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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 09:27
Mme Aïchatou Mindaoudou, Représentante Spéciale du SG de l'ONU
Mme Aïchatou Mindaoudou, Représentante Spéciale du SG de l'ONU

C'est à la ouattariste plate-forme Abidjan.net que l'on doit la révélation de la perle du jour.

La représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, a dans un communiqué rendu public, le jeudi 22 janvier, félicité les autorités judiciaires ivoiriennes pour l’acte posé en faveur des pro-Gbagbo. A savoir l'élargissement - "provisoire" - de 50 prisonniers politique et le dégel de 31 comptes bancaires de personnalités pro-Gbagbo, annoncés mercredi 21 janvier dernier.

Pour Mme Aïchatou Mindaoudou il s'agit d'un acte qui « contribuera à renforcer la confiance entre les acteurs politiques et à consolider le dialogue politique ». Un acte qu'il conviendra de poursuivre pour « un traitement rapide et définitif des dossiers de l’ensemble des détenus de la crise post-électorale ». La représentante spéciale a lancé un appel à l’ensemble de la classe politique ivoirienne en l’exhortant à « persévérer dans la dynamique de réconciliation nationale engagée ». Avant de rappeler que son organisation « ne ménagera aucun effort, dans le cadre de son mandat, pour accompagner la Côte d’Ivoire sur la voie d’une stabilité durable. »

Rappelons que le coup d'état politico-médiatico-militaire perpétré par la France contre le dernier président élu de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, en vue d'installer l'employé Ouattara à la tête du pays et des instances africaines clés, a eu lieu en avril 2011.

Recommander de poursuivre un « un traitement rapide et définitif des dossiers de l’ensemble des détenus de la crise post-électorale » QUATRE ANS après les faits et leurs effets ?

Se féliciter d'une amorce circonstancielle - procès de Simone et impunité coûteuse et voyante des rebelles faits rois (justice des vainqueurs).

Assurer que l'ONU « ne ménagera aucun effort, dans le cadre de son mandat, pour accompagner la Côte d’Ivoire sur la voie d’une stabilité durable » Exactement ce que le machin s'engage à faire depuis au moins 2002.

Pour mémoire, en octobre 2010, quelques semaines avant la présidentielle, le même ONU dénonçait officiellement le fait que la rébellion n'était pas désarmée, qu'elle était même richement dotée en nouvelles armes... et s'en lavait les mains, en se défendant d'avance : nous vous avons prévenus, il en faut pas organiser ces élections que nous vous obligeons à organiser.

Chaka Hama Zulu

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 08:00
#RDC / L'archevêque de Kin' demande à Kabila de ne pas tuer de Congolais

SOURCE

(RV) Entretien - En République démocratique du Congo, des affrontements depuis le début de la semaine opposent les forces de l’ordre aux manifestants, notamment des jeunes, qui condamnent la réforme de la loi électorale à Kinshasa et dans le reste du pays.

Jeudi, Goma, la grande ville de l'Est du pays, était le théâtre de heurts. Le maire a annoncé la fermeture des écoles, lycées et établissements supérieurs jusqu'à lundi. Dans la matinée, plusieurs jeunes opposants au président Joseph Kabila se sont rassemblés dans la ville, où des policiers ont ouvert le feu. Au moins deux étudiants ont été blessés.

Les bilans de ces violences sont contradictoires selon qu'ils proviennent du gouvernement ou des ONG puisqu'ils varient de 11 personnes tuées à plus de 40.

c a réagi à cette flambée de violence, dénonçant une capitale assiégée et appelant surtout au calme et à la responsabilité. Son témoignage a été recueilli par Jean-Baptiste Cocagne, jeudi matin.

Pour écouter le témoignage ICI.

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:00
IBK marche pour Charlie à Paris et oublie les militaires maliens tués / par Omar Mariko, député malien

Cette tribune nous a été envoyée avec pour titre initial "Le prix de l'inconséquence"

Deux jours avant la tuerie de Charlie Hebdo, le 5 janvier au matin, une milice a attaqué les positions de l’armée malienne dans la ville de Nampala, ville du Mali proche de la frontière mauritanienne. Lors de cet attentat onze militaires maliens ont été tués. Dès l’annonce de cette triste nouvelle, le Parti Sadi a demandé au Gouvernement l’organisation de funérailles nationales. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus et nous avons été les seuls à nous déplacer pour présenter nos condoléances aux familles des victimes. Le 11 janvier sept dirigeants africains, dont le Président du Mali, IBK, défilaient dans les rues de Paris pour rendre hommage aux 17 morts Français. Ces deux événements, Charlie Hebdo et Nampala, étaient pourtant en tous points similaires, une attaque commando organisée pour tuer et réalisée par les mêmes groupuscules obscurantistes se revendiquant de l’Islam. Evidemment, nous avons de la compassion pour les familles des victimes françaises, mais est-il anormal de demander la même compassion pour nos morts et en particulier celle de notre Président ? En se précipitant à Paris pour être sur la photo des puissants de ce monde contre la barbarie, ces chefs d’Etat, de Faure Gnassigbé à Ali Bongo, en passant par IBK et Mahamadou Issoufou, n’ont pas mesuré les conséquences de cette présence sur leurs opinions publiques. Les populations ont-elles eu tort d’interpréter la marche de leurs Présidents sur le pavé parisien comme du mépris face à leur sort, à la barbarie qu’elles affrontent chaque jour et aux drames qu’elles vivent quotidiennement ? En tweetant : « Mes collègues Africains rendent des hommages aux morts français, mais les morts de chez nous, ils s’en foutent. Vous faites honte à l’Afrique. » le Président camerounais, Paul Biya, a dit tout haut ce que beaucoup d’Africains pensaient tout bas.

Car il ne faut pas s’y tromper, les manifestations au Niger comme au Mali contre les dernières caricatures du Prophète publiées par Charlie Hebdo, relèvent plus de la colère contre leurs Présidents respectifs Mahamadou Issoufou et IBK que d’une révolte contre la liberté d’expression ! Ensuite, il a été facile pour les fondamentalistes de récupérer les manifestations, ils savent parfaitement et depuis longtemps instrumentaliser cette colère, la frustration, la misère et le ressentiment des populations. Conséquence de cette marche parisienne : au moins 10 morts au Niger. Qui leur rendra hommage ?

Personne n’a relevé qu’il n’y avait eu aucune manifestation contre ces caricatures au Burkina Faso, alors que ce pays est à majorité musulmane. La raison en est simple, non seulement les autorités de transition, qui dirigent ce pays depuis la chute de Blaise Compaoré, n’étaient pas présentes à Paris, mais elles ont honoré leurs morts en rendant les 13 et 14 janvier dernier, un hommage national et digne lors du rapatriement des corps de 19 victimes burkinabé décédées lors du crash de l’avion d’Air Algérie. J’étais le seul représentant malien à ces cérémonies, pourtant cet accident a eu lieu sur notre sol et le Mali est responsable de l’enquête sur les circonstances de ce drame. Ni notre Président, ni aucun membre de notre Gouvernement n’a fait le voyage jusqu’au Burkina voisin pour présenter ses condoléances aux familles. Y ont-ils seulement pensé ? Lors de la veillée funéraire, le Président de la transition Michel Kafando et son Premier ministre Yacouba Zida étaient aux côtés d’un imam, d’un évêque, d’un pasteur et d’un chef coutumier dans un hommage œcuménique. C’est cette Afrique là que nous reconnaissons et aimons.

Depuis ces événements, les attaques des groupes armés, des djihadistes, des milices ont fait encore plus d’une vingtaine de morts notamment lors de combats dans le village de Ténenkou. La situation sécuritaire au Mali se dégrade vite. Le cessez le feu négocié lors du troisième round des pourparlers d’Alger en octobre 2014, est une lettre morte. Ces pourparlers doivent reprendre mais il ne faut pas être naïf, les négociations ne peuvent pas aboutir à une paix durable. En effet, les accords seront signés pour satisfaire aux exigences de la communauté internationale et non pour préserver l’unité du Mali et des Maliens. La paix ne peut être gagnée que par un véritable dialogue entre Maliens avec comme seul et unique but : l'intérêt du Mali.

En attendant, le peuple malien paye le prix fort à la fois de l’inconséquence de ces dirigeants successifs qui n’ont pas su, pas pu, pas voulu, régler la question du Nord Mali et de l’inconséquence de la coalition internationale qui a mené la guerre en Libye sans en mesurer les effets pour toute la région sahélienne et pour le Mali en particulier. A l’époque, les Maliens ne s’étaient pas trompés, par dizaines de milliers, ils étaient descendus dans les rues pour dire : « Non à la guerre en Libye ». Ils n’ont pas été entendus…

Par Oumar Mariko
Président du Parti SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance)
Député de l’Assemblée Nationale du Mali

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 08:00
#BokoHaram (2) / Le terrorisme sert les intérêts de l'OTAN / Alain Chouet (ex DGSE)

SOURCE

Boko Haram frappe encore et encore les populations civiles du Nigeria sans que la mobilisation de la communauté internationale n’ait pu enrayer cette spirale meurtrière. Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement et de sécurité à la DGSE (service de renseignement extérieur de la France) révèle, dans cette deuxième partie de l’entretien, les soutiens extérieurs dont peut bénéficier cette secte islamiste, notamment le financement des pétromonarchies du Golfe.

Afrik.com : Vous dites que les pétromonarchies du Golfe ont certainement participé à financer Boko Haram, dans une tribune sur Mondafrique, pour quelles raisons ? Quel intérêt ont-ils à financer ce groupe ?
Alain Chouet
: Le Qatar et surtout l’Arabie fondent leur légitimité sur l’Islam et, ces pays doivent se prémunir contre toute forme de critique, de concurrence ou de dépassement, sur la lecture la plus fondamentaliste de cette religion. Soumis à la concurrence et à la volonté de puissance de l’Iran, leur politique constante est de tenter de s’assurer le contrôle de l’Islam à l’échelon mondial par le seul moyen dont ils disposent à suffisance : l’argent. Ils sont extrêmement attentifs dans le monde entier à toute initiative fondamentaliste locale qui pourrait risquer de les dépasser ou de menacer leur légitimité et s’empressent d’essayer de la canaliser et de la contrôler grâce aux revenus de leur rente pétrolière. C’est là l’une des raisons de la montée en puissance de l’islamisme militant dans le monde, tous les acteurs locaux ayant compris que plus ils affirmeraient leur fondamentalisme, plus ils attireraient l’attention et l’argent des pétromonarchies wahhabites.

Afrik.com : Boko Haram a-t-il d’autres sources de financement ?
Alain Chouet
: Boko Haram a commencé ses activités en se finançant par les trafics en tous genres : le racket, le pillage et, plus récemment, par les prises d’otages contre rançon. C’est là son fonds de commerce ordinaire auquel l’argent des pétromonarques ne vient qu’ajouter un élément de régularité, mais dont la pérennité n’est pas assurée.

Afrik.com : Dans cette même tribune, vous évoquez l’instrument que constitue Boko Haram pour rendre le Nigeria dépendant de l’OTAN, de quelle façon ?
Alain Chouet
: Ne tombons pas dans le conspirationnisme ! Ce n’est évidemment pas l’OTAN qui instrumentalise Boko Haram. Mais il se trouve que du fait de la faiblesse et de l’inertie des organisations internationales comme l’ONU ou des organisations transnationales régionales en Afrique, au Moyen Orient ou en Asie, ce sont toujours les forces de l’OTAN qui se précipitent sous la pression des opinions publiques quand un problème de sécurité se pose. Plutôt que de tenter de renforcer les capacités d’intervention sécuritaire des organisations internationales ou régionales normalement habilitées à cela, les États-Unis et l’OTAN qu’ils contrôlent prennent prétexte de tout désordre régional pour intervenir militairement, avec des résultats d’ailleurs discutables, mais dont le principal effet est de rendre les Etats faibles dépendants des forces du Pacte Atlantique. C’est actuellement le cas du Nigeria qui avait toujours cherché à éviter ce type de connivence avec l’Occident et se tenait sur une ligne de relative neutralité tiers-mondiste peu appréciée à Washington. En ce sens, l’action de Boko Haram finit par servir les intérêts de l’OTAN et à nuire à l’indépendance du pays.

Afrik.com : L’OTAN est une organisation largement contrôlée par les Américains qui en assurent la plus grande partie du financement. Vous n’évoquez pas les Etats-Unis, quel peut être leur rôle dans cette histoire ? Quels sont les intérêts des Américains à intervenir au Nigeria ?
Alain Chouet
: Qui dit OTAN dit Etats-Unis. Le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique et le 6e exportateur de pétrole au monde. Il est clair que l’hyperpuissance américaine ne peut s’en désintéresser. Washington ne peut laisser un pays aussi important au cœur de l’Afrique sombrer dans la confusion et devenir un sanctuaire djihadiste, ni tomber par réaction entre les mains d’un pouvoir militaire fort qui pourrait avoir la tentation d’une politique nationaliste sur le modèle iranien ou venezuélien en s’affranchissant des règles de l’OPEP et de l’acceptation du paiement de son pétrole en dollars.

Afrik.com : La presse locale au Nigeria avait indiqué que certains hauts gradés de l’armée étaient passés en cour martiale pour avoir fourni des armes et des informations à Boko Haram, ce qui a été démenti par le gouvernement, quelle est votre réaction à ces éventuelles collusions ?
Alain Chouet
: A titre personnel, je ne dispose d’aucune preuve dans un sens ni dans l’autre. Mais de tels faits paraissent tout à fait plausibles. Le Nigeria est un pays qui connaît un fort taux de corruption dans la fonction publique, les services de sécurité et l’armée. Les militaires, même hauts gradés, qui ne sont pas assez proches des cercles du pouvoir pour bénéficier de la corruption sont sous-payés (quand ils sont payés…), sous équipés et personne ne vient à leur aide quand ils sont confrontés à des attaques. Dans ces conditions, on ne peut s’étonner qu’ils ne se montrent pas très offensifs ni déterminés et que, dans les zones d’activité de Boko Haram, ils préfèrent s’arranger sur place avec les malfaisants plutôt que s’engager dans une confrontation que personne ne soutiendra au niveau du gouvernement central.

Afrik.com : Pourquoi après le sommet de Paris du 17 mai dernier, seul le Cameroun semble avoir mis en application la traque conjointe de Boko Haram ? Qu’attendent à votre avis le Bénin, le Tchad, le Niger qui ont part à ce Sommet de l’Elysée et décidé de ce « Plan global régional » ?
Alain Chouet
: Ce sommet a été très « cosmétique ». Les différentes armées de la région connaissant à peu près toutes des conditions semblables à celles de l’armée nigériane. Le Bénin et le Niger ne disposent pas d’armées suffisamment fortes, équipées, structurées et motivées pour intervenir dans ce conflit. Si le Cameroun semble avoir entrepris de sécuriser ses frontières nord avec le Nigeria, sa détermination à en faire plus reste à prouver. Ses rivalités et contentieux anciens permanents avec le Nigeria ne plaident pas en faveur d’un engagement résolu. Quant au Tchad, qui dispose certainement de la meilleure armée régionale et qui l’a prouvé par ses actions courageuses et ses sacrifices au Mali, il semble avoir son propre agenda dans cette affaire et ne s’engagera certainement pas de façon déterminante sans assurance de contreparties financières et politiques. On ne peut demander au seul Tchad de tirer les marrons du feu en se brûlant les doigts dans toute la région pour que d’autres les dégustent.

Afrik.com : A votre avis comment mettre fin aux agissements de Boko Haram ?
Alain Chouet
: L’action actuelle de Boko Haram s’inscrit dans la problématique globale du salafisme violent dans l’ensemble du monde musulman. Je note que Boko Haram ne nous interpelle que depuis qu’il a enlevé 250 jeunes filles en heurtant la sensibilité des Occidentaux. On en parlait bien peu avant, sauf quand des Occidentaux étaient enlevés. Et on ne parle guère des violences islamistes qui font chaque jour des dizaines de morts en Libye, en Afghanistan, au Yémen, en Irak, en Syrie, au Pakistan et ailleurs. C’est une violence qui s’enracine dans des contentieux locaux irrésolus et qui se perpétue avec les encouragements et le financement de pétromonarques que nous persistons à considérer comme des alliés. Personne n’en viendra à bout si la communauté internationale ne contribue pas à essayer d’éteindre les contentieux locaux et si les Occidentaux n’exercent pas les pressions suffisantes pour contraindre les monarchies wahhabites à cesser de soutenir idéologiquement et financièrement la subversion salafiste.

Retrouvez la 1ère partie de l'entretien ICI.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 12:00
#CharlieHebdo / Les frères Kouechi sont les enfants de la France, pas de l'islam (Yasmina Khadra)

Ajoutée le 17 janv. 2015

The French-Algerian author shares his views on literature, politics, freedom of speech, and the Charlie Hebdo attack.

http://www.yasmina-khadra.com/

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 09:00
#BokoHaram / Remember Biafra - Alain Chouet (ex DGSE)

SOURCE

PS : la titraille est de la rédaction

Les attaques de Boko Haram se succèdent, et malgré l’aide de la communauté internationale, le Nigeria n’arrive pas à sécuriser le nord du pays. Décryptage par Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement et de sécurité à la DGSE (service de renseignement extérieur de la France).

Le Nigeria est au devant de la scène internationale. Pour cause, les plus de 200 lycéennes enlevées par le groupe extrémiste Boko Haram à la mi-avril dans leur établissement de Chibok, dans l’Etat de Borno, sont toujours retenues en otage. Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement et de sécurité à la DGSE (service de renseignement extérieur de la France), explique le processus de radicalisation de Boko Haram qui échappe jusqu’à présent aux occidentaux.

Afrik.com : Comment définissez-vous Boko Haram ? Qui se cache derrière Boko Haram ?
Alain Chouet
: Boko Haram est en fait une appellation familière d’un groupe politico-militaire intitulé « Jama’a al-Islamiyyah lil-da’awa wal-jihad » (Groupe islamique pour la prédication et le combat) créé en 2002 par le Nigérian Mohammad Yussuf. C’est au départ un mouvement de revendication politique, économique et social qui conteste le basculement progressif du pouvoir et des rentes au Nigeria au détriment des populations majoritairement musulmanes du nord du pays et au profit des élites sudistes essentiellement chrétiennes et animistes. Si le mouvement s’est ancré dans l’islamisme, c’est parce que l’Islam est le dénominateur commun des populations hétérogènes du nord du pays et un moyen démagogique de mobilisation contre les sudistes.

Afrik.com : Comment expliquer la radicalisation de ce mouvement depuis 2009 et l’arrivée à la tête du mouvement d’Abubakar Shekau ? Quels intérêts a-t-il à mener toutes ces tueries de masse ?
Alain Chouet
: A ses débuts, le mouvement n’a pas connu un grand succès ni des résultats appréciables. Comme tous les mouvements de ce genre, il a donc été l’objet en interne de surenchères constantes où les plus radicaux, les plus intransigeants et les plus violents, donc les plus voyants, ont rapidement pris le dessus. Voyou et « gros-bras » de la ville de Maiduguri dans le nord est du Nigeria, il a rejoint assez tôt le mouvement de Mohammad Yusuf auquel il a servi de bras armé et exécuteur des basses œuvres. A la mort de Yusuf, tué dans un assaut de l’armée en 2009, Shekau s’est autoproclamé chef du mouvement sans que personne ne cherche à le contester tant sa réputation de férocité était devenue légendaire. Shekau est incontestablement une brute de quartier dénué du moindre sentiment et il a tout intérêt à entretenir cette image pour être pris au sérieux...

Se « payer sur la bête »

Afrik.com : Dans quelle mesure le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, contrôle-t-il vraiment ceux qui se revendiquent de son mouvement ?
Alain Chouet
: C’est sa réputation de brutalité et son intransigeance qui ont permis à Shekau d’établir son autorité. Mais pour la conserver, il lui a aussi fallu faire preuve d’habileté dans ses choix stratégiques et tactiques ainsi que dans le management des hommes. C’est pourquoi il est certainement erroné de le présenter comme un fou furieux. Boko Haram est comparable aux « grandes compagnies » de mercenaires qui écumaient l’Europe à la fin du Moyen Age. Ce ne sont pas des armées ordonnées et disciplinées. Le chef définit des grands axes stratégiques et tactiques que les sous groupes doivent en gros respecter. S’ils ne le font pas, la brutalité du chef s’abat sur eux. S’ils le font, le chef leur donne licence de se « payer sur la bête » par le pillage, la mise à sac et le viol, et partage les bénéfices avec eux.

Afrik.com : L’enlèvement de deux prêtres italiens et d’une sœur canadienne récemment libérés n’avait pas été revendiqué par cette organisation, quelle est le degré d’homogénéité de ce mouvement ?
Alain Chouet
: Pour Boko Haram, l’enlèvement de ressortissants occidentaux a d’abord une finalité financière qui est d’obtenir une rançon aussi élevée que possible. Si les négociations avec le pays d’origine des otages se révèlent prometteuses et fructueuses, il n’est pas nécessaire de faire du bruit autour. Ce n’est qu’en cas de marchandage ou de réticences à payer le prix des otages que Boko Haram interpelle l’opinion publique internationale par de la publicité et des revendications plus ou moins fantaisistes et évidemment d’ordre politique pour ne pas avoir à afficher ses appétits d’argent. Personne n’est dupe.

« Asile et protection parmi la population locale »

Afrik.com : Boko Haram, qui n’opère principalement que dans l’Etat de Borno, au Nord-Est, déstabilise-t-il réellement le pays le plus peuplé d’Afrique ?
Alain Chouet
: L’État de Borno est le territoire d’origine et le principal réservoir de militants du mouvement. Mais Boko Haram est aussi actif dans les territoires voisins de Yobe et Gombe et mène aussi des opération dans le saillant de Jos, excroissance vers le nord de l’Etat du Plateau (Etat où ne s’applique pas la charia et où vivent de nombreux chrétiens) ainsi que des attaques ponctuelles un peu partout dans le nord du Nigeria. Le fait qu’un groupe extrémiste puisse ainsi mener à sa guise des actions offensives répétées et meurtrières au nez et à la barbe des forces de sécurité nationales dont l’impuissance est ainsi démontrée est évidemment très déstabilisant pour le pouvoir fédéral qui se trouve réduit à solliciter publiquement l’assistance de ses voisins et de la communauté internationale.

Afrik.com : Boko Haram multiplie les attaques, comment expliquer, selon vous, que les pays occidentaux lancés à leur trousse, avec tous les moyens logistiques et humains mis en œuvre, n’arrivent toujours pas à repérer les bases arrières de l’organisation ?
Alain Chouet
: Le nord-est du Nigeria n’est pas le désert du Sahara. Entre les nombreux villes et villages, on y trouve des zones cultivées, voire boisées, où il est possible d’échapper aux surveillances aériennes. Contrairement aux miliciens d’AQMI au Mali, les militants de Boko Haram sont chez eux dans cette région du Nigeria dont ils sont majoritairement issus. Ils trouvent fréquemment asile et protection parmi la population locale qui, bon gré mal gré, leur fournit le gîte, le couvert et des caches sûres. Les pays occidentaux disposent effectivement d’importants moyens techniques de surveillance et d’écoute, mais ces moyens sont d’une utilité très relative face à une rébellion armée rustique évoluant « comme un poisson dans l’eau », qui utilise très peu de technologie et se sait surveillée et écoutée. Quant aux moyens humains, les Occidentaux en ont très peu sur le terrain. Agitée depuis un demi-siècle par les propagandes nationalistes et extrémistes religieuses, la population se méfie des Occidentaux et refuse généralement de coopérer avec eux. Au Nigeria, tout le monde garde en mémoire l’aventure biafraise des années 60 au cours de laquelle certains Occidentaux avaient encouragé la sécession du sud et la révolte des Ibos avant de les abandonner en rase campagne et les livrer au massacre. Et ce ne sont pas les exemples du Viet-Nam, de l’Afghanistan, de l’Irak ou de la Libye qui risquent de donner confiance à la population locale dans l’intervention - forcément limitée dans le temps - des Occidentaux….

Seconde partie de l'entretien demain

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 09:10
En route vers I Télé, Bassam Tahhan répond au Cercle des Volontaires
En route vers I Télé, Bassam Tahhan répond au Cercle des Volontaires

Ajoutée le 10 janv. 2015

Le Cercle des Volontaires a souhaité s'entretenir avec Bassam Tahhan, géopoliticien et spécialiste du Coran, à propos de l'attaque de Charlie Hebdo et des événements qui s'en sont suivis. Qui sont les djihadistes ? Qui les soutient, les finance ?

http://www.cercledesvolontaires.fr

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 09:04
#CharlieHebdo / Pourquoi Hollande et Fabius ne peuvent pas être Charlie / ITV Jean-Loup Izambert

Ajoutée le 11 janv. 2015

Cinq jours après l'attaque du Charlie Hebdo, le Cercle des Volontaires a souhaité de nouveau s'entretenir avec Jean-Loup Izambert afin de décrypter les événements, qui se sont soldés par la mort des trois djihadistes. Après une courte analyse des faits, nous revenons sur les réactions politiques, et notamment la manifestation de dimanche, à Paris et dans plusieurs villes de province. Ensuite, nous évoquons ce que révèle l'utilisation de l'expression « La France est en guerre » par nombre de commentateurs dans les médias « mainstream ». Enfin, nous nous interrogeons sur la vague d'indignation internationale qui a pris la forme du slogan « Je suis Charlie », omniprésent notamment sur les réseaux sociaux.

Jean-Loup Izambert est journaliste indépendant, ancien collaborateur à VSD, Les Echos et L'Humanité. Il finalise actuellement l'écriture d'un livre, "56", résultat d'enquête sur les liens entre des politiciens socialistes français et la mouvance terroriste.

http://www.cercledesvolontaires.fr

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 09:00
#MohamedAli l'homme le plus riche du monde / lu par Grégory Protche

Ou l'histoire d'un homme qui voulait devenir Dieu, et qui, lorsqu'il découvrit Dieu, fit tout pour redevenir un homme, au grand dam des hommes, qui adorent les dieux. Ça commence à Louisville, Kentucky, le 17 janvier 1942.

Les hommes jouent à la seconde guerre mondiale. Odessa Clay travaille. Elle met au monde un petit Cassius Marcellus. Celui-ci est joli, lisse, jovial et braillard. Dans la vie des grands hommes, les légendes deviennent vite l'Histoire, alors même que l'Histoire, en se déroulant, n'est déjà plus que le brouillon de la légende qu'elle va devenir. Celle d'Ali dit qu'à l'âge de 12 ans il s'est fait chourrer son vélo. A l'envie folle de ruiner l'indélicat, succède une interrogation : comment être sûr d'y parvenir si, d'aventure, celui-ci était plus grand et plus costaud ? Toute la vie, pugilistique, d'Ali sera gouvernée par cette obsession : comment battre un type plus fort que soi ? Ne serait-ce que parce que la mort et la vie en sont les enjeux, et l'argent ("le sang du pauvre", dit L. Bloy) l'indispensable moteur, la Boxe est éminemment mystique. Mystique, donc pleine de signes, de répétitions, de paraboles et de symboles. Jack Johnson, le premier champion du monde poids lourds noir, est mort, en voiture, en allant assister à un combat de son successeur, Joe Louis. Ce même Joe Louis devant subir, sous le règne d'Ali, les sarcasmes et les moqueries Jobiennes de celui-ci. Louis avait été le dieu, le père, le modèle, la référence de Cassius Clay.

Quand Clay devint Ali, il brisa ce miroir qu'était Louis. Si l'on n'est pas prêt à envisager ces signes et symboles comme autant de paramètres cruciaux dans la vie des boxeurs, on n'a aucune chance de comprendre cette reine pleine d'amants qu'est la Boxe. Bien sûr, le contexte politique (donc racial en Amérique) joue son rôle. Mais, un peu comme à la messe, il faut savoir souscrire à l'implacable candeur des mythes, la beauté fade des rites et la simplicité des témoins qui se transmettent. La Boxe a son naïf langage poétique et son complexe arrière-plan métaphysique. Ceux qui ne veulent pas y croire, et donc le voir, demeurent convaincus, comme de vulgaires journalistes, que la Boxe n'est qu'une affaire de biscotos, de gros sous et d'arnaques. La Boxe c'est, certes, de l'argent, des combines pas claires, des hommes qui se couchent trop vite, des agents véreux, des comptables maffieux et des doigts qu'on brise comme dans les films à coups de crosse. C'est aussi deux hommes qui s'affrontent, avec toujours un des deux représentant le bien, et l'autre le mal, ou un, la vie, et l'autre la mort. Les hommes ont besoin d'hommes pas toujours exemplaires aux parcours toujours exemplaires. Mystique, métaphysique et psychologie sont les vraies cordes du ring à l'intérieur duquel la Vie et la Mort se battent, sous les yeux des hommes et l'autorité de cet arbitre “infaillible” comme un pape qu'est l'argent - le pape n'a pas toujours raison, mais quand il se trompe, il a raison de se tromper, c'est ça, l'infaillibilité pontificale, d'une profondeur sublime interdite aux athées pratiquants.
Retour à Louisville (n'est-ce pas trop beau, mon Dieu, de faire naître Ali dans la "Ville de Louis" ?). Pour lui apprendre à rosser dans les règles les voleurs de vélo, un flic emmène Cassius le jeune dans une salle de boxe. Il est doué. Il devra donc travailler plus que les autres. Le don en Boxe, comme en art, n'est pas forcément un avantage. Ali a gagné parce qu'il a plus travaillé que ses adversaires, qu'il a surtout travaillé mieux que ses adversaires. Un combat de Boxe, ce n'est pas comme le bac. Il ne faut pas être un peu bon en tout et avoir la moyenne. Ali a eu l'intelligence de ne corriger que certains de ses défauts. Ceux qui dérangeaient l'expression de dons presque contraires à l'esprit laborieux du noble art.

Dons que seul son catho de manager, Angelo Dundee, sut accepter sans les comprendre ni les amoindrir en prétendant les optimiser. Comme, par exemple, cette fluidité féline inhumaine qu'Ali aura su domestiquer pour danser, avant de la transformer en rondeur, lorsque face à Foreman, en 1974, conscient des nouvelles limites de son corps trentenaire, il n'eut d'autre recours que de se lover dans les cordes pour accueillir gandhiennement les coups qu'il ne pouvait plus esquiver. On se trompe beaucoup lorsqu'on croit qu'Ali n'a pas vu venir l'âge, l'ennemi habituel des boxeurs - des boxeurs habituels. Il a toujours su interpréter les signes que la Nature lui envoyait pour lui rappeler que, contrairement à ce que les hommes lui disaient, il n'était pas un Dieu mais un homme.
À Louisville, via la télé locale, où sa frimousse trop parfaite prend toute la lumière, on comprend que le Kentucky et l'Amérique seront trop petits pour ce boxeur clair au nom d'esclave et au prénom d'empereur : on l'envoie à Rome aux Olympiades. Mauvais perdant, Clay a l'étoffe d'un vainqueur. Il revient couronné. Mais à Rome, il a déconné. Il s'est foutu de la gueule d'un Noir d'Afrique, qu'il a pris pour un sauvage, à qui il a expliqué qu'en Amérique les Nègres ne vivaient pas dans les arbres, etc. A peine rentré au pays, l'Oncle Sam lui fait savoir que les Oncle Tom comme lui, ce n'est pas dans les arbres, mais dans des cases qu'ils doivent vivre. Des cases réservées aux noirs. Comme ce resto où il essaie d'entrer est réservé aux blancs. De rage, l'encore Clay balance sa médaille dans le fleuve. C'est cette médaille que l'Amérique lui a rendue, en 1996, lors des JO d'Atlanta. Ne croyez pas les finauds vengeurs hermétiques à tout ce qui les dépasse qui crurent voir là-dedans la preuve que l'amoindri Ali avait perdu sa tête et sa dignité en même temps que ses capacités physiques. C'est bien le Grand Satan, vaincu, comme le sera son administration au moment du refus d'Ali de partir au Vietnam, qui, à Atlanta, a cédé devant un individu conséquent et convaincu. La Vérité ne se cache pas forcément derrière la supposée et temporelle Réalité, déesse des sots, des incrédules et des malins. Sous le Clay bavard, poète et pronostiqueur qui au début des années 60 commence à se faire aimer de la Boxe, Ali perçait déjà. Il suffisait de le voir. Malcolm X avait des lunettes, et pas d'oeillères. Des lunettes qui voyaient l'avenir. "Cassius devait vaincre. La marche de l'Histoire l'exigeait.", dira-t-il, au soir d'un championnat a priori perdu d'avance, contre Sonny Liston (voir le magnifique The Greatest, de W.Klein, de très loin le meilleur film sur Ali). Le futur El Hadj Malik El Shabbaz, bien qu'encore un peu trop Malcolm X, encore un peu trop Black Muslim plutôt que juste musulman - La Mecque arrangera ça bientôt - ne pouvait pas rater ce jeune homme un peu trop beau et sûr de lui. Sur le point de mourir, dit-on, on revoit sa vie. Malcolm a dû dans la sienne voir le Clay que d'une certaine manière il avait été. Et donc le Ali qu'il devait devenir. Outre que Malcolm était un homme du Verbe, et Ali un homme de Parole, la grande différence entre les deux, c'est qu'un devait mourir et l'autre vivre. Malcolm devait mourir pour aider Ali à comprendre, par tous les moyens nécessaires, que la Vie n'est pas une fin en soi. Ali devait vivre pour comprendre pourquoi Malcolm X était mort serein, sans peur, débarrassé de toutes les vanités.

Adorateur de son corps, comme le sont tous les gladiateurs, il allait falloir à Ali d'abord se débarrasser du sien. Bien sûr, son refus de partir bouffer du “niakoué” en 1967 était parfaitement justifié sur le plan politique. Mais n'est-il pas plus intéressant d'y voir le début du combat qu'allait livrer Ali contre lui-même, c'est-à-dire un demi-dieu ? Cette première épreuve durera trois ans (comme un round dure trois minutes). En 1970, l'Amérique permet à celui qui refusa tous les pistons de boxer à nouveau. Seconde épreuve. Ali gagne. Ali perd. Ce qui n'a aucune importance. En Boxe, l'invincibilité est un dogme de journalistes et une illusoire route vers la gloire. Le seul invaincu de toute l'histoire de la Boxe s'appelle Rocky Marciano, il est mort connement en avion et plus personne ne se souvient de lui. En 1974, à Kinshasa, Ali affronte Foreman, pour un nouveau combat a priori perdu d'avance. Laissons aussi aux gogos terre-à-terre l'apparente et misérable symbolique du combat entre Ali le nègre fier et Foreman l'Oncle Tom (on peut être fier de ce qu'on devient, pas de la couleur que Dieu nous donne). Laissons enfin de côté ce "combat du siècle" anecdotique, lors duquel Ali le lucide terrassa le bibendum Foreman. Intéressons-nous à ce qui se passe après. Si Ali avait perdu, on lui aurait trouvé des excuses, on aurait vanté son courage, etc. Il est plus facile de perdre que de gagner, au regard de ce que la victoire implique. Et c'est là qu'Ali est le plus fort, "le plus grand". Pas parce qu'il a remis son titre en jeu. Parce que c'est là, au moment où tout lui était donné, au moment où le monde entier était à ses pieds, au moment où, plus connu que le pape, il est célébré par toutes les races et toutes les communautés, que Ali renonce. Ali renonce à son trône de Dieu vivant, et part, touché par le grotesque anti-religieux de sa situation, à la conquête de son humanité, en allant apprendre l'humilité.

Il ne s'agit pas seulement de perdre son titre (tellement inutile qu'il le perdra, le regagnera, le reperdra). Il faut quitter cette peau de veau d'or. Il faut oublier tout ce qui lui a été donné. Ali a le choix : vivre en dieu, et finir dans l'Olympe, ou vivre en homme, et avoir une chance d'accéder au Paradis. Pour ça, il lui faut tout perdre. Comme dans le film de Scorsese, Raging Bull : Jake La Motta doit non seulement perdre son titre, mais aussi son corps, en le meurtrissant, en devenant énorme et bouffi, sa fierté, en finissant comique minable dans un cabaret de seconde zone, pour se débarrasser de la mégalomanie, de l'égocentrisme, de la paranoïa, pour enfin re-trouver l'humanité que la vanité et l'admiration des hommes lui avaient fait oublier, et accéder à une sérénité qui n'a besoin ni d'argent, ni de confort, ni de rien de ce dont les hommes croient avoir besoin. Ce que les journalistes et les historiens appellent "les combats de trop de Mohamed Ali" n'étaient en fait que les marches que celui-ci, sans forcément en être conscient, s'imposait de gravir pour, lui aussi, accéder à la simple humanité. Les journalistes voient la Réalité. Les artistes cherchent la Vérité.

Ali sait que la maladie de Parkinson qui l'accable, résultat physique de ses "combats de trop", que ses problèmes financiers du début des années 80, ne sont pas des punitions, mais, au contraire, des épreuves que Dieu a bien voulu lui imposer : "Je n'ai pas peur de la mort. Je n'ai que faire de vos mines apitoyées, de vos allusions perfides à ma gloire défunte. L'adversité qui me frappe est la compétition ultime dont j'avais besoin pour démontrer que je suis toujours le plus grand, en même temps que le plus humble. Aujourd'hui, je veux juste mener une vie spirituelle. Je suis l'homme le plus riche du monde."(1988)

Photos - dr Texte - Grégory Protche

PS : le texte est paru successivement dans La Medina, Get Busy et Le Gri-Gri International

Bonus : ci-dessous la version audio et (un peu) visuelle du texte lu par l'auteur.

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 07:00
#CharlieHebdo / "Nous n'avons pas à nous justifier en tant que musulmans" (Youssef Seddik)

SOURCE

Comme nous le craignions dès mercredi, ça a commencé. Ici et là s’élèvent des voix demandant aux musulmans de France de se « désolidariser » du massacre perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo et boulevard Richard-Lenoir, de descendre dans la rue pour montrer qu’ils ne sont pas d’accord, qu’ils sont contre. Mercredi soir sur i>Télé, l’écrivain et réalisateur Yann Moix se souvenait de « les » avoir trouvés déjà trop silencieux au moment de l’affaire Merah.

Nous trouvons cela insupportable. Et dangereux, car faisant planer l’idée qu’il y aurait un soutien de principe, une solidarité a priori. Nous avons téléphoné à Youssef Seddik. Il est philosophe, anthropologue, spécialiste de la Grèce ancienne et du Coran. Il est né en Tunisie et vit à Paris depuis 1982. Nous avions besoin de son avis sur cette injonction.

« Nous sommes effarés, nous sommes hors de nous, mais n’avons pas à nous justifier en tant que musulmans.

Pourquoi s’adresser à nous ? Nous sommes comme vous. Qui vous dit que je ne suis pas athée ? D’ascendance musulmane, mais athée ? Il est indécent que nous soyons enjoints à nous désolidariser.

Dès que j’ai appris ce qui s’était passé, j’ai téléphoné à mon ami François Gouyette, ambassadeur de la France en Tunisie. Je lui ai fait part de ma sympathie. Mais je l’ai fait au nom de mon humanité.

Ça va sans dire que c’est un acte abominable, d’une grande barbarie.

Je peux me mettre en faction, par la plume, par les mots, pour que ces actes soient punis.

Mais j’aurais pu le dire en tant que Corse, en tant que Français, en tant que Tunisien.

Je ne me désolidarise de rien du tout. Nous sommes tous responsables, quelle que soit notre religion : les chrétiens fondamentalistes, les extrémistes juifs, les islamistes radicaux.

Et nous sommes contre ces actes parce que nous sommes humains, pas selon nos confessions.

Et encore moins au nom de celles de nos parents, qui ne sont pas les mêmes que les nôtres. Car la religion change. Mon père n’aurait jamais tué quelqu’un, alors même qu’il était extrêmement bigot.

Donc je suis complètement contre cette injonction.

Par ailleurs, je pense qu’il faut enseigner un autre islam, et percevoir un autre islam. Cet islam dont se réclament les terroristes n’est pas le vrai islam. Il ne faut pas essentialiser l’islam. Ne pas le montrer tel qu’il massacre des gens et féconde des tragédies. Il faut transmettre l’admiration de l’islam.

Quand je lis Péguy, Teilhard de Chardin ou Pascal, je suis saisi d’une grande admiration pour le christianisme.

Il faut créer l’admiration des grands textes. Ce n’est pas fait pour l’islam. Et c’est injuste. »

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 00:00
L'égalité selon Ouattara : cogner même sur les handicapés ! 53 blessés, 5 fauteuils roulants endommagés, 7 cannes anglaises disparues, 10 cannes blanches cassées...

PS : la titraille est de la rédaction

SOURCE

La Confédération des handicapés de Côte d’Ivoire (Cophci) n’entend pas se laisser faire et exige du gouvernement un recrutement dérogatoire à la Fonction publique. Malgré la répression brutale dont ils ont été victimes la semaine dernière, les personnes handicapées annoncent des manifestations éclatées au Plateau.

Demain mardi 30 décembre, les handicapés moteurs, sourds, muets, aveugles, albinos, et bègues, se donnent à nouveau rendez-vous au Plateau pour une grande marche depuis le ministère de la Fonction publique et de la réforme administrative jusqu’à la place de la République. C’est la principale information livrée par Dabla Ouattara, le secrétaire exécutif de la Confédération des organisations des personnes handicapées de Côte d’Ivoire (COPHCI), vendredi au siège provisoire de la structure à Yopougon. Selon le secrétaire exécutif, le sit-in réprimé la semaine visait à interpeller le Chef de l’Etat Alassane Ouattara sur la promesse qu’il a
faite aux personnes handicapées alors qu’il était candidat en 2010. Celle de faire un recrutement exceptionnel à la fonction publique pour ces personnes vulnérables.

Hélas, depuis lors, rien n’a été fait, malgré les nombreuses démarches toutes les portes restent fermées. Pour eux, cet état de fait est trop avilissant, et soutiennent que le régime piétine leur droit à l’emploi comme le recommande la convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées que la Côte d’Ivoire à ratifiée. « Nous entendons rester mobilisés jusqu’au bout, et nous allons protester jusqu’à ce que le recrutement dérogatoire des personnes handicapées promis soit effectif. Le respect de nos droits ne saurait être négociable. C’est pourquoi nous voudrions inviter toutes les personnes handicapées à se tenir debout comme un seul homme le mardi 30 décembre 2014 pour qu’on nous prennent au sérieux », a déclaré Dabla Ouattara. Plus jamais en Côte d’Ivoire, soutient-il, il ne sera question de développent sans les personnes handicapés, car ils ont toute leur place dans la société. Les personnes handicapées condamnent les violences enregistrées lors de la marche qu’elles avaient organisée, et exigent que les auteurs de ces actes répondent de leurs actes, car selon Ouattara Dabla, toutes les dispositions avaient été prises pour que cette marche soit pacifique. Les membres de la confédération n’ont pas compris cette violence "sauvage" des forces de l’ordre qui a fait 53 blessés, 5 fauteuils roulants endommagés, 7 cannes anglaises disparues, 10 cannes blanches pour aveugles arrachées ou cassées et cinq arrestations dans les rangs des manifestants.

Selon le leader de la COPHCI, ils comptent également exiger la prise en charge médicale par le gouvernement des blessés et la restitution de tout ce qui a été emporté ou endommagé par les forces de l’ordre.

Texte / Sylvain Dakouri (LNC n°1182 / 29.12.2014)

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 09:00

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 08:00
#JeSuisCharlie fait irrésistiblement penser au Nous sommes tous américains, par F.Lordon

SOURCE

mardi 13 janvier 2015, par Frédéric Lordon

Ce texte est tiré d’une intervention à la soirée « La dissidence, pas le silence ! », organisée par le journal Fakir à la Bourse du travail à Paris le 12 janvier 2015.

Lorsque le pouvoir de transfiguration de la mort, ce rituel social qui commande l’éloge des disparus, se joint à la puissance d’une émotion commune à l’échelle de la société tout entière, il est à craindre que ce soit la clarté des idées qui passe un mauvais moment. Il faut sans doute en prendre son parti, car il y a un temps social pour chaque chose, et chaque chose a son heure sociale sous le ciel : un temps pour se recueillir, un temps pour tout dire à nouveau.

Mais qu’on se doive d’abord à la mémoire de ceux qui sont morts n’implique pas, même au plus fort du traumatisme, que toute parole nous soit interdite. Et notamment pour tenter de mettre quelque clarification dans l’inextricable confusion intellectuelle et politique qu’un événement si extrême ne pouvait manquer, en soi, de produire, à plus forte raison sous la direction éclairée de médias qui ne louperont pas une occasion de se refaire la cerise sur le dos de la « liberté d’expression », et de politiques experts en l’art de la récupération.

Disons tout de suite que l’essentiel de cette confusion se sera concentré en une seule phrase, « Je suis Charlie », qui semble avoir tout d’une limpide évidence, quand tant d’implicites à problème s’y trouvent repliés.

« Je suis Charlie ». Que peut bien vouloir dire une phrase pareille, même si elle est en apparence d’une parfaite simplicité ? On appelle métonymie la figure de rhétorique qui consiste à donner une chose pour une autre, avec laquelle elle est dans un certain rapport : l’effet pour la cause, le contenu pour le contenant, ou la partie pour le tout. Dans « Je suis Charlie », le problème du mot « Charlie » vient du fait qu’il renvoie à une multitude de choses différentes, mais liées entre elles sous un rapport de métonymie. Or ces choses différentes appellent de notre part des devoirs différents, là où, précisément, leurs rapports de métonymie tendent à les confondre et à tout plonger dans l’indistinction.

Charlie, ce sont d’abord des personnes humaines, privées – par bonheur, on s’est aperçu rapidement que dire simplement « Charlie » pour les rassembler faisait bon marché de deux policiers, un agent de maintenance, un malheureux visiteur de ce jour là, et puis aussi de cinq autres personnes, dont quatre juives, tuées les deux jours d’après. Sauf à avoir rompu avec toute humanité en soi, on ne pouvait qu’être frappé de stupeur et d’effroi à la nouvelle de ces assassinats.

Mais l’émotion n’a été si considérable que parce qu’il était perceptible à tous que ce qui venait d’être attaqué excédait évidemment les personnes privées. Et voici donc le deuxième sens possible de « Charlie » : Charlie comme métonymie des principes de liberté d’expression, des droits à exprimer sans craindre pour sa sécurité, tels qu’ils sont au cœur de notre forme de vie.

On pouvait donc sans doute se sentir Charlie pour l’hommage aux personnes tuées – à la condition toutefois de se souvenir que, des personnes tuées, il y en a régulièrement, Zied et Bouna il y a quelque temps, Rémi Fraisse il y a peu, et que la compassion publique se distribue parfois d’une manière étrange, je veux dire étrangement inégale.

On pouvait aussi se sentir Charlie au nom de l’idée générale, sinon d’une certaine manière de vivre en société, du moins d’y organiser la parole, c’est-à-dire au nom du désir de ne pas s’en laisser conter par les agressions qui entreprennent de la nier radicalement. Et l’on pouvait trouver qu’une communauté, qui sait retourner ainsi à l’un de ses dénominateurs communs les plus puissants, fait une démonstration de sa vitalité.

Mais les choses deviennent moins simples quand « Charlie » désigne – et c’est bien sûr cette lecture immédiate qui avait tout chance d’imposer sa force d’évidence – quand « Charlie », donc, désigne non plus des personnes privées, ni des principes généraux, mais des personnes publiques rassemblées dans un journal. On peut sans la moindre contradiction avoir été accablé par la tragédie humaine et n’avoir pas varié quant à l’avis que ce journal nous inspirait – pour ma part il était un objet de violent désaccord politique. Si, comme il était assez logique de l’entendre, « Je suis Charlie » était une injonction à s’assimiler au journal Charlie, cette injonction-là m’était impossible. Je ne suis pas Charlie, et je ne pouvais pas l’être, à aucun moment.

Je le pouvais d’autant moins que cette formule a aussi fonctionné comme une sommation. Et nous avons en quelques heures basculé dans un régime de commandement inséparablement émotionnel et politique. Dès ses premiers moments, la diffusion comme traînée de poudre du « Je suis Charlie » a fait irrésistiblement penser au « Nous sommes tous américains » du journal Le Monde du 12 septembre 2001. Il n’a pas fallu une demi-journée pour que cette réminiscence se confirme, et c’est Libération qui s’est chargé de faire passer le mot d’ordre à la première personne du pluriel : « Nous sommes tous Charlie » — bienvenue dans le monde de l’unanimité décrétée, et malheur aux réfractaires. Et puis surtout célébrons la liberté de penser sous l’écrasement de tout dissensus, en mélangeant subrepticement l’émotion de la tragédie et l’adhésion politique implicite à une ligne éditoriale. Ceci d’ailleurs au point de faire à la presse anglo-saxonne le procès de se montrer hypocrite et insuffisamment solidaire (obéissante) quand elle refuse de republier les caricatures. Il fallait donc traverser au moins une mer pour avoir quelque chance de retrouver des têtes froides, et entendre cet argument normalement élémentaire que défendre la liberté d’expression n’implique pas d’endosser les expressions de ceux dont on défend la liberté.

Mais cette unanimité sous injonction était surtout bien faite pour que s’y engouffrent toutes sortes de récupérateurs. Les médias d’abord, dont on pouvait être sûr que, dans un réflexe opportuniste somme toute très semblable à celui des pouvoirs politiques dont ils partagent le discrédit, ils ne manqueraient pas pareille occasion de s’envelopper dans la « liberté de la presse », cet asile de leur turpitude. A l’image par exemple de Libération, qui organise avec une publicité aussi ostentatoire que possible l’hébergement de Charlie Hebdo. Libération, ce rafiot, vendu à tous les pouvoirs temporels, auto-institué dernière demeure de la liberté d’expression ! — peut-être en tous les sens du terme d’ailleurs. Et combien de la même farine derrière Libé pour faire de la surenchère dans le Charlisme ?

« Si cet homme qui, dit-on, riait de tout revenait en ce siècle, il mourrait de rire assurément », écrit Spinoza dans une de ses lettres. Et c’est vrai qu’il y a de quoi rire longtemps à voir ainsi les organes de la soumission à l’ordre social entonner avec autant de sincérité l’air de l’anticonformisme et de la subversion radicale. Rire longtemps... enfin pas trop quand même, car il faudra bien songer un jour à sortir de cette imposture.

Ce sera sans l’aide du pouvoir politique, qui n’a jamais intérêt au dessillement, et à qui l’union nationale a toujours été la plus fidèle des ressources. Union nationale, et même internationale en l’occurrence, dont une version carabinée nous aura été administrée. Fallait-il qu’elle soit incoercible la pulsion récupératrice de François Hollande de se faire reluire à la tête de Paris « capitale du monde » pour convier, de proche en proche, jusqu’à Orban, Porochenko, et puis Netanyahu, Lieberman, etc. de hautes figures morales, connues pour se partager entre défenseurs de la liberté de la presse et amis du dialogue interconfessionnel [1].

Par bonheur, il s’est déjà trouvé suffisamment de voix pour s’inquiéter des usages, ou plutôt des mésusages, que ce pouvoir ne manquera pas de faire d’une mobilisation de masse qu’il s’empressera de considérer comme un mandat.

Espérons qu’il s’en trouvera également pour recommander à quelques éditorialistes un court séjour en cellule de dégrisement, et pour leur apporter le café salé. Dans la concurrence pour être à la hauteur de l’Histoire, et même – pente aussi fatale que grotesque de l’information en continu – pour être les premiers à « annoncer » l’Histoire, il était logique que tous criassent à l’Histoire et à l’Historique à propos de la manifestation d’hier. S’il est permis d’en rire, on dira que, historique, elle l’a sans doute été sous quelque rapport, au moins pour être la première du genre où le comptage de la police avait une chance d’être supérieur à celui des organisateurs. On ne sache pas cependant qu’il soit resté grand-chose des manifestations monstres de Carpentras et du 1er mai 2002, effusions collectives qui avaient déjà hystérisé le commentariat, mais dont on doit bien reconnaître que la productivité politique aura été rigoureusement nulle.

On aimerait beaucoup qu’il en aille autrement cette fois-ci, mais on ne peut pas s’empêcher de poser en toute généralité la question de savoir s’il n’y a pas un effet de substitution entre le degré de l’unanimité et sa teneur politique possible. Par construction, arasant toute la conflictualité qui est la matière même de la politique, la masse unie est tendanciellement a-politique. Ou alors, c’est que c’est la Révolution – mais il n’est pas certain que nous soyons dans ce cas de figure…

Il y aurait enfin matière à questionner la réalité de l’« union nationale » qu’on célèbre en tous sens. Tout porte à croire que le cortège parisien, si immense qu’il ait été, s’est montré d’une remarquable homogénéité sociologique : blanc, urbain, éduqué. C’est que le nombre brut n’est pas en soi un indicateur de représentativité : il suffit que soit exceptionnellement élevé le taux de mobilisation d’un certain sous-ensemble de la population pour produire un résultat pareil.

Alors « union nationale » ? « Peuple en marche » ? « France debout » ? Il s’agirait peut-être d’y regarder à deux fois, et notamment pour savoir si cette manière de clamer la résolution du problème par la levée en masse n’est pas une manière spécialement insidieuse de reconduire le problème, ou d’en faire la dénégation. A l’image des dominants, toujours portés à prendre leur particularité pour de l’universel, et à croire que leur être au monde social épuise tout ce qu’il y a à dire sur le monde social, il se pourrait que les cortèges d’hier aient surtout vu la bourgeoisie éduquée contempler ses propres puissances et s’abandonner au ravissement d’elle-même. Il n’est pas certain cependant que ceci fasse un « pays », ou même un « peuple », comme nous pourrions avoir bientôt l’occasion de nous en ressouvenir.

Il y a une façon aveuglée de s’extasier de l’histoire imaginaire qui est le plus sûr moyen de laisser échapper l’histoire réelle — celle qui s’accomplit hors de toute fantasmagorie, et le plus souvent dans notre dos. Or, l’histoire réelle qui s’annonce a vraiment une sale gueule. Si nous voulons avoir quelque chance de nous la réapproprier, passé le temps du deuil, il faudra songer à sortir de l’hébétude et à refaire de la politique. Mais pour de bon.

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 16:00
#CharlieHebdo / Qu'ont-ils fait pour mériter le soutien de Mme Bongo ?

Notons que ce post est "sponsorisé", ce qui signifie que la Première dame gabonaise a EN PLUS mis de l'argent dans Facebook pour que son message circule le plus possible.

Sylvia Bongo Ondimba

Sponsorisé ·

« La satire contre les méchants n'a rien d'odieux ; elle est, aux yeux de tout homme sage, un hommage à la vertu. » Aristophane

Le journal satirique français Charlie Hebdo a été touché ce matin par un lâche et odieux attentat faisant au moins 12 morts et de nombreux blessés.

A travers ce journal et ses dessinateurs, c’est la liberté de la presse et la liberté d’expression, de manière universelle, qui ont été attaquées.
La liberté de penser.
La liberté de créer.
La liberté de s’offusquer.
La libe
rté de dénoncer.

Ce sont des hommes, avec leurs feuilles et leurs crayons, leurs familles, un peuple et une République, qui ont été atteints dans leurs valeurs, leurs principes, leur citoyenneté.

A notre pays ami la France, témoignons de notre solidarité dans cette terrible épreuve.

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme et doit le demeurer.
Sans amalgame.
Sans co
mpromis.

PS : Nul doute que les journalistes satiriques gabonais sauront rappeler à la Patience d'Ali les propos doux d'Aristophane. Et le reste.

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 13:00
Quelques-uns des nervis assaillants de la résidence de Jean Ping
Quelques-uns des nervis assaillants de la résidence de Jean Ping

Communiqué du mouvement "Les Souverainistes"

Le mouvement "Les Souverainistes" observe, pour le déplorer et le condamner, que le Pouvoir illégal et illégitime d'Ali Bongo s'installe davantage dans une spirale de violence face aux revendications légitimes et démocratiques du peuple gabonais.
En effet, dans la nuit du 18 au 19 décembre 2014, vers 4 heures du matin, des nervis du pouvoir ont tenté d'incendier la pharmacie du Dr Alphonse Louma Eyougha, causant au passage d'importants dégâts matériels. Le lendemain 20 décembre, empêchant de manière illégale et violente un meeting de l’Opposition dont le Pouvoir était informé conformément à la loi, les forces de défense et de sécurité ont violemment agressé les opposants, allant jusqu'à enlever certains dans des lieux de culte ou loin du théâtre des évènements. C’est le cas, entre autres, du journaliste Francis Edou Eyene, brutalement kidnappé par des militaires cagoulés dans l’enceinte de l’église Saint Michel de Nkembo. Faisant usage d’armes de guerre, ces mêmes forces de défense et de sécurité ont assassiné notre compatriote Bruno Mboulou Beka et blessé de nombreuses autres personnes.
Tous ces actes de violence ont été précédés, quelques semaines auparavant, d’une campagne haineuse, menée par des individus se réclamant proches du régime, et appelant, via les réseaux sociaux, à « liquider » certains leaders de l’Opposition et de la Société civile.
Ce jour, 12 janvier 2015, voilà que près de 300 jeunes, visiblement instrumentalisés par le régime en place, sont allés, aux environs de 7 heures, saccager le domicile de M. Jean Ping, situé à proximité du lycée français Blaise Pascal de Libreville.
Armés de gourdins, de cailloux, de bouteilles et de bien d'autres objets, ces jeunes délinquants sont passés, sans être inquiétés, devant des éléments de la Gendarmerie nationale postés à environ 15 et 30 mètres de part et d'autre de l'accès au domicile de M. Ping. Ils ont, pendant plus d’une heure, violemment bombardé la résidence de toutes sortes de projectiles. Tout en scandant des injures à l’endroit de M. Ping, ils ont mis le feu sur la voie publique menant à sa résidence, et tenté de forcer le portail d'entrée qui, heureusement, n'a pas cédé.
C'est dans ce contexte de terreur entretenu par le Pouvoir, que des militants de l'Opposition, alertés, sont venus à la rescousse de M. Ping et ont pu mettre la main sur une quinzaine de ces agresseurs dont une partie s'était dirigée vers le domicile de Pierre Amoughe Mba pour y accomplir la même besogne.
M. Ping, en toute responsabilité, a appelé le Procureur de la République pour lui faire état de la situation.
L'UNOCA et certaines représentations diplomatiques ont immédiatement été informées.
Quant aux délinquants appréhendés, ils ont été remis à la Police judiciaire après qu'ils aient été entendus par un huissier commis à cet effet par M. Ping et filmés par la Presse qui s'est rendue rapidement sur les lieux. Leurs propos engagent sans ambigüité des personnalités bien connues du pouvoir ou qui en sont très proches.
Le mouvement "Les Souverainistes" relève que ces faits, qui sont de nature à porter atteinte la paix sociale et à la cohésion nationale dans notre pays, sont suffisamment éloquents et particulièrement graves.
Aussi, le mouvement "Les Souverainistes" saisit cette occasion pour interpeller la communauté nationale et internationale sur la duplicité d'un pouvoir qui fait mine d'appeler à un dialogue qu'en réalité il ne souhaite pas, alors que dans le même temps, il utilise son arme favorite, la violence contre l'Opposition dont de nombreux membres sont par ailleurs privés de salaires, et/ou de la simple liberté d'aller et venir, comme cela a été le cas récemment du Professeur Pierre-André Kombila, de Madame Paulette Missambo, ou encore de l'ancien Premier ministre Oye Mba.
Le mouvement "Les Souverainistes" entend dégager la responsabilité de l'Opposition dans tout ce qui pourrait arriver au Gabon du fait d'un pouvoir aux abois, rendu dangereux par son autisme, son incompétence et sa propension quasi-permanente à la violence et au non respect de la Constitution et des lois de la République.

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Published by Gri-Gri International - dans Gabon 2011
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