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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 05:03

 

L’histoire d’une falsification & la falsification de l'Histoire

 

Il y a 6 ans, Laurent Gbagbo était envoyé à la Haye par le pouvoir actuel de Côte d’Ivoire avec la complicité de la France. Charles Blé Goudé, son ministre de la jeunesse, l’a ensuite rejoint en mars 2014. Pourquoi l’ancien pays colonisateur s’est-il retrouvé au cœur d’une histoire qui ne le regardait, a priori, pas ? Quelle logique a poussé la France à vouloir déporter des dirigeants d’un pays si éloigné géographiquement ? Imagine-ton Laurent Gbagbo s’immiscer dans l’élection présidentielle française et sommer le vainqueur annoncé de se retirer ?

 

Le procès pour crimes contre l’humanité, entre autres chefs d’accusations, contre les deux hommes a débuté le 28 janvier 2016 si loin des terres d’Afrique, presque dans l’ombre comme pour cacher les raisons profondes d’une mise à l’écart nécessaire. A Paris, le 22 avril, une conférence intitulée « Gbagbo contre la Françafrique », menée sur la base d’une commission d’enquête, a mis à jour cette logique de descente aux enfers. Pendant plus de quatre heures, le conférencier Michel Collon, journaliste à Investig'Action et spécialiste des media mensonges, a détricoté avec seize témoins majeurs les mensonges inhérents à l’éviction d’un président dérangeant.

 

Il a mis en exergue l’incroyable communication qui a accompagné la mise sur orbite d’Alassane Dramane Ouattara, le poulain de la France, pays où la peur de voir Gbagbo changer le rapport de force a tétanisé les opérateurs économiques. Il n’y avait qu’une solution pour se débarrasser de l’intrus : pointer la dérive d’un pouvoir autocratique, dictatorial, capable de tuer ses enfants sur des bases ethniques notamment. Sans aucune preuve, jamais. Mais sur la foi de témoignages relayés à l’envi, souvent en off, par des diplomates via la presse internationale.

Le message inoculé dans les médias devait donner aux actions déstabilisatrices le poids de la légitimité. C’était le rôle d’acteurs clés de la Françafrique, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, Michelle Alliot Marie et leurs relais africains qui, dès l’élection de Laurent Gabgbo en 2000, ont tenté de casser le pouvoir né des urnes, de le salir pour ensuite le réduire au silence. L’opération s’est déroulée sans grande difficulté dans un silence assourdissant.

 

Michel Collon est ainsi revenu à la source et a mis en évidence les déviances des discours et des actes, le long cheminement vers les bombardements de la résidence présidentielle en avril 2010, ce clap de fin si longtemps attendu à Paris.

Collon a interrogé des acteurs de cette guerre de la France contre le régime Gbagbo qui ne dit pas son nom. Il a tenté de cerner les responsabilités, d’entrer dans les interstices de la propagande pour comprendre au mieux les raisons d’une telle mise en abîme de la Côte d’Ivoire. Certains étaient proches de Gbagbo comme son ancienne ministre de la santé Clothilde Ohouochi, d’autres, à première vue, très éloignés à l’image de Georges Peillon, le chef de presse de la force Licorne (nom des troupes françaises basées en Côte d'Ivoire). Son témoignage, édifiant, a révélé en creux le rôle de la France depuis l’arrivée de la rébellion en septembre 2002. Bernard Houdin, premier intervenant de l’après-midi, conseiller spécial de Laurent Gbagbo, est parti d’un constat simple basé sur les chiffres officiels donnés par l’ONU et la commission indépendante électorale aux mains de l’opposition politique ivoirienne : 600000 voix ont été ajoutées entre le lundi et le jeudi pour permettre un hold-up électoral en 2010 et assurer un succès facile.

 

Ensuite, tout s’est enchaîné très rapidement avec la demande express de Nicolas Sarkozy de laisser quelques jours à Gbagbo pour quitter le pouvoir. Le président français a d’abord mis en place un embargo, notamment sur les médicaments, fermé les banques liées à l’hexagone, comme le rappellent des intervenants, et, enfin, bombardé pour en terminer avec cet homme africain qui ose défier les autorités de l'ancienne colonie.

 

Les dépositions se sont accumulées pour expliquer le rôle de la France dans cette déstabilisation, comme celle de Clothilde Ohouochi qui a expliqué comment l’ambassadeur de France a tenté à plusieurs reprises d’empêcher la mise en place de l’assurance maladie universelle au début des années 2 000, cette sécurité sociale espérée depuis ses années de lutte dans l’opposition par Laurent Gbagbo. « Plusieurs fois, il est venu me voir pour me décourager de le faire car ça mettait en péril les sociétés françaises d'assurances sur place », explique celle qui est aujourd’hui contrainte à l’exil.

Gbagbo faisait peur à l’establishment français local convaincu que son leadership se traduirait par une remise en cause des avantages coloniaux.

 

Il était évidemment impossible de mettre en place un tel plan sur le long terme sans posséder l’information, outil essentiel de la propagande. C’est ainsi que Théophile Kouamouo a raconté comment le Monde, journal pour lequel il était le correspondant en Côte d’Ivoire, avait décidé de changer le sens de ses articles dès septembre 2002 quand la rébellion a tenté de prendre le pouvoir en coupant le pays en deux, un Nord aux mains de rebelles et un Sud tenu par le président élu. Ce jeune journaliste, qui rêvait de ce poste depuis sa sortie de la prestigieuse école de Lille, a dû démissionner pour ne pas voir sa plume trahie par des metteurs en scène parisiens dont Stephen Smith, son chef, alors considéré comme le spécialiste des affaires africaines en Europe. D’où provenaient ces informations déformées de Stephen Smith ?

 

Tel était le point de départ d’un long processus d’étouffement de la réalité, de la vérité. Il a fallu ensuite huit années et une élection pour sceller le sort d’un leader politique isolé à l’extérieur mais renforcé à l’intérieur. Georges Peillon dit lui-même que la force Licorne avait donné aux « politiques » des plans d’attaque des bases des rebelles. « En quelques jours, c’était réglé », dit-il en substance mais Michelle Alliot-Marie, la ministre de la Défense, a refusé de l’actionner. Pourquoi ? Peillon laisse l’auditoire se faire une idée mais il a préféré depuis démissionner de son poste…

 

Le point d’orgue aura été le bombardement de Bouaké en 2004 imputé à Laurent Gbagbo qui est aujourd’hui disculpé par les mêmes sources militaires. La lumière a jailli au fil de cette commission d’enquête qui a su rassembler d’éminentes personnalités allant de Ahoua Don Mello ancien ministre de Laurent Gbagbo, exilé politique au Ghana, à Guy Labertit, l’ami lors de l’exil de Gbagbo en France et adjoint au maire de Vitry, Bernard Genet, Bernard Houdin, Balou Bi, Professeur de l’Université d’Abidjan aujourd’hui exilé, Habiba Touré, avocat de Simone Gbagbo, Seed Zehe, avocat à la cour d'Auxerre, François Mattei, ancien journaliste à France-Soir, Albert Bourgi, professeur de droit international, Zokou Séri, avocat membre du conseil de défense à la CPI dans l'affaire Gbagbo/Blé Goudé contre le procureur, Mathilde Thépault professeur de français présidente de l'association Halte aux Génocides Mémoire et justice (HGMJ), Robert Charvin, professeur émérite de droit international.

 

Pour Bernard Genet, militant des droits de l'homme et de la souveraineté des Etats, le renversement découle de la vision politique de Laurent Gbagbo considéré comme un dangereux panafricaniste qui exigeait dès ses premiers écrits sur le traité de Brazzaville une vraie indépendance pour les anciennes colonies. « Je suis la preuve concrète que l’impérialisme, ça existe encore », a ainsi glissé Gbagbo à Guy Labertit lors de l’une de ses visites à la Haye.

 

Les moments les plus sombres de cette guerre contre la Côte d’Ivoire ont été abordés, comme ces exterminations commises par les rebelles, dénoncées par certaines associations des droits de l’homme comme Amnesty International et HGMJ entre autres mais qui ont pourtant été étouffées par les autorités françaises et ivoiriennes. Maître Seed Zehe et Mathilde Thépault sont ainsi sont intervenus pour parler de cet ouest ivoirien détruit, de ces massacres de la communauté Wé dont ils sont membres, sous le regard quasi complice de l’ONU. Mathilde Thépault a consigné méticuleusement les noms de ces victimes. Maître Habiba Touré a tonné : « Il y a les bonnes victimes et les mauvaises victimes. Personne (du pouvoir) n’a été poursuivi à la CPI alors que nous recensons 4000 victimes officielles. Le sentiment d’impunité est la norme en Côte d’Ivoire. Il y a des bourreaux qui ont égorgé des gens et ont utilisé les suppliques de leurs victimes comme sonneries de téléphone ! On se refuse de leur rendre justice… »

 

En une après-midi, Michel Collon a permis d’éclairer l’histoire douloureuse récente de la Côte d’Ivoire et la puissance destructrice des réseaux françafricains résolus à se débarrasser d’un gêneur. Et à l’envoyer devant la CPI, « cette justice politique d’exception » comme l’a résumé le professeur d’université Robert Charvin. Une CPI où se déroule un procès avec des témoins à charge qui à la surprise générale vont souvent à l’encontre des arguments d'un procureur parfois désemparé. Maître Séri Zokou, avocat de Charles Blé Goudé à la Haye, a même assuré : « Nous faisons le pari que nous n’aurons pas à présenter nos témoins ». Tant le dossier est vide. La commission d’enquête de Michel Collon a permis de comprendre les enjeux d’un nouvel épisode de la triste histoire de la Françafrique, une histoire si souvent falsifiée…

 

Texte : Justine Okimi

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 03:10
Où étiez-vous le 11 avril 2011 ? (#Trailer film crise ivoirienne)

Retrouvez sur Youtube l'intégralité de ces témoignages.

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Published by Gri-Gri International - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 HGMJ
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 20:00
#ProcèsSimoneGbagbo / Plaidoirie de Me Dadjé lue par Protche (mars2015)

Texte / Me Ange-Rodrigue Dadjé

Lecture / Grégory Protche

Mixage / La cave du 18

Retrouvez Simone Gbagbo sur Facebook.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 11:00
#ProcèsGbagbo / Ce que Simone a dit à ses juges


INTERVENTION DE MADAME SIMONE EHIVET GBAGBO

Monsieur le Président,
Je tiens à saluer la mémoire de toutes les personnes qui ont perdu la vie durant cette période douloureuse que traverse la Côte d’Ivoire.

Je compatis également aux souffrances et à la douleur de toutes les personnes blessées, mutilées, physiquement, moralement. Toutes ces personnes qui ont été pillées et qui ont perdu leurs biens et qui sont aujourd’hui désemparées.

Je salue enfin toutes les personnes qui se retrouvent en exil du fait de la crise postélectorale. Je salue la Cour, et suis ravie de comparaitre afin de donner ma part de vérité sur les poursuites dont je fais l’objet. Tellement de choses ont été dites !!!

PLAN

I- SUR LE DEROULEMENT DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2010


II- SUR LA CRISE POSTELECTORALE


A. SUR L’INTERVENTION INTEMPESTIVE ET ABUSIVE DE LA COMMUNAUTE
INTERNA
TIONALE

1. LA CERTIFICATION

2. LES AUTORITES FRANÇAISES, PARTIES AU CONFLIT

B. SUR LE REFUS D’ALASSANE OUATTARA
III- SUR LA PRISE DE POUVOIR PAR ALASSANE OUATTARA I

V- SUR LES CONDITIONS DE MON ARRESTATION

V- SUR LES CHEFS D’INCULPATION

SUR LE DEROULEMENT DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2010

Le 1er tour des élections présidentielles en Côte d’Ivoire a eu lieu le 30 Octobre 2010.
Le 27 Novembre 2010, la veille du 2ème tour de l’élection présidentielle, les candidats Laurent GBAGBO et Alassane OUATTARA se sont par écrit, solennellement engagés : (…) à accepter le verdict des urnes tel que proclamé, à l’issue du scrutin, par la Commission Electorale Indépendante et le Conseil Constitutionnel ».

Pièce No1 : Appel aux Electeurs

C’est dans ces conditions que le 28 Novembre 2010 a eu lieu le Second tour de l’élection présidentielle. La Commission Electorale Indépendante avait alors 3 jours, soit jusqu’au 1er Décembre 2010 à minuit, pour proclamer des résultats provisoires.

En effet, la clôture du scrutin étant intervenue le 28 novembre 2010 à 17 heures, la CEI avait jusqu’au 1er décembre à minuit pour : Communiquer au Conseil Constitutionnel un exemplaire des procès- verbaux, accompagnés des pièces justificatives, Proclamer les résultats provisoires.
Faute de quoi, elle serait forclose. Le 1er décembre 2010, répondant à des journalistes, Monsieur Youssouf BAKAYOKO, Président de la CEI a confirmé cela, en déclarant que : « Nous poursuivons notre travail. Cela signifie que nous n’avons communiqué, à l’heure où je vous parle, aucun résultat. Nous n’avons rien dit à qui que ce soit parce que nous n’avons pas achevé notre travail »1 (Conférence de Presse de Monsieur Youssouf BAKAYOKO du 1 er décembre à 23 heures 30.) Continuant de répondre à des journalistes, Monsieur Youssouf BAKAYOKO a déclaré devant les médias ivoiriens « qu’il n’était pas encore minuit invitant les Ivoiriens à demeurer patients. Les résultats tardant à venir, le candidat Alassane OUATTARA va même écrire au Président de la CEI, toujours le 1er décembre 2010, pour lui dire, je cite : « Nous nous permettons de rappeler que le délai de trois jours impartis à la Commission Electorale Indépendante expire ce jour, avec comme conséquence le risque de voir la CEI
dessaisie, ce qui serait un échec dans la conduite de votre
mission ». Pièce n02 : Courrier d’Alassane OUATTARA du 1er Décembre 2010

Le Président de la République Française, Monsieur Nicolas SARKOZY, va également s’autoriser à adresser une correspondance au Président de la CEI, pour lui indiquer : (…) Les textes de la République de Côte d’Ivoire vous offre une marge limitée pour proclamer les résultats provisoires, comme vous le savez mieux que moi-même, et compte tenu de l’attente de votre peuple, je vous exhorte au prononcé du verdict des urnes. Nous sommes disposés ainsi que toute la communauté de l’Union Européenne à soutenir de façon irrévocable le respect de la volonté du peuple, de sécuriser les civils ainsi que tous les
nouveaux représentants des institutions installées (…)

Pièce n03 : Courrier de Nicolas SARKOZY du 1er Décembre 2010

Comment le Président SARKOZY, alors que la CEI n’a pas fini de dépouiller les procès-verbaux peut-il annoncer qu’il va y avoir de « nouveaux représentants des institutions installées » et qu’il va avoir, lui, à « sécuriser les civils » ? Enfin de compte, la CEI transmet au Conseil Constitutionnel, les 30 novembre et 1er Décembre 2010, tous les procès-verbaux de dépouillement des votes sans proclamer de résultats provisoires.

Le 1er Décembre 2010, le candidat Laurent GBAGBO a, conformément à l’article 60 de la Constitution, formulé des requêtes devant le Conseil Constitutionnel sur des irrégularités constatées, lors du 2nd Tour du scrutin, dans les bureaux de vote de huit départements (Bouake, Korhogo, Boudiali, Dabakala, Ferkessedougou, Katiola, Béoumi, et Sakassou).

Le 2 Décembre 2010, prenant acte de la transmission des procès-verbaux de dépouillement, et des requêtes du candidat Laurent GBAGBO, le Conseil Constitutionnel a rendu une décision dans laquelle il dessaisissait la Commission Electorale Indépendante, et constatait avoir été régulièrement saisi.

Pièce n04 : Décision de dessaisissement Ainsi, la critique tendant à affirmer que le Conseil Constitutionnel s’est auto-saisie de la question électorale tentant, par ce fait, d’empêcher la CEI de procéder à la proclamation des résultats provisoires est totalement erronée.

En réalité, la CEI n’a pas été en mesure de procéder à la proclamation de résultats provisoires faute de consensus, mais surtout faute de pouvoir établir un Procès-Verbal de délibération et de résultats au plus tard le 1er décembre 2010. Cependant, le même jour et de manière plutôt surprenante, Monsieur BAKAYOKO Youssouf, Président de la Commission Electorale Indépendante, est allé proclamer de prétendus résultats au quartier général du candidat du RDR, Monsieur Alassane OUATTARA.

A ce niveau, j’ai plusieurs remarques à faire :

– Tout d’abord, cette déclaration est intervenue plus de trois jours après la clôture du scrutin du 28 novembre 2010, en dehors du siège de la CEI, et en l’absence des médias ivoiriens, alors que la CEI était forclose et avait elle-même déjà transmis tous les procès- verbaux de dépouillement au Conseil Constitutionnel

– Deuxièmement : Le Président de la CEI ne peut procéder à une proclamation qu’avec l’ensemble de son bureau réuni, et au siège de son institution. Cette proclamation solitaire au QG d’un candidat rend
sa déclaration nulle ;

– Troisièmement : Le Président de la CEI, n’a jamais justifié d’un Procès-Verbal de délibération ni de la liste d’émargement des Commissaires Centraux pour justifier de la validité des résultats qu’il
a annoncés ;

– Enfin, toutes déclarations émanant de la CEI et portant sur des résultats, ne peuvent être que des résultats provisoires. Et toutes les parties étaient et sont aujourd’hui encore d’accord avec cela. Le 3 Décembre 2010, le Conseil Constitutionnel a proclamé le candidat

Laurent GBAGBO, vainqueur de l’élection présidentielle dans le respect du texte constitutionnel.

Pièce n05 : Décision du Conseil Constitutionnel du 3 Décembre 2010

Or, tout le monde sait qu’en Côte d’Ivoire l’article 98 de la Constitution dispose que : « Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à
toutes autorités administratives, juridictionnelles, militaires et à toutes personnes physiques ou morales ».
Je considère donc que le débat sur le vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire est clos avec la décision du Conseil Constitutionnel ; et que Monsieur Laurent GBAGBO est le vainqueur des élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire.

Le 4 Décembre 2010, Monsieur Laurent GBAGBO prêtait serment devant le Conseil Constitutionnel. Cela est précisé par l’article 39 de la Constitution qui précise que « dans les 48 heures de la proclamation définitive des résultats, le Président de la République élu prête serment devant le Conseil Constitutionnel, réuni en audience solennelle ».

Toutes ces formalités ayant été appliquées conformément à l’article 39, Monsieur Laurent GBAGBO est le Président de la République de la Cote d’Ivoire. Le seul Gouvernement légitime était donc celui mis en place par le Président Laurent GBAGBO. Je tiens à préciser que quel que soit le gouvernement mis en place par Monsieur Alassane OUATTARA, il ne pouvait être valable qu’après sa prestation de serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle, et cela conformément à l’article 39 de la Constitution.

SUR LA CRISE POSTELECTORALE

La crise postélectorale est ainsi née du refus de respecter le choix du peuple ivoirien et la décision du Conseil Constitutionnel rendue conformément à la Constitution ivoirienne.

A- SUR L’INTERVENTION INTEMPESTIVE ET ABUSIVE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

1- LA CERTIFICATION

Dans son Rapport du 14 Mai 2007, le Secrétaire Général des Nations Unies insiste sur le fait que : (…) il est admis que le rôle de certification des Nations Unies ne saurait se substituer aux prérogatives qui appartiennent aux institutions nationales en ce qui concerne la certification des différents aspects du processus électoral, mais qu’il vient se greffer sur ces prérogatives ».

Pièce n06 : Rapport du 14 Mai 2007

C’est ainsi que la Résolution 1765 du Conseil de sécurité adopté le 16 Juillet 2007, confie dans son Paragraphe 6, au Représentant Spécial la mission de certifier que : (…) tous les stades du processus électoral fourniront toutes garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielles et législatives ouvertes, libres, justes et transparentes conformément aux normes internationales ».

Pièce no 7 : Résolution 1765

Le Certificateur a une mission d’évaluation des différentes étapes du processus (procédures et modes opératoires) conformément aux normes internationales en vigueur en matière d’élections démocratiques. En aucun cas, il n’a compétence pour : Dépouiller des procès-verbaux de votes ; Proclamer des résultats. A aucun moment, les déclarations du Certificateur ne peuvent prévaloir sur les dispositions des textes nationaux. Etant donné que l’ONU, elle-même, considère sacro-sainte la souveraineté des Etas qui la constitue. Monsieur CHOI, en transgressant ses prérogatives, est venu faire déraper
tous les débats sur les élections en Côte d’Ivoire.

3. LES AUTORITES FRANÇAISES, PARTIES AU CONFLIT

J’ai constaté une ingérence des autorités françaises dans le débat ivoirien. Cela s’est manifesté entre autre par la lettre du Président SARKOZY au Président de la Commission Electorale Indépendante. De quoi se mêle-t-il ? Cela s’est aussi manifesté par les bombardements des autorités françaises, qui n’ont pas eu pour but de protéger les populations civiles, mais d’assister la rébellion dans ses attaques contre l’armée ivoirienne et les institutions de la Côte d’Ivoire. Les autorités françaises n’ont malheureusement fait qu’accentuer la crise postélectorale

En encourageant le candidat malheureux à user de la violence au lieu
de saisir le Conseil Constitutionnel pour dénoncer d’éventuelles irrégularités ; En incitant à la prise de résolutions onusiennes et européennes visant à établir des embargos dont les principales victimes sont les populations civiles ;

En bombardant la résidence présidentielle pendant une dizaine de jours, alors qu’aucune résolution de l’ONU ne leur donnait ce pouvoir. C’est à croire que l’intention inavouable des autorités françaises était l’élimination physique du Président élu Laurent GBAGBO. En tout état de cause, tout cela était prémédité si l’on en croit le Président SARKOZY qui aurait déclaré selon des journalistes français dans l’ouvrage « ça reste entre nous, hein » les propos suivants : (…) Quand je vois, le soin que j’ai mis à intervenir en Côte d’Ivoire … On a sorti Laurent GBAGBO, on a installé Alassane OUATTARA, sans aucune polémique sans rien ».
Pièce n08 : Extrait du livre de Nathalie SCHUCK et Frédéric GERSCHEL

B. SUR LE REFUS D’ALASSANE OUATTARA

Le 3 décembre 2010, c’est à dire le jour même où le Conseil Constitutionnel a proclamé le candidat Laurent GBAGBO, vainqueur de l’élection présidentielle, Monsieur Alassane OUATTARA signifiait au Conseil Constitutionnel un premier serment par écrit.

Pièce n09 : Courrier d’Alassane OUATTARA du 3 décembre 2010

Je précise qu’aucun texte régissant les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ne prévoit une prestation par écrit adressée au Président du Conseil Constitutionnel.

La Loi ivoirienne prévoit comme je l’ai dit, la prestation de serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle. Le 8 Décembre 2010, le Conseil Constitutionnel rappelait à Monsieur Alassane OUATTARA que la Commission Electorale Indépendante n’avait pu donner de résultats provisoires conformément aux textes, et que conformément aux dispositions de l’article 94 de la Constitution, les résultats définitifs sont du ressort exclusif du Conseil Constitutionnel.

Pièce n010 : Courrier du Conseil Constitutionnel du 8 décembre 2010

Lequel Conseil Constitutionnel a proclamé le 3 Décembre 2010, le candidat Laurent GABGBO vainqueur de l’élection présidentielle. Le 22 Décembre 2010, à la suite de la correspondance de Monsieur Alassane OUATTARA, le Conseil Constitutionnel rendait une décision dans laquelle, il déclarait nulle et de nul effet, la prestation de serment par écrit de Monsieur Alassane OUATTARA, et précisait que les actes de ce dernier ne sauraient donc engager la Côte d’Ivoire.

Pièce n011 : Décision du Conseil Constitutionnel du 22 Décembre 2010

A la suite de tout cela, la Côte d’Ivoire fera l’objet d’une agression violente et multiforme. Les troupes rebelles de Monsieur Alassane OUATTARA et de Monsieur Guillaume SORO, aidés par leur mercenaire et milices appuyées par les forces onusiennes et françaises, ont entrepris la descente sur Abidjan massacrant des populations civiles, humiliant des représentants de l’Etat, éventrant des prisons, pillant et incendiant les résidences des cadres de la LMP sur leur passage, et cela tout le long de leur avancée. La Côte d’Ivoire fera en outre l’objet d’un embargo économique et tous ses avoirs à l’extérieur seront bloqués.

III- SUR LA PRISE DE POUVOIR PAR ALASSANE OUATTARA

Je note qu’après la capture du Président Laurent GBAGBO et de moi-même, à la résidence présidentielle, le Conseil Constitutionnel rendra une nouvelle décision le 4 Mai 2011, proclamant Monsieur Alassane OUATTARA Président de la République.

Pièce n012 : Décision du Conseil Constitutionnel du 4 Mai 2011

J’ai à ce stade, plusieurs observations à faire. Effectivement, à l’examen de cette décision, je note que : Le Conseil Constitutionnel n’a pas été saisi en application des dispositions de l’article 59 et 60 de la Constitution. Comment donc pouvait-il rendre une décision sans avoir été saisi ?

De plus, dans sa décision du 4 Mai 2011, le Conseil Constitutionnel ne s’est pas dédit par rapport à sa décision du 3 décembre 2010. Vous noterez effectivement que dans sa décision du 3 décembre 2010, le Conseil Constitutionnel a proclamé le Président Laurent GBAGBO vainqueur de l’élection présidentielle, alors que dans sa décision du 4 mai 2011, il prend acte d’une situation de fait et proclame Monsieur Alassane OUATTARA Président de la République de Côte d’Ivoire et non vainqueur de l’élection présidentielle de 2010.

La Constitution, en son article 94 qui définit les missions du Conseil Constitutionnel, ne prévoit pas la proclamation d’un Président de la République.

Le Conseil Constitutionnel a ainsi rendu : Le 3 décembre 2010, une décision proclamant les résultats définitifs de l’élection présidentielle faisant du Président Laurent GABGBO le vainqueur de ladite élection, et ce conformément aux pouvoirs que lui confère l’article 94 de la Constitution

Le 4 mai 2011, une décision que je pourrai qualifier de décision politique de légitimation du candidat perdant, mais soutenu par la Communauté Internationale.

Je m’interroge donc. Comment puis-je être poursuivie sur la base d’une décision politique qui en tout état de cause, ne conteste pas la victoire du Président Laurent GABGBO aux élections présidentielles de 2010 et la légitimité du Gouvernement qui en a découlé ?

Comment puis-je être poursuivie alors que j’ai respecté la décision, du Conseil Constitutionnel ? Vous noterez que Monsieur Alassane OUATTARA prêtera de nouveau serment, et cette fois-ci, devant le même Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle le 6 Mai 2011, et le 21 Mai 2011, il fait son investiture à YAMOUSSOUKRO.

S’il avait véritablement donné une quelconque valeur à sa prestation de serment du 3 décembre 2010, pourquoi Monsieur Alassane OUATTARA prête-t-il de nouveau serment le 6 Mai 2011 ? Si la prestation de serment par écrit du 3 décembre 2010 était valable, la 2ème prestation de serment serait alors superfétatoire. Les décisions du Conseil Constitutionnel ont été rejetées par Alassane OUATTARA lorsqu’il proclamait Laurent GBAGBO vainqueur, et brusquement le 6 Mai 2011, la même institution dirigée et animée par les mêmes personnes devient à ses yeux et aux yeux de la Communauté internationale, crédible lorsqu’elle proclame Alassane OUATTARA, Président de la République. Cela démontre encore que le Président Laurent GBAGBO était bel et bien le Président élu de la République de Côte d’Ivoire au moins jusqu’au 6 Mai 2011.

IV. SUR LES CONDITIONS DE MON ARRESTATION

Comme je vous l’ai indiqué, c’est le 11 avril 2011, et après d’intenses bombardements sur la résidence présidentielle par l’armée française, que j’ai été arrêtée. J’ai été battue avec une violence inouïe, et conduite contre mon gré à l’hôtel du Golf. Le 22 Avril 2011 à 2 heures du matin, j’ai encore été réveillée et conduite dans un véhicule jusqu’à Odienné, sans être au préalable informée ni de la date, ni de la destination.
Je suis arrivée à Odienné le 22 Avril 2011, et y suis restée enfermée jusqu’au 1er Décembre 2014, date à laquelle j’ai été transférée sur Abidjan. Je tiens à préciser que j’ai fait l’objet d’une détention arbitraire du 11 avril jusqu’au 16 aout 2011, date de ma première inculpation. Contrairement à ce qui a été dit, je n’ai jamais été assignée à résidence, et mon immunité parlementaire a été violée.

V. SUR LES CHEFS D’INCULPATION
Enfin, je tiens à revenir sur les chefs d’inculpation. Je suis en effet poursuivie pour : Atteinte à la défense nationale , Attentat ou complot contre l’autorité de l’Etat Constitution de bandes armées ; Direction ou Participation à un mouvement insurrectionnel , Trouble à l’Ordre public ; Rébellion.

Je ne me reconnais bien évidemment pas dans ces chefs d’inculpation. Mais surtout, je voudrai faire un certain nombre d’observations :
Premièrement, il ne m’a été fait cas d’aucun fait concret que j’aurai personnellement posé et qui serait constitutif d’une seule de ces infractions. Au point où à l’heure actuelle, où je me présente devant vous à la barre, je ne sais toujours pas quels sont les actes matériels qu’on me reproche d’avoir posés ;

Deuxièmement, l’instruction a duré 2 ans. En 2 ans, je n’ai jamais été confrontée à un quelconque témoin des infractions reprochées ;

Troisièmement, en 2 ans d’instruction, le Juge d’instruction ne m’a auditionnée qu’une seule fois pour ne me poser qu’une seule question qui est la suivante : « Après le 28 décembre 2010, vous avez reçu plusieurs groupes ethniques, tels les TOURA, la coalition des femmes du Grand V Baoulé, la population d’Alépé, et animé plusieurs réunions au cours desquelles vous avez demandé à ces populations de résister à l’exercice effectif du pouvoir par Monsieur Alassane OUA T TARA et de libérer la Côte d’Ivoire et l’Afrique entière.

Que recherchez-vous exactement en tenant de tels propos ? ».
J’ai répondu au Juge d’instruction que j’ai reçu les femmes de différentes communautés à la résidence présidentielle, dans des rencontres couvertes par les médias, et pour les encourager à résister à la pression des embargos, et à organiser la solidarité de façon encore plus efficace. Il fallait que la population continue d’être approvisionné en vivres et en produits de premières nécessités en dépit des embargos.

Quatrièmement, je me demande toujours comment une telle question posée par le Juge d’instruction a pu me conduire devant la Cour d’Assises pour des crimes aussi graves.

Je vous remercie de m’avoir écoutée, et je suis à votre disposition pour toutes les questions que vous voudriez me poser.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 22:13
#ProcèsSimoneGbagbo / Bousculade et mythomanie

LE quotidien de révérence français, version web et vidéo ici, peine à avouer que le procès de Simone Gbagbo et de ses 80 et quelques co-accusés sera au mieux une sinistre farce, au pire la mise à mort de la Justice en Côte d'Ivoire.

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 07:57
Où étiez-vous Chantal De Souza le 11 avril 2011 ? # 36

Film in progress sur la résistance ivoirienne, en lutte, à Abidjan, à Londres, à Paris, à Washington, Stockholm, Bruxelles, Copenhague, Florence, au Ghana, au Bénin, au Libéria ou au Togo...

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 15:56
Où étiez-vous le 11 avril 2011 ? # 34

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 21:00

 

 

Publiée le 8 mai 2014

Où étiez vous Steve Beko le 11 avril 2011 ? #33

Film in progress sur la résistance ivoirienne, en lutte, à Abidjan, à Londres, à Paris, à Washington, Stockholm, Bruxelles, Copenhague, Florence, au Ghana, au Bénin, au Libéria ou au Togo...

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 18:00
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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 23:00
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