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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 09:00
Côte d'Ivoire / Pourquoi les paysans doivent refuser de vendre la terre aux étrangers (#LNC)

En Côte d’Ivoire, la terre divise et tue les Ivoiriens. Les forêts et les terres à l´Ouest de la Côte d´Ivoire sont non seulement inexploitées mais mieux elles n´appartiennent à personne. Et pourtant, la terre comme tout bien doit avoir un propriétaire ou un locataire. C’est régulièrement que les Ivoiriens se battent pour la terre, à l’Ouest comme au Sud du pays. Une bonne réforme foncière est nécessaire en Côte d’Ivoire, pour mettre fin à l’expropriation des terres de nos parents. Mais en attendant, les Ivoiriens doivent refuser de vendre la terre aux étrangers car c’est une façon savante de recoloniser nos terres et notre pays. C’est le seul sauf-conduit pour éviter l’envahissement du pays.


Retour sur les raisons des tensions concernant le foncier en Côte d’Ivoire

Les Ivoiriens affrontent régulièrement la colère de certains Burkinabé au sujet de la terre. Il faudra expliquer cette situation à partir de l’histoire de notre pays. En 1932, quand sous la colonisation française, une bonne partie de la Haute Volta, actuel Burkina Faso, est rattachée à la Côte d’Ivoire et devient la Haute Côte d’Ivoire, des milliers de manœuvres originaires du Burkina-Faso sont convoyés en Côte d’Ivoire pour les travaux de construction des ports, du chemin de fer Abidjan-Niger et pour l’exploitation des champs de café/Cacao. Malgré la reconstitution de la Haute Volta en 1947, des millions de Burkinabè vont se retrouver, par le fait de l’histoire et pour des raisons économiques, en Côte d’Ivoire. L’hospitalité des Ivoiriens aidant, ils vont acquérir des terres avec une aisance déconcertante. A cette époque, la propriété foncière n’était pas un sujet débattu surtout avec l’affirmation d’Houphouët-Boigny selon laquelle « la terre appartient à celui qui la met en valeur ». En outre, les déplacements des nationaux vers les zones forestières du pays ont fini par créer une tension très forte sur le marché de la terre en Côte d’Ivoire. Dès lors, les conflits récurrents vont opposer, d’un côté les Ivoiriens aux Burkinabè et de l’autre, les Ivoiriens entre eux.

Les tentatives de résolution des conflits

La seule tentative de règlement des problèmes fonciers de façon juridique, reste la loi de 1998. En résumé, cette loi dit ceci : en revenant sur le droit du premier occupant du sol, la loi du 23 décembre 1998 à son article 1 impose une immatriculation de la propriété dans une première phase : « Article 1 : Le Domaine Foncier Rural est constitué par l’ensemble des terres mises en valeur ou non et quelle que soit la nature de mise en valeur. Il constitue un patrimoine national auquel toute personne physique ou morale peut accéder. Toutefois, seuls l’État, les collectivités publiques et les personnes physiques ivoiriennes sont admis à en être propriétaires. » Dans la seconde, elle impose un certificat foncier qui est lié à la notion de la nationalité. C’est dire qu’à partir de cette loi, aucun non Ivoirien ne peut être propriétaire terrien. Tous ceux qui, par des arrangements coutumiers ont acquis une parcelle de terre dans le passé, se verront dépouiller de leur bien au bénéfice de l’État, s’ils n’apportent pas la preuve de leur nationalité :

Article 6 :
« Les terres qui n’ont pas de maître appartiennent à l’État et sont gérées suivant les dispositions de l’article 21 ci-après. Ces terres sont immatriculées, aux frais du locataire ou de l’acheteur
». Finalement à ces étrangers, leur droit de propriété se transformera en un contrat emphytéotique conformément à l’article 26. Non seulement cette loi n’a pas été appliquée mais elle a autorisé le président actuel à distribuer la nationalité ivoirienne. En effet, la modification de certains articles
du code de la nationalité et le vote du texte qui donne deux ans aux personnes nées de parents étrangers et âgées de 21 ans à la date du 20 décembre 1961, à celles qui ont résidé sur le territoire ivoirien avant l’indépendance acquise en 1960 et leurs enfants nés en Côte d’Ivoire et à celles qui sont nées par la suite sur le territoire ivoirien entre le 20 décembre 1961 et le 25 janvier 1973, qui sont donc des Ivoiriens sans le savoir, pour régulariser leur situation. Pour Ouattara, l’association de la nationalité à la possession foncière avait carabiné plus le problème foncier. Ne pouvant rien, sa seule solution était de distribuer la nationalité ivoirienne. Les députés ivoiriens ont voté deux lois qui soulagent les Burkinabè. Sur la nationalité
et le foncier ce sont en majorité des Burkinabè, émigrés dans ce pays bien avant les indépendances qui sont visés. Le nombre de bénéficiaires directs de cette loi n’est pas encore bien connu, mais ils pourraient être pour l’essentiel des Burkinabè. Cette nouvelle loi permet aux personnes concernées de bénéficier de la nationalité ivoirienne « par déclaration » en lieu et place de la procédure de naturalisation qui était jusqu’ici en vigueur.


Les dangers qui guettent la Côte d’Ivoire

Plus un pays émerge économiquement plus le secteur primaire, l’agriculture, perd de l’importance dans l’offre d’emplois. On peut imaginer que dans deux décennies, le nombre d’Ivoiriens que l’agriculture occupe directement chute drastiquement. L’agriculture restera sans
doute longtemps encore le secteur porteur de la croissance, mais dans la chaine de valeurs, ce
sera plus rentable de posséder une usine qui transforme plutôt que des hectares de terre. Il faut
se garder de vendre la terre aux étrangers car les multinationales vont finir par « acheter » notre pays. Un tel accaparement des terres devient de plus en plus fréquent dans le monde, alors que les multinationales cherchent à s'établir sur des terres étrangères et à exploiter les ressources
qui s'y trouvent pour accroître leurs opportunités d'exportation. En Côte d’Ivoire, le groupe Louis-Dreyfus, qui contrôle plus 60% de l’importation de riz – avec ses partenaires locaux Soukpafolo Koné (proche d’Amadou Gon Coulibaly) et Carré d’Or – veut visiblement mettre la main à moyen terme sur toute la chaîne de valeur rizicole ivoirienne, de la production à la distribution. Au-delà des enjeux alimentaires et économiques, se pose la question de l’agriculture
locale, de la souveraineté alimentaire et de l’avenir des paysans. Car ces accaparements poussent à une agriculture intensive et industrielle qui laisse de côté bon nombre de « petits » paysans. Ils remettent sur le devant de la scène la question foncière et celle de l’accès à la terre et impose, parfois de facto, une réforme agraire qui favorise les investissements privés étrangers. Le phénomène d’accaparement des terres entraîne des conséquences négatives qui menacent la vie des communautés, en particulier le déplacement des populations, l’aggravation de la pauvreté et de la faim, l’augmentation des conflits, la perte des droits fonciers et des moyens de subsistance, la suppression pour les communautés et les paysans l’accès à la terre pour une production locale de produits de base. Et pourtant, ce sont eux qui peuvent mettre en place des systèmes alimentaires pour nourrir les populations.

La nécessité de trouver un remède au problème foncier

Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, seulement 11% des terres sont cadastrés. Selon les autorités actuelles, la sécurisation complète des terres ivoiriennes, dans le cadre de la délimitation des territoires villageois et la délivrance de certificats fonciers sur l’ensemble du pays, nécessite
un financement de plus de 330 milliards de FCFA. Ce montant estimatif porte sur la délimitation globalement de 11.000 sites habités et la sécurisation des 23 millions d’hectares environ en Côte
d’Ivoire. Le gouvernement n’a pas trouvé les ressources nécessaires pour sécuriser nos terres. Les Ivoiriens doivent donc arrêter la vente des terres aux étrangers en attendant qu’une solution soit trouvée. La vente des terres aux étrangers constitue pour la Côte d’Ivoire, une future arme de destruction massive des Ivoiriens.

La terre, le travail et l’argent ne sont d’ailleurs pas des marchandises comme les autres. Il ne faut pas les traiter comme s’ils s’agissaient de marchandises réelles. À la différence de celles-ci,
ceux-là ne sont pas originellement produits pour être vendus, bien qu’ils puissent se voir conférer un prix. Comment la nature, les personnes et les relations sociales pourraient être, en effet, pleinement soumis aux exigences du marché, sans être altérées, voire détruites ?
Permettre au mécanisme de marché d’organiser le travail, la terre, et l’argent comme des marchandises authentiques aboutirait à déshumaniser les relations sociales et compromettre l’environnement, c’est-à-dire à anéantir l’idée d’humanité, voire peut-être son existence même. En ce sens, le travail, la terre, et l’argent sont des « marchandises fictives » parce qu’elles sont uniquement traitées comme si elles étaient produites pour la vente sur le marché, mais elles ne le sont pas. Le travail, par exemple, n’est rien d’autre que ces êtres humains eux-mêmes dont chaque société est faite, et la terre, que le milieu naturel dans lequel chaque société existe. Les inclure dans le mécanisme du marché, nous dit l’auteur, c’est subordonner aux lois du marché la
substance de la société elle-même.

Texte / Prao Yao Séraphin

in Le Nouveau courrier N°1238 Du Vendredi 20 Mars 2015

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 15:06
Madame PAU LANGEVIN, Ministre de l’outre-mer dans cette réunion de travail avec les hauts administrateurs de services de la Martinique, dont la priorité serait l’emploi des jeunes
Madame PAU LANGEVIN, Ministre de l’outre-mer dans cette réunion de travail avec les hauts administrateurs de services de la Martinique, dont la priorité serait l’emploi des jeunes

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Bonjour Madame Pau LANGEVIN,

Cette réaction à la présente photo prise alors que vous êtes dans une importante réunion de travail en Martinique, ne vient pas alimenter un effet de mode. A l’heure de la démocratie participative, toutes les occasions peuvent être propices à faire progresser notre vivre ensemble en terre française.

Madame La Ministre, voici un instantané très parlant. Ce n’est pas là un cliché caricatural. C’est au contraire une cristallisation de ce qui se fait et s’est fait depuis toujours. Cela est édifiant à plus d’un point. Vous vivez en direct cet héritage millénaire de la discrimination et de la domination blanche dans sa plus naturelle expression ! Vous n’y êtes pour rien !

Mais devant une telle évidence de l’exclusion des Noir(e)s d’outre-mer de la gestion des choses qui les intéressent, je sais, ou tout du moins, j’espère que votre voix peut s’étonner et certainement s’indigner.

Peut-être, habitée de cette grande profession de foi du président François Hollande, pouvez-vous exiger la traduction concrète du fameux « LE CHANGEMENT C’EST MAINTENANT » dans le temps présent de votre ministère.

Peut-être pouvez-vous cesser de prêter main-forte à ce déni total de respect et d’égalité en défaveur de ces Français ultramarins, marqués au fer rouge du mépris quotidien par la scarification mensongère de la République France : Liberté-Egalité-Fraternité.

Je vous sais, je vous crois malheureuse dans cet aréopage, et je sais que vos yeux pleinement ouverts sur ce qu’est dans sa substance profonde la politique française vis-à-vis de ces minorités, vous retrouverez le feu courroucé que vous avez partagé avec MARCEL MANVIL contre l’insupportable domination de l’homme noir par l’homme blanc.

Vous avez l’âme humaniste et l’esprit de combat a toujours animé votre longue marche dans les chemins troubles de la vie politique. Manuel Vals dans le naturel d’une émotion profonde, disait un temps qu’il souhaitait dans son cortège qu’il y ait un peu plus de « White », un peu plus de « blancos ». Nous nous contenterons de dire qu’il est légitime et respectueux qu’il y ait un peu plus de « noirs » dans les hautes travées de nos administrations en « terre française d’outre-mer ».

Nous ne sommes pas candides, nous ne le sommes plus. Nous savions la composition systématique de la photo de famille des grands administrateurs des colonies. Mais nous sommes ici devant le choc des images.

Vous seule, personne noire, dans ce « Petit-déjeuner avec les chefs des services de l’État en Martinique », dans cette réunion de travail dont la priorité serait l’emploi des jeunes de notre toujours département. Pas l’ombre du moindre chef de service d’origine antillaise. PAS UN SEUL.

Et c’est un accident que vous ministre, et seule personne noire dans ce tableau symbolique et instructif, vous contribuiez à visualiser l’intolérable racisme de l’administration française.

Sachez définitivement que cette image témoin nous est insupportable, et que le statu quo dont elle témoigne est une atteinte récidivante contre notre dignité de citoyens déconsidérés, discriminés.

Cela peut changer.
Par vous, Madame la ministre, peut souffler, marquant votre ministère, un vrai vent de changement ! Votre présence dans ces fonctions gouvernementales constitue une chance. Vous êtes notre ministre de tutelle. Dites notre haut-le-cœur à Monsieur Hollande, président de la république et à chacun de vos collègues du gouvernement.

Voici en deux mots nos doléances :
– Nous voulons des grands administrateurs majeurs noirs pour penser et mettre en acte le quotidien dans nos territoires. Aux plus hauts niveaux !
– Nous vous demandons de mettre à l’index l’esprit colonial de l’administration française en outre-mer !

Et voici notre engagement :
Nous vous certifions que nombreux, Antillais Français d’Outre-mer, nous vous appuierons dans ce juste et nécessaire bouleversement des pratiques.

Soyez assurée, Madame la Ministre, de mon total respect !

Yves UNTEL PASTEL
Ethnologue, poète et auteur-composite
ur

PS : la titraille est de la rédaction

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 05:14
#AngelaDavis / "Il y a plus de racisme aux USA qu'avant les Droits civiques" (#BPP #Israël #Obama #G4S)

SOURCE

Née en 1944 en Alabama, Angela Davis est devenue – sans vraiment le vouloir, confia-t-elle dans ses mémoires – l’une des principales figures du Mouvement des droits civiques américains. Opposante à la guerre du Vietnam, membre du Parti communiste, marxiste, féministe et proche du philosophe Herbert Marcuse, Davis fut inculpée en 1971 – l’État de Californie l’accusant d’avoir pris part à une sanglante prise d’otages – puis acquittée un an plus tard. En tant que citoyenne, auteure et professeure, elle milita depuis contre le système carcéral, le port d’armes, la peine de mort, la discrimination à l’endroit des homosexuels, la guerre d’Irak et l’occupation de la Palestine. Entretien.

Vous évoquez souvent la puissance du collectif et l’importance de ne pas mettre en avant les individualités, mais le mouvement dans son ensemble. Comment est-ce possible, dans notre société qui promeut et sacralise l’individu-roi ? Et que pensez-vous, d’ailleurs, de l’idolâtrie dont Nelson Mandela fut l’objet dans les médias de masse après sa mort ?

Depuis l'essor du capitalisme global et des idéologies associées au néolibéralisme, il est devenu particulièrement important d'identifier les dangers de l'individualisme. Les luttes progressistes (contre le racisme, la répression, la pauvreté, etc.) sont vouées à l'échec si elles ne s'accompagnent pas du développement d'une conscience certaine de la promotion insidieuse de l'individualisme capitaliste. Alors même que Nelson Mandela a toujours insisté sur le fait que ce qu'il avait accompli était le fruit d'un effort collectif, mené avec tous les camarades qui ont lutté à ses côtés, les médias n'ont eu de cesse de l'ériger personnellement au rang de héros. Un processus similaire a tout fait pour dissocier Martin Luther King Jr. du grand nombre de femmes et d'hommes qui constituait le cœur du mouvement pour la liberté au milieu du XXe siècle. Il est essentiel de récuser et de résister à cette description de l'Histoire comme le succès de quelques héros, afin que chacun, aujourd'hui, puisse reconnaître son potentiel et le rôle qu'il peut jouer dans les combats toujours plus nombreux qui sont menés.

Que reste-t-il aujourd'hui du mouvement Black Power ?

Pour moi, le mouvement Black Power, ou ce que nous appelions à l'époque le Mouvement noir de libération, a été un moment précis de l'évolution de notre quête pour la liberté des Noirs. C'était, à de nombreux égards, une réponse à ce que nous percevions comme les limites du Mouvement des droits civiques : nous ne devions pas réclamer uniquement des droits légaux dans la société existante, mais aussi revendiquer des droits fondamentaux (logement, emploi, soins de santé, éducation, etc.) et remettre en question la structure même de la société. Toutes les demandes de ce genre (visant également l'enfermement sur bases racistes, la violence policière et l'exploitation capitaliste) étaient résumées dans le programme en dix points du parti Black Panther. Même si des personnes noires ont conquis des positions hiérarchiques au niveau économique, social et politique (l'exemple le plus flagrant étant l'élection de Barack Obama en 2008), le racisme dont la grande majorité de la population noire est victime au niveau économique, carcéral et dans le système éducatif est bien plus important aujourd'hui qu'avant le mouvement des droits civiques. Les revendications du programme des Black Panther sont aussi pertinentes à l'heure actuelle, si ce n'est plus, que dans les années 1960 lorsqu'elles ont été formulées pour la première fois.

L’élection de Barack Obama a été très largement célébrée comme une victoire contre le racisme. N’était-ce pas là un écran de fumée qui a, pendant longtemps, paralysé la gauche et les Afro-Américains engagés dans la lutte pour l’émancipation ?

Les significations qui ont été données à l'élection d'Obama sont, pour la plupart, totalement fallacieuses. Tout particulièrement celles qui font de l'accession d'un homme noir à la présidence des États-Unis le symbole de la victoire sur le racisme. Je pense, cependant, que cette élection était importante en elle-même, étant donné que la plupart des gens – dont la majorité de la population noire – ne pensait pas possible, au départ, qu'une personne noire puisse un jour être élue à la tête de l'État. La jeunesse a vraiment créé un mouvement – qu'on pourrait même appeler un cybermouvement – qui a rendu l'impossible possible. Le problème est qu'ils n'ont pas alimenté cette puissance collective pour continuer à faire pression sur Obama et le pousser à prendre des mesures plus progressistes (contre l'incursion militaire en Afghanistan, pour le démantèlement de Guantanamo, vers la mise en place d'un meilleur régime d'assurance santé). Même si nous sommes critiques envers Obama, je pense qu'il est important de préciser que cela n'aurait pas été mieux avec Romney à la Maison Blanche. Ce n'est pas le bon président qui nous a fait défaut ces cinq dernières années, mais des mouvements populaires bien organisés.

Comment définiriez-vous le « féminisme noir » ? Quel rôle pourrait-il jouer dans les sociétés contemporaines ?

Le féminisme noir a émergé comme tentative théorique et pratique de démontrer que la race, le genre et la classe sont inséparables dans le monde social que nous constituons. Au moment de son apparition, il était régulièrement demandé aux femmes noires ce qui était le plus important à leurs yeux : le mouvement noir ou le mouvement des femmes. Nous répondions alors que ce n'était pas la bonne question. Ce qu'il fallait se demander était comment comprendre les points de jonction et les connexions entre les deux mouvements. Nous cherchons toujours aujourd'hui à comprendre la manière dont la race, la classe, le genre, la sexualité, la Nation et le pouvoir sont inextricablement liés, mais aussi le moyen de dépasser ces catégories pour comprendre les interactions entre des idées et des processus en apparence sans liens, indépendants. Mettre en avant les connexions entre les luttes contre le racisme aux États-Unis et celles contre la répression des Palestiniens par Israël est, dans ce sens, un procédé féministe.

Que pensez-vous de l’idée qui consiste à se désengager totalement du système des partis politiques et de rompre avec la démocratie dite « représentative » ?

Je ne pense évidemment pas que les partis politiques existants puissent être nos principaux chevaux de bataille, mais je pense que nous pouvons utiliser l'arène électorale comme un terrain sur lequel nous organiser. Aux États-Unis, nous avons besoin, depuis longtemps, d'un parti politique indépendant, un parti des travailleurs, antiraciste et féministe. C'est sur cette base d'activisme que nous allons pouvoir construire de nouveaux mouvements radicaux.

Pourquoi demander aux populations arabes de se révolter alors que nous ne faisons rien, chez nous, pour changer nos propres institutions ?

En effet, peut-être devrions-nous inverser la demande : je pense qu'il est tout a fait justifié que les populations du monde arabe nous demande d'empêcher nos gouvernements de mettre en place et de soutenir des régimes répressifs, et tout particulièrement Israël. La soi-disante « Guerre contre la terreur » a fait d'inestimables dégâts dans le monde, parmi lesquels l'intensification du racisme anti-musulman aux États-Unis, en Europe et en Australie. Et nous, progressistes du « Nord global », n'avons certainement pas reconnu et assumé nos responsabilités dans la perpétuation des attaques idéologiques et militaires contre les populations du monde arabe.

Vous étiez dernièrement à Londres pour donner une conférence sur la Palestine, G4S [une entreprise britannique de services de sécurité] et le complexe industrialo-pénitentiaire : quelles sont les connexions entre ces trois thèmes ?

G4S a insidieusement profité des soi-disant menaces sécuritaires et des politiques sécuritaires imposées par les États pour s'infiltrer dans la vie des populations du monde entier, et plus spécialement en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Palestine. Cette société, qui est la troisième plus grande entreprise privée du monde derrière Walmart et Foxcomm, et le plus grand employeur privé du continent africain, a appris à profiter du racisme, des politiques anti-immigration et des technologies de sanction en Israël et partout dans le monde. G4S est directement responsable des conditions d'incarcération des prisonniers politiques palestiniens, des prisons en Afrique du Sud, de la nature quasi carcérale de certaines écoles aux États-Unis, du mur d'apartheid en Israël/Palestine et du mur de séparation sur la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Et, bizarrement, nous apprenons lors de cette rencontre à Londres, que G4S gère également des centres d'aide aux victimes d'agression sexuelle en Angleterre.

Vous dites souvent que le complexe industrialo-pénitentiaire s’apparente à de « l’esclavage moderne ». À quel point cette industrie est-elle rentable ?

Comme elle est en continuelle expansion, le cas G4s en est la preuve, on peut supposer qu'elle l'est de plus en plus. Elle inclut maintenant, en plus des prisons privées (et publiques, qui sont plus privatisées qu'on pourrait le penser et de plus en plus soumises à la dictature du profit), les centres de détentions pour mineurs, les prisons militaires et les centres d'interrogation. Qui plus est, le secteur le plus rentable de l'industrie pénitentiaire est celui des centres de détention pour migrants. On peut alors comprendre pourquoi la loi anti-immigration la plus répressive, ici aux États-Unis, a été rédigée par des prisons privées, dont l'objectif explicite était de maximiser leurs profits.

Qu’est-ce que l’essor du complexe industrialo-pénitentiaire nous dit de notre société ?

L'accroissement inexorable du nombre de personnes incarcérées dans le monde et le développement des moyens toujours plus profitables qui permettent de les maintenir en captivité est une des illustrations les plus dramatiques des tendances destructrices du capitalisme global. Mais les bénéfices obscènes que génère l'incarcération de masse sont des corollaires de profits engendrés par les industries de l'éducation, de la santé et d'autres services qui devraient être, en réalité, accessibles à tous gratuitement.

Vous imaginez une société sans prisons : n’est-ce pas utopique ? Comment cela pourrait-il fonctionner et que mettez-vous en place sur le terrain pour faire accepter cette idée ?

Je suis convaincue qu'une société sans prison est réaliste et envisageable dans le futur, mais dans une société nouvelle basée sur les besoins de la population et non sur le profit. L'abolition des prisons est aujourd'hui perçue comme utopique justement parce que la prison et les idéologies qu'elle s'attache à véhiculer avec force sont totalement ancrées dans notre monde contemporain. L'utilisation de plus en plus massive de l'incarcération comme stratégie de détournement et l'accroissement du nombre de personnes emprisonnées aux États-Unis (environ 2,5 millions), empêchent de mettre en lumière et de traiter les problèmes sociaux fondamentaux (le racisme, la pauvreté, le chômage, le défaut d'éducation, etc.). La population finira par se rendre compte que la prison n'est qu'une fausse solution. Le plaidoyer pour l'abolition des prisons doit et ne peut se faire que dans un ensemble de revendications plus large incluant celles pour une éducation de qualité, la fin des discriminations à l'emploi, la gratuité des soins de santé et d'autres réformes progressistes. Cela participera à la promotion de la critique anticapitaliste et les initiatives vers le socialisme.

Dans une des séquences de The Black Power Mixtape, un documentaire sur les Black Panthers et le mouvement afro-américain, vous avez répondu, à un journaliste qui vous demandait si vous approuviez l’utilisation de la violence : « Me demander si j’approuve la violence n’a aucun sens. » Pouvez-vous développer ?

Je voulais mettre l'accent sur le fait que cette question sur la légitimité de la violence aurait dû être posée aux institutions qui avaient, et ont toujours, le monopole de la violence : la police, les prisons, l'armée. J'ai expliqué que j'avais grandi dans le sud des États-Unis, à une époque où le gouvernement permettait au Ku Klux Klan d'entreprendre des attaques terroristes contre les communautés noires. J'étais en prison en ce temps-là, injustement accusée de conspiration, kidnapping et meurtre. J'étais devenue la cible privilégiée de violences institutionnelles et on ne demandait qu'à moi si j'approuvais la violence. Très bizarre... Je voulais aussi mettre en lumière que militer pour un changement révolutionnaire n'était pas en premier lieu une question de violence mais consistait à s'attaquer à des problématiques de fond, comme l'amélioration des conditions de vie des personnes les plus pauvres et des personnes de couleur

Nombreux sont ceux qui pensent encore que vous faisiez partie des Black Panthers — certains sont même convaincus que vous en étiez l’une des fondatrices. Pouvez-vous nous expliquer quelles étaient vos relations avec ce mouvement à l’époque et le rôle que vous avez joué ?

Je n'étais pas un des membres fondateurs du parti des Black Panthers. J'étudiais en Europe quand le parti a été créé en 1966. Après avoir rejoint le Parti Communiste, je suis également devenue membre des Black Panthers et ai travaillé avec une des branches de l'organisation à Los Angeles en tant que responsable de l'éducation politique. Un jour, les leaders du parti ont décidé que les membres des Black Panthers ne pouvaient être affiliés à aucune autre organisation, alors j'ai choisi de poursuivre mon engagement avec le Parti Communiste, tout en continuant à soutenir et à collaborer avec les Panthers. Ils ont d'ailleurs été très actifs pour obtenir ma libération lorsque j'ai été incarcérée.

Vous parliez de « légitimité de la violence » ; cela renvoie à la situation en Palestine. On entend aujourd’hui la communauté internationale, les médias et le monde exiger des Palestiniens l’arrêt de la violence comme précondition à des négociations. Exactement comme il avait été demandé aux leaders du mouvements pour les droits civiques ou aux Indiens d’Amérique. Qui impose cette règle qui veut que l’opprimé assure la sécurité de l’oppresseur ?

Mettre la question de la violence au premier plan permet de masquer les véritables problématiques qui font le coeur de la lutte pour la justice. Le même processus a été utilisé pendant la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud. Il est intéressant de noter que Nelson Mandela, qui a été sanctifié comme un des plus grands défenseurs de la paix de notre ère, figurait sur la liste des terroristes des États-Unis jusqu'en 2008. Les vraies problématiques de la lutte palestinienne pour la liberté et l'auto-détermination sont rendues invisibles par ceux qui, usant du terrorisme, portent la résistance palestinienne au même niveau d'horreur que l'apartheid israélien.

À quand remonte votre dernière visite en Palestine ? Quelle impression vous a-t-elle laissée ?

J'y suis allée en juin 2011 avec un groupe d'Indiens d'Amérique et de femmes de couleur, universitaires et activistes. La délégation comptait des femmes qui avaient grandi sous le régime d'apartheid en Afrique du Sud, dans le sud des États-Unis sous les lois Jim Crow et dans les réserves indiennes. Bien que nous étions déjà tous engagés dans le mouvement pour la justice en Palestine, nous avons été profondément choqués par ce que nous avons vu et avons décidé d'encourager nos différents groupes à rejoindre le mouvement BDS et à intensifier la campagne de lutte pour une Palestine libre. Certains d'entre nous ont plus récemment réussi à faire passer une résolution exhortant l'American Studies Association à participer au boycott académique et culturel d'Israël. D'autres ont œuvré pour le passage d'une résolution par la Modern Language Association visant à censurer Israël pour avoir refusé l'entrée en Cisjordanie à des universitaires qui voulaient faire des recherches et dispenser des cours dans des universités palestiniennes.

Il existe de nombreux moyens de résistance pour les populations opprimées — la loi internationale stipulant même qu’il est possible de résister par la lutte armée. Aujourd’hui, le mouvement de solidarité palestinien a pris le chemin de la résistance non-violente. Est-ce, selon vous, la bonne route ?

Les mouvements de solidarité sont, par nature, non-violents. En Afrique du Sud, alors même q'un mouvement de solidarité international s'organisait, l'ANC et le SACP en sont venus à la conclusion qu'il leur fallait une branche armée : Umkhonto we Sizwe. Ils avaient tout à fait le droit de prendre cette décision. De la même manière, c'est aux Palestiniens de définir quelles méthodes ils pensent les plus à même de les conduire à la victoire. En même temps, il est clair que si Israël se retrouve isolé économiquement et politiquement, comme tente de le faire la campagne BDS, il ne pourra pas continuer de développer son régime d'apartheid. Si nous, aux États-Unis par exemple, pouvions forcer Obama à cesser de donner 8 millions de dollars par jour à Israël, nous ferions un grand pas vers la fin de l'occupation israélienne.

Vous faites partie d’un comité pour la libération de Marwan Barghouti et tous les prisonniers politiques. Pourquoi est-ce une priorité à vos yeux ?

Il est essentiel que Marwan Barghouti et tous les prisonniers politiques incarcérés dans les prisons israéliennes soient libérés. Marwan Barghouti a passé plus de deux décennies derrière les barreaux. Sa situation est d'ailleurs tout a fait symptomatique de l'expérience de la plupart des familles palestiniennes dont au moins un membre a été emprisonné par les autorités israéliennes. Il y a actuellement plus de 5000 prisonniers palestiniens et nous savons que depuis 1967, 800 000 Palestiniens, soit 40 % de la population masculine, ont été incarcérés par Israël. Demander la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens est un élément essentiel des revendications pour mettre fin à l'occupation.

Lors d’une conférence à Londres, en octobre 2013, vous avez déclaré que la question palestinienne devait se globaliser, qu’elle était une problématique sociale que tous les mouvements luttant pour la justice devaient inscrire dans leur programme. Que vouliez-vous dire par là ?

Tout comme le combat contre le régime d'apartheid en Afrique du Sud a fini par devenir une des préoccupations premières d'une grande majorité des mouvements de lutte pour la justice dans le monde, la question palestinienne doit devenir la priorité de tous les mouvements progressistes aujourd'hui. On a eu tendance à considérer la Palestine comme une question à part et, malheureusement, souvent marginale. Le moment est venu d'encourager tous ceux qui croient en l'égalité et la justice à se joindre à la lutte pour libérer la Palestine.

Que répondez-vous si l'on vous dit : le combat est sans fin ?

Je dirais que nos luttes murissent, grandissent, produisent de nouvelles idées, font surgir de nouvelles problématiques et de nouveaux terrains sur lesquels nous devons mener notre quête de liberté. À l'instar de Nelson Mandela, nous devons avoir la volonté d'entreprendre la longue marche vers la liberté.

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Published by Gri-Gri International - dans Politique Gos et Gars du moment
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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 01:10
#GoDuMoment / Shanel "Nappy" Gbagbo Zahui, aka l'Egérie

Mis en ligne sur Facebook le 18/03/2015

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 09:30
#RDCongo / Kabila libère les 3 Y-En-A-Marristes sénégalais

SOURCE

Les trois responsables du mouvement citoyen sénégalais Y en a Marre, arrêtés dimanche à Kinshasa, en République démocratique du Congo, ont été libérés, mercredi en début de soirée et expulsés, a appris l'APS de source officielle à Dakar.

‘’Ils sont attendus à Dakar, jeudi entre 15 heures et 16 heures’’, selon la même source.

Le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, "a rassuré ce matin (mercredi) son homologue sénégalais Mankeur Ndiaye de la libération imminente de Fadel Barro, Malal Talla et Aliou Sané détenus depuis dimanche dans les locaux du service congolais de renseignement", avait indiqué le responsable du service de l'information, de la communication et des relations publiques du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur, Hamidou Sagna.

Selon M. Sagna, le ministre Mankeur Ndiaye s'est entretenu de cette question avec son homologue congolais, suite à l'appel lancé mardi par le chef de l'Etat, Macky Sall, sollicitant des autorités congolaises la libération des dirigeants de Y'en a marre.

Les trois militants de "Y en a marre" et un membre du mouvement citoyen burkinabè "Balai citoyen" sont arrêtés depuis dimanche, à Kinshasa, la capitale de la RDC. Ils étaient partis sensibiliser les jeunes congolais sur la gouvernance et la démocratie, à l'invitation de la société civile de ce pays

Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, a dit, mardi, à la BBC que les autorités de son pays les soupçonnent d’"insurrection visant à monter les jeunes [de la RDC] contre le pouvoir".

Une vingtaine de personnes, dont des journalistes, avaient été arrêtées dimanche, en même temps, lors d’une conférence de presse donnée par les militants des mouvements citoyens sénégalais, burkinabè et congolais. Certaines d’entre elles ont été libérées le même jour.

Le climat politique est actuellement tendu en RDC. Le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, est soupçonné par l'opposition de se préparer à l'élection présidentielle de 2016, ce que ne lui autorise pas la Constitution du pays.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 08:00
#Toquard / Fauteuil de professeur d'université rénovée sous Ouattara

SOURCE : le compte Facebook du LIDER

Fauteuil émergent de professeur dans l'amphi G de la faculté de sciences économiques de l'université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan, rénovée il y a 2 ans. Le régime Ouattara, dans son programme, avait promis la construction de 5 nouvelles universités en 5 ans. En lieu et place de cela, il a plutôt surfacturé la rénovation des universités existantes pour un coût de 175 milliards de fcfa au lieu des 42 milliards initialement prévus. Après leur "rénovation", les universités ne disposent pas de bibliothèques, ni de laboratoires, ni de salles de TP en nombre suffisant...

PS : commentaire supplémentaire sur le compte Facebook de Nathalie Yamb (LIDER itou) :

Université de Cocody: Pas de courant dans l'amphi. Pas de bibliothèques. Pas de laboratoires. Par contre, on est en train de peindre un immense portrait d'Houphouët-Boigny sur les murs d'un bâtiment. Etudiants ivoiriens, yako !!

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 01:40
#Boko Haram / L'armée française déploie, lie et contacte au Cameroun

SOURCE

Lors de la conférence de presse qu’il a donnée le 11 mars, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé un « léger » renforcement des effectifs engagés dans l’opération Barkhane, dont l’objet est de contrer les groupes jihadistes présents dans la bande sahélo-saharienne (BSS).

« On va légèrement augmenter notre chiffre sur Barkhane, on le diminue par ailleurs sur Sangaris [en Centrafrique, ndlr], pour nous donner des moyens de soutien et d’accompagnement sur les tensions qui se produisent autour du lac Tchad », a ainsi affirmé M. Le Drian.

Aussi, l’annonce faite ce 17 mars par l’État-major des armées (EMA) et relayée par l’agence Reuters n’est pas une surprise. En effet, l’armée française va mettre en place un détachement de liaison et de contact au Cameroun. Et cela afin de soutenir les efforts menés contre les jihadistes du groupe nigérian Boko Haram.

« Nous sommes dans une logique de soutien, nous ne sommes pas dans une logique d’intervention militaire armée » au Nigeria, a précisé le colonel Gilles Jaron, le porte-parole de l’EMA.

Il s’agira du second détachement de liaison de ce type mis en place par les forces françaises. Le premier, qui compte une quinzaine de militaires, a été déployé à Diffa, dans le sud du Niger. Sa mission est de recueillir et de transmettre du renseignement vers la cellule de coordination et de liaison (CCL), qui, adossée à l’état-major de l’opération Barkhane, installé à N’Djamena (Tchad), est opérationnelle depuis décembre dernier.

Pour rappel, le Tchad a envoyé des troupes au Niger et au Cameroun afin d’y contrer les incursions de Boko Haram. À partir de ces pays, ces dernières ont lancé deux offensives au Nigéria contre les jihadistes.

Enfin, une force régionale, à laquelle participeront le Tchad, le Cameroun, le Nigéria, le Niger et le Bénin, devrait entrer en lice sous l’égide de l’Union africaine. Du moins après l’adoption d’une résolution par le Conseil de sécurité des Nations unies.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 08:45
#CôtedIvoire / Le PCF montre l'exemple (#FrontDeGauche #NPA #EELV)

Merci à la camarade Christine Tibala et à C.Sandlar

Merci à Ma Mian Édjokè d'avoir partagé (sur Facebook, ndlr) cet article ci-dessous de la LRI du PCF de mars 2015 qui est le plus abouti et le plus clair du Parti Communiste Français depuis le début de la tragédie ivoirienne selon moi. Ils ne sont pas encore avec nous dans les marches, mais demain n'est pas loin ! En tous les cas, les militants du Front de Gauche ne nous insultent plus systématiquement quand ils nous voient dans les rues en prétendant que nous soutiendrions un dictateur. Qu'on se rappelle quand même le cordon "sanitaire" du NPA lors de notre première participation à la marche parisienne du premier mai où il s'agissait selon eux de ne pas laisser les Pro-Gbagbo que nous sommes "polluer" la lutte. On a sacrément avancé... Si seulement on pouvait travailler un peu plus vite à la réhabilitation du combat de Laurent Gbagbo et de ceux qui le soutiennent. Tant de vies sont en jeu !

Article consacré à la Côte d’Ivoire dans la Lettre trimestrielle des Relations Internationales du Parti Communiste Français de mars
2015

La Côte d’Ivoire connaît une crise profonde et violente depuis septembre 2002, date de la tentative de coup d’État contre le président Laurent Gbagbo qui s'est transformée en « rébellion » occupant la moitié nord du pays.

A l’image de la Sierra Leone et du Liberia, des manœuvres de déstabilisation y ont été menées en complicité avec le président burkinabé Blaise Compaoré, avec l'appui des puissances occidentales - France en tête - et de multinationales. Tous jouant aux « pompiers pyromanes », cherchant ainsi à aggraver la division et l’affaiblissement du pays pour leurs intérêts respectifs. Par le moyen de la force militaire française, un ancien haut fonctionnaire du FMI et membre de l’Internationale libérale, Alassane Ouattara a été imposé à la tête de l’État ivoirien après une élection dont rien ne confirme qu'il l'ait remportée. Cela au détriment d’un dialogue politique et d’un recomptage des voix qui restait souhaitable et possible.

Ainsi depuis 2002 jusqu’en 2011 de nombreuses violences ont été commises de part et d’autre lors une guerre civile larvée opposant un pouvoir élu et une rébellion. Le point culminant de ce processus est le tristement célèbre massacre de Duékoué en mars 2011 lorsque les troupes pro-Ouattara s'emparent du sud du pays.

LA CPI, POURTANT SAISIE EN

2003 PAR L’ÉTAT IVOIRIEN SUR

LES VIOLATIONS DES DROITS

HUMAINS, CHOISIRA DE NE

CIBLER QU'UN DES CAMPS EN

PRÉSENCE POUR LA SEULE

PÉRIODE POST-ÉLECTORALE DE

2010/2011.

Suivant en cela les desiderata de membres du Conseil de Sécurité, dont la France. La CPI fait ainsi l’impasse sur le rôle du camp Ouattara, sans parler du rôle de la France et des multinationales complètement passé sous silence.

Pourtant le pouvoir d’Alassane Ouattara porté aux nues par une partie de la communauté internationale aggrave et multiplie les manquements aux droits humains en Côte d’Ivoire. Des centaines d’arrestations arbitraires et politiques, l’impunité concernant les violences meurtrières depuis 2011, la promotion et l’enrichissement de ceux qui les ont commis, la persistance de milliers de réfugiés et de déplacés à l’intérieur et à l’extérieur du pays, le non-respect des engagements pris dans la mise en place d’un processus de « rassemblement et de réconciliation », la violation des droits civils et politiques, constituent le triste quotidien de la population. Cette dernière paie le prix fort d’un régime de plus en plus autocratique, corrompu et antisocial, secoué et déstabilisé par des conflits violents entre clans rivaux pour l'accaparement des richesses et du pouvoir que les multinationales et les puissances impérialistes veulent bien leur laisser.

A ce triste tableau il faut ajouter la nomination d’un nouveau président du Conseil Constitutionnel, militant acharné du principal parti au pouvoir, remplaçant celui qui avait été illégalement mis en place par Ouattara mais qui était sans doute considéré comme plus assez docile. Sans oublier, au grand dam de la société civile et de l’opposition politique, la remise en selle du président de la Commission électorale indépendante, acteur contesté de la crise post-électorale.

Par ailleurs, le pouvoir cherche non seulement à restreindre fortement la liberté de réunion et d’association mais aussi à s’immiscer dans les débats internes des organisations de la société civile, des syndicats et des partis politiques comme en témoigne la récente décision de justice, dénoncée par Amnesty International, qui interdit la candidature d’un des candidats à la présidence du Front Populaire Ivoirien, ce qui a pour résultat de favoriser une tendance au détriment de l’autre et d’alimenter un climat délétère au sein de l’opposition.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le récent procès de 83 militants pro Gbagbo. Selon tous les observateurs indépendants, il y a eu de graves manquements : absence de preuves matérielles pour étayer les accusations, témoins à charges incapables de reconnaître les prévenus et se contredisant dans des récits fantaisistes...

Loin de viser à satisfaire un désir de justice et de vérité, fort légitime, les peines prononcées, extrêmement lourdes et allant bien au-delà des réquisitions du parquet, relèvent d'un jugement politique. Comment pouvait-il en être autrement d'ailleurs, quand la porte-parole du gouvernement ivoirien admettait elle-même le 22 octobre dernier que des « procédures politiques » étaient en cours. A la justice des vainqueurs s’ajoute un procès inique, signe néfaste pour les libertés publiques et les centaines de militants politiques et associatifs qui croupissent dans les geôles du pouvoir. Il s’agit en réalité d’une escalade dangereuse, avec des pratiques qui ne s'observent que dans les régimes dictatoriaux.

LE POUVOIR FRANÇAIS NE

PEUT CONTINUER DE SE

FAIRE COMPLICE D’UNE TELLE

FORFAITURE. IL FAUT BRISER LE

SILENCE AUTOUR DE CE QUI SE

PASSE EN CÔTE D’IVOIRE.

A défaut, on continuera de voir sévir des personnages comme Gérard Longuet. Ce dernier, représentatif des versants les plus extrêmes, réactionnaires et colonialistes de la droite française, ancien ministre de la défense de Nicolas Sarkozy lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, actuel sénateur UMP et président du conseil d’administration de Sea-Invest Africa, est arrivé à Abidjan à la fin du mois de février en vue de réclamer, sous prétexte de faire des « affaires », sa « part de gâteau » pour services rendus au régime Ouattara. A défaut de briser ce silence complice, les hostilités, les désirs de revanche et les guerres civiles de demain ne manqueront pas d’apparaître. Il est encore temps d’arrêter cet engrenage.

Collectif Afrique

Commission des relations

internationales

Article paru dans la lettre des relations internationales du Parti communiste français - mars 2015

http://international.pcf.fr @pcf_monde facebook : pcfmonde

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 08:30
La Françafrique perd un ami : levée de l'immunité parlementaire de Balkany

SOURCE

POLITIQUE - Dans cette affaire, Patrick Balkany est déjà mis en examen. La demande de levée de son immunité parlementaire qui a été accepté ce mercredi 18 mars à l'Assemblée nationale va désormais permettre à la justice de prononcer une restriction de liberté à l'encontre du député UMP des Hauts-de-Seine. Les juges d'instruction qui enquêtent sur des faits de corruption passive et blanchiment de fraude fiscale veulent en effet lui imposer un contrôle judiciaire; cela pourrait impliquer qu'il rende son passeport afin de s'assurer qu'il ne quitte pas le territoire français.

Pour cela, il fallait que la majorité des députés du bureau de l'Assemblée vote cette levée d'immunité. Elle l'a été à l'unanimité des 16 membres présents, malgré le souhait contraire du principal intéressé. "Je ne vois pas comment un membre du bureau pourrait voter contre alors qu'on vient de voter la levée d'immunité de Philippe Briand (ex-trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, ndlr)", précisait avant le vote un membre du bureau.

Il faut dire que le dossier monté par les enquêteurs commence à être imposant. Outre le maire de Levallois, sa femme Isabelle est également mise en examen, de même qu'un ami, Jean-Pierre Aubry. Les magistrats soupçonnent notamment le couple, parmi les plus intimes de Nicolas Sarkozy, d'avoir caché au fisc le fait qu'ils sont propriétaires de deux villas où ils séjournent régulièrement à Saint-Martin et à Marrakech.

Un compte à Singapour alimenté par des commissions?

Tout a commencé par la sortie d'un livre (French Corruption) écrit en 2013 par deux journalistes du Monde. On y apprend qu'un ancien ami du couple Balkany, Didier Schuller, a admis l'existence d'un compte ouvert au nom de Patrick Balkany dans une banque suisse et d'une société écran basée au Liechtenstein où aurait transité des fonds publics détournés dans des marchés publics. Une affaire qui intéresse aussi la justice.

Mais au cours de l'enquête sur ce premier volet, les policiers ont été surpris de l'écart entre le train de vie du couple et ses revenus. Voilà pourquoi une enquête préliminaire a été déclenchée le 6 novembre 2013 puis une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale un mois plus tard. Depuis juillet 2014 et un signalement de Tracfin (cellule antiblanchiment de Bercy), elle a été étendue à des faits de corruption ce qui vaut la demande de levée d'immunité.

L'affaire a notamment conduit les enquêteurs à Singapour. Les juges pensent que le couple Balkany pourrait y détenir des sociétés off-shore derrière lesquelles ils se cacheraient pour détenir la propriété à Marrakech. Leur ami Jean-Paul Aubry, ancien directeur général de la Semarelp, la société d'économie mixte d'aménagement de la ville de Levallois-Perret, jouerait le rôle de prête nom.

Les juges d'instruction auraient des documents attestant l'existence de ce compte. Mediapart assure de son côté que ces comptes sont alimentés par des "commissions sur des contrats à l'international, notamment en Afrique, où Patrick Balkany a beaucoup voyagé ces dernières années, ainsi que sur des marchés publics passés à Levallois-Perret". Selon le Monde, le témoignage d'un industriel belge aurait mis les enquêteurs sur la voie en évoquant des contrat d'uranium.

Isabelle Balkany aurait avoué pour Saint-Martin

Lors des auditions, Isabelle Balkany a cependant toujours nié que le couple est d'une manière ou d'une autre propriétaire de cette villa à Marakech. "Je n'ai rien à me reprocher, ce sont des affabulations. Quand on n'a rien à se reprocher, on se sent bien. Qu'ils fassent leur enquête", a déclaré aussi Patrick Balkany à l'issue de sa mise en examen en octobre 2014.

Ce n'est en revanche pas le cas pour la propriété de Saint-Martin. Selon des déclarations de l'avocat d'Isabelle Balkany datant de juin 2014, l'élue a reconnu être "l'ultime ayant-droit" de la société qui détient la maison depuis 1997. En clair, que le couple en est bien le propriétaire mais a omis de le dire au fisc depuis 18 ans.

Ce n'est pas le seul oubli que le couple Balkany aurait pu avoir commis. Libération affirme en effet que la déclaration de patrimoine du député oublie ce qui se trouve au Moulin de Cosy, leur propriété situé à Giverny. Plusieurs toiles de maître dont un Picasso et deux Miro auraient été découvertes lors d'une perquisition en janvier 2014. "Si ces toiles sont authentiques, comme semblent le penser les experts, il y en a pour plusieurs millions d'euros", note le quotidien. La Haute autorité pour la transparence demande pourtant que chaque oeuvre dont le montant dépasse 10.000 euros soit inscrite.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 22:30
Le vrai crime de Simone Gbagbo, le voici... (#VidéoAccablante)

2 décembre 2010, le Conseil constitutionnel ivoirien investit le nouveau (et à ce jour dernier) président élu : Laurent Gbagbo.

La France entre en guerre contre la Côte d'Ivoire dès le lendemain ou presque.

Son candidat, l'ancien groom du FMI Alassane Ouattara, tricheur aux méthodes violentes et meurtrières, qui a fait annoncer par les médias occidentaux une "victoire" pourtant impossible électoralement, devient le vainqueur reconnu par la communauté internationale, cette machine infernale qui se situe toujours au-dessus des lois et volontés des peuples.

Les premiers affrontements, les premiers morts...en particulier dans les rangs des gendarmes et soldats (FDS) de l'armée ivoirienne régulière et légaliste.

Mi-décembre 2010, Nicolas Sarkozy ordonne au couple Gbagbo de quitter le pouvoir.

Les banques françaises court-circuitent sur ordre le système financier et bancaire ivoirien, en n'hésitant pas à "solliciter" le soutien des agenouillés et soumis dirigeants des institutions africaines.

La France met en place un embargo sur les médicaments.

L'objectif est clair : asphyxier le pouvoir ivoirien et ainsi le détacher du peuple et des fonctionnaires ivoiriens qui continuent manifestement de le soutenir en se rendant au travail quotidiennement, alors même que rien n'assure qu'ils pourront toucher leurs salaires.

Face à cette situation, une vieille et douloureuse question se pose à nouveau : si le Franc CFA, monnaie de tous les pays d'Afrique francophone soumis économiquement à Paris, devient un carcan criminel pour le peuple ivoirien, pourquoi ne pas en sortir ?

Pourquoi, comme tout pays libre et indépendant, la Côte d'Ivoire ne battrait-elle pas sa propre monnaie ?

C'est dans ce contexte que fin-février début mars 2011, depuis les bancs de l'Assemblée nationale ivoirienne, la députée Simone Gbagbo pose la question de la sortie de la Côte d'Ivoire du Franc CFA... Question douloureuse pour l'économie et le système financier...français.

Un jour, un historien ivoirien (ou même français, on peut rêver) situera peut-être la décision politique française d'intervenir militairement en Côte d'Ivoire au lendemain de cette interpellation de la députée Simone Ehivet Gbagbo...

Texte / G.P.

PS : merci à Philippe T. qui nous a signalé cette vidéo.

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