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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 08:00
Simenon arrêta d'écrire, Kazan de filmer, et Robert Wyatt de chanter...

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C'est le genre de nouvelle qui ne fera pas les gros titres. Et pourtant. Quelques lignes au hasard du dernier Uncut, où l'on apprend que Robert Wyatt a arrêté de faire de la musique. Et que c'est pour de bon. "Comme les conducteurs de train, qui s'arrêtent à 65 ans."

Le musicien anglais de 69 ans invoque également une santé plus fragile qu'auparavant, compliquant le quotidien parfois, l'empêchant de réfléchir sereinement à de nouvelles musiques. "Et puis j'ai été en selle durant 50 ans, ce n'est pas rien. Et j'ai apprécié ça. Aussi les choses que j'ai faites durant les dernières années, durant ce siècle."

Et de rejoindre ainsi, aux côtés de Mark Hollis par exemple, le cercle très restreint des grands musiciens qui auront décidé de s'arrêter comme ça, un jour, sans grande déclaration ni célébration, après avoir bâti une oeuvre rare, précieuse, défricheuse.

Une oeuvre qui sera compilée cet automne avec Different Everytime, double album qui emprunte son nom à la récente biographie de Marcus O'Dair.

Quant à moi, j'aurai eu la chance, le privilège, de rencontrer Robert Wyatt une fois, durant un peu plus d'une heure, pour une interview en 2007 pour la sortie de Comicopera, qui reste parmi les plus riches que j'aie fait jusqu'ici.

Histoire de tirer mon chapeau à ce grand Monsieur de la pop-music, je vous en glisse un petit résumé ici.

Comicopera est votre premier album pour le label anglais Domino. Qu'est-ce qui a motivé votre choix?

Durant toute ma carrière, j'ai été fidèle au label Rykodisc. Mais en 2006, il a été racheté par Warner. Et comme vous le savez, ce genre de grandes compagnies sont aujourd'hui désespérées. Comme d'énormes icebergs flottant dans les eaux bouillantes du monde moderne (rires). Je n'ai aucune confiance dans ces compagnies, où personne n'est réellement intéressé par la musique. J'y étais par le passé et je ne veux pas retourner dans ce marais infesté de crocodiles. Par chance, un ancien de Rykodisc a rejoint le Domino et m'a proposé de travailler avec eux. Au début, cela m'a paru étrange. Pourquoi s'intéressaient-ils à moi, alors qu'ils sortent de jeunes groupes à succès comme Franz Ferdinand ou Arctic Monkeys? Puis j'ai compris que leur catalogue était bien plus vaste et que ces succès étaient arrivés par accident. Surtout, Domino allie efficacité et passion musicale.

Les grandes compagnies discographiques sont comme d'énormes icebergs flottant dans les eaux bouillantes du monde moderne.

Sur ce nouvel album, vous reprenez Hasta Siempre, Comandante, chanson consacrée à Che Guevara. Pourquoi?

La troisième partie de l'album est majoritairement consacrée aux alternatives possibles face à une réalité inacceptable. Che Guevara en est une, au même titre que Garcia Lorca, dont je reprends un texte dans Cancion de Julieta. Mais ces alternatives se traduisent également dans l'art, comme dans le mouvement surréaliste, par exemple. Ou encore dans l'improvisation, qui est une autre forme de libération, comme le free-jazz. Derrière la musique, il y a une confiance dans la spontanéité du moment. Pour ma part, j'ai le luxe de pouvoir être un pacifiste, mais je conserve toujours une admiration pour ceux qui se battent pour améliorer les choses. Et si j'ai choisi de terminer l'album avec cette chanson, c'est pour montrer que je ne suis pas pessimiste.

C'est pour cette raison que vous avez opté pour une instrumentation jazz très cubaine, qui dégage un certain espoir?

En fait, je suis accompagné par des musiciens italiens sur ce titre. J'ai beaucoup apprécié leur façon d'interpréter cette chanson. Ils viennent du jazz, mais jouent avec un respect de la version originale écrite par Calos Puebla. Ils ont su trouver l'équilibre entre les éléments folk et jazz, ajoutant une sorte de twist harmonique qui correspond parfaitement à la manière dont je voulais chanter. De plus, ces sonorités reflètent la partie du monde où je trouve de l'espoir aujourd'hui: l'Amérique Latine.

Quel genre d'espoir y trouvez-vous?

On assiste à une forme de renaissance politique de l'Amérique Latine, liée à un espoir d'autonomie et de démocratie. Au Chili, la présidente Michelle Bachelet a connu la torture sous la dictature de Pinochet. En Bolivie, Evo Morales est le premier président d'origine amérindienne. Et même si Cuba vit dans une forme d'état de siège depuis la révolution, il est l'exemple d'un pays qui parvient à survivre en totale autonomie ou presque, ce qui donne une inspiration à d'autres pays d'Amérique Latine.

Vous n'avez jamais caché votre attirance pour le communisme. Est-ce que vous avez toujours la foi?

C'est la dernière chose qui me reste. Par exemple, je ne crois plus dans le rock'n'roll. A l'origine, il portait en lui une idée de liberté. Mais aujourd'hui, on l'utilise pour torturer des prisonniers à Guantanamo. C'est assez flexible comme définition de la liberté. Plus sérieusement, le communisme connaît un paradoxe similaire à celui qu'a rencontré le Vatican. Au moment où il a perdu son pouvoir politique, il est devenu une très grande force morale. Ou plutôt immorale, selon moi. Je pense que les idées socialistes peuvent survivre au monde communiste. L'idée que chacun puisse participer de manière égale à la richesse de la planète, reste définitivement la meilleure idée du monde.


A l'origine, le rock portait en lui une idée de liberté. Mais aujourd'hui, on l'utilise pour torturer des prisonniers à Guantanamo.

Dans une interview il y a plusieurs années, vous racontiez écrire de nombreuses lettres aux journaux, sans jamais être publié. Le faites-vous encore?

Parfois. Mais ce n'est plus une habitude. Cependant, j'ai eu la surprise de voir une de mes lettres publiées dans The New Scientist. Incroyable! Au final, cela m'importe peu d'être publié ou non, il s'agit juste d'indiquer mon désaccord. Surtout quand on sait que les lecteurs plus conservateurs ne se gênent pas pour écrire aux médias au moindre signe de relâchement moral.

Vous avez chanté avec Björk et de nombreux musiciens actuels vous citent comme influence. Quel effet cela vous fait-il d'être une sorte de grand-père musical?

Techniquement, je suis un grand-père. J'ai quatre petits-enfants. Donc je l'accepte (rires). Plus sérieusement, je ne vois pas les choses ainsi. Le passé m'a été très utile, comme source d'inspiration. Quant à moi, je ne suis qu'un musicien qui essaye de faire de bons albums et qui rencontre les mêmes difficultés que tous les autres. Je ne me sens ni plus haut ni plus en sécurité. Quant Björk m'a contacté pour Medúlla, j'ai été très étonné. Qu'est-ce que cette belle et talentueuse jeune femme faisait chez moi? Aujourd'hui encore, je ne comprends pas cet intérêt, mais j'en suis très reconnaissant.

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 07:00
Boni Yayi, il y a quelques années, par EZZAT
Boni Yayi, il y a quelques années, par EZZAT

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PS : la titraille est de la rédaction

Au Bénin, la Cour constitutionnelle met fin à la polémique sur un troisième mandat présidentiel. L’actuel président Boni Yayi termine son second et dernier mandat en 2016. Les sept sages viennent de décider qu’aucune révision de la Constitution ne pourrait le permettre.

Tout est parti d’une lettre ouverte d’un citoyen béninois, publiée dans deux journaux, dans laquelle il demandait au président Boni Yayi d’obtenir la révision de la Constitution, pour instituer une nouvelle République et ainsi pouvoir se présenter pour un nouveau mandat.

L'article 42 non révisable

Deux requérants ont saisi la Cour constitutionnelle pour violation de la Loi fondamentale. Les sept sages leur ont donné raison, estimant que ces propos étaient une atteinte à l’ordre constitutionnel établi. Et surtout, la haute juridiction a posé deux principes. D’abord elle a rappelé qu’il y a des articles de la Constitution qui sont non révisables et qu’en aucun cas on ne peut toucher à l’article 42 qui fixe le nombre de mandats présidentiels à deux.

Et puis, la cour est allée plus loin, en affirmant qu’une révision des institutions ne peut pas entraîner l’avènement d’une République. Cela ne pourrait être fait que par le pouvoir constituant originel, c'est-à-dire la Conférence nationale de 1990.

La Cour exclut donc totalement la possibilité d’un troisième mandat. De nombreux spécialistes ont qualifié cette décision de « courageuse ». La situation au Burkina Faso est passée par là, a déclaré l’un d’entre eux.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 09:30
Le donneur de leçons Kagame renonce à briguer un 3e mandat

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Le président rwandais renonce à briguer un troisième mandat en 2017 – Le chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame, a renoncé publiquement à briguer un troisième mandat en 2017, exhortant les cadres du parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais (FPR), a réfléchir sur la manière de consolider les acquis qui doivent être axés sur la continuité et la stabilité du pays, rapporte samedi la presse locale.
Récemment, une partie de la population souhaitait un amendement constitutionnel pour permettre à M. Kagame de briguer un troisième mandat à la tête de son pays.

Le second mandat du président Kagame, réélu en 2010, arrivera à son terme en 2017, selon les dispositions de la Constitution.

S’exprimant lors de la réunin du Conseil exécutif national du FPR, le président Kagame a invité ses compatriotes à s’unir et à travailler ensemble pour un meilleur avenir du pays.

‘Certes, c’est au peuple rwandais de décider de cette proposition [pour un troisième mandat]. Je ne peux pas non plus fuir mes responsabilités, mais il faut surtout réfléchir sur ce qu’il adviendra du Rwanda en 2017′, a déclaré M. Kagame.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 09:00
#Clash / Booba de Rozières VS Mimie Kaaris !

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Les larmes de Mimie Mathy suite aux accu­sa­tions de racisme émises par Babette de Rozières n’ont pas atten­dri notre cuisi­nière. Bien au contrai­re… Ce matin, Babette a remis le couvert !

La partie de ping pong conti­nue entre Babette de Rozières et Mimie Mathy. Lors d’une inter­view diffu­sée hier sur Non Stop People, la cuisi­nière est reve­nue sur un épisode datant de 2011 au cours de laquelle Mimie Mathy aurait ironisé sur la présence « en masse » de personnes de couleur sur le canapé rouge de Michel Drucker. Un souve­nir que la cuisi­nière de C à vous a toujours gardé en tête, au point de trai­ter l’Ange gardien de « conne », « d’im­bé­cile » et de « fausse gentille ».

Des attaques que Mimie n’ac­cepte pas. Hier, dans l’après midi, c’est par l’in­ter­mé­diaire du Scan Télé du Figaro.fr que l’Ange gardien de TF1 a répondu : « Elle est folle ou quoi ? Comment peut-elle m'attaquer en disant que je suis conne, méchante et imbé­cile? » L’ac­trice se souvient bien de l’in­ci­dent : « Je tour­nais un José­phine juste à côté du studio Gabriel. Ce jour-là, c'était une spéciale Antilles. J'ai vu La Compa­gnie Créole et plein d'autres gens que je connais comme Kassa'v. En discu­tant avec Michel, j'ai dû dire une conne­rie du genre: “Je ne suis pas prête de faire Vive­ment Dimanche puisque tu n'invites que des Noirs.” En rigo­lant. »

Ce matin, sur les ondes d’Europe 1, Babette de Rozières a confirmé ses propos auprès de Jean-Marc Moran­dini : « J’as­sume à 100% ce que j’ai dit. Je ne retire pas une virgule. […] Quand elle dit que c’est une blague, je refuse ! Quand nous sommes passés dans la rue et qu’elle nous a regar­dés avec cet air de dédain et qu’elle a sorti ça… Moi, je ne l’ai pas ressenti comme une blague. » La méchan­ceté de Mimie, Babette n’est pas la seule à la consta­ter : « Elle est méchante Si je vous disais tout ce que j’ai reçu comme témoi­gna­ges… Des gens qui sont autours d’elle. Même de son habilleuse !»

Réfu­tant le fait de buzzer pour la promo de son dernier bouquin, Babette conclut serei­ne­ment en invi­tant Mimie à un dîner mijoté par ses soins. Une soupe à la grimace ?

Bonus : ci-dessous l'ultime rebondissement dans le clash qui oppose les rappeurs Booba et Kaaris... au moment où les deux sortent un nouveau disque.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 08:00
#Sénégal / La #Francophonie c'est le #colonialisme (Malick Noël Seck à la télé canadienne)

Ajoutée le 27 nov. 2014

Le contre-sommet de la Francophonie: http://www.momsarew.org/

Uhem Mesut, le renouvellement des naissances: http://uhem-mesut.com/

PS : contient des images et des discours que vous n'êtes pas prêts d'entendre relayer dans les médias occidentaux.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 07:00
#ExhibitB / Appel aux rassemblements jusqu'à l'annulation

Ajoutée le 27 nov. 2014

Une sorte de zoo humain pour dénoncer les zoos humains ?
Financé par de l'argent public.

Peut-on combattre le racisme en représentant à travers des tableaux vivants : la colonisation, l'esclavage... en ne mettant en scène que les victimes sans représenter les héros qui ont lutté ni les bourreaux.

Une intention anti-raciste... des résultats qui posent question :
La plupart des noirs qui ont vu l'expo se sont sentis humiliés.
La plupart des blancs également choqués n'y ont rien vu de mal.

Une chose est sûr au lieu de rassembler cette "œuvre" divise.

+ d'info :

Une vidéo vous permettant de visiter en partie :
https://www.youtube.com/watch?v=GoHhy...

Interview de l'artiste :
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/rues...

Texte de Claude Ribbe :
http://leplus.nouvelobs.com/contribut...

Position du CRAN :
http://www.le-cran.fr/communique-cran...

Et vous qu'en pensez-vous ?

Pétition pour celles et ceux qui veulent signer et faire suivre :
https://www.change.org/p/centre-104-t...

Appel au rassemblement ce soir :
https://www.facebook.com/events/99123...

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 07:00
#DevoirdHistoire / Thiaroye, mon amour...

SOURCE

Alors que des travaux « historiques » voudraient étouffer à nouveau le massacre des tirailleurs de Thiaroye, spoliés de leur solde puis tués pour l'avoir réclamée, l'historienne Armelle Mabon, à l'origine des principales découvertes sur l'injustice faite à ces soldats, en appelle au président de la République pour qu'enfin, soixante-dix ans après le 1er décembre 1944, la France leur rende justice.

De la rébellion armée au massacre prémédité

Il est désormais éclairement établi que ces ex-prisonniers de guerre originaires de l'AOF ont été spoliés des rappels de soldes de captivité et, pour faire taire leurs revendications légitimes, les autorités ont décidé de les massacrer avec des automitrailleuses. Pour couvrir la spoliation, le ministère de la Guerre a fait croire, via une circulaire officielle, que ces hommes avaient perçu la totalité de leur solde avant l'embarquement en métropole. Pour camoufler le massacre prémédité, les officiers ont reçu ordre de rédiger leur rapport afin de laisser croire que les mutins étaient armés de mitraillettes et qu'ils avaient tiré les premiers, d'où la nécessité d'une riposte armée lourde. Les armes automatiques du service d'ordre ont tiré sur des hommes sans défense qui avaient réclamé leurs justes droits. Les autorités ont également diminué le nombre de victimes en trafiquant le chiffre de rapatriés débarqués à Dakar: il manque plus de 300 hommes entre le départ et l'arrivée.

Parmi les survivants, des meneurs ont été désignés pour être traduits devant la justice militaire avec pour acte d'accusation désobéissance, outrages, rébellion armée.

Pour certains, les condamnations ont été lourdes, jusqu'à 10 années de prison, avec dégradation militaire et interdiction de territoire pour un crime qu'ils n'avaient pas commis. L'amnistie dont ils ont bénéficié en 1946 et 1947 ne les innocente pas.

Devant un tel constat, quelle est la responsabilité de l'historien ? Doit-il se contenter d'écrire dans des revues scientifiques ? Au contraire, son devoir n’est-il pas d’alerter les plus hautes autorités et d’exiger d’elles la réhabilitation pleine et entière de ces tirailleurs ?

Le devoir d'alerte

Ayant travaillé comme assistante de service social avant de devenir historienne, j'ai appliqué ce qui m'a été enseigné, à savoir que j'étais déliée du secret professionnel si, dans le cadre de ma fonction, j'apprenais qu'une personne avait été condamnée à tort.

J'ai donc adressé en mai 2014 une synthèse de mes recherches au président de la République, au ministre de la Défense, au secrétaire d’État aux anciens combattants et à la mémoire ainsi qu'à la garde des Sceaux, ministre de la Justice. C'est en septembre 2014 que j'ai été reçue par le conseiller pour les discours, la mémoire, la culture et la recherche au cabinet de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense qui, au vu de mon argumentaire, a reconnu le massacre en lieu et place d'une rébellion armée. Quant à la spoliation, elle n'est que trop évidente depuis qu'ont été retrouvés les circulaires et le télégramme mentionnant les droits de ce contingent.

S'il n'y a pas eu de rébellion armée, c'est donc que l'instruction a été menée à charge pour faire condamner ces ex-prisonniers de guerre pour un crime qu'ils n'avaient pas commis. S'ils ont été spoliés de leur rappel de solde, c'est qu'il n'y a pas eu désobéissance mais un mouvement de contestation légitime.

Le 10 octobre 2014, j'ai été reçue par le conseiller chargé des Affaires pénales du ministère de la Justice et, depuis, nous sommes nombreux à attendre la décision de la garde des Sceaux quant à la saisie de la commission de révision près la Cour de Cassation. Une pétition a été rédigée revendiquant la réhabilitation des hommes de Thiaroye.

Le devoir d'objectivité des historiens

Il a fallu plusieurs années et une certaine audace pour enfin se poser la question des sources possiblement mensongères. Pratiquement tous les historiens qui ont écrit sur Thiaroye, même sans avoir pu discerner les mensonges, ont fait état de la revendication des rappels de solde par les rapatriés, sauf Julien Fargettas, notamment dans son livre issu de sa thèse dirigée par Jean-Charles Jauffret, Les tirailleurs sénégalais. Les soldats noirs entre légendes et réalités, 1939-1945, publié chez Tallandier en 2012.

Le télégramme du 16 novembre 1944 est une des pièces majeures qui détermine la spoliation. Y sont mentionnées les dispositions qui s'appliquent à ce contingent pour le paiement des soldes de captivité : 1/4 avant l'embarquement et 3/4 à l'arrivée. Il est consigné dans le carton 9P32 au Service historique de la Défense. Or, Julien Fargettas a consulté ce carton mais ne traite aucunement de l'information sur les droits des rapatriés qui leur avaient été octroyés. Par ailleurs, il a étudié le rapport Siméoni daté du 12 décembre 1944, mais il omet de prendre en compte le passage qui indique que le « départ vers Bamako ne se fera qu'après les paiements de tous les gros rappels que les rapatriés demandent ». C'est une omission de faits incontestables (revendication et spoliation des rappels de solde). Et comment expliquer que dans une thèse sur un sujet aussi sensible que Thiaroye, aucune question ne soit posée sur les plus de 300 hommes manquants, alors que là encore le carton 9P61 contenant le chiffre donné par le ministère de la Guerre avec les 1 950 ex-prisonniers de guerre à embarquer a été consulté par cet historien (315 hommes ont refusé d'embarquer pour n'avoir pas perçu le quart de leur solde). Il ne s'agit pas de simples maladresses mais de négligences graves qui démontrent un mépris flagrant pour la vérité. Cet historien, qui n'a consulté – pour Thiaroye – que les archives du service historique de la Défense, a envoyé le 4 juillet 2014 une lettre ouverte au président de la République, avec copie à plusieurs ministres ainsi qu'aux présidents du Parlement et des commissions de défense, dénonçant « la partialité de mon travail, des conclusions hâtives et hasardeuses... » Il est évident que mes conclusions ne lui conviennent pas puisqu’elles détruisent sa thèse, remettent en cause sa méthodologie et dévoilent des intentions idéologiques censurables.

Dans le traitement historiographique et archivistique sur Thiaroye, outre les omissions, nous pouvons déceler également des inventions de faits. Ainsi, Eric Deroo relate t-il que « dans la nuit du 1er décembre [1944], un mouvement de tirailleurs vers l'armurerie du camp affole les autorités militaires qui entendent les premiers tirs et décident de mettre en œuvre une démonstration de force vers 9h30 » (1). De même, dans l'ouvrage coécrit avec Antoine Champeaux, il indique à propos des soldes et indemnités que « l'administration prétend fixer un taux unique pour tous. Une mutinerie éclate alors [...] » (2). Aucun rapport des officiers consultable dans les différents dépôts d'archives ne mentionne de tels faits. Il faut souligner également qu'après avoir donné le chiffre officiel de 1280 rapatriés au départ de Morlaix, ces historiens ne se posent pas la question cruciale des quelque 300 rapatriés manquants dans les décomptes. A moins qu’ils aient été les seuls à pouvoir consulter des archives cachées – et dans ce cas, il faut qu’ils dévoilent leurs sources – on ne peut que conclure au mensonge et à l’invention pour nuire à la recherche de la vérité.

La responsabilité de ces chercheurs est engagée au regard du devoir d'objectivité attendu de tout historien. Il se s'agit ici ni d'une controverse scientifique, ni d'une polémique, ni d'une querelle entre historiens. Une jurisprudence existe pour les situations d'omission volontaire dénaturant les faits (3). La mémoire des hommes de Thiaroye ne mérite-t-elle pas que ces comportements soient pour le moins qualifiés? Un historien se doit de respecter une déontologie que la communauté doit également défendre. Il en va de notre légitimité vis-à-vis de ceux qui attendent un éclairage sincère.

Fin novembre 2014, à l'occasion du 70ème anniversaire, une partie des archives numérisées sur Thiaroye qui contiennent tant de mensonges vont être solennellement remises par le président de la République François Hollande au Sénégal et montrées à Dakar lors de l'exposition mise en place par le ministère de la Défense. Dans le même temps, à l'Université de Bretagne Sud Lorient est organisé un colloque avec accès libre et gratuit : « Massacres et répressions dans le monde colonial : archives et fictions au service de l'historiographie ou du discours officiel ? »

Le président de la République peut-il faire autrement que de reconnaître officiellement le massacre, la spoliation, l'instruction à charge et les compromissions ?

Texte / Armelle Mabon

(1) A. Niang-Diéne & S. Thiéblemont-Dollet, « Penser les relations entre fictions et témoignages autour du camp de Thiaroye. Une reconstruction d’un épisode de l’histoire coloniale française », Témoigner, entre histoire et mémoire, 106, 2010, p. 100.

(2) A. Champeaux, E. Deroo, La Force noire. Gloire et infortune d’une légende coloniale, Paris, Éditions Tallandier, 2006, p. 201.

(3) C. Vivant, L'historien saisi par le droit, Contribution à l'étude des droits de l'histoire, Paris, Dalloz, 2007.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 08:00
#LaGoDuMoment / Binta Sagna, aka la Sénégauloise, communicante (#Sénégal #Belgique #France)

À venir bientôt, son interview-portrait.

Retrouvez Binta Sagna sur la page Facebook de la Sénégauloise.

Retrouvez la Sénégauloise sur Youtube

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:30
#Sénégal / Contre-Sommet de la Francophonie, le programme des festivités

Jeudi 27 Novembre - 10h00

Au restaurant Relais : exposition d art africain, concours poésie/slam

Vendredi 28 Novembre - 15h00

Conférence publique du groupe refondation sur les martyrs de 1944-salle de soutenance de la FLSH/UCAD

Samedi 29 Novembre - 9h00

Colloque UCAD II : thème : Francité, Francophonie et identités nationales

Samedi 29 Novembre - 15h00

Marche départ RTS, arrivée place de l Obélisque

Samedi 29 Novembre - 17h00

Concert place de l Obélisque avec comme groupe phare Keurgui, Maxicrew, Maxcrasy, Takeifa...

http://www.momsarew.org/

https://www.facebook.com/fnspmomsarew?ref=ts&fref=ts


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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:25
Malick Noël Seck, Discours sur la Francophonie (texte)

Aussitôt reçu, aussitôt transmis.

Reçu du Front national de salut public, de notre camarade sénégalais Malick Noël Seck.

À la fin du texte, vous trouverez quelques liens vers les vidéos les plus marquantes de son parcours ces dernières années.

A l'attention de votre rédaction,

L’avenir c’est l’Afrique dit-ont souvent, mais est-ce une Afrique qui appartiendra aux africains, ou l’Afrique des multinationales, du néolibéralisme et de la CPI ? Bété, Bamoun, Diola, Mandingue, Ewe, Peul, Wolof, nos différences culturelles sont un luxe que nous ne pouvons plus opposer au destin macabre qui nous attend si ensemble nous ne réagissons pas ! La presse est la colonne vertébrale de cette réaction. Elle est au centre de l’action pour une Unité Africaine qui ne sera ni quête romantique, ni fantasme racial, ni recherche d’une originalité introuvable dans les origines mais unité dans l’action concertée, coordonnée pour déconstruire les politiques de coopération des Gouverneurs de l’Elysée, qui aujourd‘hui, nous tiennent lieu de chef d’Etat. C’est dans le but de suggérer aux populations de l’Afrique subsaharienne une autre alternative, que nous organiserons un contre-sommet de la Francophonie le 29 et 30 novembre 2014.

Le Discours sur la Francophonie est un acte de naissance que nous souhaitons annoncer dans vos colonnes. Nous vous remercions de bien vouloir le publier.

Discours sur La Francophonie

Du 29 au 30 novembre 2014 se déroulera à Dakar, l’infâme sommet de la Francophonie. Organisé par l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), l’ancienne agence de coopération culturelle et technique (ACCT), on voudrait nous faire croire que son projet est purement linguistique et culturel, or il n’en est rien ! L’OIF n’est qu’une administration de plus instituée par la Francafrique afin de soutenir les leaders politiques qui ont choisi l’Élysée/Matignon contre leur peuple. Il ne faut pas confondre le français et la Francophonie !
Le français est une langue, et comme toutes langues, il fait partie du patrimoine universel. Il appartient à ceux qui l'apprennent, le comprennent, il exprime les idées de ceux qui le parlent ! C’est en français que Sékou Touré dit à de Gaule dans son discours de Septembre 1958, « Nous sommes africains, et nos territoires ne sauraient être une partie de la France ».
La Francophonie, c'est le colonialisme !

Il existe déjà un programme de Francophonie militaire encadré par le ministère français des affaires étrangères, qui s’étend sur 75 pays et qui consiste à l’envoi de professeurs de français (avec ou sans treillis) à l’intérieur des casernes militaires des pays du tiers monde pour y enseigner le français et surtout établir des liens précieux entre les États-majors !
Il n'appartient pas aux administrations françaises (la gauche étant pire que la droite) de nous rassembler autour d'un concept aussi nébuleux que la francophonie à des fins soi-disant humanistes.

Mais enfin pour qui se prennent-elles ?

C'est elles qui balkanisent, effectuent en Afrique des ajustements structurels par l'assassinat politique et le coup d'État militaire, commanditent les génocides, divisent pour mieux régner, en contrôlant nos banques centrales, notre monnaie et en supervisant les organes de presse chargés de nous désinformer. Elles ont dissout les anciennes fédérations d'AOF et d'AEF, créé des micros États, soutenu les dictatures qui leur étaient favorables, fait de l'Afrique francophone une chasse gardée exclusivement réservée à leurs grandes entreprises, elles nous ont réduit, avec la complicité de notre élite politique, à l'état de mendicité absolue, et à l'heure où elles sont engagées dans la construction de l'Europe, elles voudraient que nous nous contentions d'être des francophones !

Et comme dans toute entreprise coloniale, dont le but ultime est toujours d'asservir pour mieux s'implanter, d'abrutir pour mieux exploiter, elles ont besoin de complices, de collaborateurs, d'Africains qui jouent le jeu en se cantonnant au rôle qu'on leur assigne, et en respectant la bienséance édictée par leurs maitres, pour mieux recevoir les Prix qu’on leur paye. Tout dans cette Francophonie relève de la mise en scène et du faux-semblant, et le relativisme moral, comme toujours, y côtoie l'imbécilité. C’est une pensée qui renvoie à l’essentialisme colonial, selon laquelle il existerait une essence Nègre qui fait de l’Africain un Homme identique sous tous les cieux et à travers les âges. On nous dit que le thème de ce XVème sommet sera centré autour des "Femmes et des Jeunes en Francophonie", car selon les organisateurs, les Punus et les Fangs du Gabon ; les Bassas, les Doualas, les Bamilékés et les Bamouns du Cameroun ; les Konos, les Soussou et les Peuls de la Guinée ; les Sérères, les Diolas et les Wolofs du Sénégal, comme la Tunisienne ou les Baoulés de Côte d’Ivoire… qu’ils soient animistes, chrétiens, ou musulmans, quelle que soit leur appartenance sociale, dans des pays où l’ampleur de l’illettrisme est symptomatique d’une déliquescence générale, ont pour dénominateur commun : le Français.

Et ce n’est pas du français de Danton et de Saint-Just qu’il s’agit, mais bien celui de Foccart, de Messmer, de Bouygues, de Bolloré, de Bob Denard, c’est-à-dire celui du chasseur d’homme avec son filet, sa muselière, ses tirailleurs et son chien !
Mais si la pensée nous semble incohérente, la démarche est insidieuse. C’est l’OIF, flanquée de son Secrétaire Général, qui n’est autre qu’un ancien président de la République du Sénégal, qui reconnaissait la réélection du dictateur Paul Biya au Cameroun en octobre 2011, c’est elle qui valide les dictatures héréditaires du Gabon des Bongo, du Togo des Eyadema. Elle tient ses conférences à Brazzaville chez Sassou-Nguesso ou à Ouagadougou, chez l’assassin de Sankara. C’est vous dire l’intérêt qu’elle porte à la démocratie.

Elle est responsable de la « prévention des conflits », c’est-à-dire que de projet linguistique et culturel, elle devient une organisation politique. Elle est désormais, selon la déclaration de Saint-Boniface, adoptée par l’OIF en mai 2006, chargée par la France, de « ... jouer pleinement son rôle spécifique dans l’observation, l’alerte précoce, la diplomatie préventive, la gestion des crises, l’accompagnement des transitions et la consolidation de la paix, et ce, dans le cadre d’une coopération systématique et rationalisée avec les Organisations internationales et régionales. »

Comme le disait si bien le roi Christophe dans la Tragédie d’Aimé Césaire : « Le crime de nos persécuteurs nous cerne les talons et mon peuple danse » ! Arrêtez de danser et de rire du mal que l’on vous fait. Réveillez-vous au grand jour de cette terre qui est vôtre! Que les larbins de l’Élysée s’inclinent et que les peuples se relèvent, car nous ne sommes pas les Nègres de la France des lobbies et de la haute finance. Il faut oser organiser un sommet de la Francophonie dans des pays minés par une pauvreté endémique, par la famine, l’enrichissement illicite, l’absence d’infrastructures hospitalières où la démocratie est une farce et les jeunes sont sans avenir.

La francophonie gangrène tous les aspects de la vie sociale. Elle corrompt les générations futures en instituant les Conseils Nationaux de Jeunesse (CNJ) comme seul interlocuteur de la jeunesse et à travers le financement des organisations et des associations dites de la société civile. L’idée sous-jacente est que chaque contestataire supposé ou réel soit pourvu d’un poste, d’un titre, d’une bourse, d’un visa qui lui fasse passer l’envie de protester, et qu’il se résigne à sacrifier le destin de son peuple en échange de la pitance qu’on lui offre.

Nous venons de vous exposer la supercherie Francophone en Français. Nous avons tenu à dissocier la langue et la culture française de la francophonie qui n’est qu’un prolongement de la stratégie coloniale destinée à l'exploitation de nos matières premières, l'occupation militaire de nos territoires, la formation d'une élite politique aux ordres de l'Elysée, et l'abrutissement de nos peuples. Ce combat ne s'exprimera ni en Sérère, ni en Bamoum, ni en Bété ni en lingala, mais en français car c'est une langue que nous pouvons tous comprendre, y compris nos amis du peuple de France dont nous avons besoin du soutien, car nous voulons toucher toutes les personnes solidaires de notre cause !

Il est regrettable de voir qu'un des réflexes les plus répandus est d'associer le français à la Francophonie et d'opposer à la langue française nos langues nationales ! Nous pouvons tout en conservant le français comme une langue vernaculaire, commerciale et politique, développer l'enseignement des langues nationales.

C'est pour l'ensemble des raisons évoquées que nous avons organisé un contre-sommet auquel nous convions les peuples d'Afrique et de France pour une action concertée afin d'exposer les mensonges que répandent les courtiers de l'impérialisme. Notre démarche devra inspirer d'autres mouvements en Afrique subsaharienne et en France métropolitaine car seule l'unité dans le discours et l’action peuvent nous garantir la souveraineté réelle sans laquelle aucun projet de développement ne saurait aboutir à une amélioration de nos conditions d’existence.

Malick Noel Seck

www.momsarew.org

Pour la presse internationale, nous joignons un petit dossier de presse electronique qui vous permettra de mieux nous connaitre.

http://momsarew.org/charte-du-citoyen

http://www.20minutes.fr/monde/874640-20120207-malick-noel-seck-revolte-politique

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120116114020/

https://www.youtube.com/watch?v=h30gdFJGk5I

https://www.youtube.com/watch?v=c1AG81jXRU4

https://www.youtube.com/watch?v=UMnK4hHy6x4

https://www.youtube.com/watch?v=PhkpwUV7ZE0

https://www.youtube.com/results?search_query=malick+noel+seck&page=2

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Published by Gri-Gri International - dans Sénégal 2011 Politique
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