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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 06:49

 

 

#PrésenceAfricaine
Ambroise Kom
5 mai 2017

La librairie Présence Africaine
& les éditions des peuples noirs
vous invitent


Université des Montagnes:
POUR SOLDE DE TOUT COMPTE

est une publication des Editions des peuples noirs
82, avenue de la Porte-des-Champs 76 000 Rouen

 

Ci-dessous, un entretien réalisé avec Ambroise Kom chez Présence africaine en 2012.

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 20:11

 

 

Chaque jour, ou à peu près, nous vous proposerons dorénavant une lecture.

Pour être sûr de tenir le rythme au début, nous avons choisi d'inaugurer la rubrique avec celle d'un classique de la littérature française et mondiale, dans son intégralité, découpé - en respectant la forme fragmentaire du texte, un journal intime - en 36 épisodes + 1 épisode de making of, dans lequel on pourra découvrir dans quelles conditions sont enregistrées ces lectures.

Journal d'un curé de campagne, roman de Georges Bernanos, est paru en 1936.

Le cinéaste Robert Bresson en a tiré un chef d'oeuvre en 1951.

Le texte est lu par Grégory Protche (Gri-Gri International)

Le mix est réalisé par la Cave du 18

 

PS : s'il vous est insupportable de devoir attendre la seconde partie de mai pour atteindre le dénouement... vous pouvez vous rendre sur le compte Youtube Grigriinternaional. Une playlist spéciale est consacrée au roman de Bernanos :

ICI.

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 14:08

 

Chaque jour, ou à peu près, nous vous proposerons dorénavant une lecture.

Pour être sûr de tenir le rythme au début, nous avons choisi d'inaugurer la rubrique avec celle d'un classique de la littérature française et mondiale, dans son intégralité, découpé - en respectant la forme fragmentaire du texte, un journal intime - en 36 épisodes + 1 épisode de making of, dans lequel on pourra découvrir dans quelles conditions sont enregistrées ces lectures.

Journal d'un curé de campagne, roman de Georges Bernanos, est paru en 1936.

Le cinéaste Robert Bresson en a tiré un chef d'oeuvre en 1951.

Le texte est lu par Grégory Protche (Gri-Gri International)

Le mix est réalisé par la Cave du 18

 

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 16:35

 

 

Chaque jour, ou à peu près, nous vous proposerons dorénavant une lecture.

Pour être sûr de tenir le rythme au début, nous avons choisi d'inaugurer la rubrique avec celle d'un classique de la littérature française et mondiale, dans son intégralité, découpé - en respectant la forme fragmentaire du texte, un journal intime - en 36 épisodes + 1 épisode de making of, dans lequel on pourra découvrir dans quelles conditions sont enregistrées ces lectures.

Journal d'un curé de campagne, roman de Georges Bernanos, est paru en 1936.

Le cinéaste Robert Bresson en a tiré un chef d'oeuvre en 1951.

Le texte est lu par Grégory Protche (Gri-Gri International)

Le mix est réalisé par la Cave du 18

 

PS : s'il vous est insupportable de devoir attendre la seconde partie de mai pour atteindre le dénouement... vous pouvez vous rendre sur le compte Youtube Grigriinternaional. Une playlist spéciale est consacrée au roman de Bernanos :

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 13:09

C'est avec un peu de retard, dont nous excusons auprès de lui et de ses lecteurs, que nous accusons réception, en le publiant, d'un texte de Christian d'Alayer, journaliste, auteur, économiste et historien à ses heures. Texte initialement paru sur son blog sous le titre :

 

Quand BBY ment à ses lecteurs !

 

Béchir Ben Yahmed n'aime visiblement pas l'Afrique subsaharienne et ses habitants. L'un de ses anciens collaborateurs, justement "plus noir que lui, tu meurs !", a raconté que le patron de Jeune Afrique décida de venger l'honneur des Arabes après la défaite écrasante des chars de Kadhafi face aux Land Cruiser d'Hissen Habré en 1987. Je crois plutôt que l'hebdomadaire de l'ancien ministre de la Communication d'Habib Bourguiba s'adresse essentiellement à des intellectuels subsahariens émigrés en France. Lesquels, comme chacun sait et peut le constater chaque jour sur Internet, sont majoritairement de nature aigrie quant à leur contrée d'origine. Dire du bien de l'Afrique dans ces conditions est évidemment contre productif en matière de diffusion !

Quoiqu'il en soit, l'homme s'était calmé ces derniers temps. Mais, tel le gosse qui ne peut s'empêcher de gratter ses boutons de varicelle, il vient de commettre de nouvelles horreurs sur son ex continent (lui aussi a émigré en France) : "J'observe, pour ma part, avec regret et même inquiétude que l'Afrique, dont les pays sont en majorité mal gouvernés, progresse moins vite que les quatre autres continents. Je me demande même si elle progresse réellement. Un examen attentif de la situation actuelle du continent fait apparaître plus d'aspects négatifs que de positifs. je vous soumets le mien, fondé sur des données chiffrées incontestables" (in J.A., début mars 2017, ndlr).

S'ensuit un développement sur le Nigeria et l'Afrique du sud, non chiffré bien sûr et disant schématiquement que si les deux premières économies du continent vont mal, c'est l'ensemble de l'Afrique qui tousse. Ce qui est faux : en dépit de la baisse du prix des matières premières, la croissance africaine en 2016 a été de 3,9% (source : BAD), très supérieure au moins à celle de l'Occident et de l'Europe occidentale en particulier. Cela fait maintenant 15 ans que l'Afrique progresse plus vite que tous les autres continents, exception faite de l'Asie. Le barbon de Jeune Afrique ment donc et très certainement de mauvaise foi car il a des gens qui cherchent les chiffres pour lui.

Pourquoi ment-il ainsi ? Sans doute car ses amis d'Afrique sont en mauvaise posture : Ouattara par exemple n'a été réélu qu'avec moins de 20% de votants et, depuis, enregistre rébellions sur rébellions de son propre camp. Ping, pour lequel il a pris parti, a échoué à déboulonner la famille Bongo dont il est lui-même une pièce rapportée. Bya, contre lequel il a bataillé des années durant, est toujours là. Etc. Alors les sous se font rares, il suffit de feuilleter les paginations de plus en plus réduites de l'hebdomadaire pour le vérifier. D'autant que BBY, comme il se fait appeler dans son antre journalistique, a rompu un accord qu'il avait passé avec un autre Tunisien, Afif Ben Yedder, installé, lui, à Londres et produisant des revues panafricaines en Anglais. "Chacun chez soi" s'étaient jurés les deux hommes. Jusqu'à ce que BBY lance une revue mensuelle en Anglais. Du coup, le Londonien lança trois revue en Français, concurrençant directement celle du Parisien.

Il est certain que, la publicité africaniste en France n'étant pas extensible à l'infini, cette guerre est fatalement préjudiciable à Jeune Afrique qui ne peut que resserrer les boulons autour de son électorat actuel d'intellectuels expatriés. Tout en sortant une à deux fois par an un "spécial Côte d'Ivoire", voire un spécial Djibouti (l'hebdomadaire s'entend bien avec Ismaïl Omar Guelleh) pour mettre un peu de beurre sur les épinards. C'est triste pour un journal qui compta jadis plus de 140000 exemplaires payés (2 millions de lecteurs), essentiellement en Afrique. Certes, la libération de la presse sur tout le continent ainsi que la dévaluation du Franc CFA lui porta des coups terribles, la nouvelle presse locale remplaçant celle d'importation d'autant plus facilement que le prix de cette dernière doubla en une journée !

Les déboires probables actuels ne sont donc pas dus qu'à des considérations récentes et BBY a tout de même eu le mérite de résister aux premières difficultés.  Il aurait passé la main à ses fils aujourd'hui, lesquels ont a faire face à la désaffection du public pour l'information papier en sus d'une diffusion de moins en moins africaine.

Ce n'est donc pas de gaîté de cœur que j'ai pris la plume pour cogner une nouvelle fois sur Béchir Ben Yahmed mais parce que je ne supporte réellement plus toutes les conneries qui continuent à être déversées sur l'Afrique subsaharienne en dépit d'une réalité que vous pouvez constater de visu quand vous vous rendez sur place. Sachez donc que le décollage de l'Afrique a commencé puisque croissance économique il y a, plus forte que la croissance démographique qui plus est et en dépit d'un manque évident d'investissements internationaux : sur les 1500 à 1700 milliards de dollars annuels d'investissement direct étranger dans le monde, l'Afrique n'en perçoit qu'une cinquantaine à laquelle s'ajoute une autre cinquantaine de milliards d'aide internationale, essentiellement sous forme de prêts conditionnés. Et cette croissance économique est obtenue en dépit d'Etats inexistant depuis que le FMI, la Banque Mondiale et les clubs de créanciers les démolirent à partir des années 1970. Ce sont donc les Etats, pas les pays, qui vont mal du fait de la baisse des recettes d'exportation de matières premières. Et, parmi ces Etats, ce ne sont pas les subsahariens qui vont le plus mal, mais les méditerranéens : si la croissance africaine a baissé d'un point ces deux dernières années, c'est essentiellement le fait des pays nord africains en 2015, auquel s'est ajouté une perte d'un demi point du fait de la baisse du prix des matières premières.

Ca, c'est la réalité chiffrée que je n'arrête pas de démontrer, article après article, dans les colonnes des revues concurrentes de Jeune Afrique. Avec lequel je me suis fâché justement sur cette question de mensonges éhontées et répétés sur l'état de l'Afrique au sud du Sahara. J'ajoute pour démolir encore un peu plus l'argumentaire de BBY, que le continent comporte non pas deux mais quatre grandes économies : il faut ajouter en effet au Nigeria et à l'Afrique du sud l'Ethiopie (80 millions d'habitants et une croissance annuelle supérieure à 6%) ainsi que l'Egypte (dans les 80 millions d'habitants également et une croissance plus faible, certes, mais croissance tout de même en dépit de la guerre civile) Dernier point : les non initiés parlent avec dédain de la croissance économique d'Afrique du sud. Mais ils ne savent pas (BBY devrait le savoir) que ce pays comporte plus de multinationales que le Portugal et que ces multinationales investissent surtout à l'étranger : la croissance est faible parce qu'elle manque de carburant, CQFD !

 

Texte : Christian d'Alayer

Le blog de Christian d'Alayer

Sa page Facebook

 

 

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Published by Christian d'Alayer Gri-Gri International - dans Francophonie Françafrique Politique Economie
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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 21:40

 

 

Chaque jour, ou à peu près, nous vous proposerons dorénavant une lecture.

Pour être sûr de tenir le rythme au début, nous avons choisi d'inaugurer la rubrique avec celle d'un classique de la littérature française et mondiale, dans son intégralité, découpé - en respectant la forme fragmentaire du texte, un journal intime - en 36 épisodes + 1 épisode de making of, dans lequel on pourra découvrir dans quelles conditions sont enregistrées ces lectures.

Journal d'un curé de campagne, roman de Georges Bernanos, est paru en 1936.

Le cinéaste Robert Bresson en a tiré un chef d'oeuvre en 1951.

Le texte est lu par Grégory Protche (Gri-Gri International)

Le mix est réalisé par la Cave du 18

 

PS : s'il vous est insupportable de devoir attendre la seconde partie de mai pour atteindre le dénouement... vous pouvez vous rendre sur le compte Youtube Grigriinternaional. Une playlist spéciale est consacrée au roman de Bernanos :

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 13:18

 

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Pour être sûr de tenir le rythme au début, nous avons choisi d'inaugurer la rubrique avec celle d'un classique de la littérature française et mondiale, dans son intégralité, découpé - en respectant la forme fragmentaire du texte, un journal intime - en 36 épisodes + 1 épisode de making of, dans lequel on pourra découvrir dans quelles conditions sont enregistrées ces lectures.

Journal d'un curé de campagne, roman de Georges Bernanos, est paru en 1936.

Le cinéaste Robert Bresson en a tiré un chef d'oeuvre en 1951.

Le texte est lu par Grégory Protche (Gri-Gri International)

Le mix est réalisé par la Cave du 18

 

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 12:53

 

Publié par Ahmadou Diop le 2 Septembre 2016

 

Biographie de Adotevi Stanislas Spero

Ancien élève de l’École normale supérieure. Professeur de philosophie et d’anthropologie à l’Université Paris VII. Successivement ministre de la culture, de la jeunesse et des sports, de l’information du Bénin. Conseiller spécial du Directeur général de l’Unicef. Parmi ses nombreux ouvrages on citera particulièrement son célèbre pamphlet « Négritude et Négrologues », réédité en 1998 avec une préface d’Henri Lopes aux éditions de Castor Astral

 

Négritude et Négrologues de Stanislas Spero K. Adotevi

C’est un livre de poche d’un peu plus de 300 pages de la collection 10-18 paru au début des années 70. La couverture nous montre, sur fond orange caractéristique de l’époque, la photo d’une femme noire, visiblement d’origine modeste, portant dans ses bras un bébé blanc bien nourri. Le titre est pour le moins sarcastique, et un peu mystérieux : Négritude et Négrologues. L’auteur : Stanislas Adotevi.
Le style est direct et rentre-dedans : « Le nègre qui prend conscience de sa race est un bon nègre, mais s’il perd la mémoire de notre chute, s’il s’oublie, s’il s’évanouit dans une extase mystique, s’il voit nègre quand il faut voir juste, il se perd, il perd le nègre en perdant la vue. » (p.102)
L’auteur réussit néanmoins à maintenir une réelle qualité littéraire sans perdre en efficacité. Le livre se lit d’une traite, en dépit des nombreuses citations et des abondantes notes de fin de chapitre. Et de fait, Adotevi cite beaucoup : les écrivains de la Négritude bien sûr, qu’il décortique, mais également les auteurs, penseurs et politiques occidentaux dont les doctrines et idées ont alimenté ou influencé ces grands précurseurs.

Né au Bénin, Stanislas Adotevi est peu connu dans son pays au-delà des cercles universitaires. Retiré au Burkina-Faso après une carrière d’enseignant et de fonctionnaire international, il justifie cet exil par la volonté, entre autres, « de ne pas être tenté par les agitations extérieures, la politique, par exemple, (qu’il a) décidé de bannir de (sa) vie ». Sa bibliographie comprend des essais comme « De Gaulle et les Africains, Editions Chaka, décembre 1990 » et de nombreux articles (notamment « Aliénation culturelle et développement du sous-développement », in Conséquence n.1 et N’Krumah ou le rêve éveillé in Présence africaine, n° 85). Négritude et Négrologues, publié en 1972 et réédité en 1998, reste son œuvre la plus connue.

Mouvement littéraire né sur les bords de la Seine dans un milieu d’étudiants Africains et Antillais, et dominé par les personnalités de L. S. Senghor et Aimé Césaire, la Négritude s’était peu à peu imposée comme l’expression de la personnalité nègre. Au point que le Petit Larousse pouvait définir le terme dans son édition de 1981 comme : l’ «Ensemble des caractères, des manières de penser, de sentir propres à la race noire (…)» Les productions de ce courant parues entre sa création dans les années 30 et son apogée dans les années 40-50 constituent le gros des classiques de la littérature négro-africaine contemporaine. Si en ce début des années 70 quelques auteurs d’Afrique et des Caraïbes se sentaient déjà à l’étroit dans les limites définies par les pères fondateurs, aucun ne s’était encore livré à une critique systématique du monument. Le pamphlet d’Adotevi fit donc l’effet d’un pavé jeté dans la mare.

Dès la première page le ton est donné : « On a dit et redit, avec la complicité des nostalgiques du soir, que la négritude est autre chose que ce qu’elle est. On a dit qu’elle est un chant pur, un rythme, un élan. Pas un acte, mais un dogme silencieux. Souvenir dans la connivence nocturne, la négritude est l’offrande lyrique du poète à sa propre obscurité désespérément au passé ». De fait, on est bien en présence d’une littérature déclamatoire abstraite, coupée des préoccupations des masses noires et s’appuyant sur une idéalisation des réalités africaines et une âme nègre mythique. S’il reconnaît au mouvement une certaine pertinence historique pour avoir symbolisé, à un moment donné, l’affirmation du Noir dominé, Adotevi lui reprochera de n’avoir pas su dépasser cette étape nécessaire pour transformer les forces ainsi mobilisées en facteurs de changement.

A partir des écrits et propos des théoriciens du mouvement – principalement Senghor – il va s’atteler à dégager les fondements de cette personnalité nègre dont on parle tant. Le verdict est implacable : le Nègre de la Négritude, tel que décrit par ses chantres, est un être sensuel et émotif et bon mais surtout, découvre-t-on entre les lignes, doté d’une mentalité bien à lui, essentiellement dominée par le sentiment. « La race blanche », écrira Senghor, « est analytique par utilisation, la race nègre intuitive par participation ».
Le problème est posé : le Noir, frappé d’une telle singularité, serait donc un être à part ?

Adotevi souligne la parenté entre la personnalité noire ainsi définie, le mythe du bon sauvage et la mentalité primitive chère à l’ethnologie coloniale. « L’activité mentale du primitif », nous apprend en effet Lévy-Bruhl, « n’est pas un phénomène intellectuel ou cognitif pur ; (…) la connaissance (y) est toujours colorée par le sentiment, pénétrée par l’émotion (…) ». Cette description fait implicitement du « primitif » l’antithèse de l’homme blanc qui, seul, aurait le monopole de la raison dite cartésienne. Ce privilège justifiant sa position au sommet de la hiérarchie.
S’esquissent ainsi les bases d’un partage des tâches : « Dans le Grand Orchestre de l’Universel, l’Humanité aura pour chef d’orchestre l’Europe, le Blanc. Le nègre tiendra la section rythmique ». Stanislas Adotevi nous démontre que le développement de l’ethnologie pendant la période coloniale, loin d’être fortuit, s’inscrivait dans une logique de contrôle des sociétés colonisées. C’est la même intention qu’il décèle dans le discours de la Négritude et qui se concrétise après les « indépendances » dans le Socialisme Africain théorisé par le président Senghor.

« En ressassant le passé, en attisant une sensibilité morbide, le poète-Président ou plutôt le Président-poète vise à faire oublier le présent. La négritude d’aujourd’hui, la négritude des discours, n’est rien moins qu’une pure et plate propagande, une panacée aux problèmes de gouvernement. La très bizarre formule senghorienne de division raciale du travail intellectuel (l’émotion est nègre comme la raison est hellène), vise uniquement à perpétuer un régime considéré comme néo-colonialiste et dont il est Président ; La négritude doit être le soporifique du nègre. C’est l’opium. C’est la drogue qui permettra à l’heure des grands partages d’avoir de « bons nègres ».

Adotevi ne se faisait aucune illusion sur la première vague des indépendances : « Astuce sémantique et idéologique, la décolonisation n’est pas seulement destinée à fausser les mécanismes du passage à l’Indépendance formelle et à donner bonne conscience aux ethnologues heideggériens et sociaux-démocrates. C’est bien en définitive un bricolage juridique. Coup de frein à l’histoire des Africains, la décolonisation aura paradoxalement produit moins de bouleversement que la colonisation elle-même. »

senghor

 

Il constate la trahison des nouveaux maîtres de l’Afrique qu’il décrit comme les agents locaux de la dernière évolution du capitalisme. Le nouveau dogme de l’état en formation, le drapeau, l’hymne et les idéologies mystifiantes, ne sont que des cosmétiques masquant un pillage plus accru. Il dénonce la duperie de l’aide internationale et la compromission de pouvoirs africains illégitimes et donc plus dépendants des intérêts étrangers. Aliénation culturelle, faillite des élites, néocolonialisme, unité africaine, nécessité d’une communauté d’action entre l’Afrique et sa diaspora, impératif d’une rupture radicale avec le système en place, rôle et place de la culture dans cette révolution annoncée… Autant de thèmes qui traversent Négritude et Négrologues et qui disent assez l’actualité de cette œuvre, plus de 30 ans après sa première publication.

Certaines des propositions d’Adotevi ne manqueront pas de susciter la polémique : par exemple, la mobilisation des masses noires par une « référence constante aux humiliations passées et présentes de la race » ou le rôle qu’il dévolue à un ou deux Etats-pilotes d’organiser « la subversion dans tout autre Etat africain dont le comportement ferait obstacle à l’unité africaine »; on rappellera également que le livre a été écrit en pleine guerre froide, à l’heure des guerres de libération du continent, par un intellectuel de gauche persuadé de la nécessité d’une rupture radicale avec le système capitaliste néo-colonial (la sympathie de l’auteur pour les révolutions cubaine et chinoise ne sera pas du goût de tous les lecteurs) ; il n’en demeure pas moins que Négritude et Négrologues s’impose comme une lecture vivifiante, indispensable pour les nouvelles générations africaines.

 

SOURCE

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 12:45

 

 

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Journal d'un curé de campagne, roman de Georges Bernanos, est paru en 1936.

Le cinéaste Robert Bresson en a tiré un chef d'oeuvre en 1951.

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 19:38

 

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Journal d'un curé de campagne, roman de Georges Bernanos, est paru en 1936.

Le cinéaste Robert Bresson en a tiré un chef d'oeuvre en 1951.

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