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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 21:49
http://charleszachariebowao.com/
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PS : la titraille est de la rédaction

Post récupéré sur le compte Facebook de Charles Bowao, Président de la Coordination IDC /FROCAD

#‎URGENT‬

Le 20 mars 2016, les Congolais ont répondu favorablement à cet appel démocratique. Ils ont exprimé leur choix dans les urnes. Malgré quelques incidents ici et là, le scrutin s'est déroulé dans le calme et la sérénité, comme nous l’avions demandé.

Je remercie donc les citoyens congolais. Ils ont participé massivement à cette élection contrairement au Référendum du 25 octobre durant lequel ils avaient déserté les bureaux de vote.

Il est évident qu’ils ont aujourd’hui répondu à l’appel de l’Opposition, en allant désavouer le président sortant Denis Sassou Nguesso dans les urnes !

On parle de Black out, on parle du Congo coupé du monde mais personne ne semble étonné ! Pire, cela paraît normal. Que dirait-on si en France, aux Etats-Unis, on coupait toutes les communications pendant 48h à la veille d’un scrutin majeur.
Je suis, moi, choqué de cette décision dictatoriale, qui symbolise à elle-seule les affres de la gouvernance du pouvoir en place depuis 32
ans.

Malgré ces diverses atteintes pour empêcher les citoyens congolais de veiller au bon déroulement du scrutin et à sa transparence, les représentants de la CTE se sont dévoués avec détermination et optimisme dans cette haute tâche et je les en remercie.

Place dorénavant au décompte des résultats sur la base des procès-verbaux des bureaux qui parviennent du reste du pays plus ou moins rapidement, compte tenu du climat digne de la Corée du Nord, dans lequel la CTE doit procéder.

Nous sommes confiants. Je demande aux citoyens congolais d’être patients.

Suite à cet engouement massif et historique, je n’accepterai pas, la coordination IDC / FROCAD n’acceptera pas, les citoyens congolais n’accepteront pas qu’on leur vole leurs votes, que l’on fasse taire leurs voix.

C’est bien le peuple congolais, seul souverain, qui aura le dernier mot.

‪#‎sassoufit

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 11:14
Seuls comme les Congolais face à #Sassou un jour d'élection 1 coup KO

PS : la titraille est de la rédaction

L'article est paru initialement sur le site de l'IVERIS, sous la plume de sa directrice Leslie Varenne et sous le titre :

Partie I
Congo Brazzaville : une élection à huis cl
os


Alors que la campagne pour l’élection présidentielle qui aura lieu le dimanche 20 mars 2016 se déroule dans un climat électrique et s’annonce à hauts risques, aucune institution internationale n’a jugé utile d’envoyer des d’observateurs. Ni l’Union européenne, ni l’Organisation internationale de la Francophonie, ni les Nations Unies ne veilleront au bon déroulement et à la transparence de ce scrutin. Pourtant, le bilan de la dernière consultation électorale en République du Congo, le 25 octobre dernier, a été lourd : 46 morts, 69 blessés et 4 disparus… L’Union africaine dépêche une mission mais elle ne sera composée que de 35 personnes chargées de surveiller 5400 bureaux de votes. Les Congolais seront donc seuls. D’un côté, le Président Denis Sassou Nguesso, qui bat campagne avec tous les moyens de l’Etat, argent, presse, télévision, forces de l’ordre. De l’autre, l’opposition avec cinq candidats, tous venus d’horizons différents, mais unis, lors de cette échéance cruciale, afin de se donner la possibilité de détrôner un chef d’Etat au pouvoir depuis 32 ans...


Le Candidat-Président

Au début des années 1980, les Congolais dansaient en chantant un refrain populaire « Président Sassou Nguesso c’est l’homme des masses, c’est l’homme des masses.... » Mais très vite, le Président devient l’homme d’une famille, d’un clan. Lors de l’élection présidentielle de 1992, il arrive en troisième position et cède sa place à Pascal Lissouba. Il revient au pouvoir par les armes à la faveur de la guerre civile de 1997. Les blessures de ce conflit meurtrier, plus de 400 000 victimes, ne sont toujours pas refermées et Brazzaville porte encore les stigmates de cette guerre. Depuis, il est resté à la tête de l’Etat sans discontinuer en remportant dès le premier tour les élections présidentielles de 2002 et 2009. A 73 ans et après plus de trente années d’exercice, Denis Sassou Nguesso ne désarme pas. La constitution de 2002 ne lui permet pas de briguer un troisième mandat et il a atteint la limite d’âge fixée à 70 ans, qu’importe…

A l’automne 2016, il décide d’organiser un référendum afin de changer les deux articles de la constitution qui lui posent problème. L’opposition se mobilise, les 20 et 21 octobre, dans les trois grandes villes du pays, Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie où ont lieu d’importantes manifestations avec pour mot d’ordre « Sassoufit ». L’armée tire, le bilan est lourd. Les opposants sont assignés à résidence, internet est coupé, les communications téléphoniques extérieures sont brouillées, les SMS ne passent plus. Les médias internationaux ne sont plus accessibles. La République du Congo est coupée du monde. Le 25 octobre 2015, le tour est joué, le OUI l’emporte à 80%. Sassou Nguesso est donc rééligible. L’élection présidentielle aurait dû se tenir en juillet ou en août 2016, son mandat prenant fin le 14 août. Mais en décembre, le Président décide d’anticiper l’échéance, le scrutin aura lieu le 20 mars.

Le candidat-Président a-t-il choisi ce calendrier au hasard ? Pour les Congolais le mois de mars rappelle des événements douloureux. Le 4 mars 2012, l’entrepôt de munitions de Brazzaville explosait et 350 personnes décédaient lors de cet accident. Le 23 mars 1977 est le jour de l’assassinat du Cardinal Emile Biayenda ; le 25 mars 1977 correspond à l’exécution de l’ancien Président Massamba-Debat. Ces dates marquent l’histoire congolaise et personne ne croit à un hasard de calendrier, un opposant déclare : « C’est un climat général qui crée une situation de psychose. S’il n’est pas un imbécile, il est embarqué dans un déterminisme tragique… » Dès lors, selon un scénario désormais classique en Afrique lors d’une échéance électorale, la ville se vide. Les élites envoient leurs familles à l’étranger, les classes moyennes et les pauvres partent au village, quand ils le peuvent.

Pour le candidat-Président, et son parti le Parti Congolais du Travail (PCT) qui existe depuis 1969, il s’agit de rééditer l’exploit de 2002 et 2009, être élu au premier tour, réussir « un coup KO », un phénomène très tendance actuellement dans les pays d’Afrique francophone. Et il s’en donne les moyens. Sur les 26 membres que composent la Commission nationale électorale indépendante (CNEI), trois seulement font partie de l’opposition, et encore, deux sont vraiment très modérés. Le fichier électoral n’a pas été révisé, les morts sont toujours inscrits. Les jeunes en âge de voter n’ont pas de carte d’électeur. Des cartes qui, par ailleurs, font l’objet d’une distribution à grande échelle. Une chaîne de télévision de Kinshasa a montré comment le précieux sésame était attribué aux habitants de la capitale de la RDC voisine et aux riverains de l’autre côté du fleuve Congo. Denis Sassou Nguesso est également très généreux, il offre pagnes, casquettes, tee-shirts, chemises et billets de banque.

Mais le candidat-Président, qui est aussi Général de son état, sait que ces libéralités ne suffiront pas. Selon un militaire congolais, entre septembre et décembre 2016, il a recruté 8000 jeunes, plus une compagnie entière de Burundais, qu’il a mis à la disposition de la Garde Républicaine et de la police. Ces contingents doivent être soutenus par des Centrafricains et des Tchadiens, ces derniers connaissent bien le pays, ce sont des déplacés des crises de la région qui se sont réfugiés au Congo depuis longtemps. Toujours selon ce militaire, 750 Rwandais ont été recrutés comme chauffeurs de taxi pour quadriller les villes et servir de sources de renseignements.


La charte de la victoire


Lors du référendum, l’opposition avait montré des failles et des faiblesses. Elle avait appelé au boycott du scrutin, laissant ainsi les mains libres au Président. Pour le scrutin présidentiel, elle a décidé de s’organiser. D’abord en présentant quatre candidats de chaque région afin que toutes les ethnies puissent être représentées et avoir des partisans dans tous les bureaux de vote pour contrôler les résultats. Parmi ces prétendants, qui ont tous été à un moment où à un autre membre du gouvernement ou conseiller de Denis Sassou Nguesso, se trouvent des pointures comme Pascal Tsaty Mabiala, Parfait Kolélas, André Okombi Salissa ou Claudine Munari. Après le référendum, le Général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien chef d’Etat-major du Président, a démissionné de son poste de conseiller du Président chargé des questions de paix et de sécurité pour se présenter à cette élection. Il est considéré comme un candidat indépendant, mais fait front commun avec tous ceux qui ont signé la charte de la victoire. Cette plateforme est coordonnée par Charles Zacharie Bowao, un ancien ministre de la Défense. Outre leur unité, la force de cette opposition est de quadriller le pays et de connaître parfaitement les rouages du pouvoir et notamment de l’armée. Avec cette alliance un phénomène nouveau s’installe en République du Congo, le vote clanique s’estompe, les lignes bougent. C’est ainsi que le Général Mokoko, un nordiste a fait un tabac dans le sud à Pointe Noire lors d’un meeting. Du jamais vu dans ce pays. Ce qui permet à un opposant de dire : « Il y a une vraie prise de conscience citoyenne. On assiste à une évolution fortement positive qui va conduire à une recomposition du paysage politique. » Pour faire contrepoids à la CNEI, la plateforme a créé une Commission Technique Electorale chargée de compiler et de vérifier les résultats bureau par bureau. Mais à quatre jours du scrutin, la CNEI a décidé que les téléphones portables seraient interdits dans les bureaux de vote. Il est également fort probable qu’internet et toutes les communications soient coupés et que les candidats soient assignés à résidence comme lors du référendum. Faute d’observateurs étrangers, le duel à hauts risques s’engage donc à huis clos…


Les grands absents…


L’Union européenne a décidé de ne pas envoyer d’observateurs, car les conditions d’une élection transparente ne sont pas remplies et ne permettent pas « le caractère démocratique, inclusif et transparent de l’élection.» L’argument est spécieux. En effet, lors de la présidentielle en Côte d’Ivoire, l’UE n’avait pas envoyé d’observateurs officiellement pour des raisons de budget ; officieusement car les conditions d’un scrutin apaisé et transparent étaient remplies. Que faut-il pour que l’UE se préoccupe d’une élection en Afrique ? Le candidat Tsaty Mabiala a déploré cette absence : « Il fallait que l’UE et que d’autres institutions internationales qui ont du poids dans les affaires du Congo envoient des observateurs. Nous nous sentons abandonnés. »
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) abandonne aussi les Congolais à leur sort. Elle n’envoie pas d’observateurs mais a dépêché un représentant : l’ancien Président du Burkina Faso, Michel Kafendo. Tout un symbole… En effet, le Président du Congo est un ami intime de Blaise Compaoré. Un mois avant le coup d’Etat du 16 septembre à Ouagadougou, Gilbert Diendéré ne se trouvait-il pas à Brazzaville ? Un diplomate confie que la rencontre entre Denis Sassou Nguesso et Michel Kafendo du 14 mars a été glaciale, le premier aurait fait attendre le second de longues heures avant de le recevoir.

La France ne semble pas non plus très préoccupée par l’élection congolaise, François Hollande et Denis Sassou Nguesso entretiennent des rapports plus que cordiaux depuis juillet 2016, date à laquelle le Président congolais a apporté son soutien à l’organisation de la COP 21. Avant cette date, la situation était plus tendue, notamment après le discours de François Hollande au sommet de la Francophonie à Dakar en novembre 2014. A cette occasion, le Président français déclarait : « : La Francophonie, elle est soucieuse des règles de la démocratie, de la liberté du vote, du respect des ordres constitutionnels et de l’aspiration des peuples, de tous les peuples, à des élections libres. Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie. » Ces propos avait été perçus par Denis Sassou Nguesso comme un très mauvais signal. A l’époque, il envisageait déjà de modifier sa constitution. Grâce à la COP 21 et à son aide, les relations ont évolué. En octobre 2014, François Hollande ne déclarait-il pas : « Le Président Sassou Nguesso a le droit de consulter son peuple. » ? Cette petite phrase est déjà passée à la postérité en Afrique, car non seulement elle a été très mal vécue par les Congolais mais également par tous les Africains confrontés à la volonté de leur Président de modifier leur constitution pour rester au pouvoir.

L’ambassadeur de France, Jean-Pierre Vidon, n’a jamais rencontré les opposants en dehors de réunions dans le cadre de l’UE et semble préoccupé par un événement plus important que l’élection. Son excellence organise la semaine « Goût de France » pour promouvoir la gastronomie française. Le 21 mars à la case de Gaulle, résidence de l’ambassadeur et haut lieu historique puisque c’est là que le Général a dormi lors de la conférence de Brazzaville en janvier 1944, Jean-Pierre Vidon organise un dîner avec des invités triés sur le volet pour célébrer la cuisine française. A quelques jours du scrutin, dans une capitale tendue comme un arc, l’initiative n’est pas du goût de tous…

Une nouvelle fois en Afrique francophone autrefois appelée « le pré carré français », l’ambassadrice américaine, Stephanie Sullivan, semble faire preuve de plus d’intérêt et comprendre mieux les enjeux que son homologue Jean-Pierre Vidon. Elle a reçu les opposants et leur a prodigué ses conseils. Cependant, le soutien reste minimum, le Congo n’est toujours pas au programme du National Democratic Institute présent pourtant lors de précédentes élections sur le continent.

Les Nations Unies sont également aux abonnées absentes. Selon un diplomate onusien, elles n’envoient des observateurs qu’à la demande des autorités nationales et la demande n’a pas été faite par le Président congolais. D’autre part, leurs missions sont longues et sont préparées six mois à l’avance. Comme l’élection est anticipée, la venue d’observateurs n’est pas possible…

Les Congolais seront donc seuls face à ce moment crucial de leur histoire. Si la terre tremble, il n’y aura pas de témoins. Si le ciel s’embrase, le feu s’allumera de l’autre côté du fleuve Congo, la RDC étant, elle aussi, dans une situation critique. Quand Brazzaville tousse, Kinshasa entend…

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Published by Gri-Gri International Leslie Varenne - dans Congo Sassou Francophonie Françafrique Politique
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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 21:17
#MomSaRew / Non au dévoyé référendum de Macky Sall

YOONU ASKAN WI

Mouvement pour l’Autonomie Populaire

RESOLUTION DE LA 8ème SESSION DU CONSEIL GENERAL DE YOONU ASKAN WI SUR LE REFERENDUM CONSTITUTIONNEL DU 20 MARS 2016

CONSIDERANT le travail en profondeur réalisé ces dernières années par les forces vives de la Nation et systématisé à travers les Conclusions des Assises Nationales, la Charte de gouvernance démocratique, l’Avant-projet de Constitution de la Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI) déposé depuis deux ans sur la table du Président de la République, sans oublier les orientations du séminaire de la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) sur les réformes institutionnelles,

CONSIDERANT l’absence délibérée, du fait du pouvoir, de concertations avec les acteurs politiques et sociaux, aussi bien sur le contenu du projet de révision que sur la date du referendum, le Président Macky SALL préférant ainsi mettre tout le monde devant le fait accompli, alors que rien, sauf des calculs politiciens, ne justifie l’urgence d’un referendum vidé de toute vraie substance,

EXPRIMANT son accord sans réserve avec la Déclaration de la CDS en date du 13 janvier 2016 qui montre que, malgré quelques avancées tirées de l’Avant-projet de constitution de la CNRI, les 15 mesures proposées « ne prennent visiblement pas en charge les préoccupations majeures des citoyen(ne)s sénégalais(es) en matière de réformes institutionnelles. En effet, celles-ci, pour être viables et durables, devraient régler les problèmes identifiés qui entravent la bonne marche des institutions et, par conséquent, du pays tout entier. Elles apparaissent plutôt insuffisantes, en ne s’inscrivant pas dans l’optique de la refondation de la République dans notre pays, pour réaliser la séparation et l’équilibre effectifs des pouvoirs, la réduction des pouvoirs exorbitants concentrés entre les mains du président de la république, le renforcement des pouvoirs de l’Assemblée nationale, l’indépendance plus affirmée de la justice, la promotion à tous les niveaux des droits et libertés des citoyens ainsi que de la gouvernance démocratique et participative»,

CONSIDERANT qu’en choisissant de se réfugier de façon sélective derrière « l’avis/ décision » du Conseil Constitutionnel, le Président Macky SALL s’est donné ainsi les moyens de se dédire à travers un wax waxeet maquillé,

ESTIMANT que le referendum convoqué pour le 20 mars 2016 est un referendum dévoyé en ce qu’il tourne le dos aux propositions essentielles des Assises et de la CNRI évoquées ci-dessus, et vise plutôt à maintenir intact « le présidentialisme néocolonial » et, par là-même, la domination impérialiste sur notre pays,

JUGEANT inacceptable la décision d’engloutir les milliards des contribuables sénégalais dans un referendum devenu parfaitement inopportun, ce au détriment de la satisfaction des demandes populaires et sociales pressantes ainsi que des revendications des organisations de travailleurs,

LE CONSEIL GENERAL DE YOONU ASKAN WI/ MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE POPULAIRE, ELARGI AU FRONT NATIONAL DE SALUT PUBLIC / MOOM SA REEW, REUNI LES 5 ET 6 MARS 2016 A DAKAR SOUS LA COPRESIDENCE DES CAMARADES ALASSANE GUISSE ET MALICK NOEL SECK :

1-SE DEMARQUE résolument du référendum du 20 mars 2016 qui, dans la forme comme dans le fond, ne répond ni aux préoccupations véritables des larges masses de notre pays ni à leurs profondes aspirations démocratiques et républicaines,

2-DENONCE les immixtions persistantes dans les affaires intérieures de notre pays, de la part des puissances étrangères, la France et les USA en particulier, à travers des prises de position ouvertement orientées exprimées par leurs Ambassadeurs ou autres officiels et officines,

3-DECIDE, après un débat démocratique large et contradictoire, de voter NON et d’appeler à voter NON au référendum du 2o Mars 2016,

4-INVITE YOONU ASKAN WI, les partis de gauche en général, le M23 et l’ensemble du « peuple des Assises » à situer leur part de responsabilités dans l’évolution de la situation politique post 25 mars 2012, pour avoir laissé quasiment les mains libres au Président Macky SALL, jusqu’à lui permettre de gérer à sa guise et selon son seul bon vouloir, les engagements pris en commun concernant en particulier la réforme des institutions durant la période de transition,

5-ENGAGE l’ensemble du parti, des forces progressistes, politiques, sociales et citoyennes, à donner un contenu hautement patriotique et populaire à ce NON, qui se différencie de toute tentative revancharde et réactionnaire d’une certaine opposition prédatrice et milliardaire visant à remettre en cause les avancées démocratiques conquises de haute lutte ces dernières années par notre peuple, notamment à travers l’organisation participative et inclusive des Assises nationales et la publication des Conclusions fécondes qui en sont issues, le mouvement historique du 23 juin 2011 et la victoire éclatante du 25 mars 2012,

6-SE FELICITE de l‘esprit de maturité et de la grande unité dont a su faire preuve le parti dans sa prise de décision, ainsi que de l’engagement de l’ensemble des militants et militantes à la matérialiser dans la cohésion, avec esprit de suite et de responsabilité, dans le seul intérêt du peuple sénégalais,

7-EXHORTE l’ensemble des militants, militantes et instances du parti à procéder, dès le lendemain du 20 Mars, à l’évaluation exhaustive et concertée du référendum, afin d’en tirer tous les enseignements requis et de s’engager sans délai dans la prise en charge optimale des perspectives à tous les niveaux.

NON AU PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE DU PRESIDENT MACKY SALL, OUI A L’AVANT PROJET DE CONSTITUTION DE LA CNRI, POUR LA REFONDATION DE LA REPUBLIQUE !

Fait à Dakar le 06 Mars 2016

LE CONSEIL GENERAL ELARGI



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Published by Gri-Gri International FNSP Mom Sa Rew - dans Sénégal 2011 Francophonie Françafrique Politique
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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 11:46
La femme est exclue du savoir, de l'avoir et du pouvoir / Clotilde Ohouochi, ex-ministre et vice-pdte du FPI

Voici une communication de l'ancienne ministre ivoirienne et vice-présidente du FPI à l'intention d'un groupe d'étudiants africains de l'ILERI (Institut Libre d’Étude des Relations Internationales), regroupés au sein de l'association Trust Africa. C'était à l'occasion de la Journée Internationale de la Femme. Table-ronde organisée par l'association Trust Africa Thème central : « Assurer la paix et la sécurité en Afrique » Sous-thème : « Le rôle des femmes dans le processus décisionnel »

Je voudrais remercier votre jeune association, Trust Africa et sa dynamique présidente pour cette invitation que je considère comme une marque de considération. Le sujet proposé par votre table-ronde reste, plus que jamais, d’une brûlante actualité. Parmi les nombreuses interrogations qu'il appelle, je retiendrai celles qui suivent et autour desquelles je propose de bâtir mon intervention. Qu'est-ce qui explique la faible représentation des femmes dans les sphères de prise de décisions ? La question du genre et l'implication des femmes dans les processus de résolution des conflits peuvent-elles être efficaces pour l'abolition des conflits? Quelles décisions doivent-être prises au plan international, étatique et sociétal pour une plus grande implication des femmes dans le processus décisionnel ? En dépit d’une reconnaissance de la femme en tant qu’actrice du développement, son rôle et sa place dans la sphère politique restent sous‐estimés même si de plus en plus d’initiatives de femmes ou en faveur des femmes voient le jour. Les femmes sont peu présentes dans les sphères de prise de décisions, notamment, en matière de médiation, de prévention et de résolution des conflits. Bon nombre de pays africains sont ravagés par des guerres et des conflits meurtriers. Ces conflits sont généralement interprétés sous un prisme ethniciste, qualifiés de conflit ethnique, par les analystes internationaux. En effet, le moindre conflit, en Afrique, est vu sous l'angle ethniciste ou présenté sous un schéma manichéen et caricatural d'un Nord musulman et un Sud chrétien.

Or, l'Afrique étant un enjeu stratégique et économique primordial pour les grandes puissances, il n'est pas illusoire d'inscrire l'implication de celles-ci dans les causes des conflits en Afrique. Le cas de la Côte d'Ivoire où l'on a assisté, au printemps 2011, à une intervention armée disproportionnée des grandes puissances coalisées pour le règlement de la contestation électorale en est une illustration patente. Les conséquences de ces guerres récurrentes, quelles que soient leurs origines, sont extrêmement désastreuses sur les populations: traumatismes physiques, sociaux et psychologiques, tissu social durablement lacéré, jeunesse traumatisée, populations cloisonnées et enfermées dans leur tour de haine réciproque, de rancoeurs et de désir de vengeance.

Dans de tels contextes, comment arriver à retrouver la cohésion sociale afin de bâtir un avenir de paix et de concorde. Comment faire pour éviter de retomber dans une nouvelle ère de violences et de souffrances ? En un mot, comment guérir les blessures ouvertes ? Et quel rôle la femme africaine, mère, épouse, fille de ceux qui se battent ou se sont battus, la femme africaine qui souffre le plus de ces tragédies, peut-elle jouer dans les processus de règlement des conflits et de réconciliation ?

La situation des femmes pendant les moments de crises mérite qu'on y prête beaucoup d'attention. Elles sont les premières victimes. Les femmes et les enfants représentent plus des ¾ des 40 millions de personnes déplacées à la suite de violents conflits. Le Programme d'Actions de la 4e Conférence des Nations-Unies sur les Femmes (Béijing 1995) reconnaît que: «S'il est vrai que toutes les communautés subissent toutes entières les conséquences des conflits armés, les femmes et les petites filles sont particulièrement touchées». Elles sont victimes de violences, d'agressions sexuelles et de sévices pendant les guerres. Le viol est devenu une arme de guerre redoutable (en RDC) et même les soldats des forces de maintien de la paix s'y livrent également ou poussent les femmes à la prostitution. Le Conseil de Sécurité de l'ONU a été obligé, à cet effet, d'adopter, le 19 juin 2008, une résolution qui exige de «toutes les parties à des conflits armés, qu'elles mettent fin à tous actes de violences sexuelles sur les civils».

Sur le pan économique, les femmes qui sont la plupart du temps les actrices du secteur de l'agriculture vivrière et du petit commerce verront leurs outils de production détruits. Devenues veuves et chefs de ménages, elles sont confrontées à la gestion des charges familiales dont le cas des enfants nés des viols est source de graves traumatismes psychologiques. Il est donc fondamental que les femmes qui sont les premières victimes de ces conflits soient des actrices de paix et de réconciliation. Mais qu'entendons-nous par l'expression «résolution des conflits» et dans un sens plus spécifique, «réconciliation»? Empruntons la définition du mot réconciliation à l'évêque Desmond Tutu : « Examiner le passé douloureux, le reconnaître, le comprendre et par-dessus tout, le transcender ensemble, voilà le meilleur moyen de garantir qu'il ne se reproduise et ne puisse se reproduire ». Transcender ensemble ! Le mot «ensemble» est important et permet de comprendre ce que recouvre le concept de réconciliation. La réconciliation est donc le cheminement grâce auquel la société s'éloigne d'un passé de divisions pour se rapprocher d'un avenir partagé. Il faut savoir qu'aucune entreprise de développement n'est possible dans une société profondément déchirée où les relations humaines sont gâchées par la peur de l'autre, la méfiance et la suspicion. La réconciliation est donc vitale. Mais comment y parvenir ? Il n'y a pas de remèdes miracles ni de recettes universelles, de solutions rapides. Chaque peuple doit puiser en lui-même ses ressources propres à pardonner et à vouloir tourner la page.

Quel rôle peuvent jouer les femmes africaines dans cette entreprise ? Etant entendu que ce sont elles qui portent la vie, les femmes peuvent jouer un rôle prépondérant dans les processus de réconciliation. Dans la société traditionnelle africaine, elles jouent le rôle discret de conseillères. L'adage qui dit «la nuit porte conseil» en est l'éloquente démonstration. Elles peuvent, par leurs conseils avisés et surtout leurs actions positives, amener les protagonistes à la raison. Au Rwanda, après le génocide de 1994, les femmes ont été les premières à s'entraider. Elles ont été les premières à partager leurs terribles expériences. Tout commence par cela. Oser en parler. Ne pas s'enfermer dans sa douleur et comprendre que l'autre, en face, a aussi souffert. Quand les femmes hutu réfugiées sont rentrées d'exil, certaines organisations de femmes ont initié un accueil de solidarité spontané sans considération d'ethnies. Ceci n'exclut pas, évidemment les sentiments de haine qui subsistent mais ces quelques actions positives ont montré qu'il est possible de rebâtir la paix dans la confiance et la solidarité.

Cependant, au niveau des Etats africains, des réticences subsistent à intégrer les femmes dans les sphères de prises de décisions, malgré la ratification des instruments juridiques internationaux en la matière. On note une faible implication des femmes dans les processus de paix et, d'une manière générale, une présence insignifiante dans toutes les sphères de prise de décisions. La situation de la femme africaine est résumée par le constat amer qu'en fait l'éminent professeur Joseph Ki-Zerbo: «La femme est exclue du savoir, de l'avoir et du pouvoir».

Exclue du savoir parce qu'en Afrique, c'est chez les femmes qu'on rencontre le plus fort taux d'analphabétisme. Exclue de l'avoir, parce que la pauvreté s'est féminisée. Exclue du pouvoir parce que les femmes sont presque absentes des sphères de prise de décisions. C'est la théorie du serpent qui se mord la queue, une espèce de cercle vicieux. De la décennie de la Femme instituée par l’ONU entre 1975 et 1985 à la Conférence de Beijing en 1995 jusqu’à son évaluation en 2005 lors de la rencontre Beijing +10 à NewYork, la question genre a pris une place de plus en plus importante dans les rencontres internationales sur le développement humain. Si l’égalité des sexes reste un thème toujours d’actualité, le débat évolue vers celui du rôle de la femme comme actrice du développement et notamment dans la prévention, la médiation et la résolution des conflits.

Dans ce domaine, l’un des actes politiques les plus marquants de ces dernières années au niveau international a été le vote de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, adoptée le 31 octobre 2000, sur les femmes, la paix et la sécurité. Cette résolution réaffirme non seulement la nécessité de faire respecter les droits des femmes en tant que victimes des conflits, mais également encourage les institutions, les mécanismes nationaux, régionaux et internationaux pour la prévention, la gestion et le règlement des différends, à faire en sorte que les femmes y soient davantage représentées. Cette résolution novatrice (la résolution 1325) reconnaît que le maintien et la promotion de la paix et de la sécurité exigent la participation des femmes aux prises de décisions et appelle tous les acteurs à adopter une perspective tenant compte de cette recommandation. Cette résolution demande également au Secrétaire Général de l'ONU d'augmenter le nombre de femmes parmi ses envoyés spéciaux dans les missions de paix. A titre d'exemple, la représentante du Secrétaire Général de l'ONU en Côte d'Ivoire, est une femme, Mme Aïchatou Mindaoudou. La communauté internationale reconnaît donc qu'il faut augmenter la participation des femmes dans les processus de règlements des conflits.

Les femmes africaines ont un rôle de premier plan à jouer dans l'édification d'une paix durable. Mais pour une participation efficiente des femmes dans les différents processus de paix, un certains nombre d'actions et de décisions doivent être prises au niveau des Etats :

1) Mettre en application les recommandations internationales en faveur des droits des femmes

2) Favoriser la participation des femmes aux tables de négociations;

3) Promouvoir des mesures de discriminations positives à l'égard des femmes pour l'égalité des chances, dans tous les domaines de prise de décisions;

4) Accroître le soutien financier aux femmes dans leurs activités génératrices de revenus pour lutter contre la pauvreté;

5) Favoriser la scolarisation de la petite fille;

6) Impliquer davantage la société civile en particulier les associations de femmes dans leur rôle de formation, de suivi et d'encadrement de la femmes africaine vers plus d'autonomie. Parce que les droits des femmes sont au service de l'épanouissement de la société tout entière. La place qu'on leur fait est révélatrice de l'état d'un pays, de sa maturité démocratique comme de sa modernisation économique.

Texte : Clotilde Ohouochi

Ancien ministre / Vice-Pdte FPI

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 13:59
#CongoBrazza / Pour ouvrir la campagne électorale, #Sassou fait défiler ses blindés !

Une bien inquiétante et alarmante photo circule sur les réseaux sociaux, depuis le 5 mars dernier - ouverture officielle de la Campagne électorale !!!

On y voit, sur deux colonnes, une foultitude de véhicules militaires, dotés pour certains de canons, hérissés de soldats en armes, entrer et circuler en pleine journée dans Brazzaville... Capitale d'un Congo qui s'apprête à vivre, comme nombre de pays africains en ce moment, une élection présidentielle !

Un Congo à notre connaissance pourtant engagé dans aucun conflit armé avec l'extérieur, en proie à aucune milice rebelle armée à l'intérieur. Un Congo qui n'aurait donc, a priori, pas de raison d'ainsi exposer ses forces militaires. Sauf à penser qu'il y aurait une menace terroriste sérieuse planant actuellement sur le Congo : on ne sache pas qu'un Charlie local eût reproduit de fâcheuses caricatures, ou que Sassou eût mis à la disposition de la coalition internationale qui frappe Daech ses meilleurs archers... On se demande donc bien ce que le pouvoir congolais peut redouter pour ainsi prévenir son peuple et le monde qu'il est prêt à en découdre. Et avec qui ?

Comment interpréter autrement que comme un avertissement, une menace même, ce défilé sans parade ?

Malgré le blanc seing délivré par le français Hollande à Sassou pour qu'il s'organise un référendum à l'automne 2015 lui permettant de se présenter en 2016, après l'Union européenne déclarant que les conditions de transparence pour un scrutin fiable n'étaient pas réunies, ces blindés en démonstration constituent une nouvelle et ennuyeuse lézarde sur le tableau rassurant que le deuxième plus ancien leader françafricain en poste voudrait offrir à la communauté internationale et aux bailleurs de fond des grandes institutions financières et monétaires.

Même les plus jeunes internautes n'ignorent pas dans quelles conditions tragiques et meutrières Denis Sassou Nguesso a pris et repris le pouvoir. Outre les livres, nombreux, les vidéos sur Youtube abondent, qui racontent comment il accéda au pouvoir en 1977 (si, si, déjà), le perdit par les urnes en 1992, provoqua une guerre civile pour pouvoir le récupérer en 1997. Pour ne plus le quitter. Voir ces blindés, ces armes à quelques jours d'un scrutin, si on l'ajoute aux objectifs motifs de redouter celui-ci et les conditions de son bon déroulement, amènent de plus en plus de Congolais à se demander s'il ne vaudrait pas mieux reporter cette élection...qui ne saurait bien se dérouler.

Comme ses homologues d'Afrique francophone, Sassou sait qu'une "bonne" élection implique nécessairement le contrôle par le pouvoir en place du fichier électoral. (Sale blague : au Bénin, pour finir, on a voté avec quelle carte, la vieille, la neuve ou les deux ?). On se rappelle que la ouattariste Commission électorale indépendante ivoirienne, avant de jouer le sinistre rôle qu'on sait dans le putch franco-onusien contre Laurent Gbagbo - annonçant au-delà de ses compétences un résultat frauduleux -, avait été convaincue de fraudes au fichier électoral en février 2010.

Pour s'éviter ce genre d'affront, Sassou a rendu sa Céni de fait inoffensive pour lui et fait vérifier ses comptes, fichiers et cartes par celui qu'on appelle affectueusement son Commis, le ministre de l'Intérieur Raymond Zéphirin Mboulou. Espérant, on l'imagine, une victoire au premier tour, qui, dans son esprit, validerait et légitimerait le tripatouillage constitutionnel auquel il lui aura fallu recourir pour pouvoir prétendre se succéder, en vertu des limitations d'âge et du nombre de mandats qui eussent dû l'en empêcher.

Pas de second tour possible pour le leader que peuple "aimerait", d'après lui, au point de le laisser s'affranchir des lois.

1 coup K.-O., c'est le prix électoral du forfait constitutionnel.

Moins bête, vaniteux et suffisant qu'un Bédié ou un Ouattara, Sassou devrait avoir la prudence de s'offrir une toute petite et modeste victoire au premier tour... 51 ou 52%. Au-delà, même ses thuriféraires les plus assidus et les plus reconnaissants (oui, oui, c'est bien à François Soudans, de l'impayable mais très achetable Jeune Afrique que nous songons ici, mais pas que...) auront du mal à dissimuler leur malaise.

Tant aussi il semble difficile de croire que plus d'un Congolais sur deux serait favorable à Sassou quel que soit l'adversaire qui lui serait opposé...

Selon nos informations, ce qui tracasse Sassou, une fois ses soldats de mauvais augure installés en ville, c'est de trouver le(s) bon(s) moyen(s) d'étouffer toute contestation à l'annonce de "ses" résultats. Pourquoi ne pas exactement refaire comme en octobre dernier ? Couper Internet, lignes téléphoniques et signal de RFI le jour du vote afin d'empêcher la transmission et la communication en temps réel des résultats issus des bureaux de vote par les délégués des différents candidats. Ainsi que le jour de l'annonce de son succès. Si l'on en croit l'absence de réaction internationale face à la dizaine de manifestants opposés à son référendum morts entre Pointe Noire et Brazza en octobre dernier, Sassou peut brutaliser son peuple tranquille...

Partant, on voit mal la Communauté internationale s'émouvoir davantage si Sassou venait à consigner l'Armée, ou même décréter un couvre-feu à la veille de l'annonce de sa "victoire fictive" (Bienvenu Mabilemono). Dans la foulée, déployer ses gens : police, éléments de sa garde prétorienne, mercenaires étrangers, en vue de quadriller les grandes villes du pays.
Non content d'avoir censitairement multiplié par six le montant de la caution (non remboursable) que doit verser tout prétendu candidat à la magistrature suprême, et malgré un contexte pétrolier a priori défavorable pour un pays vivant sur cette seule rente ou presque (le prix du baril, baisse sans discontinuer depuis des mois), selon nos informations, en ce moment à travers le Congo il se distribuerait beaucoup, beaucoup d'argent... et pas seulement en carburant pour hélicoptère aussi dispendieux que superflu. Vases communicants symboliques : moins les opposants en ont, plus le candidat-président sortant semble en dépenser.

Mabilemono note aussi à juste titre que "pour gêner le candidat du peuple, le Général Jean Marie Michel MOKOKO, et l'empêcher de se déployer librement sur le terrain et faire correctement sa campagne, dans certaines localités comme Pointe-Noire, Dolisie, Owando, Makoua, Ouesso, Ewo..., Denis Sassou Nguesso a prévu de faire de la provocation et programmé ses déplacements dans ces différentes localités au même moment que le Général Jean Marie Michel MOKOKO."

Ultime signe de vitalité de la démocratie selon Sassou Nguesso : l'interdiction faite à un représentant d'Amnesty international, récemment, d'entrer sur territoire congolais. Une élection présidentielle qui s'annonce, décidément, sous les meilleurs auspices.


Texte : Justine Okimi

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 12:30
#Abidjan / Graves violations des droits de l'accusée Simone Gbagbo

COMMUNIQUE DE PRESSE

Abidjan, le 18 Mars 2016 – La Chambre Judiciaire de la Cour Suprême a déclaré irrecevable, le 17 Mars 2016, le pourvoi initié par Madame Simone Ehivet GBAGBO, contre l’Arrêt du 27 Janvier 2016 de la Chambre d’Accusation la renvoyant devant la Cour d’Assises pour les crimes de sang.

L’unique motif invoqué par la Cour Suprême est un prétendu défaut du dépôt de mémoire par la défense de Madame Simone GBAGBO.

Cette motivation de la Cour Suprême ne correspond pas à la réalité.

Le mémoire a bel et bien été déposé le 10 Février 2016 au Greffe de la Cour d’Appel, et ce par courrier contre décharge.

Tout porte à croire que l’on veuille juger dans la précipitation Madame Simone GBAGBO pour la faire condamner dans la célérité et à tout prix.

En effet, le rejet du pourvoi sans examen du mémoire, pourtant bien déposé à l’appui, outre la violation manifeste des règles procédurales, ainsi que l’absence de faits et de preuves, laissent craindre le pire quant à la tenue d’un procès juste et équitable aux Assises.

La défense de Madame Simone GBAGBO ne saurait tolérer la réitération des violations graves des droits de la défense et de l’équité comme dans son précédent procès aux Assises.

Dans ces conditions, la défense de Madame Simone GBAGBO s’insurge contre les conditions lapidaires d’examen de son pourvoi et entend saisir la Cour de Justice de la CEDEAO.

Pour l’Equipe de défense de Madame Simone GBAGBO

Maître Ange Rodrigue DADJE et Maître Habiba TOURE

Avocats

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 11:00
#CongoBrazza / #Sassou, by any means neccessary... (#Vidéo #QuestionsDuGriGri)

Questions du Gri-Gri

Texte du 20/02/2016


- Mais, euh...il n'y a pas eu de contestation, au Congo Brazza, en octobre dernier, lorsque Denis Sassou Nguesso, dit le Cobra Suprême, a imposé par référendum le changement de constitution lui permettant, non seulement de s'affranchir de la limite d'âge, mais aussi de celle du nombre de mandats renouvelables ?
- Ah ben si... bien sûr qu'il y a eu contestation en octobre 2015... Y'a même eu des morts...à Brazzaville et Pointe noire, si l'on en croit le quotidien de révérence dans sa version électronique et continentale.
- Des émeutes même, des barricades... la vache ! Internet et RFI coupés ! En fait, ça a déjà vachement chauffé au Congo-Sassou depuis que celui-ci a fait savoir qu'il ne quitterait pas le pouvoir de son vivant.
- Ca m'étonnait aussi... que personne ne proteste contre cet obscène rafistolage constitutionnel, surtout après les fortes paroles, en 2009 au Ghana, de Super Renoi Obama sur le nécessaire respect des institutions africaines...
- Avec un doigt de malice, on pourrait d'ailleurs s'interroger sur ce proclamé attachement de la communauté blanche, pardon de la communauté internationale, aux institutions africaines... la Cour constitutionnelle gabonaise réélisant à l'infini la même ancienne maîtresse d'Omar Bongo à un poste de présidente, pourtant, en principe à mandat unique... le Conseil constitutionnel ivoirien, réfuté jusqu'au coup d'état en 2010-2011, dédit inéditement et renouvelé, à en devenir ouattariste depuis, hors des sentiers apaisants de la légalité... et maintenant Sassou...
- Exception confirmant la règle : le beau Blaise...qui était, au moment de sa chute, presque un jeunot par rapport à Sassou (27 ans seulement au pouvoir...petite bite !).
- Mais qui a fait chuter Compaoré ? Le peuple burkinabé ? On a tous envie de chérir et répandre cette version. Les fils de l'homme intègre cassant les reins de l'usurpateur cruel et serviable.
- Mieux : nous sommes tous prêts déjà à la congoliser... A Brazza, la rue et Facebook ont fait tomber Sassou ! Hourra ! Vive la démocratie, la société civile, les ong, George Soros, les révolutions arabes et les printemps à l'orange

La suite du texte est lu dans la vidéo ci-dessous...

Texte : G.P.
Lecture : G.P.
Mix
age : cave du 18

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 11:14
Dessin de Mil'Pat paru dans Le Gri-Gri International version papier
Dessin de Mil'Pat paru dans Le Gri-Gri International version papier


Après trente-deux ans d'exclusif pouvoir, entrecoupés d'une guerre civile de près de cinq ans, dont il demeure le seul bénéficiaire, que pourrait bien faire (de plus ou de pire) Denis Sassou-Nguesso pour enfin convaincre le monde de la nécessité de se pencher sur le sort et l'avenir de "SON" pays, le Congo-Brazzaville ?

Entendre ici le "SON" au sens le plus clanique.
Traduction de l'informée Lettre du continent : "Si son directeur de cabinet, Firmin Ayessa, devrait officiellement diriger la campagne, le chef de l’Etat s’appuie en réalité sur son clan mbochi (enfants, oncles, cousins...) pour peauiner sa stratégie. Neveu et patron des services secrets, Jean-Dominique Okemba est au cœur du dispositif chargé de "quadriller" le pays et de "neutraliser" les opposants. Fils cadet du président et DGA de la SNPC, Denis Christel Sassou Nguesso dit "Kiki" demeure le financier du clan via sa fondation Perspectives d’avenir. Celle-ci est par ailleurs destinée à "sensibiliser" les jeunes Congolais sur le programme de son père. Edgard Nguesso alias "Gaya", directeur du domaine présidentiel, a également mis sa fondation Génération avenir au service de la campagne de son oncle."

Entendre ici le "SON" aussi au sens du droit et donc des coups tordus. Chez Sassou, Sassou fait sa loi.
Traduction, toujours dans la même informée lettre continentale : "Fort des 93% obtenus - à la hussarde - au référendum constitutionnel d’octobre, qui l’autorise à briguer le scrutin, Sassou mobilise..."

Entendre ici le "SON" enfin au sens le plus brutal du terme. Bien que trop souvent nommé médiateur dans les conflits de la région - en raison de son féodal fonctionnement, qui l'a amené à placer, comme de l'argent, ses enfants et parents un peu partout dans les élites de ses voisins -, chez lui, Sassou négocie peu. Ou alors après avoir cogné.

Sassou, métaphore à lui tout seul des contradictions d'un système post-françafricain de plus en plus illisible, est arrivé au pouvoir par les armes, en 1977 ; l'a quitté par les urnes, en 1992 ; l'a repris par les armes en 1997 ; s'y maintient par les urnes forcées depuis. En toute impunité. Au vu et au su, et donc, avec l'aval de tous.

Sassou, effrayante et angoissante superstar chez les caricaturistes et les satiristes, doté par eux de plusieurs surnoms plus glaçants que drôles, à bien y regarder : le Cobra Suprême (référence à ses meutrières milices "Cobra"), Black Milosevic - qui nécessite peu d'explications -, et le Son of the Beach, en souvenir des 350 et quelques massacrés de mai 1999. Voici ce qu'en dit wikipédia (par ailleurs étonnamment critique sur Sassou) : "L’affaire des disparus du Beach est une tuerie collective orchestrée par des hauts responsables d'État, qui s'est déroulée entre le 5 et le 14 mai 1999 au débarcadère fluvial de Brazzaville dit Beach de Brazzaville en République du Congo sous la présidence du général Denis Sassou-Nguesso arrivé au pouvoir deux ans plus tôt à la suite d'un violent coup d'état militaire en 1997."

Chez Sassou donc, un goût prononcé pour le retranchement. Derrière SA constitution ou chez lui, entouré d'hommes de mains surarmés prêts à en découdre jusqu'à la mort.

Sassou, c'est simple : l'inverse de l'héroïque ghanéen Jerry Rawlings. Tous les soldats n'ont pas le même rapport à la démocratie.

La Gaule, bien sûr, toujours en pointe lorsqu'il s'agit de tartuffer, se permet, par son Premier ministre, le Sarkozy à la catalane Manuel Valls, de contester l'élection (grotesque) d'Ali Bongo dans une émission de télévision du Service public, pendant que François Hollande approuve, pour ne pas dire défend, le principe du scandaleux référendum plébiscitant de Sassou en 2015, qui lui permettra de faire tripatouiller la constitution congolaise pour ne plus avoir à redouter ni limite d'âge ni limitation du nombre de mandats.

Les opposants congolais, une partie de la presse africaine et, surtout, les réseaux sociaux furent pourtant très actifs durant l'été et le début de l'automne 2015 pour informer les Africains et le monde de la manip' sassouine...

Ce projet de référendum cousu d'avance a été combattu. Démocratiquement. Seulement, Sassou, la démocratie, il ne la conçoit qu'à son usage et selon ses règles. Résultat, une dizaine de morts entre Pointe Noire et Brazza. Silence radio (france) international.

A part, on serait tenté de dire comme d'hab', Amnesty International. Qui s'émeut. S'inquiète. Dénonce.
"En octobre 2015, Amnesty International a demandé aux forces de sécurité de cesser de recourir à une force excessive : elles avaient tiré sur des foules rassemblées à Brazzaville et Pointe-Noire pour manifester contre les projets de modification de la Constitution. D’après les groupes d’opposition, au moins 18 personnes ont été tuées.
Par ailleurs, Amnesty International a pointé du doigt la détention d’opposants politiques, avant le référendum constitutionnel d’octobre mais aussi à l’approche des élections. Parmi les personnes actuellement détenues figurent Paulin Makaya, leader du parti politique Unis Pour le Congo (UPC), et Serge Matsoulé, secrétaire fédéral de la Convention d’action pour la démocratie et le développement (CADD).
En octobre 2015, les forces de sécurité ont encerclé la maison d’un autre leader de l’opposition, Guy Brice Parfait Kolélas, sans aucune autorisation judiciaire, et l’ont empêché de sortir pendant 12 jours. Toujours en octobre, six militants ont été arrêtés et condamnés à trois mois d’emprisonnement pour avoir participé à une manifestation non
autorisée."

Traduction en Sassou : l'interdiction faite au représentant d'Amnesty international de poser le pied au Congo, fin février 2016... Qui n'a toujours pas déclenché de salve de courroucées réactions et sanctions internationales.

La Lettre du continent parle, elle, d'intimidation "savamment orchestrée contre les autres candidats avec assignations à résidence, interdictions de voyager à l’intérieur comme à l’extérieur du pays…". Mais aussi de la totale emprise du régime "sur les organismes électoraux, notamment la CENI (Commission électorale nationale indépendante) dont l’impartialité a même été remise en cause par l’Union européenne."

Texte : Justine Okimi


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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 18:33
#ProcèsDeLaHonte / Sam l'Africain, Célestine cuit le riz pour toi ! (#FreeGbagbo #CPI)

Sam l'Africain est incontestablement la première grande vedette du procès Gbagbo/Blé Goudé à La Haye - outre, bien sûr, les couacs, ratés et faux documents et témoignages. Présenté par la CPI comme un ancien membre de l'entourage de Gbagbo prêt à aujourd'hui témoigner contre lui, il se révèle bien plus complexe, problématique et savoureux que prévu.

Dans la situation qui était la sienne, après le 11 avril 2011 et la prise du pouvoir par Ouattara juché sur les chars français, identifié comme proche des cercles de l'ancien pouvoir, Sam l'Africain a du promettre ou laisser entendre bien des choses à un procureur de la CPI - alors Ocampo, qui rédigera certains mandats d'arrêt avant la fin de la crise postélectorale - assurant en retour sa survie et sa sécurité.

Or ces choses, ces accusations accablantes, ces informations, il ne les donne pas, ou plus, une fois devant la CPI. Ou alors avec tant de nuances, de compléments, de contextualisations, qu'il finit par ressembler à un témoin de la Défense !!!

Célestine, héroïque égérie de la résistance ivoirienne, superstar des réseaux sociaux, lorsqu'elle ne se rend pas à La Haye, suit le Procès de la honte sur Internet, jour par jour, séance par séance. Et commente, analyse, fulmine, peste, inventorie, rappelle, exhume articles en ligne et vidéos... Il nous a semblé pertinent de reproduire ici les "statuts" que sur Facebook Célestine a composés en live durant le témoignage de Sam l'Africain. Moins pour les informations que celui-ci aurait apportées - quelle importance dans un procès par nature ubuesque ? - que pour l'effet bénéfique de sa prestation sur celles et ceux qui espèrent de ce procès sinon la vérité, au moins la libération de Gbagbo.


7 mars, 11:04 · ‪#‎ProcesDeLaHonte‬

- Sam l'Africain parle !

- Sam l'Africain a dit "Président GBAGBO", la massida va avoir de l'urticaire ! Comment ça témoin dit "Président GBAGBO" !!!

- Mais pour l'instant, on ne sait pas vraiment l'orientation du témoignage de Sam l'Africain, hein. Bon wait and see.

- Sam l'Africain dit qu'il ne connaît pas la signification de CNO.

- Sam l'Africain dit que la zone CNO a engendré la mort !

- Sam l'Africain témoigne à décharge pour l'instant hein !!!!

- Sam l'Africain !!!!!! Bon, wait and see, hein ! J'ai l'impression qu'avec son témoignage la barbe de MacDonald blanchit de minute en minute.

- Il dit que le President GBAGBO en appelant la France et l'ONU "ne savait pas qu'il faisait appel à ceux qui allaient le faire tomber".

- Pour l'instant je suis en train de cuire le riz pour Sam l'Africain !

- Le juge Président toujours d'accord avec le procureur

- Je comprends mieux pourquoi le procureur a fait semblant de jeter le nom de Sam l'Africain en pâture en prétextant une faille technique !!! En espérant que l'un des nôtres l'agresse ou le tue ! Mais comme on n'est pas violents, ils ont joué bidé !

- On va écouter C'est maïs d'Abou Gallié, hein ?

- Ça ne change pas ! Le juge toujours d'accord avec le procureur.

- L'accusation elle-même procède à un contre-interrogatoire de son propre témoin !

- Maitre Ochi met en lumière le fait que le procureur pas satisfait de son témoin veut le mettre en difficulté ! On n'a jamais jamais vu ça !!! Mais c'est énorme !!!

- Sam l'Africain fait perdre ses nerfs à Mac Donald !

- Mac Donald est mélangé, il qualifie "son" témoin de "témoin HOSTILE" !!!

- Voilà ! Mac Donald s'arrache les cheveux et la barbe !!! A tel point qu'il veut mettre son propre témoin en difficulté ! Il n'y a que dans cette CPI, cette fausse cour de justice qu'on peut voir des trucs pareils ! C'est lunaire !!!

- Ça a repris ! Mac Donald est tres désemparé !!! Du coup il a des tics.

- Saaaaam l'Africain !!!!

- Sam l'Africain veut savoir pourquoi il s'agit seulement de parler des patriotes et pas de ceux qui nous ont attaqués et nous ont poussés à réagir...

- "Je ne suis pas MINITAIRE", signé Sam l'Africain !

- Sam l'Africain ne veut pas être manipulé !!!!

8 MARS 2016

- Dédié à Simone GBAGBO. L'occasion de réclamer avec force sa libération.

- Je suis Simone GBAGBO.

- "La France s'est ingérée à 100% dans les élections et la communauté internationale, a piégé le Président GBAGBO", dixit Sam l'Africain ! Et moi je valide !!!! Bande de maudits

- Mac Donald arrête de faire semblant ! La CEDEAO, c'est encore la France !

- C'est Sam l'Africain qui explique au Canadien procureur de Mac Donald la différence entre une réunion et un meeting.

- Je dédie spécialement cette journée à toutes les femmes ivoiriennes réfugiées au Ghana, au Bénin, en Côte d'Ivoire dans leur propre pays, au Liberia et partout dans la sous-région. Je leur souhaite beaucoup de courage et bravo pour leur combat ! Ma pensée va bien entendu également à notre éternelle première Dame Simone Gbagbo.

- Blé a eu raison de dire au procureur qu'il apprendra beaucoup de la crise et la Côte d'Ivoire avec le procès ! Quand on voit tout ce que Sam l'Africain lui apprend de la crise ! Il a découvert plein de trucs ! Normal pour des gens qui n'ont pas fait d'enquêtes !

Texte : Célestine Anticolonialisme













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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 11:00
Dessin de Mil'Pat
Dessin de Mil'Pat

Dans la Constitution que Sassou dut accepter en mars 1992, le Président était élu pour cinq ans et rééligible une fois. Et Sassou ne fut pas élu. Sassou a-t-il d'ailleurs jamais été élu... Les taux de participation aux scrutins congolais sont devenus dans les chancelleries et les rédactions un inépuisable sujet de conjectures puis de plaisanteries.

Douceur pour opposant congolais morose : se figurer le Black Milosevic devant les télévisés débats de la Conférence nationale souveraine où on gâtait joyeusement son nom. Dans ces moments-là, dit-on, sa fureur était telle qu'il menaçait, insultait, maudissait et annonçait d'assurément moins marrants lendemains à ces ingrats Congolais...

De 1992 jusqu'à son retour au pouvoir en 1997, via la meurtière guerre civile opposant ses milices Cobra aux Ninjas de Kolélas et à ce qu'il restait de l'armée légale du président Lissouba, Sassou a su trouver aides, conseils et soutiens, auprès de la France, de l'Angola et de quelques multinationales soucieuses de ne point insulter l'avenir.

Et même, plus tard, assez d'avocats et de défenseurs, une fois réinstallé, pour passer entre les gouttes de sang des massacres du Beach.

Les récurrentes et improductives campagnes médiatiques relativement aux Biens dits mal acquis par plusieurs présidents afros et leurs familles, dont Sassou, bien sûr, ne l'ont, bien sûr aussi, pas empêché de se refaire un visage éligible en liftant la constitution autant de fois que nécessaire, bien sûr toujours, à coups de référendums... Le dernier en date, à l'automne 2015, lui ayant permis de s'affranchir des limites d'âge et de celles du nombre de mandats.

L'important dans une élection, c'est d'être au pouvoir avant. Moins délicat que Poutine, Sassou ne prend même pas la peine de Medvedeever un de ses sbires pour donner le change.

Qui aurait la naïveté d'imaginer qu'au pouvoir "légalement" depuis 19 ans - ce qui ne fait, si on y ajoute les 13 premières années, que 32 en tout - le Son of the Beach n'a pas institutionnellement, médiatiquement, politiquement et militairement tout verrouillé afin de ne plus jamais avoir à redouter de son vivant la moindre élection.

Pas en renonçant au principe démocratique : en le subvertissant. Et en l'accompagnant d'un solide et oldschool recrutement de mercenaires plus ou moins médiatiques, plus ou moins militaires. Anciens de la Séléka (à qui Sassou aurait prêté quelques milliards de CFA vers 2013), Libériens (y'en a toujours en quête d'emplois funestes), Tchadiens, Rwandais, Burundais...
Parmi ses habituels soutiens, si l'on en croit un ancien diplomate, seul Dos Santos ferait cette fois défaut. De l'avis du même ancien diplomate, la défection angolaise n'atténuerait pas les inévitables violences si le Congo rechignait à se laisser sassouter.

Sassou est un féodal. Il a stratégiquement marié et/ou placé les siens chez tous ses voisins et confrères - ne fut-il pas le beau-père du défunt Omar Bongo ! Combinant ses influences et réseaux - familiaux mais pas seulement, dira-t-on poliment -, il pèse encore un peu dans cette anachronique Françafrique qui n'en finit pas de finir. Un peu moins qu'avant faiseur de rois, Sassou sait encore nuire, comme disent les Belges. Vice-médiateur (si, si) dans la crise centrafricaine, il y a quelques mois il chambrait méchamment la transitoire présidente Catherine Samba-Panza - ne pipant mot, Paris semblait consentir... Soupçonné d'avoir tour à tour financé Bozizé et la Séléka, pour Sassou, la RCA n'est qu'une annexe du Congo. Et la Samba-Panza, qui eût du à lui se soumettre, avait le mauvais goût de le courroucer : son poulain, Karim Meckassoua, à qui il avait promis le poste de Premier ministre en juillet 2014, à la suite des accords de Brazzaville, en sera privé au dernier moment et au profit d'un proche de la présidente, Mahamat Kamoun.

A peine avait-il rallié (rire) les suffrages des Congolais lors de son dernier référendum à la crème d'octobre 2015 que Sassou décida d'accélérer, non pas les réformes structurelles ou le développement de l'Instruction publique, mais le calendrier électoral. Faisant avancer la présidentielle au mois de mars 2016 ! Pour tourner la page. Instaurer sa nouvelle république. Prendre tout le monde de vitesse. Le fait du roi absolu : le choix dans la date. Et les règles du jeu pipées : un article de la loi électorale fait, par exemple, passer la caution des candidats de 5 à 25 millions de FCFA...

Les opposants, archéos ou néos, tentent de suivre et de présenter des candidatures viables. Prêts aux coups bas et de bâtons - l'impayable mais très achetable Jeune Afrique exhumant, tout à fait par hasard, une compromettante vidéo pour l'un d'eux, le général Mokoko. Etc, etc. Sachant tous pertinemment quoi penser des fichiers électoraux, du secret du vote et de la protection des urnes sous Sassou. Sans parler d'une commission électorale qui n'a, comme d'habitude, d'indépendante que le nom. Mais que la comm' officielle présente comme une concession à l'opposition.

"Fini le boycott généralisé. Cette fois, l'opposition congolaise veut jouer sa partition dans le paysage électoral. Pour la première fois depuis longtemps, ses principaux leaders ont incité leurs partisans à s'inscrire sur les listes électorales. Et accepté d’envoyer une liste de candidats pour la composition de la future Céni. Cela n'empêche pas les critiques, sur le degré d'indépendance de cette commission, ni sur les conditions d'organisation du scrutin. Mais l'IDC-Frocad dit avoir tiré des leçons du référendum d'octobre dernier. « Si on boycotte, le pouvoir avance sans nous », résume le porte-parole de la coalition d'opposition." (RFI)

Au pire, ils acceptent un scrutin cousu de fil blanc et fragmenteront l'électorat mécontent, permettant à Sassou de gagner dès le premier tour. Par K.-O.

Au mieux... s'ils tirent parti de leur nombre et élaborent une stratégie de déstabilisation par la contestation des résultats frauduleux et le refus de valider le scrutin, ils déclencheront une crise postélectorale. Et, peuvent-ils espérer, de possibles soulèvements populaires, auxquels Sassou ne saurait répondre que par la force. Idéalement, la communauté internationale se verrait forcée d'intervenir en proposant une transition. Etc.

Le schéma a déjà fonctionné ailleurs. Il a parfois aussi servi à renforcer le pouvoir en place, s'imposant comme contestable mais préférable remède au désordre : la victoire par chaos agité. Sassou n'aura pas peur d'être un sanglant mauvais perdant.


Texte - Justine Okimi




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