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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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  • : Né au Gabon en 2001, le Gri-Gri International, sur papier, sur le web ou en livres, a pour fonction d'empêcher de dormir les rois nègres, les ministres excessivement coopérants, les experts véreux, les vedettes en bois, les journalistes stipendiés, les marabouts escrocs...
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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 13:33

Mesdames, Messieurs, bonjour.

Je voudrais vous souhaiter la bienvenue et vous saluer très chaleureusement, d’être présents à cette conférence débat « Dictature et Economie au Congo Brazza », et bien sûr pour la promotion du livre de Modeste Boukadia. 

Plus de 20 ans en quelques lignes

Dans les années 90, je découvre le Congo,celui de l'après Conférence Nationale Souveraine avec Modeste Boukadia plein d'espoir de revivre "Brazza la verte".  

Je découvre les spécialités de la gastronomie locale :  poissons, gibiers comme le cibici, le phacochère. Ces mets succulents sont dégustés au restaurant "le sergent recruteur". Nous sommes servis par un monsieur, qui pour l'occasion a enfilé une redingote malgré la chaleur. Mais avec le coup d'état, ce monsieur est assassiné et son restaurant brûlé. D'autres à titre d'exemple,le journaliste sportif Clément Massengo connu sous l'appellation "Docteur Fu Manchu", le restaurateur de "l'île du père Feignant" sont pourchassés et tués

1996,

Nous sillonnons le pays. Modeste Boukadia commence à se faire connaître dans l'arrière-pays et notamment parmi les Anciens. Il règle les droits d'inscription (5 millions de FCFA soit plus de 7600€) et se déclare candidat à l'élection présidentielle en sa qualité de Président du CDRC, Cercle des Démocrates et Républicains du Congo, c’est le 2ème parti enregistré.

Dans ce pays, ce ne sont pas des mains que l'on sert au marché pour la campagne. Ce sont,des vivres que l'on apporte au village visité en offrandes au Chef pour les villageois. Pour 300km, ce n'est pas 3h d'autoroute ou de nationale, mais 6h de routes pas entretenues, des chemins ravinés et de ponts peu rassurants même en 4X4 

Mais le 5 juin 1997, des canons déchirent ce calme. Un conflit fratricide éclate. La population fuit les villes, l'arrivée des milices. Cobras, Ninjas, Cocoyes sont les plus importantes

 Modeste Boukadia se déclare en 2009 candidat à l'élection présidentielle. L'inscription coûte 9 millions de FCFA. Nous reprenons le chemin de battre campagne et de recevoir beaucoup de personnes à la maison. Ces visites arrivent à n'importe quelle heure y compris celle du repas. La table s'allonge naturellement

Cette élection ressemble à un jeu pipé. Aucun candidat n'a accès aux communications médiatiques. Ceux qui acceptent voient leurs rédactions fermées/diffusion de bloquées. Pour pouvoir s'inscrire, le président sortant impose aux candidats 3 consultations médicales.  Modeste Boukadia refuse cette tactique et suspecte des diagnostics pouvant être télécommandés. Sa réponse est que sa femme est médecin. Il se retire et appelle au boycott de ces élections qui ne sont pas si claires et transparentes. La chasse à l'homme commence. Juin 2009 Modeste Boukadia est recherché et retourne en France. 

Il revient au Congo début 2010

Mars et juin 2013, année de ces 2 grands rassemblements, avec autorisations demandées et accordées + les contributions pour les dits dérangements. 

Une foule importante répond à l'appel et est présente par conviction. 

21 Août 2013, des gendarmes ou policiers arrêtent sans présentation de mandat 28 membres du parti à Pointe Noire. Modeste Boukadia arrive à leur échapper et rejoint la France en septembre. Par les voies diplomatiques et le respect du droit, il informe médias, gouvernements et organismes internationaux. L'ONU lui répondra en 2015 que ce sont des arrestations arbitraires et abusives. 

2014, l'association FVCB organise une manifestation devant l'ambassade du Congo. 

La raison : ils avaient arrêté un bébé de 8 mois avec sa mère. 

Le prétexte : l'enfant s'appelle Modeste Boukadia et pour eux, ils ont arrêté le président du CDRC. 

De 2013-fin 2015, Les associations Union Congo et AFSPP-CB ainsi que tous les amis fidèles et la famille, nous nous mobilisons pour communiquer et informer médias, politiques et organismes nationaux et internationaux de ce kidnapping avec un procès cousu de fil blanc qui se déroule à Pointe Noire, téléphoniquement télécommandé par Brazzaville. 

Sur les 28 détenus, 14 sont libérés, 2 avec 2 ans de détention toujours emprisonnés, cela fait déjà 3 ans. 

2016 

 Pour présenter ses vœux à la presse locale, comme chaque année, retrouver MaLoutaya, la maman du Président du CDRC, nous prenons l'avion le 15/01/2016 pour 3 semaines. À Maya Maya, nous attendent 4000 sympathisants, membres du parti et la famille. Face à eux 2000 militaires, gendarmes, policiers garde républicaine et 4 blindés accompagnés d'un hélicoptère.

Une vingtaine d'hommes en uniforme remontent le flux de passagers qui sortent de l'avion et arrêtent Modeste Boukadia au début de la passerelle. Je m'impose et suis mon mari. A un moment, je fouille dans mon sac à main, et un militaire/policier me somme en aboyant de ne sortir ni de téléphone ni appareil photo. 

Dans les bureaux de l'aéroport, ce même homme en chemise noire lui demande s'il reconnaît les faits. Il tend à Modeste Boukadia une feuille de papier tamponnée sans rien d'autre d'officiel, sur laquelle est inscrit la condamnation par contumace à 30 ans de travaux forcés. Modeste Boukadia ne répond rien. Je regarde la feuille posée et lui répond :" nous n'avons rien reçu ni du gouvernement de la République du Congo ni de son ambassade à Paris, nous ne pouvons reconnaître ce que nous ignorons". 

Après avoir ouvert sa mallette, il sort le mémorandum imprimé. Il s'écrit :"ça y est j'ai la preuve". Suite à sa découverte, je lui rétorque :" c'est non seulement sur le net, envoyé aux chefs d'état, aux organismes internationaux. S'il n'y avait pas tant de coupure d'électricité, ce document ne serait pas imprimé". Frustré, il sort le drapeau. Un gradé s'approche et énonce :"il y a du rouge, du jaune, y-a-t-il du vert ?". Leur mauvaise foi évidente me fait lui répondre :" mon mari n'est pas un officiel de la République du Congo." 

Il interpelle un soldat qui sort le drapeau, le pose au sol et s'apprête à le mesurer. De peur qu'il marche dessus, j'énonce :"ce drapeau est enregistré à l'ONU et possède les mesures requises". Le supérieur donne l'ordre de le ramasser. Là encore j'interviens :" ce n'est pas du linge sale, vous l'avez trouvé plier et ranger dans son plastique, je souhaite qu'il retrouve sa situation initiale". 

Nos valises sont ensuite apportées. "Quelle est la valise de monsieur Boukadia ? Ma réponse :"J'imagine monsieur, que vous n'êtes pas marié, car une femme cherche à gagner de la place et ne fait pas une valise par personne". 

Le plus gradé m'annonce que Modeste Boukadia va partir à la maison d'arrêt de Pointe Noire. Pour que j'accompagne mon mari il me faut acheter un billet.

À mon retour, Modeste a été emmené menotté. La foule réagit en le voyant sur la terrasse. Les hommes armés chassent les sympathisants. 

Le lendemain, à Pointe Noire, j'achète le droit de visite pour une semaine. Je retrouve mon mari, fatigué. 

1ère action lui apporter un nécessaire de toilette et du linge de rechange. 

La 2ème étape mettre en place son alimentation et eau de l'extérieure. 

3ème temps, rendre visite au Consul et lui expliquer l'arrestation abusive de ce Français Congolais. 

Le consul m'explique que pour les binationaux sont français en France et congolais au Congo. L'exemple de la franco-colombienne, Ingrid de Betancourt, me revient en tête et la France a largement contribué à sa libération. Le consul me dit que Modeste Boukadia a fait un meeting sans autorisation.  Son bras droit présent à mes côtés, lui tend les photocopies prouvant non seulement que le président du CDRC a fait une demande mais que celle-ci lui fut accordée et payée.  

Le consul général, le consul et le consul adjoint vont rendre visites Modeste Boukadia, en janvier, mars et juin. 

De retour sur Brazzaville, j'effectue la tournée de toutes les ambassades y compris la nôtre. A cette dernière, j'entends des inepties dans la bouche de l'ambassadeur.

Le rythme du séjour : visites à Modeste matin et après-midi, courses, administrations, occupent largement la journée sans parler des embouteillages liés à la dégradation extrême de la chaussée au niveau du marché Tsié Tsié. 

Autre élément important :  trouver un avocat capable de plaider ce type de dossier. 

Suite au rendez-vous avec monsieur Brice Makosso, direction à la commission : justice et paix. Bref descriptif de chacun des 3 avocats proposés. Le parcours de l'un retient mon attention. Syndicaliste ayant fait de la prison puis en sortant devient avocat. Je prends RDV avec cet homme qui accepte de plaider la cause. 

Février – Mars 2016 : les frais d’inscriptions pour être candidats s’élèvent 25 millions de FCFA soit 32 800€ sans compter les frais de campagne et meeting. Mais un candidat potentiel est retiré d’office des prétendants, à l’insu de son plein gré. Il végète dans une cellule de la maison d’arrêt de Pointe Noire parce qu’il veut un Congo Libre. 

4 Avril 2016. Il y a des tirs dans Brazza. L'avion décolle de Roissy avec 4h de retard. A l’arrivée, impossible de sortir du périmètre. Militaires cagoulés sillonnent sur des voitures portant un fusil mitrailleur. A certains carrefours, c'est purement du racket, faisant sortir tout le monde du véhicule, présentation des pièces d'identité. Les passeports étrangers ont du mal à revenir à leurs propriétaires. Le soir, c'est pire encore. Fouille des voitures pour chercher des armes, certains hommes ont même eu le plaisir de se faire palper. 

Même rythme qu'en janvier. Les visites à Modeste ne se déroulent plus au parloir chaud puant et truffé d'insectes mais dans l'espace entre l'enceinte et le bâtiment. C'est beaucoup moins de bruit et mieux ventilé par une brise agréable. 

Brazzaville, un court séjour pour enterrer dignement Marianne Loutaya et représente Modeste qui n'a pas eu l'autorisation de sortir accompagner sa mère à sa dernier demeure. Un greffier a inscrit "devant la caducité de l'événement, la demande de liberté provisoire est rejetée". 

Octobre 2016. Changement de directeur de la maison d'arrêt de Pointe Noire. Les promenades sont interdites. Il n'y a plus de privilèges pour personnes. Pas pour tous ! 

"Je suis nommé par le ministre de la justice" m'annonce ce personnage qui confond RDV et audiences. Rassurez-vous, il n'est ni président, ni pape encore moins têtes couronnées puisqu'il n'est que l'exécutant d'un ministre.

Moins de militaires visibles dans les véhicules, mais des blindés toutes sirènes hurlantes traversent la ville pour aller.... à la pompe à essence. Oui, rupture de carburant au pays du pétrole. La longueur de queue peut atteindre 1 km. Les militaires qui montent la garde sont maintenant armés, différence notoire. C'est vrai que l'on est fort avec des armes contre en face, rien que leur malnutrition, leur confiance perdue, mais pas encore l'abnégation. 

Novembre 2016. Pour faire sentir que ce régime présidentiel tient la population, on menotte les portes de communications entre parloir et cour des prisonniers, le soir et partant avec la clé. Fait intéressant lorsque les archives s'enflamment spontanément, sans électricité ni mégots ni essence.

Pour fêter son 11ème mois de détention arbitraire et abusive, le directeur de la maison d'arrêt accompagné de 4 gendarmes ont offert à Modeste Boukadia, de beaux bracelets ... au sein même de cet espace carcéral. Non pas pour sortir voir le juge qui ne veut pas le recevoir, pas encore, attendons demain disent-ils. Qui sait peut-être la prochaine étape sera le quartier disciplinaire pour bientôt ? Un homme qui aime et respecte la vie, pour avoir sauvé celle de Denis Sassou, respecté par tous les prisonniers actuellement, n’est-ce pas une provocation pour une insurrection ? Toutes les conditions sont requises.

Pendant ce temps, pour soutenir sa libération, je me suis rendue à un rassemblement de la diaspora congolaise, témoigner sur les prisonniers qui ne mangent qu'un jour sur deux et une cuisse de poulet pour 3 détenus, tellement la trésorerie de cette administration est sur la paille. Ils établissent des listes après d'autres listes de détenus ou prisonniers susceptibles de verser 100000 FCFA soit 153€, le quart d'un salaire d'enseignant. Cette aspiration à construire la société civile qui manque tant au Congo, ne peut être qu’un acte positif avec de jeunes pousses, et pour une fois, que les aînés cèdent leur place pour instruire et construire l’avenir de cette Nation. 

Conclusions

Un Sage a dit : "Ma liberté et la vôtre ne peuvent pas être séparées". 

Modeste Boukadia est un unificateur, qui aime son pays et pense " le Ensemble " pour que le Congo puisse se redresser. Que nous le voulions ou non, tous les Congolais sont responsables de ce qui les uniront demain. Modeste Boukadia a créé le CDRC, il l'a implanté et l'a fait grandir. Un parti autonome, conciliant économie, respect, dignité, santé, scolarité, communications et l'honneur d'être l'Union pour Une Nation.

C'est un leader à l'esprit libre. On ne l'emprisonne pas. Ni les barreaux qui retiennent son corps, ni les manipulations ou récupérations de son travail, de son image ou de ses idées en prenant des mégaphones ou outils informatiques.

Il n'y a pas de réconciliation possible sans une pleine acceptation du passé, que chacun endosse ses torts, les explique et s'apaisera les visions du futur grâce à la compréhension et la place exacte de l'Histoire. Le passé doit être d'abord compris non retouché pour être des leçons édifiantes. 

Il n'y a, face au passé, qu'une attitude qui vaille : la lucidité. C'est dans cet état d'esprit que cet ouvrage a été rédigé tout en proposant des possibilités concrètes pour un Congo du XXIème siècle et sa mondialisation. Modeste Boukadia y aborde la monnaie, le travail, les relations nationales et internationales et les richesses dont la plus importante est la population. Un pays sans jeunesse, sans mémoire des anciens, sans culture ni instruction n'est plus qu'un fantôme.

Je conclus par ce proverbe africain : Tant que les lions n’auront pas leur propre histoire, on glorifiera toujours le chasseur.

Merci de votre attention.

 

PS : ci-dessous un entretien accordé par Mme Boukadia au Gri-Gri International

PS 2 : pour vous procurer le livre ICI.

 

19/11/2016 Mme Nadine Boukadia

19/11/2016 Mme Nadine Boukadia

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 13:31

Denis Sassou N'Guesso par Mil'Pat Masioni

En plein délire narcissique, parlant de lui à la troisième personne ("Le Président"), le Cobra Suprême appelle les populations et les représentants politiques de la région du Pool à s'allier pour mettre Ntumi hors d'état de nuire...avant d'infliger une étrange sentence à son peuple : "Le pays est en marche, il va se construire." Qui amène légitimement à s'interroger sur les capacités intellectuelles du Black Milosevic...

Nos camarades de La Lettre du Congo Mfoa ont isolé le plus tragique de cette conférence, dont vous pourrez, ci-dessous, retrouver l'intégralité

La conférence de presse, donnée par le Son of the Beach, de retour d'Ethiopie, le 9 novembre 2016

3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 08:00

Guy Maurice Total

SOURCE

(Agence Ecofin) - Mardi, Guy Maurice (photo), responsable de l’exploration et de la production de pétrole en Afrique pour Total a déclaré à Reuters que la compagnie s’attend à une production de 100 000 barils de pétrole par jour dès la mise en service du champ Moho Nord, au Congo, courant premier trimestre de 2017.

Situé à près de 75 km au large de Pointe Noire et à 650 m et 1100 m de profondeur, c’est le premier projet en eaux profondes de l’industrie pétrolière locale. A plein régime, il devrait générer 140 000 barils de pétrole par jour. « La diminution des dépenses opérationnelles d'un côté et la diminution des coûts de développement d'autre part, devraient conduire à la possibilité d’investir dans le développement de nouveaux projets dans un environnement à bas prix » , a indiqué le responsable.

Il faut savoir que, vu les difficultés qu’il rencontre depuis le début de la chute des prix du pétrole, Total a adopté deux plans de réductions de ses dépenses en immobilisations. Ils portent à 7 milliards de dollars le montant que Total veut économiser en 2017. Ses investissements sont désormais réduits à 15-17 milliards de dollars par an. La compagnie s’est d’ailleurs débarrassée de certains de ses actifs contre-performants dans le pays pour mieux se concentrer sur ce gigantesque projet dont le développement coûtera 10 milliards de dollars.

Le projet de développement Moho Nord est la deuxième phase de développement de la licence Moho Bilondo. La première phase, Moho Phase 1B vise des réserves supplémentaires dans la partie sud, tandis que le Moho Nord cible de nouvelles réserves dans la partie nord de la zone de permis. Entré en service le 11 décembre 2015, Moho Phase 1B produit 40 000 barils de pétrole sur une base quotidienne.

Le projet est détenu à 53,5% par Total E&P Congo, la filiale locale du groupe français qui en est l’opérateur.

Texte : Olivier de Souza

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 14:13

Pierre Oba, actuel ministre des Mines du Congo-Brazzaville et ancien ministre de l'Intérieur, s'est glissé entre les mailles du filet judiciaire tressé par la Belgique et la France alors qu'il est accusé de crimes de guerre commis entre 1997 et 1999 dans son pays, écrivent mercredi Le Soir Mag et le magazine français Marianne.

Selon les deux hebdomadaires, l'homme aurait été repéré à partir du 23 novembre 2015 en Belgique et en France. M. Oba, qui dispose également de la nationalité belge, serait venu chercher sa nouvelle carte d'identité aux services de l'état civil de la commune d'Uccle avant de retourner pendant 40 jours dans sa résidence située en banlieue parisienne, à Sartrouville. Selon certaines sources, il s'y serait rendu pour se soigner.

M. Oba a fait l'objet de plaintes déposées en France et en Belgique en 2001. Le ministre n'a jusqu'à présent jamais pu être interrogé par les autorités judiciaires des deux pays pour répondre de massacres présumés de milliers d'opposants entre 1997 et 1999.

La présence de M. Oba en Belgique et en France a été établie par les enquêteurs. La justice belge s'est dotée d'un mandat d'arrêt international le 21 décembre 2015, fondé sur des indices sérieux quant à l'implication du ministre dans des violations graves du droit humanitaire.

Le 6 janvier, M. Oba ne s'est pas présenté à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle de Paris où il devait embarquer dans un avion à destination de Brazzaville. Il est apparu pourtant six jours plus tard au Congo. Selon les deux hebdomadaires, le ministre aurait quitté la France à bord d'un "avion spécial", échappant ainsi à la justice.

Selon un courrier diplomatique dont Le Soir Mag a obtenu copie, le président congolais Denis Sassou-Nguesso aurait convoqué entre-temps l'ambassadrice de l'Union européenne en poste à Brazzaville, Saskia De Lang, pour lui demander des explications sur la "tentative d'arrestation" d'un de ses ministres, laissant penser que l'information était parvenue à l'intéressé.

La Libre.be

 

18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 08:50

 
08/10/2016 12:04:32 : THIERRY MOUNGALA CE MATIN 08/10/ SUR RFI : vient de reconnaître qu'ils ont 5 000 militaires au Pool, mais ils ne comprennent pas ce qui se passe. La situation est complexe, a-t-il reconnu.
 
- Cependant, ce qu'il ne dit pas, le ministre de Sassou, c'est que c'est une guerre de nettoyage ethnique commencée en 1998 et qui se poursuit encore aujourd'hui aux travers les Opérations "Colombe I", "Colombe II", "Hadès", "Hérode", "Mouebara", etc.
 
- De l'autre côté, le mutisme et l'inaction de la communauté internationale qui s'en tient aux propos du Président Hollande qui avait donné le feu vert à M. Sassou en lui permettant de consulter son peuple et que celui-ci devait répondre..., lui donnant ainsi le quitus et le permis de tuer. Oui, le peuple a répondu par un NON MASSIF que Sassou et sa bande de criminels n'ont pas respecté.
A contrario, le président Hollande ne tient pas le même discours à l'égard de M. Ali Bongo au Gabon et de M. Kabila en RDCongo. Deux poids, deux mesures.
 
- Comme en 1972, quand Sassou Nguesso, sous président Marien Ngouabi, injecta des tueurs à gage, les "ANDZIMBA", dans le Pool, cette fois-ci Sassou Nguesso président de la république récidive avec les même pratiques. Des dizaines de milliers de tueurs à gage (mbochi d'Oyo, cobras et autres mercenaires), armés et en tenues militaires, ont été largués cette fois-ci dans la région du Pool dont la mission est de traquer et harceler les populations civiles, pour faire croire que ces actions sont à l'actif des "Ninjas". Ce qui est totalement faux.
 
- Qu'à cela ne tienne, il y a une chose qu'il faut retenir. Cela fait des décennies que les Ninjas-Nsiloulou vivent dans le département du Pool. Jamais ils ne se sont attaqués aux populations civiles du Pool qui, du reste, sont leurs parents. On comprend donc mal que ceux-ci s'en prennent à ces populations juste au moment où M. Sassou y expédient plus de 5000 militaires(?). Que dire donc des pilonnages des hélicoptères de M. Sassou qui ravagent tout l'existant ?
 
- Devant l'indifférence, l'abandon et l'inaction de la communauté internationale, il ne reste plus qu'à demander à la jeunesse du Congo de prendre le chemin de la résistance face à un système politique criminel, carnassier, carnivore et anthropophage. 
 
- Les populations du Pool, ce peuple martyre, n'ont plus d'autre choix que celui de se défendre face aux hordes génocidaires des milices et mercenaires à la solde de l'ogre au pouvoir, commettant depuis lors en toute impunité et opacité des crimes contre l'humanité, aussi bien dans la région du Pool que dans le reste du territoire congolais.
 
L'EQUIPE DU RESEAU CONGO-MFOA
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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 10:29

 

Par Leslie Varenne
Directrice de l'IVERIS

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Dans les neuf pays que compte l’Afrique centrale, six élections présidentielles ont été organisées entre mars et août 2016. Seul le vote en République Centrafricaine s’est déroulé dans des conditions acceptables. Même Sao Tomé et Principe, pourtant montré comme un exemple de démocratie, a connu un scrutin agité avec des accusations de fraude. Au Tchad, au Gabon, au Congo Brazzaville, en Guinée équatoriale les pouvoirs en place depuis des décennies ont été reconduits lors de consultations critiquées. La septième élection de l’année, qui devait se dérouler en République Démocratique du Congo en novembre 2016, n’aura pas lieu. C’est pourtant la première fois que les Congolais auraient eu la possibilité de faire entendre leur voix dans les urnes depuis l’indépendance en 1960. Les citoyens de ces pays n’ont jamais autant aspiré à une véritable démocratie qui mettrait fin à un système de gouvernance gangréné par la corruption et le népotisme et par conséquent à leur misère. Les taux élevés de participation aux divers scrutins attestent de cette envie d’alternance. La volonté populaire d’en finir coûte que coûte avec ces Présidences autocratiques expliquent l’intensité des crises pré ou post électorales. Une nouvelle fois, des deux Congo, Brazzaville et Kinshasa, nous parviennent des images de cadavres gisant dans le sang. Insoutenable. Une nouvelle fois, une fois de trop…

Congo Brazzaville : quand c’est fini… ça recommence !

L’élection présidentielle au Congo Brazzaville a eu lieu en mars 2016. Après 32 ans au pouvoir, le Président Denis Sassou Nguesso a fait fi du résultat des urnes et est resté accroché à son fauteuil présidentiel. Il a réussi à se maintenir à la tête de l’Etat en utilisant l’armée, la police et des milices et, malgré les exactions commises, il a bénéficié d’un incompréhensible silence diplomatique et médiatique. Dès le 4 avril 2016, le chef de l’Etat congolais a envoyé son armée pilonner le département du Pool, où les populations lui sont majoritairement hostiles. Le bilan est lourd : entre 2 et 3000 décès, des villages entiers, comme celui de Soumouna, ont été détruits, et environ 30 000 personnes ont été déplacées [1], nombre d’entre-elles se sont réfugiées en forêt et y sont restées de longs mois, sans soutien extérieur. Il paraît à peine imaginable qu’au 21ème siècle une région entière vive un pareil huis-clos. Aucune organisation humanitaire n’a eu accès à cette zone, entièrement quadrillée par les militaires, et n’a donc pu apporter ni soins aux blessés ni aide alimentaire aux enfants carencés. Après des mois cachés en brousse, certains habitants avaient commencé à regagner leurs villages, mais le 30 septembre et le 1er octobre, profitant de toute l’attention portée par la communauté internationale aux événements en RDC, le gouvernement de Brazzaville a relancé les opérations militaires dans le Pool. Sous prétexte de rechercher, l’ancien chef Ninja, le pasteur Ntumi, des obus se sont à nouveau abattus dans le district de Goma Tse Tsé, de Kinkala et de Mindouli. Une vingtaine de morts seraient déjà à déplorer côté civils et 17 côté force publique et miliciens. Ces pertes militaires laissent à penser que ce conflit pourrait dégénérer en guerre civile [2]. Une nouvelle fois, la population fuit et le cortège des déplacés défile dans l’indifférence générale. Combien de temps encore les exactions commises par l’armée et les milices du Président congolais pourront-elles être cachées sous le tapis de la « communauté internationale » et des organisations humanitaires ? Combien de temps encore Denis Sassou Nguesso pourra-t-il rester à la tête d’un Etat qui s’enfonce inexorablement dans une profonde crise militaire, politique, économique et sociale ? Si aujourd’hui, le Président congolais est encore en place, après avoir fraudé les élections, bombardé son peuple et emprisonné les opposants, ce n’est pas à cause du seul mutisme des chancelleries, la raison est également à chercher du côté de la faiblesse des partis de l’opposition. Certes, la répression et les arrestations ne rendent pas le travail des opposants aisé, néanmoins, pendant l’élection présidentielle, ils bénéficiaient d’un large soutient populaire qu’ils n’ont pas su faire fructifier. Par ailleurs, comment comprendre qu’ils aient dénoncé si fortement l’emprisonnement de leurs camarades et si faiblement les bombardements du Pool ?

Le cercle vicieux de la « démocratie »

L’impossible alternance en Afrique centrale est aussi à aller chercher du côté de l’asthénie des contestataires. En 1990, lors de sondiscours de la Baule, François Mitterrand déclare que l’aide de la France sera conditionnée au multipartisme, à la bonne gouvernance, à l’indépendance de la presse et de la magistrature. Message bien compris par les dirigeants de l’époque qui, pour rester dans les clous de cette nouvelle donne et obtenir la « prime à la démocratie », fabriquent de toutes pièces journaux et partis dits d’opposition. Le principal dégât collatéral de ce célèbre discours est la naissance d’une véritable culture de la corruption en politique avec son lot « d’opposants alimentaires », de petites et grandes combines et autres trahisons. Argent et politique est un sujet inépuisable qui n’est, certes, pas un domaine réservé à l’Afrique ; toutefois les conséquences de cette monétisation dans des Etats jeunes aux institutions faibles sont encore plus délétères. Bien entendu, il existe des hommes et des femmes incorruptibles, mais compte tenu des moyens considérables nécessaires pour créer et faire vivre une structure, la place est réservée à quelques privilégiés qui restent souvent très éloignés de la réalité du quotidien de leurs concitoyens et n’ont aucune culture de la contestation par gros temps. La faiblesse des partis d’opposition est également due à la pauvreté du débat politique, à la perte d’idéologie et de conviction, constatés en Occident depuis le milieu des années 90, phénomènes qui n’épargnent malheureusement pas le continent africain.

Du temps au temps…

La République Démocratique du Congo connaît bien ses problèmes avec ses 418 partis politiques dont de nombreux « partis mallettes ». Comme son homologue de l’autre côté du fleuve le Président du Congo Kinshasa ne veut pas partir, il s’est préparé à rester et utilise la police et l’armée pour arriver à ses fins. Lors de la manifestation du 19 septembre 2016, organisée pour dénoncer le report de l’élection présidentielle et partant le non respect de la constitution qui oblige Joseph Kabila à quitter ses fonctions après 15 ans de pouvoir et deux mandats consécutifs, la Garde Républicaine a tiré à balles réelles sur les marcheurs. Selon le ministre de l’Intérieur, il y a eu 17 tués, mais l’UDPS, parti de l’opposition, évoque 80 victimes. Et encore ces chiffres ne prennent pas en compte les décès liés aux multiples exactions des milices diverses et variées qui sévissent quotidiennement dans le pays. En ne convoquant pas l’élection présidentielle le 27 novembre 2016, la Commission Electorale Nationale Indépendante a entériné le « glissement » voulu par Joseph Kabila. L’alternance ardemment souhaité par tous les Congolais de Kinshasa n’aura pas lieu, tout au moins pas maintenant. Quand se déroulera-t-elle et quel sera le prix à payer par les Congolais puisque les manifestations sont toujours réprimées de la sorte ? Dans ce pays éminemment stratégique, les pays occidentaux ont mis Joseph Kabila en garde bien avant les événements de ces derniers jours en lui demandant de respecter la constitution. Mais le 19 septembre en ne convoquant pas l’élection, le non respect de la constitution a été acté de fait. L’ONU, l’UE, la France et les USA  ont fait part de leurs inquiétudes. Jean Marc Ayrault a déclaré : « La RDC est au bord de la guerre civile ». Les US sont passés à l’acte en prenant de nouvelles sanctions contre un général et l’ancien chef de la police. Mais devant la détermination de Joseph Kabila, que peuvent-ils faire ? La « communauté internationale », en panne de plan B,  compte sur le dialogue, un dialogue pourtant prôné par Joseph Kabila lui-même afin de gagner du temps, jusqu’à quand ?…

Paroles, paroles, paroles…

Au début des années 1990, la mode africaine était aux grandes conférences nationales sensées régler tous les problèmes politiques du pays. La plupart du temps ces grands raouts ont accouché d’une souris, à l’exception de la première grande conférence nationale du Bénin en février 1990. En ce début de 21ème siècle, la tendance est au dialogue et la modernité est encore plus grande si le mot inclusif y est accroché. En RDC, le dialogue qui devrait résoudre les problèmes du pays avec le facilitateur, autre terme très en vogue, Edem Kodjo, désigné par l’Union Africaine, étant dans une impasse, tous cherchent donc des solutions pour contourner l’obstacle. Le ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders a une idée. Le 19 septembre, à la sortie de l’Assemblée générale des Nations unies, il a déclaré : « Il faut envisager un nouveau dialogue vraiment inclusif » et de poursuivre ainsi : « On peut imaginer que Kodjo termine son dialogue et qu’il ouvre ensuite la voie à un autre facilitateur qui pourrait, lui, réunir vraiment tous les acteurs de la crise congolaise. Saït Djinnit, l’envoyé spécial des Nations unies, pourrait être cet homme. Il connaît le dossier, les acteurs, il représente les Nations unies et n’a pas été exposé par le précédent dialogue. » Un dialogue pour remplacer le dialogue ? Comme l’exprime succinctement mais très clairement le célèbre gynécologue, Denis Mukwege : « Un dialogue ne peut pas remplacer la constitution ». En RDC, le dialogue est dans l’impasse et l’alternance aussi…

A fronts renversés

Au Gabon aussi l’heure est au dialogue après l’élection présidentielle du 27 août dernier. Ali Bongo au pouvoir depuis 2009, successeur de feu son père, el Hadj Omar Bongo, a gagné ce scrutin à un tour avec 50,66% des voix. Son challenger, Jean Ping, ancien Président de la Commission de l’Union Africaine, ne reconnaît pas cette victoire. Qui a gagné ? Qui a perdu ? Compte tenu du très faible écart de voix, difficile de répondre à cette question qui ressemble à s’y méprendre à celle posée lors de l’élection ivoirienne de 2010. Certes les résultats d’Ali Bongo dans son fief de la région du Haut Ogooué où il a obtenu 95% des voix pour 99% de participation laissent songeur. Les résultats de Jean Ping dans certaines régions et quartiers de Libreville questionnent également. La Cour constitutionnelle a tranché, rejeté une grande partie des recours déposés par l’opposant, et validé la victoire du Président sortant. De son côté, Jean Ping, rejoue à la lettre le scénario Côte d’Ivoire 2010. Tout comme Alassane Ouattara à l’époque, il s’est déclaré vainqueur et a rappelé que le mandat d’Ali Bongo se terminait le 15 octobre. Pour tenter de calmer la crise, ce dernier a proposé un dialogue national tandis que son challenger propose, lui, un dialogue national inclusif… Par ailleurs, l’ancien Président de la Commission de l’Union Africaine appelle à l’ingérence de la communauté internationale mais ne mentionne pas l’ancienne institution pour laquelle il a tant œuvré. Cette attitude tranche avec ses propos tenus dans son excellent ouvrage publié en 2014 ; « Eclipses sur l’Afrique, fallait-il tuer Kadhafi ? ». Dans ce livre, il se posait en défenseur du panafricanisme, de la souveraineté des Etats et pourfendait l’attitude des occidentaux qui n’avaient pas daigné prendre en compte les analyses et les messages de l’Union Africaine lors des conflits de 2011 en Côte d’Ivoire et en Libye. En invoquant désormais l’ingérence extérieure, dans chacune de ses déclarations, en affichant ses soutiens tels que les Présidents Denis Sassou Nguesso et Alassane Ouattara ou Robert Bourgi, figure caricaturale de ce que certains appellent la françafrique, Jean Ping a déjà perdu la bataille de l’opinion publique africaine. Pendant ce temps, Ali Bongo profite de ces erreurs stratégiques pour se draper dans les couleurs du panafricanisme… L’ancien diplomate qu’est Jean Ping convoque également les ONG, telle qu’Amnesty international, et la Cour Pénale Internationale (CPI) pour enquêter sur les événements survenus après la déclaration de la victoire d’Ali Bongo. Ces émeutes auraient provoqué officiellement la mort de trois personnes ; l’opposition, elle, revendique entre 50 et 100 victimes. Mais le Président Gabonais a devancé son opposant en demandant lui-même à la CPI d’ouvrir une enquête pour « incitation à commettre le crime de génocide ». La procureur de cette institution Fatou Bensouda a immédiatement répondu présente.

Au passage, cette nouvelle affaire gabonaise risque de se révéler kafkaïenne pour la justice internationale. En effet, pour monter ses dossiers auprès de la CPI, Jean Ping a choisi comme avocat, Maître Emmanuel Altit, l’avocat de Laurent Gbagbo à la Haye. Or, l’implication de la Côte d’Ivoire dans le dossier gabonais est patente, des hackers ivoiriens se sont fait arrêtés à Libreville ; Mamadi Diané, proche d’Alassane Ouattara, a fait du lobbying à Washington pour le compte de Jean Ping. Certes, selon ses clients, un avocat peut défendre avec ardeur tout et son contraire : la non ingérence d’un côté et l’ingérence de l’autre. Mais dans le cas présent, la tâche risque de s’avérer très compliquée pour Maître Altit. En effet, prochainement dans le cadre du procès Laurent Gbagbo à la Haye, il va devoir faire subir un contre interrogatoire à un témoin clé du conflit ivoirien de 2011, le Général Mangou, ancien Chef d’Etat Major de Gbagbo mais actuel ambassadeur de Côte d’Ivoire au Gabon et qui a apporté son soutien à Jean Ping. Il n’est pas certain que la Cour apprécie ce qui fleure le conflit d’intérêt. Par ailleurs, le Front Populaire Ivoirien, FPI, parti dont le Président n’est autre que Laurent Gbagbo, a salué la victoire d’Ali Bongo dans un communiqué ! Il n’est pas certain que l’ancien Président ivoirien apprécie le choix de son conseil…

Dans cette nouvelle crise postélectorale tout est sans dessus-dessous : le Président sortant fait figure d’antisystème, l’alternance c’est lui, tandis que l’opposant prend le visage de la « communauté internationale » qui, elle, s’est pour l’instant contentée d’acter la victoire d’Ali Bongo. Grande perdante de ce vaudeville à Libreville, la population gabonaise qui ne s’y est pas trompée, le taux de participation a été un des plus faibles d’Afrique centrale avec un petit 60%.

Conclusion

Depuis l'avènement du multipartisme au début des années 1990, presque tous les pays d’Afrique centrale ont conservé les mêmes chefs d’Etat, ou à défaut leurs progénitures, comme au Gabon avec Bongo junior ou en République Démocratique du Congo avec Kabila fils. Deux exceptions cependant, Sao Tomé et Principe et la République Centrafricaine. Mais si ce dernier pays a connu l’alternance, ce n’est pas à cause de l’exemplarité de sa démocratie, mais en raison de coups d’Etats, de conflits meurtriers et de graves crises politiques à répétition.

Si la notion d’alternance est particulièrement peu en vogue dans cette sous-région, en revanche, pour maintenir populations et oppositions sous le boisseau, les répressions en tout genre sont très courues. Outre le maintien de l’ordre violent, souvent à balles réelles, qui s'exerce sur les manifestants à la moindre grève, ou rassemblement non autorisé, les pouvoirs publics ne se privent pas d’autres moyens comme l’arme fiscale, la remise en cause des titres fonciers ou encore les coupures intempestives d’internet et/ou d’accès aux médias étrangers. Ces pratiques quotidiennes ont pour effet de réduire à néant toutes contestations capables d’ébranler la quiétude de ces régimes sur le plan intérieur.

Cependant, rien ne semble définitivement joué au regard des manifestations de plus en plus fréquentes. Comme, par exemple, au Tchad, où la fronde politique larvée après l’élection présidentielle du 10 avril 2010 qui a vu la réélection d’Idriss Déby Itno après 26 ans à la tête de l’Etat, s’est muée en véritable révolte sociale. La situation tchadienne peut se résumer en une phrase : les caisses de l’Etat sont vides, sa dette faramineuse, l’économie tchadienne est atone et le mécontentement est général. Les pays payent généralement très cher les tensions post électorales qui nuisent gravement à l’économie des Etats. Les investisseurs deviennent frileux et boudent ces contrées peu propices à la stabilité et donc aux affaires. A cela, il faut ajouter la baisse des cours des matières premières que subit cette sous-région et ses conséquences sur le niveau de vie des populations. Ces crises politique et économique risquent, à  court terme, d’avoir raison de la paix sociale et la manière forte pourrait ne pas suffire. Toutefois, il faut attendre le 20 décembre, date de la fin constitutionnelle du mandat de Joseph Kabila pour apprécier la situation. L’évolution de l’Afrique centrale se fera en fonction de la RDC et des conséquences des fortes pressions exercées par les Occidentaux sur le pouvoir de Kinshasa.

Les tergiversations actuelles du pouvoir camerounais entre l'organisation anticipée de la présidentielle envisagée pour la fin de cette année et son maintien comme prévu en novembre 2018 tiennent compte de cette nouvelle donne ; car il ne fait plus l'ombre d'un doute que Paul Biya, en dépit de ses 34 ans de pouvoir, aimerait se succéder à lui même.

Les crises sociales sous l'effet conjugué de la baisse des cours des matières premières et des pressions politico économiques de l’UE et des USA pourront elles se traduire par des révoltes susceptibles de forcer les alternances politiques en Afrique Centrale ? Pour cela, il faudrait que la communauté internationale n’applique plus la politique "deux poids deux mesures" en fonction des enjeux stratégiques d’un pays et des intérêts géopolitiques particuliers de chacun de ses Etats. En Afrique francophone, l’opinion publique imagine souvent la main invisible de la France derrière tous ces malheurs, c’est beaucoup prêter à l’ancien colonisateur dont la politique africaine est au mieux illisible voire atone. D’autant que dans ce dossier le gouvernement de François Hollande ne parle pas d’une seule voix, en coulisse, les divergences de vues sont nombreuses entre le Quai d’Orsay, la Défense et Matignon. Les Etats-Unis - qui connaissent les mêmes problèmes entre le Département d’Etat, le Pentagone et la CIA, comme le démontre les derniers événements en Syrie - affichent de plus en plus d’intérêts pour les anciens pays du « pré-carré français ». Les peuples d’Afrique centrale sont donc pris en otage par leurs dirigeants à l’instar de ceux du Congo, de la RDC, du Cameroun, pour ne citer qu’eux, et des intérêts géopolitiques. Sauf changement majeur dans un proche avenir, les images insoutenables devraient continuer à nous parvenir…

Leslie Varenne
Directrice de l'IVERIS



[i] L'IVERIS suit le dossier du Congo Brazzaville depuis le mois de mars. L'institut a recueilli de nombreux témoignages en provenance de la région du Pool et les a compulsés. En fonction du nombre d'habitants dans les villes et villages de ce département et ceux qui ont eu le plus grand nombre de déplacés, comme Vincza, Mayama, Goma Tsé Tsé, Soumouna, Mbamou Séminaire et Ntsouélé le chiffre de 25000 apparaît comme le plus juste. A cela, il faut ajouter la fuite des habitants des quartiers sud de Brazzaville, Makélékélé, Bacongo et PK Mfilou. De la même manière, les témoignages recueillis au fil des mois nous permettent d'avancer le chiffre de 2000 à 3000 morts dans cette région du Congo Brazzaville.

[2] Dans un communiqué de presse de la plateforme de l'oppostion  Europe FROCAD-IDC- J3M

Published by Gri-Gri International Leslie Varenne IVERIS - dans Congo Sassou RD Congo Gabon 2011 Côte d'Ivoire - Élections 2010 Francophonie
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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 08:56

 
 
Ajoutée le 6 oct. 2016 
 
#FreeModesteBoukadia / #Congo #Sassou

Modeste Boukadia est Président du Cercle Des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC).

En 1997, il se présente à l'élection présidentielle, mais le putsch de Denis Sassou met fin au processus démocratique. 
En 2009, il se présente à l'élection présidentielle. Il milite depuis 2002 pour un gouvernement d'union nationale. et s'oppose dès 2013, lors d'une conférence de presse, au projet de modification constitutionnelle.

- 11 Mai et 29 juin 2013, Modeste Boukadia anime 2 meetings (Brazzaville et Pointe Noire) avec les autorisations dûment remplies (demandes, accords et justificatifs de paiement). A Pointe Noire, la population présente au meeting porte des pancartes "carton rouge" et "gouvernement d'union nationale " Modeste Boukadia réside à Pointe Noire chez le vice-Président du parti (CDRC), dans le quartier Mpaka.

- 21 Août 2013, 28 membres et cadres du CDRC sont arrêtés très tôt le matin chez eux, y compris un bébé de huit mois et sa maman. Les policiers et gendarmes n'avaient aucun mandat. 

Un deuxième bataillon de gendarmes et de militaires est venu pour arrêter le Président du CDRC. Un mandat d'arrêt le visant pour rébellion et atteinte à la sûreté de l'Etat, insurrection et incitation de la population à la révolte, suite au meeting de Pointe Noire, deux mois auparavant. Les gendarmes ne trouvent pas le président Boukadia.

- 6 Septembre 2013, Modeste Boukadia arrive à Roissy. Le procureur de la République a déclaré que le dossier est vide et que seule une décision politique pourrait autoriser la mise en liberté des personnes, la justice n'ayant aucun élément pour justifier leur inculpation.

Modeste Boukadia entame une série de démarches et courriers auprès de l'Etat congolais. 
Sans réponse

- 23 octobre 2013 : le Tribunal de Grandes Instances de Pointe Noire rend une ordonnance inculpant 28 personnes dont 14 membres du parti du CDRC de rébellion. Le dossier est transmis au procureur général de la Cour d'appel de Pointe Noire. Le nom de Modeste Boukadia est sur la liste mais il l’ignore.

- Un procès a lieu le 7 avril 2014 devant la Cour Criminelle de Pointe Noire. Jugement rendu le 9 avril 2014 : 14 personnes sont condamnées à des peines de 7 ans, de 5 ans et de 2 ans (toujours pas libérés au bout 3 ans).

Le 8 janvier 2015, Modeste Boukadia reçoit par courrier, la réponse de l’ONU qui conclut à des arrestations abusives et arbitraires. Rien n'est fait. Le Président Sassou attend la venue de Modeste Boukadia pour libérer ses hommes.

- 15 janvier 2016, Modeste Boukadia est arrêté à l'aéroport de Brazzaville. On lui signifie son arrestation en relation avec le jugement par contumace à 30 ans de travaux forcés. 

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 11:00
#Congo / Modeste Boukadia, prisonnier politique de Sassou !

Initialement paru sous le titre :
(Congo-Brazzaville) De l'art de confectionner un tam-t
am

« Le tam-tam se joue sur la place publique à la portée des oreilles de tous, mais cependant et pour ceux qui savent, c'est dans la profondeur du secret de la forêt, à l'abri du premier venu, qu'on le confectionne... »

(Proverbe Kongo)


La politique congolaise est un lieu de divertissement pour notre classe politique actuelle. On y bombe son torse ; on y lance des slogans, des mots d'ordre kafkaïens qui profilent la mort des Peuples ; on y fait naître des cultes de la personnalité ; on y invective celui qui n'est pas du système ; on y insulte celui qui n'en sera jamais ; on y discrédite l'homme sincère et honnête ; on y fait naître et galoper les fausses rumeurs dont on se délecte par la confusion entraînée au sein de la population.

Étrange, bien étrange ...

La seule chose qu'on n'y fait pas, c'est d'accepter la nouvelle pensée pour fabriquer l'action salvatrice qui sortira le Peuple meurtri de cette désespérance devenue chronique et coutumière.

On ne le dira jamais assez, nos Peuples sont fracassés en un point que nous préférons occulter pour chanter les louanges d'un tel ou tel autre, chantre autoproclamé des introuvables unité nationale et indivisibilité du pays !

Ce que trouve de mieux cette classe politique, notre classe politique, est de se servir de ce Peuple pour entamer une guerre de succession dans laquelle chacun d'entre eux, attentiste, tient à se revendiquer comme celui qui aurait abattu l'éléphant déjà malade.

Ne s'eut-il agi que d'écarter M. Denis Sassou Nguesso ? Nombreux s'y seraient déjà osés et immanquablement, auraient réussi. Mais Il n'a jamais s'agit que d'écarter M. Denis Sassou Nguesso. Non. Le problème ce n'est plus lui, mais nous !

Nos hommes politiques aiment trop le pouvoir, le conserver ou s'en ré-approprier, et ne peuvent de ce fait, accepter de mourir pour la liberté du Peuple, l'Unification de la Nation... Et ça, M. Denis Sassou Nguesso, homme politique congolais depuis les années 60 à nos jours, le sait et en use aux dépends de tous, de l'Union des Peuples, de l'Unité de la Nation. Il rit de ses opposants fantoches dont il sait pertinemment qu'ils l'envient plus qu'ils n'aiment la Nation, l'Unité, les Peuples et leurs idéaux d'Union.

Qui est donc Modeste Boukadia ? Qui donc a peur de le voir Libre ?

Peuple congolais, ici, point besoin n'est d'élever un culte délirant à sa personnalité. Les faits seuls justifieront que ce questionnement vous soit continuel, sinon à finir par souscrire à ce cri exaspéré de Jacques Juilliard : "Il faudra encore beaucoup de crimes et de souffrances pour que l'on admette que le "vivre ensemble", cette expression inepte, indécente, derrière laquelle on camoufle l'apartheid des cultures, n'est qu'une blague, une blague sanglante." C'est un fait : bien de nos chemins, au Congo-Brazzaville et dans la sous-région, passent aujourd'hui par Modeste Boukadia.

Après que de nombreux émissaires, et non des moindres, présidents, ministres et autres l'y aient contraint et l'y contraignent encore, M. Denis Sassou Nguesso a cessé de se la poser, Il n'en est plus là...

Les deux documents ci-dessous en sont l'illustration : le premier dit le droit alors que le second dit l'embarras politique.

Ce Pourvoi en cassation introduit par M. Pierre Mabiala est à la mesure de leur désarroi, car on ne peut ainsi continuellement triturer le Droit sans en devenir risible, même aux yeux du profane que je suis !

Le President Modeste Boukadia n'ayant jamais été jugé, sinon par contumace, comment justifie-t-il, du haut de son ministère, ce Pourvoi en cassation ?! En Droit ? Que nenni ! Et pourquoi donc, que maintenant qu'ils l'ont "sous la main", le Parquet n'ouvre-t-il pas un procès en bonne et due forme contre M. Modeste Boukadia ? A la vérité préféreraient-ils ces fuites en avant ? Dans quel but ?

Sur ce même document, en objet il est écrit : AFFAIRE : M. P C/ MALONGA Alexandre et autres".

Doit-on rappeler à M. Pierre Mabiala, ministre de son état que M. MALONGA Alexandre avait déjà été acquitté le 9 Avril 2014 ? Et d'ailleurs, qui sont ces "autres" qui ne sont pas, là, cités ?

Ce Pourvoi en cassation le nom du Président Modeste BOUKADIA n'est pas notifié, alors que c'est de lui que Pierre Mabiala, ministre, a fait appel après avoir copieusement insulté et traité de fou incompétent, le Procureur Général qui n'avait fait que dire le Droit, rien que le Droit !

La violence n'est que la manifestation d'une "force-faible" Janckelevitch

M. Modeste Boukadia, President, dans ce chaos qui nous environne jusqu'à habiter chez certains, la Sérénité vous sied comme un Gant !

Nous,
Nous guettons
Nous jaugeons
Nous agissons

Théophile MBEMBA

#Congo / Modeste Boukadia, prisonnier politique de Sassou !
#Congo / Modeste Boukadia, prisonnier politique de Sassou !
#Congo / Modeste Boukadia, prisonnier politique de Sassou !
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#Congo / Modeste Boukadia, prisonnier politique de Sassou !
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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 18:09
#CongoB / Le général Mokoko otage de Sassou

ELECTION PRESIDENTIELLE 2016 République du Congo Brazzaville

Marc Mapingou Mitoumbi

Représentant personnel et Porte-parole du Candidat Jean Marie Michel Mokoko

COMMUNIQUE DE PRESSE

L’insoutenable instrumentalisation de la justice congolaise par Monsieur Denis SASSOU-NGUESSO contre le Général Jean Marie Michel MOKOKO

Le jeudi 18 août 2016, la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Brazzaville a rejeté la requête en demande d’une mise en liberté provisoire du Général Jean Marie Michel MOKOKO. Parallèlement à cette décision scandaleuse qui n’a été motivée ni en fait ni en droit, Jean Marie Michel MOKOKO s’est vu notifier une nouvelle inculpation fallacieuse et saugrenue, celle d’incitation aux troubles à l’ordre public.

Cette dernière inculpation relève d’une insoutenable diversion qui est autant une tentative de fuite en avant pour dissimuler derrière un écran de fumée l’absence de motivation de la décision de rejet de la demande de mise en liberté provisoire du Général MOKOKO. En droit, et au vu de la disposition du Général MOKOKO à répondre à toutes les convocations de police depuis le mois de mars 2016, la Chambre d’accusation devait logiquement ordonner sa mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire, celle-ci étant une faculté laissée à la souveraine appréciation et à la conscience des juges à la lumière des éléments du dossier d’instruction. D’autant que le Général MOKOKO, serviteur de l’Etat respecté, présente toutes les garanties de représentation pour bénéficier du régime de la liberté provisoire.

Engluée dans la laideur de ses pratiques aux antipodes des règles élémentaires de la procédure pénale, la justice congolaise vient, une fois de plus, rappeler qu’elle est à la remorque du Président illégitime et illégal, Monsieur Denis SASSOU-NGUESSO. Depuis février 2016, celui-ci est l’ordonnateur principal, le manœuvrier en chef de cette pitoyable et pathétique chasse à courre, cette cabale orchestrée au soutien d’une honteuse instrumentalisation de la justice pour régler des comptes personnels à Jean Marie Michel MOKOKO, un homme d’honneur, attaché à sa dignité, qui a refusé de cautionner la forfaiture, la fraude électorale attentatoire aux droits démocratiques du peuple congolais.

Il n’y a aucune rationalité dans la procédure dite judiciaire engagée contre le Général MOKOKO, le problème dépasse le cadre du droit et de la politique, car Monsieur SASSOU en a fait une affaire personnelle parce que le général MOKOKO l’a sévèrement battu à l’élection présidentielle, tout en mettant en lumière la laideur des pratiques électorales frauduleuses et la gouvernance criminelle d’un régime illégal et illégitime qui a conduit le Congo-Brazzaville au désastre et au naufrage. Le Général MOKOKO est l’otage de Monsieur SASSOU qui veut assouvir sa soif insatiable de vengeance. C’est en cela que l’opinion nationale et la communauté internationale doivent se convaincre que Monsieur SASSOU-NGUESSO n’a jamais été un homme d’Etat.

Les démocrates congolais condamnent fermement l’acharnement de Monsieur SASSOU sur le Général MOKOKO et dénoncent la grave atteinte portée à l’intégrité physique et morale d’un officier brillant et méritant qui a toujours servi avec loyauté son pays et son peuple. Les démocrates congolais n’oublient pas tous les prisonniers politiques, victimes des traitements dégradants et inhumains, qui croupissent injustement dans les prisons congolaises en raison de leurs opinions politiques.

Vive la République Vive le Congo-Brazzaville Que Dieu bénisse le Congo

Paris, le 22 Aout 2016

Marc MAPINGOU MITOUMBI

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 10:50
#DevoirdHistoire / Appel à tous les Congolais !, par le Général Emmanuel NGOUELONDELE-MONGO (#Sassoufit)

Reçu ces jours-ci de la part d'un des plus vieux amis du Gri-Gri International.... et donc aussitôt relayé comme il se doit

APPEL A TOUS LES CONGOLAIS

APPEAL TO ALL THE CONGOLESE PEOPLE*

*La version anglaise vous sera proposée dès demain

Ce texte fut diffusé en 2009

Chers amis, je mets à votre disposition un document écrit par un homme que certains d’entre nous connaissent très bien. Mais, peu importe qui il est pour certains autres qui ne le connaissent pas.

Que vous l’aimiez ou pas ; que vous soyez d’accord avec lui ou pas, et quels que soient les actes politiques ou professionnels posés par l’auteur de ce document, je vous supplie simplement de lire ce document et d’en faire vôtre. Prenez-le, utilisez-le et partagez-le. Donnez-le à vos proches et connaissances. Il y a quelque chose de bon, de très bon qui vous sera, qui nous sera utile, très utile. Pour faire évoluer notre pensée, notre vision des choses, afin d’avancer…, dans l’intérêt du Congo, notre pays. Merci de votre aimable attention !

Je vous livre deux versions en Français et en Anglais.

(Jean-Claude Mayima-Mbemba)

Général Emmanuel NGOUELONDELE-MONGO

APPEL A TOUS LES CONGOLAIS

« Un pour tous, tous pour un »

« Nous resterons unis quand nous confronterons le régime

pour regagner notre souveraineté et notre dignité.

Nous devons à nous-mêmes, aux générations futures

et à la prospérité de rester fermes »

« Tout citoyen, tout agent de l’Etat est délié du devoir d’obéissance lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte manifeste au respect des droits humains et des libertés publiques. L’ordre d’un supérieur ou d’une quelconque autorité ne saurait, en aucun cas, être invoqué pour justifier ces pratiques. Tout individu, tout agent de l’Etat, toute autorité publique qui se rendrait coupable d’acte de torture ou de traitement cruel et inhumain, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, est puni conformément à la loi »

Article 10 de la Constitution

de la République du Congo

du 20 janvier 2002

Mes chers Compatriotes

1 – Hier, j’ai servi loyalement et fidèlement notre pays, alors Moyen-Congo, devenu, le 28 novembre 1958, République du Congo, dans la gendarmerie française, où j’ai appris les vertus de la discipline et de l’ordre qui faisaient la force principale des armées.

En mars 1961, j’ai cessé d’exercer mon contrat dans la gendarmerie française pour la gendarmerie nationale congolaise naissante où j’ai effectué et rendu de bons et loyaux services jusqu’au 31 décembre 1997, date depuis laquelle j’ai fait prévaloir mes droits à la retraite.

La retraite d’un Général, comme beaucoup d’entre vous le savent, permet au bénéficiaire de vivre décemment et de subvenir aux besoins de première nécessité.

J’aurais pu donc me contenter de ma pension, de ma situation familiale et passer le reste de mon temps à m’occuper de moi, à voyager aux quatre coins du monde, et afficher une indifférence totale au sort du reste des Congolais.

Mais cela aurait été contraire à ma formation d’officier de gendarmerie et à mon sens du devoir. On n’est pas officier général pour soi et pour sa famille. On est officier général de la République et pour la République.

Je n’ai jamais, durant toute ma carrière de gendarme, cherché à faire de la politique, ni pensé et encore moins rêvé de me livrer à la politique, devenue, en République du Congo, un vrai business qui apporte gloire et richesse, et qui, pour cela, a conduit bon nombre de cadres parmi l’élite intellectuelle à se prostituer au pouvoir, non pas pour servir la République, ni pour aider le peuple à sortir de la misère, mais bien pour leurs propres intérêts.

C’est ainsi qu’au sortir des guerres civiles successives inutiles que nous avons connues de 1993 à 1999, j’avais espéré que les choses iraient peut-être mieux, tout en pensant que les élections de 2002 allaient permettre au chef de l’Etat de travailler à une véritable réconciliation, à une véritable paix, au rétablissement de l’ordre public, au vrai pardon et à la reconstruction nationale.

Malheureusement, comme tout le monde le sait, bien que le chef de l’Etat se soit taillé une Constitution sur mesure en 2002, il n’a fait que la violer de tout temps et dès le commencement de son mandat.

En effet :

· L’article 68 de la Constitution fait obligation au président de la République élu, de prêter serment au plus tard dans les vingt jours qui suivent son élection, après la proclamation des résultats de l’élection par la Cour constitutionnelle. Malheureusement, outrepassant cette obligation, le président de la République élu en 2002 ne s’est pas soumis à cette règle. Il a prêté serment 144 jours – soit exactement 4 mois et 22 jours – après la proclamation des résultats ayant eu lieu le 23 mars 2002, et la prestation de serment n’intervenant que le 14 août 2002.De multiples autres violations de la Constitution ont été clairement relevées et détaillées dans une lettre interpellatrice que des partis et associations politiques, ainsi que des organisations de la société civile ont adressée, il y a quelques mois, à messieurs les présidents de nos principales institutions, garants de notre Constitution, et particulièrement le président de la Cour constitutionnelle.

2 – Vous vous souvenez, sans doute, de ma lettre fraternelle et amicale du mois d’août 2003, adressée à monsieur le président de la République. Un vrai cri du cœur, par laquelle j’attirais son attention sur la situation chaotique de notre pays.

J’avais espoir, là encore, que les choses iraient mieux et que le président de la République écouterait, enfin, la voix d’un ami.

Hélas, en dehors de la spéculation politicienne orchestrée, malgré moi, autour de cette lettre, rien n’est jusqu’alors venu de lui. J’en attends toujours les retombées positives et les changements réels que j’avais espérés pour le pays et pour notre peuple.

Aujourd’hui, vu l’incapacité du pouvoir de Brazzaville à conduire le destin de notre peuple, notamment à faire face :

- au désordre social et financier devenu endémique ;

- à la mort et l’enterrement de notre Etat qui a perdu tout son patrimoine ;

- aux conditions de vie précaires de notre peuple, jamais vécues voici 49 années d’indépendance ;

Et face aux gémissements, aux hurlements, à la misère et au désarroi du peuple que j’ai constatés et vécus avec tristesse lors de mes récentes tournées dans tous les départements du pays, et auxquels le pouvoir continue de faire la sourde oreille, j’ai pris une décision.

LA DECISION

J’ai décidé, à travers cet APPEL, de me tourner vers toi, PEUPLE CONGOLAIS, dans l’espoir d’être compris, mais sans prétention aucune, de vouloir à tout prix avoir raison, car c’est à toi seul que revient la raison.

Peuple Congolais,

Je me tiens devant toi, toi le Souverain Primaire.

Je te prends à témoin, parce que c’est toi-même qui a délégué tes pouvoirs à l’actuel président de la République, géniteur de la Constitution du 20 janvier 2002 que, comme je l’ai indiqué ci-dessus, il n’a fait que violer durant tout son mandat et cela depuis sept ans.

Je m’adresse donc à vous, chers compatriotes, et vous interpelle, les yeux dans les yeux.

Je vous interpelle, vous, cadres, intellectuels, femmes et hommes politiques.

Je vous interpelle, vous qui, pour vous agripper et défendre vos intérêts mal acquis, pour la plupart, continuez à me faire passer pour « un oiseau de mauvais augure ». Et je vous dis :

· Avez-vous déjà oublié l’état des lieux et les recommandations que vous aviez dressés lors des assises de la Conférence Nationale Souveraine, en 1991 ?

· Ne pensez-vous pas, en votre âme et conscience, que cet état des lieux s’est dramatiquement aggravé aujourd’hui, dix-huit ans après ?

· Pensez-vous, en votre âme et conscience, au devenir de vos enfants, sœurs, frères, neveux, nièces, petits-enfants et autres descendants que vous n’aurez certainement pas l’occasion de voir évoluer ?

· Avez-vous, en votre âme et conscience, ce droit de léguer à vos descendants, un Etat totalement délabré et asséché ?

Je vous interpelle, vous, mes frères d’armes de tous corps.

Je vous interpelle, vous, Officiers généraux et Officiers supérieurs, Officiers subalternes, Sous-officiers et Soldats, qui n’avez certainement pas encore perdu le sens noble du devoir et de l’honneur :

· Est-il normal que notre pays soit dirigé comme si nous n’étions plus en République, mais en monarchie ?

· Ne pouvons-nous pas remettre en cause ce système et décider, dans un sursaut patriotique, de changer nos attitudes complices et de compromission permanente actuelles, afin de secourir ce peuple, aujourd’hui martyrisé, pour lequel nous nous sommes engagés à nous sacrifier ?

· Est-il normal que les Congolais continuent, impuissants, à subir, dans leur chair et dans leur vie quotidienne, la flambée extraordinaire des prix des denrées alimentaires, les effets de l’impunité, les conséquences du gaspillage des fonds publics, etc., sans aucune réaction du Gouvernement de la République ?

· Avons-nous oublié que c’est grâce à l’ultime volonté de notre armée, qui s’était rangée du côté du peuple souverain en 1991, que la démocratie est née dans notre pays ?

· Allons-nous, pour nos intérêts personnels, laisser sacrifier cette démocratie chèrement acquise par notre peuple souverain aux côtés duquel nous nous sommes engagés à défendre à tout prix ?

· Préférons-nous avoir de gros salaires et des allocations diverses pendant que la majorité du peuple trime, végète, gémit, hurle et nous regarde ?

· Comment continuer à faire semblant d’oublier qu’il y a de nombreux Congolais retraités de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) qui perçoivent encore des pensions dérisoires variant entre 8 000 et 40 000 Francs CFA pour nourrir des familles nombreuses quand on connaît la hausse vertigineuse des prix pratiquée dans nos marchés urbains et ruraux ?

· Pourquoi devons-nous continuer à faire semblant d’ignorer nos parents qui meurent toutes les heures dans nos différents centres hospitaliers, faute de soins médicaux, de médicaments de base, et surtout victimes de la mauvaise gestion, du manque d’empressement dans la prise en charge des malades ?

· Pourquoi devons-nous continuer à faire semblant de ne pas voir des Congolais qui n’arrivent plus à faire des provisions, parce la fourniture d’électricité est incertaine ?

· L’eau est déjà rare. Pourquoi devons-nous continuer à faire semblant de ne pas voir des Congolais qui boivent de l’eau dont les conditions de traitement sont douteuses ?

· Préférons-nous, en nous réveillant le matin, voir à nos portes, des membres de la famille, du village, de la tribu, du quartier, du cercle de nos connaissances et des familles de nos connaissances, venir nous exposer leurs difficultés et autres problèmes, comme des mendiants ?

· Préférons-nous nous contenter d’avoir de belles maisons et de belles voitures alors que, juste à nos portails, ce sont des tas d’immondices, des rues et des ruelles insalubres, boueuses et à peine praticables ?

· Préférons-nous faire semblant de ne pas voir dans quelles conditions certains de nos concitoyens voyagent par la voie ferrée, en plein 21ème siècle, dans des trains qui ressemblent à ceux destinés au transport du bétail ?

· Voulons-nous que les générations futures utilisent nos noms comme des symboles de la honte ?

· Bref, allons-nous sacrifier l’existence de notre nation au seul prestige et à la seule gloire d’un clan qui tient à museler et à diviser le peuple par les méthodes bien connues en se servant du clan, de la tribu et de la région en brandissant sans cesse le spectre de la guerre sous le couvert de la paix ?

Je vous interpelle, vous, nos chers enfants, élèves et étudiants.

Je vous interpelle, vous, qui êtes conscients que votre avenir n’a plus de visibilité dans la mesure où :

· malgré l’importance de nos ressources nationales, vos conditions de travail à l’école, au lycée ou à l’université, restent précaires ou ne sont plus du tout assurées ;

· l’assistance que devrait vous assurer l’Etat à travers l’attribution transparente et équitable des bourses d’études est, depuis, devenue hypothétique ;

· la certitude de trouver un emploi à la fin de votre formation n’est plus évidente ;

· le chemin de l’école vous a été fermé depuis quelques années à cause des guerres civiles successives, fruit d’ambitions personnelles d’hommes politiques irresponsables ;

· bref, aucun programme réel visant l’épanouissement des jeunes, majoritaires aujourd’hui dans notre pays, et aucune politique viable d’éducation n’existent en faveur de cette force vive de la nation, malgré la multiplicité des ministères consacrés à l’éducation nationale.

Je vous interpelle, vous, travailleurs du secteur public et privé.

Je vous interpelle, vous :

· qui n’attendez plus rien de vos responsables syndicaux actuels, pour la plupart retraités, généralement nommés par le pouvoir et lesquels, comme vous le savez, ne se préoccupent plus de la défense sacrée de vos multiples intérêts, mais de leur propre confort ;

· qui êtes conscients des méfaits de la mauvaise gouvernance, de la démobilisation généralisée et de la baisse de productivité de nos administrations ;

· qui avez perdu votre emploi, parce que votre entreprise a fermé ou a fait faillite et qui attendez depuis des années la reconnaissance de vos droits et une indemnisation méritée !

Je vous interpelle, vous, mes parents retraités.

Je vous interpelle, vous :

· qui, sous le soleil ou la pluie, dans la bousculade et parfois les injures, faites des queues interminables devant la CNSS ou la CREF, dans l’attente d’une pension dérisoire ;

· qui, affaiblis par l’âge et la maladie, êtes obligés de grimper péniblement les étages de la CCA ou du Trésor Public pour implorer, devant l’indifférence des agents, le petit pécule que l’Etat vous doit !

Je vous interpelle, vous, chers parents paysans.

Je vous interpelle, vous :

· qui continuez encore à travailler avec des moyens rudimentaires, en plein 21ème siècle ;

· qui écoulez souvent difficilement vos produits qui vous procurent les rares revenus obtenus à la sueur de vos fronts ;

· qui êtes désespérés du pouvoir parce que vous n’y avez aucun enfant ou parent et qui êtes ainsi désabusés de la politique !

Je vous interpelle, vous jeunes gens au chômage et sans emploi.

Je vous interpelle, vous :

· qui êtes diplômés sans emploi et qui vivez au crochet de vos parents retraités, parce que l’Etat est incapable de créer les conditions qui favorisent la création d’emplois ou l’épanouissement d’initiatives génératrices de revenus ;

· qui vivez d’expédient parce que l’Etat n’a pas su vous donner accès à la formation professionnelle que vous méritiez, ni à d’autres services que vos capacités sont en droit d’attendre du Gouvernement.

A VOUS TOUS, MES COMPATRIOTES

Je sais et je vous dis que vous n’êtes pas dupes et n’acceptez pas ce qui se passe dans notre pays.

La République, vous le savez, va mal, très mal. Le Congo est gouverné par une kleptocratie corrom-pue, incompétente, criminelle et brutale, qui veut garder le pouvoir par des élections frauduleuses.

La pire crainte du régime de Brazzaville est la non violence, pour la simple raison qu’il ne sait pas y répondre.

La démocratie qui est une valeur avec des principes clairs – respect des différences, dialogue, compromis permanents – qui devrait nous guider, a été transformée en un simple slogan qui dénature, hélas, notre Assemblée nationale et notre Cour constitutionnelle.

Demandons-lui donc qu’il garantisse le respect de la loi, des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous les Congolais.

Notre Justice fonctionne à deux niveaux : une justice pour les nantis, une autre pour les pauvres, et notre Gouvernement, qui a pourtant pour principe constitutionnel, selon l’article 2 : « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », n’a absolument rien de démocratique dans son fonctionnement.

On me dit souvent : « Non, vous exagérez, le peuple n’est pas dans le désarroi… ». Mais, quelqu’un peut-il me dire en toute honnêteté et arguments à l’appui :

- Non, le peuple n’est pas confronté aux problèmes de carburant, d’eau, d’électricité, de santé, d’éducation, etc. !

- Non, il n’y a pas mauvaise gestion de notre Etat !

- Non, la corruption ne ravage pas le pays !

- Non, il n’y a pas d’impunité dans notre pays !

- Non, il n’y a pas de désordre dans la force publique !

Hier, alors dans l’opposition, le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a dit dans son livre intitulé, Le manguier, le fleuve et la souris (p. 17) :

« Quel homme admettrait de voir son pays plongé dans le désordre et la ruine ? Quel homme tolérerait de voir les siens souffrir de conditions de vie de plus en plus précaires, privés des droits démocratiques les plus élémentaires ? (…) Aucun homme digne de ce nom. »

Que chacun de nous, notamment nous, cadres politiques et officiers des forces armées, se pose donc aujourd’hui, en raison de la détresse que vit notre peuple, la question de savoir s’il est un homme digne de ce nom au regard de l’engagement pris par lui-même.

Pour ma part, je continuerai de parler pour dénoncer l’injustice, le désordre, l’absence de contrôle, la corruption ; bref, tous les maux qui minent la République et qui mettent le peuple en péril comme maintenant.

Il n’y a pas de grandeur dans l’hypocrisie, et je suis étonné que les Congolais aient oublié, de sitôt, les critiques de la Conférence Nationale Souveraine, comme si l’histoire pouvait s’arrêter.

Je me bats et continuerai à me battre parce que, pour moi, le Congo passe avant tout, avant nos intérêts égoïstes, avant nos humeurs et parce que personne n’a le droit de jouer avec le destin d’un peuple.

Personne n’a le droit d’user des ressources et des richesses naturelles d’un pays comme une propriété privée dont on dispose à son gré.

A chacune de mes apparitions publiques, je reprends toujours un temps d’observation, je prends du recul. Mais, au bout de ma patience, je fais chaque fois l’amer constat que le pouvoir ne change pas d’attitude ; que rien ne s’arrange ; qu’au fond rien ne change, malgré les cris d’alarmes, les déclarations, les propositions venant du peuple et des forces organisées, tels que les partis politiques de l’opposition, les associations diverses, les confessions religieuses, et même de certaines voix qui se réclament de la majorité présidentielle.

Devant la logique du « chien aboie, la caravane passe », qui suit inexorablement son cours, je te prends à témoin, toi, Peuple Congolais, sur cette façon tragique de diriger un pays, de prétendre veiller au destin des Congolais.

Général de mon état, je demeure attaché, par-dessus tout, à la paix, la vraie paix :

- pas à cette « paix » qui permet à certains de jouir d’innombrables privilèges refusés à d’autres ;

- pas à cette « paix » qui remplace les victimes de la guerre par des victimes de la pauvreté, du manque de médicaments, etc. ;

- pas à cette « paix » sans accès aux médias d’Etat pour celles et ceux qui pensent différemment ;

- pas à cette « paix » qui laisse sans solution des Congolais affamés ;

- pas à cette « paix » qui ignore le panier de la ménagère ;

- pas à cette « paix » avec des écoles sans enseignants à l’intérieur du pays ;

- pas à cette « paix » avec des routes aux conditions de délabrement désolantes ;

- pas à cette « paix » où règnent l’impunité, le désordre et les passe-droits.

Je pense que vous méritez une paix véritable, consolidée par le dialogue permanent.

Sommes-nous descendus si bas pour faire d’un débat à la radio ou à la télévision un privilège ?

N’est-ce pas une honte d’aller aux élections sans l’instauration, au préalable, d’un débat éclairé, contradictoire, à travers une concertation consensuelle ?

Evitons de ramener le pays si bas ; bien au contraire, essayons de relever le niveau de notre démocratie dans la paix véritable et la dignité retrouvée, l’unité nationale, le dialogue, la concorde et la solidarité entre tous les enfants de notre pays.

Ma faiblesse est que je ne supporte pas de voir mon pays dans cet état. Je ne supporte pas de savoir qu’après nous, les générations à venir utiliseront nos noms comme des symboles de la honte.

Je ne lance pas cet APPEL pour vous reparler des conflits non réglés qui ruinent encore les bases de notre unité nationale, ni des différentes composantes ethniques de notre pays qui se regardent encore aujourd’hui comme des chiens de faïence.

Je n’oublie pas que les survivants des guerres qu’à connues notre pays sont traumatisés, et les plaies ne sont pas encore cicatrisées.

Je n’oublie pas que certains Congolais pleurent encore leurs morts ; qu’ils n’ont pas encore fait le deuil de ceux-ci.

A ces malheurs se sont sévèrement ajoutées des crises qui ont rendu infernale la situation des Congolais. Par exemple :

- des licenciements sans droits de plusieurs agents d’entreprises liquidées, comme la SOTELCO, pour ne citer que ce cas, où des mères et des pères de famille ont été abandonnés à eux-mêmes voici des années ;

- des écoles et des dispensaires que même les colons n’osaient pas offrir aux colonisés de l’époque ;

- des hôpitaux qui servent plus à assister les malades à mourir qu’à les guérir ;

- des pensions de retraite précaires et péniblement versées par la CNSS et la CREF ;

- des locataires à qui les logeurs exigent le versement de dix mois de caution ;

- des pères retraités qui continuent d’héberger, de loger et de nourrir leurs fils sans emplois, avec femmes et enfants ;

- des fonctionnaires aux salaires dix à trente fois plus bas que ceux des membres des institutions politiques en réalité improductives.

C’est quoi donc ta solution ?

Je n’oublie pas tout cela. Cependant, je demande à chacune et à chacun de vous : c’est quoi ta solution ? Est-ce :

- Prendre un tee-shirt, un pagne, une bière et un billet de cinq mille, voire mille francs CFA, tous les cinq ou six ans, juste le temps d’une campagne électorale ?

- Préfères-tu choisir une option qui n’arrêtera pas le nombre de victimes des hôpitaux et dispensaires sans médicaments, des sociétés d’eau et d’électricité qui n’ont aucun compte à te rendre, ou d’une administration corrompue et pourrie ?

- Te plaindre et accuser les autres de lâches pendant que toi-même tu ne fais rien pour sortir de ta situation, préférant attendre les nouvelles à la télé ou à la radio ?

- Attendre que Dieu descende sur terre, malgré tous les atouts qu’il t’a donnés et continue de te donner ?

Avons-nous le droit de subir, d’accepter tout ?

Congolaise, Congolais, qu’est-ce qui t’arrive pour accepter cela ?

Tu dois savoir que le Congo-Brazzaville, notre pays, est un espace terrestre béni de Dieu, une maison « CONGO », que le Seigneur a créée et mise à notre disposition pour y vivre comme de simples locataires, Lui-même étant le vrai et unique propriétaire foncier.

De même qu’un sage l’a dit, « Ce pays, ce n’est pas quelque chose que nous héritons de nos ancêtres ; ce pays, c’est quelque chose que nous empruntons à nos enfants ».

C’est pourquoi, je crois que personne d’entre nous ne peut prétendre avoir l’idée de faire du Congo sa propriété privée. Le seigneur Dieu en est l’unique propriétaire pouvant, à la seconde, à la minute, en tout cas à tout moment, sans préavis, sans justice aucune, se permettre de déloger un locataire, même ayant réglé son loyer mensuel, qu’il soit Roi ou Empereur !

Alors :

- Au nom de quoi et de qui acceptes-tu de vivre comme un locataire dans ton propre pays ?

- Au nom de quoi et de qui renonces-tu au souvenir de la grandeur de ta patrie, le Congo, tombée aux mains de prédateurs, de dirigeants véreux et de moralité peu recommandable, qui ont pratiquement réduit le Congo au plus bas niveau des autres pays africains ?

- Au nom de quoi et de qui renonces-tu au souvenir de la dignité historique de ton pays ? Au temps de la colonisation, les Français qui nous ont colonisés avaient une haute idée de l’homme Congolais. Ils disaient toujours que l’homme Congolais était le plus fier de sa dignité et, de ce fait, le plus récalcitrant. Car il savait dire : « NON ! ».

- Au nom de quoi et de qui acceptes-tu de cautionner, par ton attitude, le retour déguisé à la pensée unique et au monopartisme ? Est-ce au nom de la peur ?

Il, elle, a sauvé ta vie. Et toi ?

Notre démocratie est sacrée, car chacun de nous a perdu un parent dans les luttes politiques guerrières qu’a connues le Congo.

Le Peuple congolais, sous la protection de la loi, devrait avoir la liberté d’exprimer ses opinions politiques sans subir de harcèlement, d’intimidation ou de violence.

- Penses-tu que ton sang, ta vie, sont plus précieux que ceux de tous ceux qui sont morts pour revendiquer des libertés démocratiques dans notre pays ?

Par leur sang versé, sacrifié sur l’autel de l’intolérance parce que, parfois, victimes expiatoires, ils ont sauvé ta vie. Ils se sont donnés afin que toi tu vives. Il faut t’en souvenir !

- Penses-tu aux compatriotes qui sont en train de payer de leur vie la déliquescence de l’Etat aujourd’hui mort et enterré ?

- Penses-tu à ces populations congolaises humiliées, jetées dans l’errance sans espoir de lendemain ?

- Penses-tu à ces Congolaises violées et torturées pour rien, à ces enfants malnutris, aux scolarités bouleversées et hypothéquées ?

- Penses-tu à ces étudiants qui jettent l’éponge tellement les conditions sont difficiles, insurmontables ?

- Penses-tu à l’anarchie, à l’apologie du mensonge et à l’esprit guerrier qui ont pris la place des valeurs centrales de l’humain.

- Penses-tu à la haine, à l’esprit de vengeance, à l’esprit de destruction, à l’exclusion réciproque et aux déchirements qui menacent, au jour le jour, notre unité nationale, alors qu’étaient présentes, hier, les vertus de la discipline, du respect de l’autre, de la fraternité, de la solidarité et de l’entraide ?

ENFIN, C’EST A TOI QUE JE CONFIE…

Au cœur de la vie figure la question de la gouvernance et de la légitimité. Nous ne voulons pas dans notre pays d’une élection présidentielle dans le cadre constitutionnel et électoral actuel.

Nous exigeons une nouvelle constitution démocratique et des réformes de la loi électorale qui permettent la tenue des élections libres, justes et transparentes.

Le CONGO, notre beau pays, a perdu tout ce qui faisait sa gloire et l’honneur de son peuple. Mais le Congo n’est pas perdu.

L’heure est aujourd’hui grave, très grave.

A quelques pas de l’élection présidentielle cruciale, le pouvoir panique et ne trouve rien d’autre, pour apaiser les cœurs, que de multiplier des manœuvres dilatoires pour, enfin, ruiner les espoirs d’une concertation citoyenne apaisée, d’un dialogue voulu et sollicité par des partis et associations politiques de l’opposition, ainsi que par des organisations de la société civile. Le monologue qui s’est tenu récemment à Brazzaville, du 14 au 17 avril dernier, en est l’illustration.

Une élection, surtout présidentielle, sans commission nationale électorale indépendante, sans révision paritaire des listes électorales, ni consensus autour du cadre juridique, ne saurait être que donner un « laissez-passer », « un blanc-seing » à ce pouvoir inique, afin de poursuivre son hégémonie sur le pays, son œuvre de destruction massive du Congo : pillages, bradage de nos richesses, corruption, débauche, dépravation des mœurs, impunité, perpétuant ainsi le chaos et la dégradation avancée du pays, donc la misère et les souffrances du Peuple Congolais. Ce que, j’en suis sûr et certain, aucun d’entre nous ne voudrait plus voir dans notre pays.

Comment allons-nous réaliser nos objectifs ?

Il s’agit donc, aujourd’hui, ici et maintenant, de sanctionner ce pouvoir arrogant, sans scrupule et sans âme.

Il s’agit de faire table rase et, dans un sursaut héroïque, de repartir sur de nouvelles bases.

Il ne faut pas avoir peur du changement.

Au cas contraire, ce ne sera pas, comme certains le penseront, l’échec de l’opposition, mais notre échec à nous tous. Ce sera ton échec.

Comme l’opposition n’est là que pour défendre ton intérêt et celui de la Nation, ce sera donc l’échec de tous les Congolais qui n’auront pas eu la chance de vivre une véritable démocratie ; des Congolais qui auront raté l’occasion de vivre enfin dans la prospérité et la sécurité, alors qu’ils ont tout, que la nature leur a tout donné.

Alors, je vous dis : N’ayons pas peur !

Levons-nous, pour qu’ensemble :

1. Nous exhumions et ressuscitions le Congo, en lui redonnant ses lettres de noblesse ;

2. Nous mettions de l’ordre dans notre maison « CONGO » et restaurions l’Etat et son administration ;

3. Nous rétablissions la justice, la discipline et l’équité ;

4. Nous mettions un terme à la corruption, au pillage de nos ressources et à la gabegie ;

5. Nous créions les conditions qui permettent aux enseignants d’exercer leur métier – un véritable sacerdoce –, aux étudiants d’étudier dignement, aux travailleurs de vaquer à leurs occupations dans la dignité, aux malades de se faire soigner correctement, et au Peuple Congolais de vivre décemment dans la paix, la dignité, la concorde et l’unité nationale ;

6. Nous puissions, enfin, changer ce pays où il devrait faire bon vivre, grâce à la contribution de chacun de vous tous, de nous tous, c’est-à-dire de TOUS LES CONGOLAIS, à l’œuvre commune.

C’est donc à toi, Peuple Souverain, que je confie le destin de ta patrie, le CONGO !

Vive la République !

Vive le Congo !

Published by Gri-Gri International Général Emmanuel NGOUELONDELE-MONGO - dans Congo Sassou
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