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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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  • : Né au Gabon en 2001, le Gri-Gri International, sur papier, sur le web ou en livres, a pour fonction d'empêcher de dormir les rois nègres, les ministres excessivement coopérants, les experts véreux, les vedettes en bois, les journalistes stipendiés, les marabouts escrocs...
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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 10:00

La Mission d’observation électorale de l’Union européenne a rendu son verdict. Elle met en lumière des manquements vieux de 26 ans et connus de tous les partenaires du Gabon, notamment l’ancienne puissance coloniale, soutien inconditionnel du régime en place. Rétroviseur et anticipation.

«Anomalies évidentes»… Ce groupe de mots résume à lui seul le sentiment de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE-UE) au sujet de la présidentielle du 27 août dernier. «Anomalies». Ce terme revient plusieurs fois dans ce rapport, présenté à Libreville le 12 du mois courant. Il en est même le fil rouge… Du fait de leurs conséquences éventuelles sur la crédibilité de l’ensemble des institutions nationales, il convient maintenant de se pencher sur les causes profondes de ces «anomalies». «2016 ne sera pas 2009», répètent à l’envi les partisans de l’opposition. Mais, 2016 doit surtout devenir le point de départ d’un Gabon nouveau, respectueux des libertés fondamentales et standards démocratiques, universellement reconnus.

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Ils n’ont pas toujours été respectés par les institutions nationales, notamment les différents gouvernements. Mais, ils n’ont, dans le même temps, jamais été promus ou protégés par les partenaires du Gabon. Se réfugiant opportunément derrière le fumeux principe de «non ingérence dans les affaires intérieures», les partenaires bilatéraux, notamment la France, ont même cautionné leur déni. Ils ont fermé les yeux devant les révisions constitutionnelles décidées en opportunité, accompagné la mise en place d’institutions inféodées à un parti politique, validé des simulacres d’élections, entraîné et armé une garde prétorienne dédiée à la survie du régime. Finalement, le rapport de la MOE-UE ne leur apprend rien.

Responsabilité

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? L’Union européenne ne les a pas défendues ou promues non plus. Se servant de son statut juridique comme paravent, elle a laissé faire. Même si son partenariat avec le Gabon comporte un volet «dialogue politique», elle a surtout concentré ses interventions sur le commerce et l’aide au développement. Elle a soutenu la diversification de l’économie et la gouvernance sectorielle, délaissant complètement le processus de démocratisation et la gouvernance globale. Ses financements ont essentiellement été destinés à la pêche, aux mines, aux forêts, à l’environnement, aux infrastructures routières, à la formation professionnelle et, dans une certaine mesure, à l’éducation. Jamais, elle n’a osé s’attaquer au régalien : la sécurité et la justice ont ainsi été laissées au bon vouloir des représentants d’un pouvoir façonné par Jacques Foccart.

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Ces remarques s’adressent aussi aux institutions africaines, singulièrement l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC). Certes ces organisations ne bénéficient pas de la supranationalité. Mais on les a vues s’impliquer dans des crises militaires. On a également noté leur empressement à féliciter les vainqueurs supposés d’élections présidentielles. Elles ne peuvent, en conséquence, décemment s’exonérer de toute responsabilité dans la rupture entre les peuples et les institutions étatiques. Surtout au regard de l’attitude ou du mutisme complice de leurs principaux responsables vis-à-vis du vaudeville du 23 septembre dernier.

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Désormais reconnu comme le vrai vainqueur de la présidentielle du 5 décembre 1993, Paul Mba Abessole avait déjà appelé à leur respect. Dans l’indifférence complice de la communauté internationale, il avait dénoncé, pêle-mêle, l’absence de scrutateurs, le manque d’urnes, l’insuffisance des cartes d’électeur, l’ouverture tardive des bureaux de vote, le mauvais affichage des listes électorales… Se référant aux standards démocratiques, il avait même demandé l’invalidation de la candidature d’Omar Bongo, alors accusé d’user des moyens de l’Etat et d’avoir corrompu l’ensemble des parties prenantes, notamment les journalistes. Certes, l’actuel président du Rassemblement pour le Gabon (RPG) se voyait aussi reprocher son boycott inexpliqué des législatives de septembre 90. Mais le sort de cette élection fut décidé à Paris. Bravo François Mitterrand… Si la MOE-UE entend donner une suite à son rapport, elle devra préalablement s’assurer du soutien de la France. Ou alors, il lui faudra passer par Strasbourg et Bruxelles.

Hold-up électoraux à répétition

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Ayant vu sa victoire confisquée en 1998, Pierre Mamboundou avait alors annoncé une «riposte graduée» en vue de les faire respecter. Egalement candidat, Pierre-André Kombila dénonça une «séquence historique déplorable». Mais, pour le Quai d’Orsay, «les irrégularités constatées (alors n’affectaient) pas le sens du scrutin». Dirigée à cette époque par le Rassemblement pour la République (RPR – droite néo-gaulliste devenue Les Républicains), la France frappait ainsi de son autorité ce deuxième hold-up électoral. Les électeurs gabonais pouvaient ainsi remiser leurs rêves de démocratie ou les remettre à plus tard. Vive Jacques Chirac…

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Nonobstant le rôle joué par Pierre Mamboundou, André Mba Obame les invoqua aussi en 2009. En vain. A travers le quatuor Bourgi-Joyandet-Fillon-Sarkozy, la France avait fait son choix : perpétuer une dynastie familiale sans égard pour le vote populaire. Faute d’avoir envoyé ses propres observateurs, l’Union européenne ne fit guère entendre sa voix. Pouvait-il seulement en être autrement ? L’Elysée avait, d’ailleurs, reconnu les résultats avant même la fin du contentieux : sans attendre la décision finale de la Cour constitutionnelle, le président français s’empressa de féliciter le vainqueur désigné. Merci Nicolas Sarkozy…

Traumatisés, dégoûtés par les hold-up électoraux à répétition, les électeurs gabonais voient dans le rapport de la MOE-UE une rupture, le signe d’un changement voire une «porte (ouverte) sur le monde libre», selon la formule de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou. Au final, ce rapport peut être une chance, non pas pour Jean Ping et l’opposition, mais pour le peuple gabonais et les démocrates du monde entier. Il offre une seconde chance aux partenaires du Gabon, notamment la France. Dans un rapport intitulé «L’Afrique est notre avenir», Jean-Marie Bockel et Jeanny Lorgeoux dénoncent le «manque de stratégie à long-terme» de leur pays. Ils formulent des propositions pour y remédier et tenter de contrer l’influence grandissante de la Chine et des Etats-Unis sur le continent. Ils mettent, entre autres, l’accent sur la nécessité de tenir un «autre discours sur l’Afrique». Un autre discours ? Surtout des actes conformes aux libertés fondamentales et standards démocratiques universellement reconnus, n’est-ce pas Robert Bourgi ?

Texte :   

SOURCE

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 10:50

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 11:38

Selon des chiffres officiels, 38500 personnes vivent avec le Vih/Sida au Congo Brazzaville

Selon des chiffres officiels, 38500 personnes vivent avec le Vih/Sida au Congo Brazzaville

Article initialement paru sous le titre : Congo : rupture des antirétroviraux

 

Au Congo-Brazzaville, les personnes vivant avec le VIH/Sida sont confrontées à une rupture des stocks d’antirétroviraux distribués gratuitement depuis 2007.

La distribution des antirétroviraux est suspendue dans ce pays depuis six mois.

Le Réseau national des Associations des Positifs du Congo, RENAPC, qui a mené à Brazzaville une action de plaidoyer en faveur de tous les malades privés de traitement demande aux autorités de réagir.

Les antirétroviraux sont fournis gratuitement par le gouvernement aux malades du Sida pour améliorer leur qualité de vie.

« Cela fait six mois que je n’ai pas pris mes ARV et je me sens fatiguée » a confié à la BBC une séropositive sous anonymat.

Jean Pierre Mahoungou le directeur exécutif du RENAPC, lui, signale que le Congo éprouve depuis 2011 des difficultés à distribuer les médicaments aux malades y compris les réactifs de suivi biologique.

Il précise en outre que les dépistages ne sont plus assurés.

Selon des chiffres officiels, 38500 personnes vivent avec le Vih/Sida dans ce pays.

Diffusé le 1er décembre 2016

Source : BBC

 

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Published by Gri-Gri International - dans Congo Sassou Francophonie Santé
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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 20:17

Information mise en ligne par Théophile Kouamouo

Coup de théâtre. La Cour africaine des droits de l'homme et des peuples a déclaré, aujourd'hui (18/11/2016), la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne non conforme au droit international.

En votant la loi qui fonde cette institution, considérée comme "discriminatoire" envers l'opposition et les candidats indépendants, l'Etat de Côte d'Ivoire a "violé son obligation de créer un organe électoral indépendant et impartial, prévu par l'article 17 de la Charte africaine sur la démocratie et l'article 3 du protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, et qu'il a également par voie de conséquence violé le droit des citoyens de participer librement à la direction des Affaires publiques de leur pays garanti par l'article 13 (...) de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples".

La Cour africaine des droits de l'homme et des peuples lui "ordonne" de modifier la loi sur la CEI pour la rendre conforme aux chartes et conventions auxquels il est partie. C'est une victoire de taille pour l'APDH, association de défense des droits de l'Homme locale, et pour son avocat, Maître Bernard Guizot Takoré, qui a pensé et monté cette procédure assez novatrice sous nos cieux.

La lecture de la décision en vidéo.

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Published by Gri-Gri International Théophile Kouamouo - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 Francophonie Françafrique Politique
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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 13:40

Version vidéo de la biographie que vous pouvez retrouver ci-dessous

Page Facebook de Melzza

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Published by Gri-Gri International Grégory Protche - dans Arts & culture
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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 13:33

Mesdames, Messieurs, bonjour.

Je voudrais vous souhaiter la bienvenue et vous saluer très chaleureusement, d’être présents à cette conférence débat « Dictature et Economie au Congo Brazza », et bien sûr pour la promotion du livre de Modeste Boukadia. 

Plus de 20 ans en quelques lignes

Dans les années 90, je découvre le Congo,celui de l'après Conférence Nationale Souveraine avec Modeste Boukadia plein d'espoir de revivre "Brazza la verte".  

Je découvre les spécialités de la gastronomie locale :  poissons, gibiers comme le cibici, le phacochère. Ces mets succulents sont dégustés au restaurant "le sergent recruteur". Nous sommes servis par un monsieur, qui pour l'occasion a enfilé une redingote malgré la chaleur. Mais avec le coup d'état, ce monsieur est assassiné et son restaurant brûlé. D'autres à titre d'exemple,le journaliste sportif Clément Massengo connu sous l'appellation "Docteur Fu Manchu", le restaurateur de "l'île du père Feignant" sont pourchassés et tués

1996,

Nous sillonnons le pays. Modeste Boukadia commence à se faire connaître dans l'arrière-pays et notamment parmi les Anciens. Il règle les droits d'inscription (5 millions de FCFA soit plus de 7600€) et se déclare candidat à l'élection présidentielle en sa qualité de Président du CDRC, Cercle des Démocrates et Républicains du Congo, c’est le 2ème parti enregistré.

Dans ce pays, ce ne sont pas des mains que l'on sert au marché pour la campagne. Ce sont,des vivres que l'on apporte au village visité en offrandes au Chef pour les villageois. Pour 300km, ce n'est pas 3h d'autoroute ou de nationale, mais 6h de routes pas entretenues, des chemins ravinés et de ponts peu rassurants même en 4X4 

Mais le 5 juin 1997, des canons déchirent ce calme. Un conflit fratricide éclate. La population fuit les villes, l'arrivée des milices. Cobras, Ninjas, Cocoyes sont les plus importantes

 Modeste Boukadia se déclare en 2009 candidat à l'élection présidentielle. L'inscription coûte 9 millions de FCFA. Nous reprenons le chemin de battre campagne et de recevoir beaucoup de personnes à la maison. Ces visites arrivent à n'importe quelle heure y compris celle du repas. La table s'allonge naturellement

Cette élection ressemble à un jeu pipé. Aucun candidat n'a accès aux communications médiatiques. Ceux qui acceptent voient leurs rédactions fermées/diffusion de bloquées. Pour pouvoir s'inscrire, le président sortant impose aux candidats 3 consultations médicales.  Modeste Boukadia refuse cette tactique et suspecte des diagnostics pouvant être télécommandés. Sa réponse est que sa femme est médecin. Il se retire et appelle au boycott de ces élections qui ne sont pas si claires et transparentes. La chasse à l'homme commence. Juin 2009 Modeste Boukadia est recherché et retourne en France. 

Il revient au Congo début 2010

Mars et juin 2013, année de ces 2 grands rassemblements, avec autorisations demandées et accordées + les contributions pour les dits dérangements. 

Une foule importante répond à l'appel et est présente par conviction. 

21 Août 2013, des gendarmes ou policiers arrêtent sans présentation de mandat 28 membres du parti à Pointe Noire. Modeste Boukadia arrive à leur échapper et rejoint la France en septembre. Par les voies diplomatiques et le respect du droit, il informe médias, gouvernements et organismes internationaux. L'ONU lui répondra en 2015 que ce sont des arrestations arbitraires et abusives. 

2014, l'association FVCB organise une manifestation devant l'ambassade du Congo. 

La raison : ils avaient arrêté un bébé de 8 mois avec sa mère. 

Le prétexte : l'enfant s'appelle Modeste Boukadia et pour eux, ils ont arrêté le président du CDRC. 

De 2013-fin 2015, Les associations Union Congo et AFSPP-CB ainsi que tous les amis fidèles et la famille, nous nous mobilisons pour communiquer et informer médias, politiques et organismes nationaux et internationaux de ce kidnapping avec un procès cousu de fil blanc qui se déroule à Pointe Noire, téléphoniquement télécommandé par Brazzaville. 

Sur les 28 détenus, 14 sont libérés, 2 avec 2 ans de détention toujours emprisonnés, cela fait déjà 3 ans. 

2016 

 Pour présenter ses vœux à la presse locale, comme chaque année, retrouver MaLoutaya, la maman du Président du CDRC, nous prenons l'avion le 15/01/2016 pour 3 semaines. À Maya Maya, nous attendent 4000 sympathisants, membres du parti et la famille. Face à eux 2000 militaires, gendarmes, policiers garde républicaine et 4 blindés accompagnés d'un hélicoptère.

Une vingtaine d'hommes en uniforme remontent le flux de passagers qui sortent de l'avion et arrêtent Modeste Boukadia au début de la passerelle. Je m'impose et suis mon mari. A un moment, je fouille dans mon sac à main, et un militaire/policier me somme en aboyant de ne sortir ni de téléphone ni appareil photo. 

Dans les bureaux de l'aéroport, ce même homme en chemise noire lui demande s'il reconnaît les faits. Il tend à Modeste Boukadia une feuille de papier tamponnée sans rien d'autre d'officiel, sur laquelle est inscrit la condamnation par contumace à 30 ans de travaux forcés. Modeste Boukadia ne répond rien. Je regarde la feuille posée et lui répond :" nous n'avons rien reçu ni du gouvernement de la République du Congo ni de son ambassade à Paris, nous ne pouvons reconnaître ce que nous ignorons". 

Après avoir ouvert sa mallette, il sort le mémorandum imprimé. Il s'écrit :"ça y est j'ai la preuve". Suite à sa découverte, je lui rétorque :" c'est non seulement sur le net, envoyé aux chefs d'état, aux organismes internationaux. S'il n'y avait pas tant de coupure d'électricité, ce document ne serait pas imprimé". Frustré, il sort le drapeau. Un gradé s'approche et énonce :"il y a du rouge, du jaune, y-a-t-il du vert ?". Leur mauvaise foi évidente me fait lui répondre :" mon mari n'est pas un officiel de la République du Congo." 

Il interpelle un soldat qui sort le drapeau, le pose au sol et s'apprête à le mesurer. De peur qu'il marche dessus, j'énonce :"ce drapeau est enregistré à l'ONU et possède les mesures requises". Le supérieur donne l'ordre de le ramasser. Là encore j'interviens :" ce n'est pas du linge sale, vous l'avez trouvé plier et ranger dans son plastique, je souhaite qu'il retrouve sa situation initiale". 

Nos valises sont ensuite apportées. "Quelle est la valise de monsieur Boukadia ? Ma réponse :"J'imagine monsieur, que vous n'êtes pas marié, car une femme cherche à gagner de la place et ne fait pas une valise par personne". 

Le plus gradé m'annonce que Modeste Boukadia va partir à la maison d'arrêt de Pointe Noire. Pour que j'accompagne mon mari il me faut acheter un billet.

À mon retour, Modeste a été emmené menotté. La foule réagit en le voyant sur la terrasse. Les hommes armés chassent les sympathisants. 

Le lendemain, à Pointe Noire, j'achète le droit de visite pour une semaine. Je retrouve mon mari, fatigué. 

1ère action lui apporter un nécessaire de toilette et du linge de rechange. 

La 2ème étape mettre en place son alimentation et eau de l'extérieure. 

3ème temps, rendre visite au Consul et lui expliquer l'arrestation abusive de ce Français Congolais. 

Le consul m'explique que pour les binationaux sont français en France et congolais au Congo. L'exemple de la franco-colombienne, Ingrid de Betancourt, me revient en tête et la France a largement contribué à sa libération. Le consul me dit que Modeste Boukadia a fait un meeting sans autorisation.  Son bras droit présent à mes côtés, lui tend les photocopies prouvant non seulement que le président du CDRC a fait une demande mais que celle-ci lui fut accordée et payée.  

Le consul général, le consul et le consul adjoint vont rendre visites Modeste Boukadia, en janvier, mars et juin. 

De retour sur Brazzaville, j'effectue la tournée de toutes les ambassades y compris la nôtre. A cette dernière, j'entends des inepties dans la bouche de l'ambassadeur.

Le rythme du séjour : visites à Modeste matin et après-midi, courses, administrations, occupent largement la journée sans parler des embouteillages liés à la dégradation extrême de la chaussée au niveau du marché Tsié Tsié. 

Autre élément important :  trouver un avocat capable de plaider ce type de dossier. 

Suite au rendez-vous avec monsieur Brice Makosso, direction à la commission : justice et paix. Bref descriptif de chacun des 3 avocats proposés. Le parcours de l'un retient mon attention. Syndicaliste ayant fait de la prison puis en sortant devient avocat. Je prends RDV avec cet homme qui accepte de plaider la cause. 

Février – Mars 2016 : les frais d’inscriptions pour être candidats s’élèvent 25 millions de FCFA soit 32 800€ sans compter les frais de campagne et meeting. Mais un candidat potentiel est retiré d’office des prétendants, à l’insu de son plein gré. Il végète dans une cellule de la maison d’arrêt de Pointe Noire parce qu’il veut un Congo Libre. 

4 Avril 2016. Il y a des tirs dans Brazza. L'avion décolle de Roissy avec 4h de retard. A l’arrivée, impossible de sortir du périmètre. Militaires cagoulés sillonnent sur des voitures portant un fusil mitrailleur. A certains carrefours, c'est purement du racket, faisant sortir tout le monde du véhicule, présentation des pièces d'identité. Les passeports étrangers ont du mal à revenir à leurs propriétaires. Le soir, c'est pire encore. Fouille des voitures pour chercher des armes, certains hommes ont même eu le plaisir de se faire palper. 

Même rythme qu'en janvier. Les visites à Modeste ne se déroulent plus au parloir chaud puant et truffé d'insectes mais dans l'espace entre l'enceinte et le bâtiment. C'est beaucoup moins de bruit et mieux ventilé par une brise agréable. 

Brazzaville, un court séjour pour enterrer dignement Marianne Loutaya et représente Modeste qui n'a pas eu l'autorisation de sortir accompagner sa mère à sa dernier demeure. Un greffier a inscrit "devant la caducité de l'événement, la demande de liberté provisoire est rejetée". 

Octobre 2016. Changement de directeur de la maison d'arrêt de Pointe Noire. Les promenades sont interdites. Il n'y a plus de privilèges pour personnes. Pas pour tous ! 

"Je suis nommé par le ministre de la justice" m'annonce ce personnage qui confond RDV et audiences. Rassurez-vous, il n'est ni président, ni pape encore moins têtes couronnées puisqu'il n'est que l'exécutant d'un ministre.

Moins de militaires visibles dans les véhicules, mais des blindés toutes sirènes hurlantes traversent la ville pour aller.... à la pompe à essence. Oui, rupture de carburant au pays du pétrole. La longueur de queue peut atteindre 1 km. Les militaires qui montent la garde sont maintenant armés, différence notoire. C'est vrai que l'on est fort avec des armes contre en face, rien que leur malnutrition, leur confiance perdue, mais pas encore l'abnégation. 

Novembre 2016. Pour faire sentir que ce régime présidentiel tient la population, on menotte les portes de communications entre parloir et cour des prisonniers, le soir et partant avec la clé. Fait intéressant lorsque les archives s'enflamment spontanément, sans électricité ni mégots ni essence.

Pour fêter son 11ème mois de détention arbitraire et abusive, le directeur de la maison d'arrêt accompagné de 4 gendarmes ont offert à Modeste Boukadia, de beaux bracelets ... au sein même de cet espace carcéral. Non pas pour sortir voir le juge qui ne veut pas le recevoir, pas encore, attendons demain disent-ils. Qui sait peut-être la prochaine étape sera le quartier disciplinaire pour bientôt ? Un homme qui aime et respecte la vie, pour avoir sauvé celle de Denis Sassou, respecté par tous les prisonniers actuellement, n’est-ce pas une provocation pour une insurrection ? Toutes les conditions sont requises.

Pendant ce temps, pour soutenir sa libération, je me suis rendue à un rassemblement de la diaspora congolaise, témoigner sur les prisonniers qui ne mangent qu'un jour sur deux et une cuisse de poulet pour 3 détenus, tellement la trésorerie de cette administration est sur la paille. Ils établissent des listes après d'autres listes de détenus ou prisonniers susceptibles de verser 100000 FCFA soit 153€, le quart d'un salaire d'enseignant. Cette aspiration à construire la société civile qui manque tant au Congo, ne peut être qu’un acte positif avec de jeunes pousses, et pour une fois, que les aînés cèdent leur place pour instruire et construire l’avenir de cette Nation. 

Conclusions

Un Sage a dit : "Ma liberté et la vôtre ne peuvent pas être séparées". 

Modeste Boukadia est un unificateur, qui aime son pays et pense " le Ensemble " pour que le Congo puisse se redresser. Que nous le voulions ou non, tous les Congolais sont responsables de ce qui les uniront demain. Modeste Boukadia a créé le CDRC, il l'a implanté et l'a fait grandir. Un parti autonome, conciliant économie, respect, dignité, santé, scolarité, communications et l'honneur d'être l'Union pour Une Nation.

C'est un leader à l'esprit libre. On ne l'emprisonne pas. Ni les barreaux qui retiennent son corps, ni les manipulations ou récupérations de son travail, de son image ou de ses idées en prenant des mégaphones ou outils informatiques.

Il n'y a pas de réconciliation possible sans une pleine acceptation du passé, que chacun endosse ses torts, les explique et s'apaisera les visions du futur grâce à la compréhension et la place exacte de l'Histoire. Le passé doit être d'abord compris non retouché pour être des leçons édifiantes. 

Il n'y a, face au passé, qu'une attitude qui vaille : la lucidité. C'est dans cet état d'esprit que cet ouvrage a été rédigé tout en proposant des possibilités concrètes pour un Congo du XXIème siècle et sa mondialisation. Modeste Boukadia y aborde la monnaie, le travail, les relations nationales et internationales et les richesses dont la plus importante est la population. Un pays sans jeunesse, sans mémoire des anciens, sans culture ni instruction n'est plus qu'un fantôme.

Je conclus par ce proverbe africain : Tant que les lions n’auront pas leur propre histoire, on glorifiera toujours le chasseur.

Merci de votre attention.

 

PS : ci-dessous un entretien accordé par Mme Boukadia au Gri-Gri International

PS 2 : pour vous procurer le livre ICI.

 

19/11/2016 Mme Nadine Boukadia

19/11/2016 Mme Nadine Boukadia

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 01:25

Passant en revue un très informé site relatif aux questions militaires, à l’armée et aux soldats français en particulier, Opex 360, en date du 11 novembre dernier, on pouvait lire le solide et circonstancié récit du parcours de Camille Mortenol.

Creusant le sujet, on tombe vite sur le portrait que fait de Camille Mortenol l’essayiste Claude Ribbe, sur le site Une autre histoire, dont il est l’initiateur.

Eclairages, focus et conclusions différentes, logique.

Il nous a néanmoins semblé profitable de vous proposer ces deux présentations sans autre forme de commentaire.

 

Sur Opex 360

Camille Mortenol, un fils d’esclave devenu officier de marine et défenseur de Paris

Sous l’impusion de Victor Schoelcher, la IIe République adopta, le 27 avril 1848, un décret abolissant l’esclavage. Et, ainsi, près de 250.000 esclaves antillais, guyanais et réunionais, devinrent des citoyens à part entière.

En Guadeloupe, un dénommé « André » n’avait pas eu à attendre l’application de ce décret puisqu’il avait été « affranchi » un an plus tôt par un arrêté du gouverneur de l’île et adopta « Mortenol » comme patronyme. Et, en novembre 1859, son épouse, Julienne, lui donna un fils, qu’il baptisa Sosthène Héliodore Camille.

Élève de l’école communale tenue par les Frères de Ploërmel, le jeune garçon montra très tôt de grandes facilités intellectuelles, en particulier dans le domaine des mathématiques. Et il fut ainsi remarqué par Victor Schoelcher, qui fit jouer de ses relations pour lui obtenir une bourse pour lui permettre de continuer ses études au lycée Montaigne à Bordeaux. Là, Camille Mortenol obtint son baccalauréat ès Sciences et prépara le concours d’entrée à l’École Polytechnique, où il fut reçu en 1880. Il y fut en effet accueilli par ses camarades avec cette cote :

« Si tu es nègre, nous sommes blancs ; à chacun sa couleur et qui pourrait dire quelle est la meilleure? Si même la tienne valait moins, tu n’en aurais que plus de mérite à entrer dans la première École du monde, à ce qu’on dit. Tu peux être assuré d’avoir toutes les sympathies de tes ans. Nous t’avons coté parce que l’admission d’un noir à l’X ne s’était jamais vue ; mais nous ne songeons pas à te tourner en ridicule ; nous ne voyons en toi qu’un bon camarade auquel nous sommes heureux de serrer la main. »

Premier élève de couleur noire de Polytechnique, Camille Mortenol se distingua par ses résultats : il en sortit classé 18e sur 205. Sa scolarité à l’X terminée, il choisit de faire carrière dans la Marine, pourtant très élitiste et aristocratique à cette époque. Ce choix s’explique probablement par le métier de son père, qui était maître voilier.

Devenu officier de marine, Camille Mortenol participa à « pacification » de Madgascar, où il fut repéré par le général Galliéni. En 1895, grâce à ses faits d’armes, il fut fait chevalier de la Légion d’Honneur. Par la suite, il prit part à de nombreuses autres campagnes militaires, dont à l’expédition de l’Ogowé, au Gabon, en 1901. Puis, entre deux missions, il obtint son brevet de torpilleur, domaine dans lequel il distinguera particulièrement.

Mais si la République française ne regardait pas les origines et la couleur de ceux qui la servaient, il n’en allait pas forcément ainsi dans d’autres pays à l’époque. Lors d’une escale, dans un port étranger, du navire sur lequel il était commandant en second, il ne fut pas invité à une réception par les autorités locales… Le « pacha » du vaisseau français prétexta alors un malaise pour permettre à Camille Mortenol de prendre la tête de la délégation française…

À partir de 1904, promu capitaine de frégate, Camille Mortenol servit plusieurs fois en Extrême-Orient. Il prit même le commandement, trois ans plus tard, de la 2e flottille des torpilleurs des mers de Chine méridionale et orientale.

Puis vint la Première Guerre Mondiale. En 1915, le capitaine de vaisseau Mortenol compte alors 34 années de service, dont 26 passées en mer. En poste à Brest, il fut alors appelé par le général Galliéni, gouverneur militaire de Paris, pour organiser la défense contre aéronefs (DCA) de la capitale. Mission qu’il accomplira avec succès.

Le dispositif qu’il mit en place s’appuya notamment sur l’installation de projecteurs de grande puissance afin de pouvoir déceler la présence d’aeronefs ennemis, ainsi que sur des unités de « tireurs d’infanterie » et d’artilleurs, mettant en oeuvre des canons de 47 et de 75. L’idée maîtresse était alors d’assurer une surveillance relativement éloignée du camp retranché de Paris afin de prendre au plus vite les mesures nécessaires pour neutraliser les dirigeables Zeppelin et autres avions allemands dès leur signalement.

Le 21 mars 1915, ces moyens permirent de déjouer une tentative de raid allemand sur Paris. Le général Galliéni écrivit : « L’attaque a permis de constater le bon fonctionnement de la défense contre aéronefs… Le système des postes de guet, transmissions téléphoniques,…a donné son plein rendement. Les projecteurs ont constamment tenu sous leurs feux les objectifs aériens… L’artillerie a ouvert le feu sitôt l’ennemi en vue mais les difficultés de réglage n’ont pas permis de donner au tir toute l’efficacité désirable. Les escadrilles, volant de nuit, on fait preuve de hardiesse… Le Général de division, GMP, adresse ses félicitations à tout le personnel de la DCA et du Service de l‘Aéronautique… et appelle l’attention sur la nécessité de perfectionner et d’améliorer le tir et d’obtenir plus de rapidité dans la manœuvre. »

En 1917, atteint par la limite d’âge de son grade, le capitaine de vaisseau Mortenol est maintenu dans ses fonctions, mais avec les galons de colonel d’artillerie de réserve. La guerre terminée, il prit sa retraite définitive en 1919 et fut fait commandeur de la Légion d’Honneur un an plus tard, avec cette citation : « Officier supérieur du plus grand mérite, à son poste jour et nuit pour veiller sur Paris, assure ses fonctions avec un rare dévouement et une compétence éclairée. »

L’on pourrait déplorer que Camille Mortenol n’ait pas pu terminer sa longue et riche carrière avec les étoiles d’amiral. Mais cette perspective ne pouvait pas être envisagée à l’époque, étant donné qu’il n’avait jamais pris le commandement d’un navire dit de premier rang. Viscéralement attaché aux valeurs de la République, il eut la tentation, pendant un temps, d’avoir des activités politiques. Il s’éteindra le 22 décembre 1930, à Paris.

Sur Une autre histoire

 

Le futur commandant Mortenol est né à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) en 1859 dans une famille pauvre. Son père, esclave né en Afrique, n’avait été affranchi que onze ans plus tôt.

Brillant élève au séminaire-collège diocésain de Basse-Terre,  Camille Mortenol est remarqué par Victor Schoelcher qui lui obtient une bourse afin de poursuivre des études secondaires à Bordeaux, au lycée Montaigne.

En 1880, Camille Mortenol est facilement reçu à l’École polytechnique. C’est l’un des premiers Antillais (après Perrinon) à entrer dans cette école.

Une légende veut que le président Mac-Mahon, connu pour ses gaffes, ait visité l’école. Ayant demandé à voir le « nègre » (ainsi nomme-t-on le meilleur élève de la promotion), on lui aurait désigné Mortenol. Et Mac-Mahon, embarrassé, aurait lancé : « Ah, c’est vous le nègre ? Eh bien continuez ! »

Si l’anecdote est vraie – ce qui reste à démontrer- il serait difficile que cette visite ait pu avoir lieu alors que Mac Mahon était président de la République puisque, ayant démissionné en 1879, il avait été remplacé par Jules Grévy au moment où Mortenol était élève à Polytechnique.

Sorti de Polytechnique en 1882, Mortenol choisit de faire carrière comme officier de Marine.

De ce fait, dans un contexte d’expansion coloniale,  Mortenol, en 1894, sous les ordres de Galliéni, participe à la conquête de Madagascar où il se heurte à une résistance inattendue de l’armée malgache. Il intervient également au Gabon et en Extrême-Orient.

Au moment où la Grande guerre se déclenche, Mortenol, malgré sa qualité de polytechnicien et plus de 30 ans de services, est toujours capitaine de vaisseau (un grade équivalent à celui de colonel dans l’armée de Terre). Polytechnicien et toujours colonel à l’âge de 54 ans, alors qu’il aurait dû être amiral depuis longtemps.

Comment expliquer cet avancement médiocre : le préjugé de couleur ou un comportement trop favorable aux indigènes qu’aurait pu avoir Mortenol à l’occasion de ses campagnes coloniales ? Peut-être les deux.

En 1915, Galliéni, gouverneur militaire de Paris, fait appel à Mortenol, qu’il avait eu sous ses ordres à Madagascar, et lui confie la défense antiaérienne de Paris.

Dans ces fonctions, installant des projecteurs de forte puissance, Mortenol joua un rôle essentiel pour contenir les raids de bombardement aérien allemands qui avaient commencé sur la capitale dès l’été 1914 et qui auraient pu se développer dangereusement avec les progrès de l’aéronautique.

Mortenol prit sa retraite à la fin de la guerre avec le grade de colonel d’artillerie de réserve.

La dernière partie de sa vie, moins connue, n’est pas sans intérêt, car il semble que Mortenol, jusqu’à sa mort, en 1930, ait profité des loisirs que lui procurait sa retraite pour s’impliquer très activement dans les mouvements antiracistes, voire anticolonialistes, qui se développèrent à Paris pendant l’entre-deux-guerres, notamment autour de Lamine Senghor.

On peut expliquer ce revirement ou cette radicalisation, même si Mortenol resta toujours assimilationniste, par une prise de conscience tardive du rôle qu’il avait joué dans l’expansion coloniale de la Troisième république et peut-être aussi par le constat que sa carrière avait certainement été freinée par les préjugés racistes d’une hiérarchie qui ne lui a pas permis d’accéder au grade d’amiral auquel il pouvait légitimement prétendre.

Il repose au cimetière de Vaugirard, division 5, au n°320 de la rue Lecourbe à Paris. 

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 12:23

Ivor Ichikowitz- Antou Sassou et Jean Yves Ollivier

Ivor Ichikowitz- Antou Sassou et Jean Yves Ollivier

 

(Paru initialement sous le titre : Les armes qui tuent dans le Pool sont sud-africaines)

 

La police congolaise de Jean-François Ndenguet est équipée d’armes de guerre, ou pour le moins d’équipements qui s’y apparentent. Aujourd’hui, son principal fournisseur en est la société sud-africaine Paramount Group. Elle appartient à Ivor Ichikowitz, qui la préside. Dans son droit de réponse, du 15 avril 2016, après la publication par le NouvelObs d’un article soulignant la participation financière de sa fondation familiale à une tournée de l’Alma Chamber Orchestra en Afrique du Sud, il a rejeté le terme péjoratif de « marchand d’armes » en mettant en avant « la fabrication de matériel de défense » de son groupe.

Outre ses activités philanthropiques dans le domaine musical que tout le monde connaît maintenant, Ivor Ichikowitz revendique d’avoir été un collecteur de fonds, à l’âge de 22 ans, pour l’ANC et qu’il avait ainsi contribué à la fin de l’apartheid et à la libération de Nelson Mandela. Ce volontaire de la paix et de la fraternité en Afrique tolère curieusement que ses « véhicules de défense », comme le Marauder, soient achetés et utilisés par la Police congolaise.

Le groupe sud-africain, avec un Marauder deux fois plus imposant que le Tiger GAZ, a ainsi supplanté la Russie dans la fourniture de  véhicules blindés. Le choix du dictateur congolais s’est porté sur le matériel le plus puissant et le plus performant dans sa capacité meurtrière.

Le Marauder est un monstre d’acier blindé, pesant jusqu’à 17 tonnes équipé pour le combat. Avec sur son toit une mitrailleuse lourde de 14,5 mm en tourelle, ce véhicule est une machine à tuer, sans risque, des combattants peu armés ou pour le moins à semer la terreur auprès de paisibles populations civiles. On ne saurait ignorer sa destination criminelle en acceptant  de livrer ces engins et véhicules, ainsi équipés, aux couleurs de la police congolaise. Cette dernière doit être la seule au monde, avec celle de la Corée du Nord, à bénéficier de véhicules blindés avec mitrailleuses lourdes. Le peuple congolais en sera reconnaissant ! Merci Denis Sassou Nguesso !

 

Le Group Paramount est également fournisseur d’hélicoptères, dont le Mi Super 17, qui serait utilisé dans différentes missions dans le Pool. Ses capacités sont multiples, autant que ses équipements de combat, du lancement de missiles, de mitraillage lourd ou de bombardement.

L’acquisition de ces « matériels de défense » atteste de la préméditation des évènements que l’on connait actuellement dans le Pool. Ces « matériels » n’attendaient que le moment propice de leur utilisation. Le plan du hold-up électoral était depuis longtemps établi. La moindre contestation devait être sauvagement réprimée au moyen d’équipements sophistiqués. Quant à tout mouvement de révolte, il serait qualifié de « terroriste » par l’usurpateur qui avait reçu du président François Hollande, la permission de consulter son peuple, pour un référendum truqué ! Malgré tout, le tyran a toujours la trouille au ventre. Dès la tombée de la nuit, les carrefours importants de Brazzaville sont bouclés par des barrages tenus par des éléments armés étrangers (Rwandais, Angolais, Centrafricains) qui comprennent mal le français… Il est risqué de se promener après 21h30 et l’état de guerre s’est invité dans la capitale.

Denis Sassou Nguesso s’est imposé, sur le continent africain, comme un modèle dans le contournement des aspirations démocratiques et pour la maltraitance des populations. Les principes à suivre en sont l’accaparement des ressources nationales, l’orientation de l’Armée et de la Police en une force d’occupation du pays, et l’usage sans limite d’une communication positive pour masquer tous les travers de son pouvoir. Ainsi, on pouvait remarquer, le 17 août 2014 dans la tribune officielle du défilé militaire de la fête de l’Indépendance du Gabon, les symboles de cette trilogie qui s’impose désormais dans toute l’Afrique Centrale. En brochette, curieusement côte à côte :

Descalzi-Ichikowitz-Attias, le, le 17-août-2016 à Libreville (Gabon)

Descalzi-Ichikowitz-Attias, le, le 17-août-2016 à Libreville (Gabon)

  • Claudio Descalzi, le patron d’ENI,

  • Ivor Ichikowitz, Paramount Group,

  • Richard Attias, le communiquant.

 

Tour à tour, chacun joue sa partition aux ordres du Chef d’Orchestre, Denis Sassou Nguesso, pour participer au pillage, pour aider aux massacres ou pour entonner les hymnes à sa gloire !

 Les plans du tyran se déroulent comme prévus ; les revenus ont été complètement pillés ; les protestataires sont emprisonnés, éliminés ou terrorisés ; les grandes voix se taisent concernant le Congo-Nguesso après avoir été nourries grassement dans des forums bidons, oscillants entre lobbying et corruption.

Les nouvelles qui nous parviennent du Pool, de plus en plus alarmantes, doivent conforter le tyran tout en indisposant de plus en plus ses soutiens. L’étonnante coalition de libérateurs de Nelson Mandela, autour de l’autocrate sans pitié, ne lui permettra pas de s’extirper du piège dans lequel il s’est lui-même fourré. Pour tous nos parents sous les bombes et pour tous ceux qui ont été emprisonnés, il est grand temps que cette tragédie se termine.

Rigobert Ossebi

Diffusé le 02 novembre 2016, par www.congo-liberty.com

Le Marauder est un monstre d’acier blindé, pesant jusqu’à 17 tonnes, équipé pour le combat

Le Marauder est un monstre d’acier blindé, pesant jusqu’à 17 tonnes, équipé pour le combat

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 09:47

 

Quand un garçon survit grâce à son maigre salaire de «prentikê» sur une Sotrama, quand un garçon ne supporte pas de voir sa sœur se prostituer pour pouvoir acheter les condiments qui manquent, quand un garçon s’attend à devenir le chauffeur d’une Sotrama, et que le fils du patron lui vole la place, le désespoir l’envahit. Il ne veut pas passer le reste de sa vie accroché à la porte d’un des minibus verts qui sillonnent la capitale malienne, d’un quartier à l’autre, en quête de passagers. Il a les mêmes ambitions que tous les jeunes du monde, il veut s’en sortir, il veut réussir.

Il ne voit qu’une solution à sa misère financière et morale, aller frapper à la porte de la belle maison que tout le monde connaît pour offrir ses services aux trafiquants de drogue qui y habitent. Peu importent le risque, la peur, l’illégalité, au bout, il y aura de l’argent, beaucoup d’argent, énormément d’argent. Fini, l’humiliation, fini, la galère, fini, la prostitution de sa sœur. Il est un chien au bas de l’échelle sociale, il sera un chien dans ce milieu sans foi ni loi. 

C’est l’histoire de Ladji dans Wùlu, le film réalisé par le jeune franco-malien Daouda Coulibaly. Projeté en avant-première au Forum des Images, à Paris, le jeudi 24 novembre, Wùlu a impressionné le public. Le fourmillement de la gare routière de Rail Da à Bamako, les échoppes sombres où on encaisse les injustices les dents serrées, les ruelles défoncées, les portes closes derrière lesquelles chacun cherche une solution à la pauvreté. Le silence qui vaut mieux que les paroles qui ne serviraient de toute façon à rien. La puissance de celui qui possède sur celui qui n’a rien. La corruption et le trafic illicite en filigrane, à tous les niveaux. 

La peur de Ladji qui transporte la drogue entre Bamako et Conakry quand les contrôles policiers ou militaires se font trop insistants. La violence du trafic subie dans le septentrion. C’est le choix déterminé et silencieux de Ladji, car au bout de tout, il y a l’argent. Quoiqu’il soit contraint de faire, Ladji va réussir. L’argent remplacera la misère, les produits de luxe remplaceront la prostitution de sa sœur. L’ascension sera fulgurante pour eux deux. 

Après la projection du film, le public a pu échanger avec l’équipe du film. Daouda Coulibaly a expliqué qu’il travaillait déjà au scénario de Wùlu lorsqu’en 2009, un avion cargo, rempli de cocaïne, atterrissait dans le Nord du Mali. Il a donc inscrit son film dans le contexte nébuleux de ce qu’on appelle l’affaire Air Cocaïne. Il avait prévu de tourner Wùlu au Mali, mais l’insécurité qui y règne depuis début 2012 l’a amené à changer ses plans. Mises à part quelques scènes à Bamako, la majeure partie du film a été tournée au Sénégal. 

Conseiller en stratégie sur l’Afrique, ex- sous-directeur du service Afrique occidentale, chargé du Mali au sein du ministère français des Affaires étrangères, Laurent Bigot avait été invité à la projection. Selon lui, «Wùlu est un film courageux, car il aborde un sujet pratiquement tabou. Un sujet dont personne ne parle, ni les Maliens, ni le gouvernement malien, ni la communauté internationale, alors que le fond de la crise malienne repose sur le trafic de drogues, de cocaïne en particulier. Les vrais sujets de la crise malienne sont les trafics. Les réseaux terroristes sont avant tout des réseaux narcotrafiquants. Tout le monde le sait. Tout le monde y est mêlé, le Mali, les pays de la sous-région, les groupes armés, l’Occident, donc personne n’aborde la question.» 

Le parcours de Ladji est un parcours individuel, mais il est le reflet d’une tendance lourde de la société. Les jeunes ne se voient pas d’avenir, ils ne voient pas comment sortir de leur misère socio-énonomique. Certains subissent passivement, d’autres partent «à l’aventure vers l’Eldorado européen», une poignée de ces jeunes désespérés prend la même décision que Ladji. Dans un pays où la moitié de la population a moins de 16 ans, les décideurs nationaux et internationaux devraient agir, et vite, car il y va de l’avenir de tout un pays, il y va de la dignité d’un peuple.  

Dans Wùlu, l’atmosphère est pesante, oppressante, les images sont belles et dures à la fois. C’est un thriller. Un «polar» à l’odeur de désespoir, à l’odeur de trafic, à l’odeur d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), à l’odeur de sacs de drogue et de billets de banque qui passent d’une main à l’autre. Après avoir été présenté aux festivals internationaux de films de Toronto (Canada), Londres (Royaume Uni), Angoulême (France), Namur (France), et Hambourg (Allemagne), Wùlu vient de remporter le Prix du Public au 36ème Festival International du Film d'Amiens (France). Quand il sera projeté au Mali, Wùlu, que Laurent Bigot a qualifié de film engagé, recevra peut-être un accueil mitigé, car il met le doigt là où ça fait mal. 

Texte : Françoise WASSERVOGEL

SourceLe Reporter

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 09:19

Via le lien sous la vidéo, retrouvez diverses photos historiques de Fidel Castro en compagnie de leaders africains indépendants.

ICI.

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