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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 10:00

La Mission d’observation électorale de l’Union européenne a rendu son verdict. Elle met en lumière des manquements vieux de 26 ans et connus de tous les partenaires du Gabon, notamment l’ancienne puissance coloniale, soutien inconditionnel du régime en place. Rétroviseur et anticipation.

«Anomalies évidentes»… Ce groupe de mots résume à lui seul le sentiment de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE-UE) au sujet de la présidentielle du 27 août dernier. «Anomalies». Ce terme revient plusieurs fois dans ce rapport, présenté à Libreville le 12 du mois courant. Il en est même le fil rouge… Du fait de leurs conséquences éventuelles sur la crédibilité de l’ensemble des institutions nationales, il convient maintenant de se pencher sur les causes profondes de ces «anomalies». «2016 ne sera pas 2009», répètent à l’envi les partisans de l’opposition. Mais, 2016 doit surtout devenir le point de départ d’un Gabon nouveau, respectueux des libertés fondamentales et standards démocratiques, universellement reconnus.

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Ils n’ont pas toujours été respectés par les institutions nationales, notamment les différents gouvernements. Mais, ils n’ont, dans le même temps, jamais été promus ou protégés par les partenaires du Gabon. Se réfugiant opportunément derrière le fumeux principe de «non ingérence dans les affaires intérieures», les partenaires bilatéraux, notamment la France, ont même cautionné leur déni. Ils ont fermé les yeux devant les révisions constitutionnelles décidées en opportunité, accompagné la mise en place d’institutions inféodées à un parti politique, validé des simulacres d’élections, entraîné et armé une garde prétorienne dédiée à la survie du régime. Finalement, le rapport de la MOE-UE ne leur apprend rien.

Responsabilité

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? L’Union européenne ne les a pas défendues ou promues non plus. Se servant de son statut juridique comme paravent, elle a laissé faire. Même si son partenariat avec le Gabon comporte un volet «dialogue politique», elle a surtout concentré ses interventions sur le commerce et l’aide au développement. Elle a soutenu la diversification de l’économie et la gouvernance sectorielle, délaissant complètement le processus de démocratisation et la gouvernance globale. Ses financements ont essentiellement été destinés à la pêche, aux mines, aux forêts, à l’environnement, aux infrastructures routières, à la formation professionnelle et, dans une certaine mesure, à l’éducation. Jamais, elle n’a osé s’attaquer au régalien : la sécurité et la justice ont ainsi été laissées au bon vouloir des représentants d’un pouvoir façonné par Jacques Foccart.

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Ces remarques s’adressent aussi aux institutions africaines, singulièrement l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC). Certes ces organisations ne bénéficient pas de la supranationalité. Mais on les a vues s’impliquer dans des crises militaires. On a également noté leur empressement à féliciter les vainqueurs supposés d’élections présidentielles. Elles ne peuvent, en conséquence, décemment s’exonérer de toute responsabilité dans la rupture entre les peuples et les institutions étatiques. Surtout au regard de l’attitude ou du mutisme complice de leurs principaux responsables vis-à-vis du vaudeville du 23 septembre dernier.

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Désormais reconnu comme le vrai vainqueur de la présidentielle du 5 décembre 1993, Paul Mba Abessole avait déjà appelé à leur respect. Dans l’indifférence complice de la communauté internationale, il avait dénoncé, pêle-mêle, l’absence de scrutateurs, le manque d’urnes, l’insuffisance des cartes d’électeur, l’ouverture tardive des bureaux de vote, le mauvais affichage des listes électorales… Se référant aux standards démocratiques, il avait même demandé l’invalidation de la candidature d’Omar Bongo, alors accusé d’user des moyens de l’Etat et d’avoir corrompu l’ensemble des parties prenantes, notamment les journalistes. Certes, l’actuel président du Rassemblement pour le Gabon (RPG) se voyait aussi reprocher son boycott inexpliqué des législatives de septembre 90. Mais le sort de cette élection fut décidé à Paris. Bravo François Mitterrand… Si la MOE-UE entend donner une suite à son rapport, elle devra préalablement s’assurer du soutien de la France. Ou alors, il lui faudra passer par Strasbourg et Bruxelles.

Hold-up électoraux à répétition

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Ayant vu sa victoire confisquée en 1998, Pierre Mamboundou avait alors annoncé une «riposte graduée» en vue de les faire respecter. Egalement candidat, Pierre-André Kombila dénonça une «séquence historique déplorable». Mais, pour le Quai d’Orsay, «les irrégularités constatées (alors n’affectaient) pas le sens du scrutin». Dirigée à cette époque par le Rassemblement pour la République (RPR – droite néo-gaulliste devenue Les Républicains), la France frappait ainsi de son autorité ce deuxième hold-up électoral. Les électeurs gabonais pouvaient ainsi remiser leurs rêves de démocratie ou les remettre à plus tard. Vive Jacques Chirac…

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Nonobstant le rôle joué par Pierre Mamboundou, André Mba Obame les invoqua aussi en 2009. En vain. A travers le quatuor Bourgi-Joyandet-Fillon-Sarkozy, la France avait fait son choix : perpétuer une dynastie familiale sans égard pour le vote populaire. Faute d’avoir envoyé ses propres observateurs, l’Union européenne ne fit guère entendre sa voix. Pouvait-il seulement en être autrement ? L’Elysée avait, d’ailleurs, reconnu les résultats avant même la fin du contentieux : sans attendre la décision finale de la Cour constitutionnelle, le président français s’empressa de féliciter le vainqueur désigné. Merci Nicolas Sarkozy…

Traumatisés, dégoûtés par les hold-up électoraux à répétition, les électeurs gabonais voient dans le rapport de la MOE-UE une rupture, le signe d’un changement voire une «porte (ouverte) sur le monde libre», selon la formule de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou. Au final, ce rapport peut être une chance, non pas pour Jean Ping et l’opposition, mais pour le peuple gabonais et les démocrates du monde entier. Il offre une seconde chance aux partenaires du Gabon, notamment la France. Dans un rapport intitulé «L’Afrique est notre avenir», Jean-Marie Bockel et Jeanny Lorgeoux dénoncent le «manque de stratégie à long-terme» de leur pays. Ils formulent des propositions pour y remédier et tenter de contrer l’influence grandissante de la Chine et des Etats-Unis sur le continent. Ils mettent, entre autres, l’accent sur la nécessité de tenir un «autre discours sur l’Afrique». Un autre discours ? Surtout des actes conformes aux libertés fondamentales et standards démocratiques universellement reconnus, n’est-ce pas Robert Bourgi ?

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 10:50

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 11:51

Paru sur le site de El Watan

le 23/10/2016 

Et l’on reparle de la Cour pénale internationale (CPI), mais pas de la manière la plus convenue, c’est-à-dire celle qui concerne son rôle et ses attributions. C’est de cela qu’il est pourtant question depuis que deux pays africains ont décidé de s’en retirer, laissant entendre que de quelque manière que ce soit, il est illusoire de parler de justice universelle, et de justice tout court, puisque celle-ci ne viserait que ceux qui sont membres de cette institution. Cela  rappelle une autre convention, le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui ne s’applique qu’à ceux qui y souscrivent.

Ce qui veut dire que des puissances nucléaires ont été bâties sans la moindre contestation. Des concepts ont même été créés pour masquer ce qui est déjà considéré comme un acte discriminatoire. C’est cette fameuse «ambiguïté nucléaire» appliquée pour Israël, alors qu’il dispose d’un véritable arsenal nucléaire. Une autre question soit, mais le débat est aujourd’hui bien réel. Veut-on réellement une justice internationale ? Et qui doit la gérer et comment s’applique-t-elle ? A vrai dire, un tel débat a longtemps été évacué, mais il revient avec force depuis que deux pays africains (Afrique du Sud et Burundi) ont décidé de se retirer de la CPI. Le premier a joint, vendredi, l’acte à la parole en saisissant officiellement et par écrit le secrétaire général de l’ONU. Très officiellement, une telle décision serait liée aux implications du refus sud-africain d’arrêter le président soudanais, objet d’un mandat d’arrêt émis par la CPI. Le président burundais a, quant à lui, promulgué la loi prévoyant que son pays se retire de la Cour. Il ne reste désormais plus au Burundi qu’à en notifier l’ONU pour lancer formellement la procédure. 

Mais c’est bien toute l’Afrique qui s’y oppose et soulève un véritable problème. Depuis son entrée en fonction en 2003, les magistrats de la CPI ont ouvert 10 enquêtes, dont neuf dans des pays africains. Ses cibles lui ont valu de nombreuses critiques sur le continent, notamment celles de l’Union africaine (UA) qui y a vu une «sorte de chasse raciale». Par la voix de son ministre de la Justice, Pretoria l’a rejointe vendredi en accusant la CPI de «préférer de toute évidence viser des dirigeants en Afrique». L’Afrique du Sud menaçait depuis plus d’un an de dénoncer le traité de Rome fondant la CPI. Elle pourrait désormais devenir le tout premier pays au monde à le quitter.
C’est pourquoi «un effet domino» est fortement appréhendé. Et son salut ne peut provenir que de ses membres, en d’autres termes une espèce de loi du nombre, ou encore une forte crédibilisation à même de dissiper les malentendus déjà entretenus par des actes propres à en échapper, comme la conclusion de certains accords dits d’exemption. Car les crimes, comme ceux que la CPI est appelée à juger, sont réellement nombreux, mais cette institution a en quelque sorte suscité, voire favorisé des exceptions.

En attendant que d’autres la rejoignent, car la question est encore là, de nombreux pays n’en sont pas membres. Et parmi ceux qui ont enfin signé le Statut de Rome fondant la CPI, certains ne l’ont pas ratifié. Il y a là une différence fondamentale, car signer n’est pas ratifier. Simple effet d’annonce ? Un premier pas probablement, mais cela soulève néanmoins certaines questions quant à l’existence même de la CPI appelée à juger des personnes et pas des Etats. Elle peut en principe exercer sa compétence si la personne mise en accusation est un national d’un Etat membre, ou si le crime supposé a été commis sur le territoire d’un Etat membre, ou encore si l’affaire lui est transmise par le Conseil de sécurité des Nations unies. Encore que la voix de l’ONU ne soit pas elle-même discutable, et il lui revient de lever les équivoques. Tout est donc question de crédibilité.

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 10:34

 

 

Que penser d'un défenseur qui communique si peu et si mal pour Laurent Gbagbo et si bien, jadis, pour les infirmières bulgares en Libye ou, aujourd'hui, pour la cause de Jean Ping ?

A moins que Me Altit, joueur de billard méconnu, conseille Ping en vue d'envoyer Ali Bongo à La Haye afin de mieux le récupérer comme client...

JT Afrique TV5 Monde du 6 octobre 2016.

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 10:29

 

Par Leslie Varenne
Directrice de l'IVERIS

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Dans les neuf pays que compte l’Afrique centrale, six élections présidentielles ont été organisées entre mars et août 2016. Seul le vote en République Centrafricaine s’est déroulé dans des conditions acceptables. Même Sao Tomé et Principe, pourtant montré comme un exemple de démocratie, a connu un scrutin agité avec des accusations de fraude. Au Tchad, au Gabon, au Congo Brazzaville, en Guinée équatoriale les pouvoirs en place depuis des décennies ont été reconduits lors de consultations critiquées. La septième élection de l’année, qui devait se dérouler en République Démocratique du Congo en novembre 2016, n’aura pas lieu. C’est pourtant la première fois que les Congolais auraient eu la possibilité de faire entendre leur voix dans les urnes depuis l’indépendance en 1960. Les citoyens de ces pays n’ont jamais autant aspiré à une véritable démocratie qui mettrait fin à un système de gouvernance gangréné par la corruption et le népotisme et par conséquent à leur misère. Les taux élevés de participation aux divers scrutins attestent de cette envie d’alternance. La volonté populaire d’en finir coûte que coûte avec ces Présidences autocratiques expliquent l’intensité des crises pré ou post électorales. Une nouvelle fois, des deux Congo, Brazzaville et Kinshasa, nous parviennent des images de cadavres gisant dans le sang. Insoutenable. Une nouvelle fois, une fois de trop…

Congo Brazzaville : quand c’est fini… ça recommence !

L’élection présidentielle au Congo Brazzaville a eu lieu en mars 2016. Après 32 ans au pouvoir, le Président Denis Sassou Nguesso a fait fi du résultat des urnes et est resté accroché à son fauteuil présidentiel. Il a réussi à se maintenir à la tête de l’Etat en utilisant l’armée, la police et des milices et, malgré les exactions commises, il a bénéficié d’un incompréhensible silence diplomatique et médiatique. Dès le 4 avril 2016, le chef de l’Etat congolais a envoyé son armée pilonner le département du Pool, où les populations lui sont majoritairement hostiles. Le bilan est lourd : entre 2 et 3000 décès, des villages entiers, comme celui de Soumouna, ont été détruits, et environ 30 000 personnes ont été déplacées [1], nombre d’entre-elles se sont réfugiées en forêt et y sont restées de longs mois, sans soutien extérieur. Il paraît à peine imaginable qu’au 21ème siècle une région entière vive un pareil huis-clos. Aucune organisation humanitaire n’a eu accès à cette zone, entièrement quadrillée par les militaires, et n’a donc pu apporter ni soins aux blessés ni aide alimentaire aux enfants carencés. Après des mois cachés en brousse, certains habitants avaient commencé à regagner leurs villages, mais le 30 septembre et le 1er octobre, profitant de toute l’attention portée par la communauté internationale aux événements en RDC, le gouvernement de Brazzaville a relancé les opérations militaires dans le Pool. Sous prétexte de rechercher, l’ancien chef Ninja, le pasteur Ntumi, des obus se sont à nouveau abattus dans le district de Goma Tse Tsé, de Kinkala et de Mindouli. Une vingtaine de morts seraient déjà à déplorer côté civils et 17 côté force publique et miliciens. Ces pertes militaires laissent à penser que ce conflit pourrait dégénérer en guerre civile [2]. Une nouvelle fois, la population fuit et le cortège des déplacés défile dans l’indifférence générale. Combien de temps encore les exactions commises par l’armée et les milices du Président congolais pourront-elles être cachées sous le tapis de la « communauté internationale » et des organisations humanitaires ? Combien de temps encore Denis Sassou Nguesso pourra-t-il rester à la tête d’un Etat qui s’enfonce inexorablement dans une profonde crise militaire, politique, économique et sociale ? Si aujourd’hui, le Président congolais est encore en place, après avoir fraudé les élections, bombardé son peuple et emprisonné les opposants, ce n’est pas à cause du seul mutisme des chancelleries, la raison est également à chercher du côté de la faiblesse des partis de l’opposition. Certes, la répression et les arrestations ne rendent pas le travail des opposants aisé, néanmoins, pendant l’élection présidentielle, ils bénéficiaient d’un large soutient populaire qu’ils n’ont pas su faire fructifier. Par ailleurs, comment comprendre qu’ils aient dénoncé si fortement l’emprisonnement de leurs camarades et si faiblement les bombardements du Pool ?

Le cercle vicieux de la « démocratie »

L’impossible alternance en Afrique centrale est aussi à aller chercher du côté de l’asthénie des contestataires. En 1990, lors de sondiscours de la Baule, François Mitterrand déclare que l’aide de la France sera conditionnée au multipartisme, à la bonne gouvernance, à l’indépendance de la presse et de la magistrature. Message bien compris par les dirigeants de l’époque qui, pour rester dans les clous de cette nouvelle donne et obtenir la « prime à la démocratie », fabriquent de toutes pièces journaux et partis dits d’opposition. Le principal dégât collatéral de ce célèbre discours est la naissance d’une véritable culture de la corruption en politique avec son lot « d’opposants alimentaires », de petites et grandes combines et autres trahisons. Argent et politique est un sujet inépuisable qui n’est, certes, pas un domaine réservé à l’Afrique ; toutefois les conséquences de cette monétisation dans des Etats jeunes aux institutions faibles sont encore plus délétères. Bien entendu, il existe des hommes et des femmes incorruptibles, mais compte tenu des moyens considérables nécessaires pour créer et faire vivre une structure, la place est réservée à quelques privilégiés qui restent souvent très éloignés de la réalité du quotidien de leurs concitoyens et n’ont aucune culture de la contestation par gros temps. La faiblesse des partis d’opposition est également due à la pauvreté du débat politique, à la perte d’idéologie et de conviction, constatés en Occident depuis le milieu des années 90, phénomènes qui n’épargnent malheureusement pas le continent africain.

Du temps au temps…

La République Démocratique du Congo connaît bien ses problèmes avec ses 418 partis politiques dont de nombreux « partis mallettes ». Comme son homologue de l’autre côté du fleuve le Président du Congo Kinshasa ne veut pas partir, il s’est préparé à rester et utilise la police et l’armée pour arriver à ses fins. Lors de la manifestation du 19 septembre 2016, organisée pour dénoncer le report de l’élection présidentielle et partant le non respect de la constitution qui oblige Joseph Kabila à quitter ses fonctions après 15 ans de pouvoir et deux mandats consécutifs, la Garde Républicaine a tiré à balles réelles sur les marcheurs. Selon le ministre de l’Intérieur, il y a eu 17 tués, mais l’UDPS, parti de l’opposition, évoque 80 victimes. Et encore ces chiffres ne prennent pas en compte les décès liés aux multiples exactions des milices diverses et variées qui sévissent quotidiennement dans le pays. En ne convoquant pas l’élection présidentielle le 27 novembre 2016, la Commission Electorale Nationale Indépendante a entériné le « glissement » voulu par Joseph Kabila. L’alternance ardemment souhaité par tous les Congolais de Kinshasa n’aura pas lieu, tout au moins pas maintenant. Quand se déroulera-t-elle et quel sera le prix à payer par les Congolais puisque les manifestations sont toujours réprimées de la sorte ? Dans ce pays éminemment stratégique, les pays occidentaux ont mis Joseph Kabila en garde bien avant les événements de ces derniers jours en lui demandant de respecter la constitution. Mais le 19 septembre en ne convoquant pas l’élection, le non respect de la constitution a été acté de fait. L’ONU, l’UE, la France et les USA  ont fait part de leurs inquiétudes. Jean Marc Ayrault a déclaré : « La RDC est au bord de la guerre civile ». Les US sont passés à l’acte en prenant de nouvelles sanctions contre un général et l’ancien chef de la police. Mais devant la détermination de Joseph Kabila, que peuvent-ils faire ? La « communauté internationale », en panne de plan B,  compte sur le dialogue, un dialogue pourtant prôné par Joseph Kabila lui-même afin de gagner du temps, jusqu’à quand ?…

Paroles, paroles, paroles…

Au début des années 1990, la mode africaine était aux grandes conférences nationales sensées régler tous les problèmes politiques du pays. La plupart du temps ces grands raouts ont accouché d’une souris, à l’exception de la première grande conférence nationale du Bénin en février 1990. En ce début de 21ème siècle, la tendance est au dialogue et la modernité est encore plus grande si le mot inclusif y est accroché. En RDC, le dialogue qui devrait résoudre les problèmes du pays avec le facilitateur, autre terme très en vogue, Edem Kodjo, désigné par l’Union Africaine, étant dans une impasse, tous cherchent donc des solutions pour contourner l’obstacle. Le ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders a une idée. Le 19 septembre, à la sortie de l’Assemblée générale des Nations unies, il a déclaré : « Il faut envisager un nouveau dialogue vraiment inclusif » et de poursuivre ainsi : « On peut imaginer que Kodjo termine son dialogue et qu’il ouvre ensuite la voie à un autre facilitateur qui pourrait, lui, réunir vraiment tous les acteurs de la crise congolaise. Saït Djinnit, l’envoyé spécial des Nations unies, pourrait être cet homme. Il connaît le dossier, les acteurs, il représente les Nations unies et n’a pas été exposé par le précédent dialogue. » Un dialogue pour remplacer le dialogue ? Comme l’exprime succinctement mais très clairement le célèbre gynécologue, Denis Mukwege : « Un dialogue ne peut pas remplacer la constitution ». En RDC, le dialogue est dans l’impasse et l’alternance aussi…

A fronts renversés

Au Gabon aussi l’heure est au dialogue après l’élection présidentielle du 27 août dernier. Ali Bongo au pouvoir depuis 2009, successeur de feu son père, el Hadj Omar Bongo, a gagné ce scrutin à un tour avec 50,66% des voix. Son challenger, Jean Ping, ancien Président de la Commission de l’Union Africaine, ne reconnaît pas cette victoire. Qui a gagné ? Qui a perdu ? Compte tenu du très faible écart de voix, difficile de répondre à cette question qui ressemble à s’y méprendre à celle posée lors de l’élection ivoirienne de 2010. Certes les résultats d’Ali Bongo dans son fief de la région du Haut Ogooué où il a obtenu 95% des voix pour 99% de participation laissent songeur. Les résultats de Jean Ping dans certaines régions et quartiers de Libreville questionnent également. La Cour constitutionnelle a tranché, rejeté une grande partie des recours déposés par l’opposant, et validé la victoire du Président sortant. De son côté, Jean Ping, rejoue à la lettre le scénario Côte d’Ivoire 2010. Tout comme Alassane Ouattara à l’époque, il s’est déclaré vainqueur et a rappelé que le mandat d’Ali Bongo se terminait le 15 octobre. Pour tenter de calmer la crise, ce dernier a proposé un dialogue national tandis que son challenger propose, lui, un dialogue national inclusif… Par ailleurs, l’ancien Président de la Commission de l’Union Africaine appelle à l’ingérence de la communauté internationale mais ne mentionne pas l’ancienne institution pour laquelle il a tant œuvré. Cette attitude tranche avec ses propos tenus dans son excellent ouvrage publié en 2014 ; « Eclipses sur l’Afrique, fallait-il tuer Kadhafi ? ». Dans ce livre, il se posait en défenseur du panafricanisme, de la souveraineté des Etats et pourfendait l’attitude des occidentaux qui n’avaient pas daigné prendre en compte les analyses et les messages de l’Union Africaine lors des conflits de 2011 en Côte d’Ivoire et en Libye. En invoquant désormais l’ingérence extérieure, dans chacune de ses déclarations, en affichant ses soutiens tels que les Présidents Denis Sassou Nguesso et Alassane Ouattara ou Robert Bourgi, figure caricaturale de ce que certains appellent la françafrique, Jean Ping a déjà perdu la bataille de l’opinion publique africaine. Pendant ce temps, Ali Bongo profite de ces erreurs stratégiques pour se draper dans les couleurs du panafricanisme… L’ancien diplomate qu’est Jean Ping convoque également les ONG, telle qu’Amnesty international, et la Cour Pénale Internationale (CPI) pour enquêter sur les événements survenus après la déclaration de la victoire d’Ali Bongo. Ces émeutes auraient provoqué officiellement la mort de trois personnes ; l’opposition, elle, revendique entre 50 et 100 victimes. Mais le Président Gabonais a devancé son opposant en demandant lui-même à la CPI d’ouvrir une enquête pour « incitation à commettre le crime de génocide ». La procureur de cette institution Fatou Bensouda a immédiatement répondu présente.

Au passage, cette nouvelle affaire gabonaise risque de se révéler kafkaïenne pour la justice internationale. En effet, pour monter ses dossiers auprès de la CPI, Jean Ping a choisi comme avocat, Maître Emmanuel Altit, l’avocat de Laurent Gbagbo à la Haye. Or, l’implication de la Côte d’Ivoire dans le dossier gabonais est patente, des hackers ivoiriens se sont fait arrêtés à Libreville ; Mamadi Diané, proche d’Alassane Ouattara, a fait du lobbying à Washington pour le compte de Jean Ping. Certes, selon ses clients, un avocat peut défendre avec ardeur tout et son contraire : la non ingérence d’un côté et l’ingérence de l’autre. Mais dans le cas présent, la tâche risque de s’avérer très compliquée pour Maître Altit. En effet, prochainement dans le cadre du procès Laurent Gbagbo à la Haye, il va devoir faire subir un contre interrogatoire à un témoin clé du conflit ivoirien de 2011, le Général Mangou, ancien Chef d’Etat Major de Gbagbo mais actuel ambassadeur de Côte d’Ivoire au Gabon et qui a apporté son soutien à Jean Ping. Il n’est pas certain que la Cour apprécie ce qui fleure le conflit d’intérêt. Par ailleurs, le Front Populaire Ivoirien, FPI, parti dont le Président n’est autre que Laurent Gbagbo, a salué la victoire d’Ali Bongo dans un communiqué ! Il n’est pas certain que l’ancien Président ivoirien apprécie le choix de son conseil…

Dans cette nouvelle crise postélectorale tout est sans dessus-dessous : le Président sortant fait figure d’antisystème, l’alternance c’est lui, tandis que l’opposant prend le visage de la « communauté internationale » qui, elle, s’est pour l’instant contentée d’acter la victoire d’Ali Bongo. Grande perdante de ce vaudeville à Libreville, la population gabonaise qui ne s’y est pas trompée, le taux de participation a été un des plus faibles d’Afrique centrale avec un petit 60%.

Conclusion

Depuis l'avènement du multipartisme au début des années 1990, presque tous les pays d’Afrique centrale ont conservé les mêmes chefs d’Etat, ou à défaut leurs progénitures, comme au Gabon avec Bongo junior ou en République Démocratique du Congo avec Kabila fils. Deux exceptions cependant, Sao Tomé et Principe et la République Centrafricaine. Mais si ce dernier pays a connu l’alternance, ce n’est pas à cause de l’exemplarité de sa démocratie, mais en raison de coups d’Etats, de conflits meurtriers et de graves crises politiques à répétition.

Si la notion d’alternance est particulièrement peu en vogue dans cette sous-région, en revanche, pour maintenir populations et oppositions sous le boisseau, les répressions en tout genre sont très courues. Outre le maintien de l’ordre violent, souvent à balles réelles, qui s'exerce sur les manifestants à la moindre grève, ou rassemblement non autorisé, les pouvoirs publics ne se privent pas d’autres moyens comme l’arme fiscale, la remise en cause des titres fonciers ou encore les coupures intempestives d’internet et/ou d’accès aux médias étrangers. Ces pratiques quotidiennes ont pour effet de réduire à néant toutes contestations capables d’ébranler la quiétude de ces régimes sur le plan intérieur.

Cependant, rien ne semble définitivement joué au regard des manifestations de plus en plus fréquentes. Comme, par exemple, au Tchad, où la fronde politique larvée après l’élection présidentielle du 10 avril 2010 qui a vu la réélection d’Idriss Déby Itno après 26 ans à la tête de l’Etat, s’est muée en véritable révolte sociale. La situation tchadienne peut se résumer en une phrase : les caisses de l’Etat sont vides, sa dette faramineuse, l’économie tchadienne est atone et le mécontentement est général. Les pays payent généralement très cher les tensions post électorales qui nuisent gravement à l’économie des Etats. Les investisseurs deviennent frileux et boudent ces contrées peu propices à la stabilité et donc aux affaires. A cela, il faut ajouter la baisse des cours des matières premières que subit cette sous-région et ses conséquences sur le niveau de vie des populations. Ces crises politique et économique risquent, à  court terme, d’avoir raison de la paix sociale et la manière forte pourrait ne pas suffire. Toutefois, il faut attendre le 20 décembre, date de la fin constitutionnelle du mandat de Joseph Kabila pour apprécier la situation. L’évolution de l’Afrique centrale se fera en fonction de la RDC et des conséquences des fortes pressions exercées par les Occidentaux sur le pouvoir de Kinshasa.

Les tergiversations actuelles du pouvoir camerounais entre l'organisation anticipée de la présidentielle envisagée pour la fin de cette année et son maintien comme prévu en novembre 2018 tiennent compte de cette nouvelle donne ; car il ne fait plus l'ombre d'un doute que Paul Biya, en dépit de ses 34 ans de pouvoir, aimerait se succéder à lui même.

Les crises sociales sous l'effet conjugué de la baisse des cours des matières premières et des pressions politico économiques de l’UE et des USA pourront elles se traduire par des révoltes susceptibles de forcer les alternances politiques en Afrique Centrale ? Pour cela, il faudrait que la communauté internationale n’applique plus la politique "deux poids deux mesures" en fonction des enjeux stratégiques d’un pays et des intérêts géopolitiques particuliers de chacun de ses Etats. En Afrique francophone, l’opinion publique imagine souvent la main invisible de la France derrière tous ces malheurs, c’est beaucoup prêter à l’ancien colonisateur dont la politique africaine est au mieux illisible voire atone. D’autant que dans ce dossier le gouvernement de François Hollande ne parle pas d’une seule voix, en coulisse, les divergences de vues sont nombreuses entre le Quai d’Orsay, la Défense et Matignon. Les Etats-Unis - qui connaissent les mêmes problèmes entre le Département d’Etat, le Pentagone et la CIA, comme le démontre les derniers événements en Syrie - affichent de plus en plus d’intérêts pour les anciens pays du « pré-carré français ». Les peuples d’Afrique centrale sont donc pris en otage par leurs dirigeants à l’instar de ceux du Congo, de la RDC, du Cameroun, pour ne citer qu’eux, et des intérêts géopolitiques. Sauf changement majeur dans un proche avenir, les images insoutenables devraient continuer à nous parvenir…

Leslie Varenne
Directrice de l'IVERIS



[i] L'IVERIS suit le dossier du Congo Brazzaville depuis le mois de mars. L'institut a recueilli de nombreux témoignages en provenance de la région du Pool et les a compulsés. En fonction du nombre d'habitants dans les villes et villages de ce département et ceux qui ont eu le plus grand nombre de déplacés, comme Vincza, Mayama, Goma Tsé Tsé, Soumouna, Mbamou Séminaire et Ntsouélé le chiffre de 25000 apparaît comme le plus juste. A cela, il faut ajouter la fuite des habitants des quartiers sud de Brazzaville, Makélékélé, Bacongo et PK Mfilou. De la même manière, les témoignages recueillis au fil des mois nous permettent d'avancer le chiffre de 2000 à 3000 morts dans cette région du Congo Brazzaville.

[2] Dans un communiqué de presse de la plateforme de l'oppostion  Europe FROCAD-IDC- J3M

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Published by Gri-Gri International Leslie Varenne IVERIS - dans Congo Sassou RD Congo Gabon 2011 Côte d'Ivoire - Élections 2010 Francophonie
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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 10:49

Souverainistes-Ecologistes      

République Gabonaise  

Union-Travail- Justice        

Liberté-Développement-Durabilité  
 
COMMUNIQUE 

 
Le 27 août dernier, le peuple gabonais s’est rendu aux urnes pour élire son Président de la République sous le regard de nombreux observateurs nationaux et internationaux. A l’issue du scrutin qui s’est déroulé sans incidents et au vu des résultats émanant des bureaux de vote consignés sur les procès verbaux, le monde entier sait que le choix du peuple gabonais s’est porté sur la personne de Jean Ping. Contre toute attente, les institutions de la République en charge des élections, en tête desquelles la Cour Constitutionnelle, usant de mensonges, d’arguties juridiques et de violence armée, ont choisi de nommer Ali Bongo Ondimba à la fonction de Président de la République.  

Face à cette nouvelle forfaiture, et réalisant sans doute qu’il ne peut indéfiniment écrire l’histoire du Gabon avec le sang des gabonais, Ali Bongo Ondimba n’a trouvé, comme unique réponse à la volonté du peuple gabonais déterminé à voir son choix respecté, qu’un pseudo dialogue politique.  

Le parti Souverainistes-Ecologistes, membre signataire de la Convention citoyenne pour l’alternance et le changement “Jean Ping 2016“, renouvelle son soutien au Président Jean Ping qui a été largement élu Président de la République dans les urnes le 27 août 2016.  Profondément attaché au principe de la souveraineté du peuple tel qu’édicté par l’article 3 de la Constitution et conformément à la lettre et à l’esprit de la Convention sus citée tout en tenant compte de la quasi unanimité qui s’est dégagée après consultation de tous par le Président Jean Ping, le parti Souverainistes-Ecologistes dit NON au dialogue que propose Ali Bongo et rejette catégoriquement sa main tendue. NON au dialogue de la mort de la liberté et de la démocratie qui maintient notre pays dans la paix armée de la République abîmée et souillée ; NON à la paix des crimes rituels ; NON à la paix de l’école et du système sanitaire dégradés, NON à la paix de la justice biaisée…la paix de “qui perd gagne“. En effet, depuis l’élection présidentielle de 1993, les autorités en place perdent les élections dans les urnes et usent systématiquement de violences mortelles à l’encontre du peuple avant de se faire nommer par des institutions aux ordres. Elles appellent ensuite au dialogue qui ne vise en réalité qu’au partage de quelques postes sans réelles perspectives pour l’alternance et le changement tant exprimés par le peuple souverain. Pour sa part, le parti Souverainistes-Ecologistes qui se tient aux côtés du peuple souverain dont la volonté s’est clairement exprimée dans les urnes le 27 août 2016 reconnaît Jean Ping comme Président élu du Gabon et adhère de ce fait à son initiative d’un dialogue national inclusif, ainsi qu’à son appel à la résistance active pour que triomphe la “vox populi“ qu’aucune institution ne saurait reléguer, enfermer ou taire. 

Le parti Souverainistes-Ecologistes note pour le regretter qu’une partie de la Communauté internationale et certains amis du Gabon aient choisi de prendre tout simplement acte d’une 
forfaiture qui ne fait l’ombre d’aucun doute. Comme si la Démocratie dans notre pays ne devait pas répondre aux canons universellement admis. Ils invitent même l’Opposition à dialoguer avec et sous la tutelle de son oppresseur ; un dialogue qu’ils savent pourtant biaisé et qui n’est rien d’autre qu’un dialogue de dupes. 

Le parti Souverainistes-Ecologistes interpelle la Communauté internationale et attire son attention sur le danger que constitue pour un peuple épris de liberté, de démocratie et désireux de bien-être, toute absence de perspective, absence contre-productive pour tous. 
Pour terminer et en tout état de cause, le parti Souverainistes-Ecologistes salue la détermination et les actions de la Diaspora gabonaise à travers le monde et l’invite à poursuivre ses efforts. Dans le même registre, il invite tous ses militants, sympathisants ainsi que le peuple du changement à ne pas baisser les bras, à rester mobilisés afin d’œuvrer pour l’alternance et au changement dans le cadre de la Résistance active.  
 
Fait à Libreville, le 11 octobre 2016

 

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Published by Gri-Gri International Le parti Souverainistes-Ecologistes - dans Gabon 2011 Francophonie Politique
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 08:02

Pas sûr que Théo Kouamouo avait prévu d'intervenir sur les réseaux sociaux à ce point dans ce qu'il faut bien dorénavant appeler la crise postélectorale gabonaise. On notera que les premiers posts sur sa page Facebook sont d'ailleurs plutôt légers, persifleurs.

Assez vite, à la faveur de la supposée implication de hackers ivoiriens dans le processus électoral gabonais, mais surtout, comme nous, parce qu'accablé par certaines réactions et publications de pro-Gbagbo (Ivoiriens, mais pas que) qui commençaient :

- au nom d'un légalisme qui laisse dubitatif ;

- au nom de leur découverte (récente, la plupart d'entre eux se fichaient du Gabon il y a encore 15 jours) d'un nationalisme bongolien franchement hilarant (on en jugera, ci-dessous, à travers l'analyse des relations commerciales entre la France et le Gabon d'Ali le looser) ;

- et même (pourquoi pas, au point où on est !) de celle d'un panafricanisme alien presque aussi subjugant et convaincant que celui de leur veil "ami" Guillaume Soro ;

...à soutenir de fait Ali Bongo. Au mépris du vote gabonais.

Contre un Jean Ping que soutiendrait la France (comme si elle ne soutenait pas AUSSI le Ali Bongo qu'elle a installé !).

Un Jean Ping qui par sa corruption même virginiserait Ali Bongo.

Un Jean Ping, surtout, coupable, disons-le, d'avoir, lorsqu'il présidait la Commission des Affaires étrangères de l'Union africaine, réclamé le départ de Laurent Gbagbo, durant la crise postélectorale ivoirienne, en refusant sa proposition de recompte... proposition de recompte que LE MONDE ENTIER ou presque (nous sommes bien placés pour le savoir) refusa (même d'entendre).

Proposition de recompte que balaya bien plus influent que Jean Ping : Ban Ki Moon soi-même, déjà Secrétaire-général de l'ONU qui n'eût pas peur de déclarer : "Ce serait une injustice" ! Loin de nous l'idée de dédouaner Ping de sa faiblesse, de ses combines, de sa nullité même à la tête de l'UA (dénonçant la négrophobie des nouveaux maîtres de Tripoli, mais en pleurnichant parce qu'infoutu de mettre en place une force africaine d'interposition pour sauver ces malheureux).

Mais pour réussir à (se) cacher l'ONU derrière l'UA et Ban Ki Moon derrière Jean Ping, il faut des pouvoirs magiques ! Et un côté Louis de Funès...fort avec les faibles et faible avec les forts. Accablé, Théo le fut plus encore lorsqu'il s'aperçut que la mauvaise foi pouvait amener certains néo-bongolâtres à refuser le recompte au gabon SOUS PRETEXTE QU'IL LEUR AVAIT ETE REFUSE A EUX.

Texte : G.P.

Retrouvez ci-dessous les réflexions postées par Théophile Kouamouo depuis le 28 août dernier. Théophile Kouamouo

28 août, 19:57 ·

Résumons. Au Gabon, le président sortant est l'oncle des enfants de son challenger et le frère de ceux de l'arbitre des élections. #gabonvote Théophile Kouamouo a partagé la publication de

Abdelaziz Moundé Njimbam.

29 août, 22:51 ·

Abdelaziz Moundé Njimbam

29 août, 22:20 ·

MON DIEU, ILS ONT OSÉ COMPARER ALI BONGO À LAURENT GBAGBO ! SACRILÈGE ! Il n'y a absolument aucun rapport entre Laurent Gbagbo et Ali Bongo. Cette comparaison tient de la déraison. On ne compare pas un héros de la lutte pour la démocratie et le multipartisme au plus fort de la férule d'Houphouët Boigny, des potentats et des partis uniques africains avec un héraut de l'héritage des acteurs clés de la Francafrique. On ne compare pas une figure de la libération africaine, au pedigree établi, au parcours éprouvant et aux états de service avérés avec le continuateur de la plus vieille dynastie politique - fabriquee - d'Afrique Le parallèle avec la crise ivoirienne de 2010 est forcé et abscons. C'est Bilie By Nze, porte-parole du candidat, président sortant Ali Bongo, qui le premier, de manière solennelle a annoncé la victoire de son champion, contraignant Jean Ping, le lendemain à répliquer. Les faits sacrés et les comparaisons, sacrilège ! Théophile Kouamouo

30 août, 15:36 ·

Les amoureux de datajournalisme et de statistiques vont bien s'amuser avec l'élection présidentielle du Gabon. Je subodore une manoeuvre à l'ivoirienne : augmenter le taux de participation dans le bastion et propice à tous les miracles démographiques. Théophile Kouamouo

30 août, 15:54 ·

La partie drôle du film, c'est quand la "communauté internationale" va demander le recomptage des bulletins de vote au Gabon. Théophile Kouamouo

31 août, 12:52 ·

Gonfler le taux de participation dans notre fief pour "gagner". Tiens, ça rappelle qqch (quelque chose, ndlr) aux Ivoiriens. J'ai pas dit nom de quelqu'un. Théophile Kouamouo

31 août, 13:08 ·

Ma "prophétie" s'est accomplie. L'UE demande le recomptage bureau de vote par bureau de vote au Gabon. Gbagbo yako. Théophile Kouamouo

1 septembre, 07:57 ·

Au Gabon, le sens de l'Histoire nous oblige. Le combat de la transparence électorale est celui des démocrates africains. Quoi qu'on pense des deux protagonistes et des doubles standards de la "communauté internationale". Théophile Kouamouo 1 septembre, 21:07 ·

Après l'expression "ingrat comme crocodile de Yamoussoukro", je vous présente l'expression "rancunier comme Ivoirien pro-Gbagbo". Et ping ! 😁😂😆 Théophile Kouamouo 1 septembre, 21:22 ·

Dans un cas ou dans un autre, la présidente de la Cour constitutionnelle va investir le papa des neveux de ses enfants. #Gabon

Théophile Kouamouo

6 septembre, 00:18 ·

Je lis des choses qui m'étonnent sur les comptes Facebook de certains amis ivoiriens pro-Gbagbo qui soutiennent la fraude électorale au Gabon en utilisant des arguments qui peuvent être retournés contre eux.

- Ping se serait disqualifié en se proclamant président élu. Mais en octobre 2000, c'est ce que Laurent Gbagbo a fait, quand Robert Guei a grossièrement interrompu le processus électoral pour se proclamer vainqueur. Le 24 octobre 2000, se considérant porté par une légitimité des urnes contrariée par la machine administrative du régime, il disait : "Dès à présent, c'est moi le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire. Je déclare dissous le gouvernement de transition (...) Je demande à tous les patriotes ivoiriens de descendre en ville dans tous les quartiers jusqu'à ce que Gueï recule. Je demande à tous les militants de se dresser pour faire barrage à l'imposture".

- Ping doit être combattu parce qu'il se trouve que la France s'oppose à Ali. Mais en 2000, la France s'opposait à Guei... "Nous assistons à Abidjan à une tentative de coup de force. La France ne l'acceptera pas, ni l'Union européenne, et en tirera les conséquences", déclarait le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine. "La Commission nationale électorale peut encore rétablir le cours du retour à une situation constitutionnelle", poursuivait-il.

Le peuple se souleva. Le tricheur s'enfuit. Les opérations électorales furent relancées. Le gagnant (autoproclamé par la force des choses) fut confirmé, et investi.

Le légalisme n'est acceptable que quand la légalité rejoint la légitimité. La souveraineté n'appartient pas aux Etats. Elle appartient au peuple.

Ne nous transformons pas en soutiens des dictatures les plus éhontées juste au nom d'une "pensée d'opposition" bien stérile. Théophile Kouamouo

6 septembre, 12:44 ·

"Et si le pouvoir gabonais, par ses actions d’agit-prop rondement menées, essayait en réalité de masquer les batailles féroces menées par ses hackers à lui pour saboter toute tentative de surveillance du processus électoral par la société civile et l’opposition ?" (citation extraite de l'article ci-dessous). http://rue89.nouvelobs.com/…/elections-gabon-clan-bongo-den… Théophile Kouamouo

6 septembre, 18:21 ·

Dans l'affaire gabonaise, il y a un certain nombre de questions qui interpellent sur la démocratie en Afrique, la souveraineté de l'Afrique et le progrès de l'Afrique. Il faut les traiter rigoureusement.

- Les deux hommes que les suffrages des Gabonais ont mis face à face sont deux figures du système qui dirige le pays depuis cinq décennies. Ce sont des créatures d'Omar Bongo. C'était assez similaire lors des élections au Burkina Faso, où en dépit de la "révolution", deux anciens alliés de Blaise Compaoré sont arrivés en tête du scrutin. Pareil au Bénin avec Zinsou et Talon, des hommes du système Yayi. Même chose au Sénégal avec Macky Sall, qui a succédé à Wade, dont il avait été Premier ministre. Notre multipartisme produit des alternances sans alternatives. Pas tant parce que des partis installés ont pris possession du jeu électoral comme en Occident, mais parce que l'argent est le seul vrai maître de nos élections. Il faut de l'argent pour imprimer les affiches de campagne, acheter les tee-shirts, convoyer les scrutateurs aux quatre coins du pays, convoyer les militants, faire manger les militants, payer les "militants". Nous n'avons pas de système encadré de financement de la vie politique. Ceux qui ont de l'argent à "investir" dans la course au pouvoir sont ceux qui ont eu le temps d'en accumuler (récemment, car l'argent finit) de par leurs positions politiques.

- L'entregent international, les liens avec la "communauté internationale", comptent autant, sinon plus que l'argent, et en tout cas plus que les bulletins de vote, quand nous allons aux urnes. Car il y a très souvent un troisième tour dans la rue, et les prescriptions, recommandations, oukases et "bombes démocratiques" finissent souvent par importer plus que la vérité des suffrages.

- Ces deux facteurs combinés font que les Africains sont tentés par une sorte de "désillusion démocratique". Le panafricanisme peut finir par dériver dans une sorte de positionnement systématiquement à l'opposé de celui des Occidentaux, ce qui revient paradoxalement à toujours leur être soumis, parce qu'on n'a pas d'autre agenda que de dire le contraire de ce qu'ils disent. L'enfant de 2-3 ans dit "non" systématiquement. Mais il demeure enfant. Il est incapable de construire ses raisonnements en pleine autonomie. La revendication de la souveraineté des Etats, sans trop de respect pour la souveraineté des peuples qui y vivent, peut conduire à de graves dérives et même à une forme de colonialisme. En gros, "les Gabonais ont mal voté, dis donc. Voici ce qui est bon pour eux".

- Ce type de problèmes n'est pas nouveau. Nos parents l'ont vécu. Dans le contexte de la guerre froide, ils avaient l'impression qu'il fallait qu'ils choisissent de s'allier soit aux dictatures pro-Est, soit aux dictatures pro-Ouest, les deux jouant contre leurs peuples. C'est pour sortir de cette contradiction qu'en 1983, Laurent Gbagbo, au coeur de cette guerre froide, a écrit Côte d'Ivoire : pour une alternative démocratique. La démocratie, a-t-il théorisé, sera l'instrument de notre souveraineté. Visionnaire.

- Le combat doit donc être avant tout celui de la consolidation de l'expérience démocratique, celui de la transparence électorale, celui du libre choix citoyen. Si l'on est progressiste, et minoritaire par la force des choses, il faut tout de même soutenir le jeu démocratique, y compris quand il sert des forces "réactionnaires". Il faut construire patiemment des majorités d'idées, apprendre à contourner les forces de l'argent et les alliés des dominations extérieures, plaider, dévoiler, éduquer le peuple pour qu'il produise demain des leaders qui nous aideront à faire de vrais bonds qualitatifs grâce à la démocratie. Théophile Kouamouo

6 septembre, 23:40 ·

La crise au Gabon nous renvoie également à la problématique des "transitions démocratiques" en Afrique. De nombreux amis considèrent la défiance de Ping vis-à-vis des institutions électorales de son pays comme un inexpugnable péché. J'avoue que je suis agacé par un certain formalisme qui s'apparente à un fétichisme des institutions nationales, qui seraient le refuge de nos souverainetés. Et pourtant, nos institutions ont une histoire. Elles ont été créées par le colonisateur, souvent à la suite de scrutins truqués à la veille des indépendances. Leur but était d'empêcher les peuples d'exercer leur souveraineté, et le parti-Etat a incarné jusqu'à la caricature le détournement de ces institutions. Depuis un quart de siècle, l'Afrique tente de se doter d'institutions démocratiques, à l'opposé de celles qui ont régi sa vie politique pendant de nombreuses décennies. Mais comment défaire l'ancien pour faire advenir le nouveau ? - Dans certains cas comme au Bénin et au Ghana, le dictateur s'est transformé en démocrate, rendant irréversible la transition démocratique. Au Sénégal, l'ex parti unique, qui s'est lui-même démantelé assez vite, a consenti à l'alternance. - Mais dans de nombreux pays, les pouvoirs "historiques" ont vidé l'exercice démocratique de tout sens, et font des élections une sorte de match dont on connait la fin. Les Constitutions n'y sont pas validées par référendum, et les Codes électoraux sont écrits pour laisser de grosses brèches à la "technologie électorale". Vous pensez vraiment que c'est le peuple gabonais qui veut d'une élection à un tour, où on peut être président avec 25% des suffrages ? - Face à la mauvaise foi des dirigeants, les transitions démocratiques se sont souvent déroulées après des coups d'Etat, ou des décès de présidents là où leurs fils n'ont pas, comme au Gabon et au Togo, profité de leur entregent pour s'asseoir sur le fauteuil de papa. - L'insurrection populaire, la désobéissance civile et la défiance vis-à-vis des institutions est un droit légitime des peuples africains là où il est démontré, comme au Gabon, que les élections n'en sont pas. - Il faut vraiment cesser l'hypocrisie. Si on glorifie les institutions vérolées du Gabon, il faut faire pareil pour celles du Cameroun, du Togo ou de la Côte d'Ivoire. Arrêter de contester la CEI contrôlée par Ouattara à Abidjan, par exemple. Protester si, d'aventure, les contradictions entre les clans au pouvoir produisent un coup d'Etat... et une transition. Accepter que Soro organise les élections avec Youssouf Bakayoko en quarante jours en cas de vacance du pouvoir à Abidjan un de ces quatre. - Quel est ce panafricanisme qui absolutise nos expériences nationales, nos luttes, en les considérant comme référentielles, et en en faisant l'unique grille possible des situations politiques de l'Afrique entière ? Aimer l'Afrique, c'est aussi considérer la situation de chaque pays selon ses réalités propres. Théophile Kouamouo

7 septembre, 01:39 ·

Il est toujours mieux de mener la bataille de demain et non d'hier. Il serait plus utile aux opposants ivoiriens de soutenir la cause de la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote au Gabon pour mieux la transporter en Côte d'Ivoire et mettre encore plus mal à l'aise ceux qui ne voudront pas en parler lors du référendum constitutionnel qui vient, et qui nécessitera comme d'habitude de faire des tripatouillages dans le "Haut Ogooué" du pays, c'est-à-dire le septentrion. Et puis même quand on mène les batailles mémorielles, il faut le faire en se faisant porter par les tendances d'aujourd'hui. Si, par exemple, une commission d'historiens allait, suivie par des caméras et des appareils photo, à la CEI pour demander les résultats des scrutins de 2010 et 2015, "bureau de vote par bureau de vote" ? Ce serait bien plus gênant que la glorification du fraudeur de Libreville, qui ne peut que laisser à celui qui maîtrise mal le dossier ivoirien la fâcheuse impression que "les oiseaux de même plumage volent ensemble". Théophile Kouamouo

7 septembre, 10:54 ·

Il y a plusieurs manières de construire son raisonnement.

- On peut dire : "Je n'aime pas quelqu'un. Puisque je ne l'aime pas, je trouve des arguments a posteriori pour le noyer, même si je n'aurais pas usé des mêmes arguments pour un autre, et même si demain je changerais d'arguments dans des situations similaires s'il se trouve que j'aime la personne qui sera concernée".

- On peut dire aussi : "J'ai des affinités mais j'ai aussi des principes. Je fais passer mes principes au-dessus de mes affinités pour garder une certaine cohérence et de la crédibilité. Cela ne m'empêche pas de faire appel à mon sens de la nuance pour expliciter mes positions". Théophile Kouamouo

8 septembre, 12:57 ·

Pourquoi l'informaticien N'Cho Yao est-il, selon des messages d'alerte de ses proches, retenu contre son gré à Libreville, "en zone de refoulement", à l'aéroport ? Selon des informations confuses, parce qu'il aurait participé à des "opérations de manipulation" ou de "fraude électorale" au pays de l'okoumé. Dans sa dernière interview à RFI, Ali Bongo s'en prend à un "Monsieur Yao" travaillant pour Jean Ping, et la rédaction Internet de ce média, dans sa retranscription, indique qu'il s'agit de Yao N'Cho. Il y a sans doute une confusion liée au fait que parmi les Ivoiriens retenus au Gabon, se trouvent un "Yao" (N'Cho) et un "Yéo" (Sihifowa).

J'ai réussi à me procurer un document (en fin de post, ndlr) pour le moins troublant. Il s'agit de la lettre d'invitation adressée à Yao N'Cho et à son collègue Gueu Zian Smith, en préparation de leur voyage en direction de Libreville. Elle a été rédigée par Krystian Onanga, de la Société gabonaise de services (SGS), qui peut être difficilement considérée comme un cache-nez ou un instrument de Ping.

Pourquoi ? Elle est contrôlée, selon des révélations de Mediapart par Delta Synergie, une holding de la famille Bongo, dont l'actuel ministre des Transports et ancien ministre de la Défense d'Ali, Ernest Mpouho, était en 2015 un des actionnaires minoritaires. SGS est une société de gardiennage et de sécurité, leader dans son domaine. Cette société est même accusée par l'opposition d'être une "milice" au service d'Ali Bongo.

Difficile d'imaginer qu'une telle société a invité un "hacker" pro-Ping la veille des élections.

Que reproche donc le pouvoir gabonais à N'Cho Yao, qui a quitté Abidjan le 24 août, c'est-à-dire trois jours avant la présidentielle gabonaise ? Le jeune expert ivoirien est-il tombé dans un piège prémédité ? C'est fort probable. Théophile Kouamouo

8 septembre, 15:19 ·

Qui peut m'expliquer :

- Comment on truque une élection où le bulletin de vote est "papier", les PV de compilation sont "papier" et les calculs sont faits offline... avec des ordinateurs et une application ?

- Comment REGAB, une application reconnue pour "pirater l’ensemble des données personnelles de ses utilisateurs" (du phishing, donc) selon le gouvernement gabonais a été validée et approuvée par Google Play, et figure toujours dans le "store" malgré les graves accusations du Palais de bord de mer ? Ou bien Google est dans le coup aussi ?

Si nous faisons l'effort de comprendre, nous arrivons à la conclusion que c'est bel et bien le processus de comptage électronique parallèle et en temps réel qui a fait paniquer le pouvoir de Libreville et a entrainé des attaques de hackers contre REGAB (http://rue89.nouvelobs.com/…/elections-gabon-clan-bongo-den…). Un organisme avait voulu, en Côte d'Ivoire en 2010, procéder à ce type de comptage parallèle et en temps réel. Il s'agit de SILS Technology, une filiale du BNETD. Toutes les parties à l'élection en avaient convenu, puis le RHDP avait fait volte-face, puis avait fait mine d'accepter, avant que le siège de l'entreprise soit cambriolé puis que les agents de SILS soient refoulés dans le Nord du pays tenu par l'ex-rébellion (autant dire le Haut Ogooué ivoirien). Le Nouveau Courrier avait écrit un long article sur la question : http://regardscroises.ivoire-blog.com/tag/sils-technology Théophile Kouamouo

8 septembre, 20:05 ·

LES THEORICIENS DE L'IMPUISSANCE. D'une certaine manière, les arguments de certains pro-Gbagbo sur leur soutien de plus en plus assumé à Ali Bongo Ondimba laissent entrevoir leurs propres impasses conceptuelles sur le terrain de la politique nationale.

- Ils insistent sur un respect intégriste des institutions nationales, de leurs procédures et de leurs décisions. Un respect qui n'est pas justifié par l'honnêteté et la légitimité de ces institutions mais par leur nature d'institutions. Ainsi Yapi Yapo Atsé écrit à propos de Ping : "On commence d'abord par respecter les institutions en formulant des réclamations après la proclamation des résultats. C'est-à-dire qu'il y a tout un processus à terminer avant de demander la reprise de celui-ci", écrit-il. OK.

- Paradoxalement, il refuse d'accorder sa confiance aux institutions électorales ivoiriennes, tout aussi verrouillées par le pouvoir qu'au Gabon. Yapi Yapo écrit ainsi : "Je me rends compte que M. Théophile kouamouo persiste toujours dans sa logique de considérer les élections en CI comme un événement. Pour ma part, je considère que les grands électeurs en CI sont la France et ses bombes; je me sens donc pas concerné par aucune élection en CI".

- En gros, il faut respecter les règles du jeu. Si elles ne nous plaisent pas, il faut boycotter. Il s'agit donc d'un boycott passif. Que doit donc produire ce boycott passif ? Il ne dérange pas le pouvoir qui truste tous les postes grâce à lui. S'agit-il d'alerter la communauté internationale et de la pousser à exercer des pressions sur le régime pour qu'il fasse évoluer les institutions ? Non. Celui qui est soutenu par la communauté internationale est forcément un traître à son peuple. S'agit-il de créer les conditions d'un changement de régime de nature révolutionnaire, donc forcément anticonstitutionnelle ? Non. Les institutions, bonnes ou mauvaises, sont sacrées.

- Il s'agit donc d'une théorie de l'impuissance. Non aux élections, non à la révolution. Naturellement, puisqu'elle ne propose aucun horizon, elle pousse ceux qui s'y soumettent pour diverses raisons et avec divers degrés de sincérité à se réfugier à la fois dans l'attente d'un fait "extérieur" et dans un culte de la personnalité à caractère non plus politique (les perspectives sont bouchées) mais religieux (au sens païen). L'histoire n'est plus regardée de façon pragmatique, analytique mais de manière mythifiée. Ses nuances apparaissent insupportables, et ses évidences sont contrariées. On refuse d'admettre que Gbagbo, en 2000, a réussi ce que Ping a échoué en 2016, c'est-à-dire une révolution qui se sert d'une élection truquée pour mobiliser et se légitimer. On ne se rend même plus compte que la diffusion de tracts en 1980, le boycott actif en 1995 ou les marches interdites ou maintenues ne relèvent pas du respect fanatique des institutions que l'on dit prôner. L'importun qui soulève les questions de fond est soumis à un étrange chantage affectif : "Tu n'aimes pas Gbagbo sinon tu ne dirais pas ça". C'est le degré zéro de la politique. Théophile Kouamouo

Hier (9/9/16), à 01:56 ·

On peut se dire : "Je suis contre le colonialisme/Partout où je vois l'ancien colonisateur à gauche, je me mets à droite/Je peux même me mettre aux côtés d'un kleptocrate vomi par son peuple/C'est son peuple qui ne comprend rien/Tous ceux que la France n'aime pas, n'aime plus ou donne l'impression de lâcher sont bons même si les morts votent dans leurs fiefs, même s'ils instrumentalisent une loi rédigée par eux sans le peuple pour barrer la route au dialogue et consacrer le règne du plus fort".

On peut aussi se dire : "Je suis contre le colonialisme/La meilleure manière d'éloigner son spectre est de trouver des consensus internes acceptables par tous, d'organiser progressivement des scrutins transparents, des passations de marchés propres, un partage du pouvoir pacificateur, des institutions électorales qui ne sont pas dirigées par Belle Maman/Quand on vote dimanche et que le même dimanche les reporters des médias libres diffusent librement les résultats bureau de vote par bureau de vote, et qu'ils sont compilés dès le lundi dans les journaux, on s'épargne des troisièmes tours dans la rue et on évite de donner aux autres des prétextes pour venir accomplir des improbables missions civilisatrices." Théophile Kouamouo 21 h ·

Demba Traoré, directeur national adjoint de campagne Gbagbo 2010 chargé de la communication et des TIC parle.

"Avouons le tout de suite. Mes jeunes collaborateurs et moi aurions pu être Yeo Sihifowa l’informaticien accusé d’être « hacker » ou tous les autres informaticiens ivoiriens qui sont mis en cause dans cette crise par le Camp Bongo. Je tiens cependant à préciser que je ne connais Yeo Sihifowa et ses partenaires ni d’Adam ni d’Eve. Je ressens de la peine pour eux et je suis déçu par le silence du gouvernement ivoirien face au traitement qu ils subissent au Gabon. En ce moment précis j’ai une pensée pour tous les jeunes qui ont travaillé avec moi en 2010 en Côte d’Ivoire pour collecter les résultats pour un des candidats et qui se sont mobilisés spontanément pour me permettre de faire une offre à un des candidats dans un pays de la sous région début 2016. J’ai froid dans le dos quand je pense que j’ai fait des propositions de service à des candidats au Gabon qui n’ont fort heureusement pas reçu de suite, C’est Dieu qui est fort avons-nous coutume de dire en Côte d’Ivoire. Au nom donc de tous ces jeunes qui ne demandent qu’à vivre de leur savoir faire, ici l’informatique, je ne peux pas me taire. Oui si les journalistes ont le droit d’exercer leurs métiers partout où besoin en est, et qu ils sont soutenus par reporters sans frontières et les autres organisations professionnelles, s’il en est de même pour les avocats pourquoi n’en serait-il pas de même pour des informaticiens ? Nous aussi avons le droit d'exercer notre métier sans être inquiété. Collecter des résultats des élections bureau de vote par bureau de vote avec le transfert des images des procès verbaux à l’aide d’applications installées sur des smartphones GSM ou satellitaires n’est en rien une opération d’intrusion illégale ou abusivement nommé hacking. La mise en place d’un système de collecte des résultats, quand c’est bien exploité permet à un candidat de confirmer ou d’infirmer les tendances et d’anticiper sur le résultat définitif. Cette plateforme devient plus efficace quand elle est couplée avec des sondages au sortir des urnes à la mi journée et à la fermeture des urnes. L’ensemble ayant l’avantage de permettre à un candidat qui a accepté sa défaite d’appeler le vainqueur d’avance et de le féliciter comme ce fut le cas dans 2 à 3 pays de la sous-région. (...) Comme on vient de le voir la mise en place d’une plateforme de gestion des élections par les candidats doit être encouragé quand on veut vraiment promouvoir la démocratie. Cette pratique est loin d’être un acte criminel d’intrusion de système d’information ou de piratage par des « hackers » comme le gouvernement gabonais veut le faire croire. En effet Ali Bongo est en plein dans la surenchère et la diversion quand il brandit des jeunes comme complices de son adversaire Jean Ping pour avoir organisé la fraude. Comment des résultats transmis à partir de téléphones satellitaires peuvent-ils compromettre des procès verbaux en papier de la CENAP ? Le Gabon a-t-il en place une plateforme de vote électronique de bout en bout dont l’intégrité a été compromise par Yeo et ses prétendus complices ? Si telle n’est pas le cas comment des « hackers » aussi ingénieux qu ils soient peuvent-ils commettre à l’aide de téléphones satellitaires des procès verbaux en papier ?"

(Extrait d'une tribune à paraître). Théophile Kouamouo 15 h (9/9/16)

C'est bizarre, vous ne trouvez pas ? Entre 2009 et 2014, sous le très panafricain et anticolonialiste ABO, l'excédent commercial de la France sur le Gabon est passé de 215 millions d'euros à 556 millions d'euros. C'est presque un triplement. Les importations de la France venant du Gabon sont passées de 234 millions d'euros à 124 millions d'euros. En revanche, les importations du Gabon provenant de la France sont passées de 449 millions d'euros à 680 millions d'euros. En gros, le Gabon "indépendantiste" a pris l'argent de son pétrole, puis s'est endetté et a puisé dans ses réserves à la BEAC pour acheter des biens et des services à la France "colonialiste". EUUH.

Théophile Kouamouo 14 h · (9/9/16)

Les Camerounais pro-Ali là, j'espère que vous n'allez pas pleurer quand Frank, que dis-je Brenda Biya va s'asseoir à la suite de son père sur le "trône" d'Etoudi hein. Bon. En plus, selon mes sources, elle AURAIT manqué de respect à un ambassadeur français lors de son dixième anniversaire. Donc elle est anticolonialiste. :) Théophile Kouamouo 11 h · (9/9/16)

Tu vas chez le "Diallo" et au garbadrome et tu achètes ta brocante chez les nagos. Soit tu trouves ça normal soit tu te plains un peu de l'emprise de certaines communautés sur l'économie de ton pays. Tu sais toutefois que le mouvement vers l'intégration africaine est irréversible. Mais quand tes frères informaticiens et experts en tous genres exportent eux aussi dans leur Afrique leurs talents ayant d'ailleurs une plus forte valeur ajoutée et se font persécuter, tu dis que c'est bien fait et que ce sont des "ingérents" et des pirates. Haho.

PS : ci-dessous la playlist des vidéos consacrées aux travaux et interventions de Théophile Kouamouo, journaliste, auteur, patron de presse et blogueur. Ainsi que le document annoncé dans l'article.

Réflexions à l'usage des Néo-Bongoliens / par Théophile Kouamouo (feat.G.P.)
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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 09:23

Le directeur de publication Marwane "Nicolas Bedos" Ben Yahmed, ci-devant rejeton de l'africanophile bien connu BBY, à propos de la crise au Gabon, se fend (ICI) d'un édito donneur de leçons : Le Gabon pour les nuls.

L'époque se prête à la pédagogie, effectivement ; moins peut-être aux impostures et emplois réservés au nom du droit du sang.

Rassurez-vous immédiatement : no mea culpa. La honte, la culpabilité et le remords sont des variables d'ajustement dans la dynastie Ben Yahmed - à la tête de Jeune Afrique depuis bien plus longtemps que le plus vieux de tous les présidents africains.

Traduction : passant en revue le règne du Mollah Omar Bongo et les premiers pas au pouvoir de son Mollah'Son d'Ali, jamais l'impayable mais très achetable JA ne vous dira combien les Bongo ont rapporté (et coûté) au journal.

Combien de Unes, d'interviews ultra complaisantes, de papiers passe-plats ou cire-pompes, de secrets de bidets et de confidences de chiottes, de pages de pub pour infrastructures, de publireportages "économiques" aux données et chiffres parfois franchement comiques.

MBY, futé comme pas deux, a choisi, pour structurer son texte, de l'articuler en "entrées", façon dico. Et finit par nous produire le ravissant :

"P comme poncifs.

Les bons contre les méchants, l’opposant démocrate contre le dictateur sanguinaire : voilà ce qui, à de rares exceptions près, nous est seriné dans la presse, notamment française. Ce qui est sûr, c’est qu’une partie des Gabonais ne peut plus souffrir le règne des Bongo. Dans quelle proportion ? Difficile à dire, si ce n’est qu’elle est importante."

Marwane, la prochaine fois, ne t'oublie pas à la lettre "F comme faux-cul".

Je te cite (in extenso) :

"Ce qui est sûr, c'est qu'une partie des Gabonais ne peut plus souffrir le règne des Bongo. Dans quelle proportion ? Difficile à dire, si ce n'est qu'elle est importante."

LOL, LOL et RE LOL !

Texte : G.P.

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Published by Gri-Gri International G.P. - dans Gabon 2011 Francophonie 1er Gaou Politique
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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 12:17

Texte posté ce jour (9/9/16) sur le compte Facebook de l'ancien ministre ivoirien et Porte-parole de Laurent Gbagbo Justin Koné Katinan. Le Gabon : l’Algérie française d’Afrique équatoriale

J’ai entendu, sur les ondes d’une radio française, Antoine Glaser justifier les hésitations de Hollande à intervenir militairement au Gabon, entre autre, par le fait que le Gabon aurait perdu de l’importance stratégique pour la France. Il n’y a pas de plus grande contre-vérité que cette affirmation. Dans le système gaulliste, les anciennes colonies françaises d’Afrique constituent encore l’un des axes majeurs de la diplomatie française. Aucune des sœurs africaines de Marianne (les « Mariannettes » d’Afrique) n’a perdu d’intérêt géostratégique pour la France. Le système Foccart organisé autour de la trilogie « surveiller, intervenir et punir » reste encore très fort. Elf n’existe plus, mais Total assume avec fierté l’actif et le passif de sa défunte sœur qui était devenue encombrante pour la France. L’ajustement de sa politique africaine pour en dissimuler sa vraie nature est un art consommé pour les Gaulois. C’est le Président Laurent GBAGBO qui s’était opposé à son ami, Albert Bourgi, sur la nature exacte de la conférence de Brazzaville de 1944. Le premier y trouvait là un ajustement organisationnel de la politique coloniale française quand le second qualifiait cette conférence de prémices d’une décolonisation française.

En 1990, l’on a applaudi le discours de la Baule qui va se révéler n’être qu’une opération de recépage pour mieux rajeunir l’arbre du dispositif colonial en Afrique. 5 ans après la guerre de la France en Côte d’Ivoire, la crise électorale au Gabon rappelle que l’héritage colonial est loin d’être liquidé. La France n’entend pas quitter son pré-carré africain, en tout cas, pas de gré. L’issue de la crise gabonaise sera à la faveur de celui qui aura, au bout de négociations sécrètes, donné plus de garanties à la France quant à ses intérêts sauf si le peuple gabonais en prend conscience et oblige, une fois pour toute, la France à liquider la succession gaulliste dans ce pays. Il leur faudra pour cela beaucoup de larmes et de sang comme en Algérie. Puisque, dans les faits, le Gabon est français, tout comme l’Algérie fut française, parce que, comme Houphouët en Côte d’Ivoire, Léon Mba lui aussi, a pleuré la rupture des fiançailles avec l’époux français avant de se réjouir à nouveau, lorsque, grâce à Foccart, le fiancé gaulliste a accepté le concubinage avec ses courtisanes africaines. Or, dans les relations de concubinage, le concubin n’a aucun devoir vis-à-vis de la concubine. Il lui soutire les délices pendant des belles nuits, la nourrit de l’illusion d’un amour profond, lui administre quelques corrections lorsque la concubine se montre un peu réticente, ou lorsqu’elle cherche à se remettre dans un ménage sérieux avec un autre partenaire. C’est la caricature des relations franco-africaines que Pierre Biarnès, ancien correspond du journal le Monde pour l’Afrique décrit de façon lapidaire en ces termes : « consolider le pouvoir des dirigeants qui jouaient loyalement le jeu de l’amitié franco-africaine et faire sentir le mors à ceux qui regardaient un peu trop dans d’autres directions ; contrer en même temps les visées des puissances concurrentes dès qu’elle étaient jugées menaçantes ». Jouer le jeu de l’amitié franco-africaine, c’est ne pas titiller les multinationales qui sont les vrais détenteurs du pouvoir politique en France dans leur exploitation du Continent. Sinon l’on devient Laurent GBAGBO qui employait les enfants dans les plantations de cacao, Obiang Nguema dont la famille est sans cœur en Guinée équatoriale, Ali Bongo devenu, le temps d’une élection, le pilleur intolérable de l’économie gabonaise. Hasard ou préméditation, tous les « dictateurs africains » n’apparaissent comme tels que lorsqu’ils s’attaquent à des multinationales. I/Laurent GBAGBO contre les chocolatiers

Le 26 octobre 2000, Laurent GBAGBO devient Excellence le Président de la République Laurent GBAGBO après sa victoire contre Robert Gué. Le jour même de sa prise de pouvoir, il est confronté à une terrible campagne médiatique par rapport à un charnier découvert à la lisière de la forêt du banco. Ce montage grossier alimente longtemps la presse internationale pendant toute la première année du mandat du nouvel élu ivoirien malgré le jugement rendu par le tribunal militaire qui s’était soldé par une relaxe des gendarmes accusés dans cette affaire. Alors que le nouveau gouvernement ivoirien tentait de contrer cette première médisante offensive médiatique, une autre campagne encore plus féroce s’annonce déjà dès la fin du premier trimestre 2001. Dans cette dernière campagne de dénigrement, le nouveau dirigeant ivoirien, qui occupe les fonctions de Président de la République depuis seulement à peine 6 mois, est accusé par un rapport de l’ONU d’employer des enfants dans les plantations de cacao. De tueur d’opposants, le Président Laurent GBAGBO passe également pour un esclavagiste d’enfants. La presse impérialiste, conditionnée à cette fin, se montre particulièrement féroce contre lui. Coïncidence hasardeuse ou calculée, ce rapport sort tout juste quelques jours après qu’un redressement fiscal de plus de 400 milliards de FCFA en provisoire ramené définitivement à 106 milliards de FCFA a été opéré par les services de l’inspection des finances sur l’entreprise SACO, filiale ivoirienne du géant suisse Barry Callebaut. Le redressement a été porté à la connaissance du groupe le 3 avril 2001. Juste quelques jours après, l’on découvre que la Côte d’Ivoire, leader mondial du cacao, emploie des enfants dans les plantations ivoiriennes. Le gouvernement ivoirien mettra plusieurs années et un trésor d’énergie pour se laver de cette image absolument falsifiée pour ceux qui connaissent un tout petit peu la sociologie ivoirienne. Dans la réalité, cette campagne suscitée par le géant chocolatier visait deux objectifs :

- Primo, détourner l’attention de l’opinion sur la fraude grossière à laquelle s’était livrée la multinationale dont le chiffre d’affaire annuelle dépasse de plusieurs fois le budget de la Côte d’Ivoire. En effet, l’opinion suisse à qui l’on donne une certaine vertu morale accepterait mal les pratiques mafieuses de l’un de ses fleurons économique dans un pauvre pays d’Afrique.

- Secundo, punir le gouvernement ivoirien qui n’a pas cédé aux pressions corruptives exercées sur lui pour faire tomber ce redressement. Gbagbo a osé tenir tête à un des patrons du cacao du monde, il faut qu’il en paie le prix.

Pourtant, la fraude organisée au niveau de Société Africaine du Cacao (SACO) dirigée au moment des faits par un certain Seydou Elimane Diarra PDG du groupe SACO-CHOCODI relève des pratiques mafieuses. En effet, dans le système de commercialisation du cacao, les fèves de cacao de mauvaise qualité (moisissure, gains de petite taille etc.) donnent droit à une décote fiscale à celui qui les exporte. L’Etat renonce à lui appliquer la totalité des droits uniques de sortie et les droits d’enregistrements. Les lots de ces produits sont taxés de moitié pour permettre à l’exportateur de conserver une bonne marge bénéficiaire. C’est une sorte de prime pour encourager les exportateurs qui prennent le risque d’exporter ces produits sous grade. Malheureusement, SACO qui achète ce produit et le transforme partiellement en pâte avant de l’exporter va, en complicité avec certains cadres de ce qui restait encore de la fameuse CAISTAB, déclarer comme sous grade une bonne partie de son cacao exporté. Elle bénéficie donc d’abattement fiscal pour du cacao supposé sous grade alors que, en fait, il s’agit de cacao de première qualité. Cette fraude dure 10 ans de 1990 à 2000. Malheureusement pour l’administration fiscale, la prescription d’assiette en matière de droit de l’Enregistrement est de 5 ans. En d’autres termes, l’administration ne pouvait plus réclamer les impôts qu’elle n’a pas réclamé pour les années 1990, 1991, 1992, 1993, 1994. Elle s’est contentée de réclamer à l’entreprise SACO que les 5 dernières années. Ce qui donne le montant final de 106 milliards de FCFA grossièrement détournés par une société dirigée par un Ivoirien au profit d’une multinationale. Peut-on dire qu’il s’agit d’un simple hasard quand le nom de Seydou Diarra s’est retrouvé dans la poche française des premiers ministrables à la fameuse réunion de Kléber après le hold-up de Marcoussis. Dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es. Malheureusement, cette pratique mafieuse d’exportation de bon cacao en cacao sous grade va refaire surface à partir de 2004 après les évènements de novembre 2004. Les résultats de l’enquête diligentée par le Président Laurent GBAGBO en 2008 en marge de l’instruction au pénal du vol présumé dans les structures de gestion café-cacao, seront bloqués par des personnes insoupçonnées qui avaient juré fidélité ad vitam aeternam au Président Laurent GBAGBO et que l’on retrouvera, en pole position, du côté de la rébellion du Golf. Complices avérés des multinationales, ces personnes ont eu du mal à prendre une direction autre que celle que leur a indiquée leurs partenaires dans la fraude pendant la crise, c’est-à-dire, le camp de la fraude. Toutes les multinationales cacaoyères qui ont financé la rébellion contre la Côte d’Ivoire sont mouillées dans cette fraude mise en place à partir de 2004. II/ Obiang contre les consortiums pétroliers européens.

Le 3 Août 1979, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo renverse par coup d’Etat son oncle Francisco Macias Nguema. Il prend alors la tête d’un des pays les plus pauvres du monde. Eparpillée sur deux iles et sur une partie continentale, ce petit pays, ancienne colonie espagnole, l’unique d’ailleurs du Continent africain pour respecter le traité de Tordesillas du 15ème siècle qui partagea le monde entre les deux principales puissances de l’Epoque l’Espagne et le Portugal, la Guinée Equatoriale est, à cette époque, un coin du monde abandonné. Pour survivre, les Equato-Guinéens sont obligés d’aller chercher pitance dans la sous-région équatoriale, qui au Gabon, qui d’autre au Cameroun, les deux voisins avec lesquels ce pays partage une frontière terrestre, ou un peu plus loin, au Congo ou au Nigéria. En tout cas, c’est un pays sans ressources en plus d’être de gestion très difficile à cause de sa configuration. En effet, les deux iles qui composent le pays se situent à plusieurs centaines de kilomètres de la partie continentale. L’ile d’Annobon, située non loin des eaux territoriales angolaises se situe à un fuseau horaire de plus que le reste de pays. Pour ne pas arranger les choses, le colon espagnol n’y a laissé pour seul héritage solide que la seule foi catholique. Aucune infrastructure social sérieuse n’existe ni à Malabo, la capitale insulaire, ni à Bata, la capitale continentale. L’infrastructure scolaire correspondant au niveau le plus élevé est un lycée situé à Malabo. Pour sortir du pays par avion, les Equato-Guinéens étaient obligés de s’enregistrer d’avance sur une liste et lorsque le nombre de voyageurs atteignait le chargement d’un avion-cargo militaire, une compagnie espagnole leur envoyait un avion de transport de troupes militaires pour les faire voyager. Le nouvel homme fort du pays entreprend de faire des explorations. Même s’ils sont les damnés des Espagnols, il croit fermement que la nature ne peut pas, à son tour, les avoir condamnés. En effet, pourquoi les eaux continentales Gabonaises dans son flanc oriental, nigérianes dans son septentrion et de l’Angola dans son Midi regorgent de grosses réserves de pétrole, et celles, plus étendues de la Guinée Equatoriale en seraient dépourvues. Le Président Obiang se lance dans la prospection pétrolière dans les eaux territoriales guinéennes. Il confie, par réflexe naturel de tout colonisé, l’exploration à une société espagnole. Un permis d’exploration est concédé à cette dernière. A l’expiration de la concession, l’entreprise dit n’avoir rien découvert mais paradoxalement demande une prorogation de la concession. Ce que le patient Obiang renouvelle. A la fin de cette seconde concession, toujours rien, et l’entreprise espagnole demande un autre renouvellement de son permis d’exploration une troisième fois. Le Président Obiang trouve la démarche de l’entreprise espagnole suspecte. Celle-ci ne peut pas investir à perte et vouloir continuer d’investir. Il la soupçonne de lui cacher des choses surtout que, dans le même temps, le Président Obiang est informé des manœuvres de déstabilisation de son régime que mènent secrètement les services espagnols pour le compte de son opposant Severo Moto Nsa, exilé en Espagne. Le Président Obiang refuse de renouveler sa confiance au groupe espagnol. Il fait appel à un petit groupe américain qui va découvrir l’immensité des réserves pétrolières de 2 milliards de barils ainsi que des volumes impressionnant de gaz que les espagnols tentaient de cacher à Obiang. Le premier baril du pétrole est exploité en 1993. Depuis lors, tous les grands groupes pétroliers américains se sont donné rendez-vous dans ce qui était, jadis, considéré comme un pays abandonné. Les USA y ouvrent même une ambassade. A quelques mètres du village Bioko, naissent les premiers signes de la modernisation du petit maudit pays d’Afrique Equatoriale. Le Punto Europa, village moderne construit et habités par les travailleurs occidentaux du pétrole donne une allure de ville à Malabo. Mais les Espagnols, victimes de leur propre turpitude, ruminent leur colère et leur vengeance contre le Président Obiang. Dès 1995, le Président Obiang, que tous ignoraient, est devenu subitement un dictateur à abattre. Les media européens et les fameux défenseurs des droits de l’Homme surgissent comme des champignons après une première pluie. L’Espagne s’associe aux autres puissances européennes pour chasser le Président Obiang du pouvoir. Des pieds nickelés montent une opération d’envergure en 2004, une opération qui implique un certain Mark Thatcher qui n’est autre que l’enfant de Margaret Thatcher, Première femme Premier ministre d’Angleterre qui a formé avec Reagan le duo de charme de l’ultralibéralisme des années 80. Le coup consiste à chasser Obiang qui serait remplacé par son opposant historique mis au frais en Espagne. Le coup échoue grâce au Président Robert Mugabe du Zimbabwe dont les services en ont eu vent. En effet, l’avion qui transportait le gros lot des mercenaires recrutés par le barbouze sud-Africain Mann Simon décolle d’ Harare pour déverser sa cargaison de criminels internationaux à Malabo. Le Président Mugabe informe son homologue équato-guinéen qui monte un comité d’accueil très musclé pour recevoir ces visiteurs indélicats. Ceux-ci seront cueillis à l’aéroport de Malabo pendant que le bénéficiaire politique de cette opération, l’opposant équato-guinéen qui avait déjà décollé de ses bases espagnoles dans un jet privé affrété à cette occasion, était encore dans les airs. Le coup foiré, l’entreprise médiatique de destruction de l’image d’Obiang prend de l’ampleur. Une lugubre association se crée pour porter plainte en France contre les Obiang pour biens mal acquis. Il faut dire que le comportement des enfants Obiang apporte de l’eau au moulin de leurs détracteurs. A la différence du père qui est très sobre, l’ainé des Obiang affiche un appétit immodéré pour le luxe. Ses sorties tapageuses en France, entre ses hôtels particuliers de luxe et ses grosses cylindrées, militent fortement contre le père qui a pourtant changé, en très peu de temps, l’infrastructure économique de la Guinée Equatoriale au point de jalouser un certain Bongo père, puis fils. Les relations entre ces deux pays voisins (Gabon et Guinée Equatoriale) vont vite se dégrader suite à un contentieux frontalier à forte odeur de pétrole finalement remporté par la Guinée Equatoriale. Les nombreux ennuis politico-judiciaires des Obiang en Europe montrent la ténacité de la rancune des anciens colonisateurs envers leurs anciennes colonies qui cherchent partenaire ailleurs. Si jusque-là l’Espagne n’a pas eu la peau du Président Obiang, c’est surtout grâce à la protection américaine. Tout le pétrole équato-guinéen est exploité par les grandes firmes américaines, Exon, Chevron, Mobil etc. Malheureusement, si cette amitié américaine le protège, l’exploitation du pétrole équato-guinéen n’échappe pas à la prédation. Profitant de la faiblesse de l’administration fiscale du pays, les multinationales américaines s’adonnent à d’énormes fraudes. Un travail fait par un cabinet international commis par le gouvernement équato-guinéen a débouché sur un rappel historique de plusieurs milliards de dollars américains. La fraude s’organise autour de double comptabilité, de la minimisation des quantités de pétrole vendues, d’une interprétation biaisée de la législation fiscale du pays. Le dossier est entré en phase de négociation politique. Il y a très peu de chance que les montants appelés dans le cadre de ce redressement fiscal soient payés au Trésor équato-guinéen. Ainsi souffrent les petits pays d’Afrique en face de la mafia financière des multinationales. C’est certainement ce qu’Ali Bongo va apprendre à ses dépens. 3/ BONGO contre ses anciens alliés

La dynastie Bongo règne sur le Gabon depuis pratiquement un demi-siècle. La gloire dès Bongo a commencé le 2 décembre 1967 lorsque Bongo père hérite du Gabon au décès du père fondateur : le vieux Léon Mba. Il s’appelle alors Albert-Bernard Bongo, ancien officier de l’armée française reconverti à la politique où il occupe le poste de Vice-Président du Congo du 12 novembre 1966 au 2 décembre 1967 dans l’attente de la mort quasi-certaine de Léon Mba. Son règne s’arrête naturellement suite à son décès survenu le 8 juin 2009, soit exactement 41ans, 6 mois et 6 jours. Son long règne est la contrepartie des offrandes faites par le Gabon à la France à travers son empire politico-financier ELF.

Le sort du pétrole gabonais a été scellé, on pourrait dire, après les accords d’Evian du 18 mars 1962 qui ont mis fin à la guerre franco-algérienne, et ouvrirent en même temps la voie de l’indépendance de l’Algérie. La France voulait une Algérie française non pas seulement pour les belles plages ensoleillées de d’Alger et d’Oran, ou les belles falaises à la vue panoramique envoutante de Constantine mais, également, pour son sous-sol très riche en pétrole. Dans les négociations sécrètes d’avant les accords d’Evian et même après, De Gaulle a tenté d’imposer le contrôle français sur le pétrole algérien en vain. L’échec de ses négociations secrètes plaça le Gabon au centre des intérêts stratégiques français. Au Gabon, la France n’a pas besoin de forcer la main à Léon Mba qui est plus francophile que De Gaulle lui-même. Il a été un militant ardent de la communauté française de 1958. A la dissolution de fait de cette communauté, Léon Mba avait proposé un schéma institutionnel franco-africain de même nature que le Commonwealth. Dans ce schéma, l’autorité du Président Français s’étendrait sur l’ensemble de ses anciennes colonies africaines qui seraient alors gérées par des premiers ministres, comme cela se fait entre le Canada, l’Australie, la nouvelle Zélande et la Couronne d’Angleterre. Il avait même proposé à cet effet que le drapeau tricolore apparaisse en filigrane sur les drapeaux des pays africains nouvellement indépendants. Donc, au Gabon, la France est chez elle. Dans la nuit du 17 au 18 février 1964, le vieux Léon Mba est déposé par une poignée d’officiers de l’armée. Mais ils hésitent à placer un homme à la tête de l’Etat, et attendent l’instruction de Paris. Jean-Hilaire Aubame, ancien ministre des affaires étrangères est placé, malgré lui à la tête d’un gouvernement éphémère. Finalement, Paris décide de réinstaller le vieux Léon Mba apeuré et affaibli et au pouvoir. Il est coaché comme un novice par Paris qui tente de le rassurer. A cet effet, Foccart dépêche auprès du vieil homme ses meilleurs éléments pour le soutenir. En 1966, Albert-Bernard Bongo est placé en embuscade par la France pour assurer la transmission du pouvoir entre le vieux cheval mourant Léon Mba et le nouvel étalon français, Bongo. Opération réussie à 100%. Depuis le 2 décembre 1967, El Hadj Oumar alias Albert-Bernard Bongo assure les intérêts français au Gabon et dans la sous-région. Ayant échappé à la vague des conférences nationales de 1990 et ayant succédé à Houphouët à la tête de l’empire Franco-RDA, Omar Bongo installe durablement et profondément son pouvoir au Gabon. Pour ce faire, il s’entoure, à partir des années 90, de trois mousquetaires tous tirés du giron familial.

Feu Mba Aubame, ministre de l’intérieur. La rumeur le présente comme un enfant naturel d’Omar Bongo.

Jean Ping, ministre des affaires étrangères et époux de Pascaline Bongo, donc gendre du Président de la République.

Ali Bongo, ministre de la défense, enfant légitime du Président Bongo, donc oncle maternel des enfants Ping

A la mort d’Omar Bongo, Ali Bongo sort vainqueur de la bataille fraternelle pour le contrôle de l’Etat qui l’a opposé à Mba Aubame. Il est élu, sinon nommé par Sarkozy comme Président de la République, face à Mba Aubame, qui avait été le réel vainqueur de cette confrontation fraternelle.

Entre temps, la découverte du pétrole en Guinée Equatoriale ouvre les yeux des Gabonais sur l’immensité du tort qui leur a causé par le cartel Bongo-ELF. Obiang donne une véritable leçon de l’utilisation de l’argent du pétrole aux dirigeants Gabonais. En moins de 10 ans, la Guinée Equatoriale se métamorphose grâce à la manne pétrolière. Là où les dirigeants gabonais justifiaient l’absence d’infrastructures routières dans le pays par la densité de la forêt équatoriale, leurs voisins équato-Guinéens, enveloppés par la même forêt équatoriale, par ailleurs confrontés à des défis géographiques plus élevés, parsèment leur pays d’infrastructures routières modernes. Les hôtels de Luxe sortent de terre. Bata et Malabo font rêver les Librevillois. Oyala, la ville ultra moderne sortie de terre avec une université du future en plein cœur de la forêt équatoriale, fait rougir de honte les dirigeants gabonais. Le Nouveau Chef de l’Etat, Bongo fils, entend changer le cours du destin de son pays confisqué par le fait de son propre père et de la France. Pour se faire, il n’a d’autres choix que de s’attaquer à certains tabous. Le rappel à l’ordre sous forme de contrôles fiscaux que le gouvernement gabonais opère sur les entreprises pétrolières françaises n’est pas du goût de Paris. La tête de Bongo est mise à prix. Or, cette tête ne coûte plus très cher pour trois raisons.

D’abord, 50 ans d’exercice du pouvoir par la famille Bongo a érodé définitivement l’estime du peuple pour l’actuel chef de l’Etat.

Ensuite, comme le fils Obiang, Ali Bongo a suffisamment étalé le faste de la famille Bongo en France.

Enfin, Ali Bongo n’est arrivé au pouvoir que par la seule volonté française.

L’élection de 2016 sonnait d’emblée comme un chant de hibou qui annonce le crépuscule des temps Bongo. Ali devrait perdre même s’il gagnait. C’est comme cela que marchent les amitiés franco-africaines. Elles ne résistent pas à l’épreuve du changement. Pourtant Ali n’avait pas d’autres choix que d’opérer quelques changements afin de réparer l’énorme préjudice que son père a fait subir au peuple gabonais.

Le peuple lui-même l’entendrait-il de cette oreille. Rien n’est moins sûr.

Wait and see.

Le ministre KONE Katinan Justin.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 14:12
Gabon / Non pas choisir entre un pantin et une marionnette de la françafrique, mais crier avec le peuple gabonais ! / par Ezzat

Paru initialement le 5/9/16 sur la page Facebook du camarade EZZAT (qui ne fait donc pas que dessiner) sous le titre : Anecdo-TIC

En échos au papier publié par mon frère Seme Ndzana, relatif à la crise gabonaise et dans lequel il s'offusque et crie à la honte de ceux d'entre nous, Camerounais, qui supportent les "monarchies familiales qui appauvrissent l'Afrique, et se basant toujours sur des exemples extérieurs pour soutenir le coup d'État électoral opéré au Gabon par Ali Bongo contre le peuple", il y a lieu de surenchérir et de convenir que le bon sens est, finalement, la chose la... moins partagée.

À travers commentaires et autres invectives lues ça et là, on se rend vite compte que beaucoup préfèrent volontiers s'accrocher à des épiphénomènes pour justifier et soutenir des états gravissimes et criardement injustes. On s'agrippe aux virgules de l'histoire, à ce qu'elle a d'anecdotique, de circonstanciel. On veut donner des coups à tel autre juste pour le châtier de ce que, à un moment donné de sa vie, il aura émis tel ou tel avis, qui le desservent aujourd'hui, déterrant et lui renvoyant au visage des antiennes puériles et superficielles, telles que le fameux "Achouka ngongolik", "bien fait pour toi !", "Tu as déjà vu quoi ?" et autres billevesées.

Évidemment, on préfère ne pas voir que si jamais Jean Ping s'effondrait, il emporterait avec lui la détresse et le désespoir de plusieurs milliers de personnes. Non, trop compliqué. Et puis d'ailleurs, on s'en fout. On jubile et on trouve intellectuellement génial de mettre en parallèle deux attitudes apparemment contradictoires d'un même individu. On préfère régler des comptes et les savourer, nourri par une sorte de rancœur sourde et à peine voilée. Tu as refusé à Gbagbo le recomptage des voix ? Alors à ton tour de vivre le même calvaire, entend-on bêler ça et là. On ne recomptera pas les voix, na-na-na-na-nèèè-re ! C'est tout. Ça ne vole pas plus haut, c'est aussi simple et enfantin que cela et, bien sûr, c'est beaucoup plus facile...

Tout se passe comme si, pour certains, c'est bien la prise de position de Jean Ping contre le recomptage des voix qui fut à l'origine de la déconfiture et de l'arrestation de Laurent Gbagbo. Pourtant, nous savons tous ce que vaut l'UA, ce syndicat de chefs d'États africains, et il n'est pas besoin de démontrer l'influence nulle qu'elle a toujours eue dans le quotidien des Africains ; que ce soit politiquement, économiquement, socialement, ou dans tout ce qu'on veut. Que J. Ping, en tant que président de cette UA, eût alors objecté contre le recomptage des voix n'a donc concrètement changé aucune donne en Côte d'Ivoire. De même, tous nous savons que, à fortiori, jamais la voix seule de J. Ping, en tant qu'individu, n'aurait pu changer quoi que ce soit dans ce même conflit. Or, en 2011, quand Jean Ping réfutait l'idée du recomptage des voix, il parlait soit au nom l'UA, soit en son nom propre. C'est selon... Mais quel qu'en soit le cas, Jean Ping n'engageait aucunement, par sa déclaration, l'avenir du peuple ivoirien. Ce fut un acte de portée nulle, sans aucune conséquence. Et pour cause : il n'était qu'un pantin entre les mains de l'UE, des États-Unis et de l'ONU. Justement, rappelons précieusement ici que, s'il n'y a pas eu recomptage des voix en Côte d'Ivoire, ce fut grâce aux agissements d'un certain Young-Ji Choi, clown aux ordres de Ban Ki-Moon, lui-même fantoche d'un certain Sarkozy. À la limite, Jean Ping pourrait même, aujourd'hui, pince-sans-rire, se défausser sous de tels alibis et se présenter en homme nouveau aux yeux des Africains !!! S'il y a donc quelque chose d'anecdotique à retenir de cette entrefaite de la crise ivoirienne, c'est bien le refus par Jean Ping du recomptage des voix. Lui en tenir rigueur aujourd'hui dans la crise que traverse le Gabon, le vouer aux gémonies pour si modique, au point de lui souhaiter la déconfiture, c'est bafouer sans vergogne le symbole qu'il est pour la majorité des Gabonais et leurs aspirations : celui de la fin d'une dictature dynastique.

Car si le Jean Ping pantin n'a influencé en rien le destin des Ivoiriens par sa prise de position anti-Gbagbo, il ne saurait en être de même pour le Jean Ping vainqueur de cette élection présidentielle, si d'aventure on l'en faisait définitivement perdant. Ici, les conséquences sont autrement plus graves car, faut-il le répéter, Jean Ping est aujourd'hui le leader d'une opposition coalisée qui représente plusieurs milliers de Gabonais ; et tout ce monde est en train de se faire flouer sa victoire démocratiquement acquise par une dictature bientôt séculaire. Pousser ce Jean Ping vers la chute, c'est entraîner avec lui tous ses partisans.

Là est la différence entre ces deux Jean Ping. Amalgamer les deux, c'est anecdotiser le lourd et très complexe déroulement de l'histoire. C'est se ranger du côté des oppresseurs. C'est mettre sur la balance les paroles circonstancielles d'un individu, alors insignifiant, et les faire peser plus lourd que l'espoir du tout meilleur que ce même individu représente, aujourd'hui, aux yeux de milliers de ses compatriotes qui l'ont élu. Enfin, en plus et en bien plus grave, c'est prendre le peuple gabonais pour du menu fretin. C'est souhaiter et estimer, en foulant au pied son choix souverain, qu'il ne mérite pas plus que le joug d'une dictature pour encore 30 ou 40 ans... Disons, jusqu'à la mort d'Ali au pouvoir. Et ce, au meilleur des cas, dynastie oblige.

Comment, enfin, peut-on ne pas le voir ? Comment peut-on ne pas voir que dans ce conflit, ce n'est pas "Jean-Ping-l'anti-Gbagbo-qui-a-refusé-le-recomptage-des-voix" qui doit vaincre "Ali-Bongo-le-dictateur-qui-refuse-le-recomptage-des-voix", mais la voix du peuple gabonais ? Qu'il ne s'agit pas de choisir entre un pantin et une marionnette de la françafrique, mais de crier avec le peuple gabonais ? C'est lui, ce peuple, qui doit faire chuter la dynastie dictatoriale des Bongo. Lui et lui seul. Il y va, pour ne citer que cela, de sa souveraineté. Après, il aura toujours le loisir de voir ce que Ping, ou Pong, ou n'importe quel autre Gabonais, a d'autre de moins mauvais à proposer à son peuple. Et d'aviser.

Mais ça, c'est après.

TEXTE : EZZAT

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Published by Gri-Gri International Ezzat - dans Gabon 2011 Francophonie Politique Devoir d'histoire
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