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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 22:20

Atta-Mills-aux-ceremonies-d-investiture article top  

Le président ghanéen Atta-Mills est mort le mardi 24 juillet 2012. La rédaction du Gri-Gri International a choisi, pour honorer et saluer son parcours de chef d'État africain contemporain crédible, de republier un article paru en novembre 2011. Nous étions peu alors à nous féliciter de voir un président africain refuser les diktats et autres impératifs "moraux" et "sociétaux" des occidentaux maîtres chanteurs comme Cameron, co-responsable avec Sarkozy des boucheries en Libye. Atta-Mills fut un de ces présidents. Peu après cette prise de position, il fut rejoint par son homologue tanzanien. Puis d'autres. 

David Cameron. Lady Di au masculin. Souple de la mèche et rose de chair. Rien. Personne. Un employé. Un Sarkozy briton. Le rince-doigts d'Obama. Restera dans l'histoire, à l'instar de Tony Blair avec Bush et l'Irak, comme le tirailleur sénégalais contemporain de l'Amérique en Libye.

À l'intérieur, il obéit à la City et à Wall Street. À l'extérieur, il exécute.

(Aurait pu jouer dans un film de cul des années 80 américain, ceux qu'on regardait en vhs, avec des couleurs criardes, ou dans un film sur la guerre des boers).

Je tue des gens, mais je te reproche de manquer de tolérance... l'immonde chantage à l'homophobie auquel, comme chaque année, les pays africains ont droit. Rappelons-nous les barrissements de la presse gauloise en découvrant, il y a quelques années, dans un canard camerounais, des listes de gays notoires... plus rien au monde n'avait d'importance en face de cet outing forcé... ni la corruption, ni les "scandaleux" propos (tronqués) du Pape... même la dèche et les enfants soldats... la pédophilie de certains marabouts...

Les pays africains ne sont pas plus homophobes que les autres : sinon ça revient à dire que la nature profonde de l'homme change selon... selon quoi d'ailleurs ?

Il y a, dans le raisonnement développé par le reste de Lord Fauntleroy qu'est Cameron, un présupposé inacceptable. Pourquoi, lorsqu'il s'agit de dénoncer l'homophobie, d'en faire une cause majeure mondiale (pourquoi ? pourquoi maintenant ?), c'est, comme naturellement, vers les Africains à gourmander et éduquer qu'on se tourne ?

Pourquoi, de tous les maux africains, l'homophobie serait-il le pire ? Le plus urgent à régler ? Le plus important ? Qui en décide ?

Pourquoi Cameron menace-t-il les pays africains, et eux seuls, de voir leurs aides coupées s'ils ne respectent pas les droits des gays ?

Et les albinos ? Les Pygmées ?

Pourquoi est-il convaincu qu'on meurt plus du sida en Afrique que du (soignable) paludisme ?

Peut-être que si John Atta-Mills, le président du Ghana, est un peu soutenu, que, derrière lui, d'autres chefs d'États africains, mais aussi des responsables politiques, des leaders d'opinion, envoient un peu paître l'apôtre de la guerre aux Africains qu'est Cameron, l'idée lui passera de venir conditionner ses aides pitancielles à des revendications catégorielles, importantes socio-culturellement dans les élites occidentales (y compris de droite libérale), mais, sur le plan de l'intérêt général, au minimum, secondaires... en Afrique comme ailleurs.

"Personne ne peut dénier au Premier ministre Cameron de faire des déclarations, de prendre des initiatives qui reflètent ses normes sociétales, mais il n'a pas le droit de décider pour d'autres nations souveraines de ce qu'elles devraient faire, spécialement au sujet de normes sociétales et d'idéaux différents de ceux qui existent dans la société du Premier ministre." Ainsi parla John Atta Mills devant la presse."Les Britanniques ne peuvent pas dire au Ghana ce qu'il doit faire à propos de ses valeurs culturelles et morales." Le Ghana de Mills continuera d'agir et oeuvrer dans le cadre de sa constitution, sans considération pour les "menaces" d'où qu'elles viennent.

Atta-Mills, qui a su poliment éconduire le Ouattara venu il y a quelques semaines lui demander de chasser les exilés ivoiriens, a fait dire aussi à Cameron que le Ghana n'acceptera pas d'aides conditionnées par le dérèglement et la destruction des structures sociales de son pays.

Le Ghana ne légalisera pas l'homosexualité sous Atta-Mills. Il l'a clairement dit. On peut le déplorer. On peut en discuter avec les Ghanéens. Mais, tout comme l'Amérique avec la peine de mort, en dernière instance, le plus sûr reste encore de leur faire confiance. Ils savent forcément mieux que les Anglais ce qui est bon et prioritaire pour eux.

Photo - dr   Texte - S.T.

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Published by S.T. dr www.legrigriinternational.com - dans Politique
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