EN VENTE CHEZ PRESENCE AFRICAINE 25 BIS RUE DES ECOLES 75005 PARIS
Le Gri-Gri International - Édition spéciale 11 avril 2011 - La chute de Gbagbo - 3 euros
Le Gri-Gri International - Édition spéciale 11 avril 2011 - La chute de Gbagbo - 3 euros
Lettre ouverte à Denis Kah Zion, Directeur Général et gérant du groupe, Patrice Yao, directeur de publication, Mme Zatari Liliane, épouse Demont, chef du département administration, finances et marketing, Tiburce Koffi, chef du département des éditions (oeuvres littéraires), Akwaba Saint-Clair, rédacteur en chef "central", André Silver Konan, rédacteur en chef pas central,
Hier, en fin d'après-midi, un de nos amis et néanmoins collaborateurs nous interpelle d'un mail : n'est-ce pas un dessin du Gri-Gri qui est en Une du Nouveau Réveil ? Ah ben si. Ah ben merde. Il va dire quoi, Fabien Hulot, l'auteur du dessin... Y n'y ont pas pensé. Pourtant, ce sont d'aguerris professionnels, celles et ceux qui président aux destinées commerciales et éditoriales du Nouveau Réveil.
Au début même j'ai cru à une méprise de notre ami, confondant Nouveau Courrier, notre partenaire éditorial ivoirien, associé de fait à la "presse bleue" ou pro-Gbagbo, et Nouveau Réveil, organe affilié au PDCI du Buddha de Daoukro, le toujours indéraciné Henri Konan Bédié. Félix ne pouvait avoir confusionné à ce point, lui qui a participé à notre Édition spéciale anniversaire du 11 avril vendue en France et en Côte d'Ivoire (qui aura valu un blâme au Nouveau Courrier, à cause de la contribution de notre autre ami Michel Galy, qui a l'habitude d'évoquer un "coup d'État franco-onusien contre la Côte d'Ivoire", expression manifestement "interdite", à tout le moins "blâmable").
Il faut bien se rendre à l'évidence : le Nouveau Réveil nous a piqué un dessin et l'a foutu à la Une en plus !!! Sans un mot. Hommage du vice bédiéiste à la vertu panafricaine. Rires.
Aveu conscient : nos dessinateurs sont les meilleurs. (Il y a peu, un site algérien, sans sourciller, volait de même un dessin du grand Pat Masioni et les plus scandaleux dessins d'Ezzat circulent sous le manteau que sont devenus les réseaux sociaux et ravissent les palais les plus délicats).
Aveu inconscient : nos arguments aussi sont les meilleurs (mais ne pouvant le dire clairement on nous envoie des "signaux" suffisamment explicites).
Je laisse passer la nuit là-dessus. Ce matin, innocemment, je trouve le site du Nouveau Réveil. Toujours un petit doute. Tant de faux circulent. Tant de montages, de visuels, de collages plus ou moins adroits et heureux. Je voudrais pas leur tomber dessus en piqué suite à une manip' de plaisantin. Non, non, c'est bien ça. D'un côté, je les comprends, le dessin est vraiment splendide. Au-delà du satirique. Du dessin d'illustration. Qui habille tellement bien le papier qu'il peut tomber juste même sur un point de vue anti-Gbagbo.
La première fois que je l'ai mis en ligne (ici), c'était le 8 mai 2011. Sous le délicat titre suivant : "Laurent Gbagbo, la plus grosse paire de couilles d'Afrique". (Début avril, à la fin d'une conférence de presse, Jacques Vergès m'avait glissé : "Alors, mon vieux, il en a des couilles, hein, notre ami Gbagbo !?", avant d'éclater de rire admirativement).
Seulement, en parvenant sur le site du Nouveau Réveil, une autre vérité allait m'éclater au visage...
Le Nouveau Réveil se vend... Même que, plus loin sur le site, je découvrirai qu'il est officiellement tiré à 18 000 exemplaires. Un dessin tiré à 18 000 exemplaires, indépendamment des ventes, ça coûte combien ? Sans parler du, enfin des préjudices... Le dessin est utilisé sans avoir ni prévenu, ni demandé d'autorisation, ni fait mention d'une source. Alors même que la source est à trois titres au moins identifiable : sa première parution, mentionnée plus haut ; sa présence dans l'Édition spéciale Gri-Gri/Nouveau Courrier parue en France ; sa présence dans l'Édition spéciale du Nouveau Courrier/Gri-Gri parue en Côte d'Ivoire. Il y a fort à parier que, comme souvent, étant beaucoup achetés et lus par nos adversaires, ceux-ci, à Abidjan ont cru pouvoir impunément le piquer au Nouveau Courrier.
Ce qui m'amène à me demander si, en définitive, en plus de l'artiste, deux rédactions ne sont pas lésées, volées, spoliées dans cette pénible affaire : celle du Gri-Gri International et celle du Nouveau Courrier. J'ai peur, pour les finances du Nouveau Réveil, que si.
Observation : il y a sur Internet une nomenklature, informelle comme un secteur d'activités économiques, constituée d'usages, de pratiques. Entre imaginaire et virtuelle confraternité et nécessité anthropologique de règles. Celles-ci font qu'on laisse volontiers utiliser sur le web, par les blogs et sites désargentés (militants le plus souvent), nos articles et dessins. En échange d'une mention, d'une source, d'un lien et, s'il y a changement sinon de l'esprit au moins du titre, de la précision suivante : "la titraille est de la rédaction".
Il ne saurait être question de s'en
remettre aux mêmes pratiques s'agissant d'un "concurrent" qui "vend" une oeuvre qui ne lui appartient pas.
Autre observation : le Nouveau
Réveil se vend en ligne, en format PDF. Ce qui se signifie qu'un inquantifiable nombre d'exemplaires de ce journal en pdf, impudemment ôrnés de ce dessin immérité, a été acheté. Sans parler
de ceux qui, croyant simplement voler le Nouveau Réveil, nous volent aussi en faisant circuler illégalement l'édition en pdf sur la toile !
Double, triple, quadruple, quintuple préjudices. Que répondre aux personnes, déjà nombreuses, qui nous demandent comment nous avons pu donner ou vendre un de nos dessins à un journal aussi manifestement opposé à notre ligne éditoriale ? Vol. Escroquerie intellectuelle. Détournement de sens d'une oeuvre appartenant à un tiers et au journal, pardon, aux journaux concurrents qui l'ont initialement éditée.
Sur les ventes papiers et sur les ventes en ligne.
Toujours conciliant, je me suis dit qu'avant de nous en remettre à un de nos conseils (tant à Abidjan qu'à Paris), peut-être valait-il mieux d'abord proposer à notre indélicat confrère d'estimer lui-même les préjudices subis par notre collaborateur Fabien Hulot et par les deux rédactions du Gri-Gri International et du Nouveau Courrier. Une fois ceux-ci évalués, il va sans dire que nos R.I.B. respectifs lui parviendront.
Dessin (pour le Gri-Gri et le Nouveau Courrier mais pas pour le Nouveau Réveil) - Fabien Hulot
Texte - Grégory Protche
Je vis dans un pays anglophone où la source la plus importante d’informations internationales reste Radio France Internationale (RFI), radio
officielle de la République française et voix officielle incontournable de la France dans le monde. Les prises de position de cette radio aux ordres de la République et du gouvernement
français sont parole d’évangile pour la plupart des francophones du monde qui finissent par trouver leur compte dans ce qu’on peut appeler sans risque de se tromper de la propagande
néo-colonialiste.
Radio France Internationale est assurément un instrument de protection de l’influence française dans le monde sans compter son rôle touchant directement à la
défense nationale dans les cas d’implication du gouvernement français dans des conflits comme ceux du Tchad, de la Lybie, de la Côte d’Ivoire et bientôt du Mali et de la Guinée Bissau, par
le truchement de son bras armé : la CEDEAO. Chacun sait ici et là-bas que la radio française, comme un appui aérien nécessaire aux fantassins et autres marsouins est une
puissante arme de destruction mentale et de déstabilisa- tion des Etats (notamment africains) qui ont la malchance de se trouver dans le collimateur de la diplomatie agressive et déraisonnable
de la France. Il ne faut pas s’y tromper. La puissance de cette diplomatie interventionniste et destructrice d’unités nationales en Afrique repose essentiellement sur la puissance des
émetteurs de la "radio mondiale". Dès lors, il appartient à chacun de comprendre qu’il est nécessaire que cet instrument de "guerre psychologique" d’un autre temps soit entouré de
toutes les attentions par le pouvoir français qui a choisi ce type de coopération avec les pays anciennement colonisés, plutôt que d’aider ces derniers à bien s’équiper pour mieux répondre
aux besoins de leurs populations en matière de communication. L’objet de cette note n’est pas de critiquer RFI en tant que telle, encore que cela ne manquerait ni d’intérêt, ni de raisons, mais de relever quelques incongruités du fonctionnement de la Maison du 116, Avenue du Président Kennedy à Paris. La direction de RFI appelle
chaque matin les auditeurs de tous les mondes à se pâmer devant la compétence, le savoir, l’intelligence et le professionnalisme de milliers de correspondants polyglottes dans le monde, qui
sont autorisés à donner des leçons dans tous les domaines et à tous les peuples de la terre. Entre le facétieux Juan Gomez qui s’accorde plus de temps qu’à ses
interlocuteurs à l’antenne et qui se permet de couper sans ménagement tous ceux qui ne vont pas dans le sens des instructions qu’il a reçues de ses "red-chefs" et Christophe
Boisbouvier dont les invités ne sont pas forcément les plus proches de l’actualité, ni même les mieux indiqués pour servir véritablement cette actualité, il y a des personnages
d’un type nouveau que la « Radio mondiale » a décidé de recruter pour se donner bonne conscience. Et pour sans doute satisfaire un besoin politique de discrimination positive galopante en
France mais qu’aucun pays africain ne réclame à l’ex puissance colonisatrice.
Parmi ces nouveaux rois de l’antenne de RFI, le prolifique, l’éclectique et le fumeux Alain Foka détenteur de plusieurs types d’émissions allant
du magazine à la chronique historique en passant par des grands reportages inclassables et des interviews de Chefs d’Etat d’Emirats pétroliers d’Afrique dont la générosité est bien connue
sur le continent. Le talent et le professionnalisme de M. Alain Foka ne sont pas mis en cause. C’est son activité débordante et trop voyante dans des domaines qui partent de l’audiovisuel au
commerce international qui intrigue plus d’un. En dehors de ce qui est visible et évident, comment RFI peut-elle expliquer que M. Alain Foka s’arroge des initiatives du type "coffret des
grands hommes d’Afrique" dont il se trouve être le principal animateur, le représentant de commerce et le distributeur agréé sous l’autorité déclarée de la Radio française ?
Comment expliquer d’autre part l’activité commerciale d’une radio entièrement financée par le contribuable français, activité qui concurrence et s’oppose à l’existence et au développement
de l’entreprise privée ? La vocation de RFI est-elle de fabriquer des coffrets de CD, de les distribuer elle-même sous son label, à un prix exorbitant et de se payer le luxe de les faire
financer par un sponsor privé ? On sait par ailleurs que les tournées de promotion de cette activité commerciale plutôt suspecte sont prises en charge par le sponsor qui se trouve être la
BIAO-NSIA.
Cette affaire pose à chaque homme du monde un problème éthique qui vient de vous être exposé. Que RFI et BIAO décident de faire commerce en dehors et au
dessus de toutes les règles établies par leurs statuts est leur problème et le problème des contrôleurs d’Etat Français. Mais qu’un journaliste exerçant à temps plein son métier sur une
chaîne de ce type se transforme en recherchiste de sponsor et distributeur de produits dérivés de la chaîne sur tout le continent Africain pose à l’évidence un problème de déontologie.
Tout le monde sait et la Direction générale de RFI sait que le financier des coffrets de CD des grands hommes de l’Afrique est le président du groupe de banques et assurances BIAO-NSIA de
Côte d’Ivoire. Tout le monde sait également que ce curieux partenariat Sud-Nord n’a été possible que grâce à l’extraordinaire entregent de M. Alain Foka, ami personnel du PDG de
BIAO- NSIA, M. Diagou Kacou Jean.
A ce stade des choses, la Direction générale de RFI pourrait rétorquer qu’il n’y a pas de quoi «fouetter un chat». Soit. Mais comment la Direction
générale de RFI explique-t-elle que le même Alain Foka soit à la fois journaliste, chroniqueur historique, grand reporter, interviewer émérite à RFI, accessoirement vendeur de cassettes
pour RFI et Directeur de la communication du groupe BIAO-NSIA, rémunéré à grands frais en tant que cadre salarié de cette entreprise ivoirienne compromise avec RFI dans des activités
commerciales frisant le délit d’initié ? Comment peut-on croire qu’un tel laxisme n’implique pas d’autres responsables dans la hiérarchie de la Radio Mondiale ? Les rétrocommissions
étant une pratique courante exercée au plus haut sommet de l’Etat français sarko-balladurien, qui peut empêcher RFI d’user sans modération de cette excuse ?
J’entends d’ici quelques responsables grincheux et probablement coupables de RFI s’indigner : de quoi se mêle-t-il celui là ? Oui certes, de quoi je me mêle ? Je
me mêle uniquement de ce qui me regarde. D’abord, auditeur de RFI, je me considère comme un sociétaire obligé de la Radio Mondiale, parce que je n’ai pas le choix là où je réside
aujourd’hui. Ensuite, je vous prie de croire que j’ai eu le privilège d’exercer ce métier magnifique pendant plus de 40 années dans mon pays la Côte d’Ivoire. A ce double titre, il
m’insupporte de voir et même de subir des dérapages du type : Alain Foka /RFI /Diagou Kacou Jean-BIAO-NSIA. Sans appel d’offre et avec des dessous malsains.
Photo - dr Texte - Mamadou Ben Soumahoro
(*Ex-député de la République de Côte d’Ivoire)
PS : article paru initialement in Nouveau Courrier n°515 (15/05/2012)
PS 2 : la titraille est de la rédaction
C’est une grande voix contemporaine de la chanson arabe qui s’élève à son tour contre les mensonges et les responsabilités morales et politiques des propagandistes bellicistes d’al-Jazeera, tant en ce qui concerne la Libye que la Syrie : Warda al-Jaraïria, la « rose algérienne » aux 100 millions d’albums vendus, essentiellement dans le monde arabe, vient en effet d’adresser, via le quotidien tunisien al-Maghreb, une lettre ouverte bien sentie aux officiels de la chaîne de désinformation continue et anti-syrienne, propriété du Qatar, lettre dont voici des extraits particulièrement significatifs :
Al-Jazeera ? « une arme de destruction massive anti-arabe »
« Vous avez tué des milliers de Libyens et vous continuez de faucher un grand nombre d’innocents en Syrie (…) Vous jurez n’avoir porté aucune arme, et moi je vous réponds que vous avez l’arme de destruction massive la plus puissante : c’est la presse que vous avez utilisé de la pire manière afin de tuer des Arabes.»
Warda poursuit implacablement son « J’accuse » : « Si vos maîtres touchent leurs salaires du pétrole, vous touchez les vôtres du sang arabe parce que vous êtes des marionnettes dans leurs mains sales, et autant vous mentez, lancez des fatwas et faites perdre la vie aux gens, autant vous êtes payés ! »
La chanteuse est connue pour n’avoir pas sa langue dans sa poche : un de ses tubes, « El Ghala Yenzad », célébrait tout à la fois le Prophète et le colonel (Kadhafi), ce qui lui avait valu d’être, sous Sadate, interdite de séjour et de chanson en Egypte, où elle vivait et était particulièrement populaire, et seule l’intervention de l’épouse du Raïs avait pu mettre fin à ce bannissement artistique.
Avec cette dernière déclaration, la Rose algérienne risque fort de subir le même sort au Qatar. Mais elle a par la même occasion fait la preuve de son désintéressement. C’est une artiste engagée, dans la défense de la vérité. Et de la – vraie – cause arabe, qui ne peut être celle des satrapes et des désinformateurs de Doha.
Photo & Texte (paru le 12 février 2012) - Infosyrie.fr