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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 08:39
#Gabon / Au Sénat, un jeune homo violé par un ministre et trois sénateurs

Paru initialement sous le titre :

Un jeune homosexuel violé dans l’enceinte du Sénat


C’est une scène qui a toute sa place dans un roman noir. Malheureusement, il s’agit d’un fait réel. Un jeune homosexuel qui avait l’habitude de vendre « ses charmes » à la notabilité du Gabon a été violé dans un bureau au Sénat, la chambre haute du Parlement gabonais. L’acte ignoble s’est déroulé vendredi dernier (25/03/16, ndlr) en soirée. Selon nos sources, le jeune homme avait décidé de changer cette vie, pour « avoir rencontré Dieu ». Sauf que cette saine résolution n’a pas été du goût de certains de ses amants. Ceux-ci ont décidé à leur manière de le lui faire comprendre. C’est ainsi que l’un d’entre eux, un sénateur, l’a invité à le rejoindre à son bureau vendredi. Le jeune homme s’y est rendu avec la ferme volonté de dire à son ancien compagnon qu’il a désormais choisi une autre voie. Mal lui en a pris.

Son amant avait décidé de lui « réserver une surprise » en guise d’adieu. Le sénateur a ainsi appelé deux de ses collègues et un ministre en fonction pour se joindre à cette orgie. Les quatre personnalités se sont enfermées dans le bureau en attendant l’arrivée du jeune homme. Lorsque celui-ci fit son entrée, elles se sont montrées très attendrissantes, aux dires des proches de la victime. Cette atmosphère très conviviale lui a fait baisser la garde. « Il avait accepté ce rendez-vous pour signifier à ce sénateur qu’il avait mis un terme à sa vie d’homosexuel. C’est d’ailleurs pourquoi il a exigé que la rencontre se passe au Sénat. Il savait qu’à cet endroit, rien ne pourrait lui arriver », aux dires des proches. Malheureusement, ses bourreaux ont fait le raisonnement inverse. Puisqu’il ne serait venu à l’esprit à quiconque qu’un viol sur homosexuel puisse être perpétré dans un environnement aussi sécurisé que le Sénat. De surcroît par des sénateurs accompagnés d’un ministre.

Dans le bureau, au regard de la confiance qui s’est installée, un verre d’alcool a été servi au jeune homme. Naturellement, le sénateur et ses complices avaient pris soin d’y verser une drogue. Une fois le verre avalé, la drogue va faire son effet sur le jeune homme. Les sénateurs et le ministre vont ensuite se livrer à des ébats sexuels d’une rare violence sur le jeune homme inconscient, pendant plusieurs heures. L’infortuné sera par la suite abandonné dans une ruelle qui jouxte le siège du Sénat après les faits.

Après avoir recouvré ses esprits, le jeune homme constatera que son état mérite qu’il se rende dans un hôpital de manière urgente. Il réussira à se rendre dans une unité médicale du sud de Libreville. Il sera gardé pour les premiers soins jusqu’à samedi en fin de journée. Le jeune homme, assurent ses proches, se dit en danger de mort. Ses bourreaux ont peur qu’il se mette à divulguer au premier pasteur venu tout ce qu’il sait du monde des homosexuels au Gabon. Il croit que ses bourreaux sont capables de l’éliminer physiquement. D’ailleurs, « toutes les personnes qui sont au fait de cette agression, à commencer par les gendarmes en poste au Senat qui l’ont vu entrer, jusqu’au personnel hospitalier qui l’a reçu en urgence, sont également en danger ».

Ali Bongo Ondimba, qui prône « l’égalité des chances » et le respect de « l’Etat de droit », doit tout mettre en œuvre pour que la justice se fasse dans cette affaire. Il a les moyens de savoir qui est ce ministre qui s’est livré à cette partouze, ainsi que les sénateurs qui l’ont accompagné. Il suffit pour cela d’aller consulter le dossier médical de la victime et la vidéo de surveillance du Sénat qui a sans doute enregistré le jeune homme lorsqu’il était encore dans les couloirs du Sénat. Ne pas le faire très rapidement équivaut à se rendre complice de tels agissements qui souillent l’image de la République.

TEXTE : G.L. in Echos Du Nord 330 (29/03/2016)

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 07:29
Dix jeunes djiboutiennes sont en grève de la faim à Arcueil, dans la banlieue de Paris. Elles veulent dénoncer l'impunité des soldats violeurs à Djibouti.
Dix jeunes djiboutiennes sont en grève de la faim à Arcueil, dans la banlieue de Paris. Elles veulent dénoncer l'impunité des soldats violeurs à Djibouti.

Djibouti est une petite dictature de la Corne de l’Afrique, dirigée d’une main de fer par Ismail Omar Guelleh depuis 1999. Un changement de la constitution lui permet de se représenter éternellement et à l’instar d’un Ben Ali (ex dictateur de Tunisie), de bénéficier d’élections présidentielles sans enjeux et pour la forme, il sait qu’il sera réélu ce 8 avril puisqu’il a depuis longtemps fait taire toute opposition dans son pays.


A l’étranger, il bénéficie des faveurs des grandes puissances. Ce tout petit pays de moins d’un million d’habitants compte un nombre impressionnant de bases étrangères. Sont présentes des bases américaines, françaises, allemandes et japonaises. Il faut dire que Djibouti - à la pointe de la corne de l’Afrique - est un territoire hautement stratégique. Il fait face au Yemen et au Golfe arabique. Il possède aussi le port le plus important de la région et tous les produits importés par la grande Ethiopie voisine transitent par le port de Djibouti.

L’importance de garder une mainmise absolue sur cette porte de l’Afrique est fondamentale tant pour les Français que pour les Américains, qui ferment donc les yeux sur les dérives dictatoriales de ce président à vie qui leur est favorable.

Ce petit pays dont on vante la stabilité a pourtant connu une guerre civile de 1991 à 2001 et fait encore face à une opposition armée, celle du FRUD-armé (Front pour la restauration de l’Unité et de la Démocratie).

Les militaires utilisent le viol comme arme de guerre, comme moyen de domination sur l’opposition au régime et sur les paysannes afars soupçonnées d’être favorables au FRUD.

Des militantes ont été violées après avoir été arrêtées lors de manifestations. Des jeunes femmes ont été kidnappées sur la route qui menait à leur village. Des femmes ont été abusées en détention, dans la prison de Gabode.

Aujourd’hui, elles commencent à parler, à sortir du silence imposé par la honte, la famille et la tradition. Elles parlent pour que l’impunité cesse.

"Il faut que la honte change de camps. Ce n’est pas à nous d’avoir honte, c’est ces militaires violeurs qui devraient avoir honte."

Fatouma (nom d’emprunt) : "J’étais bergère, je gardais les chèvres, je vivais en brousse. J’ai été violée devant mon père et mon oncle. Mon père était tellement choqué, il a fait une crise et il est mort sur le coup. Je suis en grève de la faim, mais pas pour moi. Je suis reconnue réfugiée en Belgique, je suis en sécurité maintenant. Ce que j’ai subi, je l’ai subi et je dois vivre avec. Je le fais pour les autres, je veux que ça cesse pour toutes les femmes restées au pays. Il faut que les coupables soient jugés."

Fatoumata est sourde et muette. Elle s’exprime par gestes et une autre gréviste traduit.

"Je vivais en brousse. Je suis sortie la nuit pour aller chez ma cousine dans le village. Chez nous, il n’y a pas d’électricité, il fait donc très noir. J’ai été prise par les soldats, je ne sais pas crier. Trois soldats de la garde présidentielle m’ont violée, ça les amusait que je sois muette. Mon père a porté plainte, mais ils n’ont jamais fait d’enquête. Je veux que ces monstres soient traduits en justice pour ce qu’ils m’ont fait."

Fafi : "Il faut arrêter l’impunité. Nous voulons que les coupables, les soldats violeurs, soient traduits en justice. Quand une femme se fait violer, c’est elle qui est considérée comme coupable. Comme si elle l’a cherché. Alors qu’en réalité, face à des soldats armés, tu peux rien faire pour te défendre et comme ces soldats ne sont jamais punis, ils vont toujours recommencer. Il faut que ça cesse. Surtout dans le Nord du pays, les femmes afars sont victimes des militaires. Des femmes se suicident parce qu’elles voient que leurs violeurs continuent de vivre normalement et restent une menace pour elles et les autres femmes. Cette impunité doit cesser. je ne comprends pas le silence de la France, ce pays des droits de l’Homme."

Zeynaba : "Cette action était notre seul moyen d’interpeller. Beaucoup de femmes ont été violées à Djibouti. Moi j’étais militante à Djibouti Ville, dans le Comité des femmes contre les viols et l’impunité (comité clandestin). On amenait les femmes violées à l’hôpital pour les premiers soins. Notre comité a connaissance d’au moins 300 cas et c’est uniquement les femmes qui sont venues vers nous. Combien sont juste restées silencieuses ? Et les viols continuent. Je suis en France depuis 9 mois, mais je suis encore en contact avec les militantes du comité. Elles nous ont signalé encore un viol, il y a quinze jours."

Une jeune femme a dû être évacuée pour des raisons de santé. Elle a eu un bébé issu d’un viol par plusieurs militaires. Elle a été complètement rejetée par sa propre famille.

En osant parler, ces jeunes femmes se sont invitées dans la campagne présidentielle qu’Ismail Omar Guelleh espérait sans surprise. Il a réagi violemment. D’abord il a accusé ces femmes d’être toutes des menteuses. Ensuite il a menacé de poursuivre en justice l’association française "Femmes Solidaires" qui aide les grévistes et qui a mis son local à leur disposition. Sa réaction est claire et montre l’étendue de l’impunité. Il n’envisage même pas la possibilité de mener une enquête.

Traiter une victime de viol de menteuse, c’est une nouvelle agression, une nouvelle violence qu’elle subit, celle d’être niée dans sa qualité de victime.

Pourtant la demande des grévistes est simple et légitime : un enregistrement des plaintes pour viol, une enquête transparente et des sanctions contre les coupables. Une tolérance zéro à l’égard des soldats violeurs. En leur refusant cela, Ismail Omar Guelleh fait aveu de culpabilité.


Source : Investig’Action

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 21:45
#CongoSassou / Communiqué de l'encerclé Général Mokoko

ELECTION PRESIDENTIELLE 2016

République du Congo

Marc Mapingou Mitoumbi

Représentant personnel et Porte-parole du Candidat Jean Marie Michel Mokoko

Communiqué de Presse

Ce soir, je viens pour la énième fois tirer la sonnette d'alarme pour alerter l'opinion nationale et internationale des graves violations des droits dont est victime le Général Jean-Marie Michel Mokoko pour avoir été candidat à la dernière élection présidentielle au Congo Brazzaville.

Depuis trois jours, le domicile du général Mokoko est encerclé par des hommes du régime de Brazzaville, encagoulés et lourdement armés. Ce climat de terreur volontairement instauré autour de la propriété du Général Mokoko par le régime de Brazzaville l'a tout ce temps empêché de rentrer en contact avec qui que ce soit : il n'a plus aucun droit de sortir ni de recevoir des visiteurs.

Ce soir, le régime de Brazzaville qui gouverne de plus en plus par la terreur et le caporalisme a décidé de retirer la garde à laquelle a droit le Général Mokoko en tant qu'officier supérieur et couper l'électricité de sa résidence pour l'isoler davantage.

De sources proches de ce régime, on évoque une éventuelle arrestation en cours, dans le noir comme lors de la proclamation des résultats de l'élection présidentielle du 20 mars par le Ministre de l'intérieur. Comme nous le savons tous, le régime de Brazzaville excelle désormais dans le huit clos.

Paris, le 07/04/2016

Marc Mapingou

PS : ci-dessous quelques vidéos donnant la parole aux représentants du Général Mokoko à Paris quelques heures après le plus que controversé scrutin présidentiel congolais...

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 07:39
#IvoryCoast parliament head used crisis to stockpile arms: U.N. experts

SOURCE

By Joe Bavier

ABIDJAN (Reuters) - Ivory Coast rebel leader-turned-parliament speaker Guillaume Soro used a 2011 civil war and its aftermath to acquire hundreds of tonnes of weapons, many of which remain under the control of his loyalists in the army, according to U.N. investigators.

The accusation, in a report released on Monday by experts charged with monitoring a U.N.-imposed arms embargo, highlights lingering risk in the West African nation, which has emerged from the crisis as one of the continent's rising economic stars.

Soro, often mentioned as a potential successor to President Alassane Ouattara, headed the New Forces rebels, who occupied the northern half of the world's top cocoa grower for nearly a decade and backed Ouattara during the 2011 post-election conflict.

"The Group (Group of Experts on Côte d’Ivoire) documented the acquisition of relevant quantities of weapons and ammunition, estimated at 300 tonnes, by the (New Forces) in the aftermath of the post-electoral crisis," the report said.

"Guillaume Soro directly handled the acquisition of the materiel."

The stockpiles represent around 30 percent of Ivory Coast's total arsenal, it said.

"The above-mentioned arsenal includes materiel brought into (Ivory Coast) in violation of the sanctions regime that is not yet under the full control of the military," the report continued.

Soro, who under the Ivorian constitution would assume the presidency were Ouattara to die or become incapacitated while in office, denied the accusations.

"(The investigators) are mediocre jokers," he wrote in a response to a Reuters request for comment. "All that's left is for them to accuse us of having weapons of mass destruction."

Government officials, including the defense minister and the government spokesman, were not immediately reachable.

Reuters last year documented the U.N.'s discovery of part of the arsenal, which had not been declared to government authorities and was being held at a military camp in the northern city of Korhogo by a former New Forces commander.

EX-PRESIDENT ON TRIAL

Other weapons stocks were found by the U.N. at a former military training school in Bouake - previously the New Forces' de facto capital - and on the premises of Soro's close protection unit in the commercial capital Abidjan.

Some 3,000 people died during the war in Ivory Coast, which erupted after then-president Laurent Gbagbo refused to accept his defeat by Ouattara in polls in late 2010. Gbagbo is currently on trial before the International Criminal Court, accused of crimes against humanity.

According to the investigators, the stockpiles include weapons seized by the rebels' so-called Zone Commanders from Gbagbo loyalists as the rebels swept south with French and U.N. military backing to support Ouattara's claim to the presidency.

"Although most of the former zone commanders have been integrated into the military, they continue to have independent political and financial influence," the report said.

Other weapons discovered under the control of former rebels now integrated into the army as senior officers bore the serial and lot numbers of arms shipments imported by neighboring Burkina Faso between April and August 2011.

Gbagbo's allies have long accused Burkina Faso and its ex-president Blaise Compaore of supporting Soro's rebellion, which grew out of a failed coup against Gbagbo in 2002.

The weapons purchases were arranged by Compaore's personal military chief of staff General Gilbert Diendere, the investigators wrote.

Compaore was forced to flee Burkina Faso amid violent unrest in 2014 and now lives in exile in Ivory Coast, which granted him citizenship. Diendere, who last year staged a failed coup against the transitional authorities that replaced Compaore, is in detention in Burkina Faso and was not immediately reachable.

Burkina Faso authorities issued an international arrest warrant for Soro earlier this year on charges related to his alleged support for the failed putsch in Burkina Faso.

(Editing by Andrew Roche)

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 15:00
#Congo / Déclaration FROCAD-IDC, alors que #Sassou encercle les maisons de #Mokoko et #Bowao

OPPOSITION CONGOLAISE

PLATEFORMES POLITIQUES FROCAD-IDC

COMITE DE COORDINATION

DECLARATION DU MARDI 05 AVRIL 2016

Le Gouvernement sortant de monsieur Denis Sassou Nguesso a créé les troubles dans Brazzaville et dans Ie Pool afin de permettre à une Cour Constitutionnelle partisane de proclamer les résultats definitifs du scrutin présidentiel du 20 mars 2016.

Plutôt que dire Ie droit, et rien que Ie droit, la Cour Constitutionnelle a choisi de commettre une forfaiture face à un hold-up électoral qui conforte Ie coup d'Etat du 25 octobre 2015.

Les Plateformes Politiques FROCAD-IDC condamnent cette forfaiture ainsi que les bombardements à I'arme lourde actuellement en cours dans Ie Pool, notamment à Mayama et à Soumouna. Elles exigent du Haut Commandement de la Force Publique d'arrêter immédiatement ces opérations guerrières dont le nombre de victimes innocentes ne cesse d'augmenter.

S'inclinant pieusement devant la mémoire des victimes de cette folie meurtrière, les Plateformes Politiques FROCAD-IDC invitent la cornmunauté internationale à créer les conditions d'un dialogue politique entre Congolais en vue de sortir Ie Congo d'une crise politique, institutionnelle et postélectorale dont Ie seuil critique est atteint.

En attendant, les Plateformes Politiques FROCAD-IDC demandent au Peuple Congolais de poursuivre partout la désobeissance civile et citoyenne, notamment sous la forme pacifique d'opérations « ville morte », jusqu'au respect du verdict des urnes.



Fait à Brazzaville, Ie mardi 05 avril 2016

Charles Zacharie BOWAO

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 01:55
L'ABO minable en visite à Malabo le 7 avril 2016
L'ABO minable en visite à Malabo le 7 avril 2016

PS : la titraille est de la rédaction

Article initialement paru in Echos du Nord 331 le 4 avril 2016 sous le titre :

Malabo : Entre rénovation et modernité

Le président Obiang Nguema Mbasogo va s’engager dans une nouvelle campagne électorale qui s’ouvre le 8 avril. C’est en toute sérénité qu’il va aborder le scrutin du 24 avril, avec la satisfaction d’une œuvre de construction bien accomplie. Le petit pays qui offrait sa main-d’œuvre bon marché aux pays frontaliers s’est transformé, en seulement vingt ans, sous les yeux d’une sous-région hébétée. Tour d’horizon.


Ce qui frappe pour quelqu’un qui vient de Libreville et qui arrive pour la première fois à Malabo, la capitale politique de la Guinée Equatoriale, c’est l’état de propreté général de cette ville. Tout semble neuf et parfaitement aligné. On dirait une construction issue du célèbre jeu « Lego ». Pourtant, dira le chauffeur de taxi qui fonce à vive allure sur l’autoroute à six voies et péage qui mène de l’aéroport au quartier résidentiel de Caracolas, « Tout ce que vous observez ici a été fait il y a un peu plus de 10 ans. Il y a tout simplement un entretien régulier des infrastructures… » Le plus étonnant pour un Librevillois est que cet état de propreté des rues et des résidences à l’apparence cossue s’étend également aux véhicules qui arpentent les avenues, boulevards et rues de cette ville. Il n’y a pas de trace de boue ou de poussière sur ces véhicules comme on peut le constater dans plusieurs villes du Gabon et à Libreville particulièrement. Cette apparence de propreté est également observée jusqu’aux véhicules de transport interurbain. Les cars qui assurent le transport des passagers entre Malabo et la cité balnéaire de Luba à une cinquantaine de kilomètres de distance pourtant, sont étonnement très propres. Pas de boue et pas de dépôt de poussière visible de loin.L’absence de pluie en cette fin du mois de février à Malabo et ses environs n’explique pas tout. Il faut plutôt rechercher l’explication de ce phénomène vers le modèle architectural sur lequel est bâtie cette ville.

Comme dans toutes les villes modernes en Europe, aux Etats Unis ou dans d’autres pays africains, on fait face au triptyque « maison, trottoir bitumé, route ». En d’autres termes, lorsque l’on sort de chez soi, on arrive sur un trottoir en bonne état et naturellement une belle route bitumée. Il y a ni portion de rue en terre, ni crevasses ou pourrait se concentrer des eaux de ruissellements. D’ailleurs, le système de canalisation est tel qu’il donne l’impression d’être construit sur le modèle du « tout-à-l’égout » comme dans les grandes cités modernes. Il n’y a nulle part dans cette ville des eaux stagnantes qui se transforment le plus souvent en « étangs ou lacs urbains», comme on peut le constater dans plusieurs quartiers de Libreville à l’exception notable de l’îlot de prospérité du quartier de la « Sablière ».

Il faut faire preuve de mauvaise foi et s’armer de beaucoup de courage et de patience pour découvrir tout de même un coin qui rappelle Libreville en termes d’urbanisation anarchique et de route. Pour cela, il faut aller au « village Sampaka», qui jouxte Malabo comme l’est Bikelé par rapport à Libreville, non loin d’un poste de police, pour découvrir une ruelle secondaire en terre. Au bord de laquelle des sujets Nigérian ont installé un garage de fortune. Et des femmes camerounaises se livrant à leurs activités favorites, la restauration. Comme partout ailleurs, les principales voies qui traversent le village de Sampaka ont le même aspect que ceux de tous les quartiers de Malabo. Les maisons qui s’y trouvent sont également en adéquation avec le triptyque « maison, trottoir, route bitumée ».

Malabo c’est un mariage réussi entre le neuf et le vieux. Une preuve qui contredit la théorie émergente développée par Ali Akbar Onanga y’Obegue qui croit « qu’on ne fait pas du neuf avec du vieux ». Les urbanistes qui ont travaillé sur la rénovation de cette ville ont marié de manière savante le Malabo ancien et le nouveau Malabo . « Centro Ciudad », le nom de l’ancienne ville de Malabo, est un enchevêtrement de ruelles étroites qui rappellent étrangement les vieilles villes de Barcelone, Madrid, Séville voire certains petits villages en Andalousie. Aux bords desdites ruelles droites qui donnent à ce quartier « Centro Ciudad » l’impression d’une juxtaposition de figures géométriques de formes carrées, se dressent des bâtisses anciennes, vestiges de la colonisation espagnole. Entre ces bâtiments anciens, il y a eu de la rénovation sans que cela dénature l’aspect général de « Centro Ciudad ». Les grandes banques y ont érigé des agences à l’architecture futuriste. Ecobank, BGFI Bank, Société générale de Banque de Guinée Equatoriale et bien sûr la Banque nationale de Guinée Equatoriale. La principale chaine de supermarchés du pays y est présente également « Martinez Hermanos ». Ce quartier rappelle également pour ceux qui sont allés à Paris « Saint Germain des prés » par la présence de nombreux cafés et restaurants à la mode où « il faut se montrer » le soir venu. Aller diner au restaurant « Luna », l’autochtone vous qualifiera de vrai « PDGE » pour « membre » du Parti démocratique de Guinée Equatoriale. C’est-à-dire qu’en allant à cet endroit, vous êtes automatiquement assimilé à un membre de la classe dirigeante. Pourtant, en dehors d’un luxe impressionnant qui saute aux yeux, d’un service très raffiné et de son emplacement exceptionnel – niché au-dessus de la plateforme portuaire de Malabo -, les prix pratiqués sont étrangement bas pour un établissement de ce standing. Un serveur reconnaîtra cependant que « l’établissement a dû s’adapter à la crise pétrolière ». Ceci explique-t-il les prix bas ? Peut-être.

Malabo c’est également une étrange continuité. En dehors du quartier « Centro Ciudad » qui par son côté pittoresque se singularise du reste de la ville, ou des nouveaux quartiers de Malabo 2 particuliers aussi, car s’étendant de part et d’autres de larges autoroutes à six voies, le visiteur passe d’un quartier ancienà un autre sans s’en apercevoir. Du quartier très cossu de « Caracolas » au quartier populaire « Ela Nguema » par exemple, seule la densité des maisons rappelle que l’on passe de l’un à l’autre. Tant l’architecture des maisons se ressemble. Ce qui était un bidonville, « Ela Nguema », d’après de nombreuses personnes rencontrées, s’est totalement modernisé. Le même triptyque « maison, trottoir, route bitumée » a été reproduit. Quasiment plus de maison qui n’ait un accès direct à une rue. Des espaces de loisirs aménagés pour les jeunes et les adeptes de sport. Des parcs boisés construits à certains endroits…

Tout ceci a séduit de nombreux opérateurs économiques à venir s’installer dans ce qui était «un dépotoir » à Malabo. Même les grandes banques du pays y ont érigé des agences. Le cas de la Société générale de banque qui a construit un immeuble de plusieurs étages non loin d’un parc aménagé dans ce quartier. C’est un peu comme si BGFI Bank décidait de construire un immeuble à Kinguelé ou à Atsibe Ntsot et d’y loger une de ses agences. « Malabo dos » et le nouveau quartier d’affaires de « Sipopo » sont sans doute les lieux les plus connus et démontrent la transformation totale et vertigineuse de cette ville vers plus de modernité. Ces nouveaux quartiers où le béton est roi auraient pu être sans « âme ». A l’image des banlieues françaises. Mais les urbanistes Equato-guinéensen ont décidé autrement. Ils y ont érigé le cœur du pouvoir central, le cœur des affaires et le symbole du rôle international que veut jouer la capitale politique de la Guinée Equatoriale. Ces deux nouveaux quartiers – Malabo dos et Sipopo - prennent « en tenaille » ce qui était Malabo avant le boum pétrolier. « Malabo dos » est le centre nerveux au plan politique et judiciaire. On y trouve tous les sièges de tous les ministères de part et d’autre de la longue autoroute qui mène vers l’aéroport international. Les immeubles ont une architecture futuriste. La plupart fait de mélange de verre et de béton. Le parlement de la Cemac s’y trouve également, ainsi que le nouveau palais de justice. Tout comme le palais présidentiel et son quartier administratif. C’est une zone de haute sécurité. Les principales chaines hôtelières internationales et plusieurs ambassades, sans doute pour profiter de cette situation particulière,y ont érigé leurs établissements et leurs sièges. Tout autour de ce bloc administratif et de pouvoir, se sont installés les notables du régime et de riches particuliers fortunés. Le plus extraordinaire est que l’Etat équato-guinéen ait songé aux sans grade. En construisant dans ce quartier hyper chic, à quelques jets de pierre de l’imposant palais présidentiel, des centaines de logements sociaux accessibles à tous. Téodoro Obiang Nguema Mbasogo a comme voisins immédiats des Équatoguinéens ordinaires. Une image qui peut étonner au regard de la pratique des chefs d’Etats africains très enclins à s’isoler le plus possible des populations et de n’avoir « comme voisin » que les familles des soldats affectés à leur sécurité respective.

« Sipopo » à la différence de « Malados dos », berceau du pouvoir, est la vitrine internationale de la cité. La ville à travers les équipements qui s’y trouvent – centre de conférence internationale, une cinquantaine de villas de très haut standing, hôtels et restaurants de classe mondiale, plage privée entièrement aménagée…-, a fait le choix de l’organisation des évènements internationaux pour asseoir son développement économique et son rayonnement international. Séminaires, conférences internationales ou d’autres évènements mondains prennent « régulièrement d’assaut la plateforme de Sipopo pour sa singularité », dira un officiel rencontré lors du Forum sur le développement des marchés financiers organisé à la fin du mois dernier à Sipopo. Pour tenir ce rang, la ville s’est dotée d’une centrale électrique au gaz de dernière génération, assure un autre officiel. « Je suis rentré à Malabo depuis 8 mois, je n’ai jamais connu une seule coupure d’électricité. Même de quelques secondes », dira le directeur général des impôts de ce pays au cours du même forum.

Pour parfaire son image de modernité, Malabo s’est mise au « sport ». La ville s’est équipée de nombreux « parcours de santé » le long de la mer. Tous les jours, ce sont des dizaines d’habitants ou des touristes de passage qui s’adonnent à la pratique du sport en plein air dans un cadre très agréable. Cette réussite, il faut bien le dire, n’est pas le fruit d’un hasard. Le président Obiang Nguema a très vite compris que pour développer son pays, il doit s’appuyer sur des cadres biens formés et une expertise internationale de haut niveau. Les jeunes Équato-guinéens depuis 1990 au moins sont envoyés dans les meilleures universités en Espagne, en Russie, aux Etats-Unis, en Suisse ou en France. Beaucoup d’entre eux sont rentrés avec un une expertise avérée. Cette expertise nationale, associée à des compétences étrangères de haut-niveau, ne peut que déboucher sur le nouveau visage actuel de Malabo. Fonctionnel, alliant de façon optimale enjeux de rentabilité économique à long terme et le souci d’ériger la capitale politique de la Guinée Equatoriale en un haut lieu de la diplomatie mondiale.

TEXTE : JEAN-MICHEL SYLVAIN

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 16:00
Le Cobra Suprême Sassou en 2015 à l'Elysée
Le Cobra Suprême Sassou en 2015 à l'Elysée

SOURCE

Par Leslie Varenne, directrice de l'IVERIS

Initialement paru sous le titre : Congo Brazzaville ou l'histoire d'une tragédie annoncée

Se rendre en République du Congo en mars 2016, c’est comme aller en Côte d’Ivoire en novembre 2010. Nul besoin d’avoir été assise sur les bancs de Saint-Cyr ou de lire l’avenir dans le marc de café pour savoir que cette élection présidentielle se déroulera mal. Tous les ingrédients sont réunis pour une déflagration. Denis Sassou Nguesso ne peut pas remporter la victoire, il est honni en son pays et contrairement aux précédents scrutins de 2002 et 2009, où il n’y avait pas d’opposition crédible, cette fois des candidats de poids se sont organisés et l'affrontent. Chacun sait que ce chef d’Etat, ce chef de clan, au pouvoir depuis 32 ans, ne sortira pas par la grande porte de la démocratie. Il ne s’inclinera pas devant la défaite. Une vieille dame prédit : « s’il passe au premier tour, il y aura la guerre. » Nuitamment, le Chef s’est autoproclamé gagnant au premier tour, le fameux coup KO, avec plus de 60% des suffrages…

A Brazzaville, plus la date fatidique du 20 mars 2016 se rapproche, plus l’air s’électrise. A la veille du jour J, les Congolais prennent leurs dispositions car le lendemain dimanche lors du vote, toute circulation sera interdite, sauf pour les privilégiés bénéficiaires d’un sauf-conduit, les téléphones et Internet seront coupés : « Nous on sait, on le connait, il faut se préparer, ça peut durer... » Effectivement, ils savent. S’il est possible de circuler à nouveau dès le lundi, le Congo reste coupé du monde jusqu’au jeudi matin. Télé Congo, la télévision nationale étant un instrument de propagande rustique, Radio France Internationale (RFI) prend des allures de grand messe, le transistor reste toujours à portée de main et chacun attend religieusement les flashs infos. Après 56 ans d’indépendance, la seule source d’information pour savoir ce qu’il se passe, chez soi, dans son pays, est française.

La paix n’aura pas lieu…

Malgré cette impossibilité de communiquer, les informations circulent vite. Dès le lundi la nouvelle se propage comme une trainée de poudre. Le candidat-Président arrive en quatrième position derrière trois opposants : le général Jean-Marie Michel Mokoko, Parfait Kolélas et Okombi Salissa. En Afrique, nul besoin d’attendre les résultats des Commissions électorales pour connaître la vérité des urnes, elle se sent dans l’atmosphère de la ville qui vit au ralenti, elle se lit sur le visage des partisans. La bière ne coule pas à flot chez les pro-Sassou et tout le monde fait grise mine. Les uns parce qu’ils ont perdu, les autres parce qu’ils savent que leur victoire ne sera pas acceptée. Tous, parce qu’ils craignent le retour de la guerre.
Les rumeurs commencent à courir. Denis Sassou Nguesso s’apprêterait à se déclarer vainqueur au premier tour avec 50,15% des suffrages. Mais, surprise, la Commission Nationale Electorale Indépendante (CNEI), pourtant aux ordres du pouvoir, refuserait d’avaliser la forfaiture. Certains commencent à rêver d’un happy end, d’un atterrissage en douceur… « S’il acceptait sa défaite, il serait fêté dans tout le Congo, comme un héros » philosophe Charles Zaccharie Bowao, le coordonnateur de l’opposition puis il poursuit réaliste : « mais il ne le fera pas ».

Comme toujours dans ces situations de crise, l’histoire badine avec les nerfs et le moral joue au yoyo. L’estocade se produit dans la nuit du mercredi au jeudi. Les journalistes, dont ceux de RFI et de l’AFP qui logent à l’hôtel Saphir, sont convoqués au milieu de la nuit pour la communication officielle des résultats, retransmise en direct par Télé Congo. Vers 3 heures du matin, à l’heure où tout le monde dort, le ministre de l’intérieur Zéphyrin Mboulou annonce la victoire, ensuite tel un zombie le candidat-Président s’adonne à une conférence de presse face à des journalistes ensommeillés. Les images de cette conférence seront largement rediffusées mais pas la litanie des résultats. Ceux-ci restent secrètement gardés, ils n’ont jamais été publiés ni au Journal Officiel, ni dans la presse, ni transmis aux autres candidats. C’est la victoire de la démocratie façon Afrique centrale !

La traque

Dès lors, le harcèlement des opposants qui avait commencé dès le début de la campagne prend une tournure de chasse à l’homme. Principale cible du pouvoir, le Général Mokoko ainsi que ses collaborateurs. Pas un jour ne se passe sans qu’un appel, un sms ne prévienne de l’arrestation d’un opposant. Le général reste à Brazzaville mais déjoue les chasseurs.
Le 23 mars, veille de l’annonce des résultats, il a même osé donner une conférence de presse chez lui. A la sortie, les journalistes du Monde et de l’AFP se font molester et confisquer leur matériel. Le ministre de l’Intérieur Zéphirin Mboulou leur présentera ses excuses et leur rendra leur outil de travail mais pas les images de la conférence de presse… Deux jours plus tard, les cinq opposants ont décidé de se réunir dans le QG d’un des candidats et ont convoqué la presse. A l’arrivée au lieu dit, armée, police, cagoulées et en armes quadrillent l’endroit, obligeant tout le monde à opérer un repli tactique. Une centaine de personnes qui a eu la malchance de passer par là est arrêtée. Le mot dictature est souvent utilisé à tort et à travers, galvaudé, mais ici au Congo, soudainement ce mot prend corps, fait sens, se respire dans l’air ; s’entend au ton feutré qu’utilise la population lorsqu’elle parle politique ; se voit avec les pseudo barbouzes qui filent méthodiquement et sans finesse les véhicules des opposants…

Le retour des Cobras

Le même jour, Télé Congo offre à ses spectateurs un reportage sinistre. Dans ce pays encore marqué au fer rouge par la guerre de 1997 où 10% de la population a été massacrée par les milices et où chaque famille a perdu un parent[i], la télévision nationale officialise un commando paramilitaire gouvernemental. Le chef qui s’exprime dans son uniforme noir entouré de ses hommes est Hidevert Mouagni, un actuel député de la nation et un ex-chef des Cobras, groupe commando pro Sassou Nguesso qui affrontait les Ninjas proche du Président Lissouba en 1997. Il annonce, martial, qu’il est un Nouveau Patriote qui défendra la Nouvelle Républiquedu Président en place.
Evidemment, cette annonce sert à entretenir une stratégie de la tension et une psychose dans le pays, mais pas seulement. Dans les casernes, le général Mokoko a fait le plein des voix. Le Groupement para-commando (GPC), un corps d’élite, sur lequel le Président croyait compter, a voté a 95% pour le général. N’ayant plus confiance dans son armée Sassou Nguesso a déménagé, dans l’urgence, les stocks d’armes du GPC et a réactivé les milices Cobras. Selon des informations militaires, des armes ont été distribuées aux miliciens. A Pointe Noire, fief de l’opposition, deux ex-Cobras Romuald Moubenda et Mouchapata sèment la terreur dans les quartiers. Les habitants se préviennent de leur arrivée grâce aux réseaux sociaux. A Brazzaville sévit Hidevert Mouagni.

Et ce qui devait arriver, arriva…

Le 4 avril au matin, la nouvelle tombe. Des tirs ont été entendus dans le sud de Brazzaville, autre fief d’opposants. La tragédie annoncée commence… Dans un premier temps, RFI annonce que cette attaque est l’œuvre des Ninjas proches de l’opposition. Contacté, un jeune journaliste congolais habitant de Bacongo confirme. Un groupe de 500 personnes munies de sacs à dos est entré dans les quartiers Sud et a brûlé un commissariat dans la commune de Makélékélé. La jeunesse et une grande partie de la population ne comprenait pas la stratégie de sagesse des candidats de l’opposition qui ne souhaitaient pas appeler la population à prendre la rue et ainsi risquer de nouvelles victimes. Elle la critiquait pour ses réactions qu’elle jugeait trop légalistes et trop molles. L’arrivée du pasteur Ntumi, ex-chef des Ninjas, dans Bacongo serait donc une bonne nouvelle et le signe d’une résistance armée qui commence. Sauf qu’après vérification le feu n’a pas été propagé par les Ninjas mais par les ex-Cobras d’Hidevert Mouagni, créant ainsi une situation d’une grande confusion. Evidemment, les Ninjas ripostent. A Pointe Noire, la ville a déjà pris feu. Qui éteindra l’incendie ? Après avoir joué les pyromanes en acceptant que se tienne un référendum anticonstitutionnel, la France « appelle à la retenue » et se soucie de la sécurité de ses ressortissants en leur prodiguant des consignes de sécurité ; après avoir autorisé uneélection à huis clos dont les résultats étaient connus d’avance, la « communauté internationale » se transformera-t-elle en pompier ? Pourtant, la tragédie était annoncée… Congo Brazzaville, ou l’histoire de l’inconséquence diplomatique et de la bêtise humaine…

[i] La guerre de 1997 a fait 400 000 morts pour une population de 4 millions d’habitants.

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Published by Gri-Gri International Leslie Varenne - dans Congo Sassou Francophonie Françafrique Politique
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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 08:14
#CPI / Le Procureur fast food et les imaginaires civils français de l'Hôtel Ivoire (#ProcèsDeLaHonte #SamlAfricain)

Le 9 novembre 2004, qu'on a surnommé le mardi noir de l'armée française, des milliers de manifestants civils pacifiques étaient massés devant l'Hôtel Ivoire, à Abidjan, pour réclamer le départ des troupes françaises, qui venaient de détruire au sol tous les appareils de l'aviation ivoirienne. Ils soupçonnaient la France de préparer un coup d'État contre le président Laurent Gbagbo. Vers la fin de l'après-midi, l'armée française ouvrit subitement le feu sur les manifestants. Le bilan? Seize morts et soixante-seize blessés. Tous des civils non armés.

Le 11 avril 2011, plus de six ans après son coup d'État raté de 2004, la France acheva son opération sanglante de changement de régime. À la faveur d'une violente crise postélectorale et d'une campagne massive de propagande mensongère montée de toutes pièces par le président français Nicolas Sarkozy et ses complices africains et étasuniens, les troupes françaises s'allièrent aux rebelles qui avaient endeuillé la Côte d'Ivoire depuis 2002 ainsi qu'à des mercenaires déguisés en Casques bleus pour massacrer des milliers d'Ivoiriens, bombarder la résidence présidentielle et capturer Laurent Gbagbo. Sarkozy installa son ami Alassane Ouattara à la présidence de la Côte d'Ivoire et envoya Laurent Gbagbo en prison.

Le 28 janvier 2016, cinq ans après le coup d’État de la France, le procès inique du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé commença à la Cour pénale internationale, un tribunal raciste mis sur pied pour juger des dirigeants africains. Là-bas, il ne s'agit pas vraiment de juger des criminels, mais plutôt des hommes fiers et intègres qui commettent le crime de défendre la souveraineté de leur pays et de refuser d'obéir aux puissances néocoloniales.

À quelques reprises dans le cadre de ce procès qui devrait durer encore longtemps et où ce sont les victimes qui sont poursuivies par les bourreaux, il fut question des évènements de novembre 2004. Le 18 mars 2016, le procureur Éric MacDonald, exécuteur des basses œuvres de l'injustice internationale, essaya de faire mentir son propre témoin, Mohamed Sam Jichi, alias Sam l'Africain.

M. MacDonald aurait voulu entendre Sam l'Africain dire que, le 9 novembre 2004, devant l'Hôtel Ivoire, à Abidjan, les troupes françaises étaient obligées d'ouvrir le feu et de tuer des manifestants civils pacifiques parce qu'elles protégeaient des civils français réfugiés dans l'hôtel. C'est ce que les responsables militaires français avaient tenté de prétendre en 2004, jusqu'à ce que, peu de temps après le drame, des journalistes révèlent la vérité.

Une fois de plus, le 18 mars 2016, M. MacDonald fut amèrement déçu par son témoin, qui s'en tint à la vérité comme il l'avait fait les jours précédents, pendant son long témoignage. Depuis novembre 2004, Sam l'Africain et ses compatriotes ivoiriens savent que la version initiale des généraux français est un grotesque mensonge. Il n'y avait pas de civils français à protéger à l'Hôtel Ivoire. L'armée française massacra des civils ivoiriens qui lui barraient la route vers le palais présidentiel, purement et simplement.

Plus de onze ans après le mardi noir, le procureur Éric MacDonald, lui, préfère les anciens mensonges des généraux français à la vérité. Pire encore, il essaie de faire avaler ces mensonges à des juges, tout en affirmant sans vergogne chercher la vérité. Éric MacDonald sait qui paie son salaire et qui tire les ficelles à la Cour pénale internationale. Voilà pourquoi il s’efforce de recycler de vieilles et sinistres affabulations.

Pour en savoir davantage:

Reportage de l'émission 90 minutes, à la chaine Canal+, sur la fusillade de l'Hôtel Ivoire — Diffusion le 8 février 2005
youtu.be/acpXaqlO7zc?list=PL3dxvX7flMPncUf7VhQL9Ths8nK2o2bJZ

Reportage sur les tireurs embusqués français qui se trouvaient au 6e étage de l'Hôtel Ivoire
youtu.be/5A4l3xg-jvE

Reportage de l'émission Spécial Investigation, à la chaine Canal+, sur le bombardement de Bouaké, qui eu lieu le 6 novembre 2004, trois jours avant la fusillade de l'Hôtel Ivoire — Diffusion le 8 février 2016
canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid3357-c-special-investigation.html?vid=1358212

Demokratia
Le 19 mars 2016
Mis à jour le 20 mars 2016

SOURCE

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 22:39
#Bongolie / Un PAN du Gabon s'efface... (#Vidéo #NzoubaNdama #NoPoissonDavril)

Voici ce qu'en dit l'impayable mais très achetable (surtout par le Mollah'Son Ali) Jeune Afrique.

"Président de l’Assemblée nationale gabonaise depuis 19 ans, Guy Nzouba Ndama, 70 ans, a démissionné ce jeudi 31 mars de ses fonctions. Donné partant depuis plusieurs semaines par la rumeur à cause de profonds désaccords avec le Palais du bord de mer, ce pilier du régime d’Omar Bongo Ondimba vient ainsi d’officialiser sa rupture avec le chef de l’État. Il pourrait rejoindre les rangs des dissidents du Parti démocratique gabonais (PDG au pouvoir), qui ont annoncé leur intention de présenter un candidat face à l’actuel président, Ali Bongo Ondimba, lui-même candidat à sa propre successionlors de l’élection présidentielle prévue le 28 août prochain.

« Réhabiliter l’honneur souillé des députés »

Selon un collaborateur de l’ancien parlementaire qui s’est confié à l’AFP, Guy Nzouba Ndama a donné sa démission suite à un incident survenu à l’Assemblée nationale mardi. Ce jour-là vers 19h00, une arrivée massive de la DGR (Direction générale des recherches) aurait voulu empêcher le trésorier de partir avec des documents de travail."

Comme d'hab', pas de risque de voir les Béchir Boys incriminer le fils du Mollah Omar Bongo... Nul besoin pourtant de gratter longtemps pour trouver "d'autres motifs" à ce geste, à cet acte politique d'importance. Ainsi dans Gabonreview (pourtant ni satirique ni franchement opposé au camarade de jeu de Maixent Accrombessi) peut-on lire...

"Au nombre de ces faits, la «perquisition intempestive du véhicule appartenant au trésorier» de l’Assemblée nationale le 30 mars 2016 au soir, comme la descente, en octobre 2015, d’un escadron de gendarmerie en tenue anti-émeute pour une perquisition, après que des députés eurent été accusés d’avoir tenter de voter la destitution du président de la République, à la demande de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, président de l’Union du peuple gabonais (UPG-Loyaliste). De même, la nomination d’André Dieudonné Berre à la tête du groupe PDG à l’Assemblée nationale, inspirée par le président de la République, contre les normes en vigueur au sein de l’institution, sont une autre raison ayant conforté sa décision, consignée dans une lettre au président de la République qu’il accuse d’avoir entretenu un silence pour le moins évocateur à la suite des différents faits."

Si Guy Nzouba Ndama avait attendu un jour de plus avant d'exposer publiquement ses griefs, tout le monde aurait cru à un poisson d'avril, tant tout semble habituellement si lourd, lent et imbougeable à Libreville...

PS : retrouvez dans la vidéo ci-dessous le communiqué du PAN gabonais prononcé par lui le 31 mars 2016.

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 00:38
#Congo / #Sassou arrête tous ceux qui bougent... à quand Bowao en prison ?

Congo Brazzaville : un pays au bord du précipice

Après l’annonce de la victoire à l’élection présidentielle de Denis Sassou Nguesso, l’inquiétude a gagné chaque Congolais qu’il soit partisan ou opposant du Président au pouvoir depuis 32 ans. Dans le pays, la tension est palpable, la télévision nationale multiplie les déclarations menaçantes et chaque jour la force publique se livre à des arrestations d’opposants.

L’indigence coupable de la communauté internationale

Depuis la proclamation de la victoire au premier tour à plus de 60% du candidat Denis Sassou Nguesso, les forces de l’ordre ne cessent d’intimider, de menacer, d’arrêter les proches des candidats de l’opposition. Il ne se passe pas un jour sans que des SMS ou les réseaux sociaux annoncent l’embastillement des uns et des autres. Dernier à avoir subi les foudres du régime, Serge René Blanchard Oba, porte-parole du candidat de l’opposition Okombi Salissa, pourtant membre de la grande famille Sassou Nguesso. Dans le Congo d’aujourd’hui même les liens familiaux ne protègent plus. L’arrestation, de Charles Zacharie Bowao, un ancien ministre de la défense et une figure de l’opposition est d’ores et déjà programmée.

Les candidats qui ont combattu Denis Sassou Nguesso dans les urnes ne cessent de condamner et de dénoncer ces multiples atteintes aux droits de l’homme et à la démocratie et appelle la communauté internationale à l’aide. Dans une déclaration du 27 mars, les comités de soutien du Général Mokoko lance un appel « vibrant et pathétique notamment à la France, aux Etats-Unis, à l’Union Européenne pour arrêter cette tragédie programmée. » Pour l’instant, ils prêchent dans le désert. Aucun Etat n’a encore tapé du poing sur la table alors que la situation est à hauts risques. La guerre de 1997 est encore dans toutes les têtes et les Cobras une des milices affiliée à Sassou Nguesso, de cette sinistre époque, s’est déjà reconstituée. Combien de morts faudra-t-il pour que la « communauté internationale » vienne au chevet du Congo ? Une nouvelle fois, alors que toutes les chancelleries présentes à Brazzaville ne peuvent ignorer la présence d’un baril de poudre prêt à exploser, la diplomatie internationale se tait. Quand le feu aura pris, ils se donneront bonne conscience en jouant aux pompiers mais il sera trop tard.

Denis Sassou Nguesso et la stratégie burundaise

La stratégie du Président autoproclamé Denis Sassou Nguesso est simple, il applique les mêmes méthodes qui permettent au Président burundais, Pierre Nkurunziza, de se maintenir au pouvoir depuis plus de 9 mois malgré une élection illégale et contestée. Dans ce pays aussi, la diplomatie internationale a failli et les graves exactions commises actuellement au Burundi ne provoquent que quelques atermoiements ponctuels, sans pour autant permettre de trouver une issue à la crise que traverse ce pays. D’ailleurs en prévision de son passage en force le Président congolais avait fermement soutenu son homologue burundais, pour que son cas fasse jurisprudence. Apparemment c’est réussi. Au Congo Brazzaville aussi on arrête, torture, la télé nationale déverse des tombereaux de mensonges et d’insanités sur les responsables de l’opposition, essayant de recréer un conflit ethnique Nord-Sud qui n’existe plus. Quant au traitement de sa majesté Denis Sassou Nguesso et de sa femme Antoinette, la mère de la nation, il est résumé dans cette phrase de l’écrivain congolais Alain Mabanckou : « Sassou ferait passer Staline pour un guitariste » !

TEXTE : Justine Okimi

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