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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 10:00
#UneNuitàMajunga / Thomas Sankara aussi lisait François de Negroni ! (#Vidéo #GriGriTVBrut)

#‎QuandSankaraLisaitNegroni‬

1983. Preuve en images.

Une nuit à Majunga. Un livre de François de Negroni. En librairies ces jours-ci.

‪#‎GriGriTVBrut‬

28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 21:07
France Télévisions insulte le président bolivien Morales (#Mélenchon #DPDA)

SOURCE

Un texte de Maurice Lemoine

Incident, ce 26 mai 2016, sur le plateau du magazine « Des paroles et des actes », animé par David Pujadas, avec comme invité Jean-Luc Mélenchon, sur France 2. Entendant démontrer au candidat présidentiel de « La France insoumise » que tous ceux qu’il a « pris en exemple » ont échoué, le « spécialiste économique » François Lenglet évoque, entre autres, le président bolivien Evo Morales qu’il traite publiquement de « corrompu ». S’entendant répondre« Tenez vos mots M. Lenglet, vous êtes sans doute plus corrompu que ne le sera jamais M. Morales, pesez vos mots ! », l’éditocrate vedette enfonce le clou : « La petite amie de M. Morales, qui est la mère de son fils, a bénéficié de 500 millions de dollars de commandes publiques. Alors, allez m’expliquer que tout ça est normal »
Ce qui n’est sans doute pas « normal », c’est qu’on puisse, devant 2 471 000 téléspectateurs (11,5% de part d’audience), « corrompre » à ce point le débat public et l’information, sans qu’aucun média, le lendemain, plutôt que de gloser sur l’« agressivité » de Mélenchon, ne dénonce l’imposteur Lenglet.

C’est l’ancien chef des services de renseignement boliviens (1989-1993) Carlos Valverde, reconverti en « journaliste », qui a lancé l’« affaire » à la veille d’un référendum qu’il s’agissait de faire perdre au président Morales : ce dernier ayant eu une liaison amoureuse avec une jeune femme, Gabriela Zapata, entre 2005 et 2007, et celle-ci occupant un poste de cadre de haut niveau (à partir de février 2015, huit ans plus tard) au sein de China CAMC Engineering, une firme bénéficiaire d’importants contrats avec l’Etat, il y aurait eu « trafic d’influence » pour favoriser cette entreprise chinoise – ce qui, après examen des faits, se révélera totalement faux [1]. Pour ajouter à la beauté de la « telenovela » et à la connivence entre « les amants », le même Valverde révélait, certificat de naissance à l’appui, qu’Evo Morales et Gabriela Zapata avaient eu ensemble un bébé, décédé immédiatement après sa naissance et que le président, de ce fait, n’avait jamais vu. Cette sombre histoire « d’amour secret » et surtout de « corruption » ternit très sérieusement l’image du chef de l’Etat et, entre autres raisons, lui fit perdre le référendum du 21 février 2016 [2].

A l’évidence, l’éminent spécialiste Lenglet, qui, à la veille d’un débat, doit faire préparer ses fiches en même temps que ses tasses de café par un stagiaire ou une petite main, en est resté là. A moins qu’il n’ait choisi de mentir délibérément… Car, en Bolivie, le « feuilleton Zapata » a connu tant de rebondissements qu’il a fait passer le président Morales du statut d’« accusé » à celui de victime d’une machination.
Le premier de ces rebondissements, et non des moindres, intervint le 26 février 2016 lorsque Mme Zapata fut détenue – en même temps que deux cadres moyens du ministère de la présidence –, accusée d’usurpation de fonction, de trafic d’influence et d’enrichissement illicite. Tous trois, présentant Gabriela Zapata comme une « très proche » du président, utilisaient discrètement un bureau de ce lieu gouvernemental pour s’y réunir avec des entrepreneurs, des hommes d’affaires, des fonctionnaires, et y passer des accords douteux donnant lieu à rétrocommissions ou pots-de-vin. Déjà spectaculaire en soi, cette arrestation donne lieu à un nouveau coup de théâtre, la famille de la détenue affirmant que l’enfant qu’elle a eu avec le président, et dont elle lui a affirmé en 2007 qu’il était décédé, est en réalité… vivant. Entraînant une réaction immédiate d’Evo Morales. N’ayant jamais nié sa liaison de deux années avec la jeune femme, il assume la nouvelle donne et déclare publiquement le 29 février : « J’ai le droit de connaître mon fils, de prendre soin de lui, de le protéger. J’espère qu’on me l’amènera ces prochaines heures [3]… »
N’obtenant pas satisfaction, le président va effectuer la même requête devant une juge du droit familial. Laquelle se verra effectivement présenter, dans les jours suivants, un enfant de onze ans. Toutefois, lorsque « Evo », de son propre chef, se soumet à un test ADN, Zapata refuse de l’imiter et interdit que cet examen soit effectué sur le présumé fils du chef de l’Etat.

La vérité va éclater le 18 mai lorsque la justice conclut que « le fils du président » n’a jamais existé. Deux jours plus tard, la tante de Gabriela Zapata, Pilar Guzmán, ainsi que les trois avocats de l’ex-« fiancée », Eduardo León, William Sánchez et Walter Zuleta, sont arrêtés, accusés d’avoir cherché à tromper la justice en tentant de faire passer un neveu de Guzman pour l’enfant de Morales et Zapata [4]. Cette aventurière, pour tromper le président, a utilisé à l’époque un faux certificat de naissance établi sur la base d’un document falsifié émanant d’une maternité. Dit plus officiellement par la juge Jacqueline Rada, le 6 mai : « Il a été mis en évidence qu’il n’existe aucun registre accréditant et confirmant l’existence physique du sujet. »
Comme il se doit, Carlos Valverde, l’homme qui, il y a quatre mois, a ouvertement orchestré la machination, a cru devoir réapparaître pour se dédouaner et a affirmé sur Twitter : « J’ai eu accès a une information sérieuse [sic !] qui confirme que le supposé fils de Gabriela Zapata et du président Morales n’existe pas [5]. » Inutile de préciser que si d’aventure il est mis en cause ou poursuivi pour sa campagne crapuleuse destinée à affaiblir et déstabiliser politiquement le président, la grande internationale médiatique se mobilisera au nom du « droit d’informer » et de la « liberté d’expression ».

Inclure un morceau de vérité dans une « intox » ne la rend que plus efficace : Evo Morales a effectivement eu une liaison avec la jeune Gabriela Zapata. Mais tout le reste est faux : elle n’est plus, et depuis longtemps, sa « petite amie » ; ils n’ont pas eu d’enfant ensemble ; il n’existe pas de faits de corruption les liant. Quant à François Lenglet, nous apprend Wikipedia – qui doit également pratiquer le « journalisme d’investigation » –, « sa maîtrise des dossiers et son sens de la précision sont reconnus par les observateurs ». On nous permettra d’ajouter qu’il prend le public pour un ramassis de débiles et que, corrompu pour corrompu, il corrompt et le débat et l’information.

NOTES

[1] Lire « En Bolivie, victoire de la carpe et du lapin », Mémoire des Luttes, 9 mars 2016.

[2] En cas de victoire, M. Morales aurait pu se représenter à l’élection présidentielle de 2019 et effectuer un nouveau mandat de cinq ans.

[3] BBC Mundo, Londres, 1er mars 2016.

[4] Chefs d’inculpation : altération et substitution d’état civil, traite et trafic de personne, soustraction d’un mineur, etc.

[5] BBC Mundo, 18 mai 2016.

Published by Gri-Gri International Maurice Lemoine - dans Dom-Tom - Caraïbes & Amériques Politique
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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 21:49
Laurent Bigot sait que Ouattara n'a pas gagné en 2010 (#CôtedIvoire #ProcèsDeLaHonte #CPI)

SOURCE

Texte de Laurent Bigot, ancien diplomate français devenu consultant indépendant. En 2010, il était sous-directeur pour l’Afrique de l’Ouest au Quai d’Orsay.

Qui a gagné l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire ? Officiellement, c’est Alassane Ouattara. En réalité ? Bonne question.

Laurent Gbagbo, élu président en 2000 pour un mandat de cinq ans, repoussait d’année en année la tenue d’un nouveau scrutin présidentiel tant que les rebelles qui occupaient la moitié nord du pays n’avaient pas désarmé et que l’Etat ivoirien n’avait pas retrouvé sa souveraineté sur la zone CNO – zone centre, nord et ouest contrôlée par les rebelles pro-Ouattara. Rappelons au passage – deux poids deux mesures – que c’est pour permettre à l’Etat malien de recouvrer sa souveraineté au nord que la France a déclenché l’opération « Serval » en janvier 2013.

Pour une raison que j’ignore, en 2010, Laurent Gbagbo abandonne ces deux conditions et accepte d’aller à l’élection, convaincu qu’il va gagner, sondages réalisés par Euro RSCG à l’appui. Or, pour la France et la communauté internationale, cette élection est un moyen de chasser Laurent Gbagbo du pouvoir. C’est également le calcul du président burkinabé Blaise Compaoré. L’analyse électorale sommaire que font les acteurs internationaux, c’est que le président sortant ne pèse que le poids de son ethnie, les Bété, insuffisant selon eux pour remporter le scrutin.

Plus de votants que d’inscrits

Pour Nicolas Sarkozy et la diplomatie française, cette élection ne peut avoir qu’un seul résultat acceptable : la victoire d’Alassane Ouattara. Il règne à l’Elysée et au Quai d’Orsay une véritable hystérie anti-Gbagbo. Les esprits sont préparés à un conflit, pas à une négociation. J’ai décrit dans une précédente chronique combien la France était obsédée par le départ de Laurent Gbagbo, parant le candidat Alassane Ouattara de toutes les vertus.

Le premier tour se tient le 31 octobre 2010. Les résultats provisoires donnent Laurent Gbagbo en tête avec 38 % des voix, suivi d’Alassane Ouattara (ADO) avec 32 % et Henri Konan Bédié (HKB) en troisième position avec 25 %. Ce dernier annonce très vite qu’il va former un recours en annulation portant sur près de 600 000 voix (il y avait un peu plus de 300 000 voix d’écart entre ADO et HKB). De nombreux procès-verbaux en zone CNO sont en effet suspects : plus de votants que d’inscrits, 100 % des voix pour le candidat Ouattara. Mais, par un concours de circonstances bien étrange, le recours sera déposé hors délai.

Henri Konan Bédié, qui a présidé la Côte d’Ivoire de 1993 à 1999, évoque en octobre 2013 l’élection de 2010, lors d’un congrès du Parti démocrate ivoirien (PDCI) : « Le rang que j’ai occupé à l’élection de 2010 n’était pas le mien… mais vous conviendrez avec moi que les dés étaient déjà pipés. » Ambigus aussi les propos de Jean-Marc Simon, ambassadeur de France à Abidjan, lorsqu’il sort du domicile d’Henri Konan Bédié en 2012 avant de quitter ses fonctions : « Tous ont beaucoup apprécié son attitude tout à fait digne d’éloges démocratiques après le premier tour où il a accepté de ne pas être présent au second tour et d’apporter un soutien sans faille à celui que les Ivoiriens ont ensuite désigné, le président Alassane Ouattara. »

Un ambassadeur qui félicite un candidat « acceptant » de ne pas être au second tour et qui a soutenu « sans faille » son ancien premier ministre et adversaire Alassane Ouattara ? Etonnant ! Faut-il yvoir de l’ingérence ou de la diplomatie « engagée » ? Ou encore les intérêts bien compris de l’ambassadeur Simon, qui n’allait pas tarder à se reconvertir dans les affaires, à Abidjan.

Laurent Gbagbo ne contestera pas les résultats du premier tour car il se retrouve dans la configuration la plus favorable pour affronter ADO au second tour. Il a commis une erreur.

Le second tour se tient le 28 novembre 2010. La Commission électorale indépendante (CEI) n’arrive pas à se mettre d’accord sur les résultats à annoncer. Le camp présidentiel n’a pas la majorité au sein de la CEI et conteste le travail de compilation des résultats. Cette bataille rangée au sein de la CEI culmine le 30 novembre quand le représentant de Laurent Gbagbo arrache des mains du porte-parole de la CEI les résultats qu’il veut annoncer devant la presse. La mission d’observation électorale de l’Union européenne regrettera dans son rapport final que la CEI n’ait pas publié les résultats par bureaux de vote, comme elle regrettera d’avoir été empêché d’observer la consolidation des résultats du premier tour.

C’est finalement le président de la CEI qui proclame les résultats provisoires, hors du délai de trois jours imparti par la loi électorale. L’annonce est faite à l’Hôtel du golf, le QG d’Alassane Ouattara, la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci), ayant refusé que cela se déroule chez elle. Alassane Ouattara est déclaré vainqueur avec une avance de 376 000 voix.

De son côté, le Conseil constitutionnel, s’étant saisi du dossier puisque la CEI était hors délai, annule, dans la précipitation, les votes de sept départements de la zone CNO et proclame Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection.

Dans la foulée, Choi Young-jin, le représentant du secrétaire général des Nations unies à Abidjan, certifie ses propres résultats et déclare Alassane Ouattara vainqueur avec des chiffres différents de ceux de la CEI et du Conseil constitutionnel.

L’enjeu du taux de participation

Rappelons que l’Onuci certifie l’élection alors que ses représentants n’étaient présents que dans 721 bureaux de vote sur un total de 20 073, soit 3,6 % des bureaux de vote. Choi Young-jin affirme dans son livre, Au cœur de la crise ivoirienne (Nouveau Monde Editions, 2015), que ses équipes ont visé tous les procès-verbaux. Mais elles ne peuvent concrètement garantir l’authenticité que d’une petite partie d’entre eux.

Le taux de participation au second tour est annoncé à 81 % (83 % au premier) alors que le vice-président de la CEI, Amadou Soumahoro, membre du parti d’Alassane Ouattara, avait estimé, le lendemain du vote, une participation avoisinant les 70 %, tout comme Gérard Latortue, le chef de la mission des observateurs de la Francophonie. C’est un enjeu crucial, car une participation moindre handicapait Alassane Ouattara et favorisait Laurent Gbagbo. En outre, la société SILS Technology, chargée de compiler électroniquement les procès-verbaux, certes filiale d’une société d’Etat dirigée par un proche de Laurent Gbagbo, écrit à la CEI que son logiciel a rejeté 2 000 procès-verbaux de bureaux de vote car ils comportaient plus de votants que d’inscrits. Selon Bernard Houdin,conseiller de Laurent Gbagbo, ces 2 000 PV rejetés représentaient 300 000 votes.

Il y avait donc de bonnes raisons de prendre le temps de recompter. Et personne n’était plus à quelques semaines près après avoir attendu cinq ans. Or la France s’oppose obstinément à tout recomptage. Nous ne saurons jamais si cela aurait évité à la Côte d’Ivoire de basculer dans la guerre civile. Les deux camps étaient lourdement armés et convaincus qu’ils ne pouvaient pas perdrel’élection. Mais, au moins, la communauté internationale aurait eu la satisfaction d’avoir tout tenté.

Je ne sais pas qui a réellement remporté l’élection de 2010 mais une chose est certaine, les résultats certifiés par les Nations unies ne sont pas les bons.

26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 07:22
#ProcèsSimoneGbagbo / Sur 36 jurés, 28 sont de la même ethnie...devinez laquelle ?

Au moment où reprend le procès Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (CPI), son épouse Simone Gbagbo retourne également devant les juges à Abidjan. Nous sommes allés à la rencontre de Rodrigue Dadjé, avocat principal de l'ex-première dame, pour comprendre les enjeux de ce nouveau procès contre sa cliente.

Propos recueillis par Daouda Coulibaly

Ivoire Justice : Pourriez-vous nous expliquer de façon simple les charges qui sont retenues contre votre cliente ?

Rodrigue Dadjé : Pour faire simple, Simone Ehivet Gbagbo est poursuivie aux assises actuellement pour, dit-on, avoir fait tuer des gens qui habitent en Côte d'Ivoire. Le terme générique c'est « crime de sang ». Aussi, il y a des classifications de ces crimes de sang qui partent du fait que vous vous soyez battus avec une personne qui est morte ; ou vous avez poignardé quelqu'un ; ou encore vous êtes fâchés contre votre voisin donc vous voulez le tuer. Il y a donc plusieurs niveaux.

Lorsqu’il s’agit de plusieurs personnes, on parle de crime contre l'humanité.

I.J : En quoi ce nouveau procès sera-t-il différent du dernier procès en assises ?

R.D : Les assises passées concernaient des crimes politiques : atteinte à l'autorité de l'Etat, organisation de bandes armées, etc. Et nous sommes allés à ce procès en pensant qu'on allait avoir une justice équitable et transparente.

Malheureusement, il a commencé de façon déséquilibrée. Il faut savoir qu’un procès en assises, c'est trois magistrats professionnels et six jurés civils. Les jurés sont choisis par le ministre de la justice. Vous allez constater que les jurés choisis par le ministère de la justice étaient à 80% de la même origine ethnique. Alors qu’on est censé juger des gens qui se seraient organisés pour tuer des personnes de cette ethnie.

Dans un pays où il y a 60 ethnies, il n'est pas techniquement possible pour un souci de justice et d'équité que 90% soit composé d’une seule ethnie. Du coup, on se dit que le juré a été spécialement fabriqué pour venir juger des gens avec des appréhensions.

Cette année encore, pour les crimes de sang, sur les 36 jurés sélectionnés, 28 sont de la même ethnie. C'est dire que le gouvernement ivoirien est dans sa logique de rattrapage dans tous les domaines.

I.J : L'observateur lambda pourrait vous répondre que la défense de Madame Gbagbo n’est aussi composée de personnes de même origine…

R.D : Ce n’est pas pareil. Laissez-moi vous expliquer. Le client choisit l'avocat qu'il veut. Il peut même prendre sa femme si cette dernière est avocate. Cela fait partie de ses droits.

Mais, quand le gouvernement qui sort d'une crise et dit que la réconciliation va passer par la justice, décide de juger les gens pour que cette justice se fasse dans la transparence, on ne peut pas prendre une seule ethnie sur 60 pour composer 80% des jurés. Je trouve que ça pose vraiment un problème.

Je pense que la liste des jurés devrait être représentative de tous les Ivoiriens. Excusez-moi de le dire, ce gouvernement est partial. Il est là pour un groupe politique et ethnique.

I.J : Est-ce à dire que vous allez au procès déjà vaincu ?

R.D : Je ne vais pas vaincu, mais ce que je pense c'est que ma cliente a 90% de chance de se faire condamner, qu'elle soit innocente ou pas. Et c'est ce qui est vrai.

L'objectif pour moi, dans ce procès, c'est de montrer que ma cliente est un personnage politique. Elle rend compte au peuple de Côte d'Ivoire. L'objectif, pour nous, c'est qu’elle soit face au peuple ivoirien pour dire sa part de vérité. Nous n'attendons rien de la décision des magistrats, parce qu’ils sont déjà conditionnés.

Aujourd'hui en Côte d'ivoire, il n'y a aucun magistrat capable de prendre une décision qui contrarie le pouvoir ivoirien. Même les demandes de mise en liberté provisoire qui sont soumises à la compétence du juge d'instruction doivent être validées préalablement par le gouvernement. Pourtant, sur papier, il est indépendant. Il n'y a plus d'indépendance de la justice. Il n’y a pas de séparation de pouvoirs.

I.J : Que pense Maître Dadjé de cette situation ?

R.D : Le magistrat rend la décision qu'il veut. Si un magistrat veut entrer dans l'histoire de la Côte d'Ivoire penché, debout ou couché, c'est son problème. Car les décisions qui sont rendues aujourd'hui vont entrer dans l'histoire de la Côte d'Ivoire. Ce gouvernement va passer et il passera. Mais, l'histoire retiendra qu’à une époque de la Côte d’Ivoire, il y a des magistrats qui ont rendu des décisions de mauvaise qualité.

Nous avons de très bons magistrats. Malheureusement, nous avons une justice aux ordres. Surtout pour tous les dossiers politiques.

I.J : Où se trouve Simone Gbagbo ? Et comment va-t-elle ?

R.D : Ma cliente est incarcérée à Abidjan et elle s'accroche.

I.J : Dans ce nouveau procès en assises, Simone Gbagbo est-elle seule à être jugée ?

R.D : Je peux dire oui et non. Je dirai non parce que les assises, c’est un ensemble de plusieurs procès dans lesquels chaque prévenu aura son procès à lui. Lors des dernières assises, c'était tout le monde dans un seul procès. Cette fois-ci, c'est un gros procès ou chacun a son dossier. Et elle a son dossier à elle seule.

Madame Gbagbo a été sortie de la masse des pro-Gbagbo qui sont poursuivis afin de la juger, elle seule, pour des crimes de sang.

I.J : Quel impact ce procès en assises peut avoir sur la procédure de la CPI ?

R.D : Ce procès est fait sur mesure à cause de la CPI. Ce n'est pas une question d'impact, il n'est fait que pour la CPI. Pour preuve, ils ont sorti Madame Gbagbo des autres personnes poursuivies pour la juger à titre exceptionnel. Afin qu'elle soit jugée et qu’on puisse dire à la CPI : « Nous l'avons jugée. Vous ne pouvez plus la juger pour les mêmes infractions ».

Et ce n'est pas une interprétation de Maitre Dadjé. C'est ce qui a été dit par la justice elle-même.

I.J : Quels sont les attentes de Dadjé Rodrigue pour ce procès ?

R.D : Le gouvernement dit que ce procès est équitable, impartial et qu’il va nous emmener à la réconciliation. Si tel est le cas, j'ai un vœu : je souhaite que pour cette réconciliation tant prônée, qu'on retransmette le procès de madame Gbagbo sur les chaines de la télévision nationale, pour que tous les Ivoiriens puissent se faire leur propre idée sur la culpabilité ou non de Simone Ehivet Gbagbo.

Que le gouvernement n'ouvre pas seulement les portes du tribunal, mais qu'il ouvre aussi ce procès à tous les Ivoiriens par le canal de la RTI (Radiodiffusion télévision ivoirienne, ndlr). S'ils veulent vraiment la vérité, qu'ils laissent chaque ivoiriens entendre ce que madame Gbagbo a à dire.

La session d'ouverture du second procès en assises de Simone Gbagbo s'est déroulée ce 6 mai. L'ex-première dame de Côte d'Ivoire sera jugée à partir du 31 mai pour crimes de sang et crimes contre l'humanité par la Cour d'assises du tribunal d'Abidjan.

SOURCE

Published by Gri-Gri International Ivoire Justice - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 CPI Francophonie
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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 20:52
#PSG Ibra, casse-toi ! / par Jérôme Reijasse

En attendant qu'il ait trouvé un titre de rubrique aussi performant que 7 jours loin du monde, les lettres d'amour amères de Jérôme Reijasse, destinées à ce qu'il reste d'humain, d'innocent et de non dérisoire en chacun d'entre nous, seront classées dans 7 jours...

Il a violé tous les records, démonté toutes les statistiques, affolé tous les compteurs.

Avant lui, qui ?

Personne. Sauf peut-être Mickey.

Il venait d'un pays où les suicides sont fréquents et où les meubles se montent à domicile. Un pays à la langue atroce et aux neiges mordantes.

Son nez, son chignon, son regard presque louche, sa taille de géant et ses pieds péniches ont séduit les enfants, les familles, les médias, les puceaux, ceux de la dernière heure.

Un héros sans pouvoir, un super sans plomb.

Il a conquis un territoire qui était sans défense. Il a écrasé les faibles et les forts l'ont éteint.

La ligue des champions n'a encore pas voulu de lui.

La ligue 1 a aimé le haïr, elle l'a adoubé, oubliant qu'ici, les rois, on les préfère sans tête.

Ses mots étaient parfois drôles, jamais en français. Il roulait les R comme il pliait les défenses.

Il provoquait les instances et ses ennemis avec l'arrogance d'un grand frère qui aurait trop redoublé.

Il a marqué, beaucoup, certains buts resteront, oui.

Il va être difficile de le remplacer. Le Qatar aime l'efficacité plus que l'histoire et il est aujourd'hui bien embarrassé. Trouver un nouveau robot capable d'exciter les touristes nippons comme Philippe Doucet ne sera pas chose aisée. Ce n'est pas notre problème.

C'est un problème de riches.

Des amis m'accusent de mauvaise foi. Ils ont raison. Et la mauvaise foi reste une foi.

J'espère que les anciens, que tous ceux qui ne vont plus au Parc et qui aiment Paris depuis leur canapé ont accueilli la nouvelle de son départ avec une joie sauvage. Avec une lueur dans les yeux.

Il a dit tout ce qu'il ne fallait pas dire. Il a nié Susic, Rai, Pauleta, Kombouaré, Luis, Ronnie, Mendy, Diané, Boulogne, Auteuil et tous les autres. Il a ricané devant les tombes. Nos tombes. Il a cru qu'un mercenaire n'avait pas d'odeur.

J'avais écrit, à son arrivée, un texte terrible sur lui. Et tous les mots sont encore à leur place. Légitimes.

Samedi, à la dixième minute, le match s'est arrêté et ils t'ont applaudi. J'ai même aperçu les larmes de Marco. Les larmes de tous ces gens en tribunes. Ils ne te déclaraient pas leur amour, non, ils commençaient déjà à craindre l'après. À redouter la défaite, à entrevoir le passé, notre passé. Et ils n'en voulaient pas, pour rien au monde. Dans leurs petits coeurs mal irrigués, ils rêvaient de Ronaldo, de Neymar, de Messi. Lewandowski, trop banal! Ils veulent du lourd, du gras, du rentable. Ils en sont là. Les enfants gâtés, les flipettes, les endormis. Les groupies.

Tu ne me manqueras pas. Même si le Qatar foire son recrutement. Même si la Ligue 1 redevient quelque chose de plus âpre. Je pense à Pastore. Il va enfin pouvoir régner.

Je pense également à ta fin de carrière. Je prie pour que tu signes finalement de l'autre côté de l'Atlantique. Là-bas, tu seras enfin vraiment chez toi: la démesure, le pragmatisme, la sauvagerie, l'argent roi, Hollywood, le divertissement comme seul horizon. Tu pourras encore exhiber tes enfants blonds et quitter la pelouse comme si de rien n'était. On fera peut-être un film sur toi. Et une attraction à Disneyland. Et un sandwich chez MacDo. Et tout ce que tu voudras.

Le Qatar souhaite baptiser une tribune du Parc à ton nom. Pourquoi pas, tant qu'on y est, le Parc Ibra ?

Tu t'en fous de toute façon.

Tu es venu en roi, tu repars en légende, as-tu tweeté comme un homme de ton époque.

C'est quoi, une légende? Le dictionnaire dit: “Récit à caractère merveilleux où les faits historiques sont transformés par l'imagination populaire ou l'invention poétique”.

Tu as vulgarisé l'exploit, piétiné les racines, insulté la mémoire, banalisé le talent. Chimère ikea, propagande libérale, monstre pas gentil.

Si un jour, ta statue trône devant le Parc, il n'y aura pas que les pigeons pour la salir.

Tu incarnes celui qui a enfoncé le clou, celui qui a validé la mort du football populaire. Ton peuple n'en est pas un. Ton royaume non plus. Ta légende est un crédit à taux variable.

Casse-toi Ibra et sans te retourner.

Pas de chant pour toi. Pas de tifo.

Juste le silence.

Mon fils grandira loin de toi.

Le plus beau cadeau que tu pouvais lui faire.

Je vais lui raconter Safet, je vais lui apprendre les chants anciens, je vais l'initier à l'appartenance.

Il saura.

Et toi, tu n'auras jamais existé.

Texte : Jérôme Reijasse

#PSG Ibra, casse-toi ! / par Jérôme Reijasse
#PSG Ibra, casse-toi ! / par Jérôme Reijasse
#PSG Ibra, casse-toi ! / par Jérôme Reijasse
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#PSG Ibra, casse-toi ! / par Jérôme Reijasse
#PSG Ibra, casse-toi ! / par Jérôme Reijasse
#PSG Ibra, casse-toi ! / par Jérôme Reijasse
Published by Gri-Gri International Jérôme Reijasse - dans Jérôme Reijasse 7 jours loin du monde Sports Gos et Gars du moment
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 09:23
#PaixLibertéRéconciliation en Côte d'Ivoire / Mariam Cissé, prisonnier politique (#Vidéo #UneCartePostalePourLesPrisonniersDopinion)

Le 11 mai 2016, place du colonel Fabien, au siège du PCF, Lydia Samarbakhsh, membre de la Coordination nationale du PCF, chargée des relations internationales, Roger Gballou,membre du Secrétariat général du Front populaire ivoirien, Ephraïm Fadiga, représentant en Europe des Indignés de Côte d'Ivoire, et quelques autres ont eu l'amabilité de nous convier au lancement de l’Opération Paix, Liberté et Réconciliation en Côte d’Ivoire autour de l’initiative « Une carte postale pour les prisonniers d’opinion »

Ainsi que Mariam Cissé, membre du FPI longtemps emprisonnée pour des motifs politiques par le pouvoir ivoirien.

D'autres vidéos suivront.

23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 09:15
#DomTom / La ministre George Pau-Langevin à propos de Mayotte (#Vidéo)

Vendredi 20 mai 2016.

Auditorium de la Mairie de Paris.

A l'invitation d'associations de femmes mahoraises et après projection d'un documentaire à propos des "Chatouilleuses de la république", ces Mahoraises qui dans les années 1970-1980 ont beaucoup pesé dans le choix pour Mayotte de rester dans le giron français.

Intervention de la ministre des Dom-Tom, George Pau-Langevin

22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 08:49
#LecturesChoisiesDuGriGri / Senghor le rastaquouère, par Stanislas Adotevi

Ajoutée le 1 mai 2016

#LecturesChoisiesDuGriGri

#Senghor le rastaquouère, par Stanislas Adotevi (Lecture Protche)

Négritude et négrologues, de Stanislas Spero K Adotevi, intellectuel béninois, est un classique. Publié en 1972, il pourfend la Négritude de Senghor. En voici un extrait.

www.legrigriinternational.com

Published by Gri-Gri International Stanislas Adotévi - dans Littérature Histoire Devoir d'histoire Politique
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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 13:11
#LeCamerounDeBiya : 33 ans de sodomie / Général Valsero (#RapFrançaisViensPrendreTaLeçon)

Ajoutée le 10 mai 2016

Le Général Valsero exprime 33 ans de règne d'une main forte contre la jeunesse Camerounaise.
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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 15:09
#Renaud Crève salope ! par Grégory Protche (#TantPisPourVous)

En 2004, dans le journal Tant pis pour vous, j'ai pondu un article un peu rosse sur cet amour d'enfance décevant. Quelques pavés dans la gueule de Renaud en était le titre. On trouve le texte encore en ligne. J'avoue ne pas l'avoir relu depuis des années.

A l'époque, le libertaire, le démocrate, l'anarcho-mitterrandiste, au lieu de répliquer à ma charge ou de l'ignorer, répondit par un procès. Et pas pour l'honneur : le tremblotant très mince nous demandant 15 000 euros.

La classe, donc.

Un certain nombre de journaux se firent les échos moqueurs de l'affaire. Le Canard enchaîné, Libé (historique ennemi du Séchan), le Nouvel obs... Et lui de leur répondre ! Pour mieux nous insulter encore.

Le bête était blessé.

Je reçus un long coup de fil de soutien et d'encouragement de Guy Béart - et un, plus bref, heureusement, de Guy Carlier. Béart nous invitera même, avec mon acolyte, mon co-rédacteur en chef Karim Boukercha, à Garches, dans son palais. Grosse impression. Un morceau de l'escalier de la tour Eiffel dans le jardin. Une piscine pas olympique mais presque. Une maison pour le gardien. Béart parlait, écoutait et fumait beaucoup. Il voulait savoir sur qui ensuite on allait fondre. Fogiel, Ardisson... "Vous n'oserez pas attaquer Drucker. C'est pourtant lui le plus méchant." Disons que pour nous, Drucker, c'était surtout le plus rincé, la plus périmée des cibles, la télé en train de se faire interneter. Béart - et j'adore l'idée qu'à mon tour je me livre à cette pratique assez discutable - accusait surtout Drucker d'avoir bâti sa légendaire carrière en faisant parler les morts, leur prêtant des phrases flatteuses à son endroit. En nous reconduisant, il nous a demandé ce qu'il pouvait faire pour nous aider. A part nous donner de l'argent, pas grand chose, a répliqué Karim. Il ne pouvait pas, évidemment.

Me Vergès avait écrit dans le premier numéro de Tant pis pour vous - une défense du ministre irakien des Affaires étrangères sous Saddam Hussein, le Chrétien Tarek Aziz. Aussi, avec Karim, ne sachant trop comment recevoir cette plainte, quelle attitude adopter - profil bas ou reprise de volée dans le scandale ? - et donc comment nous défendre, nous nous rendîmes rue de Vintimille pour demander au "Patron", ainsi que l'appelait affectueusement sa collaboratrice Françoise Bloch, sinon de nous conseiller - le droit de la presse n'était pas sa spécialité -, au moins de nous indiquer un confrère à aller voir. En nous ouvrant, Françoise nous a souri comme si nous étions deux garnements. Et Vergès, en nous faisant servir les cafés très serrés qu'on buvait chez lui, comme si nous étions dépucelés. Il a très vite lancé le nom de l'avocat à aller voir de sa part. "Hein, Françoise, vous voyez ça avec Luc ?" Je me rappelle avoir pris mon élan, respiré un grand coup, avant d'informer Vergès que nous étions dans l'incapacité totale de payer un avocat.

- Vous êtes insolvables ?

On était mieux que ça : on était pauvres. Mais on avait rendez-vous avec une star du Barreau, envoyés par une autre star du Barreau. Me Luc Brossolet - que les Vergésiens connaissent pour sa contribution à Noir silence et blancs mensonges -, défenseur par ailleurs et entre autres de Voici et Gala ! Rien que ça. Après lecture du texte et de la prose de son confrère, Brossolet, sans la moindre fanfaronnade, nous expliqua pourquoi et comment nous allions gagner. La partie adverse avait mal troussé son assaut. Il convenait d'attendre les 90 jours de rigueur, à l'issue desquels Renaud serait infailliblement débouté et la plainte enterrée. Pas plus. D'ici là, à condition de ne pas déconner trop près de leur erreur de rédaction, on pouvait utilement alimenter une polémique pour nous tombée du ciel.

Les fans de Renaud n'en finissaient plus de me honnir sur les forums. Romane Serda, alors très amoureuse, n'était pas la dernière à m'insulter, convaincue de me débusquer derrière chaque pseudo à discours déviant. Et trois mois plus tard tout se passa comme prédit par Brossolet.

Peu désireux d'être à vie le mec à qui Renaud a fait un procès, une fois l'affaire éteinte, j'ai gardé pour moi le plus souvent ce que m'inspirait son destin. Et continué d'écouter ses disques Polydor en m'énervant contre ceux qui l'aimaient bêtement et ceux qui l'attaquaient tout aussi bêtement... On sait tous qu'à l'instar de François Hollande et d'une caisse d'autres personnalités, Renaud a un papa fâcheux. C'est certes une des clés de son oeuvre, mais vraiment pas ce qu'on a spontanément envie de lui jeter à la gueule. Il vieillit mal ? Comme la gauche, la droite, le centre, l'extrême-gauche et l'extrême-droite. Il préfère le slam au rap ? C'est un parigot pas un banlieusard. Sa fille a fait du chanteur pro-palestiniens un repenti ? Il avait fait d'elle, enfant, une sentimentale pro-palo malgré elle.

En 2016, à l'occasion de sa nouvelle renaissance - artistiquement la pire : écriture indigente (pas une bonne vanne ou un bon vers), compos parodiques, voix dégueulasse, interprétation pénible -, Renaud revient sur l'exécution des membres de Charlie Hebdo et celle des clients de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Notamment avec J'ai embrassé un flic. Le nombre d'articles qui s'étonnent, s'amusent et s'émerveillent de découvrir ce Renaud nouveau, si meurtri-blessé-touché par les évènements que non seulement il a été marcher avec les millions d'amis d'Emmanuel Todd le 11 janvier 2015, mais, en plus, tenez-vous bien, ce jour-là : il a même embrassé un flic !

C'est pourtant pas la première fois que Renaud embrasse un flic. En 1994, il commettait une chanson, La ballade de Willy Brouillard, pas nulle d'ailleurs, dans laquelle, derrière l'ironie libertaire, déjà, il s'interrogeait justement sur la similitude d'extraction prolote entre les barbares et Willy Brouillard, qui "entre deux galères", avait choisi "celle où tu bouffes". Qui "quand il était petit voulait faire gardien de square comme son grand-père" et finalement "protège l'Etat, les patrons, ceux qui refourguent de la came aux nistons".

Plus près de nous, en juillet 2004, dans son Droit de réponse à l'article de Loupias au sujet du procès qu'il prétendait nous intenter, il espérait de tout son coeur "que la justice, à laquelle je fais appel pour la première fois en trente ans, me donnera raison et que les 15 000 euros que je réclame à l'auteur de l'article me seront attribués. Sachez qu'ils seront immédiatement reversés à l'association Orphelinat mutualiste de la Police nationale que je soutiens financièrement. Je vous rappelle que Tant pis pour vous m'a traité de "répugnant, sale, réac blasé, raciste, suceur de prolos", j'en passe et des meilleures. Je me demande quelle réponse apporter à de tels propos qui portent atteinte à ma dignité et à mon honneur et me contre-fous de porter atteinte au portefeuille de ces écrivaillons haineux qui m'ont insulté de manière diffamante comme aucun brûlot de la presse d'extrême droite ne se l'est jamais permis. Bien à vous... RENAUD"

Mes Quelques pavés dans la gueule de Renaud s'achevaient par l'évocation culpabilistrice d'Où c'est que j'ai mis mon flingue, un de ses hymnes oldschool. Si je devais le réécrire aujourd'hui, je remonterais plus loin dans son oeuvre. Aux sources. La toute première chanson qu'il a écrite et interprétée, sobrement intitulée : Crève salope !

Texte : G.P.

PS : on passera charitablement sur l'emprunt à vomir de vulgarité au sublime Petit jardin de Lanzmann & Dutronc, dans Hyper Cacher.

PS 2: retrouvez ci-dessous la chanson de Renaud qui donne son titre à cet article...

Published by Gri-Gri International Grégory Protche - dans Arts & culture Comptes à régler et compteurs à relever
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