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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 21:11
#CongoSassou / Les massacres du Pool et la politique des trois singes, par Leslie Varenne

Par Leslie Varenne, directrice de l'IVERIS


Editorial

Le 19 mars dernier, à la veille de l’élection présidentielle au Congo Brazzaville, l’IVERIS concluait l’article « Une élection à huis-clos » ainsi : « Les Congolais seront donc seuls face à ce moment crucial de leur histoire. Si la terre tremble, il n’y aura pas de témoins. » Le « SI » est devenu réalité. Depuis le 4 avril dernier, dans le département du Pool, la terre tremble. Les villages sont bombardés, mitraillés, pillés par un curieux aréopage composé de milices pro-gouvernementales, de militaires de l’armée congolaise, de policiers et de supplétifs recrutés dans la population. Aucun journaliste, aucune ONG, hormis les cinq volontaires de Caritas choisis par le pouvoir pour entrer dans cette zone de 34 000 km2 et de 234 000 habitants, ne sont autorisés à pénétrer dans ce département. Le pays est en état de siège et les Congolais restent désespérément seuls avec leurs centaines de morts, leurs blessés et leurs milliers de déplacés.

Il aura fallu plus d’une semaine de bombardements avant que quelques voix ne se fassent entendre. Le Haut Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a publié un communiqué dans lequel il s’inquiète de la situation alarmante. L’Union Européenne et le Département d’Etat américain ont, eux aussi, condamnés les violences. Des paroles au demeurant fort timides au regard de l’intensité du drame qui se joue dans ce pays… La France, elle, se tait.
Soutenu par le Vatican, Monseigneur Portella, évêque de Kinkala, chef-lieu du département du Pool, a osé élever la voix et dénoncer publiquement ces bombardements. Depuis cette déclaration, il se retrouve dans la même situation que les opposants et des milliers de leurs sympathisants : il est recherché par la police, a fui et se cache.
Pour le pouvoir de Brazzaville les bombardements sur ces villages du Pool sont « une opération de police ciblée » afin de traquer le pasteur Ntumi, ex-chef des milices Ninja pendant la guerre civile de 1997. Ses hommes et lui se seraient rendus coupables d’avoir attaqué les quartiers sud de la capitale le 4 avril au matin.
La réalité est toute autre et répond à une tactique beaucoup plus cynique. Pour se maintenir au pouvoir malgré sa quatrième place à l’élection présidentielle, Denis Sassou Nguesso évoque les vieux démons et cherche à récréer la guerre de 1997. Il a réactivé les Cobras, une milice proche de lui qui s’opposait aux Ninjas de Pascal Lissouba. Le calcul est simpliste : créer une sorte de chaos constructeur… mettre le feu, puis éteindre l’incendie et ainsi apparaître comme l’homme fort, le pacificateur et le réunificateur d’un pays tribaliste coupé en deux entre le Nord et le Sud.
Cette stratégie est vouée à l’échec car elle repose sur une réalité sociale erronée. Le Congo du 21ème siècle n’est plus celui des années 1990 et les résultats de la dernière élection l’ont démontré. Un nordiste, le général Mokoko a obtenu presque 70% des voix à Pointe-Noire, dans le sud du pays, balayant ainsi tous les archétypes sur le vote ethnocentriste.

La politique de l’assiette

Cette vieille technique, usée jusqu’à la corde, du pyromane-pompier employée par le président congolais correspond exactement aux thèses propagées, bien avant l’élection présidentielle, par ses soutiens dans certains milieux parisiens : « Sassou doit rester au pouvoir. Il faut se rendre à l’évidence, c’est malheureux mais c’est ainsi, l’Afrique a encore besoin de rois nègres, sans lui, la guerre Nord-Sud reprendra ! »
Bien entendu, ses propos étaient divulgués par des hommes hantés par l’idée que s’évanouisse « la manne Sassou » tant ils sont accoutumés "à ramper jusqu’à l’assiette de la République congolaise"(I). L’absurdité et la vulgarité de ces assertions ne doit pas faire perdre de vue la puissance de ses réseaux qui sont en partie responsables de la chape de plomb qui pèse sur les massacres dans le Pool. L’affaire de l’orchestre de Madame Valls révélée par le Nouvel Observateur en est l’illustration, tout comme l’aide que Denis Sassou Nguesso a apporté à l’organisation de la COP 21. Est-ce à cause de cela que la France se tait sur ce drame et qu’elle applique la politique des trois singes : rien vu, rien su, rien à dire ? En Afrique, comme ailleurs, la diplomatie française est en panne, elle est aveugle, sourde et muette sans vision et conviction. Ce vide est comblé par des hommes dont la politique se résume à celle de leurs intérêts personnels. Les réseaux Foccart ont été abondamment critiqués, le plus souvent à juste titre, mais ils répondaient néanmoins aux directives d’un Chef d’Etat et à la défense des intérêts d’une nation.

La raison du silence…

Ici où là, il s’écrit que le silence de la France servirait ses intérêts au Congo, Total exploitant 60% des puits de pétrole de cet Etat. Sauf à laisser croire, que Denis Sassou Nguesso serait le seul garant de la stabilité du pays, le groupe pétrolier français pourrait tout aussi bien s’accommoder d’un autre chef d’Etat. Il en est de même pour le groupe pétrolier italien ENI, même si son PDG Claudio Descalzi est très lié à la Présidence congolaise. Il doit sa carrière à son épouse Marie-Madeleine Descalzi, une femme d’affaires congolaise très discrète et proche du clan Sassou Nguesso.
Mais une fois encore, se jouent-là des intérêts personnels et non pas des intérêts d’Etats. En outre, si le Congo Brazzaville est le 4ème producteur de pétrole de l’Afrique subsaharienne, il n’est pas un pays stratégique pour autant. Avec la surproduction pétrolière actuelle et un baril à 42 dollars, cet Etat qui n’a pas su diversifier son économie et reste totalement dépendant de la manne de l’or noir ne présente que peu d’intérêt pour l’Occident.
Est-ce l’autre raison du silence sur les drames qui se déroulent actuellement dans le Pool ? Au regard de la manière dont l’élection présidentielle s’est déroulée : coupures des communications, arrestations des opposants, pillages des QG des candidats, proclamation des résultats au milieu de la nuit, etc. les Congolais auraient trouvé légitime que la diplomatie internationale se fende de déclarations tonitruantes sur le respect de la démocratie et des droits de l’Homme, des notions décidément à géométrie vraiment variables. En Côte d’Ivoire, en Libye, en Syrie, ils ont sorti l’artillerie lourde, au Congo, ils mettent la tête dans le sable… Jusqu’à quand ?
Pendant combien de temps, les massacres du Pool pourront-ils être cachés à la face du monde ? Qui peut croire que plus de dix jours de bombardements, suivis de mitraillages en règle à partir d’hélicoptères de transports de troupes volant à basse altitude sur des villages puissent ne faire que des dizaines de victimes ? Combien faudra-t-il de lieux de tortures et de détentions pour embastiller tous les Congolais qui souhaitent l’alternance et soutiennent l’opposition ?

Ce silence politique et médiatique, permet à Denis Sassou Nguesso de continuer à se murer dans le déni et de se dérouler le tapis rouge. Son investiture a eu lieu le 16 avril dernier devant un parterre réduit à sa plus simple expression, seuls sept chefs d'Etats africains étaient présents. Heureusement pour compléter l’assemblée dégarnie trois personnalités françaises probablement désintéressées par l’actualité dans le département du Pool ont apporté leur soutien également désintéressé à Denis Sassou Nguesso. Il s’agit de Cécilia Attias, Jean-Louis Borloo et Yamina Benguigui. Lionel Zinzou, un franco-béninois, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle au Bénin avait également tenu à participer à la « fête ». Cet aréopage suffira-t-il à faire oublier les exactions et à rendre sa légitimité à un homme rejeté dans les urnes ?

[i] Cette expression est tirée de "l'Appel d'une mère", un texte de Claudine Munari, opposante et candidate à l'élection présidentielle du 20 mars.

Leslie Varenne
Directrice de l'IVERIS

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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 11:00
#HommageBenSoumahoro / À toi Big Ben…le Waraba immortel (Poème inédit de Dacoury-Tabley Philippe-Henri)

À toi Big Ben…le Waraba immortel

Big Ben, comme le grand tam tam parleur,

Tu résonnais, voyant venir de grands malheurs.

Et comme une sentinelle vigilante, tu avertissais.

Prophète, tu disais: " attention! attention! jamais

L'homme, entré par effraction dans notre vie,

Ne renoncera à exécuter ses complots ourdis".

Waraba, le grand lion, ici et partout tu as rugi,

Non pas pour tuer, mais pour sauver nos vies.

Comme la mère poule, à la vue de l'épervier

Qui plane au-dessus de sa couvée, tu as crié

Pour que ton peuple t'entende et comprenne

Que de graves dangers, dans ce pays, viennent.

Avec ton franc-parler, ton parler-vrai et ton parler

Inimitable, tu as dit haut et fort les propos murmurés

Dans les salons, par des sachants remplis de lâcheté.

Toi, à jamais, cette voie du renoncement tu as rejetée,

Et, à haute et puissante voix, tu as dénoncé l'Imposteur,

En mettant à nu le vrai plan commun du Grand Menteur.

On a vu et tout compris, tu disais hélas vrai, depuis:

1999, 2000, 2001, 2002, 4 ans de suite, c'était bien Lui.

Et tu prévenais que le pire restait encore à venir.

Des bombes il fera larguer pour totalement en finir.

Est arrivée 2011, et c'est exactement ce que l'homme fit:

Déluge de feu et de sang sur ce pays meurtri et trahi.

Waraba, tu as fait plus que ta part, tu as résisté.

Mieux, tu as continué de rugir, même maltraité.

Ta parole de feu a consumé leur sombre mensonge,

Faisant jaillir des cendres cette vérité qui dérange.

Tu as montré, sans faiblesse, la voie de l'honneur

À tous ceux qui ne se complaisent que dans l'horreur.

Aujourd'hui, tu nous quittes, ils diront que tu es mort.

Pour nous, tu passes la mort, les laissant à leur triste sort.

Tu entres dans la conscience nationale par la grande voie,

Avec ceux qui par leur vie, siègent dans l'éternité, en rois.

Lui, l'Imposteur, quand il mourra, on l'enterrera, c'est tout.

Toi, dans la mémoire collective tu seras toujours et partout.

Poème inédit, Abidjan, le 14 avril 2016

Dacoury-Tabley Philippe-Henri

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Published by Gri-Gri International Dacoury-Tabley Philippe-Henri - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 Gos et Gars du moment Poésie Francophonie Françafrique
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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 07:00
#Bololo / Perquisition chez Bolloré Africa Logistics (#Guinée #Condé #Kouchner #Togo #Faure)

SOURCE

Depuis plus de deux ans, l’enquête judiciaire française ouverte sur la société Pefaco, spécialisée dans l’hôtellerie et les jeux, très implantée en Afrique, avançait en toute discrétion. Elle a finalement conduit les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCLIFF) chez l’industriel Vincent Bolloré.

Vendredi 8 avril, la tour Bolloré à Puteaux (Hauts-de-Seine), siège notamment du groupe Bolloré Africa Logistics, a fait l’objet d’une perquisition sur commission rogatoire des juges d’instruction financiers Serge Tournaire et Aude Buresi. A cette occasion, le bureau du PDG, Vincent Bolloré, alors en déplacement en Bretagne, ainsi que celui du directeur général et du directeur juridique du groupe, ont été visités par les enquêteurs. Une opération qui est venue donner une tout autre dimension à l’enquête initiale. Les policiers se demandent en effet aujourd’hui si le groupe du milliardaire breton a utilisé son bras publicitaire, Havas, pour faciliter l’obtention de la gestion des ports de Conakry en Guinée et de Lomé au Togo. Dans un communiqué, le groupe Bolloré indique mardi «qu’il n’a entretenu et qu’il n’entretient aucune relation avec la société Pefaco et ses dirigeants ».

Le cadre d’Havas qui mène les enquêteurs à Bolloré

C’est en effet de façon incidente que les magistrats ont été amenés à s’intéresser aux affaires africaines du groupe Bolloré, présent dans 46 pays du continent où il s’est imposé dans la logistique portuaire. Plus précisément en se penchant sur l’entregent de Francis Perez, président du groupe Pefaco.

Cette société française, basée à Barcelone, entretient des liens étroits avec plusieurs figures corses de l’univers des casinos, ainsi qu’avec certains chefs d’Etat africains tels les présidents togolais Faure Gnassingbé et congolais Denis Sassou-Nguesso. Francis Perez compte par ailleurs parmi ses relations un certain Jean-Philippe Dorent, dont le nom apparaissait déjà dans le signalement Tracfin – le service anti blanchiment du ministère des finances – qui avait provoqué l’ouverture de l’enquête préliminaire en juillet 2012. «Je connais M. Perez tout comme je connais plein de monde en Afrique et ailleurs», précise au Monde M. Dorent.

Jean-Philippe Dorent est un des cadres dirigeants de Havas, puissante société de communication détenue aujourd’hui à 60% par le groupe Bolloré, où il est chargé du pôle international. Très actif en Afrique, il s’est notamment occupé en 2010, pour le compte d’Havas (alors détenu à 32,9% par Bolloré), de la campagne présidentielle guinéenne du candidat Alpha Condé, rentré de son long exil parisien au cours duquel il s’était lié d’amitié avec l’ancien ministre des affaires étrangères, son camarade de lycée Bernard Kouchner, et avec Vincent Bolloré. «Il est exagéré de dire qu’Havas a fait la campagne. En tant que consultant, j’ai fait du conseil, ce qui est mon métier, souligne M. Dorent. Et on a plutôt bien conseillé Alpha Condé que je considère comme un ami et une figure de la lutte africaine contre la dictature et contre l’apartheid.»

M.Dorent a aussi eu la charge d’une partie de la communication du jeune président togolais, Faure Gnassignbé, fils de Gnassingbé Eyadema, resté plus de trente-sept ans à la tête de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest.

En février 2014, puis en février 2015, les policiers ont effectué plusieurs perquisitions sur son lieu de travail dans les locaux d’Havas, sixième groupe publicitaire mondial, présidé depuis août 2013 par Yannick Bolloré, 36 ans, le fils du PDG. Ils y ont mis la main sur des éléments qui n’ont plus forcément de liens avec Pefaco et ses casinos africains mais qui ont conduit aux perquisitions menées le 8 avril au siège du groupe Bolloré.

Les conseils de M. Dorent et de son groupe Havas pour la campagne électorale ont-ils facilité l’octroi à Bolloré Africa Logistics des concessions portuaires de Conakry en Guinée et de Lomé au Togo? A ce titre, le cadre de l’information judiciaire ouverte en novembre 2013 a été élargi au début de l’année 2016 aux faits de «corruption d’agent public étranger».

Politique africaine et obtention des ports

En novembre 2010, Alpha Condé accède à la magistrature suprême à la suite de la première élection libre du pays, qui sort de cinquante-deux ans de régime autoritaire.

Dans la foulée, en mars 2011, la convention de concession du terminal à conteneurs du port de Conakry, octroyée en 2008 pour une durée de vingt-cinq ans à Getma, filiale du groupe français Necotrans, spécialisé dans la logistique portuaire en Afrique, est rompue. Alpha Condé confie alors la gestion du port à son «ami» Vincent Bolloré. Une bataille judiciaire est alors engagée par Necotrans en France et une longue procédure arbitrale est engagée.

«C’est un fantasme que de penser qu’un coup de main à la campagne d’un candidat à la présidentielle qui faisait figure d’outsider comme Alpha Condé permettrait l’obtention d’un port», balaie M. Dorent.

Au Togo, le groupe Bolloré a remporté en 2010 – année de la rééléction de M. Gnassingbé – la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé pour une durée de trente-cinq ans. Une décision elle aussi contestée, cette fois par un autre concurrent. Jacques Dupuydauby, ancien associé de Bolloré au Togo, a multiplié les recours judiciaires pour dénoncer les conditions dans lesquelles il considère avoir été évincé. Contacté, Olivier Baratelli, l’avocat du groupe Bolloré n’a pas souhaité faire de commentaires. De son côté, le groupe Havas n’a pas donné suite à nos sollicitations.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 21:20
#LeGriGriEstMamadouBenSoumahoro / R.I.P.

Aussi fort en thèmes que fort en gueule, tonitruant député, ancien directeur de la Télévision nationale ivoirienne... Mamadou Ben Soumahoro, dont le Gri-Gri International s'enorgueillit d'avoir pu publier quelques éreintements, vivait en exil depuis l'arrestation, le 11 avril 2011, du président Laurent Gbagbo. Il est mort le 11 avril 2016, toujours en exil.

Nous reviendrons largement sur le parcours et l'oeuvre de Ben Soumahoro dans les jours prochains. Et transmettons toutes nos condoléances aux siens. En particulier, naturellement, à Lala.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 13:06
10 avril 2011, place de la Nation, Paris
10 avril 2011, place de la Nation, Paris

La propagande déversée par les médias hexagonaux lors du putsch fomenté par la France en 2010-2011 contre l'administration Gbagbo, se révèle, passées cinq années, plus grossière, vulgaire et mensongère qu'elle ne le fut en son temps.

À chaque étape du coup de force décidé par Nicolas Sarkozy, avaient correspondu un badigeonnage d'éléments de langage, une désinformation méthodique reprise par la quasi-totalité des médias hexagonaux, agrémentés d'un bâillonnement des voix discordantes. Il était apparu, avec une acuité renouvelée, que la France pays des droits de l'homme, songe pour le citoyen français demeurait un mensonge et un cauchemar éveillé pour les africains.


Le 10 avril 2011, veille de la capture par les troupes françaises du président élu Laurent Gbagbo, il était question, sur les ondes de RFI, de France Info, d'Europe1, sur les plateaux d'ITélé, de BFMTV, de TF1, de France 2, de Canal +, dans les colonnes du Monde, de Libération, du Figaro et l'ensemble des médias de désinformation de masse, d'armes lourdes utilisées contre des populations civiles démunies, de combats entre loyalistes ouattaristes et mercenaires pro-Gbagbo, de la destruction de blindés se trouvant dans l'enceinte de la résidence présidentielle. Une inepte compilation de contresens sémantiques qu'il convenait alors, et qu'il convient toujours, de désigner comme étant un chapelet de mensonges.
Cinq ans en arrière, jour pour jour, nous étions des milliers à manifester notre soutien à une Côte d'Ivoire libre, souveraine et débarrassée de l'emprise de la France dans les rues de Paris. Ce fut une marche pacifique, rassemblant ivoiriens et africains de la diaspora, que nul média hexagonal n'avait daigné utile de couvrir. Pendant que l'armée française, sous couvert d'une résolution factice de l'ONU, bombardait la résidence d'un chef d'état africain légalement élu et s'apprêtait à le mettre au arrêts, il n'était plus utile d'étouffer les voix discordantes. Celles-ci niées, n'existeraient ni dans le récit indigeste que des médias d'abrutissement de masse se chargeaient, alors, de faire ingurgiter à l'opinion publique, ni dans le récit historique subséquent.



En effet aujourd'hui qui, à part les participants à la marche ou les quelques badauds arpentant les rues de la capitale ce dimanche et ayant croisés ces citoyens en colère, a su que des milliers d'afro-français, d'africains résidant en France, de ressortissants des Dom-Tom, et quelques français dit de souche (détestable distinction dégoulinant d'un racisme qui n'est pas le nôtre) avaient manifesté pacifiquement, parfois en famille, ce dimanche 10 avril 2011 contre le retour de la barbarie coloniale à la française?
En ce bel après-midi, chaud et ensoleillé, épuisés par des mois d'un combat médiatique asymétrique se livrant pour certains sur internet, soucieux pour les autres de la sécurité de proches restés au pays, mais tous ulcérés et révoltés par l'ingérence de la France dirigée par un Nicolas Sarkozy plus arrogant et méprisable que jamais, nous nous étions fraternellement réunis afin de communier.
A travers cette marche, nous souhaitions nous encourager mutuellement, nous qui ici ne pouvions que très peu, et démontrer notre soutien indéfectible au peuple ivoirien, pris entre le marteau de la barbarie française et l'enclume de la traîtrise d'arrivistes indigènes à la solde de l'impérialisme.


Nous ne le savions pas encore à ce moment, mais la mal nommée "crise ivoirienne", ayant rassemblé de façon surprenante la diaspora en France et soudés les peuples africains au-delà des frontières imposées par la colonisation, était sur le point de changer de dimension.
D'un banal conflit électoral, devenu guerre civile attisée et téléguidée par la France, la bascule allait se faire vers un vaste mouvement de recolonisation qui s'étend aujourd'hui du Mali à la Centrafrique.


Ce 10 avril, les marcheurs ayant achevé leur périple parisien sur la place de la Nation, eurent comme récompense et réconfort d'être harangués par William Attéby, à l'époque député de Yopougon, qui leur transmit un message émanant du président Gbagbo lui-même. Il nous était demandé de poursuivre la mobilisation et de tenir bon pour ceux, notamment dans l'enceinte du palais présidentiel, subissant le feu des bombardements français. Ce message, ne disait rien de l'épuisement s'emparant des reclus de la résidence présidentielle et de la précarité de leur situation, mais il eu pour effet de nous galvaniser, et nous redonner l'allant nécessaire pour qui continuer à écrire, qui continuer à sensibiliser, qui continuer à prier pour des proches confrontés à la guerre.
Nous ne le savions pas à ce moment, mais dès le lendemain, le président Gbagbo serait remis aux rebelles par des militaires français et débuterait dans la foulée la curée contre les membres du FPI. Nous ne le savions pas à ce moment, mais nous venions de vivre les derniers instants d'un printemps ivoirien à Paris.
Nous ne le savions pas à ce moment, mais nous venions de vivre l'automne et l'hiver d'une mobilisation unique, d'un type jusqu'à lors jamais expérimenté par la diaspora africaine, ignorante de son potentiel de mobilisation et d'action.
Nous ne le savions pas à ce moment, mais venait de naître à la conscience politique toute une génération d'afro-français, enfin témoins oculaires de la réalité du prétendu « lien historique existant entre la France et ses ex-colonies ».


Le voile masquant la relation de soumission entre l'ancienne métropole et ses ex-colonies, déchiré le lendemain du 10 avril 2011 a été remplacé par les statues de marbre de l'hypocrisie et de la duperie constitutives de toute action française en Afrique.
Beaucoup se sont réveillés à cette occasion, d'autres dans un premier temps paralysés par la colère et submergés par la rage froide de l'impuissance, renforcés dans leurs convictions ont repris le chemin du combat, avec les armes qui étaient et demeurent les leurs.
Cinq ans ont passé et les plaies, loin d'avoir cicatrisé, nous rappellent le chemin parcouru et celui restant à parcourir.
Si Laurent Gbagbo est toujours retenu prisonnier à La Haye, tout a déjà été dit sur la parodie de justice que nous servent Fatou Bensouda et la CPI.
Argumenter en droit ou d'après la morale est une erreur dialectique, il n'est dans cette affaire, uniquement question que de rapports de force et de domination relevant de l'héritage colonial, de leur pérennisation par les structures organiques d'un ordre mondial à la botte de l'Occident.
Nous assistons tout simplement à l'application du statut de l'indigénat dans sa forme raffinée du 21ème siècle.
Si cinq années ont passé, nous souvenons des résolutions d'alors comme s'il s'agissait d'hier.
La lutte que nous avons alors décidé d'engager, loin d'être achevée, est plus que jamais d'actualité.
Et parce que nous nous en souvenons comme s'il s'agissait d'hier, nous nous devons de la poursuivre...




Ahouansou Séyivé

http://alternativesetcoherence.blogspot.fr/2016/04/le-10-avril-2011-en-marche-vers-la.html

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 08:39
#Gabon / Au Sénat, un jeune homo violé par un ministre et trois sénateurs

Paru initialement sous le titre :

Un jeune homosexuel violé dans l’enceinte du Sénat


C’est une scène qui a toute sa place dans un roman noir. Malheureusement, il s’agit d’un fait réel. Un jeune homosexuel qui avait l’habitude de vendre « ses charmes » à la notabilité du Gabon a été violé dans un bureau au Sénat, la chambre haute du Parlement gabonais. L’acte ignoble s’est déroulé vendredi dernier (25/03/16, ndlr) en soirée. Selon nos sources, le jeune homme avait décidé de changer cette vie, pour « avoir rencontré Dieu ». Sauf que cette saine résolution n’a pas été du goût de certains de ses amants. Ceux-ci ont décidé à leur manière de le lui faire comprendre. C’est ainsi que l’un d’entre eux, un sénateur, l’a invité à le rejoindre à son bureau vendredi. Le jeune homme s’y est rendu avec la ferme volonté de dire à son ancien compagnon qu’il a désormais choisi une autre voie. Mal lui en a pris.

Son amant avait décidé de lui « réserver une surprise » en guise d’adieu. Le sénateur a ainsi appelé deux de ses collègues et un ministre en fonction pour se joindre à cette orgie. Les quatre personnalités se sont enfermées dans le bureau en attendant l’arrivée du jeune homme. Lorsque celui-ci fit son entrée, elles se sont montrées très attendrissantes, aux dires des proches de la victime. Cette atmosphère très conviviale lui a fait baisser la garde. « Il avait accepté ce rendez-vous pour signifier à ce sénateur qu’il avait mis un terme à sa vie d’homosexuel. C’est d’ailleurs pourquoi il a exigé que la rencontre se passe au Sénat. Il savait qu’à cet endroit, rien ne pourrait lui arriver », aux dires des proches. Malheureusement, ses bourreaux ont fait le raisonnement inverse. Puisqu’il ne serait venu à l’esprit à quiconque qu’un viol sur homosexuel puisse être perpétré dans un environnement aussi sécurisé que le Sénat. De surcroît par des sénateurs accompagnés d’un ministre.

Dans le bureau, au regard de la confiance qui s’est installée, un verre d’alcool a été servi au jeune homme. Naturellement, le sénateur et ses complices avaient pris soin d’y verser une drogue. Une fois le verre avalé, la drogue va faire son effet sur le jeune homme. Les sénateurs et le ministre vont ensuite se livrer à des ébats sexuels d’une rare violence sur le jeune homme inconscient, pendant plusieurs heures. L’infortuné sera par la suite abandonné dans une ruelle qui jouxte le siège du Sénat après les faits.

Après avoir recouvré ses esprits, le jeune homme constatera que son état mérite qu’il se rende dans un hôpital de manière urgente. Il réussira à se rendre dans une unité médicale du sud de Libreville. Il sera gardé pour les premiers soins jusqu’à samedi en fin de journée. Le jeune homme, assurent ses proches, se dit en danger de mort. Ses bourreaux ont peur qu’il se mette à divulguer au premier pasteur venu tout ce qu’il sait du monde des homosexuels au Gabon. Il croit que ses bourreaux sont capables de l’éliminer physiquement. D’ailleurs, « toutes les personnes qui sont au fait de cette agression, à commencer par les gendarmes en poste au Senat qui l’ont vu entrer, jusqu’au personnel hospitalier qui l’a reçu en urgence, sont également en danger ».

Ali Bongo Ondimba, qui prône « l’égalité des chances » et le respect de « l’Etat de droit », doit tout mettre en œuvre pour que la justice se fasse dans cette affaire. Il a les moyens de savoir qui est ce ministre qui s’est livré à cette partouze, ainsi que les sénateurs qui l’ont accompagné. Il suffit pour cela d’aller consulter le dossier médical de la victime et la vidéo de surveillance du Sénat qui a sans doute enregistré le jeune homme lorsqu’il était encore dans les couloirs du Sénat. Ne pas le faire très rapidement équivaut à se rendre complice de tels agissements qui souillent l’image de la République.

TEXTE : G.L. in Echos Du Nord 330 (29/03/2016)

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 07:29
Dix jeunes djiboutiennes sont en grève de la faim à Arcueil, dans la banlieue de Paris. Elles veulent dénoncer l'impunité des soldats violeurs à Djibouti.
Dix jeunes djiboutiennes sont en grève de la faim à Arcueil, dans la banlieue de Paris. Elles veulent dénoncer l'impunité des soldats violeurs à Djibouti.

Djibouti est une petite dictature de la Corne de l’Afrique, dirigée d’une main de fer par Ismail Omar Guelleh depuis 1999. Un changement de la constitution lui permet de se représenter éternellement et à l’instar d’un Ben Ali (ex dictateur de Tunisie), de bénéficier d’élections présidentielles sans enjeux et pour la forme, il sait qu’il sera réélu ce 8 avril puisqu’il a depuis longtemps fait taire toute opposition dans son pays.


A l’étranger, il bénéficie des faveurs des grandes puissances. Ce tout petit pays de moins d’un million d’habitants compte un nombre impressionnant de bases étrangères. Sont présentes des bases américaines, françaises, allemandes et japonaises. Il faut dire que Djibouti - à la pointe de la corne de l’Afrique - est un territoire hautement stratégique. Il fait face au Yemen et au Golfe arabique. Il possède aussi le port le plus important de la région et tous les produits importés par la grande Ethiopie voisine transitent par le port de Djibouti.

L’importance de garder une mainmise absolue sur cette porte de l’Afrique est fondamentale tant pour les Français que pour les Américains, qui ferment donc les yeux sur les dérives dictatoriales de ce président à vie qui leur est favorable.

Ce petit pays dont on vante la stabilité a pourtant connu une guerre civile de 1991 à 2001 et fait encore face à une opposition armée, celle du FRUD-armé (Front pour la restauration de l’Unité et de la Démocratie).

Les militaires utilisent le viol comme arme de guerre, comme moyen de domination sur l’opposition au régime et sur les paysannes afars soupçonnées d’être favorables au FRUD.

Des militantes ont été violées après avoir été arrêtées lors de manifestations. Des jeunes femmes ont été kidnappées sur la route qui menait à leur village. Des femmes ont été abusées en détention, dans la prison de Gabode.

Aujourd’hui, elles commencent à parler, à sortir du silence imposé par la honte, la famille et la tradition. Elles parlent pour que l’impunité cesse.

"Il faut que la honte change de camps. Ce n’est pas à nous d’avoir honte, c’est ces militaires violeurs qui devraient avoir honte."

Fatouma (nom d’emprunt) : "J’étais bergère, je gardais les chèvres, je vivais en brousse. J’ai été violée devant mon père et mon oncle. Mon père était tellement choqué, il a fait une crise et il est mort sur le coup. Je suis en grève de la faim, mais pas pour moi. Je suis reconnue réfugiée en Belgique, je suis en sécurité maintenant. Ce que j’ai subi, je l’ai subi et je dois vivre avec. Je le fais pour les autres, je veux que ça cesse pour toutes les femmes restées au pays. Il faut que les coupables soient jugés."

Fatoumata est sourde et muette. Elle s’exprime par gestes et une autre gréviste traduit.

"Je vivais en brousse. Je suis sortie la nuit pour aller chez ma cousine dans le village. Chez nous, il n’y a pas d’électricité, il fait donc très noir. J’ai été prise par les soldats, je ne sais pas crier. Trois soldats de la garde présidentielle m’ont violée, ça les amusait que je sois muette. Mon père a porté plainte, mais ils n’ont jamais fait d’enquête. Je veux que ces monstres soient traduits en justice pour ce qu’ils m’ont fait."

Fafi : "Il faut arrêter l’impunité. Nous voulons que les coupables, les soldats violeurs, soient traduits en justice. Quand une femme se fait violer, c’est elle qui est considérée comme coupable. Comme si elle l’a cherché. Alors qu’en réalité, face à des soldats armés, tu peux rien faire pour te défendre et comme ces soldats ne sont jamais punis, ils vont toujours recommencer. Il faut que ça cesse. Surtout dans le Nord du pays, les femmes afars sont victimes des militaires. Des femmes se suicident parce qu’elles voient que leurs violeurs continuent de vivre normalement et restent une menace pour elles et les autres femmes. Cette impunité doit cesser. je ne comprends pas le silence de la France, ce pays des droits de l’Homme."

Zeynaba : "Cette action était notre seul moyen d’interpeller. Beaucoup de femmes ont été violées à Djibouti. Moi j’étais militante à Djibouti Ville, dans le Comité des femmes contre les viols et l’impunité (comité clandestin). On amenait les femmes violées à l’hôpital pour les premiers soins. Notre comité a connaissance d’au moins 300 cas et c’est uniquement les femmes qui sont venues vers nous. Combien sont juste restées silencieuses ? Et les viols continuent. Je suis en France depuis 9 mois, mais je suis encore en contact avec les militantes du comité. Elles nous ont signalé encore un viol, il y a quinze jours."

Une jeune femme a dû être évacuée pour des raisons de santé. Elle a eu un bébé issu d’un viol par plusieurs militaires. Elle a été complètement rejetée par sa propre famille.

En osant parler, ces jeunes femmes se sont invitées dans la campagne présidentielle qu’Ismail Omar Guelleh espérait sans surprise. Il a réagi violemment. D’abord il a accusé ces femmes d’être toutes des menteuses. Ensuite il a menacé de poursuivre en justice l’association française "Femmes Solidaires" qui aide les grévistes et qui a mis son local à leur disposition. Sa réaction est claire et montre l’étendue de l’impunité. Il n’envisage même pas la possibilité de mener une enquête.

Traiter une victime de viol de menteuse, c’est une nouvelle agression, une nouvelle violence qu’elle subit, celle d’être niée dans sa qualité de victime.

Pourtant la demande des grévistes est simple et légitime : un enregistrement des plaintes pour viol, une enquête transparente et des sanctions contre les coupables. Une tolérance zéro à l’égard des soldats violeurs. En leur refusant cela, Ismail Omar Guelleh fait aveu de culpabilité.


Source : Investig’Action

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 21:45
#CongoSassou / Communiqué de l'encerclé Général Mokoko

ELECTION PRESIDENTIELLE 2016

République du Congo

Marc Mapingou Mitoumbi

Représentant personnel et Porte-parole du Candidat Jean Marie Michel Mokoko

Communiqué de Presse

Ce soir, je viens pour la énième fois tirer la sonnette d'alarme pour alerter l'opinion nationale et internationale des graves violations des droits dont est victime le Général Jean-Marie Michel Mokoko pour avoir été candidat à la dernière élection présidentielle au Congo Brazzaville.

Depuis trois jours, le domicile du général Mokoko est encerclé par des hommes du régime de Brazzaville, encagoulés et lourdement armés. Ce climat de terreur volontairement instauré autour de la propriété du Général Mokoko par le régime de Brazzaville l'a tout ce temps empêché de rentrer en contact avec qui que ce soit : il n'a plus aucun droit de sortir ni de recevoir des visiteurs.

Ce soir, le régime de Brazzaville qui gouverne de plus en plus par la terreur et le caporalisme a décidé de retirer la garde à laquelle a droit le Général Mokoko en tant qu'officier supérieur et couper l'électricité de sa résidence pour l'isoler davantage.

De sources proches de ce régime, on évoque une éventuelle arrestation en cours, dans le noir comme lors de la proclamation des résultats de l'élection présidentielle du 20 mars par le Ministre de l'intérieur. Comme nous le savons tous, le régime de Brazzaville excelle désormais dans le huit clos.

Paris, le 07/04/2016

Marc Mapingou

PS : ci-dessous quelques vidéos donnant la parole aux représentants du Général Mokoko à Paris quelques heures après le plus que controversé scrutin présidentiel congolais...

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 07:39
#IvoryCoast parliament head used crisis to stockpile arms: U.N. experts

SOURCE

By Joe Bavier

ABIDJAN (Reuters) - Ivory Coast rebel leader-turned-parliament speaker Guillaume Soro used a 2011 civil war and its aftermath to acquire hundreds of tonnes of weapons, many of which remain under the control of his loyalists in the army, according to U.N. investigators.

The accusation, in a report released on Monday by experts charged with monitoring a U.N.-imposed arms embargo, highlights lingering risk in the West African nation, which has emerged from the crisis as one of the continent's rising economic stars.

Soro, often mentioned as a potential successor to President Alassane Ouattara, headed the New Forces rebels, who occupied the northern half of the world's top cocoa grower for nearly a decade and backed Ouattara during the 2011 post-election conflict.

"The Group (Group of Experts on Côte d’Ivoire) documented the acquisition of relevant quantities of weapons and ammunition, estimated at 300 tonnes, by the (New Forces) in the aftermath of the post-electoral crisis," the report said.

"Guillaume Soro directly handled the acquisition of the materiel."

The stockpiles represent around 30 percent of Ivory Coast's total arsenal, it said.

"The above-mentioned arsenal includes materiel brought into (Ivory Coast) in violation of the sanctions regime that is not yet under the full control of the military," the report continued.

Soro, who under the Ivorian constitution would assume the presidency were Ouattara to die or become incapacitated while in office, denied the accusations.

"(The investigators) are mediocre jokers," he wrote in a response to a Reuters request for comment. "All that's left is for them to accuse us of having weapons of mass destruction."

Government officials, including the defense minister and the government spokesman, were not immediately reachable.

Reuters last year documented the U.N.'s discovery of part of the arsenal, which had not been declared to government authorities and was being held at a military camp in the northern city of Korhogo by a former New Forces commander.

EX-PRESIDENT ON TRIAL

Other weapons stocks were found by the U.N. at a former military training school in Bouake - previously the New Forces' de facto capital - and on the premises of Soro's close protection unit in the commercial capital Abidjan.

Some 3,000 people died during the war in Ivory Coast, which erupted after then-president Laurent Gbagbo refused to accept his defeat by Ouattara in polls in late 2010. Gbagbo is currently on trial before the International Criminal Court, accused of crimes against humanity.

According to the investigators, the stockpiles include weapons seized by the rebels' so-called Zone Commanders from Gbagbo loyalists as the rebels swept south with French and U.N. military backing to support Ouattara's claim to the presidency.

"Although most of the former zone commanders have been integrated into the military, they continue to have independent political and financial influence," the report said.

Other weapons discovered under the control of former rebels now integrated into the army as senior officers bore the serial and lot numbers of arms shipments imported by neighboring Burkina Faso between April and August 2011.

Gbagbo's allies have long accused Burkina Faso and its ex-president Blaise Compaore of supporting Soro's rebellion, which grew out of a failed coup against Gbagbo in 2002.

The weapons purchases were arranged by Compaore's personal military chief of staff General Gilbert Diendere, the investigators wrote.

Compaore was forced to flee Burkina Faso amid violent unrest in 2014 and now lives in exile in Ivory Coast, which granted him citizenship. Diendere, who last year staged a failed coup against the transitional authorities that replaced Compaore, is in detention in Burkina Faso and was not immediately reachable.

Burkina Faso authorities issued an international arrest warrant for Soro earlier this year on charges related to his alleged support for the failed putsch in Burkina Faso.

(Editing by Andrew Roche)

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 15:00
#Congo / Déclaration FROCAD-IDC, alors que #Sassou encercle les maisons de #Mokoko et #Bowao

OPPOSITION CONGOLAISE

PLATEFORMES POLITIQUES FROCAD-IDC

COMITE DE COORDINATION

DECLARATION DU MARDI 05 AVRIL 2016

Le Gouvernement sortant de monsieur Denis Sassou Nguesso a créé les troubles dans Brazzaville et dans Ie Pool afin de permettre à une Cour Constitutionnelle partisane de proclamer les résultats definitifs du scrutin présidentiel du 20 mars 2016.

Plutôt que dire Ie droit, et rien que Ie droit, la Cour Constitutionnelle a choisi de commettre une forfaiture face à un hold-up électoral qui conforte Ie coup d'Etat du 25 octobre 2015.

Les Plateformes Politiques FROCAD-IDC condamnent cette forfaiture ainsi que les bombardements à I'arme lourde actuellement en cours dans Ie Pool, notamment à Mayama et à Soumouna. Elles exigent du Haut Commandement de la Force Publique d'arrêter immédiatement ces opérations guerrières dont le nombre de victimes innocentes ne cesse d'augmenter.

S'inclinant pieusement devant la mémoire des victimes de cette folie meurtrière, les Plateformes Politiques FROCAD-IDC invitent la cornmunauté internationale à créer les conditions d'un dialogue politique entre Congolais en vue de sortir Ie Congo d'une crise politique, institutionnelle et postélectorale dont Ie seuil critique est atteint.

En attendant, les Plateformes Politiques FROCAD-IDC demandent au Peuple Congolais de poursuivre partout la désobeissance civile et citoyenne, notamment sous la forme pacifique d'opérations « ville morte », jusqu'au respect du verdict des urnes.



Fait à Brazzaville, Ie mardi 05 avril 2016

Charles Zacharie BOWAO

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