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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 09:00

 

Le 17 octobre dernier, Noisey mettait en ligne un portrait-interview de Mehdi Pinson, par notre ami Jérôme Reijasse. En voici la version aussi intégrale qu'originale.

Les historiens de la musique n'ont rien vu venir. Soixante piges qu'ils nous bassinent avec Memphis, Nashville, New York, Los Angeles, Chicago, Détroit, Londres, Berlin. Soixante piges sans être capables de mettre à jour la carte des centres névralgiques. 77. Pas une date, non. Un code postal. Seine-et-Marne. Là, une ville. Meaux. Les moins renseignés citeront peut-être un fromage, un homme politique en pleine traversée du désert, un comique Canal +. Meaux mérite mieux.

 

Meaux est le centre du monde, pour détourner Dali. Car c'est à Meaux qu'ont vu le jour Thomas Parent et Mehdi Pinson. Qui ??? Thomas Parent, alias (DJ) Pone, qui s'apprête à sortir son premier album solo, Radiant, un disque formidable, autoproduit, incandescent, où le hip hop et l'électro acceptent de sonder l'âme des hommes. Un disque fier, qui sait que c'est dans l'obscurité que se dessinent les destins. Mehdi Pinson, lui, est un Arabe oiseau, un Français Goonies, un MC karaté, un DJ princier (il mixe pour les VIP les soirs de Ligue des Champions au Parc), un entertainer romantique, un mélancolique uplifting. Il tenait le micro dans Heb Frueman, groupe punk hardcore éphémère, anecdotique et génial, qui a embrasé les clubs hexagonaux de 1996 à 1998 et qui s'offre ces jours-ci une rétrospective sous la forme d'un vinyle, A Year and a Half of High Altitude Velocity (Poch Records), c'était lui encore qui chantait dans Scenario Rock, duo burné et inclassable coincé entre deux siècles, responsable de deux albums honteusement oubliés, c'est toujours lui qui ondule, avec ou sans Justice, sous le pseudo de DVNO, en attendant de sortir son premier véritable disque en solitaire (les plus optimistes en rêvent pour 2017).

 

Dans la vie, il faut oser. Oser se tromper et mieux, oser avoir raison. Mehdi Pinson a tout pour lui : la gueule, le look, le talent, l'arrogance, la lumière, le romantisme, le savoir, la lucidité, la voix (contre-ténor, comme Michael ou Stevie). Il aime les films de John Hugues, l'instant présent, les planches à roulettes (qu'il chevauche encore avec une grâce totale à quarante piges passées), les restaurants savoureux, les vannes assassines, son fils. Il aurait pu devenir illustrateur mais la vie en a décidé autrement. La musique est presque chez lui un choix par défaut. La vie fait donc (très) bien les choses. Il parle de Youth Of Today comme de Frank Ocean. A multiplié les boulots : agent de mannequins (“les années les plus tristes de ma vie” confesse-t-il), trublion chez Surface To Air : “Comme il y a un truc hyper romantique dans la musique, et vu qu'on peut vite commencer à croire ce que les gens racontent de nous, je pense que c'est bien de garder un pied dans la réalité. S'il n'y a pas d'école, pas de récréation... Et puis, si tu taffes et que tu gagnes ta vie, ça te permet de ne pas faire de compromis dans ta musique, tu peux faire ce que tu as vraiment envie de faire” précise-t-il. Ses détracteurs, et ils existent, voilà ce qu'il en fait : “J'ai l'impression que je n'ai pas envie d'être copain avec eux et c'est ça qui les touche. Ils ont plus besoin que je leur fasse un câlin qu'autre chose... Je n'ai ni le temps ni l'énergie de mettre des claques à tous mes détracteurs. Je l'ai beaucoup fait. C'est fini. C'est un truc de complexé en fait...”. Sur une autre planète, à une autre époque, un mécène l'aurait depuis longtemps adopté, accepté ses exigences, toutes, et il serait devenu une star. Oui. Le temps est venu d'écrire sa légende. Avant que l'Histoire n'ait tout écrasé. “Je suis juste un pauvre mec qui voudrait que le bien triomphe du mal avec poésie comme dans une bonne VHS”, dit-il par texto après l'entretien. On n'est pas dupe. Malgré les rires en coin, les blagues protectrices, les clins d'oeil, Mehdi Pinson a ce qu'il faut pour s'accaparer le trône. Et ainsi faire de Meaux la Capitale du Royaume de France. Enfin !

 

Il fait froid et Mehdi, tel un père Noël qui se moquerait des calendriers, arrive, une chemise Dickies aux carreaux verts du meilleur effet, le cheveux court, rare et plaqué, et les poches chargées de cadeaux : son fanzine, The Gamberge Folder chez Headbangers Publishing, dirigées par Pedro Winter, partenaire de longue date, ainsi que deux disques sans code-barre de DVNO, Dvnolandia et Moonlighting, avant de s'allumer une cigarette. Avant de se raconter.

 

Tu penses qu'il ne fallait pas faire ce vinyle rétrospectif de Heb Frueman. Pourquoi ? Tu pourrais penser aux millions d'enfants qui n'ont pas pu vous voir à l'époque...

 

Déjà, je pense que les millions d'enfants, ils s'en branlent. Moi, je suis pour faire des trucs, là, maintenant. Non mais je suis content, c'est cool mais moi, je ne l'aurais pas fait. Rien que la joie que ça a l'air de procurer aux mecs que je connais qui ont récupéré le vinyle, c'est cool, ça fait plaisir. Les deux fails du truc, c'est juste qu'il n'y a pas la reprise de Fugazi et que dans les chroniques qu'ils ont reproduites dans le booklet, il n'y a pas celle de Maximum Rock&Roll, qui était quand même l'aboutissement du truc. C'est un peu dommage...

 

Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris. Tu penses que plutôt que de sortir ce disque qui retrace votre parcours, tu aurais préféré faire quelque chose aujourd'hui avec Heb Frueman?

 

Je pense que tant que tu as du jus et que tu peux être créatif, il faut le faire. Après, le côté madeleine de Proust, c'est cool mais on aura tout le loisir de le faire quand on sera vraiment rincé. Je pense que de sortir ces disques-là, c'est comme d'écrire sa propre bio. C'est un peu tôt. Je pense qu'avec cet argent et cette énergie, on peut faire des trucs, des trucs maintenant ! Des trucs cool. On pourrait donner une suite à ça, même sous une autre forme. Et puis, je trouve qu'il y a un petit truc prétentieux là-dedans... Tu vois, par exemple, il y a des morceaux d'Heb Frueman qui n'ont jamais été enregistrés mais qui existent, sous forme de démos. Ça aurait été plus cool de sortir ces morceaux-là, ou au moins qu'ils soient sur le vinyle. Tu vois ce que je veux dire? Qu'il y ait une valeur ajoutée. Notre 45 tours, on l'a enregistré en une journée à l'époque. Je me dis que ça ne nous demanderait pas beaucoup d'efforts de retourner une journée en studio.

 

N'empêche que pour ceux qui ont vécu l'aventure Heb Frueman à l'époque, ce disque est comme une carte postale du passé qui fait chaud au coeur, qui ravive des émotions fortes... Ok, Heb Frueman n'a rien inventé, Heb Frueman est une anecdote à l'échelle de l'histoire mais encore une fois, ceux qui vous ont vus en gardent un souvenir fort. Vous aviez tout : l'énergie, la sincérité, l'arrogance, les chansons... ça compte ça, quand même, dans la vie d'un homme, non?

 

Nous, on n'avait rien à vendre. Et donc on n'avait rien à perdre. On s'en foutait. On s'amusait. Dans l'absolu, pour nous, c'était une récréation en fait. C'était la colonie de vacances. Et heureusement que Stef (guitariste) avait un peu plus la tête sur les épaules, que quelques personnes nous ont donné les moyens de graver tout ça sinon, on ne l'aurait jamais fait...”

 

Tu sous-entends que sans les efforts de Stef et, par exemple, de Rico (du label Pakalolo), Heb Frueman aurait pu se contenter des concerts et de ne jamais enregistrer le moindre titre?

 

Peut-être. Après, tout ça, ce sont des accidents malheureux, des cassettes qui arrivent dans certaines mains et puis les trucs se font. Ça s'est passé plutôt comme ça. Il n'y avait rien de prémédité. Jamais de projection, jamais de futur. Et c'est pour ça qu'on a arrêté. C'était un circuit hyper fermé, même plus une niche. Et une fois qu'on avait joué deux fois ici, trois fois là-bas... On a vécu un truc hyper cool, on a eu une ascension hyper rapide, tout en restant bien sûr dans un truc confidentiel. Au bout d'un moment, on s'est dit : “C'est marrant mais c'est marrant si on va dans d'autres choses. Mais de refaire dix fois la même soirée avec les mêmes gueules en refaisant dix fois les mêmes blagues... Moi, je ne voulais pas faire du café-théâtre. Ou sinon, faut aller jouer au Point Virgule (rires). Mais moi, je n'ai pas envie de faire ça...

 

Donc, la fin d'Heb Frueman ne devait rien à des tensions internes ?

 

Au sein d'Heb Frueman, il n'y a jamais eu de tension. Jamais. Tu vois, Tit (le batteur), au départ, il nous a rejoints comme un dépannage. C'était la récréation, vraiment. Avant, on avait avec Stef pondu plusieurs morceaux, il y avait Ludo (basse) qui traînait de plus en plus avec nous, on skatait ensemble. Ça s'est fait comme ça. On avait un pote qui avait repris un bar à Meaux. Et en fait, il s'était fait carotté, on lui devait de la thune. Bref. On a décidé d'organiser un concert là-bas, pour qu'il se barre avec la caisse, que cette histoire soit derrière lui. Il y avait une petite scène à Meaux, avec les skaters, des mecs... Des mecs qui suivaient déjà le groupe qu'on avait avant, Hariza. Un truc hyper Beastie Boys, des morceaux plus hip hop, des morceaux punk hardcore. Je faisais ça avec Stef et d'autres mecs. Mais tout ça, c'était de la déconne! Au départ, on habitait tous à Meaux mais on ne se connaissait pas, mais on s'est rendu compte qu'on allait aux mêmes concerts. Stef, je l'ai croisé au concert des Beastie Boys, de Cypress Hill et je le croisais aussi à 59 Times The Pain. Et donc, tu finis par te parler...

 

Et le Mehdi d'avant tout ça ? Il vient d'où ?

 

Tu veux savoir quoi exactement ?

 

Tout, absolument tout.

 

Je suis né le 26 mai 1975 à Meaux. Je ne sais pas, je ne sais pas...

 

Ton vrai nom de famille, c'est Pinson ?

 

Ouais. En fait, mon nom de famille, c'est Pinson. Mais mon vrai nom devrait être Karim. C'est le nom de famille de mon père. Mon père est marocain et ma mère française. Je ne sais pas... J'ai grandi à Meaux et... En fait, mon père avait la nationalité marocaine, mes parents étaient pas mariés à l'époque, ils se sont mariés, là, maintenant qu'ils sont à la retraite. Donc maintenant, je suis le seul à m'appeler Pinson. Parce que ma mère s'appelle désormais Karim...

 

Pinson, c'était pour faciliter ce que nos penseurs contemporains nomment “l'assimilation”?

 

Je ne sais pas. On croyait encore à la vibration Harlem Désir (sourire). On va s'intégrer et machin...

 

Parce que dans les années 70, il ne faisait pas bon être maghrébin en France. Il y avait eu tous ces meurtres dans le Sud et tous ces assassins finalement relaxés par la justice...

 

Quand mon père est arrivé en France, ouais, c'était plus cette vibration-là... Mon père, au départ, est venu en France pour jouer au foot. Je n'y connais rien mais je crois qu'il a failli aller en D2... Mais il a fini par bosser en usine. Je suis né, fallait faire bouillir la marmite. Famille d'ouvriers mec !

 

Tu en retires une fierté ou pas ? Parce que moi, ce que j'ai aimé tout de suite chez vous, avec Heb Frueman, c'était que vous n'étiez pas dans les drapeaux, les slogans, la revendication post adolescente un peu idiote, qui était quand même omniprésente à l'époque, vous n'aviez pas besoin de ça...

 

Tu me demandes si j'en retire une fierté... Je suis fier de mes parents. Est-ce que je suis fier d'eux parce qu'ils étaient ouvriers, je n'en sais rien. Je m'en branle en fait. Ce n'est pas la question. Je pense que tu peux être un ouvrier et un gros connard, et ne pas avoir les bonnes valeurs. Et c'était pareil quand on faisait de la musique. On n'avait pas de drapeau et on était hyper fier de ce que l'on faisait. Moi, je ne venais pas du punk au départ. Je n'avais pas ce truc revendicatif. Je déboulais dans des salles que je ne fréquentais pas et je faisais mon truc. Je voulais prendre du plaisir. On n'a jamais essayé de s'adapter avec Heb Frueman, on venait, on jouait et voilà.

 

Le petit Mehdi a-t-il un coup de foudre musical ? Un artiste qui lui souffle que la musique, ça peut-être quelque chose de crucial dans une existence ?

 

Mon père écoutait beaucoup de zik. Beaucoup de black music, soul, funk tout confondu. Il voit que je m'intéresse et donc, il me fait écouter. Mais pas de manière religieuse tu vois. Mais il partage. Mon père était alors ouvrier dans une imprimerie. Je récupérais donc les Photo Magazine que je lisais en secret pour l'érotisme (rires) mais surtout, mon père me ramenait Hard Rock Magazine, avant qu'il ne sorte en kiosques. C'était l'époque des jeux concours pour gagner des places de concerts. Il fallait appeler les premiers. Vu que j'avais les infos en amont, j'avais mis en place toute une arnaque dans le quartier avec les potes métalleux de mon frère. Un des premiers concerts que j'ai vus, c'était Bad Brains. Puis Suicidal Tendencies. Gratos ! J'échangeais aussi certaines places contre des pièces de BMX à un Thrasher qui me les volait. Bref, tout ça m'a ouvert à une autre culture... Pour en revenir à ta question et remonter le temps, comme tous les gamins de cette époque, c'est Michael Jackson. Et puis, c'est aussi tout le début avec Bambaataa, machin, etc... J'ai grandi dans une cité. T'es là, il y a toujours plusieurs générations de mecs, t'as tes potes, les grands frères de tes potes, les grandes soeurs... Toi, t'as huit ans mais les mecs qui sont ado, ils sont déjà plus dans leur époque et donc, ça transpire. Et tu te fais ton éducation musicale aussi comme ça. Moi, j'ai toujours été dans la danse ! Même avant l'arrivée du hip hop. C'est toujours un truc qui m'a passionné. Je matais James Brown, Michael... J'ai essayé le moonwalk dans mon salon, bien sûr ! Je suis vraiment un très bon danseur ! Et quand le hip hop arrive, je tombe à fond là-dedans. Ce qui était génial, c'est qu'on ne savait pas ce que c'était. Et nous, on avait la chance d'avoir à Meaux un disquaire mortel, Blue Night Music. Tu pouvais acheter des disques de rare groove, de rap, du Run DMC, du Erik B. & Rakim, à Meaux ! Tu voyais les dégaines des keums... Le rap, c'était l'énergie, l'attitude... Le premier truc de rap que j'ai aimé et acheté, c'est la BO de Beat Street. Je l'avais trouvé dans le videoclub que je fréquentais religieusement. Il y avait aussi une émission de radio locale de hip hop, celle de DJ Damage, Rap Slam... Et oui, je regardais à la télé H.I.P H.O.P. Et mon père dansait devant ! Il dansait avec ouam. Plus tard, j'ai évidemment acheté Fight For Your Right, voilà quoi... Je me souviens aussi que j'allais me faire coiffer tous les samedis chez Jacky, à Simplon. Où les rockab et les Zulus se téléscopaient... Moi, j'étais encore un bébé et donc, je passais au travers des mailles mais c'était vraiment super chaud !

 

Une scolarité normale ?

 

Un élève très très doué (rires). Je me retrouve dans un collège catho quelques années pour essayer d'éviter le collège de mon quartier. Mes parents ont peur que je finisse mal (sourire). C'est un nouveau monde ! Je rencontre des petits bourges qui font du skate et qui écoutent du punk, du hardcore... À l'époque, je suis un peu le seul mec à faire du skate dans ma cité. J'ai commencé le skate quand c'était encore les petits skates post seventies. Je me souviens qu'une année, je suis parti en vacances à Biarritz et là, dix milliards de skaters, des Allemands, des Espagnols! J'ai eu ma première board, que je devais partager avec mon grand-frère. C'était une Variflex...

 

Il y a une chose chez toi qui me semble primordiale, c'est ton apparence. Tu as toujours eu un look d'avance. On devinait chez toi que le décorum comptait beaucoup. Tu as très tôt compris qu'il s'agissait aussi de se démarquer par le look ?

 

C'est un truc qui m'a toujours passionné. Je ne sais pas pourquoi. Ce que je peux te dire, c'est un petit dossier que tu apprécieras sans doute, c'est que quand j'étais en primaire, je taxais des fringues unisexe à ma mère. Des vestes de costard, des trucs comme ça. Non, je ne me travestissais pas (rires). Et je me lookais pour aller à l'école. Je travaillais déjà mon look. Il y avait un truc dandy dans la zik à l'époque, avec les Cure, Spandau Ballet et toutes ces conneries et je pense que ça devait me séduire. Peut-être juste que je regardais trop la télé... Je ne sais pas. Mon grand-frère écoutais du DRI, du Maiden, je fréquentais plein de gens qui avaient des goûts différents et je cultivais tout ça dans mon look... Ca cultivait un paradoxe que mes potes ne comprenaient pas. Quand tu te rends compte que Public Enemy portent des T-shirts Minor Threat, tu te dis que ce n'est pas complètement con... En fait, j'habite dans un village et les gens ne comprennent pas mais c'est ça le futur (rires) ! Je trouvais ça normal de prendre le meilleur de chaque chose.

 

Ca démontre déjà une personnalité affirmée, une volonté de n'être que toi-même. Alors qu'un adolescent, par définition, se cherche sans se trouver parfois... Tu as très vite fait des choix.

 

En fait, moi, j'étais hyper à l'aise dans tous les recoins et dans tous les microcosmes de mon environnement. Que ce soit avec les thrashers, les keupons, les cailleras, sans être un caméléon. Après, je ne me suis jamais laissé marcher sur les pieds non plus (Mehdi nous apprendra après l'interview qu'il a été, pré-adolescent, champion de karaté île de France, ndlr).

 

Tu as aussi une certaine réputation. Celle d'un mec qui peut parfois se comporter comme un connard, comme quelqu'un qui n'en fait toujours qu'à sa tête, voire ingérable ? J'ai croisé des gens qui semblent t'en vouloir, qui reconnaissent ton potentiel mais qui ne veulent pas tenter leur chance avec toi...

 

Je vais prendre l'exemple du connard universel pour tous ces gens dont on parle : Kanye West. Il dit : “Un mec qui n'est pas prêt à décrocher son téléphone à trois heures du matin pour bosser avec moi, je n'ai pas envie de bosser avec lui.” Et bien je pense qu'il a raison. Et si c'est ça être un gros connard, ben ok, je suis un connard. Mais moi, je pense que la vie est courte et j'essaye de bien faire. Et ceux qu'ont pas envie de bien faire avec moi, c'est qu'on n'a pas les mêmes objectifs. Et point.

 

Si tu pouvais mettre ta profession sur ta carte d'identité, tu choisirais quoi ?

 

Je ne sais pas. Je ne sais toujours pas. À chaque fois que je dois remplir le formulaire de la douane, je mets “auteur-compositeur”. Mais c'est débile.

 

Si je te traite d'artiste, tu réagis comment ? Par une boutade ?

 

Je pense que ce n'est pas à toi de dire: “Je fais de l'art”... Moi, j'ai l'impression de faire de l'entertainment et j'ai l'impression que c'est le truc qui me définit le mieux... Que ce soit en faisant de la zik, des claquettes, des grimaces, des fanzines, en étant illustrateur... J'essaye juste de ne pas être un clown triste !

 

Parlons maintenant de l'énigme Scenario Rock. Heb Frueman s'arrête et Scenario Rock voit le jour, au départ avec toi, Ludo et Pone. Suivront un titre sur la compilation Source Rocks et deux albums signés chez BMG, des chansons énormes, des refrains magiques, des couilles gigantesques mais rien. Il ne se passe absolument rien. Comment tu l'expliques ?

 

Pour qu'il se passe des choses, il faut faire des choses ! Quand il n'y a pas de promo sur un skeud, pas de distribution, ça devient difficile... Moi, je pense qu'avec un groupe comme Scenario Rock, si tu fais un concert sold out à la Boule Noire à Paris, tu peux faire une Boule Noire à Lisbonne, à Moscou, etc... On n'aurait jamais été Beyoncé mais ça aurait pu trouver son public de manière internationale. Ça aurait mérité plus de taf et c'est en ça que c'est quand même un peu désolant. Avec Scenario Rock, on essayait vraiment d'inventer quelque chose, en tout cas de faire quelque chose de différent. De l'amertume (il réfléchit de longues secondes) ? Oui et non. Mais dans l'absolu, j'essaye de ne pas vivre dans le passé. Ce qui est relou, c'est quand tu mets beaucoup de coeur à faire un truc et que c'est un coup d'épée dans l'eau, ce qui est relou, c'est quand le problème n'est pas la qualité du travail fourni. Mais ça te touche forcément quand tout le monde s'en bat les couilles d'un projet dans lequel tu as mis beaucoup de toi... 

 

Après, tu deviens DVNO, tu chantes sur, selon moi, le meilleur titre de Justice, tu fais le DJ, tu sors des fanzines, tu deviens papa. Et ce disque “en solo”, il arrive quand ? On a écouté quelques chansons et c'est très engageant. Sous quel nom tu penses le sortir ?

 

Mehdi Pinson peut-être... Ouais, probablement. Là, je pense qu'il faut juste revenir à un truc où je suis frontman, chanteur, accompagné. Je prends mon temps. Et je vais abattre mes cartes tranquillement. Au moment où je sentirai que c'est cool.

 

LIEN NOISEY: https://noisey.vice.com/fr/article/qui-es-tu-mehdi-pinson

 

 

Bonus offert par Noisey

Le Top Ten des meilleurs albums de tous les temps selon Mehdi :

1. Michael Jackson - Off The Wall & Thriller
2. Beastie Boys - Check Your Head & Ill Communication
3. Nick Drake - Pink Moon
4. Buckingham Nicks -  Buckingham Nicks (album éponyme de 1973)
5. Gorilla Biscuits - Start Today
6. Public Enemy - Yo! Bum Rush The Show & It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back
7. Ritchie Havens - Mixed Bags
8. The Police - Regatta De Blanc
9. Vigon - Greatest Hits
10.  Pixies - Doolittle & Surfer Rosa

A Year And A Half Of High Altitude Velocity est disponible chez Poch Records.

Mehdi est sur Instagram. Jérôme Reijasse est intouchable.

 

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 13:11
#LeCamerounDeBiya : 33 ans de sodomie / Général Valsero (#RapFrançaisViensPrendreTaLeçon)

Ajoutée le 10 mai 2016

Le Général Valsero exprime 33 ans de règne d'une main forte contre la jeunesse Camerounaise.
Booking: piguessbncproduction@gmail.com
https://www.facebook.com/PiguessBncPr...
https://www.facebook.com/GENERAL-VALS...

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 17:30
#Congolité du rap français (#Bantunanisation #SapéCommeJamais #Gims #Niska)

SOURCE

Article initialement paru sous le titre : Quand le rap français prend l’accent congolais

Il cumule tous les superlatifs. Maître Gims est devenu en moins de deux ans l’un des artistes les plus importants de la scène musicale française. Le chanteur de 29 ans, né à Kinshasa (République démocratique du Congo), est en tête de tous les classements des ventes de disques depuis la sortie, en août, de son dernier album Mon cœur avait raison. Son premier album, Subliminal (2013), a été vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Avec Niska, également d’origine congolaise et autre phénomène récent de la scène rap, Maître Gims a pris d’assaut Planet Rap, l’émission de Fred Musa sur Skyrock, la première radio urbaine enFrance. Cela est symptomatique de la nouvelle direction empruntée par le rap français : puiser dans le patrimoine culturel africain. La chanson « Sapés Comme Jamais », extraite de l’album Mon cœur avait raison de Maître Gims, reprend de manière décomplexée les thèmes de la musique congolaise : la sapologie, l’extravagance et l’ambiance survoltée de la RDC.

Comme tout courant musical, le rap a ses codes. Des codes qui se sont, eux aussi, adaptés à la réalité française. « Dans un premier temps, les rappeurs se revendiquaient des quartiers et des cités, ils évoquaient des codes postaux de la banlieue parisienne “Je viens du 9-1, 9- 2, 9-3”... Aujourd’hui, il y a plutôt le besoin de rappeler ses origines ancestrales », analyse Philo Moanda, directeur et créateur du label Bomayé dont est issu le rappeur Youssoupha, fils du défunt roi de la rumba congolaise, « Seigneur » Tabu Ley Rochereau. « Tous les jeunes des cités qui font du rap savent qu’ils ne sont pas des Américains. Ils grandissent dans cette culture congolaise qui prend par les tripes », ajoute Philo.

Entrecouper ses textes d’un refrain en lingala (la langue la plus parlée au Congo-Kinshasa), entremêler des riffs de guitare rumba sur des beat urbains ou raconter son quotidien avec le regard d’un jeune immigré congolais en France est devenu l’apanage de cette nouvelle génération de rappeurs en « conversation permanente » avec leur pays d’origine. Le phénomène « Ngulu » y a largement contribué.

Au début des années 2000, certaines stars de la musique congolaise commencent à se livrer à un trafic juteux de visas. Ils font venir en Europe de jeunes gens issus des « quartiers populaires de Kinshasa » en les faisant passer pour des musiciens ou des danseurs. Cela a laissé des traces sur les jeunes de la diaspora congolaise à Paris.

« Au lieu que ces jeunes de Kinshasa s’intègrent, ce sont les jeunes d’ici qui se sont intégrés à eux. J’ai grandi dans ce milieu-là, au milieu des répétitions des spectacles de Papa Wemba », se souvient Tito Prince, auteur et producteur de Toti Nation, son opus sorti le 14 août et depuis numéro deux des ventes numériques. Prince, de son vrai prénom, est un ovni dans le hip-hop français. Il manie l’art du storytelling avec habileté et n’hésite pas à raconter le parcours du « jeune noir né en France ». Tito Prince est le fils JP Tshiamala, le producteur de Koffi Olomidé et de Viva la Musica, entre autres.

Une empreinte plus personnelle

La « congolisation » du rap français ne se résume pas à scander des mots tels que niama (animal), shégué (enfants des rues) ou ndeko (frère), mais à une volonté de laisser une empreinte plus personnelle, plus subtile. « Quand certains rappeurs chantent, on dirait du lingala français », estime Tito Prince, comme pour rappeler une proximité « naturelle » entre la culture française et les cultures africaines.

« Les rappeurs américains font référence à l’Afrique sur un mode plus fantasmagorique, sur l’appel à l’unité de tous les pays africains, le panafricanisme. Une Afrique qui fait encore référence à l’esclavage. Sur le mode de celui qui n’a jamais été là-bas. Les rappeurs français, eux, ils connaissent l’Afrique », analyse le sociologue Anthony Pecqueux, auteur de l’essai Voix du rap(L’Harmattan, 2007).

Bisso na Bisso, le collectif rap de français dont les membres sont originaires de la République du Congo, avait amorcé ce processus de « congolisation » à partir de 1999. Une décennie et demi plus tard, les succès populaires de Gradur, Niska, Tito Prince, Maître Gims ou Youssoupha ne sont pas les révélateurs d’un « communautarisme au sein du rap français ». Ils sont plutôt la preuve que ce genre continue d’évoluer et qu’il est capable de toucher un public plus large.

TEXTE : AMANDA WINNIE KABUIKU

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Published by Gri-Gri International AMANDA WINNIE KABUIKU - dans Rap Music Arts & culture Gos et Gars du moment Musique
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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 15:00
Fais comme #EdwyPlénel, écoute #Gradur et lis #Kouamouo sur #Ouattara à quelques jours du procès #Gbagbo

Une demie journée dans la vie d'un éditeur mondain et marcheur. Ou pourquoi nous avons la certitude qu'Edwy Plénel a bien en sa possession le livre de Théophile Kouamouo consacré à Ouattara même si Mediapart n'en parle pas...

Jeudi 7 janvier, 11h du matin, conférence de presse à la Mairie de Paris, pour annoncer le lancement du 2ème Salon de la Gastronomie des OUTRE-MER, qui se tiendra à Paris les 12-13-14-15 février prochains (porte de la Vilette), à l'initiative de la cheffe Babette de Rozières.

Admirable buffet, évidemment. Mondanités, petites images amusantes, pin-ups et discours - un article prochain s'attardera sur la conférence de presse et le travail de la belle Keyza Grand-Bonheur (KGB), qui s'occupe de la communication de Babette.

En sortant, je fume une clope avec Fatou Biramah (Africa N°1, entre autres).On blagoune deux minutes sur le nouveau barbu dingue qui vient, le matin même, d'attaquer un commissariat du XVIIIème. Fatou doit passer chez Zara. Moi, j'ai rendez-vous avec un jeune confrère, Kalidou Sy, à Nation. Je remonte à pied (un vice) depuis l'Hôtel de ville. Rue de Rivoli, Saint-Paul, Bastille. Faubourg Saint-Antoine. Ayant un peu de marge, je stoppe dans une des librairies d'occases qui se multiplient. Déniche à 1 euro un livre très angoissant de Eric Fottorino sur l'Afrique... encore un qui croit possible d'embrasser l'Afrique et ses 50 et quelques pays en un seul livre... les photos de Depardon qui illustrent ont l'air très bien.

Finalement, à force, d'en avance je me retrouve à la bourre. Pas de gymnastique. Je dépasse la station Ledru-Rollin. A l'angle de la rue d'Aligre (qui mène au Marché, pas à la radio), je repère une tête que je reconnais... mais sans réagir, vu que je suis en retard. Sauf que, mais oui... définitivement... je reviens sur mes pas, comme dans un dessin animé... c'est bien le bel Edwy ! Plenel himself ! Avec des amis pas francophones à qui il explique, en anglais et avec gourmandise, quelque chose dont je ne saurai jamais rien.

Editeur, mon sang ne fait qu'un tour : j'ai dans ma besace, toujours, deux ou trois exemplaires du J'accuse Ouattara 2. J'en sors un, avec le supplément Gri-Gri bibliographie, et lui tends le tout sans même l'interrompre ! Avec en paquet cadeau mon plus beau sourire gêné et avenant.

Vendredi 8 janvier. Au Grand journal de Canal + de Bolloré, Gradur le rappeur et...Edwy Plénel !

Samedi 9 janvier, sur Twitter, incidemment, je tombe sur la photo d'Edwy Plénel coiffé du bob aux armes du Sheguey en chef, le rappeur à succès Gradur !

Si Plénel peut poser avec le bob gradurien, il peut lire le livre de Kouamouo sur ADO.

Texte : G.P.

PS : Achetez le livre de Théophile Kouamouo directement sur le site de l'éditeur.

PS 2 : vous pouvez bien sûr aussi le trouver (voire le commander) dans les bonnes librairies et dans les FNAC, sur Amazon, etc.

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 08:00
#SalesNégros / NWA Paris 11 septembre 2015  (#100Commentaires)

La délicieuse Aïssa Thiam, d'Africa N°1, avait sur Facebook attiré notre attention sur ce doucereux cri du coeur, qu'elle avait repéré à la station de métro parisienne Bastille.

La non moins délicate Fatou Biramah, d'Africa N°1 itou (et d'un ou deux autres titres), a, à son tour, et toujours sur Facebook, interpellé ses amis sur le même sujet.

Il n'en fallait pas davantage pour que nous profitions de cette occurrence pour, aussi, saluer la sortie du film Straight outta Compton. Qui demeure, dans un monde idéal, la première information que contient l'affiche graffitée.

PS : big up à Eazy E., capable, mort, d'encore susciter tout ça.

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 08:50
#Vidéo / #Nekfeu par #Voici : il est né le divin rappeur blanc sans béquille ! (#Booba #Protche #CaveDu18)

Ajoutée le 1 août 2015

Texte & lecture : Grégory Protche
Mixage : Cavedu18
www.legrigriinternational.com

Dans l'édition du 17 juillet 2015 de Voici - qui vaut bien d'autres journaux, hâtons-nous de le préciser -, apologie est faite du rappeur Nekfeu. Dans l'enviable rubrique "Presquepeople". Motivée par l'épatante trouvaille : "Nekfeu est une... graine de star !"
Hâtons-nous de préciser N°2 que nous n'avons rien ni pour ni contre Nekfeu. Qui, par surcroît, ne sera pas mis en cause ici.
Le chapeau mérite d'être, sinon tiré, au moins cité :
"Avec son flow et sa belle gueule, il incarne le nouveau visage du rap français."
Entre la belle gueule et le nouveau visage, quels persifleurs, ces Voiciens.
Suivent le CV du gaillard et...ses ventes - Voici s'intéresse aux arts et tient à ce que ça se sache. A les en croire, jamais personne n'aurait vendu si vite autant. (Argument qui condamne quand c'est pour Booba, Rohff ou Gradur...et ferait de Jean-Pierre François un géant auprès du nain Allain Leprest).
Le topo sur son pseudo est conclu - et enrichi, pourquoi le nier - d'un magistral "Wesh," virgule, "gros !", assorti d'un indispensable et jovial point d'exclamation. On riait déjà en 2001, en entendant, suite à la sortie des Princes de la ville, les Guillaume de maisons de disques s'encanailler eux aussi en wesh gros-isant intempestivement. Voici à l'avant-garde, donc.
Troisième point : Nekfeu a attaqué Charlie Hebdo. Han ! Quel vilain garçon, soudain.

La suite dans la vidéo...

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 12:20
#YoungThug / Check (sélection #Cavedu18)

Ajoutée le 1 avr. 2015

The official WorldStarHipHop premiere of Young Thug’s "Check" music video which is the first single off Young Thug's upcoming 'Carter 6' album.

Produced by London On Da Track | Directed by Be El Be.

Follow Young Thug:
https://twitter.com/youngthug
https://instagram.com/thuggerthugger1

SUBSCRIBE to the Official WorldStarHipHop Channel for more original WorldStar material, music video premieres, and more: http://goo.gl/jl4las

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 07:30
Le dessin réponse à Luz de Booba
Le dessin réponse à Luz de Booba

Relecture facétieuse d'un article du HuffingtonPost consacré à la réponse (dessinée) du rappeur Booba à la réponse (dessinée) de Luz dans Charlie Hebdo, qui faisait suite elle-même aux réponses de Booba aux questions (vidéo) du Parisien au sujet de certains extraits de son nouvel album, peu compatissants à l'endroit (et même à l'envers) du canard satirique plumé à Paris début janvier 2015 par les barbus frères Kouechi.

"CHARLIE HEBDO", prévient, en amorce sous-titrante, l'HuffingtonPost... Ce n'est pas sous l'égide du rap, de la politique ou des arts que tout ceci se place, mais, plus solennellement - on n'est même pas loin du sacré, et pas juste parce qu'il fut question de blasphème -, là où se situerait dorénavant le débat : la religieuse injonction faite à l'esprit d'être Charlie.

On se rappelle l'infecte joujournaliste mal coiffée à nom de bière qui, sur le Service public, exigeait que soient listés - en vue de leur offrir des séjours en spa rééducatifs, certainement - les malotrus qui sur les réseaux sociaux et dans la vie réelle se permettaient de ne pas se sentir Charlie Hebdo... sous l'unique prétexte que ce connard de Charb - pardon, un, comme disait Saint Jules Vallès, "La mort n'est pas une excuse", deux, les anti-fumeurs fachos, morts ou vifs, on leur chie dessus - et ses amis avaient été exécutés par des barbus djihado téléguidés - je veux pas faire le complotiste, mais des mecs financés par un imam mort en 2011 et qui font des crédits pour acheter une voitures fin 2014, il m'arrive de ne pas voir en eux les exclusifs coupables qu'on nous décrit...

Donc, c'est au nom désormais saint et sacré de Charlie que la polémique, le clash, la controverse qui agite les réseaux sociaux et les élites médiatiques, et oppose le rappeur Booba aux restants (pour ne pas dire aux restes) de Charlie Hebdo, continue de rebondir.

"Booba joue l'escalade. Après les propos très controversés du rappeur au sujet de Charlie Hebdo, le dessinateur Luz, qui continue à travailler pour l'hebdomadaire satirique, lui avait répondu par une caricature. Représenté nu et pas particulièrement à son avantage, le "D.U.C" était en train de faire de la musculation et son torse affichait un tatouage "Je suis gonflette". Le slogan "Booba n'est pas Charlie" surplombait le tout.

Une caricature que Booba n'a visiblement pas appréciée. Sur Instagram, le rappeur a posté la photo d'un dessin à son image: ultra-provocateur et trash. Dessiné au stylo, il représente visiblement le rappeur mettant son sexe dans la bouche d'une personne allongée qu'il maintient à terre le pied sur sa poitrine. Sur son torse, l'inscription "Je suis balaise" répond au "Je suis gonflette"."

L'insolent grand métis couleur café crème, l'MC capuccino, né d'une Blanche et d'un Nègre - un coup de hanche et c'est le ravin -, s'est permis d'user de son artistique liberté d'expression dans son dernier album, pour renvoyer dos à dos (ou cul botté à cul botté) Charlie et pas Charlie.

Tous soumis.

Là, le mi Limonov mi Dutroux qu'on appelle Luz, à qui l'on devra la Une du numéro de résurrection de Charlie Hebdo - le seul journal au monde qui a plus d'abonnements que d'abonnés -, a décidé de réagir. De répondre. Il s'est pas chié dessus ! Bim ! Un dessin dans ta gueule Booba ! Dieudonné, dans Charlie il y a dix ans, s'était mangé un cerveau aux dimensions d'une cacahouète, B2O se retrouve lui castré...

On peut se dire que Luz le finaud a ainsi pointé ironiquement le caractère phallique de l'icône Booba, il est vrai textuellement enculo-niqueur de première et formellement très attentif à sa plastique.

On peut aussi se demander ce qu'a ressenti Luz en castrant le rappeur vicieux de Miami.

C'est une constante, les amuseurs et autres libertaires se défient du Nègre peu souriant. Voir les pathétiquement douteux sketches des Guignols au début de la carrière de millionnaire d'Anelka.

Ils sont plus MC Solaar et Marius Trésor.

Et l'auteur de Tony Coulibaly est parfois un peu tête de con sur les bords.

Demandez aux gens du rap... entre ceux qu'il a clashés à distance, jusqu'à les rendre inaudibles, et ceux qu'il domestiqua en les faisant figurer, pardon, featurer sur ses morceaux...

Le prenant pour un rappeur, aucun éditorialiste n'oserait envisager que Booba a peut-être juste fourré tout le monde, à la Spike Lee, en déclenchant une rentable joute au moment où sortait son nouveau disque...se branlant complètement des histoires de Charlie, mais ayant capté le névralgisme artificiel d'une plaie visiblement entretenue.

Et en jouant, gammes médiatiques et sociologiques aussi astucieuses qu'efficaces : qui ignore aujourd'hui que pour répondre à Luz Booba a mis en dessin sa grosse bite dans la bouche du moribond Charlie ?

On attend déjà avec ravissement les punchlines inspirées par Luz et Charlie qui émailleront le prochain album.

Jacques Mesrine, ce n'est pas le moins charmant de son parcours, adorait se faire passer pour un gangster à conscience politique rougeoyante pour faire suinter les journalistes de Libé, dont il faisait les scribes fidèles et mythologisants de son épopée d'homme libre à biscotos et grande gueule. Semée de braquages et de prises d'otages.

Booba, lui, pour vendre des disque et continuer son oeuvre, se joue des diabolisations. Passant plus de temps sur les réseaux sociaux du 21ème siècle à scruter son impact et ses ventes qu'à salonner en promo à la télé du 20 ème.

Slalom habile et illisible pour la meute à oeillères qui se croit blanche entre les interdits et les réprouvés - Dieudonné, Ramadan clashé et ramené à la hauteur de Saïd Tagmaoui.

Communautarisme revendiqué - mi social, mi religieux et mi racial. "Chez nous, personne n'a les yeux bleus, à part un Huskie" (mettre Booba le disant). Comme tout le monde finalement, mais en le disant salement.

Sexisme aussi consternant que réjouissant - Diams.

Contre-exemple civique - à la fin des embrouilles, Booba ne s'absoud pas en appelant à voter (sous-entendu contre Le Pen).

Exil chez le Grand Satan - une piste fiscale à creuser, peut-être, on sait le procédé en vogue chez les limiers missionnés.

Adéquation politico-économique entre le discours, les postures et les pratiques - à l'inverse de ses confrères tous anti-mariage gay en privé et bien sûr de gauche en public. Point commun pas innocent avec un des (rares) autres authentiques artistes du rap français, Doc Gynéco.

"A travers les hashtags qui accompagnent le dessin - ajoutant au passage une belle touche de vulgarité - "

Ah, la vulgarité... venant du HuffingtonPost de la Sinclair, n'est-ce pas merveilleux (là, on met Eastwood qui le dit) ?

"Booba ne s'en prend pas qu'à Luz mais aussi à Laurent Ruquier. "#ruquierniquetesmortsnarvallo", écrit Booba en réponse aux propos de l'animateur sur son compte. "

Oh, la belle insulte communautaire...chez les raboins !

"Sur le plateau du Grand Journal, l'animateur de France 2 avait qualifié Booba de "Trierweiler du rap". "

Laurent Ruquier aussi Bouvard du pauvre qu'épais Pécuchet.

"Les caricaturistes ne s'attaquaient pas à l'Islam, non justement, ils s'attaquaient au terrorisme. Il n'a rien compris en fait Booba, et quand on n'a rien compris, on ferme sa gueule", s'était énervé Laurent Ruquier.

Où l'on se rend compte qu'en fait et comme souvent, c'est Ruquier qui n'a rien compris.

Ou bien que l'auteur Ruquier est moins tarte et demeuré que l'animateur Ruquier qui commence à glousser faux comme Sevran.

TEXTE - GREGORY PROTCHE

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 07:00
#ComplémentToddBis / La Bite à Booba dans la bouche à Charlie / Grégory Protche & Cavedu18 (vidéo)

Dans son dernier album, Booba a renvoyé dos à dos pro charlie et pas charlie. Le Parisien l'a questionné à ce sujet. Ses réponses ont occasionné une réponse d'un dessinateur de Charlie Hebdo, Luz. Dessin auquel Booba a répliqué par...un dessin, plus rapide, moins artistique mais combien efficace...
La polémique ne cesse de rebondir.
Plusieurs hommes politiques français ont annoncé leur volonté d'entamer des poursuites contre le rappeur, pour apologie du terrorisme. Plusieurs syndicats de policiers l'ont d'ores et déjà fait.

Le Gri-Gri International, par son dictateur-adjoint Grégory Protche, ancien de la presse rap, propose une relecture d'un article du Huffington Post consacré à l'affaire Booba VS Luz et Charlie.

Texte et lecture : Grégory Protche
Mixage : Cave du 18

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 07:35
#PourCiottiConCommeGrosdidierEtPetitCommeSarkozy  / Quand Booba se sentait Tony Coulibaly...

Les propos de Booba, rapportés par le Parisien, au sujet de l'attentat contre Charlie Hebdo, qui ont déclenché l'assaut de l'ancien side-car d'Estrosi, le sous-sous-Guéant Eric Ciotti :

"J'étais étonné que ça ne soit pas passé avant, parce que ce n'est pas la première fois qu'ils avaient fait des représentations du prophète. [...] Dans la vie, il faut assumer ses choix. Si tu habites en Australie au bord d'une plage infestée de requins blancs, [...] que tu le sais et que tu continues à te baigner tous les jours, le jour où tu te fais croquer par un requin blanc il faut assumer. [...] Ils savent à qui ils ont affaire, les mecs. Ils s'attaquent à l'islam, ils savent très bien qu'il y a un courant extrémiste, ils savent très bien comment les mecs fonctionnent, ils ont pris le risque de continuer à les attaquer... Voilà. Quand on joue avec le feu, on se brûle."

Les hommes politiques français de droite étant connus pour une bêtise particulière sitôt qu'il s'agit de rap - le député biennommé Grosdidier voulait, par exemple, dix ans après l'arrêt du groupe interdire...Ministère AMER ! -, gageons qu'ils ne manqueront pas très bientôt de découvrir un vieux titre de Booba, évidemment sans rapport ni avec Charlie et sa tuerie, ni avec l'hyper casher épicerie, intitulé Tony Coulibaly...

D'après le site GeniusRap.com :

Tony Coulibaly est un morceau présent sur le Black Album sortis par 45 scientific en 2006, à l'époque Booba s'étais opposé à la sortie de l'album car il ne voulait pas que ce morceau sorte.
Tony Coulibaly C'est un personnage fictif qu'il a créé. Un mélange entre un gangster européen (inspiré du personnage Tony Montana du film Scarface) et un gangster Ouest Africain ==> Tony Coulibaly, carCoulibaly est un nom de famille d'origine Ouest-Africaine (notamment très répandu chez les Maliens et les Sénégalais) et dans ce morceau il se place comme le fils de ce gangster qui relate l'histoire…Fils qu'il aurait voulu avoir, donc vie de gangster qu'il aurait aimé viv
re.

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