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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 18:00
#Daesh / Des innocents aux mains sales, par Malick Noël Seck (#Texte #Sénégal)

DES INNOCENTS AUX MAINS SALES
Un crime est un crime ! Et ni l'horreur des guerres secrètes, ni le sang palestinien ni la folie des gouvernements, ou l'ineptie des assassinats préventifs que la presse nous dit salutaires, ne saurait le justifier. Les visages des victimes de Paris nous hanteront longtemps puisque la presse nous les montre et nous raconte leur histoire. C'est l'histoire de jeunes gens sauvagement arrachés à la vie à un âge où la mort est interdite. C'est l'histoire de familles entières qui vivront le reste de leurs jours dans le deuil et le ressentiment d’une mort sans contenu ni contour.
C'est l'histoire de tous les crimes du monde, et il n'appartient à aucun musulman de l'expliquer !
Que les procureurs de la République, les ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères, que le ministère de l'Information et la police de la pensée, décrètent, révoquent, perquisitionnent et torturent, pour déterminer l'origine et les motivations de l'acte à des fins supposées préventives peut se comprendre, mais que l'on invite des représentants auto proclamés de l'Islam à venir s'expliquer défie l'entendement.
Où étaient donc les services de renseignements français lorsque l’allié turc laissait passer des milliers de ressortissants européens qui allaient commettre en Syrie les mêmes atrocités qu’à Paris ?
Que penser du pétrole que Daech est en train d’exporter via la Turquie et dont les revenues ne servent qu’à financer les horreurs commises au nom de l’Islam ?
Si vous pensez avoir compris quelque chose au charabia de la presse, faites l’effort d’oublier, de tout oublier. C’est une histoire où les innocents, pas les victimes, ont les mains sales. Et il n’y a ni conflit de civilisations, ni croisade à opposer à la fausse guerre sainte de jeunes inadaptés qui pensent que se faire exploser au milieu d’une foule leur donnera gain de cause.
En réalité, depuis la fin de la parité Or du dollar, sous Nixon en 1973, l'Amérique, incapable de contrôler son inflation monétaire, a accumulé une dette de dix-neuf mille milliards de dollars qu'elle ne pourra jamais payer. Elle s'est enfermée dans la logique suicidaire d'un accroissement incontrôlable des dépenses de l'Etat pour entretenir l'illusion de la prospérité et du rêve américain. Elle utilise l'OTAN et ses pays membres pour légitimer un nouvel ordre mondial d'où, elle l'espère, lui viendra le secours. Elle a besoin du Terrorisme !
Au-delà des indignations éphémères et des déclarations de principe, c’est sur les réactions aux crimes qu’ils convient de s’attarder et surtout analyser comment l’acte terroriste introduit un monologue manichéen (opposition du bien et du mal), qui fait oublier les enjeux économiques et les responsabilités collatérales et rendent plus acceptables les raisonnements simplistes qu’on en déduit. S’Il suffit que sept apprentis mercenaires qui voyagent, traversent les frontières, reçoivent leur salaire par Western Union, tout en échappant miraculeusement à l’attention de tous les services de renseignements d’Europe et d’Asie mineure, pour perpétrer leur crime, puissent déclencher trois mois d’Etat d’urgence, un conflit des civilisations et une déclaration de guerre contre un Etat qui n’existe pas, alors Daech a déjà gagné et le mouvement anti-Islamique en Europe a de beaux jours devant lui !
Quand la haine des hommes ne comporte aucun risque, leur bêtise est vite convaincue et le reste vient tout seul, disait l’écrivain Céline. Donc, Il faut d’abord beaucoup de haine contre un ennemi évanescent pour enfermer le monde entier dans des raisonnements circulaires et introduire des mécanismes de normalisations sous formes de remise en cause des libertés individuelles, de concentration des capitaux, de création de bases militaires pour mieux préparer la fin des identités nationales et l’avènement du nouvel ordre international sous l’égide de l’OTAN, cet appareil à listes.
Pour échapper à la banqueroute financière, le capitalisme doit constamment réinventer les modalités de l’impérialisme. Hier, c’était la mission civilisatrice, la régénération des races inférieures par les races supérieures, comme disait Renan, puis ce fut la grande mystification de la guerre froide, puis les introuvables armes de destruction massive, et aujourd’hui, c’est l’Islam. Les révoltes populaires contre les despotes jadis soutenus par la CIA, de la Tunisie de Ben Ali à l’Egypte de Moubarak sont récupérées à des fins de propagande pour fabriquer la fausse rébellion Libyenne, et fomenter l’assassinat de Kadhafi et la destruction de la Syrie au nom de cette imposture qu'aura été le Printemps Arabe.
Et comme toujours, des cendres de l’anarchie que l’OTAN laisse derrière elle, nait le terrorisme. Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, n’a-t-il pas déclaré qu’Al Nosra (Al Qaida en Syrie) faisait du bon boulot ?
Pour l’ensemble des raisons évoquées, j’ai bien peur que le terrorisme tel qu’on nous le présente ne soit à la fois qu’un outil, et un moyen de détourner l’attention des peuples de la faillite du libéralisme et de l’incapacité de l’Europe à gérer les mouvements migratoires et les changements ethno-culturels qu’ils occasionnent. Le Capitalisme n’a pas apporté la libre concurrence et l’égalité des chances qu’il promettait. Partout les situations de monopole se multiplient, la concentration des richesses du monde entre les mains d’une oligarchie et la mondialisation des marchés ont eu raison de la démocratie.
Nous savons tous que les résultats d’une élection ont bien moins à voir avec les opinions populaires que les énormes sommes d’argents investit par les bailleurs de fonds pour faire élire le candidat de leur choix.
"On vote le plus riche en espérant qu'il volera moins", le résumera à sa façon récemment un étudiant burkinabé sur les réseaux sociaux.
Combiné aux préalables ajustements structurels asséchant les finances nationales, ce contrôle exercé par le capital financier sur l’exécutif entraine des politiques d’endettement qui sont à la faveur du système bancaire, du complexe militaro industriel (US), et les différentes agences de renseignement.
Mais un système qui ne doit sa prééminence qu’à la frénésie des consommateurs et à l’investissement dans l’endettement de l’Etat n’est pas un système viable et pour survivre, le capitalisme doit nécessairement s’abimer dans l’impérialisme.
Aux lendemains des attentats de Paris, toutes les manifestations ont été suspendues voire interdite à l’exception du salon de la sécurité à la porte de Versailles, inauguré par le sultan du Qatar flanqué de Akbar al-Baker, le PDG de Qatar Airways à qui François Hollande vient de remettre discrètement la légion d’honneur ! On ne peut rien refuser à un pays qui vient de vous acheter vingt avions de guerre ! C’est vous dire combien l’indignation nationale fait bon ménage avec une morale Républicaine que l’or achète.
Macky Sall, qui il y a quelque jour s’est déclaré président de droit divin, nous annonce un budget de la sécurité contre le terrorisme, qui s’élèvera à quarante milliards de francs, dont les Sénégalais ne verront jamais la couleur puisque cet argent ira entre autres, aux prestataires du salon de la sécurité.
Au Sénégal, où le budget consacré aux invalides de guerres est de vingt neufs millions de francs et où un militaire blessé au combat touche onze mille francs de pension alimentaire par mois.
Au Sénégal, où le Président de la République a emprunté cinquante-sept milliards pour organiser l’ignoble sommet de la Francophonie et vient d’augmenter le prix de l’eau et de l’électricité pour compenser le manque à gagner occasionné par les APE.
Au Sénégal, où le président de la République est, pour sa communication, sous la bienveillante surveillance d'une vieille star parisienne rarement prise en défaut de patriotisme envers son pays.
Au Sénégal, où il n’y a que deux sage femmes pour mille grossesses et ou trente-trois milles enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de maladies bénignes, le président de la République va en notre nom allègrement marcher dans la supercherie du terrorisme international... jusqu’à interdire le port du voile intégral.
Parce qu’aujourd’hui le visage de l’impérialisme au Sénégal, le visage du libéralisme et de sa faillite annoncée, c’est Macky Sall !
La guerre entre l’Europe et les monstres qu’elle fabrique pour mieux justifier les ignobles solutions qu’elle suggère en guise de réponse à leurs crimes ne nous concerne pas.


Malick Noël SECK
Secrétaire Général du Front National de Salut Public
/ Momsarew


malicknoelseck@gmail.com
www.momsarew.org



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Published by Gri-Gri International - dans Sénégal 2011 Politique
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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 17:08
Il y a quelques années, à l'occasion d'une rencontre avec Mandela
Il y a quelques années, à l'occasion d'une rencontre avec Mandela

Ajoutée le 31 déc. 2015

Interview de Amath Dansokho pour le film documentaire Laurent Gbagbo, le droit à la différence de Nicoletta Fagiolo, Dakar, Sénégal, Novembre 2015.

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 14:19
#ContreHistoireDeLaDémocratie / Ndongo Samba Sylla en 10 mn !

Ajoutée le 30 nov. 2015

Interview avec Ndongo Samba Sylla, Dakar, Senegal, Novembre 2015 auteur du livre LA DÉMOCRATIE CONTRE LA RÉPUBLIQUE
L'autre histoire du gouvernement du peuple, Harmattan, 2015.

L'omniprésence de "démocratie" est l'un des faits les plus significatifs de notre ère. De nos jours, la démocratie est le nom du Bien en politique. Ce n'était pas le cas pendant la majeure partie de l'histoire humaine où le mot évoquait un Mal politique absolu. On lui reprochait les principaux défauts des régimes politiques auxquels on l'oppose actuellement. À rebours du mythe récent selon lequel la démocratie est une "valeur" occidentale, le fait est que s'il y a une constante historique de la pensée politique occidentale, c'est bien la haine de la démocratie.
http://www.editions-harmattan.fr/inde...

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 09:43

capt Paris Match 31 12 2010 Luc Gnago Reuters www.legrigrii

Après les photos recyclées de janvier 2010 (voir ci-dessous), celle-ci, guerrière en diable, pourtant contredite par les témoignages rapportés par les télés françaises à propos de la sécurité des ressortissants français en Côte d'Ivoire.

 

Côte d'Ivoire : 200 morts selon les Nations Unies

Si l'on en croit un simple encadré dans Paris Match (le 23 décembre dernier, encadré qui accompagnait un article signé Patrick Forestier, sur lequel nous reviendrons). "Près de 200 personnes ont été tuées dans les violences qui ont suivi le second tour de l'élection présidentielle le 28 novembre en Côte d'Ivoire". En plus du poids des mots et du choc des photos, l'hebdomadaire français, bien connu pour son panafricanisme, pourra maintenant ajouter le sens du titre vendeur... En en poursuivant la (courte) lecture, voici les preuves irréfutables que Paris Match nous fournit : (à propos des 200 morts) "c'est ce qu'a déclaré l'ambassadrice des États-Unis au Conseil des droits de l'homme, agence des Nations Unies qui siègent à Genève. "Nous disposons d'informations crédibles selon lesquelles près de 200 personnes sont sans doute mortes, des dizaines d'autres ont été torturées ou maltraitées, et d'autres encore ont été enlevées à leur domicile au beau milieu de la nuit", a déclaré l'ambassadrice, Betty E.King."

Ah... d'accord...? C'est tout ce qu'ils ont ? Une déclaration émanant du pays ayant le plus ouvertement menti devant les mêmes Nations Unies (Colin Powell, reviens, avec Obama et la Clinton on rigole bien moins qu'avec tes fioles !)... On enquête à Paris Match dis donc ! On mouille le maillot pour l'info ! On rampe et on se salit pour ramener de l'inédit !

Ces personnes, donc, sont "sans doute mortes"... vous croyez que ça fait sérieux, comme preuve, "sans doute mortes"... "des dizaines d'autres"... oui, mais alors combien...? de dizaines ? Dix ? Douze ? Quinze ? "Torturées" et "maltraitées"...et même des fois "enlevées à leur domicile au beau milieu de la nuit". Et donc, parce que c'est rapporté par une ambassadrice américaine à l'Onu, pour Paris Match, c'est une information. Ça constitue, en soi, une information.

Ne parlons même pas de l'authenticité, difficile à établir, des faits et chiffres rapportés. On finira par se faire traiter de révisionnistes !

 

Photo - Paris Match   Texte - L.F.

 

PS (5 ans après) : initialement mis en ligne le 5 janvier 2011.

Quelques semaines après l'investiture du dernier président ivoirien démocratiquement élu, Laurent Gbagbo. Et alors que les ingérentes menaces françaises commençaient à laisser apparaître le coup d'état médiatico-militaire franco-onusien en cours...

  

Bonus :

 

Capture Match 18 décembre 2010 A

Pour étayer la thèse de la guerre civile imminente (qui a l'avantage de conférer à Ouattara un soutien populaire qu'on peine à déceler), Paris Match est prêt à tout, même à utiliser, quand ils n'en ont pas, des images "guerrières" datant de janvier 2010 !!! 

 

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Published by Paris Match J.O. dr www.legrigriinternational.com - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010
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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 16:05
#Ya5AnsàAbidjan / Zemmour fait son malin et confond Congo et Gabon (#ProcèsGbagbo #DevoirdHistoire)
  
 

PS (5 ans après) : initialement mis en ligne le 5 janvier 2011.

Quelques semaines après l'investiture du dernier président ivoirien démocratiquement élu, Laurent Gbagbo. Et alors que les ingérentes menaces françaises commençaient à laisser apparaître le coup d'état médiatico-militaire franco-onusien en cours...

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Published by RTL www.legrigriinternational.com Eric Zemmour - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 Devoir d'histoire CPI
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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 14:57
#LaurentGbagboLeDroitàLaDifférence / Jean Ziegler sur l'IS, Willy Brandt, Compaoré, le PS, le FPi, l'ONU et deux, trois autres détails de l'histoire

Ajoutée le 31 déc. 2015

Interview avec Jean Ziegler pour le film documentare Laurent Gbagbo, le droit à la différence de Nicoletta Fagiolo, Genève, Suisse, Décembre 2015.

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Published by Gri-Gri International Nicoletta Fagiolo - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 Politique Devoir d'histoire CPI
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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 10:00

Jean-Marc Simon ambassadeur de France en Côte d'Ivoire Noel Quidu Paris Match www.legrigriinternational.com

L'ambassadeur de ce qu'il reste de France. À sa place. Avec les bagages. 

 

Toujours dans et de l'admirable Paris Match : "C’est avec un vieil hélicoptère de l’Onu que Jean-Marc Simon, "ambassadeur" de France à Abidjan, rejoint l’hôtel du Golf, à quelques kilomètres de la capitale, où le nouveau président Ouattara a provisoirement installé son gouvernement. Dans les cartons, des rations alimentaires halal : la plupart des soldats français présents sur place sont des musulmans."

Bon comme toujours avec la presse française (et Match en particulier, qui se surpasse avec la Côte d'Ivoire), une connerie par ligne ou presque ! Ce ne sont pas "les soldats français" qui pour "la plupart" seraient "musulmans" et mangeraient donc halal... Mais bien plutôt les soldats de l'Onuci et... Alassane Ouattara le muslim ! Triste faim pour les baoulés et autres bédiéistes, condamnés à bouffer halal !!! 

 

 

PS (5 ans après) : initialement mis en ligne le 5 janvier 2011.

Quelques semaines après l'investiture du dernier président ivoirien démocratiquement élu, Laurent Gbagbo. Et alors que les ingérentes menaces françaises commençaient à laisser apparaître le coup d'état médiatico-militaire franco-onusien en cours...

 

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 09:23
#CharlieNétaitPlusTrèsCharlie / Denis Robert relève les compteurs (#Val #Cavanna #Choron)

SOURCE

The Dissident : pourquoi avoir fait ce livre ?

Denis Robert : c’était important de raconter la véritable histoire de Charlie Hebdo et Hara-Kiri, tronquée par ceux qui en parlaient dans les médias. C’était presque un devoir d’en démontrer la falsification.

Selon vous, les auteurs de cette falsification sont l’ancien directeur de publication Philippe Val et l’avocat du journal Richard Malka…

C’est un roman shakespearien avec de vrais personnages : Cavanna, Choron, Malka, Val, qui raconte la France de ces trente dernières années. Charlie Hebdo a été porté par ses fondateurs Cavanna et Choron. En 1992, quand Philippe Val a pris le pouvoir, il en a fait tout autre chose. Il a exploité la brouille entre Choron et Cavanna et la relative faiblesse de Cavanna. La première partie est plus historique. Je raconte comment l’équipe de Hara-Kiri s’est battue contre la censure. C’est une enquête avec des allers et retours entre le présent et le passé.

Dans cette histoire complexe, vous évoquez dans le détail des manipulations juridiques. Quelles sont-elles ?

Après trois ans de bataille, entre 1992 et 1995, Philippe Val a concédé à Cavanna 0,44% sur les ventes du journal. C’est une somme ridicule et hallucinante eu égard à sa qualité. Il s’est retrouvé pigiste à 2000 euros par mois ! Charlie Hebdo a longtemps été une machine à faire du cash. Cavanna en était victime. C’est une mécanique fine. Sans la complicité de l’avocat Richard Malka, Philippe Val n’y serait pas parvenu. Il s’est ensuite servi de Charlie Hebdo comme d’un marchepied pour arriver à la tête de France Inter. J’ai cherché à avoir la position des personnes que je mets en cause. Les seules réponses que j’ai eues - d’ailleurs c’est pareil dans toutes les enquêtes avec des gens pas très nets - sont des courriers d’avocats et des menaces.

Pour être clair, vous précisez dans le livre que vous avez été confronté dans le passé avec Richard Malka qui défendait Clearstream…

Quand je fais une enquête, je mets de côté mon animosité ou ce que je pense. J’essaie d’être le plus précis et factuel possible. Chaque mot est pesé, vérifié, relu par l’éditeur. Dans un premier temps, tout le monde m’a déconseillé de faire ce livre. Même mon éditeur : « Ça va passer pour un règlement de comptes. C’est trop compliqué. Tu as autre chose à écrire… » J’ai été tellement scandalisé, au lendemain des attentats du 7 janvier, par la façon dont on a raconté l’histoire de Charlie Hebdo que j’y suis allé. J’ai commencé à trouver des documents notariés et je me suis dit : « C’est trop incroyable ! »

Quel est concrètement ce grand détournement que vous dénoncez ?

Richard Malka était à la fois l’avocat de Charlie Hebdo, de Philippe Val et de Cavanna dont les intérêts étaient antagonistes. Cavanna a été trahi par Richard Malka. Pour preuve, les courriers que je publie dans le livre. Choron ne voulait pas entendre parler de Charlie Hebdo avec l’équipe de Val. Il a déposé le titre à l’insu de Cavanna et des autres. Il était légitime en tant que directeur de publication. Choron étant interdit de gestion, il a cédé le titre à une société. Cette société a fait un procès à Val et aux éditions Rotative sur la paternité du titre. L’idée de Charlie vient de Choron. L’idée de Charlie Hebdo vient des deux. Les juges ont décidé, après deux procès, de confier le titre à Cavanna, sur la base des faux témoignages de Willem, Siné, Delfeil de Ton, Wolinski et Cabu. Lors du second procès, pour la paternité d’Hara-Kiri, Richard Malka s’est mal comporté. Pour Cavanna, Hara-Kiri c’était le plus important. C’était vraiment son bébé. Après avoir gagné le procès Richard Malka a écrit à Cavanna: « Je suis très heureux de te remettre Hara-Kiri.» Sauf que peu après il lui envoie un contrat avec cet argument : « Comme les éditions Rotative ont pris en charge ta défense il est logique que tu leur cèdes Hara-Kiri. » Cavanna a signé sans réaliser qu’il se dépossédait du titre !

Des années plus tard, Riss et Charb ont récupéré les éditions Rotative. Ils n’ont pas voulu lâcher Hara-Kiri. Et là Cavanna est tombé de sa chaise ! Dans le livre je raconte la médiation, avec d’un côté de la table Riss et Charb disant : « C’est à nous ! » et Cavanna répondant : « Bande de petits cons ! Vous ne pouvez pas dire ça ! » Ils ont fait un accord. Cavanna a récupéré Hara-Kiri et leur a laissé Charlie Hebdo sur un contrat à très long terme, avec le codicille. C’est à dire que les propriétaires du titre doivent respecter la charte. Aujourd’hui, je pense que la présence à Charlie d’Anne Hommel comme directrice de la communication, qui est liée au patronat et fabrique du mensonge en permanence, est contraire à la charte. Si les héritiers de Cavanna le souhaitent, ils ont des arguments pour reprendre leur titre.

Vous avez aussi sorti un documentaire intitulé « Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde j’écrirai » …

Quand j’évoquais Cavanna devant des étudiants en journalisme, je me suis rendu compte que ces nouvelles générations ne savaient plus qui il était ! Ça a été un choc car c’est quelqu’un de très important. A Charlie Hebdo on l’a mis dans un placard. Il est passé de l’édito à la page 3, puis la 9, puis la 12. Cavanna selon ses propres mots était devenu :« comme une potiche qu’on met sur un présentoir et qu’on ressort à Noël et au Nouvel an ».

En 2008, on l’a fait venir à Cannes pour la promotion du film de Daniel Leconte : « C’est dur d’être aimé par des cons ». Il était en train en seconde classe et eux en avion. Ils étaient dans les grands hôtels et lui au Pierre et vacances. C’est une succession de petites saloperies qui désespéraient Cavanna. Mais c’est un taiseux. A force de le voir les dernières années, j’ai compris qu’il y avait un gros malaise. En plus, son éditeur Albin Michel ne le traitait pas très bien parce que ses livres historiques ne marchaient pas. Heureusement, à la fin de sa vie, il a rencontré Jean-Marie Laclavetine de chez Gallimard. « Lune de miel » est sorti. Un livre formidable qui renouait avec l’autobiographie. Il y a un autre mystère que j’ai percé. Pourquoi Cavanna s’est-il si peu opposé à Philippe Val ? Surtout au moment de l’éviction de Siné en 2008. En interne, il s’est bagarré pour que Philippe Val ne vire pas Siné. En externe, il n’a pas dit grand-chose.

Comment l’expliquer ?

A mon sens, il y a trois raisons. Il ne voulait pas mettre en danger l’équipe. Trente salariés dépendaient de lui. S’il reprenait son titre le journal s’arrêtait. Ensuite Charlie Hebdo lui donnait sa pitance : 4000 euros environ par mois. 2000 de piges et son fameux pourcentage. Enfin, il était fatigué. Il se bagarrait un peu seul.

C’est assez saisissant d’apprendre dans le livre qu’à la fin de leur vie Choron et Cavanna vivaient l’un à côté de l’autre sans se parler !

Choron venait chez mon copain le dessinateur Lefred-Thouron, dans la Meuse. J’habitais à côté. Il m’est arrivé de le voir à la fin de sa vie. Cavanna et Choron étaient deux frères qui s’aimaient énormément. Ils se sont fâchés. Mais ils se foutaient aussi sur la gueule au temps d’Hara-Kiri. Cavanna physiquement était beaucoup plus fort que Choron. Quand il s’énervait, Choron avait peur de lui ! Ils exprimaient assez peu leurs sentiments. En 2004, Choron est ruiné. Il fait des emprunts. Il va taper du fric un peu partout. Il achète la vieille cave de la rue des Trois portes qu’il réaménage en studio avec des tentures. Cavanna est de l’autre côté de la cour, au rez-de-chaussée. Choron n’est pas souvent à Paris parce qu’il a racheté une maison dans la Meuse. A Paris, les deux hommes vivent à 50 mètres d’écart sans se parler ! Cavanna passe ses nuits à écrire sous la petite lampe. En dessous, Choron boit du Jack Daniels… J’imagine dans le livre le bruit des glaçons contre le bruit du papier. Il y a quelque chose d’assez incroyable dans cette destinée !

On vous a vu récemment à Groland. Est-ce que ce sont les héritiers de Hara-Kiri ?

Bien sûr ! Et Siné Mensuel, CQFD… Moustic a écrit avec Kuntz ce sketch métaphorique où on me voit apparaître et disparaître. Ils m’ont invité à l’époque de Clearstream. Leur sketch « Philippe Veul » est à mourir de rire. Il y a des initiatives assez drôles sur Internet. Les formes sont à réinventer. L’avenir tournera sûrement autour d’un web média, avec peu de moyens. Des jeunes mecs géniaux, sans imiter, peuvent faire preuve de liberté. A un moment, un média s’oppose à une société et devient tellement indispensable, drôle et créatif que tout le monde le voit. C’est ce qui s’est passé avec Hara-Kiri et Charlie Hebdo. Au départ Reiser, Sylvie Caster, Topor… n’étaient pas connus. Il y a eu une alchimie, une autostimulation. Et aujourd’hui on dit que ce sont des génies. Le premier talent de Cavanna, en dehors de l’écriture, a été de révéler le talent des autres. Ce n’est pas une génération spontanée. Ça se travaille.

Vous avez aussi participé au livre collectif « Informer n’est pas un délit », publié chez Calmann Lévy en 2015. La liberté des journalistes d’investigation est-elle de plus en plus précaire ?

Je retrouve les journalistes de news dans l’état où je les ai laissés au moment de l’affaire Clearstream. Pleutres, sans mémoire, moutonniers et décevants ! Paul Moreira qui est un ami m’a demandé d’écrire un texte. Je l’ai fait aussi beaucoup pour Antoine Deltour, le lanceur d’alerte de l’affaire Luxleaks, qui se retrouve dans la même situation que moi pendant Cleastream. Il est mis en examen au Luxembourg. Ce qui est scandaleux ! L’information est un bien précieux. Ces affaires sont des combats permanents. Les puissants, les multinationales, ont des moyens que les journalistes ou les lanceurs d’alerte n’auront jamais. D’autant plus si on n’est plus protégés par la législation. Ça va de mal en pis. François Hollande fait des promesses qui ne sont pas respectées. Je n’ai aucune confiance en Manuel Valls dont l’avocat s’appelle… Richard Malka.

De quoi être optimiste pour l’avenir !

J’ai une grande méfiance vis-à-vis de ce gouvernement. Dans ma région, j’ai voté les Républicains aux régionales parce que je ne voulais pas que le FN passe. Ça n’a pas été de gaieté de cœur ! Si Sarkozy a une responsabilité dans cette spirale infernale celle de Hollande et Valls est accablante. On ne peut pas se satisfaire d’aller au second tour des Présidentielles en étant derrière Marine Le Pen ! Un pays qui vote à 40% pour le FN est un pays qui va mal ! La médiatisation à mort de l’insécurité fait monter le FN. Les interviews de Marine Le Pen à « Des paroles et des actes » ont un effet. Les journalistes sont trop mauvais. Il faut être beaucoup plus travailleur et précis dans ses questions. Ne rien lâcher. Bourdin y parvient un peu. Mais ça tient aussi du show. Il y a un problème évident de journalisme dans ce pays !

Quelle morale peut-on tirer de tout ça ?

J’ai fait cette enquête pour montrer que Cavanna et Choron étaient beaucoup plus courageux qu’on ne l’est aujourd’hui ! Il y a des leçons à prendre du passé. C’est troublant de voir que Malka, Val, et leur avocat Georges Kiejman, qui ont fait carrière en passant pour des champions de la liberté d’expression, ont tout fait pour empêcher la sortie de mon livre. Ils n’y ont pas réussi parce qu’on a résisté aux pressions. Val a écrit son bouquin pour contrer le mien. C’est une bouse, incroyable d’exhibitionnisme et de mensonge ! Quand on est sérieux, on ne peut pas y adhérer. Pourtant, il a été invité sur tous les plateaux. Ce qui est drôle, c’est que suite à mon passage à Groland, j’ai été invité à mon tour chez Taddéi, LCI… Il y a une morale. Mon livre a été réimprimé deux fois et marche assez bien. Pas le sien. Mais ce qui lui importe c’est qu’on ne parle pas du mien. Il a honte et il a raison !

Quels sont vos projets ?

J’écris un scénario pour le cinéma. J’ai un autre bouquin en tête. En avril, je sors la BD : «Le Colorado en plus petit » chez Dargaud. J’en ai une autre « Le circuit Mandelberg » qui sera peut-être adaptée au cinéma. J’ai mobilisé deux ans avec cette histoire oubliée de Cavanna et de Charlie Hebdo. Ce qui compte c’est que les gens lisent le livre, et en parlent…

Pour aller plus loin :

http://www.julliard.fr/site/mohicans_&100&9782260029014.html

Cavanna jusqu’à l’ultime seconde j’écrirai, un film disponible en DVD de Denis et Nina Robert- Citizen films 2015. Avec Cavanna, Siné, Delfeil de Ton, Sylvie Caster…

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19553716&cfilm=237497.html

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Published by Gri-Gri International The Dissident - dans Arts & culture
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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 08:21
#Ya5AnsàAbidja / (En Côte d'Ivoire aussi) le PS trahit ses engagements...
    
 

PS (5 ans après) : initialement mis en ligne le 5 janvier 2011.

Quelques semaines après l'investiture du dernier président ivoirien démocratiquement élu, Laurent Gbagbo. Et alors que les ingérentes menaces françaises commençaient à laisser apparaître le coup d'état médiatico-militaire franco-onusien en cours...

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 00:04
#Ya5ansàAbidjan / Nico Langue pâteuse Poincarré reçoit les Vieux (pas) Sages Vergès et Dumas (#ProcèsGbagbo #DevoirdHistoire)
 
 
     
 

PS (5 ans après) : initialement mis en ligne le 5 janvier 2011.

Quelques semaines après l'investiture du dernier président ivoirien démocratiquement élu, Laurent Gbagbo. Et alors que les ingérentes menaces françaises commençaient à laisser apparaître le coup d'état médiatico-militaire franco-onusien en cours...

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