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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 08:30
Bonus : la bande-annonce du doc sur le Standard de Liège

Bonus à additionner au texte de Jérôme Reijasse ci-dessus.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 20:55
#Antisémitisme / La pièce de BHL s'arrête brutalement faute de public

Les représentations de «Hôtel Europe» devaient se tenir jusqu'à début janvier. Elles s'arrêteront à la mi-novembre, faute de public.

SOURCE

La pièce de Bernard-Henri Lévy Hôtel Europe, qui devait jouer initialement 4 mois, de septembre à début janvier, «achèvera son parcours le 16 novembre après 60 représentations», a indiqué mercredi un communiqué du théâtre. Le magazine les Inrocks avait annoncé mardi que la pièce «s’arrête brutalement». «Initialement prévue à l’affiche jusqu’au début du mois de janvier, Hôtel Europe s’arrêtera plus tôt que prévu, faute de public», avait indiqué le site internet du magazine.

La venue du gotha politique - dont le Premier ministre, Manuel Valls, et le Président François Hollande - et le «battage médiatique» n’ont pas suffi pour remplir quatre mois le Théâtre de l’Atelier et ses 563 places, notait le magazine culturel. Le Théâtre de l’Atelier a démenti mercredi dans son communiqué que la pièce s’arrête brutalement, soulignant qu’elle aura fait 60 représentations au 16 novembre prochain.

«Madame Laura Pels (directrice du Théâtre, ndlr) et le Théâtre de l’Atelier s’honorent d’avoir fait le choix de présenter un spectacle qui aborde des questions politiques essentielles et remercient Jacques Weber et Bernard-Henri Lévy de défendre Hôtel Europe avec panache et enthousiasme en dépit des attaques d’une rare virulence dont la pièce a fait l’objet», souligne le communiqué.

La critique a été sévère avec la pièce, jugée bavarde et centrée à l’excès sur son auteur, BHL. Le Monde avait évoqué un «One man Bosnie-Show» jugeant le texte «boursouflé» et même «obscène», s’agissant d’un sujet aussi grave que la guerre en Bosnie.

AFP

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Published by Gri-Gri International - dans Arts & culture Gos et Gars du moment
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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 15:16
1979-1991 : La naissance / Le rap français, de l'ombre à la lumière documentaire de Sébastien Lamaison #VingtAnsDuNeufCinqDeuxCent

En plusieurs vidéos, la doxa moyenne de l'historiographie médiatique du rap français.

La confusion première, fondamentale et originelle s'y exprime bien entendu, comme une évidence : le fictif et réécrit caractère "militant", "politique" ou "conscient" du rap.

Car comme chacun sait, grâce à Sear / Get Busy : la fonction du rap c'est dénoncer, pas de dénoncer.

Quelques archives (du FILA dans une vidéo vraiment oldschool de NTM).

Esquissée, mais bien sûr pas creusée : l'influence colossale des élites branchées newyorkaises et parisiennes...

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 08:48
Merci pour ce moment, Charles Blé Goudé... #CPI

Dimanche 12 octobre 2014.

Maison de l'Afrique. Paris.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 00:00
#Reggae / Serges Kassy en concert à Paris le 17 octobre !

SERGES KASSY EN CONCERT !!!!!!!
RETENEZ LE 17 OCTOBRE A 20H ESPACE CURIAL A PARIS
(toutes les infos sur l'affiche).
RÉSERVEZ DES MAINTENANT IL N'Y AURA PAS DE PLACE POUR TOUT LE MONDE....0685362594 / 0661704116

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 18:00
Cameroun / C'est Boko Haram ou des rebelles qui empêchent Biy'a rien à faire de siester ?

Cameroun: Paul Biya, après plus de trente ans de règne, est confronté à une rébellion

Paru initialement le 26 août 2014 | Par Fanny Pigeaud

Sur Mediapart.

Les violences armées et attaques qui se développent dans le nord du pays sont systématiquement attribuées par le pouvoir camerounais aux islamistes de Boko Haram. Mais tout indique qu'il s'agit d'une rébellion. D'anciens ministres et ex-dignitaires du régime tenteraient d'en finir avec Paul Biya, 81 ans et trente-deux années de règne.

« Terrorisme ou complot politique ? », « Infos et intox autour de Boko Haram »… La presse camerounaise n’en finit pas de s’interroger sur l’insécurité sans précédent qui touche le nord du Cameroun, près de la frontière avec le Nigeria. Dans cette région, des hommes armés mènent depuis plusieurs mois de multiples attaques meurtrières. Le mouvement islamiste nigérian Boko Haram est officiellement mis en cause. Mais de plus en plus d’éléments montrent que le Cameroun, dirigé depuis trente-deux ans par Paul Biya, est en réalité aux prises avec une rébellion.

Le premier coup d’éclat attribué à Boko Haram a eu lieu en février 2013 : une famille de sept Français, les Moulin-Fournier, a été enlevée dans le nord. Restée otage pendant près de deux mois, elle a été libérée contre rançon. Pour tout le monde, Boko Haram était l’auteur unique du forfait. Jusque-là, le groupe nigérian n’avait pourtant guère fait parler de lui au Cameroun. Tout juste disait-on que certains de ses membres faisaient des allées et venues entre le Nigeria et le nord. Les frontières sont très poreuses dans la région. Des trafiquants de carburant et d’armes, des « coupeurs de route », qui attaquent et rançonnent les voyageurs, profitent de la situation depuis longtemps.

Boko Haram a de nouveau été accusé lors du rapt du père Georges Vandenbeusch, kidnappé en octobre 2013 et relâché fin décembre. Des détails troublants indiquaient cependant une autre piste. Ainsi, le commando qui a enlevé le prêtre a laissé derrière lui des munitions d’origine israélienne. Or, dans la région, seuls le Bataillon d’intervention rapide (BIR) et la Garde présidentielle, deux unités d’élite camerounaises, utilisent ce type de munitions. Y a-t-il eu des complicités au sein de l’armée camerounaise ? Les autorités n’en ont jamais rien dit.

Après l’enlèvement du père Vandenbeusch, le régime a augmenté ses effectifs militaires dans le nord. Mais il y a eu de nouveaux événements : en avril, trois Occidentaux (deux prêtres italiens et une religieuse canadienne) ont été kidnappés et gardés otages pendant un mois. À la même période, c’est un campement d’ouvriers chinois qui a été violemment pris d’assaut à Waza. Les assaillants sont repartis avec 20 tonnes d’explosifs, 12 000 têtes allumeuses, enlevant par la même occasion dix ressortissants chinois, toujours détenus. Là encore, le déroulement de l’attaque a laissé dubitatifs les observateurs : « Des centaines d’hommes en armes, avec des véhicules blindés, viennent attaquer un camp de Chinois, enlèvent dix personnes et dérobent plusieurs véhicules, dont des camions ; puis circulent sur le territoire camerounais, au vu et au su de tout le monde… et personne n’a rien vu, rien dit ? » commente un expatrié français établi de longue date dans le pays.

De nouveau, le président Biya a envoyé des renforts : environ 2 000 soldats seraient désormais déployés dans le nord. Fin juillet, dix d’entre eux ont été tués dans des affrontements dans le village de Bagaran. Deux jours plus tard, un raid spectaculaire mené par 200 hommes a visé Kolofata, localité d’origine du vice-premier ministre Amadou Ali, vieille figure politique. Lui était absent, mais sa femme a été enlevée avec une quinzaine d’autres personnes. Une quinzaine de civils et militaires ont été tués. Dans les jours qui ont suivi, au moins dix autres soldats et des civils, dont un imam, ont trouvé la mort dans plusieurs embuscades.

Particularité de toutes ces opérations : Boko Haram n’en a revendiqué aucune ! Le gouvernement continue toutefois de l’accuser publiquement, sans jamais donner de détails. Mais en coulisses, le discours est tout autre. « En privé, les autorités parlent ouvertement de rébellion. Mais elles attendent que ladite rébellion annonce elle-même la couleur et son identité », explique une source proche des services de sécurité.

Un officiel a tout de même brisé l’omerta. En juin, le président de l’Assemblée nationale et membre du parti au pouvoir, Djibril Cavaye Yeguié, a déclaré que Boko Haram comptait des « complices » au Cameroun. Devant les députés et de nombreux ministres médusés, ce ressortissant du nord du pays a précisé : « Nous le savons, beaucoup sont parmi nous, les uns tapis dans l’ombre, les autres très actifs mais dans l’hypocrisie, faisant semblant d’apporter leur aide aux autorités, leur objectif étant de brouiller les pistes, certainement pour mettre le pays à feu et à sang. » Personne n’a osé ensuite interroger publiquement le député, président de l’Assemblée nationale depuis vingt-deux ans, sur ses propos. Sollicité par Mediapart pour une demande d’interview, il n’a pas donné suite.

Les indices montrant qu’une rébellion est en cours se font de plus en plus nombreux. Des responsables de la police ont affirmé à l’Agence France-Presse que des centaines de jeunes de Kolofata avaient été recrutés ces derniers mois. « Après l’attaque de Bagaran, les assaillants ont entouré les corps de leurs victimes militaires de centaines de fusils d’assaut. C’était une manière d’indiquer qu’ils n’attaquent pas pour prendre des armes », explique une source proche des services de renseignements. Selon cette source, la rébellion « sous-traite à Boko Haram la garde des otages, l’entraînement des recrues et la fourniture en équipement. Il y a des camps d’entraînement dans des villages nigérians proches de la frontière : Palka, Jagoura et Bushra. Le camp de Bushra compte un commando de trente-cinq Camerounais, ce sont eux qui gardent les dix Chinois enlevés à Waza. »

Questions sur le rôle de la France

Quant aux initiateurs et financiers de ce mouvement, ils seraient à chercher du côté des « politiciens originaires du nord » et membres du parti au pouvoir. Leur objectif serait de déstabiliser Biya, voire de le renverser. Sur le terrain, les « assaillants » ont d’ailleurs récemment déclaré à un officier camerounais qu’ils avaient les moyens de « marcher » sur Yaoundé.

Plusieurs noms, dont ceux de ministres et d’ex-ministres, circulent. L’un d’entre eux, Marafa Hamidou Yaya, a été cité dès 2013 dans une discussion entre un haut responsable de la présidence camerounaise et un ambassadeur américain : selon un câble diplomatique américain daté du 15 janvier 2013, cet officiel camerounais a établi un lien entre Marafa Hamidou Yaya et un journal accusé de chercher à « provoquer les partisans de Boko Haram et à faire du gouvernement camerounais une cible ».

Longtemps très proche collaborateur de Biya avant de tomber en disgrâce, Marafa Hamidou Yaya a été condamné en septembre 2012 à 25 ans de prison pour corruption, à l’issue d’un procès jugé éminemment politique par la diplomatie américaine. Avant sa condamnation et alors que Boko Haram n’avait encore mené aucune action au Cameroun, ses soutiens assuraient à des journalistes français qu’il était « considéré par les chancelleries occidentales comme un successeur crédible de Biya » et, surtout, que le condamner « aurait pour conséquences de favoriser la progression de Boko Haram dans la région, et aussi de susciter des actions terroristes ».

Cette hypothèse d’une rébellion orchestrée par un ou des barons du régime est plausible : beaucoup d’entre eux ont acquis des fortunes colossales en détournant des fonds publics. Beaucoup ont aussi des vues sur le fauteuil présidentiel. Or une alternance par les urnes paraît aujourd’hui improbable alors que Biya a été réélu pour sept ans en 2011 : les processus électoraux sont tous truqués.

Le nord du Cameroun est un terreau fertile pour un mouvement armé : il est facile d’y recruter, pour quelques poignées de francs CFA, de jeunes chômeurs et de les armer. Les trois régions qui composent le nord sont parmi les plus pauvres d'un pays écrasé par la misère, où 40 % de la population vit avec moins d’un dollar par jour. Les habitants de cette zone, très éloignée du pouvoir central installé à Yaoundé (sud), se sentent délaissés par les gouvernants. Il faut dire que ces derniers ont toujours montré beaucoup d’entrain pour piller le pays et n'ont rien fait pour le développer. En outre, Paul Biya, 81 ans, s’est entouré de ressortissants de sa région d’origine, le sud. Depuis qu’une tentative de coup d’État fomentée par des officiers nordistes a failli l’emporter en 1984, il s’est replié sur son clan, lui donnant l’avantage dans l’administration et dans l’armée.

Le président camerounais n’est d’ailleurs pas le seul à avoir une vision ethnique du politique : elle est partagée par une bonne partie de la classe politique, y compris celle du nord. Le nordiste Amadou Ali, 71 ans, a donné un aperçu de la mentalité des politiciens de sa génération en déclarant en 2009 à un ambassadeur américain, alors qu’il était ministre de la justice : « Les trois régions du nord qui sont ethniquement et culturellement différentes du reste du Cameroun vont continuer à apporter leur soutien à Biya aussi longtemps qu’il souhaitera demeurer président, mais le prochain président du Cameroun ne viendra pas de l’ethnie béti/bulu de Biya. Les Béti sont trop peu nombreux pour s’opposer aux nordistes, encore moins au reste du Cameroun. »

Aujourd'hui, les services de sécurité camerounais ne s’intéressent pas qu’aux nordistes. Ils sont persuadés que la France a lâché Biya, pourtant fidèle garant, pendant trois décennies, des intérêts français dans la région. « Le président Biya est remonté contre la France parce qu’elle soutient les nordistes. Hollande a ainsi rencontré des "officiels" camerounais en catimini lors de sa récente visite au Tchad voisin », confie une source proche des services de sécurité. Beaucoup de Camerounais se posent également des questions sur le rôle de la France, ancienne puissance coloniale, qui contrôle toujours d'importants pans de l’économie du pays.

Pour Paul Biya, l’équation s’annonce très complexe après plus de trente ans de règne. Mi-août, il a de nouveau renforcé le dispositif militaire mis en place dans le nord. Mais l’armée est à l’image du pays et de ses dirigeants : elle est minée par le tribalisme, l’incompétence et la corruption. La coordination des opérations est mauvaise, la gestion de l’argent aussi. Pour les militaires envoyés sur le terrain, c’est le cauchemar : ils manquent d’eau et de nourriture, n’ont aucun matériel de campement, pas de dispositif pour combattre de nuit. Début août, l’état-major a fait partir vers le nord 50 camions et des hommes en renfort. Et a très vite fait revenir les 50 chauffeurs des véhicules à Yaoundé : il n’y avait pas de quoi les nourrir sur place.

Pendant ce temps, les services de renseignements regardent déjà ailleurs : ils suspectent les responsables des attaques au nord d’être en train de planifier l’ouverture d’un autre front, à l’est du Cameroun.

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Published by Gri-Gri International - dans Cameroun Politique
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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 08:00
#BléGoudé / Avant la CPI, les geôles de Ouattara pendant 16 mois

Ajoutée le 28 sept. 2014

Charles Blé Goudé ancien ministre de Laurent Gbagbo et leader de la jeunesse ivoirienne a été détenu plus de 16 mois dans les geôles de la police d'état ivoirienne. En exclusivité Objectif Direct publie les images de sa détention et son poignant message aux ivoiriens et au monde depuis sa cellule de la DST de Côte d'Ivoire.

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 06:55
Blé Goudé plus offensif que Gbagbo à la CPI

Mise en ligne sur le site de la CPI le 2 octobre 2014

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Published by Gri-Gri International - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010
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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 12:00
Béyonce Jay Z Sarkozy Beckham
Béyonce Jay Z Sarkozy Beckham

Sur le compte twitter de Gynéco en date du 1er octobre 2014, ce montage, agrémenté d'un simple "Ah Ah".

Le 22 septembre dernier, bien qu'espéré, Gynéco n'est pas venu à l'Olympia participer au concert du Ministère AMER à l'occasion des 20 ans du 95200, aka le plus grand album français de rap de tous les temps.

Pas plus que Kenzy ou Assia.

Une bonne occasion de réécouter deux des premières apparitions discographiques de Gynéco. D'abord Autopsie, extrait du sus nommé 95200 en 1994. Puis Tout saigne, avec La Clinique et Les Sales gosses, en 1996, sur une compil' Hostile.

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 07:00
Réflexions et réponses d'Olivier Mukuna à propos du journalisme, de Taddéi, etc

Source

Vendredi 5 septembre 2014

C'est la rentrée pour la célèbre émission de débats Ce Soir ou jamais (France 2). Son animateur, Frédéric Taddeï, sort d'une année où il a cristallisé plusieurs polémiques autour de sa personne. A-t-il souvent donné la parole à des «cerveaux malades » ? Ou son émission s'essouffle-t-elle ? Décrié voire diabolisé, Taddeï tiendra-t-il compte de ces critiques pour la neuvième saison de CSOJ ? Autant de questions que nous avons posé au journaliste et essayiste Olivier Mukuna, spécialiste de la liberté d'expression au travers du prisme médiatique.

Par Elsy Dassoa

Concernant la liberté d'expression médiatique, pensez-vous qu'il soit nécessaire de donner la parole à tout porteur d'idées ? Et dans quelles limites ?

Olivier Mukuna : Je vais reprendre les propos de Frédéric Taddeï : la limite, c'est la loi. On ne fait pas du journalisme basé sur aucun critères. Tout le monde, y compris Marc Dutroux, doit pouvoir être interviewé dans un cadre précis : la loi. Donc pas d'appel au meurtre, de racisme et de critiques ad hominem diffamatoires. Vous devez pouvoir couper la discussion en cas de transgression illégale. Tout journaliste doit rester maître de ses interviews, il choisit qui il veut interviewer et l'arrêtera si on sort du champ légal. Prenons l'exemple du fameux sketch du colon sioniste de Dieudonné diffusé en direct sur France 3. A l'époque, l'animateur Marc-Olivier Fogiel avait déclaré après-coup : « J'aurais dû l'arrêter ou, au minimum, marquer ma désapprobation ». Or, d'un point de vue journalistique, ce propos ne se justifiait pas puisque l'humoriste n'était pas sorti du cadre légal. Comme l'a ensuite confirmé la justice française qui a jugé, à deux reprises, ce sketch comme une satire politique et non un acte antisémite...

Comprenez-vous qu'on puisse faire de la censure médiatique ?

O.M : Je suis totalement opposé à la censure. Néanmoins, celle-ci peut se justifier dans certains cas précis. Par exemple : les images atroces. Montrer des enfants éventrés ou décapités n'apporte rien. Maintenant, ce n'est pas parce qu'il y a du sang qu'il faut censurer. Il faut relater la réalité pour informer les téléspectateurs, auditeurs et lecteurs, tout en respectant une certaine décence et pour autant que ce soit signifiant. Mais en matière d'idées et d'opinions je reste catégorique : non à la censure ! Et ce n'est pas mon expérience professionnelle qui me fera changer d'avis. Ces dernières années, j'ai été maintes fois censuré dans les médias et en conférences sous prétexte que certains m'accusaient d'être « le porte-parole de Dieudonné en Belgique ». Ce qui est grotesque ! On dirait que dans notre merveilleuse « Belqique antiraciste », on ne peut pas s'appeler «Mukuna » et avoir été le premier journaliste belge à enquêter sur « l'affaire Dieudonné M'Bala M'Bala », désormais longue de plus de dix ans ?

En juillet 2013, Marc Metdepenningen, journaliste judiciaire au Soir, m'a accusé auprès de sa direction d'être un « antisémite notoire » et il est parvenu à faire casser mon contrat de freelance avec le service Culture du quotidien bruxellois... Or, en 15 ans de métier, aucune de mes productions, livres, film ou articles n'a été attaquée en justice pour racisme ou même diffamation, je possède un casier judiciaire vierge et j'ai de la famille juive. Des «détails insignifiants », apparemment. Avant d'être viré, je n'ai même pas été entendu par la direction du Soir...

La censure et le terrorisme intellectuel mènent à ce que des gens avalisent des idées reçues ou des mensonges qui portent à conséquences. En tant que journalistes, il nous faut donc impérativement défendre le droit de réponse et le pluralisme. Cela fait partie de notre mission et de notre déontologie. Actuellement, j'estime que seuls la presse flamande, Sudpresse et RTL-Tvi, côté francophone, respectent réellement ces repères indispensables au journalisme que sont le pluralisme et le vrai débat contradictoire.

Suite ICI.

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