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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 06:34

Je suis la preuve que l'impérialisme existe encore, L.Gbagbo

#ArticleLu 
#CPI #ProcèsDeLaHonte #MichelCollon22avril2017
Laurent Gbagbo, "Je suis la preuve que l'impérialisme existe encore"
Conférence du 22 avril à Paris 
Compte-rendu de Justine Okimi.
Lu par Grégory Protche
 
 
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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 05:03

 

L’histoire d’une falsification & la falsification de l'Histoire

 

Il y a 6 ans, Laurent Gbagbo était envoyé à la Haye par le pouvoir actuel de Côte d’Ivoire avec la complicité de la France. Charles Blé Goudé, son ministre de la jeunesse, l’a ensuite rejoint en mars 2014. Pourquoi l’ancien pays colonisateur s’est-il retrouvé au cœur d’une histoire qui ne le regardait, a priori, pas ? Quelle logique a poussé la France à vouloir déporter des dirigeants d’un pays si éloigné géographiquement ? Imagine-ton Laurent Gbagbo s’immiscer dans l’élection présidentielle française et sommer le vainqueur annoncé de se retirer ?

 

Le procès pour crimes contre l’humanité, entre autres chefs d’accusations, contre les deux hommes a débuté le 28 janvier 2016 si loin des terres d’Afrique, presque dans l’ombre comme pour cacher les raisons profondes d’une mise à l’écart nécessaire. A Paris, le 22 avril, une conférence intitulée « Gbagbo contre la Françafrique », menée sur la base d’une commission d’enquête, a mis à jour cette logique de descente aux enfers. Pendant plus de quatre heures, le conférencier Michel Collon, journaliste à Investig'Action et spécialiste des media mensonges, a détricoté avec seize témoins majeurs les mensonges inhérents à l’éviction d’un président dérangeant.

 

Il a mis en exergue l’incroyable communication qui a accompagné la mise sur orbite d’Alassane Dramane Ouattara, le poulain de la France, pays où la peur de voir Gbagbo changer le rapport de force a tétanisé les opérateurs économiques. Il n’y avait qu’une solution pour se débarrasser de l’intrus : pointer la dérive d’un pouvoir autocratique, dictatorial, capable de tuer ses enfants sur des bases ethniques notamment. Sans aucune preuve, jamais. Mais sur la foi de témoignages relayés à l’envi, souvent en off, par des diplomates via la presse internationale.

Le message inoculé dans les médias devait donner aux actions déstabilisatrices le poids de la légitimité. C’était le rôle d’acteurs clés de la Françafrique, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, Michelle Alliot Marie et leurs relais africains qui, dès l’élection de Laurent Gabgbo en 2000, ont tenté de casser le pouvoir né des urnes, de le salir pour ensuite le réduire au silence. L’opération s’est déroulée sans grande difficulté dans un silence assourdissant.

 

Michel Collon est ainsi revenu à la source et a mis en évidence les déviances des discours et des actes, le long cheminement vers les bombardements de la résidence présidentielle en avril 2010, ce clap de fin si longtemps attendu à Paris.

Collon a interrogé des acteurs de cette guerre de la France contre le régime Gbagbo qui ne dit pas son nom. Il a tenté de cerner les responsabilités, d’entrer dans les interstices de la propagande pour comprendre au mieux les raisons d’une telle mise en abîme de la Côte d’Ivoire. Certains étaient proches de Gbagbo comme son ancienne ministre de la santé Clothilde Ohouochi, d’autres, à première vue, très éloignés à l’image de Georges Peillon, le chef de presse de la force Licorne (nom des troupes françaises basées en Côte d'Ivoire). Son témoignage, édifiant, a révélé en creux le rôle de la France depuis l’arrivée de la rébellion en septembre 2002. Bernard Houdin, premier intervenant de l’après-midi, conseiller spécial de Laurent Gbagbo, est parti d’un constat simple basé sur les chiffres officiels donnés par l’ONU et la commission indépendante électorale aux mains de l’opposition politique ivoirienne : 600000 voix ont été ajoutées entre le lundi et le jeudi pour permettre un hold-up électoral en 2010 et assurer un succès facile.

 

Ensuite, tout s’est enchaîné très rapidement avec la demande express de Nicolas Sarkozy de laisser quelques jours à Gbagbo pour quitter le pouvoir. Le président français a d’abord mis en place un embargo, notamment sur les médicaments, fermé les banques liées à l’hexagone, comme le rappellent des intervenants, et, enfin, bombardé pour en terminer avec cet homme africain qui ose défier les autorités de l'ancienne colonie.

 

Les dépositions se sont accumulées pour expliquer le rôle de la France dans cette déstabilisation, comme celle de Clothilde Ohouochi qui a expliqué comment l’ambassadeur de France a tenté à plusieurs reprises d’empêcher la mise en place de l’assurance maladie universelle au début des années 2 000, cette sécurité sociale espérée depuis ses années de lutte dans l’opposition par Laurent Gbagbo. « Plusieurs fois, il est venu me voir pour me décourager de le faire car ça mettait en péril les sociétés françaises d'assurances sur place », explique celle qui est aujourd’hui contrainte à l’exil.

Gbagbo faisait peur à l’establishment français local convaincu que son leadership se traduirait par une remise en cause des avantages coloniaux.

 

Il était évidemment impossible de mettre en place un tel plan sur le long terme sans posséder l’information, outil essentiel de la propagande. C’est ainsi que Théophile Kouamouo a raconté comment le Monde, journal pour lequel il était le correspondant en Côte d’Ivoire, avait décidé de changer le sens de ses articles dès septembre 2002 quand la rébellion a tenté de prendre le pouvoir en coupant le pays en deux, un Nord aux mains de rebelles et un Sud tenu par le président élu. Ce jeune journaliste, qui rêvait de ce poste depuis sa sortie de la prestigieuse école de Lille, a dû démissionner pour ne pas voir sa plume trahie par des metteurs en scène parisiens dont Stephen Smith, son chef, alors considéré comme le spécialiste des affaires africaines en Europe. D’où provenaient ces informations déformées de Stephen Smith ?

 

Tel était le point de départ d’un long processus d’étouffement de la réalité, de la vérité. Il a fallu ensuite huit années et une élection pour sceller le sort d’un leader politique isolé à l’extérieur mais renforcé à l’intérieur. Georges Peillon dit lui-même que la force Licorne avait donné aux « politiques » des plans d’attaque des bases des rebelles. « En quelques jours, c’était réglé », dit-il en substance mais Michelle Alliot-Marie, la ministre de la Défense, a refusé de l’actionner. Pourquoi ? Peillon laisse l’auditoire se faire une idée mais il a préféré depuis démissionner de son poste…

 

Le point d’orgue aura été le bombardement de Bouaké en 2004 imputé à Laurent Gbagbo qui est aujourd’hui disculpé par les mêmes sources militaires. La lumière a jailli au fil de cette commission d’enquête qui a su rassembler d’éminentes personnalités allant de Ahoua Don Mello ancien ministre de Laurent Gbagbo, exilé politique au Ghana, à Guy Labertit, l’ami lors de l’exil de Gbagbo en France et adjoint au maire de Vitry, Bernard Genet, Bernard Houdin, Balou Bi, Professeur de l’Université d’Abidjan aujourd’hui exilé, Habiba Touré, avocat de Simone Gbagbo, Seed Zehe, avocat à la cour d'Auxerre, François Mattei, ancien journaliste à France-Soir, Albert Bourgi, professeur de droit international, Zokou Séri, avocat membre du conseil de défense à la CPI dans l'affaire Gbagbo/Blé Goudé contre le procureur, Mathilde Thépault professeur de français présidente de l'association Halte aux Génocides Mémoire et justice (HGMJ), Robert Charvin, professeur émérite de droit international.

 

Pour Bernard Genet, militant des droits de l'homme et de la souveraineté des Etats, le renversement découle de la vision politique de Laurent Gbagbo considéré comme un dangereux panafricaniste qui exigeait dès ses premiers écrits sur le traité de Brazzaville une vraie indépendance pour les anciennes colonies. « Je suis la preuve concrète que l’impérialisme, ça existe encore », a ainsi glissé Gbagbo à Guy Labertit lors de l’une de ses visites à la Haye.

 

Les moments les plus sombres de cette guerre contre la Côte d’Ivoire ont été abordés, comme ces exterminations commises par les rebelles, dénoncées par certaines associations des droits de l’homme comme Amnesty International et HGMJ entre autres mais qui ont pourtant été étouffées par les autorités françaises et ivoiriennes. Maître Seed Zehe et Mathilde Thépault sont ainsi sont intervenus pour parler de cet ouest ivoirien détruit, de ces massacres de la communauté Wé dont ils sont membres, sous le regard quasi complice de l’ONU. Mathilde Thépault a consigné méticuleusement les noms de ces victimes. Maître Habiba Touré a tonné : « Il y a les bonnes victimes et les mauvaises victimes. Personne (du pouvoir) n’a été poursuivi à la CPI alors que nous recensons 4000 victimes officielles. Le sentiment d’impunité est la norme en Côte d’Ivoire. Il y a des bourreaux qui ont égorgé des gens et ont utilisé les suppliques de leurs victimes comme sonneries de téléphone ! On se refuse de leur rendre justice… »

 

En une après-midi, Michel Collon a permis d’éclairer l’histoire douloureuse récente de la Côte d’Ivoire et la puissance destructrice des réseaux françafricains résolus à se débarrasser d’un gêneur. Et à l’envoyer devant la CPI, « cette justice politique d’exception » comme l’a résumé le professeur d’université Robert Charvin. Une CPI où se déroule un procès avec des témoins à charge qui à la surprise générale vont souvent à l’encontre des arguments d'un procureur parfois désemparé. Maître Séri Zokou, avocat de Charles Blé Goudé à la Haye, a même assuré : « Nous faisons le pari que nous n’aurons pas à présenter nos témoins ». Tant le dossier est vide. La commission d’enquête de Michel Collon a permis de comprendre les enjeux d’un nouvel épisode de la triste histoire de la Françafrique, une histoire si souvent falsifiée…

 

Texte : Justine Okimi

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 06:30

Mensonges hypnotiques sur le CFA Par Justin Katinan KONE .

En sciences médicinales, l’on appelle médicaments hypnotiques, les médicaments qui déclenchent le sommeil. Ils sont communément appelés somnifères. Ils sont prescrits généralement pour les patients très excités pour leur imposer un sommeil. C’est cette cure de sommeil forcé que le gouvernement français et ses relais tropicaux appliquent aux trois zones Franc de l’Afrique. Le franc CFA est entré en crise d’hystérie grave qui secouent mêmes les sommets de la zone. De plus en plus de Chefs d’État et de gouvernement des zones CFA manifestent, de façon publique, leur hostilité vis-à-vis de leur monnaie. Comme devant n’importe quelle grave crise hystérique, le médecin utilise les grands moyens, la France a recours aux « benzodiazépines économiques » pour calmer la crise de nerfs que traverse son monde financier et monétaire en Afrique. Les infirmiers commis à l’application de cette prescription française sont évidemment les deux enfants chéris de la liaison idyllique entre de Gaule et l’Afrique. Il s’agit du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Ils sont les plus amoureux du Franc CFA et ils le défendent avec une hargne passionnelle. Pour eux, tout est beau dans le meilleur du monde CFA même quand certains des leurs crient famine, notamment, dans la zone de l’Afrique Centrale (CEMAC) durement touchée par la chute, économiquement injustifiée, des cours du pétrole méchamment orchestrée par l’Administration OBAMA pour affaiblir la Russie de Poutine. Il est évident que tous les participants à la réunion biannuelle des Zones CFA tenue les 13 et 14 avril dernier à Abidjan ne présentaient pas la même mine. En effet, le 23 décembre, à Yaoundé, les pays de la zone CEMAC ont échappé de justesse à une dévaluation. En contrepartie, les États membres de cette zone se sont vus imposer une cure d’austérité sévère marquée notamment par le gel des avances statutaires de la BEAC à leur profit; pour, dit-on, ralentir la chute des réserves en devises afin de maintenir la parité entre le FCFA et l’Euro. Alors, quand le gouverneur de la BCEAO chante les éloges du CFA, ou que Michel Sapin affirme que « malgré le nom, le CFA est la monnaie des Africains » ou que le Chef de l’État ivoirien salut la stabilité du CFA, chacun d’eux joue sa partition dans la cure de sommeil forcé que l’on impose à des ventres très affamés. Non messieurs, arrêtons les prescriptions aux effets hypnotiques et osons toucher le mal à sa racine. Le CFA reste une excroissance de la monnaie européenne (I) qui tient prisonnière l’éclosion économique de plus de 200 millions d’Africains. Il faut en sortir, du moins couper son cordon avec la France (II).

I/ LE CFA : le FF puis l’Euro utilisés par des Africains
L’histoire du CFA et le fonctionnement actuel de cette monnaie consacrent la domination française sur cette monnaie.

A/ quelques repères historiques révélateurs
Lorsqu’en 1807 , l’Angleterre suit les traces du Danemark pour interdire la traite des Noirs d’Afrique, elle a déjà changé sa structure économique tout en gardant l’idéologie de base. Le monde découvre les premières machines capables de changer l’homme sur les divers chantiers. L’Angleterre est alors pionnière en la matière. Elle est, en quelque sorte, l’unique puissance industrielle. De façon subtile, les puissants réseaux de fabricants de ces nouvelle machines vont créer ou infiltrer les groupes de pression qui agitent, opportunément, l’étendard de la philanthropie pour justifier leur activisme abolitionniste. Pour imposer leurs nouvelles technologies au reste du monde, l’Angleterre engage toute sa puissance pour s’opposer à la poursuite de l’esclavage. Le 8 juillet 1815, à la convention de Viennes, l’Angleterre force la main à l’Europe et l’entraine dans l’abolition de l’esclavage en se donnant le droit de faire intervenir sa flotte maritime, en cas de besoin, pour arraisonner les bateaux suspectés de transporter des esclaves. En contrepartie, le gouvernement anglais s’engage à dédommager les entreprises esclavagistes du fait des pertes que l’abolition de l’esclavage leur causerait. C’est ainsi que, selon ses propres archives , la Bceao trouve ses origines dans l’indemnisation des colons esclavagistes. En effet, après la deuxième abolition de l’esclavage en 1848 (aboli une première fois le 4 février 1794 , l’esclavage est réinstauré par Napoléon Bonaparte le 20 mai 1802 ), « de nombreux propriétaires d’esclaves sont ruinés tant dans les Caraïbes que dans les possessions d’Afrique » . Le 30 avril 1849, l’État français prend une loi pour indemniser les colons ruinés, puis « le 21décembre 1853, le décret portant création de la Banque du Sénégal est signé par Louis Napoléon Bonaparte. Son capital fixé à 230 000 F est formé du prélèvement du 8ème opéré sur l’indemnité accordée aux colons par la suite de l’abolition de l’esclavage et des arrérages échus de l’inscription de rente représentative de ce prélèvement » . C’est cette banque du Sénégal qui va se muer plus tard en Bceao. En d’autres termes, la Bceao est née de l’argent de l’esclavage. C’est pourquoi il est difficile de faire admettre à la France que cette banque centrale n’est pas la sienne, parce que le capital initial de cette banque provient de l’indemnité que l’Angleterre a versée à la France pour compenser la perte de revenus subie par les esclavagistes français, laquelle perte a été induite par l’abolition de l’esclavage. Autant dire que l’Afrique noire n’a pas encore rompu tout lien avec le commerce honteux des esclaves dont elle fut victime. Il y a quand même quelque chose d’indécent pour notre continent de prétendre se bâtir avec des instruments économiques et financiers qui sont l’expression de la domination qu’il a subie.
En 1939, s’appuyant sur la Banque du Sénégal qui aura subi, entre-temps, plusieurs mutations structurelles et fonctionnelles, la France crée le FCFA. Mais c’est le 26 décembre 1945, en ratifiant les Accords de Breton Woods que la France fait sa première déclaration de parité entre le franc français et le franc des colonies. Celui-ci pivote autour de celui-là grâce à une parité fixe de 1FCFA pour 2 centime de FF. La monnaie étant une marchandise,la parité de 2 centimes pour un 1FCFA signifie tout simplement que pour acquérir 2 centimes de FF, il faut débourser 1FCFA (soit 50 CFA pour 1FF). La France, sortie exsangue de la deuxième guerre mondiale, entend tirer le maximum de ses colonies. La création d’une monnaie stable africaine autour du FF garantit une stabilité des échanges commerciaux qui se font, en ce temps-là, exclusivement dans l’intérêt de la métropole. La France va structurer sa monnaie africaine en s’inspirant de sa propre expérience douloureuse vécue sous l’occupation allemande. En effet, après la débâcle française de 1940, l’Allemagne prend le contrôle entier de la France aussi bien en termes d’institutions politiques que d’institutions financières. Les différents ateliers et les hauts fourneaux français travaillent pour alimenter exclusivement l’économie allemande. Le gouvernement de Vichy n’est que le bras avancé du 3ème Reich allemand en France. Le FF lui aussi n’est qu’une monnaie artificielle remodelée par l’Allemagne pour maintenir un « commerce » de dupe avec sa « nouvelle colonie française ». Le Franc CFA est donc imaginé comme le FF pendant l’occupation allemande. Il y a donc une articulation forte entre le gouvernement de Vichy (institution politique) et le FF sous l’occupation (Institution monétaire) pour une économie exclusivement au service de l’Allemagne. C’est le même schéma qui est observé en Afrique francophone. Le FCFA est le versant monétaire et financier de l’institution politique que constitue la Françafrique. L’un ne peut se concevoir sans l’autre. C’est pourquoi, dans son
fonctionnement, le FCFA reste sous l’étroit contrôle de la France.

B/ Un fonctionnement totalement contrôlé par la France
Toutes les adaptations et réadaptations du FCFA ont été toujours à l’initiative française. Il ne peut en être autrement puisque, dès ses origines, le FCFA est une variance du FF et il correspond à la structure des échanges commerciaux entre la France et ses colonies. Dans le système des échanges commerciaux entre métropole et colonie, la colonie produit exclusivement pour la métropole suivant les demandes qu’exprime cette dernière. C’est une sorte d’échanges commerciaux dans un même espace économique, puisque la colonie n’est qu’une excroissance de la métropole. A la limite, la France aurait pu conserver le FF comme monnaie unique dans ses colonies comme l’avait fait la Grande Bretagne avec la Livre. Mais la France voulait des produits moins chers dans ses colonies. Elle imagine donc un FF dégradé pour ses colonies. Le FCFA en usage dans les colonies est totalement géré par la Banque de France. EN 1958, tout en gardant sa structure intacte, le CFA passe de Franc des colonies françaises d’Afrique au Franc de la Communauté Financière d’Afrique. Mais le principe de base est le même : le CFA ne vit que par le FF. En 1960, le CFA forme avec l’armée française, le socle sur lequel repose toute la construction de ce que le Professeur Mamadou Koulibaly appelle le pacte colonial. Le dispositif est complété par le compte d’opérations. C’est ce compte qui assure la libre convertibilité CFA avec le FF. C’est ce compte, logé au Trésor de France, qui assure le dénouement des opérations financières et commerciales avec n’importe quel pays du monde. Lorsqu’un client d’une banque ivoirienne veut mener une opération en Chine, il donne l’ordre à sa banque de transférer à son fournisseur, ou à son créancier la somme correspondant à son engagement. Or, ce client n’a pas une position en dollars dans sa banque. Sa position dans sa banque est libellée en CFA qui n’est pas une devise convertible avec le Yuan chinois. La banque fait appel à la BCEAO pour lui demander de convertir le montant de l’engagement de son client en Yuan ou, à tout le moins, en dollars qui est devenue, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la monnaie universelle. C’est le rôle de toutes les banques centrales. Le problème avec la BCEAO, c’est que la moitié des devises issues des opérations commerciales des pays de la zone se trouve logée dans le compte d’opérations au Trésor Français. Les positions dans ce compte sont libellées uniquement en Euro. La BCEAO va donc adresser la demande du client de la banque ivoirienne à la Banque de France qui va couvrir l’opération en Euro qui, lui, a une contre-valeur en Yuan. En effet, aux termes des accords de coopérations monétaires signés en 1961, c’est le Trésor français qui assure la couverture en devises de toutes les opérations à l’extérieur de ses anciennes colonies. Pour ne pas sortir perdante dece contrat, la France oblige ses anciennes colonies à stocker dans son Trésor d’abord 65%, puis 50% de leurs avoirs en devises en France. Ce stock de devises, la France le surveille comme du lait au feu pour éviter qu’il tombe en dessous d’un seuil critique qui obligerait alors Marianne à payer à pertes pour le compte des Mariannettes d’Afrique. On dirait dans le langage ivoirien, « la France ne dure pas dans mauvais rêve ». En effet, si la France s’engage à perte, la conséquence est énorme pour elle et pour l’Euro. Elle déprécierait sa balance de paiement et, partant, sa position nette à la Banque Centrale d’Europe ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour l’Euro, la France étant la deuxième puissance économique de la zone Euro. Sauf omission de notre part, nous n’avons pas connaissance, qu’une seule fois, la position nette du compte d’opérations ait été débitrice. Quand cela risque d’arriver, la France actionne plusieurs mécanismes pour maintenir la situation en sa faveur. L’un de ces mécanismes est le réajustement du taux de parité connu sous le vocable de dévaluation. C’est ce qui s’est passé en janvier 1994. Depuis cette date, il faut 100 FCFA pour acheter 1FF (au lieu de 50 FCFA pour acquérir 1FF). En un seul jour, la France décida que FCFA doit perdre 100% de sa valeur. Quand la France adopte l’Euro comme monnaie, le CFA subit une autre dévaluation plus importante puisque, pour acquérir 1 unité de la nouvelle monnaie française ( 1 Euro), il faut débourser 657 FCFA. Le 23 décembre 2016, à Yaoundé, les pays de la zone CEMAC ont eu à faire un choix cornélien entre la peste et le choléra. La présence surprise de Christine Lagarde, à une réunion de la zone FCFA, offre la seule alternative, du reste très douloureuse, imposée aux pays de cette zone : un programme austère avec le FMI. En échappant à la dévaluation, les pays de la CEMAC se sont jeté pieds joints dans le piège du FMI. C’est le sort réservé aux pays africains aux économies unijambistes. Il suffit que la seule jambe de leur économie soit malade pour que ce soit le chaos. C’est pourquoi, le bras de fer engagé par le gouvernement ivoirien avec ses amis traders et chocolatiers en faisant de la rétention spéculative sur le cacao était perdu d’avance. Avec quoi la Côte d’Ivoire entend couvrir ses importations si elle bloque l’exportation de sa principale source de devises. Le gouvernement n’avait d’autre choix que de ramollir, au bout de compte, son bras quitte à perdre plus de 100 milliards de recettes fiscales. C’est le prix à payer pour éviter une dévaluation. Comme on dit en Côte d’Ivoire « yeux connait bagage qui est lourd ». Le CFA, c’est l’arme de contrôle qu’exerce la France sur l’économie de ses amis Africains. Le Président Sassou a osé ouvrir une passerelle de convertibilité de son CFA avec le Yuan chinois. Du coup, d’ami, il est en voie de devenir l’ennemi de la France. On ne peut pas être dans la zone CFA, avoir sur sa tête la BECEAO ou la BCEAC et se donner la liberté de choisir ses partenaires. La France est membre du conseil d’administration de ses deux banques centrales secondaires. Elle y détient une voix bloquante. Même si le gouverneur de la BCEAO se sent heureux d’être un gouverneur secondaire, il n’en demeure pas moins que les résultats économiques des pays de la zone CFA, après 60 ans de fraternité franco-africaine, donnent raison à ceux qui pensent que ce contrat de dupe doit prendre fin. Plus de 200 millions d’Africains s’interrogent sur le bien-fondé du FCFA.

 

II/ Le développement économique enserré.
 

Tout est justifiable et tout est défendable, mais seuls les résultats comptent. Les résultats économiques de la zone CFA sont révélateur s de la faiblesse des économies de cette zone. Comme quoi, la stabilité artificiellement entretenue d’une monnaie ne garantit pas le succès économique.

A/ Les faibles performances économiques de la zone CFA.
Le 20 mars dernier, le discours du Président Alpha Condé, fort de son titre de Président en exercice de l’UA, pendant les assises sur l’émergence en Afrique, est révélateur du malaise qui prévaut dans la zone CFA. En disant que les pays francophones sont les moins avancés que les autres sur le chemin d’une hypothétique émergence aux horizons incertains, il n’a fait qu’un constat que le minimum de bonne foi oblige à admettre. Sur les 10 meilleures économies africaines dans le classement publié en 2016, aucun pays de la zone CFA n’y figure. C’est un constat réel. Le Maroc sur lequel beaucoup assoient leurs ambitions d’émergence a quitté la zone Franc à son indépendance. Son Dirham lui permet de bien se comporter au point de se présenter en investisseur universel en Afrique. La fluctuation du Naira nigérian ou du Rand sud-africain n’empêchent pas ses pays à consolider leurs économies. Dans mon prochain livre, une étude comparative des économies de plusieurs pays africains montre la faiblesse des économies des pays francophones. Par exemple, malgré la fluctuation de son cedi, l’économie ghanéenne supplante celle de la Côte d’Ivoire depuis plus de 15 ans. Avec une production pétrolière sensiblement égale, l’économie d’Algérie se situe à des années lumières devant celle du Gabon et du Congo réunis. Ce sont les réalités tangibles non contestables. Les pays africains les plus avancés exercent un contrôle plus étroit sur leur infrastructure économique que les pays d’Afrique francophone dont l’infrastructure économique est entièrement sous la maitrise de l’extérieure. Ce sont les résultats de deux années de recherches sur les économies africaines. Au Ghana, le cedi se change dans n’importe quel bureau de change avec n’importe laquelle des monnaies. Cela est quasiment refusé en Côte d’Ivoire où les changes ne sont admis que dans les banques. La monnaie c’est plus de politique que d’économie. Malgré les complaintes américaines, les Chinois n’ont jamais daigné relever la valeur du Yuan par rapport au dollar. C’est une décision souveraine de l’État chinois. C’est de la politique. Il est difficile de conduire un véhicule dont une personne en contrôle le levier de vitesse, et une autre les freins. A supposer qu’après la prochaine élection française, le vainqueur décide de quitter l’Euro, notre CFA ne sera plus arrimé à l’Euro, mais à la nouvelle monnaie française. C’est quoi cet enfantillage?
Avoir une monnaie stable et forte dans une économie faible est suicidaire. Il faut arrêter avec la sous-traitance de nos instruments économiques.

 

B/ sortir la France de la zone CFA
Quelle gloire a-t-on à afficher au monde entier que nous sommes des majeurs incapables? C’est malheureusement l’image que nous offrons au monde. 15 pays d’Afrique sont incapables de gérer leur monnaie commune et ils en sont heureux. Comment pouvons-nous espérer opérer une intégration économique et monétaire en Afrique avec une devise dirigée de l’extérieur?
La stabilité du franc CFA est un miroir aux alouettes. Toutes les économies au monde connaissent des fluctuations et la monnaie apparait comme l’instrument de mesure de l’économie. Qui peut parier que depuis 1994, l’économie des pays de la zone CFA n’a pas connu de fluctuations positives ou négatives. Comment expliquer alors la stabilité de cette monnaie Plus de 20 ans? Qui peut raisonnablement soutenir que, dans un monde économique concurrentiel, une monnaie doit rester collée à une seule et unique devise?
Le problème n’est pas le CFA en tant que monnaie commune à 15 pays d’Afrique (quand on y ajoute les Comores). C’est même un grand atout qu’il ne faut pas liquider. Un espace monétaire de plus de 200 millions d’habitants est déjà une bonne rampe de propulsion économique. Ce qui pose problème, c’est le fait que cette monnaie soit entièrement contrôlée par une puissance étrangère, de surcroît ex puissance coloniale.Toutes les monnaies du monde sont convertibles du moment que le dollar continue d’être considéré comme monnaie pivot. Dès lors, le mystère d’une monnaie refuge tourne au charlatanisme économique. L’Afrique peut gérer sa monnaie. Le dire, ce n’est faire ni preuve de chauvinisme maladroit. C’est tout simplement faire de l’économie comme cela se fait ailleurs.
En maintenant la structure actuelle du CFA, nous maintenons la structure d’une économie de type coloniale puisque sa structure a été inventée pour supporter ce type d’économie, dans laquelle l’on est à la fois fournisseur et client d’un seul et unique partenaire. Nul ne peut raisonnablement prétendre à une multitude de partenaires économiques avec une monnaie entièrement contrôlée par un seul partenaire. Ou alors, faisons simple et adhérons à l’Euro. Alors plus besoin de CFA et utilisons l’Euro dans nos pays. C’est encore plus sensé que l’alchimie à laquelle l’on nous contraints. Une monnaie s’impose par la production économique qui la soutient. Il suffit de réorganiser les économies des pays de la zone CFA en les rendant diversifiées, le CFA s’imposera de lui-même comme devise forte sans le concours de la France. A supposer que le Ghana soit obligé d’acheter les bœufs du Burkina Faso, le Nigéria ceux du Tchad ou du Niger, que le Sénégal ou la Côte d’Ivoire produisent beaucoup de riz pour nourrir le Nigéria, et le Cameroun nourrisse la RDC, le CFA devient plus fort qu’il ne l’est avec l’exportation du caco ou du pétrole.
Tant que nous resterons dans la structure actuelle du FCFA, nous serons toujours tenus par le système économique et commercial hérité de la colonisation; puisqu’il faudra que les pays africains continuent d’exporter ce dont les occidentaux ont besoin pour pouvoir alimenter le compte d’opérations en devises pour éviter le chantage de la dévaluation.
Une monnaie ne fait pas une économie. C’est l’économie qui fait la monnaie. Arrêtons donc la mystification de la monnaie.Les îles Seychelles vivent avec leur Roupie et elles ne sont pas encore englouties par la furie de l’océan indien. Alors pourquoi le ciel tomberait sur la tête de 15 pays parce qu’ils auraient décidé de gérer eux-mêmes leur monnaie? Que le CFA cesse d’être le Franc de la colonisation française en Afrique pour devenir la conscience financière d’Afrique.

Justin Katinan KONE
Vice-Président du FPI
Ancien Ministre

#AFRIKANEWSGROUP

SOURCE

PS : sur la photo, le professeur et auteur spécialiste du Franc CFA, Nicolas Agbohou

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Published by Gri-Gri International Justin Koné Katinan - dans Economie Françafrique Politique Côte d'Ivoire - Élections 2010
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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 06:15

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Exploitation des ressources naturelles dans la Sangha :

Atteintes à l’environnement, violations des droits des communautés et mépris de la législation

 

Le projet « Verdir le respect des droits de l’Homme dans le Bassin du Congo» a permis de mettre en place un réseau informel des défenseurs de l’environnement et des droits humains au Congo. Plusieurs organisations, membres de ce réseau, sont bien implantées à l’intérieur du pays et constituent des relais d’information importants.
Des alertes sur la dégradation inquiétante de l’environnement et sur des atteintes aux droits existentiels des communautés dans le cadre de l’exploitation de l’or dans le district de Souanké, département de la Sangha nous sont parvenues et, les informations recueillies ont commandité une mission de terrain, objet de la présente note d’information.
La mission a été conduite du 12 au 20 mars 2017 et a ciblé principalement les localités de Cabosse, Bemagod, Elogo 1 et Elogo 2, situées dans la sous-préfecture de Souanké. Les termes de référence de la mission ont défini les objectifs ci-après :
 Documenter les cas de violation des droits des communautés ;
 Documenter les allégations sur la dégradation de l’environnement ;
 Proposer des actions concrètes en fonctions des situations identifiées.

La présente note d’information vise à interpeller les décideurs sur la nécessité de développer et/ou de consolider des approches qui tiennent comptent du respect des droits procéduraux et substantiels des communautés dans le cadre des activités des entreprises en zones forestières. Les communautés locales et autochtones ne bénéficient pas de l’assistance de leurs autorités étatiques.

II- Déroulement de la mission :
La mission s’est déroulée en deux étapes. La première, purement protocolaire consistait à rencontrer les autorités locales (présentation des civilités-objectifs de la mission et collecte des informations officielles).
La seconde étape est celle qui consistait à travailler avec les communautés, les agents étatiques et privés dans les sites (entretiens de groupes/individuels suivi des visites des sites et réalisation des interviews…).

I- Localité de CABOSSE :

Situé à 28 Km de la sous-préfecture de Souanke, le village de Cabosse a fait l’objet d’une délocalisation dans les années 1952. L’ancien village se trouvait à 15 Km et portait le nom d’EKADOUMA. Cette délocalisation est la conséquence du développement de la cacao-culture en 1952 par Guy DEVERNIER, un citoyen français.

Cabosse abrite actuellement les locaux de :
– La société SEFYD (société d’exploitation forestière Yan Dong) concessionnaire de l’Unité Forestière d’Aménagement (UFA) Jua –Ikié et KARAGOUA qui exploite et transforme le bois ;
– la SEMYA, ancienne Société d’Exploitation des Mines Yan Dong (SEMYD) du même groupe.
Le village dispose d’une école construite par le projet PREABAS. Les enseignants sont des vacataires payés par les parents d’élève raison de 500F CFA soit 8 centimes d’euros par mois et par élève. La localité de Cabosse possède un forage d’eau, le bénéfice du projet « eau pour tous », réalisé par la société brésilienne ASPERBRAS. Cabosse est beaucoup fréquenté par des étrangers du fait de sa proximité avec le Cameroun.

Constats :

La population de Cabosse entretient de liens conflictuels avec la société SEFYD. Celle-ci a détruit des champs de cacao sans indemnisation au moment de l’installation de sa base-vie. D’origine chinoise, SEFYD s’est implantée dans la localité en violation du droit à la consultation et à l’information préalable et en toute connaissance de cause mais aussi en violation de l’obligation légale de réaliser une étude impact-environnementale. Si celle-ci existe, les communautés n’ont en pas connaissance et notre équipe sur le terrain n’a pas pu avoir cette information.

La population estime que ses doléances (éclairage publique, construction d’un centre de santé, accès aux déchets de bois pour des besoins domestiques, construction d’une case du village, prise en charge des enseignants vacataires…) ne sont pas considérées. Néanmoins, nous avons noté la construction d’un marché et des logements des enseignants de l’école primaire. Cette société de temps à autres distribue quelques jouets et des vivres à l’occasion des fêtes de nouvel an.

La société SEFYD collabore avec les populations de Cabosse par défis. En 2016, le village Cabosse a assisté à la révocation de son chef par le sous-préfet pour avoir autorisé l’érection des barricades pour revendiquer les déchets de bois.

L’immixtion des autorités locales toujours en faveur des entreprises fragilise toute initiative de revendication des paysans. De la perception des communautés, la société SEFYD est un envahisseur qui menace leur existence. Même le ramassage des déchets des bois n’est pas autorisé.

Notre équipe en mission a été timidement reçue par la SEFYD. Nous avons rencontré la conseillère juridique de la société qui, après présentation de l’objet de la mission, a refusé tout dialogue. « Mme Chen n’est pas sur place. Aucun dialogue ne peut avoir lieu » a-t-elle souligné. Ce qui ne nous a pas permis d’aborder les préoccupations des communautés.

Par contre, nous avons eu un entretien avec un représentant de la brigade de la Direction départementale de l’économie forestière dont les bureaux se trouvent dans le site de ladite société. Il sied de noter que, la société SEFYD à un plan d’aménagement qui est toujours en cours d’élaboration depuis 2007.

La société SEFYD transforme le bois coupé sur place. Malheureusement, nous n’avons pas pu avoir des données précises sur sa production annuelle.

– Visite guidée dans le site

Sur place, nous avons pu observer une base vie construite en matériaux durable tandis que les travailleurs habitent une autre base-vie construite matériaux non durable (en planche).

En ce qui concerne l’emploi, les membres de la communauté, recrutés finissent par démissionner à cause de mauvaises conditions de travail assimilées à la maltraitance. Ils sont pour la plupart employés en qualité de tâcheron et payés à la main.

La législation sociale de bout en bout n’est pas observée. Les autorités qui vont parfois faire des visites, ne songent pas rencontrer les travailleurs ni même les membres du syndicat. Celui-ci a du mal à fonctionner et à défendre les droits des travailleurs par craintes de représailles.

– Entretien avec le collectif des terriens

Ce collectif a une reconnaissance légale au niveau local. Il a été représenté par :
– AFAN MBAN Zéphirin, président ;
– MAMABAMA Thomas, Vice-président ;
– KARR Vincent, vice-président contrôle et évaluation, représentant le président empêché.

Cet entretien nous a permis de relever l’existence d’un conflit foncier entre la société de construction de ponts et chaussées SINO-HYDRO et les communautés. Ce conflit n’a jamais été résolu. Les victimes n’ont jamais bénéficié de l’assistance de leurs autorités.

Les sociétés chinoises qui exploitent de l’or ont dévasté des champs de paysans sans indemnisation. Nous avons aussi pu constater que les autorités locales accusent de nombreuses faiblesses vis-à-vis de ces entreprises. Les plaintes des communautés leur parviennent mais il se trouve que les représentants de l’Etat au niveau local sont impuissants face à leurs doléances.

Certains ont affirmé qu’il s’agit des accords concluent depuis Brazzaville, il est difficile pour nous de s’y immiscer. D’ailleurs il leur manque d’informations et de la documentation utile concernant l’implantation de certaines sociétés et, ils se disent être mal impliqués ou pas du tout par leur hiérarchie ; ce qui complique leur travail. Le bradage des ressources et ses implications négatives sur les communautés dans cette partie du pays sont évidents.

Aucune action en justice n’a été menée à ce jour par les communautés pour la simple raison que les communautés, y compris les terriens n’ont pas de soutien de leurs autorités locales et estiment que, sans leur soutien, les espoirs d’une réparation quelconque sont minces. Les communautés subissent de plein fouet les conséquences d’une gestion et exploitation hasardeuses des ressources sur lesquelles elles sont assises.

II- localité de Bamedog

Bamedog est situé à 30 Km de la sous-préfecture de Souanké. Ce village compte 347 habitants, dont 197 hommes et environ 150 femmes. Comme Cabosse, ce village a fait l’objet d’une délocalisation dans les années 1930 par le chef de canton MOGUIL de nationalité congolaise. Deux sociétés exploitent de l’or dans ce village : Nod-Congo et MAUD-Congo.

Constats

Nod-Congo et Maud-Congo sont deux entreprises de droit congolais installées dans la Sangha pour l’exploiter l’or. Selon des informations en notre possession, les promoteurs de ses sociétés sont parentés avec certains membres du Gouvernement.

Ces sociétés qui sous-traitent avec les chinois entretiennent des rapports conflictuels avec les communautés de Bamegod. Elles se sont implantées dans la localité en violation du droit à la consultation et à l’information préalable et en toute connaissance de cause mais aussi en violation de l’obligation légale de réaliser une étude impact-environnementale préalable à son activité.

A Bamegod, grande a été notre surprise de constater avec désolation, la dévastation d’une partie de la forêt vierge sur une étendu d’environ 3km de long et 100 m de large. Les fosses laissées ouvertes par des engins constituent aujourd’hui des lacs d’hébergement des moustiques. Une situation que ces populations n’ont jamais connue.

La dévastation d’un autre site plus important (appartenant toujours à Maud-Congo) qui s’étend sur environ 8km de long et 200m de large situé à l’entrée du village interpelle car une partie de la forêt a été déboisée sans autorisation et le circuit du bois issus du déboisement de la zone reste opaque, le bois lui-même est introuvable. Les habitants parlent d’un mystère.

Plusieurs champs des paysans ont été détruits (palmiers, bananes, manioc, plantes médicinales…), des rivières polluées et des sites sacrés communautaires détruits. Pour pallier au problème d’eau, les chinois dans un premier temps distribuaient de l’eau minérale (5 bouteilles de 1,5L) dans chaque ménage. Cette solution palliative n’a pas prospéré.

Aucune indemnisation juste n’a été réalisée. La compensation pour certain champs dévastés flotte entre 15.000F CFA soit 22,9 euros et 20.000F CFA soit 30,490 euros. Les activités de pêche se trouvent entraver par les activités de Maud-Congo. Par exemple, la rivière « Ibeh » a été détournée de son lit, causant la pollution et changement de coloration. Nul été l’installation des forages d’eau, il leur serait difficile de s’approvisionner en eau.

Les communautés qui faisaient de l’exploitation artisanale de l’or sont actuellement en difficulté. Elles n’ont plus la liberté d’exploiter artisanalement ce minerai. Les occupants qui sont visiblement des chinois leur font barrage. Après le passage des engins chinois, aucune personne n’est autorisée de s’y rendre, sous peine de représailles et souvent influencés par des tirs de sommations des militaires présents sur les sites.

Le blocus imposé à ces exploitants artisanaux, responsables des familles, aggrave une situation sociale déjà précaire à l’origine. Plusieurs individus pensent émigrer, ce qui constitue une véritable menace pour ces villages. Par ailleurs, certains pensent recourir à la violence et en découdre avec les travailleurs de ces sociétés. Des signaux pouvant engendrer des conflits meurtriers sont palpables mais à l’état latent.

III- Localité de Elogo I et Elogo II

Elogo I, village situé à 40km de la sous-préfecture de Souanké, compte environ 246 habitants. On note la présence de Bakouelé, de Ndjem et Baaka. Il compte environ 45 ménages. Les habitants de ce village pratiquent l’agriculture de subsistance comme principale activité. Ce village possède deux forages d’eau réalisés par le projet « Eau pour tous » de la société brésilienne ASPERBRAS et d’un centre de santé construit par la Banque africaine de développement (BAD).

Elogo II, village voisin de Elogo I séparé d’un cours d’eau, compte environ 484 habitants dont 42 ménages environ. On y trouve la même composition ethnique que Elogo I.

Constats

A environ 10 km au nord du village, trois sociétés font l’exploitation de l’or depuis 2015. Elles se sont implantées dans la localité en violation du droit à la consultation et à l’information préalable et en toute connaissance de cause mais aussi en violation de l’obligation légale de réaliser une étude impact-environnementale, préalable à son activité.

A Elogo 1 et Elogo2, deux villages voisins séparés par un cours d’eau, Maud-Congo et Nod-Congo disposent de permis qui se superposent. Le conflit se trouve au niveau du Tribunal de commerce de Brazzaville.

Malgré l’existence de la note de service N°000328/MMG/CAB du 15 novembre 2016, signée du Ministre des Mines et de la Géologie interdisant toute exploitation, nous avons surpris des engins de Maud-Congo en pleine activité.

Le Groupe Nod Congo titulaire d’une autorisation provisoire d’exploitation d’une petite mine d’or N° 000639//MMG/DGM du 06 juin 2016, s’est vu annuler son titre par note (référencée 000978/MMG/DGM) du Directeur général des mines et de la géologie du 08 août 2016.

Il ressort des entretiens menés avec certains agents sur place que cette société opère plus ou moins dans une certaine irrégularité :
– défaut d’autorisation de déboisement, alors qu’elle a déboisé une très grande partie de la forêt (environ 8km de longueur et 500m de largeur) ;
– Défaut de réalisation d’une étude d’impact environnemental ;
– Absence d’engagements sociaux vis-à-vis des communautés.

Il est à noter que la société Maud-Congo possède une autorisation de recherche du Titanium pour laquelle elle aurait signé une convention avec le gouvernement. Celle-ci n’est pas connue des communautés ; encore une illustration de l’indifférence ou de peu de considération des communautés par leurs autorités. L’entreprise Maud continue à exploiter/explorer en détruisant cultures (champs de manioc, bananier et cacao…), sites sacrés et sites d’exploitation artisanale des communautés. Des cours d’eau ont été pollués, déviés à volonté sans le consentement des communautés dont la vie en dépend.
Nous avons été surpris de constater la présence des militaires en armes mais aussi de marins affectés par la zone de défense n°5 de Ouesso dans trois (3) sites d’exploitation/exploration de l’or principalement les sites de la société Maud Congo . Pourquoi cette présence militaire dans ces sites au lieu d’une société de gardiennage ? Comme les communautés, nous n’avons pas eu de réponse.

Assurément, il pourrait s’agir d’une mission détournée de l’armée. Ce qui amène à suspecter l’implication des autorités militaires dans le trafic de l’or dans ce département avec les chinois.

Il pourrait aussi s’agir d’une mesure préventive d’un éventuel conflit meurtrier entre les communautés et les travailleurs chinois, ce qui est peu probable. Quoi qu’il en soit, les communautés ne sont pas harmonie avec ces sociétés pour la simple raison qu’elles représentent une sérieuse menace à leur existence.

IV- Principales observations
Elles sont les suivantes

• Absence d’étude d’impact socio environnemental exigée par la législation applicable.
• Des atteintes graves à l’environnement ont été observées : des rivières déviées et polluées, non remise en l’état des sites exploités/explorés, prolifération de moustiques dans les villages et manque d’assistance des services sanitaires.
• Destruction des champs des paysans sans une indemnisation ; dans un cas une indemnisation médiocre et au mépris de la procédure (pas de constat des services techniques du secteur agricole).
• Destruction des sites sacrés (lieux de cultes- chutes d’eau…).
• Absence d’obligations sociales en vers les communautés.
• Relation conflictuelle entre les communautés et les sociétés chinoises présentes dans ces villages.
• Présence militaire et des marins affectés par la zone de défense n°5 de Ouesso pour sécuriser les sites d’exploitation.
• Arrête des travaux par la société Naud Congo en observation de la note de service N°000328/MMG/CAB du 15 nombre 2016 signée du Ministre des Mines et de la Géologie suspendant les autorisations d’exploitation semi-industrielle ou de petite mine relative à l’or jusqu’à nouvel ordre.

• Poursuite des activités par la société Maud Congo dans les villages de Elogo 1 et Elogo 2 au mépris de mesures suspensives prises par le Ministre des mines.
• Aucune de ces sociétés ne dispose d’une autorisation de déboisement. Cela soulève aussi le problème de la traçabilité du bois coupé. Ce qui renforce la contradiction avec les engagements de l’Etat congolais sur l’APV.

 

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 09:03

Initialement paru sur le blog de Christian d'Alayer sous le titre :

En Côte d'Ivoire, tout va se jouer entre Nordistes

 

Depuis la dernière élection présidentielle remportée par Ouattara mais avec un taux phénoménal d'abstention (les Nordistes, sûrs de gagner, ne se sont pas mobilisés tandis que l'électorat de Gbagbo et une grande partie de celui de Bédié ont boudé massivement les urnes), le pouvoir mis en place par les Français en Côte d'Ivoire ne peut plus tenir le pays.

Il faut en effet, surtout en Afrique, que les gens respectent le dit pouvoir à défaut de l'admirer. Or cet énorme taux d'abstention a marqué Ouattara au fer rouge du discrédit. L'administration n'a plus peur, elle sait que ce pouvoir est chancelant. On a vu ainsi des juges relaxer Simone, l'épouse de Gbagbo, mettant la CPI en porte à faux total. Et, depuis l'élection, l'armée se rebelle à tour de bras. Sitôt une rébellion éteinte, une autre se soulève. Jusqu'à aujourd'hui où l'on peut dire que les rebelles tiennent plus de pays que l'armée régulière, obligée de battre en retraite à Bouaké, seconde ville du pays. On y a vu de fait des soldats rebelles munis de lance-roquettes dernier cri contre lesquels les engins blindés des soldats fidèles ne peuvent rien.

Ouattara est en très mauvaise posture d'autant plus que son ami Sarkozy n'existe plus politiquement en France. Obama ne peut plus rien pour lui, la CIA ayant d'abord à tenter de survivre face à Trump avant de s'inquiéter de la "perle de l'Afrique". L'ONU a changé de secrétaire général et les Russes ne laisseront plus les Occidentaux intervenir en Côte d'Ivoire avec l'aval de la "communauté internationale". Enfin, le nouveau président français ne peut pas se permettre, alors qu'il n'a pas encore de majorité, de marquer son arrivée par une intervention militaire en Afrique de l'ouest (ce serait contre des radicaux islamistes, ce serait autre chose) : l'armée française s'est contentée de prendre position autour des possessions de Bolloré au port de San Pedro.

Les rebelles le savent, d'où leur détermination. Car, militairement, le ramassis de "guérilléros" qui constituaient les forces rebelles avant le débarquement de Gbagbo par la France, ne valait pas grand chose. Sans l'aide des Français et des forces de l'ONU, l'armée loyaliste ivoirienne aurait gagné la guerre civile : ce sont les hélicoptères français ainsi que les renseignements satellitaires qui ont inversé le cours de cette guerre, pas la détermination et la valeur guerrière des rebelles ! Il fallait d'ailleurs voir le "repli" des soldats de Ouattara à Bouaké pour comprendre que jamais cette armée ne sera capable de reprendre le pays aux rebelles. Avec lesquels il va falloir donc parler. Or ils viennent de signifier son renvoi à Ouattara : pas question de négocier !

Dans l'état actuel des forces politiques, c'est le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, qui est le mieux placé pour emporter la mise. Bien que le domicile de son chef de cabinet ait été mis à sac (pour y piquer un stock d'armes !) il reste un chef de guerre craint par les soldats. Donc respecté...

Et il fut le 1er ministre de Gbagbo qui ne s'entendit pas si mal que ça avec lui, de son propre aveu et bien que cette primature nordiste à lui imposée par Chirac (les accords de Marcoussis) l'ait obligé à composer avec des rebelles qu'il avait commencé à vaincre sur le terrain. Ce, tandis que les opposants, les "Forestiers" ou les Bantous, restent divisés. Certes, Bédié n'est plus suivi que par un quart au plus de ses électeurs, l'abstention l'a prouvé. Mais il existe toujours et appellera toujours à voter pour les Nordistes. Il ne peut faire autrement car, sinon, il n'existe plus.

Et les partisans de Gbagbo n'ont toujours pas de chef charismatique du niveau de leur leader naturel. Dans l'état actuel de l'opposition, on voit donc qu'elle n'est pas prête à reprendre le pouvoir. On comprend d'ailleurs pourquoi la CPI se ridiculise de plus en plus en gardant férocement un homme qui n'a rien d'un criminel de guerre ni d'un criminel contre l'humanité : les Français préfèrent tuer cette justice internationale qui ne réunit ni les Etats Unis, ni les Russes, plutôt que de perdre la Côte d'Ivoire en le relâchant (car, lui, gagnerait une élection présidentielle ivoirienne haut la main).

Voilà l'état des choses. Soro est rentré précipitamment à Abidjan car il a compris que c'était son heure. Tout réside maintenant dans sa capacité à faire partir ou non Ouattara. Avec l'aide évidente des rebelles ! "Ca aide", comme on peut le dire vulgairement... Si Ouattara démissionne, Soro sera son successeur à la fois institutionnel et légitime aux yeux des Nordistes. Si les Français interviennent quand même, alors ils se seront mis aussi les Nordistes à dos et le temps du pré carré sera compté. Gageons que, cette fois-ci, ils soutiendront Soro : eux aussi l'aideront !

Bref, Ouattara a probablement vécu sa dernière année de règne puisque il est le descendant d'un roi : un roi défait par la remontée des Ashantis, remontée stoppée seulement par la colonisation : déjà, les Européens aidaient des Sahéliens contre les Bantous...

Texte : Christian d'Alayer - 16 mai 2017

Dessin : Ezzat

Le Blog de Christian d'Alayer

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 19:00

Ye News

Côte d'Ivoire : comment la mutinerie plombe l'économie
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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 09:50

 

F. CHARPENTIER NOUS APPREND QUE SASSOU A VENDU 25% DES FORETS DU CONGO A UNE BANQUE JORDANIENNE !

COMMENTAIRE : Je me permets de transformer en article le commentaire de monsieur F. Charpentier car il contient une information que tous les Congolais doivent savoir : LA VENTE DE 25 % DE TOUTE LA FORET CONGOLAISE A UNE BANQUE JORDANIENNE EN 2012. Un quart de la forêt du Congo, un quart du Congo, on peut même le dire puisque la forêt est ce qui constitue l'essentiel de notre surface, est privé parce que privatisé ! Vous en rendez-vous compte ? Tout ce qu'elle contient en biomasse, en ressources minérales, en fleuves, rivières, lacs, sources, tout, je dis bien TOUT, appartient à une banque étrangère qui demain empêchera que les paysans y entrent pour survivre ! Qu'on hypothèque le pétrole, les douanes, la SNPC, etc, est déjà assez difficile à admettre mais qu'on privatise la forêt, un quart de toute notre forêt qui est le garde-manger du paysan, c'est un crime de HAUTE TRAHISON. Non, nous ne reconnaîtrons pas ce genre de transaction - d'autant que cet argent n'est certainement pas tombé dans l'escarcelle du Trésor Public. Les forêts du Congo sont un bien inaliénable du peuple congolais et personne n'a le droit de les vendre à un étranger. Cette opération illicite est une magouille qui ne regarde que Denis Sassou Nguesso et ses amis des fonds vautours jordaniens entre autres.

Que ceux qui me lisent se souviennent de ce qu'est j'ai écrit il y a très longtemps :ce qui est plus inquiétant, ce n'est pas la FIN du régime Sassou Nguesso qui passera comme toutes les infamies politiques et historiques mais l'ETAT dans lequel nous trouverons le pays à la fin de ce terrorisme d'Etat. Chaque année, non que dis-je, chaque jour de plus du règne de Denis Sassou Nguesso aggrave la situation du pays.

J'ai dit qu'un jour les Congolais seront étrangers chez eux. Je ne croyais pas si bien dire : UN JOUR, LA TERRE MEME DU CONGO NE NOUS APPARTIENDRA PLUS ! En fait, pourquoi je m'exprime au futur au lieu du présent ? LE CONGO NE NOUS APPARTIENT DEJA PLUS. Pour preuve, vous n'avez qu'à voir comment les étrangers font la loi chez nous. Même ceux qui soutiennent aveuglement l'ethnie-Etat au nom d'une solidarité de proximité identitaire le regretteront demain. Vous vous faites complices de la vente de votre propre pays à des étrangers. Quand les étrangers posséderont tout le pays, nous souffrirons tous - sans disctinction.

Le plus grand crime d'un Etat, c'est d'hypothéquer l'avenir de son peuple. Il y a pire au Congo : Denis Sassou Nguesso n'a pas fait qu'hypothéquer l'avenir, il l'a détruit, il l'a effacé comme on efface des écrits sur une ardoise qu'il a ensuite cassée. Vous comprenez pourquoi j'estime que le monstre de l'Alima est à lui tout seul le MAL du Congo en étant la source de tous les maux de notre pays. NOUS NE SOMMES MEME PAS UN VRAI PEUPLE QUE DEJA NOTRE TERRITOIRE NE NOUS APPARTIENT PLUS. PIRE : C'EST TOUT NOTRE PAYS QUI NE NOUS APPARTIENT PLUS. Ne croyez pas que j'extrapole ou que j'exagère la situation : souvenez-vous des Indiens d'Amérique qui furent parqués dans des réserves par les Anglais ! Eux au moins se sont battus contre les étrangers et ont été vaincus par plus forts qu'eux mais nous, c'est de notre propre chef que nous vendons notre pays.

 

LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU

 

                                                               *

"J'ai trouvé votre blog en cherchant des infos sur le Congo et je suis choqué d'apprendre ce qui s'y passe !
Je suis moi-même originaire du Congo Brazza, j'y suis né et j'ai vécu toute mon enfance et adolescence là-bas, puis j'ai quitté le Congo quelques semaines avant la guerre de 1992 et je n'y suis pas retourné, cependant je m’intéresse toujours à mon pays, a son évolution, à la population.

Je ne pensais pas que le pays allait aussi mal et aucune de ces infos ne nous sont transmises. 
Le Congo est en train d’être dépouillé de ses richesses comme vous le dites et c'est vrai. C'est vraiment terrible et je ne pense pas que la population s'en rende vraiment compte ! de toute façon que pourrait faire le peuple ? 
C'est scandaleux en effet de savoir que la population souffre du manque d'eau et d’électricité quand on sait que le Congo a vendu en 2012, 25 % de sa forêt à une banque jordanienne. On peut juste se demander où est passé l'argent de cette transaction qui a du coûter des millions voir plus. Il y avait de quoi redresser le pays et permettre aux Congolais de vivre dans des conditions plus favorables ! C'est fou que cet Homme ait pu rester au pouvoir aussi longtemps. 
Votre blog est très simple mais avec des articles et infos que je ne pense pas qu'on trouvera ailleurs, en tout cas aussi explicites ! L'article sur l'assassinat de la petite fille, je n'en reviens pas, la photo reflète l'acte ignoble qui a été produit et on ne peut pas rester indifférent à cela !
En tout cas BRAVO pour votre blog et votre courage à tout dénoncer ainsi !!
A bientôt. "


F. Charpentier

 

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 11:00

Un article de Fanny Pigeaud, initialement paru sous le titre :

La «saga Claudine» indigne les Malgaches

A Madagascar, le parti au pouvoir est empêtré dans une affaire qui défraie le chronique depuis des semaines : une conseillère spéciale du président, Claudine Razaimamonjy, doit être placée en détention pour corruption, mais a jusqu’ici réussi à échapper à la prison grâce à une succession de manœuvres étonnantes.

 

On pourrait l’appeler « la saga Claudine » : depuis début avril, les Malgaches sont les spectateurs stupéfaits d’une histoire rocambolesque, qui pourrait faire penser au scénario d’une mauvaise série télévisée et qui, surtout, éclaire sur le niveau élevé de corruption et d’impunité régnant au plus haut sommet de l’État.

Le premier épisode de ce feuilleton à rebondissements s’est joué le 3 avril à Antananarivo, la capitale. À la sortie d’une compétition sportive, des agents du Bureau indépendant anticorruption (Bianco) et des gendarmes sont entrés en scène : ils ont arrêté l'une des spectatrices, Claudine Razaimamonjy, une riche femme d’affaires et conseillère spéciale du président Hery Rajaonarimampianina, élu fin 2013.

« Madame Claudine », « dame Claudine » ou tout simplement « Claudine », comme on l'appelle à Antananarivo, a été aussitôt placée en garde à vue et interrogée sur plusieurs gros dossiers de corruption : elle est, entre autres, soupçonnée par le Bianco de favoritisme dans l’attribution de marchés publics, de détournement de deniers publics, de blanchiment de capitaux. On parle de dizaines de milliards d’ariary (un milliard d’ariary vaut environ 290 000 euros) détournés dans le cadre de six affaires différentes.

À Antananarivo, la nouvelle de l’arrestation de Claudine Razaimamonjy, que l’on dit « milliardaire », a créé la stupeur : très en vue depuis le début de la présidence de Rajaonarimampianina, la femme d'affaires, propriétaire notamment d'un complexe hôtelier, paraissait jusqu'ici intouchable. Ces dernières années, elle était régulièrement présentée comme l’un des principaux bailleurs de fonds du parti présidentiel Hery Vavao Hoan’i Madagasikara (HVM). Elle aurait aussi beaucoup contribué au financement de la campagne électorale de Rajaonarimampianina pour l'élection présidentielle de 2013. Elle s’est souvent affichée aux côtés du couple présidentiel lors de cérémonies publiques. Si la surprise créée par son interpellation a été grande, c’est aussi parce que les personnalités membres ou proches du pouvoir en place et impliquées dans des opérations financières frauduleuses sont toujours passées entre les mailles des filets de la justice. Et elles sont nombreuses : Madagascar, dont la population est l’une des plus pauvres du monde malgré de nombreuses richesses naturelles, est placée à la 145e place sur 175 États dans l’indice de perception de la corruption établi par Transparency International en 2016.

Pour illustrer l’impunité dont jouissent les tenants du pouvoir, « l’affaire Bekasy », du nom d’un important trafiquant de bois de rose et conseiller technique du ministre de la sécurité publique, est souvent citée en exemple : arrêté en 2015 après une enquête du Bianco, Bekasy Johonfrince avait rapidement pu échapper à justice. Ces derniers mois, Claudine Razaimamonjy avait reçu pour sa part deux convocations du Bianco, auxquelles elle n'avait pas répondu.

Après son placement en garde à vue, des analystes en ont déduit que le locataire du palais présidentiel d’Iavoloha avait lâché sa conseillère. D’autres étaient plus prudents : « Il ne faut pas jubiler trop vite, a par exemple écrit le directeur de L’Express de Madagascar, Sylvain Ranjalahy. Ce n’est pas à un an de la présidentielle qu’on se sépare de celle qui a été surtout l’artisan du triomphe en 2013 et dont la puissance financière s’est considérablement accrue depuis. Un allié de taille, à l’image d’autres conseillers du président qui forment un véritable bunker financier autour de lui. »

La suite lui a donné raison. Deux jours après la médiatique arrestation, le ministre de la justice Charles Andriamiseza a manifesté son mécontentement : il a critiqué le Bianco, affirmant que la détention de la milliardaire était arbitraire, et demandé sa libération. Ses propos ont à leur tour créé l’indignation. Dès le lendemain, le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) s’est insurgé contre toute « interférence et pression ». Fin du premier épisode.

Le deuxième volet de la « saga Claudine » a commencé à la fin de la garde à vue de la conseillère du président : le 7 avril, elle s’est vu notifier son placement sous mandat de dépôt par la Chaîne pénale anticorruption. Direction la maison d’arrêt d’Antanimora ? Pas exactement. L’accusée se serait évanouie lorsqu’elle a appris sa mise en détention provisoire et… a été transportée en ambulance jusqu’à un hôpital. Elle y est restée plusieurs jours, sous une importante escorte : il y avait autour d’elle « quatre gardes pénitenciers, quatre policiers, quatre gendarmes, quatre gardes du corps personnels, plus un grand nombre de visiteurs qui n’ont cessé de faire des va-et-vient », rapporte un témoin à Mediapart.

À ce moment-là, les organisations de la société civile se réjouissaient tout de même toujours de l’indépendance du Bianco et des juges qui avaient eu le courage d’inculper Claudine Razaimamonjy. Elles espéraient que cette affaire marquerait la restauration de l’État de droit et du système judiciaire, particulièrement malmenés depuis la crise politique de 2009.

L’hospitalisation de Claudine Razaimamonjy s’est terminée au bout de trois jours. C’est à ce moment-là que le troisième épisode de la série a débuté, avec un nouveau rebondissement : la femme d’affaires n’a pas, comme elle l'aurait dû, rejoint une cellule de prison. Elle s’est plutôt rendue, au petit matin du 10 avril, sur le tarmac de l’aéroport international d’Ivato. D'où elle s’est envolée, à bord d’un avion d’une petite compagnie privée, en direction de l’île Maurice. C’est accompagnée par son beau-frère, sénateur du HVM, et d’une gardienne de prison qu’elle a ainsi quitté son pays. Après coup, la version officielle a expliqué qu’il s’agissait d’une « évacuation sanitaire » : Claudine Razaimamonjy devait subir un examen médical ne pouvant s’effectuer à Madagascar. Une fois arrivée à Port-Louis, elle a été hospitalisée dans une clinique privée.

Son départ a provoqué désillusion et exaspération à Antananarivo. ROHY, un important mouvement de la société civile, a dénoncé une « évasion organisée » et réclamé, avec le syndicat des avocats et Transparency International, la démission des responsables ayant permis « la sortie illégale de l’inculpée ». Cette dernière faisait en effet l’objet de deux interdictions de sortie du territoire.

« Claudine Razaimamonjy a ridiculisé tout le monde, depuis son refus d’obtempérer aux convocations du Bianco jusqu’à sa maladie diplomatique, jusqu’à son évasion sanitaire », a estimé l’éditorialiste Ndimby A. dans Madagascar Tribune. Sylvain Ranjalahy a pour sa part vu un aspect positif à l’affaire, malgré tout : elle « a révélé que, malgré la déliquescence de la société, malgré la perte des valeurs, malgré l’anarchie généralisée, malgré le règne de la corruption, on peut encore compter sur quelques bonnes âmes. Le DG du Bianco s’est montré intraitable dans cette affaire en dépit des pressions et des menaces […]. Maintes fois humilié et réduit aux conférences de presse, il a, cette fois, résisté jusqu’au bout prouvant que la mauvaise volonté n’est pas de son côté dans la lutte contre la corruption ». D’autres attendaient que le Bianco s’intéresse aussi aux complices de « la fugitive », dont certains occuperaient de très hauts postes de responsabilité.

Comme pour faire oublier l’échappée de Claudine Razaimamonjy, un ancien directeur de cabinet du ministère de la communication, accusé de détournement de deniers publics et de faux et usage de faux, a été condamné le 12 avril à cinq ans de travaux forcés, une peine jugée sévère. Le même jour, à Maurice, la conseillère sortait de la clinique de Port-Louis.

Le quatrième épisode aurait pu mettre en scène le président Rajaonarimampianina sanctionnant ceux qui ont aidé sa conseillère à prendre la tangente. C’est en tout cas ce qu’a demandé l'ancien premier ministre et candidat à la prochaine présidentielle Jean Omer Beriziky : Rajaonarimampianina devrait « laisser de côté les liens familiaux et le népotisme » et « limoger tous les responsables impliqués de près ou de loin dans cette affaire, ainsi que les complices de cette corruption à grande échelle », a-t-il déclaré. Le chef de l’État, qui ne s’est jusqu’ici pas exprimé au sujet de sa conseillère spéciale, a choisi un tout autre scénario. Certes, il a fait procéder, le 20 avril, à un léger remaniement ministériel. Mais les responsables impliqués dans « l’affaire Claudine » sont tous restés en place. Il a en revanche limogé le secrétaire d’État chargé de la gendarmerie, le général Paza Didier Gérard. « Bon nombre d’analystes pensent » que le général a été sanctionné à cause de « l’arrestation de Claudine Razaimamonjy par les éléments de la gendarmerie. Le fait qu’aucun ministre réputé proche de la femme d’affaires n’ait fait les frais du mini-remaniement semble corroborer cette analyse », a commenté Midi Madagascar.

Nombreux étaient alors ceux qui avaient perdu tout espoir de voir Claudine Razaimamonjy revenir un jour à Madagascar pour se défendre face à la justice. Mais le 22 avril, nouveau coup de théâtre et donc, nouvel épisode : la femme d’affaires, dont le droit de séjourner à Maurice était sur le point d'arriver à son terme, a regagné Antananarivo. À nouveau, elle a été amenée à l’hôpital, où elle se trouverait toujours. Avant d’être hospitalisée, elle aurait dû être conduite à la prison pour que son retour soit constaté, a déploré la présidente du SMM, qui espère néanmoins que les procédures la concernant allaient pouvoir être relancées. Cela pourrait être effectivement le cas, les autorités étant depuis plusieurs jours sous forte pression diplomatique. Les ambassadeurs des États-Unis et de France ont en effet plusieurs fois manifesté publiquement leur soutien au Bianco, auquel ils donnent des financements, et dit espérer le retour de la femme d’affaires alors qu’elle se trouvait encore à Maurice.

En attendant la suite de l’histoire, certains se posent des questions sur la ligne de conduite qu'adoptera le parti au pouvoir lorsque sera venu le moment de la présidentielle, prévue en 2018. « Quand on voit ce que le parti HVM est capable de faire pour soustraire un des siens aux griffes de la justice, […] on ne peut que s’inquiéter », a souligné l’éditorialiste Ndimby A.

 

Texte : Fanny Pigeaud

 

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 11:47

 

Familier de l'espace subsaharien, Samuel Maréchal a initié très tôt sa fille, Marion, députée FN du Vaucluse, aux mystères du continent noir.

Deux ruptures, un héritage, un legs. Directeur général du Front national de la jeunesse de 1992 à 1999, Samuel Maréchal quitte le parti à l'orée du millénaire puis divorce en 2007 de Yann, la deuxième fille de Jean-Marie Le Pen. Avant d'épouser Cécile, l'aînée des petites-filles de Félix Houphouët- Boigny, député et ministre de la IVe République puis patriarche de la Côte d'Ivoire indépendante.

Le tropisme africain du papa de Marion Maréchal-Le Pen remonte à l'enfance: un père pasteur pentecôtiste un temps établi au Tchad; une mère engagée dans son sillage sur le terrain caritatif; et une grand-mère fondatrice de deux des premiers orphelinats de la Haute-Volta, futur Burkina Faso...

Concepteur sous Laurent Gbagbo du site Web de la présidence ivoirienne, l'ex-gendre du "Menhir" dirige aujourd'hui Maréchal & Associés, un cabinet de conseil bancaire et d'intermédiation financière actif en Afrique francophone, en Asie et en Europe de l'Est.

L'étoile subsaharienne de Marion

Marion lui doit-elle son initiation aux charmes et aux pièges du continent noir? "C'est ma fille, répond-il. Elle a eu la chance de rencontrer à la maison des Africains de tous horizons." A l'en croire, Samuel Maréchal n'est d'ailleurs pas étranger au plaidoyer adressé en juin 2015 par la députée du Vaucluse à Laurent Fabius, alors patron du Quai d'Orsay, en faveur d'un retour à l'aide bilatérale et ce au profit exclusif de l'aire francophone.

Le sort, il est vrai, a voulu que la nièce de Marine voie le jour sous une étoile subsaharienne: terrassé en septembre 2014 par une tumeur au cerveau, son père biologique, Roger Auque, termina sa tumultueuse carrière - journaliste, agent de renseignement puis diplomate - comme ambassadeur de France à Asmara (Erythrée).

 

SOURCE (on ne voudrait pas que vous pensiez que "Les mystères du continent noir" c'est de nous)

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 20:22

Il sera l’homme clé du nouveau parti présidentiel. Ce chiraquien est membre du conseil consultatif de la Fondation Brazzaville de Jean-Yves Ollivier.

C’est par lui que Sassou Nguesso a atteint le cœur du nouveau pouvoir et espère se maintenir.

La Fondation Brazzaville est l’organe principal du lobbying et de la rémunération des relais occidentaux du régime sanguinaire de Brazzaville.

Durant la campagne, Jean-Paul Delevoye avait ses habitudes au bistrot du 15e Le Brazza… il est évident pour nous que l’ombre de Sassou Nguesso plane sur le berceau du parti présidentielle en cours de création pour lui inoculer son venin fait de pétrole et de sang.

Nous avions prévenu que notre vigilance sera sans faille nous invitons dès à présent à la transparence complète sur les contributeurs d’En Marche Pour la République.

Mafia & Republique, #Sassoufit

Par Andréa Ngombet

Coordination du Collectif Sassoufit

Diffusé le 8 mai 2017, par www.congo-liberty.com

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