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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 08:00
#11AvrilCommémoration / Issa Malick Coulibaly, Demba Traoré, UNG... La COPIE à Cotonou

Mises en ligne le 15 avril 2015

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 11:00
#ConstitutionsAfricaines2015 / Solidarité inébranlable et passionnée avec ceux qui souffrent des mêmes maux que la Côte d'Ivoire, par Shlomit Abel (#Libye #Syrie #RCA...)

SOURCE

Texte écrit à la demande des organisateurs de la manifestation du 11 avril à Paris. Il semble que les interventions des personnes présentes aient été gardées pour la fin de la manifestation, de ce fait beaucoup de personnes avaient déjà quitté les lieux vu l'heure tardive, la pluie et le froid. Je ne sais donc pas si ma contribution aura été lue ou non lors des derniers instants de ce grand rassemblement.

je vous la livre telle que je l'ai envoyée à Christine Colin Tibala.
Shlomit
______________
__

Chers camarades,

Bien que vivant à l'étranger, et empêchée d'être présente au milieu de vous en ce jour du 11 avril, c'est en tant que Française que je voudrais vous adresser ces quelques mots, et vous saluer de toute la force de mon affection fraternelle, et de toute mon espérance.

Deux siècles de "république" et de "démocratie" n'ont toujours pas suffi à la France, héritière du manteau impérial de ses époques monarchique et napoléonienne, d'en finir avec les démons de son arrogance meurtrière et prédatrice.

Je n'entrerai pas ici dans le détail des crimes commis au nom du peuple de France par ses dirigeants depuis la moitié du XIXème siècle aux Antilles, en Chine, en Algérie, dans toute l'Afrique de l'Ouest, à Madagascar, en Indochine et au Rwanda – crimes dont les victimes se chiffrent par millions –; je me contenterai de revenir sur les crimes des plus récents :

-les crimes commandités et perpétrés contre la souveraineté ivoirienne, avec l'interminable coup d'état ayant abouti à la capture et à la séquestration du Président légitimement élu et investi SEM Laurent Gbagbo;

-les crimes commandités et perpétrés, dans la foulée, contre la souveraineté libyenne, avec le honteux et abominable assassinat de 200 000 libyens, au premier rang desquels le colonel Kadhafi et toute une partie de sa famille;

-les crimes, enfin, commandités et perpétrés en Syrie par des dirigeants français n'ayant de cesse, avec leurs complices de l'OTAN, qu'ils n'aient obtenu l'anéantissement pur et simple de la nation syrienne.

Aucun de vous n'ignore plus que les milices islamiques, hier estampillées du label Al-Qaïda, aujourd'hui rebaptisées pour les besoins de la cause en "Daesh" ici, Boko Haram ou Shebab ailleurs, sont stipendiées et armées par la France et ses alliés, comme ce fut le cas lors de la guerre en Libye, et de son prolongement au nord du Mali. Les mêmes égorgeurs qui sévissaient hier pour abattre le régime de Mouammar Kadhafi sévissent aujourd'hui pour abattre le régime de Bachar-El-Assad. Et pourquoi, selon vous, les Occidentaux refusent-ils de livrer des armes au Nigeria dans sa lutte contre Boko Haram ? Uniquement parce qu'ils ont chargé ce dernier de déstabiliser le Nigéria.

Sur le plan économique, le pillage reste de rigueur : en mai dernier le Quai d'Orsay exige de Catherine Samba-Panza, présidente intérimaire de la République centrafricaine –, la rupture d'un contrat d'exploitation pétrolière octroyant 55% des revenus à l'Etat centrafricain contre 45% à l'exploitant Chinois, au profit de Total. Résultat : 90% pour Total, 10% pour la République centrafricaine, et à terme, des milliards volés chaque année par la France au peuple centrafricain.

Je ne m'étendrai pas sur l'Ukraine, ce pays voué au chaos par certains "démocrates" ou intellectuels dévoyés façon BHL, qui, à la faveur d'un coup d'Etat crapuleux, ont réussi le tour de force d'installer à nos portes un régime semi-nazi, et de laisser à la merci de milices fanatiques des populations entières de l'un des plus grands pays d'Europe.

Camarades, si je me suis permis ce bref tour d'horizon non ivoirien, c'est pour vous rendre attentif à ce qui plus que jamais nous lie les uns aux autres, que nous soyons ivoiriens ou français, africains ou européens : l'interdépendance généralisée des conflits mis en scène et provoqués un peu partout, sur fond d'intérêts inextricablement liés, d'est en ouest et du nord au sud : interdépendance généralisée de tous les foyers de nuisance – économiques, politiques, sanitaires, écologiques – sciemment allumés et entretenus un peu partout, ici et là-bas comme ailleurs.

Si nous voulons que notre combat pour la Côte d'voire et pour l'Afrique aboutisse – et il aboutira ! –, nous devons impérativement prendre la mesure de la solidarité qui s'impose à nous : solidarité inébranlable et passionnée avec tous ceux qui souffrent des mêmes maux que la Côte d'Ivoire, infligés par les mêmes criminels : en Libye, en Irak, en Ukraine, en Syrie, en Afghanistan, et jusqu'au Venezuela, sans parler du "bouc émissaire" iranien, dont la perte est arrêtée depuis longtemps dans l'esprit des maîtres du monde, aussi longtemps que le fut celle de la Libye...

Nous devons développer une conscience claire de l'appartenance de chacun des acteurs de la scène internationale contemporaine au camp de nos amis ou à celui de nos ennemis. Face à la démesure conquérante et dominatrice de ceux qui veulent asservir le monde entier à la loi de leurs dividendes boursiers – quitte à transformer tous les pays de la terre en ectoplasmes privés d'initiative –, quels sont les acteurs sur lesquels nous pouvons et devons compter ? Un nom au hasard, en forme de question : Vladimir Poutine ? Lui qui, en raison de sa politique inspirée, vouée au sauvetage de la souveraineté russe, s'est vu transformé en ennemi no 1 par notre ennemi commun : cet Occident du cynisme, du sang versé, de la guerre à tout prix et du dieu profit...

Mais nous devons également développer une conscience non moins claire de l'appartenance des acteurs de la scène politique française au camp de nos amis et à celui de nos ennemis. Je ne froisserai personne en affirmant aujourd'hui que la gauche de Jean Jaurès, de Léon Blum et de Pierre Mendès-France n'a plus de représentant crédible – ou plutôt visible – parmi les instances dirigeantes de ce qu'il est est convenu d'appeler le "Parti Socialiste" : à bord de ce navire-là, il y a longtemps que la "gauche" caviar, affairiste et boursicoteuse, irrémédiablement compromise dans la perpétuation de l'héritage postcolonial françafricain, a réussi sa mutinerie. Il suffit de considérer avec quel brio Hollande, Valls et Fabius ont pris le relais de Sarkozy, Fillon et Juppé ! A ce propos – et je repense au paradoxe de la malheureuse Ukraine, livrée à des nazis soutenus par l'Europe et les Etats-Unis ! –, n'oubliez pas qu'Hitler était... socialiste, et que ceux qui aujourd'hui, agitent le plus frénétiquement l'épouvantail de sa mémoire ne sont pas forcément ses plus indignes héritiers...

Là aussi : conscience claire ! Sans autre a priori que celui du courage et du souci de vérité.

Nous commémorons aujourd'hui l'un des événements qui, dans ma mémoire personnelle et familiale, reste marqué comme l'un des plus douloureux qu'il m'ait été donné de vivre : suivi d'heure en heure, nuit et jour, la progression des hordes sauvages massacrant tout sur leur passage, avec l'appui logistique de la France et de l'Onuci; l'assassinat de notre compatriote Philippe Rémond, vraisemblablement éliminé sur ordre des autorités françaises – il pesait trop lourd dans la balance pro-Gbagbo de la communauté expatriée –; la bataille d'Abidjan, avec son flot incessant de rumeurs contradictoires, dont certaines, hélas, distillées par ceux de nos amis et frères qui s'étaient déjà vendus à l'ennemi...; le pilonnage de la Résidence, l'assassinat et la disparition de centaines de jeunes aux mains nus, venus entourer leur Prési; les rondes d'hélicoptères procédant au largage des corps en pleine mer; la tentative d'assassinat de Laurent Gbagbo, localisé au sein de la Résidence à la faveur d'un appel téléphonique de l'ambassadeur barbouze Jean-Marc Simon; la capture, enfin de notre Prési, livré par les troupes françaises venant de dynamiter le tunnel aux rebelles surexcités; sans parler de l'insupportable humiliation de la première Dame Simone Gbagbo. Que de larmes...

Si j'évoque ces souvenirs, gravés dans mon âme, en dépit des distances, au burin d'un amour qui se vit sans s'expliquer, c'est parce qu'ils doivent rester intacts, comme doit rester intacte notre commune détermination – souvent mise à mal, au cours de ces quatre années écoulées, par l'inavouable carriérisme de certains professionnels de la politique –; détermination à refuser de tourner la page. Personne, aujourd'hui, ne menace Ouattara : la seule menace qui pèse sur lui et sa bande provient de l'ineffaçable illégitimité de sa prise de pouvoir : notre meilleur allié, celui qui finira par venir à bout de l'injustice dont Ouattara continue d'incarner l'irruption sur la terre ivoirienne, c'est sa mauvaise conscience, et la mauvaise conscience des malfaiteurs qui l'ont placé au pouvoir. La conscience d'un crime inavoué, et maquillé en droit : voilà le plus sûr ferment du pourrissement dont ce régime et sa marraine française ne tarderont pas à périr, comme des corps gangrenés.

Alors, camarades, ne lâchons rien ! Continuons à donner des sueurs froides à ceux qui, après avoir fait le mal, se bercent encore de l'illusion de pouvoir faire entériner les fruits de leur méchanceté par les peuples. Nous sommes aujourd'hui rassemblés pour acclamer notre Prési, l'unique président légitime de la Côte d'Ivoire, SEM Laurent Gbagbo; nous sommes ici pour l'assurer de notre indéfectible attachement, et de notre foi en son prochain retour au pays. Ma lettre de demande de la nationalité ivoirienne est déjà écrite : c'est lui seul qui la recevra, et décidera ou non de lui donner suite, comme il s'apprêtait à le faire pour Philippe Rémond.

Ce chemin, sur lequel je vous invite à persévérer, est celui qu'a choisi un certain FPI : je tiens à saluer ici le courage, l'intelligence et l'inépuisable inventivité de nos camarades ivoiriens, dont le talent pour narguer les donneurs d'ordre au service du régime rappelle d'ores et déjà les plus belles pages de Résistance écrites çà et là de par le monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale, sur le sol africain, comme en Extrême-Orient ou en Amérique latine...

Quant aux Français que nous sommes, nous devons nous sentir d'autant plus forts, avec vous et pour vous, sœurs et frères de Côte-d'Ivoire, d'Afrique et d'ailleurs, que nous représentons ici des millions de nos compatriotes dont l'absence aujourd'hui n'est due qu'à une seule raison : l'ignorance de la vraie nature de ceux qui les gouvernent, et qu'en toute bonne foi ils ont cru élire, alors que les vraies décisions se prenaient ailleurs. L'énorme machine médiatique à lobotomiser le bon peuple en détournant son attention tourne à plein régime : c'est à nous tous, camarades, qu'il appartient d'inverser la tendance ! Comme l'écrivait Victor Hugo dans une lettre condamnant le caractère scélérat de l'expédition franco-britannique en Chine en 1861 : "...les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, et les peuples jamais."

A l'heure où Juifs et Chrétiens fêtent la Pâque de toutes les délivrances – délivrance de la peur, de la mort et de la tyrannie –, puissions-nous nous mettre ensemble à l'école Celui qui est à la source de toute liberté, de toute résistance !

Que l'Eternel bénisse le Président Gbagbo ! Que l'Eternel bénisse la Côte d'Ivoire !

Shlomit Abel, 11 avril 2015

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Published by Gri-Gri International Shlomit Abel - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 RCA Libye 2011 Syrie
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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 09:30
Retournez dans votre savane, monsieur l'élu Modem d'Epinay sur Seine !

C'est le Parisien qui le rapporte (a priori pour le déplorer).

C'est chez Fdesouche (site progressiste et cosmopolite bien connu des mauvais esprits et autres cerveaux malades), qui le reprend (probablement pas avec les mêmes intentions), que nous l'avons trouvé.

En pleine séance de vote du budget, un incident est venu troubler les débats ce mardi soir lors du conseil municipal d’Epinay-Sous-Sénart.

Des propos à connotation raciste, émanant du public, ont été adressés à l’élu d’opposition Constant Lekiby (MoDem).

« J’exprimais mon opinion défavorable au budget présenté par le maire lorsqu’une personne assise juste derrière moi m’a lancé : Retournez dans votre savane ! Je lui ai répondu avant d’interpeller le maire en demandant qu’il exerce son pouvoir de police et mette cet individu dehors. Ce qu’il n’a pas fait », rapporte l’élu.

Autre élu d’opposition, Mourad Lebcir (DVG) affirme de son côté que ces propos, qu’il a également entendus, émanent « d’un proche du maire. » « La droite locale devient très virulente, s’insurge-t-il. Le plus révoltant est que le maire ne le sorte pas du conseil. Une certaine parole se libère. C’est inacceptable. »

Le Parisien

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Published by Gri-Gri International - dans Gos et Gars du moment Politique
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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 21:00
#11Avril2015 / Les Ivoiriens prennent par derrière le Conseil constitutionnel français

#11Avril2015 / Les Ivoiriens prennent par derrière le Conseil constitutionnel français

Le samedi 11 avril 2015, à l'appel de l'UNG et des associations et mouvements de résistance ivoiriens et panafricains, à l'occasion de l'anniversaire du coup d'état franco-onusien contre le président constitutionnellement investi, Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, une marche a traversé Paris, réunissant près d'une vingtaine de nations africaines, pour la défense des institutions et constitutions africaines... avant de s'arrêter au Conseil constitutionnel français, matrice et souche de tous les Conseils constitutionnels de la Françafrique, pour y déposer une gerbe de fleurs, malgré la présence de CRS peu avenants...

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 08:07
Au lieu de réconcilier le pays, Ouattara rassure le MEDEF... #100Commentaires

Photo piochée ce jour (15/04/2015) sur Twitter.

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 07:35
#PourCiottiConCommeGrosdidierEtPetitCommeSarkozy  / Quand Booba se sentait Tony Coulibaly...

Les propos de Booba, rapportés par le Parisien, au sujet de l'attentat contre Charlie Hebdo, qui ont déclenché l'assaut de l'ancien side-car d'Estrosi, le sous-sous-Guéant Eric Ciotti :

"J'étais étonné que ça ne soit pas passé avant, parce que ce n'est pas la première fois qu'ils avaient fait des représentations du prophète. [...] Dans la vie, il faut assumer ses choix. Si tu habites en Australie au bord d'une plage infestée de requins blancs, [...] que tu le sais et que tu continues à te baigner tous les jours, le jour où tu te fais croquer par un requin blanc il faut assumer. [...] Ils savent à qui ils ont affaire, les mecs. Ils s'attaquent à l'islam, ils savent très bien qu'il y a un courant extrémiste, ils savent très bien comment les mecs fonctionnent, ils ont pris le risque de continuer à les attaquer... Voilà. Quand on joue avec le feu, on se brûle."

Les hommes politiques français de droite étant connus pour une bêtise particulière sitôt qu'il s'agit de rap - le député biennommé Grosdidier voulait, par exemple, dix ans après l'arrêt du groupe interdire...Ministère AMER ! -, gageons qu'ils ne manqueront pas très bientôt de découvrir un vieux titre de Booba, évidemment sans rapport ni avec Charlie et sa tuerie, ni avec l'hyper casher épicerie, intitulé Tony Coulibaly...

D'après le site GeniusRap.com :

Tony Coulibaly est un morceau présent sur le Black Album sortis par 45 scientific en 2006, à l'époque Booba s'étais opposé à la sortie de l'album car il ne voulait pas que ce morceau sorte.
Tony Coulibaly C'est un personnage fictif qu'il a créé. Un mélange entre un gangster européen (inspiré du personnage Tony Montana du film Scarface) et un gangster Ouest Africain ==> Tony Coulibaly, carCoulibaly est un nom de famille d'origine Ouest-Africaine (notamment très répandu chez les Maliens et les Sénégalais) et dans ce morceau il se place comme le fils de ce gangster qui relate l'histoire…Fils qu'il aurait voulu avoir, donc vie de gangster qu'il aurait aimé vivre
.

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 02:00
#Kenya / Le Yako de Gbagbo aux Kenyans et son soutien au Cameroun, au Nigéria, au Niger et au Tchad

C'est avec une profonde peine que j’ai appris l’attaque particulièrement meurtrière menée sur le campus universitaire de Garissa, au Kenya, le jeudi 2 avril 15, par des hommes armés. Le bilan très lourd de cette attaque terroriste fait état d’au moins 148 morts et de plusieurs autres dizaines de blessés.

Je voudrais associer ma voix à celles de nombreuses autres personnes à travers le monde, pour condamner avec fermeté cet acte d’une barbarie inqualifiable qui porte atteinte à l’un des fondements les plus précieux de la société kényane, c’est-à-dire sa jeunesse estudiantine.

Je salue la mémoire de ses nombreux jeunes gens, arrachés de façon brutale à la vie et je présente mes sincères condoléances à leurs familles, au peuple kényan, au Président de la République et à son gouvernement.

Je formule les vœux de prompt rétablissement aux nombreux blessés dont certains resteront marqués à vie par ce grave traumatisme.

Je relève avec amertume que la menace terroriste sur le Continent africain s’est accrue ces quatre dernières années, compromettant gravement sa stabilité. L’ampleur de cette menace appelle à l’union des efforts des gouvernements et des peuples africains.C’est pourquoi, je salue toutes les initiatives qui sont déjà prises à divers niveaux sur le Continent pour faire front commun contre ce fléau.

Je voudrais à cet effet apporter mon soutien total aux peuples et aux gouvernements du Cameroun, du Niger, du Nigéria et du Tchad, qui se battent avec détermination et courage, pour éteindre l’un des foyers les plus actifs du terrorisme en Afrique.

Je formule le souhait que cet élan de solidarité africaine puisse s’exprimer aux côtés du gouvernement kényan, dont le peuple subit depuis plusieurs années, les assauts répétés du groupe Shebbab qui du reste, a revendiqué les attentats ignobles du jeudi 2 avril dernier.

Le Président Laurent Gbagbo PO / Le Ministre Koné Katinan Justin Son Porte-parole.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 15:05
#PercySledgeRIP

Percy Sledge est mort dans la nuit du 13 au 14 avril 2015 à Bâton Rouge.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 10:00
#IBK / Au Mali comme ailleurs : Familie über alles !

SOURCE

"J'aime mieux mes filles que mes cousines, mes cousines que mes voisines, mes voisines que des inconnus et les inconnus que des ennemis." C’est ainsi que, dans un raccourci démagogique, Jean-Marie Le Pen assimile la nation à la famille [1]. Dans cette logique, il a formé sa fille pendant des années dans le but de lui léguer « son » parti, le Front National. Toujours dans l’idée de « prendre » un jour pas si lointain, la France, il a envoyé sa petite-fille faire ses classes à l’Assemblée nationale française. Quand ici, fiston attend que papa soit élu pour se découvrir homme politique, et sans formation, ni expérience, est propulsé président de la commission de la défense de l’Assemblée Nationale, dans un pays en guerre ! Quand on vous dit que la réalité dépasse la fiction, même lepénienne.

Dans un entretien accordé à Jeune Afrique le 22 mai 2014 [2] , IBK déclare avoir été contre la nomination de son fils à la présidence de la commission de la défense. Et ajoute-t-il, « Même topo en ce qui concerne le président de l'Assemblée nationale, Issaka Sidibé, le beau-père de Karim. Je ne souhaitais pas qu'il occupe ce poste et j'avais là aussi un autre candidat, mon ancien directeur de campagne, Abderrahmane Niang, un expert auprès des Nations unies. Les cadres de mon parti sont aussitôt montés au créneau pour exiger que ce soit l'un des leurs, en l'occurrence Sidibé, qui prenne le perchoir. Allais-je humilier mon propre parti ? Là encore, j'ai bien dû céder. Que tout cela prête à controverse et à réflexion, j'en conviens. Mais est-ce un crime ? Je ne le pense pas ». Un crime contre la démocratie, certainement. Mais vous, qu’en pensez-vous ?

Monsieur le Président aurait dû avoir le courage « d’humilier », comme il le dit, son propre parti, car aujourd’hui, c’est toute la Nation qui est humiliée. Monsieur le Président aurait dû expliquer à son fils que c’est lui, son père, qui a été élu président de la République. En tant qu’homme d’Etat visant la magistrature suprême, il aurait dû inculquer à son fils les rudiments de la démocratie. Lui expliquer que la démocratie implique une égalité sociale (tous les citoyens sont libres et égaux) qui permet à chaque individu, émancipé de sa famille, de trouver sa place dans la société, selon son mérite personnel. Émancipation ne veut pas dire rejet de la famille, simplement elle permet d’exister en dehors ou à côté d’elle, à égalité avec les autres individus. Il aurait dû expliquer à son fils que le Mali n’est pas un royaume, que le pouvoir ne se lègue pas mais se mérite et se conquiert. Qu’une nation de 14 millions d’âmes ne peut pas être au service d’une seule famille, aussi grande soit-elle. Il aurait dû dire « non » à son fils quand ce dernier a installé Beau papa à l’Assemblée Nationale, successeur naturel si un malheur, que l’on ne souhaite pas pour le pays, venait à advenir. Le Mali mérite-t’il un dirigeant dont la famille planifie dès l’intronisation la succession à la tête de la Nation, comme s’il s’agissait d’un vulgaire terrain à hériter ? Formulé autrement, le Mali « familial » d’aujourd’hui est-il réellement démocratique ? La démocratie à l’occidentale est-elle transposable telle quelle dans une société où la place de l’individu est définie par rapport à son appartenance familiale, à un clan ? Ne suppose-t-elle pas des prérequis dont l’individualisation et une éducation indispensable à l’autonomisation des individus ? Si l’on pense que les pays ont les dirigeants qu’ils méritent, il serait temps de se poser les bonnes questions si l’on ne veut pas que notre pays finisse atomisé.


IBK : un Président décidément trop fort en faiblesses …

Nous avons compris que notre Président a un faible pour sa famille et en tant que membre de la grande famille Mali, nous nous sentons rassurés puisqu’il suffit simplement d’exiger pour le faire céder. On ne devrait donc pas tarder à voir Beau papa quitter le perchoir puisque « …des députés du RPM, de l’Adema et de l’APM sollicitent la destitution du président de l’Assemblée nationale. Qui, selon eux, aurait perdu tout crédit, non seulement, auprès des députés de son parti, le RPM ; mais aussi, auprès des autres partis politiques qui « ne veulent plus le sentir à l’Assemblée nationale ».

Auparavant, ils demandent que toute la lumière soit faite sur le marché attribué, illégalement, par Issiaka Sidibé, président de l’Assemblée nationale à sa fille, épouse de Karim Keïta, fils du président de la République et président de la Commission Défense de l’Assemblée nati
onale [3] ». Pour arriver à faire une telle unanimité contre lui, aussi père de la femme de fils de qu’il soit, on n’ose imaginer ce qu’a fait Beau Papa pour être ainsi ouvertement dénoncé par ses pairs ! Sera-t-il désavoué par le père, au risque d’admettre que la famille peut faillir ? « Familie über alles », la famille au-dessus de tout, la Nation ravalée au rang de bien de famille.

Un système de gouvernance profondément inégalitaire fondé sur la famille, le clan, les relations. Qui récompense celui qui s’est contenté de naître et n’est en rien responsable de sa naissance : où est le mérite personnel à avoir les parents que l’on a, à être né à tel endroit et pas un autre, à occuper tel rang dans la fratrie et si possible à être de sexe masculin ? Un système qui récompense celui qui focalise toute son énergie et son intelligence à gagner les faveurs du puissant par la flatterie, aubaine inespérée pour le médiocre qui se découvre griot gagnant. Une attitude de rentier que l’on retrouve dans toutes les sphères de la société, le travail, le vrai, étant réservé aux esclaves… et aux idiots bien sûr.

Un système qui dissuade les meilleurs de donner le meilleur d’eux-mêmes et de tirer les autres vers le progrès, un système qui favorise une médiocratie qui conduit, à terme, forcément, au désastre. Un système qui infantilise les citoyens en les empêchant par tous les moyens d’être autonomes, un système qui les enfonce de plus en plus dans la dépendance, l’ignorance et la mendicité afin de mieux les contrôler.

La famille, structure grégaire ou degré zéro de l’organisation

La famille est une structure sociale «grégaire [4] » qui apporte un avantage particulier à ses membres, à l'exclusion des autres. Il en va de même pour les réseaux, les relations ou le statut qui permettent d'échapper au sort commun en obtenant des avantages particuliers. Les autres, exclus, souffrent, survivent ou meurrent ? Tant pis pour eux, ils l’ont bien mérité, ils n’avaient qu’à naître dans la bonne famille, à la bonne place et si possible de sexe masculin !

A la suite du dernier Forum de Bamako qui s’est interrogé sur « L’Afrique émergente à l’an 2035 », Thierry Perret [5], journaliste français, apporte une contribution intéressante sur le rôle de la famille comme entrave au développement de l’Afrique. Selon lui, il ne saurait y avoir de développement sans organisation car « l’émergence a besoin d’être planifiée, donc organisée. … L’organisation, dans mon propos, sera avant tout le respect des moyens nécessaires à la mise en œuvre des objectifs… . Or on sait bien ce qui fait que l’organisation fonctionne ou non : il faut des acteurs qui à tout moment concourent à l’action. Affaire de procédures, sûrement. Mais c’est l’affaire aussi d’une culture d’organisation, et cela ne se décrète pas : c’est la rigueur dans l’organisation qui permet le travail en commun, c’est la norme et son respect qui font que les choses avancent. Ne pas aller boire le thé quand les copains sont en train de travailler, c’est faire preuve de rigueur. Etre au rendez-vous quand votre interlocuteur doit lui-même respecter un calendrier de rendez-vous, c’est faire preuve de politesse, sans doute, mais surtout de rigueur. Un manager doit pouvoir compter sur ses hommes, sur l’accomplissement de leurs tâches respectives, sans s’épuiser à de multiples vérifications qui tuent dans l’œuf l’idée même d’action ordonnée et maîtrisée ».

« Le Mali comme pas mal d’autres pays donne l’exemple d’efforts méritoires et parfois désespérés vers le respect de la norme, des engagements, du programme. Mais il y a toujours un caillou dans le programme… On dit parfois que les Maliens ne travaillent pas. Je pense que c’est parfaitement faux, si l’on conçoit par là le manque d’efforts fournis. Ils font au contraire des efforts terribles pour travailler un peu, malgré tout ce qui s’oppose dans leur société au travail. Et si certains parviennent malgré tout à exécuter un travail considérable, leur effort est réduit à néant par tous ceux qui font des efforts sans arriver à… travailler !

Et quand ce type de dissociation entre les acteurs est généralisé, il y a un phénomène pire que les autres : c’est le soupçon. Le leader qui sait d’avance qu’il ne peut se reposer sur les autres, ne pourra jamais déléguer. C’est ce qui ne permet pas l’organisation, telle que définie plus haut. »

«… Dans une publication depuis longtemps attendue, chercheurs maliens et français dressent une cartographie intéressante du Mali contemporain [6]. Dans ce gros volume qui multiplie les points de vue de chercheurs en sciences sociales, l’introduction donne le ton :aujourd’hui au Mali, est-il constaté, prédomine le modèle de la famille, étendu à toutes les sphères de la société, à l’entreprise aussi bien qu’à la politique. Tout se joue, comme dans la famille hiérarchisée, par des relations interpersonnelles, où la seule dynamique est celle qui permet de se positionner auprès de ceux qui détiennent pouvoir et ressources ».

N’allez pas demander à la famille de gérer la norme abstraite décrite plus haut : elle fonctionne au contraire comme un système de récompenses immédiates et concrètes entre gens qui se connaissent et se font (un peu plus) confiance. Il n’y a pas d’agent, ou si vous préférez d’individu, dans la famille, car ceux-ci se conçoivent comme une partie solidaire de la famille. Normal, puisque c’est elle et nulle autre qui règle les embauches, la distribution de ressources, donne le tempo de la vie quotidienne et de ses obligations ; l’ardeur à rendre service et se servir dans le cadre de la famille est exactement contraire à la vigueur attendue dans le travail. Voilà pourquoi les Maliens n’ont rien de paresseux. Ils déploient une énergie hors normes à servir la famille. Pour le reste, ça attendra… ».

La famille, c’est le degré zéro de l’organisation. Un chef d’entreprise ou un responsable politique, faute de pouvoir s’appuyer sur un réseau fiable d’individus, préférera toujours avoir recours à un membre de la famille, peu compétent mais plus fiable dans son esprit, car ce qui motive le parent à travailler dépasse toujours sa fonction. Le problème, c’est que la fonction est imparfaitement remplie. Un degré plus haut que la famille, il y a la clientèle, qui met en œuvre ses mécanismes de façon tout à fait similaire. Et dans ce système extrêmement régulé, toutes les valeurs sont retournées : savoir bien se conduire, on perçoit ce que c’est ; et cela n’a rien à voir avec ce qui est consigné dans les rapports sur la transparence internationale des affaires.

On trouve aussi dans le Mali contemporain quelques aperçus, pas franchement réjouissants, sur les dysfonctionnements de la décentralisation, ce grand chantier de rénovation politique. Il faut se garder en la matière de points de vue tranchés, car il y a des processus et des projets de décentralisation qui réussissent. Mais il y aussi un système global de transfert de pouvoir qui ne fonctionne toujours pas. Certains disent : c’est parce que le transfert ne s’est pas réellement opéré, ce qui n’est pas faux. Mais d’autres constatent que les maux des pouvoirs décentralisés ressemblent beaucoup aux maux de l’Etat central : l’arbitraire et l’abus de pouvoir, la non implication, la corruption, le manque de compétence. J’en conclus que si la décentralisation n’est qu’un transfert au niveau local de la mal gouvernance, ce n’est pas la peine de tant se fatiguer !

Ou alors comprenons que le problème de gouvernance globale reste au cœur de tous les dispositifs qui seront adoptés. Et cette (mal) gouvernance généralisée doit beaucoup au système de la famille, cette inflation du social que tout le monde constate en Afrique ».

La suprématie de la famille, pierre angulaire de notre système social, politique et économique, nie l’individu, est anti-démocratique et empêche le développement.

Elle tire les meilleurs vers le bas pour une question de survie ou les fait fuir vers des cieux plus avides d’intelligence. Elle pousse les plus entreprenants à aller à l’aventure pour échapper à une mort misérable mais aussi à une pression familiale et sociale étouffante. Elle promeut les médiocres au prétexte d’appartenance clanique et handicape un peu plus les chances de développement de tous.

Plus grave, elle a un côté fascisant quand elle foule aux pieds l’égalité des citoyens prônée par la démocratie, quand elle dénie à la majorité de la population son appartenance à la Nation en l’excluant du contrat social, quand elle favorise le culte du chef de famille devenu chef de la Nation. Cette fascisation rampante est renforcée par le fait que cette conviction qui place la famille au-dessus de tout, véritable phénomène de masse, est partagée, acceptée et vécue par tous, de haut en bas, de gauche à droite, du nord au sud, d’est en ouest. Chacun attendant son heure et ne questionnant jamais un système qui le laisse au bord de la route.

Le Mali : un gâteau familial si peu et mal partagé …

Comment s’étonner, dès lors, qu’une partie de la population se rebelle et réclame sa part du gâteau ? Remet-elle en cause un système qui l’oppresse peut-être mais que les autres composantes de la famille MALI subissent tout aussi durement, si ce n’est plus ? Non, elle rassemble sa famille la plus proche et agit comme oppresseur elle-même en excluant ceux qui ne sont pas et ne pensent pas comme elle. Que fait donc la CMA quand elle revendique [7] que « Les forces de défense et de sécurité à l’intérieur de I’Azawad soient composées à 80% de ressortissants de I’Azawad, ainsi qu’au niveau des postes de commandement. »

Propose-t-elle de délivrer le peuple malien du joug des familles maffieuses qui tiennent le pays ? Non, elle se désolidarise de lui et propose la même organisation familiale ou grégaire que celle qu’elle prétend combattre. Elle entérine l’exclusion de tous ceux qui ne font pas partie de la « famille » en définissant de façon arbitraire et unilatérale une « entité géographique, politique et juridique » fantasmagorique. Qui a construit Tombouctou et fait sa grandeur ? Quel droit, qu’il soit coutumier, local, national ou international autorise une petite minorité issue d’une communauté ethnique elle-même minoritaire à annexer des populations ancrées dans un territoire depuis des siècles, sans leur demander leur avis ? Nous verrons plus bas que les raisons véritables qui sous-tendent cette rébellion n’ont rien d’idéologique ni d’identitaire. Juste la nécessité de réduire la taille de la famille afin de contrôler et d’obtenir une part plus grosse (illusoire ?) d’un gâteau promis par de faux amis.

L’idéologie familiale partagée par la plupart des Maliens est incompatible avec les principes de la démocratie à l’occidentale. Elle est responsable d’une grande part de nos malheurs et de notre incapacité à développer notre pays. Soit nous évoluons à la vitesse grand V et à marche forcée vers l’individualisation ; soit nous acceptons une forme de fascisation de la société induite par cette incompatibilité ou injonction contradictoire, avec tous les risques que cela représente ; soit nous réfléchissons ensemble et essayons de trouver une politique alternative qui concilie notre monde et le monde global. Il est certainement plus facile de pointer les responsables de nos malheurs en dehors du « groupe » mais ceux que nous appelons les « Autres » ne sont que les révélateurs de nos tares. Dans une interview accordée le 23 mars dernier au journal Infosept, le Pr Issa N’DIAYE [8] regrette la mauvaise lecture, responsable de la situation actuelle selon lui, que les politiques ont fait du coup d’Etat de mars 2012 : « … Ce n’est pas, plus par la faute des partenaires extérieurs de la médiation internationale que des maliens eux-mêmes, qui ont permis depuis un certain nombre d’années un glissement qui a abouti aux résultats que nous connaissons. Aujourd’hui, il y a un effondrement de l’Etat malien que nous constatons et que malheureusement, les politiques maliens ont refusé d’assumer. Et si on avait eu le courage politique quand il y avait eu le coup d’Etat de mars 2012 de faire une bonne lecture de la situation d’effondrement du pays, on aurait pu éviter cela. Mais qu’est-ce qu’on a fait ? On a dit «retour à l’ordre constitutionnel normal» comme si de rien était. Et aujourd’hui, on se trouve confronté aux mêmes problèmes.

En réalité, et j’ai l’habitude de dire que, la crise dans la partie nord du Mali qu’on appelle «crise au nord du Mali», n’est pas une crise du nord mais la crise se trouve bel et bien à Bamako. C’est la crise des Institutions de l’Etat malien et c’est cette crise là qu’il faudra bien résoudre. »

Le MNLA apporte une mauvaise réponse à un vrai problème de gouvernance, une réponse miroir, négatif parfait de cette idéologie clanique au pouvoir qui détruit de l’intérieur les institutions de l’Etat. Aux familles qui préemptent la Nation, il renvoie son désir de voir sa propre famille exercer le pouvoir, au bénéfice exclusif de ceux qu’elle définit comme les « siens », ceux qui lui ressemblent en somme. En exigeant la « Création d’une assemblée interrégionale regroupant les régions de Gao, Tombouctou, Kidal, Ménaka et Taoudéni, dont les prérogatives relèvent des domaines spécifiques à l’Azawad », sans demander l’accord des populations de ces régions, il agit en « colonisateur ». Qu’il soit soutenu par l’ancien colonisateur dans cette démarche, pour des raisons bassement matérielles n’est pas surprenant.

Quand il revendique l’« Affectation d’un fonds spécial pour I’Azawad sur le budget de I’Etat à hauteur de 40% sur une période de 20 ans en vue de résorber un retard de plus de 50 ans », il crache son mépris à la figure des autres composantes de la Nation qui n’ont qu’à s’enfoncer un peu plus dans une misère noire, le Nord valant bien ce sacrifice ! Pourquoi ? Mais parce que le MNLA, comme tous les autres Maliens (en cela on reconnaît bien nos frères), pense que le bien de sa famille vaut bien tout le mal infligé au reste de la société. Que font d’autre ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui ? Qu’ont fait ceux qui l’étaient hier et avons-nous la certitude que les revenants qui se posent en alternative pour demain feront autrement ?

La préférence familiale ou l’absence de contrat social

Au-delà de toutes ces considérations, le fond du problème est bien la gestion et la répartition des richesses sur l’ensemble du territoire. C’est ce que confirme le MNLA en revendiquant une « Exploitation des ressources minières et énergétiques de l’Azawad soumise à I’autorisation préalable de l’Assemblée interrégionale, après avis de l’Assemblée régionale. Un quota de 20 % de la production sera affecté à l’Azawad, avec priorité à Ia Région concernée ». Une telle certitude sur l’existence desdites ressources et l’empressement à entériner leur partage nelaissent plus planer de doutes sur les intérêts des uns et des autres dans ce conflit. Chers concitoyens du MNLA, loin de moi la prétention de vous donner des conseils mais vous devriez pourtant méditer ce proverbe : « Garde-toi plus de tes (faux) amis que de tes (faux) ennemis. »

Dans une émission récente sur RFI [9] , Matthieu Auzanneau revient dans son dernier livre, «Or noir, la grande histoire du pétrole», publié aux éditions La Découverte, sur la guerre du Biafra et le rôle des services secrets français. C’est assez instructif.

RFI (Extrait du livre) : « L’emprise maintenue par Paris sur les pays producteurs de pétrole issus des anciennes colonies prend un tour presque risible s’il n’était tragique à force d’être grossier et brutal.»

MA : L’histoire de la guerre du Biafra (1967-1970) est un exemple particulièrement ignominieux. Après l’indépendance du Nigéria en 1960, le Biafra chrétien veut accéder à son indépendance… Les services secrets français, avec le quitus du générale de Gaulle, y voit là l’opportunité d’aller jouer dans l’arrière-cour des pétroliers britanniques, puisque le Nigéria s’impose alors comme le premier producteur de pétrole en Afrique. De manière tout à fait explicite [10] , a posteriori, on sait que les services secrets français ont soufflé sur les braises de cette guerre civile là… alimenter en armes la rébellion biafraise. Ce qui est particulièrement dérangeant, c’est qu’une fois que cette rébellion a perdu tout espoir d’emporter victoire… les services secrets français vont continuer à alimenter non seulement cette rébellion, alors qu’ils auraient peut-être dû les inciter à jeter l’éponge, mais ça va même plus loin. On voit le SDECE [11] … rendre visite à des journalistes français [12] , notamment au Monde, pour expliquer que ce qu’il se passe au Biafra est un génocide, donc qu’il faut continuer à soutenir cette rébellion au-delà de tout espoir de victoire militaire. Tout cela est fait avec le quitus du général de Gaulle. C’est un des épisodes dont les Français n’ont pas tellement à être fiers, malheureusement c’est un épisode qui est très méconnu puisqu’on se souvient en France surtout des photos de Paris Match, des enfants biafrais mourant de faim.

On ne connaît pas ou on a oublié l’envers du décor. Cet envers a beaucoup à voir avec le pétrole et la volonté des pétroliers français, en tous cas des services secrets français d’aller jouer dans l’arrière-cour des pétroliers britanniques a
u Nigéria ».


À qui profite le désordre organisé au Mali ?

Monsieur le ministre des affaires étrangères de l’intégration africaine et de la coopération internationale [13] , vous vous étonnez du traitement réservé au MNLA par les medias français ? L’Histoire hoquète et les mêmes causes ne produiraient-elles pas les mêmes effets ?
A qui profite le « désordre organisé » ? Ni aux détenteurs du pouvoir qui verront se réduire drastiquement les occasions de s’enrichir, puisque tel semble être l’unique raison qui justifie les violences qu’ils infligent aux populations, ni aux groupes rebelles qui tomberont, au mieux, entre les mains de prédateurs qui ne leur laisseront que des miettes et saigneront à blanc les populations qu’elles veulent annexer. Populations dont miniers, pétroliers disposeront pour creuser les mines pendant que les MNLAouites, se prenant pour des cheicks arabes, toucheront les redevances et feront bombance à Paris sur le cadavre du Mali.

En l’état actuel des choses, pour notre part, nous serions heureux de vous laisser ce pétrole car, quand on regarde autour de nous, la situation du Niger nous rappelle, si besoin était, que richesses du sous-sol ne riment pas avec développement. Selon Oxfam [14] , « sur le seul 1er trimestre 2013, Areva a généré un chiffre d’affaire consolidé de 2,279 milliards d’euros, soit plus que le budget annuel total du Niger (environ 2 milliards d’euros)… Le Niger est l’un des Etats les plus pauvres du monde. Avec plus de 60% de la population vivant avec moins de 1$ par jour, le pays se place au dernier rang du classement de l’indice de développement humain des Nations unies. »

Nous n’envions pas particulièrement le sort des Nigériens et il suffit de faire un tour du côté de Faléa [15] pour voir comment se comportent les sociétés minières, en complicité avec les familles maffieuses au pouvoir. Sûrement qu’au Nord comme au Sud, vous battez-vous pour conserver ou acquérir ces places qui valent de l’or et se paient cash du sang du peuple malien.

Pour en revenir à notre sujet initial, on aurait compris que Le Pen et son Front National, soutiennent un mouvement identitaire. Que Sarkhozy soit responsable de la précipitation de notre région dans le chaos et ait manipulé le MNLA à des fins de plus en plus évidentes, soit. Que comme Bush, il ne soit pas inquiété pour les milliers de morts que ses décisions ont entraînées, le Conseil de Sécurité de l’ONU est là pour ça. De la France socialiste, nous n’oublions pas que Mitterrand fut Ministre des Colonies et défendit avec conviction, dans les années 50, le colonialisme. Pour avoir cru à sa volonté de mettre fin à la Françafrique et revoir les accords de coopération militaire, Jean-Pierre Cot, son ministre de la Coopération de l’époque, fut rapidement démis de ses fonctions. Sans parler de son implication dans le génocide rwandais… De Hollande, nous n’oublions pas que son conseiller militaire, Benoît PUGA, est très proche de l’extrême droite et revendique son appartenance à une caste qu’il estime au-dessus des autres dans l’armée : «Celle des paras, de la coloniale». Comme les Français le réalisent également à leurs dépens, nous comprenons que Hollande se moque bien de notre bien-être. D’ailleurs, ce n’est pas à lui de s’en soucier, lui qui fait la guerre pour défendre les intérêts des multinationales, de préférence françaises. Au final, c’est nous qui payons le prix fort pour toutes ces décisions et c’est alors que nous nous souvenons de ce qu’écrivit l’anarchiste Octave Mirbeau en 1898 [16] : « Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas d’ailleurs, en son pouvoir de te donner. L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi ; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens ». Mais parce que l’anarchie n’est pas une solution et que la politique est affaire de tous, nous croyons, avec André Comte-Sponville [17] que, « La politique n'est pas là pour faire le bonheur des hommes. Elle est là pour combattre le malheur - et elle seule, à l'échelle d'un pays ou du monde peut le faire efficacement. ». A nous de réfléchir à une option politique adaptée au contexte spécifique de notre pays. La démocratie à l’occidentale plaquée sur nos sociétés « familiales » a montré ses limites : de plus en plus de pauvreté, de moins en moins de sécurité.


[1] La préférence nationale. La grande supercherie

[2] http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2783p022.xml0/

[3] http://www.maliweb.net/politique/assemblee-nationale/assemblee-nationale-la-destitution-du-president-reclamee-pour-avoir-attribue-illegalement-un-marche-a-sa-fille-epouse-de-karim-keita-fils-dibk-880442.html

[4] Relatif à la vie en groupe sans organisation interne


[5] L’émergence, la norme et la famille


[6] Le Mali contemporain, Bamako, Editions Tombouctou, IRD 12/2014


[7] http://www.maliweb.net/la-situation-politique-et-securitaire-au-nord/la-mediation-internationale-a-kidal-hier-la-cma-ne-signe-pas-et-veut-renegocier-la-paix-866662.html


[8] http://www.maliweb.net/interview/pr-issa-ndiaye-sur-la-situation-actuelle-du-mali-ibk-na-aucune-excuse-et-le-risque-dune-aventure-nouvelle-meme-dun-nouveau-coup-detat-suite-a-un-d-873862.html


[9] http://www.rfi.fr/emission/20150329-2-or-noir-petrole-histoire-hydrocarbure-carburant/


[10] François-Xavier Verschave (La Françafrique, Stock,1998) : Les mercenaires, les armes et les fonds secrets franco­‐africains ont prolongé durant trente mois une effroyable guerre civile, qui fit deux à trois millions de morts.
En janvier 1970, les troupes fédérales écrasent les sécessionnistes. La République du Biafra a
vécu.


[11] Note de la rédaction : Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage


[12] François-Xavier Verschave - Idem : Le SDECE est directement impliqué dans cette campagne : «Ce que tout le monde ne sait pas, c’est que le terme de « génocide » appliqué à cette affaire du Biafra a été lancé par les services. Nous aurions pu retenir celui de massacre, ou d’écrasement, mais génocide nous a paru plus parlant. Nous avons communiqué à la presse des renseignements précis sur les pertes biafraises et avons fait en sorte qu’elle reprenne rapidement l’expression génocide. Le Monde a été le premier, les autres ont suivi ».. Ancien lieutenant de Jacques Foccart, Maurice Robert: « Nous voulions un mot choc pour sensibiliser l’opinion ».
Les autorités de Lagos tentent de faire face à cette campagne: une commission internationale comprenant quatre observateurs (des militaires haut gradés du Canada, de Grande-Bretagne, de Pologne et de Suède) réalisent une enquête en septembre 1968 et concluent que le terme de génocide est injustifié (p
.147)


[13] http://www.maliweb.net/la-situation-politique-et-securitaire-au-nord/crise-du-nord-les-lecons-du-ministre-abdoulaye-diop-a-certains-medias-occidentaux-883552.html


[14] https://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2013-12-19/areva-au-niger-qui-profite-luranium

[15] http://malijet.com/la_societe_malienne_aujourdhui/74571-menace-d%E2%80%99une-mine-d%E2%80%99uranium-:-fal%C3%A9a-s%E2%80%99invite-au-parlement-europ%C3%A9.html

[16] La Grève des électeurs - 1898

[17] André Comte-Sponville - Le capitalisme est-il moral ? Albin Michel, Paris, 2004

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Aïda H. Diagne
07/04/2015

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 07:02
#Gabon / Décès d’André MBA OBAME : Communiqué du Mouvement Les Souverainistes

C'est avec une profonde tristesse et une grande émotion que le mouvement Les Souverainistes a accueilli la nouvelle du décès, le 12 Avril 2015 à Yaoundé, du président élu par le peuple gabonais le 30 Aout 2009 ANDRE MBA OBAME, membre fondateur et Secrétaire exécutif du parti l’UNION NATIONALE.

Lentement, inexorablement, ce 12 avril, la nouvelle s'est répandue telle une traînée de poudre, plongeant le peuple gabonais dans la consternation et le désarroi.
Nos premières pensées vont tout d'abord à la famille de l'illustre disparu à qui nous adressons nos vives et sincères condoléances, ainsi que l'expression de notre compassion et de notre solidarité.
Nos pensées vont également au peuple du changement qui pleure aujourd'hui son icône.
Le combat qu’André MBA OBAME a mené contre l’imposture et l’iniquité, pour l'Etat de droit, pour la justice sociale, pour le droit du peuple souverain à choisir librement ses dirigeants, ce combat-là lui aura coûté le prix le plus fort : sa propre Vie.
Nous sommes, pour certains d'entre nous, membres du gouvernement alternatif qu'il a constitué le 25 janvier 2011, et pour beaucoup d'autres, compagnons à des titres divers dans la lutte pour la libération de notre pays.
Nous avons tous entendu les paroles prophétiques d'André MBA OBAME, le 15 juin 2013, dans l'enceinte de la Cathédrale Sainte Marie de Libreville où, diminué par la maladie, il nous disait : “Ne m'attendez pas..., je vous rejoindrai si Dieu le veut“.
Les Souverainistes s'engagent à poursuivre et à faire aboutir cette lutte, car nous croyons aux forces de l'esprit, et pour nous, André MBA OBAME va continuer ce combat de là où il se trouve désormais, débarrassé des contingences terrestres.

Fait à Libreville, le 13 avril 2015

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