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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 11:50

Larry-Hagman.jpg

À part moi, qui a lu Hello Darlin', l'autobiographie de Larry "JR Ewing" Hagman ?

Dans Get Busy, à l'époque, j'avais doublé le tir.

Évocation de Dallas dans À l'ancienne (entre Starsky & Hutch et Platini).

Puis dans Rue case-nègres (notre cahier "littéraire", sous-titré "C'est pas eux qui les ont écrits, mais c'est nous qui les avons lus"), où nous ne chroniquions que des autobiographies et témoignages de footeux, d'acteurs porno, de fille de dégénérée, de victime d'erreur judiciaire… tous écrits par des nègres.

(Y'avait à l'époque dans Get Busy une vieille gloire du graffiti, du son et des soirées, qui signait ses articles "Jr Ewing". On se connaissait pas, je lisais pas vraiment sa page, alors j'avais pas parlé de lui dans mes deux textes. Il en avait été "étonné"… et j'avoue qu'encore aujourd'hui, j'ai du mal à comprendre pourquoi et au nom de quoi j'aurais du le mentionner… corporate ?

(Si j'étais pas un Get Busyen fervent, j'aurais même retrouvé dans mes archives les deux articles en question).

Est-ce qu'en mourant Larry Hagman était toujours convaincu d'avoir, avec Dallas, largement contribué à la chute du communisme ? C'était la plus grande révélation de son livre : l'URSS avait résisté au Plan Marshall, à Budapest, à Prague, à Varsovie, aux pétrodollars, à Reagan, à Massoud même peut-être. Pas à Dallas. JR Hagman le disait comme un connard de ricain fat et imbécile et c'était sûrement pour ça que cela semblait si lumineux, si évident, si puissant.

Maintenant que je suis éditeur : trouver le taré capable d'écrire l'exégétique et spectrale analyse du contenu idéologique, esthétique, économique et politique destructeur de cette géniale série.

Les élites - mon oncle et ma tante de gauche donc sans télé - méprisaient les beaufs comme nous - qui venions d'enfin en récupérer une, de télé - qui regardions. Me faisaient écouter Ferré, voir 2001, découvrir l'art brut.

Sans jamais voir au point de me le montrer, dans Dallas, le monde naissant qui allait nous manger.

JR Ewing n'est pas qu'un idéal méchant de série, comme Dallas n'est pas qu'une performante machine de guerre narrative.

Même les spéculations newschool sur les matières premières, c'était dans Dallas avant Wall street. Le lobbying. Les coachs médiatiques. Les météoriques carrières politiques opportunes. La corruption fondamentale des institutions. Le rôle d'émissaires des pétroliers en amont des croisades démocratiques de conquête.

En psy-cu : la quadra cougar qui dégénère et s'enfile bourbons, rivaux de son lascar et petits jeunes baby-sitters, Bovary perdue au milieu des derricks et des rodéos. Envisagée comme une douloureuse, jamais comme une ex-Miss vendue à un magnat. La famille revendiquée jusqu'à la nausée, tout en se culbutant à qui mieux mieux entre belle-soeur et frelon, en se déchirant au premier décès, en jouant avec les actes de naissance et les identités.

Y'avait même du biblique, dans Dallas. Comme dans Le riche et le pauvre. (Mais pas dans Holmes et Yoyo, par exemple, le duo faisantt pas le divin). Abel et Caïn.

Un soir de cette période, la 3 a diffusé un film où Larry était ambulancier. Rôle de premier plan dans un film de D2. Sans la voix de Paturel, il jouait moins bien. De toute façon, Dallas (me) suffisait.

Oliver Stone, éternel funambule en équilibre entre premier et second degré, l'a, naturellement, engagé pour incarner le comploteur businessman texan de son plus grand film, Nixon. Paturel est de la partie (désolé, je cotise pas à la caisse snobinarde des adeptes de la VO sous-titrée, Hagman et Eastwood sont au moins aussi bien en gaulois).

Dans Nixon, Larry Hagman ressemble à ce que JR aurait pu devenir, tout anachronisme mis à part : un mec capable de dire qu'une commission environnementale est en train de la lui mettre "tellement profond dans le fion"… de préparer une petite réception aux oignons et petits culs blonds... d'envisager de faire assassiner un président.

Autre trait adorable chez Larry Hagman : son ascendance catastrophique. Une comédienne pour mère. À la colle tant qu'elle était sexy avec un producteur. Puis avec un avocat seulement ensuite. Picolant autant que son fils (les nécrologues i télé le disent pas, mais c'est en le saoulant que Larry Hagman fit revenir Patrick "Bobby Ewing" Duffy, aka l'Homme de l'Atlantide, dans la série).

À la fin de la première ou de la deuxième saison de Dallas, ayant senti qu'il était le personnage magnétique réel de Southfork, il a voulu renégocier son contrat. La production a refusé. Bras de fer. Hagman disparaît quelques mois à la Vergès. Sillonne le monde et se fait prendre en photo avec des personnalités internationales toutes heureuses de poser près de cette nouvelle étoile. Je me demande s'il a pas réussi à finir à la Une en Angleterre au bras de la reine ou de Diana. Plus moyen de remplacer ce cabot qui venait de trouver le rôle et la rente de sa vie.

Quand Charlie Bauer est mort, j'ai pensé que Larry Hagman avait gagné.

Dans Get Busy, je concluais qu'à la fin Dallas aussi, c'était moins bien. Que comme Get Busy, les Stan smith, les YZ et le cul de ta femme, c'était mieux avant.

Surtout en ce moment.

Photo - dr   Texte - Grégory Protche

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Published by Grégory Protche dr www.legrigriinternational.com - dans Gos et Gars du moment
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