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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 13:00

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 Personne ne voulait y croire malgré nos différentes annonces. Il est vrai que le 1er avril comme date de lancement, ça pouvait prêter à confusion ! Mais c’est maintenant plus clair : bienvenue sur l’entité Get Busy, le meilleur magazine du monde… et de ses alentours ! Branchez-vous sans plus attendre avec celui qui va par le nom de Sear, co-fondateur de Get Busy, premier journal entièrement dédié au hip hop créé en juin 1990. Pour le retour en ligne de Get Busy, l’ancien dionysien figé en Fila revient sur ses motivations et nous livre une analyse tranchée de cette culture mais aussi un regard percutant sur ceux qui en ont forgé les premières heures. Les dizaines et les dizaines de lignes qui suivent planteront le décor de la ligne éditoriale qui vous attend : ça disperse, ça ventile… même si l’ordonnance aurait pu être bien plus sévère !

Get Busy : Comment as-tu découvert la culture hip hop à ses débuts en France ? Cela n’a pas du être facile à attraper du fin fond de Saint-Denis…
Sear : J’étais un spectateur vraiment passionné. J’avais toutes les infos car j’écoutais énormément de radio mais je ne connaissais personne. Sur RDH, il y avait Dee Nasty qui s’appelait à cette époque Speedy Dan 1 avec le frère de Salim Beat Box et Ben, qui était le premier à rapper façon Grand Master Flash. J’écoutais aussi Radio 7, un mec qui s’appelait RLP, Robert Levy Provençale. Il mixait de la soul. Un jour, il a invité Dee Nasty qui avait ramené des nouveaux sons d’enculés, c’était l’époque Duke Booty avec les tous premiers Fat Boys, les premier Ice T qui sonnaient hyper east coast, super vénére. Dee Nasty a eu tellement de succès qu’il a commencé à l’inviter une fois par mois. Tout ça, ça s’est passé dans un mouchoir de poche temporel. Deenasty faisait aussi un fanzine avec mec de Saint-Denis, « Street kids News » et pour en avoir eu un dans les mains, je peux dire que c’était vraiment mortel à l’époque. J’ai entendu parler du terrain en 1986 mais j’ai du y mettre les pieds 4 fois maximum. J’ai même une photo de moi là-bas (ndlr : voir ci-dessous) avec mes Tobacco, un Tacchini et une touf de frisés (rires). J’étais habillé en reurti, je n’avais pas de Puma en daim ou des trucs comme ça. C’était pour ceux qui pouvaient aller à New York ou qui avaient des potes qui ramenaient des trucs de là-bas. J’étais passé en métro, on voyait les graffs mais je ne savais pas par où  rentrer. En fait, c’était derrière. J’avais eu l’info par Joyce, un mec de Saint-Denis qui était à fond dedans. Il trainait avec Majesty, un TCG, une figure du terrain. C’était comme ça qu’on fonctionnait à l’époque pour obtenir des infos, sans les portables ou facebook. J’ai atterri là-bas le jour où Solo s’était embrouillé avec Joël de Timide et Sans Complexe. Solo se faisait chambrer par Joël parce qu’il avait une minerve. C’est là que j’ai vu qui était qui parce qu’avant, je ne connaissais personne. Après, j’ai surtout bougé avec Reso et Crazy JM puis par extension les IZB et un peu les 93MC. Il faut démystifier le truc comme quoi tout le monde allait au terrain. Il y avait des mecs en banlieue qui étaient de vrais passionnés, avec une vraie culture musicale mais qui n’ont jamais mis les pieds dans ces trucs-là.

"Il faut démystifier le truc comme quoi tout le monde allait au terrain. Il y avait des mecs en banlieue qui étaient de vrais passionnés, avec une vraie culture musicale mais qui n’ont jamais mis les pieds dans ces trucs-là."

Queen Candy le dit elle même. Elle était de La Courneuve et elle en avait rien à y foutre ! Le Globo, c’est pareil, j’ai du y aller que 3 ou 4 fois mais je suis toujours bien tombé comme la fois avec Public Enemy ou une autre fois avec Afrika Bambaataa. Il y avait déjà à l’époque une sorte de petite bourgeoisie de parisiens ou de gens connectés avec ces parisiens qui voulaient se constituer en élite. L’émission d’Alain Maneval qui était passé sur TF1 a été déterminante également. J’avais rien compris, les trucs de Bambaataa, c’était chelou pour moi parce que les seuls trucs qu’on connaissait à l’époque dans le délire, c’était Kurtis Blow. Par contre, les Rock Steady Crew et le la phase de Mr Freeze m’avaient interpellé. On ne parlait que de ça le lendemain. Autre truc marquant, c’était les événements « Fêtes et Fort » à Aubervilliers. Il y en a eu une aussi aux Francs-Moisins et une autre au Fort de l’Est. Solo était venu avec les nouveaux PCB avec Nicolas dedans. C’est là que j’ai vu que ce truc de hip hop continuait après la fin de l’émission H.I.P. H.O.P. de Sydney.


   Sear, terrain vague de La Chapelle / Stalingrad, vers 1986 – Archive personnelle © Sear

 

GB : Vu l’effervescence dans ta ville à la fin des 1980, Saint-Denis a t-il été le berceau du hip hop en France selon toi ?
Sear : Saint-Denis est bien évidement une ville historique du hip hop en France mais bizarrement, il n’y a pas eu tant de rappeurs que ça. Si tu regardes Vitry, il y en a eu beaucoup plus que chez nous en vérité. Mais à Saint-Denis, il y avait une espèce de dream team avec NTM, les Aktuel et après Get Busy. C’est un concours de circonstances comme les rencontres sur le hip hop organisées à l’Université Paris VIII par George Lapassade, Desdemone Bardin, Jackie Lafortune… Bon Jackie disait que Mode2 c’était de la merde et que André ça tuait mais ce n’est pas grave (rires). Mais c’était à Saint-Denis que ça se passait et que c’était médiatisé. J’en parlais une fois avec Dj Mehdi (RIP) qui était persuadé que les NTM, les Assassin et nous, traînions tout le temps ensemble et que tout se passait à Saint-Denis. Mais concrètement, cela ne s’est jamais passé comme ça. Je n’ai pas grandi avec Shen, ni avec NTM. Ils ne nous calculaient pas et on ne leur courrait pas après non plus. Après, il y a eu les 93MC qui étaient dans un autre délire. On peut dire que Reso a joué un rôle de transmission. Il venait de Sarcelles à la base. Il traînait avec Dark le graffeur et était déjà dans la culture du tag. Reso s’est ensuite retrouvé à l’école avec Kea et Swen (93MC) et leur a montré tout ça. Pour ma part, j’ai eu une vie, une avant, quand j’ai connu le hip hop et une après, avec Get Busy.

 

"A Saint-Denis, il y avait une espèce de dream team avec NTM, les Aktuel et après Get Busy. C’est un concours de circonstances."

Suite et fin ICI.

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