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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 01:00

Ake-N-Gbo-22-dec-Ex-PM-RTI.jpg

Il y a encore quelques semaines (voir ici), affubler, fût-ce au passé, l'économiste de renommée internationale Gilbert-Marie Aké N'Gbo de la qualité de Premier ministre entraînait, pour l'organe de presse ivoirien qui s'y essayait, un blâme ou une suspension de la part du drôlatique Conseil national de la presse. Idem pour l'audacieux qui aurait eu l'outrecuidance de tenir pour l'ancien ministre du Budget d'Aké N'Gbo le porte-parole de Laurent Gbagbo depuis que celui-ci est en prison, Justin Koné Katinan. La capture d'écran, récupérée sur le facebook de notre camarade Steve Beko et réalisée à partir de "leur chaîne de télévision tribale" le jour de l'apparition officielle des "premiers libérés par le fait du prince Ouattara" (22/12/2012), semble vouloir acter de l'effective Primature Aké N'Gbo... "Ex Premier Ministre", peut-on lire sous son visage.

Or, admettre que Aké N'Gbo a été Premier ministre, c'est admettre que quelqu'un l'avait nommé tel. Le seul en droit de le faire étant celui que ce même Aké N'Gbo et une majorité d'Ivoiriens reconnaissaient pour président unique. Pour président élu. Pour président proclamé et investi par les institutions de son pays. (Et non pas proclamé par une communauté désormais officiellement plus occidentale qu'internationale). La télévision ivoirienne, émanation sans contredit ni contrepoids aujourd'hui du pouvoir en place, en rendant à Aké N'Gbo sa qualité légale de Premier ministre n'a-t-elle pas de fait rendu la sienne à Laurent Gbagbo qui l'avait nommé ? Par où que Ouattara et son Occident attaquent le problème, ils achoperont et finiront toujours là. Selon une Commission électorale (dite) indépendante (CEI) mise hors délai, incapable de produire un résultat fiable, "sur la base du consensus" invoqué dans ses textes fondateurs, et ne s'exprimant que pour les médias internationaux : Ouattara a été élu. Selon le Conseil constitutionnel, suivi par l'ensemble des corps constitués, des corps intermédiaires, de l'administration, de l'armée et de la police : Gbagbo a été élu. Rien ne ne se tranchera ni ne se jugera sérieusement et durablement en Côte d'Ivoire tant que cette question n'aura pas été résolue. Et ceux qui, pensant qu'en 2015 Ouattara ne tricherait pas comme en 2010, attendent le prochain scrutin pour reconquérir "démocratiquement" si ce n'est le pouvoir au moins du terrain, se mettent le doigt dans l'oeil de verre de Jean-Marie Le Pen !

Car d'ici là, comment seront réglées les questions en souffrance, dans la Côte d'Ivoire réelle, qui n'est pas aujourd'hui celle que vendent les coûteux publi-rédactionnels copiés-collés vanteurs d'horizons 2020 et d'émergence de l'impayable mais très achetable Jeune Afrique... quid des questions foncières ? Des Burkinabés qui rentrent par centaines en car chaque semaine, dont a parlé le Monde diplomatique (pourtant objectivement ouattariste) ? Combien d'Ivoiriens en Côte d'Ivoire actuellement ? Et d'étrangers ? Ça fait combien d'électeurs inscrits tout ça ?

Et le désarmement, il progresse depuis 2002 ? Et ces "Commandants de zone" aux uniformes souillés du sang Wê de Duékoué, quand seront-ils jugés ? Ces dettes qu'ADO le F(u)MI-ste contracte comme il respire, qui les honorera ? Les journaux suspendus et les journalistes emprisonnés ?  Ces "attaques" contre les camps militaires, finalement, c'est Al Quaida, comme a dit Hamed "The Thing" Bakayoko à l'oreille de Cyril "RFI's voice" Bensimon ? Ou des FRCI-ens que Ouattara est incapable de payer ? Des comparses de Soro rappelant au mari de Dominique leur commune précarité ? Et des réfugiés, à l'intérieur de la Côte d'Ivoire, y'en a combien à ce jour, de ces gens délogés par des dozos ou des fraîchement arrivés qui en plus leur piquent leurs terres ? À l'extérieur ? Au Ghana, combien ? Au Togo, au Liberia, au Bénin ? Ces réfugiés, qui représentent une partie de l'élite de la nation, comment fait cette même nation pour s'en passer ? Ces enfants, par dizaines de milliers, qui grandissent, dans l'injustice, le ressentiment, poursuivis par la haine ethnique... et mille autres questions moins agréables.

(Ces questions ont été posées par nos confrères du Nouveau Courrier et quelques blogueurs talentueux et indépendants, nous nous en ferons largement l'écho dans les jours qui viennent).

Car le fait politique est majeur. Ouattara a libéré huit prisonniers politiques ivoiriens illégitimement et illégalement emprisonnés. Le droit n'ayant jamais été sollicité en amont de cette pantalonnade françafricaine, pourquoi le serait-il davantage en aval. On est jété en taule par le fait du prince. On en sort dans les mêmes conditions. Pas de quoi se réjouir. Ouattara ne respecte pas l'État de droit et n'est ni "sympa" ni intelligent (il a mis beaucoup de temps à comprendre que Gilbert Marie Aké N'Gbo ne fomenterait aucune rébellion)

Alors pourquoi maintenant ?

Pourquoi pas le 27 novembre 2012 ou le 31 mars 2013 ?

Les voies du Saigneur Ouattara seraient-elles impénétrables ?

Hollande serait-il enfin intervenu quelque part ?

Les rencontres parisiennes entre les non enfermés du FPI et les autorités françaises, et la réception par le président sénégalais Macky Sall de cette même délégation, il y a quelques jours, auront permis la maturation finale.

Pour la première fois, Ouattara lâche du lest. Ce qui lui sera fatal. C'est moral.

Quelque chose a cédé dans son édifice. Pour Steve Beko et de nombreux autres sur les réseaux sociaux, il ne faut pas se méprendre sur le sens des premières déclarations des libérés. Les remerciements au "président" (qu'il est bien de fait, même si non élu) Ouattara n'ont rien de l'allégeance de l'affaibli devant le fort magnagnime. Gilbert-Marie Aké N'Gbo n'a pas salué le bon fonctionnement d'une justice ivoirienne indépendante de l'exécutif qui aurait rendu, après instruction et établissement d'un dossier d'accusation et d'un autre de défense, une décision aussi légale qu'équitable. Il a poliment remercié le dictateur qui l'a élargi sur pression de la communauté occidentale.

Pour s'en convaincre, et cela nous tiendra lieu de pirouette finale, il suffit de lire ce qu'un des ADO-rateurs les plus virulents, le dérapeur professionnel, le parfois menaçant "ministre" Alain Lobognon en dit (fautes comprises) sur son facebook. 

"QUE L'HUMILITÉ D'AKÉ N'GBO SERVE AUX "COURAGEUX"

 

Jeudi dernier, la justice ivoirienne accédait à plusieurs requêtes, en accordant une liberté provisoire à huit détenus, parmi lesquels le Professeur Aké N'Gbo.

Depuis Ouagadougou où je prenais part au 3ème Sommet panafricain des jeunes leaders des Nations-Unies pour les OMD, j'ai suivi son retour à Abidjan et surtout sa première déclaration publique. Devant famille et proches heureux de sa sortie de prison, il a, avec humilité, demandé l'élargissement de ses amis. J'ai noté que c'est la première fois, depuis la fin de la crise post-électorale qu'un responsable du FPI prend une telle posture.

Je comprends bien pourquoi c'est un ex détenu qui ait osé faire ce pas de géant. Les autres, ceux qui jouissent de leur liberté, préfèrent la posture du plus fort. N'ont-ils pas opté pour la politique du tout ou rien. Que gagneraient-ils d'ailleurs à obtenir la libération de personnes qui les supplanteraient sur le terrain politique ivoirien ? Ils n'en savent que trop. C'est pourquoi, l'humilité qui fait les grands hommes ne les as jamais habités. Ils voulaient rentrer dans l'histoire. L'Histoire les avalera comme tous ces braves qui ont traversé la mémoire collective de notre chère Côte d'Ivoire. Qui s'en rappelle même !

L'humilité d'Aké N'Gbo est un important élément qui pèsera dans le processus de Réconciliation dans notre pays. Sûr que cette humilité fera jaser plus d'un. Et certains n'hésiteront même pas à dénoncer sa "couardise", son manque de "courage", sa "peur" du pouvoir. Le futur nous en dira davantage.

Bon dimanche à tous. 23 décembre 2012. 08:47"

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Published by N.B. (& G.P.) dr www.legrigriinternational.com - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010
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