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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 09:00
#BokoHaram / Remember Biafra - Alain Chouet (ex DGSE)

SOURCE

PS : la titraille est de la rédaction

Les attaques de Boko Haram se succèdent, et malgré l’aide de la communauté internationale, le Nigeria n’arrive pas à sécuriser le nord du pays. Décryptage par Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement et de sécurité à la DGSE (service de renseignement extérieur de la France).

Le Nigeria est au devant de la scène internationale. Pour cause, les plus de 200 lycéennes enlevées par le groupe extrémiste Boko Haram à la mi-avril dans leur établissement de Chibok, dans l’Etat de Borno, sont toujours retenues en otage. Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement et de sécurité à la DGSE (service de renseignement extérieur de la France), explique le processus de radicalisation de Boko Haram qui échappe jusqu’à présent aux occidentaux.

Afrik.com : Comment définissez-vous Boko Haram ? Qui se cache derrière Boko Haram ?
Alain Chouet
: Boko Haram est en fait une appellation familière d’un groupe politico-militaire intitulé « Jama’a al-Islamiyyah lil-da’awa wal-jihad » (Groupe islamique pour la prédication et le combat) créé en 2002 par le Nigérian Mohammad Yussuf. C’est au départ un mouvement de revendication politique, économique et social qui conteste le basculement progressif du pouvoir et des rentes au Nigeria au détriment des populations majoritairement musulmanes du nord du pays et au profit des élites sudistes essentiellement chrétiennes et animistes. Si le mouvement s’est ancré dans l’islamisme, c’est parce que l’Islam est le dénominateur commun des populations hétérogènes du nord du pays et un moyen démagogique de mobilisation contre les sudistes.

Afrik.com : Comment expliquer la radicalisation de ce mouvement depuis 2009 et l’arrivée à la tête du mouvement d’Abubakar Shekau ? Quels intérêts a-t-il à mener toutes ces tueries de masse ?
Alain Chouet
: A ses débuts, le mouvement n’a pas connu un grand succès ni des résultats appréciables. Comme tous les mouvements de ce genre, il a donc été l’objet en interne de surenchères constantes où les plus radicaux, les plus intransigeants et les plus violents, donc les plus voyants, ont rapidement pris le dessus. Voyou et « gros-bras » de la ville de Maiduguri dans le nord est du Nigeria, il a rejoint assez tôt le mouvement de Mohammad Yusuf auquel il a servi de bras armé et exécuteur des basses œuvres. A la mort de Yusuf, tué dans un assaut de l’armée en 2009, Shekau s’est autoproclamé chef du mouvement sans que personne ne cherche à le contester tant sa réputation de férocité était devenue légendaire. Shekau est incontestablement une brute de quartier dénué du moindre sentiment et il a tout intérêt à entretenir cette image pour être pris au sérieux...

Se « payer sur la bête »

Afrik.com : Dans quelle mesure le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, contrôle-t-il vraiment ceux qui se revendiquent de son mouvement ?
Alain Chouet
: C’est sa réputation de brutalité et son intransigeance qui ont permis à Shekau d’établir son autorité. Mais pour la conserver, il lui a aussi fallu faire preuve d’habileté dans ses choix stratégiques et tactiques ainsi que dans le management des hommes. C’est pourquoi il est certainement erroné de le présenter comme un fou furieux. Boko Haram est comparable aux « grandes compagnies » de mercenaires qui écumaient l’Europe à la fin du Moyen Age. Ce ne sont pas des armées ordonnées et disciplinées. Le chef définit des grands axes stratégiques et tactiques que les sous groupes doivent en gros respecter. S’ils ne le font pas, la brutalité du chef s’abat sur eux. S’ils le font, le chef leur donne licence de se « payer sur la bête » par le pillage, la mise à sac et le viol, et partage les bénéfices avec eux.

Afrik.com : L’enlèvement de deux prêtres italiens et d’une sœur canadienne récemment libérés n’avait pas été revendiqué par cette organisation, quelle est le degré d’homogénéité de ce mouvement ?
Alain Chouet
: Pour Boko Haram, l’enlèvement de ressortissants occidentaux a d’abord une finalité financière qui est d’obtenir une rançon aussi élevée que possible. Si les négociations avec le pays d’origine des otages se révèlent prometteuses et fructueuses, il n’est pas nécessaire de faire du bruit autour. Ce n’est qu’en cas de marchandage ou de réticences à payer le prix des otages que Boko Haram interpelle l’opinion publique internationale par de la publicité et des revendications plus ou moins fantaisistes et évidemment d’ordre politique pour ne pas avoir à afficher ses appétits d’argent. Personne n’est dupe.

« Asile et protection parmi la population locale »

Afrik.com : Boko Haram, qui n’opère principalement que dans l’Etat de Borno, au Nord-Est, déstabilise-t-il réellement le pays le plus peuplé d’Afrique ?
Alain Chouet
: L’État de Borno est le territoire d’origine et le principal réservoir de militants du mouvement. Mais Boko Haram est aussi actif dans les territoires voisins de Yobe et Gombe et mène aussi des opération dans le saillant de Jos, excroissance vers le nord de l’Etat du Plateau (Etat où ne s’applique pas la charia et où vivent de nombreux chrétiens) ainsi que des attaques ponctuelles un peu partout dans le nord du Nigeria. Le fait qu’un groupe extrémiste puisse ainsi mener à sa guise des actions offensives répétées et meurtrières au nez et à la barbe des forces de sécurité nationales dont l’impuissance est ainsi démontrée est évidemment très déstabilisant pour le pouvoir fédéral qui se trouve réduit à solliciter publiquement l’assistance de ses voisins et de la communauté internationale.

Afrik.com : Boko Haram multiplie les attaques, comment expliquer, selon vous, que les pays occidentaux lancés à leur trousse, avec tous les moyens logistiques et humains mis en œuvre, n’arrivent toujours pas à repérer les bases arrières de l’organisation ?
Alain Chouet
: Le nord-est du Nigeria n’est pas le désert du Sahara. Entre les nombreux villes et villages, on y trouve des zones cultivées, voire boisées, où il est possible d’échapper aux surveillances aériennes. Contrairement aux miliciens d’AQMI au Mali, les militants de Boko Haram sont chez eux dans cette région du Nigeria dont ils sont majoritairement issus. Ils trouvent fréquemment asile et protection parmi la population locale qui, bon gré mal gré, leur fournit le gîte, le couvert et des caches sûres. Les pays occidentaux disposent effectivement d’importants moyens techniques de surveillance et d’écoute, mais ces moyens sont d’une utilité très relative face à une rébellion armée rustique évoluant « comme un poisson dans l’eau », qui utilise très peu de technologie et se sait surveillée et écoutée. Quant aux moyens humains, les Occidentaux en ont très peu sur le terrain. Agitée depuis un demi-siècle par les propagandes nationalistes et extrémistes religieuses, la population se méfie des Occidentaux et refuse généralement de coopérer avec eux. Au Nigeria, tout le monde garde en mémoire l’aventure biafraise des années 60 au cours de laquelle certains Occidentaux avaient encouragé la sécession du sud et la révolte des Ibos avant de les abandonner en rase campagne et les livrer au massacre. Et ce ne sont pas les exemples du Viet-Nam, de l’Afghanistan, de l’Irak ou de la Libye qui risquent de donner confiance à la population locale dans l’intervention - forcément limitée dans le temps - des Occidentaux….

Seconde partie de l'entretien demain

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 09:10
En route vers I Télé, Bassam Tahhan répond au Cercle des Volontaires
En route vers I Télé, Bassam Tahhan répond au Cercle des Volontaires

Ajoutée le 10 janv. 2015

Le Cercle des Volontaires a souhaité s'entretenir avec Bassam Tahhan, géopoliticien et spécialiste du Coran, à propos de l'attaque de Charlie Hebdo et des événements qui s'en sont suivis. Qui sont les djihadistes ? Qui les soutient, les finance ?

http://www.cercledesvolontaires.fr

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 09:04
#CharlieHebdo / Pourquoi Hollande et Fabius ne peuvent pas être Charlie / ITV Jean-Loup Izambert

Ajoutée le 11 janv. 2015

Cinq jours après l'attaque du Charlie Hebdo, le Cercle des Volontaires a souhaité de nouveau s'entretenir avec Jean-Loup Izambert afin de décrypter les événements, qui se sont soldés par la mort des trois djihadistes. Après une courte analyse des faits, nous revenons sur les réactions politiques, et notamment la manifestation de dimanche, à Paris et dans plusieurs villes de province. Ensuite, nous évoquons ce que révèle l'utilisation de l'expression « La France est en guerre » par nombre de commentateurs dans les médias « mainstream ». Enfin, nous nous interrogeons sur la vague d'indignation internationale qui a pris la forme du slogan « Je suis Charlie », omniprésent notamment sur les réseaux sociaux.

Jean-Loup Izambert est journaliste indépendant, ancien collaborateur à VSD, Les Echos et L'Humanité. Il finalise actuellement l'écriture d'un livre, "56", résultat d'enquête sur les liens entre des politiciens socialistes français et la mouvance terroriste.

http://www.cercledesvolontaires.fr

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 07:00
#CharlieHebdo / "Nous n'avons pas à nous justifier en tant que musulmans" (Youssef Seddik)

SOURCE

Comme nous le craignions dès mercredi, ça a commencé. Ici et là s’élèvent des voix demandant aux musulmans de France de se « désolidariser » du massacre perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo et boulevard Richard-Lenoir, de descendre dans la rue pour montrer qu’ils ne sont pas d’accord, qu’ils sont contre. Mercredi soir sur i>Télé, l’écrivain et réalisateur Yann Moix se souvenait de « les » avoir trouvés déjà trop silencieux au moment de l’affaire Merah.

Nous trouvons cela insupportable. Et dangereux, car faisant planer l’idée qu’il y aurait un soutien de principe, une solidarité a priori. Nous avons téléphoné à Youssef Seddik. Il est philosophe, anthropologue, spécialiste de la Grèce ancienne et du Coran. Il est né en Tunisie et vit à Paris depuis 1982. Nous avions besoin de son avis sur cette injonction.

« Nous sommes effarés, nous sommes hors de nous, mais n’avons pas à nous justifier en tant que musulmans.

Pourquoi s’adresser à nous ? Nous sommes comme vous. Qui vous dit que je ne suis pas athée ? D’ascendance musulmane, mais athée ? Il est indécent que nous soyons enjoints à nous désolidariser.

Dès que j’ai appris ce qui s’était passé, j’ai téléphoné à mon ami François Gouyette, ambassadeur de la France en Tunisie. Je lui ai fait part de ma sympathie. Mais je l’ai fait au nom de mon humanité.

Ça va sans dire que c’est un acte abominable, d’une grande barbarie.

Je peux me mettre en faction, par la plume, par les mots, pour que ces actes soient punis.

Mais j’aurais pu le dire en tant que Corse, en tant que Français, en tant que Tunisien.

Je ne me désolidarise de rien du tout. Nous sommes tous responsables, quelle que soit notre religion : les chrétiens fondamentalistes, les extrémistes juifs, les islamistes radicaux.

Et nous sommes contre ces actes parce que nous sommes humains, pas selon nos confessions.

Et encore moins au nom de celles de nos parents, qui ne sont pas les mêmes que les nôtres. Car la religion change. Mon père n’aurait jamais tué quelqu’un, alors même qu’il était extrêmement bigot.

Donc je suis complètement contre cette injonction.

Par ailleurs, je pense qu’il faut enseigner un autre islam, et percevoir un autre islam. Cet islam dont se réclament les terroristes n’est pas le vrai islam. Il ne faut pas essentialiser l’islam. Ne pas le montrer tel qu’il massacre des gens et féconde des tragédies. Il faut transmettre l’admiration de l’islam.

Quand je lis Péguy, Teilhard de Chardin ou Pascal, je suis saisi d’une grande admiration pour le christianisme.

Il faut créer l’admiration des grands textes. Ce n’est pas fait pour l’islam. Et c’est injuste. »

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 00:00
L'égalité selon Ouattara : cogner même sur les handicapés ! 53 blessés, 5 fauteuils roulants endommagés, 7 cannes anglaises disparues, 10 cannes blanches cassées...

PS : la titraille est de la rédaction

SOURCE

La Confédération des handicapés de Côte d’Ivoire (Cophci) n’entend pas se laisser faire et exige du gouvernement un recrutement dérogatoire à la Fonction publique. Malgré la répression brutale dont ils ont été victimes la semaine dernière, les personnes handicapées annoncent des manifestations éclatées au Plateau.

Demain mardi 30 décembre, les handicapés moteurs, sourds, muets, aveugles, albinos, et bègues, se donnent à nouveau rendez-vous au Plateau pour une grande marche depuis le ministère de la Fonction publique et de la réforme administrative jusqu’à la place de la République. C’est la principale information livrée par Dabla Ouattara, le secrétaire exécutif de la Confédération des organisations des personnes handicapées de Côte d’Ivoire (COPHCI), vendredi au siège provisoire de la structure à Yopougon. Selon le secrétaire exécutif, le sit-in réprimé la semaine visait à interpeller le Chef de l’Etat Alassane Ouattara sur la promesse qu’il a
faite aux personnes handicapées alors qu’il était candidat en 2010. Celle de faire un recrutement exceptionnel à la fonction publique pour ces personnes vulnérables.

Hélas, depuis lors, rien n’a été fait, malgré les nombreuses démarches toutes les portes restent fermées. Pour eux, cet état de fait est trop avilissant, et soutiennent que le régime piétine leur droit à l’emploi comme le recommande la convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées que la Côte d’Ivoire à ratifiée. « Nous entendons rester mobilisés jusqu’au bout, et nous allons protester jusqu’à ce que le recrutement dérogatoire des personnes handicapées promis soit effectif. Le respect de nos droits ne saurait être négociable. C’est pourquoi nous voudrions inviter toutes les personnes handicapées à se tenir debout comme un seul homme le mardi 30 décembre 2014 pour qu’on nous prennent au sérieux », a déclaré Dabla Ouattara. Plus jamais en Côte d’Ivoire, soutient-il, il ne sera question de développent sans les personnes handicapés, car ils ont toute leur place dans la société. Les personnes handicapées condamnent les violences enregistrées lors de la marche qu’elles avaient organisée, et exigent que les auteurs de ces actes répondent de leurs actes, car selon Ouattara Dabla, toutes les dispositions avaient été prises pour que cette marche soit pacifique. Les membres de la confédération n’ont pas compris cette violence "sauvage" des forces de l’ordre qui a fait 53 blessés, 5 fauteuils roulants endommagés, 7 cannes anglaises disparues, 10 cannes blanches pour aveugles arrachées ou cassées et cinq arrestations dans les rangs des manifestants.

Selon le leader de la COPHCI, ils comptent également exiger la prise en charge médicale par le gouvernement des blessés et la restitution de tout ce qui a été emporté ou endommagé par les forces de l’ordre.

Texte / Sylvain Dakouri (LNC n°1182 / 29.12.2014)

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 09:00

Minute-Charlie-31-dec-2013.jpg

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 08:00
#JeSuisCharlie fait irrésistiblement penser au Nous sommes tous américains, par F.Lordon

SOURCE

mardi 13 janvier 2015, par Frédéric Lordon

Ce texte est tiré d’une intervention à la soirée « La dissidence, pas le silence ! », organisée par le journal Fakir à la Bourse du travail à Paris le 12 janvier 2015.

Lorsque le pouvoir de transfiguration de la mort, ce rituel social qui commande l’éloge des disparus, se joint à la puissance d’une émotion commune à l’échelle de la société tout entière, il est à craindre que ce soit la clarté des idées qui passe un mauvais moment. Il faut sans doute en prendre son parti, car il y a un temps social pour chaque chose, et chaque chose a son heure sociale sous le ciel : un temps pour se recueillir, un temps pour tout dire à nouveau.

Mais qu’on se doive d’abord à la mémoire de ceux qui sont morts n’implique pas, même au plus fort du traumatisme, que toute parole nous soit interdite. Et notamment pour tenter de mettre quelque clarification dans l’inextricable confusion intellectuelle et politique qu’un événement si extrême ne pouvait manquer, en soi, de produire, à plus forte raison sous la direction éclairée de médias qui ne louperont pas une occasion de se refaire la cerise sur le dos de la « liberté d’expression », et de politiques experts en l’art de la récupération.

Disons tout de suite que l’essentiel de cette confusion se sera concentré en une seule phrase, « Je suis Charlie », qui semble avoir tout d’une limpide évidence, quand tant d’implicites à problème s’y trouvent repliés.

« Je suis Charlie ». Que peut bien vouloir dire une phrase pareille, même si elle est en apparence d’une parfaite simplicité ? On appelle métonymie la figure de rhétorique qui consiste à donner une chose pour une autre, avec laquelle elle est dans un certain rapport : l’effet pour la cause, le contenu pour le contenant, ou la partie pour le tout. Dans « Je suis Charlie », le problème du mot « Charlie » vient du fait qu’il renvoie à une multitude de choses différentes, mais liées entre elles sous un rapport de métonymie. Or ces choses différentes appellent de notre part des devoirs différents, là où, précisément, leurs rapports de métonymie tendent à les confondre et à tout plonger dans l’indistinction.

Charlie, ce sont d’abord des personnes humaines, privées – par bonheur, on s’est aperçu rapidement que dire simplement « Charlie » pour les rassembler faisait bon marché de deux policiers, un agent de maintenance, un malheureux visiteur de ce jour là, et puis aussi de cinq autres personnes, dont quatre juives, tuées les deux jours d’après. Sauf à avoir rompu avec toute humanité en soi, on ne pouvait qu’être frappé de stupeur et d’effroi à la nouvelle de ces assassinats.

Mais l’émotion n’a été si considérable que parce qu’il était perceptible à tous que ce qui venait d’être attaqué excédait évidemment les personnes privées. Et voici donc le deuxième sens possible de « Charlie » : Charlie comme métonymie des principes de liberté d’expression, des droits à exprimer sans craindre pour sa sécurité, tels qu’ils sont au cœur de notre forme de vie.

On pouvait donc sans doute se sentir Charlie pour l’hommage aux personnes tuées – à la condition toutefois de se souvenir que, des personnes tuées, il y en a régulièrement, Zied et Bouna il y a quelque temps, Rémi Fraisse il y a peu, et que la compassion publique se distribue parfois d’une manière étrange, je veux dire étrangement inégale.

On pouvait aussi se sentir Charlie au nom de l’idée générale, sinon d’une certaine manière de vivre en société, du moins d’y organiser la parole, c’est-à-dire au nom du désir de ne pas s’en laisser conter par les agressions qui entreprennent de la nier radicalement. Et l’on pouvait trouver qu’une communauté, qui sait retourner ainsi à l’un de ses dénominateurs communs les plus puissants, fait une démonstration de sa vitalité.

Mais les choses deviennent moins simples quand « Charlie » désigne – et c’est bien sûr cette lecture immédiate qui avait tout chance d’imposer sa force d’évidence – quand « Charlie », donc, désigne non plus des personnes privées, ni des principes généraux, mais des personnes publiques rassemblées dans un journal. On peut sans la moindre contradiction avoir été accablé par la tragédie humaine et n’avoir pas varié quant à l’avis que ce journal nous inspirait – pour ma part il était un objet de violent désaccord politique. Si, comme il était assez logique de l’entendre, « Je suis Charlie » était une injonction à s’assimiler au journal Charlie, cette injonction-là m’était impossible. Je ne suis pas Charlie, et je ne pouvais pas l’être, à aucun moment.

Je le pouvais d’autant moins que cette formule a aussi fonctionné comme une sommation. Et nous avons en quelques heures basculé dans un régime de commandement inséparablement émotionnel et politique. Dès ses premiers moments, la diffusion comme traînée de poudre du « Je suis Charlie » a fait irrésistiblement penser au « Nous sommes tous américains » du journal Le Monde du 12 septembre 2001. Il n’a pas fallu une demi-journée pour que cette réminiscence se confirme, et c’est Libération qui s’est chargé de faire passer le mot d’ordre à la première personne du pluriel : « Nous sommes tous Charlie » — bienvenue dans le monde de l’unanimité décrétée, et malheur aux réfractaires. Et puis surtout célébrons la liberté de penser sous l’écrasement de tout dissensus, en mélangeant subrepticement l’émotion de la tragédie et l’adhésion politique implicite à une ligne éditoriale. Ceci d’ailleurs au point de faire à la presse anglo-saxonne le procès de se montrer hypocrite et insuffisamment solidaire (obéissante) quand elle refuse de republier les caricatures. Il fallait donc traverser au moins une mer pour avoir quelque chance de retrouver des têtes froides, et entendre cet argument normalement élémentaire que défendre la liberté d’expression n’implique pas d’endosser les expressions de ceux dont on défend la liberté.

Mais cette unanimité sous injonction était surtout bien faite pour que s’y engouffrent toutes sortes de récupérateurs. Les médias d’abord, dont on pouvait être sûr que, dans un réflexe opportuniste somme toute très semblable à celui des pouvoirs politiques dont ils partagent le discrédit, ils ne manqueraient pas pareille occasion de s’envelopper dans la « liberté de la presse », cet asile de leur turpitude. A l’image par exemple de Libération, qui organise avec une publicité aussi ostentatoire que possible l’hébergement de Charlie Hebdo. Libération, ce rafiot, vendu à tous les pouvoirs temporels, auto-institué dernière demeure de la liberté d’expression ! — peut-être en tous les sens du terme d’ailleurs. Et combien de la même farine derrière Libé pour faire de la surenchère dans le Charlisme ?

« Si cet homme qui, dit-on, riait de tout revenait en ce siècle, il mourrait de rire assurément », écrit Spinoza dans une de ses lettres. Et c’est vrai qu’il y a de quoi rire longtemps à voir ainsi les organes de la soumission à l’ordre social entonner avec autant de sincérité l’air de l’anticonformisme et de la subversion radicale. Rire longtemps... enfin pas trop quand même, car il faudra bien songer un jour à sortir de cette imposture.

Ce sera sans l’aide du pouvoir politique, qui n’a jamais intérêt au dessillement, et à qui l’union nationale a toujours été la plus fidèle des ressources. Union nationale, et même internationale en l’occurrence, dont une version carabinée nous aura été administrée. Fallait-il qu’elle soit incoercible la pulsion récupératrice de François Hollande de se faire reluire à la tête de Paris « capitale du monde » pour convier, de proche en proche, jusqu’à Orban, Porochenko, et puis Netanyahu, Lieberman, etc. de hautes figures morales, connues pour se partager entre défenseurs de la liberté de la presse et amis du dialogue interconfessionnel [1].

Par bonheur, il s’est déjà trouvé suffisamment de voix pour s’inquiéter des usages, ou plutôt des mésusages, que ce pouvoir ne manquera pas de faire d’une mobilisation de masse qu’il s’empressera de considérer comme un mandat.

Espérons qu’il s’en trouvera également pour recommander à quelques éditorialistes un court séjour en cellule de dégrisement, et pour leur apporter le café salé. Dans la concurrence pour être à la hauteur de l’Histoire, et même – pente aussi fatale que grotesque de l’information en continu – pour être les premiers à « annoncer » l’Histoire, il était logique que tous criassent à l’Histoire et à l’Historique à propos de la manifestation d’hier. S’il est permis d’en rire, on dira que, historique, elle l’a sans doute été sous quelque rapport, au moins pour être la première du genre où le comptage de la police avait une chance d’être supérieur à celui des organisateurs. On ne sache pas cependant qu’il soit resté grand-chose des manifestations monstres de Carpentras et du 1er mai 2002, effusions collectives qui avaient déjà hystérisé le commentariat, mais dont on doit bien reconnaître que la productivité politique aura été rigoureusement nulle.

On aimerait beaucoup qu’il en aille autrement cette fois-ci, mais on ne peut pas s’empêcher de poser en toute généralité la question de savoir s’il n’y a pas un effet de substitution entre le degré de l’unanimité et sa teneur politique possible. Par construction, arasant toute la conflictualité qui est la matière même de la politique, la masse unie est tendanciellement a-politique. Ou alors, c’est que c’est la Révolution – mais il n’est pas certain que nous soyons dans ce cas de figure…

Il y aurait enfin matière à questionner la réalité de l’« union nationale » qu’on célèbre en tous sens. Tout porte à croire que le cortège parisien, si immense qu’il ait été, s’est montré d’une remarquable homogénéité sociologique : blanc, urbain, éduqué. C’est que le nombre brut n’est pas en soi un indicateur de représentativité : il suffit que soit exceptionnellement élevé le taux de mobilisation d’un certain sous-ensemble de la population pour produire un résultat pareil.

Alors « union nationale » ? « Peuple en marche » ? « France debout » ? Il s’agirait peut-être d’y regarder à deux fois, et notamment pour savoir si cette manière de clamer la résolution du problème par la levée en masse n’est pas une manière spécialement insidieuse de reconduire le problème, ou d’en faire la dénégation. A l’image des dominants, toujours portés à prendre leur particularité pour de l’universel, et à croire que leur être au monde social épuise tout ce qu’il y a à dire sur le monde social, il se pourrait que les cortèges d’hier aient surtout vu la bourgeoisie éduquée contempler ses propres puissances et s’abandonner au ravissement d’elle-même. Il n’est pas certain cependant que ceci fasse un « pays », ou même un « peuple », comme nous pourrions avoir bientôt l’occasion de nous en ressouvenir.

Il y a une façon aveuglée de s’extasier de l’histoire imaginaire qui est le plus sûr moyen de laisser échapper l’histoire réelle — celle qui s’accomplit hors de toute fantasmagorie, et le plus souvent dans notre dos. Or, l’histoire réelle qui s’annonce a vraiment une sale gueule. Si nous voulons avoir quelque chance de nous la réapproprier, passé le temps du deuil, il faudra songer à sortir de l’hébétude et à refaire de la politique. Mais pour de bon.

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 16:00
#CharlieHebdo / Qu'ont-ils fait pour mériter le soutien de Mme Bongo ?

Notons que ce post est "sponsorisé", ce qui signifie que la Première dame gabonaise a EN PLUS mis de l'argent dans Facebook pour que son message circule le plus possible.

Sylvia Bongo Ondimba

Sponsorisé ·

« La satire contre les méchants n'a rien d'odieux ; elle est, aux yeux de tout homme sage, un hommage à la vertu. » Aristophane

Le journal satirique français Charlie Hebdo a été touché ce matin par un lâche et odieux attentat faisant au moins 12 morts et de nombreux blessés.

A travers ce journal et ses dessinateurs, c’est la liberté de la presse et la liberté d’expression, de manière universelle, qui ont été attaquées.
La liberté de penser.
La liberté de créer.
La liberté de s’offusquer.
La libe
rté de dénoncer.

Ce sont des hommes, avec leurs feuilles et leurs crayons, leurs familles, un peuple et une République, qui ont été atteints dans leurs valeurs, leurs principes, leur citoyenneté.

A notre pays ami la France, témoignons de notre solidarité dans cette terrible épreuve.

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme et doit le demeurer.
Sans amalgame.
Sans co
mpromis.

PS : Nul doute que les journalistes satiriques gabonais sauront rappeler à la Patience d'Ali les propos doux d'Aristophane. Et le reste.

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 13:00
Quelques-uns des nervis assaillants de la résidence de Jean Ping
Quelques-uns des nervis assaillants de la résidence de Jean Ping

Communiqué du mouvement "Les Souverainistes"

Le mouvement "Les Souverainistes" observe, pour le déplorer et le condamner, que le Pouvoir illégal et illégitime d'Ali Bongo s'installe davantage dans une spirale de violence face aux revendications légitimes et démocratiques du peuple gabonais.
En effet, dans la nuit du 18 au 19 décembre 2014, vers 4 heures du matin, des nervis du pouvoir ont tenté d'incendier la pharmacie du Dr Alphonse Louma Eyougha, causant au passage d'importants dégâts matériels. Le lendemain 20 décembre, empêchant de manière illégale et violente un meeting de l’Opposition dont le Pouvoir était informé conformément à la loi, les forces de défense et de sécurité ont violemment agressé les opposants, allant jusqu'à enlever certains dans des lieux de culte ou loin du théâtre des évènements. C’est le cas, entre autres, du journaliste Francis Edou Eyene, brutalement kidnappé par des militaires cagoulés dans l’enceinte de l’église Saint Michel de Nkembo. Faisant usage d’armes de guerre, ces mêmes forces de défense et de sécurité ont assassiné notre compatriote Bruno Mboulou Beka et blessé de nombreuses autres personnes.
Tous ces actes de violence ont été précédés, quelques semaines auparavant, d’une campagne haineuse, menée par des individus se réclamant proches du régime, et appelant, via les réseaux sociaux, à « liquider » certains leaders de l’Opposition et de la Société civile.
Ce jour, 12 janvier 2015, voilà que près de 300 jeunes, visiblement instrumentalisés par le régime en place, sont allés, aux environs de 7 heures, saccager le domicile de M. Jean Ping, situé à proximité du lycée français Blaise Pascal de Libreville.
Armés de gourdins, de cailloux, de bouteilles et de bien d'autres objets, ces jeunes délinquants sont passés, sans être inquiétés, devant des éléments de la Gendarmerie nationale postés à environ 15 et 30 mètres de part et d'autre de l'accès au domicile de M. Ping. Ils ont, pendant plus d’une heure, violemment bombardé la résidence de toutes sortes de projectiles. Tout en scandant des injures à l’endroit de M. Ping, ils ont mis le feu sur la voie publique menant à sa résidence, et tenté de forcer le portail d'entrée qui, heureusement, n'a pas cédé.
C'est dans ce contexte de terreur entretenu par le Pouvoir, que des militants de l'Opposition, alertés, sont venus à la rescousse de M. Ping et ont pu mettre la main sur une quinzaine de ces agresseurs dont une partie s'était dirigée vers le domicile de Pierre Amoughe Mba pour y accomplir la même besogne.
M. Ping, en toute responsabilité, a appelé le Procureur de la République pour lui faire état de la situation.
L'UNOCA et certaines représentations diplomatiques ont immédiatement été informées.
Quant aux délinquants appréhendés, ils ont été remis à la Police judiciaire après qu'ils aient été entendus par un huissier commis à cet effet par M. Ping et filmés par la Presse qui s'est rendue rapidement sur les lieux. Leurs propos engagent sans ambigüité des personnalités bien connues du pouvoir ou qui en sont très proches.
Le mouvement "Les Souverainistes" relève que ces faits, qui sont de nature à porter atteinte la paix sociale et à la cohésion nationale dans notre pays, sont suffisamment éloquents et particulièrement graves.
Aussi, le mouvement "Les Souverainistes" saisit cette occasion pour interpeller la communauté nationale et internationale sur la duplicité d'un pouvoir qui fait mine d'appeler à un dialogue qu'en réalité il ne souhaite pas, alors que dans le même temps, il utilise son arme favorite, la violence contre l'Opposition dont de nombreux membres sont par ailleurs privés de salaires, et/ou de la simple liberté d'aller et venir, comme cela a été le cas récemment du Professeur Pierre-André Kombila, de Madame Paulette Missambo, ou encore de l'ancien Premier ministre Oye Mba.
Le mouvement "Les Souverainistes" entend dégager la responsabilité de l'Opposition dans tout ce qui pourrait arriver au Gabon du fait d'un pouvoir aux abois, rendu dangereux par son autisme, son incompétence et sa propension quasi-permanente à la violence et au non respect de la Constitution et des lois de la République.

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Published by Gri-Gri International - dans Gabon 2011
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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 12:00
Stéphane Kipré UNG
Stéphane Kipré UNG

DÉCLARATION UNG SUR LA COUVERTURE MALADIE UNIVERSELLE (CMU)

Face à l’assurance-maladie universelle (AMU) de Laurent Gbagbo dont la crise armée a empêché la mise en œuvre en 2002, le candidat Alassane Ouattara avait promis une couverture maladie universelle (CMU) aux Ivoiriens pendant la campagne présidentielle de 2010, pour une contribution mensuelle de 1000 FCFA par adulte et par enfant de plus de 5 ans.

Prévue pour le 1er janvier 2015 après deux reports successifs (1er janvier 2013 et 1er janvier 2014), la mise en œuvre de la CMU vient encore d’être reportée. Le gouvernement de Monsieur Ouattara a lancé le 30 décembre 2014 l’opération dite « d’enrôlement » des bénéficiaires de cette couverture santé. L’occasion était ainsi rêvée de mettre en œuvre une vaste campagne de communication visant à faire croire aux Ivoiriens que la promesse de la CMU a été tenue. En réalité, la CMU version Alassane Ouattara ne résiste pas à la critique.

D'abord, le choix de l’entreprise SNEDAI, chargée d’exécuter cette opération d’enrôlement. Rappelons que la SNEDAI est dirigée par Monsieur Adama Bictogo, cadre du RDR et ancien ministre très proche de Monsieur Ouattara. En plus du conflit d’intérêt flagrant que met en exergue ce choix, c’est toute l’opacité autour de cette opération d’enrôlement qui doit être dénoncée avec vigueur. Alassane Ouattara a déjà annoncé les couleurs lors de son enrôlement en prévoyant le début des prestations de la CMU pour septembre 2015, c’est-à-dire à un mois de l’élection présidentielle. La SNEDAI pourra donc tout mettre en œuvre afin que l’opération soit lente et permettre ainsi à ADO de brandir la CMU comme argument pour la campagne présidentielle à venir.

Le nombre très restreint des sites d’enrôlement (10 sites pour toute la Côte d’Ivoire) renforce cette volonté de retarder la mise en œuvre de cette couverture santé. L’aspect technique de la CMU est tout aussi révélateur des insuffisances de ce projet. En effet, le gouvernement Ouattara communique à outrance sur le projet alors que sa conception technique est loin d’être parfaite et achevée.

Sur le financement de la couverture maladie universelle version ADO, tous les observateurs avisés, conscients du renchérissement des dépenses de santé s’accordent à dire que les 1000 CFA de contribution mensuelle par personne ne réussiront pas à équilibrer les comptes. Les responsables techniques du projet réfléchissent toujours sur la possibilité d’une contribution des entreprises, même si leur compétitivité doit en pâtir. Le financement n’est donc pas bouclé pendant qu’on lance le projet. Alors que la CMU est censée réduire les inégalités, ce mode de financement consacre avec brio l’injustice puisque la contribution n’est pas proportionnelle au revenu.

Aussi, le gouvernement ADO, dans sa campagne de communication, a annoncé quatre millions de bénéficiaires au lancement du projet alors qu’en réalité, ils seront moins d’un million sur vingt-trois millions d’Ivoiriens. En effet, si le projet est enfin opérationnel, seuls les fonctionnaires de l’Etat, les employés du privé immatriculés à la CNPS, les retraités du public et du privé, les planteurs des secteurs oléagineux (palmier à huile) et de l’hévéa seront les bénéficiaires. Pour les autres Ivoiriens qui sont de loin les plus nombreux, vivant dans la précarité absolue, surtout ceux exerçant dans l’économie informelle, les indépendants et les autres professions agricoles, l’intégration dans le processus ne sera possible que s’ils sont organisés en mutuelles. Ainsi, dans notre pays dont l’économie est basée sur l’agriculture, les planteurs de cacao, de café et du coton ne bénéficieront pas de la CMU automatiquement.

Les pauvres, quant à eux, ne seront malheureusement pas bénéficiaires au lancement du projet. En outre, alors que la loi sur la CMU proclame clairement que l’adhésion au système est obligatoire, dans la réalité, seuls les travailleurs du secteur formel seront soumis à cette disposition. Les travailleurs du secteur informel n’auront droit qu’à une adhésion volontaire. Or l’OMS et toutes les études sérieuses disponibles montrent que les systèmes les plus efficaces dans le monde sont obligatoires. Au final, cette couverture santé version Ouattara ne sera ni sociale, ni universelle puisqu’elle ne couvre ni les pauvres et les précaires ni l’ensemble des Ivoiriens.

La politique de gestion du risque maladie, quant à elle, est plus que jamais floue. À ce jour, les Ivoiriens ont peu d’informations sur les prestations prises en charge par la CMU. Les prestataires privés de soins que le gouvernement Ouattara veut introduire dans l’offre globale de soins n’ont encore signé aucune convention sur les tarifs. Aucune négociation sérieuse n’a d’ailleurs été amorcée. Incontestablement, le gouvernement met la charrue avant les bœufs dans ce dossier CMU. Il y a lieu, à titre d’information, d’avoir à l’esprit qu’une politique de financement de la santé doit permettre d’atteindre trois objectifs majeurs : L’accès pour tous aux soins, la pérennité de la politique qui favorise cet accès aux soins et la pérennité de cet accès aux soins. Il est clair que cette formule de la CMU ne peut permettre d’atteindre ces objectifs. En conclusion, constatons que le projet de Monsieur Alassane Ouattara présente des lacunes, et sera encore un échec comme l’ont été la politique de gratuité des soins et celle des logements dits « sociaux ».

L’idée de la CMU a été copiée sur celle de l’AMU de Laurent Gbagbo. Bien évidemment, la photocopie ne peut être l’original, un projet étant avant tout un état d’esprit. Et les Ivoiriens distingueront le faux du vrai, indubitablement.

Pour l’union des nouvelles générations (UNG)

Le secrétariat général chargé de la santé et du social

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