joignons un petit dossier de presse electronique qui vous permettra de mieux nous connaitre.

http://momsarew.org/charte-du-citoyen

http://www.20minutes.fr/monde/874640-20120207-malick-noel-seck-revolte-politique

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120116114020/

https://www.youtube.com/watch?v=h30gdFJGk5I

https://www.youtube.com/watch?v=c1AG81jXRU4

https://www.youtube.com/watch?v=UMnK4hHy6x4

https://www.youtube.com/watch?v=PhkpwUV7ZE0

https://www.youtube.com/results?search_query=malick+noel+seck&page=2

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:15
Malick Noël Seck, Discours sur la Francophonie (audio/vidéo)

Version audio/vidéo du Discours sur la Francophonie de Malick Noël Seck lue par Grégory Protche.

http://www.momsarew.org/

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:00
#Burkina / Le député et le manifestant, fable politique contemporaine

Indiqué par Eiko Lala (Chroniques d'une exilée)

sur le compte Facebook de Steve Dimitri Pare

Le député et le manifestant

Maître député sur un portail perché
Tenait dans sa poche 5 millions
Maître manifestant le regard frondeur
Lui tient à peu près ce langage
‘’Hé ! Bonjour, monsieur le député’’
Que tu es beau ! Que tes poches sont pleines !
Sans mentir, si la beauté de ta poche
Se rapporte à celle de ton basin
Tu es le plus beau député de cette assemblée
A ces mots, le député ne se sent pas de joie.
Et pour montrer ses talents de grimpeur
Il soulève son gros boubou, laissant tomber les liasses
Le manifestant s’en saisit et dit : « mon beau député
Apprend que tout votant de ce jour en court la furie du peuple
Cette leçon vaut tout de même 5 millions.
Le député en sueur, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’à l’assemblée, on ne l’y prendrait plus.

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 09:00
#Gabon / Alain Claude Bilié By Nze se disait capable d'acheter Pierre Péan...

Article initialement paru à Libreville in Échos du Nord n°260

Une tentative d’escroquerie a bien été montée par l’entourage du chef de l’Etat, en se servant du nom de Pierre Péan. Dans ce micmac explosif, le nom du porte-parole de la présidence de la République apparaît à tous les étages.

Ali Bongo Ondimba est en train de connaître une fin de règne à la Mobutu, ancien président du Zaïre, actuelle République démocratique du Congo (RDC). En effet, Joseph-Désiré Mobutu, menacé par la rébellion menée par Laurent-Désiré Kabila, soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, avait confié à son chef de gouvernement la mission d’aller acheter des armes en Europe pour y faire face. Sauf que Kengo wa Dondo, le Premier ministre de Mobutu, aujourd’hui président du Sénat de la RDC, avait gardé par-devers lui une partie de la cagnotte, laissant l’armée zaïroise en déroute, sans moyens de défense.

C’est exactement ce qui se passe dans l’entourage d’Ali Bongo Ondimba, depuis la sortie du dernier livre de Pierre Péan Nouvelles affaires africaines. Mensonges et pillages au Gabon (Fayard, 2014). Plusieurs émergents, longtemps sevrés, ont perçu là un filon pouvant leur permettre de se mettre à l’abri des besoins financiers. Pour cela, chacun organise des opérations de « soutien » qui ont pour seul objectif de faire sortir l’argent de la tirelire d’Ali Bongo Ondimba au profit de ces organisateurs de marches et autres meetings. C’est dans ce registre que sont à classer les fameux 10 150 000 euros ( 7 milliards de FCFA) qu’aurait exigés Pierre Péan pour ne pas sortir son livre.

En réalité, il s’agit d’une manigance de l’entourage du chef de l’Etat, avec la complicité de sulfureux intermédiaires, Ziad Takieddine et Fara M’bow, le fils de l’ancien directeur général de l’Unesco, Amadou Mathar M’Bow, pour se mettre à l’abri du besoin. Le journal en ligne, Médiapart, lève un premier coin du voile de cette tentative d’escroquerie que la presse du Cocom a voulu, trop vite, attribuer à Péan. Dans son édition du vendredi 7 novembre 2014, ce confrère indique que, «...l’homme d’affaires Ziad Takieddine – un sulfureux personnage mis en examen dans plusieurs affaires de corruption en France – a offert, fin 2013, aux autorités gabonaises de surseoir à la parution d’un livre de Pierre Péan moyennant un versement sur le compte d’une société suisse, et l’emploi d’un ami du journaliste... ». Sauf qu’à cette époque, Pierre Péan n’écrit absolument rien au sujet du Gabon.

Malgré cette évidence, dès le mois de novembre 2013, Ziad Takieddine, associé au Sénégalais Fara M’bow, rencontre Alain-Claude Billie By Nzé, à l’hôtel Mandarin, à Paris. Le porte-parole du président de la République va, lui-même, dévoiler la substance de cette rencontre à Médiapart en ces termes : « Ils m’expliquent que Pierre Péan se prépare à sortir un livre qui va salir le Gabon et l’image du président. Ils se proposent de faire en sorte que le livre ne paraisse pas. Ils me disent que Péan leur est redevable. Ils me disent : “Nous l’avons aidé, il ne peut rien nous refuser”, et ils m’offrent de me mettre en contact avec lui ». Après avoir rencontré Bilie By Nze, le duo a approché Pierre Péan dans le même but. A Médiapart, le journaliste déclarera : « Ils m’ont appâté en me parlant de la Libye, puis ils m’ont parlé du Gabon. Et ils m’ont proposé de rencontrer quelqu’un à Paris, c’était un conseiller d’Ali Bongo. J’étais réticent au début, puis je me suis dit, pourquoi pas ? »

La rencontre aura finalement lieu, le 17 novembre, au café Castiglione, non loin de la Place Vendôme, à Paris. Selon Alain-Claude Bilié By Nzé, « Pierre Péan reconnaît qu’il prépare un livre, mais il m’informe qu’il ne paraîtra pas avant le sommet. Il me fait savoir que le Gabon lui a fait un certain nombre de promesses. Qu’il avait sollicité l’aide d’Ali Bongo pour écrire un livre sur Omar Bongo, et qu’Ali Bongo s’était engagé à faciliter cette possibilité. Il voudrait en rediscuter avec le président. Il me dit que l’ancien ambassadeur Banga Eboumi avait évoqué la possibilité d’un versement de 300 000 euros en sa faveur pour ce projet de livre. Enfin, il nous réclame de l’aide pour un de ses amis à Libreville, Jean- Louis Gros, qu’il nous demande de recruter. » Pierre Péan s’offusquera de ce récit du porte-parole d’Ali Bongo à Médiapart. Pour lui, « prétendre que j’aurais réclamé un à-valoir sur je ne sais quel livre est totalement injurieux. J’avais convaincu Omar Bongo de faire un livre avec moi, sur lui et les Français. En 2010, j’avais encore cette idée de faire quelque chose, puis j’ai aban- donné l’idée, mais je n’ai absolument rien réclamé. » Il va réitérer ces propos au sujet de cette rencontre dans l’interview qu’il a donné à Echos du Nord la semaine dernière.

Après cet entretien, les intermédiaires cités plus haut seraient revenus vers Billie By Nzé pour lui signifier que leur ami les a chargés de finaliser la rencontre sur deux points : « une compensation financière, et l’emploi pour son ami... » Le porte-parole, qui dit être rentré à Libreville, le 19 novembre, a « ...reçu de l’avocat de M. Takieddine, un protocole d’accord prévoyant le paiement de 10 150 000 euros en compensation, et l’embauche de son ami. J’en ai référé tout de suite au cabinet du président. Il n’était pas question de payer. » C’est à ce niveau que la thèse de l’escroquerie prend toute sa forme. Dans ce fameux protocole, apparaissent 150 000 euros en sus des 10 millions. Or, selon Jean-Louis Gros qui est cité, malgré lui, dans cette affaire, c’est au cours d’un déjeuner, à Paris, dans un restaurant appelé Les Grandes Marches, situé au 6, place de la Bastille, dans le 12e arrondissement, qu’Alain-Claude Bilié By Nzé et lui sont arrivés à ce chiffre. Ils avaient évalué le montant des dommages que le chef de l’Etat avait promis de lui octroyer, en échange du préjudice qu’il a subi en tant qu’agent contractuel du Conseil national de sécurité. Ils avaient mis bout à bout les mois de salaires impayés et le prix de la voiture promise par le chef de l’Etat à Gros, qui n’est jamais arrivée, en dépit de ce qu’une facture pro forma avait été remise à Maixent Accrombessi à ce sujet.

Plus tard, Alain-Claude Bilié By Nzé annoncera à Jean-Louis Gros que le président de la République est d’accord pour payer 150 000 euros. Comment se fait-il que le montant de 150 000 euros, connu des seuls Alain-Claude Bilié By Nzé et Jean-Louis-Gros, se retrouve dans un document attribué à l’avocat de Takiéddine ? La réponse est évidente. Il n’y a qu’Alain-Claude Bilié By Nzé qui pouvait le transmettre à Takieddine pour l’insérer dans ce document. Jean- Louis Gros, lui, affirme ne jamais avoir rencontré Takieddine de sa vie. Ceci montre qu’Alain-Claude Bilié By Nzé a participé à la rédaction du document envoyé à la présidence de la République, et qui s’avère avoir été concocté en dehors de tout accord préalable de Pierre Péan. Et, semble-t-il, à l’insu de l’avocat de Takieddine, maître Dominique Penin qui, interrogé par Médiapart, « a indiqué avoir mis son bureau à la disposition de M. Takieddine, et n’avoir aucun souvenir de ce protocole, ni de son envoi par mail à la présidence gabonaise ».

Il en est tout aussi de même de cette demande d’emploi pour son ami attribué à Péan, et qui apparaît dans le contrat. Car, au moment de la rencontre Péan-Bilié By Nzé, le journaliste savait que son ami était sur le point de signer un contrat avec un pays voisin du Gabon. Il ne pouvait plus s’agir pour Péan, pour peu que l’idée l’ait effleuré, de mettre l’avenir de Jean-Louis Gros dans la balance. Or, c’est bien Bilié By Nzé qui avait promis un emploi à son initiative à Jean-Louis Gros et, par la suite, n’a pas pu tenir sa parole. Est-ce que c’est pour cela qu’il a aussi introduit cette clause dans le document de Takieddine ? Sans doute oui. Ce qui est du reste un indice supplémentaire qui démontre la participation d’Alain-Claude à la confection de ce « contrat».

Selon nos sources, l’affaire va prendre une autre tournure car lors d’une réunion tenue à la résidence d’Ali Bongo Ondimba à la Sablière, ce dernier, sous la pression de Maixent Accrombessi, va accepter de payer. Mais les virements devaient atterrir sur le compte de Pierre Péan par tranche de 5 millions d’Euros. Sauf que personne à la présidence de la République n’avait le relevé d’identité bancaire de Pierre Péan. Ce, affirme la source, malgré l’insistance d’Accrombessi qui devait valider l’opération de transfert auprès d’Alain-Claude Bilié By Nzé pour les obtenir. Pour cause, Pierre Péan n’était associé ni près ni de loin à cette tentative d’escroquerie initiée par les émergents au détriment de leur chef. Ce qui prouve que cette affaire reste une magistrale opération d’escroquerie au centre de laquelle figure le nom d’Alain-Claude Bilié By Nzé (Affaire à suivre).

Texte / Jean-Michel Sylvain

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 07:00
#BHL&Haziza / Les Palestiniens ne savent pas qu'Israël existe...

PS : la titraille est de la rédaction

SOURCE

par Julien Salingue, le 24 novembre 2014

Bernard-Henri Lévy continue de parcourir les plateaux de télévision et les antennes des radios. Car Bernard-Henri Lévy a toujours une actualité. Dernier « événement » en date, le livre et la pièce de théâtre Hôtel Europe, qui ont une fois de plus donné lieu à une multitude d’articles de presse et de prestations de BHL.


Le 16 novembre dernier, BHL était invité par Frédéric Haziza dans « Le forum Radio J ». Une occasion de plus pour le philosophe de Saint-Germain-des-Prés de parler de tout, et surtout de n’importe quoi, qu’il s’agisse de sa pièce de théâtre, de sa belle personne, des « rouges-bruns » qui s’en prennent à lui ou, bien évidemment, du conflit opposant Israël aux Palestiniens.


Une occasion également pour Frédéric Haziza, qui avait déjà invité BHL sur LCP en septembre dernier, de cirer les chaussures de son invité à les en user, et de l’accompagner dans ses outrances, quitte parfois même à en rajouter un peu, au mépris de toutes les règles de déontologie journalistique.

« Un travail superbe »

Frédéric Haziza commence par interroger son invité au sujet de la pièce de théâtre Hôtel Europe. BHL, avec sa légendaire humilité, évoque alors « un grand succès public (…), une belle aventure, voilà une vraie rencontre avec un vrai public et c’était formidable ». Vous avez dit « un grand succès public » ? De toute évidence BHL est mal informé… Comme l’avait en effet révélé Arrêts sur Images, la pièce, qui devait initialement être jouée jusqu’à la fin du mois de décembre, n’a finalement été à l’affiche que jusqu’à la mi-novembre… faute de public. BHL transforme donc allègrement la réalité, ce qu’un journaliste sérieux comme Frédéric Haziza ne pouvait manquer de relever :

Frédéric Haziza : « Un vrai public, une belle rencontre, un superbe comédien, un écrivain, un essayiste, un romancier, un auteur de pièce de théâtre, vous, qui avez fait un travail superbe aussi il faut le dire… » C’est tout ? En dégainant de la sorte la brosse à reluire, le journaliste de LCP et de Radio J a décroché le premier prix de la flagornerie et pleinement satisfait le modeste BHL. Mais ce n’était qu’une servile entrée en matière, immédiatement confirmée par une défense inconditionnelle de son invité, Frédéric Haziza anticipant par l’énoncé même de ses « questions » les réponses de BHL.

« Les fachos, les gauchos, les islamos »

Reprenons.

Frédéric Haziza : « … un travail superbe aussi il faut le dire, et pourtant il y a eu tout un tas de polémiques dont vous parlez, des accusations contre vous, une campagne, des campagnes de presse, une campagne anti-BHL qui a regroupé, on l’a vu sur le net, on l’a vu sur les réseaux sociaux, les fachos, les gauchos, les islamos ». En quoi a consisté cette « campagne » ? Nous ne le saurons pas. En revanche, ce que nous savons est que la prétendue question n’en est pas une : elle se borne à donner une forme interrogative aux affirmations de BHL dans le langage de ce dernier, confusions et amalgames compris. Le journaliste lui ayant livré lui-même le bloc - « les fachos, les gauchos, les islamos » - que le « philosophe » a constitué, il ne reste plus à ce dernier qu’à le pourfendre.

BHL acquiesce donc à la fausse « question » de son compère, et dénonce alors une « nébuleuse idéologique » qui le prendrait pour cible, constituée d’individus, on va le voir, aux profils plutôt… variés. BHL évoque en effet, attention, « une espèce d’arc-en-ciel qui va d’un type qui s’appelle Bo… Boni… face (…), Boniface, je ne sais pas qui c’est honnêtement, mais d’après ce qu’on m’a dit c’est un type qui a un espèce de petit think tank français subventionné par le contribuable (…), donc ça va de ce gars-là, qui est donc un type je crois de gauche, à quelqu’un comme Tariq Ramadan, lui que je connais mieux qui est lui un Frère Musulman, en passant par Soral ou Dieudonné (…). Donc il y a là une petite secte, là, ce Bonica… Bo… Boniface… Boniface, Ramadan, Soral, Dieudonné c’est pas la même chose, ils ne disent pas la même chose mais ils composent une espèce de nébuleuse idéologique dont je fais partie des révélateurs ».

Résumons : « Je suis le révélateur d’un pas pareil qui est la même chose » ! Une exercice de révélation dont BHL est coutumier. Par exemple, en août dernier : « L’Europe a peur de Poutine comme elle avait peur d’Hitler, mais ce qu’elle ne comprend pas, c’est que les gens comme Hitler ou comme Poutine il faut les arrêter tout de suite. Plus on attend plus ce sera difficile. Ce n’est pas la même chose Hitler et Poutine, naturellement, naturellement, mais l’attitude de Europe c’est la même, c’est "l’esprit de Munich" ». Venant de BHL, l’exercice est donc sans surprise. Mais le journaliste ? Qu’a objecté ou fait mine d’objecter le journaliste ? Rien. L’observateur de la « nébuleuse » est ravi par la prestation de son révélateur.

BHL fait semblant de ne pas connaître Pascal Boniface, en butant sur son nom et en l’écorchant. Comment croire un seul instant que le maître, qui aime tant s’intéresser à tout ce qui le concerne, puisse ignorer le nom de l’un de ses plus fervents critiques, notamment dans l’ouvrage Les intellectuels faussaires, vendu à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires ? D’autant plus qu’il l’a, à plusieurs reprises, pris à parti nommément, notamment en forgeant, à son propos, le subtil concept de « bonifascisme », comme Pascal Boniface le rappelait lui-même dans un article paru en 2012 sur le site du Nouvel Observateur [1].

BHL pratique en outre, une fois de plus, l’amalgame outrancier, en regroupant dans une soi-disant « nébuleuse idéologique » des représentants de l’extrême-droite et des individus comme Tariq Ramadan et Pascal Boniface qui, s’ils ne sont évidemment pas au-dessus de toute critique [2], n’ont aucun lien, ni organique ni idéologique, avec l’extrême-droite. On remarque d’ailleurs que BHL se contente d’amalgamer sans argumenter et sans illustrer ses accusations, procédé qui relève avant tout de la calomnie, une autre pratique récurrente chez le philosophe en chemise blanche.

Venant de BHL, l’exercice de dénigrement est donc, à nouveau, sans surprise. Mais le journaliste ? Qu’a objecté ou fait mine d’objecter le journaliste ? Rien. N’en soyons pas trop étonnés : Frédéric Haziza a ainsi un lourd contentieux avec Pascal Boniface, à propos duquel il a notamment écrit en mars dernier, ce qui suit : « De la négation de la Shoah des Faurisson, Garaudy, Dieudonné, Soral et consorts, on est passé aujourd’hui à la négation de l’antisémitisme au sein d’une certaine gauche soi-disant morale dont Boniface est l’un des hérauts » [3]. Une phrase que l’on dirait sortie de la bouche de BHL…

Ainsi se fabriquent les amalgames.

Quand les duettistes s’en prennent aux Palestiniens

Sous couvert d’interview, c’est donc en réalité à un véritable numéro de duettistes auquel on assiste, durant lequel Frédéric Haziza et BHL jouent la même partition, le premier passant les plats au second, faisant le deuil de toutes les règles journalistiques les plus élémentaires. Dès lors, il n’est guère surprenant que le « journaliste », sans transition, entraine BHL sur l’un de ses autres terrains favoris, le conflit opposant Israël aux Palestiniens.

Frédéric Haziza : « Vous seriez député, vous voteriez pour ou contre [la reconnaissance de l’État palestinien] ? »

« Non je voterais contre. Je voterais contre. (…) Je ne vois pas un parlement d’un pays quel qu’il soit, que ce soit la Suède ou la France, arriver comme ça avec des flonflons et des roulements de tambours régler le problème en décrétant, en reconnaissant… Ce n’est pas comme ça que ça marchera ».

Que BHL soit opposé à la reconnaissance d’un État palestinien et, plus généralement, soit un infatigable défenseur de la politique israélienne n’est pas une surprise… [4] Et, disons-le, c’est parfaitement son droit. Mais qu’il dise, comme nous allons le voir, n’importe quoi dans ce contexte et qu’il se trouve des journalistes pour l’écouter sans broncher pose sérieusement problème.

Selon BHL, les députés qui veulent voter la reconnaissance de l’État de Palestine ont donc tort. L’échange qui s’ensuit se passe de commentaires, tant nos deux duettistes jouent leur rôle à la perfection :

- Frédéric Haziza : « Et pourtant a priori ça va se faire et les députés qui vont voter pour cette résolution disent il n’y a que ça qui peut faire bouger le gouvernement israélien et qui peut faire avancer la paix ».
- BHL : « D’abord attendez il n’y a pas que le gouvernement israélien qu’il faut faire bouger ».
- FH : « En tout cas c’est ce qu’ils disent ».
- BHL : « Oui bah c’est ce qu’ils disent mais ils ont tort, ça veut dire qu’ils ne connaissent pas le problème. Il faut faire bouger bien sûr le gouvernement israélien, il faut aussi faire bouger, et peut-être davantage, le gouvernement palestinien ».
- FH : « Et les peuples, on oublie les peuples… »
- BHL : « Et puis il faut faire bouger les peuples ».

Marquons un temps d’arrêt. Frédéric Haziza, qui n’a jamais caché ses sympathies pro-israéliennes, n’est certes pas coupable de délit d’opinion. Mais un tel empressement auprès d’un interlocuteur qu’il est supposé interviewer constitue, pour un journaliste, une faute professionnelle. À répétition, comme on l’a vu, et comme on va le voir.

Soudain, en effet, BHL s’enflamme, sans doute porté par les encouragements de son compère :

BHL : « Et si on parle des peuples, là je crains qu’il y ait plus de travail à faire du côté du peuple palestinien que du peuple israélien. Israël, je connais bien ce pays, j’y vais souvent, j’y ai beaucoup d’amis et puis il y a des sondages tout simplement : une majorité des Israéliens, plaisir ou pas, avec joie ou pas j’en sais rien, savent qu’il y aura un jour un État palestinien et y sont résolus. L’inverse n’est pas vrai. Il y a hélas encore aujourd’hui une majorité de Palestiniens qui ne savent même pas qu’Israël existe puisqu’ils ne l’ont pas vu sur leur manuel scolaire et puisqu’ils pensent qu’Israël est une espèce de cancer ou de création coloniale sans aucune légitimité ».

« Une majorité de Palestiniens ne savent pas qu’Israël existe ». Frédéric Haziza, journaliste sans doute bien informé, n’a pas relevé cette outrance particulièrement… outrancière. Les Palestiniens, qui vivent sous occupation israélienne, qui sont confrontés chaque jour aux barrages israéliens, à la machinerie bureaucratique israélienne, aux colons israéliens, mais aussi aux balles et aux bombes de l’armée israélienne, ne sauraient pas qu’Israël existe ? Voilà une idée fort originale, que BHL a probablement empruntée à son maître à penser Botul, dont Frédéric Haziza, muet, est devenu sans le savoir, par BHL interposé, le disciple...

Et le spectacle de se poursuivre durant 30 longues minutes, à propos de l’État islamique, de l’Europe, de Poutine, et autres… Nous vous épargnerons le supplice d’une transcription et d’une étude exhaustives de l’émission.


Ne nous y trompons pas. BHL et Frédéric Haziza ont tout à fait le droit de défendre l’État d’Israël ou de répondre aux accusations ou attaques dont ils se sentent victimes. Nous ne sommes pas de ceux qui considèrent que toutes les opinions n’ont pas le droit d’être défendues, bien au contraire. À condition, toutefois, que certains principes soient respectés, notamment de la part de ceux qui se prétendent journalistes. Or les amalgames et les outrances de BHL sont lamentables, et nous ne cesserons de les relever tant qu’il continuera de squatter les télévisions, les journaux et les radios.

En outre, l’absence totale de distance, d’objectivité et de déontologie journalistiques de Frédéric Haziza, qui n’officie pas seulement sur Radio J mais également sur le service public (LCP), ne l’honorent guère. Nous l’avons dit : Frédéric Haziza n’est pas coupable de délit d’opinion. Et l’acharnement contre lui des antisémites à peine masqués d’« Égalité et Réconciliation » est intolérable, comme l’est la « Pétition pour le renvoi de Frédéric Haziza de La Chaîne parlementaire (LCP) » lancée sur ce site. La critique des médias se passe fort bien des chasses à l’homme. Mais la propension du journaliste à abuser de sa position d’intervieweur pour se comporter en éditorialiste partisan est manifeste. Or les deux fonctions ne sont pas identiques. Et leur confusion est inacceptable.

Connivences, vrais-faux débats, vrais-faux entretiens, primat de l’idéologie sur le travail journalistique, amalgames et contre-vérités assénées sans que les cibles aient la possibilité de se défendre, etc. : ces pratiques sont répandues dans la plupart des « grands » médias et mises en œuvre par nombre de « grands » journalistes. Ce sont elles que nous visons ici, comme nous les visons dans tous les médias et dans tous les domaines : c’est pourquoi nous ne mêlerons jamais nos voix à ceux qui, à l’instar d’Alain Soral et sa clique, s’en prennent à certains journalistes et certains éditorialistes, dont BHL et Haziza, sur la base d’une supposée appartenance communautaire. La haine raciste et antisémite n’a rien à voir avec la critique des médias, et n’aura jamais rien à voir avec le travail d’Acrimed. Mais c’est pourquoi, également, nous ne nous laisserons pas dissuader par tous ceux qui hurlent à l’antisémitisme à chaque fois qu’un zélateur de la politique israélienne est pris en flagrant délit de désinformation.

Texte / Julien Salingue (avec Henri Maler)

[1] « Dans l’émission de Frédéric Taddeï, "Le tête-à-tête" diffusée le 25 août 2012, il se plaint de ceux qui disent du mal de ses productions : "Il y a un type, l’inventeur du "bonifascisme", courant idéologique bien connu, qui s’appelle M. Boniface. Il fait une critique, je ne sais où, de mon film qu’il n’a pas vu" ».

[2] Voir par exemple nos articles à propos, notamment, des « emprunts » de Pascal Boniface dans son livre Les intellectuels faussaires, ici et .

[3] Voir la réponse de Pascal Boniface ici.

[4] Sur les parti-pris de BHL, voir ici-même, et par exemple, un article consacré à ses « Carnets de guerre », publiés lors de l’invasion israélienne de Gaza en 2009 (article suivi d’une « Annexe »). Ou encore, cet autre article d’Acrimed publié en 2006 : « Une « exclusivité » du Monde : le tourisme de propagande de BHL en Israël ».

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 19:00
#JavierPastore / Aux pieds de l'arc en ciel : Metz-PSG

À Oudima & à Jérôme Reijasse

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 17:00
100 commentaires sur Tintin Bartolone en Afrique / de & lu par Grégory Protche

Dédicace au camarade Patrice Broyer qui sut nous indiquer le chef d'oeuvre d'LCP.

Tintin Bartolone en Afrique, 100 commentaires / Octobre 2014

Comme un vulgaire haut fonctionnaire foccartien, Claude Bartolone, président socialiste de l'assemblée nationale, oublie progressisme, humaniste et droits de l'homme...et s'entend comme larrons en foire avec les sanguinaires Soro, Ouattara, Déby...
Suivi en visite en C I, au Tchad et au Cameroun, par la chaîne parlementaire française, Tintin Bartolone en ramène un carnet de voyage... illustré dans cette vidéo par les 100 commentaires que l'ensemble a inspiré au dictateur-adjoint du Gri-Gri International

texte et lecture / Grégory Protche
24/11/2014

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 14:00
Guy Labertit sur Ubiznews 2/2 (#Ibni #Gbagbo #Burkina)

Ajoutée le 17 nov. 2014

Cactus l'entretien du jour reçoit Guy Labertit, ancien délégué à l'Afrique du Parti Socialiste de France. Avec lui, nous parlerons de son engagement politique en faveur du continent africain et de ses relations avec l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

Bonus : la première partie sous la seconde...

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 12:00
#InterdireExhibitB / Je suis pour, par Bams (and friends)

Ce que disent les adversaires d'Exhibit B :

Communiqué de presse 24 novembre. Faire circuler svp, surtout aux journalistes.

Le collectif s’est formé pour dénoncer la violence de l’exposition de Brett Bailey, exposition qui utilise des personnes noires, immobiles et muettes, pour représenter les violences coloniales et esclavagistes.
Le collectif en appelle à l’Etat pour annuler l’exposition.
La reconstitution de zoo humain « Exhibit B » représente une menace à l’ordre public liée à « l’émotion causée par l’atteinte à la dignité humaine ».

Nous avons écrit :
• aux préfets de seine saint Denis et paris, au ministère de la culture en date du 14 Novembre 2014
• aux directeurs de théâtre Gérard Philipe , du 104, aux maires de Saint-Denis et de Paris en date du 12 Novembre 2014 ( 2eme courrier ),

Nous avons contacté diverses personnalités médiatiques.
Nous avons eu beaucoup de refus, de mépris, de non considération, de non réponse et de non explication
Nous avons eu également le soutien d'artistes, historiens, journalistes et anonymes

Nous nous réjouissons du soutien de Maryse Condé dont la caution morale est un signal fort à l'endroit des autorités politiques qui devraient se demander pourquoi l'un des plus grands intellectuels français et l'un des esprits les plus indépendants de notre époque qui a été la première présidente du Comité pour la Mémoire et l'Histoire de l'esclavage s'oppose elle aussi à Exhibit B

Nous avons surtout été par soutenus par:

LA PAROLE DE CEUX QUI NE S'EXPRIMENT JAMAIS, DE CEUX QUI NE SE SONT JAMAIS ENTENDUS ET DONT-ON CONSIDÈRE QU'ILS N'ONT PAS LA CAPACITÉ DE RÉAGIR, DE PRENDRE LEUR HISTOIRE EN MAIN ET DE NOMBRE D'ENTRES VOUS QUI NE SE RECONNAISSENT PAS DANS CERTAINES ORGANISATIONS OU PERSONNALITES MEDIATIQUES CENSÉES LES REPRÉSENTER

JAMAIS UNE QUESTION TOUCHANT LES NOIRS N'A RECEMMENT AUTANT MOBILISÉ LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE...

S'il est heureux qu'aujourd'hui le CRAN et d'autres... en appellent à rejoindre notre position, rappelons nous que c'est sous la SEULE impulsion de votre indignation

Vous êtes aujourd’hui 19 000 personnes à nous avoir rejoint

Face aux pouvoirs qui voudraient nous faire taire il y a nous, il y a vous !!!!

Venez vous faire entendre au rassemblement du jeudi 27 novembre à 18H devant le Théâtre Gérard Philippe à Saint Denis (métro 13 Basilique)

A J-3 du rassemblement il est important que vous sachiez qui sont les membres du Collectif contre Exhibit B:

Bams : auteure, compositrice et interprète/ chroniqueuse
Esso Joëlle : artiste
Foualem Paulin : acteur, metteur en scène, co fondateur de CIE QHEIL
Franco, Issa : Collectif Anti-Négrophobie
Gnammankou Dieudonné : historien, conférencier, directeur de DAGAN édition
Jean-Marie Bataille : pédagogue
Levallois Nathalie:
Lion Karine :femme enceinte, afro-descendante et passionnée par son histoire
Mullen John : historien et militant anti- raciste
Mullen Marie-Lise : professeur des écoles et militante anti-raciste
Nlend Léonce Henri : comédien, metteur en scène
Tadessé Myriam : écrivaine, réalisatrice, co-fondatrice de CIE QHEIL
Tayebi Sabrina :
Traoré Penda : co-fondatrice d’Africa Paris

« Chacun de nous a besoin de la mémoire de l’autre, parce qu’il n’y va pas d’une vertu de compassion ni de charité, mais d’une lucidité nouvelle dans un processus de la Relation. Et si nous voulons partager la beauté du monde, si nous vou
lons être solidaires de ses souffrances, nous devons apprendre à nous souvenir ensemble. »

EDOUARD GLISSANT

Pour signer la pétition : ICI

Page Facebook Contre Exhibit B Paris

Page Facebook de Bams

Bonus : Un sujet de France télévision donnant la parole à Bams

Bonus 2 : Playlist Youtube de Bams

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 11:00
#AliBongo / François Soudan trouvera-t-il chez sa femme l'acte de naissance original ?

À la suite de la bande à Claudy Siar et autres troubadours affamés des médias parisiens, c’est au tour de l’impayable, mais très achetable « Jeune à fric » de se lancer dans la très juteuse opération du moment : « il faut sauver l’Ibo-Bongo ! »

Alors, tout ce petit monde tire à boulets rouges sur Pierre Péan à coup d’arguments de caniveau et de thèses spécieuses. Mais cela, heureusement, ne changera pas l’estime que les vrais Gabonais portent à cet écrivain, ni leur désir de chasser l’imposteur Ibo et son gang.

Toutefois, pour être crédible, le magazine de la famille Ben Yahmed pourrait demander à son rédacteur en chef, François Soudan, qui est très marié avec la sulfureuse Arlette Nonault, une Mbochi du Congo Brazzaville (qu’on dit très très proche de Sassou), d’utiliser ce canal pour obtenir l’original de l’acte de naissance de leur meilleur client et nous le rapporter. Chiche !

Paru initialement au Gabon, dans les colonnes de La Une n°118

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 08:00
Simenon arrêta d'écrire, Kazan de filmer, et Robert Wyatt de chanter...

SOURCE

C'est le genre de nouvelle qui ne fera pas les gros titres. Et pourtant. Quelques lignes au hasard du dernier Uncut, où l'on apprend que Robert Wyatt a arrêté de faire de la musique. Et que c'est pour de bon. "Comme les conducteurs de train, qui s'arrêtent à 65 ans."

Le musicien anglais de 69 ans invoque également une santé plus fragile qu'auparavant, compliquant le quotidien parfois, l'empêchant de réfléchir sereinement à de nouvelles musiques. "Et puis j'ai été en selle durant 50 ans, ce n'est pas rien. Et j'ai apprécié ça. Aussi les choses que j'ai faites durant les dernières années, durant ce siècle."

Et de rejoindre ainsi, aux côtés de Mark Hollis par exemple, le cercle très restreint des grands musiciens qui auront décidé de s'arrêter comme ça, un jour, sans grande déclaration ni célébration, après avoir bâti une oeuvre rare, précieuse, défricheuse.

Une oeuvre qui sera compilée cet automne avec Different Everytime, double album qui emprunte son nom à la récente biographie de Marcus O'Dair.

Quant à moi, j'aurai eu la chance, le privilège, de rencontrer Robert Wyatt une fois, durant un peu plus d'une heure, pour une interview en 2007 pour la sortie de Comicopera, qui reste parmi les plus riches que j'aie fait jusqu'ici.

Histoire de tirer mon chapeau à ce grand Monsieur de la pop-music, je vous en glisse un petit résumé ici.

Comicopera est votre premier album pour le label anglais Domino. Qu'est-ce qui a motivé votre choix?

Durant toute ma carrière, j'ai été fidèle au label Rykodisc. Mais en 2006, il a été racheté par Warner. Et comme vous le savez, ce genre de grandes compagnies sont aujourd'hui désespérées. Comme d'énormes icebergs flottant dans les eaux bouillantes du monde moderne (rires). Je n'ai aucune confiance dans ces compagnies, où personne n'est réellement intéressé par la musique. J'y étais par le passé et je ne veux pas retourner dans ce marais infesté de crocodiles. Par chance, un ancien de Rykodisc a rejoint le Domino et m'a proposé de travailler avec eux. Au début, cela m'a paru étrange. Pourquoi s'intéressaient-ils à moi, alors qu'ils sortent de jeunes groupes à succès comme Franz Ferdinand ou Arctic Monkeys? Puis j'ai compris que leur catalogue était bien plus vaste et que ces succès étaient arrivés par accident. Surtout, Domino allie efficacité et passion musicale.

Les grandes compagnies discographiques sont comme d'énormes icebergs flottant dans les eaux bouillantes du monde moderne.

Sur ce nouvel album, vous reprenez Hasta Siempre, Comandante, chanson consacrée à Che Guevara. Pourquoi?

La troisième partie de l'album est majoritairement consacrée aux alternatives possibles face à une réalité inacceptable. Che Guevara en est une, au même titre que Garcia Lorca, dont je reprends un texte dans Cancion de Julieta. Mais ces alternatives se traduisent également dans l'art, comme dans le mouvement surréaliste, par exemple. Ou encore dans l'improvisation, qui est une autre forme de libération, comme le free-jazz. Derrière la musique, il y a une confiance dans la spontanéité du moment. Pour ma part, j'ai le luxe de pouvoir être un pacifiste, mais je conserve toujours une admiration pour ceux qui se battent pour améliorer les choses. Et si j'ai choisi de terminer l'album avec cette chanson, c'est pour montrer que je ne suis pas pessimiste.

C'est pour cette raison que vous avez opté pour une instrumentation jazz très cubaine, qui dégage un certain espoir?

En fait, je suis accompagné par des musiciens italiens sur ce titre. J'ai beaucoup apprécié leur façon d'interpréter cette chanson. Ils viennent du jazz, mais jouent avec un respect de la version originale écrite par Calos Puebla. Ils ont su trouver l'équilibre entre les éléments folk et jazz, ajoutant une sorte de twist harmonique qui correspond parfaitement à la manière dont je voulais chanter. De plus, ces sonorités reflètent la partie du monde où je trouve de l'espoir aujourd'hui: l'Amérique Latine.

Quel genre d'espoir y trouvez-vous?

On assiste à une forme de renaissance politique de l'Amérique Latine, liée à un espoir d'autonomie et de démocratie. Au Chili, la présidente Michelle Bachelet a connu la torture sous la dictature de Pinochet. En Bolivie, Evo Morales est le premier président d'origine amérindienne. Et même si Cuba vit dans une forme d'état de siège depuis la révolution, il est l'exemple d'un pays qui parvient à survivre en totale autonomie ou presque, ce qui donne une inspiration à d'autres pays d'Amérique Latine.

Vous n'avez jamais caché votre attirance pour le communisme. Est-ce que vous avez toujours la foi?

C'est la dernière chose qui me reste. Par exemple, je ne crois plus dans le rock'n'roll. A l'origine, il portait en lui une idée de liberté. Mais aujourd'hui, on l'utilise pour torturer des prisonniers à Guantanamo. C'est assez flexible comme définition de la liberté. Plus sérieusement, le communisme connaît un paradoxe similaire à celui qu'a rencontré le Vatican. Au moment où il a perdu son pouvoir politique, il est devenu une très grande force morale. Ou plutôt immorale, selon moi. Je pense que les idées socialistes peuvent survivre au monde communiste. L'idée que chacun puisse participer de manière égale à la richesse de la planète, reste définitivement la meilleure idée du monde.


A l'origine, le rock portait en lui une idée de liberté. Mais aujourd'hui, on l'utilise pour torturer des prisonniers à Guantanamo.

Dans une interview il y a plusieurs années, vous racontiez écrire de nombreuses lettres aux journaux, sans jamais être publié. Le faites-vous encore?

Parfois. Mais ce n'est plus une habitude. Cependant, j'ai eu la surprise de voir une de mes lettres publiées dans The New Scientist. Incroyable! Au final, cela m'importe peu d'être publié ou non, il s'agit juste d'indiquer mon désaccord. Surtout quand on sait que les lecteurs plus conservateurs ne se gênent pas pour écrire aux médias au moindre signe de relâchement moral.

Vous avez chanté avec Björk et de nombreux musiciens actuels vous citent comme influence. Quel effet cela vous fait-il d'être une sorte de grand-père musical?

Techniquement, je suis un grand-père. J'ai quatre petits-enfants. Donc je l'accepte (rires). Plus sérieusement, je ne vois pas les choses ainsi. Le passé m'a été très utile, comme source d'inspiration. Quant à moi, je ne suis qu'un musicien qui essaye de faire de bons albums et qui rencontre les mêmes difficultés que tous les autres. Je ne me sens ni plus haut ni plus en sécurité. Quant Björk m'a contacté pour Medúlla, j'ai été très étonné. Qu'est-ce que cette belle et talentueuse jeune femme faisait chez moi? Aujourd'hui encore, je ne comprends pas cet intérêt, mais j'en suis très reconnaissant.

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 10:15
Jérôme Reijasse / Un Français - Autobiographie fragmentée et aléatoire (Novembre 2014) #versiontexte

En marge de sa rubrique, toujours pour l'heure nommée 7 Jours loin du monde, Jérôme Reijasse nous a livré un texte qui ressemblait fort à une tranche d'autobiographie... On verra s'il en compose d'autres.

J'ai une famille.

À part Rémi, qui peut revendiquer le contraire ?

Il y a là quelques âmes à sauver.

Elles se reconnaîtront et mon amour pour elles n'est pas négociable.

La faire courte.

Peut-être pas après tout.

D'un côté, une vieille famille de France, limousine, ouvrière, athée, dur au mal, communiste, pétainiste et résistante, anti boches et antisémite. Ma grand-mère : “Les Juifs, je ne les ai jamais aimés. Mais je n'ai rien contre eux, hein ! Ce Hitler, là, qu'est ce qu'il a voulu tous les tuer ? Mais comme disait de Gaulle : “Peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur...”. La même qui baissait sa vitre avec précipitation pour adresser systématiquement un bras d'honneur aux camions teutons croisés sur nos autoroutes de vacances. Elle me manque, je l'aimais parce qu'elle était là et que ça lui suffisait. Elle acceptait tous mes amis, même les plus cons. Elle leur imitait le geste de Noah quand il frappait la balle entre ses jambes et riait comme une enfant. Elle regardait tous les jours Pascal Sevran et parfois, versait une petite larme, discrète, rien que pour elle. Je ne comprenais pas. “Mais mon petit, ce sont les chansons de ma jeunesse. Le temps passe vite. Trop vite. Je vais bientôt rejoindre le boulevard des allongés”. Un arrière grand-père blessé à Verdun, une main à jamais emprisonnée dans ce gant noir qui, gamin, me fascinait. Je le fixais et je croyais entendre les obus, les balles, la mort galopante. Un grand-père postier, stalag en Silésie avant de se muer en artisan du cuir à la libération. Il fabriquait des ceintures. Beaucoup de travail. Moins de faucille et de marteau, plus d'argent. Socialiste. Classique. Un grand-père pas grand, trapu, pas facile et capable, quand il acceptait de quitter son atelier et de ne pas arroser ses petits-enfants de billets rédempteurs, de partager des moments que je n'ai jamais oubliés, où la simplicité suffisait à provoquer des rires libérés. Mon grand-père qui, un jour d'été 1977, dans un restaurant de Perpignan, sur la route de l'Espagne (où je me retrouverais à jouer sur la plage, un soir, avec le Real de Madrid au grand complet), dit à sa fille, oubliant ma présence, celle de ma grande soeur et de tous les clients (chez nous, on parle fort et la honte n'appartient qu'aux autres) : “Ma chérie, écoute moi bien, tant que je serai vivant, il est absolument hors de question que tu épouses un nègre.” Nègre camerounais croisé au Club Med, que ma tante épousera quelques années plus tard sans que mon grand-père ne moufte, évidemment. Nègre qui devint assez rapidement son troisième fils, pour des raisons autant touchantes, sincères que pragmatiques. Racisme à la française, brûlant et passager, qui se consume avec la proximité, quand elle est douce et non majoritaire. Des gens simples en somme, parfois méchants, souvent bons. Que j'ai aimés de tout mon coeur. C'est chez eux que j'ai vu mes premiers films (Patton, Affreux, Sales et Méchants !!!) moi, l'interdit de télévision à domicile. C'est chez eux que j'ai pu amener sans crainte le premier amour de ma vie alors que le reste de ma famille la surnommait avec bonhomie “la pute”. C'est chez eux que j'ai compris qu'une famille, ce n'est pas du sang mais d'abord des silences, des lignes invisibles et des larmes cachées. Jamais je n'oublierai mon ultime visite à ma grand-mère dans sa maison de retraite où son autre fils, médecin, l'avait inscrite de force, après le décès de son mari. Mes poings serrés et mes yeux humides, sur le parking, après un dernier baiser. En quelques mois, elle avait tout abandonné. Joie, insouciance, partage, Sevran, tout! Et elle est morte. Seule. Loin de sa maison. La terre au dessus du cercueil remuait encore que la famille se disputait déjà les restes (fric, meubles, immobilier et souvenirs divers). La gerbe. Voilà.

Une pudeur vertigineuse. Les sentiments, chez nous, c'était un chantier titanesque.

Impossible.

J'écris peut-être pour ça.

De l'autre, Vésinet. Petits commerçants catholiques. Comme un cliché. Un cliché. Radins, mesquins, intransigeants, disciplinaires, anti-rêve et pro-ennui. Des souvenirs de vacances où le temps hurlait sa mélodie de torture. Les aiguilles me narguaient, freinaient leur course pour mieux m'écraser. À cause d'eux, j'ai longtemps vomi Dieu, ses apôtres et toute la putain de sainte trinité. L'église était une prison, la vie avec eux un châtiment sans fin où à peine quelques rires comme échappés du néant ont pu traverser toutes ces années grises, plates, définitives. Mon grand-père ressemblait à une sorte de Chaban Delmas. Plutôt bel homme, à l'humour instinctif, il aurait pu être ce grand-père idéal, capable de déclencher chez ses petits enfants des vocations. Des destins. Mais non. Avare, trop dur pour être crédible, il ne vivait que dans la privation, les petits calculs terribles, les sanctions disproportionnées. Ma grand-mère ne valait pas beaucoup mieux. Vers la fin, je l'appelais le Gremlins à cause de sa mèche grise qui coupait en deux sa chevelure noire. Un jour, alors que je parlais avec Anne (le premier amour de ma vie cité plus haut) au téléphone, elle coupa la communication et me demanda, après avoir fermé la porte du bureau de mon père : “As-tu commis le péché de chair avec cette Aaaaaaaaaaaanne ?”.

Ma mère est une sainte. À cause de ou grâce à. Elle aurait pu devenir comme ses parents, des épaules basses, des idées-brouillons, des actes-bégaiements. Frilosité camouflage. Non. Elle a préféré pardonner. Elle a donné dans une famille où on ne faisait que prendre.
L'une de ses soeurs se prénomme Jeanne (les prénoms ont été changés). Aujourd'hui je crois adjointe d'un maire dans une bourgade bourgeoise des Yvelines. Mariée en quatrième vitesse parce qu'enceinte. L'hypocrisie et la bêtise de ces gens-là. C'est aussi ma marraine. Elle a donc épousé un homme qui deviendra banquier. Petit banquier. Qui portait des pulls atroces et qui avait la fâcheuse habitude de nous tripoter à chaque réunion familiale, malaxant nos épaules et maltraitant nos joues, obséquieux, méprisant et méprisable. Le genre d'homme à croire que c'est la position sociale qui fait tout. Le jour où il débarqua chez nous au volant de sa Renault 25 neuve! Dieudonné pourrait en tirer un sketch à crever. Les deux ont copulé au moins trois fois. Je le sais parce qu'ils ont eu trois fils. Quand ils n'étaient pas à l'église pour piétiner le peu d'honneur qu'il restait encore au catholicisme français, ils comptaient leurs sous et dégainaient de la morale à chaque nouvelle phrase. Salauds de pauvres, salauds de parasites, salauds de chômeurs, salauds d'étrangers, salauds de roturiers (mon père, juste armé du bac et exerçant un métier manuel, était, à leurs yeux, l'archétype du raté honteux), rien n'était assez bien pour ces fervents croyants. À dégueuler.

Leur plus jeune fils, qui avait le portrait du pape et de la Vierge Marie dans sa chambre, dans laquelle souvent brûlait un cierge, rêvait de devenir comédien. N'osa pas aller jusqu'au bout parce que chez nous, les couilles sont en soldes et les rêves vite ravalés. Il me visita un jour, dans mon appartement du onzième, je ne sais même plus ni comment ni pourquoi. Il avait été franchement sympathique. On fuma des joints toute la nuit. C'était même pour moi déstabilisant. Très vite cependant, la réalité reprit ses droits. Il disparut de ma circulation. Il a depuis épousé une Burkinabée. Papa plusieurs fois. La tronche des parents quand ils ont dû l'annoncer à leurs amis (amis, comprendre relations, ces gens-là ne fraternisent jamais, ils collaborent, pactisent à la rigueur) ! Christian Clavier dans “Qu'est ce Qu'on a fait au Bon Dieu ?”, à l'église, quand il presse le pas pour ne pas avoir à présenter ses gendres Benetton à l'industriel du coin. Le petit dernier, qui foire ses études (déjà, c'était presque Satan qui frappait à la porte), qui organise je crois un trafic de cassettes porno au lycée (les flammes, encore !), qui consomme de la drogue et qui finit par épouser une NOIRE. Et pas fille d'ambassadeur. Non. Une du peuple. Et qui en plus se reproduit avec!!! J'imagine les trésors de connerie déployés par ma chère marraine et son retraité aux futs en velours ignobles pour se justifier, pour expliquer aux autres l'impensable. Ils ont sûrement dû financer un puits ou deux là-bas, histoire d'honorer leur cohérence. Je sais par ma mère que mon cousin vit maintenant avec toute sa petite famille banania en Côte d'Ivoire.

Et aujourd'hui, j'apprends que le Burkina est aux portes de la guerre civile. Côté d'Ivoire, Burkina Faso... Hé, cousin, fais quand même gaffe à toi.

Tu n'y es pour rien finalement. Tes parents sont des cons et puis voilà.

L'Afrique t'offrira peut-être une seconde chance. Avec ou sans coup d'état. Avec ou sans paradis.

J'ai une famille.

À part Rémi, qui peut revendiquer le contraire ?

Il y a là quelques âmes à sauver.

Que toutes les autres aillent brûler en Enfer.

Texte / Jérôme Reijasse

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 10:00
Jérôme Reijasse / Un Français - Autobiographie fragmentée et aléatoire (Novembre 2014) #VersionVidéo

En marge de sa rubrique, toujours pour l'heure nommée 7 Jours loin du monde, Jérôme Reijasse nous a livré un texte qui ressemblait fort à une tranche d'autobiographie... On verra s'il en compose d'autres.

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 09:00
#Sarkozy achète les silences comme un roi nègre !

Il y a décidément du président africain francophone d'après les indépendances octroyées chez Nicolas Sarkozy. Il n'a certes pas reçu le pouvoir de son père - comme Faure "Fraude" Gnassingbé ou, plus méandreusement, Ali "le demi bien frais" Bongo. Pas plus qu'il n'est entré au Palais juché sur un char meurtrier encore fumant - ainsi qu'il permit à son ami tiroir-caisse Ouattara de le faire le 11 avril 2011. Ou n'a tenté de modifier la constitution française (il la respecte un peu plus que ses petites soeurs africaines) en vue de briguer un troisième mandat, ayant a été blackboulé par le suffrage universel dès la fin du premier et "condamné" à donner depuis d'honteuses conférences aux rétributions inversement proportionnelles à leur qualité. S'il n'a pas été chassé par la foule et l'armée comme Blaise "Serial killer" Compaoré, il ne semble pas beaucoup plus regretté que celui que même I Télé ose maintenant appeler l'assassin de Sankara.

Pour un journal satirique africain : quel plaisir, quel bonheur, quelle satisfaction de le voir gambader dans sa forêt d'affaires ; plus embarrassé par ses tics que par l'éthique ; cerné de flatteurs capables de l'enregistrer à son insu (les présidents françafricains en rient encore) ; de conseillers aux fronts étroits et bas ressemblant à des gravures démodées ou à des avocats en cours d'avachissement ; de nègres rincés pour lui écrire des discours toujours plus cheap ; doté par les cieux d'une Patience de Bruni, une moitié plus grande que lui, mais vachement moins funky que la Carla Dabanny de feu le Mollah Omar Bongo ; s'offrant les services de griots bronzés en chute libre pour rallier les cités à son panache pas tout blanc ; volant des stylos présidentiels en Roumanie ; textotant - sûrement à une journaliste - en face du Saint Père ; racontant sa vie à longueur de meetings et de conférences de presse...

Sa dernière facétie (en date !) est incontestablement tout droit sortie d'un livre de Péan.

Comparaissant face aux militants de l'UMP à travers le pays, aux questions desquels il se fait fort de répondre, durant ses meetings de campagne en vue de l'élection à la présidence de l'UMP (au moment où le Gbagbo dont il fut le bourreau, depuis sa cage de La Haye, se présente lui à celle du parti qu'il a fondé, le Front populaire ivoirien), l'ancien numéro 1 gaulois (même ça, l'écrire, Sarkozy le Gaulois, c'est plaisant) était informé qu'un militant depuis la salle souhaitait l'interroger sur l'affaire Bygmalion... (Cette société qui proposa aussi ses services communicants, raconta-t-on, à Sassou le Son of the Beach... à moins que ce ne fut au doyen des francophones l'hyperactif Paul Biy'a rien à faire...).

Le Valls à la hongroise fit convoquer le militant intègre et désireux de faire la lumière sur cette sombre affaire dans sa loge et, par conséquent, retarder le début de la réunion publique. Et, comme vous le verrez en cliquant ICI, a proposé, offert même à l'honnête homme rien moins qu'un poste pour qu'en gros il affadisse voire renonce à sa question sur Bygmalion, se contente d'une réponse a minima qui démontrerait par l'exemple qu'on n'élude pas les questions qui fâchent.

Il est de coutume de prétendre ici qu'il n'YAKOZAFRIKAINSKONPEUFERSA... et bien non : on peut faire ça aussi à nos frères Français !

CHAKA HAMA ZULU

PS : La vidéo de Sarkozy vendant son âme, sa mère et le reste pour convaincre un brave militant UMP de ne pas le questionner sur Bygmalion : ICI.

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