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Dimanche 20 avril 2014 7 20 /04 /Avr /2014 05:00

 

Gbagbo Le Hitler noir Le Patriote

 

Le 11 avril, je pense au 29 mars. 29 mars 2011 : Duékoué. Mille morts. Au moins. Morts d’être ce qu’ils sont. En proie à des brutes résumables à ce qu’elles font et défont.

Le 11 avril, je pense à ceux qui auront osé nous dire qu’il n’y avait eu à Duékoué que des affrontements interethniques. Des rixes. Des la bagarre. En tout cas pas d’intention génocidaire.

Le 11 avril, comme Mathilde Thépault, je pense aux Herreros qui continuent d’attendre que l’Allemagne daigne reconnaître le leur, de génocide.

Le 11 avril, je pense à la mâchoire ensanglantée du ministre Désiré Tagro abattu juste après avoir conclu une trêve avec Cochon 1er, l’ambassadeur de France d’alors en Côte d’Ivoire.

Le 11 avril ; je pense à la Jeanne Dark ivoirienne enfermée à Odienné. Simone Gbagbo, mon homme politique préféré. La femme la plus garçon du monde.

Le 11 avril, je pense au maire d’Alepe. Réfugié, comme on dit pudiquement, au Ghana. Me montrant une vieille poule fatiguée, il disait « Greg, je te présente ma basse-cour. » Décembre 2011.

Le 11 avril, je pense à mon maître, Vergès. Ce bordel qu’il aurait mis à la CPI lorsqu’on y a produit de faux documents contre Gbagbo.

Le 11 avril, je pense à Charles Blé Goudé. Traqué, exhibé, humilié, caché, photo-monté, puis finalement envoyé lui aussi à La Haye.

Le 11 avril, je pense à Bernard Houdin, à Guy Labertit, à Stanley Prager, à Michel Galy, à Christine Tibala, à Patrice Broyer, à Hervé Penot… à Philippe Rémond aussi. Surtout.

Le 11 avril, je pense aux enfants nés de couples franco-ivoiriens… ceux qui ont vu le pays de leur père attaquer celui de leur mère. Ou le contraire.

Le 11 avril, je pense à tous les jeunes patriotes ivoiriens morts sous les bombardements et tirs conjoints des rebelles FRCI, de la Force Licorne et de l’ONUCI.

Le 11 avril, je pense à Ban Ki Moon, l’expert-comptable de l’ONU, qui préféra recompter les morts plutôt que les bulletins de vote.

Le 11 avril, je pense à Sarkozy, Hollande, Valls et Fabius.

Le 11 avril, je pense à Mahan Gahé.

Le 11 avril, je pense aux infatigables marcheurs ivoiriens, à Paris, Florence, Stockholm, Montréal, Londres, Washington DC.

Le 11 avril, je pense aux Ivoiriens de Côte d’Ivoire. Celles et ceux dont vous toutes et tous ici attendez le salut. Car le salut ni de La Haye, ni de Paris, ni de  l’ONU, mais bel et bien de Côte d’Ivoire.

Le 11 avril, je pense que si Abidjan tombe, c’est toutes la France-Afrique qui tombera.

Le 11 avril, je pense, et plus que jamais aujourd’hui, que c’est à la Côte d’Ivoire et aux Ivoiriens qu’incombe ce rôle, cette fonction, cette mission : être l’Algérie de l’Afrique noire francophone.

Vendredi 11 avril 2014

 Photo - dr   Texte - Grégory Protche (& HGMJ)

Initialement paru in Le Nouveau Courrier

Par Gri-Gri International Grégory Protche Le Nouveau Courrier - Publié dans : Côte d'Ivoire - Élections 2010 - Communauté : Afrique panafricaine
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Dimanche 20 avril 2014 7 20 /04 /Avr /2014 01:00

 

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Garcia Marquez ici avec la monteuse Jacqueline Meppiel et les élèves africains de l'EICTV 1987

Discours prononcé à la réception du Prix Nobel de Littérature 1982 par Gabriel Garcia Marquez

9 août 2010. Antonio Pigafetta, un navigateur florentin qui a accompagné Magellan lors du premier voyage autour du monde, a écrit lors de son passage par notre Amérique méridionale une chronique rigoureuse qui paraît cependant une aventure de l’imagination. Il a raconté qu’il avait vu des cochons avec le nombril dans le dos, et quelques oiseaux sans pattes dont les femelles couvaient dans les dos du mâle, et d’autres comme des pélicans sans langue dont les becs ressemblaient à une cuiller. Il a raconté qu’il avait vu une créature animale avec une tête et des oreilles de mule, un corps de chameau, des pattes de cerf et un hennissement de cheval. Il a raconté que le premier natif qu’ils ont trouvé en Patagonie ils l’ont mis en face d’un miroir, et que ce géant exalté a perdu l’usage de la raison par la frayeur de sa propre image.

 Ce livre bref et fascinant, dans lequel se perçoivent déjà les germes de nos romans d’aujourd’hui, n’est pas beaucoup moins le témoignage le plus étonnant de notre réalité de ces temps. Les Chroniqueurs de l’Amérique nous ont légué d’autres irracontables. Eldorado, notre pays illusoire si convoité, a figuré dans de nombreuses cartes pendant de longues années, en changeant de lieu et de forme selon l’imagination des cartographes. A la recherche de la fontaine de la Jeunesse Éternelle, la mythique Alvar Núñez Cabeza de Vaca a exploré huit ans durant le nord du Mexique, dans une expédition folle dont les membres se sont mangés entre eux, et seuls cinq des 600 qui l’ont entreprise sont arrivés. L’un des nombreux mystères qui n’ont jamais été élucidés, est celui des onze mille mules chargées de cent livres d’or chacune, qui un jour sont sortis du Cuzco pour payer le sauvetage d’Atahualpa et qui ne sont jamais arrivées à destination. Plus tard, pendant la colonie, se vendaient à Carthagène, quelques poules élevées dans des terres d’alluvion, dans les gésiers desquelles se trouvaient des petits cailloux d’or. Ce délire doré de nos fondateurs nous a poursuivis jusqu’il y a peu. À peine au siècle passé la mission allemande chargée d’étudier la construction d’un chemin de fer interocéanique dans l’isthme du Panama, a conclu que le projet était viable à condition que les rails ne fussent pas faits en fer, qui était un métal peu abondant dans la région, mais qu’ils soient faits en or.

L’indépendance de la domination espagnole ne nous a pas mis à l’abri de la démence. Le général Antonio López de Santana, qui a été trois fois dictateur du Mexique, a fait enterrer avec des funérailles magnifiques sa jambe droite qu’il avait perdue dans la dite Guerra de los Pasteles. Le général Gabriel García Morena a gouverné l’Équateur pendant 16 ans comme un monarque absolu, et son cadavre a été veillé vêtu de son uniforme de gala et sa cuirasse de décorations assis dans le fauteuil présidentiel. Le général Maximiliano Hernández Martínez, le despote théosophe du Salvador qui a fait exterminer dans un massacre barbare 30 mille paysans, avait inventé un pendule pour vérifier si les aliments étaient empoisonnés, et a fait couvrir d’un papier rouge l’éclairage public pour combattre une épidémie de scarlatine. Le monument au général Francisco Morazán, érigé sur la place la plus grande de Tegucigalpa, est en réalité une statue du maréchal Ney achetée à Paris dans un dépôt de sculptures usées.

Il y a onze ans, l’un des poètes insignes de notre temps, le Chilien Pablo Neruda, a illuminé cette enceinte avec son verbe. Dans les bonnes consciences de l’Europe, et parfois aussi dans les mauvaises, ont fait irruption depuis ce temps-là avec plus de force que jamais les nouvelles fantomatiques de l’Amérique Latine, cette patrie immense d’hommes hallucinés et de femmes historiques, dont l’entêtement sans fin se confond avec la légende. Nous n’avons pas eu un instant de calme. Un président prometheique retranché dans son palais en flammes est mort en se battant seul contre toute une armée, et deux catastrophes aériennes suspectes et jamais éclaircies ont tranché la vie d’un autre au cœur généreux, et celle d’un militaire démocrate qui avait restauré la dignité de son peuple. Il y a eu 5 guerres et 17 coups d’État, et a surgi un dictateur luciférien qui au nom de Dieu mène le premier ethnocide de l’Amérique Latine de notre temps. Pendant ce temps, 20 millions d’enfants latinoaméricains mouraient avant d’atteindre l’âge de deux ans, ce qui est plus que tous ceux qu’ils sont nés en Europe depuis 1970. En raison de la répression il y a presque 120 000 disparus, c’est comme si aujourd’hui on ne savait pas où sont passés tous les habitants de la ville d’Uppsala. De nombreuses femmes enceintes ont été arrêtées ont mis au monde dans des prisons argentines, mais on ignore encore le destin et l’identité de ses enfants, qui ont été donnés en adoption clandestine ou enfermés dans des orphelinats par les autorités militaires. Pour ne pas vouloir que les choses continuent ainsi près de 200 000 femmes et hommes sont morts sur tout le continent, et plus de 100 000 ont péri dans trois petits pays volontaristes de l’Amérique centrale, Nicaragua, Salvador et Guatemala. Si c’était aux États-Unis, le chiffre proportionnel serait d’un million 600 morts violentes en quatre ans.

Du Chili, un pays aux traditions hospitalières, a fui un million de personnes : 12 % pour cent de sa population. L’Uruguay, une nation minuscule de 2,5 millions d’habitants qui se considérait comme le pays le plus civilisé du continent, a perdu dans l’exil un citoyen sur cinq. La guerre civile au Salvador a causé presque un réfugié toutes les 20 minutes depuis 1979. Le pays qu’on pourrait faire avec tous les exilés et émigrés forcés d’Amérique Latine, aurait une population plus nombreuse que la Norvège.

J’ose penser, que c’est cette réalité extraordinaire, et pas seulement son expression littéraire, qui cette année a mérité l’attention de l’Académie Suédoise des Lettres. Une réalité qui n’est pas celle du papier, mais qui vit avec nous et détermine chaque instant de nos innombrables morts quotidiennes, et qui soutient une source de création insatiable, pleine de malheur et de beauté, de laquelle ce Colombien errant et nostalgique n’est qu’un parmi d’autres plus distingué par la chance. Poètes et mendiants, musiciens et prophètes, guerriers et racaille, toutes les créatures de cette réalité effrénée nous avons eu très peu à demander à l’imagination, parce que le plus grand défi fut pour nous l’insuffisance des ressources conventionnelles pour rendre notre vie croyable. C’est cela, amis, le nœud de notre solitude.

Donc si ces difficultés nous engourdissent, que nous sommes de son essence, il n’est pas difficile de comprendre que les talents rationnels de ce côté du monde, extasiés dans la contemplation de leurs propres cultures, sont restés sans méthode valable pour nous interpréter. Il est compréhensible qu’ils insistent pour nous mesurer avec le même étalon avec lequel ils se mesurent eux même, sans rappeler que les épreuves de la vie ne sont pas égaux pour tous, et que la recherche de l’identité propre est si ardue et sanglante pour nous qu’elle le fut pour eux. L’interprétation de notre réalité avec des schémas étrangers contribue seulement à nous rendre de plus en plus méconnus, de moins en moins libres, de plus en plus solitaires. Peut-être l’Europe vénérable serait plus compréhensive si elle essayait de nous voir à travers son propre passé. Si elle se rappelait que Londres a eu besoin 300 ans pour construire sa première muraille et de 300 autres pour avoir un évêque, que Rome s’est débattu dans les ténèbres de l’incertitude pendant 20 siècles avant qu’un roi étrusque ne l’implantât dans l’histoire, et qu’encore au XVIe siècle les suisses pacifiques d’aujourd’hui, qui nous enchantent avec leurs fromages doux et leurs montres impavides, ensanglantèrent l’ Europe comme soldats de fortune. Encore à l’apogée de la Renaissance, 12 000 lansquenets à la solde des armées impériales pillèrent et dévastèrent Rome, et tuèrent à coups de couteau huit mille de ses habitants. 

Je ne cherche pas à incarner les illusions de Tonio Kröger, dont les rêves d’union entre un nord chaste et un sud passionné exaltaient Thomas Mann il y a 53 ans dans ce lieu. Mais je crois que les Européens d’esprit éclairant, ceux qui luttent aussi ici pour une grande patrie plus humaine et plus juste, pourraient mieux nous aider s’ils révisaient à fond leur manière de nous voir. La solidarité avec nos rêves ne nous fera pas sentir moins seuls, tant que cela ne se concrétise avec des actes de soutien légitime aux peuples qui assument l’illusion d’avoir une vie propre dans la répartition du monde.

L’Amérique Latine ne veut pas ni n’a de quoi être un fou sans arbitre, ni n’a rien de chimérique dans le fait que ses desseins d’indépendance et d’originalité deviennent une aspiration occidentale. Cependant, les progrès de la navigation qui ont réduit tant de distances entre nos Amériques et l’Europe, semblent avoir augmenté en revanche notre distance culturelle. Pourquoi l’originalité qu’on nous admet sans réserves dans la littérature nous est refusée avec toute sorte de suspicions dans nos si difficiles tentatives de changement social ? Pourquoi penser que la justice sociale que les Européens d’avant garde essaient d’imposer dans leurs pays ne peut pas aussi être un objectif latinoaméricain avec des méthodes distinctes dans des conditions différentes ? Non : la violence et la douleur démesurées de notre histoire sont le résultat d’injustices séculières et d’amertumes innombrables, et non un complot ourdi à 3 000 lieues de notre maison. Mais nombre de dirigeants et penseurs européens l’ont cru, avec l’infantilisme des grands-parents qui ont oublié les folies fructueuses de leur jeunesse, comme si n’était possible un autre destin que de vivre à la merci des deux grands propriétaires du monde. Telle est, amis, l’ampleur de notre solitude.

Cependant, face à l’oppression, au pillage et à l’abandon, notre réponse est la vie. Ni les déluges ni les pestes, ni les famines ni les cataclysmes, ni même les guerres éternelles à travers des siècles et des siècles n’ont réussi à réduire l’avantage tenace de la vie sur la mort. Un avantage qui augmente et s’accélère : chaque année il y a 74 millions de naissances de plus que de décès, une quantité de vivants nouveaux comme pour augmenter sept fois chaque année la population de New York. La majorité d’ entre eux naissent dans des pays avec moins de ressources, et parmi ceux-ci, bien sûr, ceux d’Amérique Latine. En revanche, les pays les plus prospères ont réussi à accumuler assez de pouvoir de destruction comme pour anéantir cent fois non seulement tous les êtres humains qui ont existé jusqu’à aujourd’hui, mais la totalité des êtres vivants qui sont passés par cette planète d’infortune.

Un jour comme celui d’aujourd’hui, mon maître William Faulkner a dit dans ce lieu : « Je me refuse à admettre la fin de l’homme ». Je ne me sentirais pas digne d’occuper cet endroit qui fut le sien si je n’avais pas pleine conscience de ce que pour la première fois depuis les origines de l’humanité, la catastrophe colossale qu’il se refusait à admettre il y a 32 ans est maintenant rien plus qu’une simple possibilité scientifique. Devant cette réalité saisissante qui à travers tout le temps humain a du paraître une utopie, les inventeurs de fables que tous nous croyons nous nous sentons le droit de croire que n’est pas encore trop tard pour entreprendre la création de l’utopie contraire. Une nouvelle et triomphante utopie de la vie, où personne ne peut décider pour les autres jusqu’à la forme de mourir, où vraiment soit vrai l’amour et soit possible le bonheur, et où les lignées condamnées à cent ans de solitude ont enfin et pour toujours une deuxième chance sur la terre.


Traduction libre et non officiel de l’espagnol pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi

Source

Par Gri-Gri International www.michelcollon.info dr - Publié dans : Littérature - Communauté : Afrique panafricaine
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Dimanche 20 avril 2014 7 20 /04 /Avr /2014 00:00

cpi gbagbo

Les hauts fonctionnaires de l’hôtel Sébroko juraient, il y a trois, la main sur le cœur, qu’ils disposaient d’éléments inattaquables contre le président Gbagbo, notamment à propos du prétendu bombardement du « marché d’Abobo » par les FDS. Aujourd’hui qu’il est question de remettre ces « preuves » à Fatou Bensouda, ils disparaissent de la circulation. Et s’ils avaient tout simplement menti à l’opinion internationale ? Explications.

Désormais aux abonnés absents, et pourtant ! Durant toute la guerre postélectorale, l’ONUCI, résolument rangée aux côtés du camp Ouattara, et le soutenant à la fois politiquement, médiatiquement et militairement, a fait un certain nombre de déclarations et émis des accusations claires contre le président Gbagbo et les Forces de défense et de sécurité. L’ONUCI a prétendu disposer de preuves matérielles accablant contre celui qu’elle voulait voir tomber.

C’est tout naturellement que les observateurs s’attendaient à voir ces éléments dans le dossier de la procureure Fatou Bensouda, d’autant plus que la Cour pénale internationale (CPI) est une émanation de l’ONU, et particulièrement du Conseil de sécurité, à qui le statut de Rome donne quasiment le statut de « grand patron ».

Au final, quasiment aucun élément solide provenant de l’ONUCI ne figure dans le dossier de Fatou Bensouda, qui a pourtant été remanié après avoir été retoqué par les juges de la Chambre préliminaire I pour preuves insuffisantes. « Concernant l’ONUCI, [le procureur] n’aura semble-t-il interrogé pendant ses trois ans d’enquête que trois fonctionnaires de rang subalterne. Toujours concernant l’ONUCI, ses contingents étaient sur le terrain, ses représentants participaient aux manœuvres diplomatiques lancées dès avant les élections et les rapports, certainement très intéressants, que le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies transmettait régulièrement à New York auraient permis, si le Procureur les avait présentés, de mieux comprendre la réalité », s’étonne Maître Emmanuel Altit.

Grand enfumage

Les représentants de la Maison de Verre à Abidjan n’ont-ils pas été sollicités ? Impossible. N’ont-ils pas voulu donner certains des éléments dont ils disposent ? Peut-être. Ont-ils, par le passé, procédé à un « grand enfumage » et proclamé avoir des preuves qui n’existaient pas pour mieux obtenir des résolutions de plus en plus musclées et faire tomber Gbagbo ? Certaines archives qu’il est aujourd’hui bon d’exhumer accréditent cette thèse.

La première d’entre elles est un communiqué produit par l’ONUCI le 17 mars 2011, jour du prétendu bombardement du marché Siaka Koné d’Abobo. Un communiqué affirmant ceci : « L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a dépêché jeudi après-midi, une patrouille robuste accompagnée d’experts des droits l’homme pour s’enquérir de la situation à Abobo où il avait été fait état de tirs à l’arme lourde sur le marché local. L’équipe sur place a pu observer que des forces armées du camp du président Gbagbo ont tiré au moins six projectiles sur le marché et ses environs causant la mort de 25 à 30 personnes et faisant entre 40 et 60 blessés. L’ONUCI exprime son indignation devant de telles atrocités contre des civils innocents. Les auteurs de ces exactions, qui constituent des violations flagrantes des droits de l’homme, ne sauraient rester impunis. L’ONUCI se réserve le droit de prendre les mesures appropriées pour prévenir, à l’avenir, de tels actes inacceptables, conformément à son mandat de protection des populations civiles ».

Le lendemain, l’ONUCI récidive et écrit : « L’examen par l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) des projectiles tirés jeudi après-midi au marché d’Abobo et dans ses environs lui permet de confirmer qu’il s’agissait d’obus de mortiers de 81 mm. Les forces de sécurité du camp du Président Gbagbo ont tiré les obus à partir d’un camp militaire faisant une centaine de victimes (tués et blessés confondus). Un tel acte contre des civils pourrait constituer un crime contre l’humanité. L’ONUCI réitère qu’elle se réserve le droit de prendre des mesures appropriées en vue d’assurer la protection des civils, conformément à son mandat ».

Où sont passés les rapports des experts ?

Trois ans plus tard, le président Gbagbo se trouve à la CPI. Mais ni le rapport des experts des droits de l’homme prétendument envoyé, ni les photos qu’ils ont pu prendre, ni l’étude balistique qui avait soi disant conclu que des obus de mortiers de 81 mm avaient été tiré, ni les projectiles en eux-mêmes, ne se trouvent dans le dossier de Fatou Bensouda. L’ONUCI serait-elle « pro-Gbagbo » ? Ces éléments mystérieux se trouvent-ils, comme la boîte noire de l’avion de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana, dans le tiroir d’un bureau de la Maison de Verre ? Ou alors n’existent-ils tout simplement pas ? On est en face d’un véritable scandale international !

Ce qui en rajoute à la confusion – ou à la comédie de mauvais goût -, c’est que la procureure Fatou Bensouda et les « experts » désormais invisibles de l’ONUCI ne sont même pas d’accord sur la nature des obus qui seraient tombés sur le marché d’Abobo. Si ce que l’on déduit des interrogatoires de Fatou Bensouda est qu’il s’agissait d’obus de mortiers de 120 mm, les « expertises » d’il y a trois ans évoquaient des obus de mortiers de 81 mm. Il y a un hic ! D’autant plus que selon la déposition à la CPI de l’ancien ministre de la Défense Alain Dogou et celle d’un témoin dont l’identité a été « expurgée », il n’y avait pas d’obus de mortiers de 81 mm au camp commando d’Abobo ! Pour se donner de la contenance, Fatou Bensouda a fait appel à un expert non inscrit sur la liste officielle des experts de la CPI, et qui se contente, dans ses conclusions suite à une analyse de probables impacts de projectiles (plus de deux ans plus tard en effet) qu’il est « possible » ou « probable » que la thèse avancée par la procureure soit vraie. Aucune affirmation, aucune certitude scientifique !

La rétention d’informations – ou le refus de Bensouda de solliciter des informations qui pourraient contredire sa thèse et mettre la pression sur ses amis du camp Ouattara – ne s’arrête pas là. Les rapports de l’ONUCI ne sont livrés qu’au compte-gouttes. Les très importants rapports du « call center » qui centralisait les appels au secours (et qui auraient pu constituer une photographie assez intéressante des mouvements de panique et des accusations émises par les populations) ne figurent pas dans le dossier.

La France n’a pas donné de preuve contre Gbagbo à Fatou Bensouda

En novembre 2013, le périodique La Lettre du Continent écrivait que Fatou Bensouda, procureure auprès de la CPI, « aurait, entre autres, approché le ministre français de la Défense pour muscler son dossier » et faire rendre gorge à Gbagbo. Les documents qui viennent d’être rendus publics par la CPI indiquent en tout cas qu’elle n’a rien obtenu de concluant dans cette quête. « Concernant les Autorités françaises, rien ne semble avoir été fait. Un tel manque est d’autant plus stupéfiant que les forces françaises étaient présentes le long de la zone de confiance délimitant le Nord – sous contrôle rebelle –, du Sud – sous contrôle gouvernemental – et à Abidjan 19, qu’elles semblent avoir joué un rôle important dans l’organisation et la mise en œuvre de l’offensive rebelle vers le Sud en mars 201120, que ce sont les forces françaises qui ont réduit les points de défense des forces gouvernementales à Abidjan, que l’assaut de la résidence présidentielle a été lancé par les commandos français, etc. Pendant toute la crise postélectorale, les diplomates français étaient à la manœuvre pour soutenir Alassane Ouattara et convaincre les représentants de la communauté internationale d’abandonner le Président Gbagbo. Dans ces conditions, il est incompréhensible que le Procureur n’ait pas demandé aux Autorités françaises les informations dont elles disposent qui auraient permis d’éclairer les Juges et de révéler la vérité sur ces évènements. (…) Le Procureur a tellement craint de montrer le rôle des Autorités françaises qu’il s’est interdit de leur demander des informations, pourtant essentielles, dont elles seules disposent. Passer sous silence le rôle des Autorités françaises dans l’histoire récente de la Côte d’Ivoire et lors de la crise post-électorale, c’est exactement comme passer sous silence le rôle de la Chine et des Etats-Unis lors de la guerre de Corée », fait ainsi remarquer Maître Emmanuel Altit, avocat de la Défense, dans ses observations.

Photo - dr   Texte - Philippe Brou (LNC)

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Nouveau Courrier

Par Gri-Gri International Philippe Brou Le Nouveau Courrier dr - Publié dans : Côte d'Ivoire - Élections 2010 - Communauté : Afrique panafricaine
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Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 15:00
Par Gri-Gri International dr - Publié dans : Rap Music - Communauté : Afrique panafricaine
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Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 11:00
    
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Par Gri-Gri International - Publié dans : Interdit aux batards Sear / Get Busy - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 18 avril 2014 5 18 /04 /Avr /2014 14:00

Aquilino-Morelle.jpg  

 

Il n'aura pas fallu longtemps à l'Elysée pour réagir. Accusé jeudi par Mediapart de conflit d'intérêts alors qu'il était membre de l'inspection générale des affaires sociales (IGAS), Aquilino Morelle, conseiller de François Hollande, a annoncé, vendredi 18 avril à l'AFP, sa démission. « Je veux redire que je n'ai commis aucune faute. Je n'ai jamais été en situation de conflit d'intérêts, affirme Aquilino Morelle. Néanmoins, j'ai décidé de mettre fin à mes fonctions de conseiller à la présidence de la République. »

« Depuis quarante-huit heures je dois faire face à des insinuations et des allégations qui visent à mettre en cause mon honneur »affirme le conseillerélyséen dans un communiqué qui justifie sa démission par sa volonté d'être« entièrement libre de répondre à ces attaques ». Aquilino Morelle explique également avoir pris sa décision « pour ne pas gêner l'action du président de la République, du gouvernement et de la majorité, dans un moment particulièrement difficile de la vie du pays »« Je le fais, enfin, pour protéger ma famille », conclut-il. Pour autant, cette décision a été prise en accord avec Matignon. « Le premier ministre a reçu en tête à tête ce matin à Matignon Aquilino Morelle. Il lui a conseillé de quitter l'Elysée afin de répondre librement aux questions de la presse », a indiqué l'entourage de Manuel Valls. 

Le conseiller du président de la République, énarque et médecin, est accusé par Mediapart d'avoir « travaillé en cachette pour des laboratoires pharmaceutiques »quand il était inspecteur général des affaires sociales. Selon le site d'information, Aquilino Morelle a touché 12 500 euros d'un laboratoire danois, Lundbeck, en 2007 alors qu'il était à l'IGAS.

  • La Haute Autorité pour la transparence ouvre une enquête

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a annoncé qu'elle avait désigné un rapporteur pour étudier les déclarations de patrimoine et d'intérêts d'Aquilino Morelle. L'institution, créée par les lois d'octobre 2013 relatives à la transparence de la vie publique, ne pourra toutefois pas examiner les faits antérieurs à 2009, la loi ne prévoyant que les déclarations ne portent que sur les cinq dernières années.

  • Morelle n'avait pas demandé d'autorisation à l'IGAS…

Vendredi matin, l'IGAS a indiqué que le conseiller élyséen n'avait pas demandé d'autorisation avant de prodiguer ses conseils aux laboratoires pharmaceutiques. « Il n'y a pas eu de demande d'autorisation portant sur les activités d'expertise ou bien de consultation au bénéfice de l'industrie pharmaceutique dans les années récentes », a expliqué l'IGAS dans un courriel reçu par Le Monde. Et de préciser : « Dans le cas particulier des activités extérieures de M. Aquilino Morelle, le service n'a retrouvé dans les archives que les autorisations portant sur une activité d'enseignement à l'université Paris-I. »

  • … mais assure avoir « respecté toutes les règles »

Réagissant aux attaques de Mediapart, Aquilino Morelle s'était défendu, jeudi sur sa page Facebook, de tout conflit d'intérêts. Rappelant qu'il est « docteur enmédecine, ancien interne des Hôpitaux de Paris et ancien élève de l'ENA », mais aussi « inspecteur général des affaires sociales », Aquilino Morelle assurait avoir« respecté toutes les règles et toutes les procédures, en particulier le passage devant la commission de déontologie » de la fonction publique d'Etat.

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Par Gri-Gri International dr - Publié dans : Gos et Gars du moment - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 18 avril 2014 5 18 /04 /Avr /2014 03:00

Parc-Jerome-Reijasse.jpg  

Jérôme Reijasse avait dit qu'il ne s'abonnerait plus au Parc des Princes maintenant que les ultras y étaient bannis...

 

-     Un flic vient de me dire que c'étaient des hooligans anglais qui venaient de se taper avec des hooligans parisiens. Il y a eu de la casse d'après lui...

-     Tu vois, c'est ça le problème avec le football. C'est toujours la même chose. Des gros crétins qui se croient tout permis.

-     Bon, faut que j'y retourne. Je suis en plein inventaire. On s'appelle pour ce week-end...

 

 L'homme écrase sa cigarette avec précipitation et se jette dans l'escalator pour rejoindre la Fnac des Halles, son petit gilet de petit commerçant bientôt au chômage dissimulant mal ses bourrelets d'homme gavé de culture. Je regarde maintenant son interlocuteur, qui allume une deuxième cigarette, le regard presque inquiet, alors que les gyrophares policiers déchirent l'après-midi consumériste en pays Hidalgo. J'ai un peu honte mais je m'ordonne intérieurement de le dévisager jusqu'à ce qu'il réagisse. Qu'il accepte la confrontation. Il sait que je suis là et préfère jouer la carte de l'apnée, quitte à imploser. Je me lance, l'heure défilant et le Parc m'attendant pour un PSG-Chelsea en Ligue des Champions.

 

-     J'ai entendu votre conversation sur le football à l'instant. C'était quand même plutôt couillon, non ?

-     Parce que vous validez tout ce bordel ? Que des gens cassent, frappent, effrayent comme ça, pour rien, vous trouvez ça normal ?

-     Je ne dis pas ça. Je pense simplement que cette ambiance électrique m'avait manqué. Tellement manqué.

-     Je ne comprends pas.

-     Et vous ne comprendrez jamais. Bonne fin de journée Monsieur.

      

 

 Il ne répond pas et je laisse mon dos lui faire un dernier salut muet. Je rejoins la station de métro Étienne Marcel. Là, au minimum 200 hooligans anglais qui chantent, boivent, menacent des yeux, rient, hurlent. Les Parisiens écarquillent, la peur est ici réactivée, c'est indéniable. Des sauvages étrangers, fiers et inébranlables défilent, la tête haute, le sang chargé, le torse bombé. Et les Français soumis, faibles, lâches, corrompus, perdus, constatent et ne bronchent pas. La peur, oui. J'entends, à une terrasse de café, située à quelques mètres des marches du métro, des jeunes qui ont la rage et qui multiplient les menaces à l'encontre des Britanniques mais en mode sourdine. Il y en a même un qui ferme son blouson, le froid printanier peut-être, ou alors la crainte que les couleurs de son club de coeur, le PSG, n'attirent trop l'attention des citoyens de sa Majesté. Impasse Jean Moulin.

 Je décide de récupérer la ligne 9 pour foncer à Porte de Saint Cloud. Je sais que mon petit voyage se fera en compagnie de ces hordes anglophones. L'idée me ravit. Elle me transporte. L'agent RATP n'avait peut-être jamais vu ça : des centaines de crânes plus ou moins rasés, des jeunes très jeunes comme des cinquantenaires très musclés sautent par dessus les portiques, bière en main, sans renverser la moindre goutte. Ça braille, ça chambre, ça ricane, ça colle des stickers pro Chelsea un peu partout, c'est très bon enfant et visuellement irréprochable. Une soudaine nostalgie m'envahit véritablement. Je dois m'asseoir. Un vertige de l'avant, qui m'interdit d'aller plus loin. Quelques secondes sépia qui me marquent au fer rouge. Là, en quelques secondes, je me rappelle que l'excès dans les stades a toujours été plus beau, plus bandant, plus romantique que toute tentative de normalisation, de pacification. Je deviens jaloux de ces hommes qui honorent la bêtise et la fraternité, qui engrangent des souvenirs indestructibles pendant que moi, je me contente d'être le témoin d'un monde qui me dégoûte, me pousse à l'isolement, chaque jour un peu plus. Nous ne partagerons plus rien. Mes amis sont morts, ont vieilli, ont validé ma médiocrité. Ils ne sont plus que des ombres lointaines, des fantômes de passage. Là, dans un wagon bondé, je regarde la vie dans toute sa force. Sa beauté, oui. Ils vivent, ils échangent, ils communient. J'aperçois des Anglais qui mettent des petites gifles à des supporteurs parisiens incrédules (des supporteurs récents, avec des maillots du Qatar, sans berceau ni rien). Pas méchant. Un jeu de récréation, comme remonté des Enfers de l'enfance. J'écoute surtout leurs conversations, elles débordent de passion, elles se projettent, elles brûlent, elles irradient. À mes côtés, un jeune homme blond, à l'imperméable très mods et à l'accent impossible. Il me fixe et déclenche une discussion.

 

-     Tu es parisien ?

-     Oui, je supporte le PSG. Enfin, je supportais parce que maintenant...

-     Ca fait combien de temps que tu vas au stade ?

-     Presque vingt ans. Mais ce n'est plus comme avant...

-     Ouais, je sais. Ils ont viré les hooligans et les ultras des tribunes.

-     Oui, c'est ça, vous me semblez bien renseigné...

-     Faudrait gazer tous les riches, toutes ces salopes qui nous empêchent d'être libres...

-     Gazer (j'ai peur de ne pas avoir compris, son accent étant vraiment impossible)?

-     Ouais, gazer, exterminer quoi, éradiquer tous ces connards qui font ce qu'ils veulent parce qu'ils ont tout le pognon.

-     C'est trop tard. Vraiment trop tard. La passion est baisée. J'ai écrit un livre là-dessus.

-     Ah bon ? Il est trouvable en anglais ?

-     Bien sûr que non.

-     Tu connais John King ?

-     Évidemment. J'ai lu tous ses livres. C'est un très bon écrivain.

-     Ouais, ouais.

 

 Il se retourne vers un pote, debout, sorte de géant rouquin juste effrayant, et lui dit que je connais King. L'autre me regarde, me tend la main et me dit: “Pas mal pour un connard de Français.” Je souris.

 

-     Ce soir, tu penses quoi ?

-     Que vous avez l'expérience et nous le recrutement qu'il faut.

-     Hazard à lui tout seul va vous enfoncer.

-     Peut-être. Peut-être. Ce que je sais, ce que quoi qu'il arrive, vous gagnerez. Même si le tableau de score affirme le contraire. Parce que vous êtes vivants, vous êtes ensemble, vous avez une histoire et un avenir.

 

 Il se met à rire, franchement. Il passe une main dans ses cheveux et se lève.

 

-     Bonne soirée mec. Bon match.

 

 Les portes s'ouvrent et il fonce vers les escaliers avec tous ses amis. Des policiers hexagonaux noircissent les couloirs. Dehors, personne ne provoque personne. Chelsea se contente de chanter et de terminer ses bières. Juste avant les entrées du Parc, quelques racailles cherchent pourtant l'affrontement mais, j'en suis intimement persuadé, sont ravies que des CRS les en empêchent. La bagarre aurait tourné court. Les Anglais dansaient et baisaient pendant qu'Hitler leur balançait des V2. Alors, une dizaine de crétins à capuches, pfff...

 Et malgré le chef d'oeuvre du grand Pastore, malgré une victoire prometteuse, je ne pus m'empêcher, en rentrant à Montreuil, de verser une larme, à l'intérieur. Nous avons tout perdu et pour toujours. Nous marchons seuls.

Photo - dr   Texte - Jérôme Reijasse

PS : retrouvez les précédents épisodes de 7 Jours loin du monde ICI.

Bonus : les aventures de Jérôme Reijasse en vidéo

 

Par Gri-Gri International Jérôme Reijasse - Publié dans : Jérôme Reijasse 7 jours loin du monde - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 18 avril 2014 5 18 /04 /Avr /2014 02:00
   
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Par Gri-Gri International - Publié dans : Interdit aux batards Sear / Get Busy - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 18 avril 2014 5 18 /04 /Avr /2014 01:00
La

Abidjan - Le Conseil national de la presse (CNP), l’organe officiel de régulation du secteur de la presse écrite en Côte d’Ivoire a suspendu, lundi, 5 journaux (4 quotidiens et un hebdomadaire) pour de « graves manquements intervenus en violation » de la loi portant régime juridique de la presse, pour certains mais « surtout en raison de la récidive pour d’autres », a appris APA, de sources officielles, dans la capitale économique ivoirienne.
C'est un communiqué du CNP transmis à APA qui annonce la suspension des quotidiens « Aujourd'hui, Soir Info, Le Quotidien d'Abidjan et Le Temps » ainsi que l'hebdomadaire « Bôlkotch », édités, respectivement, par les entreprises de presse « Les Editions Aujourd'hui SUARL, Olympe, Aymar Group, Cyclone SARL et La Refondation SA ».
Le CNP reproche aux quotidiens Aujourd'hui, Le Quotidien d'Abidjan et Le Temps « l'usage abusif du terme dictateur pour qualifier le Chef de l'Etat ». Ce qui constitue, selon l'organe de régulation, une « offense » à son encontre.
Quant à l'hebdomadaire Bôlkotch , le CNP a relevé que l'une « des caricatures désignant le Président de la République sous le vocable de + Magellan+, le présente avec les traits du visage, exagérément, déformés ». 
S'agissant de Soir Info, le collège des conseillers du CNP a épinglé la Une de sa publication du 6 avril 2014, « non opportune et non nuancée qui a pris le contre-pied du communiqué du gouvernement interdisant la consommation de la viande de brousse dans le cadre de la prévention contre la fièvre d'Ebola ».
Ce journal avait donné la parole à un « Expert congolais », Pr Muyembé qui conseillait plutôt de « ne pas cesser de manger la viande de brousse ».
Pour tous ces motifs, les quotidiens Aujourd'hui, Le Quotidien d'Abidjan et Le Temps écopent, chacun, d'une « suspension de 12 parutions ».L'hebdomadaireBôlkotch prend 4 parutions de suspension et Soir Info 3 parutions.
Les quotidiens Aujourd'hui, Le Temps et Le Quotidien d'Abidjan ainsi que Bôlkotch sont proches du Front populaire ivoirien (FPI, ex-parti au pouvoir). Quant à Soir Info, il est indépendant.

Photo - dr    Texte - HS/ls/APA
Par Gri-Gri International dr - Publié dans : Côte d'Ivoire - Élections 2010 - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 18 avril 2014 5 18 /04 /Avr /2014 00:00

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