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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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  • : Né au Gabon en 2001, le Gri-Gri International, sur papier, sur le web ou en livres, a pour fonction d'empêcher de dormir les rois nègres, les ministres excessivement coopérants, les experts véreux, les vedettes en bois, les journalistes stipendiés, les marabouts escrocs...
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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 13:30
Faut-il soutenir #BokoHaram ? / par Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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En marge du sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba en Éthiopie ce weekend, les chef d’Etats membre se sont fait le luxe de s’engager une fois encore de plus (depuis l’événement du Mali) dans la [prestigieuse] lutte contre le terrorisme.
Si les politiques occidentales ont depuis l’événement du 11 septembre 2001 su utiliser la terreur comme moyen de pression ou de contrôle d’une opinion sceptique, défavorable ou incrédule, il s’avère qu’en Afrique, la donne est tout à fait autre.

Comment des armées (milice), majoritairement conçues pour préserver et protéger des régimes politiques illégitimes contre leurs peuples, peuvent-elles défendre ces peuples contre l’agression d’une secte qui se prévaut de la même moralité que les régimes en place? Crie un opposant tchadien en exile.

Comment des Etats où la corruption d’Etat, la gabegie et l’obscurantisme prospère depuis de longues années, des Etats qui ont régulièrement et impunément tué des centaines, voire des milliers de leurs propres concitoyens, des Etats qui ont abandonné des pans entiers de leurs territoires aux pillards et injustices peuvent-ils avoir la confiance des populations quand ils s’engagent dans la lutte contre le terrorisme? Se demande un immigré en Europe?

Lorsque les moyens exceptionnels des armées d’une république sont mis au service de la sécurité exclusive du régime et du Chef de l’Etat, comment croire que ces forces exceptionnellement consacrées à la répression des oppositions civiles soient en mesure de faire face à une adversité proprement militaire? S’interroge un prisonnier politique tchadien.

N’est-ce pas, à titre d’exemple, ce qui explique que l’armée tchadienne, que les populations camerounaises ne connaissent pas, soit applaudie et accueillie chaleureusement par des Camerounais alors que l’armée camerounaise est regardée avec tiédeur et méfiance par les mêmes? On peut faire l’hypothèse que dans certaines parties du Tchad, des militaires camerounais seraient, de même, mieux accueillis que des militaires tchadiens. Comme on peut aussi faire l’hypothèse que des militaires tchadiens seront mieux accueillis au nord-est du Nigéria que des militaires nigérians. Et ainsi de suite. S’interpelle une victime.

Comment des chefs d’Etats africains se font applaudis par l’ONU dans la guerre contre le terrorisme religieux et condamne l’activisme des islamistes terroristes? Se pose un djihadiste.

L’obscurantisme politique ne saurait vaincre l’obscurantisme religieux. On va de Charybde en Scylla. Quelle différence entre le terrorisme d’Etat et le terrorisme religieux?

Si l’ignorance ancré et l’inculture aggravé des tchadiens; leur font suivre aveuglement la politique à vue d’un président en manque d’exclusivité et de repère est loin d’avoir définitivement rassemblé tous les Tchadiens autour des actions militaires de Déby notamment entre le Nord et le Sud.

La lutte contre le terrorisme requiert pourtant un Etat bien intégré, une intimité morale entre les forces de défense et les populations civiles, des services de renseignement modernes et efficaces dédiés à la sécurité de l’Etat et non à la répression des opposants politiques légitimes, des moyens matériels et financiers appropriés, un cadre législatif et judiciaire exempt de toute manipulation politicienne.

Le nègre ne comprend pas. Et quand il aurait réalisé, c’est trop tard…

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, Analyste indépenda
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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 13:00
#Reconversion / DSK englué dans ses affaires d'hôtels, Nafissatou Diallo ouvre un restaurant

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Tandis qu'à Lille s'ouvre ce 2 février le copieux procès de l'affaire du Carlton de Lille, dans lequel Dominique Strauss-Kahn et treize autres personnes sont accusées d'avoir été au coeur d'un réseau de prostitution, Nafissatou Diallo, celle qui avait accusé DSK de viol à New York, a changé de vie. La femme de chambre du Sofitel a signé il y a deux ans un accord financier avec l'ancien directeur général du FMI. Le montant est secret, bien sûr, mais on l'évalue à plusieurs millions. Des millions avec lesquels Nafissatou Diallo vient d'ouvrir un restaurant.

Si on ne sait pas combien a payé DSK pour éviter un procès au civil, on est certain que la somme est coquette. Nafissatou Diallo avait quitté New York après l'affaire, elle est de retour selon une information de RTL et vient d'y ouvrir un restaurant de cuisine américaine et ouest-africaine. Selon Douglas Wigdor, son ancien avocat qui la contacte de temps en temps : "Elle et sa fille vont bien. Elles essayent de vivre leur vie comme deux New-Yorkaises. Elle a peut-être plus d'argent qu'elle n'en a jamais eu, mais je sais de façon certaine qu'elle aurait préféré rester une femme de chambre dans cet hôtel et que rien de tout ça ne soit arrivé car elle était heureuse."

Depuis le classement de l'affaire, Dominique Strauss-Kahn a lui aussi changé de vie. Exit la politique et ses ambitions présidentielles, il compte sur ses connaissances, reconnues mondialement, en matière d'économie pour rebondir. Malheureusement, l'ex-époux d'Anne Sinclair a rencontré de nouvelles difficultés notamment au sein de LSK, société de conseil créée avec Thierry Leyne dont le récent suicide a mis à jour la mauvaise gestion. On parle de 30 millions de pertes.

Pour l'heure, Dominique Strauss-Kahn est attendu au tribunal correctionnel de Lille où s'ouvre le procès de l'affaire du Carlton. L'homme d'affaires est poursuivi pour proxénétisme aggravé en réunion. Il risque jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 1,5 million d'euros d'amende. Le procès doit durer trois semaines.

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 17:17
#ShoahTraiteEsclavage : Hollande joue la concurrence victimaire / Lettre au Président, par Joelle Ursull

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Vous avez osé, Mr Hollande, en 2015 au vu et au su de tous, insulter par omission des peuples, oui des peuples entiers. Lors de la commémoration du 70ème anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz, vous avez affirmé que : « LA SHOAH EST LE PLUS GRAND CRIME, LE PLUS GRAND GENOCIDE, JAMAIS COMMIS ». Alors Mr le président je suis furieuse d’une telle déclaration. Car ou vous êtes inculte ou vous faites semblant de l’être…

C’est ce genre de hiérarchisation des horreurs de l’humanité qui engendrent d’autres discriminations, toutes aussi pernicieuses. Voilà pourquoi de nos jours en France, si vous marchez sur le pied d’un juif, c’est une agression antisémite. Mais le tort fait aux autres (Noirs, Maghrébins etc.) c’est juste du racisme ordinaire.

C’est à s’y perdre, Mr le président.

Alors comment expliquer le fait que lorsque vos compatriotes noirs, arabes ou asiatiques sont agressés par des activistes d’extrême droite, il ne se trouve aucun homme politique pour le dénoncer autant que s’il s’agissait d’un acte antisémite ?

Et dans le dernier malheur ayant touché notre pays et fait 17 victimes, dont 4 juifs, l’attention du grand public n’est presque attirée que sur ces 4 victimes. Rendre hommage à la mémoire de ces victimes et compatir à la douleur de leurs familles est un devoir noble qui nous incombe tous.

Mais n’est-ce-pas excessif et discriminatoire de vouloir inscrire l’histoire de la Shoah à l’école, en oubliant les autres histoires comme celle de vos compatriotes descendants de millions de déportés africains ?

Mon but ici n’étant pas de chercher à communautariser ni l’Histoire ni les Mémoires, ce qui serait la porte ouverte à une hiérarchisation victimaire. Car il n’y a pas de degrés dans l’horreur, ni de monopole de la souffrance. Aussi, comme l’histoire nous l’enseigne, la Shoah et ses 6 millions d’innocents immolés est une de ces taches indélébiles et inoubliables dans l’histoire de l’humanité. Mais force est de reconnaître aussi, que la dimension prise par la traite et l’esclavage dont ont été victimes les peuples noirs, dépasse en nombre de morts, en traitement des victimes déportées, en durée et en horreurs, tout ce qui l’avait précédée ou suivie.

La traite négrière, invention du monde arabo-musulman, aura concerné près de 17 millions d’individus. Quant au commerce triangulaire – dans lequel la France a une très grande responsabilité -, les historiens admettent qu’environ 11 millions d’Africains furent déportés dans le Nouveau Monde.

Soit pour l’ensemble de ces déportations, 28 millions de malheureux arrachés à leurs terres, pour subir les traitements les plus inhumains. Et que pour un captif, 3 à 4 autres furent décimés, du fait des guerres, des incendies de villages, de greniers et des épidémies résultant de ces horreurs. Les statistiques sur le nombre des morts (environ 80 millions), donnent le vertige.
Cette entreprise gigantesque, qui aurait pu conduire à la disparition totale des peuples noirs sur le continent africain, ne saurait être comparée à aucune autre dans l’histoire. Et aujourd’hui vos compatriotes descendants de ces horreurs, ont appris à panser leurs blessures dignement et en silence. Ils avancent sans courber le dos, la tête haute malgré tout ! Votre phrase est donc une offense pour tous ces peuples, une offense pour tous ces Noirs français et qui ont voté pour vous, moi la première (et je m’en mords les doigts)…

Quant à Mme Christiane TAUBIRA, à quoi sert votre loi sur la traite négrière ? Votre silence me glace le sang !

Votre collègue ministre de l’Outre-mer G. Pau-Langevin est aussi muette que vous, encore plus muets sont nos présidents de régions et nos députés ultra-marins, c’est triste…

Mr le président François HOLLANDE nous exigeons des excuses. Veuillez prendre connaissance du manifeste du « Collectif des Nègres Insoumis », pour vous rappeler certaines réalités de l’Histoire et rendez-vous aux prochaines élections !!!
.

JOELLE URSULL
Artiste guadeloupéenne et….. Française (uniquement sur papier sans doute) descendante d’esclaves africains et fière de
l’être.

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 14:16
Jean Genet aux USA près du Black Panther Party
Jean Genet aux USA près du Black Panther Party

En septembre 1977, prenant la défense des terroristes d'ultra gauche allemands de la Fraction armée rouge (R.A.F), après les Algériens du FLN (à la demande de Jacques Vergès) et les Noirs américains du Black Panther Party et Angela Davis, l'écrivain Jean Genet publie dans le quotidien de référence devenu de révérence Le Monde une tribune restée fameuse (reprise dans le volume d'écrits politiques de Genet publié chez Gallimard, L'ennemi déclaré). Opposant la violence terroriste à la brutalité du système, Genet développe un argumentaire qui, non seulement ne serait pas publié aujourd'hui par Le Monde (qui diffuse, on l'a vu en Côte d'Ivoire, en Libye et en Syrie, exactement ce que les autorités françaises lui demandent), mais lui vaudrait plaintes, procès et condamnations. Sous le gouvernement du Sarkozy à la catalane Valls, l'apologie du terrorisme valant le terrorisme. Relisons Genet sur le terrorisme (et tout le reste) avant que le grand Inquisiteur bonzaï Valls, ce vulgaire Mandchourian premier ministre, cet ancien pro-Palestiniens devenu "éternellement lié à Israël" (Quand même !), ne le mette à l'index, nie et révise l'histoire de la littérature en vue de l'en effacer.

Les journalistes jettent à la volée des mots qui en mettent plein la vue sans trop se préoccuper de la lente germination de ces mots dans les consciences.

Violence - et son complément indispensable: non-violence, sont un exemple. Si nous réfléchissons à n'importe quel phénomène vital, selon même sa plus étroite signification qui est: biologique, nous comprenons que violence et vie sont à peu près synonymes.

Le grain de blé qui germe et fend la terre gelée, le bec du poussin qui brise la coquille de l'oeuf, la fécondation de la femme, la naissance d'un enfant relèvent d'accusation de violence. Et personne ne met en cause l'enfant, la femme, le poussin, le bourgeon, le grain de blé ".

Le procès qui est fait à la " RAF " (Rote Armee Fraktion), le procès de sa violence est bien réel, mais l'Allemagne fédérale et, avec elle, toute l'Europe et l'Amérique veulent se duper. Plus ou moins obscurément, tout le monde sait que ces deux mots: procès et violence, en cachent un troisième: la brutalité.

La brutalité du système.

Et le procès fait à la violence c'est cela même qui est la brutalité. Et plus la brutalité sera grande, plus le procès infamant, plus la violence devient impérieuse et nécessaire. Plus la brutalité est cassante, plus la violence qui est vie sera exigeante jusqu'à l'héroïsme.

Voici une phrase d'Andreas: " La violence est un potentiel économique ".

Quand la violence est définie ou décrite comme plus haut, il faut dire ce qu'est la brutalité, il ne s'agit pas de remplacer un mot par un autre en laissant à la phrase sa fonction accusatrice à l'égard des hommes qui emploient la violence.

Il s'agit plutôt de rectifier un jugement quotidien et de ne pas permettre au pouvoir de disposer à leur gré, pour leur confort, du vocabulaire, comme ils l'ont fait, le font encore avec le mot brutalité qu'ils remplacent, ici, en France, par " bavures " ou " incidents de parcours ".

Comme les exemples de violence nécessaire sont incalculables, les faits de brutalité le sont aussi puisque la brutalité vient toujours s'opposer à la violence.

Je veux dire encore à une dynamique ininterrompue qui est la vie même.

La brutalité prend donc les formes les plus inattendues, pas décelables immédiatement comme brutalité: l'architecture des HLM, la bureaucratie, le remplacement du mot -propre ou connu- par le chiffre, la priorité, dans la circulation, donnée à la vitesse sur la lenteur des piétons, l'autorité de la machine sur l'homme qui la sert, la codification des lois prévalant sur la coutume, la progression numérique des peines, l'usage du secret empêchant une connaissance d'intérêt général, l'inutilité de la gifle dans les commissariats, le tutoiement policier envers qui a la peau brune, la courbette obséquieuse devant le pourboire et l'ironie ou la grossièreté s'il n'y a pas de pourboire, la marche au pas de l'oie, le bombardement d'Haïphong , la Rolls-Royce de quarante millions...

Bien sûr, aucune énumération ne saurait épuiser les faits, qui sont comme les avatars multiples par lesquels la brutalité s'impose.

Et toute la violence spontanée de la vie continuée par la violence des révolutionnaires sera tout juste suffisante pour faire échec à la brutalité organisée.

Nous devons à Andreas Baader, à Ulrike Meinhof, à Holger Meins, à Gudrun Ennslin et Jan-Carl Raspe, à la " RAF " en général de nous avoir fait comprendre, non seulement par des mots mais par leurs actions, hors de prison et dans les prisons, que la violence seule peut achever la brutalité des hommes.

Une remarque ici: la brutalité d'une irruption volcanique, celle d'une tempête, ou plus quotidienne celle d'un animal, n'appellent aucun jugement.

La violence d'un bourgeon qui éclate - contre toute attente et contre toute difficulté - nous émeut toujours.

Evidemment une chance est possible: que la brutalité, par son excès même, se détruise, ou plutôt, non qu'elle change de fin - par définition elle n'en a pas - mais en arrive à s'effacer, à s'anéantir à long terme, devant la violence. La colonisation du 1/3 monde ne fut qu'une série de brutalités, très nombreuses et très longues, sans autre but que celui, plutôt atrophié, de servir la stratégie des pays colonialistes et l'enrichissement des sociétés d'investissement aux colonies.

Il en résulta donc une misère, un désespoir qui ne pouvaient que nourrir une violence libératrice.

Mais jamais dans ce que nous connaissons d'eux, les membres de la " RAF " ne laissent leur violence devenir brutalité pure, car ils savent qu'ils seraient immédiatement métamorphosés en cet ennemi qu'ils combattent.

Dans cette correspondance, dans les dépositions, une préoccupation est particulièrement remarquable: sans se soucier des anecdotes sur le Kremlin, des vaticinations de De Gaulle sur certain dîner de Staline ou d'autres détails rapportés par les kremlinologues et qui ont autant de signification que les écarts sentimentaux de la reine d'Angleterre, la " RAF " s'attache à démontrer que, de Lénine jusqu'à maintenant, la politique soviétique ne s'est jamais écartée du soutien aux peuples du 1/3 monde.

Qu'on l'explique comme on voudra, cette politique n'est jamais en défaut.

Elle peut se trouver, et se trouve souvent, embarrassée par la complexité toujours vive des rapports féodaux, tribaux, à laquelle ajoutent les intérêts, les manoeuvres contradictoires des anciennes puissances coloniales et ceux de l'Amérique, mais depuis 1917 et malgré ce que nous disent les commentateurs occidentaux, malgré ce que serait sa politique intérieure, l'Union soviétique, soit par des accords de gouvernement à gouvernement, soit par ses votes à l'O.N.U. et dans les organismes internationaux, a pris toujours le parti du plus faible, du plus démuni.

Cela, beaucoup de personnes le savent, c'est certain.

En Europe - et par Europe il faut entendre aussi le monde européen d'Amérique - et surtout en Allemagne de l'Ouest, dans cet univers tellement anti-soviétique, la " RAF " rétablit une évidence politique, occultée en Europe.
Est-ce pour cela que la Fraction Armée Rouge est si peu - malgré le retentissement de ses arguments politiques, étouffés il est vrai par une action violente nommée ici "terrorisme " (parenthèse: un mot encore, celui de "terrorisme " qui devrait être appliqué autant et davantage aux brutalités d'une société bourgeoise) - est si peu, disons-nous, acceptée par certains gauchismes?

Il y a peut-être encore d'autres raisons: c'est que la Fraction Armée Rouge paraît être le contraire de ce que fut Mai 1968, et son prolongement. Surtout son prolongement.

Dès le début, la révolte étudiante - mais non les grèves dans les usines - se donne une allure frondeuse qui se traduit en escarmouches où les adversaires, polices et manifestants, cherchent, avec plus ou moins d'élégance, à éviter l'irréparable.

Les jeux nocturnes des rues relèvent plus de la dans que du combat. Les manifestations sont verbeuses, ouvertes même à la police et aux provocateurs de droite.

Quant aux prolongements de ce mois de mai, nous les apercevons comme une sorte de dentelle angélique, spiritualiste, humaniste.

La " RAF " s'est organisée avec à la fois une dureté de bouchon bien vissé, avec une étanchéité des structures, avec une action violente qui ne cesse ni en prison ni hors d'elle, et conduit, avec précision, chacun de ses membres aux limites de la mort, aux app-roches de la mort soufferte en s'opposant encore violemment aux brutalités judiciaires et carcérales, et jusqu'à la mort elle-même.

L'héroïsme n'est pas à la portée de n'importe quel militant. On peut donc penser que les gauchistes désinvoltes, épinglés par Ulrike... " le radicalisme seulement verbal "... sont apeurés devant une détermination aussi conséquente.
Dans cette longue correspondance et ces déclarations, on ne trouvera pas le mot de Goulag.

Ce que l'URSS a fait, ce qu'elle aurait fait de négatif - sans être escamoté - cède à ce qu'elle a fait, qu'elle fait de positif.

Chaque membre de la " RAF " accepte, revendique, exige d'être, et entièrement, jusqu'à la torture et jusqu'à la mort, l'une des îles de cet archipel du Goulag occidental.

Toute la " déclaration d'Ulrike pour la libération d'Andreas au procès de Berlin-Moabit " dit très bien, d'une façon explicité, que c'est la brutalité même de la société allemande qui a rendu nécessaire la violence de la " RAF ".

On le comprend à la lecture de cette déclaration, et particulièrement du passage commençant par: " La guérilla, et pas seulement ici, car il n'en pas été autrement au Brésil... on est un groupe de camarades qui a décidé d'agir, de quitter l'état léthargique, le radicalisme seulement verbal, les discussions de plus en plus vaines sur la stratégie, nous avons décidé de lutter... ".

L'Allemagne est devenue ce qu'en attendaient les gouvernements des Etats-Unis: leur extrême glacis à l'Est, et le plus offensif.

A cette brutalité se perpétuant elle-même selon sa logique devenue folle, interdisant ou laminant un parti communiste presque hors-la-loi , la " RAF " ne pouvait opposer que la violence héroïque.

Admettons un court instant que la correspondance d'Andreas, d'Ulrike et de ses camarades se nourrit, se fortifie d'exigences de plus en plus inaccessibles, de plus en plus "inhumaines ", il faut alors se demander qui est la cause: cette Allemagne inhumaine voulue par l'Amérique.

Et demandons-nous si l'aggravation n'est pas obtenue par la prison, l'isolement, les systèmes d'écoute - à les lire, on a l'impression que les prisonniers sont à l'intérieur d'une énorme oreille - , les systèmes d'observation, le silence, la lumière; et si l'aggravation n'était pas voulue - par Buback et le système - afin que les prisonniers nous apparaissent monstrueux, que leurs écrits nous éloignent d'eux, que leur mort, lente ou brutale, nous laisse indifférents; afin que nous ne sachions plus qu'il s'agit d'hommes que d'autres torturent mais d'un monstre qu'on a capturé.

Si c'était le but, de Buback et du système, ils ont perdu: Holger nous donne à voir le portrait terrifiant de celui qui s'oppose à la brute capitaliste, Ulrike, Andreas, Gudrun et Jan-Carl tout au long de leur correspondance ou de leurs débats, ont réussi à nous convaincre, et à nous émouvoir.

Voici une citation d'Ulrike: " Les flics essaient, par leur tactique de la guerre psychologique de retourner les faits que l'action de la guérilla avait remis sur leurs pieds.

A savoir que ce n'est pas le peuple qui dépend de l'Etat mais l'Etat qui dépend du peuple; que ce n'est pas le peuple qui a besoin des sociétés par actions des multinationales et de leurs usines, mais que ce sont ces salauds de capitalistes qui ont besoin du peuple; que la police n'a pas pour but de protéger le peuple des criminels, mais de protéger l'ordre des exploiteurs impérialistes du peuple; que le peuple n'a pas besoin de la justice, mais la justice du peuple; que nous n'avons pas besoin ici de la présence des troupes et des installations américaines, mais que c'est l'impérialisme US qui a besoin de nous.

Par la personnalisation et la psychologisation, ils projettent sur nous ce que eux sont: les cliches de l'anthropologie du capitalisme, la réalité de ses masques, de ses juges, de ses procureurs, de ses matons, de ses fascistes: un salaud qui se complaît dans son aliénation, qui ne vit qu'en torturant, opprimant, exploitant les autres, dont la base d'existence est la carrière, l'avancement, jouer des coudes, profiter des autres; qui se réjouit de l'exploitation, de la faim, de la misère, et du dénuement de quelques milliards d'êtres humains dans le 1/3 monde et ici ".

Je souligne cette phrase car elle révèle que la misère du 1/3 monde - misère physique, morale, intellectuelle - est constamment présente en eux, que cette misère la " RAF " la vit dans sont esprit et dans son corps.

Quand ils dénoncent les brutalités des Etats-Unis et de son agent privilégié, l'Allemagne fédérale, c'est de cette Allemagne asservie qu'ils se préoccupent mais c'est au même moment, dans le même mouvement qu'ils se préoccupent de toute la misère du monde.

Et quand ils écrivent cela, les membres de la " RAF " ne prouvent pas seulement la générosité et la tendresse voilée de tout révolutionnaire, ils disent encore une sensibilité très délicate à l'égard de ce qu'ici, en Europe, nous continuons à nommer le rebut.

Si l'analyse de Marx est juste: " Le progrès révolutionnaire se fraie son chemin quand il provoque une contre-révolu-tion puissante, qui se ferme sur elle-même, en engendrant son adversaire qui ne pourra ame-ner le parti de l'insurrection dans sa lutte contre lui qu'à évoluer vers un véritable parti révolutionnaire... ", alors nous devons recon-naître que la "RAF ", au prix de sacrifices cette fois surhumains, décide de "frayer " le chemin, avec tout ce que cela implique de solitude, d'incompréhension, de violence intérieure.

Ils sont dans cette situation dangereuse, attentifs à en refuser l'orgueil, sachant que leur pensée doit être débarrassée de toutes scories imbéciles afin d'être de plus en plus aiguë par une analyse toujours plus fine.

Et attentifs aux méthodes de lutte du système contre eux.

Au procès du 26 août 1975, Andreas déclare sèchement: "L'Etat se bat ici avec tous les moyens dont il dispose - c'est ce que [le chancelier] Schmidt a suffisamment répété, qu'il s'agissait de mettre en oeuvre tous les moyens - et ce sont justement tous les moyens organisés de la répression, du mensonge, de la manipulation, de la technique - il y va de l'image d'omnipotence impériale qu'il se donne de lui-même contre la tendance historique consciemment articulée de notre politique, dans l'insurrection, c'est là qu'elle apparaît en antagonisme avec la société et dont illégitime ".

En lisant certaines déclarations au tribunal, nous comprendrons ce qu'il leur faut de franchise et de finesse afin de laisser dans le gris les structures de l'Organisation, de dire, par le moyen de magnétophones installés par le tribunal, de dire clairement, expressément ce qu'ils ont voulu faire, de dire la situation de l'Allemagne (celle de[s chanceliers] Brandt et Schmidt), une Allemagne imposée par l'Amérique et dont la bourgeoisie, enorgueillie par les exploits du deutsche Mark, se croit tenue pour quitte du nazisme grâce à son anticommunisme.

Il est du reste évident que l'opposition de l'Allemagne fédérale à tout parti communiste ouvert est dans une grande part responsable de l'existence de la " RAF " qui prouve, de façon éclatante, que la social-démocratie est démocrate dans ses discours, inquisitoriale quand elle le veut.

Et inquisitoriale - avec tortures " propres ", " raffinées ", grâce aux techniques modernes - inquisitoriale sans remords, sans troubles.

L'Allemagne, qui a aboli la peine de mort, conduit à la mort par grèves de la faim et de la soif, isolement par la "dépréciation " du moindre bruit sauf le bruit du coeur de l'incarcéré qui, sous vide, est amené à découvrir dans son corps le bruit du sang qui bat, des poumons, enfin son bruit organique afin de savoir que sa pensée est produite par un corps.

Dire que la situation qui est faite aux membres emprisonnées de la " RAF " est criminelle, c'est ne rien dire.

Le jugement moral cesse, dans les consciences des magistrats et dans celles de la population que les moyens de presse, donc de pression, ont conduit à l'état passionné du répit absolu.

Il est à craindre que l'Allemagne ne se sente purifiée quand " tous seront morts, et morts par leur volonté de mourir ", donc " morts parce qu'ils se savent coupables ", puisque c'est la signification tranquillisante pour l'Allemagne des grèves de la faim et de la soif jusqu'à la mort.

En lisant ce livre d'Andreas et d'Ulrike, de Gudrun et de Jan-Carl, souvenons-nous que des journalistes allemands s'élèvent contre la nutrition par sonde et décrètent que le devoir du médecin est de placer la nourriture à portée des détenus: libre à eux de vivre ou de mourir.

Comme de la même façon les magistrats se tirent d'affaire en décrétant que ce sont les avocats, incapables de convaincre leurs clients, qui sont coupables du délit - ou crime? - de non-assistance à personne en danger.

Mais accuser le gouvernement allemand, l'administration allemande, la population allemande, qu'est-ce que cela signifie?

Si les USA n'étaient pas présents physiquement en Allemagne, si leur ambition n'avait pas atteint cette enflure, si l'Europe n'avait pas, clairement ou non, assigné à l'Allemagne de l'Ouest une fonction policière face à l'Est, cette aiguille qu'est la " Raf " dans la chair trop grasse de l'Allemagne serait peut-être moins aiguë et l'Allemagne moins inhumaine.

Si l'on veut, je crois voir ici un double phénomène de mépris. L'Allemagne cherche - et dans une certaine mesure réussit - à donner de la " RAF " une image terrifiante, monstrueuse. D'autre part, et par le même mouvement, le reste de l'Europe et l'Amérique, en encourageant l'intransigeance de l'Allemagne dans son activité tortionnaire contre la " RAF ", cherchent, et dans une certaine mesure réussissent, à donner de l'Allemagne " éternelle " une image terrifiante, monstrueuse.

JEAN GENET

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 21:49
Marion Suge Knight en compagnie de 2Pac
Marion Suge Knight en compagnie de 2Pac

SOURCE


Le fondateur du label Death Row Records, âgé de 49 ans, a été arrêté à 3 heures du matin (11H00 GMT) et des inspecteurs de la police criminelle l'ont arrêté pour meurtre, a indiqué à l'AFP le sergent Diane Hecht de la police de Los Angeles.

Il a été placé en détention au bureau du shérif du comté de West Hollywood avec une caution de 2 millions de dollars pour sa libération, a-t-elle précisé.

Selon elle, il s'est rendu de lui-même au bureau du shérif où il a été interrogé au sujet d'incidents qui se sont produits jeudi.

Death Row Records a régné sur le monde du rap en produisant des artistes comme Dr. Dre, Tupac Shakur ou Snoop Dogg, jusqu'à l'incarcération de Suge Knight en 1996.

A leur arrivée sur les lieux de l'accident de jeudi, les inspecteurs de la police criminelle ont appris que deux personnes se tenaient sur un parking derrière des commerces lorsqu'un pick-up rouge s'est approché, selon un communiqué de la police. Le conducteur du pick-up a eu un accrochage verbal avec ces personnes, qui a dégénéré et le conducteur a fait marche arrière, touchant l'une des victimes.

Il a ensuite avancé, touchant les deux victimes avant de quitter les lieux dans son véhicule décrit comme un Ford F-150 Raptor, a poursuivi la police, précisant que plusieurs témoins avaient identifié Marion Suge Knight comme étant le conducteur et qu'il possède un véhicule similaire.

La police de Los Angeles avait auparavant qualifié Suge Knight de témoin dans le cadre d'un accident mortel à Compton suivi d'un délit de fuite survenu jeudi peu avant 15H00 (23H00 GMT).

Elle indiquait alors qu'un homme avait été déclaré mort à son arrivée à l'hôpital tandis que l'état du second, hospitalisé pour soigner ses blessures, était inconnu.

James Blatt, l'avocat du producteur, avait indiqué dans la nuit de jeudi à vendredi que son client avait renversé deux piétons alors qu'il tentait de s'éloigner d'une rixe sur un lieu de tournage.

L'avocat a précisé au Los Angeles Times que son client avait été agressé par un groupe d'hommes qui le menaçaient de mort tandis qu'il était dans son véhicule, et qu'il avait accidentellement renversé les victimes en essayant de s'échapper craignant pour sa vie.

Un peu plus tard, selon le journal, l'avocat a indiqué que la victime était un ami proche du producteur qui essayait de mettre fin à la dispute.

Selon le site d'informations sur les célébrités TMZ, Suge Knight tournait en compagnie notamment des rappeurs Ice Cube et Dr. Dre.

Le capitaine John Corina, du bureau du shérif, a expliqué au Los Angeles Times que la dispute avait commencé sur le plateau du tournage Straight outta Compton, un documentaire consacré au groupe précurseur du rap NWA.

Suge Knight aurait, selon le capitaine, quitté le plateau et aurait suivi les deux victimes dans son véhicule jusqu'à un fast-food, sur le parking duquel l'incident s'est produit.

Depuis son incarcération en 1996, Suge Knight a eu de constants démêlés avec la justice pour différents motifs, notamment pour drogue, cambriolage et agressions.

Fin août 2014, il a reçu six balles dans une boîte de nuit lors d'une soirée organisée par Chris Brown en amont des MTV Video Music Awards et avait dû être hospitalisé.

En novembre, il avait plaidé non coupable d'avoir volé avec le comédien Micah Katt Williams l'appareil photo d'une photographe de célébrités le 5 septembre à Beverly Hills.

Placé en détention avec une caution de 500.000 dollars pour sa libération, il risque toujours dans cette affaire jusqu'à 30 ans de prison en raison d'une condamnation préalable pour agression avec une arme.


(©AFP / 30 janvier 2015 19h47)

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 11:34
#LibertédExpression / Qui défendra le dirlo de ce journal marocain ? (#CharlieHebdo)

SOURCE

Le président français figure en première page de l'hebdomadaire Al Watan Al An, affublé d'une moustache et d'une croix gammée. Le directeur de la publication «assume» et parle de «sonnette d'alarme».

Avec cette couverture, l'hebdomadaire entend dénoncer l'attitude de la France vis-à-vis des citoyens musulmans. «Le gouvernement français n'assure pas la sécurité des citoyens musulmans en France», assure Abderrahim Ariri, directeur de la publication, interrogé par Tel Quel, affirmant que «plusieurs lieux de culte musulmans sont attaqués quotidiennement sans que cela n'alerte les autorités françaises». Le patron de l'hebdomadaire considère par ailleurs que «la gauche comme la droite française sont partis dans une compétition qui va causer le plus de tort à la communauté musulmane après ces attentats», en référence aux attaques à Charlie Hebdo et celles de Montrouge et de l'Hyper Cacher de Vincennes les 7, 8 et 9 janvier.

Sa critique est alimentée par la hausse d'actes anti-musulmans en France depuis les attentats. Le 19 janvier, l'Observatoire contre l'islamophobie en dénombrait 116 depuis le premier attentat, soit une augmentation de plus de 110% sur la totalité du mois de janvier 2014.

Passible de poursuites

L'hebdomadaire Al Watan Al An n'est pas un média de référence au Maroc. «Son tirage et son impact restent limités par rapport aux autres», explique Abderrahim Ariri à Francetvinfo. Auparavant journal régional de Casablanca, il est devenu en hebdomadaire en 2006. «Il n'hésite pas à prendre position, mais il n'est pas habitué des unes à scandale», indique le directeur de la publication au site d'actualité, qui «assume» néanmoins cette couverture. «C'est une sonnette d'alarme pour la classe politique, au Maroc et en France», assure-t-il au site d'actualité, évoquant «beaucoup de témoignages» indiquant une hausse de l'islamophobie en France.

Assumée ou pas, cette couverture pourrait entraîner des poursuites. Tel Quel évoque ainsi l'article 52 du Code de la presse marocain, selon lequel «l'offense commise publiquement envers la personne des chefs d'État et leur dignité (...) sera punie d'un emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 10 000 à 100 000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement». Ce choix éditorial ne devrait pas non plus aider à l'amélioration des relations franco-marocaines, dont les tensions régulières se sont encore accentuées ces derniers jours avec l'annulation d'une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays.

PS : la titraille est de la rédaction

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 07:00
Bientôt une Cour Pénale Africaine ? / Zokou Séri réagit au Sommet de l'UA (#Africa24)

Intervention du juriste ivoirien Zokou Séri, durant le JT d'Africa 24 du 29/01/2015

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 14:56
#Montréal / Il est toujours urgent d'assister à une Causerie sur Césaire (& Glissant)

Causerie

Aimé Césaire et Édouard Glissant

Avec Lise Gauvin, Pierre Nepveu et Rodney Saint-Éloi

Jeudi 5 février 2015, 19h30

Librairie Paulines

(2653, rue Masson, Montréal)

La causerie sera ponctuée de lectures de textes avec Franz Benjamin, Jasmuel, Yara El-Ghadban…

Venez nous visiter : nos bureaux sont ouverts du lundi au vendredi, de 9h à 17h

il suffit de téléphoner (514 989-1491) avant de passer (1260, rue Bélanger, bureau 201, Montréal).

Vous trouverez les livres que vous avez toujours rêvé de lire...

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 11:00
Cynthia Akuetteh, nouvel ambassadeur US au gabon
Cynthia Akuetteh, nouvel ambassadeur US au gabon

La réponse du mouvement "Les Souverainistes" au communiqué de Mme l’Ambassadeur des États-Unis d'Amérique en République gabonaise

Le mouvement "Les Souverainistes" prend note de la déclaration du nouvel Ambassadeur des États-Unis d'Amérique au Gabon, Mme Cynthia Akuetteh, à travers laquelle elle donne l'appréciation de son gouvernement sur la situation politique dans notre pays, tout en faisant référence aux valeurs et intérêts communs à nos deux nations. "Les Souverainistes" pensent effectivement que nos deux peuples ont en partage les principes et valeurs qui fondent toute république, à savoir le respect des règles démocratiques, l’attachement aux droits et libertés fondamentaux, la promotion de la bonne gouvernance, etc.

C'est au nom de ces valeurs et principes partagés que "Les Souverainistes", comme la majorité des Gabonais, ont refusé l'arrivée au pouvoir, contre l'ordre constitutionnel, législatif et règlementaire, de M. Ali Bongo Ondimba. Le scandale du faux acte de naissance de l’intéressé, qui défraie à nouveau l'actualité, a été dénoncé en vain en 2009 devant une Cour constitutionnelle dirigée de manière partisane par la mère de ses demi-frères. L'irruption d'hommes en armes interrompant la plénière de la Commission électorale pour permettre au Ministre de l'Intérieur de proclamer des résultats inconnus de cette institution habilitée qui n'avait pas encore achevé ses travaux et le refus de la confrontation des procès verbaux remis aux représentants des candidats dans les bureaux de vote avec ceux en possession de la Cour constitutionnelle sont, entre autres, autant de faits qui attestent de l'illégalité et de l'illégitimité de M. Ali Bongo Ondimba à la tête de notre pays.

A ce propos, "Les Souverainistes" invitent Mme Cynthia Akuetteh à lire le télégramme de l’ambassadeur des Etats-Unis en France, enregistré sous le numéro 1473 et daté de novembre 2009.Dans ce câble, M. Charles Rivkin informait Mme la Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, que lors de l’élection présidentielle anticipée d’août 2009, M. Ali Bongo Ondimba avait « inversé le décompte des voix et s’était déclaré président du Gabon ». Ancien ministre de la Défense, il succédait ainsi à son père, Omar Bongo Ondimba, qui avait dirigé le Gabon pendant 42 ans, jusqu’à sa mort, en juin 2009.

Au Gabon, comme dans tout Etat de droit, le fait accompli ne constitue pas un droit. La question de l'acte de naissance de M. Ali Bongo Ondimba tient son importance dans ce que l'intéressé devait prouver qu'au moment de sa naissance il était gabonais, pour respecter les dispositions de l'article 10 de la Constitution gabonaise. C'est une exigence fondamentale qui s'impose à tous les citoyens. Il y a quelques jours, le porte-parole de la présidence de la République et M. Ali Bongo Ondimba lui-même ont reconnu que l'acte de naissance de M. Ali Bongo Ondimba n’est ni plus ni moins qu'un faux. Or, le citoyen Ali Bongo Ondimba ne saurait être au-dessus de la loi.

"Les Souverainistes" ont noté que le Président américain, Barak Obama, au cours de l'année 2011, a dû exhiber son certificat de naissance pour prouver qu'il était bien né sur le sol américain et qu'ainsi, il avait respecté la disposition constitutionnelle qui veut que seuls les citoyens américains nés sur le territoire américain peuvent prétendre à la présidence des États-Unis d'Amérique. S'il n'avait été en mesure de faire la preuve de sa naissance sur le sol américain, M. Barak Obama aurait été purement et simplement obligé de quitter aussitôt ses fonctions après plus de deux ans d'exercice effectif du pouvoir. Telle est la force de la Constitution, telle est la force de la loi, qui ont vu en son temps le Président Nixon quitter le pouvoir pour avoir menti.

Demander le respect de la loi n'est pas faire violence."Les Souverainistes" ne pensent pas que la violence soit du côté de ceux qui, à chaque fois, comptent et enterrent leurs morts. En effet, à l'occasion de manifestations pacifiques, des compatriotes trouvent la mort du fait des forces de défense et de sécurité. Le dernier cas est celui de l’étudiant Bruno Mboulou Beka, assassiné le 20 décembre 2014. Tout comme dans la semaine du 03 septembre 2009, face au refus du peuple gabonais d'accepter le coup d’Etat électoral qui a porté M. Ali Bongo Ondimba au pouvoir, une répression sauvage et violente s'est abattue contre des manifestants sans armes, causant un bilan de plusieurs dizaines de morts à Port-Gentil. Les Gabonais ont attendu en vain que les amis du Gabon s'en indignent et condamnent tout en soulignant l'impérieuse nécessité de respecter les règles démocratiques, seules gages de paix, de stabilité et de prospérité réelles. La violence, ce sont aussi les entraves à la liberté constitutionnelle d'aller et venir, les arrestations arbitraires, les écoutes téléphoniques illégales, les rétentions illégales de salaires de fonctionnaires proches de l'Opposition, les crimes à caractères fétichistes dits « crimes rituels » couverts par un pouvoir complice, les violations de la liberté de la presse et autres exactions dont le régime de M. Ali Bongo Ondimba est coutumier.

La violence, c'est également la corruption, toutes formes de prédation des ressources de l'Etat, quand dans le même temps, des Gabonais meurent parce qu'ils ne peuvent pas se soigner normalement, souffrent de ne pouvoir se loger décemment, peinent à se déplacer convenablement pour rejoindre leurs lieux de travail ... C'est également les dons douteux de plusieurs milliards de francs Cfa, à l'exemple de celui accordé à l'Université de l'Orégon, alors nos universités sont constamment en grève par manque de moyens. L'Opposition gabonaise se bat depuis toujours par des voies démocratiques face à un régime violent qui ne respecte pas l'Etat de droit, mais s'évertue plutôt à violer la loi ou à renforcer les lois liberticides qui lui permettent de s'éterniser au pouvoir. Or, comme l’a déclaré M. Barak Obama : « Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la règle de brutalité et au gangstérisme. Cela n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, y compris même si vous y mettez une élection. ». Cette phrase, extraite de son discours d’Accra (11/07/09), est encore présente dans nos esprits, et pourtant, il y a comme une dissonance entre ces propos pleins d’espérance et l’invitation de Mme Akuetteh à aller à la prochaine mascarade électorale dont les résultats sont courus d’avance.

Dans tous les cas, de la déclaration de l'Ambassadeur des États-Unis d'Amérique, "Les Souverainistes" retiennent essentiellement que le Gabon est en crise. En revanche, pour la partie de son exposé qui indexe l'Opposition gabonaise, nous refusons de croire que cette prise de position soit un des nombreux avatars de la collusion maintes fois dénoncée entre son prédécesseur, l'Ambassadeur Benjaminson, et M. Ali Bongo Ondimba.

Pour ce qui les concerne, "Les Souverainistes" sont plus que jamais persuadés qu’il y a urgence à organiser un vrai dialogue politique. Certes, M. Ali Bongo Ondimba en est totalement disqualifié, du fait de ses forfaitures, mais tous les compatriotes, qu’ils soient du PDG, de l’Opposition ou de la Société civile devraient pouvoir discuter ensemble de l’avenir du Gabon. C'est pourquoi "Les Souverainistes" ne cessent d'appeler à la tenue sans délai d’une conférence nationale souveraine, afin que les conclusions de cette concertation, qu'ils souhaitent apaisée, inclusive et constructive, s'imposent à l'ensemble des composantes de la société gabonaise. Toutes les concertations politiques organisées par M. Ali Bongo Ondimba depuis 2009 n'ont eu aucun effet constructif sur la société gabonaise. Bien au contraire, elles n'ont été que des opérations de communication politique à son bénéfice et à celui de quelques alliés de circonstance. Par exemple, la concertation sur la biométrie, qui aurait dû permettre la fiabilisation du fichier électoral, aura coûté plus de 40 milliards de francs Cfa au contribuable, tout en laissant entier le problème qu'elle était censée régler.

Pour conclure, "Les Souverainistes" affirment que le peuple gabonais saura toujours manifester son amitié et sa reconnaissance à tous ceux de ses amis qui l'accompagneront avec sincérité sur la voie de la démocratie, des droits de l'Homme, de la bonne gouvernance et du développement qu'il s'est résolument choisie.


Libreville, le 15 janvier 2015

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 07:34
Causerie sur une charogne / Philippe Tesson


Lecture commentée de la fiche wikipédia du fâcheux Philippe Tesson.

Camarade de classe de Pierre Mauroy - qu'avec tendresse Jean-Edern Hallier appelait Rougeaud de Lille -, Philippe Tesson est un homme du Nord qui parle et pense comme un rapatrié niçois.

Philippe Tesson a eu pour metteur de pied à l'étrier l'oncle d'Isabelle Balkany - Henri Smadja -, de qui il tient certainement cette mentalité méditerranéenne qui consiste à "connaître" les Arabes. Et c'est vrai qu'il y a parfois du Robert Castel chez Philippe Tesson.

Philippe Tesson attend que l'oncle tunisien d'Isabelle Balkany lui ait confié les rênes du journal camusien Combat, pour publier en 1965 SON livre : De Gaulle 1er, la révolution manquée. Ensuite, comme Nicolas Beau, Philippe Tesson a plutôt co-écrit, co-signé, dirigé.

(A notre avis, si vous souhaitez aborder Philippe Tesson dans des perspectives professionnelles, en vue d'un coup de pouce ou d'une recommandation, dénichez ce livre-là et lorsque vous le rencontrerez, faites-le lui signer d'entrée, vaniteux comme il a l'air, il sera ravi).

Dieu sait pourquoi, depuis qu'en 1988 j'ai lu La mort de Louis-Ferdinand Céline, Immédiatement, La France de Jean Yanne, Contre Servan-Schreiber, Le cinquième empire, et tout le reste, je vois en Philippe Tesson un Dominique de Roux du pauvre.

Pire : un Dominique de Roux bourgeois.

Dominique de Roux, dont le biographe Jean-Luc Barré rapporte que :
"Non moins indigné que Genet par le sort infligé aux Palestiniens "condamnés depuis vingt ans à vivre en exil, entassés comme au temps de la peste", il se déclare tout aussi solidaire de leur cause lorsqu'en septembre 1970, en réaction aux prises d'otages effectués par les activistes de l'OLP à bord d'avions détournés sur l'aéroport d'Amman, le roi Hussein de Jordanie ordonne le bombardement des camps de réfugiés palestiniens implantés sur son territoire. Dominique de Roux condamne immédiatement l'opération en des termes si implacables que Philippe Tesson refusera de le publier dans Combat :
"Amman ! L'ordre règne. Imaginez la morgue, Madrid 1937. La lopette de service, débile mental fils de débile mental, l'agent double de l'impérialisme, Hussein et ses meutes bédouines articulées par Israël et l'Amérique ont massacré les Palestiniens... Ces Palestiniens d'engeance divine eux aussi et autant citoyens de la ville de Jérusalem que les Romains l'étaient de la ville de Rome.
Le massacre des pauvres par les riches s'est accompli... Le monde est resté immobile ou bien consultant les Lloyd's quant à leurs avions entassés en un seul jour... Amman, donc, on nettoie, on fixe une dynastie de gorilles, on va organiser le désert. Mais si les choses s'éclairent, l'enfant perdu de Jérusalem, l'innocent de l'Histoire, saura sous le manteau devancer l'heure du règlement de co
mpte."

C'est pas d'aujourd'hui le panarabisme de Philippe Tesson.

On dit Philippe Tesson cultivé comme on disait François Mitterrand lettré. Alors que le père de Mazarine adorait les chichis de Chardonne et que celui de Sylvain est décidément trop bête ou trop pleutre pour s'apercevoir que Dieudonné est plus proche de Molière que de Gad Elmaleh ou Jamel Debbouze.

Je payerais cher pour entendre ce causeur poseur comme une vieille tante nous donner un point de vue théâtral sérieux sur la si savante science scénographique m'bala m'balienne. Lui qui traite l'humoriste breton d'animal abominable et voue l'auteur camerounais au peloton d'exécution. (Philippe Tesson étant plus Pierre Delanoë que Pierre Boutang - qui lui était contre la peine de mort sous prétexte qu'"on ne sait pas où on les envoie".)

Philippe Tesson n'est même pas un facho élégant, suicidaire et méprisant l'argent. Il n'est que de droite. Assez vulgairement.

Philippe Sollers et Philippe Tesson. Fourberies de ces tapins rescapés de tout aux vieux jours qui n'en finissent pas.

Philippe Tesson fut patron de presse cumulard et népotique comme le Béchir Ben Yahmed de l'impayable mais très achetable Jeune Afrique, à qui il ressemble tant - diriger le Quotidien de Paris pendant que sa tendre et chère veille sur celui du Médecin, celui du Pharmacien.

Philippe Tesson, père de.

Dans l'adaptation du roman de Simenon Le Président par Verneuil et Audiard, pendant que Gabin égrène les noms et qualités des députés véreux, un directeur de journal se cure les dents de bonheur, puis sort appeler sa rédaction et ordonne de titrer à la gloire des adversaires de...Gabin. "On est gouvernemental ou on ne l'est pas !" Pour moi, Tesson, c'est exactement ça. Quoi qu'il pense sincèrement, il finit toujours par cracher et se coucher là où on lui a dit.

Je crois que je préfère (vraiment) Jean Montaldo à Philippe Tesson.

Quand on songe que le martial et imposant russophile Léon Zitrone était en fait la serpillère de l'ORTF, on se demande quel aura été l'exact destin, d'une émission l'autre, en radio et en télé, d'un Philippe Tesson.

Cette manie d'assigner les Français d'origine maghrébine à la condition communautaire de musulmans pour leur reprocher ensuite de nous étouffer avec leur islam.

Les mauvais auteurs donnant souvent de beaux parleurs, avec son acolyte Nerson, en critique théâtral à l'enthousiasme intempestif et aux colères cabotinées, dans Rive droite Rive gauche, il tenait un truc - dirait Jean-Claude Convenant. Qu'il ne lâchera pas de 1997 à 2004. Date à laquelle, selon nous, Philippe Tesson aurait du s'éteindre comme une télé.

G.P.

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