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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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  • : Né au Gabon en 2001, le Gri-Gri International, sur papier, sur le web ou en livres, a pour fonction d'empêcher de dormir les rois nègres, les ministres excessivement coopérants, les experts véreux, les vedettes en bois, les journalistes stipendiés, les marabouts escrocs...
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 10:00

 

Préambule à la rencontre de mercredi prochain :

Stanislas Spero Adotevi a été, rue d’Ulm, élève du philosophe français Louis Althusser. Il s’est ensuite orienté vers l’anthropologie pour un doctorat et des recherches sur l'impact de la colonisation et les conséquences des pratiques ethnocidaires du système colonial sur le développement des pays en voie de développement et plus spécifiquement l'Afrique1.Il vit actuellement au Burkina Faso où il continue ses recherches.
Il a occupé des postes politiques et administratifs dans son pays dont ceux de Ministre de l’Information en 1963, de la Culture entre 1965 et 1968, Directeur de l’Institut des Recherches Appliquées du Dahomey (actuel Bénin), Directeur des Archives Nationales et des Musées. Dans ce cadre, il fut à la Conférence Internationale des Musées, organisée en septembre 1971, par l’ICOM à Grenoble (France), élu Secrétaire General des Musées Africains.
Dans les années 1970 à Paris, il est Professeur de philosophie et à l’Université Paris VII3 où il participe intimement aux recherches de l’Anthropologue Français Robert Jaulin, Directeur du Département d’Anthropologie et d’Histoire des Religions. Robert Jaulin et lui, créèrent au cours de ces mêmes années aux Éditions 10/18 de Christian Bourgois (Union Générale des Éditions) une collection nommée « La voix/voie des autres », où furent publiés pour la première fois L'Étrange Destin de Wangrin du sage africain Amadou Hampâté Bâ, ou encore, plus tard, Heremakhonon, premier roman de l'écrivain antillaise Maryse Condé, et Remember Ruben, roman de Mongo Beti. En un mot, cette collection annonçait déjà les débats actuels sur la diversité.

De 1975 à 1979, il est nommé Directeur Régional du CRDI (organisme Canadien de recherche sur le développement). De 1979 à 1981, il est doyen de l'Université des Mutants à Gorée (Centre International de Rencontre et de Dialogue créé par le Président Senghor et le premier ministre Québécois René Lévesque avec la participation de l'écrivain Roger Garaudy).
En 81, Représentant de l’UNICEF en Haute Volta (actuel Burkina Faso), il deviendra en 87, Directeur Régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre et enfin en 95, Conseiller Spécial du Directeur Exécutif de l’UNICEF, à New York.

Il a publié en 1973 chez Présence Africaine : Nkrumah ou le rêve éveillé, puis en 1990, aux éditions Chaka, De Gaulle et les Africains.
C'est en 1970 qu'il publie son œuvre maîtresse chez UGE/PLON : Négritude et négrologues, ouvrage réédité une dizaine de fois par le même éditeur. Epuisé, il est repris par Le Castor astral en 1998, sous la direction de François de Negroni, avec une préface de Henri Lopes, l'écrivain congolais bien connu (Congo Brazzaville). Il vient d'être une nouvelle fois réédité, en coédition par Delga et Materia Scritta, 2017, avec une préface de Dominique Pagani.

Librairie Tropiques

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 13:33

Mesdames, Messieurs, bonjour.

Je voudrais vous souhaiter la bienvenue et vous saluer très chaleureusement, d’être présents à cette conférence débat « Dictature et Economie au Congo Brazza », et bien sûr pour la promotion du livre de Modeste Boukadia. 

Plus de 20 ans en quelques lignes

Dans les années 90, je découvre le Congo,celui de l'après Conférence Nationale Souveraine avec Modeste Boukadia plein d'espoir de revivre "Brazza la verte".  

Je découvre les spécialités de la gastronomie locale :  poissons, gibiers comme le cibici, le phacochère. Ces mets succulents sont dégustés au restaurant "le sergent recruteur". Nous sommes servis par un monsieur, qui pour l'occasion a enfilé une redingote malgré la chaleur. Mais avec le coup d'état, ce monsieur est assassiné et son restaurant brûlé. D'autres à titre d'exemple,le journaliste sportif Clément Massengo connu sous l'appellation "Docteur Fu Manchu", le restaurateur de "l'île du père Feignant" sont pourchassés et tués

1996,

Nous sillonnons le pays. Modeste Boukadia commence à se faire connaître dans l'arrière-pays et notamment parmi les Anciens. Il règle les droits d'inscription (5 millions de FCFA soit plus de 7600€) et se déclare candidat à l'élection présidentielle en sa qualité de Président du CDRC, Cercle des Démocrates et Républicains du Congo, c’est le 2ème parti enregistré.

Dans ce pays, ce ne sont pas des mains que l'on sert au marché pour la campagne. Ce sont,des vivres que l'on apporte au village visité en offrandes au Chef pour les villageois. Pour 300km, ce n'est pas 3h d'autoroute ou de nationale, mais 6h de routes pas entretenues, des chemins ravinés et de ponts peu rassurants même en 4X4 

Mais le 5 juin 1997, des canons déchirent ce calme. Un conflit fratricide éclate. La population fuit les villes, l'arrivée des milices. Cobras, Ninjas, Cocoyes sont les plus importantes

 Modeste Boukadia se déclare en 2009 candidat à l'élection présidentielle. L'inscription coûte 9 millions de FCFA. Nous reprenons le chemin de battre campagne et de recevoir beaucoup de personnes à la maison. Ces visites arrivent à n'importe quelle heure y compris celle du repas. La table s'allonge naturellement

Cette élection ressemble à un jeu pipé. Aucun candidat n'a accès aux communications médiatiques. Ceux qui acceptent voient leurs rédactions fermées/diffusion de bloquées. Pour pouvoir s'inscrire, le président sortant impose aux candidats 3 consultations médicales.  Modeste Boukadia refuse cette tactique et suspecte des diagnostics pouvant être télécommandés. Sa réponse est que sa femme est médecin. Il se retire et appelle au boycott de ces élections qui ne sont pas si claires et transparentes. La chasse à l'homme commence. Juin 2009 Modeste Boukadia est recherché et retourne en France. 

Il revient au Congo début 2010

Mars et juin 2013, année de ces 2 grands rassemblements, avec autorisations demandées et accordées + les contributions pour les dits dérangements. 

Une foule importante répond à l'appel et est présente par conviction. 

21 Août 2013, des gendarmes ou policiers arrêtent sans présentation de mandat 28 membres du parti à Pointe Noire. Modeste Boukadia arrive à leur échapper et rejoint la France en septembre. Par les voies diplomatiques et le respect du droit, il informe médias, gouvernements et organismes internationaux. L'ONU lui répondra en 2015 que ce sont des arrestations arbitraires et abusives. 

2014, l'association FVCB organise une manifestation devant l'ambassade du Congo. 

La raison : ils avaient arrêté un bébé de 8 mois avec sa mère. 

Le prétexte : l'enfant s'appelle Modeste Boukadia et pour eux, ils ont arrêté le président du CDRC. 

De 2013-fin 2015, Les associations Union Congo et AFSPP-CB ainsi que tous les amis fidèles et la famille, nous nous mobilisons pour communiquer et informer médias, politiques et organismes nationaux et internationaux de ce kidnapping avec un procès cousu de fil blanc qui se déroule à Pointe Noire, téléphoniquement télécommandé par Brazzaville. 

Sur les 28 détenus, 14 sont libérés, 2 avec 2 ans de détention toujours emprisonnés, cela fait déjà 3 ans. 

2016 

 Pour présenter ses vœux à la presse locale, comme chaque année, retrouver MaLoutaya, la maman du Président du CDRC, nous prenons l'avion le 15/01/2016 pour 3 semaines. À Maya Maya, nous attendent 4000 sympathisants, membres du parti et la famille. Face à eux 2000 militaires, gendarmes, policiers garde républicaine et 4 blindés accompagnés d'un hélicoptère.

Une vingtaine d'hommes en uniforme remontent le flux de passagers qui sortent de l'avion et arrêtent Modeste Boukadia au début de la passerelle. Je m'impose et suis mon mari. A un moment, je fouille dans mon sac à main, et un militaire/policier me somme en aboyant de ne sortir ni de téléphone ni appareil photo. 

Dans les bureaux de l'aéroport, ce même homme en chemise noire lui demande s'il reconnaît les faits. Il tend à Modeste Boukadia une feuille de papier tamponnée sans rien d'autre d'officiel, sur laquelle est inscrit la condamnation par contumace à 30 ans de travaux forcés. Modeste Boukadia ne répond rien. Je regarde la feuille posée et lui répond :" nous n'avons rien reçu ni du gouvernement de la République du Congo ni de son ambassade à Paris, nous ne pouvons reconnaître ce que nous ignorons". 

Après avoir ouvert sa mallette, il sort le mémorandum imprimé. Il s'écrit :"ça y est j'ai la preuve". Suite à sa découverte, je lui rétorque :" c'est non seulement sur le net, envoyé aux chefs d'état, aux organismes internationaux. S'il n'y avait pas tant de coupure d'électricité, ce document ne serait pas imprimé". Frustré, il sort le drapeau. Un gradé s'approche et énonce :"il y a du rouge, du jaune, y-a-t-il du vert ?". Leur mauvaise foi évidente me fait lui répondre :" mon mari n'est pas un officiel de la République du Congo." 

Il interpelle un soldat qui sort le drapeau, le pose au sol et s'apprête à le mesurer. De peur qu'il marche dessus, j'énonce :"ce drapeau est enregistré à l'ONU et possède les mesures requises". Le supérieur donne l'ordre de le ramasser. Là encore j'interviens :" ce n'est pas du linge sale, vous l'avez trouvé plier et ranger dans son plastique, je souhaite qu'il retrouve sa situation initiale". 

Nos valises sont ensuite apportées. "Quelle est la valise de monsieur Boukadia ? Ma réponse :"J'imagine monsieur, que vous n'êtes pas marié, car une femme cherche à gagner de la place et ne fait pas une valise par personne". 

Le plus gradé m'annonce que Modeste Boukadia va partir à la maison d'arrêt de Pointe Noire. Pour que j'accompagne mon mari il me faut acheter un billet.

À mon retour, Modeste a été emmené menotté. La foule réagit en le voyant sur la terrasse. Les hommes armés chassent les sympathisants. 

Le lendemain, à Pointe Noire, j'achète le droit de visite pour une semaine. Je retrouve mon mari, fatigué. 

1ère action lui apporter un nécessaire de toilette et du linge de rechange. 

La 2ème étape mettre en place son alimentation et eau de l'extérieure. 

3ème temps, rendre visite au Consul et lui expliquer l'arrestation abusive de ce Français Congolais. 

Le consul m'explique que pour les binationaux sont français en France et congolais au Congo. L'exemple de la franco-colombienne, Ingrid de Betancourt, me revient en tête et la France a largement contribué à sa libération. Le consul me dit que Modeste Boukadia a fait un meeting sans autorisation.  Son bras droit présent à mes côtés, lui tend les photocopies prouvant non seulement que le président du CDRC a fait une demande mais que celle-ci lui fut accordée et payée.  

Le consul général, le consul et le consul adjoint vont rendre visites Modeste Boukadia, en janvier, mars et juin. 

De retour sur Brazzaville, j'effectue la tournée de toutes les ambassades y compris la nôtre. A cette dernière, j'entends des inepties dans la bouche de l'ambassadeur.

Le rythme du séjour : visites à Modeste matin et après-midi, courses, administrations, occupent largement la journée sans parler des embouteillages liés à la dégradation extrême de la chaussée au niveau du marché Tsié Tsié. 

Autre élément important :  trouver un avocat capable de plaider ce type de dossier. 

Suite au rendez-vous avec monsieur Brice Makosso, direction à la commission : justice et paix. Bref descriptif de chacun des 3 avocats proposés. Le parcours de l'un retient mon attention. Syndicaliste ayant fait de la prison puis en sortant devient avocat. Je prends RDV avec cet homme qui accepte de plaider la cause. 

Février – Mars 2016 : les frais d’inscriptions pour être candidats s’élèvent 25 millions de FCFA soit 32 800€ sans compter les frais de campagne et meeting. Mais un candidat potentiel est retiré d’office des prétendants, à l’insu de son plein gré. Il végète dans une cellule de la maison d’arrêt de Pointe Noire parce qu’il veut un Congo Libre. 

4 Avril 2016. Il y a des tirs dans Brazza. L'avion décolle de Roissy avec 4h de retard. A l’arrivée, impossible de sortir du périmètre. Militaires cagoulés sillonnent sur des voitures portant un fusil mitrailleur. A certains carrefours, c'est purement du racket, faisant sortir tout le monde du véhicule, présentation des pièces d'identité. Les passeports étrangers ont du mal à revenir à leurs propriétaires. Le soir, c'est pire encore. Fouille des voitures pour chercher des armes, certains hommes ont même eu le plaisir de se faire palper. 

Même rythme qu'en janvier. Les visites à Modeste ne se déroulent plus au parloir chaud puant et truffé d'insectes mais dans l'espace entre l'enceinte et le bâtiment. C'est beaucoup moins de bruit et mieux ventilé par une brise agréable. 

Brazzaville, un court séjour pour enterrer dignement Marianne Loutaya et représente Modeste qui n'a pas eu l'autorisation de sortir accompagner sa mère à sa dernier demeure. Un greffier a inscrit "devant la caducité de l'événement, la demande de liberté provisoire est rejetée". 

Octobre 2016. Changement de directeur de la maison d'arrêt de Pointe Noire. Les promenades sont interdites. Il n'y a plus de privilèges pour personnes. Pas pour tous ! 

"Je suis nommé par le ministre de la justice" m'annonce ce personnage qui confond RDV et audiences. Rassurez-vous, il n'est ni président, ni pape encore moins têtes couronnées puisqu'il n'est que l'exécutant d'un ministre.

Moins de militaires visibles dans les véhicules, mais des blindés toutes sirènes hurlantes traversent la ville pour aller.... à la pompe à essence. Oui, rupture de carburant au pays du pétrole. La longueur de queue peut atteindre 1 km. Les militaires qui montent la garde sont maintenant armés, différence notoire. C'est vrai que l'on est fort avec des armes contre en face, rien que leur malnutrition, leur confiance perdue, mais pas encore l'abnégation. 

Novembre 2016. Pour faire sentir que ce régime présidentiel tient la population, on menotte les portes de communications entre parloir et cour des prisonniers, le soir et partant avec la clé. Fait intéressant lorsque les archives s'enflamment spontanément, sans électricité ni mégots ni essence.

Pour fêter son 11ème mois de détention arbitraire et abusive, le directeur de la maison d'arrêt accompagné de 4 gendarmes ont offert à Modeste Boukadia, de beaux bracelets ... au sein même de cet espace carcéral. Non pas pour sortir voir le juge qui ne veut pas le recevoir, pas encore, attendons demain disent-ils. Qui sait peut-être la prochaine étape sera le quartier disciplinaire pour bientôt ? Un homme qui aime et respecte la vie, pour avoir sauvé celle de Denis Sassou, respecté par tous les prisonniers actuellement, n’est-ce pas une provocation pour une insurrection ? Toutes les conditions sont requises.

Pendant ce temps, pour soutenir sa libération, je me suis rendue à un rassemblement de la diaspora congolaise, témoigner sur les prisonniers qui ne mangent qu'un jour sur deux et une cuisse de poulet pour 3 détenus, tellement la trésorerie de cette administration est sur la paille. Ils établissent des listes après d'autres listes de détenus ou prisonniers susceptibles de verser 100000 FCFA soit 153€, le quart d'un salaire d'enseignant. Cette aspiration à construire la société civile qui manque tant au Congo, ne peut être qu’un acte positif avec de jeunes pousses, et pour une fois, que les aînés cèdent leur place pour instruire et construire l’avenir de cette Nation. 

Conclusions

Un Sage a dit : "Ma liberté et la vôtre ne peuvent pas être séparées". 

Modeste Boukadia est un unificateur, qui aime son pays et pense " le Ensemble " pour que le Congo puisse se redresser. Que nous le voulions ou non, tous les Congolais sont responsables de ce qui les uniront demain. Modeste Boukadia a créé le CDRC, il l'a implanté et l'a fait grandir. Un parti autonome, conciliant économie, respect, dignité, santé, scolarité, communications et l'honneur d'être l'Union pour Une Nation.

C'est un leader à l'esprit libre. On ne l'emprisonne pas. Ni les barreaux qui retiennent son corps, ni les manipulations ou récupérations de son travail, de son image ou de ses idées en prenant des mégaphones ou outils informatiques.

Il n'y a pas de réconciliation possible sans une pleine acceptation du passé, que chacun endosse ses torts, les explique et s'apaisera les visions du futur grâce à la compréhension et la place exacte de l'Histoire. Le passé doit être d'abord compris non retouché pour être des leçons édifiantes. 

Il n'y a, face au passé, qu'une attitude qui vaille : la lucidité. C'est dans cet état d'esprit que cet ouvrage a été rédigé tout en proposant des possibilités concrètes pour un Congo du XXIème siècle et sa mondialisation. Modeste Boukadia y aborde la monnaie, le travail, les relations nationales et internationales et les richesses dont la plus importante est la population. Un pays sans jeunesse, sans mémoire des anciens, sans culture ni instruction n'est plus qu'un fantôme.

Je conclus par ce proverbe africain : Tant que les lions n’auront pas leur propre histoire, on glorifiera toujours le chasseur.

Merci de votre attention.

 

PS : ci-dessous un entretien accordé par Mme Boukadia au Gri-Gri International

PS 2 : pour vous procurer le livre ICI.

 

19/11/2016 Mme Nadine Boukadia

19/11/2016 Mme Nadine Boukadia

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Published by Gri-Gri International Mme Modeste Boukadia - dans Congo Sassou Francophonie Françafrique Livre du moment
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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 09:00

Tous ceux qui veulent en savoir plus sur les origines et le fonctionnement de la Françafrique, annoncée morte par chaque nouveau président français entrant en fonctions, doivent lire La Guerre du Cameroun – L’invention de la Françafrique 1948-1971, sorti ce 13 octobre 2016 aux éditions La Découverte. Ses auteurs, Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, ont déjà publié, en 2011, Kamerun !, chez le même éditeur, qui décryptait pour la première fois avec minutie la sale guerre, longtemps cachée, faite par la France au Cameroun il y a 60 ans.

Ce nouvel ouvrage, préfacé par l’historien camerounais Achille Mbembe, apporte de nouveaux éléments sur cette période charnière des années 1950 et 1960 et se veut surtout beaucoup plus synthétique que le précédent. Il est tout aussi important : il décrit parfaitement la manière dont la France a piégé le Cameroun et plus largement les pays africains qu’elle a autrefois colonisés pour continuer à les contrôler. Si on ne connaît pas cette partie de l’histoire, on ne peut comprendre en profondeur le Cameroun d’aujourd’hui et la relation si particulière que la France entretient toujours avec ses ex-colonies africaines.

 

Au Cameroun, le piège a pris la forme d’un triple crime, commis par la France. Il y eut d’abord, de 1955 à 1960, cette guerre effroyable menée par le pouvoir français et son armée contre les partisans de l’Union des populations du Cameroun (UPC), parti politique progressiste qui voulait la fin du système d’exploitation coloniale et demandait donc l’indépendance. Pendant ces années cauchemardesques pour les Camerounais, la « doctrine de la guerre contre-subversive » a été consciencieusement appliquée par les militaires français. Des dizaines de milliers de personnes ont été assassinées, dont le secrétaire général de l’UPC, Ruben Um Nyobè, personnalité exceptionnelle qui fut, selon Mbembe« le premier intellectuel camerounais moderne dans le sens où c’est lui qui, le premier, pensa de manière critique les conditions d’émergence d’un sujet libre dans cette partie de notre monde »

Ensuite, il y eut, le 1er janvier 1960, l'octroi au Cameroun par la France d'une indépendance fictive, avec l’installation, à Yaoundé, d’un pouvoir inféodé à Paris, et avec la signature « d’accords de coopération », donnant à l’ex-métropole des conditions très avantageuses pour continuer à profiter des richesses du Cameroun et maintenant le pays sous tutelle monétaire, économique, sécuritaire et politique. Commandée et formée par des officiers français, l’armée camerounaise a continué, jusqu’en 1971, à traquer, torturer et tuer les membres et sympathisants de l’UPC, appelés « upécistes », toujours en lutte pour une véritable indépendance. Un rapport confidentiel britannique retrouvé par les auteurs de La Guerre du Cameroun évoque la « bestialité » des méthodes françaises de cette époque.

Enfin, le troisième acte du crime fut le grand silence imposé par Paris et Yaoundé sur cette longue guerre française au Cameroun et son épilogue : tout a été fait pour effacer des mémoires les idéaux de l’UPC, ainsi que le souvenir d’Um Nyobè (la seule évocation de son nom a été pendant plusieurs décennies un motif d’emprisonnement), et pour recouvrir d’un voile opaque les massacres commis par la France, tout en entretenant l’illusion d’un Cameroun indépendant.

C’est ce triple crime qui a abouti à la mise en place de la Françafrique, « ce système singulier de gouvernance néocoloniale qui permet à un très petit nombre de responsables français en collusion avec une poignée de dirigeants africains de contrôler à distance et à moindres frais ce que le théoricien de la stratégie contre-subversive Charles Lacheroy qualifiera dans ses Mémoires d’“États têtards” : des États dotés d’une grosse tête, une classe dirigeante repue, et d’un corps étriqué, les peuples “sous-développés” prisonniers d’un système qui les maintient sous la domination de leur ancienne métropole », écrivent Deltombe, Domergue et Tatsitsa.

Un document rédigé en 1963 par l’ambassade du Royaume-Uni au Cameroun et reproduit dans La Guerre du Cameroun explique : « Les Français ont, avec un remarquable succès, exorcisé l’état d’esprit nationaliste en accordant l’indépendance politique, tout en continuant à tirer toutes les ficelles du pouvoir. Les décisions politiques, bien que prises par des Camerounais, continuent de refléter la dépendance presque totale du pays envers la France, sur les plans économique, financier, commercial, culturel et militaire. »

Le Cameroun a par la suite servi « d’étalon et d’inspiration » à la France pour la gestion de ses autres colonies africaines : « Les hommes qui ont servi à réprimer les upécistes (…) dans les années 1957-1961 font largement “profiter” de leur expérience camerounaise les pays où ils poursuivent leurs carrières de coopérants », relève La Guerre du Cameroun. Paris a aussi imposé les « accords de coopération » signés par le premier président camerounais, Ahmadou Ahidjo, aux autres colonies. « On donne l’indépendance à condition que l’État, une fois indépendant, s’engage à respecter les accords de coopération. (…) L’un ne va pas sans l’autre », a ainsi précisé, en juillet 1960, le premier ministre français, Michel Debré, dans une lettre au président du Gabon, Léon Mba.

Depuis, cet édifice néocolonial conçu au Cameroun n’a jamais été bouleversé : dans les pays concernés, il n’y a eu aucun événement majeur pour le remettre en cause et ceux qui ont tenté de le contester ont été, les uns après les autres, éliminés ou écartés.

Au Cameroun, le pouvoir actuel, incarné par le président Paul Biya depuis 1982, est par conséquent le prolongement de celui installé par la France en 1960. Il se maintient sans grande difficulté : les quinze années de guerre contre l’UPC et le climat de peur permanente qui a prévalu les deux décennies suivantes ont eu un effet anesthésiant durable. Ceux qui ont vécu cette époque ont fortement déconseillé aux générations suivantes de se mêler de politique. La stratégie de l’oubli imposé a de plus bien fonctionné : « La terreur a tétanisé les populations qui ont perdu la mémoire des événements de ces années 1950 et 1960 et n’ont plus jamais voulu en entendre parler », dit à Mediapart un père de famille, né dans les années 1960. « Les jeunes Camerounais d’aujourd’hui, ceux de 15-25 ans et plus, ne savent rien ou pratiquement rien, dans leur grande majorité, de cette guerre de la France de De Gaulle contre les upécistes. Et c’est là, après leur écrasement militaire, le côté le plus amer de l’élimination de la scène politique des nationalistes révolutionnaires de l’UPC », selon Théophile Nono, secrétaire général d’un collectif, Mémoire 60, qui tente justement, depuis 2009, de redonner la mémoire aux Camerounais. La situation est d’autant plus compliquée que ceux, rares, qui savent encore et qui ont osé transmettre à leurs enfants quelques bribes de leur histoire tragique et de leurs souffrances, ont cessé d’espérer un avenir meilleur pour leur pays et ne parlent plus : « Les parents qui, il y a deux décennies encore, nous comptaient les exploits de l’UPC ne le font plus, convaincus que tout est fini », regrette Théophile Nono. Pour lui, l'une des conséquences les plus graves de la guerre de la France est la« propension des Camerounais à préférer se coucher devant l’ordre injuste et l’injustice ».

Les esprits lucides savent que rien ne s’arrangera tant que la France n’aura pas reconnu ses crimes

Cependant, si la France a remporté la guerre contre l’UPC, elle n’a, dans le fond, pas gagné : depuis les années 1950, elle est profondément exécrée par les Camerounais et le phénomène va en s'aggravant, menaçant son avenir au Cameroun. Ce dernier est même le pays d’Afrique où le ressentiment contre la France est le plus fort et le plus évident : si la mémoire des événements des années 1950 et 1960 a été méthodiquement enfouie, elle est toujours présente dans le subconscient collectif. Aujourd’hui, « les jeunes ne savent pas ce qui s’est passé autrefois. Mais ils détestent les Français. Ils ne savent pas pourquoi, mais ils les détestent », observe un responsable de la société civile camerounaise.  

Le président Biya lui-même est visiblement conscient de cette réalité. Et il n’a pas hésité à l’instrumentaliser dans le cadre d’un bras de fer qui l’oppose à la France depuis quelques années. À la fin d’un discours à la « jeunesse », début 2014, il a expliqué : « Je voudrais qu’ensemble nous nous reportions cinquante ou soixante ans en arrière. C’est de l’Histoire, me direz-vous. Certes, mais nous n’en avons peut-être pas tiré toutes les leçons. À cette époque troublée, ceux qui rêvaient de l’indépendance et de l’unité nationale étaient des jeunes comme vous. Ils différaient sur bien des points : l’idéologie, le parti, la stratégie, la tactique. Mais l’objectif était clair : la liberté. Et beaucoup se sont engagés dans ce combat, au  péril de leur vie. » Aux autorités françaises de comprendre le message subliminal ainsi délivré par le chef de l’État, qui jusque-là n’avait quasiment jamais fait référence à ce passé : « Si la France tente de m’écarter du pouvoir, je mobiliserai la fibre nationaliste et anti-française des Camerounais contre elle. »

Au Cameroun, les esprits lucides savent que rien ne s’arrangera tant que la France n’aura pas reconnu ses crimes. Pour Mémoire 60, elle doit demander « pardon pour avoir privé le Cameroun de son droit légitime à l’indépendance et versé tant de sang pour y parvenir », rendre accessibles « toutes les archives sans exception sur ses actes et faits[politiques et militaires] au Cameroun de 1948 à 1970 », appuyer la recherche et la connaissance « de la vérité sur tous les aspects cachés du conflit dans un souci de justice envers les dizaines de milliers de victimes », dédommager financièrement les « victimes recensées de la guerre et de la répression policière ou leurs familles ».

De telles mesures se sont déjà vues ailleurs, notamment en Grande-Bretagne : à l’issue d’un procès intenté par des citoyens kényans, la Haute cour de justice britannique a condamné, en 2013, l’État à indemniser plus de 5 000 victimes de la sanglante répression, par les forces armées britanniques, de la révolte des Mau Mau, au Kenya, dans les années 1950. La Grande-Bretagne a aussi ouvert ses archives sur cette période, financé l’érection d’un mémorial au Kenya et a présenté des excuses publiques. Les victimes ont évidemment dû mener une longue bataille judiciaire pour obtenir ce résultat : le gouvernement britannique a fait de la résistance et il a fallu trouver les arguments juridiques pour faire lever le délai de prescription.

En France, on est encore très loin de voir se réaliser ce scénario. Les autorités françaises n'ont jusqu’à présent pas reconnu qu'il y avait eu guerre au Cameroun. En 2009, le premier ministre français, François Fillon, de passage à Yaoundé, s’est même permis de dire à des journalistes camerounais l’interrogeant sur la question : « Je dénie absolument que des forces françaises aient participé, en quoi que ce soit, à des assassinats au Cameroun. Tout cela, c’est de la pure invention ! » 

Six ans plus tard, en juillet 2015, le président François Hollande a tenu un discours un peu différent, lors d’une brève visite au Cameroun : « C’est vrai qu’il y a eu des épisodes extrêmement tourmentés et tragiques même, puisque, après l’indépendance, il y a eu une répression en Sanaga-Maritime, au pays Bamiléké. Et nous sommes, comme je l’ai fait partout, ouverts pour que les livres d’histoire puissent être ouverts et les archives aussi », a-t-il déclaré devant des journalistes et son homologue, Paul Biya. La phrase était mal dite, vague et en partie fausse. Hollande est tout de même devenu, en la prononçant, le premier officiel français à reconnaître que la France a été impliquée dans des événements violents au Cameroun.

Mais sa déclaration n’a pas la valeur d’une reconnaissance officielle et, peu avant qu’il ne s’exprime, un rapport publié par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale sur l’Afrique francophone a montré à quel point le niveau de compréhension des responsables français est déplorable. Si les parlementaires auteurs de ce document constatent que « la France fait actuellement les frais de campagnes de presse étonnamment agressives » au Cameroun, ils se montrent en effet complètement incapables d’en identifier les causes : ils ne font allusion à la guerre contre l’UPC que de manière vague dans une note de bas de page. « À écouter Mathias Owona Nguini [un universitaire camerounais questionné par les députés – ndlr], c’est en fait depuis l’indépendance que le rapport avec la France est compliqué et conflictuel, et tant que le Cameroun n’aura pas réussi à dépassionner cet épisode, cet amour-haine sera difficile à combattre. L’idée est encore présente aujourd'hui de l’usurpation du pouvoir par la France au moment de l’indépendance », écrivent nos députés, illustrant ainsi en deux phrases l’idiotie, l’inconscience et la suffisance des responsables français que les Camerounais supportent de plus en plus difficilement.

Le Cameroun n’est pas un cas isolé : la France est d’une manière générale peu encline à regarder en face ses crimes coloniaux et à les reconnaître. « Lorsqu’on compare la situation française avec celle d’autres pays, on s’aperçoit que la France n’est pas le phare qui illumine le monde, mais qu’elle est extrêmement en retard sur cette question. Car non seulement, il n’y a ni reconnaissance officielle, ni réparations, mais en plus on assiste à une réhabilitation du passé colonial. Il faut rappeler cette singularité française qu’est la loi, jamais abrogée, du 23 février 2005, sanctionnant une interprétation positive du passé colonial de la France, souligne l’historien Olivier Le Cour GrandmaisonEt les choses ne vont pas en s’améliorant, comme le montre la déclaration de François Fillon » de septembre 2016 présentant la colonisation française comme un « partage de culture ».

La voie judiciaire peut, pour l’instant, difficilement amener les responsables politiques et l’ensemble de la société française à changer leur regard et leurs positions : le code pénal français adopté en 1994 reconnaît les crimes contre l’humanité et les dit imprescriptibles, mais la Cour de cassation a jugé qu’il ne pouvait pas s’appliquer à des faits antérieurs à son entrée en vigueur, suivant ainsi la volonté du pouvoir politique de bloquer toute possibilité de poursuivre l'Etat français pour des crimes coloniaux. Pour faire évoluer cette jurisprudence, il faudrait que des victimes de massacres commis par l’armée coloniale française, par exemple, déposent de nouvelles plaintes devant les juridictions françaises, quitte, en cas d’échec, à saisir ensuite la Cour européenne des droits de l’homme. La Cour pénale internationale (CPI), elle, ne peut poursuivre que les crimes contre l’humanité commis après sa création, donc après 2002.

Si la France admet un jour ce qu’elle a fait au Cameroun, cela ne sera, bien sûr, pas suffisant : elle doit aussi mettre un terme au système de pensée et de gestion qu’est la Françafrique, enfanté par son triple crime camerounais. Un fils d’upéciste résume ainsi la situation : « La France doit réparer le préjudice, financièrement et moralement. Et cesser de considérer le Cameroun comme une de ses préfectures. » Théophile Nono est du même avis : l’État français « doit s’engager à stopper une fois pour toutes sa politique néocoloniale grossière vis-à-vis du Cameroun et de l’Afrique. Sans une saine acceptation de ces différents principes, il ne fait aucun doute que le sentiment anti-français, plus tenace au Cameroun que partout ailleurs en Afrique subsaharienne, ne va cesser de grossir pour devenir demain une véritable bombe explosive contre la France. On l’aura pourtant vu venir ! » 

 

Texte : Fanny Pigeaud

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 10:00
#UneNuitàMajunga / Thomas Sankara aussi lisait François de Negroni ! (#Vidéo #GriGriTVBrut)

#‎QuandSankaraLisaitNegroni‬

1983. Preuve en images.

Une nuit à Majunga. Un livre de François de Negroni. En librairies ces jours-ci.

‪#‎GriGriTVBrut‬

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 15:00
Fais comme #EdwyPlénel, écoute #Gradur et lis #Kouamouo sur #Ouattara à quelques jours du procès #Gbagbo

Une demie journée dans la vie d'un éditeur mondain et marcheur. Ou pourquoi nous avons la certitude qu'Edwy Plénel a bien en sa possession le livre de Théophile Kouamouo consacré à Ouattara même si Mediapart n'en parle pas...

Jeudi 7 janvier, 11h du matin, conférence de presse à la Mairie de Paris, pour annoncer le lancement du 2ème Salon de la Gastronomie des OUTRE-MER, qui se tiendra à Paris les 12-13-14-15 février prochains (porte de la Vilette), à l'initiative de la cheffe Babette de Rozières.

Admirable buffet, évidemment. Mondanités, petites images amusantes, pin-ups et discours - un article prochain s'attardera sur la conférence de presse et le travail de la belle Keyza Grand-Bonheur (KGB), qui s'occupe de la communication de Babette.

En sortant, je fume une clope avec Fatou Biramah (Africa N°1, entre autres).On blagoune deux minutes sur le nouveau barbu dingue qui vient, le matin même, d'attaquer un commissariat du XVIIIème. Fatou doit passer chez Zara. Moi, j'ai rendez-vous avec un jeune confrère, Kalidou Sy, à Nation. Je remonte à pied (un vice) depuis l'Hôtel de ville. Rue de Rivoli, Saint-Paul, Bastille. Faubourg Saint-Antoine. Ayant un peu de marge, je stoppe dans une des librairies d'occases qui se multiplient. Déniche à 1 euro un livre très angoissant de Eric Fottorino sur l'Afrique... encore un qui croit possible d'embrasser l'Afrique et ses 50 et quelques pays en un seul livre... les photos de Depardon qui illustrent ont l'air très bien.

Finalement, à force, d'en avance je me retrouve à la bourre. Pas de gymnastique. Je dépasse la station Ledru-Rollin. A l'angle de la rue d'Aligre (qui mène au Marché, pas à la radio), je repère une tête que je reconnais... mais sans réagir, vu que je suis en retard. Sauf que, mais oui... définitivement... je reviens sur mes pas, comme dans un dessin animé... c'est bien le bel Edwy ! Plenel himself ! Avec des amis pas francophones à qui il explique, en anglais et avec gourmandise, quelque chose dont je ne saurai jamais rien.

Editeur, mon sang ne fait qu'un tour : j'ai dans ma besace, toujours, deux ou trois exemplaires du J'accuse Ouattara 2. J'en sors un, avec le supplément Gri-Gri bibliographie, et lui tends le tout sans même l'interrompre ! Avec en paquet cadeau mon plus beau sourire gêné et avenant.

Vendredi 8 janvier. Au Grand journal de Canal + de Bolloré, Gradur le rappeur et...Edwy Plénel !

Samedi 9 janvier, sur Twitter, incidemment, je tombe sur la photo d'Edwy Plénel coiffé du bob aux armes du Sheguey en chef, le rappeur à succès Gradur !

Si Plénel peut poser avec le bob gradurien, il peut lire le livre de Kouamouo sur ADO.

Texte : G.P.

PS : Achetez le livre de Théophile Kouamouo directement sur le site de l'éditeur.

PS 2 : vous pouvez bien sûr aussi le trouver (voire le commander) dans les bonnes librairies et dans les FNAC, sur Amazon, etc.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 01:41
Le grand roman de la #CPI par quelqu'un qui l'a aimée... / Stéphanie Maupas (#LivreDuMoment)

En cet hiver 2006, les juges de la jeune Cour pénale internationale préparent au secret un mandat d’arrêt contre le chef de guerre Thomas Lubanga. En mousquetaire de la justice internationale, le juge Claude Jorda tire son fleuret et porte l’une de ses bottes favorites contre le procureur, Luis Moreno Ocampo. « Où va le bureau du procureur ? demande-t-il sans masquer son impatience. Nous sommes au début de cette Cour. C’est une question qui me tient à cœur, qui nous tient à cœur. Avez-vous l’intention de poursuivre des personnes qui ont une responsabilité nationale ou allez-vous en rester à des personnes qui ont des rôles de chef de milice ? » Le bretteur sait toucher là où ça fait mal.

Et a raison de s’inquiéter.

Comme le milicien Lubanga, condamné à 14 années de prison, les chefs d’État ciblés par la CPI, bâtie en 2002 sur la promesse d’un monde libéré de l’impunité, devaient être placés hors-jeu par plus puissants qu’eux, mais ont connu d’autres fortunes. Au terme d’une âpre bataille, le président kényan Uhuru Kenyatta a été auréolé d’un non-lieu, le libyen Mouammar Kadhafi a choisi de mourir à Syrte plutôt que moisir à Scheveningen, et le Soudanais Omar el-Bachir continue de mener à la trique sa guerre au Darfour, sous l’œil des satellites-espions de la star hollywoodienne George Clooney. Le héros de Nespresso y traque en live des preuves de crimes contre l’humanité.

Se rêvant en Thémis au chevet d’après-guerres et suspendant son glaive sur le crâne des bourreaux, la CPI s’est ainsi vite transformée en arme diplomatique à l’usage des puissants, qui apposent leur label sur le bien et le mal.

Le roman vrai d’« une justice borgne, qui, avec une prudente lâcheté, ne regarde que les crimes des peuples en déroute et oublie ceux des nations qui imposent leur domination ».

LE SITE DE L'EDITEUR

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 07:00
#GarsDuMoment / Mamadou Seck, auteur de Energie solaire, l'Afrique traîne le pas et De Charlie au Bataclan, la guerre entre Français

Rencontre à Paris, le 7 janvier 2016, en vue d'un entretien à venir autour de l'ouvrage consacré à Charlie. Le deuxième livre, paru en 2014 et consacré à l'énergie solaire, assez passionnant pour justifier l'invitation de son auteur en bien des contrées, en voici le texte de présentation de la quatrième de couverture.

Grand reporter au journal L'Observateur, le premier quotidien sénégalais en termes de taux de vente et d'achat,, selon les sondages de la presse réalisés depuis 2006, Mamadou Seck est un jeune Sénégalais très connu dans l'espace médiatique. Spécialisé dans l'investigation, il est un journaliste respecté par ses pairs et très suivi par les lecteurs de son journal.

Après son premier livre, en 2010 intitulé Conflit israélo-palestinien et nucléaire iranien : faut-il désespérer de Barack Obama ?, il signe ici son deuxième essai, marque de sa polyvalence.

Si des confrères français sont intéressés par l'homme et son travail, c'est le moment de profiter de sa présence à Paris.

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 12:00
Si Plénel pose avec le bob à Gradur, il peut lire Kouamouo accusant ADO avant le procès Gbagbo !

Une demie journée dans la vie d'un éditeur mondain et marcheur.

Jeudi 7 janvier, 11h du matin, conférence de presse à la Mairie de Paris, pour annoncer le lancement du 2ème Salon de la Gastronomie des OUTRE-MER, qui se tiendra à Paris les 12-13-14-15 février prochains (porte de la Vilette), à l'initiative de la cheffe Babette de Rozières.

Admirable buffet, évidemment. Mondanités, petites images amusantes, pin-ups et discours - un article prochain s'attardera sur la conférence de presse et le travail de la belle Keyza Grand-Bonheur (KGB), qui s'occupe de la communication de Babette.

En sortant, je fume une clope avec Fatou Biramah (Africa N°1, entre autres).On blagoune deux minutes sur le nouveau barbu dingue qui vient, le matin même, d'attaquer un commissariat du XVIIIème. Fatou doit passer chez Zara. Moi, j'ai rendez-vous avec un jeune confrère, Kalidou Sy, à Nation. Je remonte à pied (un vice) depuis l'Hôtel de ville. Rue de Rivoli, Saint-Paul, Bastille. Faubourg Saint-Antoine. Ayant un peu de marge, je stoppe dans une des librairies d'occases qui se multiplient. Déniche à 1 euro un livre très angoissant de Eric Fottorino sur l'Afrique... encore un qui croit possible d'embrasser l'Afrique et ses 50 et quelques pays en un seul livre... les photos de Depardon qui illustrent ont l'air très bien.

Finalement, à force, d'en avance je me retrouve à la bourre. Pas de gymnastique. Je dépasse la station Ledru-Rollin. A l'angle de la rue d'Aligre (qui mène au Marché, pas à la radio), je repère une tête que je reconnais... mais sans réagir, vu que je suis en retard. Sauf que, mais oui... définitivement... je reviens sur mes pas, comme dans un dessin animé... c'est bien le bel Edwy ! Plenel himself ! Avec des amis pas francophones à qui il explique, en anglais et avec gourmandise, quelque chose dont je ne saurai jamais rien.

Editeur, mon sang ne fait qu'un tour : j'ai dans ma besace, toujours, deux ou trois exemplaires du J'accuse Ouattara 2. J'en sors un, avec le supplément Gri-Gri bibliographie, et lui tends le tout sans même l'interrompre ! Avec en paquet cadeau mon plus beau sourire gêné et avenant.

Vendredi 8 janvier. Au Grand journal de Canal + de Bolloré, Gradur le rappeur et...Edwy Plénel !

Samedi 9 janvier, sur Twitter, incidemment, je tombe sur la photo d'Edwy Plénel coiffé du bob aux armes du Sheguey en chef, le rappeur à succès Gradur !

Si Plénel peut poser avec le bob gradurien, il peut lire le livre de Kouamouo sur ADO.

Texte : G.P.

PS : Achetez le livre de Théophile Kouamouo directement sur le site de l'éditeur.

PS 2 : vous pouvez bien sûr aussi le trouver (voire le commander) dans les bonnes librairies et dans les FNAC, sur Amazon, etc.

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 19:00
#JaccuseOuattara2 / Fais comme Kalidou Sy, lis Théophile Kouamouo

Acheter le livre via le site de l'éditeur Materia Scritta

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 14:19
#ContreHistoireDeLaDémocratie / Ndongo Samba Sylla en 10 mn !

Ajoutée le 30 nov. 2015

Interview avec Ndongo Samba Sylla, Dakar, Senegal, Novembre 2015 auteur du livre LA DÉMOCRATIE CONTRE LA RÉPUBLIQUE
L'autre histoire du gouvernement du peuple, Harmattan, 2015.

L'omniprésence de "démocratie" est l'un des faits les plus significatifs de notre ère. De nos jours, la démocratie est le nom du Bien en politique. Ce n'était pas le cas pendant la majeure partie de l'histoire humaine où le mot évoquait un Mal politique absolu. On lui reprochait les principaux défauts des régimes politiques auxquels on l'oppose actuellement. À rebours du mythe récent selon lequel la démocratie est une "valeur" occidentale, le fait est que s'il y a une constante historique de la pensée politique occidentale, c'est bien la haine de la démocratie.
http://www.editions-harmattan.fr/inde...

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