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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 09:15
#DomTom / La ministre George Pau-Langevin à propos de Mayotte (#Vidéo)

Vendredi 20 mai 2016.

Auditorium de la Mairie de Paris.

A l'invitation d'associations de femmes mahoraises et après projection d'un documentaire à propos des "Chatouilleuses de la république", ces Mahoraises qui dans les années 1970-1980 ont beaucoup pesé dans le choix pour Mayotte de rester dans le giron français.

Intervention de la ministre des Dom-Tom, George Pau-Langevin

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 20:49
Laurent Bigot sait que Ouattara n'a pas gagné en 2010 (#CôtedIvoire #ProcèsDeLaHonte #CPI)

SOURCE

Texte de Laurent Bigot, ancien diplomate français devenu consultant indépendant. En 2010, il était sous-directeur pour l’Afrique de l’Ouest au Quai d’Orsay.

Qui a gagné l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire ? Officiellement, c’est Alassane Ouattara. En réalité ? Bonne question.

Laurent Gbagbo, élu président en 2000 pour un mandat de cinq ans, repoussait d’année en année la tenue d’un nouveau scrutin présidentiel tant que les rebelles qui occupaient la moitié nord du pays n’avaient pas désarmé et que l’Etat ivoirien n’avait pas retrouvé sa souveraineté sur la zone CNO – zone centre, nord et ouest contrôlée par les rebelles pro-Ouattara. Rappelons au passage – deux poids deux mesures – que c’est pour permettre à l’Etat malien de recouvrer sa souveraineté au nord que la France a déclenché l’opération « Serval » en janvier 2013.

Pour une raison que j’ignore, en 2010, Laurent Gbagbo abandonne ces deux conditions et accepte d’aller à l’élection, convaincu qu’il va gagner, sondages réalisés par Euro RSCG à l’appui. Or, pour la France et la communauté internationale, cette élection est un moyen de chasser Laurent Gbagbo du pouvoir. C’est également le calcul du président burkinabé Blaise Compaoré. L’analyse électorale sommaire que font les acteurs internationaux, c’est que le président sortant ne pèse que le poids de son ethnie, les Bété, insuffisant selon eux pour remporter le scrutin.

Plus de votants que d’inscrits

Pour Nicolas Sarkozy et la diplomatie française, cette élection ne peut avoir qu’un seul résultat acceptable : la victoire d’Alassane Ouattara. Il règne à l’Elysée et au Quai d’Orsay une véritable hystérie anti-Gbagbo. Les esprits sont préparés à un conflit, pas à une négociation. J’ai décrit dans une précédente chronique combien la France était obsédée par le départ de Laurent Gbagbo, parant le candidat Alassane Ouattara de toutes les vertus.

Le premier tour se tient le 31 octobre 2010. Les résultats provisoires donnent Laurent Gbagbo en tête avec 38 % des voix, suivi d’Alassane Ouattara (ADO) avec 32 % et Henri Konan Bédié (HKB) en troisième position avec 25 %. Ce dernier annonce très vite qu’il va former un recours en annulation portant sur près de 600 000 voix (il y avait un peu plus de 300 000 voix d’écart entre ADO et HKB). De nombreux procès-verbaux en zone CNO sont en effet suspects : plus de votants que d’inscrits, 100 % des voix pour le candidat Ouattara. Mais, par un concours de circonstances bien étrange, le recours sera déposé hors délai.

Henri Konan Bédié, qui a présidé la Côte d’Ivoire de 1993 à 1999, évoque en octobre 2013 l’élection de 2010, lors d’un congrès du Parti démocrate ivoirien (PDCI) : « Le rang que j’ai occupé à l’élection de 2010 n’était pas le mien… mais vous conviendrez avec moi que les dés étaient déjà pipés. » Ambigus aussi les propos de Jean-Marc Simon, ambassadeur de France à Abidjan, lorsqu’il sort du domicile d’Henri Konan Bédié en 2012 avant de quitter ses fonctions : « Tous ont beaucoup apprécié son attitude tout à fait digne d’éloges démocratiques après le premier tour où il a accepté de ne pas être présent au second tour et d’apporter un soutien sans faille à celui que les Ivoiriens ont ensuite désigné, le président Alassane Ouattara. »

Un ambassadeur qui félicite un candidat « acceptant » de ne pas être au second tour et qui a soutenu « sans faille » son ancien premier ministre et adversaire Alassane Ouattara ? Etonnant ! Faut-il yvoir de l’ingérence ou de la diplomatie « engagée » ? Ou encore les intérêts bien compris de l’ambassadeur Simon, qui n’allait pas tarder à se reconvertir dans les affaires, à Abidjan.

Laurent Gbagbo ne contestera pas les résultats du premier tour car il se retrouve dans la configuration la plus favorable pour affronter ADO au second tour. Il a commis une erreur.

Le second tour se tient le 28 novembre 2010. La Commission électorale indépendante (CEI) n’arrive pas à se mettre d’accord sur les résultats à annoncer. Le camp présidentiel n’a pas la majorité au sein de la CEI et conteste le travail de compilation des résultats. Cette bataille rangée au sein de la CEI culmine le 30 novembre quand le représentant de Laurent Gbagbo arrache des mains du porte-parole de la CEI les résultats qu’il veut annoncer devant la presse. La mission d’observation électorale de l’Union européenne regrettera dans son rapport final que la CEI n’ait pas publié les résultats par bureaux de vote, comme elle regrettera d’avoir été empêché d’observer la consolidation des résultats du premier tour.

C’est finalement le président de la CEI qui proclame les résultats provisoires, hors du délai de trois jours imparti par la loi électorale. L’annonce est faite à l’Hôtel du golf, le QG d’Alassane Ouattara, la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci), ayant refusé que cela se déroule chez elle. Alassane Ouattara est déclaré vainqueur avec une avance de 376 000 voix.

De son côté, le Conseil constitutionnel, s’étant saisi du dossier puisque la CEI était hors délai, annule, dans la précipitation, les votes de sept départements de la zone CNO et proclame Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection.

Dans la foulée, Choi Young-jin, le représentant du secrétaire général des Nations unies à Abidjan, certifie ses propres résultats et déclare Alassane Ouattara vainqueur avec des chiffres différents de ceux de la CEI et du Conseil constitutionnel.

L’enjeu du taux de participation

Rappelons que l’Onuci certifie l’élection alors que ses représentants n’étaient présents que dans 721 bureaux de vote sur un total de 20 073, soit 3,6 % des bureaux de vote. Choi Young-jin affirme dans son livre, Au cœur de la crise ivoirienne (Nouveau Monde Editions, 2015), que ses équipes ont visé tous les procès-verbaux. Mais elles ne peuvent concrètement garantir l’authenticité que d’une petite partie d’entre eux.

Le taux de participation au second tour est annoncé à 81 % (83 % au premier) alors que le vice-président de la CEI, Amadou Soumahoro, membre du parti d’Alassane Ouattara, avait estimé, le lendemain du vote, une participation avoisinant les 70 %, tout comme Gérard Latortue, le chef de la mission des observateurs de la Francophonie. C’est un enjeu crucial, car une participation moindre handicapait Alassane Ouattara et favorisait Laurent Gbagbo. En outre, la société SILS Technology, chargée de compiler électroniquement les procès-verbaux, certes filiale d’une société d’Etat dirigée par un proche de Laurent Gbagbo, écrit à la CEI que son logiciel a rejeté 2 000 procès-verbaux de bureaux de vote car ils comportaient plus de votants que d’inscrits. Selon Bernard Houdin,conseiller de Laurent Gbagbo, ces 2 000 PV rejetés représentaient 300 000 votes.

Il y avait donc de bonnes raisons de prendre le temps de recompter. Et personne n’était plus à quelques semaines près après avoir attendu cinq ans. Or la France s’oppose obstinément à tout recomptage. Nous ne saurons jamais si cela aurait évité à la Côte d’Ivoire de basculer dans la guerre civile. Les deux camps étaient lourdement armés et convaincus qu’ils ne pouvaient pas perdrel’élection. Mais, au moins, la communauté internationale aurait eu la satisfaction d’avoir tout tenté.

Je ne sais pas qui a réellement remporté l’élection de 2010 mais une chose est certaine, les résultats certifiés par les Nations unies ne sont pas les bons.

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 19:03
La femme de Stephen Smith fait de la pub pour son livre sur #Fdesouche

Lorsqu'on se rend sur le site gauchiste et sansfrontièriste Fdesouche.com, on est invariablement accueilli, d'abord, par une publicité pour un livre. Souvent les oeuvres d'auteurs des mêmes mouvances progressistes : Zemmour, Villiers, Obertone...

Et puis là, sans prévenir : le nouveau livre de madame Stephen Smith, aka Géraldine Faes ou Smith, selon les supports !

Et selon qu'elle co-signe ou pas un livre avec son époux, le négrophile auteur de science fiction Stephen Smith (lui-même compagnon de jeu DU spécialiste de l'Afrique Antoine Glaser).

Chez l'impayable mais très achetable Jeune Afrique, où la Faes sévit longtemps, on doit apprécier.

Et à Epok, l'ancien magazine de la FNAC, dont elle dirigea la rédaction.

Convergence des luttes ?

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 20:52
#PSG Ibra, casse-toi ! / par Jérôme Reijasse

En attendant qu'il ait trouvé un titre de rubrique aussi performant que 7 jours loin du monde, les lettres d'amour amères de Jérôme Reijasse, destinées à ce qu'il reste d'humain, d'innocent et de non dérisoire en chacun d'entre nous, seront classées dans 7 jours...

Il a violé tous les records, démonté toutes les statistiques, affolé tous les compteurs.

Avant lui, qui ?

Personne. Sauf peut-être Mickey.

Il venait d'un pays où les suicides sont fréquents et où les meubles se montent à domicile. Un pays à la langue atroce et aux neiges mordantes.

Son nez, son chignon, son regard presque louche, sa taille de géant et ses pieds péniches ont séduit les enfants, les familles, les médias, les puceaux, ceux de la dernière heure.

Un héros sans pouvoir, un super sans plomb.

Il a conquis un territoire qui était sans défense. Il a écrasé les faibles et les forts l'ont éteint.

La ligue des champions n'a encore pas voulu de lui.

La ligue 1 a aimé le haïr, elle l'a adoubé, oubliant qu'ici, les rois, on les préfère sans tête.

Ses mots étaient parfois drôles, jamais en français. Il roulait les R comme il pliait les défenses.

Il provoquait les instances et ses ennemis avec l'arrogance d'un grand frère qui aurait trop redoublé.

Il a marqué, beaucoup, certains buts resteront, oui.

Il va être difficile de le remplacer. Le Qatar aime l'efficacité plus que l'histoire et il est aujourd'hui bien embarrassé. Trouver un nouveau robot capable d'exciter les touristes nippons comme Philippe Doucet ne sera pas chose aisée. Ce n'est pas notre problème.

C'est un problème de riches.

Des amis m'accusent de mauvaise foi. Ils ont raison. Et la mauvaise foi reste une foi.

J'espère que les anciens, que tous ceux qui ne vont plus au Parc et qui aiment Paris depuis leur canapé ont accueilli la nouvelle de son départ avec une joie sauvage. Avec une lueur dans les yeux.

Il a dit tout ce qu'il ne fallait pas dire. Il a nié Susic, Rai, Pauleta, Kombouaré, Luis, Ronnie, Mendy, Diané, Boulogne, Auteuil et tous les autres. Il a ricané devant les tombes. Nos tombes. Il a cru qu'un mercenaire n'avait pas d'odeur.

J'avais écrit, à son arrivée, un texte terrible sur lui. Et tous les mots sont encore à leur place. Légitimes.

Samedi, à la dixième minute, le match s'est arrêté et ils t'ont applaudi. J'ai même aperçu les larmes de Marco. Les larmes de tous ces gens en tribunes. Ils ne te déclaraient pas leur amour, non, ils commençaient déjà à craindre l'après. À redouter la défaite, à entrevoir le passé, notre passé. Et ils n'en voulaient pas, pour rien au monde. Dans leurs petits coeurs mal irrigués, ils rêvaient de Ronaldo, de Neymar, de Messi. Lewandowski, trop banal! Ils veulent du lourd, du gras, du rentable. Ils en sont là. Les enfants gâtés, les flipettes, les endormis. Les groupies.

Tu ne me manqueras pas. Même si le Qatar foire son recrutement. Même si la Ligue 1 redevient quelque chose de plus âpre. Je pense à Pastore. Il va enfin pouvoir régner.

Je pense également à ta fin de carrière. Je prie pour que tu signes finalement de l'autre côté de l'Atlantique. Là-bas, tu seras enfin vraiment chez toi: la démesure, le pragmatisme, la sauvagerie, l'argent roi, Hollywood, le divertissement comme seul horizon. Tu pourras encore exhiber tes enfants blonds et quitter la pelouse comme si de rien n'était. On fera peut-être un film sur toi. Et une attraction à Disneyland. Et un sandwich chez MacDo. Et tout ce que tu voudras.

Le Qatar souhaite baptiser une tribune du Parc à ton nom. Pourquoi pas, tant qu'on y est, le Parc Ibra ?

Tu t'en fous de toute façon.

Tu es venu en roi, tu repars en légende, as-tu tweeté comme un homme de ton époque.

C'est quoi, une légende? Le dictionnaire dit: “Récit à caractère merveilleux où les faits historiques sont transformés par l'imagination populaire ou l'invention poétique”.

Tu as vulgarisé l'exploit, piétiné les racines, insulté la mémoire, banalisé le talent. Chimère ikea, propagande libérale, monstre pas gentil.

Si un jour, ta statue trône devant le Parc, il n'y aura pas que les pigeons pour la salir.

Tu incarnes celui qui a enfoncé le clou, celui qui a validé la mort du football populaire. Ton peuple n'en est pas un. Ton royaume non plus. Ta légende est un crédit à taux variable.

Casse-toi Ibra et sans te retourner.

Pas de chant pour toi. Pas de tifo.

Juste le silence.

Mon fils grandira loin de toi.

Le plus beau cadeau que tu pouvais lui faire.

Je vais lui raconter Safet, je vais lui apprendre les chants anciens, je vais l'initier à l'appartenance.

Il saura.

Et toi, tu n'auras jamais existé.

Texte : Jérôme Reijasse

#PSG Ibra, casse-toi ! / par Jérôme Reijasse
#PSG Ibra, casse-toi ! / par Jérôme Reijasse
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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 19:40
#RIP / Emmanuel Maubert, l'ami de Babette de Rozières (#Sagasdom #FranceO #Europe1)

Initialement mis en ligne fin février 2016

Emmanuel Maubert soutient le #Sagasdom2016 et Babette de Rozières

Les auditeurs d'Europe 1 et les téléspectateurs de France Télévisions le connaissent très bien... Emmanuel Maubert aime la gastronomie, et en particulier celle des Outre-Mer. Entre un enregistrement d'émission avec Babette et de multiples conversations avec le public du Salon, il a répondu aux questions du Gri-Gri (qu'il connaissait et situait plutôt bien...)

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 13:00
#GrandDébatAfrica1 / L.Sarmarkhbash, B.Sankara, F.Atchadé, B.Badie, T.Flichy de Neuville

Le Grand Débat

Lundi 30 mai 2016

Sujet

Construire une alternative mondiale// La paix et la guerre dans la construction du nouvel ordre mondial

Invités :

Lydia Sarmarkhbash, chargée des relations internationales au Parti communiste français qui organise le 1er juin prochain une conférence mondiale pour la paix et le progrès

Benewende Sankara, président de l’Unir-PS (Parti sankariste), premier vice-président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso

Dr Félix Atchadé, Chercheur sur les questions d’équité dans les systèmes de santé et consultant pour les politiques d’accès aux médicaments. Auteur de « Radioscopie d’un système de santé africain : Le Sénégal » aux éditions L’Harmattan

Par téléphone,

Bertrand Badie, professeur des Universités à l’Institut d’études politiques de Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI). Spécialiste des relations internationales. Dernier ouvrage paru : « Le Temps des Humiliés. Pathologie des relations internationales » aux éditions Odile Jacob

Thomas Flichy de Neuville, Membre du Centre Roland Mousnier de l'Université Paris IV – Sorbonne, Chef du département des études internationales à l'Ecole Spéciale de Saint-Cyr

Problématique :

-Etat de la paix dans le Monde – L’Europe a-t-elle échoué à créer un territoire exempt de conflits et de guerres ?

-Depuis la fin de la guerre froide, quel conception de l’ordre mondial ? Et de la gestion des conflits ?

-La guerre, « zéro mort », une utopie ?

-Un autre monde est-il encore possible ? Critique de l’altermondialisme

Lien Pour écouter l'émission

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 12:13
Quand Serge Aurier à nouveau sévit, il est temps de relire François de Negroni ! (#BadBoy #PSG)

1) Les faits, tels que rapportés ce jour par notre confrère http://www.afrique-sur7.fr/

Côte d’Ivoire : après l’affaire Périscope, Serge Aurier placé en garde à vue pour injures à des policiers

Serge Aurier vient de s’illustrer, une fois de plus, de la plus mauvaise des manières. L’international ivoirien a encore injurié des policiers, ce lundi 30 mai, alors qu’il sortait d’une boite de nuit en compagnie de certains de ses copains. Cet acte d’incivisme a valu à Aurier d’être placé en garde à vue, apprend-on de L’Équipe.

Serge Aurier, un bad boy incorrigible ?

Les frasques à répétition de Serge Aurier viennent contraster avec ses performances sur un terrain de football. En effet, le latéral droit du Paris Saint-Germain (PSG) a proféré des paroles injurieuses à l’encontre des éléments de la Brigade anti-criminalité (BAC) qui étaient pourtant en patrouille. Cette altercation intervient au moment où le joueur sortait d’une virée nocturne en boite de nuit parisienne avec ses compagnons. Cet outrage aux forces de l’ordre lui a valu d’être aussitôt placé en garde à vue dans un commissariat du 8e arrondissement.

Cet autre épisode intervient après l’affaire très médiatisée de Périscope où le Champion d’Afrique en titre a tenu des propos irrévérencieux vis-à-vis de son entraineur Laurent Blancainsi que certains de ses coéquipiers du PSG. De même, de passage en sélection nationale des Éléphants lors des 3e et 4e journées de l’éliminatoire de la coupe d’Afrique 2017, le fils de Gbizié Léon y a encore fait montre de ses attitudes de « bad boy ». Tous ces agissements commencent à inquiéter plus d’un aussi bien en Europe que dans son pays natal, la Côte d’Ivoire.

Ces épisodes malheureux interviennent au moment où le FC Barcelone est en train de pister le joueur pour remplacer Dani Alves, annoncé sur le départ pour la saison prochaine.

Tous ces comportements n’auront-ils pas une incidence sur la carrière du meilleur latéral droit du championnat français de la saison 2015-2016 ?

2) Le texte de François de Negroni sur la figure du Bad boy

SOURCE

Initialement paru à 10h53 le 05 oct. 2014, sous le titre
LE « BAD BOY » ET LA CONVERSION CONTRE-REVOLUTIONNAIRE DE L’HISTORIOGRAPHIE SPORTIVE

Un rappel, d’abord : l’émergence du sport moderne en Grande-Bretagne, à la fin du 19°siècle, correspond à une urgence hygiénique à la fois physiologique et sociale. Il s’agit de juguler deux fléaux. L’exercice physique est supposé harasser suffisamment les jeunes pensionnaires bien nés des public schools pour éradiquer chez eux l’habitude ravageuse de la masturbation. La compétition est censée offrir une activité et un spectacle dominicaux qui détournent et canalisent la violence potentielle extrême de la classe ouvrière anglaise. Une élite saine. Des masses hébétées et dépolitisées. La première puissance capitaliste planétaire montre la voie.


Pendant longtemps, les clubs restent étanches. Bourgeois et prolétaires ne s’affrontent pas sur les gazons. Il faudra la nationalisation (puis la mondialisation) des championnats, la démocratisation progressive de certaines pratiques, et, enfin, le professionnalisme, pour introduire et généraliser la mixité. Naissent dès lors, en opposition aux gentlemen (les Kubler, Beckenbauer, Federer…) deux figures complémentaires du « mauvais garçon » qui vont traverser l’histoire du sport.


D’un côté, il y a l’enfant gâté et terrible de la bourgeoisie. Je demande un WASP de la middle class new-yorkaise. J’obtiens John McEnroe. Le gamin mal élevé, boudeur, colérique, capricieux, mauvais perdant. De l’autre, bien plus commun, l’enfant frustré et révolté d’un quartier populaire. Je demande un fils d’ouvrier espagnol immigré à Marseille. J’obtiens Eric Cantona. Le minot violent, buté, hâbleur, bagarreur, incontrôlable. Les deux s’inscrivent de manière indissociable dans la légende sportive. Adulés, détestés, conspués, comédiens et martyrs, maintes fois sanctionnés par les instances de leurs disciplines, coqueluches des médias, ils resteront éternellement le Genius et le King, autant considérés pour leurs talents, leurs palmarès que pour leurs tempéraments d’épouvantables râleurs. On n’en finirait pas d’énumérer la liste des personnalités sportives charismatiques coulées dans ce moule atypique, à travers les époques et les compétitions. Et toujours au régal de publics galvanisés. Quand l’un de ces « mauvais garçons » dérape – par exemple Carlos Monzon, OJ Simpson ou Mike Tyson – son aura s’en trouve à peine affectée, tellement elle est associée à l’ hybris d’un caractère d’exception. Et l’on peut aussi défier l’Empire, tout en demeurant le Greatest : Cassius Clay, alias Mohamed Ali.


Or ces modes de dissidence sont en passe de disparaître. Qu’elle se manifeste sur le terrain ou en dehors, l’esthétique de la provocation théâtrale et du non-conformisme frondeur est de moins en moins tolérée dans le comportement des dieux du stade. Des champions actuels comme Ernests Gulbis ou Wayne Rooney, chacun selon ses déterminants socio-culturels, insolence trilingue, vodka et starlettes pour le premier, grande gueule, pubs et filles de bar pour le second, qui perpétuaient cette tradition de l’irrévérence, cette culture torchée de la troisième mi-temps, ont été conduits à s’assagir. Sommés par leurs coachs, leurs sponsors, la pression de la communauté des joueurs, et, du haut de leur tribune VIP, par les commentateurs journalistes, dorénavant coiffés de la double casquette d’analystes du jeu et de diffuseurs présomptueux du discours moral dominant. Pourquoi, d’ailleurs, une telle et soudaine sévérité de la part des Pascal Praud, Pierre-Louis Basse, Bruno-Roger Petit et consorts? En raison, trépignent-ils, du devoir d’exemplarité de vedettes sportive cousues d’or vis-à-vis de la jeunesse indocile, voire enragée, des quartiers (on pense à ces châtelains s’obligeant à assister à la messe du village, pour donner l’exemple à leurs manants). Cette notion d’irréprochabilité - mis à part la question du dopage (et encore) - laisse songeur. Où, sinon dans les régimes de type fasciste, voués au culte du corps, à l’enrégimentement et à l’obéissance aveugle, demande-t-on aux athlètes d’être des modèles disciplinés ? Et ceci alors que la pipolisation du monde des sportifs rend ces derniers particulièrement vulnérables, au moindre écart de conduite. Le « bon garçon » Olivier Giroud ne s’est-il pas fait prendre par la patrouille en galante escorte…


On touche en réalité ici aux effets périphériques de la nouvelle écriture réactionnaire du roman national. L’historiographie du sport constitue le reflet, l’extension domaniale, d’une conception officielle de l’histoire manipulée depuis des années, qui s’appuie corrélativement sur la liquidation du marxisme et sur un processus idéologique d’ethnicisation des inégalités et des conflictualités sociales. D’où l’apparition à point nommé de la catégorie repoussoir du « bad boy », qui opère en douceur la mise au rancart de la classe ouvrière traditionnelle (tandis qu’est depuis longtemps endigué l’autre fléau - il n’y a pas de petits profits civilisationnels – avec la banalisation normative de la masturbation dans l’éducation des élites bourgeoises).


De frimeurs et pseudo-rebelles enfants du Ranelagh en chemises Lacoste, des fils de mineurs teigneux, durs au mal et revanchards, plus quelques braves maghrébins transcendés par le drapeau, qui, sur les pistes ou sur le ring, rapportaient des médailles à la mère-patrie (Mimoun, Halimi) : tel était l’univers du sport français, conté par un Antoine Blondin, moins désopilant que conventionnel, au fil de ses chroniques. Un univers de joueurs et de supporters où s’exprimaient symboliquement et de façon ludique des rapports de classe désamorcés de leurs enjeux concrets. Les « mauvais garçons » d’alors, métropolitains caucasiens pour l’essentiel, ne chantaient pas forcément la Marseillaise, ne se privaient pas d’injurier les journalistes, de conchier leurs entraîneurs, d’exceller dans le coup de boule, de tabasser leurs femmes et ils allaient aux putes plus souvent qu’à leur tour - tout pour plaire. Mais on a déconstruit l’image, devenue politiquement trop ringarde : elle fleurait rance le stade de Colombes, les gradins populaires et la banlieue rouge. On lui a substitué une imagerie bien plus porteuse et compassionnelle : celle du pauvre petit Blanc de souche déterritorialisé par la lumpen-émigration de masse. Dans cette France fantasmée, compartimentés et fracturée par Alain Finkielkraut, Pascal Blanchard ou Christophe Guilluy, les « bad boys » sont désormais presque exclusivement des Arabes et des Noirs. Assignés à un vague statut ontologique et/ou postcolonial. Stigmatisés ou victimisés. Enfermés dans un registre culturaliste immuable ( zy-va il est, zy-va il reste). Objets d’injures racistes. La presse, les ministres en charge, les traitent de petits caïds immatures, de caillera ignare. Non seulement ils ne bénéficient d’aucune indulgence, mais ils ne sont même plus crédités d’alimenter le show, par leurs frasques, leurs frusques, leurs bravades. Ils insupportent, voilà tout, hormis parmi les leurs. Et on les enjoint benoitement de se soumettre sans conditions à l’éthique bourgeoise du respect de la dignité humaine, aux valeurs aristocratiques du fair- play. Jamais l’un d’entre eux – Anelka, Nasri, Evra, pour citer le tiercé gagnant de l’opprobre publique – ne donnera son nom à un aéroport (comme l’ivrogne George Best), à un stade (comme le cocaïnomane Diego Maradona), nul surtout ne se verra collé ce beau surnom : « la joie du peuple » (comme Garrincha le débauché). C’est le contraire : ils sont aujourd’hui condamnés à l’impopularité. Sauf à se métamorphoser en « good boys », en dociles indigènes, à la manière du comestible, du quasi-exemplaire Lilian Thuram.


Texte : François de Negroni


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Published by Gri-Gri International François de Negroni - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 Francophonie Sports
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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 10:00
#UneNuitàMajunga / Thomas Sankara aussi lisait François de Negroni ! (#Vidéo #GriGriTVBrut)

#‎QuandSankaraLisaitNegroni‬

1983. Preuve en images.

Une nuit à Majunga. Un livre de François de Negroni. En librairies ces jours-ci.

‪#‎GriGriTVBrut‬

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 21:07
France Télévisions insulte le président bolivien Morales (#Mélenchon #DPDA)

SOURCE

Un texte de Maurice Lemoine

Incident, ce 26 mai 2016, sur le plateau du magazine « Des paroles et des actes », animé par David Pujadas, avec comme invité Jean-Luc Mélenchon, sur France 2. Entendant démontrer au candidat présidentiel de « La France insoumise » que tous ceux qu’il a « pris en exemple » ont échoué, le « spécialiste économique » François Lenglet évoque, entre autres, le président bolivien Evo Morales qu’il traite publiquement de « corrompu ». S’entendant répondre« Tenez vos mots M. Lenglet, vous êtes sans doute plus corrompu que ne le sera jamais M. Morales, pesez vos mots ! », l’éditocrate vedette enfonce le clou : « La petite amie de M. Morales, qui est la mère de son fils, a bénéficié de 500 millions de dollars de commandes publiques. Alors, allez m’expliquer que tout ça est normal »
Ce qui n’est sans doute pas « normal », c’est qu’on puisse, devant 2 471 000 téléspectateurs (11,5% de part d’audience), « corrompre » à ce point le débat public et l’information, sans qu’aucun média, le lendemain, plutôt que de gloser sur l’« agressivité » de Mélenchon, ne dénonce l’imposteur Lenglet.

C’est l’ancien chef des services de renseignement boliviens (1989-1993) Carlos Valverde, reconverti en « journaliste », qui a lancé l’« affaire » à la veille d’un référendum qu’il s’agissait de faire perdre au président Morales : ce dernier ayant eu une liaison amoureuse avec une jeune femme, Gabriela Zapata, entre 2005 et 2007, et celle-ci occupant un poste de cadre de haut niveau (à partir de février 2015, huit ans plus tard) au sein de China CAMC Engineering, une firme bénéficiaire d’importants contrats avec l’Etat, il y aurait eu « trafic d’influence » pour favoriser cette entreprise chinoise – ce qui, après examen des faits, se révélera totalement faux [1]. Pour ajouter à la beauté de la « telenovela » et à la connivence entre « les amants », le même Valverde révélait, certificat de naissance à l’appui, qu’Evo Morales et Gabriela Zapata avaient eu ensemble un bébé, décédé immédiatement après sa naissance et que le président, de ce fait, n’avait jamais vu. Cette sombre histoire « d’amour secret » et surtout de « corruption » ternit très sérieusement l’image du chef de l’Etat et, entre autres raisons, lui fit perdre le référendum du 21 février 2016 [2].

A l’évidence, l’éminent spécialiste Lenglet, qui, à la veille d’un débat, doit faire préparer ses fiches en même temps que ses tasses de café par un stagiaire ou une petite main, en est resté là. A moins qu’il n’ait choisi de mentir délibérément… Car, en Bolivie, le « feuilleton Zapata » a connu tant de rebondissements qu’il a fait passer le président Morales du statut d’« accusé » à celui de victime d’une machination.
Le premier de ces rebondissements, et non des moindres, intervint le 26 février 2016 lorsque Mme Zapata fut détenue – en même temps que deux cadres moyens du ministère de la présidence –, accusée d’usurpation de fonction, de trafic d’influence et d’enrichissement illicite. Tous trois, présentant Gabriela Zapata comme une « très proche » du président, utilisaient discrètement un bureau de ce lieu gouvernemental pour s’y réunir avec des entrepreneurs, des hommes d’affaires, des fonctionnaires, et y passer des accords douteux donnant lieu à rétrocommissions ou pots-de-vin. Déjà spectaculaire en soi, cette arrestation donne lieu à un nouveau coup de théâtre, la famille de la détenue affirmant que l’enfant qu’elle a eu avec le président, et dont elle lui a affirmé en 2007 qu’il était décédé, est en réalité… vivant. Entraînant une réaction immédiate d’Evo Morales. N’ayant jamais nié sa liaison de deux années avec la jeune femme, il assume la nouvelle donne et déclare publiquement le 29 février : « J’ai le droit de connaître mon fils, de prendre soin de lui, de le protéger. J’espère qu’on me l’amènera ces prochaines heures [3]… »
N’obtenant pas satisfaction, le président va effectuer la même requête devant une juge du droit familial. Laquelle se verra effectivement présenter, dans les jours suivants, un enfant de onze ans. Toutefois, lorsque « Evo », de son propre chef, se soumet à un test ADN, Zapata refuse de l’imiter et interdit que cet examen soit effectué sur le présumé fils du chef de l’Etat.

La vérité va éclater le 18 mai lorsque la justice conclut que « le fils du président » n’a jamais existé. Deux jours plus tard, la tante de Gabriela Zapata, Pilar Guzmán, ainsi que les trois avocats de l’ex-« fiancée », Eduardo León, William Sánchez et Walter Zuleta, sont arrêtés, accusés d’avoir cherché à tromper la justice en tentant de faire passer un neveu de Guzman pour l’enfant de Morales et Zapata [4]. Cette aventurière, pour tromper le président, a utilisé à l’époque un faux certificat de naissance établi sur la base d’un document falsifié émanant d’une maternité. Dit plus officiellement par la juge Jacqueline Rada, le 6 mai : « Il a été mis en évidence qu’il n’existe aucun registre accréditant et confirmant l’existence physique du sujet. »
Comme il se doit, Carlos Valverde, l’homme qui, il y a quatre mois, a ouvertement orchestré la machination, a cru devoir réapparaître pour se dédouaner et a affirmé sur Twitter : « J’ai eu accès a une information sérieuse [sic !] qui confirme que le supposé fils de Gabriela Zapata et du président Morales n’existe pas [5]. » Inutile de préciser que si d’aventure il est mis en cause ou poursuivi pour sa campagne crapuleuse destinée à affaiblir et déstabiliser politiquement le président, la grande internationale médiatique se mobilisera au nom du « droit d’informer » et de la « liberté d’expression ».

Inclure un morceau de vérité dans une « intox » ne la rend que plus efficace : Evo Morales a effectivement eu une liaison avec la jeune Gabriela Zapata. Mais tout le reste est faux : elle n’est plus, et depuis longtemps, sa « petite amie » ; ils n’ont pas eu d’enfant ensemble ; il n’existe pas de faits de corruption les liant. Quant à François Lenglet, nous apprend Wikipedia – qui doit également pratiquer le « journalisme d’investigation » –, « sa maîtrise des dossiers et son sens de la précision sont reconnus par les observateurs ». On nous permettra d’ajouter qu’il prend le public pour un ramassis de débiles et que, corrompu pour corrompu, il corrompt et le débat et l’information.

NOTES

[1] Lire « En Bolivie, victoire de la carpe et du lapin », Mémoire des Luttes, 9 mars 2016.

[2] En cas de victoire, M. Morales aurait pu se représenter à l’élection présidentielle de 2019 et effectuer un nouveau mandat de cinq ans.

[3] BBC Mundo, Londres, 1er mars 2016.

[4] Chefs d’inculpation : altération et substitution d’état civil, traite et trafic de personne, soustraction d’un mineur, etc.

[5] BBC Mundo, 18 mai 2016.

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Published by Gri-Gri International Maurice Lemoine - dans Dom-Tom - Caraïbes & Amériques Politique
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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 07:22
#ProcèsSimoneGbagbo / Sur 36 jurés, 28 sont de la même ethnie...devinez laquelle ?

Au moment où reprend le procès Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (CPI), son épouse Simone Gbagbo retourne également devant les juges à Abidjan. Nous sommes allés à la rencontre de Rodrigue Dadjé, avocat principal de l'ex-première dame, pour comprendre les enjeux de ce nouveau procès contre sa cliente.

Propos recueillis par Daouda Coulibaly

Ivoire Justice : Pourriez-vous nous expliquer de façon simple les charges qui sont retenues contre votre cliente ?

Rodrigue Dadjé : Pour faire simple, Simone Ehivet Gbagbo est poursuivie aux assises actuellement pour, dit-on, avoir fait tuer des gens qui habitent en Côte d'Ivoire. Le terme générique c'est « crime de sang ». Aussi, il y a des classifications de ces crimes de sang qui partent du fait que vous vous soyez battus avec une personne qui est morte ; ou vous avez poignardé quelqu'un ; ou encore vous êtes fâchés contre votre voisin donc vous voulez le tuer. Il y a donc plusieurs niveaux.

Lorsqu’il s’agit de plusieurs personnes, on parle de crime contre l'humanité.

I.J : En quoi ce nouveau procès sera-t-il différent du dernier procès en assises ?

R.D : Les assises passées concernaient des crimes politiques : atteinte à l'autorité de l'Etat, organisation de bandes armées, etc. Et nous sommes allés à ce procès en pensant qu'on allait avoir une justice équitable et transparente.

Malheureusement, il a commencé de façon déséquilibrée. Il faut savoir qu’un procès en assises, c'est trois magistrats professionnels et six jurés civils. Les jurés sont choisis par le ministre de la justice. Vous allez constater que les jurés choisis par le ministère de la justice étaient à 80% de la même origine ethnique. Alors qu’on est censé juger des gens qui se seraient organisés pour tuer des personnes de cette ethnie.

Dans un pays où il y a 60 ethnies, il n'est pas techniquement possible pour un souci de justice et d'équité que 90% soit composé d’une seule ethnie. Du coup, on se dit que le juré a été spécialement fabriqué pour venir juger des gens avec des appréhensions.

Cette année encore, pour les crimes de sang, sur les 36 jurés sélectionnés, 28 sont de la même ethnie. C'est dire que le gouvernement ivoirien est dans sa logique de rattrapage dans tous les domaines.

I.J : L'observateur lambda pourrait vous répondre que la défense de Madame Gbagbo n’est aussi composée de personnes de même origine…

R.D : Ce n’est pas pareil. Laissez-moi vous expliquer. Le client choisit l'avocat qu'il veut. Il peut même prendre sa femme si cette dernière est avocate. Cela fait partie de ses droits.

Mais, quand le gouvernement qui sort d'une crise et dit que la réconciliation va passer par la justice, décide de juger les gens pour que cette justice se fasse dans la transparence, on ne peut pas prendre une seule ethnie sur 60 pour composer 80% des jurés. Je trouve que ça pose vraiment un problème.

Je pense que la liste des jurés devrait être représentative de tous les Ivoiriens. Excusez-moi de le dire, ce gouvernement est partial. Il est là pour un groupe politique et ethnique.

I.J : Est-ce à dire que vous allez au procès déjà vaincu ?

R.D : Je ne vais pas vaincu, mais ce que je pense c'est que ma cliente a 90% de chance de se faire condamner, qu'elle soit innocente ou pas. Et c'est ce qui est vrai.

L'objectif pour moi, dans ce procès, c'est de montrer que ma cliente est un personnage politique. Elle rend compte au peuple de Côte d'Ivoire. L'objectif, pour nous, c'est qu’elle soit face au peuple ivoirien pour dire sa part de vérité. Nous n'attendons rien de la décision des magistrats, parce qu’ils sont déjà conditionnés.

Aujourd'hui en Côte d'ivoire, il n'y a aucun magistrat capable de prendre une décision qui contrarie le pouvoir ivoirien. Même les demandes de mise en liberté provisoire qui sont soumises à la compétence du juge d'instruction doivent être validées préalablement par le gouvernement. Pourtant, sur papier, il est indépendant. Il n'y a plus d'indépendance de la justice. Il n’y a pas de séparation de pouvoirs.

I.J : Que pense Maître Dadjé de cette situation ?

R.D : Le magistrat rend la décision qu'il veut. Si un magistrat veut entrer dans l'histoire de la Côte d'Ivoire penché, debout ou couché, c'est son problème. Car les décisions qui sont rendues aujourd'hui vont entrer dans l'histoire de la Côte d'Ivoire. Ce gouvernement va passer et il passera. Mais, l'histoire retiendra qu’à une époque de la Côte d’Ivoire, il y a des magistrats qui ont rendu des décisions de mauvaise qualité.

Nous avons de très bons magistrats. Malheureusement, nous avons une justice aux ordres. Surtout pour tous les dossiers politiques.

I.J : Où se trouve Simone Gbagbo ? Et comment va-t-elle ?

R.D : Ma cliente est incarcérée à Abidjan et elle s'accroche.

I.J : Dans ce nouveau procès en assises, Simone Gbagbo est-elle seule à être jugée ?

R.D : Je peux dire oui et non. Je dirai non parce que les assises, c’est un ensemble de plusieurs procès dans lesquels chaque prévenu aura son procès à lui. Lors des dernières assises, c'était tout le monde dans un seul procès. Cette fois-ci, c'est un gros procès ou chacun a son dossier. Et elle a son dossier à elle seule.

Madame Gbagbo a été sortie de la masse des pro-Gbagbo qui sont poursuivis afin de la juger, elle seule, pour des crimes de sang.

I.J : Quel impact ce procès en assises peut avoir sur la procédure de la CPI ?

R.D : Ce procès est fait sur mesure à cause de la CPI. Ce n'est pas une question d'impact, il n'est fait que pour la CPI. Pour preuve, ils ont sorti Madame Gbagbo des autres personnes poursuivies pour la juger à titre exceptionnel. Afin qu'elle soit jugée et qu’on puisse dire à la CPI : « Nous l'avons jugée. Vous ne pouvez plus la juger pour les mêmes infractions ».

Et ce n'est pas une interprétation de Maitre Dadjé. C'est ce qui a été dit par la justice elle-même.

I.J : Quels sont les attentes de Dadjé Rodrigue pour ce procès ?

R.D : Le gouvernement dit que ce procès est équitable, impartial et qu’il va nous emmener à la réconciliation. Si tel est le cas, j'ai un vœu : je souhaite que pour cette réconciliation tant prônée, qu'on retransmette le procès de madame Gbagbo sur les chaines de la télévision nationale, pour que tous les Ivoiriens puissent se faire leur propre idée sur la culpabilité ou non de Simone Ehivet Gbagbo.

Que le gouvernement n'ouvre pas seulement les portes du tribunal, mais qu'il ouvre aussi ce procès à tous les Ivoiriens par le canal de la RTI (Radiodiffusion télévision ivoirienne, ndlr). S'ils veulent vraiment la vérité, qu'ils laissent chaque ivoiriens entendre ce que madame Gbagbo a à dire.

La session d'ouverture du second procès en assises de Simone Gbagbo s'est déroulée ce 6 mai. L'ex-première dame de Côte d'Ivoire sera jugée à partir du 31 mai pour crimes de sang et crimes contre l'humanité par la Cour d'assises du tribunal d'Abidjan.

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