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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 06:16

1 couv-Robinson-Haiti-Presse

 

Le coup d’État initial avait été prévu avant que les cérémonies du Bicentenaire n’aient lieu, c'est à dire avant le 1er janvier 2004. Pour la France, qui redoutait par dessus tout ce bicentenaire, c’était la meilleure solution. Régis Debray voyait un par un les responsables des pays africains contrôlés par la France, probablement pour les menacer s’ils participaient au bicentenaire d’Haïti. Lorsqu'il m'avait reçu chez lui à Paris, il ne s’en était pas caché. Il s’était même étonné de la position inflexible de la ministre des Affaires étrangères d’Afrique du Sud, favorable aux Haïtiens. « C’est étrange. Ce que vous me dites me rappelle ce que m’a dit la ministre dans son mauvais anglais ». On se souvient que Régis Debray, lui, dès l’époque de son équipée bolivienne, parlait très bien l‘anglais. Alors que j’étais en transit le 11 décembre 2003 à l’aéroport de Pointe-à-Pitre, pour prendre l’avion de Port-au-Prince, un ami haïtien m’avait présenté le chef d’escale d’Air France à Port-au-Prince. Ce chef d’escale était accompagné d’une jeune femme, originaire d’un ancien pays communiste, qu’il nous présenta comme sa compagne. Le hâbleur se félicitait d’avoir obtenu la naturalisation de la fille. Il ne nous dit pas comment, mais on sentait qu'il en avait très envie. Mon ami faisait un simple aller-retour et devait repartir de Port-au-Prince le 15 décembre. Le chef d’escale l’informa, très sûr de lui, qu’il n’y aurait pas de vols ce jour-là. Il me répéta en souriant, et d’un air entendu : « Non, le 15 décembre, il n’y aura pas de vols à Port-au-Prince ! Aucun vol. »

Effectivement, le 15 décembre fut assez mouvementé. Andy Apaid, un milliardaire syrien-américain blanc de peau travaillé par la CIA, mais que la presse occidentale présentait comme un Haïtien « noir », chef de l’"opposition" au président Aristide, organisa des manifestations sporadiques où de pauvres hères, pour quelques malheureux dollars, brûlaient trois pneus de voiture, à la plus grande satisfaction des journalistes français qu'Eric Bosc, de l’ambassade de France, appelait pour aller photographier le « chaos » qui s’instaurait, jour après jour, dans ce pays maudit gouverné par un « assassin », un « trafiquant de drogue » un « psychopathe pervers ». Telles étaient les épithètes dont la presse française gratifiait le premier président démocratiquement élu d’Haïti. Un journaliste se lâcha même au point d’écrire dans Le Figaro : « L’échec d’Haïti démontre l’inaptitude des peuples noirs à se gouverner eux-mêmes. » Personne ne releva. En même temps, Jean-Claude Duvalier, dans un luxueux hôtel parisien, donnait une interview à la presse américaine pour faire savoir qu’Aristide était le pire dictateur qu’Haïti ait jamais connu. Oui, je n’invente rien, c’était le chef des tontons macoutes qui disait cela. La journaliste américaine, un peu gênée, évoqua (très discrètement) le passé. Là, Bébé Doc répondit superbement : « Je ne dis pas que je n’ai pas commis quelques erreurs…» (la suite... bientôt)


Texte - www.claude-ribbe.com  Illustration - couverture du livre de Randall Robinson récemment paru

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Published by Gri-Gri International - dans Dom-Tom - Caraïbes & Amériques
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