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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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  • : Né au Gabon en 2001, le Gri-Gri International, sur papier, sur le web ou en livres, a pour fonction d'empêcher de dormir les rois nègres, les ministres excessivement coopérants, les experts véreux, les vedettes en bois, les journalistes stipendiés, les marabouts escrocs...
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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 08:54
#BonnicheDuMoment / Christiane Taubira à Abidjan (#ToutPourLaContacterEtProtester)

From le compte Facebook de la camarade Christine Tibala.

Réagissons au soutien actif de Christiane Taubira, Garde des Sceaux Ministre de la Justice actuellement en Côte d'Ivoire pour soutenir son "ami" Alassane Dramane Ouattara, ADO Solutions comme elle l'appelle affectueusement, avec qui elle entretient des liens forts comme en atteste son tweet ci-dessous scanné ainsi que le communiqué de presse du site de la présidence illégitime et liberticide d'ADO (http://www.presidence.ci/actualite/1147/) que la France a installé le 11 avril 2011 et continue de soutenir en dépit des crimes largement documentés dont la liste ne cesse de s'allonger (http://contrepoids-infos.blogspot.fr/…/memorandum-en-images… ; http://contrepoids-infos.blogspot.fr/…/nouvelle-vague-darre… ; http://contrepoids-infos.blogspot.fr/…/les-prisons-sous-oua…).
Vous pouvez donc réagir à ses tweets de soutien à OUATTARA (https://twitter.com/ChTaubira/status/608634077785300993) ou encore envoyer des mails de protestation sur la page internet prévue à cet effet :http://www.justice.gouv.fr/…/questions-au-garde-des-sceaux-….
Le numéro de téléphone du porte-parole communiqué par Célestine Anticolonialisme et relayé par Stanley Koudou Prager fonctionne et une personne répond, mais elle dit ne pouvoir communiquer qu'avec les journalistes. Elle a cependant avoué que depuis ce matin, les appels d'Ivoiriens vont bon train et m'a invitée à saisir les services du Ministère par mail.
Dans l'article du site de la présidence susmentionnée, Christiane Taubira serait allée jusqu'à transmettre à OUATTARA ‘’un message d’amitié, de solidarité et de confiance’’ du Président de la République française, S.E.M. François HOLLANDE." CQFD !

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 10:38
Dommage que tu ne sois pas plus noire, Yasmine Modestine (#GoDuMoment #LivreDuMoment)

La comédienne Yasmine Modestine publie un récit édifiant sur sa condition de comédienne métisse. Et déplore l'absence de diversité sur les écrans et dans les formations.

En mars, la publication d’une fausse annonce de casting suscitait l’émoi : «Recherche, pour le personnage de Mamadou, un homme de 25­30, agressif, comique, sachant danser et faire des blagues de type Afrique centrale­ Afrique du Sud, surtout un noir (cf. Omar Sy, avoir habité en cité est un plus).» Elle émanait, en réalité, de deux comédiens, écrite comme un acte de «révolte contre la récurrence des clichés ethniques, dégradants»

En 2008, Yasmine Modestine, comédienne de théâtre et de cinéma, notamment vue dans la série d’Eric Judor, Platane, avait saisi la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) pour un cas de racisme dans une société de doublage et publiait à ce sujet une tribune retentissante à Rue89.

Elle publie aujourd’hui Quel dommage que tu ne sois pas plus noire, récit édifiant sur la condition de comédienne métisse, l’absence de diversité sur les écrans et dans les formations, qui témoigne d’une ségrégation endémique dans le cinéma français où le César remis à Omar Sy en 2012 serait l’arbre qui cache la forêt.

Née dans le Loiret d’un père martiniquais et d’une mère blanche, diplômée du Conservatoire, elle y raconte un parcours du combattant, cantonnée à des seconds rôles d’infirmières ou de femmes de ménage, à qui l’on reproche tour à tour d’être «trop noire» ou «trop pâle».

Un florilège de perles xénophobes, cataloguage ethnique et ethnocentrique entendu sur les plateaux, de la bouche de metteurs en scènes ou de décideurs :«Les Noirs, c’est compliqué» ou «Il n’y a pas de bons comédiens noirs».

Dans quel contexte aviez-vous saisi la HALDE en 2008 ? Sur le doublage du pilote d’une série américaine, à la fin de la journée, la directrice de casting a dit aux comédiens non-­blancs : «Je ne sais pas s’il y a des gens comme vous au prochain épisode, vous avez des voix spéciales.»Dans le milieu du doublage, il est spécifié de manière très claire et depuis longtemps que les Noirs ont une voix spéciale et qu’en revanche, les comédiens blancs peuvent doubler tout le monde, y compris Denzel Washington. C’était violent, nous avons eu honte. A partir de là, ça a été un marathon : je lui ai expliqué, sans évoquer le racisme ou la discrimination, que les voix sont culturelles, mais elle n’a rien voulu entendre. Il a été question de contacter SOS Racisme puis nous avons appelé la Halde, récemment créée. J’ai reçu des appels, des menaces. Il y a finalement eu une reconnaissance des faits dans ce métier et une recommandation à l’encontre de la société de doublage, Nice Fellow mais sans volonté politique venant d’en haut. Ces pratiques continuent, dans le déni le plus total et je suis quant à moi boycottée dans le doublage. ­

D'où vient le "whitewashing" dans le milieu artistique ? Du blanchiment de l’histoire : on sait peu qu’Alexandre Dumas était quarteron ou que les représentations du Christ varient selon les pays. DansLorenzaccio de Musset, le duc Alexandre de Médicis était métis, or jamais un comédien métis ne joue le rôle, par exemple. Cela, on ne l’apprend pas à l’école. Dans les castings, pétris de fausses certitudes, on entend parfois «il n’y a pas de rôle pour vous dans un film qui se déroule au 18e siècle», or il y avait bien des noirs et des métis à Paris à cette époque.

Lire la suite ICI.

Yasmine Modestine, Quel dommage que tu ne sois pas plus noire, éd. Max Milo.

Retrouvez tous les articles et post du Gri-Gri consacrés à Yasmine Modestine ICI.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 12:00
#Gabon / Testament politique d’AMO : attention aux imposteurs !


Suite au décès, le 12 avril dernier, du Président André Mba Obame, l’Union Nationale a unilatéralement décidé d’une période de deuil qui a pris fin le 22 mai. Désormais, la politique a repris ses droits. Les intrigues et les manipulations aussi. Mais avant toute chose, il faudrait d’abord que nous, Gabonais qui entendons bénéficier du combat mené par AMO et de son sacrifice suprême, que nous nous posions très sérieusement la question suivante : « Qu’entendons-nous faire de son héritage ? Que faisons-nous pour mériter ce qu’il a accompli pour le Gabon ? Sommes-nous dignes de son combat ou devons-nous plutôt nous considérer comme de simples jouisseurs ingrats, plus intéressés par le pouvoir à tout prix que par la libération du pays ? ».
André Mba Obame a démontré sa capacité à imposer une ligne de rupture par rapport à l’oppression du système Bongo/PDG, et à mobiliser contre celui-ci des forces disparates. Maintenant qu’il est entré dans le mystère de l’Eternité, on va bientôt voir surgir des imposteurs plus ou moins crédibles se réclamant de son héritage politique. Il y en a qui se prépare déjà à se rendre dans la capitale camerounaise pour lancer « l’appel de Yaoundé ». Macabre mimétisme ! D’autres, en revanche, se disent « porteurs de consignes » fabriquées de toutes pièces. Abominable cynisme ! André Mba Obame était un homme organisé et rationnel. Quand il voulait s’adresser à ses compatriotes, il savait trouver les canaux pour le faire. Même au plus fort de sa maladie. Il faudra donc que tous ces vampires qui pensent pouvoir se servir d’AMO comme fonds de commerce politique, trouvent autre chose. Nous savons que ces spécialistes de la politique politicienne, celle-là même qui occupe le champ clos des conflits d’intérêts individuels, où l’on se dispute le fruit d’un héritage mal acquis, sont à la manœuvre depuis quelques semaines. Nous sommes aussi au courant de la duplicité de ces individus qui, bien même avant le décès du Président, l’avaient déjà enterré et multipliaient les séjours chez des charlatans équato-guinéens pour se « préparer ».
La schizophrénie et le cynisme de ceux qui font le jeu du pouvoir tout en se réclamant d’AMO, n’abusent personne. Le testament politique de Mba Obame c’est la libération du Gabon. Si quelqu’un est porteur de ce message-là, qu’il en apporte la preuve écrite ou audio-visuelle. Sinon, circulez et laissez le peuple se battre pour récupérer sa souveraineté !

TEXTE - N.N.E.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 16:00
#BongoLeaks / Les fonctions du président de la République incompatibles avec une activité lucrative (#BGFI #Ping #Ali #Pascaline #Louembe...)

27/04/2015

La preuve définitive de la mainmise sur l’économie de tout un pays, le Gabon, par la famille qui le dirige sans partage depuis bientôt un demi-siècle, les Bongo, tient en 256 pages. Pas plus. Mediapart publie en intégralité un rapport « strictement personnel et confidentiel » qui confirme et amplifie nos premières révélations sur la société Delta Synergie, boîte noire de l’économie gabonaise, dont l’un des principaux bénéficiaires est désormais l’actuel chef de l’État, Ali Bongo. Problème : selon l’article 14 de la Constitution du Gabon, « les fonctions du président de la République sont incompatibles avec l’exercice de toute […] activité à caractère lucratif ».

Commandé dans le cadre de la succession d’Omar Bongo, ancien dictateur du Gabon (1967-2009), père d’Ali et parrain de la Françafrique, ce rapport d’audit a été signé le 15 avril 2012 par deux avocats parisiens, Alain Fénéon et François Nouvion. Dès l’entame du rapport, la sensibilité de son contenu ne fait guère de doute : « Le cabinet se dégage de toute responsabilité si ce document devait être porté à la connaissance d’un tiers ou s’il entre en sa possession par quelque moyen que ce soit. »

Enregistrée au tribunal de commerce de Libreville sous le numéro 5768/B, Delta Synergie était contrôlée à 37 % par Omar Bongo de son vivant, comme Mediapart l’a déjà raconté. Actionnaire à hauteur de 10 % du temps de son père (décédé en juin 2009), Ali Bongo est passé post-succession à 19,25 % du capital. Ce qui fait de lui le principal actionnaire de Delta Synergie avec sa sœur Pascaline, ancienne directrice de cabinet de Bongo père. La fratrie Bongo compte au total 53 héritiers, mais seuls deux d’entre eux – Ali et Pascaline – sont légataires universels. Une grande famille, mais un petit monde.

“Cash machine” du clan Bongo qui dégage chaque année plusieurs milliards de francs CFA de dividendes, sans compter les immenses plus-values possibles sur des cessions d’actions, Delta Synergie permet surtout à la famille présidentielle de contrôler, parfois de manière totalement occulte, de larges pans de l’économie du pays. Son pays. Sa propriété. Pas un secteur n’est épargné par l’emprise de Delta Synergie : assurances, banques, agroalimentaire, sécurité, transport, médicament, BTP, agriculture, matières premières, immobilier, aviation d’affaires, textile, média, vente de gaz et de pétrole, bois…

Comme Mediapart l’a déjà rapporté, Delta Synergie a par ailleurs pris des participations dans cinq multinationales françaises très actives au Gabon (Veolia, Bolloré, Bouygues, Eramet et la BNP), lesquelles doivent profiter de leurs bonnes relations avec la famille régnante pour décrocher des marchés. Ce qui pose aujourd’hui la question d’une éventuelle complicité de ces grandes entreprises, qui n’ont pas donné suite à nos questions, dans un système de détournement de fonds sur lequel enquête la justice française depuis plusieurs années (affaire dite “des Biens mal acquis”).

Mais l’examen du rapport d’audit que nous publions, dont l’existence avait déjà été évoquée par Le Monde, offre une plongée inédite au cœur des secrets de Delta Synergie. Les principaux enseignements sont doubles : 1) contrairement aux éléments de langage diffusés par la présidence gabonaise depuis les premières révélations de Mediapart, Delta Synergie est tout sauf une société sans avenir financier et 2) les conflits d’intérêts entre un État dirigé par Ali Bongo et cette holding dont le principal actionnaire est Bongo Ali posent de très nombreuses interrogations, y compris légales.

Une société en particulier, dont Delta Synergie est actionnaire, semble aiguiser les appétits les plus féroces. Il s’agit de la Banque gabonaise et française internationale (BGFI), première banque d’Afrique centrale. Delta Synergie en détient 6,4 % du capital. Dans le rapport d’audit d’avril 2012, on peut notamment lire que la BGFI « annonce s’être fixé pour objectif de porter à 15 % la rentabilité de ses fonds propres ».

« En terme de taille, l’objectif est de porter le total du bilan au-delà de la barre des 2 000 milliards [3 milliards d’euros – ndlr] », annonce aussi le rapport, qui se félicite par ailleurs des « dividendes élevés » et des « perspectives d’évolution de la valeur de l’action ».

Entre 2009 et 2011, Delta Synergie a de fait dégagé avec ses seuls 6,4 % du capital de BGFI plus de 1,3 milliard de francs CFA de dividendes (2 millions d’euros). Un matelas confortable dans un pays où le salaire minimum plafonne douloureusement à 150 euros par mois.

L’étude des comptes de Delta Synergie devrait par ailleurs faire tousser jusque dans les rangs de l’opposition gabonaise. Pages 10 et 11 du rapport d’audit, on découvre ainsi que les deux enfants de celui qui se présente aujourd’hui comme le principal opposant politique d’Ali Bongo dans la perspective de l’élection présidentielle de 2016, Jean Ping, ont bénéficié en 2008 de 24 000 actions de la même BGFI cédées par… Delta Synergie. Il faut dire que la mère des enfants de Jean Ping n’est autre que Pascaline Bongo. Un tout petit monde, donc.

Au fil de ses 256 pages, l’audit de Delta Synergie laisse également apparaître un mélange des genres d’une rare ampleur entre affaires publiques et intérêts privés, un terrain propice à tous les trafics d’influence et délits d’initié possibles et imaginables.

Quelques exemples flagrants :

  • Delta Synergie est actionnaire à 50 % de la Socoba, dont l’une des filiales, la Coder, a obtenu auprès de l’État une concession pour la construction et l’exploitation pendant trente ans de deux barrages hydroélectriques, baptisés « Chutes de l’Impératrice » et« FEII ».
  • La Raffinerie gabonaise de sel et dérivés (Ragasel), dont Delta Synergie est actionnaire à hauteur de 29 %, a profité pour l’installation de sa fabrique de sel d’un prêt de 4,3 milliards de francs CFA d’une banque espagnole, garanti par l’État gabonais. Et un deuxième prêt de 5,2 milliards de francs CFA consenti par la même banque a lui aussi été garanti par l’État du Gabon pour une autre usine.
  • Le rapport d’audit préconise en outre aux actionnaires de Delta Synergie, c’est-à-dire au président de la République du Gabon (entre autres), « d’œuvrer dans un sens permettant à Ragasel d’obtenir des pouvoirs publics […] un monopole sur les besoins en sel du marché gabonais ».
  • On découvre par ailleurs que le ministre des sports d’Ali Bongo, Blaise Louembe, est lui aussi actionnaire à titre personnel de Ragasel (2 %).
  • Delta Synergie est actionnaire à 17 % de la société PetroGabon, spécialisée dans le transport d’hydrocarbures. PetroGabon est aussi actionnaire (11,7 %) d’une filiale de Total au Gabon, la Sogara. Les avocats français, auteurs du rapport d’audit sur Delta Synergie, écrivent que l’objectif de PetroGabon « est d’obtenir des intérêts dans des contrats pétroliers susceptibles de générer des revenus importants ».
  • Delta Synergie, via une société baptisée la Compagnie du Komo dont elle détient 15 % du capital, est actionnaire de Toyota Gabon. Toyota a décroché le marché d’équipement automobile de plusieurs administrations gabonaises, selon des sources concordantes.
  • La Société africaine de remorquage portuaire du Gabon (Sarep), détenue à 54 % par Delta Synergie, a obtenu de l’Office des ports le remorquage de tous les navires entrant à Libreville. À la clé : un chiffre d’affaires d’un milliard de francs CFA par an. Le tout-puissant directeur de cabinet d’Ali Bongo, Maixent Accrombessi, apparaît en outre dans le rapport d’audit comme représentant d’une société, la SCI Kabala, actionnaire quant à elle à hauteur de 10 % de la Sarep. L’intéressé n’a pas donné suite à nos sollicitations.
  • Delta Synergie détient 51 % de la société d'agroalimentaire Ank Gabon, dont l’un des actionnaires minoritaires est un certain Jean-Pierre Lemboumba-Lepandou (10,05 %), par ailleurs conseiller d’Ali Bongo. Or, d’après l’audit de 2012, M. Lemboumba a personnellement négocié une subvention de 2,3 milliards de francs CFA directement avec… Ali Bongo. Le rapport évoque également des discussions pour obtenir une exonération d’impôt sur les sociétés.
  • La Manufacture gabonaise de vêtements (MGV) est détenue à 34,68 % par Delta Synergie. Ali Bongo est en plus actionnaire à titre personnel à hauteur de 9,25 % de la société, qui se trouve être celle qui fabrique, entre autres, les uniformes pour de nombreuses administrations gabonaises.
  • Parmi les entreprises contrôlées par Delta Synergie, on trouve aussi la Société gabonaise de services (SGS), détenue à 69,3 % par le clan Bongo. La SGS est spécialisée dans le gardiennage, la sécurité privée (notamment la protection d’ambassades…) et le transport de fonds. Parmi les actionnaires minoritaires, on trouve également l’actuel ministre de la défense d’Ali Bongo. Les auteurs de l’audit se félicitent dans leur rapport du « succès et de la croissance » de la SGS.

Depuis les premières révélations de Mediapart sur le système Delta Synergie, la présidence du Gabon est restée très discrète. Un proche d’Ali Bongo, Yves Fernand Manfoumbi, directeur de l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures du Gabon, s’est contenté de déclarer début avril sur l’antenne de RFI : « Nous sommes dans un pays libéral et le droit des affaires ne s’oppose pas à ce qu’une famille possède des participations dans une entreprise. » Non, mais la Constitution du Gabon, elle, le proscrit s’il s’agit du chef de l’État.

Gêné aux entournures, il ajoutait : « Delta Synergie n’est pas née avec Ali Bongo Ondimba. Il n’en est pas le seul actionnaire et décisionnaire. Il s’inscrit dans une dynamique de rupture et je ne le vois pas approuver que Delta Synergie puisse s’approprier une partie de l’activité économique. »

Texte / Fabrice Arfi

Lien où télécharger le rapport ICI.

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 09:00
#ViolsRCA / Jadis, c'était dans la bouche de mineur(e)s congolais(e)s que le soldat français mettait son pénis

Petit rappel historique. Il y a dix ans, les accusations de viols sur mineur(e)s perpétrés par des soldats français émanaient de la RDCongo...

http://uhem-mesut.com/

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 15:27
#Canada / François Bugingo, le journaliste mytho président d'honneur de #RSF !

SOURCE

Le journaliste canadien né à Kisangani (RDC) François Bugingo a inventé de toutes pièces plusieurs reportages internationaux. Lesquels sont vrais, lesquels sont faux?

C'est «l'un des moments les plus douloureux» que François Bugingo ait «jamais vécu dans [sa] carrière de journaliste et de témoin de toutes les guerres qui ont endeuillé le monde dans les 20 dernières années».

À Misrata, en Libye, «l'un des tortionnaires les plus zélés du régime du dictateur Kadhafi » est sur le point d'être exécuté par des miliciens triomphants. L'homme, menotté, dégage une odeur fétide : sans doute s'est-il fait dessus. Son visage est boursouflé des coups qu'il a reçus. Alors que des combattants surexcités l'entraînent vers son lieu d'exécution, il se tourne vers François Bugingo et lui crie : «I hate the bad man the Guide made of me».

Cette histoire a été relatée par François Bugingo lui-même dans son blogue, hébergé sur le site internet du Journal de Montréal, le 11 février 2014. Une scène d'une grande violence, sûrement douloureuse pour tout journaliste qui aurait eu le malheur d'y être confronté.

Le problème, c'est que François Bugingo n'a jamais mis les pieds à Misrata. Il n'a jamais vu un tortionnaire du régime Kadhafi sur le point de se faire exécuter par des milices rebelles en Libye.

Il n'a pas davantage trinqué avec les tireurs d'élite serbes de Sarajevo en 1993;

Il n'a pas négocié la libération d'un journaliste otage avec des terroristes d'Al-Qaïda en Mauritanie en septembre 2011;

Il n'était pas représentant de la Commission européenne auprès du ministre égyptien de l'Intérieur au Caire, en février 2011;

Il n'était pas à Mogadiscio, en Somalie, le 4 août 2011.

François Bugingo a pourtant publiquement prétendu tout cela, au cours des dernières années, aux micros de différents médias - y compris ceux de La Presse, de Radio-Canada, de TVA, de Télé-Québec, du Devoir, du 98,5fm et du Journal de Montréal. Le reporter dispose d'une large tribune au Québec. Notre enquête démontre toutefois que ses faits d'armes journalistiques sont parfois très romancés, quand ils ne sont pas carrément faux.

Dans le cas de Misrata, François Bugingo a lui-même nié s'y être rendu, au cours d'une longue entrevue avec La Presse, le 15 mai dernier : «Non, je ne suis pas allé à Misrata », a-t-il dit. Lorsque nous avons évoqué la «douloureuse» scène du tortionnaire bientôt mis à mort par les milices de la ville, le journaliste a continué à nier: «Non, non, non. J'ai dû le lire quelque part.»

La fable de Sarajevo

De passage à l'émission Deux filles le matin à TVA, le 14 octobre dernier, François Bugingo a évoqué le siège de Sarajevo lorsque l'animatrice lui a demandé de parler d'un «moment marquant, une rencontre qui a changé [sa] vision de la vie».

«Je dirais, en 93, dans la guerre de Bosnie, a-t-il répondu. Je me rappellerai toujours, à Sarajevo, cet homme-là qui, tout l'après-midi, avait passé le temps à tirer, à tirer, à tirer. Et puis le soir, il a sorti une bouteille de slivovitz (alcool slave) et il s'est mis à jouer de la guitare, et je me suis rendu compte que c'était un artiste exceptionnel.»

Interrogé à ce sujet, François Bugingo a précisé qu'il s'était plutôt rendu à Sarajevo en 1995 avec les journalistes français Thierry Cruvellier et Patrick Muller, afin d'y mettre en place une publication, l'International Justice Tribune (IJT). «Je suis allé là pour eux, avec eux.»

Contactés par La Presse, Patrick Muller et Thierry Cruvellier ont tous deux déclaré qu'ils ne s'étaient jamais rendus à Sarajevo avec François Bugingo. En fait, M. Cruvellier a fondé l'IJT en 2004 et s'est rendu pour la première fois en Bosnie en 2005. M. Muller est bien allé à Sarajevo dans le cadre d'un projet média en 1995, mais pas avec François Bugingo.

Des reportages inexistants

François Bugingo, 41 ans, prétend avoir visité 152 pays et couvert la majorité des grands conflits qui ont ravagé la planète au cours des deux dernières décennies, notamment en Irak, en Afghanistan, au Liberia, au Rwanda, en Algérie, au Sierra Leone, en Colombie, au Liban, en Bosnie, au Sri Lanka. Mais les reportages émanant de cette impressionnante couverture sont rares, et souvent même inexistants.

C'est le cas de la guerre en Irak, en 2003. En entrevue, François Bugingo a juré qu'il y était bel et bien, mais que le magazine L'actualité n'était pas intéressé par l'achat de son reportage. À L'Actualité, on n'a pas pu confirmer, puisqu'on n'a pas souvenir de cette proposition de pige.

Dans le numéro juillet-août 2008 du magazine Réussir ici, François Bugingo raconte qu'avant son arrivée au Québec, en 1997, il était pigiste à RFI, à l'Agence France-Presse (AFP) et à l'Agence panafricaine de presse (PANAPRESS). Aujourd'hui, il nie avoir été pigiste pour ces trois agences.

François Bugingo a souvent répété être « devenu un homme » lorsqu'il s'est rendu au Rwanda, à 20 ans, pour couvrir le génocide du printemps 1994. Ses reportages sont introuvables. Il dit en avoir écrits - sans les signer - pour un défunt hebdomadaire burundais, en plus d'alimenter le journaliste français Jean Hélène, de Radio France Internationale (RFI).

Jean Hélène est mort en 2003.

François Bugingo soutient avoir écrit des « résumés » que Jean Hélène intégrait à ses reportages sur le génocide. « Je fournissais pas mal Jean Hélène, pour ce qu'il faisait lui, au groupe RFI dans son ensemble. »

«Jean ne nous a jamais demandé de rémunérer l'un de ses informateurs», s'étonne Christophe Boisbouvier, reporter vétéran de l'Afrique à RFI. «Le nom de M. Bugingo ne dit rien aux anciens comme moi, qui travaillais déjà à RFI en 1994. Ce nom n'apparaît à aucun endroit dans nos archives écrites et sonores. Nous avons même fait la recherche dans les deux volumes de retranscription des archives rwandaises de RFI. Il n'y a aucune trace de M. Bugingo.»

En tant que vice-président international de Reporters sans frontières (RSF), François Bugingo a souvent affirmé avoir mené des missions secrètes ou des opérations sensibles pour négocier la libération de journalistes otages à travers le monde - ce que nient catégoriquement quatre dirigeants de RSF, anciens et actuels, que nous avons contactés en France.

«Il n'a jamais eu de mandat pour négocier avec des preneurs d'otages, des terroristes, tranche Hervé Deguine, ancien secrétaire général adjoint de RSF. Tout cela, c'est du matériau pour un bon roman de kiosque de gare.»

Une large tribune

François Bugingo est une figure médiatique très présente au Québec. Il collabore au bulletin télévisé du TVA 22h, tient une chronique quotidienne sur les affaires internationales à la radio 98,5fm, en plus d'alimenter un blogue et une chronique auJournal de Montréal.

Dans le passé, il a travaillé pour de nombreux autres médias. Il a notamment été animateur de Points chauds, à Télé-Québec, et de la Course évasion autour du monde, au Canal Évasion. En 2010, il a réalisé un documentaire sur le Rwanda, diffusé à Radio-Canada. Par ailleurs, il a animé plusieurs conférences, entre autres au Musée de la civilisation de Québec.

Ses employeurs actuels, au 98,5fm, à TVA et au Journal de Montréal, ont refusé de commenter notre enquête, hier. «Permettez-moi, par contre, de préciser que François Bugingo est un de nos collaborateurs depuis 2013. Il n'est donc pas un employé du Groupe Média», a souligné Véronique Mercier, vice-présidente Communications, Groupe Média et Groupe TVA.

François Bugingo est membre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, dont le Guide de déontologie stipule que «les journalistes ont l'obligation de s'assurer de la véracité des faits qu'ils rapportent au terme d'un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations».

Dans son blogue au Journal de Montréal, le 19 janvier, François Bugingo condamne un «grave délit de mensonge ou de fabulation» commis par la chaîne américaine Fox News, estimant qu'il était du «devoir professionnel et éthique» des médias de dénoncer ces dérives. «Il en va de notre crédibilité auprès de nos publics», écrit-il, avant de conclure :

«Dans les guerres et autres tragédies du monde, la vérité est la première victime, a-t-on souvent dit. Il serait dramatique que ceux qui se disent défenseurs de cette vérité (et Dieu sait si nombre de nos collègues sont morts en recherchant la vérité) contribuent à son enterrement.»

27 septembre 2010. François Bugingo est en Mauritanie pour négocier la libération d'un journaliste, pris en otage par le groupe Al-Qaïda. La rencontre est tendue. À un certain moment, des avions survolent le lieu de rendez-vous. «Si les avions tirent, nous vous tuons tous», lance alors le terroriste.

Ce jour-là, François Bugingo dit avoir eu la peur de sa vie. «J'ai un gamin de 6 ans, je me suis dit qu'il était temps que j'arrête», a-t-il raconté à La Presse, le 10 mars 2011. C'est ainsi qu'il a expliqué sa décision de quitter la vice-présidence de Reporters sans frontières (RSF), ainsi que la présidence de la section canadienne de l'organisme, qu'il avait lui-même fondée.

Vérifications faites, RSF n'a jamais donné à François Bugingo le mandat de négocier la libération d'un otage en Mauritanie ; en fait, RSF n'a jamais négocié avec des ravisseurs, et surtout pas avec des terroristes ; de toute façon, il n'y avait aucun journaliste détenu par Al-Qaïda en Mauritanie en septembre 2010.

François Bugingo a plutôt démissionné de RSF le 24 septembre 2010. À l'époque, la section canadienne était en sérieuses difficultés financières. Selon une source, Paris avait refusé d'avancer les 30 000 $ demandés par François Bugingo pour relancer cette section, au bord du gouffre. Depuis, cette entité - qui était entièrement indépendante de Paris - a disparu.

François Bugingo affirme aujourd'hui qu'il n'a pas négocié la libération d'un journaliste otage en Mauritanie. Mais il soutient toujours s'être rendu dans ce pays pour y rencontrer «des gens d'Al-Qaïda».

Dans quel but? Le journaliste refuse d'en dire plus, sous prétexte qu'il est en train d'écrire un livre sur sa vie. «Ça, tu le comprendras dans le bouquin. Ce que je faisais en Mauritanie, et comment je me suis retrouvé autour de cette table.»

Il maintient ne pas avoir été mandaté par RSF. «Je suis allé en Mauritanie pour une autre boîte. J'étais invité par une chancellerie occidentale.» Il dit avoir quitté RSF simplement parce qu'il avait «fait le tour du jardin».

Le 27 septembre 2010, François Bugingo a pourtant écrit sur sa page Facebook : «J'avoue avoir eu peur du syndrome de la dernière mission qui finit mal. De retour à mon hôtel. Hâte que tout cela finisse. Que cesse la peur.»

Un an plus tôt, le 11 mai 2009, le journaliste a écrit sur Facebook qu'il était «catastrophé par le cambriolage de Reporters sans frontières Canada. Certaines de nos missions secrètes seront-elles mises en danger? Du boulot en perspective...».

Des missions secrètes? François Bugingo dit maintenant ne pas en avoir mené. «Je n'ai jamais été dans le secret. » Il admet par ailleurs n'avoir jamais négocié la libération d'un otage avec un ravisseur pour le compte de RSF. « Ce n'est pas notre mandat.»

Le 30 octobre 2013, dans son blogue du Journal de Montréal, il écrivait pourtant avoir été «nombre de fois au coeur de différentes négociations pour la libération de captifs».

Hervé Deguine, ancien secrétaire général adjoint de RSF, affirme que la contribution de François Bugingo au sein de l'organisme a été plutôt modeste. «C'est quelqu'un de très sympathique, qui communique bien et qui se présente bien. Pour être président d'une association et faire des cocktails, c'est très bien. Mais s'il faut faire des missions qui demandent de la rigueur, du sérieux, un travail approfondi et de la discrétion, ce n'est pas le bon personnage.»

La vice-présidence de RSF International, qu'a occupée François Bugingo pendant des années, est essentiellement honorifique, précise Hervé Deguine. « C'est deux réunions par an autour d'une table d'un salon bien chauffé à Paris où on discute de grandes idées, mais ce n'est pas du tout un organe qui mène des opérations », contrairement au secrétariat général de l'organisme.

Le fondateur de RSF, Robert Ménard, est plus indulgent envers François Bugingo. «Quand je lui ai demandé de faire des choses pour RSF, il les a toujours bien faites», dit M. Ménard, tout en admettant que son ami présentait «une vision romanesque des choses».

SOMALIE

L'AFFIRMATION

Début août 2011, François Bugingo dit avoir accompagné un convoi des forces africaines en Somalie (AMISOM) à Mogadiscio. Une partie de la capitale était alors occupée par les milices islamistes Shebab.

François Bugingo a écrit un texte d'opinion, publié dans Le Devoir, le 3 août 2011, et intitulé «La nuit est triste à Mogadiscio».

Après la parution de ce texte, le journaliste a accordé plusieurs interviews - trois à la radio de Radio-Canada, deux à RDI et une à la radio 98,5fm - dans lesquelles il a témoigné de sa dure expérience. Entre l'aéroport et le palais présidentiel, le convoi dans lequel il prenait place a été attaqué « une quinzaine de fois» par les Shebab ; le président était «terré, assiégé» dans son palais; l'AMISOM ne sécurisait plus qu'une «infime partie» de la capitale.

VÉRIFICATION FAITE

Débarqué le 1er août 2011 à Mogadiscio, François Bugingo y serait resté deux jours : dans des entrevues accordées à Radio-Canada, le 3 août 2011, il affirme avoir déjà quitté la Somalie et être à Bujumbura, au Burundi.

Or, dans une interview accordée le 4 août au 98,5fm, François Bugingo prétend être toujours à Mogadiscio. Au cours de l'entrevue, il affirme clairement être sur place. Quand l'animateur Benoît Dutrizac lui demande comment il assure sa sécurité, il répond : « Je suis avec ces militaires des forces africaines. [...] Le tout est d'être extrêmement prudent et de réduire le plus possible nos mouvements. »

Cette interview n'a pas été préenregistrée, puisque Benoît Dutrizac évoque le texte duDevoir. « Ça se peut que j'aie fait de l'esbroufe avec Benoît. Que je dise que je suis encore là, mais non », admet François Bugingo.

Pourquoi cette visite éclair en Somalie ? Les motifs du reporter varient d'une interview à l'autre.

À Radio-Canada, le 3 août, François Bugingo dit être allé à Mogadiscio « comme journaliste », pour témoigner de la tragédie somalienne au moment où les Shebab bloquaient le pays aux reporters occidentaux. « Il est extrêmement difficile de s'y rendre mais c'est essentiel, c'est crucial. » Une semaine plus tard, toujours à Radio-Canada, il affirme au contraire qu'il était en « mission d'observation », qui ne l'« autorisait pas à parler publiquement aux médias ».

Aujourd'hui, François Bugingo parle d'une « opportunité exceptionnelle » offerte par un militaire qui l'aurait invité à voyager, tous frais payés, avec l'AMISOM. Il refuse de révéler l'identité de ce militaire.

Par ailleurs, les multiples attaques décrites par François Bugingo ne semblent pas refléter la réalité, à l'époque, sur le terrain.

Correspondant de l'AFP, le journaliste somalien Mustafa Haji Abdjinur est catégorique : «Il n'est jamais arrivé qu'un convoi soit attaqué à 15 reprises à Mogadiscio. Ni sur la route Al-Mukarama, qui relie l'aéroport au palais présidentiel, ni sur n'importe quelle autre route», tranche-t-il. À l'été 2011, la route Maka Al-Mukarama était sécurisée par l'AMISOM et les soldats somaliens. En outre, elle ne se trouvait pas en zone contrôlée par les Shebab.

DANEMARK

L'AFFIRMATION

Dans son blogue au Journal de Montréal, le 19 février 2015, François Bugingo affirme avoir fait une interview téléphonique avec Toke Agerschou, responsable d'un «programme très spécial anti-radicalisation» de la ville d'Aarhus, au Danemark. Ce programme vise à réintégrer à la société de jeunes djihadistes danois de retour de Syrie.

François Bugingo raconte que son interlocuteur a semblé agacé lorsqu'il a laissé entendre que le programme faisait la part belle aux djihadistes. Toke Argeschou a répondu sèchement, avant de mettre un terme à la conversation.

VÉRIFICATION FAITE

Toke Agerschou ne se souvient ni de cette interview ni de François Bugingo. En outre, il ne parle pas français, et n'accorde que très peu d'entrevues en anglais, une langue qu'il maîtrise mal. En règle générale, il demande aux reporters étrangers qui le sollicitent d'embaucher un interprète, comme il l'a fait avec une journaliste de La Presse en novembre 2014.

«J'ai coordonné toutes les requêtes médiatiques, avec un collègue, et aucun de nous ne peut se rappeler avoir eu le moindre contact avec François Bugingo», souligne Henning Mols, attaché de presse de Toke Agerschou.

ÉGYPTE

L'AFFIRMATION

Printemps arabe, 10 février 2011. François Bugingo fait une intervention au micro de Benoît Dutrizac, au 98,5fm, au cours de laquelle il affirme revenir d'une «mission» en Égypte. «J'ai rencontré le ministre de l'Intérieur, j'ai rencontré différents responsables de la police», raconte-t-il. «J'étais plutôt du côté du pouvoir, pour différentes négociations [...].»

En ondes, le journaliste prétend que c'est la Commission européenne qui l'a délégué au Caire ; son mandat consistait à faire le bilan des agressions perpétrées contre les journalistes affectés à la couverture des manifestations de la place Tahrir. François Bugingo devait tenter d'obtenir «un engagement, de la part des autorités égyptiennes», que ces agressions ne se reproduisent pas.

Un mois plus tard, François Bugingo dit à La Presse s'être rendu en Égypte à titre de représentant de la Commission européenne auprès du ministre de l'Intérieur. «J'étais là pour m'assurer de la libre circulation de l'information», soutient-il dans un article, publié le 10 mars.

VÉRIFICATION FAITE

Aujourd'hui, François Bugingo revient sur ce qu'il a raconté au 98,5fm et à La Presse : il n'a pas été mandaté par la Commission européenne pour accomplir une mission au Caire. Pas plus qu'il n'a rencontré le ministre égyptien de l'Intérieur. «Non, jamais. Jamais.»

François Bugingo affirme plutôt s'être rendu en Égypte pour lui-même, à ses propres frais. Ce n'est qu'une fois sur place qu'il aurait réalisé ne pas avoir les moyens de rester; il serait donc reparti à Montréal après deux jours. «Il aurait fallu que des boîtes me prennent. Or, la plupart des boîtes québécoises avaient déjà envoyé leurs propres correspondants là-bas.»

Avant de quitter l'Égypte, François Bugingo dit toutefois avoir eu le temps de se greffer à une délégation de la Commission européenne, pour laquelle le gouvernement avait préparé une courte visite à l'extérieur du Caire. Le but de cette visite organisée, dit-il, était de prouver que les manifestants de la place Tahrir n'étaient pas représentatifs du reste du pays.

Au micro du 98,5fm, le 10 février 2011, François Bugingo a prévenu que les manifestants «se trompent très fortement s'ils s'imaginent que tout cela peut partir en un claquement de doigts. Ça ne change pas aussi facilement».

Le lendemain, Hosni Moubarak était chassé du pouvoir.

LA CÔTE D'IVOIRE

L'AFFIRMATION

Dans La Presse, François Bugingo prétend s'envoler pour Abidjan, le 8 mars 2011, pour aller former des journalistes ivoiriens dans le cadre des activités de l'Institut Panos. Dans une récente entrevue, le journaliste a réitéré cette affirmation.

VÉRIFICATION FAITE

«Non, il n'a pas travaillé pour nous, écrit Pauline Bend, directrice des programmes de l'Institut Panos - Afrique de l'Ouest. Nous avons effectivement mené différents projets en Côte d'Ivoire. Toutefois, sur la période de temps donnée, c'est-à-dire mars 2011, nous n'avions aucun projet/activité en cours dans le pays. Il est donc difficile que cette personne ait effectué une formation pour nous, à la date spécifiée. Sur les autres périodes passées (avant 2011) ou récentes (2013-2015), je ne trouve rien non plus.»

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 09:00
#Gabon / Quelque chose du PDG 2009 dans l'UN 2015...

Législative partielle : l’Union Nationale se désunit à Bitam

Une douche froide. C’est l’effet qu’a sans doute ressenti Jean-Michel Edou-Sima lorsque, par téléphone, il a appris, le 19 mai dernier, que sa candidature à la prochaine élection législative partielle de Bitam avait été rejetée par l’Union Nationale (UN), son parti. Les hiérarques de cette formation politique de l’opposition lui ont préféré Patrick Eyogo. On aurait pu en rester là, mais la pilule du grossier bidouillage ayant conduit à la désignation du candidat Eyogho a du mal à passer auprès de nombreux cadres et militants de l’Union Nationale originaires de Bitam. Pour les plus critiques d’entre eux, cette affaire révèle au moins deux choses : d’une part, l’absence totale de culture démocratique chez les dirigeants de l’Union Nationale – dont certains sont d’anciens dinosaures du PDG/Bongo, et d’autre part le mépris dans lequel ils tiennent les militants. En pleine campagne d’adhésion, et au moment où le parti se décide – enfin ! – à délivrer des cartes de membre, cette polémique tombe très mal. En plus, elle envoie un mauvais signal à ceux qui seraient tentés de confier la gestion du pays à l’opposition. Car, si des individus, alors qu’ils sont encore dans l’opposition, ne respectent pas les textes et règles qu’ils ont librement choisis, qu’en sera-t-il quand ils seront au pouvoir avec tous …les pouvoirs ?
Dans le camp du PDG, cette affaire c’est du pain béni. « Avec Eyogo en face, sommes quasiment assurés de conserver le poste de député, et par la même occasion, nous allons solder nos comptes avec son parrain René Ndemezo », a déclaré avec jubilation une responsable de l’ancien parti unique, avant d’ajouter toutefois : « pourvu que Jean-Michel ne se présente pas… ». Là, les paris sont ouverts, car rien n’indique que l’ancien maire de Bitam soit disposé à faire contre mauvaise fortune bon cœur. Ce serait même plutôt le contraire, Jean-Michel Edou Sima n’ayant pas du tout apprécié la manière cavalière dont les choses se sont déroulées. Explications.
Sur la forme, d’abord : le 19 mai, l’intéressé est convoqué au siège du parti « pour un entretien avec le président ». Sur place, il est reçu après plus d’une heure d’attente. Et là, surprise ! En fait d’entretien « avec le président », c’est un véritable traquenard qui lui est tendu. Sans en avoir été avisé, il doit, pendant près d’une heure, improviser et répondre à une série de questions au sujet de sa candidature devant une vingtaine de dirigeants et militants ( ?) de l’UN. En fait une histoire de copains et coquins. On se serait cru au PDG en 2009, lorsque certains responsables de ce parti bricolèrent à la hâte une instance bidon pour favoriser l’investiture d’Ali Bongo. Quelques minutes après le passage d’Edou Sima, ce fut au tour de Patrick Eyogo de se soumettre à la même bouffonnerie. Evidemment, c’était juste pour la forme, car les dés étaient de toutes les façons pipés.
Ensuite, il y a le fond. Dans toute organisation politique respectueuse de la démocratie, ce sont les militants qui désignent le candidat (ou la candidate) pour lequel ils sont prêts à voter. Le rôle des dirigeants n’étant que d’entériner le choix de la base et de donner les moyens au candidat pour battre campagne. Or ici, les responsables s’arrogent tous les droits. Ils décident de tout. Sans même essayer de sauver les apparences. C’est ainsi qu’ils ont choisi un des leurs, puisque l’heureux élu, Patrick Eyogo est trésorier du parti. Il est donc en quelque sorte juge et partie. On le voit, avec le décès d’AMO, l’UN est désormais dépourvue de figure apaisante et d’un cadre de référence neutre.
Sur le plan politique enfin, la décision du « distingué camarade » Zacharie Myboto et ses amis du directoire démontre d’une façon exemplaire que la démocratie dans nos partis politiques ne va pas de soi. Elle doit être reconquise chaque jour, entretenue et parée de sens, de volonté et de vertu. C’est dans cet esprit que les Gabonais ont, lors des funérailles du Président Mba Obame, envoyé un message clair aux leaders politiques et religieux : le pouvoir est au peuple. De la même manière, les Bitamois vont certainement rappeler aux dirigeants de l’UN qu’entre « le candidat de la Sablière » (Eyogo) et « l’enfant du village » (Edou Sima), il n’y aura pas photo.

TEXTE - N.N.E.

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 08:00
#Gabon / La direction de l'UN ? Psychorigidité pathologique et surdité autoconstruite

L’ombre de René Ndemezo

Ce n’est un secret pour personne à Bitam : René Ndemezo, bien que parenté à Edou Sima, est surtout connu pour être très proche de Patrick Eyogo. Du coup, d’aucuns voient derrière la désignation de ce dernier, un sordide marchandage entre les « camarades » Myboto et Ndemezo. Au centre du deal, le poste de Secrétaire exécutif de l’UN que le premier pourrait offrir au second.
Vrai ou faux, cela peut-il justifier la création d’un comité sui generis et anti-statutaire d’évaluation des candidatures pour l’élection législative partielle de Bitam ? En outre, on peut se demander : au nom de quel principe, cet aréopage de personnalités vivant et militant pour l’essentiel à Libreville, dont de nombreux apparatchiks, s’est autorisé à choisir un candidat pour lequel ils ne pourront même pas voter ?
L’Union Nationale ayant retrouvé la légalité, ses dirigeants, plutôt que de continuer à s’enfermer dans une psychorigidité pathologique et une surdité autoconstruite, gagneraient au contraire à apprendre à respecter les statuts de leur parti. En l’occurrence, l’article 34 de ces statuts dispose que c’est le Bureau national qui investit les candidats aux élections législatives…Telle que définie par l’article 14, la composition de ce Bureau comprend les membres statutaires que sont le président, les Vice-présidents, le secrétaire exécutif et ses adjoints, les commissaires nationaux, les membres élus issus des structures provinciales, ainsi que les membres fondateurs du Parti.
Ici, il convient de marquer une distinction entre l’investiture – qui confère au candidat le droit d'invoquer le patronage du parti – et la procédure qui conduit à la désignation d’un prétendant parmi plusieurs candidats. En d’autres termes, l’investiture est le moment solennel où l’instance nationale du Parti, en l’occurrence le Conseil National, donne l’onction officielle au choix fait préalablement par les instances de base appropriées.
Or, ce que l’on a vu à propos de la nomination de Patrick Eyogo procède d’une gestion patrimoniale et patriarcale du parti, des méthodes aux antipodes de la pensée d’André Mba Obame dont nul ne peut contester le rôle essentiel dans la création de l’Union Nationale.
En tous les cas, que René Ndemezo, qui n’est pas encore encarté à l’UN mais dont l’ombre plane sur ce dossier, sache que même si son passage à l’opposition a été positivement salué par la population, il ne doit pas pour autant oublier que la démocratie est au cœur du combat politique dans notre pays. Lui et ses nouveaux amis doivent donc se garder de la fouler au pied, sinon le peuple aurait raison de craindre l’arrivée au pouvoir de ces opposants qui pourrait se résumer à de la dictature sans Ali Bongo et son PDG.

TEXTE - N.N.E.

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 07:00
Hey, Hollande, ton Ouattara peut-il en dire autant que Gbagbo ?

Trouvé ce jour (31/05/2015, jour anniversaire du dernier président démocratiquement élu et investi de Côte d'Ivoire, sur le mur Facebook de notre camarade Christine Tibala.

ANAPHORE-HOMMAGE A LAURENT GBAGBO à l’adresse de François HOLLANDE qui continue de soutenir le génocidaire Alassane Dramane OUATTARA tout en refusant d’entendre le peuple ivoirien qui crie son désespoir devant les massacres et autres exactions qui se poursuivent au pays plus de 4 ans après l'installation d'un régime aussi illégitime que liberticide depuis ce funeste 11 AVRIL 2011, date de renversement de l'Etat de droit en Côte d'Ivoire :


1. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne respecte la Constitution et l’Etat de droit ;

2. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne n’emprisonne pas les journalistes qui ne disent pas que du bien de lui ;

3. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne ne pille pas toutes les richesses du pays en privatisant pour un franc symbolique, en exploitant indûment le sol et le sous-sol d’autrui ;

4. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne accède au pouvoir par les urnes et non par la force ;

5. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne n’emprisonne pas arbitrairement tous les opposants qui refusent de faire allégeance en les privant de leur droit à une véritable défense ;

6. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne n’exacerbe pas les tensions ethniques et religieuses pas plus qu’il ne joue pas au pompier pyromane au point de rendre le pays ingouvernable y compris pour lui-même ;

7. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne garantit les droits de ses plus farouches adversaires au point de leur assurer une protection rapprochée même quand ces derniers ont essayé de l’éliminer à plusieurs reprises ;

8. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne n’exproprie pas plus qu’il ne massacre les partisans de ses adversaires ;

9. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne ne s’ingère pas dans le droit des autres peuples à disposer d’eux-mêmes ;

10. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne refuse de signer - au péril de sa vie et de celle de ses proches - une reddition illégitime;

11. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne ne trahit pas son peuple et ne vend pas son pays aux plus offrants – fusse la France ;

12. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne ne ferme pas les universités pour empêcher l’éveil des consciences ;

13. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne encourage le multipartisme et l’expression des partis politiques d’opposition afin de favoriser le débat contradictoire et la démocratie participative ;

14. Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne propose le recomptage des voix plutôt que la guerre en cas de conflit post-électoral ;

15. Enfin, parce que Laurent GBAGBO Président de la République Ivoirienne n’est pas qu’une figure de style, il est devenu le symbole de tout un continent qui se bat pour son indépendance et sa souveraineté.

Vive LAURENT GBAGBO et toutes celles et ceux qui se reconnaissent en lui pour que vivent la CÔTE D'IVOIRE et au-delà l'AFRIQUE libres et indépendantes !

TEXTE - CHRISTINE TIBALA

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 06:36
#Sankara / Retour de Mariam au Burkina Faso, enquêtes, exhumations, méfiances...

SOURCE

Retour de Mariam Sankara au Burkina, exhumation des tombes supposées de Thomas Sankara et de ses compagnons, convention des partis sankaristes pour l'unité, relance en France de la demande d’enquête parlementaire sur l'assassinat de Thomas Sankara, 27 ans après son assassinat, l'ancien chef de la révolution du Burkina reste au coeur de l'actualité... y compris en France.

Le retour de Mariam Sankara

Mariam Sankara l’avait affirmé peu de jours après l’insurrection: elle rentrerait au Burkina car plus rien désormais ne s’y opposait. Ce n’était qu’une question de temps, celui de s’organiser. Elle a tenu parole.

Arrivée le 14 mai dernier à Ouagadougou, c’est par une foule en liesse qu’elle est accueillie à l’aéroport. « Je suis heureuse, fière de fouler la terre du Burkina FasoJe remercie tout le peuple burkinabè, tous ceux qui ont œuvré pour la lumière sur le dossier Thomas Sankara. J’ai aussi une pensée pour les martyrs de l’insurrection populaire. Je remercie aussi les autorités de la transition » a-t-elle improvisé à son arrivée. Et c’est en cortège, accompagnée de nombreux véhicules, surtout des deux roues, comme il se doit à Ouagadougou, qu’elle s’est rendue au domicile de sa famille.

En quelque sorte un remake de ce qui s’était passé en octobre 2007, lors des cérémonies du 20e anniversaire de la commémoration de l’assassinat de son mari, feu le Président Thomas Sankara. Même accueil chaleureux, même foule en liesse et imposant cortège bruyant pour l’accompagner en ville. Mais elle n’était alors restée que deux jours, le temps d’aller se recueillir sur la tombe, et de rendre visite aux militants réunis pour conceptualiser le sankarisme.

Cette fois les conditions sont bien différentes. Le protocole d’État a participé discrètement à l’organisation de son arrivée. Elle fut d’abord reçue par le premier ministre qui a tenu à la rassurer, ainsi que ses avocats qui l’accompagnaient, en affirmant : « le juge d’instruction ne trouvera aucun obstacle sur son chemin pour mener à bien cette procédure ». Puis par le président du conseil national de la transition Cheriff Sy, une vieille connaissance, ami de la famille Sankara. Il était président du comité d’organisation du 20e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara en 2007. Celui-ci a notamment déclaré : « Nous l’avons rassurée que nos députés ont déjà demandé au parlement français d’ouvrir un certain nombre d’archives sur l’affaire Sankara. Nous l’avons assurée aussi de nous battre en tant que citoyens burkinabè et militants panafricanistes pour ouvrir un certain nombre de dossiers afin que la justice se fasse. L’insurrection populaire et la transition offrent la possibilité qu’un certain nombre de dossiers pendants en Justice soient ouverts et traités. Nous estimons que le dossier Thomas Sankara n’est ni le dossier de la famille Sankara, ni le dossier du Burkina, mais le dossier de toute l’Afrique, car toute la jeunesse africaine voudrait savoir pourquoi cet espoir a été anéanti » voir http://lepays.bf/dossier-thomas-sankara-mariam-sankara-rassuree-du-soutien-des-autorites-de-la-transition/.

Elle a aussi tenu à déposer des gerbes au cimetière de Gounghin pour rendre hommage aux victimes de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014, a visité les ruines de l’assemblée nationale, qui représentent, en quelque sorte, le témoignage de l’insurrection, d’une pseudo « assemblée nationale » détruite par le peuple qui ne la reconnaissait pas comme telle. Plusieurs associations de la société civile ont en effet demandé à ce que ces ruines restent en l’état comme témoignage d’un régime déchu.

Mariam Sankara, femme discrète, fidèle à la mémoire de son mari, détestant les feux des projecteurs comme les questions des journalistes, se bat sans relâche pour la vérité et la justice depuis 27 ans. Après une longue traversée du désert, elle peut enfin gouter d’un peu de réconfort. Compaoré a été chassé et a dû s’enfuir. Ce voyage est une renaissance des liens avec son pays, une réconciliation avec son pays. C’est aussi ce qu’elle est venue dire à la radiotélévision du Burkina qui lui a ouvert ses studios au grand bonheur de nombre de burkinabè heureux de la voir revenir parmi eux.

Elle a aussi été longuement auditionnée par le juge militaire chargé de l’instruction, assistée de trois avocats. Mais rien n’a filtré de ces longues heures d’audition. Elle a terminé ses visites officielles par une « visite de courtoisie » auprès du Président de la transition, Michel Kafando.

Mais durant la plus grande partie de son séjour, elle s’est faite le plus souvent très discrète, ou plutôt elle s’est débrouillée pour qu’on la laisse tranquille, qu’elle retrouve une certaine intimité, qu’elle puisse prendre le temps de voir sa famille, ses amis, toutes les personnes qu’elle n’a pas pu voir depuis si longtemps, reprendre le pouls de son pays, sans doute organiser un peu mieux son retour, mais aussi se retrouver avec les autres familles qui vivent le même drame, les assister si nécessaire.

L’unité des sankaristes doit leur permettre d’atteindre un bon score pour les prochaines élections

L’un des objectifs annoncés du séjour de Mariam Sankara, était de contribuer à l’union des sankaristes dans la perspective des élections prévues en octobre 2015. Elle attendait, pour arriver au pays, que les conditions en soient réunies. Une union qui doit leur permettre d’atteindre un score inégalé, et de surfer sur la dynamique de changement, suite à l’insurrection. La transition a en effet tendance à s’essouffler du fait des difficultés qui s’accumulent. Mais la dynamique pourrait retrouver toute sa force, en s’appuyant sur le verdict populaire issu des urnes pour peu que la rupture avec l’ancien régime soit confirmée par les élections. Car la demande reste forte que le pays s’engage sur la voie d’un véritable changement et une rupture définitive avec l’ancien régime. Reste à lancer un véritable débat sur le modèle de développement.

Outre les sankaristes, seuls deux grands partis peuvent s’attendre à de bons résultats électoraux. Le premier, le MPP, le Mouvement du peuple pour le progrès, créé à peine quelques mois avant l’insurrection, est issu d’une scission du parti alors au pouvoir, le CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès). Il a rapidement rencontré un certain engouement populaire, arrivant à agréger différentes tendances en son sein. Mais l’état de grâce passé, plusieurs de ses dirigeants se retrouvent en difficulté, rattrapés par leur passé. Par exemple, le candidat du MPP aux présidentielles, n’est autre que Roch Marc Christian Kaboré, un pilier de l’ancien régime. Ses détracteurs aiment à rappeler que peu de temps avant la scission avec le CDP, il trouvait « démocratique » de convoquer un référendum pour changer l’article 37. On rappelle que c’est l’annonce par Blaise Compaoré lui-même de la convocation de l’assemblée nationale pour changer cet article qui a joué le rôle de déclencheur de l’insurrection. Or la nouvelle loi?? électorale exclut tous ceux qui ont fait campagne pour la modification de l’article 37.

Le second parti favori, l’UPC, Union du peuple pour le changement est dirigé par Zephirin Diabré, un libéral déclaré qui se revendique comme tel, ancien directeur Afrique d’AREVA. S’il a remarquablement bien dirigé l’opposition jusqu’à l’insurrection, il a brillé par son absence au moment du départ de Blaise Compaoré. Surtout nombre de burkinabè savent que le pays souffre des privatisations qui ont affecté tous les secteurs du pays, et que ce sont ces mêmes privatisations qui ont permis à Blaise Compaoré et à son entourage de s’enrichir sans limite. Sa sortie récente promettant de construire une centrale nucléaire n’a pas arrangé les choses !

C’est dire que les sankaristes ont une carte à jouer. Le seul parti à avoir aussi appelé à l’insurrection, n’est autre que l’UNIR PS (Union pour la renaissance, parti sankariste). Mais les sankaristes souffrent, depuis près de 20 ans, d’une longue succession de querelles intestines, ce qui a fortement contribué à entamer leur crédibilité jusqu’ici. Alors que Thomas Sankara reste une référence largement partagée dans le pays, notamment par sa jeunesse. Celle-ci a toujours boudé les élections, mais les organisations de la société civile ayant contribué à l’insurrection, comme le Balai citoyen, sont parmi les plus dynamiques dans la campagne qui se poursuit à travers tout le pays pour l’inscription sur les listes électorales. La jeunesse représente près de 65% de la population de moins de 25 ans. C’est dire combien le vote de la jeunesse sera déterminant, tout en restant une inconnue.

Mariam Sankara à la manœuvre, avec une ancienne actrice de la révolution, pour réussir la convention de l’unité

Mariam Sankara a surtout fait parler d’elle tout au long de son combat pour la justice. Ce que l’on sait moins, c’est que son rôle a été déterminant pour arriver à la convention des sankaristes qui s’est tenue les 16 et 17 mai derniers. Elle en est la véritable instigatrice. Le bruit a longtemps couru qu’elle serait elle-même candidate, complaisamment relayé par la presse et très tardivement démenti par les sankaristes eux-mêmes. En réalité il n’en a jamais été question.

Mariam Sankara s’est appuyée sur Germaine Pitroipa. Femme reconnue pour son franc-parler, elle s’était déjà faite remarquer par Thomas Sankara lui-même qui l’avait placée à la tête d’une région, durant la révolution, comme Haut-Commissaire. Elle était à l’ambassade à Paris quand Thomas Sankara a été assassiné et était restée en France. Elle faisait peu parler d’elle si ce n’est, de temps en temps, à l’occasion de réunion-débats sur la révolution. Mais elle était revenue en politique il y a quelques années, en intégrant l’UNIR PS et en créant la section française. C’est Germaine Pitroipa qui s’est faite l’ambassadrice de Mariam Sankara, avant son arrivée, et a mené les négociations au Burkina pour arriver à l’unité. N’ayant jamais été mêlée aux querelles internes des sankaristes, elle a pu profiter de son compagnonnage avec Thomas Sankara, de sa position de représentante de Mariam Sankara, et s’appuyer sur une autorité naturelle, sa position de femme, rare parmi dirigeants de partis sankaristes, son style direct, son franc-parler et son refus des querelles pour arriver à emmener tout le monde vers l’unité. Le principe de réalité a fini par prendre le dessus. Il fallait bien se rendre à l’évidence : faute d’unité, les sankaristes perdraient toute chance de jouer un rôle important dans la période historique qui s’ouvre.

Bénéwendé Sankara, candidat unique des sankariste

La plupart de ces regroupements auto-proclamés « parti » n’en sont pas vraiment. D’ailleurs la plupart d’entre eux ont été incapables de payer leur quotepart pour financer la convention. L’UNIR PS est, depuis longtemps, le seul vrai parti avec, dans une moindre mesure, le FFS, Front des forces sociales. La situation politique leur imposait l’unité sous peine, pour ces petites formations et surtout leurs leaders, de disparaitre définitivement. Seuls deux groupes ont fait défection. Celui constitué autour du capitane Boukary Kaboré, surnommé le « Lion », ancien officier de l’armée aux déclarations fracassantes, qui n’a jamais pu vraiment se mettre dans la peau d’un civil. En plus, il s’était fait piéger en se faisant prendre en photos rigolant avec Blaise Compaoré. L’autre, s’est constitué autour de Jean Baptiste Natama, chef de cabinet de la présidente de l’Union africaine. Il se voyait lui-même candidat. Ce dernier avait commencé une campagne dans les réseaux sociaux, il y a plus d’un an, sans vraiment décoller. Il a demandé son adhésion au regroupement des sankaristes quelques mois auparavant, mais quand il a compris qu’il ne serait pas choisi, il a quitté le processus d’organisation de la convention.

Sans grande surprise, Bénéwendé Sankara a été choisi comme candidat unique. Ce choix s’est fait à huis clos dans une réunion regroupant les chefs des partis sankaristes, alors que plusieurs candidats étaient en présence. Son parti, l’UNIR PS, est de loin le plus dynamique. Il s’est construit petit à petit accumulant une expérience certaine. Beaucoup des autres groupements ne sont en réalité que des scissions issues de ce parti, d’où certaines inimitiés. Ils n’ont jamais réussi à décoller, à part le FFS de Norbert Tiendrebeogo qui vient de décéder, sans doute le seul véritable idéologue, avec Vlaère Somé, parmi les dirigeants sankaristes, et qui manquera à cette unité retrouvée.

L’exhumation des corps au cimetière de Dagnoe

Le nouveau pouvoir s’était empressé de promettre qu’il procéderait à l’exhumation des corps, mais les déclarations restaient ambigües sur l’objectif qui leur était assigné. Les avocats de la famille, les activistes qui combattent depuis longtemps pour la justice et la vérité sur les assassinats du 15 octobre sont restés longtemps méfiants. Selon les avocats de la famille Sankara, l’exhumation et l’expertise devaient être accompagnées de la constatation judiciaire. « Bien au-delà de l’identification (du corps, ndlr), la famille réclame vérité et justice » avait souligné Me Ambroise Farama en mars (voirwww.thomassankara.net/spip.php?article1744) et les avocats ont multiplié les déclarations dans ce sens, jusqu’à ce qu’ils aient la certitude qu’un juge militaire allait être nommé pour lancer une instruction. On se reportera à un précédent article pour le contexte dans lequel s’est faite cette nomination (voirhttp://blogs.mediapart.fr/blog/bruno-jaffre/270315/enfin-l-ouverture-d-une-premiere-enquete-officielle-sur-l-assassinat-de-thomas-sankar ).

Le gouvernement a tenu promesse. L’exhumation a été ordonnée. Deux médecins légistes burkinabè et un français, le professeur Alain Miras, ont été nommés rapidement. On peut même dire que l’on semble vouloir aller vite, très vite. Le juge d’instruction a recherché activement toutes les familles, allant jusqu’à publier une annonce dans la presse, pour les recevoir avant l’exhumation. Boukary Kabore (voir plus haut) s’est déclaré opposé aux exhumations. Pour lui, il n’y a pas besoin d’ouvrir les tombes pour mener une enquête, mais surtout il affirme que c’est contraire aux coutumes, affirmant que « pour les mossis c’est interdit » (voir http://omegabf.net/index.php/societe/item/1428-dossier-sankara-je-dois-etre-interpelle-dixit-boukary-kabore). On en vient à se demander si les familles ont toutes donné leur accord. Quoiqu’il en soit, le gouvernement, lui, veut aller vite et le juge aussi.

L’exhumation a commencé lundi 25 mai. Une tente a été installée au-dessus des tombes, et l’accès est resté bloqué par d’importantes forces de l’ordre. Seuls les représentants des familles qui souhaitent être présentes, ce qui n’est pas le cas de la famille Sankara, et les avocats, peuvent assister à l’exhumation. Une foule curieuse, méfiante et impatiente s’est rapidement massée, regrettant que tout ne se passe pas en public. La justice burkinabè a bien mauvaise réputation du fait de tous les assassinats non résolus, sous le régime Compaoré. Outre celui de Thomas Sankara, citons celui du journaliste Norbert Zongo, de l’étudiant Dabo Boukary et tout récemment du juge Nébié, pour ne parler que des plus emblématiques. Les forces de l’ordre ont dû patiemment négocier avec la foule présente pour rétablir le calme. Les journalistes, présents en nombre, ne manquent cependant de nous informer au jour le jour de ce qui ressort de l’exhumation, relayant les paroles des avocats qui sont les seuls à s’exprimer pour l’instant.

On a donc appris que des ossements, des habits et autres objets ont été exhumés, mais sans avoir beaucoup de détail. Reste à vérifier qu’il s’agit bien des restes des personnes assassinées le 15 octobre 1987, ce que devront montrer les tests ADN. Le dépouillement de tous ces restes prendra plusieurs semaines aux dires des avocats. La satisfaction qu’enfin une enquête commence domine, même si la méfiance et l’impatience se font sentir. Et le pays va rester suspendu à l’attente des résultats.

La demande d’enquête parlementaire sur l’assassinat de Sankara relancée en Franc

L’exhumation des corps au cimetière de Dagnoën, à Ouagadougou, est assez bien couverte par la presse française y compris la télévision, France 24 en particulier. Voir par exemple une revue de presse à http://www.thomassankara.net/spip.php?article1775. Ce qui permet à l’occasion de rappeler qu’une enquête parlementaire a déjà été demandée par deux fois par les députés écologistes et ceux du Front de gauche, le 20 juin 2011 et le 5 octobre 2012 (voir le texte http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/propositions/pion0248.pdf). Ces demandes n’ont jamais été mises à l’ordre du jour.

C’est une initiative en provenance du Burkina qui remet à l’ordre du jour la demande d’enquête parlementaire. Ainsi, début mai 2015, vingt-six députés du Conseil National de la Transition représentant les ex-partis d’opposition et le chef du groupe parlementaire des Organisations de la société civile viennent à nouveau d’écrire au président de l’Assemblée nationale, côté français : « La France a pu être citée dans ce crime abominable par plusieurs sources, sans qu’elle n’ait formellement démenti son implication » et plus loin : « C’est pourquoi nous, députés du Conseil National de la Transition du Burkina Faso, vu les accords de coopération entre la France et le Burkina Faso, et connaissant l’attachement des députés français aux valeurs de démocratie et de justice, sollicitons votre entremise pour exiger du Parlement français une commission d’enquête parlementaire qui contribuera sans nul doute à élucider l’affaire Thomas SANKARA » (voir ces courriers à http://www.thomassankara.net/spip.php?article1765).

Le réseau international « Justice pour Sankara, justice pour l’Afrique » s’en est saisi pour rebondir et lancer une nouvelle pétition pour demander l’ouverture de cette enquête parlementaire, (voir http://lc.cx/ZUEX). Il s’agit de relancer la pression sur le parlement afin qu'il se penche sur cette demande.

L’hypothèse d’un complot international est renforcée par de nombreux témoignages et la vérité sur l’assassinat de Thomas Sankara ne viendra que d’une enquête qui doit se pourvoir hors du Burkina. Des témoignages impliquent la France, parmi d’autres pays (voir un extrait de film à https://www.youtube.com/watch?v=4GAxbGbWdjM et es retranscriptions à http://thomassankara.net/spip.php?article794).

Une enquête parlementaire permettrait de convoquer l’entourage des dirigeants de l’époque de François Mitterrand et de Jacques Chirac, on était en période de cohabitation, mais aussi les chefs des services secrets. On imagine mal un juge burkinabè, venir enquêter en France sur l’implication éventuelle de la France dans l’assassinat de Thomas Sankara. Il va déjà avoir fort à faire pour démêler ce qui s’est passé le 15 octobre, alors que la crise de l’armée, et en particulier le devenir du régiment de sécurité présidentiel, n’est pas réglée. C’est de ce régiment qu’était issu le commando qui a tiré sur Thomas Sankara et ses compagnons. Sans parler des moyens nécessaires pour une investigation qui, si elle devait être poussée jusqu’au bout, doit nécessiter des déplacements, au-delà de la France, en Côte d’ivoire, au Libéria, en Libye, aux USA et au Togo, si l’on veut prendre le temps de vérifier tous les témoignages existants sur cet assassinat.

Pour ce qui est d’une éventuelle participation française, c’est en France que se trouvent les éventuels protagonistes comme les archives pouvant éventuellement faire avancer une enquête. Encore faut-il qu’il existe une vraie volonté politique de voir révéler enfin au grand jour les actions les plus sombres de la politique française en Afrique. Et si l’insurrection du Burkina est annonciatrice d’autres révoltes victorieuses contre les autocrates, nombreux au pouvoir en Afrique, la France devrait se dépêcher de solder son passé, faute de voir des nouveaux régimes politiques arrivés au pouvoir se détourner de la France, soutenus par une jeunesse de plus en plus politisée et mobilisée.

TEXTE - Bruno Jaffré

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