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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 17:00

 

Initialement paru sur le blog de Christian d'Alayer sous le titre :

Jeune Afrique continue à mentir à ses lecteurs

(et pas que sur l’âge de son capitaine !)

10 mai 2017

Je pensais en avoir fini avec cette histoire, et bien non ! Après que son créateur, Béchir Ben Yahmed ait écrit que la croissance économique africaine était un leurre, Jeune Afrique  récidive en plus grave encore : "Le développement de l'Afrique, une illusion ?" ose-t-il mettre sur sa Une du 7 au 13 mai 2017. Alors, certes, le signataire n'est plus cette fois-ci Béchir en personne, mais un collaborateur. Lequel ne nie plus la croissance mais la répartition de ses fruits : tout le monde n'en profite pas, écrit-il en substance. Avec, encore, un énorme mensonge en page 23 : pour tenter de prouver que la croissance économique n'a pas été à la hauteur de la croissance démographique, ce "journaleux" ose comparer une courbe en milliards d'habitant à une courbe en pourcentages ! Une aberration totale en matière de statistiques mais bon, quand on a tort et qu'on veut absolument prouver qu'on a raison, tout est bon.  Alors pour ceux qui doutent encore après avoir lu Jeune Afrique, voici les vrais chiffres, extraits des statistiques en ligne de la CNUCED. Vous voyez que la croissance économique africaine est très supérieure à sa croissance démographique depuis 2000 !

Mais seuls les riches en profitent, écrit en substance l'auteur, citant le Maroc en exemple. Le pays du Makhzen, de la corruption généralisée et institutionnalisée en une pyramide presque parfaite ! Mais bon, peu importe. J'ai déjà et à de nombreuses reprises souligné que le développement passait par une nécessaire accumulation de capital, surtout en Afrique où la croissance est obtenue en la quasi absence d'investissements étrangers (Jeune Afrique sous-titre pourtant "Un continent devenu capital-amical" !) Le phénomène a été, est et restera universel : avant de pouvoir répartir mieux la richesse produite, il faut constituer le capital nécessaire, les locaux, les machines, les moyens de transport, etc.  On n'est pas en Occident où les entreprises n'investissent plus et s'adonnent à un jeu de baisse des coûts salariaux au profit des actionnaires. Lesquels ne savent plus très bien où placer leur argent dont les montants dépassent de loin leurs capacités consommatrices. Alors le journaleux écrit que les salariés ont un téléphone mobile mais pas d'assurance ni de pension de retraite. Je lui rétorque que les salariés en Afrique représentent moins de 20% de la population active dans le continent aux plus forts taux d'entreprenariat et d'autofinancement du monde. Le mec écrit pourtant du Maroc où ses patrons l'ont envoyé enquêté. Sans doute n'a-t-il pas été hanter les faubourgs des grandes villes voire la cohorte d'artisans en tous genres stockant leurs productions sur leurs pas de porte ?!

Pour ceux que le débat intéresse (Jeune Afrique feint d'en faire un débat...), je leur conseille vivement de consulter mon blog (dalayer.kazeo.com) où se trouvent tous les articles que j'ai écrit sur la question ainsi que mon livre, "Un crime médiatique contre l'Afrique", dans lequel je démontrais que le continent était à la veille du décollage et non à la dérive. Tout dernièrement, ils peuvent aussi acheter NewAfrican dans lequel j'ai publié une opinion : "Pour en finir avec l'Afro-pessimisme"

Car pour moi il n'y a pas lieu à débat, les chiffres sont incontestables, la réalité sur le terrain est visible et seuls, en fait, les intellectuels africains émigrés continuent à déverser leur bile auprès des médias occidentaux qui se régalent de leurs aigreurs.  Sans doute feraient-ils mieux de râler contre le monopole aérien d'Air France où le néocolonialisme français dans ce qu'il continue à estimer être son "pré carré" Mais non, ils préfèrent alimenter les Occidentaux dans ce qui reste du racisme, du vrai. Car caché, vilipendé en public et en parole. Mais pas en actes : le Bénin vient d'ailleurs de refuser un "don" de la France, des vieux outils médicaux dont les médecins africains n'ont plus l'utilité depuis au moins 10 ans ! C'est exactement comme ces braves "bobo" qui donnent des fripes délavées à Emmaüs, une association d'insertion des SDF en France ! Et bien les articles de Jeune Afrique sont du même acabit, honteux !

Taux de croissance comparées démographique et économique en Afrique de 2000 à 2015

Source : CNUCED, statistique en ligne disponible gratuitement

Régions

2000

2005

2010

2015

% 2000-2015

Croissance éco.

2000-2015

Afrique orientale

251793

288763

331647

393376

3,7%/an

5,5%/an

Afrique centrale

96113

111913

130598

151952

3,9%/an

5,37%/an

Afrique septentrionale

178584

195017

213773

223892

1,7%/an

3,5%/an

Afrique australe

51451

55274

59067

62634

1,4%/an

2,9%/an

Afrique occidentale

235235

268498

307982

353224

3,3%/an

5,9%/an

Total Afrique

813176

919465

1043067

1185078

3%/an

4,3%/an

 

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Published by Gri-Gri International Christian d'Alayer - dans Con de blanc Economie Politique Devoir d'histoire
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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 05:03

 

L’histoire d’une falsification & la falsification de l'Histoire

 

Il y a 6 ans, Laurent Gbagbo était envoyé à la Haye par le pouvoir actuel de Côte d’Ivoire avec la complicité de la France. Charles Blé Goudé, son ministre de la jeunesse, l’a ensuite rejoint en mars 2014. Pourquoi l’ancien pays colonisateur s’est-il retrouvé au cœur d’une histoire qui ne le regardait, a priori, pas ? Quelle logique a poussé la France à vouloir déporter des dirigeants d’un pays si éloigné géographiquement ? Imagine-ton Laurent Gbagbo s’immiscer dans l’élection présidentielle française et sommer le vainqueur annoncé de se retirer ?

 

Le procès pour crimes contre l’humanité, entre autres chefs d’accusations, contre les deux hommes a débuté le 28 janvier 2016 si loin des terres d’Afrique, presque dans l’ombre comme pour cacher les raisons profondes d’une mise à l’écart nécessaire. A Paris, le 22 avril, une conférence intitulée « Gbagbo contre la Françafrique », menée sur la base d’une commission d’enquête, a mis à jour cette logique de descente aux enfers. Pendant plus de quatre heures, le conférencier Michel Collon, journaliste à Investig'Action et spécialiste des media mensonges, a détricoté avec seize témoins majeurs les mensonges inhérents à l’éviction d’un président dérangeant.

 

Il a mis en exergue l’incroyable communication qui a accompagné la mise sur orbite d’Alassane Dramane Ouattara, le poulain de la France, pays où la peur de voir Gbagbo changer le rapport de force a tétanisé les opérateurs économiques. Il n’y avait qu’une solution pour se débarrasser de l’intrus : pointer la dérive d’un pouvoir autocratique, dictatorial, capable de tuer ses enfants sur des bases ethniques notamment. Sans aucune preuve, jamais. Mais sur la foi de témoignages relayés à l’envi, souvent en off, par des diplomates via la presse internationale.

Le message inoculé dans les médias devait donner aux actions déstabilisatrices le poids de la légitimité. C’était le rôle d’acteurs clés de la Françafrique, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, Michelle Alliot Marie et leurs relais africains qui, dès l’élection de Laurent Gabgbo en 2000, ont tenté de casser le pouvoir né des urnes, de le salir pour ensuite le réduire au silence. L’opération s’est déroulée sans grande difficulté dans un silence assourdissant.

 

Michel Collon est ainsi revenu à la source et a mis en évidence les déviances des discours et des actes, le long cheminement vers les bombardements de la résidence présidentielle en avril 2010, ce clap de fin si longtemps attendu à Paris.

Collon a interrogé des acteurs de cette guerre de la France contre le régime Gbagbo qui ne dit pas son nom. Il a tenté de cerner les responsabilités, d’entrer dans les interstices de la propagande pour comprendre au mieux les raisons d’une telle mise en abîme de la Côte d’Ivoire. Certains étaient proches de Gbagbo comme son ancienne ministre de la santé Clothilde Ohouochi, d’autres, à première vue, très éloignés à l’image de Georges Peillon, le chef de presse de la force Licorne (nom des troupes françaises basées en Côte d'Ivoire). Son témoignage, édifiant, a révélé en creux le rôle de la France depuis l’arrivée de la rébellion en septembre 2002. Bernard Houdin, premier intervenant de l’après-midi, conseiller spécial de Laurent Gbagbo, est parti d’un constat simple basé sur les chiffres officiels donnés par l’ONU et la commission indépendante électorale aux mains de l’opposition politique ivoirienne : 600000 voix ont été ajoutées entre le lundi et le jeudi pour permettre un hold-up électoral en 2010 et assurer un succès facile.

 

Ensuite, tout s’est enchaîné très rapidement avec la demande express de Nicolas Sarkozy de laisser quelques jours à Gbagbo pour quitter le pouvoir. Le président français a d’abord mis en place un embargo, notamment sur les médicaments, fermé les banques liées à l’hexagone, comme le rappellent des intervenants, et, enfin, bombardé pour en terminer avec cet homme africain qui ose défier les autorités de l'ancienne colonie.

 

Les dépositions se sont accumulées pour expliquer le rôle de la France dans cette déstabilisation, comme celle de Clothilde Ohouochi qui a expliqué comment l’ambassadeur de France a tenté à plusieurs reprises d’empêcher la mise en place de l’assurance maladie universelle au début des années 2 000, cette sécurité sociale espérée depuis ses années de lutte dans l’opposition par Laurent Gbagbo. « Plusieurs fois, il est venu me voir pour me décourager de le faire car ça mettait en péril les sociétés françaises d'assurances sur place », explique celle qui est aujourd’hui contrainte à l’exil.

Gbagbo faisait peur à l’establishment français local convaincu que son leadership se traduirait par une remise en cause des avantages coloniaux.

 

Il était évidemment impossible de mettre en place un tel plan sur le long terme sans posséder l’information, outil essentiel de la propagande. C’est ainsi que Théophile Kouamouo a raconté comment le Monde, journal pour lequel il était le correspondant en Côte d’Ivoire, avait décidé de changer le sens de ses articles dès septembre 2002 quand la rébellion a tenté de prendre le pouvoir en coupant le pays en deux, un Nord aux mains de rebelles et un Sud tenu par le président élu. Ce jeune journaliste, qui rêvait de ce poste depuis sa sortie de la prestigieuse école de Lille, a dû démissionner pour ne pas voir sa plume trahie par des metteurs en scène parisiens dont Stephen Smith, son chef, alors considéré comme le spécialiste des affaires africaines en Europe. D’où provenaient ces informations déformées de Stephen Smith ?

 

Tel était le point de départ d’un long processus d’étouffement de la réalité, de la vérité. Il a fallu ensuite huit années et une élection pour sceller le sort d’un leader politique isolé à l’extérieur mais renforcé à l’intérieur. Georges Peillon dit lui-même que la force Licorne avait donné aux « politiques » des plans d’attaque des bases des rebelles. « En quelques jours, c’était réglé », dit-il en substance mais Michelle Alliot-Marie, la ministre de la Défense, a refusé de l’actionner. Pourquoi ? Peillon laisse l’auditoire se faire une idée mais il a préféré depuis démissionner de son poste…

 

Le point d’orgue aura été le bombardement de Bouaké en 2004 imputé à Laurent Gbagbo qui est aujourd’hui disculpé par les mêmes sources militaires. La lumière a jailli au fil de cette commission d’enquête qui a su rassembler d’éminentes personnalités allant de Ahoua Don Mello ancien ministre de Laurent Gbagbo, exilé politique au Ghana, à Guy Labertit, l’ami lors de l’exil de Gbagbo en France et adjoint au maire de Vitry, Bernard Genet, Bernard Houdin, Balou Bi, Professeur de l’Université d’Abidjan aujourd’hui exilé, Habiba Touré, avocat de Simone Gbagbo, Seed Zehe, avocat à la cour d'Auxerre, François Mattei, ancien journaliste à France-Soir, Albert Bourgi, professeur de droit international, Zokou Séri, avocat membre du conseil de défense à la CPI dans l'affaire Gbagbo/Blé Goudé contre le procureur, Mathilde Thépault professeur de français présidente de l'association Halte aux Génocides Mémoire et justice (HGMJ), Robert Charvin, professeur émérite de droit international.

 

Pour Bernard Genet, militant des droits de l'homme et de la souveraineté des Etats, le renversement découle de la vision politique de Laurent Gbagbo considéré comme un dangereux panafricaniste qui exigeait dès ses premiers écrits sur le traité de Brazzaville une vraie indépendance pour les anciennes colonies. « Je suis la preuve concrète que l’impérialisme, ça existe encore », a ainsi glissé Gbagbo à Guy Labertit lors de l’une de ses visites à la Haye.

 

Les moments les plus sombres de cette guerre contre la Côte d’Ivoire ont été abordés, comme ces exterminations commises par les rebelles, dénoncées par certaines associations des droits de l’homme comme Amnesty International et HGMJ entre autres mais qui ont pourtant été étouffées par les autorités françaises et ivoiriennes. Maître Seed Zehe et Mathilde Thépault sont ainsi sont intervenus pour parler de cet ouest ivoirien détruit, de ces massacres de la communauté Wé dont ils sont membres, sous le regard quasi complice de l’ONU. Mathilde Thépault a consigné méticuleusement les noms de ces victimes. Maître Habiba Touré a tonné : « Il y a les bonnes victimes et les mauvaises victimes. Personne (du pouvoir) n’a été poursuivi à la CPI alors que nous recensons 4000 victimes officielles. Le sentiment d’impunité est la norme en Côte d’Ivoire. Il y a des bourreaux qui ont égorgé des gens et ont utilisé les suppliques de leurs victimes comme sonneries de téléphone ! On se refuse de leur rendre justice… »

 

En une après-midi, Michel Collon a permis d’éclairer l’histoire douloureuse récente de la Côte d’Ivoire et la puissance destructrice des réseaux françafricains résolus à se débarrasser d’un gêneur. Et à l’envoyer devant la CPI, « cette justice politique d’exception » comme l’a résumé le professeur d’université Robert Charvin. Une CPI où se déroule un procès avec des témoins à charge qui à la surprise générale vont souvent à l’encontre des arguments d'un procureur parfois désemparé. Maître Séri Zokou, avocat de Charles Blé Goudé à la Haye, a même assuré : « Nous faisons le pari que nous n’aurons pas à présenter nos témoins ». Tant le dossier est vide. La commission d’enquête de Michel Collon a permis de comprendre les enjeux d’un nouvel épisode de la triste histoire de la Françafrique, une histoire si souvent falsifiée…

 

Texte : Justine Okimi

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 06:30

Mensonges hypnotiques sur le CFA Par Justin Katinan KONE .

En sciences médicinales, l’on appelle médicaments hypnotiques, les médicaments qui déclenchent le sommeil. Ils sont communément appelés somnifères. Ils sont prescrits généralement pour les patients très excités pour leur imposer un sommeil. C’est cette cure de sommeil forcé que le gouvernement français et ses relais tropicaux appliquent aux trois zones Franc de l’Afrique. Le franc CFA est entré en crise d’hystérie grave qui secouent mêmes les sommets de la zone. De plus en plus de Chefs d’État et de gouvernement des zones CFA manifestent, de façon publique, leur hostilité vis-à-vis de leur monnaie. Comme devant n’importe quelle grave crise hystérique, le médecin utilise les grands moyens, la France a recours aux « benzodiazépines économiques » pour calmer la crise de nerfs que traverse son monde financier et monétaire en Afrique. Les infirmiers commis à l’application de cette prescription française sont évidemment les deux enfants chéris de la liaison idyllique entre de Gaule et l’Afrique. Il s’agit du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Ils sont les plus amoureux du Franc CFA et ils le défendent avec une hargne passionnelle. Pour eux, tout est beau dans le meilleur du monde CFA même quand certains des leurs crient famine, notamment, dans la zone de l’Afrique Centrale (CEMAC) durement touchée par la chute, économiquement injustifiée, des cours du pétrole méchamment orchestrée par l’Administration OBAMA pour affaiblir la Russie de Poutine. Il est évident que tous les participants à la réunion biannuelle des Zones CFA tenue les 13 et 14 avril dernier à Abidjan ne présentaient pas la même mine. En effet, le 23 décembre, à Yaoundé, les pays de la zone CEMAC ont échappé de justesse à une dévaluation. En contrepartie, les États membres de cette zone se sont vus imposer une cure d’austérité sévère marquée notamment par le gel des avances statutaires de la BEAC à leur profit; pour, dit-on, ralentir la chute des réserves en devises afin de maintenir la parité entre le FCFA et l’Euro. Alors, quand le gouverneur de la BCEAO chante les éloges du CFA, ou que Michel Sapin affirme que « malgré le nom, le CFA est la monnaie des Africains » ou que le Chef de l’État ivoirien salut la stabilité du CFA, chacun d’eux joue sa partition dans la cure de sommeil forcé que l’on impose à des ventres très affamés. Non messieurs, arrêtons les prescriptions aux effets hypnotiques et osons toucher le mal à sa racine. Le CFA reste une excroissance de la monnaie européenne (I) qui tient prisonnière l’éclosion économique de plus de 200 millions d’Africains. Il faut en sortir, du moins couper son cordon avec la France (II).

I/ LE CFA : le FF puis l’Euro utilisés par des Africains
L’histoire du CFA et le fonctionnement actuel de cette monnaie consacrent la domination française sur cette monnaie.

A/ quelques repères historiques révélateurs
Lorsqu’en 1807 , l’Angleterre suit les traces du Danemark pour interdire la traite des Noirs d’Afrique, elle a déjà changé sa structure économique tout en gardant l’idéologie de base. Le monde découvre les premières machines capables de changer l’homme sur les divers chantiers. L’Angleterre est alors pionnière en la matière. Elle est, en quelque sorte, l’unique puissance industrielle. De façon subtile, les puissants réseaux de fabricants de ces nouvelle machines vont créer ou infiltrer les groupes de pression qui agitent, opportunément, l’étendard de la philanthropie pour justifier leur activisme abolitionniste. Pour imposer leurs nouvelles technologies au reste du monde, l’Angleterre engage toute sa puissance pour s’opposer à la poursuite de l’esclavage. Le 8 juillet 1815, à la convention de Viennes, l’Angleterre force la main à l’Europe et l’entraine dans l’abolition de l’esclavage en se donnant le droit de faire intervenir sa flotte maritime, en cas de besoin, pour arraisonner les bateaux suspectés de transporter des esclaves. En contrepartie, le gouvernement anglais s’engage à dédommager les entreprises esclavagistes du fait des pertes que l’abolition de l’esclavage leur causerait. C’est ainsi que, selon ses propres archives , la Bceao trouve ses origines dans l’indemnisation des colons esclavagistes. En effet, après la deuxième abolition de l’esclavage en 1848 (aboli une première fois le 4 février 1794 , l’esclavage est réinstauré par Napoléon Bonaparte le 20 mai 1802 ), « de nombreux propriétaires d’esclaves sont ruinés tant dans les Caraïbes que dans les possessions d’Afrique » . Le 30 avril 1849, l’État français prend une loi pour indemniser les colons ruinés, puis « le 21décembre 1853, le décret portant création de la Banque du Sénégal est signé par Louis Napoléon Bonaparte. Son capital fixé à 230 000 F est formé du prélèvement du 8ème opéré sur l’indemnité accordée aux colons par la suite de l’abolition de l’esclavage et des arrérages échus de l’inscription de rente représentative de ce prélèvement » . C’est cette banque du Sénégal qui va se muer plus tard en Bceao. En d’autres termes, la Bceao est née de l’argent de l’esclavage. C’est pourquoi il est difficile de faire admettre à la France que cette banque centrale n’est pas la sienne, parce que le capital initial de cette banque provient de l’indemnité que l’Angleterre a versée à la France pour compenser la perte de revenus subie par les esclavagistes français, laquelle perte a été induite par l’abolition de l’esclavage. Autant dire que l’Afrique noire n’a pas encore rompu tout lien avec le commerce honteux des esclaves dont elle fut victime. Il y a quand même quelque chose d’indécent pour notre continent de prétendre se bâtir avec des instruments économiques et financiers qui sont l’expression de la domination qu’il a subie.
En 1939, s’appuyant sur la Banque du Sénégal qui aura subi, entre-temps, plusieurs mutations structurelles et fonctionnelles, la France crée le FCFA. Mais c’est le 26 décembre 1945, en ratifiant les Accords de Breton Woods que la France fait sa première déclaration de parité entre le franc français et le franc des colonies. Celui-ci pivote autour de celui-là grâce à une parité fixe de 1FCFA pour 2 centime de FF. La monnaie étant une marchandise,la parité de 2 centimes pour un 1FCFA signifie tout simplement que pour acquérir 2 centimes de FF, il faut débourser 1FCFA (soit 50 CFA pour 1FF). La France, sortie exsangue de la deuxième guerre mondiale, entend tirer le maximum de ses colonies. La création d’une monnaie stable africaine autour du FF garantit une stabilité des échanges commerciaux qui se font, en ce temps-là, exclusivement dans l’intérêt de la métropole. La France va structurer sa monnaie africaine en s’inspirant de sa propre expérience douloureuse vécue sous l’occupation allemande. En effet, après la débâcle française de 1940, l’Allemagne prend le contrôle entier de la France aussi bien en termes d’institutions politiques que d’institutions financières. Les différents ateliers et les hauts fourneaux français travaillent pour alimenter exclusivement l’économie allemande. Le gouvernement de Vichy n’est que le bras avancé du 3ème Reich allemand en France. Le FF lui aussi n’est qu’une monnaie artificielle remodelée par l’Allemagne pour maintenir un « commerce » de dupe avec sa « nouvelle colonie française ». Le Franc CFA est donc imaginé comme le FF pendant l’occupation allemande. Il y a donc une articulation forte entre le gouvernement de Vichy (institution politique) et le FF sous l’occupation (Institution monétaire) pour une économie exclusivement au service de l’Allemagne. C’est le même schéma qui est observé en Afrique francophone. Le FCFA est le versant monétaire et financier de l’institution politique que constitue la Françafrique. L’un ne peut se concevoir sans l’autre. C’est pourquoi, dans son
fonctionnement, le FCFA reste sous l’étroit contrôle de la France.

B/ Un fonctionnement totalement contrôlé par la France
Toutes les adaptations et réadaptations du FCFA ont été toujours à l’initiative française. Il ne peut en être autrement puisque, dès ses origines, le FCFA est une variance du FF et il correspond à la structure des échanges commerciaux entre la France et ses colonies. Dans le système des échanges commerciaux entre métropole et colonie, la colonie produit exclusivement pour la métropole suivant les demandes qu’exprime cette dernière. C’est une sorte d’échanges commerciaux dans un même espace économique, puisque la colonie n’est qu’une excroissance de la métropole. A la limite, la France aurait pu conserver le FF comme monnaie unique dans ses colonies comme l’avait fait la Grande Bretagne avec la Livre. Mais la France voulait des produits moins chers dans ses colonies. Elle imagine donc un FF dégradé pour ses colonies. Le FCFA en usage dans les colonies est totalement géré par la Banque de France. EN 1958, tout en gardant sa structure intacte, le CFA passe de Franc des colonies françaises d’Afrique au Franc de la Communauté Financière d’Afrique. Mais le principe de base est le même : le CFA ne vit que par le FF. En 1960, le CFA forme avec l’armée française, le socle sur lequel repose toute la construction de ce que le Professeur Mamadou Koulibaly appelle le pacte colonial. Le dispositif est complété par le compte d’opérations. C’est ce compte qui assure la libre convertibilité CFA avec le FF. C’est ce compte, logé au Trésor de France, qui assure le dénouement des opérations financières et commerciales avec n’importe quel pays du monde. Lorsqu’un client d’une banque ivoirienne veut mener une opération en Chine, il donne l’ordre à sa banque de transférer à son fournisseur, ou à son créancier la somme correspondant à son engagement. Or, ce client n’a pas une position en dollars dans sa banque. Sa position dans sa banque est libellée en CFA qui n’est pas une devise convertible avec le Yuan chinois. La banque fait appel à la BCEAO pour lui demander de convertir le montant de l’engagement de son client en Yuan ou, à tout le moins, en dollars qui est devenue, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la monnaie universelle. C’est le rôle de toutes les banques centrales. Le problème avec la BCEAO, c’est que la moitié des devises issues des opérations commerciales des pays de la zone se trouve logée dans le compte d’opérations au Trésor Français. Les positions dans ce compte sont libellées uniquement en Euro. La BCEAO va donc adresser la demande du client de la banque ivoirienne à la Banque de France qui va couvrir l’opération en Euro qui, lui, a une contre-valeur en Yuan. En effet, aux termes des accords de coopérations monétaires signés en 1961, c’est le Trésor français qui assure la couverture en devises de toutes les opérations à l’extérieur de ses anciennes colonies. Pour ne pas sortir perdante dece contrat, la France oblige ses anciennes colonies à stocker dans son Trésor d’abord 65%, puis 50% de leurs avoirs en devises en France. Ce stock de devises, la France le surveille comme du lait au feu pour éviter qu’il tombe en dessous d’un seuil critique qui obligerait alors Marianne à payer à pertes pour le compte des Mariannettes d’Afrique. On dirait dans le langage ivoirien, « la France ne dure pas dans mauvais rêve ». En effet, si la France s’engage à perte, la conséquence est énorme pour elle et pour l’Euro. Elle déprécierait sa balance de paiement et, partant, sa position nette à la Banque Centrale d’Europe ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour l’Euro, la France étant la deuxième puissance économique de la zone Euro. Sauf omission de notre part, nous n’avons pas connaissance, qu’une seule fois, la position nette du compte d’opérations ait été débitrice. Quand cela risque d’arriver, la France actionne plusieurs mécanismes pour maintenir la situation en sa faveur. L’un de ces mécanismes est le réajustement du taux de parité connu sous le vocable de dévaluation. C’est ce qui s’est passé en janvier 1994. Depuis cette date, il faut 100 FCFA pour acheter 1FF (au lieu de 50 FCFA pour acquérir 1FF). En un seul jour, la France décida que FCFA doit perdre 100% de sa valeur. Quand la France adopte l’Euro comme monnaie, le CFA subit une autre dévaluation plus importante puisque, pour acquérir 1 unité de la nouvelle monnaie française ( 1 Euro), il faut débourser 657 FCFA. Le 23 décembre 2016, à Yaoundé, les pays de la zone CEMAC ont eu à faire un choix cornélien entre la peste et le choléra. La présence surprise de Christine Lagarde, à une réunion de la zone FCFA, offre la seule alternative, du reste très douloureuse, imposée aux pays de cette zone : un programme austère avec le FMI. En échappant à la dévaluation, les pays de la CEMAC se sont jeté pieds joints dans le piège du FMI. C’est le sort réservé aux pays africains aux économies unijambistes. Il suffit que la seule jambe de leur économie soit malade pour que ce soit le chaos. C’est pourquoi, le bras de fer engagé par le gouvernement ivoirien avec ses amis traders et chocolatiers en faisant de la rétention spéculative sur le cacao était perdu d’avance. Avec quoi la Côte d’Ivoire entend couvrir ses importations si elle bloque l’exportation de sa principale source de devises. Le gouvernement n’avait d’autre choix que de ramollir, au bout de compte, son bras quitte à perdre plus de 100 milliards de recettes fiscales. C’est le prix à payer pour éviter une dévaluation. Comme on dit en Côte d’Ivoire « yeux connait bagage qui est lourd ». Le CFA, c’est l’arme de contrôle qu’exerce la France sur l’économie de ses amis Africains. Le Président Sassou a osé ouvrir une passerelle de convertibilité de son CFA avec le Yuan chinois. Du coup, d’ami, il est en voie de devenir l’ennemi de la France. On ne peut pas être dans la zone CFA, avoir sur sa tête la BECEAO ou la BCEAC et se donner la liberté de choisir ses partenaires. La France est membre du conseil d’administration de ses deux banques centrales secondaires. Elle y détient une voix bloquante. Même si le gouverneur de la BCEAO se sent heureux d’être un gouverneur secondaire, il n’en demeure pas moins que les résultats économiques des pays de la zone CFA, après 60 ans de fraternité franco-africaine, donnent raison à ceux qui pensent que ce contrat de dupe doit prendre fin. Plus de 200 millions d’Africains s’interrogent sur le bien-fondé du FCFA.

 

II/ Le développement économique enserré.
 

Tout est justifiable et tout est défendable, mais seuls les résultats comptent. Les résultats économiques de la zone CFA sont révélateur s de la faiblesse des économies de cette zone. Comme quoi, la stabilité artificiellement entretenue d’une monnaie ne garantit pas le succès économique.

A/ Les faibles performances économiques de la zone CFA.
Le 20 mars dernier, le discours du Président Alpha Condé, fort de son titre de Président en exercice de l’UA, pendant les assises sur l’émergence en Afrique, est révélateur du malaise qui prévaut dans la zone CFA. En disant que les pays francophones sont les moins avancés que les autres sur le chemin d’une hypothétique émergence aux horizons incertains, il n’a fait qu’un constat que le minimum de bonne foi oblige à admettre. Sur les 10 meilleures économies africaines dans le classement publié en 2016, aucun pays de la zone CFA n’y figure. C’est un constat réel. Le Maroc sur lequel beaucoup assoient leurs ambitions d’émergence a quitté la zone Franc à son indépendance. Son Dirham lui permet de bien se comporter au point de se présenter en investisseur universel en Afrique. La fluctuation du Naira nigérian ou du Rand sud-africain n’empêchent pas ses pays à consolider leurs économies. Dans mon prochain livre, une étude comparative des économies de plusieurs pays africains montre la faiblesse des économies des pays francophones. Par exemple, malgré la fluctuation de son cedi, l’économie ghanéenne supplante celle de la Côte d’Ivoire depuis plus de 15 ans. Avec une production pétrolière sensiblement égale, l’économie d’Algérie se situe à des années lumières devant celle du Gabon et du Congo réunis. Ce sont les réalités tangibles non contestables. Les pays africains les plus avancés exercent un contrôle plus étroit sur leur infrastructure économique que les pays d’Afrique francophone dont l’infrastructure économique est entièrement sous la maitrise de l’extérieure. Ce sont les résultats de deux années de recherches sur les économies africaines. Au Ghana, le cedi se change dans n’importe quel bureau de change avec n’importe laquelle des monnaies. Cela est quasiment refusé en Côte d’Ivoire où les changes ne sont admis que dans les banques. La monnaie c’est plus de politique que d’économie. Malgré les complaintes américaines, les Chinois n’ont jamais daigné relever la valeur du Yuan par rapport au dollar. C’est une décision souveraine de l’État chinois. C’est de la politique. Il est difficile de conduire un véhicule dont une personne en contrôle le levier de vitesse, et une autre les freins. A supposer qu’après la prochaine élection française, le vainqueur décide de quitter l’Euro, notre CFA ne sera plus arrimé à l’Euro, mais à la nouvelle monnaie française. C’est quoi cet enfantillage?
Avoir une monnaie stable et forte dans une économie faible est suicidaire. Il faut arrêter avec la sous-traitance de nos instruments économiques.

 

B/ sortir la France de la zone CFA
Quelle gloire a-t-on à afficher au monde entier que nous sommes des majeurs incapables? C’est malheureusement l’image que nous offrons au monde. 15 pays d’Afrique sont incapables de gérer leur monnaie commune et ils en sont heureux. Comment pouvons-nous espérer opérer une intégration économique et monétaire en Afrique avec une devise dirigée de l’extérieur?
La stabilité du franc CFA est un miroir aux alouettes. Toutes les économies au monde connaissent des fluctuations et la monnaie apparait comme l’instrument de mesure de l’économie. Qui peut parier que depuis 1994, l’économie des pays de la zone CFA n’a pas connu de fluctuations positives ou négatives. Comment expliquer alors la stabilité de cette monnaie Plus de 20 ans? Qui peut raisonnablement soutenir que, dans un monde économique concurrentiel, une monnaie doit rester collée à une seule et unique devise?
Le problème n’est pas le CFA en tant que monnaie commune à 15 pays d’Afrique (quand on y ajoute les Comores). C’est même un grand atout qu’il ne faut pas liquider. Un espace monétaire de plus de 200 millions d’habitants est déjà une bonne rampe de propulsion économique. Ce qui pose problème, c’est le fait que cette monnaie soit entièrement contrôlée par une puissance étrangère, de surcroît ex puissance coloniale.Toutes les monnaies du monde sont convertibles du moment que le dollar continue d’être considéré comme monnaie pivot. Dès lors, le mystère d’une monnaie refuge tourne au charlatanisme économique. L’Afrique peut gérer sa monnaie. Le dire, ce n’est faire ni preuve de chauvinisme maladroit. C’est tout simplement faire de l’économie comme cela se fait ailleurs.
En maintenant la structure actuelle du CFA, nous maintenons la structure d’une économie de type coloniale puisque sa structure a été inventée pour supporter ce type d’économie, dans laquelle l’on est à la fois fournisseur et client d’un seul et unique partenaire. Nul ne peut raisonnablement prétendre à une multitude de partenaires économiques avec une monnaie entièrement contrôlée par un seul partenaire. Ou alors, faisons simple et adhérons à l’Euro. Alors plus besoin de CFA et utilisons l’Euro dans nos pays. C’est encore plus sensé que l’alchimie à laquelle l’on nous contraints. Une monnaie s’impose par la production économique qui la soutient. Il suffit de réorganiser les économies des pays de la zone CFA en les rendant diversifiées, le CFA s’imposera de lui-même comme devise forte sans le concours de la France. A supposer que le Ghana soit obligé d’acheter les bœufs du Burkina Faso, le Nigéria ceux du Tchad ou du Niger, que le Sénégal ou la Côte d’Ivoire produisent beaucoup de riz pour nourrir le Nigéria, et le Cameroun nourrisse la RDC, le CFA devient plus fort qu’il ne l’est avec l’exportation du caco ou du pétrole.
Tant que nous resterons dans la structure actuelle du FCFA, nous serons toujours tenus par le système économique et commercial hérité de la colonisation; puisqu’il faudra que les pays africains continuent d’exporter ce dont les occidentaux ont besoin pour pouvoir alimenter le compte d’opérations en devises pour éviter le chantage de la dévaluation.
Une monnaie ne fait pas une économie. C’est l’économie qui fait la monnaie. Arrêtons donc la mystification de la monnaie.Les îles Seychelles vivent avec leur Roupie et elles ne sont pas encore englouties par la furie de l’océan indien. Alors pourquoi le ciel tomberait sur la tête de 15 pays parce qu’ils auraient décidé de gérer eux-mêmes leur monnaie? Que le CFA cesse d’être le Franc de la colonisation française en Afrique pour devenir la conscience financière d’Afrique.

Justin Katinan KONE
Vice-Président du FPI
Ancien Ministre

#AFRIKANEWSGROUP

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PS : sur la photo, le professeur et auteur spécialiste du Franc CFA, Nicolas Agbohou

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Published by Gri-Gri International Justin Koné Katinan - dans Economie Françafrique Politique Côte d'Ivoire - Élections 2010
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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 09:16

 

Ajoutée le 12 mai 2017

Déjà plus de 170 000 vues. Le luxe, ça paye.

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 19:00

Ye News

Côte d'Ivoire : comment la mutinerie plombe l'économie
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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 06:15

 

Le président Macky Sall s’est séparé, mardi matin, de son ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall. Ce renvoi du ministre du gouvernement est intervenu alors que le patron du groupe pétrolier français, Total, devait signer  des accords d’exploitation de gisements d’hydrocarbures au Sénégal.

L’information sur le départ du ministre de l’Energie s’est répandue, mardi, comme une trainée de poudre. Elle a été ensuite confirmée par un décret signé par le président Macky Sall, avant qu’il ne s’envole pour l’Afrique du Sud pour les besoins du Forum économique mondial. Depuis lors, c’est le Premier ministre qui assure les fonctions de ministre de l’Énergie et du Développement des Énergies renouvelables, cumulativement avec ses fonctions. 

Le limogeage de Thierno Alassane Sall est largement commenté par la presse quotidienne. La seule constance, c’est que le désormais ex-ministre s’est opposé à la signature de deux accords d’exploration d’hydrocarbures entre le groupe français Total et l’Etat du Sénégal.

Selon le journal Libération, proche du pouvoir, Thierno Sall a soutenu devant le chef de l’Etat qu’il ne signerait pas les accords arguant que Total n’avait pas les mêmes capacités que Kosmos, un groupe auquel tout devait revenir, selon Thierno Alassane Sall. “Le Président est tombé des nues lorsque Thierno Sall a persisté dans sa position, alors qu’il était prévu que le contrat avec Total soit signé, le même jour”, ajoute le canard.

Pourtant, Thierno Alassane Sall avait été appelé au Palais à 9 heures mardi pour finaliser la signature de deux accords avec le groupe Total. Le premier accord est un contrat de recherche et de partage de production d’hydrocarbures sur le bloc Rufisque Offshore Profond, d’une superficie de 10.357 km2. Total sera opérateur de ce bloc (90%) aux côtés de la Société Nationale des Pétroles du Sénégal (Petrosen), qui détiendra les 10% restants. Le second accord porte sur une coopération avec Petrosen et le ministère de l’Energie et du Développement des Energies Renouvelables de la République du Sénégal.

Total hérite donc d’une zone inexplorée au large du Sénégal où il faudra forer à plus de 3 000 mètres de profondeur.

© OEILDAFRIQUE

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 11:00

Un article de Fanny Pigeaud, initialement paru sous le titre :

La «saga Claudine» indigne les Malgaches

A Madagascar, le parti au pouvoir est empêtré dans une affaire qui défraie le chronique depuis des semaines : une conseillère spéciale du président, Claudine Razaimamonjy, doit être placée en détention pour corruption, mais a jusqu’ici réussi à échapper à la prison grâce à une succession de manœuvres étonnantes.

 

On pourrait l’appeler « la saga Claudine » : depuis début avril, les Malgaches sont les spectateurs stupéfaits d’une histoire rocambolesque, qui pourrait faire penser au scénario d’une mauvaise série télévisée et qui, surtout, éclaire sur le niveau élevé de corruption et d’impunité régnant au plus haut sommet de l’État.

Le premier épisode de ce feuilleton à rebondissements s’est joué le 3 avril à Antananarivo, la capitale. À la sortie d’une compétition sportive, des agents du Bureau indépendant anticorruption (Bianco) et des gendarmes sont entrés en scène : ils ont arrêté l'une des spectatrices, Claudine Razaimamonjy, une riche femme d’affaires et conseillère spéciale du président Hery Rajaonarimampianina, élu fin 2013.

« Madame Claudine », « dame Claudine » ou tout simplement « Claudine », comme on l'appelle à Antananarivo, a été aussitôt placée en garde à vue et interrogée sur plusieurs gros dossiers de corruption : elle est, entre autres, soupçonnée par le Bianco de favoritisme dans l’attribution de marchés publics, de détournement de deniers publics, de blanchiment de capitaux. On parle de dizaines de milliards d’ariary (un milliard d’ariary vaut environ 290 000 euros) détournés dans le cadre de six affaires différentes.

À Antananarivo, la nouvelle de l’arrestation de Claudine Razaimamonjy, que l’on dit « milliardaire », a créé la stupeur : très en vue depuis le début de la présidence de Rajaonarimampianina, la femme d'affaires, propriétaire notamment d'un complexe hôtelier, paraissait jusqu'ici intouchable. Ces dernières années, elle était régulièrement présentée comme l’un des principaux bailleurs de fonds du parti présidentiel Hery Vavao Hoan’i Madagasikara (HVM). Elle aurait aussi beaucoup contribué au financement de la campagne électorale de Rajaonarimampianina pour l'élection présidentielle de 2013. Elle s’est souvent affichée aux côtés du couple présidentiel lors de cérémonies publiques. Si la surprise créée par son interpellation a été grande, c’est aussi parce que les personnalités membres ou proches du pouvoir en place et impliquées dans des opérations financières frauduleuses sont toujours passées entre les mailles des filets de la justice. Et elles sont nombreuses : Madagascar, dont la population est l’une des plus pauvres du monde malgré de nombreuses richesses naturelles, est placée à la 145e place sur 175 États dans l’indice de perception de la corruption établi par Transparency International en 2016.

Pour illustrer l’impunité dont jouissent les tenants du pouvoir, « l’affaire Bekasy », du nom d’un important trafiquant de bois de rose et conseiller technique du ministre de la sécurité publique, est souvent citée en exemple : arrêté en 2015 après une enquête du Bianco, Bekasy Johonfrince avait rapidement pu échapper à justice. Ces derniers mois, Claudine Razaimamonjy avait reçu pour sa part deux convocations du Bianco, auxquelles elle n'avait pas répondu.

Après son placement en garde à vue, des analystes en ont déduit que le locataire du palais présidentiel d’Iavoloha avait lâché sa conseillère. D’autres étaient plus prudents : « Il ne faut pas jubiler trop vite, a par exemple écrit le directeur de L’Express de Madagascar, Sylvain Ranjalahy. Ce n’est pas à un an de la présidentielle qu’on se sépare de celle qui a été surtout l’artisan du triomphe en 2013 et dont la puissance financière s’est considérablement accrue depuis. Un allié de taille, à l’image d’autres conseillers du président qui forment un véritable bunker financier autour de lui. »

La suite lui a donné raison. Deux jours après la médiatique arrestation, le ministre de la justice Charles Andriamiseza a manifesté son mécontentement : il a critiqué le Bianco, affirmant que la détention de la milliardaire était arbitraire, et demandé sa libération. Ses propos ont à leur tour créé l’indignation. Dès le lendemain, le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) s’est insurgé contre toute « interférence et pression ». Fin du premier épisode.

Le deuxième volet de la « saga Claudine » a commencé à la fin de la garde à vue de la conseillère du président : le 7 avril, elle s’est vu notifier son placement sous mandat de dépôt par la Chaîne pénale anticorruption. Direction la maison d’arrêt d’Antanimora ? Pas exactement. L’accusée se serait évanouie lorsqu’elle a appris sa mise en détention provisoire et… a été transportée en ambulance jusqu’à un hôpital. Elle y est restée plusieurs jours, sous une importante escorte : il y avait autour d’elle « quatre gardes pénitenciers, quatre policiers, quatre gendarmes, quatre gardes du corps personnels, plus un grand nombre de visiteurs qui n’ont cessé de faire des va-et-vient », rapporte un témoin à Mediapart.

À ce moment-là, les organisations de la société civile se réjouissaient tout de même toujours de l’indépendance du Bianco et des juges qui avaient eu le courage d’inculper Claudine Razaimamonjy. Elles espéraient que cette affaire marquerait la restauration de l’État de droit et du système judiciaire, particulièrement malmenés depuis la crise politique de 2009.

L’hospitalisation de Claudine Razaimamonjy s’est terminée au bout de trois jours. C’est à ce moment-là que le troisième épisode de la série a débuté, avec un nouveau rebondissement : la femme d’affaires n’a pas, comme elle l'aurait dû, rejoint une cellule de prison. Elle s’est plutôt rendue, au petit matin du 10 avril, sur le tarmac de l’aéroport international d’Ivato. D'où elle s’est envolée, à bord d’un avion d’une petite compagnie privée, en direction de l’île Maurice. C’est accompagnée par son beau-frère, sénateur du HVM, et d’une gardienne de prison qu’elle a ainsi quitté son pays. Après coup, la version officielle a expliqué qu’il s’agissait d’une « évacuation sanitaire » : Claudine Razaimamonjy devait subir un examen médical ne pouvant s’effectuer à Madagascar. Une fois arrivée à Port-Louis, elle a été hospitalisée dans une clinique privée.

Son départ a provoqué désillusion et exaspération à Antananarivo. ROHY, un important mouvement de la société civile, a dénoncé une « évasion organisée » et réclamé, avec le syndicat des avocats et Transparency International, la démission des responsables ayant permis « la sortie illégale de l’inculpée ». Cette dernière faisait en effet l’objet de deux interdictions de sortie du territoire.

« Claudine Razaimamonjy a ridiculisé tout le monde, depuis son refus d’obtempérer aux convocations du Bianco jusqu’à sa maladie diplomatique, jusqu’à son évasion sanitaire », a estimé l’éditorialiste Ndimby A. dans Madagascar Tribune. Sylvain Ranjalahy a pour sa part vu un aspect positif à l’affaire, malgré tout : elle « a révélé que, malgré la déliquescence de la société, malgré la perte des valeurs, malgré l’anarchie généralisée, malgré le règne de la corruption, on peut encore compter sur quelques bonnes âmes. Le DG du Bianco s’est montré intraitable dans cette affaire en dépit des pressions et des menaces […]. Maintes fois humilié et réduit aux conférences de presse, il a, cette fois, résisté jusqu’au bout prouvant que la mauvaise volonté n’est pas de son côté dans la lutte contre la corruption ». D’autres attendaient que le Bianco s’intéresse aussi aux complices de « la fugitive », dont certains occuperaient de très hauts postes de responsabilité.

Comme pour faire oublier l’échappée de Claudine Razaimamonjy, un ancien directeur de cabinet du ministère de la communication, accusé de détournement de deniers publics et de faux et usage de faux, a été condamné le 12 avril à cinq ans de travaux forcés, une peine jugée sévère. Le même jour, à Maurice, la conseillère sortait de la clinique de Port-Louis.

Le quatrième épisode aurait pu mettre en scène le président Rajaonarimampianina sanctionnant ceux qui ont aidé sa conseillère à prendre la tangente. C’est en tout cas ce qu’a demandé l'ancien premier ministre et candidat à la prochaine présidentielle Jean Omer Beriziky : Rajaonarimampianina devrait « laisser de côté les liens familiaux et le népotisme » et « limoger tous les responsables impliqués de près ou de loin dans cette affaire, ainsi que les complices de cette corruption à grande échelle », a-t-il déclaré. Le chef de l’État, qui ne s’est jusqu’ici pas exprimé au sujet de sa conseillère spéciale, a choisi un tout autre scénario. Certes, il a fait procéder, le 20 avril, à un léger remaniement ministériel. Mais les responsables impliqués dans « l’affaire Claudine » sont tous restés en place. Il a en revanche limogé le secrétaire d’État chargé de la gendarmerie, le général Paza Didier Gérard. « Bon nombre d’analystes pensent » que le général a été sanctionné à cause de « l’arrestation de Claudine Razaimamonjy par les éléments de la gendarmerie. Le fait qu’aucun ministre réputé proche de la femme d’affaires n’ait fait les frais du mini-remaniement semble corroborer cette analyse », a commenté Midi Madagascar.

Nombreux étaient alors ceux qui avaient perdu tout espoir de voir Claudine Razaimamonjy revenir un jour à Madagascar pour se défendre face à la justice. Mais le 22 avril, nouveau coup de théâtre et donc, nouvel épisode : la femme d’affaires, dont le droit de séjourner à Maurice était sur le point d'arriver à son terme, a regagné Antananarivo. À nouveau, elle a été amenée à l’hôpital, où elle se trouverait toujours. Avant d’être hospitalisée, elle aurait dû être conduite à la prison pour que son retour soit constaté, a déploré la présidente du SMM, qui espère néanmoins que les procédures la concernant allaient pouvoir être relancées. Cela pourrait être effectivement le cas, les autorités étant depuis plusieurs jours sous forte pression diplomatique. Les ambassadeurs des États-Unis et de France ont en effet plusieurs fois manifesté publiquement leur soutien au Bianco, auquel ils donnent des financements, et dit espérer le retour de la femme d’affaires alors qu’elle se trouvait encore à Maurice.

En attendant la suite de l’histoire, certains se posent des questions sur la ligne de conduite qu'adoptera le parti au pouvoir lorsque sera venu le moment de la présidentielle, prévue en 2018. « Quand on voit ce que le parti HVM est capable de faire pour soustraire un des siens aux griffes de la justice, […] on ne peut que s’inquiéter », a souligné l’éditorialiste Ndimby A.

 

Texte : Fanny Pigeaud

 

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 11:47

 

Familier de l'espace subsaharien, Samuel Maréchal a initié très tôt sa fille, Marion, députée FN du Vaucluse, aux mystères du continent noir.

Deux ruptures, un héritage, un legs. Directeur général du Front national de la jeunesse de 1992 à 1999, Samuel Maréchal quitte le parti à l'orée du millénaire puis divorce en 2007 de Yann, la deuxième fille de Jean-Marie Le Pen. Avant d'épouser Cécile, l'aînée des petites-filles de Félix Houphouët- Boigny, député et ministre de la IVe République puis patriarche de la Côte d'Ivoire indépendante.

Le tropisme africain du papa de Marion Maréchal-Le Pen remonte à l'enfance: un père pasteur pentecôtiste un temps établi au Tchad; une mère engagée dans son sillage sur le terrain caritatif; et une grand-mère fondatrice de deux des premiers orphelinats de la Haute-Volta, futur Burkina Faso...

Concepteur sous Laurent Gbagbo du site Web de la présidence ivoirienne, l'ex-gendre du "Menhir" dirige aujourd'hui Maréchal & Associés, un cabinet de conseil bancaire et d'intermédiation financière actif en Afrique francophone, en Asie et en Europe de l'Est.

L'étoile subsaharienne de Marion

Marion lui doit-elle son initiation aux charmes et aux pièges du continent noir? "C'est ma fille, répond-il. Elle a eu la chance de rencontrer à la maison des Africains de tous horizons." A l'en croire, Samuel Maréchal n'est d'ailleurs pas étranger au plaidoyer adressé en juin 2015 par la députée du Vaucluse à Laurent Fabius, alors patron du Quai d'Orsay, en faveur d'un retour à l'aide bilatérale et ce au profit exclusif de l'aire francophone.

Le sort, il est vrai, a voulu que la nièce de Marine voie le jour sous une étoile subsaharienne: terrassé en septembre 2014 par une tumeur au cerveau, son père biologique, Roger Auque, termina sa tumultueuse carrière - journaliste, agent de renseignement puis diplomate - comme ambassadeur de France à Asmara (Erythrée).

 

SOURCE (on ne voudrait pas que vous pensiez que "Les mystères du continent noir" c'est de nous)

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 10:24

En plus de très vite nous-vous mettre à jour de ses parutions récentes sur le site de supporters du PSG Virages, nous vous livrons encore chaude la colère désabusée et cruelle de Jérôme Reijasse, rock-critic, bioman et auteur lyrique au lendemain du premier tour de la présidentielle française. Que ses lecteurs africains se réjouissent : Jérôme Reijasse veille ! 

 

LETTRE À LA FRANCE

 

J’aurai pu intituler cette lettre à la France “J’en ai plein le cul” mais cela aurait été déplacé…

2017 est une année terrible. Paco, un ami cher, est parti, avec sa petite famille, vivre à Lyon. Il semblerait pour toujours. Le PSG a sombré en Catalogne. Macron a de grandes chances d’être élu Président de la République. Voilà. Qui dit pire?

Je n’attendais pas grand chose de cette campagne électorale. Je ne vote plus depuis que j’ai gagné contre l’Europe et que nos élites ont décidé de passer outre la décision du peuple. La démocratie hexagonale n’est pas malade, elle a crevé il y a bien longtemps. Dans ma télé, la grande valse du ridicule, des mensonges en boucles, de la peur qu’on entretient, et comme un goût de vomi qui ne me quitte plus. Oui, la gerbe.

Macron vs Le Pen. Le vieux refrain, l’éternelle rengaine. Le piège total.

Hier, l’ex banquier, l’ex ministre aux lois économiquement scélérates, se promenait du côté d’Oradour sur Glane. Village limousin martyr que des SS mauvais perdants avaient massacré en 1944. Je sais de quoi je parle. Mon grand-père, ex prisonnier de guerre, ex résistant, ex vivant, avait participé aux premiers secours, un jour d’été et d’horreur. Et il est là, lui, avec son sourire de vendeur d’encyclopédies, son costume sur mesure et sa garde rapprochée de communicants. Que dit-il? Pourquoi est-il là? “Remember, souviens toi” peut-on lire à l’entrée (gratuite) de la bourgade suppliciée. Macron n’exprime pas autre chose. Voter pour lui, c’est barrer la route aux hordes barbares, à la peste brune, à Hitler en personne! Car le petit peintre génocidaire moustachu n’est pas mort, non, il rampe, il attend son heure. Il ricane dans l’ombre. Hier encore, les époux Klarsfeld ont dévoilé une affiche avec Marine Le Pen et des barbelés, une affiche du passé pour éviter le pire à l’avenir. On en est là. Malheureusement pour Macron, Auschwitz est en Pologne. Comme l’usine Whirlpool bientôt… Sinon, il y serait allé aussi. Il se pavane là où les morts hurlent encore. Il me fait honte.

Quand la communication commence à piétiner les cadavres, à insulter l’Histoire, à jouer avec l’indicible, simplement pour assurer à son candidat (et à son armée d’hommes de l’ombre: Berger, Attali, Minc, Valls, Drahi, Bayrou, Hue, Hollande, la liste est longue et connue de tous) une place au soleil pendant cinq ans, il est possible de penser que ce pays ne mérite rien d’autre. Que la France est foutue et qu’il ne sert à rien de pleurer. Trop tard, bien fait pour nous, on n’avait qu’à être moins cons, moins naïfs, moins égoïstes, moins peureux. Plus français.

Quand j’étais enfant, mes parents votaient RPR. Avant, ils soutenaient de Gaulle. Dans les années 70, Jean Marie Le Pen était un cyclope fort en gueule et minoritaire. On n’en parlait quasiment jamais. Son parti riquiqui rassemblait des anciens collabos, des anciens OAS, des anciens Waffen SS, des anciens résistants, des patriotes également qui sentaient que l’ancien monde était sur le point de tirer sa révérence. Les médias s’en moquaient. Le peuple l’ignorait. Ma mémoire vacille mais je crois qu’il ne dépassait jamais les 3% de votes. Voilà. Ce n’était rien. Absolument rien. et puis, Mitterrand, second président maurrassien après le Grand Charles, décida d’en faire son Golem. Sa chose, sa marionnette. Il y réussit avec un talent évident. Le Pen, Breton fier et en colère, caricatural et marié à une belle blonde, future soubrette pour branlettes solitaires, devint ce tribun dangereux, fasciste, raciste et surtout antisémite, que les vrais hommes assoiffés de liberté, d’égalité et de fraternité, allaient devoir combattre, quitte à sacrifier leurs mandats, leurs privilèges, leurs vies pourquoi pas… Foutaises bien sûr et commencement du jeu de massacre. Le Front National allait permettre aux élites d’assurer cette alternance libérale maudite, qui a conduit le pays à la ruine et à la mélancolie, ce qui est peut-être encore plus grave. Le Pen a accepté le rôle du bouffon anti démocrate et c’est en cela que, lui aussi, a trahi ce pays qu’il semble tant chérir. Il a fait le jeu des énarques, des riches, des cyniques, des corrompus, comme Tapie de l’autre côté. Et puis, messieurs les faux-culs, si le Front National est cette chose dangereuse, nationale-socialiste, monstrueuse, pourquoi ne l’interdisez-vous pas? C’est bien là la preuve de votre hypocrisie intéressée, de votre calcul nauséabond. Et aujourd’hui, il faudrait donc encore monter au front avec sa carte d’électeur pour faire barrage? Mais à qui, à quoi? Marine le Pen n’a pas de moustache ou alors, elle s’épile comme il faut, elle n’est ni nazie, ni fasciste. C’est une libérale comme vous, Monsieur Macron, qui a mis du social dans ses idées pour dessiner un autre possible, pour éventuellement convaincre ceux qui triment et qui ne s’en sortent pas. Mais si elle devait être élue, comme Trump, elle obéirait aux ordres, elle s’exécuterait. Oui, j’entends déjà les cris d’hystérie des derniers militants anti racistes, encore poussés par Julien Dray et sa bande, il y a bien au Front National des encartés racistes, nostalgiques, anti républicains. Qui vénèrent toujours des Papon, des Bousquet, des… Oups… Plus globalement, les Français ne sont pas ceux que l’on nous vend sur BFM ou ailleurs. Historiquement, ils ont souvent accueilli, assimilé, accepté. Ils ont même caché des Juifs (ne sommes-nous pas le pays occupé comptant le plus de Justes? Je dis ça, je ne dis rien…), ils sont tombés, nombreux, pour que la France respire encore. Il y a eu des collabos, des miliciens, etc, etc… Certes. Etaient-ils majoritaires? Est-il sain de mettre systématiquement en avant ceux qui ont choisi le mauvais camp? Encore aujourd’hui ? À qui profite le crime pourrait-on même se demander. Je refuse de voir mon pays pour ce qu’il n’a jamais été non plus. Qui a creusé le fossé entre les ethnies, les classes sociales, qui a entretenu les différences, qui a soufflé sur les braises? Qui a été décoré de la francisque (rires)? Les skinheads des années 80, les terroristes musulmans des années 2010? Rires. Les mêmes qui crient au loup depuis quarante ans. Dégoût.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que cette fois-ci, pas de grandes manifestations antifascistes, pas de rassemblements populaires et spontanés (rires encore) pour stopper la bête après les résultats du premier tour. Non. Quelques antifas, idiots même plus utiles d’un système qui les retourne depuis si longtemps, ont bien défilé à Rennes, Paris mais à part quelques poubelles renversées et quelques slogans que même les Bérus n’auraient pas voulu pour une chanson, rien à signaler. Les Français ont compris. Ils se sont faits mettre bien profond et, oui, il est trop tard. 1945 n’est plus. C’est fini. Hitler comme le CNR. Kaputt. 2017, ce sont d’autres exterminations, d’autres politiques mortifères, d’autres bombes à fragmentations sur d’autres pays lointains, d’autres uniformes, qui ne doivent plus rien à Hugo Boss. Ces gens qui veulent le pouvoir pour poursuivre leurs existences de pachas à nos frais, qui nous font la morale à longueur de temps, qui jonglent avec la trouille pour mieux diviser et donc régner, qui se satisfont de dix millions de précaires, qui préfèrent, aux leurs, les autres, tous les autres, surtout à partir du moment où ils représentent une main d’oeuvre encore moins chère, encore plus soumise, ces gens adeptes d’une comptabilité morbide et indigne, ont-il un jour, une fois, essayé de calculer ce que le capitalisme sauvage avait coûté en vies humaines? S’il n’est question que de ça, de chiffres, de nombres, de colonnes arithmétiques. Qui a du sang sur les mains? Qui a ouvert la boîte de Pandore? Vous? Moi?

Hahahahahahah.

Alors, allez voter Macron. Continuez à chier dans votre froc, à croire que les panzers de Guderian sont aux portes du pays. Ou ceux de Poutine, presque pareil. Donnez votre voix à celui qui va terminer le travail, qui va transformer notre pays, notre si beau pays, en état détaché américain, en paradis de la précarité et des services. France Uber alles, si j’osais. L’uberisation, certains en parlent comme d’une chance, les enculés. J’ai discuté avec plusieurs de ces chauffeurs indépendants. Ils en chient, ils sont les nouveaux esclaves, les futurs modèles. Ils n’ont pas le choix. Allez voter Macron, pour moins de services publics, plus de compétitivité, plus de devoir de mémoire, plus d’enfumage et moins de justice. Faîtes votre travail de citoyen. Coupez la tête à Marine le Pen. Elle repoussera en 2022. En en 2027. Faites du vélib, votez à gauche (oui, c’est au fond, à droite), soyez les nouveaux Jean Moulin (sans la torture), sacrifiez vos mômes sur l’autel de la bêtise et de la trahison. Pas de problème. Je suis qui, moi, pour m’énerver ainsi? Personne! Un Français qui ne vote pas, le salaud. Alors qu’il y en a qui sont morts pour le droit d’aller se branler dans l’isoloir! Hahahahahahah. Vous ne vouliez plus de Hollande et de sa politique libérale? Vous allez élire son fils, son clone, sa créature. Génial. Bravo. Encore!

Hier, Macron a déclaré que c’était lui, le patriote. La finance est-elle donc une Patrie?

Seule bonne nouvelle dans ce merdier (inter)national (et ce sont les écolos qui vont être aux anges): à force de faire la toupie dans son cercueil, Charles de Gaulle aurait de quoi remplacer deux centrales nucléaires à lui tout seul.

On me fait remarquer que je n’ai à aucun moment évoquer la prétendue homosexualité du candidat révolutionnaire Macron. C’est parce qu’ici, en France, la sexualité appartient au privé. Elle ne dit rien. Elle ne compte pas.

Je peux donc finalement terminer cette lettre à mon pays par cette phrase lapidaire: “J’EN AI PLEIN LE CUL”, sans risquer de procès en homophobie.

Je me sens déjà un peu mieux…

Texte : Jérôme Reijasse

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PS : ci-dessous, en cadeau pour nous faire pardonner, un document exclusif : Jérôme Reijasse, avec des cheveux (si, si, encore un peu), le jour des 35 ans du Dictateur-adjoint du Gri-Gri International, Grégory Protche, par ailleurs son plus fidèle lecteur...

Jérôme Reijasse le 13/09/2005

PS 2 : Ce texte nous semblant parfaitement s'intégrer dans l'aléatoire, hypothétique et imprévisible futur recueil de textes de Jérôme Reijasse, Un Français, il nous paraît important de remettre en ligne le premier extrait de ce livre.

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Published by Jérôme Reijasse Gri-Gri International - dans Jérôme Reijasse 7 jours loin du monde Littérature Politique Histoire
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 13:09

C'est avec un peu de retard, dont nous excusons auprès de lui et de ses lecteurs, que nous accusons réception, en le publiant, d'un texte de Christian d'Alayer, journaliste, auteur, économiste et historien à ses heures. Texte initialement paru sur son blog sous le titre :

 

Quand BBY ment à ses lecteurs !

 

Béchir Ben Yahmed n'aime visiblement pas l'Afrique subsaharienne et ses habitants. L'un de ses anciens collaborateurs, justement "plus noir que lui, tu meurs !", a raconté que le patron de Jeune Afrique décida de venger l'honneur des Arabes après la défaite écrasante des chars de Kadhafi face aux Land Cruiser d'Hissen Habré en 1987. Je crois plutôt que l'hebdomadaire de l'ancien ministre de la Communication d'Habib Bourguiba s'adresse essentiellement à des intellectuels subsahariens émigrés en France. Lesquels, comme chacun sait et peut le constater chaque jour sur Internet, sont majoritairement de nature aigrie quant à leur contrée d'origine. Dire du bien de l'Afrique dans ces conditions est évidemment contre productif en matière de diffusion !

Quoiqu'il en soit, l'homme s'était calmé ces derniers temps. Mais, tel le gosse qui ne peut s'empêcher de gratter ses boutons de varicelle, il vient de commettre de nouvelles horreurs sur son ex continent (lui aussi a émigré en France) : "J'observe, pour ma part, avec regret et même inquiétude que l'Afrique, dont les pays sont en majorité mal gouvernés, progresse moins vite que les quatre autres continents. Je me demande même si elle progresse réellement. Un examen attentif de la situation actuelle du continent fait apparaître plus d'aspects négatifs que de positifs. je vous soumets le mien, fondé sur des données chiffrées incontestables" (in J.A., début mars 2017, ndlr).

S'ensuit un développement sur le Nigeria et l'Afrique du sud, non chiffré bien sûr et disant schématiquement que si les deux premières économies du continent vont mal, c'est l'ensemble de l'Afrique qui tousse. Ce qui est faux : en dépit de la baisse du prix des matières premières, la croissance africaine en 2016 a été de 3,9% (source : BAD), très supérieure au moins à celle de l'Occident et de l'Europe occidentale en particulier. Cela fait maintenant 15 ans que l'Afrique progresse plus vite que tous les autres continents, exception faite de l'Asie. Le barbon de Jeune Afrique ment donc et très certainement de mauvaise foi car il a des gens qui cherchent les chiffres pour lui.

Pourquoi ment-il ainsi ? Sans doute car ses amis d'Afrique sont en mauvaise posture : Ouattara par exemple n'a été réélu qu'avec moins de 20% de votants et, depuis, enregistre rébellions sur rébellions de son propre camp. Ping, pour lequel il a pris parti, a échoué à déboulonner la famille Bongo dont il est lui-même une pièce rapportée. Bya, contre lequel il a bataillé des années durant, est toujours là. Etc. Alors les sous se font rares, il suffit de feuilleter les paginations de plus en plus réduites de l'hebdomadaire pour le vérifier. D'autant que BBY, comme il se fait appeler dans son antre journalistique, a rompu un accord qu'il avait passé avec un autre Tunisien, Afif Ben Yedder, installé, lui, à Londres et produisant des revues panafricaines en Anglais. "Chacun chez soi" s'étaient jurés les deux hommes. Jusqu'à ce que BBY lance une revue mensuelle en Anglais. Du coup, le Londonien lança trois revue en Français, concurrençant directement celle du Parisien.

Il est certain que, la publicité africaniste en France n'étant pas extensible à l'infini, cette guerre est fatalement préjudiciable à Jeune Afrique qui ne peut que resserrer les boulons autour de son électorat actuel d'intellectuels expatriés. Tout en sortant une à deux fois par an un "spécial Côte d'Ivoire", voire un spécial Djibouti (l'hebdomadaire s'entend bien avec Ismaïl Omar Guelleh) pour mettre un peu de beurre sur les épinards. C'est triste pour un journal qui compta jadis plus de 140000 exemplaires payés (2 millions de lecteurs), essentiellement en Afrique. Certes, la libération de la presse sur tout le continent ainsi que la dévaluation du Franc CFA lui porta des coups terribles, la nouvelle presse locale remplaçant celle d'importation d'autant plus facilement que le prix de cette dernière doubla en une journée !

Les déboires probables actuels ne sont donc pas dus qu'à des considérations récentes et BBY a tout de même eu le mérite de résister aux premières difficultés.  Il aurait passé la main à ses fils aujourd'hui, lesquels ont a faire face à la désaffection du public pour l'information papier en sus d'une diffusion de moins en moins africaine.

Ce n'est donc pas de gaîté de cœur que j'ai pris la plume pour cogner une nouvelle fois sur Béchir Ben Yahmed mais parce que je ne supporte réellement plus toutes les conneries qui continuent à être déversées sur l'Afrique subsaharienne en dépit d'une réalité que vous pouvez constater de visu quand vous vous rendez sur place. Sachez donc que le décollage de l'Afrique a commencé puisque croissance économique il y a, plus forte que la croissance démographique qui plus est et en dépit d'un manque évident d'investissements internationaux : sur les 1500 à 1700 milliards de dollars annuels d'investissement direct étranger dans le monde, l'Afrique n'en perçoit qu'une cinquantaine à laquelle s'ajoute une autre cinquantaine de milliards d'aide internationale, essentiellement sous forme de prêts conditionnés. Et cette croissance économique est obtenue en dépit d'Etats inexistant depuis que le FMI, la Banque Mondiale et les clubs de créanciers les démolirent à partir des années 1970. Ce sont donc les Etats, pas les pays, qui vont mal du fait de la baisse des recettes d'exportation de matières premières. Et, parmi ces Etats, ce ne sont pas les subsahariens qui vont le plus mal, mais les méditerranéens : si la croissance africaine a baissé d'un point ces deux dernières années, c'est essentiellement le fait des pays nord africains en 2015, auquel s'est ajouté une perte d'un demi point du fait de la baisse du prix des matières premières.

Ca, c'est la réalité chiffrée que je n'arrête pas de démontrer, article après article, dans les colonnes des revues concurrentes de Jeune Afrique. Avec lequel je me suis fâché justement sur cette question de mensonges éhontées et répétés sur l'état de l'Afrique au sud du Sahara. J'ajoute pour démolir encore un peu plus l'argumentaire de BBY, que le continent comporte non pas deux mais quatre grandes économies : il faut ajouter en effet au Nigeria et à l'Afrique du sud l'Ethiopie (80 millions d'habitants et une croissance annuelle supérieure à 6%) ainsi que l'Egypte (dans les 80 millions d'habitants également et une croissance plus faible, certes, mais croissance tout de même en dépit de la guerre civile) Dernier point : les non initiés parlent avec dédain de la croissance économique d'Afrique du sud. Mais ils ne savent pas (BBY devrait le savoir) que ce pays comporte plus de multinationales que le Portugal et que ces multinationales investissent surtout à l'étranger : la croissance est faible parce qu'elle manque de carburant, CQFD !

 

Texte : Christian d'Alayer

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