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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 07:51

reijasse 7 jours 13 juillet 2011 

Jérôme Reijasse n'a peut-être même pas 40 ans. Supporter du PSG, donc homme déçu. Écrivain (Parc). Journaliste chez Rock'n Folk. Traducteur pour les rockeurs à la télé. Lyrique. Exalté. Capable de trouver des raisons de vivre valables dans un groupe ou un artiste encore incontrôlé. Proposera chaque lundi désormais ses 7 Jours loin du monde aux lecteurs du Gri-Gri.
En 24 heures, comme une illumination. Là, devant ma télé, à regarder le monde imploser pour la millième fois. Les menteurs et les cyniques vont bientôt récolter. Être convoqués au tribunal. La monnaie de leur putain de pièce. On ne joue pas impunément avec le diable. Si au moins...
D'abord, le carnage en Norvège. Un petit extrémiste de droite, sans barbe ni Coran, massacre une centaine de ses semblables. Son credo : en finir avec le marxisme culturel et l'Islam, beau programme, à rendre jalouses les brebis ump. C'est la peur, et rien d'autre, qui a permis ce bain de sang. Tous les pousses à la croisade, les agitateurs de golem, les excités du complot, ce sont eux qui sont responsables de ça. Eux qui chatouillent les gâchettes, qui gonflent les cerveaux malades de trop d'informations bancales. Vous agitez pendant plusieurs années les angoisses du citoyen lambda, vous insistez lourdement sur les différences, vous remuez et vous obtenez quoi ? Une invasion de l'Irak, de l'Afghanistan. Des bombardements lybiens. Des débats sur une identité nationale tellement violée par le Marché qu'elle n'est plus bonne qu'à tapiner dans l'ombre.
Vous obtenez la Norvège. Presque du cannibalisme. Un couillon illuminé qui lance l'extermination des siens. Après des heures de médias menteurs, des années d'internet cauchemar, il a voulu participer, le con de blondinet, ses 6 tonnes d'engrais et sa tronche de skieur de fond ! Bush, Besson, BHL et tous les autres ont hurlé à la liberté, avec des grenades dans les poches et de la peur plein les discours. Aujourd'hui, ces 93 cadavres, il faut qu'ils les regardent bien dans les yeux. Anders, il a tué parce qu'il avait la trouille. Pas une excuse. Un constat. Après la peur, la révolution, non ?
Ensuite, Amy Winehouse.
Là, c'est encore presque plus sordide. Certes, la chanteuse soul, on ne la voyait pas finir sa vie à 100 piges avec une flopée de marmots, dans un cottage douillet du Middlesex. Non. Auto-destructrice. Elle avait choisi. Ni triste ni affreux. Comme ça, c'est tout. Chaque individu est évidemment responsable de ses choix. Amy Winehouse ne peut s'en prendre qu'à elle même. Après, il va falloir quand même parler de son entourage, de ceux qui n'ont pas su, pas pu, pas voulu l'aider. Amy Winehouse torchée, défoncée, hagarde, c'était finalement marketing. Identifiable. Vendeur. Presque cool, hein ? Y'a même des connards sur la toile qui avait lancé un pari sur la date de sa disparition. Le gagnant osera-t-il s'afficher avec son gros lot ? Je parie que oui. L'époque est sale, elle mérite ses cancrelats. Comme ceux qui prenaient un malin plaisir à rincer à l'oeil Janis Joplin. On l'a laissée crever, rien d'autre, la crooneuse maigrichonne. Et de voir comment ses proches ont géré l'histoire, ça fait juste froid dans le dos... L'homme vit et meurt seul.
Confirmation.
On attend les best-of, les hommages magasins, les clins d'oeil mercantiles, les livres, les films, les gadgets post-mortem. La gerbe est déjà en fond de gorge. Elle n'attend plus que la première campagne publicitaire en télé pour sortir. Pour éclabousser les marchands du temple. Comme Pujadas ne pouvant, le 11/09, réprimer un petit cri de joie devant les tours qui tombent (déformation professionnelle oblige), les chefs de produits du label de Winehouse ne verseront des larmes que devant les caméras. Derrière, quand la lumière s'éteindra, ce seront les bouchons de champagne qui sauteront et les yeux qui brilleront devant les bénéfices assurés. La mort est bankable, comme ils disent... Et puis, elle était rincée, la petite tatouée choucroutée. Ses derniers concerts chaotiques. Son troisième album une Arlésienne de première. Elle allait bientôt coûter trop cher à ses patrons. Bon timing. Merci.
Suivante !
Je suis un indécrottable naïf.
Que vaut un corps déjà livide ?
Que valons-nous ?
À qui le tour ?
NB : Sinon, histoire de terminer sur une note moins glauque, acheté cette semaine mon premier disque de Oum Kalthoum, un concert en Égypte, sans date ni rien. De la transe qui emmène loin, de la pop qui flingue les tripes. Juste incroyable.

Texte & photo - Jérôme Reijasse 

Bonus (pour montrer que Reijasse a pas menti) : quelques miettes des Ruines (Al Atlal


 

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Published by Jérôme Reijasse www.legrigriinternational.com - dans Jérôme Reijasse 7 jours loin du monde
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