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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 15:00
Fais comme #EdwyPlénel, écoute #Gradur et lis #Kouamouo sur #Ouattara à quelques jours du procès #Gbagbo

Une demie journée dans la vie d'un éditeur mondain et marcheur. Ou pourquoi nous avons la certitude qu'Edwy Plénel a bien en sa possession le livre de Théophile Kouamouo consacré à Ouattara même si Mediapart n'en parle pas...

Jeudi 7 janvier, 11h du matin, conférence de presse à la Mairie de Paris, pour annoncer le lancement du 2ème Salon de la Gastronomie des OUTRE-MER, qui se tiendra à Paris les 12-13-14-15 février prochains (porte de la Vilette), à l'initiative de la cheffe Babette de Rozières.

Admirable buffet, évidemment. Mondanités, petites images amusantes, pin-ups et discours - un article prochain s'attardera sur la conférence de presse et le travail de la belle Keyza Grand-Bonheur (KGB), qui s'occupe de la communication de Babette.

En sortant, je fume une clope avec Fatou Biramah (Africa N°1, entre autres).On blagoune deux minutes sur le nouveau barbu dingue qui vient, le matin même, d'attaquer un commissariat du XVIIIème. Fatou doit passer chez Zara. Moi, j'ai rendez-vous avec un jeune confrère, Kalidou Sy, à Nation. Je remonte à pied (un vice) depuis l'Hôtel de ville. Rue de Rivoli, Saint-Paul, Bastille. Faubourg Saint-Antoine. Ayant un peu de marge, je stoppe dans une des librairies d'occases qui se multiplient. Déniche à 1 euro un livre très angoissant de Eric Fottorino sur l'Afrique... encore un qui croit possible d'embrasser l'Afrique et ses 50 et quelques pays en un seul livre... les photos de Depardon qui illustrent ont l'air très bien.

Finalement, à force, d'en avance je me retrouve à la bourre. Pas de gymnastique. Je dépasse la station Ledru-Rollin. A l'angle de la rue d'Aligre (qui mène au Marché, pas à la radio), je repère une tête que je reconnais... mais sans réagir, vu que je suis en retard. Sauf que, mais oui... définitivement... je reviens sur mes pas, comme dans un dessin animé... c'est bien le bel Edwy ! Plenel himself ! Avec des amis pas francophones à qui il explique, en anglais et avec gourmandise, quelque chose dont je ne saurai jamais rien.

Editeur, mon sang ne fait qu'un tour : j'ai dans ma besace, toujours, deux ou trois exemplaires du J'accuse Ouattara 2. J'en sors un, avec le supplément Gri-Gri bibliographie, et lui tends le tout sans même l'interrompre ! Avec en paquet cadeau mon plus beau sourire gêné et avenant.

Vendredi 8 janvier. Au Grand journal de Canal + de Bolloré, Gradur le rappeur et...Edwy Plénel !

Samedi 9 janvier, sur Twitter, incidemment, je tombe sur la photo d'Edwy Plénel coiffé du bob aux armes du Sheguey en chef, le rappeur à succès Gradur !

Si Plénel peut poser avec le bob gradurien, il peut lire le livre de Kouamouo sur ADO.

Texte : G.P.

PS : Achetez le livre de Théophile Kouamouo directement sur le site de l'éditeur.

PS 2 : vous pouvez bien sûr aussi le trouver (voire le commander) dans les bonnes librairies et dans les FNAC, sur Amazon, etc.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 01:41
Le grand roman de la #CPI par quelqu'un qui l'a aimée... / Stéphanie Maupas (#LivreDuMoment)

En cet hiver 2006, les juges de la jeune Cour pénale internationale préparent au secret un mandat d’arrêt contre le chef de guerre Thomas Lubanga. En mousquetaire de la justice internationale, le juge Claude Jorda tire son fleuret et porte l’une de ses bottes favorites contre le procureur, Luis Moreno Ocampo. « Où va le bureau du procureur ? demande-t-il sans masquer son impatience. Nous sommes au début de cette Cour. C’est une question qui me tient à cœur, qui nous tient à cœur. Avez-vous l’intention de poursuivre des personnes qui ont une responsabilité nationale ou allez-vous en rester à des personnes qui ont des rôles de chef de milice ? » Le bretteur sait toucher là où ça fait mal.

Et a raison de s’inquiéter.

Comme le milicien Lubanga, condamné à 14 années de prison, les chefs d’État ciblés par la CPI, bâtie en 2002 sur la promesse d’un monde libéré de l’impunité, devaient être placés hors-jeu par plus puissants qu’eux, mais ont connu d’autres fortunes. Au terme d’une âpre bataille, le président kényan Uhuru Kenyatta a été auréolé d’un non-lieu, le libyen Mouammar Kadhafi a choisi de mourir à Syrte plutôt que moisir à Scheveningen, et le Soudanais Omar el-Bachir continue de mener à la trique sa guerre au Darfour, sous l’œil des satellites-espions de la star hollywoodienne George Clooney. Le héros de Nespresso y traque en live des preuves de crimes contre l’humanité.

Se rêvant en Thémis au chevet d’après-guerres et suspendant son glaive sur le crâne des bourreaux, la CPI s’est ainsi vite transformée en arme diplomatique à l’usage des puissants, qui apposent leur label sur le bien et le mal.

Le roman vrai d’« une justice borgne, qui, avec une prudente lâcheté, ne regarde que les crimes des peuples en déroute et oublie ceux des nations qui imposent leur domination ».

LE SITE DE L'EDITEUR

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 10:00
Le livre made in RFI-Lagardère-France2
Le livre made in RFI-Lagardère-France2

SOURCE

La justice burkinabè a lancé un mandat d’arrêt international contre Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne, a appris Burkina24 auprès de sources proches de la justice militaire.

Ce mandat a été lancé dans le cadre de l’enquête sur le putsch perpétré le 16 septembre 2015 par le Général Gilbert Diendéré et des soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Les chefs d’accusation n’ont pas encore été dévoilés. C’est le deuxième mandat d’arrêt, en plus de celui lancé contre l’ancien président Blaise Compaoré dans l’affaire Thomas Sankara, adressé aux autorités ivoiriennes.

Il faut noter en rappel que des écoutes téléphoniques mettant en cause le président de l’Assemblée nationale et laissant entendre son implication dans le putsch ont été divulgués sur les réseaux sociaux.

Le directeur de la justice militaire Sita Sangaré a révélé le 23 décembre 2015 que des écoutes téléphoniques avaient été versées au dossier du putsch, mais sans préciser le contenu et les interlocuteurs. Il avait cependant signifié que tous ceux qui sont concernés seront appelés pour être entendus.

Le Président du Faso Roch Marc Christian Kaboré, dans une interview sur France24 en décembre 2015, indiquait que l’affaire des écoutes téléphoniques relevait de la justice. « Je considère que c’est une question qui appartient à la justice. Je crois que la justice fera son travail et à terme, nous verrons de quoi il s’agit », déclarait-il. Mais si ces écoutes s’avéraient authentifiées, Roch Marc Christian Kaboré a indiqué que ce serait alors, de la part de Guillaume Soro, « une attitude qui sera tout à fait déplorable et inamicale à l’égard du Burkina Faso ».

Burkina24

PS : rappelons que début décembre 2015, la justice français avait lancé un mandat d'amener concernant Guillaume Soro, afin de l'entendre dans le cadre d'une plainte déposée par le citoyen français Michel Gbagbo, retenu en Côte d'Ivoire, mis dans l'incapacité de répondre aux convocations de cette même justice française.

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 00:34
#PrisonniersPolitiques / Ceux-ci le sont toujours sous Ouattara (#ListeDeLaHonte)

La Fumée Blanche avec Guy Roland Kouassi et 38 autres personnes.
8 janvier 2015, 2
3:44

"Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions..."

Déclaration universelle des droits de l'Homme - Article 19

Ça suffit !!!

Jugez ou Libérez les Prisonniers Politiques de Côte d'Ivoire.

Voici une liste de prisonniers.

DJE FRED 28/12/2012 8E MACA 8E

AGNIMEL MELESS SERGES 26/08/2011 9E MACA NC

AHUI ARISTIDE CHARLES 09/01/2015 10E MACA 10E

AKA ANZIAN BARTHELEMY 29/06/2012 NC HM NC

AKASSE IKPO ARISTIDE 16/04/2013 CASS CD5

AKE JEAN MARIUS 31/03/2014 9E MACA TC

ALI GBIZIE PIERRE 17/02/2012 8E SEGUELA 8E

ALLOUAN ALLO 21/09/2015

AMANI KOUAME EVARIS 04/03/2014 9E MACA 9E

ASSAGOU ATSE PAULIN 31/12/2012 NC HM NC

ASSI ROMEO 18/09/2015 1E MACA 1E

ASSOA ADOU 09/01/2015 10E CP BOUAKE 10E

ATTEKE BOMOUAN ARISTIDE 18/09/2015 3E MACA 3E

ATTOUMOU NGUESSAN HENRI CARLOS 11/04/2012 MACA CASS CD5

AYEKPA DJIDJI TAKO DAGO DENIS 30/01/2015 3E MACA 3E

BAI DREPEUBA PATRICE 09/12/2011 CP BOUAKE CASS CD10

BAIKO MESSIEKAN EMMANUEL 29/06/2012

BALLY LEVY 10/01/2014 9E MACA 9E

BAMBA MOUSSA 10/10/2014 10E MACA C A

BASSOUA DONALD 11/04/2012 MACA CASS CD5

BEDE KOFFI VINCENT 02/08/2011

BENIE BI BRICE 28/09/2012 10E MACA 10E

BEUGRE N'GUESSAN CONSTANT 18/09/2015

BEUGRE NOEL 04/09/2013 MACA CD3

BiAGOU DJEDJE CESAR 18/09/2015 3E MACA 3E

BLAO NICAISE 07/03/2012 HM TC

BLE GODE DAYORO MATHIAS 31/03/2014 9E MACA TC

BLE KANON SERGE 14/10/2011 MACA CASS CD10

BLEKA OBLÉ CLAUDE 31/12/2012 8E MACA 8E

BLE AKA JACQUES 09/01/2015 10E MACA 10E

BLIHA ARISTIDE 04/03/2014 9E MACA 9E

BLY MARIUS 28/10/2011 MACA CASS CD10

BLY MOMPEHO YVES CAMUS 10/10/2014 10E MACA C A

BOA BI TRAYE VALENTIN 08/02/2012 MACA CASS CD10

BOLOU BOLOU OLIVIER CLAVER 29/06/2012

BOLOUGBOU GOMAN FRANCIS 20/02/2014

BOUGUHE GNAPY ARSENE 01/06/2012 MACA CASS CD10

BRISSI DJETON RICHMOND 24/02/2015 8E MACA 8E

BROU SERGE PACÔME 20/03/2013 8E MACA 8E

BROUSSE EMMANUEL 09/05/2012 8E MACA 8E

CLARK ANDERSON 21/01/2013 10E MACA 10E

DABE BI BA MARIUS 30/09/2015 3E MACA 3E

DAGO PHILIPPE 20/06/2011 8E HM 8E

DAGO SERI TOTO THEODORE 24/10/2013 HM CD10

DAGO WILFRIED 02/12/2011 MACA CASS CD15

DAGRI JOACHIM 31/12/2013 9E MACA 9E

DAKE ZEGBE BLAISE 19/11/2012 8E HM 8E

DAKOURY VINCENT 20/02/2014

DALEBA DJEDJE CHARLES 01/03/2013 10E MACA 10E

DAMOUE HASSANE 08/02/2012 1E MACA TC

DAUD ARMEL HERVE 09/01/2015 10E MACA 10E

DAZIRIGNON SERGES EN 2012 10E HM 10E

DEAGOUE ZIGUI MARS AUBIN 06/04/2012 MACA CASS CD15

DEDI ALAIN GUSTAVE 10/10/2014 10E MACA C A

DEDJEH KODJO 10/10/2014 10E MACA C A

DEI KESSE JÉRÔME 01/01/2012 8E MACA 8E

DEPIE GNOLEBA MARIUS 31/12/2012 8E MACA 8E

DIE STEPHANE FABIEN 09/10/2012 10E MACA 10E

DJA H GALLE GERVAIS 30/09/2015 3E MACA 3E

DJEDJE DALY FRANCK 28/01/2015 10E MACA C A

DJEDJE NEAN HENRY 04/03/2014 9E MACA C A

DJEKOU BORIS 28/05/2013 8E MACA 8E

DJEKOURI AIME 09/12/2011 MACA CASS CD10

DJELA ALEXIS NORBERT 28/10/2013 8E MACA 8E

DJELA BAUNEO 21/10/2013 MACA TC

DJERE DJERE DAUTHE FELIX 21/12/2015

DJI ATTO JOCELIN 23/07/2014

DJIKEZON GUEI MARTIN 07/03/2012 HM TC

DJIRE DAWE MAURICE 13/08/2012 8E MACA 8E

DOGBA ABALE JOSEPH 04/10/2012 10E MACA 10E

DOGBO BLE BRUNO EN 2011 ABJ CASS CD35

DOGBO DOGBO OMER 02/07/2012 NC HM NC

DOUBOU PIERRE 18/12/2015

DOUYOU NICAISE 17/09/2015 1E MACA CD 6mois

DRIA NESSEMON LANDRY 02/11/2012 10E MACA 10E

DRO OULAI ERIC 04/03/2014 9E MACA C A

DUADE GILDAS 14/10/2015 1E MACA CD 6mois

EDI OSSOHOU 31/10/2012 10E MACA 10E

EHIVET SIMON PIERRE 04/01/2013 10E MACA 10E

EHIVET SIMONE GBAGBO EN 2011 ABJ CASS CD20

EHOUMAN PIERRE EUGENE 15/10/2012 10E MACA 10E

EHUI GNUA ARSENE SEVERIN 12/08/2012 MACA CD

EKEGNEKPO FREDY 01/01/2012 8E HM 8E

EKPIDI JEAN VIAL 30/11/2012 10E MACA 10E

FAE JEAN CLAUDE 31/08/2012 10E MACA 10E

GAHA PRINCE 30/09/2015 3E MACA 3E

GALEA GNAHORE 31/12/2012 8E HM 8E

GBAHOU ZOH RODRIGUE 02/07/2012 NC NC NC

GBESSI TAPE 21/08/2012 10E HM 10E

GBOGUOUE RODRIGUE 10/10/2014 10E MACA C A

GLAROU GNONSEMA ABEL 29/01/2014 8E MACA 8E

GLAROU RICHMOND 26/08/2011 9E MACA NC

GNABA CEDRIC 20/06/2011 8E HM 8E

GNABA SERGE AIME 07/10/2012 10E MACA 10E

GNABOA GUISSO FRANCOIS 18/09/2015 3E MACA 3E

GNADE CONSTANT 19/06/2013 10E MACA 10E

GNADOU WEDJI JEAN BORIS 02/07/2012 8E HM 8E

GNADRE NARCISSE 01/01/2012 8E HM 8E

GNAHOUA DIDIER 20/02/2014 NC HM NC

GNAMBELY HENRY THEODORE 03/10/2011 MACA CASS CD10

GNAMGBE DESIRE 03/03/2014 10E MACA 10E

GNAMIA GODE JOSEPH 28/12/2012 8E MACA 8E

GNAMIEN OPPA PIERRE 28/12/2012 8E MACA 8E

GNAORE LEON ACHILLE 18/09/2015 1E MACA 1E

GNAPI ALAIN 11/11/2013 MACA TC

GNATOA KATET PAULIN 20/03/2013 8E MACA 8E

GNEPA PELE 21/12/2015

GNEPA TOUGBATE JORAISE 18/12/2015

GNOLOU KALLET ANGE 01/01/2012 8E HM 8E

GOHI SOUHENE KOUDOU 30/09/2015 3E MACA 3E

GONEKALO ROMUALD CAMUS 20/06/2011 8E HM 8E

GONGO ESSOH ESSIS ANGE 14/01/2014 10E MACA 10E

GOORE BI GOLE MARIUS 04/10/2012 10E MACA 10E

GOULIA ALPHONSE JAURES 18/09/2015 1E MACA 1E

GOUZO RODRIGUE 01/01/2012 8E HM 8E

GRAH MADOU PATRICE 04/03/2014 9E MACA C A

GROGUHE NASSOU LEONARD 19/07/2013 MACA TC

GUEBO LIDEILLY AIMÉ 31/12/2012 8E MACA 8E

GUEDE ANGE MICKAEL 30/09/2015 3E MACA 3E

GUEDE YOFFO JUSTIN 16/11/2012 8E HM 8E

GUEHI BLEKA HENRI JOEL 02/07/2012 NC HM NC

GUEHI GBODOU CLAUDE 12/08/2012 MACA TC

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 12:00
Le Jean Colin de la Côte d'Ivoire, Philippe Serey-Eiffel, aka le Tatayet de Ouattara

SOURCE

Ce Français de 58 ans a fait ses premières armes en Côte d'Ivoire en 1973. En mars, le président Ouattara l'a rappelé pour devenir son conseiller spécial. .

Discret, très discret. Forcément, pour un homme de dossiers. Et éminemment secret aussi. Philippe Serey-Eiffel fuit la lumière. Rien à voir avec son arrière-arrière-grand-père, Gustave, le célèbre constructeur de la tour Eiffel. Mais depuis l’accession d’Alassane Dramane Ouattara (ADO) à la charge suprême, il lui est de plus en plus difficile de rester à l’écart du rayonnement et du tapage médiatiques. Et pour cause. Fidèle compagnon du chef de l’État ivoirien, il occupe, à 58 ans, un poste stratégique : conseiller du président de la République chargé de gérer les affaires économiques et les infrastructures.

Sorte de Claude Guéant à la mode ivoirienne, il a un droit de regard sur tous les dossiers économiques et financiers (cacao, café, sécurité…). Et comme l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, il n’hésite pas à convoquer des ministres pour exiger des éclaircissements. Homme de confiance d’ADO, Philippe Serey-Eiffel est l’un des principaux artisans – avec Marcel Amon Tanoh, le directeur de cabinet à la présidence – de la venue de François Fillon à Abidjan, le 14 juillet, et de la défense des intérêts économiques français dans le pays.

LIMOGÉ PAR BÉDIÉ. Né en juin 1953 à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, ingénieur des Ponts et Chaussées, il a fait ses premières armes en Côte d’Ivoire en 1973, sous Houphouët-Boigny, recruté par le tout-puissant Antoine Cesareo, qui régnait sur la DCGTX (Direction et contrôle des grands travaux, aujourd’hui Bureau national d’études techniques et de développement). « C’est un jeune plutôt frêle mais au regard malicieux et plein d’intelligence », disait-il de lui. Philippe Serey-Eiffel gravit tous les échelons de l’institution et accède au poste de directeur général adjoint en 1989.

Devenu Premier ministre, ADO le nomme à la tête de la DCGTX en 1990. Il s’occupe des travaux d’infrastructures et des grands chantiers de privatisation, qui profitent beaucoup aux groupes français. Il est limogé en 1994 par Henri Konan Bédié. De retour en France, il s’occupe de son vignoble dans le Bordelais, de l’Association des descendants de Gustave Eiffel, qu’il préside, et travaille pour la société Scetauroute puis pour Réseau ferré de France. Mars 2011 : ADO le rappelle aux affaires ivoiriennes.

Depuis le 12 janvier 2016 le décret n 2016-03 en article 1 portant nomination de Ministres d’Etat et de Ministres a la Présidence de la République

Nomme

Ministre,Secrétaire Général Délégué de la Présidence de la République chargé des grands projets M Philippe Serey-Eiffel

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 09:00
#Areva sous Anne Lauvergeon, mariée au Fric (#CorrompusEtCorrupteurs #Namibie #AfSud #RCA)

Areva a gaspillé 835 millions d'euros dans un gisement d'uranium en Namibie. Le groupe nucléaire a aussi entretenu des relations ambiguës avec son principal lobbyiste sur place. Cet intermédiaire a notamment embauché le mari de la patronne Anne Lauvergeon.

Un intermédiaire grassement rémunéré qui négocie l’achat d’un yacht via le directeur des mines d’Areva, un gros paquet de dollars pour la société de son adjoint, et enfin une mission de conseil à 30 000 euros pour le mari d’Anne Lauvergeon, l’ancienne patronne du groupe… Selon des informations recueillies par Mediapart et France Inter, Areva a joué un trouble jeu en Namibie, autour d’un des gisements issus d’Uramin. Uramin, c’est cette start-up minière détentrice de mines fantômes en Afrique, dont le rachat s’est soldé par 2,6 milliards d’euros de pertes. Lesquelles ont largement contribué à plonger le géant tricolore du nucléaire dans une crise économique et sociale gravissime (lire ici).

Depuis le mois de mai 2015, une double information judiciaire a été confiée aux juges financiers Renaud Van Ruymbeke, Charlotte Bilger et Claire Thépaut. La première, pour« corruption, escroquerie et abus de biens sociaux », a été élargie à des soupçons de« délit d’initié » visant le mari d’« Atomic Anne », Olivier Fric. La seconde, pour« présentation ou publication de comptes inexacts » et « abus de pouvoir », concerne la manière dont Lauvergeon aurait trompé l’État actionnaire sur la valeur d’Uramin, puis aurait dissimulé l’ampleur du fiasco jusqu’à son éviction en 2011.

Les soupçons de « corruption d’agent public étranger » portent principalement sur l’Afrique du Sud. Selon une enquête du journal Mail & Guardian, démentie par Areva, le groupe aurait sciemment surpayé Uramin pour financer des proches du pouvoir sud-africain, dans l’espoir de construire des centrales EPR. Selon nos informations, des manœuvres troubles ont également eu lieu en Namibie, voisin et ex-colonie de l’Afrique du Sud, dirigé depuis l’indépendance et la fin de l’apartheid par le parti Swapo, très proche de l’ANC sud-africain.

Sur les trois gisements issus d’Uramin (Centrafrique, Afrique du Sud et Namibie), c’est la mine namibienne de Trekkopje qui a été la plus ruineuse. Areva y a englouti 1,8 milliard d'euros, soit 70 % de l’ensemble des pertes liées à Uramin. Car le site a fait l’objet d’un véritable acharnement thérapeutique, avec 835 millions d’investissements pour une production quasi nulle.

Pour débloquer le permis de Trekkopje, Areva a fait appel à un intermédiaire local grassement rémunéré, qui devait en prime obtenir à prix d’ami 50 % de l’usine de dessalement d’Areva. L’intéressé s’est en retour montré très généreux. Daniel Wouters, dirigeant de la division mines d’Areva, a obtenu un chèque de 500 000 dollars pour sa société et un généreux contrat de consultant. Olivier Fric a été rémunéré 30 000 euros par le même intermédiaire pour négocier avec… Areva, c’est-à-dire le groupe dirigé par sa femme. Sans oublier une étrange transaction sur l’achat d’un yacht, menée par le directeur des mines du groupe, Sébastien de Montessus (lire notre enquête ici).

Pour comprendre les mœurs africaines d’Areva, un retour en arrière s’impose. À la fin de l’année 2006, l’entreprise publique veut développer ses mines d’uranium pour répondre à la croissance du nucléaire, en particulier sur le continent noir. Areva a deux fers au feu : étudier le rachat de start-up minières (on les appelle les « juniors »), et créer sa propre « junior », baptisée Songaï, chargée de décrocher de nouveaux permis d’exploration.

Cette filiale à 100 % d’Areva basée en Afrique du Sud, dont Mediapart avait révélé l’existence, a été créée à l’initiative de Zéphirin Diabré, homme politique et businessman burkinabè, qui fut le conseiller Afrique d’Anne Lauvergeon. Songaï est dirigée par Serge Lafont, par ailleurs patron d’Areva en Afrique du Sud et très proche d’Atomic Anne – ils ont travaillé ensemble à l’Élysée sous Mitterrand. Sur le papier, l’intention est louable : il s’agit de créer une petite structure aussi agile que les « juniors », et de l’africaniser en ouvrant son capital à des intérêts locaux, afin de maximiser son influence politique.

Sauf que Songaï se retrouvait en concurrence avec la division mines d’Areva, qui lui fournissait pourtant ses moyens financiers ! Surtout, la société, récemment liquidée, n’a jamais décroché le moindre permis. Et ses« méthodes africaines » ont vite fait tousser en interne.« C’était une société de lobbying », a confié à Mediapart un ex-cadre d’Areva. « Dans nos équipes, il y avait des gens qui pensaient qu’en Afrique, on ne peut faire affaire qu’en faisant plaisir, parce que c’est la culture locale », soupire un autre ancien du groupe.

Les soupçons culminent fin 2007, lorsqu’une réunion est organisée au siège de Songaï avec Niko Sheffer, un homme d’affaires israélien plus que sulfureux, condamné pour fraude et spécialisé dans le business avec les dictatures africaines les plus violentes. L’intéressé a vanté l’efficacité de ses méthodes dans un article du Center for Public Integrity : « Je me déplace avec du liquide. Je peux acheter une Mercedes 600 au président. Comment une entreprise normale peut justifier ça ? […] Moi, je n’ai pas besoin de l’expliquer en conseil d’administration, je suis le conseil. »

On ignore si Songaï a finalement fait appel à Sheffer. Ce qui est sûr, c’est que la filiale d’Areva a topé au même moment avec un autre intermédiaire : le Namibien Haddis Tilahun. Patron et fondateur du conglomérat United Africa Group (UAG), essentiellement présent dans l’hôtellerie, il ne connaît rien aux mines. Qu’importe, c’est son entregent qui intéresse Areva. Marié à une femme d'affaires elle aussi très influente, Haddis Tilahun est un gros donateur du Swapo, le parti au pouvoir en Namibie.

Une mission à 30 000 euros pour le mari d'Anne Lauvergeon

Le couple s’est spécialisé dans le lobbying en faveur des grands groupes étrangers. En octobre 2007, Songaï signe un contrat avec Tilahun. « Le gouvernement namibien avait gelé l’attribution de nouveaux permis miniers. Il devait contourner ce moratoire », confie un ancien géologue d’Areva au fait du dossier. La rémunération prévue est gigantesque : 150 000 dollars par permis, plus un bonus en actions, alors que ce genre de services est d’ordinaire rémunéré 20 000 dollars. Une partie de cet argent devait-il être redistribué à des politiques namibiens ? Contacté par Mediapart, Tilahun n’a pas donné suite.

Début 2008, un salarié d’Areva alerte le DRH de la division mines, au sujet de la réunion avec l’Israélien Niko Sheffer et du contrat hors normes passé avec Haddis Tilahun. « Certaines positions/actions prises par Songaï ne me semblent pas conformes avec la charte des valeurs Areva (notamment aux principes d'intégrité) et pourraient nuire à l’image du groupe », écrit-il dans son mail, apparemment resté sans suite.

Tilahun a beau avoir échoué à décrocher des permis pour Songaï, Areva a encore besoin de lui. Car le groupe a finalisé, début août 2007, le rachat d’Uramin pour 1,6 milliard d’euros. La négociation a été menée par Daniel Wouters, un banquier belge spécialiste de l’Afrique, fraîchement recruté comme directeur du développement de la division mines – c’est le mari d’Anne Lauvergeon, Olivier Fric, qui a fait passer son CV. Son chef, Sébastien de Montessus, est à l’époque un protégé d’« Atomic Anne » – ils se sont fâchés par la suite. Au moment du bouclage de l’opération Uramin, elle l’a bombardé, à 35 ans, patron de la mine.

Pour justifier le rachat d'Uramin, il faut des résultats rapides. Areva choisit de lancer d’urgence l’exploitation du gisement namibien de Trekkopje, jugé le plus prometteur. Dès le 26 septembre 2007, le comité exécutif lance une première tranche de 150 millions d'euros d’investissements (portés par la suite à 835 millions) pour construire les équipements miniers et une usine de dessalement d’eau de mer, indispensable pour alimenter cette mine située en plein désert.

Cette décision est doublement hallucinante. Areva, qui n’a effectué aucun sondage géologique, n’a en effet aucune certitude quant au fait que le gisement soit exploitable – les seules données disponibles viennent d’une étude payée par le vendeur, qui se révélera très optimiste. Ensuite, le groupe n’a même pas la licence d’exploitation de Trekkopje ! Malgré le prix astronomique payé pour acheter Uramin, ce document, indispensable pour démarrer la mine, n’était pas inclus dans la corbeille de mariage…

Il faut absolument débloquer la situation. En février 2008, Anne Lauvergeon et son directeur des mines, Sébastien de Montessus, s’envolent pour la Namibie, afin d’établir un premier contact avec les autorités. Leurs conjoints respectifs les rejoignent pour quelques jours de vacances. C’est à l’occasion de ce voyage qu’un accord est passé avec Haddis Tilahun. L’intermédiaire d’Areva est chargé d’obtenir la licence d’exploitation. En échange, il doit obtenir 50 % de la future usine de dessalement, à des conditions très avantageuses. Histoire de sceller les bonnes relations, sa femme est nommée présidente d’Uramin Namibie.

C’est alors qu’intervient Olivier Fric, qui exerce la profession de consultant. Il participe, comme on l’a vu, au voyage en Namibie avec son épouse Anne Lauvergeon. Il en profite pour proposer ses services à Tilahun. Lequel accepte de le faire travailler sur l’opération de l’usine de dessalement, notamment pour lever les fonds. Sans doute pour brouiller les pistes, le contrat, signé à l’automne 2008, est en fait passé avec Patrick Gidon, un négociant ami et associé de Fric. Lequel embauche dans la foulée monsieur Lauvergeon comme consultant. Selon nos informations, la mission est rémunérée 80 000 dollars (60 000 euros à l'époque), à partager entre les deux hommes.

La situation est surréaliste. Pendant deux ans, entre 2008 et 2010, Olivier Fric a donc défendu, par courriels et lors de réunions, les intérêts d’un lobbyiste face aux équipes d’Areva, le groupe dirigé par sa femme. Autre détail piquant : sur ce projet d’usine de dessalement, Fric négocie avec le numéro 2 de la division mines d’Areva, Daniel Wouters, dont il a contribué à l’embauche en faisant passer son CV ! « Certains se posent des interrogations, mais pénalement, il n’y a rien : M. Fric a été rémunéré pour une prestation qu’il a réellement effectuée », plaide son avocat, Mario-Pierre Stasi.

Anne Lauvergeon pouvait-elle ignorer ce conflit d’intérêts ? Contactée via son avocat, elle n’a pas donné suite. « Atomic Anne » se montre en tout cas ravie des services de l’intermédiaire qui emploie son mari. Dans un courrier confidentiel de décembre 2009, que Mediapart s’est procuré, la PDG « remercie sincèrement » Tilahun pour « ses efforts pour aider Areva », et espère que leur « collaboration fructueuse va continuer et s’étendre ». Lauvergeon est d’ailleurs « heureuse de confirmer » à l’homme d’affaires qu’il a été choisi pour rentrer au capital de l’usine de dessalement.

Il faut dire que Haddis Tilahun se montre redoutablement efficace. En janvier 2009, Sébastien de Montessus est revenu de Namibie avec la licence d’exploitation de Trekkopje en poche. Dans un mail à ses équipes, il explique que le précieux document a été obtenu grâce à l’aide de Martha Tilahun, l’épouse de Haddis. « Sans compromis », précise-t-il.

Les services de Tilahun sont en tout cas loin d’être gratuits. Comme l’a révélé le quotidien The Namibian, Areva lui a versé 3,4 millions de dollars d’« honoraires » en janvier 2010. L’ordre de virement, que Mediapart s’est procuré, est signé Sébastien de Montessus et Daniel Wouters. Selon nos informations, ce paiement fait suite à un contrat avec Areva, dans lequel Tilahun s’engage à obtenir d’énormes exemptions fiscales pour le groupe français en Namibie. Ce qui est parfaitement légal, à condition que l’argent ne serve pas à corrompre des politiques ou des fonctionnaires. Contacté, Areva se borne à répondre que « tout paiement effectué l’a été sur la base d’un contrat valablement conclu entre Areva et cette société ».

Le problème, c’est qu’un parfum de favoritisme flotte autour de ce contrat. Début 2010, quelques semaines après le versement de 3,4 millions, Tilahun obtient que le gisement d’Areva soit classé en zone franche. Selon une source proche du dossier, cela représente 500 à 600 millions de dollars d’économie d’impôts sur la durée d’exploitation du gisement de Trekkopje.

Comme l’a révélé le magazine Insight Namibia, les autres opérateurs miniers sont furieux, car Areva est le seul à avoir obtenu ce statut. Surtout, un haut responsable du ministère des mines affirme publiquement que cette faveur a été accordée à la suite des pressions exercées par Hage Geingob, l’actuel président de la République, qui était ministre du commerce et de l’industrie à l’époque.

Geingob a démenti par voie de presse. Mais il se trouve qu’il a par ailleurs touché 300 000 dollars d’Uramin sur des comptes à l’étranger. Le président de la République a assuré que ce paiement est intervenu lorsqu’il était député, juste avant le rachat d’Uramin par Areva, en échange d’une mission de conseil effectuée en 2006 et 2007 pour l’obtention d’un « permis minier ». Il dément aussi les accusations contenues dans un rapport du cabinet d'intelligence économique Alp Services, selon lequel il aurait joué un rôle dans la vente d’Uramin. Il n'en demeure pas moins que Geingob a reversé les deux tiers de ses 300 000 dollars à deux individus sud-africains, dont il ne souhaite pas donner l'identité…

Quoi qu’il en soit, après le succès de l’opération « défiscalisation », Tilahun a bien mérité son ultime récompense. En février 2010, son groupe, UAG, annonce qu’il a acheté 50 % de l’usine de dessalement d’Areva, qui est inaugurée deux mois plus tard en présence de Haddis Tilahun et de Hage Geingob. Ce que confirme Areva dans ses rapports annuels, y compris le plus récent portant sur l'année 2014. Et pourtant, l’information est fausse ! Comme nous l’a confirmé Areva, Tilahun n’a, en réalité, jamais été actionnaire de l’usine.

Pourquoi Areva a-t-il menti à ses actionnaires, au premier rang desquels figure l'État français ? Le groupe n’a pas souhaité répondre sur ce point. En tout cas, l’opération est éminemment trouble. Selon nos informations, le montage retenu était ultra favorable à Tilahun. EDC, une coentreprise détenue à 50-50 avec Areva, devait racheter l’usine, qui a coûté 240 millions de dollars, grâce à un emprunt. Tilahun, lui, ne devait injecter que 20 millions. Résultat : au bout d'une dizaine d'années, une fois la dette remboursée grâce aux profits de l’usine, l’intermédiaire d’Areva se serait retrouvé propriétaire d’un actif valant 120 millions de dollars, pour une mise de départ six fois inférieure !

Reste à trouver l’argent nécessaire, à la fois pour racheter l’usine et financer le ticket d’entrée de Tilahun. Mais obtenir les emprunts se révèle plus difficile que prévu. Qu’à cela ne tienne, Areva envisage, en juillet 2010, de prêter 245 millions de dollars à EDC, la société détenue à 50-50 avec Tilahun. Un projet de contrat est même rédigé. Bref, Areva est prêt, à ce moment-là, à assumer l’intégralité du risque financier.

On ignore pourquoi le groupe nucléaire a envisagé de faire un tel cadeau à Tilahun. En tout cas, le patron d’UAG est, sans surprise, très motivé. Et il s’emploie à mettre de l’huile dans les rouages. Il a, on l’a vu, embauché le mari d’Anne Lauvergeon pour l’assister sur ce projet. « Il a débarqué dans une réunion entre UAG et mes équipes. […] Puis il a commencé à négocier avec mes équipes des accords d’actionnaires sur l’usine de dessalement. Mes collaborateurs sont venus me voir pour me dire qu’il y avait un problème car ils étaient en train de négocier avec le mari de la présidente », a raconté Sébastien de Montessus, à l’époque patron des mines d’Areva, dans le livre du journaliste Jean-Louis Perez (Anne Lauvergeon, le pouvoir à tout prix, éditions du Seuil).

Tilahun est également aux petits soins avec Daniel Wouters, directeur du développement des mines et collaborateur de Montessus, qui conduit les négociations au sujet de l’usine de dessalement. En octobre 2009, l’homme d’affaires namibien investit 500 000 dollars dans Swala Resources, une société minière dont Wouters est l’un des associés. En juillet 2012, peu après son départ d’Areva, Wouters obtiendra aussi un job de consultant auprès de Tilahun, rémunéré 16 000 euros par mois, plus primes de succès.

Il y a enfin une coïncidence : pile pendant les négociations, Sébastien de Montessus a négocié l’achat d’un yacht à 7,5 millions d’euros pour le compte de Haddis Tilahun (lire notre enquête ici). Dans son entourage, on indique que l’acquisition du navire n’a pas abouti, et que ce projet était sans rapport avec celui de l’usine de dessalement.« Sébastien de Montessus ignorait les détails du montage financier, qui était négocié par Daniel Wouters », assure un de ses proches. Selon nos informations, le directeur des mines d'Areva a pourtant été destinataire de plusieurs mails relatifs à l’opération.

Quoi qu’il en soit, le projet de partenariat avec Tilahun a finalement été abandonné par Areva en 2011 – sans qu’on sache si cela s’est produit avant ou après l’éviction d’Anne Lauvergeon en juin. « La société ad hoc, dénommée EDC, a bien été créée mais le projet de refinancement n’a pas pu être mis en place dans les délais que les parties s’étaient fixé dans leur contrat. L’accord passé avec UAG est alors devenu caduc. L’usine de dessalement est un actif qui est la propriété à 100 % du groupe Areva », précise le groupe nucléaire à Mediapart.

Résultat : Haddis Tilahun est furieux. Le patron d’UAG continue à affirmer qu’il possède une participation dans l’usine. Et a indiqué dans la presse avoir lancé une procédure judiciaire contre Areva afin de faire valoir ses droits. De son côté, Areva indique qu’il« étudie aujourd’hui un recours contentieux contre UAG ». Le groupe tricolore affirme en effet avoir versé « une avance pour le projet de refinancement » de l’usine de dessalement, que Tilahun n’aurait jamais remboursée.

Quant au gisement namibien de Trekkopje, son exploitation a été suspendue fin 2012, peu après le départ d’Anne Lauvergeon. Areva y a englouti 1,8 milliard d’euros. En janvier 2014, le groupe a mis en vente son usine de dessalement d’eau de mer, désormais inutile. Le gouvernement namibien s’est montré intéressé, mais le deal n’a toujours pas abouti. Il faut dire que selon un rapport de la société publique Namwater, dévoilé parThe Namibian, construire une nouvelle usine coûterait deux fois moins cher que de racheter celle d’Areva. Le groupe français a-t-il surpayé cette infrastructure ? Si oui, pourquoi ? Voilà une nouvelle zone d'ombre dans un dossier qui n’en manque pas.

Contacté via son avocat, Jean Reinhart, Areva dit en tout cas n'avoir commis aucune irrégularité. « Suite à la liste des questions que vous nous avez transmises, nous craignons de leur formulation qu’elles ne traduisent un article à charge contre Areva, nous a répondu le groupe par courriel. Nous le regrettons d’autant plus que vos informations contiennent des erreurs manifestes. Nous ne pourrons vous apporter de commentaires sur les sujets qui sont en lien avec la procédure judiciaire en cours concernant Uramin. Notre groupe continuera dans cette affaire d’apporter tout son concours à la justice. »

TEXTE : YANN PHILIPPIN

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 22:00
Jeunesse Camerounaise, le #FMI te la met jusqu'à #Lagarde !

Photo qui circule abondamment déjà sur les réseaux sociaux, témoignage du passage récent et structurellement ajusteur de Miss FMI au Cameroun.

A quel pan de leur Service public les Camerounais doivent-ils se préparer à se passer ?

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 11:00
#GoDuMoment / Iman, un coeur à prendre (#DavidBowie)

David Bowie and Iman on Rosie O Donnell Show. 1997.

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 05:00
#Daesh / Des innocents aux mains sales, par Malick Noël Seck (#Vidéo #Sénégal #LectureProtche)

Ajoutée le 18 déc. 2015

Des innocents aux mains sales / Malick Noël Seck (#Daech #Qatar #Bataclan #Sénégal)

Intervention du leader sénégalais Malick Noël Seck (Front national de Salut public, Mom Sa Rew), suite aux attentats parisiens de Daesh et aux réactions officielles sénégalaises par rapport à l'islamisme.

Texte : MNS
Lecture : GP
Mixage : Cave du 18
www.legrigriinternational.com

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 15:00
#HilaryEmailGate / Quid des 143 tonnes d'or de Kadhafi, Mr Sarkozy ? (#BHL #FCFA)

SOURCE

VOIR LE DOCUMENT

De nouveaux e-mails déclassifiés d’Hillary Clinton montrent la méfiance des Américains vis-à-vis des motivations de Nicolas Sarkozy en Libye, et leur regard ironique sur Bernard-Henri Lévy.

En pleine guerre de Libye, en 2011, les Américains s’interrogeaient sur les motivations de Nicolas Sarkozy, et s’amusaient du rôle de Bernard-Henri Lévy dans cette aventure.

Cette période historique se retrouve au centre de l’« emailgate » d’Hillary Clinton, l’affaire née aux Etats-Unis de l’utilisation de sa messagerie personnelle par l’ancienne secrétaire d’Etat. Une nouvelle série d’e-mails rendue publique en début d’année par la candidate à l’investiture démocrate à la présidence américaine – et disponible sur le site du département d’Etat – contient en effet des documents relatifs à la guerre de Libye initiée par le président français de l’époque.

Le 2 avril 2011, Sydney Blumenthal (« Sid »), ancien collaborateur de Bill Clinton à la Maison Blanche, ami de longue date et confident d’Hillary Clinton, adresse à la secrétaire d’Etat (qui le fait suivre à son entourage) un mémorandum « confidentiel » contenant une évaluation des motivations de Nicolas Sarkozy dans son soutien aux rebelles libyens.

On n’y parle pas d’humanitaire ou de populations en danger, mais d’intérêts stratégiques, économiques, politiques et, surtout, d’un trésor en or franc et massif.

Selon David Ignatius, du Washington Post, Blumenthal tiendrait ses informations sur la Libye d’un ancien agent de la CIA, Tyler Drumheller. D’autres sources ont exprimé des doutes sur la fiabilité des informations de « Sid », mais Hillary Clinton, qui avait voulu le prendre dans son équipe au département d’Etat mais en a été empêchée par la Maison Blanche, a continué à l’écouter : selon Foreign Policy, il était son « collecteur d’informations non-officiel ».

Le mémo liste cinq facteurs motivant l’engagement de Nicolas Sarkozy à mener cette guerre en Libye :

  • « Un désir d’obtenir une plus grande partie du pétrole libyen ;
  • accroître l’influence française en Afrique du Nord ;
  • améliorer sa situation politique intérieure en France ;
  • offrir à l’armée française une chance de rétablir sa position dans le monde ;
  • répondre à l’inquiétude de ses conseillers concernant les plans à long terme de Kadhafi de supplanter la France comme puissance dominante en Afrique de l’ouest ».

Sur ce dernier point, le mémorandum fait état de l’existence d’un trésor de Kadhafi de 143 tonnes d’or et presque autant d’argent, qui aurait été transféré de Tripoli à Sebha, dans le sud de la Libye, après le déclenchement des opérations militaires quinze jours plus tôt.

« Cet or a été accumulé avant la rébellion actuelle, et était destiné à établir une monnaie panafricaine appuyée sur un dinar or libyen. Ce plan était destiné à offrir aux pays d’Afrique francophone une alternative au franc CFA ».

L’auteur du mémorandum indique que ses sources évaluent ce trésor (en 2011) à quelque 7 milliards de dollars, et précise que son existence a été découverte par les services de renseignement français peu après le déclenchement de la rébellion libyenne. Il ajoute :

« C’est un des facteurs qui ont influencé la décision du président Nicolas Sarkozy d’engager la France dans une attaque de la Libye. »

De nombreuses rumeurs ont circulé à l’époque sur ce trésor en or ayant échappé au blocage des avoirs libyens à l’étranger, et sur le plan de Kadhafi pour l’Afrique (voir ainsi ce sujet de la chaîne russe RT de 2011) ; elles continuent d’alimenter bien des spéculations et des fantasmes. En 2013, une note de blog de la Tribune de Genève était encore titrée : « L’or de Kadhafi, en veux-tu, en voilà »...

Rappelons que les opérations militaires ont débuté le 19 mars 2011, à l’initiative des Français et des Britanniques, avec le soutien américain qui fut difficile à obtenir.

Le 29 mars, trois jours avant ce mémorandum, Bernard-Henri Lévy, qui est à l’initiative de cette aventure, raconte dans le livre qu’il y a consacré, « La Guerre sans l’aimer » (Grasset, 2011), une conversation avec Nicolas Sarkozy :

« Il est en colère contre Barack Obama qui est “en train de vouloir se retirer”. Il a eu une discussion avec lui hier soir. Très dure. Très ferme et très dure. Et il a acquis la conviction que les Etats-Unis allaient essayer de se dégager.

“C’est bizarre,” insiste-t-il. “Ils ont été bien, au début. Très bien. C’est lui, Obama, qui a fait l’arbitrage final entre Gates et Clinton, quand la décision d’intervention a été prise. Mais là, tout d’un coup... Je ne comprends plus ce qui se passe... Il est en retrait, j’en suis convaincu.” »

BHL est lui-même égratigné dans le mémorandum adressé à Hillary Clinton :

« L’émissaire occasionnel de Sarkozy, l’intellectuel et auto-promoteur Bernard-Henri Lévy, est considéré par les membres du Conseil national libyen [l’organe dirigeant de la rébellion contre Kadhafi, ndlr] qui ont eu affaire à lui comme un homme à moitié utile, un personnage à moitié fantaisie. »

Au moment où cette analyse est adressée à Hillary Clinton, BHL se trouve justement à New York, en campagne médiatique en faveur de l’intervention en Libye.

Tout au long de cette période, selon les e-mails rendus publics en ce début d’année, Hillary Clinton reçoit des informations qui montrent un manque de confiance dans l’action française en Libye.

Le 19 avril, « Sid », toujours lui, cite des officiers du Conseil national de transition libyen, inquiets que ni les Britanniques, ni les Français ne fourniront à la rébellion les équipements qui lui permettront de faire la différence :

« Ces individus sont particulièrement amers à propos de la position française, car ils soulignent qu’au tout début de la rebellion, des officiers du groupe Action de la DGSE [le service de renseignement extérieur français, ndlr] ont rencontré les leaders de la rebellion et les ont encouragés à se soulever contre Kadhafi, promettant de l’aide dès que les combats commenceraient. »

Réponse d’Hillary Clinton à cet e-mail :

« Ah ! Vous pouvez retirer un pays des colonies, mais vous ne pouvez pas éliminer les soupçons coloniaux. »

Blumenthal souligne également que la DGSE « cultive » ses contacts avec le général Abdelfattah Younès, ancien officier de l’armée de Kadhafi passé à la rébellion, préféré au général Khalifa Haftar, jugé trop proche des Américains... Younès finira assassiné dans des conditions mystérieures en juillet 2011, tandis que Haftar est un des personnages-clés de la crise libyenne actuelle.

Dans un autre e-mail à Hillary Clinton, Blumenthal s’amuse d’un article« hilarant » du journaliste du Daily Beast (ex-Newsweek), Christopher Dickey, un vieux routier du journalisme basé à Paris, et qui décrit les relations « incestueuses » entre Sarkozy, BHL « en Lawrence d’Arabie », et Carla Bruni.

« Seul Molière pourrait faire justice [à cette scène, ndlr] », écrit-il à Hillary Clinton, qui s’empresse de le faire suivre à ses conseillers...

Ces e-mails tombés accidentellement dans le domaine public par le biais de l’enquête sur la faute d’Hillary Clinton à continuer d’utiliser son e-mail personnel alors qu’elle dirigeait la diplomatie américaine, s’ajoutent au dossier de cette guerre de Libye qui ne manquera pas de ressurgir dans les prochains mois.

Le débat sur la légitimité et les modalités de cette guerre risquent fort de rebondir alors que se précise le risque de nouvelles actions militaires, notamment françaises, en Libye, afin de bloquer la progression du groupe Etat islamique.

Il rebondira également si Nicolas Sarkozy est candidat à la présidence de la République et sera inévitablement confronté au bilan de sa présidence précédente, y compris cette guerre peu orthodoxe aux conséquences désastreuses.

BHL est lui-même égratigné dans le mémorandum adressé à Hillary Clinton :

« L’émissaire occasionnel de Sarkozy, l’intellectuel et auto-promoteur Bernard-Henri Lévy, est considéré par les membres du Conseil national libyen [l’organe dirigeant de la rébellion contre Kadhafi, ndlr] qui ont eu affaire à lui comme un homme à moitié utile, un personnage à moitié fantaisie. »

Au moment où cette analyse est adressée à Hillary Clinton, BHL se trouve justement à New York, en campagne médiatique en faveur de l’intervention en Libye.

Tout au long de cette période, selon les e-mails rendus publics en ce début d’année, Hillary Clinton reçoit des informations qui montrent un manque de confiance dans l’action française en Libye.

Le 19 avril, « Sid », toujours lui, cite des officiers du Conseil national de transition libyen, inquiets que ni les Britanniques, ni les Français ne fourniront à la rébellion les équipements qui lui permettront de faire la différence :

« Ces individus sont particulièrement amers à propos de la position française, car ils soulignent qu’au tout début de la rebellion, des officiers du groupe Action de la DGSE [le service de renseignement extérieur français, ndlr] ont rencontré les leaders de la rebellion et les ont encouragés à se soulever contre Kadhafi, promettant de l’aide dès que les combats commenceraient. »

Réponse d’Hillary Clinton à cet e-mail :

« Ah ! Vous pouvez retirer un pays des colonies, mais vous ne pouvez pas éliminer les soupçons coloniaux. »

Blumenthal souligne également que la DGSE « cultive » ses contacts avec le général Abdelfattah Younès, ancien officier de l’armée de Kadhafi passé à la rébellion, préféré au général Khalifa Haftar, jugé trop proche des Américains... Younès finira assassiné dans des conditions mystérieures en juillet 2011, tandis que Haftar est un des personnages-clés de la crise libyenne actuelle.

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