:
Depuis 2001, années de sa naissance au Gabon, le Gri-Gri International empêche de dormir les rois nègres, les ministres corrompus ou excessivement coopérants, les experts internationaux véreux, les personnels d'ambassades incompétents, les journalistes propagandistes et simplificateurs...
Lors du Tribunal des flagrants délires sur France Inter et, a priori, au moment où sortait 2 Heures moins le quart avant
Jésus-Christ, le film réalisé par Jean Yanne.
Extrait du spectacle de Dieudonné Pardon Judas, en 2000.
Tismée, en verlan, c’est le titre du spectacle musical qu’on m’a
présenté lundi dernier auThéâtre de la Reine Blancheà Paris dans le 18ème. Honnêtement, j’y suis
allée la tête bourrée d’a priori, non justifiés évidemment, je l’avoue sans scrupule avec le recul. En même temps, si on t’annonce que tu vas voir une ancienne élève de laStar Acsur scène, pas évident de ne pas avoir de préjugés. Je défie
quiconque de rester de marbre et impartial sur une telle annonce. Mais la curiosité a pris le dessus et faut dire que le titre donnait envie d’en savoir plus, d’aller voir comment le sujet serait
abordé. D’ailleurs, parlons en des préjugés, thème
principal de la pièce, montée comme une comédie musicale, où le trio métissé -Aurélie Konaté,Khalil MaoueneetFelix Sabal-Lecco- s’adonne au chant, à la danse et à la comédie, mélange des genres à l’image
de la diversité ethnique et culturelle que prôneBruno Fougnies, l’auteur des mots justes et tellement
réels de son œuvre au cœur du contemporain.
Tisméeest la dernière mise en scène deRubia Matignon-Jo
et Joséphine,Et
si on chantait, Piaf une vie en rose et noire, (nominé auxMolières2006) -, qui raconte l’épopée d’une jeune femme à la
recherche soudaine de réponses. Elle décide de jeter l’ancre et de traverser la Méditerranée pour ensuite rallier la Guinée Conakry, d’où est originaire son père, débarqué en France trois
décennies auparavant. Après une blague de mauvais goût autour de la couleur de sa peau, elle croise la route des deux marins, un Camerounais et un Algérien, qui lui en feront voir de toutes les
couleurs pour tester son envie et ses capacités avant ce voyage initiatique et douloureux. On oublie la star académicienne
et on se retrouve en face d’une comédienne, d’une chanteuse et d’une danseuse qui tient son rôle jusqu’au bout, même si on peut lui reprocher de toutes petite baisses de régime - qu’on mettra sur
le compte de la fatigue. On se laisse prendre par la prestation de la jolie Tismée qu'Aurélie Konaté, en tête d'affiche - Belles Belles Belles,Les monologues du
vagin,Jo et Joséphine,Fame… -, incarne avec brio ceci dit.
Plus la palme que je décerne au grand Felix Sabal-Lecco - batteur de Manu Dibango,Salif Keita,Peter Gabriel,Lenny Kravitz,Ismaël Lo,Youssou
Ndour… acteur et musicien dansJo et Joséphine- pour sa prestation si rationnelle et son lyrisme, on s’y croirait presque. Un bel exutoire que l’humour pour imposer un charisme naturel qui prend facilement le pas sur
celui de ses partenaires. Les rires et applaudissements témoignaient de l’engouement du public pour le jeu du comédien. Même lorsque son texte pouvait paraître un peu vide, il savait le remplir
de ses fourberies. (Je me suis même autorisée un petit écart de conduite
en manifestant haut et fort mon entrain moi qui était installée juste devant, du coup, on entendait plus que ma voix... j’en ai presque perdu tout mon enthousiasme pour ce grand batteur converti
en multi-fonctions).
Pendant plus d’1H30, on voyage à travers des chants, des titres écrits par la CanadienneLùa-Jù -
parolière deJulien Clerc,Assia,Anthony Kavanagh… - , des
intonations rythmées par des ambiances acoustiques et musicales soul, pop, blues, des chants traditionnels camerounais, du Brésil… Un beau voyage autour de la terre. La guitare et le
clavier, touchants et authentiques, de Khalil Maouene - réalisateur, compositeur, pour Julien Clerc, Assia, sa soeur, Anthony Kavanagh,Laurent
Ruquier… - marquent et emportent généreusement le public dans une symphonie colorée de frissons orientaux. Khalil se prêtera même au jeu de la
danse. Un peu gauche et maladroit dans la gestuelle de certains de ses mouvements, on se rend vite compte que la danse n’est pas la discipline dans laquelle il excelle, mais il sera tellement
tendre et émouvant derrière sa guitare, qu’il manie avec aisance, qu’on oublie vite tout le reste.
Le clip réalisé parRachid Dhibousera l’introduction qui donnera le
ton de la pièce musicale.
Je suis sortie de là plutôt enthousiaste, heureuse de ne pas avoir perdu mon temps, et surtout en ayant bravé les idées toutes faites avec lesquelles j’avais osé venir. Envolée la cuve de
préjugés, comme quoi, ne pas se fier aux apparences, elles peuvent souvent se montrer très trompeuses. On le sait pourtant !!!
Texte - Fatou Biramah Photos - Ma Solange Oussou
PS : les photos ont été prises, non pas à la Reine Blanche, mais àl'Européen, en juillet dernier, lors des toutes toutes premières
représentations...
Combien d’entre vous pensez que Robert Mugabe est l’un des pires dictateurs que l’Afrique ait connus ? Le
quart ? La moitié ? Plus encore ? A votre décharge, faut avouer que les Occidentaux ne font pas dans la dentelle : le Zimbabwe est bel et bien inscrit dans la liste des
Etats voyous de la Maison Blanche et l’ignoble Mugabe est presque assimilé à Ben Laden, excusez du peu ! Pour vous rassurez, sachez que feu Jonas Savimbi, la terreur des
savanes angolaises, fut, lui, un ami patenté des Amerloques, décoré de la prestigieuse médaille de la Liberté par Ronald Reagan en personne… Revenons toutefois à Mugabe Robert. Ce nouvel
Hitler africain fut, il n’est pas inutile de le rappeler, le premier Noir à contraindre des Blancs à abandonner le pouvoir en Afrique australe, ouvrant la voie aux révolutions
sud-africaines puis namibiennes ; c’est lui qui, le premier aussi, revendiqua la propriété des terres spoliées par les Blancs au 19e siècle ; et il empêcha enfin, avec ses
frères angolais et namibiens, les Sahéliens ougando-tutsis de s’emparer militairement de Kinshasa. Bref, un véritable héro de l’Afrique bantoue.
Mugabe a donc été diabolisé par les Anglo-saxons parce que, justement, il a ouvert la voie à
l’émancipation des Noirs d’Afrique australe, qu’il a osé revendiquer la propriété de ce qu’ont piqué les Blancs aux Noirs et qu’in fine, dans les guerres congolaises, il a pris parti
contre les Américains. Nos médias francophones ont ensuite copié leurs congénères anglophones sans trop réfléchir, ajoutant la traîtrise (la France était contre les Américains dans les
guerres congolaises, donc alliée de fait au Zimbabwe) à l’incompétence, CQFD !
Tout le reste est délire de journalistes. Ainsi en est-il des accusations farfelues qui n’ont cessé de pleuvoir sur
Robert Gabriel Mugabe depuis que ses troupes sont venues au secours de celles de Laurent Désiré Kabila : à commencer par celle « d’affameur du peuple » pour avoir
refusé l’aide alimentaire mondiale. Sans que l’on précise que ce refus était fondé sur la volonté de ne pas casser les marchés locaux de produits vivriers en déversant massivement des
produits alimentaires gratuits dans le pays. Lequel n’a enregistré d’ailleurs aucun mort de faim passés les premiers moments de la sécheresse qui était à l’origine du problème.
On l’a ensuite accusé d’être un dictateur, « président à vie » même alors qu’il n’en est rien (il y a des
élections présidentielles tous les 5 ans). Et il est nettement moins dictatorial que des amis de l’Occident comme Ben Ali (Tunisie), les PC chinois et vietnamiens, les régimes des républiques
turkmènes d’Asie centrale et j’en passe. J’ai même lu que le Zimbabwe ne disposait pas de la liberté de la presse, ce qui est faux… Je n’ai par contre rien lu sur l’éclatement en cours du
principal parti d’opposition après sa défaite électorale de 2005 et après les critiques qui ont fusé en interne sur la tyrannie de son leader, Morgan Tsvangirai. Il est vrai que les
partis d’opposition ne sont pas sensés exister dans les pays dictatoriaux…
La seule vérité incontestable c’est que le pays s’est bien comporté économiquement et socialement jusqu’au
moment où il a tiré les conclusions de la perfidie britannique (les Anglais s’étaient engagés par écrit, lors des accords de Lancaster House de 1979, à financer le rachat des terres
aux fermiers blancs à l’issue d’une période d’adaptation de 10 ans. Ils n’en ont bien entendu rien fait). Dès lors, il fut enfermé dans une rhétorique dingue, les Noirs étant présentés comme
spoliateurs et plus que sévèrement châtiés sur le plan de l’aide et des investissements. D’où les difficultés croissantes qu’il a connues, jusqu’à l’actuelle hyperinflation.
Avec toutefois un élément qu’ignorent les Blancs : c’est le secteur informel qui s’est envolé dès que les Noirs
ont eu le pouvoir. Ils ne déclarent plus les productions vivrières, comme dans le reste de l’Afrique subsaharienne et même les micro entreprises minières ont proliféré. Ce pourquoi les
Zimbabwéens ne font pas d’émeutes… Et c’est un con de blanc qui est obligé de vous expliquer tout ça, bande d’ignorants !
Texte - Christian d'Alayer Dessin - Ezzat
PS : ce texte est initialement paru en juin 2007, dans les colonnes du Gri-Gri version papier, rubrique "Con
de blanc".
PS 2 : à l'issue du classement du magazine Parade, rapporté par AJM, il apparaît que Mugabe
est le n°1 au top 10 mondials des dictateurs... ce qui est très exagéré.
À 52 ans, président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, député de Koumassi (commune d'Abidjan) et vice-président du
Front populaire ivoirien, actuellement au pouvoir, Mamadou Koulibaly est au coeur de l'actualité. Pour deux raisons.
On lui prête, dans la presse ivoirienne, des velléités de sécession, par rapport au président Gbagbo... ce qui semble surprenant.
Il vient de publier La souveraineté monétaire des pays africains, chez l'Harmattan.
Commençons par revoir un petit et dense entretien.
Entre ses fans et ses détracteurs, Bertrand Cantat et son groupe Noir Désir annoncent leur come- back. En
effet, 2 titres inédits sont disponibles en téléchargement gratuit en attendant l'album qui ne devrait pas sortir avant octobre ou novembre 2010. Par contre on pourra les voir au mois de
juillet 2010 au festival Garden Nef Party à Angoulême.
Voilà, ça c'est dit, mais Noir désir n'existerait pas sans Jeffrey Lee Pierce et son Gun
Club.
Bon sang, mais c'est bien sûr, certaines intonations NoirDésiriennes viennent bien de là, de ce chant enflammé
plein de rage et de désespoir de cet immense artiste qui faisait revivre le Blues dans son essence originale, j'ai nommé, l'écorché vif, Jeffrey Lee Pierce.
Si vous n'êtes pas prêt à affronter l'Amérique puante et poisseuse, les sortilèges vaudou, les fantômes sur les
autoroutes désertes, les tueurs fous, le sexe, la mort, l'amour, la haine, le morbide, passez votre chemin, le Gun Club n'est pas pour vous.
En 1981 sort le 1er album Fire Of Love considéré encore de nos jours comme un classique par les
critiques rock. Suivent le superbe Miami en 1982, puis Las Vegas Story en 1984 avec la chanson "Moonlight Motel" que les Bordelais semblent avoir
écoutée et décortiquée des heures et des heures, sans jamais pouvoir en percer le secret.
Aprés une première séparation en 1985, le groupe se reforme en 1987, pour la sortie du 4ème album
Mother Juno, malgré les problèmes d'alcool et de drogue de leur chanteur au charisme dangereusement flamboyant, l'album est superbe. La santé morale et physique de Jeffrey Lee
Pierce est au plus bas pour le 5ème album Pastoral Hide & Seek qui voit le jour en 1990.
JLP est devenu un junkie alcoolique et le mélange héroïne-bourbon le tient encore debout mais plus pour
longtemps, son corps est devenu un véritable laboratoire d'essai pour substances diverses et son état de santé s'aggrave de jour en jour. Après un dernier album d'une noirceur extrême
Lucky Jim en 1994 qui sortira presque dans l'anonymat , il écrira son autobiographie Go Tell To The Mountain et alors qu'il était en visite dans l'Utah chez
son père, un caillot de sang au cerveau le plonge dans un profond coma et le 31 mars 1996, il ira définitivement rejoindre ses idoles, Jimi l'enfant vaudou, Robert
Johnson et Jim Morrison.
La voix de Jeffrey Lee Pierce est unique, elle nous traverse comme des éclairs et sa musique nous frappe directement
aux tripes, au cœur et à l'âme. C'est sur scène que Jeffrey se livrait totalement, il s'abandonnait toujours avec la même grâce car de toute façon il n'avait rien à perdre, agenouillé devant
une centaine de personnes, il chantait pour le monde entier. "What I feel,
tear is in my heart, you're looking in the eye of a devil's well...What I hear, tear is in my mind, looking in the eye of a devil's eye..." chante Bertrand Cantat à la fin de l'album
666.667, maintenant vous savez de qui il parle.
Derniers Commentaires