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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 10:38

Côte d’Ivoire : La condamnation de l’ancien ministre Assoa Adou jette le discrédit sur la justice et le pouvoir ivoiriens (PCF)

Assoa Adou, homme de paix et figure de la gauche ivoirienne, vient d'être condamné à quatre ans de prison à l'issue d'un procès politique.

Arrêté il y a deux ans et demi, en dehors de toute procédure légale, il a été détenu à Abidjan puis transféré au Camp pénal de Bouaké où il a été notamment victime de mauvais traitements. Du fait de conditions de détention épouvantables, l'état de santé de Assoa Adou, 72 ans, s'est considérablement dégradé.

C'est dans ce contexte et après des tergiversations sans fin qu’a eu lieu son procès pour « complot contre l'autorité de l’Etat ». Au cours des audiences, tous les témoins cités par l'accusation se sont dédits, et tous les chefs d'accusation se sont effondrés les uns après les autres.

La Cour d'Assise l'a finalement condamné sans preuves ni faits établis à 4 ans de prison pour « troubles à l'ordre public ».

Le jugement rendu n’a pas de fondement juridique en Côte d’Ivoire mais relève d’une décision politique.
Ces méthodes rappellent la sombre période des procès politiques en Côte d’Ivoire.

Le cas d'Assoa Adou est emblématique de centaines de détenus politiques qui croupissent sans jugement en prison.

A la veille de l'ouverture à Abidjan des 8e Jeux de la Francophonie ce vendredi 21 juillet, cette condamnation inique est un mauvais signal, un de plus, envoyé par les dirigeants ivoiriens.

Le Parti communiste français demande au gouvernement français et au président Macron de prendre publiquement position pour la libération des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire dont le climat politique, sous la férule d’Alassane Ouattara, se dégrade à vue d’oeil.

Parti communiste français,
Paris, le 21 juillet 2017

SOURCE

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 10:59
Simone Gbagbo scandaleusement emprisonnée
Simone Gbagbo

Réagissant aux multiples "gestes", rencontres, voyages et appels liés à la Réconciliation lancés par le Pan Guillaume Soro, qui prétend maintenant se rendre à La Haye pour aller demander pardon au dernier président ivoirien légalement et démocratiquement élu, Laurent Gbagbo, voici ce qu'a posté ce jour sur Facebook un des avocats de Simone Gbagbo

Bonjour à tous, juste vous informer que Madame Simone Gbagbo, l'épouse du Président Laurent Gbagbo "pour qui on veut payer le billet d'avion en première classe pour aller lui demander pardon à la Haye", et "où on a tenu à le faire mettre en prison en nous indiquant qu'il méritait d'y être", Simone Gbagbo là, est la prisonnière de ceux qui veulent aller demander pardon au loin là-bas hein, et je passe sous silence toutes les personnes connues ou anonymes en prison à cause de Gbagbo ou pour l'avoir soutenu ou travailler dans l'administration à son époque.

Donc de grâce, épargnez moi votre comédie sur le pardon virtuel.

Au passage, nous avons des milliers d'ivoiriens réfugiés hors de la Cote d'Ivoire, et dans des conditions de vie indigne et humiliante.

Le jeune Ange Rodrigue Dadje

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 11:32
Laurent Gbagbo et Me Altit son avocat devant la CPI
Laurent Gbagbo et Me Altit son avocat devant la CPI

 

Mercredi 19 juillet, les réseaux sociaux s'affolaient. Enième possibilité d'une libération du dernier président ivoirien démocratiquement élu et investi ? Presque. Plus compliqué que ça : la révision d'un des refus opposés à une légitime demande de libération conditionnelle... et donc, dans quelques semaines, mois ou années, on ne sait plus, la possibilité d'à nouveau demander une libération qui n'aura décidément plus rien d'anticipée, tant Laurent Gbagbo, bénéficiant de la présomption de culpabilité, aura passé déjà d'années en préventive... Le bon moment, selon notre Dictateur-adjoint, pour s'interroger, tout aussi légitimement sur la stratégie de défense connivente de l'avocat de Laurent Gbagbo, Me Altit.

J'ai compris, ok... vu que l'enjeu de la décision rendue hier (mercredi 19/07/2017) par la CPI n'était pas la libération de Gbagbo, mais la possibilité pour ceux qui auront à statuer sur cette libération de le faire avec l'ensemble des éléments à considérer (et donc de réelles chances de voir une démarche non biaisée aboutir), on peut conclure que c'est une victoire de la Défense.

Mais je suis comme Bololo, "l'ami des bons et des mauvais jours", celui qui vous remonte quand il fait gris et vous déprime quand le soleil brille... (Référence à un entretien avec Vincent Bolloré en 2007 ici-même, lors duquel il se vantait, ami des bons comme des mauvais jours, de continuer de payer ses employés en Côte d'Ivoire même quand le pays était paralysé).

Donc, c'est une victoire de la Défense Altit.

Questions. 

Quand, en tout légalisme, hein, sans jamais rien remuer, ni le ciel ni la terre, ni les médias ni les élites, sans jamais choquer, heurter, provoquer et déranger les discours médiatique et politique dominant, en respectant formellement bien tout, on aura fini de venir à bout des tours et astuces infâmes de cette Cour pour leaders africains, on sera quand ?
Les plus optimistes de mes camarades pronostiquent fin 2017-2018... bon score pour un innocent !!!

Quand l'ensemble du monde sera convaincu de l'innocence de Gbagbo SAUF la CPI, continuera-t-on de scolairement tenter de répondre à ses demandes foireuses, de corriger ses documents bidonnés (dès le premier jour), de s'y retrouver dans le kafkaïsme délibéré de ses procédures vouées à user l'homme ?

Altit va engranger, je le prédis, de plus en plus de petites victoires à l'intérieur de la grande défaite qu'est ce procès. Inutile de le féliciter, il est payé pour son travail par qui de droit.

Cette CPI, qui n'a de cesse depuis sa naissance de se discréditer, la trouverez-vous soudainement vertueuse et honnête parce qu'un beau matin, avec la même absence de motif qu'elle l'emprisonna, elle libérera Gbagbo ?

Y verrez-vous la main de Dieu, en regrettant qu'il ait mis du temps à s'y retrouver dans toute cette histoire ?

La "victoire" d'une connivente stratégie de défense ? Au bout de tant d'années à exclusivement subir et réagir, sans jamais dénoncer et ridiculiser en le quittant un procès qu'aucun violeur d'enfant blanc n'aura attendu si longtemps ?

Je dis depuis novembre 2011 qu'il faut refuser de prendre part à la plaisanterie raciste qu'est le procès Gbagbo devant la CPI. Facebook est mon témoin ! Il faut quitter ce box des accusés. Gbagbo est innocent, les coupables sont ceux qui l'accusent, ceux qui sont dans le box des innocents !

Le contraire de ce que dit la CPI n'est pas la vérité, tant celle-ci à peu à voir avec celle-là.

La CPI est une prison dont les procès sont des anecdotes produites pour divertir.

Aller devant la CPI, c'est entrer en prison. Le procès n'a que peu à voir avec la peine. Le procès améliore le quotidien du prisonnier, l'agrémente, le dramatise, c'est tout. Il n'instruit rien (comment le pourrait-il, vu le sérieux des enquêtes). N'enseigne rien. N'éduque ou ne fait progresser personne et aucune question.
Accepter d'y participer, en reconnaître les énoncés, c'est se condamner à en accepter d'avance les verdicts attendus, les tracas administratifs et la nullité des débats.

Depuis novembre 2011, quand je dis tout ça, on me répond, d'accord, mais pendant ce temps-là, Gbagbo va faire quoi ? rester dans sa cellule ? Ca va donner quoi ?

Au bout de six ans de scandale international étouffé, et au lendemain d'une belle victoire en trompe l'oeil de la Défense, suis-je fondé à vous demander à mon tour : alors, ça a donné quoi d'accepter tout ça sans protester, sans quitter le procès, sans rester dans sa cellule ? Ce procès a fait progresser qui et quoi ? La vérité ?

Quel regard portent sur ce condamné qui purge son procès après sa peine les pays, les opinions qui devraient logiquement oeuvrer à le faire libérer sans condition ? 
Bah, ils font comme lui, comme vous, comme moi : ils attendent la fin du procès...

Comment soutenir Gbagbo contre l'Injustice internationale s'il accepte de s'y soumettre, s'il contribue à son fonctionnement et s'il ne lui dénie pas le droit de le juger ?

Gbagbo n'est pas entre les mains d'honnêtes gens.

Attendre de ces gens qu'à l'usure, par caprice ou intérêt, ils fait-du-princisent un élargissement de Laurent Gbagbo n'est ni une stratégie de défense ni un projet politique.

La preuve : le FPI est cacochyme et ce procès bâclé qui devrait être bouclé depuis déjà plusieurs années bat son plein. N'y aurait-il un pas un (ou deux) problème(s) ?

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 23:49

 

Jean-Christophe Notin, auteur d’un livre de désinformation sur les relations entre la France et la Côte d’Ivoire

(Je republie cet article paru le 18/06/2014 alors que cet Jean-Christophe Notin fait le beau à On n’est pas couché sur France 2).

C’est un bouquin dangereux pour les générations futures, qui tente de réécrire l’Histoire récente et multiplie les absurdités grossières et les contre-vérités. Ce qui ne l’empêche pas de s’imposer en France comme un « livre de référence » dont on peuplera les bibliothèques et instituts spécialisés. Et pourtant !

A quoi cela sert-il donc de « faire de la publicité »à un ouvrage que l’on estime à la fois malhonnête, dangereux et souvent totalement à côté de la plaque ? Telle est la question que l’on peut se poser en s’engageant dans la lecture de cet article consacré au livre « Le crocodile et le scorpion » de Jean-Christophe Notin, sous-titré « La France et la Côte d’Ivoire (1999–2013) ». Pourquoi contribuer à rendre célèbre des écrits qui participent d’une entreprise de travestissement de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, dans le but de dédouaner une ancienne puissance coloniale pourtant grandement responsable du chaos qui y a régné pendant une longue décennie ?

D’abord et avant tout parce qu’il est impérieux de déconstruire les techniques manipulatoires de ce qu’il faut bien appeler une « littérature des services ». Comme nombre d’ouvrages précédents dans la même veine, « Le crocodile et le scorpion » se caractérise par une série d’erreurs grossières, qui trahissent la méconnaissance grossière du sujet par son auteur, qui croit pallier son ignorance en se servant de fiches et d’entretiens avec des « sources » exclusivement issues de la diplomatie, de l’armée et des agences de renseignement hexagonales. Sans surprise, il se livre à un révisionnisme honteux et maladroit de l’histoire récente, en remettant en cause des faits désormais établis sans grand risque, dans la mesure où un grand nombre de ses lecteurs, qui ne savent pas, vont le croire sur parole. Et qu’un petit nombre d’entre eux, qui savent, vont se demander à quoi bon faire de la publicité à un livre qui ne le mérite pas…

Et pourtant. A ne pas démasquer l’imposture du livre de Notin, on court le risque de le laisser prospérer comme « ouvrage de référence », comme le considère déjà l’émission « Le Dessous des Cartes » diffusée sur la chaîne de télévision franco-allemande Arte et largement ventilée dans les bibliothèques universitaires du monde entier.

Comment être « spécialiste » d’un pays qu’on ne connaît pas du tout

Accabler Gbagbo, encenser Ouattara, dédouaner la France et saupoudrer le tout « d’ivoirité ». La recette utilisée par Jean-Christophe Notin aux fins de planter le décor ivoirien n’est pas nouvelle. Mais à vouloir expliquer un contexte qu’il ne maîtrise pas, l’auteur se couvre de ridicule. Petit florilège non exhaustif.

- En page 19, Notin écrit que Ouattara a pris « un peu plus d’étoffe » en 1994 en créant le RDR. Or, c’est Djéni Kobina qui a créé le RDR en question, dont Ouattara n’a pris la tête qu’en 1999.

- En page 20, il essaie d’expliquer qu’Alassane Ouattara a été burkinabé sans vraiment l’être dans un développement confus et sacrément inexact. Pour les besoins de sa cause, il va jusqu’à dire que Ouattara doit « sa nationalité burkinabée » qui n’a tenu qu’à « des circonstances particulières » à… Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir en 1987. Alors qu’Alassane Ouattara a été enregistré comme étudiant burkinabé aux Etats-Unis dans les années 1960 et a été vice-gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) au titre du Burkina Faso dès 1983.

- En page 36, l’auteur écrit, sans sourciller, qu’un second tour a eu lieu lors de la présidentielle de 2000, ce qui est rigoureusement faux, et que c’est suite à ce second tour que Gbagbo a été élu. Or Gbagbo a été élu, en 2000, au premier tour face au général Guei.

- En page 37, il invoque un « entre deux tours » lors des élections législatives, ce qui est d’autant plus grotesque que les lois ivoiriennes prévoient que ce scrutin soit un scrutin à un tour.

- En page 38, il prétend que Simone Gbagbo a fait plus de prison que son mari, ce qui est flatteur mais faux.

Toujours à la page 38, il écrit que le couple Gbagbo était membre de l’église Foursquare, ce qui est faux (ils étaient membres de l’église Schékina Glory de Moïse Koré). Et que le fondateur de Forsquare, c’est… « Papa nouveau », qu’il confond manifestement avec Sévérin Kacou. A la page 211, — il confond le pasteur Moïse Koré et Koné Malachie.

- A la page 75, Christophe Notin apprend au lecteur médusé que Charles Blé Goudé est « souvent secondé » par Jeannette Koudou, la sœur de Laurent Gbagbo, qui a l’âge d’être sa mère… et qui n’appartient ni de près ni de loin au mouvement des Jeunes Patriotes.

- En page 123, il indique qu’en novembre 2004, Désiré Tagro était le directeur de cabinet de Gbagbo, alors qu’il était Conseiller spécial aux Affaires juridiques et porte-parole de la présidence.

- En page 236, il affirme doctement que Marcel Gossio, alors directeur du Port autonome d’Abidjan, était ministre de l’Economie dans le gouvernement Aké N’Gbo. En réalité, par méconnaissance des hommes et du contexte, il le confond avec Désiré Dallo, directeur du Port autonome de San Pedro devenu effectivement grand argentier dans le dernier exécutif de Gbagbo.

Un Français qui ne connaît pas le mode de scrutin lors des élections législatives américaines, qui se trompe sur les fonctions officielles des collaborateurs d’Obama, sur le nom de son pasteur, sur le parcours de son épouse et la genèse d’une des principales forces politiques en présence peut-il s’ériger en spécialiste des Etats-Unis ? Non. Mais quand il s’agit de l’Afrique francophone, toutes les impostures sont possibles. N’importe qui, actionné par les réseaux les plus glauques d’une diplomatie néocoloniale qui veut se faire passer pour une oie blanche et diffuser sa propagande, peut surgir et bénéficier, à Paris, d’une « respectabilité » refusée à des auteurs africains maîtrisant mieux leur sujet, où à des Français qui tentent de pousser leurs compatriotes à se poser les bonnes questions.

Une réécriture grotesque de l’histoire récente

Il faut croire que les livres d’auteurs comme Charles Onana, les documentaires engagés comme ceux de Sidiki Bakaba (« La victoire aux mains nues ») et Hanny Tchelley (« Un homme une vision ») ainsi que le patient travail journalistique exercé localement avec fort peu de moyens dérange la France officielle, qui n’a pas été habituée, au cours des crises africaines où elle est intervenue depuis les indépendances, à un tel répondant. Le Crocodile et le Scorpion (qui cite d’ailleurs Le Courrier d’Abidjan et Le Nouveau Courrier pour les diaboliser) est un livre de « riposte ». C’est un ouvrage qui tente, même s’il s’en défend mal, de réhabiliter une version officielle de l’Histoire dans laquelle la bonne France serait un crocodile qui aurait essayé de transporter le scorpion (la Côte d’Ivoire) d’une rive à l’autre du fleuve mais se serait vue piquer par son dard ingrat. La thèse épouse donc la matrice idéologique de la « négrologie », selon laquelle l’Afrique se suicide, prise de convulsions irrationnelles, en dépit de la bonne volonté de ses sauveurs mal récompensés. La France est gentille ; le Burkina Faso innocent ; Ouattara adorable ; Gbagbo méchant et manipulateur. On connaît la chanson ! Une chanson que l’interprète Notin ne parvient pas à mettre en musique. A vouloir raconter une histoire qui n’existe pas, il défend des mensonges que leurs auteurs initiaux ont déjà abandonné, dit une chose et son contraire, ment éhontément là où des images parlent d’elles-mêmes… Son échec à bâtir un mensonge solide est réjouissant : il nous indique qu’au match de l’Histoire, la grande, les révisionnistes à la petite semaine ont déjà perdu.

Une vieille version du 19 septembre 2002 que même les rebelles ne racontent plus

Dans son « livre de référence », Notin raconte, sans trembler, une version de l’attaque du 19 septembre 2002 — qui marque le début de la rébellion armée — que les rebelles eux-mêmes ont contredite, après l’avoir laissée prospérer quand ils en avaient besoin. « Dans la nuit, 750 « zinzins », l’ancienne garde rapprochée du général Gueï, qu’il avait recrutés dans sa région natale de l’ouest et qui ont été remerciés par Gbagbo le 18 septembre, ont attaqué la caserne d’Agban à Abidjan. Mais des troubles sont aussi signalés dans le nord et le centre où le succès est foudroyant puisque les grandes villes de Bouaké et Korhogo sont investies. Le flou entoure les responsables, mais Gbagbo, lui, ne s’embarrasse pas pour les ranger dans le même sac bushien des « forces du mal » », écrit-il. Avant d’ajouter que les rebelles que découvrent (?) les Français en arrivant à Bouaké n’ont « rien à voir avec les « zinzins » d’Abidjan ».C’est sur le site de Guillaume Soro himself que cette version des « deux mouvements » est totalement infirmée. « Dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 septembre 2002, ont été attaqués simultanément le camp militaire d’Akouédo, l’école et le camp de gendarmerie d’Agban, l’école de Police, le centre émetteur d’Abobo à Abidjan par des soldats ivoiriens rentrés d’un exil forcé. Les camps militaires de Korhogo, de Bouaké n’ont pas été épargnés. Les premiers crépitements des armes ont été entendus vers 23 heures 30 à Abidjan et les combats ont duré toute la nuit jusqu’au petit matin. Après d’âpres combats dans la ville d’Abidjan, les mutins se replient sur Bouaké et Korhogo », peut-on lire sous la signature de Hussein Kouamé, un rédacteur rémunéré par l’ancien chef rebelle. Soro lui-même a écrit dans son livre « Pourquoi je suis devenu un rebelle », paru en 2005 et qui figure pourtant dans la bibliographie revendiquée par Notin : « Notre plan d’attaque du 19 septembre 2002 a ciblé trois villes ivoiriennes : Korhogo au nord, Bouaké au centre et Abidjan, la capitale économique, au sud. Un chef militaire différent a été nommé pour chacune de ces trois villes. (…) Messemba Koné dirigeait l’attaque sur Korhogo. À Bouaké, le chef militaire était Diarrassouba Oumar dit Zaga-Zaga. Il est décédé accidentellement fin septembre. À Abidjan, le responsable militaire qui coordonnait les opérations s’appelait Ouattara Yssouf, dit Kobo. Voulant surprendre, nous avons décidé l’attaque simultanée des trois villes. Plusieurs jours avant ces attaques simultanées, nous nous sommes infiltrés dans chacune de ces localités. (…) Nous avons rapidement pris Bouaké et Korhogo. (…) Mais l’attaque d’Abidjan fut un échec, notamment par manque de munitions. Le coup a été tenté avec de faibles moyens. Nous comptions nous renforcer avec des armes stockées dans les casernes des FANCI que nous envisageons de prendre. Dans la capitale économique, ce plan n’a pas suffisamment fonctionné ». Manifestement, le plan de désinformation de Notin ne fonctionne pas mieux.

Prendre Abidjan avec quelques kalachs ?

Les spin doctors de l’armée et de la diplomatie française ont bâti une bonne partie de leur communication sur le conflit ivoirien autour du postulat selon lequel c’est la France qui, en s’interposant entre « Gbagbo » et les rebelles, lui ont sauvé la mise en 2002. C’est également ce que fait Notin en mettant en exergue les propos du commandant Luc Courcelle, du groupement de commandos parachutistes, qui a « infiltré » le MPCI dès la fin de l’évacuation des Français de Bouaké. Les rebelles pouvaient « atteindre Abidjan sans la moindre difficulté » s’ils le voulaient, explique-t-il en omettant de rappeler qu’ils n’ont pas pu prendre la capitale économique ivoirienne alors qu’ils bénéficiaient de l’effet de surprise. Par la suite, tout aussi soucieux d’innocenter le Burkina Faso de Blaise Compaoré, il invoque « la modicité de l’armement des rebelles : des kalachnikovs principalement, et deux missiles sol-air SA-7 en guise de matériel de pointe » qui écartent « résolument » la thèse du « soutien massif d’un pays étranger ». L’officier supérieur français, et l’auteur qui relaie ses propos, veulent-ils nous faire croire qu’avec des kalachs, quelques centaines d’hommes peuvent prendre et conserver une ville de plusieurs millions d’habitants sur le qui-vive et qui ne les attend pas les bras ouverts ? Certes, il s’agit de l’Afrique. Mais un peu de sérieux tout de même… De contradiction en contradiction, Notin finit par relayer les propos d’un colonel de la force Licorne, racontant l’état d’esprit des Français avant l’offensive loyaliste de novembre 2004. « La valeur militaire des Forces nouvelles était nulle (…) Elles allaient déguerpir avec le trésor qu’elles avaient amassé pendant deux ans ». Alors, super soldats ou super nullards ?

La thèse de l’innocence du Burkina et de Ouattara contredites par les rebelles eux-mêmes

« Que Compaoré soit lui-même l’instigateur de la crise, qu’il ait directement armé et financé les rebelles est impensable. Il affectait depuis quelques années de se présenter comme le vieux sage de l’Afrique de l’Ouest, ce n’était pas pour fomenter un coup d’Etat », écrit Christophe Notin. Il se trouve pourtant que les principales figures de la rébellion elle-même admettent le rôle central de Compaoré dans leur aventure guerrière. Une confidence directe de Guillaume Soro au quotidien Libération, édition du 25 juillet 2012, indique pourtant que le président burkinabé était au cœur de l’affaire dès le commencement. «C’est moi qui ai trouvé le nom de notre mouvement. J’avais songé au MRCI, Mouvement révolutionnaire de Côte-d’Ivoire. Mais Blaise Compaoré m’a dit que cela rebuterait l’opinion internationale», confiait ainsi l’ancien chef rebelle au journaliste Thomas Hofnung, également spécialiste des questions militaires. Ce dernier poursuivait son article en présentant Compaoré comme le « vrai parrain des rebelles qui ont préparé leur coup à Ouagadougou ». Dans des confidences filmées avant sa mort, et largement diffusées sur YouTube, Ibrahim Coulibaly dit « IB » dit avoir « monté le 19 septembre » et « préparé ses hommes pendant près de six mois » à partir du Burkina Faso grâce à l’aide de Blaise Compaoré.

Dans la confusion de ses propos, Notin va jusqu’à admettre que le Quai d’Orsay suit « largement le chef d’Etat ivoirien dans ses accusations à l’encontre du Burkina » et qu’au sein de l’état-major français, « une tendance » imputait « la responsabilité de la rébellion au Burkina Faso et plus particulièrement à son président que certains appelaient « le tueur malin » ». Ainsi donc, en dépit de sa présence multiforme en Afrique, l’armée française se trompait du tout au tout sur les détails « techniques » de la préparation de la rébellion en Côte d’Ivoire et il faudrait plutôt croire un auteur dont les propos sont démentis par tous….

 

Une version des faits renversante sur les événements de novembre 2004

Bien entendu, l’auteur de « Le Crocodile et le Scorpion » tente d’imposer la thèse selon laquelle Gbagbo (ou plutôt l’un des membres de son entourage) a bel et bien donné l’ordre de bombarder des soldats français lors de l’opération « César » ou « Dignité » dont l’objectif était de détruire les infrastructures militaires de la rébellion et de l’obliger à revenir avec modestie sur le terrain de la négociation. Pourtant, tout à ses contradictions, il donne des informations qui tendent à indiquer plutôt que la France avait prémédité une action pdur empêcher toute éventuelle reconquête militaire des loyalistes.

A la page 73 de son livre, il révèle ainsi que les Français, après la mise en place de la « ligne de non-franchissement » coupant le pays en deux, avaient annoncé les couleurs dès début 2003. « Le message est plusieurs fois répété par les Français : aucune intrusion, d’un côté comme de l’autre, ne sera tolérée. Que Gbagbo en particulier s’avise de faire usage de son aviation pour bombarder des civils, ses aéronefs seront détruits ». Bien entendu, la référence aux « civils » est purement rhétorique. C’est l’interdiction de reconquérir Bouaké, territoire ivoirien, par la force armée légitime, et la menace de destruction des Sukhoï et MI-24, qu’il faut retenir. A la page 124, il raconte une conversation entre Chirac et Gbagbo le 3 novembre 2004. « Ecoute Laurent, dit le président de la République, nous sommes très ennuyés à Paris. Si tu franchis la ligne par la force, il va y avoir des morts. Je dois te dire que nous, Français, nous avons un mandat de l’ONU qui nous obligera à t’empêcher de passer. C’est ça que tu veux ? Des blindés français contre des soldats ivoiriens ? (…) On va vous tirer dessus ! », menace-t-il très explicitement.

Finalement, les menaces françaises sont mises à exécution à cause de la témérité ivoirienne. Mais Notin explique, conformément à la version officielle française, que cela n’a eu lieu que parce que des soldats français ont été tués par l’aviation ivoirienne — en dépit du caractère rocambolesque de cette thèse. De manière assez surprenante, Notin écrit, page 131, que « la vérité est que Gbagbo a lancé son offensive avec la bénédiction tacite de Licorne qui, par diverses voies, lui a garanti sa passivité à condition qu’il fasse vite et qu’il n’attente ni aux Français ni à l’ONUCI ni aux civils ». A moins que Licorne ne soit pas assujettie au chef suprême des armées françaises, Jacques Chirac, il y a là une insurmontable contradiction… Masochiste, Notin donne le bâton pour se faire battre en se servant momentanément de son cerveau. « La véritable énigme de Bouaké reste donc irrésolue : comment les aviateurs, qui viennent de bombarder des Français, osent-ils revenir se poser à quelques dizaines de mètres d’une de leurs unités équipées de missiles Milan, dont ils connaissent parfaitement la présence ? D’autres argueront des réserves de carburant, mais une fois de plus, les aviateurs ne courent pas ; ils regagnent tranquillement leurs quartiers. (…) Voilà bien la preuve ultime, pour les critiques, de la culpabilité de la France : les pilotes ont un sentiment d’impunité parce qu’ils ont obéi à un ordre plus ou moins direct des Français », écrit-il, avant de rejeter cette thèse. Et de s’accrocher au témoignage anonyme de celui qu’il présente comme « un très proche conseiller de Gbagbo » qui lui a été rapporté par « un conseiller de Chirac » sans plus de précision. Selon ce témoignage anonyme de seconde main donc, Gbagbo aurait lancé, la veille des événements de Bouaké, à la cantonade, lors d’agapes « dignement arrosées » qu’il fallait « donner une leçon » aux Français. « Dans l’énivrement et l’émulation, que les durs de son entourage aient alors imaginé le satisfaire en faisant donner les Sukhoï n’est pas invraisemblable », écrit Notin. En réalité, ce qui est le plus vraisemblable est que Paris a mis à exécution des menaces plusieurs fois réitérées en « créant » dans la précipitation une « opportunité », une « justification » pour son intervention…

Théophile Kouamouo SOURCE

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 06:34

Je suis la preuve que l'impérialisme existe encore, L.Gbagbo

#ArticleLu 
#CPI #ProcèsDeLaHonte #MichelCollon22avril2017
Laurent Gbagbo, "Je suis la preuve que l'impérialisme existe encore"
Conférence du 22 avril à Paris 
Compte-rendu de Justine Okimi.
Lu par Grégory Protche
 
 
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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 05:03

 

L’histoire d’une falsification & la falsification de l'Histoire

 

Il y a 6 ans, Laurent Gbagbo était envoyé à la Haye par le pouvoir actuel de Côte d’Ivoire avec la complicité de la France. Charles Blé Goudé, son ministre de la jeunesse, l’a ensuite rejoint en mars 2014. Pourquoi l’ancien pays colonisateur s’est-il retrouvé au cœur d’une histoire qui ne le regardait, a priori, pas ? Quelle logique a poussé la France à vouloir déporter des dirigeants d’un pays si éloigné géographiquement ? Imagine-ton Laurent Gbagbo s’immiscer dans l’élection présidentielle française et sommer le vainqueur annoncé de se retirer ?

 

Le procès pour crimes contre l’humanité, entre autres chefs d’accusations, contre les deux hommes a débuté le 28 janvier 2016 si loin des terres d’Afrique, presque dans l’ombre comme pour cacher les raisons profondes d’une mise à l’écart nécessaire. A Paris, le 22 avril, une conférence intitulée « Gbagbo contre la Françafrique », menée sur la base d’une commission d’enquête, a mis à jour cette logique de descente aux enfers. Pendant plus de quatre heures, le conférencier Michel Collon, journaliste à Investig'Action et spécialiste des media mensonges, a détricoté avec seize témoins majeurs les mensonges inhérents à l’éviction d’un président dérangeant.

 

Il a mis en exergue l’incroyable communication qui a accompagné la mise sur orbite d’Alassane Dramane Ouattara, le poulain de la France, pays où la peur de voir Gbagbo changer le rapport de force a tétanisé les opérateurs économiques. Il n’y avait qu’une solution pour se débarrasser de l’intrus : pointer la dérive d’un pouvoir autocratique, dictatorial, capable de tuer ses enfants sur des bases ethniques notamment. Sans aucune preuve, jamais. Mais sur la foi de témoignages relayés à l’envi, souvent en off, par des diplomates via la presse internationale.

Le message inoculé dans les médias devait donner aux actions déstabilisatrices le poids de la légitimité. C’était le rôle d’acteurs clés de la Françafrique, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, Michelle Alliot Marie et leurs relais africains qui, dès l’élection de Laurent Gabgbo en 2000, ont tenté de casser le pouvoir né des urnes, de le salir pour ensuite le réduire au silence. L’opération s’est déroulée sans grande difficulté dans un silence assourdissant.

 

Michel Collon est ainsi revenu à la source et a mis en évidence les déviances des discours et des actes, le long cheminement vers les bombardements de la résidence présidentielle en avril 2010, ce clap de fin si longtemps attendu à Paris.

Collon a interrogé des acteurs de cette guerre de la France contre le régime Gbagbo qui ne dit pas son nom. Il a tenté de cerner les responsabilités, d’entrer dans les interstices de la propagande pour comprendre au mieux les raisons d’une telle mise en abîme de la Côte d’Ivoire. Certains étaient proches de Gbagbo comme son ancienne ministre de la santé Clothilde Ohouochi, d’autres, à première vue, très éloignés à l’image de Georges Peillon, le chef de presse de la force Licorne (nom des troupes françaises basées en Côte d'Ivoire). Son témoignage, édifiant, a révélé en creux le rôle de la France depuis l’arrivée de la rébellion en septembre 2002. Bernard Houdin, premier intervenant de l’après-midi, conseiller spécial de Laurent Gbagbo, est parti d’un constat simple basé sur les chiffres officiels donnés par l’ONU et la commission indépendante électorale aux mains de l’opposition politique ivoirienne : 600000 voix ont été ajoutées entre le lundi et le jeudi pour permettre un hold-up électoral en 2010 et assurer un succès facile.

 

Ensuite, tout s’est enchaîné très rapidement avec la demande express de Nicolas Sarkozy de laisser quelques jours à Gbagbo pour quitter le pouvoir. Le président français a d’abord mis en place un embargo, notamment sur les médicaments, fermé les banques liées à l’hexagone, comme le rappellent des intervenants, et, enfin, bombardé pour en terminer avec cet homme africain qui ose défier les autorités de l'ancienne colonie.

 

Les dépositions se sont accumulées pour expliquer le rôle de la France dans cette déstabilisation, comme celle de Clothilde Ohouochi qui a expliqué comment l’ambassadeur de France a tenté à plusieurs reprises d’empêcher la mise en place de l’assurance maladie universelle au début des années 2 000, cette sécurité sociale espérée depuis ses années de lutte dans l’opposition par Laurent Gbagbo. « Plusieurs fois, il est venu me voir pour me décourager de le faire car ça mettait en péril les sociétés françaises d'assurances sur place », explique celle qui est aujourd’hui contrainte à l’exil.

Gbagbo faisait peur à l’establishment français local convaincu que son leadership se traduirait par une remise en cause des avantages coloniaux.

 

Il était évidemment impossible de mettre en place un tel plan sur le long terme sans posséder l’information, outil essentiel de la propagande. C’est ainsi que Théophile Kouamouo a raconté comment le Monde, journal pour lequel il était le correspondant en Côte d’Ivoire, avait décidé de changer le sens de ses articles dès septembre 2002 quand la rébellion a tenté de prendre le pouvoir en coupant le pays en deux, un Nord aux mains de rebelles et un Sud tenu par le président élu. Ce jeune journaliste, qui rêvait de ce poste depuis sa sortie de la prestigieuse école de Lille, a dû démissionner pour ne pas voir sa plume trahie par des metteurs en scène parisiens dont Stephen Smith, son chef, alors considéré comme le spécialiste des affaires africaines en Europe. D’où provenaient ces informations déformées de Stephen Smith ?

 

Tel était le point de départ d’un long processus d’étouffement de la réalité, de la vérité. Il a fallu ensuite huit années et une élection pour sceller le sort d’un leader politique isolé à l’extérieur mais renforcé à l’intérieur. Georges Peillon dit lui-même que la force Licorne avait donné aux « politiques » des plans d’attaque des bases des rebelles. « En quelques jours, c’était réglé », dit-il en substance mais Michelle Alliot-Marie, la ministre de la Défense, a refusé de l’actionner. Pourquoi ? Peillon laisse l’auditoire se faire une idée mais il a préféré depuis démissionner de son poste…

 

Le point d’orgue aura été le bombardement de Bouaké en 2004 imputé à Laurent Gbagbo qui est aujourd’hui disculpé par les mêmes sources militaires. La lumière a jailli au fil de cette commission d’enquête qui a su rassembler d’éminentes personnalités allant de Ahoua Don Mello ancien ministre de Laurent Gbagbo, exilé politique au Ghana, à Guy Labertit, l’ami lors de l’exil de Gbagbo en France et adjoint au maire de Vitry, Bernard Genet, Bernard Houdin, Balou Bi, Professeur de l’Université d’Abidjan aujourd’hui exilé, Habiba Touré, avocat de Simone Gbagbo, Seed Zehe, avocat à la cour d'Auxerre, François Mattei, ancien journaliste à France-Soir, Albert Bourgi, professeur de droit international, Zokou Séri, avocat membre du conseil de défense à la CPI dans l'affaire Gbagbo/Blé Goudé contre le procureur, Mathilde Thépault professeur de français présidente de l'association Halte aux Génocides Mémoire et justice (HGMJ), Robert Charvin, professeur émérite de droit international.

 

Pour Bernard Genet, militant des droits de l'homme et de la souveraineté des Etats, le renversement découle de la vision politique de Laurent Gbagbo considéré comme un dangereux panafricaniste qui exigeait dès ses premiers écrits sur le traité de Brazzaville une vraie indépendance pour les anciennes colonies. « Je suis la preuve concrète que l’impérialisme, ça existe encore », a ainsi glissé Gbagbo à Guy Labertit lors de l’une de ses visites à la Haye.

 

Les moments les plus sombres de cette guerre contre la Côte d’Ivoire ont été abordés, comme ces exterminations commises par les rebelles, dénoncées par certaines associations des droits de l’homme comme Amnesty International et HGMJ entre autres mais qui ont pourtant été étouffées par les autorités françaises et ivoiriennes. Maître Seed Zehe et Mathilde Thépault sont ainsi sont intervenus pour parler de cet ouest ivoirien détruit, de ces massacres de la communauté Wé dont ils sont membres, sous le regard quasi complice de l’ONU. Mathilde Thépault a consigné méticuleusement les noms de ces victimes. Maître Habiba Touré a tonné : « Il y a les bonnes victimes et les mauvaises victimes. Personne (du pouvoir) n’a été poursuivi à la CPI alors que nous recensons 4000 victimes officielles. Le sentiment d’impunité est la norme en Côte d’Ivoire. Il y a des bourreaux qui ont égorgé des gens et ont utilisé les suppliques de leurs victimes comme sonneries de téléphone ! On se refuse de leur rendre justice… »

 

En une après-midi, Michel Collon a permis d’éclairer l’histoire douloureuse récente de la Côte d’Ivoire et la puissance destructrice des réseaux françafricains résolus à se débarrasser d’un gêneur. Et à l’envoyer devant la CPI, « cette justice politique d’exception » comme l’a résumé le professeur d’université Robert Charvin. Une CPI où se déroule un procès avec des témoins à charge qui à la surprise générale vont souvent à l’encontre des arguments d'un procureur parfois désemparé. Maître Séri Zokou, avocat de Charles Blé Goudé à la Haye, a même assuré : « Nous faisons le pari que nous n’aurons pas à présenter nos témoins ». Tant le dossier est vide. La commission d’enquête de Michel Collon a permis de comprendre les enjeux d’un nouvel épisode de la triste histoire de la Françafrique, une histoire si souvent falsifiée…

 

Texte : Justine Okimi

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 06:30

Mensonges hypnotiques sur le CFA Par Justin Katinan KONE .

En sciences médicinales, l’on appelle médicaments hypnotiques, les médicaments qui déclenchent le sommeil. Ils sont communément appelés somnifères. Ils sont prescrits généralement pour les patients très excités pour leur imposer un sommeil. C’est cette cure de sommeil forcé que le gouvernement français et ses relais tropicaux appliquent aux trois zones Franc de l’Afrique. Le franc CFA est entré en crise d’hystérie grave qui secouent mêmes les sommets de la zone. De plus en plus de Chefs d’État et de gouvernement des zones CFA manifestent, de façon publique, leur hostilité vis-à-vis de leur monnaie. Comme devant n’importe quelle grave crise hystérique, le médecin utilise les grands moyens, la France a recours aux « benzodiazépines économiques » pour calmer la crise de nerfs que traverse son monde financier et monétaire en Afrique. Les infirmiers commis à l’application de cette prescription française sont évidemment les deux enfants chéris de la liaison idyllique entre de Gaule et l’Afrique. Il s’agit du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Ils sont les plus amoureux du Franc CFA et ils le défendent avec une hargne passionnelle. Pour eux, tout est beau dans le meilleur du monde CFA même quand certains des leurs crient famine, notamment, dans la zone de l’Afrique Centrale (CEMAC) durement touchée par la chute, économiquement injustifiée, des cours du pétrole méchamment orchestrée par l’Administration OBAMA pour affaiblir la Russie de Poutine. Il est évident que tous les participants à la réunion biannuelle des Zones CFA tenue les 13 et 14 avril dernier à Abidjan ne présentaient pas la même mine. En effet, le 23 décembre, à Yaoundé, les pays de la zone CEMAC ont échappé de justesse à une dévaluation. En contrepartie, les États membres de cette zone se sont vus imposer une cure d’austérité sévère marquée notamment par le gel des avances statutaires de la BEAC à leur profit; pour, dit-on, ralentir la chute des réserves en devises afin de maintenir la parité entre le FCFA et l’Euro. Alors, quand le gouverneur de la BCEAO chante les éloges du CFA, ou que Michel Sapin affirme que « malgré le nom, le CFA est la monnaie des Africains » ou que le Chef de l’État ivoirien salut la stabilité du CFA, chacun d’eux joue sa partition dans la cure de sommeil forcé que l’on impose à des ventres très affamés. Non messieurs, arrêtons les prescriptions aux effets hypnotiques et osons toucher le mal à sa racine. Le CFA reste une excroissance de la monnaie européenne (I) qui tient prisonnière l’éclosion économique de plus de 200 millions d’Africains. Il faut en sortir, du moins couper son cordon avec la France (II).

I/ LE CFA : le FF puis l’Euro utilisés par des Africains
L’histoire du CFA et le fonctionnement actuel de cette monnaie consacrent la domination française sur cette monnaie.

A/ quelques repères historiques révélateurs
Lorsqu’en 1807 , l’Angleterre suit les traces du Danemark pour interdire la traite des Noirs d’Afrique, elle a déjà changé sa structure économique tout en gardant l’idéologie de base. Le monde découvre les premières machines capables de changer l’homme sur les divers chantiers. L’Angleterre est alors pionnière en la matière. Elle est, en quelque sorte, l’unique puissance industrielle. De façon subtile, les puissants réseaux de fabricants de ces nouvelle machines vont créer ou infiltrer les groupes de pression qui agitent, opportunément, l’étendard de la philanthropie pour justifier leur activisme abolitionniste. Pour imposer leurs nouvelles technologies au reste du monde, l’Angleterre engage toute sa puissance pour s’opposer à la poursuite de l’esclavage. Le 8 juillet 1815, à la convention de Viennes, l’Angleterre force la main à l’Europe et l’entraine dans l’abolition de l’esclavage en se donnant le droit de faire intervenir sa flotte maritime, en cas de besoin, pour arraisonner les bateaux suspectés de transporter des esclaves. En contrepartie, le gouvernement anglais s’engage à dédommager les entreprises esclavagistes du fait des pertes que l’abolition de l’esclavage leur causerait. C’est ainsi que, selon ses propres archives , la Bceao trouve ses origines dans l’indemnisation des colons esclavagistes. En effet, après la deuxième abolition de l’esclavage en 1848 (aboli une première fois le 4 février 1794 , l’esclavage est réinstauré par Napoléon Bonaparte le 20 mai 1802 ), « de nombreux propriétaires d’esclaves sont ruinés tant dans les Caraïbes que dans les possessions d’Afrique » . Le 30 avril 1849, l’État français prend une loi pour indemniser les colons ruinés, puis « le 21décembre 1853, le décret portant création de la Banque du Sénégal est signé par Louis Napoléon Bonaparte. Son capital fixé à 230 000 F est formé du prélèvement du 8ème opéré sur l’indemnité accordée aux colons par la suite de l’abolition de l’esclavage et des arrérages échus de l’inscription de rente représentative de ce prélèvement » . C’est cette banque du Sénégal qui va se muer plus tard en Bceao. En d’autres termes, la Bceao est née de l’argent de l’esclavage. C’est pourquoi il est difficile de faire admettre à la France que cette banque centrale n’est pas la sienne, parce que le capital initial de cette banque provient de l’indemnité que l’Angleterre a versée à la France pour compenser la perte de revenus subie par les esclavagistes français, laquelle perte a été induite par l’abolition de l’esclavage. Autant dire que l’Afrique noire n’a pas encore rompu tout lien avec le commerce honteux des esclaves dont elle fut victime. Il y a quand même quelque chose d’indécent pour notre continent de prétendre se bâtir avec des instruments économiques et financiers qui sont l’expression de la domination qu’il a subie.
En 1939, s’appuyant sur la Banque du Sénégal qui aura subi, entre-temps, plusieurs mutations structurelles et fonctionnelles, la France crée le FCFA. Mais c’est le 26 décembre 1945, en ratifiant les Accords de Breton Woods que la France fait sa première déclaration de parité entre le franc français et le franc des colonies. Celui-ci pivote autour de celui-là grâce à une parité fixe de 1FCFA pour 2 centime de FF. La monnaie étant une marchandise,la parité de 2 centimes pour un 1FCFA signifie tout simplement que pour acquérir 2 centimes de FF, il faut débourser 1FCFA (soit 50 CFA pour 1FF). La France, sortie exsangue de la deuxième guerre mondiale, entend tirer le maximum de ses colonies. La création d’une monnaie stable africaine autour du FF garantit une stabilité des échanges commerciaux qui se font, en ce temps-là, exclusivement dans l’intérêt de la métropole. La France va structurer sa monnaie africaine en s’inspirant de sa propre expérience douloureuse vécue sous l’occupation allemande. En effet, après la débâcle française de 1940, l’Allemagne prend le contrôle entier de la France aussi bien en termes d’institutions politiques que d’institutions financières. Les différents ateliers et les hauts fourneaux français travaillent pour alimenter exclusivement l’économie allemande. Le gouvernement de Vichy n’est que le bras avancé du 3ème Reich allemand en France. Le FF lui aussi n’est qu’une monnaie artificielle remodelée par l’Allemagne pour maintenir un « commerce » de dupe avec sa « nouvelle colonie française ». Le Franc CFA est donc imaginé comme le FF pendant l’occupation allemande. Il y a donc une articulation forte entre le gouvernement de Vichy (institution politique) et le FF sous l’occupation (Institution monétaire) pour une économie exclusivement au service de l’Allemagne. C’est le même schéma qui est observé en Afrique francophone. Le FCFA est le versant monétaire et financier de l’institution politique que constitue la Françafrique. L’un ne peut se concevoir sans l’autre. C’est pourquoi, dans son
fonctionnement, le FCFA reste sous l’étroit contrôle de la France.

B/ Un fonctionnement totalement contrôlé par la France
Toutes les adaptations et réadaptations du FCFA ont été toujours à l’initiative française. Il ne peut en être autrement puisque, dès ses origines, le FCFA est une variance du FF et il correspond à la structure des échanges commerciaux entre la France et ses colonies. Dans le système des échanges commerciaux entre métropole et colonie, la colonie produit exclusivement pour la métropole suivant les demandes qu’exprime cette dernière. C’est une sorte d’échanges commerciaux dans un même espace économique, puisque la colonie n’est qu’une excroissance de la métropole. A la limite, la France aurait pu conserver le FF comme monnaie unique dans ses colonies comme l’avait fait la Grande Bretagne avec la Livre. Mais la France voulait des produits moins chers dans ses colonies. Elle imagine donc un FF dégradé pour ses colonies. Le FCFA en usage dans les colonies est totalement géré par la Banque de France. EN 1958, tout en gardant sa structure intacte, le CFA passe de Franc des colonies françaises d’Afrique au Franc de la Communauté Financière d’Afrique. Mais le principe de base est le même : le CFA ne vit que par le FF. En 1960, le CFA forme avec l’armée française, le socle sur lequel repose toute la construction de ce que le Professeur Mamadou Koulibaly appelle le pacte colonial. Le dispositif est complété par le compte d’opérations. C’est ce compte qui assure la libre convertibilité CFA avec le FF. C’est ce compte, logé au Trésor de France, qui assure le dénouement des opérations financières et commerciales avec n’importe quel pays du monde. Lorsqu’un client d’une banque ivoirienne veut mener une opération en Chine, il donne l’ordre à sa banque de transférer à son fournisseur, ou à son créancier la somme correspondant à son engagement. Or, ce client n’a pas une position en dollars dans sa banque. Sa position dans sa banque est libellée en CFA qui n’est pas une devise convertible avec le Yuan chinois. La banque fait appel à la BCEAO pour lui demander de convertir le montant de l’engagement de son client en Yuan ou, à tout le moins, en dollars qui est devenue, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la monnaie universelle. C’est le rôle de toutes les banques centrales. Le problème avec la BCEAO, c’est que la moitié des devises issues des opérations commerciales des pays de la zone se trouve logée dans le compte d’opérations au Trésor Français. Les positions dans ce compte sont libellées uniquement en Euro. La BCEAO va donc adresser la demande du client de la banque ivoirienne à la Banque de France qui va couvrir l’opération en Euro qui, lui, a une contre-valeur en Yuan. En effet, aux termes des accords de coopérations monétaires signés en 1961, c’est le Trésor français qui assure la couverture en devises de toutes les opérations à l’extérieur de ses anciennes colonies. Pour ne pas sortir perdante dece contrat, la France oblige ses anciennes colonies à stocker dans son Trésor d’abord 65%, puis 50% de leurs avoirs en devises en France. Ce stock de devises, la France le surveille comme du lait au feu pour éviter qu’il tombe en dessous d’un seuil critique qui obligerait alors Marianne à payer à pertes pour le compte des Mariannettes d’Afrique. On dirait dans le langage ivoirien, « la France ne dure pas dans mauvais rêve ». En effet, si la France s’engage à perte, la conséquence est énorme pour elle et pour l’Euro. Elle déprécierait sa balance de paiement et, partant, sa position nette à la Banque Centrale d’Europe ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour l’Euro, la France étant la deuxième puissance économique de la zone Euro. Sauf omission de notre part, nous n’avons pas connaissance, qu’une seule fois, la position nette du compte d’opérations ait été débitrice. Quand cela risque d’arriver, la France actionne plusieurs mécanismes pour maintenir la situation en sa faveur. L’un de ces mécanismes est le réajustement du taux de parité connu sous le vocable de dévaluation. C’est ce qui s’est passé en janvier 1994. Depuis cette date, il faut 100 FCFA pour acheter 1FF (au lieu de 50 FCFA pour acquérir 1FF). En un seul jour, la France décida que FCFA doit perdre 100% de sa valeur. Quand la France adopte l’Euro comme monnaie, le CFA subit une autre dévaluation plus importante puisque, pour acquérir 1 unité de la nouvelle monnaie française ( 1 Euro), il faut débourser 657 FCFA. Le 23 décembre 2016, à Yaoundé, les pays de la zone CEMAC ont eu à faire un choix cornélien entre la peste et le choléra. La présence surprise de Christine Lagarde, à une réunion de la zone FCFA, offre la seule alternative, du reste très douloureuse, imposée aux pays de cette zone : un programme austère avec le FMI. En échappant à la dévaluation, les pays de la CEMAC se sont jeté pieds joints dans le piège du FMI. C’est le sort réservé aux pays africains aux économies unijambistes. Il suffit que la seule jambe de leur économie soit malade pour que ce soit le chaos. C’est pourquoi, le bras de fer engagé par le gouvernement ivoirien avec ses amis traders et chocolatiers en faisant de la rétention spéculative sur le cacao était perdu d’avance. Avec quoi la Côte d’Ivoire entend couvrir ses importations si elle bloque l’exportation de sa principale source de devises. Le gouvernement n’avait d’autre choix que de ramollir, au bout de compte, son bras quitte à perdre plus de 100 milliards de recettes fiscales. C’est le prix à payer pour éviter une dévaluation. Comme on dit en Côte d’Ivoire « yeux connait bagage qui est lourd ». Le CFA, c’est l’arme de contrôle qu’exerce la France sur l’économie de ses amis Africains. Le Président Sassou a osé ouvrir une passerelle de convertibilité de son CFA avec le Yuan chinois. Du coup, d’ami, il est en voie de devenir l’ennemi de la France. On ne peut pas être dans la zone CFA, avoir sur sa tête la BECEAO ou la BCEAC et se donner la liberté de choisir ses partenaires. La France est membre du conseil d’administration de ses deux banques centrales secondaires. Elle y détient une voix bloquante. Même si le gouverneur de la BCEAO se sent heureux d’être un gouverneur secondaire, il n’en demeure pas moins que les résultats économiques des pays de la zone CFA, après 60 ans de fraternité franco-africaine, donnent raison à ceux qui pensent que ce contrat de dupe doit prendre fin. Plus de 200 millions d’Africains s’interrogent sur le bien-fondé du FCFA.

 

II/ Le développement économique enserré.
 

Tout est justifiable et tout est défendable, mais seuls les résultats comptent. Les résultats économiques de la zone CFA sont révélateur s de la faiblesse des économies de cette zone. Comme quoi, la stabilité artificiellement entretenue d’une monnaie ne garantit pas le succès économique.

A/ Les faibles performances économiques de la zone CFA.
Le 20 mars dernier, le discours du Président Alpha Condé, fort de son titre de Président en exercice de l’UA, pendant les assises sur l’émergence en Afrique, est révélateur du malaise qui prévaut dans la zone CFA. En disant que les pays francophones sont les moins avancés que les autres sur le chemin d’une hypothétique émergence aux horizons incertains, il n’a fait qu’un constat que le minimum de bonne foi oblige à admettre. Sur les 10 meilleures économies africaines dans le classement publié en 2016, aucun pays de la zone CFA n’y figure. C’est un constat réel. Le Maroc sur lequel beaucoup assoient leurs ambitions d’émergence a quitté la zone Franc à son indépendance. Son Dirham lui permet de bien se comporter au point de se présenter en investisseur universel en Afrique. La fluctuation du Naira nigérian ou du Rand sud-africain n’empêchent pas ses pays à consolider leurs économies. Dans mon prochain livre, une étude comparative des économies de plusieurs pays africains montre la faiblesse des économies des pays francophones. Par exemple, malgré la fluctuation de son cedi, l’économie ghanéenne supplante celle de la Côte d’Ivoire depuis plus de 15 ans. Avec une production pétrolière sensiblement égale, l’économie d’Algérie se situe à des années lumières devant celle du Gabon et du Congo réunis. Ce sont les réalités tangibles non contestables. Les pays africains les plus avancés exercent un contrôle plus étroit sur leur infrastructure économique que les pays d’Afrique francophone dont l’infrastructure économique est entièrement sous la maitrise de l’extérieure. Ce sont les résultats de deux années de recherches sur les économies africaines. Au Ghana, le cedi se change dans n’importe quel bureau de change avec n’importe laquelle des monnaies. Cela est quasiment refusé en Côte d’Ivoire où les changes ne sont admis que dans les banques. La monnaie c’est plus de politique que d’économie. Malgré les complaintes américaines, les Chinois n’ont jamais daigné relever la valeur du Yuan par rapport au dollar. C’est une décision souveraine de l’État chinois. C’est de la politique. Il est difficile de conduire un véhicule dont une personne en contrôle le levier de vitesse, et une autre les freins. A supposer qu’après la prochaine élection française, le vainqueur décide de quitter l’Euro, notre CFA ne sera plus arrimé à l’Euro, mais à la nouvelle monnaie française. C’est quoi cet enfantillage?
Avoir une monnaie stable et forte dans une économie faible est suicidaire. Il faut arrêter avec la sous-traitance de nos instruments économiques.

 

B/ sortir la France de la zone CFA
Quelle gloire a-t-on à afficher au monde entier que nous sommes des majeurs incapables? C’est malheureusement l’image que nous offrons au monde. 15 pays d’Afrique sont incapables de gérer leur monnaie commune et ils en sont heureux. Comment pouvons-nous espérer opérer une intégration économique et monétaire en Afrique avec une devise dirigée de l’extérieur?
La stabilité du franc CFA est un miroir aux alouettes. Toutes les économies au monde connaissent des fluctuations et la monnaie apparait comme l’instrument de mesure de l’économie. Qui peut parier que depuis 1994, l’économie des pays de la zone CFA n’a pas connu de fluctuations positives ou négatives. Comment expliquer alors la stabilité de cette monnaie Plus de 20 ans? Qui peut raisonnablement soutenir que, dans un monde économique concurrentiel, une monnaie doit rester collée à une seule et unique devise?
Le problème n’est pas le CFA en tant que monnaie commune à 15 pays d’Afrique (quand on y ajoute les Comores). C’est même un grand atout qu’il ne faut pas liquider. Un espace monétaire de plus de 200 millions d’habitants est déjà une bonne rampe de propulsion économique. Ce qui pose problème, c’est le fait que cette monnaie soit entièrement contrôlée par une puissance étrangère, de surcroît ex puissance coloniale.Toutes les monnaies du monde sont convertibles du moment que le dollar continue d’être considéré comme monnaie pivot. Dès lors, le mystère d’une monnaie refuge tourne au charlatanisme économique. L’Afrique peut gérer sa monnaie. Le dire, ce n’est faire ni preuve de chauvinisme maladroit. C’est tout simplement faire de l’économie comme cela se fait ailleurs.
En maintenant la structure actuelle du CFA, nous maintenons la structure d’une économie de type coloniale puisque sa structure a été inventée pour supporter ce type d’économie, dans laquelle l’on est à la fois fournisseur et client d’un seul et unique partenaire. Nul ne peut raisonnablement prétendre à une multitude de partenaires économiques avec une monnaie entièrement contrôlée par un seul partenaire. Ou alors, faisons simple et adhérons à l’Euro. Alors plus besoin de CFA et utilisons l’Euro dans nos pays. C’est encore plus sensé que l’alchimie à laquelle l’on nous contraints. Une monnaie s’impose par la production économique qui la soutient. Il suffit de réorganiser les économies des pays de la zone CFA en les rendant diversifiées, le CFA s’imposera de lui-même comme devise forte sans le concours de la France. A supposer que le Ghana soit obligé d’acheter les bœufs du Burkina Faso, le Nigéria ceux du Tchad ou du Niger, que le Sénégal ou la Côte d’Ivoire produisent beaucoup de riz pour nourrir le Nigéria, et le Cameroun nourrisse la RDC, le CFA devient plus fort qu’il ne l’est avec l’exportation du caco ou du pétrole.
Tant que nous resterons dans la structure actuelle du FCFA, nous serons toujours tenus par le système économique et commercial hérité de la colonisation; puisqu’il faudra que les pays africains continuent d’exporter ce dont les occidentaux ont besoin pour pouvoir alimenter le compte d’opérations en devises pour éviter le chantage de la dévaluation.
Une monnaie ne fait pas une économie. C’est l’économie qui fait la monnaie. Arrêtons donc la mystification de la monnaie.Les îles Seychelles vivent avec leur Roupie et elles ne sont pas encore englouties par la furie de l’océan indien. Alors pourquoi le ciel tomberait sur la tête de 15 pays parce qu’ils auraient décidé de gérer eux-mêmes leur monnaie? Que le CFA cesse d’être le Franc de la colonisation française en Afrique pour devenir la conscience financière d’Afrique.

Justin Katinan KONE
Vice-Président du FPI
Ancien Ministre

#AFRIKANEWSGROUP

SOURCE

PS : sur la photo, le professeur et auteur spécialiste du Franc CFA, Nicolas Agbohou

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Published by Gri-Gri International Justin Koné Katinan - dans Economie Françafrique Politique Côte d'Ivoire - Élections 2010
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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 09:03

Initialement paru sur le blog de Christian d'Alayer sous le titre :

En Côte d'Ivoire, tout va se jouer entre Nordistes

 

Depuis la dernière élection présidentielle remportée par Ouattara mais avec un taux phénoménal d'abstention (les Nordistes, sûrs de gagner, ne se sont pas mobilisés tandis que l'électorat de Gbagbo et une grande partie de celui de Bédié ont boudé massivement les urnes), le pouvoir mis en place par les Français en Côte d'Ivoire ne peut plus tenir le pays.

Il faut en effet, surtout en Afrique, que les gens respectent le dit pouvoir à défaut de l'admirer. Or cet énorme taux d'abstention a marqué Ouattara au fer rouge du discrédit. L'administration n'a plus peur, elle sait que ce pouvoir est chancelant. On a vu ainsi des juges relaxer Simone, l'épouse de Gbagbo, mettant la CPI en porte à faux total. Et, depuis l'élection, l'armée se rebelle à tour de bras. Sitôt une rébellion éteinte, une autre se soulève. Jusqu'à aujourd'hui où l'on peut dire que les rebelles tiennent plus de pays que l'armée régulière, obligée de battre en retraite à Bouaké, seconde ville du pays. On y a vu de fait des soldats rebelles munis de lance-roquettes dernier cri contre lesquels les engins blindés des soldats fidèles ne peuvent rien.

Ouattara est en très mauvaise posture d'autant plus que son ami Sarkozy n'existe plus politiquement en France. Obama ne peut plus rien pour lui, la CIA ayant d'abord à tenter de survivre face à Trump avant de s'inquiéter de la "perle de l'Afrique". L'ONU a changé de secrétaire général et les Russes ne laisseront plus les Occidentaux intervenir en Côte d'Ivoire avec l'aval de la "communauté internationale". Enfin, le nouveau président français ne peut pas se permettre, alors qu'il n'a pas encore de majorité, de marquer son arrivée par une intervention militaire en Afrique de l'ouest (ce serait contre des radicaux islamistes, ce serait autre chose) : l'armée française s'est contentée de prendre position autour des possessions de Bolloré au port de San Pedro.

Les rebelles le savent, d'où leur détermination. Car, militairement, le ramassis de "guérilléros" qui constituaient les forces rebelles avant le débarquement de Gbagbo par la France, ne valait pas grand chose. Sans l'aide des Français et des forces de l'ONU, l'armée loyaliste ivoirienne aurait gagné la guerre civile : ce sont les hélicoptères français ainsi que les renseignements satellitaires qui ont inversé le cours de cette guerre, pas la détermination et la valeur guerrière des rebelles ! Il fallait d'ailleurs voir le "repli" des soldats de Ouattara à Bouaké pour comprendre que jamais cette armée ne sera capable de reprendre le pays aux rebelles. Avec lesquels il va falloir donc parler. Or ils viennent de signifier son renvoi à Ouattara : pas question de négocier !

Dans l'état actuel des forces politiques, c'est le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, qui est le mieux placé pour emporter la mise. Bien que le domicile de son chef de cabinet ait été mis à sac (pour y piquer un stock d'armes !) il reste un chef de guerre craint par les soldats. Donc respecté...

Et il fut le 1er ministre de Gbagbo qui ne s'entendit pas si mal que ça avec lui, de son propre aveu et bien que cette primature nordiste à lui imposée par Chirac (les accords de Marcoussis) l'ait obligé à composer avec des rebelles qu'il avait commencé à vaincre sur le terrain. Ce, tandis que les opposants, les "Forestiers" ou les Bantous, restent divisés. Certes, Bédié n'est plus suivi que par un quart au plus de ses électeurs, l'abstention l'a prouvé. Mais il existe toujours et appellera toujours à voter pour les Nordistes. Il ne peut faire autrement car, sinon, il n'existe plus.

Et les partisans de Gbagbo n'ont toujours pas de chef charismatique du niveau de leur leader naturel. Dans l'état actuel de l'opposition, on voit donc qu'elle n'est pas prête à reprendre le pouvoir. On comprend d'ailleurs pourquoi la CPI se ridiculise de plus en plus en gardant férocement un homme qui n'a rien d'un criminel de guerre ni d'un criminel contre l'humanité : les Français préfèrent tuer cette justice internationale qui ne réunit ni les Etats Unis, ni les Russes, plutôt que de perdre la Côte d'Ivoire en le relâchant (car, lui, gagnerait une élection présidentielle ivoirienne haut la main).

Voilà l'état des choses. Soro est rentré précipitamment à Abidjan car il a compris que c'était son heure. Tout réside maintenant dans sa capacité à faire partir ou non Ouattara. Avec l'aide évidente des rebelles ! "Ca aide", comme on peut le dire vulgairement... Si Ouattara démissionne, Soro sera son successeur à la fois institutionnel et légitime aux yeux des Nordistes. Si les Français interviennent quand même, alors ils se seront mis aussi les Nordistes à dos et le temps du pré carré sera compté. Gageons que, cette fois-ci, ils soutiendront Soro : eux aussi l'aideront !

Bref, Ouattara a probablement vécu sa dernière année de règne puisque il est le descendant d'un roi : un roi défait par la remontée des Ashantis, remontée stoppée seulement par la colonisation : déjà, les Européens aidaient des Sahéliens contre les Bantous...

Texte : Christian d'Alayer - 16 mai 2017

Dessin : Ezzat

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 19:00

Ye News

Côte d'Ivoire : comment la mutinerie plombe l'économie
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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 11:47

 

Familier de l'espace subsaharien, Samuel Maréchal a initié très tôt sa fille, Marion, députée FN du Vaucluse, aux mystères du continent noir.

Deux ruptures, un héritage, un legs. Directeur général du Front national de la jeunesse de 1992 à 1999, Samuel Maréchal quitte le parti à l'orée du millénaire puis divorce en 2007 de Yann, la deuxième fille de Jean-Marie Le Pen. Avant d'épouser Cécile, l'aînée des petites-filles de Félix Houphouët- Boigny, député et ministre de la IVe République puis patriarche de la Côte d'Ivoire indépendante.

Le tropisme africain du papa de Marion Maréchal-Le Pen remonte à l'enfance: un père pasteur pentecôtiste un temps établi au Tchad; une mère engagée dans son sillage sur le terrain caritatif; et une grand-mère fondatrice de deux des premiers orphelinats de la Haute-Volta, futur Burkina Faso...

Concepteur sous Laurent Gbagbo du site Web de la présidence ivoirienne, l'ex-gendre du "Menhir" dirige aujourd'hui Maréchal & Associés, un cabinet de conseil bancaire et d'intermédiation financière actif en Afrique francophone, en Asie et en Europe de l'Est.

L'étoile subsaharienne de Marion

Marion lui doit-elle son initiation aux charmes et aux pièges du continent noir? "C'est ma fille, répond-il. Elle a eu la chance de rencontrer à la maison des Africains de tous horizons." A l'en croire, Samuel Maréchal n'est d'ailleurs pas étranger au plaidoyer adressé en juin 2015 par la députée du Vaucluse à Laurent Fabius, alors patron du Quai d'Orsay, en faveur d'un retour à l'aide bilatérale et ce au profit exclusif de l'aire francophone.

Le sort, il est vrai, a voulu que la nièce de Marine voie le jour sous une étoile subsaharienne: terrassé en septembre 2014 par une tumeur au cerveau, son père biologique, Roger Auque, termina sa tumultueuse carrière - journaliste, agent de renseignement puis diplomate - comme ambassadeur de France à Asmara (Erythrée).

 

SOURCE (on ne voudrait pas que vous pensiez que "Les mystères du continent noir" c'est de nous)

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