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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 17:00

 

Initialement paru sur le blog de Christian d'Alayer sous le titre :

Jeune Afrique continue à mentir à ses lecteurs

(et pas que sur l’âge de son capitaine !)

10 mai 2017

Je pensais en avoir fini avec cette histoire, et bien non ! Après que son créateur, Béchir Ben Yahmed ait écrit que la croissance économique africaine était un leurre, Jeune Afrique  récidive en plus grave encore : "Le développement de l'Afrique, une illusion ?" ose-t-il mettre sur sa Une du 7 au 13 mai 2017. Alors, certes, le signataire n'est plus cette fois-ci Béchir en personne, mais un collaborateur. Lequel ne nie plus la croissance mais la répartition de ses fruits : tout le monde n'en profite pas, écrit-il en substance. Avec, encore, un énorme mensonge en page 23 : pour tenter de prouver que la croissance économique n'a pas été à la hauteur de la croissance démographique, ce "journaleux" ose comparer une courbe en milliards d'habitant à une courbe en pourcentages ! Une aberration totale en matière de statistiques mais bon, quand on a tort et qu'on veut absolument prouver qu'on a raison, tout est bon.  Alors pour ceux qui doutent encore après avoir lu Jeune Afrique, voici les vrais chiffres, extraits des statistiques en ligne de la CNUCED. Vous voyez que la croissance économique africaine est très supérieure à sa croissance démographique depuis 2000 !

Mais seuls les riches en profitent, écrit en substance l'auteur, citant le Maroc en exemple. Le pays du Makhzen, de la corruption généralisée et institutionnalisée en une pyramide presque parfaite ! Mais bon, peu importe. J'ai déjà et à de nombreuses reprises souligné que le développement passait par une nécessaire accumulation de capital, surtout en Afrique où la croissance est obtenue en la quasi absence d'investissements étrangers (Jeune Afrique sous-titre pourtant "Un continent devenu capital-amical" !) Le phénomène a été, est et restera universel : avant de pouvoir répartir mieux la richesse produite, il faut constituer le capital nécessaire, les locaux, les machines, les moyens de transport, etc.  On n'est pas en Occident où les entreprises n'investissent plus et s'adonnent à un jeu de baisse des coûts salariaux au profit des actionnaires. Lesquels ne savent plus très bien où placer leur argent dont les montants dépassent de loin leurs capacités consommatrices. Alors le journaleux écrit que les salariés ont un téléphone mobile mais pas d'assurance ni de pension de retraite. Je lui rétorque que les salariés en Afrique représentent moins de 20% de la population active dans le continent aux plus forts taux d'entreprenariat et d'autofinancement du monde. Le mec écrit pourtant du Maroc où ses patrons l'ont envoyé enquêté. Sans doute n'a-t-il pas été hanter les faubourgs des grandes villes voire la cohorte d'artisans en tous genres stockant leurs productions sur leurs pas de porte ?!

Pour ceux que le débat intéresse (Jeune Afrique feint d'en faire un débat...), je leur conseille vivement de consulter mon blog (dalayer.kazeo.com) où se trouvent tous les articles que j'ai écrit sur la question ainsi que mon livre, "Un crime médiatique contre l'Afrique", dans lequel je démontrais que le continent était à la veille du décollage et non à la dérive. Tout dernièrement, ils peuvent aussi acheter NewAfrican dans lequel j'ai publié une opinion : "Pour en finir avec l'Afro-pessimisme"

Car pour moi il n'y a pas lieu à débat, les chiffres sont incontestables, la réalité sur le terrain est visible et seuls, en fait, les intellectuels africains émigrés continuent à déverser leur bile auprès des médias occidentaux qui se régalent de leurs aigreurs.  Sans doute feraient-ils mieux de râler contre le monopole aérien d'Air France où le néocolonialisme français dans ce qu'il continue à estimer être son "pré carré" Mais non, ils préfèrent alimenter les Occidentaux dans ce qui reste du racisme, du vrai. Car caché, vilipendé en public et en parole. Mais pas en actes : le Bénin vient d'ailleurs de refuser un "don" de la France, des vieux outils médicaux dont les médecins africains n'ont plus l'utilité depuis au moins 10 ans ! C'est exactement comme ces braves "bobo" qui donnent des fripes délavées à Emmaüs, une association d'insertion des SDF en France ! Et bien les articles de Jeune Afrique sont du même acabit, honteux !

Taux de croissance comparées démographique et économique en Afrique de 2000 à 2015

Source : CNUCED, statistique en ligne disponible gratuitement

Régions

2000

2005

2010

2015

% 2000-2015

Croissance éco.

2000-2015

Afrique orientale

251793

288763

331647

393376

3,7%/an

5,5%/an

Afrique centrale

96113

111913

130598

151952

3,9%/an

5,37%/an

Afrique septentrionale

178584

195017

213773

223892

1,7%/an

3,5%/an

Afrique australe

51451

55274

59067

62634

1,4%/an

2,9%/an

Afrique occidentale

235235

268498

307982

353224

3,3%/an

5,9%/an

Total Afrique

813176

919465

1043067

1185078

3%/an

4,3%/an

 

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Published by Gri-Gri International Christian d'Alayer - dans Con de blanc Economie Politique Devoir d'histoire
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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 08:26

 

chibanis sncf lesquen jonas

Chibanis à Belleville. Sipa. Numéro de reportage : 00469342_000009.

Pendant des décennies, la SNCF a employé des salariés marocains sans leur accorder le statut, la paie et la retraite de leurs homologues français. Depuis quelques années, ces "chibanis" (littéralement, "cheveux blancs") poursuivent l'entreprise en justice pour demander réparation. Aujourd'hui, ils comptent bien obtenir gain de cause devant la Cour d'appel de Paris. Entretien avec leur avocate Clélie de Lesquen-Jonas.

Daoud Boughezala.  Vous défendez les salariés marocains de la SNCF, surnommés les « chibanis » qui, aujourd’hui retraités, reprochent à leur ancien employeur de les avoir lésés et le poursuivent en justice. Quel est exactement l’objet du litige ?

Clélie de Lesquen-Jonas. Les 3 000 chibanis, cheminots marocains ou naturalisés français, embauchés par la SNCF dans les années 1970, ont subi plusieurs discriminations, à la fois en matière de carrière et de retraite, de soins et de facilités de circulation. Ils ont été totalement discriminés au niveau du déroulement de carrière alors que rien n’empêchait la SNCF de leur accorder une classification similaire aux agents statutaires. Même si leur nationalité étrangère les empêchait d’intégrer le statut d’agent de la SNCF, ils auraient pu être reconnus comme agents de maîtrise et cadres car ils fournissaient le même travail que leurs homologues statutaires. Ils ont tous été cantonnés au collège d’exécution et leur retraite de base n’est même pas égale au minimum de retraite après quinze ans de service pour un agent statutaire.

A la genèse de toute cette affaire, il y a une convention signée entre le Maroc et la France dans les années 1960. Ce texte prévoyait-il une égalité de traitement entre travailleurs français et marocains dans l’Hexagone ?

La convention bilatérale signée entre la France et le Maroc en 1963 prévoyait l’égalité de travail, de rémunération et d’hygiène entre les travailleurs marocains et français vivants en France. C’est un texte international qui s’impose à notre droit. Or, la SNCF s’est drapée dans son règlement et a créé un règlement PS25 (annexe A1) discriminatoire et pratiquement réservé aux Marocains. Cette disposition qui les empêchait d’évoluer relève du mythe du provisoire, l’idée illusoire du travailleur étranger qui ne tiendrait pas et retournerait au pays. Il se trouve que beaucoup de mes clients, désormais retraités, se sont définitivement installés en France où ils ont leurs enfants.

A vos arguments, la SNCF oppose une fin de non-recevoir. D’après la direction de l’entreprise publique, les économies réalisées se montent à hauteur de 70 millions d’euros par an…

Oui, c’est une pièce versée aux débats au cours d’une réunion avec les syndicats. La direction de la SNCF a avoué avoir réalisé ces économies en empêchant leur promotion dans les classes supérieures. Cette situation illicite a duré des décennies, aussi le juge judiciaire devrait-il leur accorder des dommages et intérêts. En ce qui concerne les demandes de réparation, les dossiers sont regroupés et comptent des pièces communes, mais la SNCF annonce des montants globaux pour impressionner les juges. Pour chaque chibani lésé, nous réclamons en moyenne 200 000 euros au titre de la retraite et 400 000 euros au titre du déroulement de carrière. En outre, j’ai formulé une demande de réparation  au titre du préjudice moral subi : un cheminot est quand même venu à la barre en pleurant et il ne jouait pas la comédie…

Au risque de me faire l’avocat du diable, je relativiserai l’injustice infligée aux chibanis. Des générations d’immigrés italiens, espagnols ou polonais n’ont-elles pas été exploitées sans recours judiciaire possible ?

Probablement. Mais la discrimination des chibanis a une dimension particulièrement industrielle ! C’est un dossier historique pour la SNCF. Durant le procès, le Défenseur des droits a rappelé le caractère industriel et même, d’une certaine manière raciste, de ce traitement. Mais je n’ai pas eu besoin de m’aventurer sur le terrain politique pour que les juges de première instance condamnent la SNCF.

Ceci étant, plusieurs juridictions ont donné raison à l’entreprise publique contre les chibanis qui la poursuivaient…

C’est une question de forme, et non de fond. Les premiers chibanis ont formulé une demande devant la juridiction administrative, ce qui était une erreur. Les juridictions judiciaires qui sont compétentes ont ensuite été saisies de 2010 à 2014.

D’ailleurs, pourquoi ces retraités ont-ils saisi la justice si tardivement ?

Ils n’avaient pas la révélation au sens juridique du terme, c’est-à-dire qu’ils n’avaient pas conscience de se trouver dans une situation illicite en droit alors qu’ils effectuaient le même travail que leurs homologues cheminots français. car ils n’avaient pas les éléments de comparaison avec ces cheminots statutaires.

Quand la Cour d’appel se prononcera-t-elle ?

Le 31 janvier 2018.

En cas d’échec, prévoyez-vous de lancer un recours ? 

Nous comptons bien avoir gain de cause mais, dans le cas contraire, il faudra effectivement nous pourvoir devant la Cour de cassation.

 

SOURCE

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 06:30

Mensonges hypnotiques sur le CFA Par Justin Katinan KONE .

En sciences médicinales, l’on appelle médicaments hypnotiques, les médicaments qui déclenchent le sommeil. Ils sont communément appelés somnifères. Ils sont prescrits généralement pour les patients très excités pour leur imposer un sommeil. C’est cette cure de sommeil forcé que le gouvernement français et ses relais tropicaux appliquent aux trois zones Franc de l’Afrique. Le franc CFA est entré en crise d’hystérie grave qui secouent mêmes les sommets de la zone. De plus en plus de Chefs d’État et de gouvernement des zones CFA manifestent, de façon publique, leur hostilité vis-à-vis de leur monnaie. Comme devant n’importe quelle grave crise hystérique, le médecin utilise les grands moyens, la France a recours aux « benzodiazépines économiques » pour calmer la crise de nerfs que traverse son monde financier et monétaire en Afrique. Les infirmiers commis à l’application de cette prescription française sont évidemment les deux enfants chéris de la liaison idyllique entre de Gaule et l’Afrique. Il s’agit du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Ils sont les plus amoureux du Franc CFA et ils le défendent avec une hargne passionnelle. Pour eux, tout est beau dans le meilleur du monde CFA même quand certains des leurs crient famine, notamment, dans la zone de l’Afrique Centrale (CEMAC) durement touchée par la chute, économiquement injustifiée, des cours du pétrole méchamment orchestrée par l’Administration OBAMA pour affaiblir la Russie de Poutine. Il est évident que tous les participants à la réunion biannuelle des Zones CFA tenue les 13 et 14 avril dernier à Abidjan ne présentaient pas la même mine. En effet, le 23 décembre, à Yaoundé, les pays de la zone CEMAC ont échappé de justesse à une dévaluation. En contrepartie, les États membres de cette zone se sont vus imposer une cure d’austérité sévère marquée notamment par le gel des avances statutaires de la BEAC à leur profit; pour, dit-on, ralentir la chute des réserves en devises afin de maintenir la parité entre le FCFA et l’Euro. Alors, quand le gouverneur de la BCEAO chante les éloges du CFA, ou que Michel Sapin affirme que « malgré le nom, le CFA est la monnaie des Africains » ou que le Chef de l’État ivoirien salut la stabilité du CFA, chacun d’eux joue sa partition dans la cure de sommeil forcé que l’on impose à des ventres très affamés. Non messieurs, arrêtons les prescriptions aux effets hypnotiques et osons toucher le mal à sa racine. Le CFA reste une excroissance de la monnaie européenne (I) qui tient prisonnière l’éclosion économique de plus de 200 millions d’Africains. Il faut en sortir, du moins couper son cordon avec la France (II).

I/ LE CFA : le FF puis l’Euro utilisés par des Africains
L’histoire du CFA et le fonctionnement actuel de cette monnaie consacrent la domination française sur cette monnaie.

A/ quelques repères historiques révélateurs
Lorsqu’en 1807 , l’Angleterre suit les traces du Danemark pour interdire la traite des Noirs d’Afrique, elle a déjà changé sa structure économique tout en gardant l’idéologie de base. Le monde découvre les premières machines capables de changer l’homme sur les divers chantiers. L’Angleterre est alors pionnière en la matière. Elle est, en quelque sorte, l’unique puissance industrielle. De façon subtile, les puissants réseaux de fabricants de ces nouvelle machines vont créer ou infiltrer les groupes de pression qui agitent, opportunément, l’étendard de la philanthropie pour justifier leur activisme abolitionniste. Pour imposer leurs nouvelles technologies au reste du monde, l’Angleterre engage toute sa puissance pour s’opposer à la poursuite de l’esclavage. Le 8 juillet 1815, à la convention de Viennes, l’Angleterre force la main à l’Europe et l’entraine dans l’abolition de l’esclavage en se donnant le droit de faire intervenir sa flotte maritime, en cas de besoin, pour arraisonner les bateaux suspectés de transporter des esclaves. En contrepartie, le gouvernement anglais s’engage à dédommager les entreprises esclavagistes du fait des pertes que l’abolition de l’esclavage leur causerait. C’est ainsi que, selon ses propres archives , la Bceao trouve ses origines dans l’indemnisation des colons esclavagistes. En effet, après la deuxième abolition de l’esclavage en 1848 (aboli une première fois le 4 février 1794 , l’esclavage est réinstauré par Napoléon Bonaparte le 20 mai 1802 ), « de nombreux propriétaires d’esclaves sont ruinés tant dans les Caraïbes que dans les possessions d’Afrique » . Le 30 avril 1849, l’État français prend une loi pour indemniser les colons ruinés, puis « le 21décembre 1853, le décret portant création de la Banque du Sénégal est signé par Louis Napoléon Bonaparte. Son capital fixé à 230 000 F est formé du prélèvement du 8ème opéré sur l’indemnité accordée aux colons par la suite de l’abolition de l’esclavage et des arrérages échus de l’inscription de rente représentative de ce prélèvement » . C’est cette banque du Sénégal qui va se muer plus tard en Bceao. En d’autres termes, la Bceao est née de l’argent de l’esclavage. C’est pourquoi il est difficile de faire admettre à la France que cette banque centrale n’est pas la sienne, parce que le capital initial de cette banque provient de l’indemnité que l’Angleterre a versée à la France pour compenser la perte de revenus subie par les esclavagistes français, laquelle perte a été induite par l’abolition de l’esclavage. Autant dire que l’Afrique noire n’a pas encore rompu tout lien avec le commerce honteux des esclaves dont elle fut victime. Il y a quand même quelque chose d’indécent pour notre continent de prétendre se bâtir avec des instruments économiques et financiers qui sont l’expression de la domination qu’il a subie.
En 1939, s’appuyant sur la Banque du Sénégal qui aura subi, entre-temps, plusieurs mutations structurelles et fonctionnelles, la France crée le FCFA. Mais c’est le 26 décembre 1945, en ratifiant les Accords de Breton Woods que la France fait sa première déclaration de parité entre le franc français et le franc des colonies. Celui-ci pivote autour de celui-là grâce à une parité fixe de 1FCFA pour 2 centime de FF. La monnaie étant une marchandise,la parité de 2 centimes pour un 1FCFA signifie tout simplement que pour acquérir 2 centimes de FF, il faut débourser 1FCFA (soit 50 CFA pour 1FF). La France, sortie exsangue de la deuxième guerre mondiale, entend tirer le maximum de ses colonies. La création d’une monnaie stable africaine autour du FF garantit une stabilité des échanges commerciaux qui se font, en ce temps-là, exclusivement dans l’intérêt de la métropole. La France va structurer sa monnaie africaine en s’inspirant de sa propre expérience douloureuse vécue sous l’occupation allemande. En effet, après la débâcle française de 1940, l’Allemagne prend le contrôle entier de la France aussi bien en termes d’institutions politiques que d’institutions financières. Les différents ateliers et les hauts fourneaux français travaillent pour alimenter exclusivement l’économie allemande. Le gouvernement de Vichy n’est que le bras avancé du 3ème Reich allemand en France. Le FF lui aussi n’est qu’une monnaie artificielle remodelée par l’Allemagne pour maintenir un « commerce » de dupe avec sa « nouvelle colonie française ». Le Franc CFA est donc imaginé comme le FF pendant l’occupation allemande. Il y a donc une articulation forte entre le gouvernement de Vichy (institution politique) et le FF sous l’occupation (Institution monétaire) pour une économie exclusivement au service de l’Allemagne. C’est le même schéma qui est observé en Afrique francophone. Le FCFA est le versant monétaire et financier de l’institution politique que constitue la Françafrique. L’un ne peut se concevoir sans l’autre. C’est pourquoi, dans son
fonctionnement, le FCFA reste sous l’étroit contrôle de la France.

B/ Un fonctionnement totalement contrôlé par la France
Toutes les adaptations et réadaptations du FCFA ont été toujours à l’initiative française. Il ne peut en être autrement puisque, dès ses origines, le FCFA est une variance du FF et il correspond à la structure des échanges commerciaux entre la France et ses colonies. Dans le système des échanges commerciaux entre métropole et colonie, la colonie produit exclusivement pour la métropole suivant les demandes qu’exprime cette dernière. C’est une sorte d’échanges commerciaux dans un même espace économique, puisque la colonie n’est qu’une excroissance de la métropole. A la limite, la France aurait pu conserver le FF comme monnaie unique dans ses colonies comme l’avait fait la Grande Bretagne avec la Livre. Mais la France voulait des produits moins chers dans ses colonies. Elle imagine donc un FF dégradé pour ses colonies. Le FCFA en usage dans les colonies est totalement géré par la Banque de France. EN 1958, tout en gardant sa structure intacte, le CFA passe de Franc des colonies françaises d’Afrique au Franc de la Communauté Financière d’Afrique. Mais le principe de base est le même : le CFA ne vit que par le FF. En 1960, le CFA forme avec l’armée française, le socle sur lequel repose toute la construction de ce que le Professeur Mamadou Koulibaly appelle le pacte colonial. Le dispositif est complété par le compte d’opérations. C’est ce compte qui assure la libre convertibilité CFA avec le FF. C’est ce compte, logé au Trésor de France, qui assure le dénouement des opérations financières et commerciales avec n’importe quel pays du monde. Lorsqu’un client d’une banque ivoirienne veut mener une opération en Chine, il donne l’ordre à sa banque de transférer à son fournisseur, ou à son créancier la somme correspondant à son engagement. Or, ce client n’a pas une position en dollars dans sa banque. Sa position dans sa banque est libellée en CFA qui n’est pas une devise convertible avec le Yuan chinois. La banque fait appel à la BCEAO pour lui demander de convertir le montant de l’engagement de son client en Yuan ou, à tout le moins, en dollars qui est devenue, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la monnaie universelle. C’est le rôle de toutes les banques centrales. Le problème avec la BCEAO, c’est que la moitié des devises issues des opérations commerciales des pays de la zone se trouve logée dans le compte d’opérations au Trésor Français. Les positions dans ce compte sont libellées uniquement en Euro. La BCEAO va donc adresser la demande du client de la banque ivoirienne à la Banque de France qui va couvrir l’opération en Euro qui, lui, a une contre-valeur en Yuan. En effet, aux termes des accords de coopérations monétaires signés en 1961, c’est le Trésor français qui assure la couverture en devises de toutes les opérations à l’extérieur de ses anciennes colonies. Pour ne pas sortir perdante dece contrat, la France oblige ses anciennes colonies à stocker dans son Trésor d’abord 65%, puis 50% de leurs avoirs en devises en France. Ce stock de devises, la France le surveille comme du lait au feu pour éviter qu’il tombe en dessous d’un seuil critique qui obligerait alors Marianne à payer à pertes pour le compte des Mariannettes d’Afrique. On dirait dans le langage ivoirien, « la France ne dure pas dans mauvais rêve ». En effet, si la France s’engage à perte, la conséquence est énorme pour elle et pour l’Euro. Elle déprécierait sa balance de paiement et, partant, sa position nette à la Banque Centrale d’Europe ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour l’Euro, la France étant la deuxième puissance économique de la zone Euro. Sauf omission de notre part, nous n’avons pas connaissance, qu’une seule fois, la position nette du compte d’opérations ait été débitrice. Quand cela risque d’arriver, la France actionne plusieurs mécanismes pour maintenir la situation en sa faveur. L’un de ces mécanismes est le réajustement du taux de parité connu sous le vocable de dévaluation. C’est ce qui s’est passé en janvier 1994. Depuis cette date, il faut 100 FCFA pour acheter 1FF (au lieu de 50 FCFA pour acquérir 1FF). En un seul jour, la France décida que FCFA doit perdre 100% de sa valeur. Quand la France adopte l’Euro comme monnaie, le CFA subit une autre dévaluation plus importante puisque, pour acquérir 1 unité de la nouvelle monnaie française ( 1 Euro), il faut débourser 657 FCFA. Le 23 décembre 2016, à Yaoundé, les pays de la zone CEMAC ont eu à faire un choix cornélien entre la peste et le choléra. La présence surprise de Christine Lagarde, à une réunion de la zone FCFA, offre la seule alternative, du reste très douloureuse, imposée aux pays de cette zone : un programme austère avec le FMI. En échappant à la dévaluation, les pays de la CEMAC se sont jeté pieds joints dans le piège du FMI. C’est le sort réservé aux pays africains aux économies unijambistes. Il suffit que la seule jambe de leur économie soit malade pour que ce soit le chaos. C’est pourquoi, le bras de fer engagé par le gouvernement ivoirien avec ses amis traders et chocolatiers en faisant de la rétention spéculative sur le cacao était perdu d’avance. Avec quoi la Côte d’Ivoire entend couvrir ses importations si elle bloque l’exportation de sa principale source de devises. Le gouvernement n’avait d’autre choix que de ramollir, au bout de compte, son bras quitte à perdre plus de 100 milliards de recettes fiscales. C’est le prix à payer pour éviter une dévaluation. Comme on dit en Côte d’Ivoire « yeux connait bagage qui est lourd ». Le CFA, c’est l’arme de contrôle qu’exerce la France sur l’économie de ses amis Africains. Le Président Sassou a osé ouvrir une passerelle de convertibilité de son CFA avec le Yuan chinois. Du coup, d’ami, il est en voie de devenir l’ennemi de la France. On ne peut pas être dans la zone CFA, avoir sur sa tête la BECEAO ou la BCEAC et se donner la liberté de choisir ses partenaires. La France est membre du conseil d’administration de ses deux banques centrales secondaires. Elle y détient une voix bloquante. Même si le gouverneur de la BCEAO se sent heureux d’être un gouverneur secondaire, il n’en demeure pas moins que les résultats économiques des pays de la zone CFA, après 60 ans de fraternité franco-africaine, donnent raison à ceux qui pensent que ce contrat de dupe doit prendre fin. Plus de 200 millions d’Africains s’interrogent sur le bien-fondé du FCFA.

 

II/ Le développement économique enserré.
 

Tout est justifiable et tout est défendable, mais seuls les résultats comptent. Les résultats économiques de la zone CFA sont révélateur s de la faiblesse des économies de cette zone. Comme quoi, la stabilité artificiellement entretenue d’une monnaie ne garantit pas le succès économique.

A/ Les faibles performances économiques de la zone CFA.
Le 20 mars dernier, le discours du Président Alpha Condé, fort de son titre de Président en exercice de l’UA, pendant les assises sur l’émergence en Afrique, est révélateur du malaise qui prévaut dans la zone CFA. En disant que les pays francophones sont les moins avancés que les autres sur le chemin d’une hypothétique émergence aux horizons incertains, il n’a fait qu’un constat que le minimum de bonne foi oblige à admettre. Sur les 10 meilleures économies africaines dans le classement publié en 2016, aucun pays de la zone CFA n’y figure. C’est un constat réel. Le Maroc sur lequel beaucoup assoient leurs ambitions d’émergence a quitté la zone Franc à son indépendance. Son Dirham lui permet de bien se comporter au point de se présenter en investisseur universel en Afrique. La fluctuation du Naira nigérian ou du Rand sud-africain n’empêchent pas ses pays à consolider leurs économies. Dans mon prochain livre, une étude comparative des économies de plusieurs pays africains montre la faiblesse des économies des pays francophones. Par exemple, malgré la fluctuation de son cedi, l’économie ghanéenne supplante celle de la Côte d’Ivoire depuis plus de 15 ans. Avec une production pétrolière sensiblement égale, l’économie d’Algérie se situe à des années lumières devant celle du Gabon et du Congo réunis. Ce sont les réalités tangibles non contestables. Les pays africains les plus avancés exercent un contrôle plus étroit sur leur infrastructure économique que les pays d’Afrique francophone dont l’infrastructure économique est entièrement sous la maitrise de l’extérieure. Ce sont les résultats de deux années de recherches sur les économies africaines. Au Ghana, le cedi se change dans n’importe quel bureau de change avec n’importe laquelle des monnaies. Cela est quasiment refusé en Côte d’Ivoire où les changes ne sont admis que dans les banques. La monnaie c’est plus de politique que d’économie. Malgré les complaintes américaines, les Chinois n’ont jamais daigné relever la valeur du Yuan par rapport au dollar. C’est une décision souveraine de l’État chinois. C’est de la politique. Il est difficile de conduire un véhicule dont une personne en contrôle le levier de vitesse, et une autre les freins. A supposer qu’après la prochaine élection française, le vainqueur décide de quitter l’Euro, notre CFA ne sera plus arrimé à l’Euro, mais à la nouvelle monnaie française. C’est quoi cet enfantillage?
Avoir une monnaie stable et forte dans une économie faible est suicidaire. Il faut arrêter avec la sous-traitance de nos instruments économiques.

 

B/ sortir la France de la zone CFA
Quelle gloire a-t-on à afficher au monde entier que nous sommes des majeurs incapables? C’est malheureusement l’image que nous offrons au monde. 15 pays d’Afrique sont incapables de gérer leur monnaie commune et ils en sont heureux. Comment pouvons-nous espérer opérer une intégration économique et monétaire en Afrique avec une devise dirigée de l’extérieur?
La stabilité du franc CFA est un miroir aux alouettes. Toutes les économies au monde connaissent des fluctuations et la monnaie apparait comme l’instrument de mesure de l’économie. Qui peut parier que depuis 1994, l’économie des pays de la zone CFA n’a pas connu de fluctuations positives ou négatives. Comment expliquer alors la stabilité de cette monnaie Plus de 20 ans? Qui peut raisonnablement soutenir que, dans un monde économique concurrentiel, une monnaie doit rester collée à une seule et unique devise?
Le problème n’est pas le CFA en tant que monnaie commune à 15 pays d’Afrique (quand on y ajoute les Comores). C’est même un grand atout qu’il ne faut pas liquider. Un espace monétaire de plus de 200 millions d’habitants est déjà une bonne rampe de propulsion économique. Ce qui pose problème, c’est le fait que cette monnaie soit entièrement contrôlée par une puissance étrangère, de surcroît ex puissance coloniale.Toutes les monnaies du monde sont convertibles du moment que le dollar continue d’être considéré comme monnaie pivot. Dès lors, le mystère d’une monnaie refuge tourne au charlatanisme économique. L’Afrique peut gérer sa monnaie. Le dire, ce n’est faire ni preuve de chauvinisme maladroit. C’est tout simplement faire de l’économie comme cela se fait ailleurs.
En maintenant la structure actuelle du CFA, nous maintenons la structure d’une économie de type coloniale puisque sa structure a été inventée pour supporter ce type d’économie, dans laquelle l’on est à la fois fournisseur et client d’un seul et unique partenaire. Nul ne peut raisonnablement prétendre à une multitude de partenaires économiques avec une monnaie entièrement contrôlée par un seul partenaire. Ou alors, faisons simple et adhérons à l’Euro. Alors plus besoin de CFA et utilisons l’Euro dans nos pays. C’est encore plus sensé que l’alchimie à laquelle l’on nous contraints. Une monnaie s’impose par la production économique qui la soutient. Il suffit de réorganiser les économies des pays de la zone CFA en les rendant diversifiées, le CFA s’imposera de lui-même comme devise forte sans le concours de la France. A supposer que le Ghana soit obligé d’acheter les bœufs du Burkina Faso, le Nigéria ceux du Tchad ou du Niger, que le Sénégal ou la Côte d’Ivoire produisent beaucoup de riz pour nourrir le Nigéria, et le Cameroun nourrisse la RDC, le CFA devient plus fort qu’il ne l’est avec l’exportation du caco ou du pétrole.
Tant que nous resterons dans la structure actuelle du FCFA, nous serons toujours tenus par le système économique et commercial hérité de la colonisation; puisqu’il faudra que les pays africains continuent d’exporter ce dont les occidentaux ont besoin pour pouvoir alimenter le compte d’opérations en devises pour éviter le chantage de la dévaluation.
Une monnaie ne fait pas une économie. C’est l’économie qui fait la monnaie. Arrêtons donc la mystification de la monnaie.Les îles Seychelles vivent avec leur Roupie et elles ne sont pas encore englouties par la furie de l’océan indien. Alors pourquoi le ciel tomberait sur la tête de 15 pays parce qu’ils auraient décidé de gérer eux-mêmes leur monnaie? Que le CFA cesse d’être le Franc de la colonisation française en Afrique pour devenir la conscience financière d’Afrique.

Justin Katinan KONE
Vice-Président du FPI
Ancien Ministre

#AFRIKANEWSGROUP

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PS : sur la photo, le professeur et auteur spécialiste du Franc CFA, Nicolas Agbohou

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Published by Gri-Gri International Justin Koné Katinan - dans Economie Françafrique Politique Côte d'Ivoire - Élections 2010
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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 09:16

 

Ajoutée le 12 mai 2017

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 06:15

Résultat de recherche d'images pour "sangha congo"

Exploitation des ressources naturelles dans la Sangha :

Atteintes à l’environnement, violations des droits des communautés et mépris de la législation

 

Le projet « Verdir le respect des droits de l’Homme dans le Bassin du Congo» a permis de mettre en place un réseau informel des défenseurs de l’environnement et des droits humains au Congo. Plusieurs organisations, membres de ce réseau, sont bien implantées à l’intérieur du pays et constituent des relais d’information importants.
Des alertes sur la dégradation inquiétante de l’environnement et sur des atteintes aux droits existentiels des communautés dans le cadre de l’exploitation de l’or dans le district de Souanké, département de la Sangha nous sont parvenues et, les informations recueillies ont commandité une mission de terrain, objet de la présente note d’information.
La mission a été conduite du 12 au 20 mars 2017 et a ciblé principalement les localités de Cabosse, Bemagod, Elogo 1 et Elogo 2, situées dans la sous-préfecture de Souanké. Les termes de référence de la mission ont défini les objectifs ci-après :
 Documenter les cas de violation des droits des communautés ;
 Documenter les allégations sur la dégradation de l’environnement ;
 Proposer des actions concrètes en fonctions des situations identifiées.

La présente note d’information vise à interpeller les décideurs sur la nécessité de développer et/ou de consolider des approches qui tiennent comptent du respect des droits procéduraux et substantiels des communautés dans le cadre des activités des entreprises en zones forestières. Les communautés locales et autochtones ne bénéficient pas de l’assistance de leurs autorités étatiques.

II- Déroulement de la mission :
La mission s’est déroulée en deux étapes. La première, purement protocolaire consistait à rencontrer les autorités locales (présentation des civilités-objectifs de la mission et collecte des informations officielles).
La seconde étape est celle qui consistait à travailler avec les communautés, les agents étatiques et privés dans les sites (entretiens de groupes/individuels suivi des visites des sites et réalisation des interviews…).

I- Localité de CABOSSE :

Situé à 28 Km de la sous-préfecture de Souanke, le village de Cabosse a fait l’objet d’une délocalisation dans les années 1952. L’ancien village se trouvait à 15 Km et portait le nom d’EKADOUMA. Cette délocalisation est la conséquence du développement de la cacao-culture en 1952 par Guy DEVERNIER, un citoyen français.

Cabosse abrite actuellement les locaux de :
– La société SEFYD (société d’exploitation forestière Yan Dong) concessionnaire de l’Unité Forestière d’Aménagement (UFA) Jua –Ikié et KARAGOUA qui exploite et transforme le bois ;
– la SEMYA, ancienne Société d’Exploitation des Mines Yan Dong (SEMYD) du même groupe.
Le village dispose d’une école construite par le projet PREABAS. Les enseignants sont des vacataires payés par les parents d’élève raison de 500F CFA soit 8 centimes d’euros par mois et par élève. La localité de Cabosse possède un forage d’eau, le bénéfice du projet « eau pour tous », réalisé par la société brésilienne ASPERBRAS. Cabosse est beaucoup fréquenté par des étrangers du fait de sa proximité avec le Cameroun.

Constats :

La population de Cabosse entretient de liens conflictuels avec la société SEFYD. Celle-ci a détruit des champs de cacao sans indemnisation au moment de l’installation de sa base-vie. D’origine chinoise, SEFYD s’est implantée dans la localité en violation du droit à la consultation et à l’information préalable et en toute connaissance de cause mais aussi en violation de l’obligation légale de réaliser une étude impact-environnementale. Si celle-ci existe, les communautés n’ont en pas connaissance et notre équipe sur le terrain n’a pas pu avoir cette information.

La population estime que ses doléances (éclairage publique, construction d’un centre de santé, accès aux déchets de bois pour des besoins domestiques, construction d’une case du village, prise en charge des enseignants vacataires…) ne sont pas considérées. Néanmoins, nous avons noté la construction d’un marché et des logements des enseignants de l’école primaire. Cette société de temps à autres distribue quelques jouets et des vivres à l’occasion des fêtes de nouvel an.

La société SEFYD collabore avec les populations de Cabosse par défis. En 2016, le village Cabosse a assisté à la révocation de son chef par le sous-préfet pour avoir autorisé l’érection des barricades pour revendiquer les déchets de bois.

L’immixtion des autorités locales toujours en faveur des entreprises fragilise toute initiative de revendication des paysans. De la perception des communautés, la société SEFYD est un envahisseur qui menace leur existence. Même le ramassage des déchets des bois n’est pas autorisé.

Notre équipe en mission a été timidement reçue par la SEFYD. Nous avons rencontré la conseillère juridique de la société qui, après présentation de l’objet de la mission, a refusé tout dialogue. « Mme Chen n’est pas sur place. Aucun dialogue ne peut avoir lieu » a-t-elle souligné. Ce qui ne nous a pas permis d’aborder les préoccupations des communautés.

Par contre, nous avons eu un entretien avec un représentant de la brigade de la Direction départementale de l’économie forestière dont les bureaux se trouvent dans le site de ladite société. Il sied de noter que, la société SEFYD à un plan d’aménagement qui est toujours en cours d’élaboration depuis 2007.

La société SEFYD transforme le bois coupé sur place. Malheureusement, nous n’avons pas pu avoir des données précises sur sa production annuelle.

– Visite guidée dans le site

Sur place, nous avons pu observer une base vie construite en matériaux durable tandis que les travailleurs habitent une autre base-vie construite matériaux non durable (en planche).

En ce qui concerne l’emploi, les membres de la communauté, recrutés finissent par démissionner à cause de mauvaises conditions de travail assimilées à la maltraitance. Ils sont pour la plupart employés en qualité de tâcheron et payés à la main.

La législation sociale de bout en bout n’est pas observée. Les autorités qui vont parfois faire des visites, ne songent pas rencontrer les travailleurs ni même les membres du syndicat. Celui-ci a du mal à fonctionner et à défendre les droits des travailleurs par craintes de représailles.

– Entretien avec le collectif des terriens

Ce collectif a une reconnaissance légale au niveau local. Il a été représenté par :
– AFAN MBAN Zéphirin, président ;
– MAMABAMA Thomas, Vice-président ;
– KARR Vincent, vice-président contrôle et évaluation, représentant le président empêché.

Cet entretien nous a permis de relever l’existence d’un conflit foncier entre la société de construction de ponts et chaussées SINO-HYDRO et les communautés. Ce conflit n’a jamais été résolu. Les victimes n’ont jamais bénéficié de l’assistance de leurs autorités.

Les sociétés chinoises qui exploitent de l’or ont dévasté des champs de paysans sans indemnisation. Nous avons aussi pu constater que les autorités locales accusent de nombreuses faiblesses vis-à-vis de ces entreprises. Les plaintes des communautés leur parviennent mais il se trouve que les représentants de l’Etat au niveau local sont impuissants face à leurs doléances.

Certains ont affirmé qu’il s’agit des accords concluent depuis Brazzaville, il est difficile pour nous de s’y immiscer. D’ailleurs il leur manque d’informations et de la documentation utile concernant l’implantation de certaines sociétés et, ils se disent être mal impliqués ou pas du tout par leur hiérarchie ; ce qui complique leur travail. Le bradage des ressources et ses implications négatives sur les communautés dans cette partie du pays sont évidents.

Aucune action en justice n’a été menée à ce jour par les communautés pour la simple raison que les communautés, y compris les terriens n’ont pas de soutien de leurs autorités locales et estiment que, sans leur soutien, les espoirs d’une réparation quelconque sont minces. Les communautés subissent de plein fouet les conséquences d’une gestion et exploitation hasardeuses des ressources sur lesquelles elles sont assises.

II- localité de Bamedog

Bamedog est situé à 30 Km de la sous-préfecture de Souanké. Ce village compte 347 habitants, dont 197 hommes et environ 150 femmes. Comme Cabosse, ce village a fait l’objet d’une délocalisation dans les années 1930 par le chef de canton MOGUIL de nationalité congolaise. Deux sociétés exploitent de l’or dans ce village : Nod-Congo et MAUD-Congo.

Constats

Nod-Congo et Maud-Congo sont deux entreprises de droit congolais installées dans la Sangha pour l’exploiter l’or. Selon des informations en notre possession, les promoteurs de ses sociétés sont parentés avec certains membres du Gouvernement.

Ces sociétés qui sous-traitent avec les chinois entretiennent des rapports conflictuels avec les communautés de Bamegod. Elles se sont implantées dans la localité en violation du droit à la consultation et à l’information préalable et en toute connaissance de cause mais aussi en violation de l’obligation légale de réaliser une étude impact-environnementale préalable à son activité.

A Bamegod, grande a été notre surprise de constater avec désolation, la dévastation d’une partie de la forêt vierge sur une étendu d’environ 3km de long et 100 m de large. Les fosses laissées ouvertes par des engins constituent aujourd’hui des lacs d’hébergement des moustiques. Une situation que ces populations n’ont jamais connue.

La dévastation d’un autre site plus important (appartenant toujours à Maud-Congo) qui s’étend sur environ 8km de long et 200m de large situé à l’entrée du village interpelle car une partie de la forêt a été déboisée sans autorisation et le circuit du bois issus du déboisement de la zone reste opaque, le bois lui-même est introuvable. Les habitants parlent d’un mystère.

Plusieurs champs des paysans ont été détruits (palmiers, bananes, manioc, plantes médicinales…), des rivières polluées et des sites sacrés communautaires détruits. Pour pallier au problème d’eau, les chinois dans un premier temps distribuaient de l’eau minérale (5 bouteilles de 1,5L) dans chaque ménage. Cette solution palliative n’a pas prospéré.

Aucune indemnisation juste n’a été réalisée. La compensation pour certain champs dévastés flotte entre 15.000F CFA soit 22,9 euros et 20.000F CFA soit 30,490 euros. Les activités de pêche se trouvent entraver par les activités de Maud-Congo. Par exemple, la rivière « Ibeh » a été détournée de son lit, causant la pollution et changement de coloration. Nul été l’installation des forages d’eau, il leur serait difficile de s’approvisionner en eau.

Les communautés qui faisaient de l’exploitation artisanale de l’or sont actuellement en difficulté. Elles n’ont plus la liberté d’exploiter artisanalement ce minerai. Les occupants qui sont visiblement des chinois leur font barrage. Après le passage des engins chinois, aucune personne n’est autorisée de s’y rendre, sous peine de représailles et souvent influencés par des tirs de sommations des militaires présents sur les sites.

Le blocus imposé à ces exploitants artisanaux, responsables des familles, aggrave une situation sociale déjà précaire à l’origine. Plusieurs individus pensent émigrer, ce qui constitue une véritable menace pour ces villages. Par ailleurs, certains pensent recourir à la violence et en découdre avec les travailleurs de ces sociétés. Des signaux pouvant engendrer des conflits meurtriers sont palpables mais à l’état latent.

III- Localité de Elogo I et Elogo II

Elogo I, village situé à 40km de la sous-préfecture de Souanké, compte environ 246 habitants. On note la présence de Bakouelé, de Ndjem et Baaka. Il compte environ 45 ménages. Les habitants de ce village pratiquent l’agriculture de subsistance comme principale activité. Ce village possède deux forages d’eau réalisés par le projet « Eau pour tous » de la société brésilienne ASPERBRAS et d’un centre de santé construit par la Banque africaine de développement (BAD).

Elogo II, village voisin de Elogo I séparé d’un cours d’eau, compte environ 484 habitants dont 42 ménages environ. On y trouve la même composition ethnique que Elogo I.

Constats

A environ 10 km au nord du village, trois sociétés font l’exploitation de l’or depuis 2015. Elles se sont implantées dans la localité en violation du droit à la consultation et à l’information préalable et en toute connaissance de cause mais aussi en violation de l’obligation légale de réaliser une étude impact-environnementale, préalable à son activité.

A Elogo 1 et Elogo2, deux villages voisins séparés par un cours d’eau, Maud-Congo et Nod-Congo disposent de permis qui se superposent. Le conflit se trouve au niveau du Tribunal de commerce de Brazzaville.

Malgré l’existence de la note de service N°000328/MMG/CAB du 15 novembre 2016, signée du Ministre des Mines et de la Géologie interdisant toute exploitation, nous avons surpris des engins de Maud-Congo en pleine activité.

Le Groupe Nod Congo titulaire d’une autorisation provisoire d’exploitation d’une petite mine d’or N° 000639//MMG/DGM du 06 juin 2016, s’est vu annuler son titre par note (référencée 000978/MMG/DGM) du Directeur général des mines et de la géologie du 08 août 2016.

Il ressort des entretiens menés avec certains agents sur place que cette société opère plus ou moins dans une certaine irrégularité :
– défaut d’autorisation de déboisement, alors qu’elle a déboisé une très grande partie de la forêt (environ 8km de longueur et 500m de largeur) ;
– Défaut de réalisation d’une étude d’impact environnemental ;
– Absence d’engagements sociaux vis-à-vis des communautés.

Il est à noter que la société Maud-Congo possède une autorisation de recherche du Titanium pour laquelle elle aurait signé une convention avec le gouvernement. Celle-ci n’est pas connue des communautés ; encore une illustration de l’indifférence ou de peu de considération des communautés par leurs autorités. L’entreprise Maud continue à exploiter/explorer en détruisant cultures (champs de manioc, bananier et cacao…), sites sacrés et sites d’exploitation artisanale des communautés. Des cours d’eau ont été pollués, déviés à volonté sans le consentement des communautés dont la vie en dépend.
Nous avons été surpris de constater la présence des militaires en armes mais aussi de marins affectés par la zone de défense n°5 de Ouesso dans trois (3) sites d’exploitation/exploration de l’or principalement les sites de la société Maud Congo . Pourquoi cette présence militaire dans ces sites au lieu d’une société de gardiennage ? Comme les communautés, nous n’avons pas eu de réponse.

Assurément, il pourrait s’agir d’une mission détournée de l’armée. Ce qui amène à suspecter l’implication des autorités militaires dans le trafic de l’or dans ce département avec les chinois.

Il pourrait aussi s’agir d’une mesure préventive d’un éventuel conflit meurtrier entre les communautés et les travailleurs chinois, ce qui est peu probable. Quoi qu’il en soit, les communautés ne sont pas harmonie avec ces sociétés pour la simple raison qu’elles représentent une sérieuse menace à leur existence.

IV- Principales observations
Elles sont les suivantes

• Absence d’étude d’impact socio environnemental exigée par la législation applicable.
• Des atteintes graves à l’environnement ont été observées : des rivières déviées et polluées, non remise en l’état des sites exploités/explorés, prolifération de moustiques dans les villages et manque d’assistance des services sanitaires.
• Destruction des champs des paysans sans une indemnisation ; dans un cas une indemnisation médiocre et au mépris de la procédure (pas de constat des services techniques du secteur agricole).
• Destruction des sites sacrés (lieux de cultes- chutes d’eau…).
• Absence d’obligations sociales en vers les communautés.
• Relation conflictuelle entre les communautés et les sociétés chinoises présentes dans ces villages.
• Présence militaire et des marins affectés par la zone de défense n°5 de Ouesso pour sécuriser les sites d’exploitation.
• Arrête des travaux par la société Naud Congo en observation de la note de service N°000328/MMG/CAB du 15 nombre 2016 signée du Ministre des Mines et de la Géologie suspendant les autorisations d’exploitation semi-industrielle ou de petite mine relative à l’or jusqu’à nouvel ordre.

• Poursuite des activités par la société Maud Congo dans les villages de Elogo 1 et Elogo 2 au mépris de mesures suspensives prises par le Ministre des mines.
• Aucune de ces sociétés ne dispose d’une autorisation de déboisement. Cela soulève aussi le problème de la traçabilité du bois coupé. Ce qui renforce la contradiction avec les engagements de l’Etat congolais sur l’APV.

 

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 19:00

Ye News

Côte d'Ivoire : comment la mutinerie plombe l'économie
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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 09:50

 

F. CHARPENTIER NOUS APPREND QUE SASSOU A VENDU 25% DES FORETS DU CONGO A UNE BANQUE JORDANIENNE !

COMMENTAIRE : Je me permets de transformer en article le commentaire de monsieur F. Charpentier car il contient une information que tous les Congolais doivent savoir : LA VENTE DE 25 % DE TOUTE LA FORET CONGOLAISE A UNE BANQUE JORDANIENNE EN 2012. Un quart de la forêt du Congo, un quart du Congo, on peut même le dire puisque la forêt est ce qui constitue l'essentiel de notre surface, est privé parce que privatisé ! Vous en rendez-vous compte ? Tout ce qu'elle contient en biomasse, en ressources minérales, en fleuves, rivières, lacs, sources, tout, je dis bien TOUT, appartient à une banque étrangère qui demain empêchera que les paysans y entrent pour survivre ! Qu'on hypothèque le pétrole, les douanes, la SNPC, etc, est déjà assez difficile à admettre mais qu'on privatise la forêt, un quart de toute notre forêt qui est le garde-manger du paysan, c'est un crime de HAUTE TRAHISON. Non, nous ne reconnaîtrons pas ce genre de transaction - d'autant que cet argent n'est certainement pas tombé dans l'escarcelle du Trésor Public. Les forêts du Congo sont un bien inaliénable du peuple congolais et personne n'a le droit de les vendre à un étranger. Cette opération illicite est une magouille qui ne regarde que Denis Sassou Nguesso et ses amis des fonds vautours jordaniens entre autres.

Que ceux qui me lisent se souviennent de ce qu'est j'ai écrit il y a très longtemps :ce qui est plus inquiétant, ce n'est pas la FIN du régime Sassou Nguesso qui passera comme toutes les infamies politiques et historiques mais l'ETAT dans lequel nous trouverons le pays à la fin de ce terrorisme d'Etat. Chaque année, non que dis-je, chaque jour de plus du règne de Denis Sassou Nguesso aggrave la situation du pays.

J'ai dit qu'un jour les Congolais seront étrangers chez eux. Je ne croyais pas si bien dire : UN JOUR, LA TERRE MEME DU CONGO NE NOUS APPARTIENDRA PLUS ! En fait, pourquoi je m'exprime au futur au lieu du présent ? LE CONGO NE NOUS APPARTIENT DEJA PLUS. Pour preuve, vous n'avez qu'à voir comment les étrangers font la loi chez nous. Même ceux qui soutiennent aveuglement l'ethnie-Etat au nom d'une solidarité de proximité identitaire le regretteront demain. Vous vous faites complices de la vente de votre propre pays à des étrangers. Quand les étrangers posséderont tout le pays, nous souffrirons tous - sans disctinction.

Le plus grand crime d'un Etat, c'est d'hypothéquer l'avenir de son peuple. Il y a pire au Congo : Denis Sassou Nguesso n'a pas fait qu'hypothéquer l'avenir, il l'a détruit, il l'a effacé comme on efface des écrits sur une ardoise qu'il a ensuite cassée. Vous comprenez pourquoi j'estime que le monstre de l'Alima est à lui tout seul le MAL du Congo en étant la source de tous les maux de notre pays. NOUS NE SOMMES MEME PAS UN VRAI PEUPLE QUE DEJA NOTRE TERRITOIRE NE NOUS APPARTIENT PLUS. PIRE : C'EST TOUT NOTRE PAYS QUI NE NOUS APPARTIENT PLUS. Ne croyez pas que j'extrapole ou que j'exagère la situation : souvenez-vous des Indiens d'Amérique qui furent parqués dans des réserves par les Anglais ! Eux au moins se sont battus contre les étrangers et ont été vaincus par plus forts qu'eux mais nous, c'est de notre propre chef que nous vendons notre pays.

 

LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU

 

                                                               *

"J'ai trouvé votre blog en cherchant des infos sur le Congo et je suis choqué d'apprendre ce qui s'y passe !
Je suis moi-même originaire du Congo Brazza, j'y suis né et j'ai vécu toute mon enfance et adolescence là-bas, puis j'ai quitté le Congo quelques semaines avant la guerre de 1992 et je n'y suis pas retourné, cependant je m’intéresse toujours à mon pays, a son évolution, à la population.

Je ne pensais pas que le pays allait aussi mal et aucune de ces infos ne nous sont transmises. 
Le Congo est en train d’être dépouillé de ses richesses comme vous le dites et c'est vrai. C'est vraiment terrible et je ne pense pas que la population s'en rende vraiment compte ! de toute façon que pourrait faire le peuple ? 
C'est scandaleux en effet de savoir que la population souffre du manque d'eau et d’électricité quand on sait que le Congo a vendu en 2012, 25 % de sa forêt à une banque jordanienne. On peut juste se demander où est passé l'argent de cette transaction qui a du coûter des millions voir plus. Il y avait de quoi redresser le pays et permettre aux Congolais de vivre dans des conditions plus favorables ! C'est fou que cet Homme ait pu rester au pouvoir aussi longtemps. 
Votre blog est très simple mais avec des articles et infos que je ne pense pas qu'on trouvera ailleurs, en tout cas aussi explicites ! L'article sur l'assassinat de la petite fille, je n'en reviens pas, la photo reflète l'acte ignoble qui a été produit et on ne peut pas rester indifférent à cela !
En tout cas BRAVO pour votre blog et votre courage à tout dénoncer ainsi !!
A bientôt. "


F. Charpentier

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 06:15

 

Le président Macky Sall s’est séparé, mardi matin, de son ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall. Ce renvoi du ministre du gouvernement est intervenu alors que le patron du groupe pétrolier français, Total, devait signer  des accords d’exploitation de gisements d’hydrocarbures au Sénégal.

L’information sur le départ du ministre de l’Energie s’est répandue, mardi, comme une trainée de poudre. Elle a été ensuite confirmée par un décret signé par le président Macky Sall, avant qu’il ne s’envole pour l’Afrique du Sud pour les besoins du Forum économique mondial. Depuis lors, c’est le Premier ministre qui assure les fonctions de ministre de l’Énergie et du Développement des Énergies renouvelables, cumulativement avec ses fonctions. 

Le limogeage de Thierno Alassane Sall est largement commenté par la presse quotidienne. La seule constance, c’est que le désormais ex-ministre s’est opposé à la signature de deux accords d’exploration d’hydrocarbures entre le groupe français Total et l’Etat du Sénégal.

Selon le journal Libération, proche du pouvoir, Thierno Sall a soutenu devant le chef de l’Etat qu’il ne signerait pas les accords arguant que Total n’avait pas les mêmes capacités que Kosmos, un groupe auquel tout devait revenir, selon Thierno Alassane Sall. “Le Président est tombé des nues lorsque Thierno Sall a persisté dans sa position, alors qu’il était prévu que le contrat avec Total soit signé, le même jour”, ajoute le canard.

Pourtant, Thierno Alassane Sall avait été appelé au Palais à 9 heures mardi pour finaliser la signature de deux accords avec le groupe Total. Le premier accord est un contrat de recherche et de partage de production d’hydrocarbures sur le bloc Rufisque Offshore Profond, d’une superficie de 10.357 km2. Total sera opérateur de ce bloc (90%) aux côtés de la Société Nationale des Pétroles du Sénégal (Petrosen), qui détiendra les 10% restants. Le second accord porte sur une coopération avec Petrosen et le ministère de l’Energie et du Développement des Energies Renouvelables de la République du Sénégal.

Total hérite donc d’une zone inexplorée au large du Sénégal où il faudra forer à plus de 3 000 mètres de profondeur.

© OEILDAFRIQUE

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 20:22

Il sera l’homme clé du nouveau parti présidentiel. Ce chiraquien est membre du conseil consultatif de la Fondation Brazzaville de Jean-Yves Ollivier.

C’est par lui que Sassou Nguesso a atteint le cœur du nouveau pouvoir et espère se maintenir.

La Fondation Brazzaville est l’organe principal du lobbying et de la rémunération des relais occidentaux du régime sanguinaire de Brazzaville.

Durant la campagne, Jean-Paul Delevoye avait ses habitudes au bistrot du 15e Le Brazza… il est évident pour nous que l’ombre de Sassou Nguesso plane sur le berceau du parti présidentielle en cours de création pour lui inoculer son venin fait de pétrole et de sang.

Nous avions prévenu que notre vigilance sera sans faille nous invitons dès à présent à la transparence complète sur les contributeurs d’En Marche Pour la République.

Mafia & Republique, #Sassoufit

Par Andréa Ngombet

Coordination du Collectif Sassoufit

Diffusé le 8 mai 2017, par www.congo-liberty.com

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 13:09

C'est avec un peu de retard, dont nous excusons auprès de lui et de ses lecteurs, que nous accusons réception, en le publiant, d'un texte de Christian d'Alayer, journaliste, auteur, économiste et historien à ses heures. Texte initialement paru sur son blog sous le titre :

 

Quand BBY ment à ses lecteurs !

 

Béchir Ben Yahmed n'aime visiblement pas l'Afrique subsaharienne et ses habitants. L'un de ses anciens collaborateurs, justement "plus noir que lui, tu meurs !", a raconté que le patron de Jeune Afrique décida de venger l'honneur des Arabes après la défaite écrasante des chars de Kadhafi face aux Land Cruiser d'Hissen Habré en 1987. Je crois plutôt que l'hebdomadaire de l'ancien ministre de la Communication d'Habib Bourguiba s'adresse essentiellement à des intellectuels subsahariens émigrés en France. Lesquels, comme chacun sait et peut le constater chaque jour sur Internet, sont majoritairement de nature aigrie quant à leur contrée d'origine. Dire du bien de l'Afrique dans ces conditions est évidemment contre productif en matière de diffusion !

Quoiqu'il en soit, l'homme s'était calmé ces derniers temps. Mais, tel le gosse qui ne peut s'empêcher de gratter ses boutons de varicelle, il vient de commettre de nouvelles horreurs sur son ex continent (lui aussi a émigré en France) : "J'observe, pour ma part, avec regret et même inquiétude que l'Afrique, dont les pays sont en majorité mal gouvernés, progresse moins vite que les quatre autres continents. Je me demande même si elle progresse réellement. Un examen attentif de la situation actuelle du continent fait apparaître plus d'aspects négatifs que de positifs. je vous soumets le mien, fondé sur des données chiffrées incontestables" (in J.A., début mars 2017, ndlr).

S'ensuit un développement sur le Nigeria et l'Afrique du sud, non chiffré bien sûr et disant schématiquement que si les deux premières économies du continent vont mal, c'est l'ensemble de l'Afrique qui tousse. Ce qui est faux : en dépit de la baisse du prix des matières premières, la croissance africaine en 2016 a été de 3,9% (source : BAD), très supérieure au moins à celle de l'Occident et de l'Europe occidentale en particulier. Cela fait maintenant 15 ans que l'Afrique progresse plus vite que tous les autres continents, exception faite de l'Asie. Le barbon de Jeune Afrique ment donc et très certainement de mauvaise foi car il a des gens qui cherchent les chiffres pour lui.

Pourquoi ment-il ainsi ? Sans doute car ses amis d'Afrique sont en mauvaise posture : Ouattara par exemple n'a été réélu qu'avec moins de 20% de votants et, depuis, enregistre rébellions sur rébellions de son propre camp. Ping, pour lequel il a pris parti, a échoué à déboulonner la famille Bongo dont il est lui-même une pièce rapportée. Bya, contre lequel il a bataillé des années durant, est toujours là. Etc. Alors les sous se font rares, il suffit de feuilleter les paginations de plus en plus réduites de l'hebdomadaire pour le vérifier. D'autant que BBY, comme il se fait appeler dans son antre journalistique, a rompu un accord qu'il avait passé avec un autre Tunisien, Afif Ben Yedder, installé, lui, à Londres et produisant des revues panafricaines en Anglais. "Chacun chez soi" s'étaient jurés les deux hommes. Jusqu'à ce que BBY lance une revue mensuelle en Anglais. Du coup, le Londonien lança trois revue en Français, concurrençant directement celle du Parisien.

Il est certain que, la publicité africaniste en France n'étant pas extensible à l'infini, cette guerre est fatalement préjudiciable à Jeune Afrique qui ne peut que resserrer les boulons autour de son électorat actuel d'intellectuels expatriés. Tout en sortant une à deux fois par an un "spécial Côte d'Ivoire", voire un spécial Djibouti (l'hebdomadaire s'entend bien avec Ismaïl Omar Guelleh) pour mettre un peu de beurre sur les épinards. C'est triste pour un journal qui compta jadis plus de 140000 exemplaires payés (2 millions de lecteurs), essentiellement en Afrique. Certes, la libération de la presse sur tout le continent ainsi que la dévaluation du Franc CFA lui porta des coups terribles, la nouvelle presse locale remplaçant celle d'importation d'autant plus facilement que le prix de cette dernière doubla en une journée !

Les déboires probables actuels ne sont donc pas dus qu'à des considérations récentes et BBY a tout de même eu le mérite de résister aux premières difficultés.  Il aurait passé la main à ses fils aujourd'hui, lesquels ont a faire face à la désaffection du public pour l'information papier en sus d'une diffusion de moins en moins africaine.

Ce n'est donc pas de gaîté de cœur que j'ai pris la plume pour cogner une nouvelle fois sur Béchir Ben Yahmed mais parce que je ne supporte réellement plus toutes les conneries qui continuent à être déversées sur l'Afrique subsaharienne en dépit d'une réalité que vous pouvez constater de visu quand vous vous rendez sur place. Sachez donc que le décollage de l'Afrique a commencé puisque croissance économique il y a, plus forte que la croissance démographique qui plus est et en dépit d'un manque évident d'investissements internationaux : sur les 1500 à 1700 milliards de dollars annuels d'investissement direct étranger dans le monde, l'Afrique n'en perçoit qu'une cinquantaine à laquelle s'ajoute une autre cinquantaine de milliards d'aide internationale, essentiellement sous forme de prêts conditionnés. Et cette croissance économique est obtenue en dépit d'Etats inexistant depuis que le FMI, la Banque Mondiale et les clubs de créanciers les démolirent à partir des années 1970. Ce sont donc les Etats, pas les pays, qui vont mal du fait de la baisse des recettes d'exportation de matières premières. Et, parmi ces Etats, ce ne sont pas les subsahariens qui vont le plus mal, mais les méditerranéens : si la croissance africaine a baissé d'un point ces deux dernières années, c'est essentiellement le fait des pays nord africains en 2015, auquel s'est ajouté une perte d'un demi point du fait de la baisse du prix des matières premières.

Ca, c'est la réalité chiffrée que je n'arrête pas de démontrer, article après article, dans les colonnes des revues concurrentes de Jeune Afrique. Avec lequel je me suis fâché justement sur cette question de mensonges éhontées et répétés sur l'état de l'Afrique au sud du Sahara. J'ajoute pour démolir encore un peu plus l'argumentaire de BBY, que le continent comporte non pas deux mais quatre grandes économies : il faut ajouter en effet au Nigeria et à l'Afrique du sud l'Ethiopie (80 millions d'habitants et une croissance annuelle supérieure à 6%) ainsi que l'Egypte (dans les 80 millions d'habitants également et une croissance plus faible, certes, mais croissance tout de même en dépit de la guerre civile) Dernier point : les non initiés parlent avec dédain de la croissance économique d'Afrique du sud. Mais ils ne savent pas (BBY devrait le savoir) que ce pays comporte plus de multinationales que le Portugal et que ces multinationales investissent surtout à l'étranger : la croissance est faible parce qu'elle manque de carburant, CQFD !

 

Texte : Christian d'Alayer

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