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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 07:30
 
31 mars 2011 - Yamoussoukro – Cote d’Ivoire. Philippe Rémond Gabriel Hervé, ressortissant français jugé proche du Président Laurent Gbagbo, est retrouvé assassiné (égorgé) dans sa chambre d’hôtel à Yamoussoukro, ville tombée sous le contrôle des forces rebelles d’Alassane Dramane Ouattara trois jours auparavant.
 

Article initialement mis en ligne en mai 2013

 
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Published by Ben Soumahoro grégory Protche dr www.legrigriinternational.com www.nouveaucourrier.net - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 Devoir d'histoire Francophonie Françafrique
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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 10:22
#Congo / Sassou le vainqueur lance sa milice Ninja, comme s'il avait perdu...

Après sa brillante réélection, Denis Sassou Nguesso
crée une milice gouvernemental
e…

Le 25 mars dernier, au journal de 20 heures, Télé Congo, la télévision nationale, officialisait la création d’une milice gouvernementale. Quel besoin pour le Président congolais de créer un tel groupe paramilitaire ? Pourquoi craint-il des troubles dans le pays puisqu’il a été réélu au premier tour avec plus de 60% des suffrages, selon la Commission Nationale électorale « indépendante » ? Douterait- de sa victoire ?

La télévision congolaise est un monument, hormis peut-être la Corée du Nord, peu de pays dans le monde peuvent se targuer d’avoir un tel organe de propagande. Le journal de 20 heures est un cas d’école pour les apprentis dictateurs : après s’être félicité de l’élection du candidat-Président et salué une Nouvelle République ; après avoir encensé le programme de Denis Sassou Nguesso, la télévision nationale est passée aux choses sérieuses.

L’ex Cobra, nouveau chef de milice

Le reportage montre un commando paramilitaire filmé dans un coin de forêt avec des hommes aux mines patibulaires tout de noir vêtus. Leur chef s’exprime sur un ton martial et déclare qu’ils défendront le pays, le peuple et la Nouvelle République contre tous les éléments séditieux qui souhaitent le désordre au Congo. La menace clairement exprimée s’adresse à tous les candidats de l’opposition et à leur coordonateur Charles Zacharie Bowao. Ce groupe se déclare comme les Nouveaux Patriotes. En réalité, il n’y a rien de vraiment nouveau puisque l’homme qui s’exprime, Hidevert Mouani est un ancien chef des Cobras, milice pro-Denis Sassou Nguesso lors de la guerre de 1997 qui combattait les Ninjas du Président Pascal Lissouba. Après la guerre, Hidevert Mouani est devenu un honorable député de la nation, mais en coulisse, il est toujours resté un homme de main du Président congolais. Après ce reportage menaçant, suit une déclaration, qui se veut tout aussi martiale, d’un certain Tanguy, ancien Ninja repenti et reconverti dans la défense de la Nouvelle République de Denis Sassou Nguesso.

Une stratégie de la tension et de l’irresponsabilité

Bien évidemment, ces annonces volontairement dramatiques sont destinées à effrayer les Congolais. Elles rappellent les sinistres souvenirs de la guerre de 1997, qui avait fait 400 000 morts, afin de dissuader les Congolais de soutenir l’opposition et de manifester pour faire respecter les résultats des urnes. Elles créent une psychose dans le pays et obéissent à une stratégie de la tension. Mais cette déclaration officielle de la recomposition d’une milice n’est pas seulement un exercice de pure communication. Denis Sassou Nguesso dispose d’une force publique officielle en nombre, armée, police et gendarmerie sont en outre bien organisées. A priori le Président n’a donc pas besoin de ce genre de supplétifs. Pour l’instant, il procède chaque jour à des arrestations arbitraires, à des pillages de QG de campagne des candidats, à des menaces et des intimidations qui ne sont pas ou que très mollement dénoncés par la communauté internationale. Il espère qu’il pourra garder le pouvoir à la manière de Pierre Nkurunziza, Président du Burundi qui reste au pouvoir malgré toutes les exactions qu’il commet dans son pays. Mais il anticipe aussi les troubles et une réaction plus forte de la diplomatie internationale. Dans ce cas, cette milice sera chargée du sale boulot et exonérera Denis Sassou Nguesso de ses responsabilités légales. Ainsi, il pourra dire : « ni responsable, ni coupable. » Cependant, il a commis l’erreur d’officialiser la milice d’Hidevert Mouani au journal de 20 heures, personne n’ignore désormais que ce groupe paramilitaire est aux ordres du pouvoir.

TEXTE : Justine Okimi

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 11:04
#Congo / #Sassou ferait passer #Staline pour un guitariste (#Mabanckou)

SOURCE

Le Point : Que savez-vous de la situation sur place ? Êtes-vous en relation directe avec vos proches sur place ?

Alain Mabanckou : Comme la plupart de mes compatriotes vivant à l'étranger, j'ai souffert de la décision unilatérale et incompréhensible des autorités congolaises de bloquer les moyens de communication, comme si nous étions en Corée du Nord ou en Chine. J'avais le sentiment qu'il ne s'agissait pas d'une élection présidentielle, mais de la réunion d'une société occulte… C'est d'autant plus dommageable que les Béninois viennent de nous donner une vraie leçon de démocratie. Et je félicite le Béninois Lionel Zinsou qui a applaudi son concurrent et reconnu la victoire de celui-ci ! Le Bénin compte presque 11 millions d'habitants, cela leur a pris à peine une journée et demie pour compter (en toute transparence) les voix tout en tenant les citoyens au courant de l'avancement des décomptes. Au Congo-Brazzaville, avec moins de 4 millions d'habitants, cela a pris quatre jours et dans les ténèbres les plus absolues – téléphone, radio et réseaux sociaux coupés – au point de ne pas avoir besoin de sortir de Science Po ou de l'École des Mines pour comprendre que des mains invisibles essayaient de retourner les choses à leur avantage. Les Béninois nous avaient appris autrefois la pêche sur l'océan Atlantique, à Pointe-Noire, je les supplie de nous apprendre aussi les règles de la démocratie…

Vous aviez dénoncé les pratiques du président Sassou-Nguesso dès le référendum qui lui a permis de se représenter : qu'attendiez-vous de ce scrutin ?

J'étais en effet opposé à la révision inopportune et suspecte de la Constitution, une révision que ne souhaitait d'ailleurs pas le peuple congolais. On ne change pas les règles du jeu pendant que se déroule un match. Je suis juriste de formation et je sais que la Constitution est une affaire du peuple, parce que seul celui-ci peut décider des grandes règles qui fondent la nation. Cette étrange Constitution était taillée sur mesure pour l'actuel président dans le but de se succéder à lui-même après des décennies de pouvoir. Le spectacle actuel montre que je n'avais pas tort. Si au moins le peuple était informé de l'avancement de l'élection et que les résultats n'étaient pas annoncés en catimini, nous serions aujourd'hui dans un autre dialogue, et le président Sassou-Nguesso serait sorti vainqueur quelle que soit la configuration, puisque, même dans sa défaite, il serait alors apparu comme celui qui assurait la transition démocratique, le passage d'une génération à une autre. Pourquoi cacher au monde entier l'expression de tout un peuple ? Mieux encore, pourquoi fermer la porte à clé et éteindre la lumière au risque d'être pris pour celui qui voudrait cacher ses turpitudes ? Cette élection est par conséquent louche, frappée de petite vérole dans la mesure où le peuple a eu l'impression que dans cette nuit, dans ces ténèbres où tous les chats étaient gris, des ombres maléfiques besognaient, remuaient les choses pour nous imposer, à l'aube, un verdict qui ne correspond pas du tout au climat général et actuel du pays : un désir de changement politique depuis le sommet jusqu'à la base.

Rien ne vous surprend donc dans le résultat final ?

Je connais ce pays. Il est dans ma chair. Je le respire. Je le sens à chaque battement de mon cœur. Il est impossible, dans l'état présent des divisions claniques et ethniques, qu'un des huit candidats puisse l'emporter dès le premier tour ! Le Congo fonctionne encore sur un vote « régional », voire ethnique. Et, naturellement, il est inimaginable qu'un candidat ayant déjà cumulé 32 ans au pouvoir puisse réaliser cet exploit colossal qui ferait passer Staline pour un guitariste accompagnateur d'un bar de la banlieue brazzavilloise ! Après trente-deux ans, il y a forcément une usure du pouvoir. Souvenez-vous qu'en France l'usure du pouvoir était une des raisons qui avaient conduit à la suppression du septennat renouvelable. Quatorze ans, c'était beaucoup, et le peuple français était exténué ! Mais, au Congo, nous parlons de 32 ans !

Pensez-vous que l'appel à la révolte de l'opposant Jean-Marie Michel Mokoko sera suivi ?

Je ne suis pas un partisan de la violence. Cela mettrait en danger la jeunesse congolaise, avec ce que cela implique comme conséquences en temps de guerre : veufs, orphelins, viols, refugiés, famine, terreur, etc. L'opposition n'avait qu'à ne pas participer à ces élections puisqu'elle savait dès le départ qu'elles seraient problématiques. Ce n'est pas au peuple de souffrir de cette situation, de se lancer dans une guerre civile. Ce peuple n'a pas les mêmes moyens et n'a pas le soutien de la communauté internationale.

Redoutez-vous une insurrection civile ?

Il faut être conscient que mon pays traverse une crise pétrolière, qu'il a déjà essuyé deux guerres civiles à cause de l'or noir et que le peuple congolais n'a jamais, mais jamais, profité de cette manne. J'ai du mal à croire que le président Sassou et son entourage seront tout d'un coup habités par l'Esprit-Saint et se consacreront de manière désintéressée au bien-être du peuple congolais en lui construisant des routes, des écoles, des infrastructures sanitaires, des nouvelles technologies, des sites culturels, etc. Dans mon pays, on ne pense jamais à laisser une trace à la postérité…

Dans quelle mesure peut-on parler de liberté de la presse, je pense à l'agression de nos confrères français sur place ?

Si vos confrères du Monde et de l'AFP ont été agressés (avec une confiscation de passeports et de matériels), il est difficile de s'imaginer que les journalistes congolais, réduits désormais à chanter la messe du dimanche même pendant les jours de la semaine, exerceraient sans s'inquiéter leur métier. Récemment, d'ailleurs, plusieurs intellectuels congolais sont partis à l'étranger, dans des pays d'Afrique ou d'Europe.

Puisque vous êtes aussi français, comment regardez-vous l'attitude de la France face à Denis Sassou-Nguesso ?

À l'automne dernier, souvenez-vous, le président François Hollande avait publiquement validé – sans doute par manque de sens géopolitique africain – le changement arbitraire de la Constitution congolaise lors d'une conférence de presse avec le président malien. C'est cette même Constitution, validée par le président français, qui a finalement permis à Sassou-Nguesso de se représenter après trente-deux ans au pouvoir. Certes, François Hollande s'était vite rétracté par la suite, mais le mal était déjà fait et avait même ouvert la voie à un parti nationaliste français qui s'était immiscé dans le débat congolais. J'étais d'ailleurs navré de remarquer que certains de mes compatriotes épousaient ces dires populistes de dernière minute d'un parti plutôt porté par un élan de nostalgie coloniale. Que ce soit au sujet du Congo ou d'autres pays africains, la France, ces dernières années, a fait preuve d'une grande méconnaissance politique du continent noir.

Est-ce la dernière heure de ce président ?

Tôt ou tard, le jour de l'addition arrivera, car l'éternité est une idée de fakir et de moine, pour reprendre la formule de Jean-Paul Sartre dans Les Mains sales. Le peuple burkinabè a su s'insurger dans la discipline héritée du leader panafricain Thomas Sankara. Il est descendu dans la rue pour renverser un pouvoir qui perdurait depuis plus de vingt ans et pour élire démocratiquement un nouveau chef d'État. En définitive, je dirais que je rêve que le peuple congolais ne verse plus de sang, qu'il se souvienne que Thomas Sankara avait pour modèle le président congolais Marien Ngouabi, assassiné en 1977. « Quand le peuple se met debout, l'impérialisme tremble », clamait alors Thomas Sankara aux États-Unis, à Harlem, le 3 octobre 1984.

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 19:43
#CongoSassou / En vrai, Mokoko a gagné, devant Kolélas et Salissa...

Denis Sassou Nguesso élu ?

Que se passe-t-il au Congo Brazzaville ? La presse occidentale est muette sur ce sujet et le peu d’information en provenance de ce pays ne correspondent pas à la réalité.

Congo Brazzaville, Corée du Nord : même combat

Le premier tour de l’élection présidentielle a eu lieu le 20 mars 2016. Ce jour là, les communications téléphoniques et Internet ont été coupées afin d’empêcher l’opposition de collecter les résultats et pour que les Congolais ne communiquent pas entre eux. Ces manœuvres se sont poursuivies pendant quatre jours jusqu’à la proclamation dans la nuit de mercredi à jeudi de la victoire par un coup KO de Denis Sassou Nguesso. Ces procédés dignes d’une dictature ordinaire conviennent à la communauté internationale, qui pourtant est habituée à se gargariser avec les grands principes des droits de l’homme et de la démocratie, puisque jusqu’à cette heure aucun pays n’a réagit.

Le candidat-Président au fond de la classe

Comme tous les Congolais, les ambassades présentes à Brazzaville connaissent les vrais résultats. Le général Mokoko arrive en tête, talonné par Parfait Kolélas, suivi par Okombi Salissa, Denis Sassou Nguesso prend donc la quatrième place derrière ces trois opposants. Les partisans du candidat-Président le savent et c’est pourquoi l’auto-proclamation de leur champion n’a donné lieu à aucune scène de liesse. A Brazzaville comme à Pointe Noire et dans toutes les grandes villes, l’annonce de cette victoire a été considérée par tous, partisans comme opposants, comme une déclaration de guerre. Les Congolais se barricadent, personne ne se rend au travail, beaucoup sont partis au village, la ville tourne au ralenti.

Un pays au bord de l’explosion

A Pointe Noire, des incidents ont eu lieu dans les quartiers le jeudi 24 mars. La veille dans la capitale, la police a envoyé des gaz lacrymogène et a tiré en l’air dans le QG de Parfait Kolélas. Affolés, les jeunes partisans de cet opposant ont traversé la rivière toute proche pour s’enfuir, un adolescent qui ne savait pas nager est mort noyé. Les journalistes du Monde et de l’AFP ont été agressés et seul Washington a publié un communiqué condamnant cette agression. La France, elle s’est contentée de demander des explications. Denis Sassou Nguesso organise le verrouillage du Congo, aucune information ne doit sortir pour qu’il puisse réaliser son coup d’Etat électoral sans protestation. La conférence de presse prévue par l’opposition le vendredi 25 mars a été empêchée par un important dispositif militaire. Une centaine de personnes ont été arrêtés dans les rues du quartier où devait se tenir cette conférence. Pour l’instant, le procédé fonctionne mais jusqu’à quand ? La jeunesse est sur le pied de guerre et veut en découdre, pourtant elle sait ce que cela peut lui coûter, lors du référendum, elle en avait fait les frais. Les jours à venir seront décisifs.

Texte : Justine Okimi

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 09:39
#Gabon / 800 000 Gabonais Economiquement Faibles...et Ali peut faire pire !



Huit cent mille. C’est le nombre de Gabonais qui se sont fait enregistrer au titre de « Gabonais Economiquement Faible (GEF)» en 2016. Paul Biyoghe Mba, le ministre des Affaires sociales en a fait l’annonce, un peu malgré lui, lors de la concertation gouvernement patronat de la semaine dernière, dans un grand hôtel du nord de Libreville.

Sur la base du dernier recensement de la population gabonaise qui indique que le Gabon compte 1,8 million d’habitants, c’est près de 45% de sa population qui vit avec moins de 80 000 FCFA par mois. Les GEF étant définis par les pouvoirs publics sur ce critère. Un échec pour la mise en œuvre des politiques publiques. Ce nombre risque malheureusement de grimper au regard des nombreux plans sociaux qui sont annoncées par les entreprises de la place, et le risque réel pour beaucoup d’entre elles de faire faillite. Nombreux sont ceux qui vont se retrouver à la suite de cela avec moins de 80 000 FCFA par mois.

C’est un chiffre qui se présente comme un démenti de toute la propagande éhontée à laquelle se livre actuellement le pouvoir pour essayer de vanter « le bilan social » d’Ali Bongo Ondimba. Surtout qu’entre 2015 et 2016, ce nombre s’est accru de 250 000 personnes. Une situation qui n’étonne guère. Même si le très politicien Paul Biyoghe Mba ne veut y voir que « des inscriptions frauduleuses ». Non seulement pour des raisons liées à la précampagne électorale en faveur d’Ali Bongo Ondimba, le très émergent professeur Mboussou, directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), a entrepris d’aller au contact des GEF dans tous les coins reculés du Gabon pour les enregistrer. Avec sans doute l’idée que, ces personnes se souviendraient le moment venu d’Ali Bongo Ondimba. Il ne savait pas que cet activisme militant allait plutôt renvoyer aux yeux du monde entier «l’écosystème réel » de la pauvreté au Gabon. Mettant ainsi au grand jour l’une des conséquences dramatiques de la gouvernance d’Ali Bongo Ondimba depuis sept ans.

D’autre part, Paul Biyoghe Mba, dans sa démonstration erronée, veut occulter les effets réels de la crise économique qui a frappé durement le Gabon en 2015, alors qu’il sait très bien qu’elle a conduit plusieurs milliers d’individus au chômage. Le premier réflexe de tous ceux qui se sont retrouvés du jour au lendemain sans aucun revenu, a été de prendre le statut de GEF. La fraude est plutôt du côté de celui qui veut nier cette réalité.

Le pouvoir a ainsi devant lui un chiffre choc, issu de ses propres investigations qu’il aura du mal à dissimuler. Il traduit mieux que n’importe quel discours l’échec des politiques publiques menées depuis sept ans. On comprend que Paul Biyoghe Mba, le futur directeur de campagne d’Ali Bongo Ondimba, si par extraordinaire ce dernier arrivait à régler la question de sa filiation avec Omar Bongo, croit très sérieusement que « ce chiffre peut être réduit d’un tiers » en retranchant « les inscriptions frauduleuses ». C’est sans doute ce qu’il va s’employer à faire en tant que ministre des Affaires sociales et habitué au « trucage des chiffres ». Mais cela ne changera rien à la réalité.

Même avec un tiers de personnes en moins, ce seront quand même près de 540 000 personnes qui seront considérées comme GEF, soit 30% de la population. Pour un pays qui a amassé près de 18 000 milliards entre 2010 et 2014, avec une population équivalente à celle d’un quartier de Yaoundé, Douala ou Brazzaville, c’est un triste record qui traduit l’incompétence et le caractère criminel des dirigeants gabonais. Puisqu’il est clair et établi que cette montagne de milliards de FCFA a plutôt été recyclée en fortune personnelle pour le chef de l’Etat à travers sa pieuvre Delta Synergie, autant pour les « profito-situationnistes». La démonstration en a été faite par Alexandre Barro Chambrier dans la déclaration du 27 juin du PDG Héritage et Modernité. Tout cela au détriment des Gabonais. C’est avec un tel boulet social qu’Ali Bongo Ondimba veut s’initier à « l’égalité des chances ». Autant dire un pari perdu d’avance. Au rythme de 250 000 GEF enregistré en un an, 99% de la population du Gabon pourrait bien prendre ce statut en 2020 s’il parvenait par miracle à se maintenir au pouvoir, car, leur avenir n’a jamais été et ne sera jamais en confiance. Il faut que les Gabonais en soient conscients.

TEXTE : SYA

In Echos du Nord n° 329

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 10:35
#USDepartmentOfState / Presidential Elections in the Republic of Congo

Press Statement

John Kirby
Assistant Secretary and Department Spokesperson, Bureau of Public Affairs

Washington, DC

March 21, 2016

The United States congratulates the Congolese people for their active participation in the March 20 presidential elections. Their enthusiasm and determination to register to vote and peacefully engage, despite many impediments, demonstrates their commitment to democracy.

We note numerous reports of irregularities that have raised concerns about the credibility of the process, including the media blackout during the polls, an imbalanced and restrictive media environment, significant disparity in access to state resources, a short timeframe for electoral preparations, and restrictions on freedoms of expression, communication, and association in the pre-election period. We urge Congolese authorities to restore communications and to complete the electoral process with accuracy, credibility, fairness, and transparency.

As the vote tallying continues, the United States urges the Congolese people to remain patient and avoid speculation. We ask all political leaders to renounce violence, call upon their supporters to remain calm, and seek to resolve any differences peacefully in accordance with existing laws and procedures.

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 21:49
http://charleszachariebowao.com/
http://charleszachariebowao.com/

PS : la titraille est de la rédaction

Post récupéré sur le compte Facebook de Charles Bowao, Président de la Coordination IDC /FROCAD

#‎URGENT‬

Le 20 mars 2016, les Congolais ont répondu favorablement à cet appel démocratique. Ils ont exprimé leur choix dans les urnes. Malgré quelques incidents ici et là, le scrutin s'est déroulé dans le calme et la sérénité, comme nous l’avions demandé.

Je remercie donc les citoyens congolais. Ils ont participé massivement à cette élection contrairement au Référendum du 25 octobre durant lequel ils avaient déserté les bureaux de vote.

Il est évident qu’ils ont aujourd’hui répondu à l’appel de l’Opposition, en allant désavouer le président sortant Denis Sassou Nguesso dans les urnes !

On parle de Black out, on parle du Congo coupé du monde mais personne ne semble étonné ! Pire, cela paraît normal. Que dirait-on si en France, aux Etats-Unis, on coupait toutes les communications pendant 48h à la veille d’un scrutin majeur.
Je suis, moi, choqué de cette décision dictatoriale, qui symbolise à elle-seule les affres de la gouvernance du pouvoir en place depuis 32
ans.

Malgré ces diverses atteintes pour empêcher les citoyens congolais de veiller au bon déroulement du scrutin et à sa transparence, les représentants de la CTE se sont dévoués avec détermination et optimisme dans cette haute tâche et je les en remercie.

Place dorénavant au décompte des résultats sur la base des procès-verbaux des bureaux qui parviennent du reste du pays plus ou moins rapidement, compte tenu du climat digne de la Corée du Nord, dans lequel la CTE doit procéder.

Nous sommes confiants. Je demande aux citoyens congolais d’être patients.

Suite à cet engouement massif et historique, je n’accepterai pas, la coordination IDC / FROCAD n’acceptera pas, les citoyens congolais n’accepteront pas qu’on leur vole leurs votes, que l’on fasse taire leurs voix.

C’est bien le peuple congolais, seul souverain, qui aura le dernier mot.

‪#‎sassoufit

http://charleszachariebowao.com/

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 11:14
Seuls comme les Congolais face à #Sassou un jour d'élection 1 coup KO

PS : la titraille est de la rédaction

L'article est paru initialement sur le site de l'IVERIS, sous la plume de sa directrice Leslie Varenne et sous le titre :

Partie I
Congo Brazzaville : une élection à huis cl
os


Alors que la campagne pour l’élection présidentielle qui aura lieu le dimanche 20 mars 2016 se déroule dans un climat électrique et s’annonce à hauts risques, aucune institution internationale n’a jugé utile d’envoyer des d’observateurs. Ni l’Union européenne, ni l’Organisation internationale de la Francophonie, ni les Nations Unies ne veilleront au bon déroulement et à la transparence de ce scrutin. Pourtant, le bilan de la dernière consultation électorale en République du Congo, le 25 octobre dernier, a été lourd : 46 morts, 69 blessés et 4 disparus… L’Union africaine dépêche une mission mais elle ne sera composée que de 35 personnes chargées de surveiller 5400 bureaux de votes. Les Congolais seront donc seuls. D’un côté, le Président Denis Sassou Nguesso, qui bat campagne avec tous les moyens de l’Etat, argent, presse, télévision, forces de l’ordre. De l’autre, l’opposition avec cinq candidats, tous venus d’horizons différents, mais unis, lors de cette échéance cruciale, afin de se donner la possibilité de détrôner un chef d’Etat au pouvoir depuis 32 ans...


Le Candidat-Président

Au début des années 1980, les Congolais dansaient en chantant un refrain populaire « Président Sassou Nguesso c’est l’homme des masses, c’est l’homme des masses.... » Mais très vite, le Président devient l’homme d’une famille, d’un clan. Lors de l’élection présidentielle de 1992, il arrive en troisième position et cède sa place à Pascal Lissouba. Il revient au pouvoir par les armes à la faveur de la guerre civile de 1997. Les blessures de ce conflit meurtrier, plus de 400 000 victimes, ne sont toujours pas refermées et Brazzaville porte encore les stigmates de cette guerre. Depuis, il est resté à la tête de l’Etat sans discontinuer en remportant dès le premier tour les élections présidentielles de 2002 et 2009. A 73 ans et après plus de trente années d’exercice, Denis Sassou Nguesso ne désarme pas. La constitution de 2002 ne lui permet pas de briguer un troisième mandat et il a atteint la limite d’âge fixée à 70 ans, qu’importe…

A l’automne 2016, il décide d’organiser un référendum afin de changer les deux articles de la constitution qui lui posent problème. L’opposition se mobilise, les 20 et 21 octobre, dans les trois grandes villes du pays, Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie où ont lieu d’importantes manifestations avec pour mot d’ordre « Sassoufit ». L’armée tire, le bilan est lourd. Les opposants sont assignés à résidence, internet est coupé, les communications téléphoniques extérieures sont brouillées, les SMS ne passent plus. Les médias internationaux ne sont plus accessibles. La République du Congo est coupée du monde. Le 25 octobre 2015, le tour est joué, le OUI l’emporte à 80%. Sassou Nguesso est donc rééligible. L’élection présidentielle aurait dû se tenir en juillet ou en août 2016, son mandat prenant fin le 14 août. Mais en décembre, le Président décide d’anticiper l’échéance, le scrutin aura lieu le 20 mars.

Le candidat-Président a-t-il choisi ce calendrier au hasard ? Pour les Congolais le mois de mars rappelle des événements douloureux. Le 4 mars 2012, l’entrepôt de munitions de Brazzaville explosait et 350 personnes décédaient lors de cet accident. Le 23 mars 1977 est le jour de l’assassinat du Cardinal Emile Biayenda ; le 25 mars 1977 correspond à l’exécution de l’ancien Président Massamba-Debat. Ces dates marquent l’histoire congolaise et personne ne croit à un hasard de calendrier, un opposant déclare : « C’est un climat général qui crée une situation de psychose. S’il n’est pas un imbécile, il est embarqué dans un déterminisme tragique… » Dès lors, selon un scénario désormais classique en Afrique lors d’une échéance électorale, la ville se vide. Les élites envoient leurs familles à l’étranger, les classes moyennes et les pauvres partent au village, quand ils le peuvent.

Pour le candidat-Président, et son parti le Parti Congolais du Travail (PCT) qui existe depuis 1969, il s’agit de rééditer l’exploit de 2002 et 2009, être élu au premier tour, réussir « un coup KO », un phénomène très tendance actuellement dans les pays d’Afrique francophone. Et il s’en donne les moyens. Sur les 26 membres que composent la Commission nationale électorale indépendante (CNEI), trois seulement font partie de l’opposition, et encore, deux sont vraiment très modérés. Le fichier électoral n’a pas été révisé, les morts sont toujours inscrits. Les jeunes en âge de voter n’ont pas de carte d’électeur. Des cartes qui, par ailleurs, font l’objet d’une distribution à grande échelle. Une chaîne de télévision de Kinshasa a montré comment le précieux sésame était attribué aux habitants de la capitale de la RDC voisine et aux riverains de l’autre côté du fleuve Congo. Denis Sassou Nguesso est également très généreux, il offre pagnes, casquettes, tee-shirts, chemises et billets de banque.

Mais le candidat-Président, qui est aussi Général de son état, sait que ces libéralités ne suffiront pas. Selon un militaire congolais, entre septembre et décembre 2016, il a recruté 8000 jeunes, plus une compagnie entière de Burundais, qu’il a mis à la disposition de la Garde Républicaine et de la police. Ces contingents doivent être soutenus par des Centrafricains et des Tchadiens, ces derniers connaissent bien le pays, ce sont des déplacés des crises de la région qui se sont réfugiés au Congo depuis longtemps. Toujours selon ce militaire, 750 Rwandais ont été recrutés comme chauffeurs de taxi pour quadriller les villes et servir de sources de renseignements.


La charte de la victoire


Lors du référendum, l’opposition avait montré des failles et des faiblesses. Elle avait appelé au boycott du scrutin, laissant ainsi les mains libres au Président. Pour le scrutin présidentiel, elle a décidé de s’organiser. D’abord en présentant quatre candidats de chaque région afin que toutes les ethnies puissent être représentées et avoir des partisans dans tous les bureaux de vote pour contrôler les résultats. Parmi ces prétendants, qui ont tous été à un moment où à un autre membre du gouvernement ou conseiller de Denis Sassou Nguesso, se trouvent des pointures comme Pascal Tsaty Mabiala, Parfait Kolélas, André Okombi Salissa ou Claudine Munari. Après le référendum, le Général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien chef d’Etat-major du Président, a démissionné de son poste de conseiller du Président chargé des questions de paix et de sécurité pour se présenter à cette élection. Il est considéré comme un candidat indépendant, mais fait front commun avec tous ceux qui ont signé la charte de la victoire. Cette plateforme est coordonnée par Charles Zacharie Bowao, un ancien ministre de la Défense. Outre leur unité, la force de cette opposition est de quadriller le pays et de connaître parfaitement les rouages du pouvoir et notamment de l’armée. Avec cette alliance un phénomène nouveau s’installe en République du Congo, le vote clanique s’estompe, les lignes bougent. C’est ainsi que le Général Mokoko, un nordiste a fait un tabac dans le sud à Pointe Noire lors d’un meeting. Du jamais vu dans ce pays. Ce qui permet à un opposant de dire : « Il y a une vraie prise de conscience citoyenne. On assiste à une évolution fortement positive qui va conduire à une recomposition du paysage politique. » Pour faire contrepoids à la CNEI, la plateforme a créé une Commission Technique Electorale chargée de compiler et de vérifier les résultats bureau par bureau. Mais à quatre jours du scrutin, la CNEI a décidé que les téléphones portables seraient interdits dans les bureaux de vote. Il est également fort probable qu’internet et toutes les communications soient coupés et que les candidats soient assignés à résidence comme lors du référendum. Faute d’observateurs étrangers, le duel à hauts risques s’engage donc à huis clos…


Les grands absents…


L’Union européenne a décidé de ne pas envoyer d’observateurs, car les conditions d’une élection transparente ne sont pas remplies et ne permettent pas « le caractère démocratique, inclusif et transparent de l’élection.» L’argument est spécieux. En effet, lors de la présidentielle en Côte d’Ivoire, l’UE n’avait pas envoyé d’observateurs officiellement pour des raisons de budget ; officieusement car les conditions d’un scrutin apaisé et transparent étaient remplies. Que faut-il pour que l’UE se préoccupe d’une élection en Afrique ? Le candidat Tsaty Mabiala a déploré cette absence : « Il fallait que l’UE et que d’autres institutions internationales qui ont du poids dans les affaires du Congo envoient des observateurs. Nous nous sentons abandonnés. »
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) abandonne aussi les Congolais à leur sort. Elle n’envoie pas d’observateurs mais a dépêché un représentant : l’ancien Président du Burkina Faso, Michel Kafendo. Tout un symbole… En effet, le Président du Congo est un ami intime de Blaise Compaoré. Un mois avant le coup d’Etat du 16 septembre à Ouagadougou, Gilbert Diendéré ne se trouvait-il pas à Brazzaville ? Un diplomate confie que la rencontre entre Denis Sassou Nguesso et Michel Kafendo du 14 mars a été glaciale, le premier aurait fait attendre le second de longues heures avant de le recevoir.

La France ne semble pas non plus très préoccupée par l’élection congolaise, François Hollande et Denis Sassou Nguesso entretiennent des rapports plus que cordiaux depuis juillet 2016, date à laquelle le Président congolais a apporté son soutien à l’organisation de la COP 21. Avant cette date, la situation était plus tendue, notamment après le discours de François Hollande au sommet de la Francophonie à Dakar en novembre 2014. A cette occasion, le Président français déclarait : « : La Francophonie, elle est soucieuse des règles de la démocratie, de la liberté du vote, du respect des ordres constitutionnels et de l’aspiration des peuples, de tous les peuples, à des élections libres. Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie. » Ces propos avait été perçus par Denis Sassou Nguesso comme un très mauvais signal. A l’époque, il envisageait déjà de modifier sa constitution. Grâce à la COP 21 et à son aide, les relations ont évolué. En octobre 2014, François Hollande ne déclarait-il pas : « Le Président Sassou Nguesso a le droit de consulter son peuple. » ? Cette petite phrase est déjà passée à la postérité en Afrique, car non seulement elle a été très mal vécue par les Congolais mais également par tous les Africains confrontés à la volonté de leur Président de modifier leur constitution pour rester au pouvoir.

L’ambassadeur de France, Jean-Pierre Vidon, n’a jamais rencontré les opposants en dehors de réunions dans le cadre de l’UE et semble préoccupé par un événement plus important que l’élection. Son excellence organise la semaine « Goût de France » pour promouvoir la gastronomie française. Le 21 mars à la case de Gaulle, résidence de l’ambassadeur et haut lieu historique puisque c’est là que le Général a dormi lors de la conférence de Brazzaville en janvier 1944, Jean-Pierre Vidon organise un dîner avec des invités triés sur le volet pour célébrer la cuisine française. A quelques jours du scrutin, dans une capitale tendue comme un arc, l’initiative n’est pas du goût de tous…

Une nouvelle fois en Afrique francophone autrefois appelée « le pré carré français », l’ambassadrice américaine, Stephanie Sullivan, semble faire preuve de plus d’intérêt et comprendre mieux les enjeux que son homologue Jean-Pierre Vidon. Elle a reçu les opposants et leur a prodigué ses conseils. Cependant, le soutien reste minimum, le Congo n’est toujours pas au programme du National Democratic Institute présent pourtant lors de précédentes élections sur le continent.

Les Nations Unies sont également aux abonnées absentes. Selon un diplomate onusien, elles n’envoient des observateurs qu’à la demande des autorités nationales et la demande n’a pas été faite par le Président congolais. D’autre part, leurs missions sont longues et sont préparées six mois à l’avance. Comme l’élection est anticipée, la venue d’observateurs n’est pas possible…

Les Congolais seront donc seuls face à ce moment crucial de leur histoire. Si la terre tremble, il n’y aura pas de témoins. Si le ciel s’embrase, le feu s’allumera de l’autre côté du fleuve Congo, la RDC étant, elle aussi, dans une situation critique. Quand Brazzaville tousse, Kinshasa entend…

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 21:17
#MomSaRew / Non au dévoyé référendum de Macky Sall

YOONU ASKAN WI

Mouvement pour l’Autonomie Populaire

RESOLUTION DE LA 8ème SESSION DU CONSEIL GENERAL DE YOONU ASKAN WI SUR LE REFERENDUM CONSTITUTIONNEL DU 20 MARS 2016

CONSIDERANT le travail en profondeur réalisé ces dernières années par les forces vives de la Nation et systématisé à travers les Conclusions des Assises Nationales, la Charte de gouvernance démocratique, l’Avant-projet de Constitution de la Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI) déposé depuis deux ans sur la table du Président de la République, sans oublier les orientations du séminaire de la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) sur les réformes institutionnelles,

CONSIDERANT l’absence délibérée, du fait du pouvoir, de concertations avec les acteurs politiques et sociaux, aussi bien sur le contenu du projet de révision que sur la date du referendum, le Président Macky SALL préférant ainsi mettre tout le monde devant le fait accompli, alors que rien, sauf des calculs politiciens, ne justifie l’urgence d’un referendum vidé de toute vraie substance,

EXPRIMANT son accord sans réserve avec la Déclaration de la CDS en date du 13 janvier 2016 qui montre que, malgré quelques avancées tirées de l’Avant-projet de constitution de la CNRI, les 15 mesures proposées « ne prennent visiblement pas en charge les préoccupations majeures des citoyen(ne)s sénégalais(es) en matière de réformes institutionnelles. En effet, celles-ci, pour être viables et durables, devraient régler les problèmes identifiés qui entravent la bonne marche des institutions et, par conséquent, du pays tout entier. Elles apparaissent plutôt insuffisantes, en ne s’inscrivant pas dans l’optique de la refondation de la République dans notre pays, pour réaliser la séparation et l’équilibre effectifs des pouvoirs, la réduction des pouvoirs exorbitants concentrés entre les mains du président de la république, le renforcement des pouvoirs de l’Assemblée nationale, l’indépendance plus affirmée de la justice, la promotion à tous les niveaux des droits et libertés des citoyens ainsi que de la gouvernance démocratique et participative»,

CONSIDERANT qu’en choisissant de se réfugier de façon sélective derrière « l’avis/ décision » du Conseil Constitutionnel, le Président Macky SALL s’est donné ainsi les moyens de se dédire à travers un wax waxeet maquillé,

ESTIMANT que le referendum convoqué pour le 20 mars 2016 est un referendum dévoyé en ce qu’il tourne le dos aux propositions essentielles des Assises et de la CNRI évoquées ci-dessus, et vise plutôt à maintenir intact « le présidentialisme néocolonial » et, par là-même, la domination impérialiste sur notre pays,

JUGEANT inacceptable la décision d’engloutir les milliards des contribuables sénégalais dans un referendum devenu parfaitement inopportun, ce au détriment de la satisfaction des demandes populaires et sociales pressantes ainsi que des revendications des organisations de travailleurs,

LE CONSEIL GENERAL DE YOONU ASKAN WI/ MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE POPULAIRE, ELARGI AU FRONT NATIONAL DE SALUT PUBLIC / MOOM SA REEW, REUNI LES 5 ET 6 MARS 2016 A DAKAR SOUS LA COPRESIDENCE DES CAMARADES ALASSANE GUISSE ET MALICK NOEL SECK :

1-SE DEMARQUE résolument du référendum du 20 mars 2016 qui, dans la forme comme dans le fond, ne répond ni aux préoccupations véritables des larges masses de notre pays ni à leurs profondes aspirations démocratiques et républicaines,

2-DENONCE les immixtions persistantes dans les affaires intérieures de notre pays, de la part des puissances étrangères, la France et les USA en particulier, à travers des prises de position ouvertement orientées exprimées par leurs Ambassadeurs ou autres officiels et officines,

3-DECIDE, après un débat démocratique large et contradictoire, de voter NON et d’appeler à voter NON au référendum du 2o Mars 2016,

4-INVITE YOONU ASKAN WI, les partis de gauche en général, le M23 et l’ensemble du « peuple des Assises » à situer leur part de responsabilités dans l’évolution de la situation politique post 25 mars 2012, pour avoir laissé quasiment les mains libres au Président Macky SALL, jusqu’à lui permettre de gérer à sa guise et selon son seul bon vouloir, les engagements pris en commun concernant en particulier la réforme des institutions durant la période de transition,

5-ENGAGE l’ensemble du parti, des forces progressistes, politiques, sociales et citoyennes, à donner un contenu hautement patriotique et populaire à ce NON, qui se différencie de toute tentative revancharde et réactionnaire d’une certaine opposition prédatrice et milliardaire visant à remettre en cause les avancées démocratiques conquises de haute lutte ces dernières années par notre peuple, notamment à travers l’organisation participative et inclusive des Assises nationales et la publication des Conclusions fécondes qui en sont issues, le mouvement historique du 23 juin 2011 et la victoire éclatante du 25 mars 2012,

6-SE FELICITE de l‘esprit de maturité et de la grande unité dont a su faire preuve le parti dans sa prise de décision, ainsi que de l’engagement de l’ensemble des militants et militantes à la matérialiser dans la cohésion, avec esprit de suite et de responsabilité, dans le seul intérêt du peuple sénégalais,

7-EXHORTE l’ensemble des militants, militantes et instances du parti à procéder, dès le lendemain du 20 Mars, à l’évaluation exhaustive et concertée du référendum, afin d’en tirer tous les enseignements requis et de s’engager sans délai dans la prise en charge optimale des perspectives à tous les niveaux.

NON AU PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE DU PRESIDENT MACKY SALL, OUI A L’AVANT PROJET DE CONSTITUTION DE LA CNRI, POUR LA REFONDATION DE LA REPUBLIQUE !

Fait à Dakar le 06 Mars 2016

LE CONSEIL GENERAL ELARGI



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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 11:46
La femme est exclue du savoir, de l'avoir et du pouvoir / Clotilde Ohouochi, ex-ministre et vice-pdte du FPI

Voici une communication de l'ancienne ministre ivoirienne et vice-présidente du FPI à l'intention d'un groupe d'étudiants africains de l'ILERI (Institut Libre d’Étude des Relations Internationales), regroupés au sein de l'association Trust Africa. C'était à l'occasion de la Journée Internationale de la Femme. Table-ronde organisée par l'association Trust Africa Thème central : « Assurer la paix et la sécurité en Afrique » Sous-thème : « Le rôle des femmes dans le processus décisionnel »

Je voudrais remercier votre jeune association, Trust Africa et sa dynamique présidente pour cette invitation que je considère comme une marque de considération. Le sujet proposé par votre table-ronde reste, plus que jamais, d’une brûlante actualité. Parmi les nombreuses interrogations qu'il appelle, je retiendrai celles qui suivent et autour desquelles je propose de bâtir mon intervention. Qu'est-ce qui explique la faible représentation des femmes dans les sphères de prise de décisions ? La question du genre et l'implication des femmes dans les processus de résolution des conflits peuvent-elles être efficaces pour l'abolition des conflits? Quelles décisions doivent-être prises au plan international, étatique et sociétal pour une plus grande implication des femmes dans le processus décisionnel ? En dépit d’une reconnaissance de la femme en tant qu’actrice du développement, son rôle et sa place dans la sphère politique restent sous‐estimés même si de plus en plus d’initiatives de femmes ou en faveur des femmes voient le jour. Les femmes sont peu présentes dans les sphères de prise de décisions, notamment, en matière de médiation, de prévention et de résolution des conflits. Bon nombre de pays africains sont ravagés par des guerres et des conflits meurtriers. Ces conflits sont généralement interprétés sous un prisme ethniciste, qualifiés de conflit ethnique, par les analystes internationaux. En effet, le moindre conflit, en Afrique, est vu sous l'angle ethniciste ou présenté sous un schéma manichéen et caricatural d'un Nord musulman et un Sud chrétien.

Or, l'Afrique étant un enjeu stratégique et économique primordial pour les grandes puissances, il n'est pas illusoire d'inscrire l'implication de celles-ci dans les causes des conflits en Afrique. Le cas de la Côte d'Ivoire où l'on a assisté, au printemps 2011, à une intervention armée disproportionnée des grandes puissances coalisées pour le règlement de la contestation électorale en est une illustration patente. Les conséquences de ces guerres récurrentes, quelles que soient leurs origines, sont extrêmement désastreuses sur les populations: traumatismes physiques, sociaux et psychologiques, tissu social durablement lacéré, jeunesse traumatisée, populations cloisonnées et enfermées dans leur tour de haine réciproque, de rancoeurs et de désir de vengeance.

Dans de tels contextes, comment arriver à retrouver la cohésion sociale afin de bâtir un avenir de paix et de concorde. Comment faire pour éviter de retomber dans une nouvelle ère de violences et de souffrances ? En un mot, comment guérir les blessures ouvertes ? Et quel rôle la femme africaine, mère, épouse, fille de ceux qui se battent ou se sont battus, la femme africaine qui souffre le plus de ces tragédies, peut-elle jouer dans les processus de règlement des conflits et de réconciliation ?

La situation des femmes pendant les moments de crises mérite qu'on y prête beaucoup d'attention. Elles sont les premières victimes. Les femmes et les enfants représentent plus des ¾ des 40 millions de personnes déplacées à la suite de violents conflits. Le Programme d'Actions de la 4e Conférence des Nations-Unies sur les Femmes (Béijing 1995) reconnaît que: «S'il est vrai que toutes les communautés subissent toutes entières les conséquences des conflits armés, les femmes et les petites filles sont particulièrement touchées». Elles sont victimes de violences, d'agressions sexuelles et de sévices pendant les guerres. Le viol est devenu une arme de guerre redoutable (en RDC) et même les soldats des forces de maintien de la paix s'y livrent également ou poussent les femmes à la prostitution. Le Conseil de Sécurité de l'ONU a été obligé, à cet effet, d'adopter, le 19 juin 2008, une résolution qui exige de «toutes les parties à des conflits armés, qu'elles mettent fin à tous actes de violences sexuelles sur les civils».

Sur le pan économique, les femmes qui sont la plupart du temps les actrices du secteur de l'agriculture vivrière et du petit commerce verront leurs outils de production détruits. Devenues veuves et chefs de ménages, elles sont confrontées à la gestion des charges familiales dont le cas des enfants nés des viols est source de graves traumatismes psychologiques. Il est donc fondamental que les femmes qui sont les premières victimes de ces conflits soient des actrices de paix et de réconciliation. Mais qu'entendons-nous par l'expression «résolution des conflits» et dans un sens plus spécifique, «réconciliation»? Empruntons la définition du mot réconciliation à l'évêque Desmond Tutu : « Examiner le passé douloureux, le reconnaître, le comprendre et par-dessus tout, le transcender ensemble, voilà le meilleur moyen de garantir qu'il ne se reproduise et ne puisse se reproduire ». Transcender ensemble ! Le mot «ensemble» est important et permet de comprendre ce que recouvre le concept de réconciliation. La réconciliation est donc le cheminement grâce auquel la société s'éloigne d'un passé de divisions pour se rapprocher d'un avenir partagé. Il faut savoir qu'aucune entreprise de développement n'est possible dans une société profondément déchirée où les relations humaines sont gâchées par la peur de l'autre, la méfiance et la suspicion. La réconciliation est donc vitale. Mais comment y parvenir ? Il n'y a pas de remèdes miracles ni de recettes universelles, de solutions rapides. Chaque peuple doit puiser en lui-même ses ressources propres à pardonner et à vouloir tourner la page.

Quel rôle peuvent jouer les femmes africaines dans cette entreprise ? Etant entendu que ce sont elles qui portent la vie, les femmes peuvent jouer un rôle prépondérant dans les processus de réconciliation. Dans la société traditionnelle africaine, elles jouent le rôle discret de conseillères. L'adage qui dit «la nuit porte conseil» en est l'éloquente démonstration. Elles peuvent, par leurs conseils avisés et surtout leurs actions positives, amener les protagonistes à la raison. Au Rwanda, après le génocide de 1994, les femmes ont été les premières à s'entraider. Elles ont été les premières à partager leurs terribles expériences. Tout commence par cela. Oser en parler. Ne pas s'enfermer dans sa douleur et comprendre que l'autre, en face, a aussi souffert. Quand les femmes hutu réfugiées sont rentrées d'exil, certaines organisations de femmes ont initié un accueil de solidarité spontané sans considération d'ethnies. Ceci n'exclut pas, évidemment les sentiments de haine qui subsistent mais ces quelques actions positives ont montré qu'il est possible de rebâtir la paix dans la confiance et la solidarité.

Cependant, au niveau des Etats africains, des réticences subsistent à intégrer les femmes dans les sphères de prises de décisions, malgré la ratification des instruments juridiques internationaux en la matière. On note une faible implication des femmes dans les processus de paix et, d'une manière générale, une présence insignifiante dans toutes les sphères de prise de décisions. La situation de la femme africaine est résumée par le constat amer qu'en fait l'éminent professeur Joseph Ki-Zerbo: «La femme est exclue du savoir, de l'avoir et du pouvoir».

Exclue du savoir parce qu'en Afrique, c'est chez les femmes qu'on rencontre le plus fort taux d'analphabétisme. Exclue de l'avoir, parce que la pauvreté s'est féminisée. Exclue du pouvoir parce que les femmes sont presque absentes des sphères de prise de décisions. C'est la théorie du serpent qui se mord la queue, une espèce de cercle vicieux. De la décennie de la Femme instituée par l’ONU entre 1975 et 1985 à la Conférence de Beijing en 1995 jusqu’à son évaluation en 2005 lors de la rencontre Beijing +10 à NewYork, la question genre a pris une place de plus en plus importante dans les rencontres internationales sur le développement humain. Si l’égalité des sexes reste un thème toujours d’actualité, le débat évolue vers celui du rôle de la femme comme actrice du développement et notamment dans la prévention, la médiation et la résolution des conflits.

Dans ce domaine, l’un des actes politiques les plus marquants de ces dernières années au niveau international a été le vote de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, adoptée le 31 octobre 2000, sur les femmes, la paix et la sécurité. Cette résolution réaffirme non seulement la nécessité de faire respecter les droits des femmes en tant que victimes des conflits, mais également encourage les institutions, les mécanismes nationaux, régionaux et internationaux pour la prévention, la gestion et le règlement des différends, à faire en sorte que les femmes y soient davantage représentées. Cette résolution novatrice (la résolution 1325) reconnaît que le maintien et la promotion de la paix et de la sécurité exigent la participation des femmes aux prises de décisions et appelle tous les acteurs à adopter une perspective tenant compte de cette recommandation. Cette résolution demande également au Secrétaire Général de l'ONU d'augmenter le nombre de femmes parmi ses envoyés spéciaux dans les missions de paix. A titre d'exemple, la représentante du Secrétaire Général de l'ONU en Côte d'Ivoire, est une femme, Mme Aïchatou Mindaoudou. La communauté internationale reconnaît donc qu'il faut augmenter la participation des femmes dans les processus de règlements des conflits.

Les femmes africaines ont un rôle de premier plan à jouer dans l'édification d'une paix durable. Mais pour une participation efficiente des femmes dans les différents processus de paix, un certains nombre d'actions et de décisions doivent être prises au niveau des Etats :

1) Mettre en application les recommandations internationales en faveur des droits des femmes

2) Favoriser la participation des femmes aux tables de négociations;

3) Promouvoir des mesures de discriminations positives à l'égard des femmes pour l'égalité des chances, dans tous les domaines de prise de décisions;

4) Accroître le soutien financier aux femmes dans leurs activités génératrices de revenus pour lutter contre la pauvreté;

5) Favoriser la scolarisation de la petite fille;

6) Impliquer davantage la société civile en particulier les associations de femmes dans leur rôle de formation, de suivi et d'encadrement de la femmes africaine vers plus d'autonomie. Parce que les droits des femmes sont au service de l'épanouissement de la société tout entière. La place qu'on leur fait est révélatrice de l'état d'un pays, de sa maturité démocratique comme de sa modernisation économique.

Texte : Clotilde Ohouochi

Ancien ministre / Vice-Pdte FPI

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