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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 08:05
Côte d'Ivoire, Rechercher et Dire la Vérité / CR réunion Grenoble 2 juin 2016

Côte d'Ivoire, Rechercher et Dire la Vérité a été crée pour dire aux français ce que les media leur ont caché .Après Ronchin, une rencontre a eu lieu à Grenoble le 2 Juin, CR.

COMPTE-RENDU DE LA RÉUNION PUBLIQUE DU JEUDI 2 JUIN 2016 À GRENOBLE
Dans le cadre de ses activités, CI-RDV a organisé, le jeudi 2 juin dernier, une réunion publique à la Maison des Associations de Grenoble. Le thème « Médias, démocratie ? Regards et témoignages » a rassemblé six intervenants et mobilisé plus d’une vingtaine de participants.
Le président de CI-RDV, M. André Prochasson a, d’entrée de jeu, précisé les motivations qui ont prévalu à la création de l’association et les objectifs qu’elle poursuit. Il s’agit de prendre rendez-vous avec l’Histoire, en ce qui concerne les relations entre la France et la Côte d’Ivoire, en recherchant la vérité des faits basée sur des travaux irréfutables, en déconstruisant le discours officiel relayé par des médias peu enclins à un véritable recoupement des faits, et en informant l’opinion publique française sur la réalité de la guerre survenue en Côte d’Ivoire de 2002 à 2011 et le rôle qu’y a joué l’Etat français.
La parole est ensuite revenue à Mme Espérance Mémel. Avec une voix étreinte par l’émotion, elle a relaté la manière cruelle et les conditions douloureuses dans lesquelles son neveu, gendarme de son état, a été abattu, criblé de balles par des éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (pro-Ouattara), et ce, plus d’un an après la crise post-électorale.
Toujours au titre des témoignages directs, l’ancienne ministre Clotilde Ohouochi a évoqué son propre vécu, en particulier, comment, en tant que personnalité proche de Laurent Gbagbo, elle a affronté les douloureux moments de la crise post-électorale. Menant une existence de reclus, dans une clandestinité totale à Yopougon, agglomération de plus d’un million d’habitants, réputée être le fief de Laurent Gbagbo. Une commune régulièrement et systématiquement pilonnée par les forces de la coalition internationale où tentait vainement de résister le dernier carré des fidèles du président ivoirien. En effet, la Communauté internationale conduite par la France, au lieu d’accéder à la requête de Laurent Gbagbo de recompter les voix pour départager les deux protagonistes de la contestation électorale, a préféré participer militairement aux combats aux côtés des forces pro-Ouattara, semant mort et désolation passées par la trappe de l’impunité. L’intervenante a évoqué les circonstances tragiques dans lesquelles elle s’est retrouvée en exil en France. Son témoignage est consigné dans un livre intitulé « Côte d’Ivoire : on ira jusqu’au bout » paru en 2013 aux Editions l’Harmattan. L’ancienne ministre a également fait le point sur les 300 prisonniers politiques qui croupissent toujours dans les geôles du pouvoir, certains sans jugement depuis 2011, auxquels il faut ajouter les 208 dont on n’a aucune nouvelle. Elle a aussi révélé à l’assistance l’existence d’exilés et de réfugiés ivoiriens depuis la crise post-électorale. Il faut en effet savoir qu’en 2014, la Côte d’Ivoire occupait le 14ème rang mondial des nationalités comptant le plus de réfugiés, avec 809 312 réfugiés, soit 1,5% du total mondial établi à 52, 9 millions de réfugiés. A l’échelle du continent, elle est le 7ème pays, après la République Centrafricaine. En mai 2016, le nombre total de réfugiés ivoiriens dans la sous-région s’établit à 44894 personnes. Ces réfugiés ivoiriens se trouvent pour la plupart au Libéria (21235), au Ghana (11 423 répartis dans les trois camps du HCR à savoir Ampain , Fettenta, Agyekrom), en Guinée (7389), au Togo (2512), au Mali (1022), au Cameroun (313), en Mauritanie (272), en Gambie (250), au Maroc (218), au Benin (180), au Niger (55) et au Burkina (10).
Puis Mme Ohouochi a rendu compte du procès de Laurent Gbagbo à La Haye et démontré la vacuité du dossier de l’Accusation. Certains témoins à charge se transformant au fil des audiences en témoins à décharge ou hostiles. Elle a rappelé la volonté de plus en plus manifeste du leadership et des peuples africains de sortir du Traité de Rome créant la CPI. Les griefs contre cette Juridiction internationale sont nombreux :
- partialité
- acharnement contre les Africains
- outil politique et bras séculier des grandes puissances, etc.
C’est à la 3è intervenante, Mme Karine Ballon, qu’est revenu le soin d’entretenir l’auditoire sur le rôle des médias dans la crise post-électorale en Côte d’Ivoire et, plus généralement, depuis l’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir en 2000. Elle a décortiqué avec la rigueur de sa profession de documentaliste, soutenue par des références bibliographiques, l’action néfaste de la presse internationale, française notamment. En effet, les grands « spécialistes » des questions africaines rédigeaient des articles incendiaires, tendancieusement orientés où Laurent Gbagbo et son épouse de même que certains membres de son entourage étaient dépeints sous des traits les plus horribles et les plus détestables. Alors que le chef de l’Etat ivoirien tentait de contenir les coups de butoir d’une rébellion sanguinaire, venue du Nord et soutenue par la France. Mme Ballon a démontré que l’entreprise de démolition systématique de Laurent Gbagbo visait à servir la raison d’Etat. Le crime de ce dernier c’est d’être issu d’un moule non conventionnel aux yeux de la France et d’afficher des ambitions indépendantistes et souverainistes, prenant des décisions pour la conduite du pays indépendamment des injonctions des autorités françaises. Cependant dans cette grisaille, quelques journalistes ont tenté vainement de faire le travail d’investigation et de recoupement des informations mais ils ont été simplement ignorés ou ostracisés. Certains comme Théophile Kouamouo, fidèle à la déontologie et à la philosophie de la profession, ont préféré rendre leur démission pour ne pas être complices de la forfaiture. Aujourd’hui, selon Karine Ballon, les choses semblent évoluer positivement, en faveur de Laurent Gbagbo et de son combat pour une Afrique digne car, grâce à la conjugaison des actions de mobilisation exceptionnelle des Africains mais aussi d’autres citoyens du monde, l’opinion bouge. Des ouvrages et travaux importants, notamment ceux de Charles Onana, Fanny Pigeaud, François Mattéi, Bernard Houdin, auxquels il faut ajouter l’action soutenue des réseaux sociaux, contribuent largement à ce décilage progressif des Français.
M. Jean-Jacques Guigon, Conseiller Confédéral CGT Afrique sub-saharienne, Maghreb, Liban, qui connaît bien la Côte d’Ivoire où il séjourne régulièrement dans le cadre de ses activités syndicales, a dressé un tableau sombre de la gouvernance Ouattara. Le syndicaliste a mis en exergue les conditions de vie des ivoiriens qui se sont profondément érodées. Il a démontré que la croissance économique à deux chiffres dont se vantent régulièrement les tenants du pouvoir d’Abidjan n’est que poudre aux yeux et affichage propagandiste. La réalité est tout autre. La mauvaise gouvernance illustrée par la gabegie, les marchés de gré à gré et la corruption, est érigée en système de gestion politique. Au plan social, les libertés syndicales, associatives et politiques sont foulées au pied. Cela se traduit par l’immixtion intempestive du pouvoir dans le fonctionnement des syndicats, des partis politiques, des associations de la société civile. Cela se traduit également par un nombre important de prisonniers d’opinion et la répression systématique des activités de l’opposition contrainte à une situation de quasi clandestinité.
M. Kouamé Kra Félix, Secrétaire général de la FESACI (Fédération des Syndicats Autonomes de Côte d’Ivoire) qui nous a fait l’amitié de participer à notre réunion publique alors qu’il est en mission à Genève sur invitation du BIT, a, à la suite de son collègue Jean-Jacques Guigon, confirmé les terribles constats faits par ce dernier. Allant jusqu’à comparer la situation qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire à l’après Alliende quand le général Pinochet a installé un régime dictatorial au Chili. Sa confédération syndicale a subi les méfaits du pouvoir qui y a créé un bicéphalisme au mépris des règles et conventions nationales et internationales. Il a dénoncé la bipolarisation outrancière et manichéenne de la vie politique et sociale en Côte d’Ivoire, répartie en pro-Ouattara et pro-Gbagbo, les bons d’un côté, les méchants de l’autre, se regardant en chiens de faïence. Pour lui, la réconciliation reste un leurre.
Après ces interventions, M. Alain Chabert, Secrétaire de CI-RDV a fait part de sa sidération lorsqu’il a appris le rôle néfaste qu’a joué la France dans la tragédie ivoirienne. Il a réaffirmé sa volonté de poursuivre avec CI-RDV, l’information et la sensibilisation de l’opinion française.
La parole a été donnée à l’assistance pour poser des questions. Deux interventions ont retenu notre attention :
- Une anecdote rapportée par un ancien coopérant en Côte d’Ivoire dans les années 70, aujourd’hui, président d’association. Il a relaté sa rencontre avec la mère de Laurent Gbagbo, lorsqu’il préparait avec les autorités de l’Education Nationale, la politique « d’ivoirisation » des cadres et de transfert des compétences. Laurent Gbagbo s’était inscrit pour être professeur. Mais à l’appel, c’est sa mère qui s’est présentée, pour expliquer que la veille, son fils avait été arrêté par le régime de Houphouët-Boigny.
- Une question sur « Que font le Parti Socialiste et l’Internationale Socialiste aujourd’hui pour le camarade Laurent Gbagbo » ?
A cette question, Mme Clotilde Ohouochi a répondu « rien, aucune action de solidarité véritable», rappelant que des intérêts divergents et des cercles d’influence au sein du PS noient littéralement toutes initiatives en faveur de Laurent Gbagbo. Elle a noté que c’est pourquoi des actions comme celles qu’entreprend CI-RDV en direction de l’opinion française sont à saluer.
La réunion s’est achevée par les remerciements de M. André Prochasson et son invitation à adhérer à CI-RDV. Un pot de l’amitié organisée de main de maître par Marie-Claire Rivoire a mis fin à cette sympathique rencontre.

Texte : Clotilde Ohouochi, ministre ivoirienne et vice-présidente du FPI

Côte d'Ivoire, Rechercher et Dire la Vérité / CR réunion Grenoble 2 juin 2016
Côte d'Ivoire, Rechercher et Dire la Vérité / CR réunion Grenoble 2 juin 2016
Côte d'Ivoire, Rechercher et Dire la Vérité / CR réunion Grenoble 2 juin 2016
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Published by Gri-Gri International Clotilde Ohouochi - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 Francophonie Françafrique
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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 13:01
#CPI #Vidéo Le général Mangou sera-t-il aussi hébété à La Haye que devant des Panafricains à Paris ?

Du cyberactiviste Steve Beko sur Facebook le 9 juin dernier

Depuis quelques jours, mes sources en Côte d'Ivoire m'informaient de la présence de Philippe Mangou, ex chef d'état major de l'armée de Côte d'Ivoire et désormais Ambassadeur au Gabon et témoin à charge contre le président Gbagbo et le ministre Charles Blé Goude à Paris.

Après vérification, je suis à mesure de confirmer que l'homme séjourne bel et bien dans la capitale française. Il a été aperçu le mardi dernier à la pharmacie de la porte de Vanves dans le 14ème arrondissement en compagnie d'un jeune garçon.

En route pour la Cpi ? Attendons de voir...

Du même Steve Beko et toujours sur Facebook ce jour

Le camarade Mwazulu et les panafricains de France ont mis la main sur le Gl Mangou à la Gare du Nord à Paris

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 20:49
Laurent Bigot sait que Ouattara n'a pas gagné en 2010 (#CôtedIvoire #ProcèsDeLaHonte #CPI)

SOURCE

Texte de Laurent Bigot, ancien diplomate français devenu consultant indépendant. En 2010, il était sous-directeur pour l’Afrique de l’Ouest au Quai d’Orsay.

Qui a gagné l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire ? Officiellement, c’est Alassane Ouattara. En réalité ? Bonne question.

Laurent Gbagbo, élu président en 2000 pour un mandat de cinq ans, repoussait d’année en année la tenue d’un nouveau scrutin présidentiel tant que les rebelles qui occupaient la moitié nord du pays n’avaient pas désarmé et que l’Etat ivoirien n’avait pas retrouvé sa souveraineté sur la zone CNO – zone centre, nord et ouest contrôlée par les rebelles pro-Ouattara. Rappelons au passage – deux poids deux mesures – que c’est pour permettre à l’Etat malien de recouvrer sa souveraineté au nord que la France a déclenché l’opération « Serval » en janvier 2013.

Pour une raison que j’ignore, en 2010, Laurent Gbagbo abandonne ces deux conditions et accepte d’aller à l’élection, convaincu qu’il va gagner, sondages réalisés par Euro RSCG à l’appui. Or, pour la France et la communauté internationale, cette élection est un moyen de chasser Laurent Gbagbo du pouvoir. C’est également le calcul du président burkinabé Blaise Compaoré. L’analyse électorale sommaire que font les acteurs internationaux, c’est que le président sortant ne pèse que le poids de son ethnie, les Bété, insuffisant selon eux pour remporter le scrutin.

Plus de votants que d’inscrits

Pour Nicolas Sarkozy et la diplomatie française, cette élection ne peut avoir qu’un seul résultat acceptable : la victoire d’Alassane Ouattara. Il règne à l’Elysée et au Quai d’Orsay une véritable hystérie anti-Gbagbo. Les esprits sont préparés à un conflit, pas à une négociation. J’ai décrit dans une précédente chronique combien la France était obsédée par le départ de Laurent Gbagbo, parant le candidat Alassane Ouattara de toutes les vertus.

Le premier tour se tient le 31 octobre 2010. Les résultats provisoires donnent Laurent Gbagbo en tête avec 38 % des voix, suivi d’Alassane Ouattara (ADO) avec 32 % et Henri Konan Bédié (HKB) en troisième position avec 25 %. Ce dernier annonce très vite qu’il va former un recours en annulation portant sur près de 600 000 voix (il y avait un peu plus de 300 000 voix d’écart entre ADO et HKB). De nombreux procès-verbaux en zone CNO sont en effet suspects : plus de votants que d’inscrits, 100 % des voix pour le candidat Ouattara. Mais, par un concours de circonstances bien étrange, le recours sera déposé hors délai.

Henri Konan Bédié, qui a présidé la Côte d’Ivoire de 1993 à 1999, évoque en octobre 2013 l’élection de 2010, lors d’un congrès du Parti démocrate ivoirien (PDCI) : « Le rang que j’ai occupé à l’élection de 2010 n’était pas le mien… mais vous conviendrez avec moi que les dés étaient déjà pipés. » Ambigus aussi les propos de Jean-Marc Simon, ambassadeur de France à Abidjan, lorsqu’il sort du domicile d’Henri Konan Bédié en 2012 avant de quitter ses fonctions : « Tous ont beaucoup apprécié son attitude tout à fait digne d’éloges démocratiques après le premier tour où il a accepté de ne pas être présent au second tour et d’apporter un soutien sans faille à celui que les Ivoiriens ont ensuite désigné, le président Alassane Ouattara. »

Un ambassadeur qui félicite un candidat « acceptant » de ne pas être au second tour et qui a soutenu « sans faille » son ancien premier ministre et adversaire Alassane Ouattara ? Etonnant ! Faut-il yvoir de l’ingérence ou de la diplomatie « engagée » ? Ou encore les intérêts bien compris de l’ambassadeur Simon, qui n’allait pas tarder à se reconvertir dans les affaires, à Abidjan.

Laurent Gbagbo ne contestera pas les résultats du premier tour car il se retrouve dans la configuration la plus favorable pour affronter ADO au second tour. Il a commis une erreur.

Le second tour se tient le 28 novembre 2010. La Commission électorale indépendante (CEI) n’arrive pas à se mettre d’accord sur les résultats à annoncer. Le camp présidentiel n’a pas la majorité au sein de la CEI et conteste le travail de compilation des résultats. Cette bataille rangée au sein de la CEI culmine le 30 novembre quand le représentant de Laurent Gbagbo arrache des mains du porte-parole de la CEI les résultats qu’il veut annoncer devant la presse. La mission d’observation électorale de l’Union européenne regrettera dans son rapport final que la CEI n’ait pas publié les résultats par bureaux de vote, comme elle regrettera d’avoir été empêché d’observer la consolidation des résultats du premier tour.

C’est finalement le président de la CEI qui proclame les résultats provisoires, hors du délai de trois jours imparti par la loi électorale. L’annonce est faite à l’Hôtel du golf, le QG d’Alassane Ouattara, la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci), ayant refusé que cela se déroule chez elle. Alassane Ouattara est déclaré vainqueur avec une avance de 376 000 voix.

De son côté, le Conseil constitutionnel, s’étant saisi du dossier puisque la CEI était hors délai, annule, dans la précipitation, les votes de sept départements de la zone CNO et proclame Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection.

Dans la foulée, Choi Young-jin, le représentant du secrétaire général des Nations unies à Abidjan, certifie ses propres résultats et déclare Alassane Ouattara vainqueur avec des chiffres différents de ceux de la CEI et du Conseil constitutionnel.

L’enjeu du taux de participation

Rappelons que l’Onuci certifie l’élection alors que ses représentants n’étaient présents que dans 721 bureaux de vote sur un total de 20 073, soit 3,6 % des bureaux de vote. Choi Young-jin affirme dans son livre, Au cœur de la crise ivoirienne (Nouveau Monde Editions, 2015), que ses équipes ont visé tous les procès-verbaux. Mais elles ne peuvent concrètement garantir l’authenticité que d’une petite partie d’entre eux.

Le taux de participation au second tour est annoncé à 81 % (83 % au premier) alors que le vice-président de la CEI, Amadou Soumahoro, membre du parti d’Alassane Ouattara, avait estimé, le lendemain du vote, une participation avoisinant les 70 %, tout comme Gérard Latortue, le chef de la mission des observateurs de la Francophonie. C’est un enjeu crucial, car une participation moindre handicapait Alassane Ouattara et favorisait Laurent Gbagbo. En outre, la société SILS Technology, chargée de compiler électroniquement les procès-verbaux, certes filiale d’une société d’Etat dirigée par un proche de Laurent Gbagbo, écrit à la CEI que son logiciel a rejeté 2 000 procès-verbaux de bureaux de vote car ils comportaient plus de votants que d’inscrits. Selon Bernard Houdin,conseiller de Laurent Gbagbo, ces 2 000 PV rejetés représentaient 300 000 votes.

Il y avait donc de bonnes raisons de prendre le temps de recompter. Et personne n’était plus à quelques semaines près après avoir attendu cinq ans. Or la France s’oppose obstinément à tout recomptage. Nous ne saurons jamais si cela aurait évité à la Côte d’Ivoire de basculer dans la guerre civile. Les deux camps étaient lourdement armés et convaincus qu’ils ne pouvaient pas perdrel’élection. Mais, au moins, la communauté internationale aurait eu la satisfaction d’avoir tout tenté.

Je ne sais pas qui a réellement remporté l’élection de 2010 mais une chose est certaine, les résultats certifiés par les Nations unies ne sont pas les bons.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 09:23
#PaixLibertéRéconciliation en Côte d'Ivoire / Mariam Cissé, prisonnier politique (#Vidéo #UneCartePostalePourLesPrisonniersDopinion)

Le 11 mai 2016, place du colonel Fabien, au siège du PCF, Lydia Samarbakhsh, membre de la Coordination nationale du PCF, chargée des relations internationales, Roger Gballou,membre du Secrétariat général du Front populaire ivoirien, Ephraïm Fadiga, représentant en Europe des Indignés de Côte d'Ivoire, et quelques autres ont eu l'amabilité de nous convier au lancement de l’Opération Paix, Liberté et Réconciliation en Côte d’Ivoire autour de l’initiative « Une carte postale pour les prisonniers d’opinion »

Ainsi que Mariam Cissé, membre du FPI longtemps emprisonnée pour des motifs politiques par le pouvoir ivoirien.

D'autres vidéos suivront.

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 13:11
#LeCamerounDeBiya : 33 ans de sodomie / Général Valsero (#RapFrançaisViensPrendreTaLeçon)

Ajoutée le 10 mai 2016

Le Général Valsero exprime 33 ans de règne d'une main forte contre la jeunesse Camerounaise.
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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 07:25
Réfugiés, cacao, démocratie et Gbagbo / Conférence du 10 mai à Ronchin (#CompteRendu)

Mardi 10 mai 2016, à Ronchin dans une proche banlieue de Lille au Nord de la France, une conférence a été organisée par l’association Côte d’Ivoire, Rechercher et Dire la Vérité (RDV). Cette association a pour objectif de :

« Rechercher la vérité des faits relatifs aux évènements qui se sont déroulés en Côte d’Ivoire ces dernières années, s’appuyer sur des travaux irréfutables, déconstruire le discours officiel relayé par des médias peu enclins au travail de recoupement des faits, informer l’opinion publique française sur la réalité de la société ivoirienne, son histoire, sa richesse, la dynamique au sein de ses différentes composantes sociologiques, linguistiques et culturelles…».

La conférence avait pour thème « Le goût amer du cacao, le goût amer de la démocratie ? » et était animée par le journaliste-écrivain François Mattei auteur de « Pour la vérité et la justice » aux éditions du moment. Auprès de lui, à la table de conférence, se trouvaient André Prochasson président de l’association Côte d’Ivoire, Rechercher et Dire la Vérité », Clotilde Ohouochi, Ancien ministre de la Santé et de la Sécurité sociale de Côte d’Ivoire et Sylvie Bocquet N’guessan, auteure ronchinoise de « Côte d’Ivoire, le pays déchiré de mon grand-père »et « Voyages croisés » parus tous deux aux Editions l’Harmattan.

Madame Sylvie Bocquet N’guessan avait, pour la circonstance, invité des personnes de sa connaissance et de son entourage (amis, voisins, membres d’associations de sa commune…). 80 personnes ont répondu à cette invitation. La plupart avait lu son livre premier livre et voulait en apprendre plus sur l’épilogue de ce récit de la crise post électorale de 2010 en Côte d’Ivoire.

La conférence a démarré par la projection d’un diaporama sur la visite de la famille Bocquet aux réfugiés ivoiriens du Ghana, en février dernier, plus spécialement à Accra et au camp de réfugiés d’Ampain. Mme Bocquet a rappelé à l’assistance qu’à la faveur de la crise post-électorale, des centaines de milliers d’ivoiriens ont pris le chemin de l’exil. Plus de 10 000 croupissent dans les 3 camps du HCR au Ghana, dans le dénuement le plus total.

François Mattéi a ensuite pris la parole pour expliquer la situation actuelle de la Côte d’Ivoire. Il a mis l’accent sur la politique de « rectification » et de « reprise en main » minutieusement élaborée par la France, depuis 2002, pour évincer Laurent Gbagbo du pouvoir. Le crime de celui-ci, c’est d’avoir tenté d’évoluer en dehors du moule conventionnel de la Françafrique et d’avoir engagé de profondes réformes structurelles, politiques, économiques et sociales indépendamment des injonctions françaises. Ce qui lui vaut son incarcération aujourd’hui à la CPI. Mattéi a dressé un tableau désavantageux pour l’Afrique francophone de ses relations avec la France, dénoncé les clauses des accords de défense qui lient la France à ses anciennes ( ?) colonies d’Afrique et qui offrent gracieusement les richesses minérales et énergétiques de ces pays à leur ancienne Métropole. Il a expliqué le caractère aberrant et anachronique du Franc CFA qui est une vraie monnaie de singes. Il a terminé par la guerre post électorale de 2010 dans laquelle la responsabilité de la France est évidente et qui a occasionné des situations dramatiques dont les exilés et les prisonniers politiques.

Le public, très attentif, a exprimé sa surprise voire sa sidération face à de telles révélations. Beaucoup ont exprimé le regret d'avoir été si mal informés.

La ministre Clotilde Ohouochi a succinctement parlé de la Cour Pénale Internationale et de la volonté manifeste des pays africains, parties au Traité de Rome, de se retirer de cette Cour dont plus de 80% des détenus sont d’origine africaine. Une juridiction internationale accusée de partialité, présentée par bon nombres d'Africains comme l'outil politique dont se servent les grandes puissances pour régler des comptes aux dirigeants africains qui ont l'audace de leur tenir tête. Et, pourtant, le statut de la CPI assure l'indépendance de la Justice. Il stipule que les juges sont indépendants (art.12) et que le procureur, responsable de l'instruction des dossiers et de l'exercice des poursuites, ne sollicite ni ne reçoit d'instruction d'aucun gouvernement ni d'aucune autre source (art.16). Nul n'est dupe. Pour accomplir sa mission, la CPI est bien dépendante du bon vouloir de ses fondateurs au Conseil de Sécurité et de leurs intérêts politiques. Outre cette immixtion intolérable des politiques dans le domaine judiciaire, certains pays tels les États-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde, Israël restent parmi les États qui n'ont pas ratifié le traité de Rome créant la CPI. Et, prime à l'impunité et à la partialité, l'article 98 de ce Traité permet à ces États non signataires de soustraire à la compétence de la Cour leurs ressortissants même s'ils commettent des crimes abominables hors de leurs frontières! Les pays africains sont donc valablement fondés à s'interroger sur la crédibilité de la CPI, crédibilité fortement entamée par sa propension à s'acharner uniquement sur leurs leaders. Et leur volonté collective de sortir de cette Cour n'est que plus légitime et justifiée. Destinée à faire reculer l'impunité, la justice internationale devrait marquer un immense progrès pour l'humanité car, aucune paix durable et crédible ne peut reposer sur l'injustice et l'impunité. Mais pour que cette initiative louable, dans laquelle chaque être humain exposé au péril de la guerre fonde tant d'espoir, n'ait pas un goût amer, ne soit pas une symphonie inachevée, la Justice internationale devra s'imposer à tous et pour tous.

Pour conclure, M. André Prochasson a raconté son cheminement personnel de Français ordinaire qui avait suivi l’actualité et pour qui, Laurent Gbagbo était un affreux dictateur jusqu’au jour où, après avoir écouté des témoignages directs d’Ivoiriens et lu plusieurs livres sur la crise ivoirienne, il a été révolté de s’être fait manipuler par les média et la version officielle. Il a alors décidé, avec des amis, de créer l’association « Côte d’Ivoire, Rechercher et Dire la Vérité », pour éclairer l’opinion publique française. Il a invité les participants à adhérer massivement à son organisation pour déconstruire les légendes malveillantes et s’engager dans le combat pour des relations de juste échange entre l’Afrique et la France.

Cette conférence-débat fut un véritable succès par le nombre de participants et la qualité des interventions.

Il convient de remercier M. le Maire de Ronchin et ses collaborateurs pour avoir facilité cette rencontre en mettant à notre disposition, à titre gracieux, la salle avec toutes les commodités.

Texte : Sylvie Bocquet N'guessan

Réfugiés, cacao, démocratie et Gbagbo / Conférence du 10 mai à Ronchin (#CompteRendu)
Réfugiés, cacao, démocratie et Gbagbo / Conférence du 10 mai à Ronchin (#CompteRendu)
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 21:00
#Mediapart / Les deux procès Gbagbo (ITV Fanny Pigeaud)

Correspondante de Mediapart en Afrique francophone, Fanny Pigeaud revient sur le procès de Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale de La Haye, où il est poursuivi pour crimes contre l'humanité, et celui de sa femme, Simone Gbagbo, à Abidjan.

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 21:02
Le vrai héros du procès Gbagbo, c'est Simone ! (#Vidéo)

Ajoutée le 9 mai 2016

Elle comparaîtra le 31 mai prochain mais Simone Gbgabo ce matin était d'une incroyable bonne humeur.Elle a distribué aujourd'hui un bon paquet de bisous même aux avocats de la partie civile.Elle joue pourtant très gros. No Comment !
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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 18:34
Mathilde la Prési et Célestine l'Egérie 11/04/2016 Paris
Mathilde la Prési et Célestine l'Egérie 11/04/2016 Paris

Texte de l'allocution prononcée par Mathilde Thépault, présidente de l'association Halte au Génocide Mémoire et Justice (HGMJ), à l'occasion du dépôt d'une gerbe au pied de la statue de la Bastille à Paris, le lundi 11 avril 2016 pour le cinquième anniversaire du kidnapping et de l'enlèvement du dernier président ivoirien élu et investi régulièrement, Laurent Gbagbo.

Le 11 avril 2011, j'étais en Ukraine, à Kiev, avec mes enfants, Camille et Julien, dans le cadre d'un voyage scolaire ; car, en bonne pro-Gbagbo, je suis enseignante. Je dirais même qu'en bonne pro-Gbagbo, j'étais comme lui francophile. Pratiquante de la langue et de la culture françaises. Epouse de Français. Et mère de futurs citoyens français... qui auront vu l'armée du pays de leur père attaquer le pays de leur mère.

En vérité, le 11 avril 2011, j'étais surtout au téléphone. Toutes les heures, je joignais mes parents sous les bombes franco-onusiennes à Abidjan. Dans leur pays. Dans notre pays. Dans mon pays. Attaqué par des puissances extérieures qui venaient nous enseigner la démocratie, les droits de l'homme et la réconciliation avec des armes lourdes, des hélicoptères de films de guerre, un ignoble embargo sur les médicaments et une entreprise médiatique de diabolisation faisant de nous des nazis et de notre président élu et investi, Laurent Gbagbo, une déclinaison nègre d'Adolf Hitler.

Lui à qui la Côte d'Ivoire doit le multipartisme et l'enseignement gratuit et Alassane Ouattara d'avoir pu, contre la loi, se présenter deux fois aux élections présidentielles. Ouattara n'est ingrat qu'avec les Nègres.

Notre pays, la Côte d'Ivoire, offensé, diffamé et affamé car indépendant, jaloux de sa souveraineté et soucieux du respect de sa constitution.

Nous n'avons pas attendu Obama, qui en 2009 à Accra venait nous dire qu'en Afrique les institutions devaient plus compter que les hommes.

Nous savions que nous n'entendrions pas Obama protester, deux ans plus tard, contre le coup d'état perpétré par Nicolas Sarkozy et l'ONU en Côte d'Ivoire au nom d'une communauté internationale aussi blanche que les accusés de la CPI sont noirs.

Un coup d'état qui dura dix ans. Un coup d'état qui mit d'abord au monde en 2002 une rébellion, dirigée et incarnée par Guillaume Soro, protégé et nourri par l'assassin de Thomas Sankara, l'employé de l'Elysée et de Washington Blaise Compaoré, pour le compte d'Alassane Dramane Ouattara.

Ce Soro qui est aujourd'hui, Ô honte, le Président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire... en même temps, nous révèlent les Américains, qu’il est le détenteur d'un tiers de l'arsenal ivoirien.

Ce Soro qui, malgré plusieurs mandats d'arrêt internationaux aux fesses, n'est pas livré par notre pays à ceux qui voudraient l'entendre, à Paris, à Ouagadougou où à La Haye. Ce Soro à qui les gendarmes de Bouaké en 2002 doivent la plus grande saignée qu'aient connu leurs effectifs. Je ne parlerais pas ici des Adjanous, des 90 combattants MPCI morts d'étouffement dans des containers à Korogho, des massacres d'Anankoua Kouté, du génocide pratiqué à Duékoué, des femmes et des jeunes patriotes liquidés par milliers avant le kidnapping et la déportation du Président Gbagbo. De l'implication notoire de Soro dans la tentative de putsch en 2015 au Burkina Faso.

Ce Soro dont décidément la place se trouve désormais à La Haye, peut-être au moins autant que devant un tribunal ivoirien. Pas aux côtés, mais à la place de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. En attendant que les rejoignent les Bush, Blair, Cameron et autres Sarkozy.

Du moins s’il existait une justice internationale, impartiale et donc la même justice internationale pour les Blancs aussi.

Un coup d'état qui, en 2004, vit la France monter une barbouzerie catastrophique à Bouaké, en vue d'incriminer un Laurent Gbagbo... qui aime décidément plus la France que Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie ou Dominique de Villepin.

Un Gbagbo qui jamais n'aurait fait bombarder ou tirer sur des soldats français. Ni en 2004, ni en 2011. Même quand les blindés français venaient le menacer en son palais, après avoir détruit la flotte de son pays et recouvert à jamais l'esplanade de l'Hôtel Ivoire du sang de plus de soixante de nos jeunes frères.

Un coup d'état qui en 2010 se fit trucage électoral, complot médiatique, asphyxie financière et monétaire, et pour finir spectaculaire démonstration d'humiliation à l'attention des esprits africains libres et fiers qui seraient tentés de suivre l'exemple ivoirien. Démonstration d'humiliation en avril 2011, lorsque les Africains et nous, vîmes notre président en tricot de peau, à la merci de chiens de guerre hirsutes et analphabètes. Démonstration d'humiliation toujours depuis novembre 2011 et l'arrivée du président Gbagbo à La Haye.

Un coup d'état dont la conclusion, le 11 avril 2011, fut le point de départ d'une série de conflits créés et entretenus à dessein, en Libye, au Mali, en Centrafrique... qui donnent lieu aujourd'hui à des attentats meurtiers à Ouaga, Bamako, Abidjan. Et demain, sûrement, à Dakar, à Niamey ou à Conakry. Des attentats dont on nous dit, sans honte et sans humour, que bien que se déroulant et tuant chez nous, ce sont les intérêts français qu'ils visent ! Même chez nous, nous ne sommes que des victimes collatérales.

Le coup d'état fut long à réussir.

Comme sera longue notre lutte pour la libération de la Côte d'Ivoire, et partant de tous les pays de la zone franc. Mais l'Histoire est avec nous. Et la Démographie aussi. Demain, après-demain, il n'y aura pas 25 ou 30 millions d'habitants en Côte d'Ivoire, mais 60, 70 ou 80. Il en ira ainsi de tous nos voisins. Songeons qu'en 2050, nous serons 2 milliards d'Africains, de Nègres à qui l'on ne pourra plus faire tout ce qu'aujourd'hui on nous fait.

Ho Chi Minh disait à propos de la lutte pour la libération du Vietnam : "Elle va durer 5 ans, 10 ans ou même plus. Mais à la fin nous gagnerons.” Le temps n'est-il pas l'autre nom de Dieu.

Gardons l’espoir que même à La Haye, la Vérité finisse par triompher aux yeux du monde entier et de tous ceux qui, par ignorance ou par facilité, gardent les yeux fermés sur le destin tragique d’un Homme dont le seul tort a été de rester debout pour défendre la liberté de son peuple.

TEXTE : MATHILDE THEPAULT (HGMJ)

11/04/2016 à Paris, place de la Bastille

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 09:32
#Bénin Patrice n'est que le Talon d'Achille Boni Yayi / #PCB

Les débuts désastreux du nouveau Président béninois, Patrice Talon, notamment à l’international, allant du voyage à Abidjan pour aller prêter serment devant son prédécesseur Yayi Boni à la fausseté et à l’incongruité des propos tenus à Paris devant le Président français, ont soulevé désapprobations et inquiétudes légitimes de la part du peuple béninois. Ces comportements où se mêlent des sentiments d’amateurisme et de vouloir donner des gages à la françafrique, confirment la nécessité de la tenue des Etat généraux du peuple afin de procéder à un état des lieux et d'adopter une feuille de route qui prenne en compte les aspirations du peuple pour une Rupture et un Nouveau Départ véritables. C’est ce qu’indique le PCB dans ce numéro 70 de son journal « LE CREPUSCULE DU MATIN »


Initialement paru sous le titre :
LES « BOURDES » DE TALON ET LA NECESSITE DES ETATS GENERAUX DU PEUPL
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Depuis le 15 avril 2016, les Béninois de l’intérieur comme de l’extérieur, se posent des questions à propos des voyages, actes et propos du nouveau Président Patrice Talon. D’abord, parce que ces voyages ne sont pas officiellement annoncés ; ensuite les propos tenus par leur Président ne sont connus que par le biais des médias étrangers, enfin et surtout ces propos sonnent à faux par rapport au mandat dont ils pensent l’avoir investi. Il en est ainsi du voyage et de la rencontre à Abidjan le 18 avril entre Talon et Boni Yayi sous l’égide des présidents togolais et ivoirien. "Le serment à Boni YAYI d’être un bon président" fait par Talon à Yayi a soulevé désapprobations et inquiétudes légitimes de la part du peuple qui conçoit mal que son président élu contre Boni Yayi puisse aller prêter serment devant celui dont le peuple attend des comptes sur les nombreux crimes politiques et économiques. La rupture est-elle déjà mise entre parenthèses ? En tout cas, jusqu’à ce jour, le peuple ne sait ce qui lui revient de bien et de bon de ces discussions et entente entre Talon et Boni Yayi. De la Côte d’Ivoire, le Chef de l’Etat s’est envolé sur Paris. Les Béninois ont eu à suivre les propos du Président Talon à la conférence de presse après sa rencontre avec le président français, François Hollande le mardi 26 avril. La fausseté et l’incongruité des propos tels que "le Bénin est aujourd’hui comme un désert de compétences" aussi bien dans l’administration mais également (plus loin dans sa déclaration) au niveau des " services de sécurité et de défense, des services de renseignements" ont soulevé un tollé dans la population. Surtout que comme solution à ce désert de compétences, le Président du Bénin demande au Président français de « nous accorder de la compétence tout de suite », de « nous donner des cadres, de l’assistance technique pendant quelques mois, quelques années ». A la négation de l’existence des compétences du Bénin, il ajoute le retour en force et en grand des assistants techniques français pendant que des milliers de talents chôment ou sont mis aux placards. Devra-t-on voir le retour au Bénin d’une base militaire française, force d’occupation chassée en 1964, pour soi-disant suppléer au désert de compétence dans les services de sécurité, de défense et de renseignements ? La ficelle est si grosse que le journal "la Nouvelle Tribune" du 27 avril 2016 a qualifié ces propos de « grosses bourdes de Patrice Talon à l’Elysée ». Le tollé général suscité a obligé Talon à son retour au Bénin, le 27 avril à faire comme un compte rendu de son calendrier pendant les 12 jours d’absence du pays. Il a pu dire : « Je ne me suis engagé dans aucun compromis encore moins aucune compromission préjudiciable à mon engagement de bonne gouvernance, de Rupture et de Nouveau Départ ». D’accord, mais on ne sait toujours rien de ces intrigues de coulisse, et pourquoi à Abidjan ? En ce qui concerne les propos relatifs au "désert de compétences", Talon a tenté de se rattraper, de circonscrire le manque de compétences au niveau de l’administration, dans quelques « domaines limités et pour un temps très limité ». On espère que ces domaines limités et pour un temps très limité concernent également la sécurité, la défense et les services de renseignements. En tout cas, vouloir le retour d’une base militaire étrangère dans notre pays, après le départ en 1964 de la base militaire française, serait une forfaiture inadmissible contre la souveraineté nationale. Mais ce qui provoque l’indignation du peuple, c’est que tout ce périple ainsi que les propos incongrus du président Talon apparaissent comme un reniement de la victoire populaire sur la tentative de recolonisation et de maintien de la continuité. Le journal « Le Matinal » en date du 27 avril 2016 a conclu son analyse des propos de Talon à l’Elysée que « Patrice Talon veut gouverner en s’appuyant sur la France ». Le peuple ne comprend pas qu’après avoir rejeté la recolonisation, on aille solliciter le renforcement de la FrançAfrique avec ses assistants techniques aux commandes. Le peuple ne comprend pas qu’après avoir rejeté la mauvaise gouvernance de Yayi, on puisse aller prêter serment devant lui. Le Parti Communiste du Bénin, la Convention Patriotique des Forces de Gauche, le Front de Refus du Bénin Waxala ainsi que beaucoup de personnalités et de démocrates, bien imprégnés des attentes du peuple ainsi que de la profondeur de la crise, avaient préconisé que la priorité des priorités devrait être la convocation et la tenue des Etat généraux du peuple afin de procéder à un état des lieux, de déterminer les nouvelles règles qui permettent de rompre avec le système d’impunité et du pacte colonial afin de relancer le développement économique et social du pays. Une telle assise donnerait un contenu concret à ce qui est appelé Rupture et permettrait un véritable nouveau départ. On aurait par exemple bien situé le fait que ce qui mine l’administration béninoise est moins un défaut de compétences que l’impunité qui autorise le placement et le soutien clientéliste de cadres incompétents et corrompus. On aurait recherché les voies et moyens de promouvoir la compétence, la probité et le patriotisme au service du pays ; de donner plus de droits aux travailleurs et aux citoyens pour le contrôle des gestionnaires du bien public. On étudierait par exemple comment les expériences comme celle de l’Université où le recteur, les doyens, les chefs de département ainsi que les directeurs des Ecoles sont élus, pourraient s’étendre à toute l’administration publique et parapublique. On éviterait au peuple ces bourdes humiliantes et ces négations de sa souveraineté et de sa dignité de la part de son Président. La colère des citoyens, la houle de désapprobations populaires indiquent que le peuple est debout. Pas plus que la recolonisation, le peuple n’acceptera pas la continuité du système d’impunité et du pacte colonial.

La Rédaction

Le Crépuscule du matin N°70 28 avril 2016

Prix : 50 francs

Organe de liaison du Parti Communiste du Bénin

Directeur de Publication : Philippe NOUDJENOUME

Rédacteur en Chef : Jean Kokou ZOUNON

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