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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 08:56
#Relire / L'honneur perdu de Guillaume Soro, par Bernard Houdin

En juillet 2012, dans les colonnes de notre confrère et néanmoins ami Le Nouveau courrier à Abidjan, le Conseiller du président Gbagbo Bernard Houdin publiait une tribune consacrée à Guillaume Soro, dit le PAN-PAN... tribune qu'il est urgent de relire.

« Les hommes. Il faut aimer les hommes, les hommes sont admirables. J’ai envie de vomir-et tout d’un coup, ça y est, la Nausée. C’est donc ça la Nausée. Cette aveuglante évidence ? » (Jean Paul Sartre) Je viens de lire et de regarder les récentes interventions en Europe de Monsieur Guillaume Soro et j’ai brutalement ressenti cette « aveuglante évidence » : la Nausée. Sur France 24, sur RFI et dans une « rencontre » avec des ivoiriens à Bruxelles, Monsieur Soro a réécrit l’histoire de la Cote d’Ivoire et, particulièrement, la plus récente dont il a tenté, violemment, d’en modifier le cours démocratique. Monsieur Soro revendique « son combat pour la démocratie » dans les années 1990 et se prévaut d’être allé, de ce fait, et en plusieurs occasions, en prison. Mais qui étaient au Pouvoir à cette époque, sinon MM Ouattara et Bédié, et qui allait aussi en prison, sinon Laurent Gbagbo ?

Il reconnait dans une fulgurance de lucidité, avoir répondu favorablement à la main tendue du président Gbagbo pour engager le « dialogue direct » qui s’est concrétisé dans l’Accord Politique de Ouagadougou (APO).

Mais tout le reste n’est que falsification historique et mépris de la souffrance du peuple jusqu’à l’indicible quand Monsieur Soro évoque le massacre de Duekoué. Duekoué, ville-martyre, Oradour-sur-Glane ivoirien, où des centaines et des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants ont été horriblement massacrés en une SEULE journée par les « forces républicaines » sous les ordres de Monsieur Ouattara (Ordonnance présidentielle du 17 mars 2011) et où Monsieur Soro se justifie en prétendant avoir fait la guerre à « des miliciens liberiens à la limite du cannibalisme » ! Première Nausée….

Monsieur Soro manie le verbe avec la prétention des « intouchables ». Il se gargarise du mot « démocratie ». Je pense qu’il devrait imaginer que personne ne peut, impunément, se sentir « intouchable » éternellement et qu’il devrait lire, ou relire la définition du mot « démocratie ».

En visionnant les « prestations » de Monsieur Soro il m’est revenu une scène : nous sommes en janvier 2000, les « jeunes gens » ont renversé Bédié et le nouveau pouvoir a organisé une rencontre, au stade Houphouet-Boigny, pour que la population remercie ces « jeunes gens ». Sur la pelouse un podium de fortune, sur un plateau-remorque, a été installé où se pressent les nouveaux ministres, rapidement ralliés à l’ordre « kaki ». Je suis dans la tribune, observateur attentif de cet instant d’Histoire d’un pays où j’ai tous mes repères. Sur le podium un jeune homme dynamique interpelle le nouveau pouvoir et « exige » une opération « Mains Propres » pour faire rendre des comptes aux autorités déchues et, en particulier, au président Bédié. Ce jeune homme, c’était Guillaume Soro et je n’imaginais pas, à cet instant, que le Destin nous donnerait rendez-vous bien plus tard.

Monsieur Soro avait raison, en cette chaude, à tous points de vue, journée de janvier 2000. Les années Bédié avaient enfoncé le pays à la fois dans l’incurie économique et dans une poudrière identitaire instillée par l’ « ivoirité » et le Coup de décembre 1999 semblait « un moindre mal », même si les changements de régime dans des conditions « non démocratiques » ouvrent la porte à toutes les aventures (et la suite des événements en Côte d’Ivoire le confirmeront).
L’opération « Mains Propres » s’est délitée au fil du temps et des compromissions et la Transition s’est achevée en octobre 2000 par l’élection du Président Laurent Gbagbo. Et dès cet instant le président a commencé à « agir pour les Libertés », le point d’orgue de la période étant le Forum de Réconciliation et la formation d’un Gouvernement d’Union Nationale où siégeaient, auprès des ministres FPI, neuf représentants du PDCI et du RDR. C’est ce gouvernement d’union que le « démocrate » Monsieur Soro, parrain « revendiqué » du Coup manqué du 19 septembre 2002, a tenté de renverser, provoquant la crise qui perdure aujourd’hui et continue d’entrainer le pays vers l’abyme.

C’est le sens de l’Etat et de l’intérêt général du Président Gbagbo qui ont, seuls, permis à Monsieur Soro de « survivre » à la crise et, s’il y a eu trahison, c’est bien celle de Monsieur Soro par rapport à ses engagements écrits dans l’APO et qu’il n’a jamais tenu, en particulier pour le désarmement et l’encasernement de ses troupes. Deuxième Nausée….

Monsieur Soro se prévaut d’avoir organisé des élections « démocratiques » le 28 novembre 2010 et d’avoir, en « petit frère » conseillé au président Gbagbo de « respecter » le verdict des urnes. Le président Gbagbo ne s’est jamais accroché au pouvoir. Il a, simplement, respecté la Constitution de son pays qui a dit le Droit après avoir fait table rase des fraudes et manipulations du scrutin dans les régions du Nord sous la « coupe » des troupes de Monsieur Soro,
Celui-ci à alors, avec l’appui funeste des Autorités françaises de l’époque, engagé un combat violent, loin de tous les critères « démocratiques », tandis que le président Gbagbo, soucieux comme toujours de l’intérêt général, voulait résoudre cette « crise électorale » de façon pacifique, en commençant, naturellement, par un recomptage des voix. On connait la suite et Monsieur Soro, « vétu de lin blanc et de probité candide » vient se glorifier sans vergogne de sa « foi démocratique ». Troisième Nausée…

Monsieur Soro, dans sa grande « bonté » se félicite d’avoir «donné sa chambre » à l’Hôtel du Golf au président Gbagbo le 11 avril 2011. Je pense qu’il pourrait être, bientôt, récompensé de cette générosité car le président Gbagbo lui cédera, bien volontiers, celle qu’il occupe indument à La Haye.
En fait, toute cette randonnée verbale à travers l’Europe et les médias, n’est qu’une fuite en avant de Monsieur Soro pour tenter d’échapper à son Destin qui est de se retrouver devant la Cour Pénale Internationale pour l’ «ensemble de son œuvre». Il le sait pertinemment au point de « menacer » la « communauté internationale » pour laquelle il aurait agi, récusant à l’avance toute responsabilité personnelle dans le cours des événements en Côte d’Ivoire, comme il l’a clairement laissé entendre sur France 24. Ainsi Monsieur Soro après avoir agi pendant des années à des fins personnelles, au mépris de toutes les règles de Droit et en laissant derrière lui un cortège sanglant d’hommes de femmes et d’enfants de toutes ethnies et de toutes confessions, voudrait s’exonérer de tous ces crimes, n’étant que le simple exécutant de la « communauté internationale ». Quatrième Nausée…

Oui les hommes sont admirables, ceux qui se battent pour des causes justes mais Monsieur Soro ne les aime pas. Depuis des années il creuse dans le pays un sillon de haine et de meurtres. Mais l’heure a sonné et la Côte d’Ivoire, qui est, heureusement, une Nation forte qui se construit chaque jour saura surmonter les douloureuses épreuves que Monsieur Soro lui aura fait subir. Il n’aura été qu’un « épiphénomène » dans le cours de son Histoire, et je crains, pour lui, qu’aujourd’hui tout soit perdu, même l’honneur !

Bernard Houdin
Conseiller Spécial du président Gbagbo

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 11:39
#InterditAuxBâtards, c'est... par Grégory Protche / Le texte (1)

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Le rivage de Sear.

À propos d'un entrepreneur en démolition

Les fourberies de ce tapin

Banlieues rouges et musiques noires

Ce plaisir qu'on dit Sear-nel

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L'acariâtre et le territoire

Il est minuit, Docteur Schweitz-Sear

Journal d'un homme détrompé

The hardest workingman in Sear business

Cent ans de searlitude
Sear wars

Seariff fais-moi peur

Pour une poignée de punchlines (source : Koma Scred Connexion).

L'homme qui valait trois mollards

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Marche pas sur mes lacets FILA

J'ai plus de statuts que si j'avais mille ans

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Inside Sear / Get Busy

The devil dans toutes les miss Jones

Derrière la porte verte : Sear / Get Busy

Outrospection

Le fond de l'air est Sear

Vexants statuts du soir de Sear se marrant au-dessus des cons

Il boit peu, il fume pas, il flingue pas, mais il cause

Du sale au lumineux

De l'absence de stratégie de carrière

La planète des Sear (from Myriam)

Bye, bye, Debbie Harry

Ma vie mode d'emploi

Les 1800 commandements

Un personnage en quête d'hauteur

Le bûcher des rageux

Un Sear au harem d'Archimède

La naine, de Ma queue Face aux Bitch

Ma valise et mes cartons

Papa chambreur

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USA for Afrika Bambaata

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Les prédictions de Nostrada-Sear

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À suivre

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 11:15
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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 10:06

Gbagbo besicles

samedi 28 août 2010

Discours De Gbagbo a Divo 27 Aout 2010

Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel ;
Monsieur le Président Yanon Yapo ; ( Ndlr : ex- Président du Conseil Constitutionnel) ;
Messieurs les Juges de la Cour Suprême ;
Messieurs les Juges du Conseil Constitutionnel ;
Monsieur le Ministre de l’Intérieur ;
Messieurs les Ministres ;
Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Préfectoral ;
Monsieur le Général de Corps d’ Armée, Chef d’ Etat – Major des Armées nationales de Côte d’ Ivoire ;
Monsieur le Général de Corps d’Armée, Commandant Supérieur de la Gendarmerie ;
Messieurs les Officiers Supérieurs, Officiers Subalternes, Sous- Officiers, et hommes de rang ;
Mme BOGA DOUDOU ;
Mesdames et Messieurs ;

Messieurs les Policiers ;
Messieurs les Chefs de village ;
Populations de Divo.


Je voudrais vous dire merci d’être présents à cette cérémonie, pour toutes les raisons qu’ont déjà soulevées et analysées, le Directeur Général de la Police, le Maire et le Ministre de l’Intérieur.

Pour ma part, je voudrais faire quelques commentaires.

D’ abord sur ce lieu (Ndlr : ex-complexe de Divo qui abrite désormais la caserne de la CRS 3). Ce lieu, était un Centre Culturel. C’est ici, que j’ai fait mon premier meeting de campagne électorale pour la présidentielle en 1990. J’étais effectivement accompagné de feu BOGA DOUDOU (Ndlr : ex-Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, décédé aux premières heures de la crise militaro-politique, le 19 septembre 2002). D’ ici, nous sommes allés à Lakota. Ce Centre Culturel a été abandonné.

C’est le drame de la Côte d’ Ivoire et de toute l’Afrique. On cherche de l’argent ; on bâtit et on laisse l’œuvre mourir ! On bâtit et on laisse l’argent périr !

Monsieur le Ministre de l’Intérieur, Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale, Monsieur le Préfet, je vous remercie d’avoir ressuscité ce bâtiment important. Un bâtiment où la jeunesse de Divo venait jouer au théâtre, au basket, au handball. Eh bien, si ces jeunes ne viennent plus jouer, ce bâtiment va servir à les secourir.

J’espère qu’assez rapidement, les autres Chefs – lieux de Région qui ont été désignés pour abriter des Compagnies Républicaines de Sécurité(CRS) vont trouver des locaux afin qu’on installe des Unités à Abengourou, Bondoukou, Gagnoa, Daloa, San- Pédro, etc… C’est donc le premier commentaire que je voulais faire concernant ce lieu.
Le deuxième commentaire, concerne BOGA DOUDOU. On l’appelait dans notre petit groupe, ’’ Djimy la Rigueur’’. Parce que quand tu as tort, Djimy disait que tu as tort. Et, quand tu as raison, il disait que tu as raison. Je l’ai rencontré en 1974. Il faisait partie de la même cellule qui comprenait, outre moi-même, Henry-Philippe Dacoury(Ndlr : alors Gouverneur de la BCEAO), et lui, BOGA DOUDOU.

Un soir, on n’est venu nous annoncer que la Police avait arrêté BOGA DOUDOU, dans sa chambre d’étudiant. Qu’avait-il fait ? Nous n’en savions rien. Mais toujours est-il que nous nous sommes mobilisés. Nous sommes allés dormir à la Police. Nous avons dit que tant qu'on ne nous rendait pas BOGA, nous ne rentrions pas chez nous. Voir des Enseignants venir réclamer la libération d’un étudiant était quand même quelque chose d’inhabituel ! Les Policiers de Cocody nous l’ont donc rendu.
Il était courageux, brave. On disait toujours de lui que le mot peur, il l’avait découvert dans le dictionnaire. Parce qu’il ne savait pas ce que cela voulait dire.

À la fin des élections de 2000 - et, c’est une confidence amicale que je voudrais vous faire - je discutais avec mes filles qui avaient 17 et 18 ans, à l’époque. Je leur ai demandé : « A votre avis, quand je vais être élu, qui doit être Ministre de l’Intérieur ? » Les plus jeunes m’ont répondu en disant : « Papa, vu l’ensemble de ses qualités, nous pensons que la personne idéale pour ce poste, est Tonton BOGA ». Ceci, pour vous dire que, même les enfants, à la maison, chez moi, savaient qu’il devait être Ministre de l’Intérieur. Il était fait pour la profession.

Quelques Magistrats sont venus me le réclamer pour être leur Ministre de tutelle. Mais, finalement, la plus grande partie des gens le voulaient comme Ministre de l’Intérieur. Parce qu’il avait des idées très claires concernant l’Administration Territoriale, la Décentralisation, la Sécurité et la Police. Que son nom soit "donné" à la CRS 3 qui est installée chez lui, dans sa région, est un bel hommage à l’homme. Et, cela ne peut que me réjouir. Je ne pouvais pas ne pas être là. Cet homme, dont le nom est désormais porté par cette toute nouvelle Compagnie, était de valeur. Il a fait une thèse recommandée à la publication par les Universités françaises.

Après que BOGA DOUDOU a été nommé Ministre de l’Intérieur, sa première reforme, n’a pas été celle de l’Administration. Sa première reforme a été celle de la Police. Il m’a dit : « Président, si nous voulons que la Police soit efficace, faisons une nouvelle loi, pour elle, et augmentons les traitements salariaux des Fonctionnaires de la Police ». On a fait cette réforme. Et, le projet de loi que nous avons adopté, qui est arrivé par la suite sur la table des Députés à l’Assemblée Nationale, à été voté à l’unanimité. Parce que Ouassénan Koné (ex-Ministre de la Sécurité) a dit ceci, à cette occasion : « quand j’étais Ministre de la Sécurité, j’ai longtemps voulu faire voter cette loi. Mais, à l’époque, j’ai été désavoué. Je pense que c’est cette loi qu’il faut. Car, cette loi que je voulais faire voter, à l’époque. Maintenant qu’elle arrive, ici, je demande à tout le PDCI (Ndlr : ex-Parti au pouvoir, aujourd’hui, dans l’opposition) de voter ce projet de loi ».

La loi a été votée à l’unanimité des Députés de l’Assemblée Nationale. Tel est cet homme. Il était mon Président de Groupe parlementaire, quand j’étais Député. Il avait l’air très dur. Mais, BOGA DOUDOU négociait toujours. C’est lui qui faisait toutes les négociations. Il négociait à l’extérieur avec tout le monde. Et, quand, pour ma candidature en 2002, j’ai eu un appel de Lybie … c’est avec BOGA que j’y suis allé. Lors de la rencontre, je n’ai pas parlé. C’est lui qui a parlé.

Je suis heureux que son épouse soit là ; ses enfants ; ses frères, également. Je suis heureux que tout le monde soit présent. Je suis heureux que Lakota soit venu en force. Monsieur le Président du Conseil Général, chers frères, Cadres, je suis heureux que tous les amis de BOGA soient réunis, ici. Je suis très content.
A présent, je vais m’adresser à vous, les Policiers, qui allez prendre fonction au niveau de la CRS 3.

Le Général BREDOU M’bia (Ndlr : Patron de la Police Nationale) a rappelé tout à l’heure que la CRS a été créée en 1944. Et, a été rendue opérationnelle en 1948. Les dates parlent. En 1944, c’était un moment de désordre en France. La guerre était terminée, mais, pas totalement ; un peu comme notre crise. Le Général DE GAULLE et le Gouvernement en exil en Alger, avaient débarqué à Paris. Ils avaient pris possession des lieux. Mais, la capitulation n’avait encore pas été signée par l’Armée. Il y avait des villes entières qui étaient sous le contrôle des Allemands et d’autres, sous le contrôle des résistants armés.

DE GAULLE, voulait assurer la sécurité des Institutions républicaines. Il a créé la CRS pour se battre en ville ; pour se battre contre le désordre ; pour se battre contre les malfrats. Et, depuis 1944, la CRS est là. Quand il y a des moments difficiles, c’est la CRS qui prend les devants, en France. Je vous fais ce rappel, non pas pour vous faire un cours d’histoire, mais, pour vous montrer l’esprit dans lequel la CRS est née, et les tâches qui l’attendent. Les tâches qui l’attendent sont des tâches de bataille contre le désordre, la pagaille et la chienlit. Mais aussi, les tâches de Paix avec les citoyens normaux.

Grâce à vous, dans cette ville, et dans cette région, les citoyens ordinaires doivent pouvoir aller à leur travail, tranquillement. Ils doivent pouvoir aller au cinéma, aux bals ; ils doivent pouvoir s’amuser, tranquillement. Les gens doivent pouvoir se promener normalement avec leur argent, sans avoir peur, grâce à votre présence. Par conséquent, à cause de votre présence, tous ceux qui veulent aller détrousser les honnêtes personnes, doivent réfléchir par deux fois, avant de sortir.

Chers amis Policiers, chers frères, vous, Policiers, que nous installons aujourd’hui, n’êtes pas des Policiers ordinaires. Vous n’êtes pas des Policiers ordinaires, qu’on affecte dans un commissariat pour tenir, la main courante. Non, vous n’êtes pas cela ! Vous êtes la Compagnie Républicaine de Sécurité. C’est–à–dire que votre rôle, c’est de faire en sorte que la République vive ! votre rôle, c’est de faire en sorte que l'autorité du Préfet de région s’ applique sur toute la région ; que l'autorité des Préfets de départements s'applique sur les départements ; que l'autorité du Sous- Préfet s'étende sur toute la Sous–préfecture. Votre rôle, c’est de faire en sorte que l’autorité républicaine vive !

Vous avez pour ennemis - je n’ai pas dit pour adversaires - tous ceux qui sont contre la République ! Vous avez pour ennemis, tous ceux qui sont contre la paix en Côte d'Ivoire. Vous avez pour ennemis, tous ceux qui veulent troubler les élections en Côte d'Ivoire. Votre tâche est simple. Parce que la ligne de démarcation est nette. Entre la paix et le désordre, vous êtes pour la paix ; et vous vous battez contre ceux qui veulent semer le désordre. Entre la légalité et l’illégalité, vous êtes pour la légalité ; et, vous vous battez contre tous ceux qui sont pour l’illégalité. C’est cela, votre rôle. Il y a une ligne de démarcation. Pour la CRS, il y a le blanc et le noir. La CRS n’est pas au milieu. Vous n’êtes pas des Juges. Ce sont les Juges qui regardent, pour voir s’il y a des circonstances atténuantes ou aggravantes, pour telle ou telle situation. Vous n’êtes pas des Juges, vous êtes des Combattants de la légalité républicaine.

Quand on dit que la République est menacée, c’est vous qui apparaissez pour rétablir l’ordre républicain.  

Je suis venu pour vous dire, ce jour, à vous, mais aussi à toute la Côte d’ Ivoire, ceci : quand la République se construit, elle se construit aussi avec des forces de combat. Il y a des gens qui croient que quand l’homme politique que je suis fait des concessions, discute, il n’a pas de bras. J’ai aussi des "bras". Il y a des moments où je dis à ces "bras" : « restez tranquilles, je vais négocier ». Mais, quand le moment arrive pour que ces "bras" se lancent, ils se lancent. Donc, je vous le dis, ce n’est pas pour rien qu’on vous a envoyés, ici. Vous n’êtes ni des hommes politiques, ni des Magistrats. On vous a envoyés, ici, parce que l’ordre est trop souvent troublé à Divo. Le Ministre de l’Intérieur, tout à l’heure - parce qu’il est beaucoup plus jeune que moi - se posait encore des questions ; celles de savoir si ces troubles étaient liés à la guerre.

Non et non ! Ils ne sont pas liés forcement à la guerre. Quand j’étais encore dans l’opposition, il y a eu des bagarres, ici, et un commerçant du nom de Dramera a été tué. Donc, ce n’est pas aujourd’hui que cela est apparu. Pourquoi Divo bouillonne ? Pourquoi Divo est excité ? On n’en sait rien. Et, comme on n’en sait rien encore, nous installons la CRS ; nous mettons la CRS et nous demandons aux éléments de dissuader tous ceux qui sèment le désordre.

Donc, votre rôle, n’est pas un rôle d’analyse. Chers amis, votre rôle n’est pas un rôle d’analyse, de réflexion. Votre rôle est de faire face et de dissuader tous ceux qui sont contre la République, tous ceux qui sèment le désordre. Toujours et en tout temps, nous vous donnerons les moyens qu’il faut, pour cela. Je suis très à l’aise quand je vous parle. Parce que mon papa a été Militaire, et ensuite, Policier. Je connais par conséquent la vie de l’Armée. Mon Père était Sergent, en 1938. Il a été libéré et quand la guerre a éclaté en 1939, il a été rappelé comme tous les Sous- Officiers et Officiers. Mais, après, vers 1997, je lui ai demandé - il faut savoir qu’il a rendu un jour sa démission de la Police dans les années 50 - pourquoi, ayant été Sergent dans les années 38, et ayant la possibilité de finir comme capitaine ou commandant au niveau des Indigènes et devenir par conséquent comme l’un des premiers Officiers de la Nouvelle Armée, avoir tourné le dos à l’Armée ? Il m’ a donné cette réponse – et c’est depuis ce jour que j’ ai compris la différence entre les hommes armés et les civils - : « Papa - parce que c’est comme cela qu’il appelait -, quand tu es dans l’ Armée, tu ne dois pas trop réfléchir ; tu dois obéir aux ordres. J’ai combattu les Allemands, j’ai été blessé de guerre, je suis venu, j’ai combattu les voleurs ; mais, dans ce Corps de métier, on ne nous demande pas de réfléchir. On nous demande de "taper", de nous battre. J’étais fatigué de cela. Moi, je suis un homme qui réfléchit ».

Les Commissaires qui vous commandent, réfléchissent pour vous. Si un Soldat, un Policier, veut se mettre à réfléchir comme son Chef, il n'y a plus d’Armée ! Si un Policier veut réfléchir à la place de M. Yapo (Ndlr : tout nouveau Commandant de la CRS 3) , il n’y a plus de CRS à Divo. S’il y a des erreurs qui sont commises, nous régleront cela avec le Commissaire Yapo. Il vous donne des ordres et vous exécutez. Je vous le dis tout net, et je le dis également à tous les bandits, qui sont à Divo : "À tous ceux qui sèment le désordre à Divo, je vous envoie la CRS". Je vous ai envoyés, ici, contre eux. Il n'y a pas d’autres choses à faire. C’est la mission qui est assignée au Commissaire Yapo.

Populations de Divo, ma dernière adresse est à vous. Les Chefs sont là. La Police est votre Police. Il n’y a aucune Police efficace sans collaboration avec la population.
Si vous n’aidez pas votre Police, elle ne sera pas efficace. Il y en a qui cachent des bandits chez eux. Mais ? si tu caches le bandit, tu es aussi un bandit. Donc, si on l’attrape, chez toi, on t’arrête aussi. Et, on ouvre une procédure judiciaire contre toi ; de la même manière qu’on ouvre une procédure contre le bandit. Ne vous rendez pas complices des bandits et des actes anti-républicains. Faites confiance à votre Police. Aidez-la par vos renseignements. La Police ne peut pas travailler sans renseignements.

On m’a dit qu’un paysan venant de Fresco pour vendre ses produits a été dépossédé de tout son argent. Les Policiers ne sont pas Dieu. Ce sont des hommes comme nous. Donc, ils agissent en demandant des renseignements. Aidez-les, vous, populations de Divo. Aidez-les par vos renseignements.

Vous, Chefs traditionnels, Notables, dites à vos administrés dans les villages, d’aider la Police. Elle n’est pas votre ennemie tant que vous êtes honnêtes. Mais, le jour où vous êtes malhonnêtes, elle devient votre ennemie.

C’est ce que je voulais vous dire.

M. Le maire, Mme et MM. les Elus, je crois que c’est un grand cadeau qu’on vous fait. Mais, ce cadeau est pour vous parce qu’il va vous faciliter la vie. Il est pour nous tous.
Que Dieu bénisse la Police Nationale ;
Que Dieu bénisse tous les Agents de l’ordre qui risquent leur vie tous les jours et toutes les nuits, pour nous ;
Que Dieu bénisse la Côte d’ Ivoire ;
Qu’il bénisse l’Afrique ;
Je vous remercie.

Propos recueillis par Hermann BORGET
Envoyé Spécial à Divo


http://lemaire00.blogspot.fr/2010/08/discours-de-gbagbo-divo-27-aout-2010.html

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 09:46
Gbagbo/CPI - Et les chiens de Human rights watch ne se taisaient pas

Suite de la décision des juges de La Haye, Laurent Gbagbo sera jugé par la CPI. Si l'un des trois juges a manifesté son désaccord, Jean-Marie Fardeau, directeur France d’Human Rights Watch, juge que cela ne signifie pas que le dossier d'accusation est fragile. Au nom de l’équilibre, il plaide également pour que la CPI se penche sur les accusations portées contre des pro-Ouattara.

Relisons son entretien paru ce jour sur le site de RFI.

RFI : L’an dernier, les juges de La Haye avaient demandé à la procureure Fatou Bensouda de revoir sa copie. Ce jeudi, ils ont entendu ses arguments. Pourquoi ce changement d’opinion de leur part ?

Il faut savoir que la procureure arrive avec 22 000 pages de témoignages supplémentaires, de 108 personnes tout à fait nommées et, donc, c’est un dossier vraiment extrêmement complet que la procureure a pu mettre sur le bureau des juges, devant la CPI.

La CPI s’est appuyée notamment sur deux faits : la répression d’une manifestation de femmes à Abobo, le 17 mars 2011, et le bombardement au mortier d’un quartier d’Abobo, le 17 mars de la même année. Quels sont les nouveaux éléments de preuve que la procureure a pu apporter ?

Je pense que c’est sur ces deux faits, mais également sur la manifestation en direction de la Radio-Télévision ivoirienne de fin décembre 2010, qui avait été également durement réprimée, plus un autre fait à Yopougon vers le 12 avril 2011, que la procureure a pu collecter des témoignages extrêmement précis, avec des noms de personnes qui ont bien voulu témoigner. Nous nous en réjouissons et nous pensons surtout aux victimes et à leurs proches qui vont enfin voir la justice passer sur les crimes commis après décembre 2010.

Étonnant : pas un mot sur les FDS (Forces de défense et de sécurité) tués par les balles des "pacifiques" manifestants ouattaristes parfois armés de mortier...

Quelle rigueur : "un autre fait à Yopougon vers le 12 avril 2011"... 100 commentaires.

RFI : Ce qui manquait surtout dans le premier dossier de l’année dernière, c’était la preuve que Laurent Gbagbo avait été personnellement le donneur d’ordres de ces crimes. Y a-t-il aujourd’hui des documents audio, vidéo ou écrit, qui peuvent apporter cette preuve ?

Nous n’avons pas connaissance du dossier de la procureure, mais nous, Human Rights Watch, et d’autres organisations, avions déjà témoigné et rapporté le fait que Laurent Gbagbo lui-même s’était exprimé à la radio, notamment pour appeler à l’érection de barrages dans la ville d’Abidjan pour bloquer les partisans de Ouattara, en appelant à dénoncer tous les étrangers qui étaient suspectés d’être des soutiens de Ouattara, notamment les migrants ouest-africains, et en traitant les partisans de Ouattara de « rats d’égout ». Et donc, j’imagine que la procureure et son bureau ont pu collecter des nouveaux documents, soit vidéo, soit audio, soit ces témoignages des 108 personnes qui ont bien voulu témoigner.

On est bien au-delà de la diffamation ou de l'accusation calomnieuse : on est dans le révisionnisme total, la réécriture complète. Qui chez HRW a "entendu" Gbagbo dire tout ça à la radio ? La photographe basée au Kenya qui rédigeait des rapports bidons sur la situation en Côte d'Ivoire ?

"rats d'égout", C'est dont ainsi que HRW perçoit les manifestants ouattaristes, car nulle part aileurs que dans sa logorrhée on ne trouvera trace écrite de ça... et surtout pas de Gbagbo lui-même. Mais HRW n'est pas à un arrangement ou un conflit d'intérêt près.

Sinon comment expliquer que ses représentants ne soient pas dérangés par l'évident conflit d'intérêts née de l'injection dans leur structure de dizaines de millions de dollars par un George Soros qui prêtait son avion à...Ouattara !

On sait depuis janvier dernier que, le jour de la capture de Laurent Gbagbo, les services secrets français ont visité sa résidence et ont emporté un certain nombre de documents. On sait aussi que Fatou Bensouda a fait le voyage à Paris. A-t-elle pu récupérer ces fameux documents ?

Je ne sais pas si elle a pu récupérer ces documents. Je ne sais pas si la France sera prête à les transmettre au bureau de la procureure. Mais je pense qu’il n’y a même pas besoin de cela pour alimenter un dossier pour le procès de Laurent Gbagbo. C’est lui qui dirigeait directement les Forces de sécurité (FDS) dans la période post-électorale.

Si HRW mène ses "enquêtes" avec la même énergie...

Depuis deux ans, vous dénoncez en Côte d’Ivoire une justice à sens unique. Sont poursuivis plusieurs centaines de pro-Gbagbo et zéro pro-Ouattara. Est-ce que la décision de ce jeudi ne renforce pas ce déséquilibre ?

Cette décision peut renforcer ce déséquilibre ou cette impression de déséquilibre.

Non, Falardeau, mais non, pourquoi veux-tu que cette décision renforce ce déséquilibre ou cette impression de déséquilibre...

C’est pour cela que nous appelons immédiatement la Cour pénale internationale – le bureau du procureur en particulier – et les autorités ivoiriennes à tout faire pour que ceux qui, du côté de Ouattara, se sont rendus responsables de crimes contre l’humanité ou de crime de guerre. Notamment ces 548 personnes qui auraient été exécutées de manière sommaire par des forces pro-Ouattara dans la période post électorale. [Il faut] que les personnes responsables soient poursuivies et que la Cour pénale puisse instruire le dossier de ces personnes également. Ce n’est qu’à cette condition que le peuple ivoirien reconnaîtra que la justice est impartiale et que personne n’est au-dessus de la loi. Que ce soit du côté pro-Gbagbo ou du côté pro-Ouattara. Il y a urgence, effectivement, après trois ans, à ce que la Cour pénale montre sa capacité à instruire des dossiers pro-Ouattara.

Amen.

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 06:04
Gbagbo/CPI - L'article pas trop trop malhonnête de Marianne

Ses partisans les plus lucides n’y croyaient guère : Laurent Gbagbo ne sera pas libéré. Pas tout de suite en tout cas. Dans l’immédiat, son destin semble plutôt se conjuguer avec la tenue d’un procès pour « crimes contre l'humanité (meurtre, viol, autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – tentative de meurtre, et persécution) ».

C’est en tout cas la décision prise aujourd’hui par les juges de la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, lesquels devaient, ou pas, confirmer les charges retenues contre l’ancien président ivoirien par la procureur de la CPI Fatou Bensouda.

A l’issue d’une précédente audience, tenue du 19 au 21 février dernier, ils avaient demandé à cette dernière d’étayer sa copie, jugée bien trop floue, « largement fondée sur des rapports d’ONG et des articles de presse », réclamant, entre autres, de nouvelles enquêtes sur six points précis. L’ancienne avocate gambienne qui a succédé au très controversé Luis Moreno-Ocampo, premier procureur de la CPI, a-t-elle pleinement satisfait à cette exigence ? Deux juges ont répondu positivement, le troisième, la Belge Christine Van den Wyngaert, ayant adopté une « position dissidente ».

Le processus conduisant Laurent Gbagbo devant une chambre de première instance de la CPI pour y être jugé est donc enclenché mais la défense de Laurent Gbagbo va certainement faire appel du renvoi dans les heures ou les jours prochains. A ses yeux le dossier des charges est vide et seules des considérations politiques justifient la tenue d’un procès. La décision des juges intervient alors même que l’impartialité de la CPI est de plus en plus critiquée sur le continent africain, tant par de nombreux chefs d’Etats, dont certains sont eux-mêmes menacés par l’institution judiciaire transnationale, que de larges couches des sociétés civiles. Beaucoup y voient un acharnement injuste contre Gbagbo alors même que la CPI a jusqu'à ce jour épargné le camp d’Alassane Ouattara, l’actuel président ivoirien, pareillement convaincu de crimes contre l’humanité, notamment dans l’Ouest du pays lors de la guerre civile dont il est finalement sorti vainqueur.

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 05:55
Son #InterditAuxBâtards du jour / Get Busy - 50 cent

Dj Kefran & sa Meute

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 16:10
Il y aura un procès Gbagbo à la CPI

La Chambre préliminaire I renvoie Gbagbo en procès.

C'est ce que vient d'annoncer sur son compte Facebook notre ami Théophile Kouamouo.

"Le 12 juin 2014, la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a confirmé, à la majorité, quatre charges de crimes contre l’humanité (meurtre, viol, autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – tentative de meurtre, et persécution) à l’encontre de Laurent Gbagbo et l’a renvoyé en procès devant une chambre de première instance.

La Chambre préliminaire I est composée de la juge Silvia Fernández de Gurmendi, juge présidente, du juge Hans-Peter Kaul, et de la juge Christine Van den Wyngaert, cette dernière ayant adopté une opinion dissidente."

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 14:02
Cameroun / L'humiliation faite au p'tit gros Guillaume Soro en vidéo

Le PAN-PAN (assez cucul) Guillaume Soro a reçu un véritable camouflet au Cameroun. Lui, qui osa y citer Ruben Um Nyobé, a en effet vu une assemblée se vider devant lui en protestation contre son indélébile identité de rebelle instrument des Français et son cv de responsable de milliers de morts.

Le SDF, parti d'opposition centre gauche assez majoritairement anglophone, s'est levé comme un seul homme au moment de son speech (écrit, comme son livre, par RFI ou bien ?), pour ne pas apporter la caution d'une présence silencieuse à celle du "rebelle" Guillaume Soro, invité en sa qualité de Président de l'Assemblée Nationale (PAN) ivoirienne.

Doit-on trouver dans ce fait politique d'une importance considérable (et amené à être reproduit, on l'imagine, dans d'autres pays) les germes du mobile de l'arrestation, le 12 juin tôt le matin, de l'ancien ministre ivoirien Ahoua Don Mello, de passage pour affaires, au Cameroun.

Gageons que les Camerounais ont pu à cette occasion vérifier ultimement, en termes d'intelligence, de culture politique et de sens moral, ce qui sépare un pion sanglant fait ministre par la France et un homme politique de premier plan.

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 07:34
L'ancien ministre Don Mello arrêté au Cameroun.... les raisons de la colère de Ouattara

Le cyberactiviste Steve Beko vient de l'annoncer sur son compte Facebook :

Cameroun: le ministre Ahoua Don Mello interpellé à l'aéroport.
Le ministre Ahoua Don Mello qui séjournait depuis plus d'une semaine au Cameroun dans le cadre de ses activités de consultance internationale a été interpellé très tôt ce matin à l'aéroport de Douala alors qu'il se préparait à quitter ce pays.
Nous sommes en attente de plus de détails dans l'espoir que le président Paul Biya ne franchisse pas le rubicon dans son envie de donner des gages diplomatiques au régime despoti
que de Ouattara.

Cette "interpellation" fait suite à plusieurs faits. Depuis quelques semaines, une chaîne béninoise, Canal 3 Monde, a entamé un dense et profitable travail d'enquête et de recueil de témoignages sur la crise ivoirienne. À cet effet, la chaîne a interrogé plusieurs anciens ministres ivoiriens impliqués de près dans cette crise. Après la diffusion de ces entretiens, les autorités ivoiriennes (provisoires) ont, avec l'élégance et le respect qu'on leur connaît, tenté de faire interdire ces émissions DIRECTEMENT auprès de leurs homologues béninoises. Une lettre officielle et pathétique circule sur les réseaux sociaux et dans la presse ivoirienne, qui montre la grossièreté de la Côte d'Ivoire de Ouattara. (Souvenons-nous, c'est le moment, par parenthèses, des catastrophiques pressions sur le Ghana pour faire taire et immobiliser le porte-parole du président Gbagbo, Justin Koné Katinana).

L'ancien ministre Ahoua Don Mello (très prisé des résistants ivoiriens pour la qualité de ses discours et analyses politiques, et donc très redouté du clan Ouattara), qui a répondu aux questions de Canal 3 Monde, se trouvait ces jours-ci, dans le cadre de ses affaires, au Cameroun. En même temps ou presque que celui qu'on appelle désormais PAN-PAN, Guillaume Soro, Président de l'Assemblée Nationale (d'où le PAN) de Côte d'Ivoire.

Or, non seulement, un parti camerounais, l'anglophone SDF, a dénoncé cette visite, mais aurait même "oeuvré" à gâter le passage du p'tit gros...

Difficile de ne pas relier tous ces faits en apprenant l'arrestation de Don Mello.

Vous trouverez ci-dessous de quoi vous faire votre idée : les liens vers les diverses émissions de Canal 3 Monde qui nous montrent le vrai visage (laid) du pouvoir en place à Abidjan.


COMPRENDRE LA CRISE IVOIRIENNE ET LIBRES RÉACTIONS AU DNC DE LA PROCUREURE DE LA CPI F. BENSOUDA
(Tous les liens youtube )

Dr Assoa Adou

N.Messou

Don Melo

D.Pickass

E.Guirieoulou

B.Kadet

H.Oulaye

Kouamé K.dit OK

A.Dodga

I-COMPRENDRE LA CRISE IVOIRIENNE

INTERVENANT:LE MINISTRE NYAMEN MESSOU
THEME: LE CONTEXTE GENERAL DE LA CRISE IV
OIRIENNE

http://www.youtube.com/watch?v=z92yHrobIrs&feature=youtu.be&a

INTERVENANT :Dr ASSOA ADOU, Ancien Ministre
*THEME: Laurent Gbagbo: Homme de democratize et
de paix

http://www.youtube.com/watch?v=9V9oA_ObBwQ&feature=youtu.be&a

Intervenant Dr Don Melo Ahoua, Ancien Ministre
Theme: Qui a gagné le les elections presidentielles 2010 en Cote d
’Ivoire

http://www.youtube.com/watch?v=5qk7GNU8n-k

INTERVENANT:DAMANA ADIA PICKASS, Ancien Commissaire central de la CEI
THEME: Pourquoi la CEI n’a pu livrer dans les délais requis les résultats du 2eme tour des Présidentielles 2010 en Côte d’
ivoire ?

https://www.youtube.com/watch?v=bhhvNPFICW0&feature=youtu.be&a

INTERVENANT: Le Ministre Emile Gurieoulou
Theme : La vérité sur les 7 femmes d’Abobo « tuées » à la r
oquette

https://www.youtube.com/watch?v=3PSJxvpE5Ok&feature=youtu.be&a

II-LIBRES REACTIONS AU DOCUMENT DE NOTIFICATION DE CHARGES (DNC ) DE LA PROCUREURE DE LA CPI FATOU BENSOUDA


INTERVENANT: Le Ministre Emile Guirieoulou
Theme :Non Mme Bensouda ,Gbagbo n’est pas un tr
ibaliste

http://www.youtube.com/watch?v=aRt6p-wAFS8&feature=youtu.be&a

INTERVENANT: Le Ministre Bertin Kadet
Theme : Les dérives tribales d’un harcèlement politico-ju
diciaire

https://www.youtube.com/watch?v=yHYKQaVW11A&feature=youtu.be&a

INTERVENANT: Le Ministre Emile Guirieoulou

Theme :LES POSITIONS DES FORCES PRO OUATTARA DANS LA CRISE IVOIRIENNE

https://www.youtube.com/watch?v=S0sr0AUBd5g&feature=youtu.be&a

https://www.youtube.com/watch?v=3PSJxvpE5Ok&feature=youtu.be&a


INTERVENANT: Arsene DOGBA ,Politologue
Theme : LES OBSTACLES CONSTITUTIONNELS ET LES BLOCAGES POLITIQUES POSES PAR LA REBELLION,CAUSES DES REPORTS SUCCESSIFS DES ELECTIONS DE SORTIE D
E CRISE.

https://www.youtube.com/watch?v=JARGC4dRYK0&feature=youtu.be&a

INTERVENANT: KOUAME KOUAKOU DIT” OK” ,JURISTE
Theme: LES MANŒUVRES DU PROCUREUR EN VUE DE DISQUALIFIER LE RAPPORT KADI
O DJIDJI

https://www.youtube.com/watch?v=C6_XI2QGrig&feature=youtu.be&a

Theme: LES OMMISSIONS PARLANTES DE FATOU BEN SOUDA

https://www.youtube.com/watch?v=dnXWbVCJVCU&feature=youtu.be&a

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 07:15

laurent gbagbo

 

Vers le 15 juin prochain, la chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) devra rendre sa décision finale concernant l’Audience de confirmation ou d’infirmation des Charges que le bureau du procureur de ladite Cour tente de faire peser sur le président Laurent Gbagbo.

Ainsi, plus de trois ans après son arrestation dans des conditions de violence exorbitantes du droit international le plus élémentaire, plus de trente mois après son transfert à La Haye, le président Laurent Gbagbo est maintenu en détention au motif principal que le Bureau du Procureur de la CPI peine de plus en plus visiblement à étayer la moindre culpabilité contre lui.

Déjà, en février 2013, l’Audience, qui s’était tenue sur près de huit jours, avait commencé à lever le voile sur la vacuité du dossier d’accusation qui avait conduit les juges de la Chambre Préliminaire I a ajourner leur décision en « offrant » à la Procureure l’occasion d’apporter des « preuves additionnelles et de conduire des enquêtes préliminaires », en un mot de revoir sa copie. Désormais, au terme de dix nouveaux longs mois de procédure, toutes les parties ont rendu leurs conclusions.

La lecture de la version publique expurgée du second corrigendum concernant les observations écrites de la défense sur la preuve du procureur révèle, au-delà de toutes les attentes, la faiblesse abyssale des prétendues charges pouvant peser sur le président.

Il revient maintenant aux trois juges de la Chambre Préliminaire I de se prononcer en leur âme et conscience. Il ne nous appartient pas de préjuger de leur décision mais, d’ores et déjà, nous devons nous préparer à une conclusion positive et à la relaxe du président Gbagbo.

En effet, depuis son élection en octobre 2000 jusqu’à aujourd’hui, avec des pics d’exacerbation récurrents, en particulier lors de la période qui a suivi le bombardement des forces françaises à Bouaké en novembre 2004 (qui n’est toujours pas élucidé) et tout au long de la crise « postélectorale » de 2010/2011 qui a engendré la situation actuelle, le président Gbagbo a été soumis à un extraordinaire déchaînement politico-médiatique qui restera dans l’Histoire comme l’un des pires du genre.

Ce storytelling, imaginé par les tenants d’un ordre ancien qui voudraient voir le monde tel qu’ils l’imaginent et non pas tel qu’il est, et décliné par des  spins doctors  enfermés dans leurs certitudes et leur précipitation à plaire à leurs mandants, a conduit à présenter un homme épris de justice et de dignité humaine, combattant acharné de l’instauration de la démocratie dans son pays, au prix de l’exil et de la prison, comme le pire dictateur arcbouté sur le pouvoir au mépris de toutes les règles !

Ainsi, en février 2007, lors d’un entretien avec un général ayant exercé des hautes responsabilités dans l’opération militaire française Licorne en Côte d’Ivoire, celui-ci m’avait déclaré textuellement : « Nous savons qu’en Côte d’Ivoire c’est Gbagbo qui a le soutien de la population mais ON lui a tellement savonné (sic) la planche à l’international qu’il aura du mal à la remonter ! » La manœuvre contre Gbagbo vient de loin…

Il existe un adage en Côte d’Ivoire qui s’énonce ainsi : « si tu es l’ennemi de Gbagbo et que tu veux le rester, ne le rencontre jamais ! »

L’acharnement politique et médiatique orchestré ces dernières années a « fabriqué » beaucoup d’ennemis au président Gbagbo, d’autant plus facilement que la profusion vertigineuse des canaux d’information évolue aujourd’hui en raison inverse du bon sens commun. 

Il y a quelques semaines, j’échangeais avec un sénateur socialiste, considéré comme plutôt connaisseur de l’Afrique, et, au détour d’une de ses interrogations, j’ai pu mesurer l’ampleur du mal causé à l’image de Laurent Gbagbo. En effet celui-ci, ayant convenu que le dossier de la CPI était « vide », m’interpella ainsi : « Si Gbagbo sort et, hypothèse d’école, revient aux affaires, saurez vous le conseiller pour qu’il gomme (sic) le coté dictatorial de son mandat précédent ? »

J’avoue être resté un instant sans voix. Qu’ un homme politique français que je crois sincère, qui plus est socialiste, soit persuadé que Laurent Gbagbo a une face « dictatoriale » m’a révélé la profondeur des dégâts commis  par ce pilonnage politico-médiatique et montré l’ampleur de la tâche à accomplir pour sortir de cette spirale vénéneuse.

Aujourd’hui, il est temps de mettre fin à cette fable indécente qui, si elle continuait à prospérer, pourrait être lourde de conséquences pour la Côte d’Ivoire, la sous-région et, au-delà, la France. Il est vraiment temps d‘aller à la rencontre du véritable Laurent Gbagbo et d’inscrire cette démarche dans une perspective de réconciliation et de renouveau pour le pays.

Les faits sont têtus 

Si le président Gbagbo a été arrêté le 11 avril 2011, c’est d’abord que, soucieux de respecter le droit de son pays, démarche qui est l’alpha et l’oméga de sa conscience politique et le guide unique de son action, il ne s’est pas dérobé après avoir été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle de novembre 2010 par le Conseil constitutionnel. Je ne refais pas ici l’Histoire mais les « faits sont têtus » et on ne peut pas comprendre la situation actuelle du pays sans faire référence à ces faits. Pendant toute la période dite de la « crise postélectorale », Laurent Gbagbo a voulu s’en tenir à la légitimité républicaine qui fonde la vie démocratique d’une nation digne de ce nom.

Ainsi, dans Côte d’Ivoire, pour une alternative démocratique (l’Harmattan, 1983), Laurent Gbagbo a écrit : « La démocratie c’est aussi un acte d’humilité. C’est la prise en compte de la relativité des intelligences individuelles et des doctrines. C’est le respect accordé à ses concitoyens. Etre démocrate, c’est reconnaître qu’on a ni le monopole de la vérité, ni le monopole de la sagesse, ni le monopole de l’amour de son pays. »

En avril 2011, Laurent Gbagbo s’est comporté comme un démocrate, prêt à  reconnaitre sa défaite si, au terme d’un processus simple et de bon sens, le recomptage des voix, il était acté qu’il avait perdu. Il l’avait d’ailleurs publiquement déclaré dans un message télévisé dès le début de la crise. La suite, on la connaît.

Le président Laurent Gbagbo l’a dit clairement dans son adresse à la CPI le dernier jour des audiences de février 2013 : l’Afrique a besoin de la démocratie d’abord pour elle-même et pas pour satisfaire une quelconque volonté des Européens ou des Américains. Et, pour implanter durablement la démocratie, il ne suffit pas de « faire des élections », il faut aussi, et surtout, respecter la loi.

Et c’est justement le combat de toute une vie du président Laurent Gbagbo. Docteur en histoire, il s’en est imprégné dans sa lutte quotidienne. Ainsi dans une des ses premières œuvres, Soundiata le Lion du Mandingue (éditions CEDA, 1979), il consacrait la légitimité du pouvoir contre l’usurpateur dans l’Empire du Mali ! Et cette pièce fut jouée la première fois en Côte d’Ivoire alors qu’il était en …prison, déjà, à Séguela, au nord du pays, en 1971 !

Dans les sociétés démocratiques, le peuple se donne une instance de jugement suprême qui tranche « en dernier ressort ». En Côte d’Ivoire, comme en France, cette instance se nomme le Conseil Constitutionnel.

Le 28 février 2013, devant la CPI, Laurent Gbagbo déclarait : « La démocratie c’est aussi (…) le respect des textes et, d’abord, de la plus grande des normes en droit,  la Constitution. Qui ne respecte pas la Constitution n’est pas démocrate (…) le salut, pour les Etats africains, c’est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent. »

Le 5 juillet 2013, François Hollande, comme en écho, déclarait à son tour : « Le Conseil Constitutionnel doit être respecté, pleinement respecté, entièrement respecté et personne ne peut suspecter, mettre en cause cette institution sans remettre en cause l’ensemble des institutions (…) le Conseil Constitutionnel est une institution de la République qui, par son indépendance, règle des questions qui sont de sa seule autorité ».

Après l’élection présidentielle de 2010, le Conseil Constitutionnel ivoirien a été stigmatisé comme un instrument aux mains de Laurent Gbagbo au motif que le président en aurait nommé tous les membres, alors qu’il n’avait jamais subi de critiques jusque là. C’était pourtant, à l’époque,  le même cas de figure en France, les neufs membres du Conseil Constitutionnel ayant été désignés par Nicolas Sarkozy et des Présidents de Chambres issus de sa famille politique. Et, quand ce Conseil valida la loi sur les retraites malgré les manifestations monstres de la gauche, personne n’alla contester sa décision.

Pour la Côte d’Ivoire, la « communauté internationale » n’a pas eu ce respect des institutions… Mais la diabolisation programmée de Laurent Gbagbo passait par là.

A cet égard il faut rappeler que Monsieur Ouattara, dès son « installation », a foulé, comme dans bien d’autres domaines, les règles élémentaires du Conseil Constitutionnel, en modifiant illégalement sa composition et en désignant un nouveau président, professeur de … droit constitutionnel, qui n’a rien trouvé à y redire !

Mais « les faits sont têtus » : Laurent Gbagbo est un démocrate qui n’a jamais renié son engagement politique et sa façon, exclusivement pacifique, de faire de la politique qu’il soit dans l’opposition, en prison, en exil ou au pouvoir.

Voila ce qu’il écrivait dans Agir pour les Libertés (L’Harmattan 1991) : « …il est urgent de proclamer toutes les libertés et de prendre les moyens de les rendre effectives : libertés d’expression, de réunion, d’association, de presse, libertés syndicales et religieuses, etc. la proclamation de ces libertés et leur mise en application effective permettent à chacun de se débarrasser de la peur au quotidien et de s’impliquer dans la construction nationale… »

A cette époque, la Côte d’Ivoire était dirigée par Félix Houphouët-Boigny, à l’hiver de sa vie, et son premier ministre s’appelait … Alassane Dramane Ouattara qui, le 18 février 1992, enverra Laurent Gbagbo, son épouse Simone et la majorité des cadres de son parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI), en prison, après avoir réprimé dans la violence une marche pour les libertés….

Laurent Gbagbo, une vision de l’Histoire

Laurent Gbagbo n’est pas né avec une cuillère d’argent dans la bouche. Fils d’un modeste fonctionnaire, il parviendra, après de brillantes études en Côte d’Ivoire, au doctorat d’histoire à la Sorbonne. Nourri de culture gréco-latine, il a fondé sa vision politique sur une connaissance exceptionnelle de l’Histoire. Ainsi, dans une de ses œuvres anciennes et méconnue, Réflexions sur la Conférence de Brazzaville (Editions Clé, 1978), Laurent Gbagbo analyse cette réunion convoquée en 1944 par le général De Gaulle pour préparer l’après-guerre et le renouveau d’une France exsangue en s’appuyant sur ses dernières possessions, essentiellement ses colonies africaines.

Dans un entretien avec l’hebdomadaire Ivoire-Dimanche (N° 452 du 7 octobre 1979), et répondant à une question demandant si les Africains « doivent intégrer la Conférence de Brazzaville dans leur propre histoire », il dit ceci :

« La Conférence de Brazzaville – comme toute la politique coloniale, qu'elle soit française, anglaise, portugaise –, fait partie intégrante de l’histoire africaine. C’est amputer l’histoire africaine d’une grande partie d’elle-même que de fermer les yeux sur cette histoire. Aujourd’hui, je me considère comme le produit de l’histoire traditionnelle africaine et de l’histoire coloniale. Je pense que c’est un grave danger que les Africains veuillent mettre très souvent entre parenthèses l’histoire coloniale sous prétexte que cela blesse telle ou telle partie en cause. L’histoire coloniale fait partie de l’histoire des pays colonisateurs et de notre propre histoire.

Même les institutions que nous avons, dans tous les pays d’Afrique, sans exception (forme de gouvernement, assemblées), sont héritées directement du système colonial. Donc, il nous faut réfléchir sur l’histoire coloniale pour que nous sachions exactement ce que nous devons en faire. Les Africains en général et surtout l’historien africain doivent se pencher sur l’histoire coloniale sans fausse honte. »

C’était il y a 35 ans. Dans cette réponse, toute la lucidité de Laurent Gbagbo transparaît. Il est déjà totalement engagé dans la lutte politique pour une Côte d’Ivoire démocratique, il a connu dès 1969 les arrestations arbitraires et il sait que l’avenir ne peut pas se bâtir sans s’approprier l’histoire, quelle qu’elle soit, et celle de son pays est indissociable de sa période coloniale.

Aussi, avoir voulu présenter Laurent Gbagbo comme un « anti-français », voulant « couper les ponts » avec le colonisateur, est un contresens, sinon un non-sens. Tout au long de sa présidence, malgré la position souvent équivoque des autorités françaises de l’époque et même aux pires heures de tension, Laurent Gbagbo a toujours gardé le secret espoir de voir la France assumer sa propre histoire afin de bâtir, enfin, une relation adulte avec son ancienne colonie. Dans la présentation de son programme électoral pour l’élection présidentielle de 2010, Bâtir la paix sur la démocratie et la prospérité, il écrit : « Je veux, avec le soutien de tous nos amis, y compris la France, doter la Côte d’Ivoire des moyens d’assurer la sécurité de ses frontières, et celle des personnes et des biens sur son territoire ». Nous sommes loin du portrait « diabolique » propagé ad nauseum par les médias pendant toute la crise.

La Côte d’Ivoire a besoin de Laurent Gbagbo

Aujourd’hui, ceux qui ont voulu abattre Laurent Gbagbo, homme de culture et pétri d’Histoire, voient leur sinistre dessein se déliter et, face à la dégradation dangereuse du tissu social en Côte d’Ivoire, le président représente désormais une des rares voix capables de prôner l’apaisement et qui se résume dans son fameux mot d’ordre : « Asseyons nous et discutons ! ».

Ce qui ne tue pas rend plus fort, disait Nietzche. Trois ans après son arrestation Laurent Gbagbo, déjouant tous les pronostics de ceux qui s’étaient attachés à l’effacer du paysage politique, est toujours debout et prêt à aller « jusqu’au bout » selon l’expression qu’il a formulé lors de sa première comparution à la CPI le 5 décembre 2011. 

C’est l’avenir de la Côte d’Ivoire, et de toute la sous-région, qui est en jeu. Les obstacles s’amoncellent sur le pays, de toutes natures et les dirigeants installés au son du canon ne peuvent plus longtemps occulter cette évidence : rien ne se réglera dans le pays sans la présence de Laurent Gbagbo au milieu des siens et associé au débat politique.

L’horizon politique, c’est octobre 2015 et l’élection présidentielle qui doit se tenir à cette date. Sa bonne organisation suppose un consensus national sur une Commission électorale rénovée et indépendante du pouvoir, une liste électorale indiscutable et un environnement sécuritaire garantissant la libre expression des Ivoiriens et des Ivoiriennes.

L’heure n’est plus aux anathèmes. Tous ceux qui connaissent le « vrai » Laurent Gbagbo savent que sa détermination est intacte et que toute son énergie est dédiée à l’intérêt de son pays. Il s’y est préparé de longue date, comme il le précise lui-même dans Côte d’Ivoire, pour une alternative démocratique (l’Harmattan, 1983), où, parlant de son engagement, il déclare : « Pour ma part, je ne me suis jamais dissimulé qu’un tel choix pouvait me conduire à perdre tous les avantages matériels liés à ma fonction ; qu’un tel choix pourrait me conduire à me séparer de ceux que j’aime ; qu’un tel choix pourrait me conduire à perdre la vie. Mais c’est précisément là la rançon de la liberté ».

Et, effectivement, il fut chassé de l’université, contraint à l’exil et a échappé à la mort en plusieurs occasions. Mais, je peux en témoigner, du fond de sa prison battue par les vents du Nord, loin de sa terre d’Afrique pour laquelle il a tout sacrifié, jamais il n’a renoncé, n’exprimant ni regret ni haine pour ceux qui lui ont fait subir cette épreuve.

La libération du président sera un acte majeur pour la réconciliation en Côte d’Ivoire, seule voie que doivent emprunter tous les protagonistes de la trop longue crise qui a meurtri le pays. Elle sera source d’apaisement et favorisera la stabilité sous-régionale dans une Afrique de l’Ouest où les incertitudes, sinon les dangers, vont se multiplier dans les mois à venir, en fonction des nombreuses et difficiles échéances électorales au Burkina, au Benin, au Togo, sans parler du Nigéria où l’élection présidentielle se profile sur fond de violence terroriste illustrée par la montée en puissance de Boko Haram.

Pour la France, c’est l’occasion historique d’en finir avec les miasmes de la Françafrique qui n’en finissent pas de disparaître, et d’effacer dans la mémoire collective des Africains l’effet dévastateur de l’intervention brutale de Nicolas Sarkozy qui, là comme en de si nombreuses circonstances, a défié les règles élémentaires du droit international. Les gouvernants français actuels n’ont aucune responsabilité dans cette dérive inimaginable qui a vu, pour un simple contentieux électoral, un chef d’Etat d’un pays né de la décolonisation, bombardé sur ordre du chef d’Etat du pays colonisateur, capturé et envoyé depuis plus de trois ans en prison sur la base d’un dossier qui se révèle sans fondement, au seul motif que ce dernier avait décidé d’installer au pouvoir un homme-lige. Ils ont ainsi l’opportunité de restaurer, dans le cœur des Africains, tout le prestige de la patrie des droits de l’homme que les récentes interventions militaires, bien que légitimes, ne parviendront pas, à elles seules, à réaliser.

Laurent Gbagbo à La Haye, c’est la démocratie qu’on assassine, et sa sortie de prison sera, d’abord, la réparation d’une injustice douloureuse et, ensuite, le premier pas d’une réconciliation nationale qui est le vœu d’une immense majorité d’Ivoiriens et d’Ivoiriennes.

Mandela, figure tutélaire de l’Afrique, au terme de son extraordinaire parcours carcéral, avait « sauvé » son pays d’une catastrophe annoncée en imposant une réconciliation improbable à ses concitoyens de toutes origines. Il nous a quittés mais son exemple est éternel.

La réconciliation en Côte d’Ivoire sera ainsi la perpétuation de son message : « … en fin de compte, la réconciliation est un processus spirituel qui requiert autre chose qu’un simple cadre légal. Il faut qu’elle ait lieu dans le cœur et dans l’esprit des individus ». 

PARIS, LE 7 MAI 2014

Bernard Houdin, Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo, représentant du Porte-parole du président pour l’Europe et l’Amérique

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 07:00
L'héroïne Zorha Driff interpelle la présidence algérienne

Ancienne combattante de la guerre de Libération nationale et sénatrice du tiers présidentiel, Mme Zohra Drif - ici en photo à gauche du Rais Nasser, avec l'autre grande héroïne Djamila Bouhired - n’a pas mis de gants pour dénoncer le projet d’amendement de la Constitution. Pour elle, « il n’apporte absolument rien ou presque » et, de ce fait, elle se demande « ce qu’aurait pensé » (de ce projet, ndlr) son ancien compagnon d’armes, Larbi Ben M’hidi, assassiné par les militaires français durant la guerre de Libération, laissant ainsi transparaître un profond désarroi.

Monsieur le directeur de cabinet de la présidence de la République

1. Je vous remercie de m’avoir comptée parmi les personnalités nationales que vous avez invitées aux consultations initiées à l’occasion de la prochaine (encore une !) révision constitutionnelle.

2. Cela m’honore et m’oblige bien évidemment, mais dans le même temps accable mes frêles épaules de vieille combattante de la glorieuse Zone autonome d’Alger dont, je dois l’avouer, je ne suis toujours pas revenue.

3. Etant parfaitement consciente et lucide sur le fait que je ne suis l’élue ni de Dieu ni des hommes, je sais que seuls l’immense révolution du 1er Novembre 1954 et la chance inouïe que j’ai eu d’y prendre part, mais surtout le redoutable privilège d’y avoir côtoyé les meilleurs d’entre nous d’alors et d’aujourd’hui font de moi une «personnalité nationale» que l’on consulte en 2014.

4. Vous comprendrez dès lors que je ne me sens tenue que par la fidélité et la loyauté à mon pays, aux idéaux de notre combat libérateur et à la République algérienne démocratique et populaire telle qu’il en a enfanté, ainsi qu’à ses concepteurs, ses initiateurs et ses martyrs que je porte en moi comme une dette que nulle génération n’arrivera jamais à honorer vis-à-vis de cette terre sacrée. Votre génération peut cependant tout faire pour, à défaut d’honorer la dette, ne jamais trahir ce pourquoi elle a été contractée.

5. En lisant et relisant les documents que vous avez eu l’amabilité de m’envoyer, je n’ai cessé de me demander ce qu’en aurait pensé le grand Larbi Ben M’hidi que j’ai eu la chance de côtoyer et sous la direction duquel j’ai eu l’immense privilège de travailler jusqu’à son lâche assassinat par l’ennemi français. C’est donc avec la sincérité de mon cœur et la fidélité à la rigueur morale hors du commun de Ben M’hidi ainsi qu’à son sacrifice que je me dois de vous dire la vérité : en dehors de quelques dispositions qui n’ont aucunement lieu d’être dans une Constitution (elles relèvent d’une simple loi), le document que vous m’avez fait parvenir n’apporte absolument rien ou presque.

6. Absolument rien, car outre le fait que les amendements ne constituent que l’énième trituration d’un texte qui devrait accéder à l’intouchabilité du sacré – ce qui confère à cette révision constitutionnelle le statut de énième sacrilège – les changements proposés ne font que rendre criardes des concentrations de pouvoirs présidentiels qui étaient déjà largement exorbitants. Quant à l’essentiel, rien ne change.

7. Ou presque, car il faut bien reconnaître que l’article 81 bis est plus qu’une nouveauté, c’est une monstruosité au sens anatomique du terme. Cet article représente non seulement une violation de toute une part de la Constitution dont il fera partie (comme une maladie auto-immune), mais il est surtout une négation de la volonté populaire en permettant le détournement illégal d’un mandat électif intuitu personae au suffrage universel.Il est vrai que, jusqu’ici, on nous avait habitués à faire adopter une Constitution pour très vite la violer ou la triturer au besoin. C’est bien la première fois qu’il est proposé au peuple algérien un article (le 81 bis) par lequel il abdiquerait sa volonté ou, pire, par lequel le mandat qu’il donne à un Président élu et responsable devant lui est détourné vers une personne non élue et non responsable devant lui. Mais alors, pourquoi élire un Président au suffrage universel ? Et pourquoi se doter d’une Constitution ?

8. C’est ainsi que j’en arrive à la question cruciale de savoir quelles sont les garanties pour qu’après 52 ans d’accession à l’indépendance, notre pays se dote enfin d’une Constitution qui ne sera pas violée par ceux-là mêmes qui seront chargés de la respecter. J’ai eu beau chercher dans vos documents ces fameuses garanties, mais force est de constater qu’il n’y en a nulle trace.

Cela m’amène à penser, hélas, que cette révision constitutionnelle, pas plus que la précédente, ne répondra aux problèmes politiques et institutionnels qui se posent à notre pays. C’est dommage et j’en suis la première meurtrie. C’est pourquoi je me permets d’adjoindre à cette modeste contribution cette autre, tout aussi modeste, que j’ai eu à remettre à l’occasion des consultations menées en juin 2011. En 2014 comme en 2011, je vous parle avec sincérité et honnêteté, mue par ce que je crois bon pour mon pays et seulement par cette conviction.

Alger, le 5 juin 2014

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 16:23
Death metal in Botswana / Overthrust at Metal4Africa Summerfest 2013

Overthrust

Metal4Africa

Summerfest

2013

Sélection

Pascal

"Pasto"

Pastore

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 16:11
Qu'est-ce qui distingue le PS de l'AFP ou de l'APR ? / Malick Noël Seck

Malick

Noël

Seck

FNSP

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 07:23
Sénégal / On ne change pas un PS qui perd si bien... Aissata Tall Sall parle

Ousmane

Tanor

Dieng

18 ans

pour rien

à la tête

du PS

Au lendemain du "putsch" interne au Parti socialiste qui a abouti à l’écarter de l’élection au poste de secrétaire général, elle a fait le choix de la discrétion jusqu’à l’issue du congrès socialiste. Alors que celui-ci vient de s’achever, Aissata Tall Sall revient sur les circonstances de son éviction.

Sans cesse reporté depuis 2011, le congrès du Parti socialiste sénégalais a fini par se tenir les 6 et 7 juin, avec comme point d’orgue la reconduction attendue d’Ousmane Tanor Dieng au poste de secrétaire général.

Une semaine plus tôt, l’élection interne qui l’opposait à sa camarade Aissata Tall, députée et maire de Podor, avait été interrompue dans des conditions opaques. Le 29 mai, invoquant un risque pour "l’unité du parti et la cohésion entre ses militants", le maire de Dakar, Khalifa Sall, en sa qualité de président du Comité national de pilotage et d’évaluation (CNPE) des opérations de renouvellement, avait en effet annoncé "l’arrêt de la compétition électorale" entre les deux postulants, écartant de facto la candidature d’Aissata Tall Sall et laissant la voie libre à la réélection de Tanor.

Depuis, des scénarios contradictoires circulent dans les rangs du PS. Tandis que l’entourage de Khalifa Sall affirme qu’Aissata Tall Sall aurait été consentante, voire demandeuse, anticipant une défaite cinglante face au secrétaire général sortant, "la lionne du Fouta" dément formellement avoir sollicité son retrait de la course électorale. À trois semaines d’élections locales importantes qui permettront de mesurer le poids respectif des partis de la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (BBY), le PS offre le visage de la division et de la confusion.

Jeune Afrique : Comment avez-vous appris l’interruption de la compétition électorale entre vous et Ousmane Tanor Dieng ?

Aissata Tall Sall : Jeudi 29 mai en début de soirée, un journaliste m’a contactée pour solliciter ma réaction à un communiqué de Khalifa Sall qu’il venait de recevoir, annonçant que l’élection se poursuivrait autour de la seule candidature d’Ousmane Tanor Dieng. Parmi mon équipe, certains préconisaient que je maintienne ma candidature. Mais puisque la décision venait du parti, nous avons décidé de nous y plier.

Le CNPE disposait-il de la prérogative de prendre une telle décision?

Il s’agit d’une instance politique mise en place par le bureau politique du parti. Que pouvais-je faire ? Je n’allais tout de même pas les assigner en justice !

Aviez-vous donné un accord préalable au retrait de votre candidature, comme l’a laissé entendre Khalifa Sall ? Certains affirment même que vous l’auriez sollicité ?

Je n’ai jamais sollicité ni cautionné le retrait de ma candidature. Je comptais aller au terme de l’élection. C’est Khalifa Sall qui est venu me voir pour me demander de me retirer, avant d’annoncer ensuite cette décision. C’est à lui de s’en expliquer.

Selon vous, la menace concernant la cohésion et l’unité du parti invoquée par Khalifa Sall était-elle bien réelle?

Là encore, c’est à lui de le dire. Peut-être y a-t-il eu, à la base, des incompréhensions sur ce processus électoral interne parmi nos camarades. C’est d’ailleurs pour cela que j’avais demandé que le vote soit précédé d’une véritable campagne, pour prendre le temps de la pédagogie. Dans certaines coordinations, mes représentants ont fait état de divergences qui s’exprimaient de manière assez rude. Est-ce que ces tensions étaient de nature à dégénérer ? Je ne saurais le dire.

Que répondez-vous à vos camarades qui prétendent que les premiers dépouillements vous plaçaient très loin derrière Ousmane Tanor Dieng et que vous auriez cherché une issue honorable à travers cette interruption de la compétition ?

Si vraiment l’élection avait tourné au camouflet pour moi, pourquoi interrompre le processus ? Nous sommes en politique, pourquoi voudriez-vous que les responsables socialistes m’aménagent une porte de sortie honorable ? Je ne me suis pas engagée à la légère dans cette élection et j’ai toujours dit que si je perdais, je féliciterais Ousmane Tanor Dieng. Je le répète : je n’ai rien demandé à personne.

Vous faites partie de ceux qui avaient estimé que la tenue de ce congrès à la veille des élections locales n’était pas opportune…

Le congrès est l’aboutissement d’un processus de renouvellement des instances du parti, depuis la base jusqu’au sommet. Il est vrai que chez nous, cela a pris du temps. Mais au nom de la transparence, j’ai estimé qu’il fallait prendre ce temps pour renouveler tous les échelons du parti avant d’en venir à l’élection du secrétaire général. Par ailleurs, je considérais que nous devions en priorité permettre à nos élus sortants, relativement nombreux, de se consacrer entièrement à leur réélection. Mais je n’ai pas été entendue. Subitement, la machine s’est emballée.

Deux ans après les législatives, quelle est la place du PS au sein de la coalition Benno Bokk Yakaar ?

Cette coalition avait été mise en place pour battre Abdoulaye Wade, ce que nous avons fait. Puis nous avons considéré que face aux défis qui se posaient au Sénégal, il convenait de travailler ensemble au redressement du pays. Pour autant, en tant que parti historique, je ne pense pas que l’avenir du PS puisse résider dans un assemblage de partis. BBY est une coalition de circonstance qui n’a jamais été une coalition de gouvernement. Par exemple, concernant l’acte 3 de la décentralisation, qui était une mesure du programme de Macky Sall, notre voix n’a pas été entendue. Si nous étions dans une coalition programmatique, cette question aurait débattue. C’est pourquoi je pense que chaque parti doit pouvoir retrouver son indépendance, sa liberté d’action et son identité propre.

Le PS présentera-t-il un candidat face à Macky Sall en 2017 ?

À mes yeux, c’est une nécessité, et un certain nombre de responsables socialistes sont de cet avis. Le principe d’un candidat de coalition n’est pas à exclure si les projets et les identités respectives sont compatibles.

Ousmane Tanor Dieng est à la tête du parti socialiste depuis 18 ans. Considériez-vous la durée de ce règne excessive lorsque vous avez présenté votre candidature ?

Il est souhaitable qu’il y ait une alternance la tête des partis, comme c’est le cas à la tête des États. Je me souviens que lorsque le PS était encore aux affaires, on nous reprochait de disposer d’une belle vitrine démocratique au Sénégal mais qui, en l’absence d’alternance, demeurait virtuelle. Une démocratie sans alternance est stérile. Certains envisagent même d’appliquer la limitation des mandats au sein des partis.

Lors des primaires de 2012, personne ne s’était présenté face à Ousmane Tanor Dieng. Cette année, vous avez été seule à briguer le poste de secrétaire général face à lui, avec l’issue que l’on sait. Faut-il en déduire qu’au PS, il est mal vu de défier le patron ?

Le fait de se présenter face au secrétaire général sortant doit devenir quelque chose de banal dans nos rangs. Je ne peux comprendre que lors d’une élection présidentielle il y ait une vingtaine de candidats et qu’à l’intérieur d’un parti, le fait de se présenter face au numéro un soit perçu comme une marque de défiance.

Propos recueillis à Dakar par Mehdi Ba

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