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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 20:02
#RFI a écrit le livre de #Soro, #Lagardère l'a publié, #Ardisson et #France2 l'ont vendu

Ajoutée le 30 mars 2015

#SoroSorosSorrows / RFI écrit le livre de Soro & Ardisson assure la promo (mai2005)

A la tête d'une rébellion financée par la France et Alassane Ouattara (via le Burkina Faso de l'assassin de Sankara Baise Compaoré, où les rebelles stationnaient et étaient formés, entre deux casses à la BCEAO), Guillaume Soro profite d'un voyage officiel du président ivoirien élu, Laurent Gbagbo, en septembre 2002, pour lancer une offensive militaire depuis le Nord et le Centre du pays... régions supposément sinistrées, maltraitées et victimes d'un pouvoir central "ethno-tribal, ivoiritaire et génocidaire". Ainsi que cessent de le répéter les médias occidentaux et en particulier français (ici Radio France International et France Télévisions, soit deux fleurons de l'audiovisuel hexagonal).
Le pouvoir ivoirien réagit vigoureusement à cette attaque. Déplorant néanmoins l'assassinat du ministre de l'Intérieur...

En 2003, la France, qui prétend ne s'être qu'interposée entre les belligérants (alors qu'au nom des accords militaires, la France aurait du aider le pouvoir central à mettre la rébellion hors d'état de nuire) impose au pouvoir ivoirien non seulement de négocier avec les rebelles analphabètes pour nombre d'entre eux...mais aussi à Laurent Gbagbo d'intégrer dans son gouvernement une moitié de ces rebelles analphabètes et illégitimes.

En 2004, les forces ivoiriennes légales et la rébellion s'affrontent. La France s'interpose à nouveau, sauvant la rébellion, menaçant la résidence présidentielle, tirant sur la foule (69 morts) devant l'hôtel Ivoire et détruisant la flotte ivoirienne...

En mai 2005, sur le service public français - arme majeure dans la guerre que mène à la Côte d'Ivoire -, Thierry Ardisson reçoit Guillaume Soro, qui publie chez Hachette (Lagardère) un livre, écrit par un journaliste de RFI... le questionnaire est au-delà de simplement complaisant et permet à Soro de passer sous silence les exactions de la rébellion et de faire passer Laurent Gbagbo pour l'équivalent d'Alassane Ouattara.

Mixage / Cave du 18
www.legrigriinternational.com

PS : en début de vidéo, un extrait d'une interview de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire de 2002 à 2005, Gildas Le Lide, réalisée par la documentariste et journaliste Nicoletta Fagiolo.

Published by Gri-Gri International Thierry Ardisson Guillaume Soro - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 Devoir d'histoire Politique Francophonie Françafrique
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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 11:12
#Burkina / Vérité, Justice et Réconciliation au menu du dialogue national

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Il sera basé sur le triptyque "vérité, justice, réconciliation", selon le premier ministre Paul Kaba Thiéba.

Le chef du gouvernement a obtenu vendredi le vote de confiance du parlement pour son programme de gouvernement.

Dans sa "déclaration de politique générale", M. Thiéba a affirmé que le gouvernement veillera à ce qu'aucun Burkinabè ne soit exclu dans la répartition des fruits du développement et du progrès du pays.

Sur le plan politique, il a annoncé la mise en place d'un dialogue de réconciliation nationale basée sur le triptyque "vérité, justice, réconciliation".

Au total 72 députés sur 125 ont voté pour le programme de gouvernement burkinabé, tandis que 53 se sont abstenus.

Le parti de l'ex président Blaise Compaoré et celui de Zéphirin Diabré, candidat malheureux à l'élection présidentielle, ont appelé leurs députés à l'abstention.

4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 19:48
#ProcèsDeLaHonte / Le témoin P547 gêne MÊME le quotidien de révérence... (#FreeGbagbo #CPI)

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« P547 » parle vite, en dioula. Premier témoin appelé à la barre par le procureur dans le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale (CPI), mercredi 3 février, il est l’une des victimes de la répression d’une manifestation aux abords de la radio-télévision ivoirienne à Abidjan, le 16 décembre 2010. Ce jour-là, P547 est touché d’une balle dans la cuisse, puis sévèrement battu par des « soldats commandos » aux ordres d’un membre de la garde républicaine.

Selon l’accusation, la répression aurait fait 45 morts et 54 blessés. P547 est de ceux-là. Et il le raconte à la barre. Mais, par une bizarrerie assez unique dans une cour de justice, la salle d’audience de la CPI n’est pas pleinement accessible à la vue du public. La galerie surplombe la salle d’audience, et la barre des témoins a été placée sous cette galerie. La grande majorité des témoins bénéficie de mesures de protection : pseudonyme, voix distordue, visage couvert d’une mire quadrillée sur les écrans diffusant l’audience dans la galerie publique. Tandis que P547 s’exprime d’une voix tronquée, les carrés s’animent au rythme des gestes du témoin, donnant l’impression de regarder un jeu vidéo.

« J’en ai vu un écrire ! »

Ce mercredi matin, le procureur Eric McDonald enchaîne les questions et P547 raconte qu’alors qu’il est étendu à terre les soldats lui volent son portefeuille et son téléphone portable et lui demandent son nom. Patatras, dans l’élan du récit, le témoin révèle son identité. « Dois-je demander à la chambre une ordonnance de non-divulgation ? », interroge le procureur McDonald. Après quelques secondes de tâtonnement, le juge-président ordonne de ne pas divulguer l’identité de cet homme venu d’Abidjan.

Les audiences de la cour sont retransmises sur Internet avec un délai de trente minutes, justement pour permettre de parer à de telles situations. La retransmission sera donc amputée dudit passage. Curieusement, le juge Cuno Tarfusser, au lieu d’avertir de la peine encourue en cas de divulgation de l’identité du témoin, lève le regard vers la galerie publique et s’adresse aux gardes de sécurité :« Prenez les noms des journalistes présents ! » Et ajoute : « J’en ai vu un écrire ! » Dans la galerie, une trentaine de personnes sont présentes, dont les fameux journalistes, un groupe d’étudiants, mais aussi une poignée de partisans des deux accusés.

Les risques pris par les témoins sont bien réels, mais les mesures de protection, accordées quasi systématiquement par la cour, soulèvent des questions. Dans d’autres tribunaux internationaux et devant les justices nationales, ce sont généralement les insiders, les repentis révélant les rouages d’une machine criminelle, qui bénéficient d’une protection. Laquelle ne peut jamais être garantie à 100 %, expliquent les experts.

Les mesures prises par la CPI ont montré leurs limites, notamment avec les procédures intentées contre le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto. Le procureur d’alors avait dénoncé des faits de corruption et d’intimidation de témoins et poursuit plusieurs Kényans pour « outrage à la justice ». Le système, très coûteux, empêche en outre la cour de rendre une justice publique, alimentant un peu plus les suspicions que nourrissent les partisans des accusés qui comparaissent devant elle.

4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 07:00
#Monsanto / Exit le coton OGM Bt pour le Burkina Faso...

SOURCE

Le Burkina Faso a autorisé la commercialisation du coton OGM Bt de Monsanto en 2008. Monsanto a croisé deux variétés burkinabés avec une variété américaine qui contenait le gène Bt (Bollgard II) qui produit un insecticide contre le ver du cotonnier.

Historiquement, le coton burkinabé était réputé pour la qualité de sa fibre, qualifiée de « longue, résistante et uniforme » et pour un taux d’égrenage [1] élevé. Cette dernière qualité est liée en partie à une récolte manuelle car elle assure la pureté du coton qui contient alors peu de matière organique non désirée [2]. La qualité de la fibre est aussi liée à un long travail de sélection conventionnelle mené dès 1946, en partie en lien avec des organismes de recherche publique français, comme l’Institut de Recherche sur le coton et les textiles exotiques (IRCT) [3]. Ainsi, la moyenne du taux d’égrenage du coton burkinabé est passée de 36 à 42% entre 1970 et 2006, et le pourcentage de coton burkinabé classé comme ayant une fibre de bonne qualité (principalement en se basant sur sa taille) est passé de 20% en 1995/1996 à 80% de la production totale en 2005/2006. En raison de sa qualité, le coton burkinabé était donc assez compétitif sur le marché international par rapport à d’autres cotons.

Le coton Bt burkinabé a une fibre de piètre qualité

Cependant, depuis que le coton Bt a été introduit au Burkina Faso, paysans, syndicats agricoles et entreprises burkinabés de la filière coton (dont la Sofitex, une des sociétés d’économie mixte qui gère la filière coton au Burkina Faso) s’accordent sur une dégradation de la fibre.
Ainsi, en mai 2012, le directeur du développement de la production cotonnière de la Sofitex, Dr Déhou Dakuo, affirmait : « Il me semble qu’on a traîné avec un petit défaut de la variété américaine pour ce qui concerne la longueur de la fibre. On s’en est rendu compte très tôt au niveau de Monsanto, des sociétés cotonnières et de l’INERA, et des mesures ont été prises. La première mesure, c’est au niveau de la recherche nationale qui y travaille et dans un ou deux ans, le problème sera résolu » [4].
Toujours en 2012, Gérard Estur, consultant indépendant et spécialiste de la filière coton [5], évoquait « une catastrophe commerciale » avec le coton Bt. En effet, il précisait que du fait d’une qualité de fibre moins bonne, le coton burkinabé était dorénavant directement en concurrence avec le coton pakistanais, qui se négocie à un prix inférieur.
Comme nous le résume Gérald Estur, « à la surprise générale, on a vu réapparaître une proportion très élevée de fibres courtes (1-1/16e de pouce, voire 1-1/32e) [6]. Celles-ci avaient disparu depuis plus de dix ans grâce aux efforts continus des sélectionneurs. Le rendement à l’égrenage a également un peu baissé. Cette chute de la longueur de soie est très dommageable sur le plan commercial : plus de 90% de la production de coton conventionnel est classée en 1-1/8e de pouce qui peut être utilisé en filature classique pour produire des fils fins peignés. Les fibres courtes ne peuvent être vendues pour ce créneau plus rémunérateur, quel que soit leur grade (couleur, propreté). Ce déclassement dévalorise le prix de la fibre de l’ordre de 5% ».

Cette baisse de la qualité provient du parent américain de la lignée de coton utilisée au Burkina Faso et à un processus de croisement trop rapide. Wackes Seppi, pseudonyme qui cache un ardant défenseur des biotechnologies végétales [7] estime en effet que « même avec les outils modernes de génomique, deux rétro-croisements, en principe suivis d’une autofécondation (au moins), ne suffisent pas pour éliminer les caractères « américains » (autres que le Bt). Mais peut-être a-t-on voulu garder une partie de ces caractères et, ce faisant, traîné ceux relatifs à la [faible] longueur de la fibre » [8]. Précisons qu’aux États-Unis, le critère de rendement égrenage – c’est-à-dire le pourcentage de fibre à l’égrenage - n’est pas le critère principal et la fibre produite a toujours été plus courte notamment qu’en Afrique.

Monsanto a tenté de justifier ce phénomène par des conditions environnementales et météorologiques… sans réussir à convaincre grand monde. D’autres explications ont été apportées pour justifier les problèmes dans les champs, comme le mélange de graines OGM et non OGM, le non respect des itinéraires agronomiques par les paysans et le fait que les paysans aient arrêté totalement les traitements alors que ce coton Bt n’était efficace que contre un parasite mais pas contre l’ensemble des parasites du cotonnier. Mais les discours de Monsanto et de la Sofitex, souvent assez simplistes et euphoriques, pouvaient sans doute inciter à croire que ce coton GM n’avait plus besoin d’intrants pour pousser correctement. D’ailleurs, le même Seppi évoque « des producteurs qui auront été leurrés par des rapports trop optimistes ou des publicités trop agressives (cela a vraisemblablement été le cas en Inde) » [9].

Deux universitaires étasuniens, Brian Dowd-Uribe et Matthex A. Schnurr, se sont penchés sur le cas du coton Bt au Burkina Faso [10] et leur analyse corrobore ce qu’annonçait notamment Ousmane Tiendrébéogo et d’autres militants opposés aux OGM : le coton Bt n’est pas rentable pour la filière.

Ainsi, au cours de leur enquête, ces chercheurs ont interrogé de nombreux acteurs de la filière. Et un responsable de Monsanto leur a ainsi confié que les fibres de variétés Bt étaient de 1/32 de pouce plus courte que celles des variétés conventionnelles. Ils notent aussi que pendant la saison 2013/2014, plus des deux tiers de la production nationale ont été classés dans la catégorie « basse ou moyenne qualité » et qu’un tiers seulement de cette production a pu rester classé comme fibre de bonne qualité. Soit un déclin de la quantité de fibres de bonne qualité de plus de 40% depuis 2005/2006 selon les estimations des chercheurs. Quant au déclin du taux d’égrenage, les chercheurs ont eu plus de difficulté à l’estimer avec précision. Ils citent cependant un fonctionnaire burkinabé, sans le nommer, qui « confirme qu’il reste bien en dessous des 42% atteints par des cultivars traditionnels ».

Monsanto promet un autre cultivar : trop tard ?

Finalement, Monsanto a proposé de former un comité technique composé d’experts locaux et internationaux pour enquêter sur ce déclin que personne ne conteste. Monsanto a aussi l’intention de proposer un nouveau cultivar en intégrant le transgène Bt dans une autre variété burkinabé, connue sous le nom de FK64. Cette nouvelle promesse ne semble pas convaincre non plus. Le problème du rétro-croisement avec la variété américaine aurait pu être réglé car techniquement ce n’est pas un problème insurmontable. La Sofitex et Monsanto annonçait dès 2012 que le problème serait réglé rapidement. Quant à savoir pourquoi, finalement, Monsanto n’a pas pris le problème à bras le corps, cela reste un mystère.
En mai 2015, Ali Compaoré, directeur de la Socoma confirmait , à nouveau, ce désarroi : « Nous avons constaté depuis la campagne 2010/2011 un raccourcissement de la fibre burkinabè. Ceci pose à la fois un problème commercial et un problème de réputation pour notre coton. C’est pour cela qu’avec le promoteur nous avons décidé de nous donner un délai de trois ans pour pouvoir corriger ce phénomène avant de pouvoir revenir vers ce coton » [11].

En définitive, selon les chercheurs, ce sont les surfaces de coton Bt qui vont se réduire jusqu’à l’abandon de cette culture. Ils estiment en effet que « frustrées par l’incapacité de Monsanto à identifier et corriger la baisse de la qualité, les entreprises ont fixé un calendrier pour l’abandon progressif du coton Bt et un retour aux cultivars conventionnels burkinabés ». L’apogée de cette culture a été atteinte en 2014/2015 avec 73% des cotonniers qui étaient transgéniques. Ce taux est passé à 53 % en 2015/2016, et ils estiment qu’il passera à 30 % en 2016/2017 avant un abandon total de ces semences lors de la campagne 2017/2018. Rappelons que les semences sont entièrement et intégralement distribuées par les trois sociétés cotonnières (Sofitex, Socoma et FasoCoton). La baisse aurait pu être plus forte en 2015/2016 mais la filière n’avait pas assez de semences conventionnelles pour répondre à la demande, d’où l’estimation faite pour les années à venir.

Les agriculteurs sont payés au poids du coton-graine. La baisse de la qualité de la fibre a donc aussi et surtout des répercussions sur les autres acteurs de la filière, d’où la décision de la Sofitex de réduire la part des champs emblavés avec du coton GM. D’ailleurs, les représentants des plus grands agriculteurs – ceux qui ont les moyens d’acheter le paquet technologique et qui disposent de surfaces importantes (au-delà de 3 hectares de coton) - ne souhaitaient pas revenir au coton conventionnel. Ces derniers, malgré un coût de semences plus élevé [12], ont tiré un petit gain financier (notamment en ayant moins de traitement insecticide à faire) et surtout un avantage en termes de pénibilité du travail avec ces variétés transgéniques (un passage d’insecticide impose de porter sur son dos des bidons de 15 kg sur plusieurs kilomètres). Gérald Estur confirme à Inf’OGM ce diagnostic : « pour les membres de l’Union nationale des producteurs de coton (UNPCB), le coton Bt leur permet de diminuer le nombre de traitements insecticides de 6 à 2. Le coût monétaire est pratiquement le même mais le travail de la main d’œuvre, généralement familiale et non rémunérée, est sensiblement réduit ».
En revanche, question rendement, la déception a été partout ressentie. Monsanto et la Sofitex avaient annoncé +30% de rendements, puis +15% [13]. Mais les témoignages sur le terrain montrent des résultats très hétéroclites. Les sociétés cotonnières pourraient répondre précisément à la question, étant donné qu’elles ont organisé un suivi des parcelles emblavées en coton Bt. Cependant, ces données restent actuellement dans un tiroir.
A terme, l’agriculteur, lui aussi, pourra vite déchanter : en effet, l’expérience chinoise nous apprend que l’efficacité des cotons Bt n’est qu’à court terme. L’apparition d’insectes ravageurs secondaires n’est plus à démontrer.

Plus de 15 millions d’euros de perte pour la filière

Et la filière, elle, perd de l’argent. La décision des sociétés de réduire l’offre en semences Bt est un signe que la situation ne va pas s’améliorer... Concrètement, les trois sociétés cotonnières du Burkina ont demandé formellement à Monsanto plus de 15 millions d’euros (près de dix milliards de FCFA) de dédommagement pour les pertes économiques sur l’ensemble de la filière depuis 2010. Quelle sera la réponse de Monsanto ? La collaboration « idyllique » entre la Sofitex, l’Inera et Monsanto est-elle définitivement terminée ? La fin de l’ère Compaoré ou les manifestations citoyennes d’envergure ont-elles permis l’expression de ce mécontentement ? Tout pousse à croire que la guerre est déclarée... sur le coton GM.

N’oublions pas que le Burkina Faso, avec l’aide de la Fondations Gates, notamment, a commencé à travailler sur la modification génétique du niébé et du sorgho.

Published by Gri-Gri International - dans Burkina Faso Economie Politique
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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 12:15
#ProcèsDeLaHonte / Et #BléGoudé prît la parole... (#FreeGbagbo #CPI)

Intervention de Charles Blé Goudé devant la Cour pénale iinternationale le mardi 2 janvier 2016.

3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 08:00
#EssyAmara / La libération de Gbagbo et le retour de tous les exilés seraient bénéfiques pour la paix et la réconciliation des Ivoiriens (#CPI #ProcèsDeLaHonte)

Né dans le centre de la Côte d’Ivoire, Amara Essy, 71 ans, est un modèle pour plusieurs générations de diplomates africains. Très proche du président Félix Houphouët-Boigny (1960-1993), il a été ambassadeur (1975-1990) puis ministre des affaires étrangères de la Côte d’Ivoire (1990-1999). Il a aussi été président de l’Assemblée générale des Nations unies en 1994 et 1995 et secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA).

Il s’est présenté à l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2015 contre le président sortant Alassane Ouattara, ancien employé du Fonds monétaire international, avant de retirer sa candidature. Il est membre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui est allié avec le parti de Ouattara, le Rassemblement des républicains (RDR).

Que pensez-vous de la détention, depuis 2011, de Laurent Gbagbo dans la prison de la Cour pénale internationale, à La Haye ?

Amara Essy : Gbagbo a inscrit son nom dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Populaire, charismatique, il a réussi à attacher à sa personne de nombreux Ivoiriens qui ne sont même pas membres de son parti, le FPI [Front populaire ivoirien]. Son ethnie et sa région ne vont jamais l’oublier, tout comme tous les Africains qu’il a côtoyés en France et en Afrique. Au second tour de l’élection de 2010, il a, selon les chiffres officiels, réussi à rallier sur sa personne près de 47 % des électeurs ivoiriens. Cela est une réalité, une force qu’on ne peut pas ignorer dans le paysage politique. À La Haye, il reçoit des visiteurs de tous les pays africains, qui voient en lui un patriote, un africaniste. En prison, sa popularité ne peut que grandir, comme celle de Mandela ou de Thomas Sankara, qui restent des idoles pour la jeunesse africaine, toujours en quête d’un héros.

Il a aussi la sympathie de la très grande majorité des chefs d’État africains, qui voient dans le cas Gbagbo un précédent qui pourrait leur être appliqué demain dans la gestion de leur pays. Gbagbo est un facteur de paix comme de désordre. Lors de crises que nous avons traversées, le président Houphouët-Boigny [dont il était l’opposant principal] l’avait reçu plusieurs fois en tête-à-tête. J’avais alors compris qu’il ne l’écartait pas de la liste despapabili en Côte d’Ivoire.

Le conflit post-électoral de 2010-2011 a été rude, nous avons eu de nombreux morts. Les rancœurs sont toujours vivaces de part et d’autre. Mais je pense que, avec le temps passé, il serait souhaitable d’extirper de nos cœurs tout sentiment de revanche pour trouver une solution équitable, honorable, du cas Gbagbo. Sa libération et le retour de tous les exilés seraient bénéfiques pour la paix et la réconciliation des Ivoiriens. La détention de Gbagbo à La Haye entache l’image de la Côte d’Ivoire en Afrique, où de nombreux chefs d’État estiment qu’il n’a fait que défendre l’intégrité territoriale de son pays qui était divisé, avec une partie occupée par une rébellion.

Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à l'élection présidentielle du 25 octobre 2015 alors que vous n’aviez jamais brigué un mandat électif ?

Je ne suis pas « accro » au pouvoir et n’ai aucunement la nostalgie du passé. J’ai eu une carrière qui m’a permis d’atteindre les cimes les plus élevées. Que ce soit à l’ONU ou à l’OUA, j’ai eu à participer à tous les débats sur les conflits en Afrique. Voyant ce qui se passe dans mon propre pays, je ne pouvais pas rester les bras croisés, sans réagir : tous les indices annonçant une crise sont là et je constate tous les jours que nous sommes sous l’emprise d’une douce dictature.

D’où ma décision de me présenter à la présidentielle pour dénoncer ce qui se passe et avancer des propositions pour édifier un État de droit, promouvoir une vraie démocratie. Le 17 avril 2011, j’avais saisi le nouveau président de la République [Ouattara], pour le féliciter d’avoir remis la Côte d’Ivoire au sein du ballet diplomatique des États qui animent les relations internationales.

Depuis des années, les premiers ministres des États amis comme la Chine, le Japon, l’Inde, le Brésil, évitaient, à mon grand regret, notre pays pour visiter nos voisins. Il m’avait chaleureusement reçu en me disant que nous pourrions nous voir tous les trois mois pour échanger. Je n’étais pas à la recherche de quoi que ce soit. Ce sont les oiseaux de même plumage qui volent ensemble et je ne voyais pas ce qu’il pouvait m’offrir que je puisse accepter, dans la mesure où je n’ai rien de commun avec son entourage. Mon rôle aurait été de lui mettre à disposition tous les éléments positifs que je récolte dans les réunions internationales de haut niveau auxquelles je participe. Mais il ne m’a jamais rappelé pour cet exercice trimestriel. Peut-être que si je l’avais rencontré pour partager avec lui mes préoccupations sur la corruption, le népotisme, etc., je ne me serais pas présenté à la présidentielle.

Le chemin qui mène à la démocratie est encore long

Pourquoi avez-vous retiré votre candidature plusieurs jours avant le scrutin ?

J’ai dit à maintes reprises que les conditions d’une élection préfigurent les problèmes qu’il y aura à résoudre. Ce scrutin présidentiel ne s’annonçait ni ouvert ni régulier. La Commission électorale indépendante [CEI] n’a malheureusement d’indépendance que le nom. Sa composition ne reflète pas l’importante diversité du paysage politique et n’est dans sa forme actuelle ni équilibrée ni équitable. Elle ne respecte même pas le principe, pourtant élémentaire, de la loi censée la fonder et selon laquelle le mandat de son président n’est pas reconductible.

Si on ajoute à cela la participation du président de cette commission ainsi que celle du président du Conseil constitutionnel, l’autre arbitre de la compétition électorale, à la campagne électorale du président sortant, le constat d’inégalité était indéniable. En dépit des mises en garde incessantes sur les risques que notre pays encourt, le pouvoir est resté sourd aux revendications démocratiques de notre peuple. Il a refusé notre invitation pressante au dialogue et s’est enfermé dans ses certitudes, l’arrogance et l’autisme. J’ai retiré ma candidature parce que je ne voulais pas prendre le risque, devant l’histoire, de me présenter pour légitimer le président sortant, dans un processus dont nous avons désormais toutes les preuves qu’il était complètement à sa solde.

Tous les actes sont signés par lui, avec lui et pour lui, dans son antichambre. L’unique façon de renouer avec l’espérance démocratique était de garantir la lisibilité du scrutin en remettant à plat l’ensemble du processus, à commencer par la Commission électorale et la sécurisation du scrutin. La paix n’a pas de prix. Nous avons avancé à marche forcée vers le diktat de résultats imposés, pour une opération de consolidation du pouvoir en place.

Que s’est-il passé pendant l’élection ?

Si l’on se réfère aux décomptes, fluctuants, de la CEI, la moitié du corps électoral n’a pas participé à cette élection. Un tiers de l’électorat potentiel ne s’était, par avance, pas inscrit sur la liste électorale. Le vrai combat de cette élection opposait le président sortant et l’abstention. Le Conseil constitutionnel, juge suprême dont les décisions ne peuvent faire l’objet d’aucun recours, a tranché. En légaliste, on ne peut qu’accepter son verdict, d’autant plus que la communauté internationale l’a applaudi des deux mains. Ma crainte et mon inquiétude proviennent du fait que, pendant et après cette élection, on a enregistré un calme total, peu de manifestations de joie, donnant le sentiment que tout le monde était résigné. Dans ma région, les envoyés du régime n’ont fait que proférer des menaces à l’endroit des populations si elles n’allaient pas voter ! Le chemin qui mène à la démocratie est encore long et parsemé de beaucoup d’embûches.

Quel rôle ont joué la France et les autres grandes puissances dans cette élection ?

Un rôle d’accompagnement d’un processus que nos partenaires traditionnels percevaient comme une formalité pour le pouvoir en place. Cette élection devait, dans leurs esprits, consolider un pouvoir qu’ils se représentent comme pouvant garantir la stabilité. Les responsables des médias internationaux ont, en général, apporté leur soutien au président sortant, en se faisant systématiquement l’écho de l’embellie d’une croissance, dont le fruit n’améliore pas le quotidien des Ivoiriens, et en donnant l’impression que s’opposer à la politique du sortant était injustifié.

Les Ivoiriens, et les citoyens des pays africains anciennement colonisés par la France en général, peuvent-ils aujourd’hui choisir librement leurs dirigeants ?

Que vous posiez cette question est révélateur d’une suspicion à l’égard du processus électoral que j’ai dénoncée au cours de ma précampagne… Il nous faut espérer un retour rapide du choix démocratique et populaire des dirigeants en Côte d’Ivoire.

Imposer aux Africains des responsables issus uniquement du moule du libéralisme triomphant peut être bénéfique à court terme pour l’Afrique. Mais dans la mesure où les populations dans nos pays sont encore, dans leur grande majorité, composées d’analphabètes, le rôle de l’État ne doit pas être négligé : il est important pour corriger les inégalités, les injustices, les disparités régionales et autres abus qui peuvent être sources de désordre. Lors de la crise des subprimes, ce sont les États qui ont réussi à résoudre le problème, et non le marché. Si les mêmes pratiques perdurent, Gbagbo sera le dernier président choisi par le peuple ivoirien. Nous aurons dans les années à venir des personnes « coachées » par des groupes industriels étrangers qui mettront à leur disposition tous leurs moyens médiatiques, financiers, pour les faire élire !

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus dans les mois et années à venir pour la Côte d’Ivoire ?

C’est la société ivoirienne avec ses élites qui ne voient leur promotion qu’à travers la politique. Les grands commis de l’État sont une race en voie de disparition, au profit des politiciens, qui ne voient les élections que comme un moyen d’obtenir un poste « après avoir mouillé la chemise ». Nos élites ne cherchent plus à connaître leur passé, les us et coutumes, qui ont permis à nos sociétés de maintenir une certaine cohésion sociale. Nous devrions pouvoir faire une synthèse pour avoir un pied dans la tradition et la tête dans la modernité (comme la Chine, le Japon ou l’Inde) et édifier une nouvelle Côte d’Ivoire, plus solide et prospère, face à la mondialisation qui peut dévorer les plus faibles de nos États.

Pendant la campagne électorale, vous avez rappelé : « Chacun sait que je suis un des derniers gardiens du temple et de ses secrets. » Cela veut-il dire que les Ivoiriens ignorent encore une partie de l’histoire récente de leur pays ? Est-il dangereux de révéler ces secrets ?

Certains responsables n’ont pas intérêt à ce que l’on connaisse l’histoire récente de ce pays, car cela ne les arrange pas. Autour du pouvoir, de nombreuses personnalités sont très loin de l’image qu’on leur attribue auprès du public. Heureusement, il existe des documents, des enregistrements aux mains de différents acteurs, en France et ailleurs. En 1993, lorsque le président Houphouët était à Paris, malade, il voyait déjà, à la lecture de notes des renseignements généraux, les problèmes qui allaient s’abattre sur la Côte d’Ivoire. Il était persuadé qu’il avait le temps de reprendre en main la situation et de corriger les dérives qu’il voyait à l’horizon. Cela n’a pas été le cas.

Chaque année, le président Houphouët passait un mois et demi de vacances à Genève, ce qui fait que lorsque j’étais ambassadeur représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Nations unies à Genève, je déjeunais, dînais, passais 4 à 5 heures avec lui tous les jours. Je lui lisais ses courriers et exécutais ses instructions, concernant les affaires de l’État mais aussi des affaires familiales. De nombreux chefs d’État africains, les responsables politiques français et tous les responsables politiques ivoiriens défilaient à Genève pour le rencontrer. Je prenais des notes sur tout ce qui se passait et à trois reprises, le président m’a mis en garde, disant : « Ne t’amuse pas à écrire tes mémoires lorsque les acteurs sont en vie, car certaines vérités seraient une humiliation pour eux. »Je suis, avant tout, un grand commis de l’État. Par déontologie, on ne doit pas, avant un certain moment, révéler des secrets qui vont du domaine public à la vie privée des responsables, et ont une incidence sur le fonctionnement de l’État.

Quelles sont les grandes différences dans les relations France-Côte d’Ivoire entre la période Houphouët-Boigny et aujourd’hui ?

À l'époque du président Houphouët-Boigny, les relations France-Côte d’Ivoire étaient presque familiales. Aujourd’hui, la génération aux affaires, du côté français, n’a plus le « feeling » africain. Les experts des questions africaines sont plus des journalistes que de grands serviteurs de l’État. Ils sont certes brillants, informés. Mais on ne trouve pas chez eux la passion, l’affectivité de l’ancienne génération qui pouvait parler avec chaleur de Bouaké ou Korhogo… La diplomatie des affaires paraît avoir pris le dessus au Quai d’Orsay.

À l’Élysée, comme au gouvernement, les militaires semblent avoir pris en main les choses. Le fait militaire apparaît central à présent dans la politique africaine de la France, comme on le voit avec les opérations Serval et le dispositif Barkhane. Du côté africain, la génération qui a appris à l’école que « nos ancêtres étaient gaulois avec les yeux bleus » tend à disparaître. Les difficultés d’obtention de visa d’études en France conduisent de nombreux Africains à s’orienter vers les États-Unis, le Canada, l’Inde, la Chine, le Brésil, etc. La percée de la Chine, de l’Inde, de la Turquie en Afrique est un facteur qui peut, si on n’en prend pas conscience dès à présent, avoir des effets négatifs sur les relations France-Afrique.

Propos recueillis par Fanny Pigeaud

3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 07:00
Jonas Savimbi au temps de la guerre civile, avec son conseiller, l'écrivain et éditeur français Dominique de Roux
Jonas Savimbi au temps de la guerre civile, avec son conseiller, l'écrivain et éditeur français Dominique de Roux

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Les enfants de l'ex-chef rebelle angolais Savimbi ont assigné en justice l'éditeur du jeu vidéo à succès "Call of Duty".

Un jeu vidéo peut-il porter "atteinte à l'honneur" d'une personne ? La justice française examine mercredi le recours de la famille de l'ancien chef rebelle angolais Jonas Savimbi, qui estime que le jeu à succès Call of Duty représente leur père en "brute barbare".

Le choc. "Le voir tuer des gens, couper le bras de quelqu'un... Ça ne correspond pas à papa": lorsque Cheya Savimbi, 42 ans, découvre par hasard le visage de son père dans l'opus Black Ops II, sorti en 2012, c'est le "choc". Leurs réclamations restées vaines, trois des enfants Savimbi, dont Cheya, ont alors assigné en diffamation la branche française basée à Levallois-Perret d'Activision Blizzard, éditeur américain de ce jeu de guerre, souvent décrié pour sa violence.

Un seigneur de guerre controversé. Devant le juge civil du tribunal de Nanterre, les enfants Savimbi vont demander le retrait de la version du jeu incriminée et un million d'euros de dommages et intérêts. Mais "la question n'est pas l'argent", jure Cheya Savimbi : "Il s'agit de réhabiliter la mémoire et l'image" de son père.

Seigneur de guerre aussi charismatique que controversé, Jonas Savimbi, surnommé "Le Coq noir", a dirigé d'une main de fer les rebelles de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita) lors du conflit contre le colonisateur portugais puis lors de la guerre civile qui a déchiré le pays à partir de 1975.

Fils d'un pasteur protestant, de formation maoïste mais longtemps allié des Etats-Unis contre le régime pro-communiste du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), il était presque toujours vêtu de son uniforme, revolver à la hanche. Sa mort au combat en 2002 avait mis un terme à 27 ans de conflit, permettant la signature d'un cessez-le-feu.

"Ami" de Nelson Mandela. Dix ans plus tard, c'est en béret rouge et tenue militaire que Savimbi refait surface en allié du héros de Call of Duty, Alex Mason, et dans son rôle de chef de guerre face au MPLA : dans une des séquences du jeu, il apparaît sous le feu des rafales ennemies, haranguant ses troupes depuis un char, lance-grenades à la main, aux cris de : "Il faut les achever !"

Pour la famille de l'ancien rebelle, cette mise en scène "outrancière" élude sa personnalité de "stratège" et de "leader politique". "Chef de guerre, oui", mais pas seulement : "ami" de Nelson Mandela, "il a été un personnage important de la Guerre froide, il était défendu par les grands de ce monde, comme (Ronald) Reagan", assure l'avocate des enfants, Carole Enfert.

Prescription des faits ? En face, la défense de Call of Duty argue que Savimbi a été représenté "pour ce qu'il était" : un "personnage de l'histoire angolaise", "un chef de guérilla qui combat le MPLA", résume l'avocat d'Activision, Etienne Kowalski. D'autant que, relève-t-il, Savimbi apparaît sous un jour "plutôt favorable", en "gentil" allié du héros. Au-delà du fond, l'avocat entend par ailleurs plaider la prescription des faits.

2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 13:00
#CPI / Ex ministre et Vice-Présidente du FPI, Clotilde Ohouochi dénonce le plan commun de Fatou Bensouda pour détruire la C I

Publiée ce jour (02/02/2015) sur son compte Facebook par Clotilde Ohouchi, ancienne ministre de la Santé et conseillère du Président Gbagbo, Vice-présidente du FPI, intellectuelle auteure de plusieurs ouvrages, sous le titre :

CPI: le plan commun de l'équipe de Fatou Bensouda pour détruire la Côte d'Ivoire.

La Côte d'Ivoire est un véritable melting-pot où se fondent parfaitement des populations de toutes origines, de toutes confessions et de toutes catégories sociales. Bien sûr, tout n'est pas parfait, loin s'en faut. La complexité psychologique des individus à vivre ensemble de façon harmonieuse est l'une des difficultés de la vie en société. La sagesse africaine l'illustre éloquemment à travers sa métaphore de la langue et des dents, condamnées à poursuivre ensemble leur mission commune de mastication, malgré les morsures dont la première (la langue) est régulièrement victime. Le schéma manichéen et caricatural de "Nord musulman et Sud chrétien", servi à l'envi par le vocabulaire des analystes internationaux dans leurs prévisions apocalyptiques sur la Côte d'Ivoire et repris ici par le procureur, est un faux-débat qui ne résiste pas à l'analyse. En Afrique, le facteur religieux dans les conflits n’est pas binaire, opposant simplement musulmans et chrétiens. Il déchire souvent les communautés de même obédience religieuse. Les exemples sont légion.

Cette partition artificielle de la Côte d'Ivoire ne s'appuie sur aucun fondement réel, ni politique, ni économique encore moins géographique. Selon le Recensement général de la Population et de l'Habitat de 1998, en termes d'occupation spatiale, 77% des Musulmans résident dans le Sud et seulement 23% dans le Nord. Dans tous les villages, hameaux et lieux-dits du Sud, des communautés venues des régions savanicoles cohabitent avec leurs frères des autres régions. De plus, au plan politique, les Nordistes qui possèdent théoriquement le pouvoir économique, ont, dans les gouvernances successives, d'Houphouët-Boigny à Laurent Gbagbo, occupé des responsabilités de premier plan aux côtés de leurs compatriotes des autres régions, pour bâtir la Côte d'Ivoire moderne. L'ethnicisation à outrance du débat politique instaurée en 1995 par le concept mal énoncé de l'ivoirité, théorisé par M. Henri Konan Bédié, et le cri de victimisation poussé en écho par M. Ouattara, va installer le pays dans une zone de turbulences dont les pics sont le 19 septembre 2002 et le 11 avril 2011. Aujourd'hui, le concept du "rattrapage ethnique", concept à relents vindicatifs et bellicistes, planifiant la catégorisation des ivoiriens par l'instauration du principe de la préférence tribale et régionaliste, est érigé en mode de gouvernance. La CPI ne doit pas verser de l'huile sur le feu par les allégations mensongères et les insuffisances de l'Accusation. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé doivent être relaxés et recouvrer leur liberté pleine et entière pour offrir une chance à la paix en Côte d'Ivoire.

2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 09:00
#ProcèsGbagbo / Le 9 janvier 2011, J-C Guillebaud sauve (un peu) l'honneur de la presse française... (#ProcèsDeLaHonte #DevoirdHistoire)

SOURCE

Article initialement paru le 9 janvier 2011, en pleine crise postélectorale ivoirienne.

Quelque chose commence à se troubler dans le discours médiatique concernant la Côte d'Ivoire. Une interrogation se répand dans l'opinion : tout n'est peut-être pas aussi simple qu'on l'a cru dans cette affaire. Jusqu'alors, nous pensions tous la même chose : vaincu par les urnes, désavoué par une majorité d'électeurs, condamné par la communauté internationale unanime, Laurent Gbagbo s'accrochait coupablement au pouvoir, au risque de provoquer un carnage dans le pays. Tout cela relevait, en somme, d'une figure classique : celle du satrape exotique prêt, faute de mieux, à lancer ses « escadrons de la mort » à la trousse des opposants.

La cause paraissait donc entendue. La France comme l'Amérique et l'ONU avaient d'ailleurs reconnu en Alassane Ouattara le vrai vainqueur du scrutin, c'est-à-dire le président légitime. Plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, du même avis, se disaient prêts à intervenir militairement pour chasser le mauvais perdant du pouvoir. Je dois dire que c'est justement cette unanimité qui, depuis le début, m'a dérangé. J'ai pensé à une sage tradition juive, citée par Emmanuel Levinas dans l'une de ses « Leçons talmudiques » : si tout le monde est trop vite d'accord pour condamner un prévenu, alors mieux vaut le libérer, car tout jugement unanime est suspect. Certes, le très roublard Laurent Gbagbo n'est pas « innocent ». On impute à juste titre à ses sbires des violences et des meurtres. Un de nos confrères journalistes a disparu voici quelques années en Côte d'Ivoire dans des conditions suspectes. Gbagbo n'est sûrement pas un ange et cette équipée de deux avocats français (Roland Dumas et Jacques Vergès) accourus de Paris pour le défendre - contre rétribution - est assez grotesque. Il reste qu'une interprétation simpliste de la réalité ivoirienne ne tient plus la route.

Bornons-nous à quelques remarques. Plusieurs journaux, dont notre confrère « Le Monde », ont publié des cartes détaillées du résultat des élections. Elles montraient clairement que la Côte d'Ivoire était coupée en deux. Battu dans la moitié nord (musulmane) au prix de certaines fraudes, Gbagbo reste très majoritaire dans le Sud chrétien, y compris à Abidjan. Cela signifie qu'une opération militaire du clan Ouattara au Sud - et à Abidjan - serait forcément sanglante. Le personnage le plus va-t-en-guerre, Guillaume Soro, n'est autre que l'ancien chef de la rébellion du Nord, le « Premier ministre » de Ouattara. Le rappel de cette complexité géographique liée à des réalités ethniques et religieuses m'a incité à chercher d'autres points de vue que ceux de nos grands médias.

J'ai consulté le blog d'une consœur spécialiste de l'Afrique dont je respecte depuis longtemps la compétence : Colette Braeckman, du « Soir de Bruxelles ». Sans blanchir de ses responsabilités le « boulanger d'Abidjan » (appelé ainsi pour sa réputation de rouler tout le monde dans la farine), elle insiste sur quelques vérités dérangeantes. Je cite en vrac : les résultats électoraux « globaux » ne sont pas si clairs que cela ; le jeu des grandes sociétés occidentales en Côte d'Ivoire l'est encore moins ; plusieurs pays africains commencent eux-mêmes à douter et, comme le Ghana voisin, refusent à l'avance d'intervenir militairement. Citant le chercheur Michel Galy, animateur de la revue « Culture et conflits » et bon connaisseur de la Côte d'Ivoire, Colette Braeckman met donc les Occidentaux en garde. En cadenassant le discours dominant sur une vision simplificatrice des choses, on risque d'échauffer un peu plus l'opinion et, au bout du compte, de favoriser une logique massacreuse qui paraît s'éloigner mais peut resurgir à tout moment.

Ajoutons qu'on exacerbe ainsi le sentiment « anti-étranger » qui pourrait bien, un jour, réconcilier les deux camps ivoiriens, mais à nos dépens.

Published by Gri-Gri International Jean-Claude Guillebaud - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 CPI Francophonie Françafrique Devoir d'histoire
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 13:02
#Valls / Dans l'affaire Blancos contre Blancos, chacun sa grâce (#Sauvage #SarkozyàLaCatalane)

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Le ministère public a requis une peine de 2000 euros d'amende avec sursis à l'encontre de Bernard Mezzadri. Le délibéré sera rendu le 10 février.

Cet enseignant-chercheur à l'Université d'Avignon comparaissait devant le tribunal correctionnel d'Avignon ce mercredi 27 janvier pour "provocation à la haine raciale". En cause, des propos tenus dans un mail sur un forum interne à l'Université, au sujet d'une prochaine rencontre avec Manuel Valls lors d'une visite ministérielle. Il ironisait sur des propos tenus par l'actuel Premier ministre, et entendait dénoncer une politique "raciste".

M.Mezzadri avait notamment qualifié Manuel Valls de "chasseur de roms". Et écrit : "J'espère qu'en cette grande occasion (la visite de M.Valls, Ndlr) la délégation de l'Université comptera suffisamment de "blancos" (et pas trop de "basanés"). Ces propos faisaient écho à une vidéo de 2009 dans laquelle celui qui était maire d'Evry demandait à ses équipes de rajouter des "whites" et des "blancos" dans le décor.

"C'est la condamnation d'idées rampantes, nauséeuses, sur lesquelles les esprits éclairés ne devraient pas s'aventurer" a requis le procureur de la République. "Peut-être n'était-ce pas votre volonté intérieure (...) mais dans votre formulation, pas si circonstanciée que cela, en vous engageant sur cette question de la couleur de peau, en engageant votre établissement à se positionner sur cette question, moi je dis que c'est raciste" a indiqué le magistrat chargé de porter l'accusation.

"Mon ironie est patente pour tout lecteur" s'est défendu le prévenu, expliquant qu'il entendait simplement "doucher l'enthousiasme de la direction de l'Université" à l'annonce de la visite de Manuel Valls.

"L'intention ironique de mon client était particulièrement évidente" a plaidé Me Braun, son avocat. "Les propos qu'il aurait fallu poursuivre, ce sont ceux de M.Valls." Il a qualifié M.Mezzadri de "résistant".

Compte-rendu d'audience à lire en détails dans nos éditions de Vaucluse Matin ce jeudi 28 janvier.

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