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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 07:00
Le guignol #Bayrou défend la satire des Blancs mais censurait #Césaire et son Discours sur le colonialisme...

Alors que l’avenir des «Guignols de l’info» semble compromis, le président du Modem rappelle ce vendredi sur France 2 que «l’humour, la satire et l’irrévérence» sont indispensables au fonctionnement de toute démocratie et donc d’une «société comme la nôtre».
François Bayrou précise que toute société avec un pouvoir a besoin d’un contre-pouvoir et«le contre-pouvoir le plus efficace, celui qui amène les puissants à réfléchir, est la satire».

Il est délicieux d'entendre un ancien ministre de l'Education défendre l'humour, la satire et l'irrévérence qu'incarnent les Guignols de l'info depuis près de trente ans en France...

Surtout quand on sait que le même homme, alors qu'il incarnait l'Education nationale, fit retirer Discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire des programmes...

Bayrou défend la satire des Blancs, et censure la colère du Nègre ?

Voici en tout cas quelques extraits de ce qu'en disait en mars 2007 un des historiques abonnés du Gri-Gri International version papier, l'écrivain béninois Olympe Bhêly-Quenum.

" [...]Qui est Monsieur Bayrou dont je n’ai rien lu avant qu’il soit un candidat à la Présidentielle ? Dénonçant depuis des lustres l’ostracisme dont les moyens d’information de l’Hexagone frappent nombre d’écrivains négro-africains, j’ai découvert que Monsieur François Bayrou avait fait mieux ; voici la preuve empruntée à un opuscule :

« Il n’y a pas de tradition autocritique de l’intelligentsia française. Plus récemment, elle s’est acharnée sur Césaire et Fanon, les deux grands Antillais qui se sont sentis Africains. Quand enfin Discours sur le colonialisme de Césaire a été mis au programme des classes de terminale littéraire en 1994, le député Alain Griotteray a interpellé le ministre de l’Éducation nationale François Bayrou, s’étonnant « qu’une œuvre aussi résolument politique […] osant comparer nazisme et colonialisme soit inscrite au programme de français des terminales ». Du coup Césaire, qui devait rester deux ans au programme, en a disparu par un discret décret ministériel de Bayrou de fin juillet 1995. Réaction des intellectuels français : zéro. Seul un petit entrefilet du Canard enchaîné souligna cet événement culturel pourtant majeur. Les levées de boucliers sont réservées à la défense de la liberté d’expression d’un Houellebecq. »

O.B-Q.

http://www.obhelyquenum.com/

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 10:00
#Poésie / Urgentes turbulences, by Suzanne Dracius

Urgentes turbulences

Ô île mienne
Si feu que rien
Love presqu’île tienne
Si tant que bien
S’étend
S’y tend

Que longtemps tiennes
Et tant et tant
Pas comme antan
Esquif esquive en volcanisme

Vénus et Vulcain crachent et crochent
Vénus et Mars cravachent et triment
Prends bons coups de trique

Ogoun Ferraille somme mais consomme
En aporie
En apnée
En empathie an pati* !

Dure résolument sois parjure
Je t’en adjure
Que toujours dure
L’assentiment !

Foule
On se défoule
Folle quand t’affole
Frôle mais cajole
Crypte hypocrite
En sondes l’ombrage ombrageux
Patat lonbraj * perce
Puis dépèce
Tance somnolences
Exprès expresse
Ta turbulente turgescence

*An pati (créole) : Je suis parti(e).
*Patat lonbraj (créole) : le mont de Vénus ou pénil.

Suzanne Dracius, EXQUISE DÉRÉLICTION MÉTISSE, Prix de la Société des Poètes Français et Prix Fetkann.
Disponible en librairie et en ligne. Pour commander à l'éditeur (vendeur indépendant, pas « esclave » du géant, « politiquement correct »), cliquer ici :
http://www.amazon.fr/…/offer-lis…/291524720X/ref=dp_olp_new…
Envois en France, Outre-mer, Europe, Amérique du Nord (Québec, Canada - USA)
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Ed. De
snel - 11 €

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:03
La pyramide d'Abidjan brûle... à qui profite le feu ? / Mamadou Ben Soumahoro

24/06/2015.

Quand les périodes sont troublées ou sur le point de l’être, les pouvoirs despotiques attribuent toujours les méfaits, les exactions, l’insécurité, les accidents de la circulation, les inondations du troisième pont et de Marcory Résidentiel et même les morts naturelles, les épidémies et les épizooties à l’Opposition Politique. C’est ainsi que les sécurocrates d’Alassane Dramane Ouattara répandent chaque fois l’idée d’une opposition violente et irresponsable pour attirer sur leur régime la compassion et la pitié de la communauté internationale et bien entendu l’indexation et la condamnation de cette opposition. Il est tout de même curieux qu’au lendemain de la rencontre de la Coalition Nationale pour le Changement (CNC) par les autorités du pays, ce qui vaut reconnaissance de son existence officielle et respect de son calendrier d’activités, un immeuble important et emblématique de la ville d’Abidjan prenne feu comme un morceau d’amadou dans un laboratoire chimique improvisé de petits apprentis-sorciers. L’incendie de la pyramide ce matin en plein cœur du plateau est assez symptomatique de cet état d’esprit tordu et vicieux des conseillers spéciaux et spécieux d’Alassane Dramane Ouattara. Ce bâtiment-là date des années 60. Son financement a été assuré par le gouvernement de Félix Houphouët-Boigny à travers la SONAFI (Société Nationale de Financement) banque d’Etat dirigée à l’époque par un homme remarquable nommé Konan Camille qui officiait en même temps comme Maire de la ville d’Adiaké. Il s’est reconverti depuis dans le négoce du café et du cacao. La demande de prêt, la construction et la gestion de la pyramide étaient assurées par la SOCIPEC dont le directeur général désigné par le gouvernement était le neveu de Félix Houphouët-Boigny soi- même, Monsieur Dia Houphouët Boigny, par ailleurs beau cousin direct du banquier émérite de la SONAFI. L’Exploitation de l’immeuble a été un cuisant échec à cause de sa conception originelle. La pyramide n’était ni un immeuble de bureaux ni un bâtiment de logements ni un réceptif de boutiques commerciales classiques. La pyramide aurait pu être une excellente galerie d’exposition de tableaux et de sculptures. Mais à cette époque-là, la culture était notre dernier souci ! Résultat, cet immeuble étonnant conçu par l’architecte italien Dominique Desantis est resté vide pendant près de 30 ans. Il était fait de trois matières inattaquables : Le béton, le marbre et l’aluminium. Ces trois matières sont évidemment inattaquable par le feu d’où qu’il vienne. Pour la petite histoire, monsieur Dominique Desantis a été aussi l’Architecte du Palais des sports de Treichville et de la Résidence de Monsieur Laurent Dona-Fologo à l’époque Ministre des sports lui-même. Imaginez vous-même de quoi bruissait la ville d’Abidjan à cause de la possibilité de vases communiquants dans une telle entreprise. La pauvre pyramide délaissée par tous a fini par recevoir un temps, la direction des archives nationales et des journaux officiels au deuxième et au troisième sous-sol régulièrement innondés en saison sèche comme en saison de ‘’ troisième pont ‘’

Pour autant, le problème ne se situe pas dans l’établissement des responsabilités du sinistre. Incendie volontaire, involontaire ou même politique, aucune enquête de ce genre n’a jamais abouti dans ce pays de dozos et de rebelles. Ce qu’il faut retenir pour la pyramide, c’est que l’immeuble et le terrain sur lequel il est bâti appartiennent à l’Etat donc à Alassane Dramane Ouattara et à son épouse accessoirement propriétaire de la plus grande agence immobilière de Cote d’Ivoire. Pousser un peu la réflexion et vous comprendrez immédiatement que c’est le terrain en plein cœur du plateau qui intéresse la petite commerçante qui veut désormais jouer dans la cour des grands : Ollo Gabriel, Eubagnitchi, Georges Ouégnin, Adama Toungara et pourquoi pas Donald Trump… le rêve est permis. Cet incendie est une autre vaste escroquerie après les déguerpissements des quartiers précaires dont l’unique but est de récupérer les terrains pour bâtir au profit du couple diabolique des gratte-ciel pour leur prestige personnel et pour leur fortune illicite. Ce ne sont pas les affidés qui leurs manques pour ces basses œuvres.

On pourrait à ce stade se poser une question simple : Laurent Gbagbo a fait quoi, lui ?. La réponse est tout aussi simple : le woody de Mama qui est un intellectuel, avait décidé de transformer la pyramide en grande bibliothèque pour la ville d’Abidjan. Le projet est dans les cartons… A LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE.

MAMADOU BEN SOUMAHORO

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 21:40
L'ancien droitard et ultra pro-Israéliens Goasguen révèle que la France soutient Al Qaida

SOURCE

Invité ce mardi de l’émission Politique Matin sur LCP, le député du 16e arrondissement de Paris Claude Goasguen (Les Républicains) a assuré que « la France soutient Al-Qaida en Syrie ».

Face aux récriminations de son opposant en plateau, qui le traite de « fou » au passage avant de retirer le qualificatif quelques instants plus tard, le député socialiste d’Annonay (Ardèche) Olivier Dussopt, Claude Goasguen a détaillé son point de vue : « Le gouvernement ne défend pas les Français (…). La France soutient les rebelles syriens soi-disant démocrates contre M. Assad. Qui les a récupérés ? Al Nosra en Syrie. »

« Nous continuons à leur fournir des armes »

« Pas tous les rebelles », rétorque alors Olivier Dussopt.

« Nous continuons à leur fournir des armes. Il va falloir éclaircir tout ça. Nous sommes les alliés des Sunnites. L’Arabie Saoudite soutient Al Nosra », a poursuivi Claude Goasguen.

« Je vous répète que vous ne pouvez pas dire ça », rétorque encore une fois le député socialiste.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 21:30
#USA / POURQUOI EST-CE SI DUR DE PARLER AUX BLANCS DE RACISME ?

SOURCE

Par ROBIN DIANGELO

Robin DiAngelo est professeure associée à Westfield State University. Son dernier ouvrage (What Does It Mean To Be White?: Developing White Racial Literacy) est paru chez Peter Lang Publishing (2012)

Je suis Blanche. J’ai passé des années à étudier ce que cela signifie d’être BlancHE dans une société qui proclame l’insignifiance de la race, alors que celle-ci structure profondément la société. Voilà ce que j’ai appris : toute personne blanche vivant aux Etats-Unis va développer des opinions sur la race simplement en baignant dans notre culture. Mais les sources traditionnelles – écoles, manuels scolaires, médias – ne nous fournissent pas les multiples points de vue dont nous avons besoin. Oui, nous allons développer des opinions chargées d’émotion fortes, mais ce ne seront pas des opinions bien informées. Notre socialisation nous rend racialement analphabètes. Lorsque vous y ajoutez un manque d’humilité vis-à-vis de cet analphabétisme (parce que nous ne savons pas ce que nous ne savons pas), vous obtenez la fuite que nous voyons si souvent lorsqu’on essaie d’engager les BlancHEs dans des conversations significatives sur la race.

Les définitions courantes du dictionnaire réduisent le racisme à des préjugés raciaux individuels et aux actions intentionnelles qui en résultent. Les personnes qui commettent ces actes intentionnels sont réputées mauvaises, et celles qui ne les commettent pas sont bonnes. Si nous sommes contre le racisme tout en ignorant commettre des actes racistes, nous ne pouvons pas être racistes ; le racisme et le fait d’être une bonne personne, s’excluent mutuellement. Mais cette définition contribue peu à expliquer comment les hiérarchies raciales sont systématiquement reproduites.

Les sciences sociales comprennent le racisme comme un système multidimensionnel et hautement adaptatif – un système qui assure une répartition inégale des ressources entre les groupes raciaux. Parce que les BlancHEs ont bâti et dominent toutes les institutions importantes (souvent au détriment et sur le travail non rémunéré des autres groupes), leurs intérêts sont intégrés dans la fondation de la société états-unienne. Que des personnes blanches puissent être contre le racisme, elles n’en bénéficient pas moins de la répartition des ressources contrôlées par leur groupe.

Oui, une personne de couleur [person of color ] peut s’asseoir à la table du pouvoir, mais l’écrasante majorité des décideurs seront BlancHEs. Oui, les personnes blanches peuvent rencontrer des problèmes et faire face à des obstacles, mais le racisme systématique ne sera pas l’un d’eux. Cette distinction – entre les préjugés individuels et un système de pouvoir institutionnalisé racialement inégal – est fondamentale. On ne peut comprendre comment fonctionne le racisme aux États-Unis aujourd’hui si l’on ignore les relations de pouvoir entre groupes.

Ce contrôle systémique et institutionnel permet à celles et ceux d’entre nous qui sont BlancHEs en Amérique du Nord de vivre dans un environnement social qui nous protège et nous isole du stress causé par la race. Nous avons organisé la société afin de reproduire et de renforcer nos intérêts et perspectives raciaux. De plus, nous sommes le centre de toutes les questions considérées comme normales, universelles, bénignes, neutres et bonnes. Ainsi, nous nous déplaçons dans un monde entièrement racialisé avec une identité déracialisée (par exemple, les BlancHEs peuvent représenter l’ensemble de l’humanité, les personnes de couleur seulement leurs semblables). Les défis à cette identité deviennent très stressants et même intolérables. Voici des exemples du genre de défis qui déclenchent du stress racial aux BlancHEs :

  • Suggérer que le point de vue d’une personne blanche provient d’un cadre de référence racialisé (défi à l’objectivité);
  • Personnes de couleur qui parlent ouvertement de leurs propres perspectives raciales (défi aux tabous blancs à parler ouvertement de race);
  • Personnes de couleur qui choisissent de ne pas ménager les sentiments raciaux de personnes blanches à propos de la race (défi aux attentes raciales des BlancHEs et au besoin/droit au confort racial);
  • Personnes de couleur pas prêtes à raconter leurs histoires ou à répondre aux questions sur leurs expériences raciales (défi à la perspective que les personnes de couleur nous serviront);
  • UnE BlancHE ne consentant pas aux perspectives raciales d’unE autre BlancHE (défi à la solidarité blanche);
  • Être confrontéE à une réaction sur l’impact raciste de son propre comportement (défi à l’innocence raciale blanche);
  • Suggérer que l’appartenance au groupe est significative (défi à l’individualisme);
  • Recevoir une information sur le fait que l’accès est inégal entre les groupes raciaux (défi à la méritocratie);
  • Être confrontéE à une personne de couleur qui est dans une position de leadership (défi à l’autorité blanche);
  • Être confrontéE à des informations sur d’autres groupes raciaux, par exemple à travers des films dans lesquels les personnes de couleur mènent l’action mais ne sont pas dans des rôles stéréotypés ou dans l’éducation à la diversité (défi à la centralité blanche).

Dans les rares cas où nos sommes confrontéEs à ces défis, nous nous retirons, nous défendons, pleurons, argumentons, minimisons, ignorons, et par tous les moyens repoussons ces défis pour regagner notre position raciale et l’équilibre. J’appelle cette action précise consistant à repousser, la fragilité blanche.

Ce concept est issu de mon expérience en cours menée à travers des discussions sur la race, le racisme, le privilège blanc et la suprématie blanche avec des auditoires principalement blancs. Il est devenu clair au fil du temps que les personnes blanches ont des seuils de tolérance extrêmement faibles pour endurer tout inconfort vis-à-vis de ce qui défie nos visions du monde raciales. Nous pouvons gérer le premier round de défi en mettant fin à la discussion grâce à des platitudes – généralement quelque chose qui commence par « les gens ont juste besoin de », ou « la race n’a pas vraiment d’importance pour moi », ou « tout le monde est raciste ». Grattez plus loin que ce vernis, cependant, et nous nous écroulons littéralement.

SocialiséEs à travers un sens profondément intériorisé de supériorité et de droit, dont nous ne sommes pas conscientEs et que nous ne pouvons pas admettre, nous devenons très fragiles dans les conversations sur la race. Nous éprouvons tout défi à notre vision du monde raciale comme un défi à nos propres identités comme bonnes et morales. Cela conteste aussi notre sens de la place qui nous revient dans la hiérarchie. Ainsi, nous percevons toute tentative de nous connecter au système du racisme comme une injuste et très inquiétante offense morale.

Les motifs suivants font qu’il est difficile pour les personnes blanches de comprendre le racisme comme un système et ces motifs conduisent à la dynamique de la fragilité blanche. Bien qu’ils ne soient pas applicables à toute personne blanche, ils sont bien connus dans l’ensemble :

Ségrégation : la plupart des BlancHEs vivent, grandissent, jouent, apprennent, aiment, travaillent et meurent principalement dans une ségrégation raciale, à la fois sociale et géographique. Pourtant, notre société ne nous enseigne pas à voir cela comme un manque. Arrêtons-nous un moment et considérons l’ampleur de ce message : nous ne perdons rien en termes de valeur en n’ayant pas de relations inter-raciales. En fait, plus nos écoles et nos quartiers sont blancs, plus ils sont susceptibles d’être considérés comme « bons ». Le message implicite est qu’il n’y a pas de valeur inhérente à la présence ou aux perspectives des personnes de couleur. Ceci est un exemple des messages incessants de la supériorité blanche qui circulent tout autour de nous, façonnant nos identités et nos visions du monde.

Binarisme bon/mauvais : l’adaptation la plus efficace du racisme dans le temps est l’idée que le racisme consiste en des préjugés conscients tenus par des personnes moyennes. Si nous sommes conscientEs de ne pas avoir de pensées négatives sur les personnes de couleur, de ne pas raconter de blagues racistes, d’être des gens sympas, et même d’avoir des amiEs de couleur, alors nous ne pouvons pas être racistes. Ainsi, une personne est raciste ou ne l’est pas ; si une personne est raciste, cette personne est mauvaise ; si une personne n’est pas raciste, cette personne est bonne. Bien que le racisme se manifeste évidemment à travers des actes particuliers, ces actes font partie d’un système plus vaste auquel nous participons touTEs. L’accent mis sur les incidences individuelles empêche l’analyse qui est nécessaire pour contester ce système plus vaste. La binarité bon/mauvais est le malentendu fondamental qui conduit les BlancHEs à être sur la défensive dès qu’il s’agit de les connecter au racisme. Nous ne comprenons tout simplement pas comment la socialisation et les préjugés implicites fonctionnent.

Individualisme : les BlancHEs ont appris à se voir comme des individus, plutôt que comme partie d’un groupe racial. L’individualisme nous permet de nier que le racisme est structuré dans le tissu de la société. Cela efface notre histoire et cache la manière dont la richesse s’est accumulée au fil des générations et nous profite aujourd’hui, comme groupe. Cela nous permet également de prendre nos distances avec l’histoire et les actions de notre groupe. Ainsi, nous sommes très irritables lorsque nous sommes « accuséEs » de racisme, parce qu’en tant qu’individus, nous sommes « différentEs » des autres personnes blanches et attendons à être vuEs en tant que telLEs ; nous trouvons intolérable toute suggestion que notre comportement ou que nos perspectives soient typiques de notre groupe dans son ensemble.

Droit au confort racial : en position dominante, les BlancHEs sont presque toujours racialement à l’aise et ont donc développé des perspectives infaillibles pour le rester. Nous n’avons pas eu à construire de tolérance à l’inconfort racial et donc lorsque cet inconfort se présente, les BlancHEs répondent généralement comme si quelque chose était « mauvais », et blâment la personne ou l’événement qui a déclenché le malaise (habituellement une personne de couleur). Cette attitude provient d’un déploiement socialement construit de réponses envers la source présumée de l’inconfort, y compris : la pénalisation, les représailles, l’isolement et le refus de poursuivre l’engagement. Vu que le racisme est nécessairement inconfortable en ce qu’il est oppressif, l’insistance blanche sur le confort racial garantit que le racisme ne sera pas contesté, sauf de la plus superficielle des façons.

Arrogance raciale : la plupart des BlancHEs ont une compréhension très limitée du racisme parce que nous n’avons pas été forméEs à penser de façon complexe à ce sujet et parce que cela bénéficie à la domination blanche de ne pas le faire. Pourtant, nous n’avons aucun scrupule à remettre en question les connaissances de personnes qui ont pensé de façon complexe sur la race. Les BlancHEs se sentent généralement libres de rejeter ces perspectives bien informées plutôt que d’avoir l’humilité de reconnaître qu’ils ne sont pas familiers, doivent réfléchir davantage sur eux-mêmes, ou demander plus d’informations.

Appartenance raciale: les BlancHEs jouissent d’un sens très intériorisé et largement inconscient de l’appartenance raciale dans la société états-unienne. Dans pratiquement chaque situation ou image réputées précieuses dans la société dominante, les BlancHEs sont à leur place. L’interruption de l’appartenance raciale est rare et donc déstabilisante et effrayante pour les BlancHEs et généralement évitée.

Liberté psychique : parce que la race est construite comme inhérente aux personnes de couleur, les BlancHEs ne portent pas le fardeau social de la race. Nous nous déplaçons facilement à travers notre société, sans un sentiment de nous-mêmes comme racialiséEs. C’est aux personnes de couleur de penser à la race – c’est ce qui « leur » arrive – ils peuvent poser le problème sur la place publique si c’est un problème pour eux (même s’ils le font, nous pouvons le rejeter comme un problème personnel, l’éternelle carte raciale, ou la raison de leurs problèmes). Cela donne aux BlancHEs beaucoup plus d’énergie psychologique pour se consacrer à d’autres questions et nous empêche de développer l’endurance nécessaire pour maintenir l’attention sur une question aussi chargée et inconfortable que la race.

Messages constants à propos de notre supériorité : vivant dans un contexte dominant blanc, nous recevons des messages constants que nous sommes meilleurEs et plus importantEs que les personnes de couleur. Par exemple : notre centralité dans les manuels d’histoire, dans les représentations et perspectives historiques ; notre centralité dans les médias et la publicité ; nos enseignantEs, modèles, héros et héroïnes ; le discours quotidien sur les « bons » quartiers et les « bonnes » écoles et qui on y trouve ; les émissions de télévision populaires centrées autour de cercles d’amitié qui sont entièrement blancs ; l’iconographie religieuse qui représente Dieu, Adam et Eve, et d’autres figures clés comme blanches. Si l’on peut rejeter explicitement la notion que l’on est intrinsèquement meilleurE que l’autre, on ne peut pas éviter l’intériorisation du message de la supériorité blanche, car il est omniprésent dans la culture dominante.

Ces privilèges et la fragilité blanche qui en découle, nous empêchent d’écouter ou de comprendre les points de vue des personnes de couleur et de combler les fossés raciaux. L’antidote à la fragilité blanche nécessite constance tout au long de sa vie, et comprend un engagement soutenu, l’humilité et l’éducation. Nous pouvons commencer par :

  • Être disposéE à tolérer l’inconfort associé à une évaluation et une discussion honnêtes de notre supériorité intériorisée et de notre privilège racial.
  • Contester notre propre réalité raciale en nous reconnaissant nous-mêmes comme des êtres raciaux dotés d’une perspective particulière et limitée sur la race.
  • Tenter de comprendre les réalités raciales des personnes de couleur grâce à l’interaction authentique plutôt que par les médias ou les relations inégales.
  • Prendre des mesures pour aborder notre propre racisme, le racisme des autres BlancHEs, et le racisme intégré dans nos institutions – c’est-à-dire s’instruire et agir.

Faites cela quand la race et le racisme remettent en question nos identités comme étant celles de bonnes personnes blanches. C’est un processus continu et souvent douloureux de chercher à débusquer notre socialisation à ses racines mêmes. Cela nous demande de reconstruire cette identité par des moyens nouveaux et souvent inconfortables. Mais je peux témoigner du fait que c’est aussi le voyage le plus excitant, puissant, stimulant intellectuellement et émotionnellement enrichissant que j’aie pu entreprendre. Cela a touché tous les aspects de ma vie – personnelle et professionnelle.

J’ai une compréhension plus profonde et complexe de la manière dont la société fonctionne. Je peux affronter davantage le racisme dans ma vie quotidienne, et j’ai développé d’épanouissantes et précieuses amitiés inter-raciales, que je n’avais pas auparavant.

Je ne m’attends pas à ce que le racisme disparaisse de mon vivant, et je sais que je continue à avoir des modèles et des perspectives racistes problématiques. Pourtant, je suis également confiante dans le fait que je fais moins de mal aux personnes de couleur qu’avant. Cela n’est pas une progression mineure, quand on pense à son impact sur mon expérience vécue et celle des personnes de couleur qui interagissent avec moi. Si vous êtes BlancHE, je vous exhorte à faire le premier pas : lâchez vos certitudes raciales et tendez vers l’humilité.

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 13:44
Têtes coupées de combattants nationalistes exposées en public (Association des vétérans du Cameroun, Asvecam)
Têtes coupées de combattants nationalistes exposées en public (Association des vétérans du Cameroun, Asvecam)

"François Hollande se rend au Cameroun vendredi 3 juillet. La dernière visite d’un chef d’Etat français remonte à 1999 quand Jacques Chirac avait fait le déplacement à Yaoundé. Le Cameroun entretient une place à part dans l’histoire de la décolonisation de l’empire français. Le mouvement de l'UPC, l'Union des populations du Cameroun, a été réprimé par la France coloniale puis par le régime du président Ahidjo, soutenu par l’armée française. La guerre du Cameroun entre 1955 et 1971 a fait des dizaines de milliers de morts. La France n'a toujours pas reconnu ses responsabilités."

Ainsi parla RFI le 28/06 dernier.

Avant de proposer quelques extraits (dans lesquels nous-même avons extrait), par écrit d'un entretien audio accordé par Manuel Domergue, un des auteurs du formidable Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948 / 1971).

Pourquoi le Cameroun est-il une exception dans l’histoire de la décolonisation de l’empire français en Afrique ?

Manuel Domergue : Parce que cette décolonisation en Afrique subsaharienne a été violente. Elle a donné lieu à une guerre et par conséquent, c’est un peu l’opposé du mythe qu’on avance, en général, d’une décolonisation pacifique octroyée par la générosité du général de Gaulle.

C’est donc la France coloniale, dans un premier temps, qui va mener cette guerre pour anéantir la rébellion ? Tout à fait. En fait, la guerre commence à partir de l’interdiction de l’UPC, en 1955, et elle va se poursuivre après l’indépendance du Cameroun, jusqu’en 1971. C’est une guerre qui est menée par des militaires français. A partir de 1960, il y a une armée camerounaise puisque le Cameroun devient un pays officiellement indépendant mais, en sous-main, c’est l’armée française qui dirige les opérations, qui lève des milices camerounaises et qui organise l’armée camerounaise pour mieux réprimer, en silence et en secret, cette rébellion nationaliste qui demandait, au départ, l’indépendance. Une fois que l’indépendance a été octroyée – une indépendance un peu factice – ils ont demandé l’indépendance réelle et ont alors demandé à ce que ce soit vraiment des Camerounais désignés par le peuple qui dirigent leur pays. Or, cela n’a pas été le cas d’Amadou Ahidjo, désigné par la France.

Les méthodes utilisées par l’armée sont celles de la guerre révolutionnaire. Etait-ce une doctrine spécifique ? Oui, la doctrine de la guerre révolutionnaire, c’est une doctrine qui a été élaborée par des militaires français qui ont essayé de tirer les leçons de la défaite de la France, en Indochine, après Dien Bien Phu. L’idée, c’était qu’on ne peut pas mener, face à des populations civiles et à des partis politiques, dans un contexte de décolonisation, une guerre front contre front, armée contre armée. Par conséquent, c’est une guerre asymétrique dans le peuple et par le peuple. C’est aussi une guerre psychologique. L’important était de conquérir les cœurs et les esprits pour faire adhérer les populations au projet de la France qui était celui de garder le contrôle sur le Cameroun. C’était aussi une guerre, comme en Algérie, qui s’est menée contre des civils qu’on a regroupés dans des camps de regroupement de manière extrêmement autoritaire avec des conséquences sanitaires et humanitaires désastreuses. C’est aussi une guerre qui s’est menée pour le renseignement. Et donc la France, pour obtenir des renseignements, a torturé systématiquement des civils et des opposants politiques pour obtenir des renseignements et pour mieux annihiler l’opposition politique qu’ils avaient en face d’eux.

Pourquoi cet acharnement de la France à vouloir éradiquer l’UPC alors même que le Cameroun était devenu indépendant ? Parce que la France a accepté, in fine, des pays indépendants en Afrique - avec, comme vous le savez, la vague des décolonisations en 1960 - mais a voulu garder la main et le contrôle politique sur ces Etats officiellement indépendants. Le Cameroun était un pays stratégique, comme d’autres, et la peur était que si le Cameroun basculait dans le camp des opposants à la France - en tout cas des gens qui n’étaient pas obéissants à la France -, cela pourrait servir de modèle ailleurs comme au Togo, en Guinée ou encore en Côte d’Ivoire où il y avait aussi une contestation de l’ordre français néocolonial que certains ont appelé, ensuite, la Françafrique.

Plus de trente ans après la fin de la guerre, la France reconnaît-elle sa responsabilité dans ce qui s’est passé ? C’est cela qui est assez étonnant. La France nie toujours, envers et contre tout, sa responsabilité. Elle nie même le fait qu’il y a eu une guerre. François Fillon, alors Premier ministre en 2009, a été interrogé en conférence de presse sur ces événements et sa réponse était absolument incroyable. Il a dit : « Madame, ceci est une pure invention ! »

Imaginer que la France puisse nier jusqu’à l’existence de cette guerre en disant que « c’est une pure invention » me semble complètement incroyable, aujourd’hui ! Nous interpellons donc, en tant que journalistes et historiens, le président François Hollande - qui se rend au Cameroun - pour lui dire : « Vous n’avez pas d’autre choix que de reconnaître l’évidence même qui a été attestée par des générations d’historiens français, camerounais, américains, etc… par Achille Mbembé, Richard Josep… »

Notre livre a eu accès à quantité d’archives, notamment françaises, qui démontrent qu’il y a eu une guerre menée par la France au Cameroun. Ce n’est pas forcément nous qui le disons. Ce sont également les militaires français eux-mêmes, dans les archives secrètes, qui parlent d’une guerre et qui donnent des bilans ! La France devrait, au moins, le reconnaître et pourrait également aider financièrement des étudiants, des historiens camerounais, français ou d’ailleurs, à renseigner davantage cette guerre. La France devrait ouvrir ses archives à tout le monde. Il n’y a aucune raison de continuer à faire silence sur cet épisode.

Il y a-t-il des blocages aussi au Cameroun ? C’est un sujet tabou ? Oui, c’est un sujet tabou parce que les gens qui sont au pouvoir ou dans l’armée camerounaise, à la tête de l’Etat camerounais, sont directement issus de cette répression. Cinquante ans après, ils en sont encore les premiers bénéficiaires. Ce n’est donc pas d’eux que peut venir la vérité.

Il n’empêche que, quand même, nous avons interrogé le général Semengue qui était, à l’époque, le premier chef d’état-major camerounais et qui nous a avoué, face à la caméra - c’est disponible sur notre site - que oui, l’armée camerounaise coupait les têtes de ses opposants et exposait les têtes « pour faire de la pédagogie », comme il disait, auprès des villageois camerounais qui étaient tentés par l’opposition. Ce n’est pas contestable. C’est même admis par les gens qui ont mis en œuvre cette répression.

Pour écouter l'interview de Manuel Domergue ICI.

Le site du livre Kamerun.

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 14:49
#Révisionisme / Quand Fillon niait la guerre de la France au Cameroun

Ces Questions du Gri-Gri furent diffusées sur Tropiques FM en juin 2009 et mises en ligne dans la foulée sur Dailymotion.

Retrouvez d'autres Questions du Gri-Gri dans une Playlist.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 17:21
La RCA a-t-elle besoin du mélangeur d'urnes Hamadoun Touré ? / Mamadou Ben Soumahoro

Aussi loin que remontent mes souvenirs de citoyen du monde, il ne m'était jamais arrivé d’oser inscrire l’ONU parmi les organisations mafieuses. Même la boutade légendaire du général de Gaulle ne m’avait pas tout à fait convaincu que les Nations Unis étaient un ‘’Machin‘’, dont la diplomatie de la canonnière de la France d’aujourd’hui abuse sans vergogne. Un Machin qui tue Kadhafi par une simple résolution et qui tente d’en faire autant avec Laurent Gbagbo en Côte D’ivoire, sans compter à contrario la protection de Bachar El Assad en Syrie, qui laisse bombarder l’Afghanistan sans la moindre note écrite et anéantir l’Irak qui se demande ce qui lui arrive, un Machin qui se mêle grossièrement de politique intérieure, d’élections et d’investiture de ses amis à la tête des Etats dont-ils veulent piller les ressources avec la complicité de la France de Sarkozy, ne peut mériter mon respect de citoyen du monde.

J’avais définitivement et peut être naïvement inscrit les actes de l’ONU dans un cercle vertueux au point que je pouvais parfois joindre mes 10 doigts au passage de Monsieur Banki-moon sur un écran de télévision. Dans cette naïveté qui n’était pas feinte, je croyais vraiment que les fifres et les sous-fifres du palais de verre de Manhattan étaient des parangons de la rectitude morale et des modèles d’élégance achevée : Complet-veston impeccable de chez les Frères Brooks avec Gilet à Martingale serrée dans le dos, montre-gousset de chez Bulowa avec chaîne en or, qu’on ne consulte jamais que pour impressionner le citoyen lambda, chaussures à lacets de chez Weston et s’il le faut une canne à poignée ciselée. Que la canne soit émergente ou non n’a aucune importance, pourvu qu’elle impressionne et leur donne un air ‘’so british’’. Au-dedans comme au dehors, voilà comment je voyais et considérais le diplomate des Nations Unis. D’ailleurs que dit le philosophe ? "La forme c’est le fond qui remonte à la surface". Mais quand j’ai vu ce qui s’est passé et continue de ce passer en Côte d’Ivoire, je suis tombé de l’armoire : manœuvres sordides, résolution 1975 bâclée, implication directe et personnelle de Monsieur Choi dans un simple différent électoral parlant et agissant avec assurance au nom de Monsieur Ban Ki Moon soi-même, perturbant volontairement la distribution des urnes sur le territoire national pour permettre la fraude massive de Monsieur Ouattara au deuxième tour. It was a shame ! Sans compter que Monsieur Ban Ki Moon avait agi comme un commis voyageur du tandem diabolique Sarkozy-Ouattara. Le secrétaire général des Nations Unies, soi-même, s’est rendu à Accra au Ghana pour supplier le Président John Atta Mills de se rendre à l’investiture bidon de Alassane Dramane Ouattara. Il est impossible d’oublier que le même Ban Ki Moon a ordonné aux troupes Onusiennes d’Abidjan (ONUCI) de participer aux combats de la bataille d’Abidjan et a expressément mis son poids personnel dans la balance pour que GoodLuck Jonathan envoie des troupes du Nigeria aider Ouattara et Sarkozy. L’ONU et Ban Ki Moon avaient donc un homme à placer à la tête de la Côte D’Ivoire, peu importe le nombre de morts et d’exilés forcés et c’est justement ce qui m’interpelle aujourd’hui.

Je m’insurge ici et maintenant à cause d’un homme du système Ban Ki Moon qui a pour nom HAMADOUN TOURE. En Côte d’Ivoire il a été la pièce maîtresse, l’homme lige, le bras armé de Choi et Ban Ki Moon pour maîtriser ou mélanger les élections de 2010 en faveur de leur poulain Alassane Dramane Ouattara. Au deuxième tour Hamadoun Touré s’est surpassé : des urnes qui devaient aller à Anyama, 10 kms d’Abidjan, se sont retrouvées à Boundiali, 900 kms, d’autres qui devaient être livrées par l’ONUCI à Bouakés se sont retrouvées à Aboisso, 500 kms de distance entre les deux et ainsi de suite.

Hamadoun Touré a tant et si bien fait qu’il s’est fait prendre la main dans le sac avec preuves à l’appui par Laurent Gbagbo lui-même. Une réunion se tient alors avec Monsieur Choi, Hamadoun Toure et l’Ambassadeur Alcide Djédjé, qui confond l’escroc électoral et son patron sur le sujet. Gbagbo exige son départ immédiat. Choi se met à genoux et supplie le Chef de l’Etat de le laisser aller jusqu’au bout de son contrat soit seulement 3 mois. Laurent Gbagbo qui est un grand sentimental cède devant ce tableau pitoyable.

Après son sale boulot en Côte d’Ivoire, Hamadoun Touré se précipite dans la transition Malienne façon Dioncounda Traoré où il est nommé Ministre de la Communication sans doute sur la pression de la France et de Ban Ki Moon. Mais il a dû être vite découvert là-bas et viré sans ménagement. Celui à qui il ne restait plus que 3 mois de contrat en Côte d’Ivoire d’après Choi se retrouve aujourd’hui au même poste en République Centre Africaine dont les élections doivent se dérouler dans quelques semaines. De là à penser que Banki-moon a un candidat caché à imposer à la tête du pays de Barthélémy Boganda et du diamant, il n’y a qu’un pas que je vais me permettre de franchir. Tant pis si je me trompe.

Centrafricains mes frères et sœurs, attention ! Ce Hamadoun Touré est très dangereux

MAMADOU BEN SOUMAHORO

LE 25/06/2015 Accra - Ghana

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 10:21
 22 mai 2015 : "T'as vu ta gueule de sauvage, t'es même pas baisable, espèce de black de merde" (un directeur de théâtre à Eva Doumbia)

Ça s’est passé le samedi 22 mai 2015, mais ça aurait pu être n’importe quel autre jour : un homme de théâtre, de gauche, insulte une metteure en scène avec des propos misogynes et racistes d’une grande violence. Le monde de la culture continue à être le théâtre de manifestations quotidiennes de mépris misogynes racistes, et ce malgré une image de progrès et d’ouverture. Nous publions ce manifeste pour marquer un moment où, nous, artistes, chercheurs, intellectuels, citoyens, posons la question : la culture est-elle un espace qui accepte ces pratiques ou au contraire ouvre l’espace du débat citoyen sur les discriminations et la misogynie raciste ? Les signataires vivent en France hexagonale, en Angleterre, en Italie, aux États-Unis, aux Antilles, à Tahiti et à La Réunion.

HALTE À LA MISOGYNIE RACISTE !

Chaque jour en France, une misogynie renforcée de racisme s’exprime. Son but est de blesser et de nuire, d’offenser et de porter atteinte au plus intime. Il y a les « Sale noiraude », « T’es une Black moche, même pas baisable », et « T’as quoi sous ton voile ? », mais aussi de manière plus perverse, plus perfide, les « Vous êtes sûres que vous savez faire ça ? », « Vous avez vraiment les compétences ? ». Soyons claires : nous ne parlons pas ici des racistes que les médias aiment épingler, ceux de l’extrême-droite. Nous parlons ici de femmes et d’hommes qui signent des pétitions humanitaires et dénoncent le racisme, qui ont défilé le 11 janvier, qui clament haut et fort leur amour de l’Afrique et des Africains, qui organisent débats et colloques sur « L’Autre », qui citent Voltaire, Lévinas, ou Ricoeur, mais qui sont convaincus, profondément convaincus, qu’ils savent mieux ce qui est bon pour « nous ».

Nous parlons ici plus précisément du monde de la culture, des directeurs de théâtre, des metteurs en scène, des professionnels des musées... tout ce monde qui véhicule l’idée d’une culture française fixe et atemporelle et regarde avec ignorance assumée, indifférence ou mépris, ce que nous proposons, ce que nous créons, ce que nous imaginons. Soyons claires : nous savons que cette caste saura au moment donné nous jeter quelques miettes, offrir à l’une une direction, à l’autre un poste de responsabilité. Nous ne nous faisons pas d’illusions. Depuis toujours, la domination culturelle d'un groupe ou d'une classe s’exerce aussi par l’adoption par les dominés de la vision du monde des dominants. Ces derniers acceptent alors comme « allant de soi » ce qui les opprime et divise. Que l’on ne nous dise pas que nous sommes trop « sensibles ». Ce sont elles/eux qui sont sensibles au fait que les privilèges dont elles/ils ont joui — sans jamais avoir à remettre en question les fondements même de ces privilèges (les siècles de colonialisme esclavagiste et post-esclavagiste, la Françafrique...) — sont de nouveau remis en question mais cette fois-ci sur ce qu’ils conçoivent comme « leur » sol, dans « leur » pays.

Le 22 mai dernier, un homme, directeur de théâtre a lancé à une metteure en scène, et dramaturge : "T'as vu ta gueule de sauvage, t'es même pas baisable, espèce de black de merde". Cela fait suite à « la guenon », aux menaces de viol, aux insultes sur les réseaux sociaux, aux exclusions non dites (ou dites). « Sauvage », « pas baisable », « black de merde », « guenon » : le refoulé colonial revient avec force. Ce discours a un vocabulaire, il est colonial et une grammaire, la métaphore animale. Nous prenons le parti de réagir collectivement face à cette attaque faite à une femme noire dont le positionnement contre les formes persistantes d’un racisme sournois dans ces milieux dérange profondément, à l’instar d’autres femmes non-blanches, universitaires, journalistes, artistes, écrivaines.

Si nous parlons en tant que femmes, c’est parce que nous savons que misogynie et négrophobie ont une longue histoire intime. Mais nous refusons l’injonction à nous séparer de nos pères, frères, amants, qui sont chaque jour victimes d’attaques racistes et qui meurent sous les coups alors que leurs assassins restent impunis. Notre féminisme ne se réduit pas à une demande d’égalité, il s’attaque à un ensemble d’oppressions. Nous observons que la postcolonialité française traverse une crise que nous avons en partie provoquée dans le but d’accomplir une décolonisation de la « République », si nous voulons que cette dernière retrouve son sens premier, la « chose commune ».

Nous allons continuer à distiller des idées progressistes, à travailler aux marges et dans les interstices, envahir le langage courant, imposer nos thèmes et nos concepts dans le débat universitaire et public. "Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l'accomplir ou la trahir", a écrit Frantz Fanon. Dans la relative opacité des temps que nous vivons, nous faisons nôtres ces phrases de la poétesse Audre Lorde : « Chaque femme possède un arsenal de colères bien rempli et potentiellement utile contre ces oppressions, personnelles et institutionnelles, qui ont elles-mêmes déclenché cette colère. Dirigée avec précision, la colère peut devenir une puissante source d’énergie au service du progrès et du changement. Et quand je parle de changement, je ne parle pas d’un simple changement de point de vue, ni d’un 3 soulagement temporaire, ni de la capacité à sourire ou à se sentir bien. Je parle d’un remaniement fondamental et radical de ces implicites qui sous-tendent nos vies ». Nous allons continuer à signer des pétitions, protester, écrire, assigner en justice, et à agir collectivement. Nous ne nous laisserons pas faire. Nous accueillerons celles et ceux qui sont solidaires de notre démarche.

Françoise VERGÈS et Gerty DAMBURY

12 juin 2015.

Pour rejoindre les signataires, écrire à Gerty Dambury à l’adresse gertydambury@gmail.com

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 10:40
Suite aux attentats, Déby-de-boisson interdit la burqa au Tchad

Le Tchad a décidé mercredi (17/06/2015) d'interdire le port de la burqa et du turban pour des raisons de sécurité après le double attentat-suicide qui a fait 33 morts lundi à N'Djamena. Et c'est l'impayable mais très achetable Jeune Afrique qui le révèle.

Deux jours après les attentes-suicides à N’Djamena, qui ont fait 33 morts et une centaine de blessés, le Tchad a décidé de prendre plusieurs mesures pour renforcer sa sécurité. « Le port de la burqa doit cesser immédiatement à compter de ce jour, non seulement dans les lieux publics et les écoles mais sur toute l’étendue du territoire », a annoncé mercredi 17 juin le chef du gouvernement tchadien, Kalzeube Pahimi Deubet, lors d’une adresse aux leaders des différentes communautés religieuses à la veille du début du ramadan.

« Le port de la burqa, ou tout autre système de port de turban où on ne voit que les yeux, ce camouflage est désormais interdit », a ajouté le Premier ministre, demandant aux chefs religieux de relayer le message dans leurs « prêches », « lieux de cultes » et « mosquées ».

Instructions fermes

Le Premier ministre tchadien a précisé que « des instructions ont été données aux services de sécurité d’entrer dans les marchés et de ramasser toutes les burqas qui y sont vendues et de les brûler ». Il a prévenu que « tous ceux qui refusent d’obtempérer et qui se hasarderaient à braver la mesure en portant la burqa doivent être arrêtés, jugés en référé et condamnés ».

Cette décision intervient après le comité de crise formé mardi soir au retour du président tchadien Idriss Deby Itno d’Afrique du Sud où il avait participé au 25e sommet de l’Union africaine. « Des instructions fermes ont été données au gouvernement et aux services de sécurité (…) Des mesures supplémentaires (de sécurité) ont été prises par le chef de l’État », a expliqué Kalzeube Pahimi Deubet.

SOURCE

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