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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 10:00
#ProcèsDeLaHonte / Evaluation critique de la CPI (1998–2002–2016), par Robert Charvin

La Cour Pénale Internationale, « un pas de géant », selon l'éminent juriste Luigi Condorelli, qui porte un jugement positif dès 1999, un an à peine après l'adoption du Statut de Rome. La doctrine juridique occidentale, comme les forces politiques européennes, ont quasi-unanimement applaudi à la création de la CPI. Depuis 2002, date de son entrée en fonction, elles n'ont pas manifesté de critiques sur son fonctionnement (1).

Par Robert Charvin

Les motivations favorables à une justice criminelle internationale permanente sont de « nature éthique », affirme-t-on. Elle serait née d’une « prise de conscience » de l’horreur de certains conflits et de la volonté d’en finir avec l’impunité des responsables de crimes de masse. Cette brusque mutation est exprimée par le Docteur B. Kouchner et le juriste M. Bettati, suivis de nombreux juristes français (2), lorsqu’ils dénoncent « les assassins qui coulent des jours tranquilles à l’abri des souverainetés et à l’ombre du principe de non ingérence » : le « Bien », incarné par les puissances occidentales, doit triompher du « Mal » (espace « gris » du reste du monde) et la justice internationale devient un outil de paix, car « sans justice, pas de paix véritable » ! De nombreuses ONG occidentales, souvent nourries par les États eux-mêmes et des fondations privées, arguent du nécessaire respect du droit humanitaire (ce qui est incontestable) et de son rôle préventif (ce qui est très incertain).

Un nouveau messianisme occidental s’est ainsi développé, succédant aux précédents (celui de la « mission civilisatrice » de la colonisation, par exemple) : « l’Occident traite les droits de l’homme, écrit A. Supiot (3), avec la Cour Pénale Internationale entre autres, comme un « Texte révélé par les sociétés « développées » aux sociétés « en voie de développement », comme s’il s’agissait pour ces dernières de « combler leur retard » et se convertir à la modernité !

Ce chœur quasi-unanime en faveur de la CPI, y compris à l’origine dans de nombreux pays africains, témoigne d’un idéalisme ne prenant pas en compte les réalités politiques et les rapports de force dans la société internationale.

C’est l’évolution du contexte international des années 1990 qui est la clé explicative de l’apparition d’une justice universelle internationale permanente. En premier lieu, se produit la disparition de l’URSS, longtemps vigoureusement opposée à ce type de juridiction (4). Les puissances occidentales sont en position de force et ont pour objectif de conforter définitivement la société unipolaire qui leur est favorable. Les États socialistes survivants et la Russie post-communiste sont très affaiblis ; les guerres de décolonisation étant achevées, la question des droits de l’homme peut être « l’arme absolue » pour assurer une hégémonie légitimée. Le droit humanitaire apparaît comme un instrument de « déverrouillage » de ce qu’il y a de trop contraignant dans le droit international général « classique », notamment son noyau dur qui est la Charte des Nations Unies, (en particulier, les principes de l’égale souveraineté des États et de la non ingérence).

La mondialisation libérale a besoin d’une société internationale sans frontière où peuvent s’épanouir les firmes transnationales. L’OTAN, en capacité de se constituer en substitut de l’ONU devient porteur des valeurs occidentales « humanistes », protectrices des droits humains (5). Les grandes puissances occidentales jouent un rôle d’États-pilotes avec l’assistance des organes de l’Union Européenne et de certains États du Sud comme la Tunisie de Ben Ali, en faveur d’une justice pénale internationale, couronnement du « nouvel » ordre, tout en prenant toutes les précautions pour ne pas faire courir de risque à leurs ressortissants (6).

Ainsi, la relance de la question d’une Cour Permanente, au sein des Nations Unies, n’est pas le résultat d’un besoin subit d’humanité, mais d’un nouveau rapport de force permettant d’envisager une « gouvernance globale », et notamment une juridiction pénale suprême dans l’ordre international.

C’est ainsi, qu’après une longue mise en sommeil du projet de juridiction pénale permanente depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Commission du droit international des Nations Unies se met au travail en axant ses préoccupations sur la répression du trafic de stupéfiants et du terrorisme, à partir de 1993-1994. Mais en 1998, le statut de Rome de la CPI est adopté à l’issue d’une négociation inter-étatique (alors que les tribunaux pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie avaient été créés par le Conseil de Sécurité) : il s’agit désormais de sanctionner les crimes de masse, plus de vingt ans après l’adoption des Protocoles de 1977 sur le droit de la guerre et sur la sanction des criminels de guerre par les tribunaux nationaux.

En 1998, la voie conventionnelle (en lieu et place de la voie onusienne) s’explique par le fait que les Grandes Puissances n’avaient aucune volonté de créer une juridiction pouvant s’imposer à elles ! Il s’agissait de sanctionner les crimes des « autres », tout comme l’usage répétitif du chapitre VII de la Charte (axé sur la « punition ») et l’abandon du chapitre VI (sur la négociation) permettent aux Grandes Puissances de réprimer les « autres » États, sans que leur responsabilité soit effectivement engagée.

Le monde occidental a gagné la « guerre froide ». Il s’agissait d’institutionnaliser cette victoire.

1. Contradictions et confusion du contexte international

L’évaluation de la CPI est impossible si on isole le phénomène de l’évolution générale des relations internationales. Il est nécessaire de prendre en considération le « temps long ». Il permet de comprendre, comme on l’a vu, la naissance de la juridiction. Il permet aussi de saisir la fonction réelle qu’elle prétend assurer depuis 2002 au cœur d’un processus général.

La phase actuelle est celle de la déconstruction du droit international général, c’est aussi celle de la tentative d’imposition d’un néo-fédéralisme assimilant les États (toujours souverains en droit) à des « landers » ou à des régions, dotés de compétences limitées. Tout le processus de la construction européenne est basé sur cette pression progressive en faveur d’une fédéralisation des États membres.

Dans le reste du monde, comme au XIX° siècle, l’approche occidentale est encore celle de la division d’un monde entre États « civilisés » (on dit aujourd’hui « développés »), plus ou moins organisés en « saintes alliances », et les autres États et peuples qu’il s’agit de contrôler d’une manière ou d’une autre.

La Charte des Nations Unies, déjà pour les États-Unis surtout, ne compte plus vraiment. Il en est de même pour les États-Nations jugés archaïques. Le monde occidental fait l’impasse sur la fracture sociale abyssale qui sépare les peuples du Nord et du Sud, mais aussi les populations du Nord et la poignée d’hyper-privilégiés (les « 1.800 » milliardaires du monde) du Nord et du Sud. L’objectif prioritaire est le démantèlement de la souveraineté nationale, sans laquelle il n’est pas de souveraineté populaire (7).

Pour l’Occident, en définitive, les institutions de la « globale gouvernance » doivent devenir l’échelon le plus élevé des pouvoirs et l’individu leur seul sujet de droit dont il convient d’assurer une promotion formelle.

La CPI devient le symbole d’un monde garant des droits de l’homme et assurant la fin de l’impunité des criminels qui leur portent atteinte. Elle se présente même si les États-Unis n’ont pas adhéré au statut de 1998 comme le symbole d’un nouveau monde démocratique et humain. Néanmoins, cette CPI fonctionne dans un environnement radicalement contradictoire avec ses prétentions. Elle se veut compatible avec des phénomènes qui sont des sanctions collectives comme les embargos frappant la masse des gouvernés plutôt que les intérêts de quelques gouvernants, et particulièrement les populations les plus démunies. Les États-Unis, leurs alliés et leurs juristes valorisent la sanction par la CPI des violations individuelles des droits de l’homme, tout en manifestant la plus grande indifférence à l’égard des droits sociaux, économiques et culturels qui rendent impraticables les droits civils et politiques. Ce soutien à la CPI est contredit aussi par un phénomène aussi radicalement illicite que Guantanamo, qui malgré le discours officiel des autorités américaines, depuis bientôt huit ans, fonctionne toujours (8).

Plus globalement, le droit fondamental qu’est le « droit au droit » n’est pas reconnu puisqu’il y a irrespect généralisé du droit international et du droit humanitaire, notamment à l’occasion des interventions armées.

Avec les années 2000, la confusion s’est accrue : la Russie tend à redevenir une puissance qui compte, la Chine et les puissances émergentes pèsent d’un poids grandissant. A la société unipolaire « rêvée » par l’Occident, dont la CPI était un élément constitutif, succèdent les prémisses d’une société multipolaire.

Mais comme dans toute phase séparant ce qui meurt et ce qui naît, le processus est chaotique : coexistent, en effet, des normes et des pratiques prétendument nouvelles de la première phase et le retour de normes et de pratiques de la période de la société bipolaire, complétées par des innovations de la société multipolaire en train de naître.

Certaines forces occidentales s’efforcent d’inventer des normes, qualifiées dans le plus grand flou de « nouvelles coutumes », bien que non acceptées par l’ensemble de la société internationale. Les juristes le plus souvent tendent à les accepter comme telles, bien qu’avec une certaine réticence. C’est le cas avec, par exemple, « la responsabilité de protéger » les populations civiles contre leur propre État, sous prétexte de préoccupations humanitaires, en réalité pour justifier l’ingérence. On crée l’incertitude sur la juridicité des normes au mépris du principe de souveraineté. On favorise le développement d’un droit des affaires d’origine privée s’imposant dans les relations économiques transnationales. Quant à la CPI, elle-même, elle connaît des dysfonctionnements, sources d’un discrédit croissant dans le Sud.

2. Les pathologies de la CPI.

La CPI est une institution grevée de paradoxes et de contradictions de toutes natures.

L’étrangeté la plus visible est que les États-Unis, qui n’ont pas ratifié le statut de 1998 sont partie prenante de facto du fonctionnement de la Cour : ils menacent de poursuites ou poussent à la poursuite de certaines personnalités et ressortissants de divers États qui n’ont pas leur faveur, tout en organisant systématiquement la protection de leurs propres nationaux (notamment par une série d’accords bilatéraux).

Il en est de même pour la Russie et la Chine, qui ce représente 3 des 5 membres permanents du Conseil de Sécurité, dont le rôle est déterminant dans la procédure de la Cour (saisine ou dessaisissement) (9).

Cela conduit nécessairement la CPI à ne s’en prendre jamais aux « vainqueurs » (comme à Nuremberg en 1945) ni aux alliés des « Grands », pour ne poursuivre que les ressortissants des « vaincus » et des États faibles ou isolés (10).

Une seconde « curiosité » est le champ de compétence de la Cour. Conformément à l’idéologie néolibérale, les droits économiques et sociaux n’ont pas la même « qualité » que les droits civils et politiques. Selon cette logique, il est évident qu’il ne pouvait être question d’élargir la compétence de la Cour aux crimes économiques et sociaux dont le coût humain est plus massif, bien que plus diffus, que les crimes de guerre et autres commis contre l’Humanité. Rien ne devrait empêcher l’existence d’une Chambre sociale permettant de sanctionner les individus responsables d’un endettement sans retombée sociale, du chômage, de la violation des droits sociaux, et plus généralement de la misère. L’impact de la guerre sociale ne relève pas de la justice criminelle internationale.

La compétence de la Cour comprend, dans le statut de 1998, le crime d’agression. Toutefois, cette disposition n’est pas entrée en vigueur et nul ne sait si, dans les prochaines années, elle entrera en vigueur. Un groupe de travail spécial explore le sujet, mais le fait que l’agression soit susceptible d’atteintes particulièrement aux capacités des grandes puissances qui réunissent tous les moyens pour être des « agresseurs privilégiés », conduit à penser que la question à toutes les chances de s’enliser. Si la CPI vise à combattre l’impunité de certains criminels, elle ne va pas, en droit, jusqu’à mettre en œuvre la répression des criminels qui sont de surcroît des « agresseurs » !

Un autre paradoxe est le mode de financement de la Cour. Le financement est assuré par les contributions des États occidentaux (surtout l’Allemagne et la Grande Bretagne), plus le Japon et par quelques fondations privées comme celle de G. Soros (11) et non pas l’ONU. L’indépendance financière de la juridiction n’est en rien garantie. On ne sait notamment pas quel est le degré d’indépendance du Parquet, en raison des liens s’établissant durant le mandat de ses membres avec divers intérêts.

La promotion de la Cour dans les pays du Sud est aussi assurée par des organisations privées, comme par exemple, « Avocats sans frontières » ou l’Institut Arabe des droits de l’homme. Cette médiatisation de la CPI, très politisée, se confronte ainsi aux courants critiques qui se développent à son encontre.

C’est le cas sur le continent africain depuis quelques décennies. L’Union Africaine estime que la CPI est avant tout un outil supplémentaire des Puissances mondialisatrices pratiquant la politique des « deux poids, deux mesures ». Le juge danois Harhoff (du Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie) faisant écho à Juan Ping, ancien ministre du Gabon, au premier ministre éthiopien et à d’autres personnalités africaines en la matière, a énoncé le fait que des « pressions massives et assidues sont exercées sur les magistrats internes », ajoutant que ces « tribunaux ne sont pas neutres et obéissent aux ordres des grandes puissances, les USA et Israël en particulier » (12). L’Union Africaine se prononce pour le retrait du statut de Rome (art. 73) sans résultat.

La Cour Africaine, créée à Arusha, est elle-même dans la dépendance du financement occidental. Seuls six États ont ratifié le Protocole de 2008, alors que quinze sont nécessaire. La lucidité critique africaine est ainsi plus collective qu’individuelle !

Plusieurs affaires, toutefois, peuvent déclencher un mouvement de retrait. Tout d’abord, le procès du vice-président kényan William Ruto. Lors de la XIV° Assemblée des États parties de la CPI (novembre 2015), l’Afrique du Sud et le Kenya ont menacé de se retirer, soutenus par divers autres États, malgré la défense de la Cour par des États de l’Union Européenne et de certaines ONG financées par l’Union Européenne. La Chambre d’appel de la CPI a annulé le 12 janvier 2016 la décision autorisant l’utilisation rétroactive de témoignages à charge, fragilisant fortement le dossier de la Procureure (13). Le recul du Parquet est survenu après le retrait des charges contre le Président Kenyata. Le Parquet, en effet, établit le plus souvent son dossier essentiellement sur des témoignages fortement contestables.

Il en est de même pour le procès Gbagbo qui a débuté en février 2016. La règle de la primauté des juridictions nationales sur la compétence de la CPI fonctionne à ce propos de manière aléatoire. On peut s’interroger sur le fait que la justice ivoirienne s’est avérée régulièrement compétente pour juger et condamner à une lourde peine Madame Gbagbo, alors que L. Gbagbo a été déféré à la CPI, de même que Blé Goudé (sans doute pour alourdir les responsabilités de son ancien Président), comme s’il s’agissait de faciliter la tâche du régime Ouattara qui souhaitait se débarrasser d’un procès « encombrant ». On s’interroge sur les critères consistant en « l’absence de volonté » ou « l’incapacité » locale de mener à bien l’enquête et les poursuites ? Qu’en est-il, pour la Cour, de son appréciation de « l’impartialité » des tribunaux nationaux ? Ainsi, il apparaît que la Cour a une compétence plus ou moins large, plus ou moins « subsidiaire » selon des opportunités politiques confuses !

On constate aussi que la CPI tend à fonctionner quasi-exclusivement à charge à l’encontre des prévenus. C’est ainsi par exemple, que parmi les témoins ou les ONG sollicités, on s’abstient de prendre en considération ceux qui sont à priori « suspects », tandis que les autres sont appelés à fournir des éléments de « preuve » ! Le « tri » effectué entre les témoignages semblent parfaitement arbitraire dans l’affaire L. Gbagbo (14). Les moyens de la défense ne sont pas en mesure de rivaliser avec ceux de l’accusation : des dizaines de juristes, dont les avocats français, proches de F. Hollande, J.P. Benoit et J.P. Mignard et le Parquet (doté d’une trentaine de millions d’euros servant à rémunérer des enquêteurs, des consultants, etc. font face à la petite équipe de défenseurs bénéficiant d’un budget très limité (environ 76.000 euros) (15).

Enfin, épreuve de vérité, la Palestine, 123° État membre du Statut de Rome (au 1er avril 2015) a saisi la Cour contre divers ressortissants israéliens pour leurs comportements criminels. Il est en effet difficile de contester les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité de militaires et de leurs commanditaires israéliens commis par l’occupant israélien. Le doute est permis sur l’acceptation même par la CPI de sa compétence pour juger de la requête palestinienne (16) ! Les armes d’Israël sont nombreuses : la priorité de ses juridictions nationales, le recours au Conseil de Sécurité pour éventuellement suspendre la procédure sous prétexte de ne pas gêner les négociations de paix, etc. L’issue de l’affaire Gbagbo, mais surtout celle du recours palestinien, fera la démonstration de ce qu’il en est réellement de la CPI et du niveau de gravité des pathologies dont elle est atteinte.

3. Le fonction ambiguë de la justice politique

L’efficacité d’une justice politique internationale ne peut être évaluée seulement sur la base de ses qualités juridiques : une approche politique est essentielle.

L’ordre interne des États n’a fourni nulle part un « modèle » de justice politique exemplaire. L’Histoire fait la démonstration que les tribunaux politiques d’exception comme la justice ordinaire lorsqu’elle statue en matière politique, servent les intérêts tactiques et stratégiques des gouvernements qui les administrent. La France a fait l’expérience de différentes juridictions (tribunaux militaire, Haute Cour de Justice, Cour de Sûreté de l’État, Cour de Justice de la République, etc.) Elles ont fait preuve soit d’un excès de rigueur soit d’un excès d’indulgence, dans les deux cas infondés. En Algérie, on se souvient du caractère expéditif des décisions des tribunaux militaires frappant les militants du FLN. En France, lorsque la justice ordinaire intervient contre des syndicalistes ou des militants anarchistes puis communistes sous la III°, la IV° et la V° République, elle participe davantage à la lutte des classes et à une politique d’intimidation qu’à l’application de la loi républicaine. En 2016, la condamnation à 9 mois de prison ferme de syndicalistes de la CGT pour « séquestration » non violente des directeurs des ressources humaines d’une entreprise (Goodyear) aux lendemains d’une vague de licenciements en est le plus récent témoignage.

A la différence des justiciables de faible « surface sociale », les responsables de l’appareil économique échappent le plus souvent à des peines lourdes (ce fut le cas, en France par exemple, pour la collaboration des chefs d’entreprise, à quelques exceptions près, avec le nazisme).

Quant aux tribunaux d’exception, à la Libération par exemple, il n’ont fait que servir les intérêts du nouveau pouvoir dans le « climat » du moment : pour des faits de collaboration avec les nazis, la peine de mort était prononcée en 1945 alors que quelques mois plus tard les condamnations étaient pour les mêmes délits très légères !

En bref, la justice politique sert avant tout à légitimer par une voie formellement légale l’élimination momentanée des adversaires du pouvoir établi. Elle n’a que très rarement décidé des grandes mutations de l’Histoire nationale (17).

La justice criminelle internationale n’a donc pas de référence dans le droit interne. Son émergence dans l’ordre international est peut-être prématurée : il ne règne dans la société internationale que peu de valeurs communes et les intérêts contradictoires rendent impossible toute notion d’intérêt général clair.

Les finalités communément admises que poursuit la CPI ne peuvent donc être qu’ambiguës :

Selon certains, il ne pourrait y avoir de paix et de réconciliation sans justice. La réalité est plus complexe. La justice internationale rend ses jugements longtemps après les faits criminels : rien ne permet de démontrer que leur impact pacifie la société concernée. Les Cambodgiens, par exemple, de nombreuses années après les massacres pratiqués par les Khmers Rouges, étaient plus préoccupés d’élévation de leur niveau de vie, du maintien de la paix civile par une « réconciliation » plus ou moins boiteuse, que d’une justice ne frappant qu’un petit nombre de responsables très âgés alors qu’ils dirigeaient un système global (qui d’ailleurs en son temps était soutenu par les États-Unis et la Chine !). Le coût élevé de la procédure a pu même être considéré comme excessif au regard des problèmes sociaux du pays (18).

Il faut ajouter que le processus de réconciliation après un conflit ne peut être le même d’une société à une autre : la voie juridictionnelle n’est qu’une voie modeste parmi d’autres. C’est ainsi, par exemple, qu’en Libye elle paraît à priori totalement inadaptée, y compris s’il advient que l’un des fils de M. Kadhafi est poursuivi devant la CPI. Le rapprochement entre les autorités de Tripoli et de Tobrouk, et plus globalement entre les factions qui émiettent le pouvoir dans l’ensemble du pays, ne peut être réalisé par des voies répressives contre les criminels de guerre qui, à l’évidence, ne manquent pas en Libye. Ce n’est d’ailleurs pas la voie choisie par l’ONU qui favorise des négociations politiques.

Dans certains cas, l’extrême longueur des procédures devant la justice criminelle internationale peut finir par grandir celui qui est poursuivi et condamné. Ce pourrait être le cas de L. Gbagbo en Côte d’Ivoire et dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. L’opinion peut se retourner contre les autorités à l’origine de la poursuite et contre la juridiction qui a prononcé la condamnation. A long terme, l’Histoire montre que les condamnations les plus lourdes peuvent auréoler les condamnés et fabriquer des martyrs. Il en a été ainsi, par exemple, pour les militants des mouvements de Libération nationale condamnés par les tribunaux des colonisateurs. Il peut en être ainsi demain pour les condamnés de la CPI.

On répète aussi que l’existence d’une justice criminelle internationale jouerait un rôle préventif : par la menace qu’elle fait peser sur les responsables politiques et militaires, elle les dissuaderait des pratiques criminelles et génocidaires. On constate depuis 2002, date de l’entrée en vigueur de la CPI, qu’il n’y a aucun progrès humain dans les conflits qui se sont produits. Mais surtout, l’argument de la dissuasion peut se retourner en son contraire. Les responsables, pour éviter des poursuites qui sont toujours plus faciles contre des vaincus qu’à l’encontre des titulaires du pouvoir, sont amenés à s’y maintenir par tous les moyens et à prolonger au maximum leur fonction dirigeante (comme on le voit couramment en Afrique), ce qui favorise la répression des rivaux. De plus, cette « menace » est discriminatoire : elle ne joue pas pour les alliés des Puissances « protectrices », or les dictatures protégées ne manquent pas, ni les pseudo-démocraties comme Israël à l’ombre du « parapluie » étasunien !

La justice politique internationale pose aussi la question de sa capacité effective à juger des crimes de masse. On peut légitimement douter de l’unique responsabilité, voire de la responsabilité principale de quelques personnalités politiques ou militaires, fussent-elles des dirigeants suprêmes et des cadres supérieurs (voir les problèmes soulevés par le dirigeant serbe Milosevic, par exemple, négociateur des Accords de Dayton avec ceux qui allaient le faire traduire en justice).

La controverse a déjà eu lieu avant Nuremberg lorsque les Soviétiques souhaitaient sanctionner un très grand nombre d’Allemands, co-responsables de l’avènement et des pratiques génocidaires du nazisme (19). Les Américains s’y sont opposés pour imposer exclusivement la poursuite d’un très petit nombre de dirigeants. Dans l’esprit des dirigeants occidentaux, l’Allemagne était déjà en Europe l’État-tampon nécessaire vis-à-vis de l’URSS.

Devant le Tribunal de Tokyo, chargé à l’initiative des États-Unis de juger les criminels de guerre japonais, les prévenus et les condamnés ont été très peu nombreux. Les États-Unis avaient notamment pris soin de ne pas poursuivre l’Empereur Hiro-Hito, doté durant la Seconde Guerre mondiale d’une autorité « divine » sur tout le peuple japonais, afin de pouvoir utiliser son influence pour contrer le communisme.

La justice politique, lorsqu’elle est « intelligente », prévoit toujours à l’avance les conséquences de ses sentences affectées d’un coefficient « utilitaire » pour la suite....

La justice criminelle internationale, à l’occasion de ses premières expérimentations, a fait la démonstration qu’elle ne pouvait être que sélective, c’est-à-dire arbitraire, son organisation et son fonctionnement ne pouvant être « hors sol » et dépendant nécessairement des rapports de force et des arrière-pensées du moment.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, il n’est pas concevable que la CPI puisse juger et condamner des ressortissants américains, russes ou chinois. Il ne semble pas même possible que les ressortissants des pays qui leur sont alliés soient poursuivis, sauf si les Puissances les considèrent désormais non fiables ou « inutiles » !

Or, les Puissances dominantes sont détentrices des moyens les plus susceptibles de réaliser des crimes de guerre : c’est le cas, par exemple, avec leur capacité de bombardements aériens, provoquant des morts civils en grand nombre. Il est vrai qu’un État en dépit de ses forces extérieures limitées est capable d’avoir une pratique criminelle dans l’ordre interne. Toutefois, le fait que ses ressortissants soient les seuls à pouvoir être poursuivis par la justice internationale assimile celle-ci à une forme « d’ingérence humanitaire », pratique illicite mais fréquente des Grandes Puissances à l’encontre de la souveraineté nationale des petits et moyens États, au nom d’un humanitarisme sélectif.

Aussi, dans les conditions de notre époque, la question fondamentale et non résolue est celle de la souveraineté nationale et de son articulation avec la justice criminelle internationale. Le Tribunal Pénal international pour l’ex-Yougoslavie est une illustration de la confusion qui règne : le Conseil de Sécurité a exercé une fonction judiciaire incertaine en créant cette juridiction ad hoc, alors qu’il a renoncé à exercer sa fonction pacificatrice en la laissant à l’OTAN, qui est de plus intervenue en 1999 pour le Kosovo sans autorisation de ce même Conseil de Sécurité, au mépris de la Constitution de la Fédération Yougoslave !

La CPI, pour exister, a dû prendre des précautions vis-à-vis du principe de souveraineté. Elle n’est statutairement qu’une juridiction complémentaire et subsidiaire des tribunaux nationaux qui ont la primauté. Le Procureur de la Cour ne peut s’auto-saisir qu’à la condition qu’intervienne un organe collectif, la Chambre préliminaire (chambre d’accusation).

Les États sont tenus de coopérer avec la Cour et en particulier de lui remettre les personnes poursuivies, mais à défaut aucune sanction n’est prévue.

De nombreux États sont conscients que la justice criminelle internationale est instrumentalisée : elle tend à se constituer en outil de légitimation de l’ordre international existant, dans le cadre d’un « fondamentalisme occidentaliste » qui nourrit en retour les autres fondamentalismes (20).

La Belgique en a fait l’expérience, lorsque l’un de ses tribunaux a été saisi en 2003 afin de juger des officiers supérieurs américains, le Général Franks et des adjoints, objet d’une plainte pour crimes de guerre contre des Irakiens et des Jordaniens. Sous les pressions américaines, la législation belge a été modifiée rendant impossibles ces poursuites (21).

La France (juin 2015) a fait, pour sa part, un cadeau au Maroc. Le Parlement a voté (malgré l’opposition des Communistes et des Verts) un protocole judiciaire franco-marocain permettant à Paris d’abandonner sa « compétence universelle » si des ressortissants marocains ont commis des actes de torture pratiqués au Maroc !

Toutefois, la « compétence universelle » des tribunaux nationaux a permis la mise en cause de Pinochet. Sans que les résultats aient été sa condamnation, l’opinion a été sensibilisée à la répression dont il avait été responsable au Chili depuis 1973.

Les tribunaux de Guantanamo, premiers tribunaux américains pour crimes de guerre depuis la Seconde Guerre mondiale, créés après les attentats du 11 septembre 2001, afin de juger les « ennemis combattants » non américains, ne bénéficient en rien des protections juridiques de droit commun accordées aux citoyens américains. Ils ne sont évidemment pas un « modèle » de justice politique nationale !

Néanmoins, les tribunaux nationaux, quelle que soit l’issue des procédures, offrent le spectacle édifiant de l’état réel de la justice politique. L’opinion, si elle est capable de s’approprier le droit, peut jouer un rôle afin de faire progresser une justice véritable.

Au contraire, la CPI, très éloignée des citoyens (malgré les manifestations de solidarité avec certains prévenus comme L. Gbagbo) n’est susceptible de subir que de pressions étatiques.

En conclusion, l’expérience de la CPI « sert à approcher, sans l’atteindre, une représentation juste du monde » par sa finalité officielle, la lutte contre l’impunité. Mais, en tout état de cause, la route de la justice internationale ne s’arrête pas à la CPI. Elle est encore très longue (22).

Parmi les crimes de masse non encore pénalisés, il y a les multiples crimes économiques, comme par exemple, l’évasion fiscale (qui prive les États de possibilités d’investissement), la spéculation financière internationale (qui est source de « dettes odieuses », illicites mais que les peuples remboursent néanmoins), la surexploitation des matières premières et la maîtrise des prix du marché par les grandes firmes (du style Areva au Niger) etc.

Ces crimes non encore juridicisés ont un coût humain qui va au-delà des massacres ponctuels se produisant dans les conflits armés. Dans un monde non consensuel où l’Occident et ses alliés « communient » exclusivement dans les valeurs du marché et les droits de l’homme » civils et politiques en oubliant toujours le social et aspirent à un fédéralisme universel (23), comme le dénonce Alain Supiot (24), une authentique justice criminelle internationale demeure une utopie difficilement accessible.

Mars 2016

Robert Charvin

Agrégé des Facultés de Droit

Professeur Emérite à l’Université de Nice – Sophia-Antipolis (France)

Notes :

1) Cf. M. Perrin de Brichambaut, in Leçons de droit international. Presses de sciences politiques et Dalloz. 2002, p. 343 et s.

F. Bouchet-Saulnier. Dictionnaires pratique de droit humanitaire. La Découverte. 2013.

2) Très peu nombreux sont les juristes européens qui se sont manifestés à contre-courant, y compris dans les milieux progressistes (voir par exemple, les approbations de M. Chemillier-Gendreau dans Le Monde Diplomatique, 12 décembre 1998). On peut citer en revanche P.M. Martin, par exemple, de l’Université de Toulouse (Recueil Dalloz-Sirey, n°36, 1998), qui est très critique.

3) A. Supiot. Homo juridicus. Essai sur la fonction anthropologique du droit. Seuil. 2005)

4) Il faut noter cependant que sous la direction de M. Gorbatchev, la position soviétique avait évolué. Des juristes soviétiques, comme le professeur Blichenko, n’avait plus d’opposition radicale à la création d’une Cour pénale permanente.

5) Pourtant, dès sa naissance, l’OTAN et les États-Unis ont financé des opérations à l’intérieur des États se réclamant du socialisme et contre les Partis communistes occidentaux et divers syndicats (par exemple, avec le soutien direct des « Stay Behind », véritables groupes de combat « dormant » qui ont participé à des attentats et à des complots, comme ceux, par exemple, du « Gladio » en Italie, au financement d’une fraction de la CGT française à l’origine de la création de F.O.

6) Un argument-clé a été de considérer comme « injuste » des risques de poursuite pénale contre des militaires dont la cause humaniste serait fondamentalement « juste » (positions défendues par les États-Unis et la France).

7) Certains opposent souveraineté populaire, jugée « positive » dans une optique démocratique et souveraineté nationale, jugée nocive, parce que facteur de « nationalisme ». Or, sans l’indépendance nationale, grâce à la souveraineté étatique, quels que soient les risques pour les citoyens, il ne peut y avoir dans le monde contemporain de réelle souveraineté populaire : on le constate en Europe même, par exemple, avec la situation du peuple grec : la politique interne du gouvernement, choisie par les citoyens, n’a pas pu et ne peut toujours pas se développer car elle est soumise aux décisions des instances de l’Union Européenne. Il y a « souveraineté limitée » comme l’Occident ’y compris la doctrine dominante de l’époque) la dénonçait en 1968 lorsque l’URSS l’imposait à la Tchécoslovaquie.

8) Le Centre de détention de Guantanamo, combattu par B. Obama durant ses deux mandats, mais sans résultat jusqu’à ce jour, atteint les sommets de l’illicéité. Au nom de l’antiterrorisme, toute légalité est récusée. La règle est le combat du crime par le crime, expression d’une dégénérescence du droit très accentuée. Le camp, installé sur le territoire de Cuba, loué depuis 1905 à raison de 4.000 dollars par an, refusés par La Havane, est une prison « délocalisée » où sont incarcérés des nationaux de différents pays, arrêtés dans plusieurs pays avec la collaboration des polices locales et transférés clandestinement avec de multiples complicités « officielles ». La détention – sans jugement – est sans limite pour des « combattants ennemis », catégorie a-juridique inventée par les États-Unis unilatéralement. Les autorités de Washington ont récusé les demandes successives des Nations Unies, du Parlement européen et même de la Cour Suprême des États-Unis (verdict du 28 juin 2004). Amnesty International qualifie en 2005 Guantanamo de « Goulag moderne » (le rapport dénonce aussi les nombreuses prisons du même type installées par les États-Unis en Irak et en Afghanistan, notamment). Depuis le 11 septembre 2001, les États-Unis ont enseigné au monde entier que les droits de l’homme pouvaient s’interpréter « à la carte », avec de grandes variantes selon les cas. Divers États européens obéissent à ce modèle.

Cf. M.A. Combesque. « Violence et résistances à Guantanamo ». Le Monde Diplomatique. Février 2006.

9) Il faut mentionner Israël et l’Inde qui n’ont pas cru non plus devoir ratifier le statut de la CPI.

10) Dans le procès en cours contre L. Gbagbo et Blé Goudé (ce dernier « opportunément » transféré par Abidjan à La Haye), toute juridiction réellement impartiale devrait poursuivre aussi A. Ouattara et G. Soros actuellement en fonction.

Voir L. Gbagbo et F. Mattei. Pour la vérité et la justice. Côte d’Ivoire : révélations sur le scandale français. Éditions du Moment. 2014.

R. Charvin. Côte d’Ivoire 2011. La bataille de la seconde indépendance. L’Harmattan. 2011.

11) G. Soros affirme vouloir combattre les « sociétés fermées », autrement dit souveraines et cela sans la moindre légitimité.

12) Cité in L. Gbagbo et F. Mattei. Pour la vérité et la justice... op. cit. p. 255.

13) Voir la plaidoirie occidentale favorable à la CPI (E. Orenga – V. Rambolamanana. « Retour sur les travaux de la XIV° Assemblées des États parties de la C.P.I : qui sont les grands gagnants ? » In La Revue des droits de l’Homme. Mars 2016.

14) Cf. Mon témoignage personnel (R. Charvin) « écarté » par le Parquet, en tant que membre d’une Commission d’Enquête de deux mois sur les événements liés aux élections présidentielles de 2011 en Côte d’Ivoire, qui dénonçait notamment l’arbitraire complet régnant dans la partie Nord du pays, occupé par des forces rebelles (soutenues par le Burkina Faso de Compaoré – aujourd’hui réfugié en Côte d’Ivoire et naturalisé Ivoirien ! - et par la France).

C’est ainsi, par exemple, que plus de 1.000 civils ont été massacrés par ces « rebelles » pro-Ouattara au camp de réfugiés de Duékué lors de leur offensive qui devait se terminer par la prise d’Abidjan (avec la complicité de l’ONUCI et des troupes françaises).

15) Consulté par M° Altit, l’un des principaux défenseurs de L. Gbagbo, j’ai dû moi-même payer les frais d’un voyage à Paris pour le rencontrer, puis pour constituer le dossier rapportant les résultats de la Commission d’enquête à laquelle j’avais participé.

Demandeur d’une visite à la prison de La Haye pour établir le contact avec l’accusé, aucune réponse ne m’a été faite (le questionnaire à remplir pour la demande de visite exigeait notamment de préciser mon appartenance politique !).

16) Cf, par exemple John Aasu. Professeur à l’Université de Naja-Naplouse. La compétence territoriale de la Cour Pénale Internationale dans le cas de la Palestine, in Un Autre Monde, numéro spécial « Palestine : 70 ans ! » (revue de Nord-Sud XXI). 2016.

17) Cf. R. Charvin. Justice et politique (préface de R.J. Dupuy). LGDJ. 1968.

18) En France, le régime de Vichy n’a été remis en mémoire des Français que plusieurs dizaines d’années après la fin de la guerre. On s’est gardé durant cette longue période de rappeler l’histoire des années 1940-1945 : il s’agissait de « favoriser la réconciliation des Français » par l’amnésie.

19) Comment dissocier, par exemple, les dirigeants de l’industrie lourde, les cadres du parti du Centre Catholique, complices directs de l’accession à la Chancellerie de Hitler ? Comment la masse des citoyens ressortissants de l’un des pays les plus développés et les plus cultivés, l’Allemagne, ayant soutenu activement le régime nazi pratiquement jusqu’à sa défaite, peuvent-ils être considérés comme innocents ?

20) Voir A. Supiot. Homo Juridicus (voir notamment la Pologne, p. 7-30). Éditions du Seuil. 2005.

21) Cf. Nuri Albala. « La compétence universelle pour juger les crimes contre l’humanité : un principe inacceptable pour les plus puissants », in N. Anderson et autres. Justice internationale et impunité, le cas des États-Unis. L’Harmattan. 2007, p. 217 et s. Voir aussi J. Fermon. « Compétence universelle : le cas de la Belgique ou le droit du plus fort, quand les États-Unis font la loi en Belgique », in A. Anderson et autres. La justice internationale aujourd’hui. Vraie justice ou justice à sens unique. L’Harmattan. 2009.

22) En sens contraire, un philosophe africain, enseignant à l’Université Catholique de Lyon R. K. Koudé (« L’ingérence internationale : de l’intervention humanitaire à la dissuasion judiciaire » in Institut des Droits de l’Homme de Lyon. Vingt ans de l’IDHL. Parcours et réflexion. Université Catholique de Lyon. 2005, p. 116 et s.), applaudit à la fois à l’ingérence directe humanitaire et à l’action de la CPI, forme judiciaire de l’ingérence, contre les « forteresses de la souveraineté étatique ». L’article est significatif de l’occidentalisme des certains intellectuels non occidentaux.

23 ) On constate dans les structures semi-fédérales de l’Union Européenne que les atteintes concrètes aux valeurs démocratiques (racisme, xénophobie, interdictions de certains partis progressistes et réduction du pluralisme politique, comme c’est le cas en Hongrie, Pologne, Lettonie, etc.) ne suscitent aucune réaction de la part des instances européennes, ni l’utilisation de l’article 7 du Traité de Lisbonne permettant des sanctions et la suspension de l’État coupable des droits de participation au fonctionnement de l’Union Européenne, ni évidemment l’ouverture de poursuites pénales contre les dirigeants responsables. La justice politique ne semble concerner pour chaque État que les « autres » …...

24) A. Supiot. Homo juridicus. op. cit.

Source : Investig’Action

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 12:55
#HommageBenSoumahoro / #Soro Guillaume, le soleil et le président

Initialement mis en ligne le 08/08/2015

LE MIRAGE

Dans les années 95, lorsque nous avons fini d’organiser le congrès constitutif du RDR (Rassemblement Des Républicains), pendant que le ‘’bravetchè’’ Alassane Dramane Ouattara était planqué à Washington DC, mes camarades et moi avons convenu qu’il était temps de songer à l’élection d’un Président pour les jeunes de notre parti. Je n’ai pas eu mandat pour le faire mais j’ai pris sur moi d’en parler à notre Président Alassane Dramane Ouattara. Bien entendu, il était absent. Quelques noms de jeunes qui m’avaient été soufflés me trottaient dans la tête. J’ai alors décidé d’en parler à Dominique Folloroux pour qu’elle lui transmette notre souci. Parmi ces noms, il y avait celui de Soro Guillaume que je ne connaissais pas. La réponse de Dominique était nette ; presque cinglante : ‘’Celui-là, n’y touchez pas’’. Il y avait là comme un deal caché que j’étais entrain de piétiner sans m’en rendre compte. C’est alors que Dominique Folloroux me sort une lettre de Soro de son coffret à bijoux. Incroyable mais vrai ! Soro Guillaume, dans l’euphorie et la précipitation de son engagement sur sa vie pour Dominique, avait secrètement espéré devenir l’exécuteur testamentaire ou le légataire universel du futur Président de la République Alassane Dramane Ouattara. Mais Soro était trop tendre pour se rendre compte ce jour-là que ‘’ce n’est pas en s’agenouillant qu’on attire la foi’’. La suite, on la connait. Le pauvre petit Rastignac a dû s’apercevoir assez rapidement qu’il n’était pas seul à s’aplatir devant la Blanche Colombe.

LA RENCONTRE

Voici donc un homme qui ne m’a jamais été présenté. De ma vie entière, je ne lui ai serré la main qu’une seule fois dans le grand salon de la Résidence officielle du Chef de l’Etat Laurent Gbagbo à Cocody Blokoss. J’ai hésité avant de poser cet acte de politesse obligée, comme si la présence du Président de la République m’y avait contraint sur l’instant. J’espère que Soro Guillaume n’est pas devenu amnésique et subitement oublieux de cette rencontre. Si le pouvoir ne l’a pas rendu fou ou boursouflé d’orgueil, je suis sûr qu’il se souvient de cette journée parce que j’avais assorti ma poignée de main d’une phrase que j’espérais significative pour peu qu’il cherche à la comprendre : ‘’Le soleil brille maintenant pour tout le monde Mr le Premier Ministre’’. Voilà pour notre seule et dernière rencontre physique. Je crois que mon attitude a dû blesser son incommensurable vanité.

L’OPPORTUNISTE ET LE TRAITRE

Dans sa recherche, sa conquête et sa gestion du pouvoir, la seule véritable erreur politique que le Président Laurent Gbagbo a commise a été d’avoir de manière aveugle donné la totalité de sa confiance à Soro Kigbafori Guillaume. L’affaire Soro était un sujet tabou au palais de la Présidence de la République comme à la Résidence officielle du Chef de l’Etat. A cette époque-là, personne, même pas Simone n’osait en parler. Ce qu’on apprenait par quelques rares sachants, c’est que l’Amitié ou plutôt l’Affection de Laurent Gbagbo pour ce garçon atteint de nanisme thyroïdien vient de loin. C’est tout. On n’en savait pas plus. Tout le reste n’est que spéculations, supputations, affabulations, suppositions à l’avantage ou au détriment de l’intéressé. Gbagbo seul sait d’où viennent leurs relations et pourquoi il s’est livré pieds et poings liés sans réserve à cet escobar dont le sport favori est la Trahison.

  • A la FESCI où il a dû servir Laurent Gbagbo contre Félix Houphouët Boigny, il a trahi ses camarades de combat sans que personne autour de lui ne se pose la moindre question.

  • Dans la Rébellion, façon 18-19 Septembre 2002, il a trahi son mentor IB qui l’a fait venir d’Allemagne pour lui confier l’organisation de leur mouvement parce qu’il était syndicaliste et parce que tous les leaders intellectuels tapis dans l’ombre et les gradés de l’armée (Dr Moriféré Bamba, le Général Lanssana Palenfo, le Général Abdoulaye Coulibaly) se sont faits porter pâles. Soro a donc été contraint par son tuteur IB de prendre le Secrétariat général du MPCI. Il n’y avait personne et IB avait lucidement marqué ses propres limites. Il était soldat et voulait le rester. Là déjà, Gbagbo est trahi par l’intransigeance de Soro aux négociations menées à Lomé au Togo par Laurent Dona-Fologo au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire puis à Linas Marcoussis où il n’était pas seul à trahir de nouveau le pays pour servir les intérêts de la France de Chirac et du conglomérat composé de Alassane Dramane Ouattara, Seydou Elimane Diarra, Henry Konan Bédié, Blaise Compaoré, Abdoulaye Wade, Pascal Affi N’Guessan, Kofi Annan, Olusegoun Obasanjo, Edem Kodjo et Tutti Quantti .

  • Quand Laurent Gbagbo décide de le nommer Premier Ministre de la République après les accords de Ouaga, Soro n’hésite pas à trahir Alassane Dramane Ouattara en sautant à pieds joints dans le fauteuil de Seydou Elimane Diarra sans état d’âme. Peut-on dissocier la nature de l’être ?

  • En 2010 arrivent les élections. Soro Guillaume qui disait urbi et orbi les avoir organisées, n’attendait qu’une seule chose pour choisir son camp : lequel des 2 candidats allaient le garder à la Primature ? Soro savait de science certaine que Laurent Gbagbo avait gagné ces élections- là. Connaissant le caractère fondamentalement versatile, opportuniste et cupide de notre ‘’Talleyrand tropical’’, quelle faute avons-nous pu commettre alors pour mériter qu’il trahisse encore Laurent Gbagbo pour soutenir l’hôtel du Golf. Certains pensent que quand la girouette tourne c’est toujours la faute au vent. Allez demander à Soro Guillaume le traitre quel vent soufflait entre les 2 tours des élections en 2010.

  • Soro avait cru au début de son aventure comme les sages de nos savanes du Nord que l’important, ce n’est pas d’être ROI, c’est de faire le Royaume. Mais l’appétit vient en mangeant et de surcroît si le Chef est nul et incapable comme Alassane Dramane Ouattara, ça donne des démangeaisons aux traitres et aux ambitieux. Qui a dit déjà que le monde appartient à ceux qui osent ? Mais Soro attention, le peuple de Côte d’Ivoire veille. Demain sera dur pour vous.

  • Face aux Bakayoko et à la camarilla Malinké de l’exécutif et de l’armée, Soro s’apprête encore à trahir Alassane Dramane Ouattara qui n’arrête pas de faire le vide autour du Président de l’Assemblée Nationale un peu top pressé d’occuper son fauteuil et pas que. Tout le monde sait que Ouattara est malade et que son pronostic vital est engagé. Soro est le Président de l’Assemblée Nationale, c’est-à-dire le successeur constitutionnel du Président de la République, l’héritier putatif. Mais si Dieu rappelle à lui Alassane Dramane Ouattara aujourd’hui même, l’ambitieux Président de l’Assemblée Nationale sait que la licéité de sa prise de pouvoir sera immédiatement remise en cause par les forces vives de la Nation Ivoirienne.

LE MEGALOMANE IVRE D’ORGUEIL

Avant de se lancer dans cette aventure de la Rébellion, Soro n’était rien, Soro n’avait rien et Laurent Dona-Fologo qui a le don de simplifier les choses disait de lui que son unique pantalon blue jeans laissait apparaître ses dessous tellement il était usé et ce n’était pas par un effet de mode. Ainsi donc, Soro n’a pas eu beaucoup de mal à s’en aller à sa guerre en brulant les vaisseaux qu’il n’avait pas, en larguant sa famille, son village, son pays, sa nation pour servir les noirs desseins d’une sirène blanche mais vénéneuse, sous le prétexte de lutter pour installer son usurpateur de mari Alassane Dramane Ouattara au pouvoir. En même temps, l’impertinent petit traitre, s’aidait d’un escabeau pour regarder par-dessus les épaules d’Alassane Dramane Ouattara exactement comme il l’a fait pour Laurent Gbagbo. Si vous voulez réellement mesurer les envies mégalomaniaques de ce nabot, lisez attentivement cette petite histoire urbaine : Pierre Fakhoury était on le sait, une pièce maîtresse de la galaxie Gbagbo. Mais qualité ou défaut, il était aussi un égocentrique. Aujourd’hui on l’aurait appelé ‘’homme de consensus’’ pour être politiquement correct et même si pour cela il devait trahir son Mentor. Bien entendu dans l’unique but de protéger son entreprise et ses intérêts personnels. Il y avait aussi chez l’homme une coquetterie qui n’était pleinement assouvie qu’uniquement quand tout le monde, les fantômes, les elfes, les djinns, Dieu et le diable ont proclamé sans réserve qu’il est le meilleur, le plus fort, le plus beau, etc. Ce qui à certains égards n’était pas forcement faux. Ainsi donc un jour, après avoir vu en catimini Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara pour la même raison, il se rend chez Soro Guillaume avec ‘’les perspectives et la maquette’’ du projet du palais Présidentiel de Yamoussoukro, pour avoir aussi son avis. Voilà un homme qui a décidé de ne pas insulter l’avenir. Sans même prêter au projet une grande attention, Soro Guillaume dit à l’architecte : ‘’Tu sais Pierre que je ne peux pas m’opposer à la réalisation de ce Palais puisque je suis convaincu que c’est pour moi que tu le fais’’. Soro n’était pas encore Premier Ministre. Ceci pouvant expliquer cela, on comprend aisément aujourd’hui que le Président sortant Alassane Dramane Ouattara et son égérie malfaisante, aient mis fin à tous les chantiers de PFO (Pierre Fakhoury Operator) dès qu’ils ont fait main basse sur la Côte d’ivoire, sans la moindre explication au peuple.

LES LEÇONS DE LA DIPLOMATIE PARLEMENTAIRE

Soro a eu ce pays grâce à la force des baïonnettes françaises. Alors il s’est pris pour un grand Chef de guerre. Cela ne lui a pas suffi. Il se prend maintenant pour un grand intellectuel sorti à moitié de l’université d’Anono. Qu’à cela ne tienne, cela fait de lui un grand parlementaire qui va donner des leçons aux autres pays Africains dont le taux de croissance est inférieur à celui du département de Ferkessédougou. Soro Guillaume, gentleman farmer s’est levé un matin en croyant à son rêve de la veille. Moi Soro, je vais dire aux Camerounais, les amis de Laurent Gbagbo ce qu’est la Démocratie. En somme, l’élève va enseigner au Maître la leçon de choses. Maintenant dans la logique Kigbaforiste c’est la queue qui remue le chien. Soro n’a même pas la moindre idée de ce qu’est le Cameroun en Afrique. Ce garçon possède un culot stressant et une absence totale de respect pour son propre pays à fortiori pour les autres. Mais les Camerounais qui ne manquent pas d’humour ont rempli ses cantines de livres sur l’histoire et la géographie de leur pays : A connait pas, A démandé !

Par exemple, le Multipartisme existait en Côte d’Ivoire avant 1960 et ce n’était pas une stratification factice de la société ou même une autonomie de façade de chaque groupement politique. Même avec son intelligence exceptionnelle et son énorme fortune, Félix Houphouët Boigny a eu du mal à les absorber dans le PDCI-RDA triomphant. Mais ça, Soro Guillaume ne pouvait pas le savoir parce que même son père n’était probablement pas né. C’est au Cameroun que son angélisme politique et son manque de maturité se manifestent lorsqu’au moment de prendre la parole devant les honorables députés, il a vu la salle se vider d’une bonne partie de ses parlementaires au motif qu’il ne pouvait accepter d’écouter un Rebelle. C’est alors et alors seulement que Soro Guillaume reconnait à haute et intelligible voix que la Démocratie existe au Cameroun, pendant que sa propre représentation Nationale est infantilisée et constamment soumise à des votes impératifs de lois insensées. Sa soi-disant diplomatie parlementaire a connu ce jour-là ses limites.

LA DIPLOMATIE DIVINE

Vox Populi, Vox Dei, la voix du peuple c’est la voix de Dieu. Pas celle de l’Assemblée Nationale de Côte d’ivoire. Cette Assemblée Nationale est composée d’un ramassis d’analphabètes, de tueurs, de Rebelles ou de leurs représentants sans personnalité et sans pouvoir. Ce qui les conduits à quémander auprès de leur Chef-suprême-démiurge Alassane Dramane Ouattara les miettes qui tombent de sa table, en lui adressant des compliments dytirambiques et ridicules. Amadou Soumahoro dit Souroukou, Secrétaire Général par intérim du RDR dans son nouveau rôle de Chef des thuriféraires va jusqu’à affirmer sans honte et sans retenue qu’:’’après Dieu c’est Alassane Dramane Ouattara’’ en oubliant le prophète Mahomet lui-même au passage. Ces gens ne sont pas à un blasphème près. De surcroît, ce n’est pas nouveau et ce n’est pas original. On a entendu des sottises mieux dites en 1965 par des gens évidemment plus intelligents que Amadou Soumahoro Souroukou. Le vieux Alloh Jérôme Batafoe avait dit de Félix Houphouët Boigny la même chose du haut de la tribune de l’Assemblée Nationale avec sa voix de stentor inimitable. Et en plus, on pouvait trouver mieux. Par exemple : ‘’Savez-vous la différence entre Dieu et Alassane Ouattara ? Dieu lui ne se prend pas pour Alassane Dramane Ouattara’’. Mr Amadou Soumahoro Souroukou retournez à l’école ou laissez Dieu tranquille.

LA DANSE MACABRE DE SORO GUILLAUME

Pourquoi te donnes-tu la peine d’écrire un article sur Soro Guillaume ? Parce que personne n’a insulté l’intelligence du peuple de Côte d’Ivoire autant que Soro Guillaume. Il n’a raté aucune occasion de faire du mal à ses propres frères et sœurs. Plus que la guerre, il a installé dans ce pays paisible l’esprit de la guerre. La Côte d’Ivoire a été attaquée, humiliée, rabaissée par les œuvres de Soro Guillaume. Une vie humaine ne vaut plus rien dans ce pays. Soro et son association de malfaiteurs Alassane Dramane Ouattara et Sarkozy dont le guide Kadhafi disait du dernier qu’il est victime d’un désordre mental et autres Dominique Folloroux ont ordonné et organisé des crimes de sang quand ils ne les ont pas exécutés eux-mêmes de leurs propres mains. Ainsi Soro Guillaume s’est vanté publiquement d’avoir tué son bienfaiteur et mentor de la Rébellion Ibrahima Coulibaly dit major IB, après avoir fait exécuter sommairement à Bouaké le père et la mère de ce dernier. Des milliers de familles innocentes sont inconsolables aujourd’hui pour avoir tout perdu dans la guerre de Soro. Pour atteindre son objectif principal, installer Alassane Dramane Ouattara au pouvoir, Soro avec l’appui de la France nous a brouillé avec toute l’Afrique de l’Ouest. Ceux qui finançaient l’ignoble opération, n’ont pas lésiné sur les moyens. Un livre a même été édité après avoir été écrit pour Soro par le correspondant permanent et indéboulonnable de RFI à Bamako Mr Serges Daniel. Evidemment le présumé auteur et le nègre de cet ouvrage séditieux et prétentieux se sont empressés de le passer au ‘’pilon’’ dès que l’opportuniste Soro est devenu Premier Ministre du gouvernement de Laurent Gbagbo. Si vous en trouvez un exemplaire, envoyez-le s’il vous plaît à la bien aimable Mme Fatou Bensouda Procureure de la CPI pour qu’elle ne se donne plus la peine d’ouvrir une enquête sur les crimes imprescriptibles de Soro Guillaume. Je suis désolé d’être aussi direct mais je dois vous dire que Soro Guillaume est un ‘’pur produit de l’enfer’’. Il débarque un jour, plutôt une nuit avec des kalachnikov et des RPG7, il tue tout le monde sur son passage au son imaginaire de la ‘’danse macabre de Saint Saens’’ et parachève son travail en prenant la moitié du pays par la force. Ensuite après des mic-mac avec Sarkozy, il installe l’usurpateur Alassane Dramane Ouattara sur nos têtes et prétend devenir Président de la République lui-même par la force de la Constitution que son Maitre et lui méprisent. Mais avec cette Constitution Soro a une porte : tout le monde sait que Alassane Dramane Ouattara est malade et que son pronostic vital est engagé. C’est pourquoi Soro Guillaume se rêve Président de la République de Côte d’Ivoire. Ayaa Woooooo !!! Dieu tout-puissant tu es là…Soro est vaincu !

Fin de l’histoire pour l’instant.

J’attends la réponse de sa légion étrangère de conseillers spéciaux Dr Nyamsi, Serges Daniel RFI-Bamako, Jean Hubert Namkam cinéaste, parce que ceci n’est qu’un début.


MAMADOU BEN SOUMAHORO

Ancien Député à l’Assemblée Nationale de Côte

D’Ivoire en exil au Ghana, Greater Accra

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:00
#ProcèsDeLaHonte / Les morts de Ouattara que la CPI ne veut pas voir (#Vidéo #Duékoué #Nahibly)

Alors que le procès de Laurent Gbagbo se poursuit devant la Cour pénale internationale, des rescapés de massacres perpétrés en mars 2011 par les troupes d’Alassane Ouattara, l’actuel président ivoirien, attendent toujours que la Cour s’intéresse à eux.

À Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, personne ne sait précisément combien de personnes ont été assassinées les 29 et 30 mars 2011 par les forces armées d’Alassane Ouattara, l’actuel président ivoirien : au moins 500, a dit l’ONU ; plus de 800 pour la seule journée du 29 mars, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ; bien plus que 1 000, estiment des rescapés. Personne ne sait, parce qu’aucune investigation sérieuse n’a été menée.

Depuis 2011, le procureur de la CPI a pourtant affirmé à plusieurs reprises qu’il enquêtait sur toutes les exactions commises pendant la crise postélectorale de 2010-2011 qui a opposé Laurent Gbagbo, président sortant, à Alassane Ouattara. Mais seul Gbagbo est jugé, depuis fin janvier, par la CPI, avec un de ses ministres Charles Blé Goudé : il est accusé de crimes contre l’humanité qui auraient causé la mort de « au moins 167 personnes », selon le procureur. Les atrocités de Duékoué, qui constituent le plus grand massacre que la Côte d’Ivoire ait jamais connu, n’ont pour l’instant donné lieu à aucune poursuite.

Les faits ne sont pourtant pas difficiles à retracer : les survivants sont capables de donner les noms de certains de leurs bourreaux, leurs témoignages, tous atroces, se recoupent. Tout a commencé « le 28 mars 2011, à 5 h 30 du matin, lorsque les hommes armés de Ouattara sont venus. Il y a eu affrontement entre eux et les Forces de sécurité [FDS, l’armée régulière – ndlr] », explique Antoine (son prénom a été changé), un habitant. La bataille, qui commence ce jour-là à Duékoué, 70 000 habitants, fait partie d’une vaste offensive lancée depuis le nord du pays par les troupes armées constituées par le camp Ouattara. Ce dernier veut mettre fin à la crise postélectorale : elle dure depuis quatre mois, depuis que le Conseil constitutionnel ivoirien a déclaré Gbagbo vainqueur d’une élection présidentielle, tandis que la « communauté internationale » a donné Ouattara gagnant.

Gbagbo a l’effectivité du pouvoir, il s’agit donc pour Ouattara et ses alliés de s’en saisir par la force. La rébellion pro-Ouattara des Forces nouvelles – qui tient 60 % du pays depuis septembre 2002 – a déjà attaqué en février plusieurs villages de l’Ouest, déplaçant 130 000 personnes dans la région et vers le Liberia voisin. Le 17 mars, Ouattara a rebaptisé les rebelles « Forces républicaines de Côte d’Ivoire » (FRCI).

Après plusieurs heures de combats, les tirs cessent à Duékoué dans la matinée de ce lundi 28 mars 2011. « Vers 19 heures, ils ont repris et duré jusqu’au petit matin du mardi », se souvient Marie (son prénom a été changé), réfugiée aujourd’hui en France. Au bruit, les habitants comprennent que les FRCI font usage d’armes lourdes. Ils entendent aussi un hélicoptère, appartenant vraisemblablement à l’ONU, tourner au-dessus de la ville toute la nuit. Mardi, les combats cessent définitivement. Les FRCI et leurs supplétifs – des mercenaires burkinabés et des chasseurs traditionnels dozos venus du Nord et des pays voisins – ont eu le dessus et entrent dans la ville. Ils foncent aussitôt sur un quartier appelé « Carrefour », dont les habitants sont majoritairement des Wés, peuple le plus anciennement établi dans l’Ouest et considéré comme favorable à Gbagbo. Carrefour est alors surpeuplé : il abrite ses résidents habituels, mais aussi une partie des milliers de personnes déplacées par les attaques des FRCI dans la région. Le quartier est aussi le QG de groupes d’autodéfense pro-Gbagbo. Mais quand les FRCI arrivent, ces derniers sont partis : il ne reste plus que des civils non armés.

« À 16 h 30, j’étais à la maison avec mes parents, mes petits frères. On entendait les FRCI tirer partout. Ils sont arrivés à notre porte, ont frappé. Mon père a ouvert. Sous nos yeux, ils ont tiré à bout portant sur lui avec un fusil de chasse », confie Antoine, 27 ans. Lui-même a réussi à s’enfuir, avant de se faire arrêter, torturer, violer et séquestrer pendant plusieurs semaines par les FRCI. Il n’a plus jamais eu de nouvelles de 14 membres de sa famille, dont sa mère et plusieurs frères. Le récit de Marie est similaire à celui d’Antoine :« Nous étions dans la maison de mon père. Les gens au-dehors suppliaient : “Ne tirez pas !” Mais aussitôt, on entendait des tirs. Les FRCI ont tiré pour casser les portes de chez nous. Ils criaient : “On nous a envoyés pour vous tuer ! Si un garçon sort, on va boire son sang !” Ils avaient toutes sortes d’armes. » Devant Marie, l’horreur : son père, octogénaire, est tué à coups de machette. Un de ses oncles est abattu, un autre brûlé vif. En quelques heures, Marie a perdu sept membres – tous des hommes – de sa famille proche.

Les troupes de Ouattara, commandées par son ministre de la défense Guillaume Soro, sont ainsi allées de maison en maison, ont tué à bout portant, égorgé, en ciblant tout particulièrement les hommes. Ils ont violé des femmes. Ils ont aussi pillé, mis le feu aux maisons. Ils ont assassiné des centaines de personnes « de manière délibérée et systématique (…) uniquement en raison de leur appartenance ethnique », a constatéAmnesty International. « Avant de les abattre, ils leur ont demandé parfois de décliner leur nom ou de montrer leur carte d’identité », selon l’ONG.

La tuerie a duré deux jours. « Il y avait des corps partout, on ne pouvait pas faire cinq pas sans sauter au-dessus d’un cadavre », selon Antoine. Dans l’indifférence : alors que Duékoué comptait une base de l’ONU avec 200 Casques bleus, ces derniers n’ont pas répondu aux appels au secours des habitants. Le siège, à Abidjan, de la force de maintien de la paix de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci), forte alors de près de 10 000 soldats et censée protéger les civils, n’a pas réagi non plus. Est-ce parce que l’ONU a pris très tôt parti pour Ouattara ? Une alerte avait été en tout cas lancée le 29 mars : Amnesty a demandé publiquement à l’Onuci de protéger de « toute urgence » les « milliers de personnes » déplacées à Duékoué.

Ce n’est que le 1er avril que les premières informations sur les massacres ont été rendues publiques, grâce à un communiqué du CICR. À ce moment-là, les FRCI lançaient leur première attaque contre Abidjan. Les jours suivants, les Casques bleus se sont enfin manifestés. Ils ont enfoui dans des fosses les centaines de dépouilles jonchant Duékoué. Ils ont protégé les survivants de Carrefour, désormais réfugiés dans la Mission catholique de la ville, soit plus de 30 000 personnes entassées, traumatisées, blessées.

Les FRCI, mercenaires et dozos ont, eux, poursuivi avec des chiens leur traque meurtrière dans les forêts environnantes, où des milliers de personnes avaient fui (l’ONU dira en avoir sauvé 6 000). Parmi les poursuivants, « certains avaient vécu à nos côtés. Dans notre langue, ils criaient : “Sortez, ceux qui vous tuent sont partis !” Les gens ont alors commencé à sortir, croyant que c’étaient des parents à eux », dit Marie. Une de ses tantes et sa fille de trois ans ont été ainsi piégées. Elles ont été égorgées.

Les FRCI et leurs supplétifs ont mené la même campagne monstrueuse dans toute la région, tuant des centaines de personnes. Et pendant trois mois, l’épouvante n’a pas quitté la Mission catholique de Duékoué. Chaque jour, dozos et FRCI – devenue l’armée régulière après l’arrestation de Gbagbo le 11 avril 2011 – rôdaient autour, et hurlaient : « On va tous vous tuer, jusqu’au dernier ! »

Fin juin 2011, les survivants ont été transférés dans un camp placé sous la responsabilité du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) et établi à une sortie de la ville, au lieu-dit de Nahibly. Des Casques bleus en assuraient la sécurité, postés sur des miradors. « En voyant ça, j’ai cru que nous serions plus en sécurité », se rappelle Marie. Mais le 20 juillet 2012, les FRCI, des dozos et des habitants (en général des ressortissants du nord du pays ou des États voisins) ont attaqué. Motif invoqué : le camp abritait des « miliciens » armés – ce qui ne sera jamais démontré. « Quand ils ont attaqué, c’était sous le regard des autorités de la ville », souligne Antoine. Une scène filmée ce jour-là en témoigne (vidéo ci-dessus). À nouveau, silence du côté de l’Onuci : les Casques bleus ont fui. Des dizaines de personnes ont été tuées, d’autres, pour la plupart des jeunes hommes, ont été enlevées et exécutées. Le camp, qui abritait près de 5 000 Wés, a été entièrement rasé. Il est apparu plus tard que l’assaut avait été préparé plusieurs jours à l’avance.

Cinq ans après, les auteurs et responsables de ces tueries sont toujours en liberté, certains sont à des postes à responsabilité. Des puits contenant les corps de victimes de Nahibly, jetés là par les FRCI, sont gardés nuit et jour par des Casques bleus, sans que rien ne se passe sur le plan judiciaire. Les rescapés, eux, sont toujours dans un état de grande souffrance, physique et psychique. Pour beaucoup s’ajoute à la perte de nombreux parents celle des terres familiales, désormais aux mains d’étrangers. « Les plantations de mon père sont occupées depuis 2011 par des Burkinabés. Mes frères n’y ont pas accès », s’indigne Marie. Le contrôle des terres semble d’ailleurs avoir été l’une des principales motivations des tueurs : ces terres de l’Ouest sont extrêmement fertiles, elles produisent une grande partie du cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier exportateur mondial. Or les Wés en sont les propriétaires traditionnels et, chez eux, l’héritage se fait de père en fils (et en filles pour celles qui ne sont pas mariées) : voilà probablement pourquoi les hommes wés ont été tout particulièrement visés en 2011 et 2012.

Comment expliquer que la CPI n’ait toujours pas engagé de poursuites, alors qu’il apparaît clairement que des crimes contre l’humanité ont été commis ? La réponse semble assez évidente : Ouattara reste le grand allié des Occidentaux, de la France en particulier et du monde des affaires en général. L’armée française a été très active aux côtés des FRCI en 2011. Et l’ONU, dont l’attitude pose beaucoup de questions, n’a sans doute pas intérêt à ce que ce passé soit trop remué. « Malgré l’existence de preuves, malgré l’engagement qu’a pris (…) le procureur, je vous parie qu’aucun d’entre les soutiens de Alassane Ouattara ne sera jamais poursuivi ici », a dit aux juges de la CPI l’avocat principal de Gbagbo, Emmanuel Altit, à l’ouverture du procès de l’ex-président. Trois jours après, Ouattara, en visite à Paris, a donné du crédit à ses propos en déclarant qu’il « n’enverrait plus d’Ivoiriens à la CPI ».

En l’absence de justice, le risque que des victimes finissent par se venger est grand. « Mon père, ma sœur, un de mes frères sont morts, je ne sais pas ce qu’est devenue ma mère. Si je revois les salauds qui ont fait du mal à mes parents, je leur ferai la peau », affirme Antoine, qui vit désormais loin de son pays. Parmi ceux qui ont attaqué sa famille, il a reconnu des anciens camarades de lycée originaires du nord du pays ou d’États voisins et installés de longue date à Duékoué.

« Je suis inquiète pour la Côte d’Ivoire », confie Martine Kei Vao. Cette Franco-Ivoirienne vivant en France a perdu plusieurs membres de sa famille, dont sa mère, à Duékoué et dans sa région en 2011. « Avec toute la haine, le ressenti que les gens ont, j’ai peur que cela ne dégénère un jour », en particulier lorsque le pouvoir changera de mains, explique-t-elle. Puisqu’il est impossible de compter sur la justice ivoirienne, visiblement au service des vainqueurs, elle tente de pousser la justice internationale à agir : elle est l’une des chevilles ouvrières de deux organisations, l’Association des ressortissants de Duékoué en France et en Europe (Ardefe) et « Solidarité Peuple Wé », qui ont constitué, avec l’aide d’avocats, un épais dossier remis à la CPI, en février. Y sont consignés les témoignages de 1 073 victimes des événements de 2011 et 2012, mais aussi de plusieurs autres épisodes de violences graves qui ont touché l’Ouest depuis la naissance de la rébellion des Forces nouvelles, en 2002.

Avec ce dossier, « nous avons décidé de prendre la procureure de la CPI au mot. Elle dit qu’elle se soucie des victimes, qu’elle lutte contre l’impunité. Qu’elle nous explique alors pourquoi il n’y a toujours pas de poursuites », dit Habiba Touré, l’un des avocats impliqués. « Si on se bat pour demander justice, c’est pour apaiser les cœurs », insiste Martine Kei Vao. Elle regrette que « l’opinion française ignore » ce qui s’est réellement passé en Côte d’Ivoire en 2010-2011, que tout ait été « camouflé par les autorités » à cause d’intérêts économiques.

TEXTE : FANNY PIGEAUD

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 20:55
#Tchad / Au départ, Idriss Déby a été bien accueilli... ITV Acheikh Ibn-Oumar, ancien ministre des Affaires étrangères

Ajoutée le 20 avr. 2016

Interview de Acheikh Ibn-Oumar, opposant au président Tchadien Idriss Deby (au pouvoir depuis 1990). Ministre des affaires étrangères d'Hissène Habré en 1989-1990, il devient conseiller spécial du président Idriss Déby (1990-1991), après que celui-ci a renversé Habré. Il est ensuite ambassadeur du Tchad aux États-Unis, et haut-représentant auprès des Nations unies (1992-1993). Il rompt ensuite avec Déby et quitte le pays.
Dans cette interview, il se livre sur l'arrivée au pouvoir de Deby et le rôle de la France dans son soutien.

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 20:21
#BenSoumahoro / L'adresse des exilés par le ministre Koné Katinan (#PorteParoleGbagbo)

LEVEE DE CORPS DE MAMADOU BEN SOUMAHORO
L’adresse des exilés présentée par le Ministre Justin Koné katinan
Accra -Ghana le 19 avril 2016 à
16 H

Chers camarades,

Nous voici réunis une fois encore, en un autre jour triste, pour porter un autre deuil. Oui, il est là couché devant nous inerte, le Big, l’immense journaliste au talent mondialement reconnu, le député et tribun hors commun, le beau Ben Soumahoro, étendu dans la même position que naguère Paul Antoine Bohoun Bouabré, Gomont Jean Baptiste, Gnan Raymond, le commissaire Gnahoua dit Kabila, Jérôme Bro Gregbé, le colonel Koulahi, le colonel Ahouman et plus d'une soixantaine d'autres Ivoiriens, tous morts loin de leurs terres natales. Tous ces ivoiriens et ivoiriennes ont un point commun. Ils sont pro-Gbagbo. Pour cela seul, ils focalisent sur eux une haine morbide de la part d'une coalition dont les membres ont décidé de vivre ensemble,entre eux, un bonheur familial et clanique en expurgeant, aux pire par la mort et, au mieux, par des emprisonnements massifs, celles et ceux des Ivoiriennes et des Ivoiriens, qui ne sont plus membres de la communauté humaine ni nationale, ni internationale depuis un certain 11 avril 2011.

Mais combien de temps et combien de morts faudra-t-il à cette coalition pour lui faire prendre conscience de sa responsabilité devant l'histoire. Combien de temps il lui faudra pour comprendre également que la bonne mort, la mort idéale pour chaque soldat est la mort sur le champ d'honneur. Ben Soumahoro est un soldat, un combattant de la liberté, il a glorifié sa vie en choisissant de mourir un 11 avril pour, nous rappeler que le 11 avril ne sera jamais une date banale pour les combattants de la liberté. Parfois la profondeur des sentiments se cache dans le symbolisme. Il faut parfois aussi un grand sacrifice pour remettre l'ordre là où le désordre est grand. Or, c’est faire preuve d'euphémisme que de dire que la société ivoirienne a emprunté un chemin qui l'éloigne de la morale et de la justice sociale. Tout est à l'envers dans ce pays. Une justice borgne qui ne voit que d'un seul œil et toujours du même côté, un gouvernement qui choisit à la fois ses amis et ses adversaires, une police ultra violente et une Armée aux allures d'une milice privée. Avec un tel tableau, il y a des gens qui continuent de s'interroger sur la raison de la présence de nombreuses personnes en exil. Le sacrifice pour remettre les choses à l'endroit sera énorme et notre bien aimé Ben, le Waraba, notre grande panthère est un sacrifice majeur et chacun doit, à quelque position qu'il occupe dans notre société, faire en sorte qu'il en soit le dernier. Il est de notre devoir d'élever Ben Soumahaoro au rang de héros national. C’est pourquoi, je nous demande humblement de nous lever, pour applaudir avec enthousiasme Ben Soumahoro.

Un vrai débat politique s'impose à notre pays. Nous ne pouvons pas faire l'économie de ce débat au détriment de la cohésion nationale. La rancœur est vivace et l'onde de choc que provoque la mort de l'honorable Ben Soumahoro ne fera que renforcer cette rancœur; surtout que, de son vivant, il avait déjà publiquement désigné son bourreau en ces termes et je le cite " si je meurs, même d'une piqûre de serpent, ou de celle une aiguille, c' est Alassane qui m'aura tué". Certains propos tenus par une seule personne que nous pouvons trouver caricaturaux et excessif révèlent, en réalité, l'état d'esprit de toute une communauté. Il y a en effet quelque chose d'immoral et d'inhumain de soit laisser mourir, en les privant du fruit de leur labeur,soit emprisonner arbitrairement des personnes de référence nationale et internationale qui ont tant donné à la nation.

Au moment où je prononce cette oraison, je vous prie d'avoir une pensée pour l'un de nos anciens et grand militant, le doyen KONÉ Minléh de Sinematiali. Celui-là même qui a donné gracieusement sa maison à notre parti pour en faire son siège à Sinématiali. Au lendemain du 11 avril 2011, il a été arrêté, emprisonné sans jugement, lui ses 3 enfants et son neveu pendant 4 ans. Libéré il y a quelques temps, des nouvelles rumeurs d'une nouvelle arrestation lui étant parvenues, il a préféré s'en aller. Il a rendu l'âme hier. Il est du nord tout comme le doyen Ben Soumahoro.

Une nation que l'on ampute d'une partie de son élite, qui par ailleurs, est bafouée, perd ses repères. Cette nation est condamnée. C'est une vérité historique qui soumet toujours le cours de l'histoire des peuples.

A vous madame Ben Soumahoro, merci, merci d'avoir été là quand notre papa, notre frère, notre ami et notre camarade avait le plus besoin de toi. don't be sorrowful at all. You fill ful your duty. Thank you very much.

Quant à vous mes petits frères et petites sœurs. Nous comprenons votre peine. Elle est légitime et vos larmes sont justes. En effet, vous traversez une autre épreuve difficile après celle relative au décès, il y a seulement quelques temps, de votre frère aîné. Mais n'oubliez pas que vous êtes nés purs et grands. A-t-on besoin de vous rappeler que votre père est à la fois un homme grand et un grand homme. Vous êtes nés d'une panthère, adoptez donc, en toute circonstance, la posture d'une panthère. Ne rampez jamais, c est la position des reptiles, des êtres sans dignité, sans élévation. Ils se confondent avec le sol. Vous, prenez la position qui vous élève. C est seulement en cela que vous mériterez le grand héritage que vous laisse le big Ben. Sachez que son talent, son opiniâtreté, sa beauté combinés à son franc-parler ont conféré l'infinité à votre père. Or, par nature, tout ce qui est infini n'a pas de fin. Ben Soumahoro n'a donc pas de fin. Il survit à lui-même. Il est dans le panthéon des immortels. Et cela devrait être suffisant pour sécher vos larmes.
A vous tous, amis et diverses connaissances qui avez été avec notre doyen pendant ses moments difficiles , recevez la gratitude de la coordination du FPI.

Enfin à toi cher aîné Ben. Merci pour ton combat, merci pour ton amitié pour le Président Laurent GBAGBO, merci pour ton amour pour la justice et la vérité. Merci pour ta dévotion pour la Côte d'Ivoire. Merci pour l'héritage que tu laisses à la jeune génération .
Chers camarades du parti, quelle leçon tirons nous de tous ces malheurs qui nous accablent. Ben Soumahoro n'était pas un militant déclaré du FPI. Il a pourtant accepté le sacrifice de l'exil jusqu'à en mourir par solidarité et par amitié pour Le Président Laurent Gbagbo. Si donc Laurent Gbagbo fédère au delà des militants de son parti, combien à forte raison devrait-il constituer le ciment qui nous solidifie, nous les militants de son parti.

D'où vient il alors que nous disons tous nous battre pour lui et nous sommes incapables de nous fédérer autour de lui. Il y a quelque chose de très paradoxal. Pourquoi voulons nous nous contenter de petits tabourets fussent ils brillants alors que, unis, nous pouvons récupérer le fauteuil royal. Si nous sommes incapables d'unité d'action pour la bonne cause, alors nous servirons individuellement la mauvaise cause jusququ'à y perdre vie. Ben Soumahoro a souffert de notre division. Il me l'a souvent signifié à chaque que j ai eu l'honneur de le rencontrer. Profitant de cette occasion certes très douloureuse, comme c'est de coutume dans nos traditions diverses, j' en appelle au nom du Président Laurent Gbagbo, à notre union. Je vous en supplie. Faisons tous un examen de notre conscience. Rien n est définitivement perdu. Resserrons nous autour de notre Chef naturel pour mener le combat. L'adversité nous le recommande et notre responsabilité historique vis à vis du peuple qui souffre nous l'impose. Sinon alors il nous rentrerons au pays pour vivre une vie pâle, celle de la honte et de l'indignité. Le peuple trouvera forcément son salut ailleurs sans nous. C est le message post mortem que nous laisse notre doyen Ben Soumahoro
Maintenant Ben, je me permets, cher aîné, de te confier une mission de la très haute importance au moment où tu t apprêtes à rentrer au pays. Vas dire aux gens qui gèrent le pays, de ta voix forte , que leur politique wouya wouya qu'ils mènent détruit le pays. Il faut qu'ils arrêtent. Avant qu'ils n'arrivent à leur émergence, tous les ivoiriens seront morts par noyade dans la lagune des problèmes que leur politique leur cause. Mais apparemment ils sont incapables. Donc qu'ils dégagent et laissent la place à de vrais professionnels.

Retrouve en paix ton pays natal. Rentre dans le repos éternel et mérité des guerriers. Dis bonjour à tous nos camarades qui t'ont précédé dans ce lointain voyage. Tu va intégrer certainement la coordination FPI de l'au-delà composé des victimes de la nouvelle idéologie ivoirienne dans laquelle, pour rendre l'enfant heureux , il faut en faire un orphelin, la femme heureuse doit être veuve, des familles entières vivent heureuse en apatride et, enfin, les cadres de notre parti qui sont encore vivants sont en formation continue dans diverses prisons à travers le monde entier avec comme finalité cachée certainement, la transformation du FPI en forum des prisonniers ivoiriens, d'aucuns diront même internationaux. La grande coordination que tu vas intégrée est dirigée par le ministre Boga Doudou, et comprend des figures fortes de notre lutte. Désiré Tagro, Bohoun Bouabré, Gomon Jean Baptiste, Désiré Porquet Miaka Oréto et j en passe. Nous osons espérer que vous les trouverez eux au moins unis. Dis leur que tout est devenu bizarre dans notre pays. Rappelle leur Que le Président Laurent Gbagbo est en prison chez les Blancs avec Blé Goudé Charles, Simone Gbagbo est en prison pour 20 ans. Mais c est pas encore suffisant. Elle doit faire l'objet d'un autre procès pour augmenter son quantum, que Assoa Adou, Hubert Oulaye, Lida Kouassi Moïse et les jeunes Koua Justin et Dahi Nestor sont en prison. Que pour services rendus à la nation Blaise Compaoré est devenu ivoirien. Ce sont de gentils petits cadeaux qu'on fait aux ivoiriens pour les convaincre ainsi d'aller, dans la joie, à une réconciliation avec eux. Dis leur surtout que malgré ce tableau sombre, leur parti le FPI et leur Chef, le Président Laurent Gbagbo sont toujours débout. Aucune épreuve et aucune adversité ne pourront leur faire plier l'échine. Et que nous avons la certitude que nous vaincrons parce que nous n'avons pas d'autre alternative. Et Toi Ben , en éclaireur de conscience, tu avais déjà prévenu et je le cite, " Alassane, nous ne mourrons pas tous en exil" . Sacré Ben Mamadou Soumahoro. Une fois encore tu rétablis là une vérité. En effet, nulle part dans le monde, la violence est arrivée à étouffer l'idéal de liberté et de justice.

Adieu Big Ben, Adieu Waraba. Merci une fois encore. Nous ne t'oublierons jamais. Qu'Allah te reçoive dans son paradis.

Pour la coordination du FPI et l' ensemble des exilés
Ton petit frère

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 21:11
#CongoSassou / Les massacres du Pool et la politique des trois singes, par Leslie Varenne

Par Leslie Varenne, directrice de l'IVERIS


Editorial

Le 19 mars dernier, à la veille de l’élection présidentielle au Congo Brazzaville, l’IVERIS concluait l’article « Une élection à huis-clos » ainsi : « Les Congolais seront donc seuls face à ce moment crucial de leur histoire. Si la terre tremble, il n’y aura pas de témoins. » Le « SI » est devenu réalité. Depuis le 4 avril dernier, dans le département du Pool, la terre tremble. Les villages sont bombardés, mitraillés, pillés par un curieux aréopage composé de milices pro-gouvernementales, de militaires de l’armée congolaise, de policiers et de supplétifs recrutés dans la population. Aucun journaliste, aucune ONG, hormis les cinq volontaires de Caritas choisis par le pouvoir pour entrer dans cette zone de 34 000 km2 et de 234 000 habitants, ne sont autorisés à pénétrer dans ce département. Le pays est en état de siège et les Congolais restent désespérément seuls avec leurs centaines de morts, leurs blessés et leurs milliers de déplacés.

Il aura fallu plus d’une semaine de bombardements avant que quelques voix ne se fassent entendre. Le Haut Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a publié un communiqué dans lequel il s’inquiète de la situation alarmante. L’Union Européenne et le Département d’Etat américain ont, eux aussi, condamnés les violences. Des paroles au demeurant fort timides au regard de l’intensité du drame qui se joue dans ce pays… La France, elle, se tait.
Soutenu par le Vatican, Monseigneur Portella, évêque de Kinkala, chef-lieu du département du Pool, a osé élever la voix et dénoncer publiquement ces bombardements. Depuis cette déclaration, il se retrouve dans la même situation que les opposants et des milliers de leurs sympathisants : il est recherché par la police, a fui et se cache.
Pour le pouvoir de Brazzaville les bombardements sur ces villages du Pool sont « une opération de police ciblée » afin de traquer le pasteur Ntumi, ex-chef des milices Ninja pendant la guerre civile de 1997. Ses hommes et lui se seraient rendus coupables d’avoir attaqué les quartiers sud de la capitale le 4 avril au matin.
La réalité est toute autre et répond à une tactique beaucoup plus cynique. Pour se maintenir au pouvoir malgré sa quatrième place à l’élection présidentielle, Denis Sassou Nguesso évoque les vieux démons et cherche à récréer la guerre de 1997. Il a réactivé les Cobras, une milice proche de lui qui s’opposait aux Ninjas de Pascal Lissouba. Le calcul est simpliste : créer une sorte de chaos constructeur… mettre le feu, puis éteindre l’incendie et ainsi apparaître comme l’homme fort, le pacificateur et le réunificateur d’un pays tribaliste coupé en deux entre le Nord et le Sud.
Cette stratégie est vouée à l’échec car elle repose sur une réalité sociale erronée. Le Congo du 21ème siècle n’est plus celui des années 1990 et les résultats de la dernière élection l’ont démontré. Un nordiste, le général Mokoko a obtenu presque 70% des voix à Pointe-Noire, dans le sud du pays, balayant ainsi tous les archétypes sur le vote ethnocentriste.

La politique de l’assiette

Cette vieille technique, usée jusqu’à la corde, du pyromane-pompier employée par le président congolais correspond exactement aux thèses propagées, bien avant l’élection présidentielle, par ses soutiens dans certains milieux parisiens : « Sassou doit rester au pouvoir. Il faut se rendre à l’évidence, c’est malheureux mais c’est ainsi, l’Afrique a encore besoin de rois nègres, sans lui, la guerre Nord-Sud reprendra ! »
Bien entendu, ses propos étaient divulgués par des hommes hantés par l’idée que s’évanouisse « la manne Sassou » tant ils sont accoutumés "à ramper jusqu’à l’assiette de la République congolaise"(I). L’absurdité et la vulgarité de ces assertions ne doit pas faire perdre de vue la puissance de ses réseaux qui sont en partie responsables de la chape de plomb qui pèse sur les massacres dans le Pool. L’affaire de l’orchestre de Madame Valls révélée par le Nouvel Observateur en est l’illustration, tout comme l’aide que Denis Sassou Nguesso a apporté à l’organisation de la COP 21. Est-ce à cause de cela que la France se tait sur ce drame et qu’elle applique la politique des trois singes : rien vu, rien su, rien à dire ? En Afrique, comme ailleurs, la diplomatie française est en panne, elle est aveugle, sourde et muette sans vision et conviction. Ce vide est comblé par des hommes dont la politique se résume à celle de leurs intérêts personnels. Les réseaux Foccart ont été abondamment critiqués, le plus souvent à juste titre, mais ils répondaient néanmoins aux directives d’un Chef d’Etat et à la défense des intérêts d’une nation.

La raison du silence…

Ici où là, il s’écrit que le silence de la France servirait ses intérêts au Congo, Total exploitant 60% des puits de pétrole de cet Etat. Sauf à laisser croire, que Denis Sassou Nguesso serait le seul garant de la stabilité du pays, le groupe pétrolier français pourrait tout aussi bien s’accommoder d’un autre chef d’Etat. Il en est de même pour le groupe pétrolier italien ENI, même si son PDG Claudio Descalzi est très lié à la Présidence congolaise. Il doit sa carrière à son épouse Marie-Madeleine Descalzi, une femme d’affaires congolaise très discrète et proche du clan Sassou Nguesso.
Mais une fois encore, se jouent-là des intérêts personnels et non pas des intérêts d’Etats. En outre, si le Congo Brazzaville est le 4ème producteur de pétrole de l’Afrique subsaharienne, il n’est pas un pays stratégique pour autant. Avec la surproduction pétrolière actuelle et un baril à 42 dollars, cet Etat qui n’a pas su diversifier son économie et reste totalement dépendant de la manne de l’or noir ne présente que peu d’intérêt pour l’Occident.
Est-ce l’autre raison du silence sur les drames qui se déroulent actuellement dans le Pool ? Au regard de la manière dont l’élection présidentielle s’est déroulée : coupures des communications, arrestations des opposants, pillages des QG des candidats, proclamation des résultats au milieu de la nuit, etc. les Congolais auraient trouvé légitime que la diplomatie internationale se fende de déclarations tonitruantes sur le respect de la démocratie et des droits de l’Homme, des notions décidément à géométrie vraiment variables. En Côte d’Ivoire, en Libye, en Syrie, ils ont sorti l’artillerie lourde, au Congo, ils mettent la tête dans le sable… Jusqu’à quand ?
Pendant combien de temps, les massacres du Pool pourront-ils être cachés à la face du monde ? Qui peut croire que plus de dix jours de bombardements, suivis de mitraillages en règle à partir d’hélicoptères de transports de troupes volant à basse altitude sur des villages puissent ne faire que des dizaines de victimes ? Combien faudra-t-il de lieux de tortures et de détentions pour embastiller tous les Congolais qui souhaitent l’alternance et soutiennent l’opposition ?

Ce silence politique et médiatique, permet à Denis Sassou Nguesso de continuer à se murer dans le déni et de se dérouler le tapis rouge. Son investiture a eu lieu le 16 avril dernier devant un parterre réduit à sa plus simple expression, seuls sept chefs d'Etats africains étaient présents. Heureusement pour compléter l’assemblée dégarnie trois personnalités françaises probablement désintéressées par l’actualité dans le département du Pool ont apporté leur soutien également désintéressé à Denis Sassou Nguesso. Il s’agit de Cécilia Attias, Jean-Louis Borloo et Yamina Benguigui. Lionel Zinzou, un franco-béninois, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle au Bénin avait également tenu à participer à la « fête ». Cet aréopage suffira-t-il à faire oublier les exactions et à rendre sa légitimité à un homme rejeté dans les urnes ?

[i] Cette expression est tirée de "l'Appel d'une mère", un texte de Claudine Munari, opposante et candidate à l'élection présidentielle du 20 mars.

Leslie Varenne
Directrice de l'IVERIS

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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 11:00
#HommageBenSoumahoro / À toi Big Ben…le Waraba immortel (Poème inédit de Dacoury-Tabley Philippe-Henri)

À toi Big Ben…le Waraba immortel

Big Ben, comme le grand tam tam parleur,

Tu résonnais, voyant venir de grands malheurs.

Et comme une sentinelle vigilante, tu avertissais.

Prophète, tu disais: " attention! attention! jamais

L'homme, entré par effraction dans notre vie,

Ne renoncera à exécuter ses complots ourdis".

Waraba, le grand lion, ici et partout tu as rugi,

Non pas pour tuer, mais pour sauver nos vies.

Comme la mère poule, à la vue de l'épervier

Qui plane au-dessus de sa couvée, tu as crié

Pour que ton peuple t'entende et comprenne

Que de graves dangers, dans ce pays, viennent.

Avec ton franc-parler, ton parler-vrai et ton parler

Inimitable, tu as dit haut et fort les propos murmurés

Dans les salons, par des sachants remplis de lâcheté.

Toi, à jamais, cette voie du renoncement tu as rejetée,

Et, à haute et puissante voix, tu as dénoncé l'Imposteur,

En mettant à nu le vrai plan commun du Grand Menteur.

On a vu et tout compris, tu disais hélas vrai, depuis:

1999, 2000, 2001, 2002, 4 ans de suite, c'était bien Lui.

Et tu prévenais que le pire restait encore à venir.

Des bombes il fera larguer pour totalement en finir.

Est arrivée 2011, et c'est exactement ce que l'homme fit:

Déluge de feu et de sang sur ce pays meurtri et trahi.

Waraba, tu as fait plus que ta part, tu as résisté.

Mieux, tu as continué de rugir, même maltraité.

Ta parole de feu a consumé leur sombre mensonge,

Faisant jaillir des cendres cette vérité qui dérange.

Tu as montré, sans faiblesse, la voie de l'honneur

À tous ceux qui ne se complaisent que dans l'horreur.

Aujourd'hui, tu nous quittes, ils diront que tu es mort.

Pour nous, tu passes la mort, les laissant à leur triste sort.

Tu entres dans la conscience nationale par la grande voie,

Avec ceux qui par leur vie, siègent dans l'éternité, en rois.

Lui, l'Imposteur, quand il mourra, on l'enterrera, c'est tout.

Toi, dans la mémoire collective tu seras toujours et partout.

Poème inédit, Abidjan, le 14 avril 2016

Dacoury-Tabley Philippe-Henri

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 07:00
#Bololo / Perquisition chez Bolloré Africa Logistics (#Guinée #Condé #Kouchner #Togo #Faure)

SOURCE

Depuis plus de deux ans, l’enquête judiciaire française ouverte sur la société Pefaco, spécialisée dans l’hôtellerie et les jeux, très implantée en Afrique, avançait en toute discrétion. Elle a finalement conduit les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCLIFF) chez l’industriel Vincent Bolloré.

Vendredi 8 avril, la tour Bolloré à Puteaux (Hauts-de-Seine), siège notamment du groupe Bolloré Africa Logistics, a fait l’objet d’une perquisition sur commission rogatoire des juges d’instruction financiers Serge Tournaire et Aude Buresi. A cette occasion, le bureau du PDG, Vincent Bolloré, alors en déplacement en Bretagne, ainsi que celui du directeur général et du directeur juridique du groupe, ont été visités par les enquêteurs. Une opération qui est venue donner une tout autre dimension à l’enquête initiale. Les policiers se demandent en effet aujourd’hui si le groupe du milliardaire breton a utilisé son bras publicitaire, Havas, pour faciliter l’obtention de la gestion des ports de Conakry en Guinée et de Lomé au Togo. Dans un communiqué, le groupe Bolloré indique mardi «qu’il n’a entretenu et qu’il n’entretient aucune relation avec la société Pefaco et ses dirigeants ».

Le cadre d’Havas qui mène les enquêteurs à Bolloré

C’est en effet de façon incidente que les magistrats ont été amenés à s’intéresser aux affaires africaines du groupe Bolloré, présent dans 46 pays du continent où il s’est imposé dans la logistique portuaire. Plus précisément en se penchant sur l’entregent de Francis Perez, président du groupe Pefaco.

Cette société française, basée à Barcelone, entretient des liens étroits avec plusieurs figures corses de l’univers des casinos, ainsi qu’avec certains chefs d’Etat africains tels les présidents togolais Faure Gnassingbé et congolais Denis Sassou-Nguesso. Francis Perez compte par ailleurs parmi ses relations un certain Jean-Philippe Dorent, dont le nom apparaissait déjà dans le signalement Tracfin – le service anti blanchiment du ministère des finances – qui avait provoqué l’ouverture de l’enquête préliminaire en juillet 2012. «Je connais M. Perez tout comme je connais plein de monde en Afrique et ailleurs», précise au Monde M. Dorent.

Jean-Philippe Dorent est un des cadres dirigeants de Havas, puissante société de communication détenue aujourd’hui à 60% par le groupe Bolloré, où il est chargé du pôle international. Très actif en Afrique, il s’est notamment occupé en 2010, pour le compte d’Havas (alors détenu à 32,9% par Bolloré), de la campagne présidentielle guinéenne du candidat Alpha Condé, rentré de son long exil parisien au cours duquel il s’était lié d’amitié avec l’ancien ministre des affaires étrangères, son camarade de lycée Bernard Kouchner, et avec Vincent Bolloré. «Il est exagéré de dire qu’Havas a fait la campagne. En tant que consultant, j’ai fait du conseil, ce qui est mon métier, souligne M. Dorent. Et on a plutôt bien conseillé Alpha Condé que je considère comme un ami et une figure de la lutte africaine contre la dictature et contre l’apartheid.»

M.Dorent a aussi eu la charge d’une partie de la communication du jeune président togolais, Faure Gnassignbé, fils de Gnassingbé Eyadema, resté plus de trente-sept ans à la tête de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest.

En février 2014, puis en février 2015, les policiers ont effectué plusieurs perquisitions sur son lieu de travail dans les locaux d’Havas, sixième groupe publicitaire mondial, présidé depuis août 2013 par Yannick Bolloré, 36 ans, le fils du PDG. Ils y ont mis la main sur des éléments qui n’ont plus forcément de liens avec Pefaco et ses casinos africains mais qui ont conduit aux perquisitions menées le 8 avril au siège du groupe Bolloré.

Les conseils de M. Dorent et de son groupe Havas pour la campagne électorale ont-ils facilité l’octroi à Bolloré Africa Logistics des concessions portuaires de Conakry en Guinée et de Lomé au Togo? A ce titre, le cadre de l’information judiciaire ouverte en novembre 2013 a été élargi au début de l’année 2016 aux faits de «corruption d’agent public étranger».

Politique africaine et obtention des ports

En novembre 2010, Alpha Condé accède à la magistrature suprême à la suite de la première élection libre du pays, qui sort de cinquante-deux ans de régime autoritaire.

Dans la foulée, en mars 2011, la convention de concession du terminal à conteneurs du port de Conakry, octroyée en 2008 pour une durée de vingt-cinq ans à Getma, filiale du groupe français Necotrans, spécialisé dans la logistique portuaire en Afrique, est rompue. Alpha Condé confie alors la gestion du port à son «ami» Vincent Bolloré. Une bataille judiciaire est alors engagée par Necotrans en France et une longue procédure arbitrale est engagée.

«C’est un fantasme que de penser qu’un coup de main à la campagne d’un candidat à la présidentielle qui faisait figure d’outsider comme Alpha Condé permettrait l’obtention d’un port», balaie M. Dorent.

Au Togo, le groupe Bolloré a remporté en 2010 – année de la rééléction de M. Gnassingbé – la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé pour une durée de trente-cinq ans. Une décision elle aussi contestée, cette fois par un autre concurrent. Jacques Dupuydauby, ancien associé de Bolloré au Togo, a multiplié les recours judiciaires pour dénoncer les conditions dans lesquelles il considère avoir été évincé. Contacté, Olivier Baratelli, l’avocat du groupe Bolloré n’a pas souhaité faire de commentaires. De son côté, le groupe Havas n’a pas donné suite à nos sollicitations.

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Published by Gri-Gri International - dans Economie Politique Francophonie Françafrique
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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 21:20
#LeGriGriEstMamadouBenSoumahoro / R.I.P.

Aussi fort en thèmes que fort en gueule, tonitruant député, ancien directeur de la Télévision nationale ivoirienne... Mamadou Ben Soumahoro, dont le Gri-Gri International s'enorgueillit d'avoir pu publier quelques éreintements, vivait en exil depuis l'arrestation, le 11 avril 2011, du président Laurent Gbagbo. Il est mort le 11 avril 2016, toujours en exil.

Nous reviendrons largement sur le parcours et l'oeuvre de Ben Soumahoro dans les jours prochains. Et transmettons toutes nos condoléances aux siens. En particulier, naturellement, à Lala.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 13:06
10 avril 2011, place de la Nation, Paris
10 avril 2011, place de la Nation, Paris

La propagande déversée par les médias hexagonaux lors du putsch fomenté par la France en 2010-2011 contre l'administration Gbagbo, se révèle, passées cinq années, plus grossière, vulgaire et mensongère qu'elle ne le fut en son temps.

À chaque étape du coup de force décidé par Nicolas Sarkozy, avaient correspondu un badigeonnage d'éléments de langage, une désinformation méthodique reprise par la quasi-totalité des médias hexagonaux, agrémentés d'un bâillonnement des voix discordantes. Il était apparu, avec une acuité renouvelée, que la France pays des droits de l'homme, songe pour le citoyen français demeurait un mensonge et un cauchemar éveillé pour les africains.


Le 10 avril 2011, veille de la capture par les troupes françaises du président élu Laurent Gbagbo, il était question, sur les ondes de RFI, de France Info, d'Europe1, sur les plateaux d'ITélé, de BFMTV, de TF1, de France 2, de Canal +, dans les colonnes du Monde, de Libération, du Figaro et l'ensemble des médias de désinformation de masse, d'armes lourdes utilisées contre des populations civiles démunies, de combats entre loyalistes ouattaristes et mercenaires pro-Gbagbo, de la destruction de blindés se trouvant dans l'enceinte de la résidence présidentielle. Une inepte compilation de contresens sémantiques qu'il convenait alors, et qu'il convient toujours, de désigner comme étant un chapelet de mensonges.
Cinq ans en arrière, jour pour jour, nous étions des milliers à manifester notre soutien à une Côte d'Ivoire libre, souveraine et débarrassée de l'emprise de la France dans les rues de Paris. Ce fut une marche pacifique, rassemblant ivoiriens et africains de la diaspora, que nul média hexagonal n'avait daigné utile de couvrir. Pendant que l'armée française, sous couvert d'une résolution factice de l'ONU, bombardait la résidence d'un chef d'état africain légalement élu et s'apprêtait à le mettre au arrêts, il n'était plus utile d'étouffer les voix discordantes. Celles-ci niées, n'existeraient ni dans le récit indigeste que des médias d'abrutissement de masse se chargeaient, alors, de faire ingurgiter à l'opinion publique, ni dans le récit historique subséquent.



En effet aujourd'hui qui, à part les participants à la marche ou les quelques badauds arpentant les rues de la capitale ce dimanche et ayant croisés ces citoyens en colère, a su que des milliers d'afro-français, d'africains résidant en France, de ressortissants des Dom-Tom, et quelques français dit de souche (détestable distinction dégoulinant d'un racisme qui n'est pas le nôtre) avaient manifesté pacifiquement, parfois en famille, ce dimanche 10 avril 2011 contre le retour de la barbarie coloniale à la française?
En ce bel après-midi, chaud et ensoleillé, épuisés par des mois d'un combat médiatique asymétrique se livrant pour certains sur internet, soucieux pour les autres de la sécurité de proches restés au pays, mais tous ulcérés et révoltés par l'ingérence de la France dirigée par un Nicolas Sarkozy plus arrogant et méprisable que jamais, nous nous étions fraternellement réunis afin de communier.
A travers cette marche, nous souhaitions nous encourager mutuellement, nous qui ici ne pouvions que très peu, et démontrer notre soutien indéfectible au peuple ivoirien, pris entre le marteau de la barbarie française et l'enclume de la traîtrise d'arrivistes indigènes à la solde de l'impérialisme.


Nous ne le savions pas encore à ce moment, mais la mal nommée "crise ivoirienne", ayant rassemblé de façon surprenante la diaspora en France et soudés les peuples africains au-delà des frontières imposées par la colonisation, était sur le point de changer de dimension.
D'un banal conflit électoral, devenu guerre civile attisée et téléguidée par la France, la bascule allait se faire vers un vaste mouvement de recolonisation qui s'étend aujourd'hui du Mali à la Centrafrique.


Ce 10 avril, les marcheurs ayant achevé leur périple parisien sur la place de la Nation, eurent comme récompense et réconfort d'être harangués par William Attéby, à l'époque député de Yopougon, qui leur transmit un message émanant du président Gbagbo lui-même. Il nous était demandé de poursuivre la mobilisation et de tenir bon pour ceux, notamment dans l'enceinte du palais présidentiel, subissant le feu des bombardements français. Ce message, ne disait rien de l'épuisement s'emparant des reclus de la résidence présidentielle et de la précarité de leur situation, mais il eu pour effet de nous galvaniser, et nous redonner l'allant nécessaire pour qui continuer à écrire, qui continuer à sensibiliser, qui continuer à prier pour des proches confrontés à la guerre.
Nous ne le savions pas à ce moment, mais dès le lendemain, le président Gbagbo serait remis aux rebelles par des militaires français et débuterait dans la foulée la curée contre les membres du FPI. Nous ne le savions pas à ce moment, mais nous venions de vivre les derniers instants d'un printemps ivoirien à Paris.
Nous ne le savions pas à ce moment, mais nous venions de vivre l'automne et l'hiver d'une mobilisation unique, d'un type jusqu'à lors jamais expérimenté par la diaspora africaine, ignorante de son potentiel de mobilisation et d'action.
Nous ne le savions pas à ce moment, mais venait de naître à la conscience politique toute une génération d'afro-français, enfin témoins oculaires de la réalité du prétendu « lien historique existant entre la France et ses ex-colonies ».


Le voile masquant la relation de soumission entre l'ancienne métropole et ses ex-colonies, déchiré le lendemain du 10 avril 2011 a été remplacé par les statues de marbre de l'hypocrisie et de la duperie constitutives de toute action française en Afrique.
Beaucoup se sont réveillés à cette occasion, d'autres dans un premier temps paralysés par la colère et submergés par la rage froide de l'impuissance, renforcés dans leurs convictions ont repris le chemin du combat, avec les armes qui étaient et demeurent les leurs.
Cinq ans ont passé et les plaies, loin d'avoir cicatrisé, nous rappellent le chemin parcouru et celui restant à parcourir.
Si Laurent Gbagbo est toujours retenu prisonnier à La Haye, tout a déjà été dit sur la parodie de justice que nous servent Fatou Bensouda et la CPI.
Argumenter en droit ou d'après la morale est une erreur dialectique, il n'est dans cette affaire, uniquement question que de rapports de force et de domination relevant de l'héritage colonial, de leur pérennisation par les structures organiques d'un ordre mondial à la botte de l'Occident.
Nous assistons tout simplement à l'application du statut de l'indigénat dans sa forme raffinée du 21ème siècle.
Si cinq années ont passé, nous souvenons des résolutions d'alors comme s'il s'agissait d'hier.
La lutte que nous avons alors décidé d'engager, loin d'être achevée, est plus que jamais d'actualité.
Et parce que nous nous en souvenons comme s'il s'agissait d'hier, nous nous devons de la poursuivre...




Ahouansou Séyivé

http://alternativesetcoherence.blogspot.fr/2016/04/le-10-avril-2011-en-marche-vers-la.html

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