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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 14:07
#Sassou by any means necessary...? (#Hollande #USA)

Questions du Gri-Gri
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0/02/2016

- Mais, euh...il n'y a pas eu de contestation, au Congo Brazza, en octobre dernier, lorsque Denis Sassou Nguesso, dit le Cobra Suprême, a imposé par référendum le changement de constitution lui permettant, non seulement de s'affranchir de la limite d'âge, mais aussi de celle du nombre de mandats renouvelables ?

- Ah ben si... bien sûr qu'il y a eu contestation en octobre 2015... Y'a même eu des morts...à Brazzaville et Pointe noire, si l'on en croit le quotidien de révérence dans sa version électronique et continentale.

- Des émeutes même, des barricades... la vache ! Internet et RFI coupés ! En fait, ça a déjà vachement chauffé au Congo-Sassou depuis que celui-ci a fait savoir qu'il ne quitterait pas le pouvoir de son vivant.

- Ca m'étonnait aussi... que personne ne proteste contre cet obscène rafistolage constitutionnel, surtout après les fortes paroles, en 2009 au Ghana, de Super Renoi Obama sur le nécessaire respect des institutions africaines...

- Avec un doigt de malice, on pourrait d'ailleurs s'interroger sur ce proclamé attachement de la communauté blanche, pardon de la communauté internationale, aux institutions africaines... la Cour constitutionnelle gabonaise réélisant à l'infini la même ancienne maîtresse d'Omar Bongo à un poste de présidente, pourtant, en principe à mandat unique... le Conseil constitutionnel ivoirien, réfuté jusqu'au coup d'état en 2010-2011, dédit inéditement et renouvelé, à en devenir ouattariste depuis, hors des sentiers apaisants de la légalité... et maintenant Sassou...

- Exception confirmant la règle : le beau Blaise...qui était, au moment de sa chute, presque un jeunot par rapport à Sassou (27 ans seulement au pouvoir...petite bite !).

- Mais qui a fait chuter Compaoré ? Le peuple burkinabé ? On a tous envie de chérir et répandre cette version. Les fils de l'homme intègre cassant les reins de l'usurpateur cruel et serviable.

- Mieux : nous sommes tous prêts déjà à la congoliser... A Brazza, la rue et Facebook ont fait tomber Sassou ! Hourra ! Vive la démocratie, la société civile, les ong, George Soros, les révolutions arabes et les printemps à l'orange !

- Sauf que Blaise n'a pas été arrêté, n'est pas inquiété dans sa résidence abidjanaise... et qu'on finit par se demander s'il ne s'est pas simplement agi d'un changement de personnel réclamé par les Américains, dérangés aux entournures par cette relique du colonialisme français version françafricaine un peu trop voyante...

- Ce qui pourrait inquiéter Sassou... qui, au grand Tale of the tape des franco-présidents à vie, tutoie les sommets (Y'a rien à faire, tu peux pas test' avec Biya...). Et qui est chaque jour davantage prêt à pactiser avec l'ennemi chinois à endiguer.

- Sassou rendu hardi car soutenu un peu plus que du bout des lèvres par le Français Hollande. Du bout des lèvres seulement, il n'aurait rien dit du tout, fait comme s'il n'avait pas entendu. Tandis que là, pardon, l'Hollande a déclaré que le Black Milosevic avait le droit de consulter son peuple... Oui, oui, un blanc seing, c'est comme ça que ça s'appelle.

- Sûr que si ça venait à mal tourner, à franchement dégénérer, à virer vilain au Congo-Brazza en mars prochain...Hollande serait en première ligne au moment de passer en revue la cohorte des responsables.

- Hollande a beau ne pas avoir, dit-on, d'appétence particulière pour l'Afrique - ce continent qui rend fou, comme l'a écrit, trop souvent, Vincent Hugeux -, il ne peut pas lui avoir échappé que Sassou est d'un gabarit particulier. Si la brutalité se mesurait, il servirait de mètre-étalon, est-on tenté d'audiarder hasardeusement.

- Où était Hollande durant la guerre civile qui permit à Sassou de reprendre en 1997 le pouvoir que par les urnes on lui avait ôté en 1992 ?

- Personne, jamais, à la cellule nègre de l'Elysée, ne lui a parlé du Beach et de ses 350 et quelques victimes...?

(Parenthèse historique :

- Y'a un vieux briscard de l'anti-Sassou-isme primaire qui prétend qu'historiquement, dans l'armée congolaise, Sassou a toujours discriminé les officiers supérieurs non-Mboshi... même ceux formés dans l'ex Union soviétique ! Vous dire la solidité du préjugé anti-Non-Mboshi chez Sassou. Fin de la parenthèse)

(Parenthèse politique consécutive :

- Parlant d'appartenance, je me demande si au Congo-Sassou on vote encore beaucoup en fonction d'elle... je sais, la question n'est pas belle, mais elle se pose. Fin de la parenthèse).

- Plus près de nous, on n'informe pas Hollande des rencontres entre les opposants congolais et l'ambassadrice américaine ? C'est pourtant, apparemment, en contradiction avec son blanc seing, avec le permis de gagner by any means necessary qu'il a délivré plus que du bout des lèvres au Son of the Beach, non ?

- C'est en tout cas ainsi que l'éloquente blogosphère pro-Sassou l'a interprété : "Alors que les Congolais se préparent pour élire leur premier Chef de l’Etat de la nouvelle République, l’ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique au Congo, Stéphanie Sullivan Sanders, manœuvre avec l’opposition radicale pour boycotter le scrutin, porter atteinte à la démocratie congolaise, déstabiliser les institutions de la République et plonger le pays dans le chaos."

- Et le refus angolais de cette fois soutenir Sassou...ça l'interpelle pas, Hollande ?

- Il n'entend pas dire un peu partout, comme nous, que Sassou a recruté pour cher, prévenant ainsi qu'il était prêt à exercer le monopole de la violence légale que lui confère le pouvoir ?

- Imaginons un instant que les opposants congolais adoptent la stratégie prêtée à l'ambassadrice US, et qu'un peu partout dans les provinces ils paralysent les scrutins, contestent les présumés résultats, empêchent les urnes de circuler "librement", au point de déstabiliser le pays... comment réagirait Sassou ? Par le dialogue, la diplomatie et le recours aux médiateurs de l'Union africaine ? Lol.

- Autre question pas belle mais qui se pose néanmoins : pourquoi Hollande laisse faire Sassou, sachant tout cela ? Pour faire la nique aux Ricains et montrer les biscotos gaulois ? Ca aussi, ce serait inédit...

- Amusant : les mêmes qui murmurent que Sassou a recruté racontent aussi, mais encore plus bas, que Sassou n'oublie jamais ses partenaires hexagonaux lorsque ceux-ci s'apprêtent à vivre une année à échéance électorale du type présidentielle... des malveillants qui ont trop lu Péan, Harel et quelques autres... mordez le tableau : Sassou remplissant des mallettes pour Hollande, Valls, Le Drian... Impensable.

Texte : G.P.

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