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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 11:49
#BiensMalAcquis / Démagogie de Bongo Ali

Bilan de six ans de pouvoir très flatteur, legs à l’Etat gabonais de la totalité de sa part de l’héritage qu’il devra recevoir de son père Omar Bongo Ondimba, dons des propriétés familiales situées en France et au Gabon à l’Etat Gabonais… Le chef de l’Etat du Gabon a marqué les esprits. Malheureusement dans le sens de la démagogie.

Omar Bongo Ondimba a eu son moment de vérité en 2007. Il avait reconnu que « Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire(…) ».
Ali Bongo Ondimba a voulu dépasser son père en « restituant au peuple gabonais» une partie des biens volés par son père. A la différence qu’Omar Bongo Ondimba, en 2009, était sincère lorsqu’il avait prononcé son discours testament. L’actuel chef de l’Etat est resté fidèle à sa ligne de conduite qui semble coulée dans le mensonge. Car tout ce qu’il a annoncé, le 17 août 2015, au soir n’était que des contrevérités, voire de nouvelles promesses qu’il rangera aussitôt dans son armoire à « maquettes ». Il est cerné de partout, aussi bien à l’intérieur de son propre parti, le PDG, qui ne veut plus de sa gouvernance, qu’à l’extérieur par le reste du peuple gabonais. Acculé par la justice française qui se rapproche de lui au travers de plusieurs procédures, dont la plus récente contre son directeur de cabinet, Maixent Accrombessi, son nkani, Ali Bongo Ondimba a voulu faire diversion pour essayer de faire oublier ses malheurs le temps d’une fête de l’indépendance. Avec un aplomb sans pareil, malgré les évidences, le chef de l’Etat du Gabon s’est attribué un bilan des plus flatteurs, après six années de pouvoir. Ainsi, les Gabonais apprennent que des centaines de milliers d’emplois ont été créés par l’économie du Gabon sur cette période. A ce demander pourquoi dans un tel contexte, cette embellie ne se ressent pas sur le vécu de ces populations, car le taux chômage officiel frôle toujours les 30% de la population active. Sur la même lancée, l’homme a indiqué avoir construit plusieurs infrastructures dont notamment 1 400 km de routes bitumées. Chacun, en cette période de grande saison sèche propice aux migrations vers l’intérieur du Gabon, pourra juger de la réalité de cette annonce. A ce sujet, en juillet et août 2015, dans deux numéros horssérie - le dernier est encore en vente dans vos kiosques à journaux-, votre journal avait abordé cette question sans complaisance. Le constat fait sur le terrain dément totalement les affirmations d’Ali Bongo Ondimba làdessus. Il faut dire que le chef de l’Etat a voulu lancer une opération de séduction en direction du peuple gabonais, en annonçant solennellement qu’il renonçait à sa part d’héritage au profit d’une fondation dédiée à la jeunesse. Tout comme, en accord avec toute sa famille, « il a décidé » de donner à l’Etat la propriété familiale du quartier Charbonnages de Libreville et deux hôtels particuliers situés à Paris. Un vrai gag qui ne résistera pas longtemps à la réalité.

En tant que légataire universelle de la succession Omar Bongo Ondimba, Ali Bongo Ondimba doit s’attendre à recevoir près de 190 milliards de FCFA d’héritage, à en croire les conclusions de Me Rolongoué, la première notaire qui s’est occupé de cette succession. Sauf que pour l’heure, ce dossier fait l’objet d’une procédure judiciaire engagée en France par l’un des héritiers. A moins d’être devin, le chef de l’Etat ne peut pas, pour l’heure, savoir l’issue de cette procédure. Ni la durée que va prendre cette bataille judiciaire. En toute logique, il aurait dû attendre de recevoir sa part d’héritage, avant de la léguer à l’Etat Gabonais. En agissant comme il le fait, Ali Bongo met la charrue avant les bœufs. Quant au legs de deux hôtels particuliers de Paris, le chef de l’Etat n’ignore pas que ces biens, ainsi que plusieurs autres résidences huppées que sa famille possède en Côte d’Azur, font l’objet d’une procédure judiciaire en France. Dans le cadre de l’affaire dite « des biens mal acquis». Ce sont des immeubles qui sont cités dans ce dossier judiciaire comme éléments de preuve. A ce titre, ils ne peuvent pas changer d’affectation avant la fin de cette procédure judiciaire. Venir annoncer dans ce contexte que sa famille et lui-même ont décidé d’en faire don à l’Etat Gabonais est sans aucun doute une insulte à l’endroit du peuple gabonais. Sauf à croire que, par ce jeu de passe-passe, l’action judiciaire sera stoppée en France. Il va en déchanter et réviser ses cours de droit pénal pour s’en convaincre. Ali Bongo Ondimba était attendu sur un tout autre plan, qui engage l’avenir immédiat du pays, à savoir le dialogue politique inclusif. Il est resté muet sur cette question cruciale, renvoyant les acteurs politiques au très inutile Conseil national de la démocratie (CND). Il a préféré vendre des mensonges et léguer à l’Etat Gabonais une fortune qu’il ne possède pas encore ou qui est mise sous séquestre de la justice française. C’est sans aucun doute ce comportement autiste qui va accélérer sa chute.

TEXTE - ARTHUR PAGE

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 16:07
#Gabon / Déjà, le discours de l'Héritage Alien a été prononcé en retard d'un jour !

Ali Bongo Ondimba n’a pas prononcé le discours attendu par toute la nation le 16 août au soir comme de tradition. Un communiqué laconique de la première chaîne de télévision du Gabon, sous la forme d’une bande déroulante l’a annoncé 20 minutes, après le début du journal télévisé du dimanche 16 août 2015. L’allocution sera finalement programmée pour le lendemain 17 Août à 20 h 30. Aucune indication ne sera donnée sur l’interview annoncée pour 14 heures après la parade militaire. Le commentateur de cette manifestation et son lot de consultants militaires ont soigneusement évité le sujet. Préférant, au contraire, spéculer sur ce que va pouvoir dire le chef de l’Etat à 20h30 le 17 Août. Une prudence qui traduit la cacophonie qui règne au sommet de l’Etat. Les journalistes du 20 heures de ce dimanche 16 août n’ont voulu prendre aucun risque, sans doute pour éviter « les représailles » de la hiérarchie. Elle avait déjà été vertement tancée par le ministre porte-parole du gouvernement Denise Mekam’ne, pour lui avoir fait reprendre, comme une vulgaire comédienne, l’annonce de l’enterrement en première classe de la Prime d’incitation à la performance (PIP), à l’issue du Conseil des ministres précédant la fête nationale du Gabon. Cette fois, il fallait « assurer ». Tant pis si le peuple gabonais attendait avec intérêt ce qu’Ali Bongo Ondimba devait dire au sujet des inquiétudes du moment.
Tant pis surtout pour la communauté internationale, qui pousse les hommes politiques du Gabon à se parler, pour éviter le chaos en 2016 lors de l’élection présidentielle. La chaîne publique n’a pas trouvé tous ces éléments pertinents pour essayer de comprendre et édifier
les téléspectateurs sur cette situation. Selon des sources dignes de foi, le président de la République fait face à deux évènements majeurs qui l’on obligé à « décaler » son adresse à la nation. L’homme est physiquement à bout. Surtout sur le plan psychologique. La dernière garde à vue de son Nkani, Maixent Accrombessi, et surtout l’ouverture d’une information judiciaire l’ont particulièrement affecté. Il sait que l’étau judiciaire en France se resserre dangereusement sur lui. Il rentre d’ailleurs d’une visite privée en Europe pour essayer de se requinquer physiquement et moralement. Les pressions qu’il subit à l’intérieur de son propre camp, lui font prendre conscience que ses « amis » ont décidé de parler de lui au passé. Tout ceci est de nature à faire perdre son latin à tout être humain normalement constitué.
Le communiqué surréaliste de la présidence de la République, qui évoque sans rire « un emploi du temps surchargé » pour justifier le report in extremis du discours, ne fait qu’ajouter un peu plus au mélodrame. Le 17 août est une date inscrite en priorité sur l’agenda du chef de l’Etat du Gabon dès le 1er janvier de chaque année. Sauf décès ou maladie très grave, il ne peut pas se dérober. Surtout que c’est une date qui figure en lettre d’or dans la Constitution du Gabon. Le second élément qui a rendu le chef de l’Etat aphone est qu’il prendrait aussi très au sérieux les menaces avancées par ses adversaires politiques, notamment le président du Front uni de l’opposition pour l’alternance, Jean de Dieu Moukagni Iwangou, le président du mouvement Bongo doit partir (BDP), Daniel Mengara, et le président du Parti social démocrate
(PSD), Pierre-Claver Maganga Moussavou. Ces derniers entendent organiser des manifestations publiques si Ali Bongo Ondimba n’annonce pas clairement l’ouverture du discours inclusif de toute la classe politique du Gabon dans les meilleurs délais. Le discours du 16 août est, en général, le canal le plus approprié pour répondre à toutes ces préoccupations. Il était impérieux pour le chef de l’Etat de tourner sept fois la langue dans sa bouche, avant de s’exprimer. Surtout que la communauté internationale est de plus en plus attentive sur ce plan. D’autant que la présidente de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), la Canadienne Michaëlle Jean, est annoncée à Libreville pour la fin du mois. Les sources
assurent que sur son agenda figure en bonne place l’appel à ce dialogue.
Il en est de même de la tenue de la conférence de l’Agoa à Libreville pour cette fin du mois. Ce n’est pas le moment le mieux indiqué pour avoir des manifestations de rue.


TEXTE - JMS (in Echos du Nord N°298)

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 15:00
#Bongo / Même Catherine Samba Panza est pas venue écouter Ali léguer ses BMA...

C'est un homme seul qui est apparu sur l’écran de la première chaîne de télévision, le 17 août 2015, lors de la parade militaire. Mine de mauvais jours, un pas lourd très prononcé, le président de la République a pris de longues minutes pour descendre de son « Command car » de l’armée gabonaise qui l’a conduit à la Place des fêtes de Libreville, sur le front de mer de la capitale gabonaise. L’homme s’est avancé sur le tapis rouge tel un bœuf que l’on mène à l’abattoir. Le pas très hésitant comme s’il ne voulait pas rencontrer les personnalités constitutionnelles présentes. A moins que ce ne soit l’absence très remarquée de son directeur de cabinet à la tribune réservée aux collaborateurs du chef de l’Etat qui lui a donné cet air bougon. On a pu même observer que l’un des adjoints du directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Samuel Ngoua Ngou, avait pris place aux côtés d’Etienne Massard Kabinda Makaga, le secrétaire général de la présidence. Place réservée au plan protocolaire au Nkani d’Ali Bongo Ondimba.

La solitude d’Ali Bongo Ondimba a revêtu un air de cruauté au constat qu’aucun chef de d’Etat de la sous-région n’a daigné faire le déplacement de Libreville pour la circonstance. Pourtant, l’homme assure la présidence en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac). A ce titre, on aurait pu penser que quelques-uns des onze chefs d’Etats de cet espace communautaire auraient jugé important de venir assister le président en exercice à cette occasion. Même Catherine Samba Panza, la présidente de transition de la République centrafricaine, en quête de soutien de toute sorte, n’a pas jugé utile de faire le déplacement de Libreville.

A ce blackout international s’est ajouté le front intérieur. Les officiels se regardaient en chien de faïence. L’on se serait cru dans une meute de loups où le mâle dominant, contesté, essaie tout de même d’imposer sa loi au reste de la troupe. Les poignées de mains étaient des plus glaciales. Ali Bongo Ondimba n’a eu aucun mot ni pour son Premier ministre, Daniel Ona Ondo, ni pour son ministre de la Défense, Ernest Mpouho Epigat, venus l’accueillir à sa descente du « Command car ». On ressentait pourtant que Daniel Ona Ondo recherchait du réconfort, pour tenter de couper court à toutes les spéculations à son sujet. Ali Bongo Ondimba a été tout aussi avare de paroles envers les personnalités présentes à la tribune officielle. Le président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, celui du Conseil économique et social (CES), Paul Biyoghe Mba, la présidente du Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, et d’autres, ont eu droit à une poignée de mains tiède. Seule exception dans ce climat de « guerre froide intérieure », l’archevêque de Libreville, Mgr Basile Mvé Engone. Le prélat de Libreville sera la seule personnalité avec qui Ali Bongo Ondimba va afficher une certaine complicité. Il ira jusqu’à afficher un large sourire en serrant la main de l’homme d’Eglise au point de lui consacrer quelques minutes en tête-à-tête à la fin du défilé militaire. Il faut dire que la veille, le président de la République avait élevé l’archevêque de Libreville au grade commandeur dans l’ordre du mérite. Ce climat de forte tension au sommet a sans doute conduit le protocole d’État à limiter le nombre d’invités au banquet du 17 août au palais en soirée. Ce furent 400 convives pas plus. En d’autres temps, c’étaient 2 000 à 2 500 personnalités qui étaient conviées à partager le dîner présidentiel au soir du 17 août. Ce n’est pas une question de limites financières, Ali Bongo Ondimba sait trouver l’argent lorsqu’il s’agit de couvrir des frais d’agapes. D’ailleurs, il a fait venir d’Europe un spectacle de sons et lumières à coups de milliards pour égayer la fin de son repas du 17 août 2015. La raison de ce tri est sans doute ailleurs. L’homme ne voulait visiblement pas avoir à sa table les trublions d’Héritage et Modernité. Quitte à prendre le risque d’apparaître plus que jamais seul sur la scène intérieure.

TEXTE - JEAN-MICHEL SYLVAIN (in Echos du Nord N°298)

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 23:30
#Vidéo / De la Françafrique à l'Africafrance : L’Afrique au rayon Glaser / par François de Negroni lu par Protche (#CaveDu18)

Ajoutée le 31 juil. 2015

L’Afrique au rayon Glaser / par François de Negroni (lecture Protche + Cavedu18)

Essayiste, écrivain, François de Negroni, auteur, entre autres de Afrique fantasmes, Les jolies colonies, Avec Clouscard ou encore Old is beautiful, s'en prend ici à Antoine Glaser, personnalité omniprésente dans les médias dominants sitôt qu'il s'agit d'Afrique... Initiateur de la fameuse (et très chère) Lettre du continent, co-auteur avec Stephen Smith de plusieurs livres et "spécialiste de l'Afrique", ainsi que la télévision aime à réduire en grossissant.

Texte : François de Negroni
Lecture : Grégory Protche
Mixage : Cave du 18
www.legrigriinternational.com

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 10:15
Célestine, résistante ivoirienne (HGMJ) à New York cet été
Célestine, résistante ivoirienne (HGMJ) à New York cet été

Déclaration du Front Populaire Ivoirien sur l’élection présidentielle de 2015 en Côte d’Ivoire

A deux mois de l’élection présidentielle, la Côte d’Ivoire demeure dans une situation politico-sécuritaire précaire. Cette situation est marquée par :

  • Une fracture sociale profonde ;

  • La pauvreté généralisée ;

  • Une vive suspicion et une grave crise de confiance entre les acteurs politiques ;

  • Des mécontentements suivis de grèves organisées par de nombreuses catégories sociales ;

  • Des arrestations et emprisonnements arbitraires d’acteurs sociaux et d’opposants politiques.

Pour rappel, le régime Ouattara, au lendemain du 11 avril 2011, a fait enlever plus de mille (1000) personnes, pour la plupart proches du Président Laurent Gbagbo. A ce jour, plus de sept cents (700) prisonniers politiques civils et militaires se retrouvent dans des prisons connues. Sur ce chiffre, deux cent vingt huit (228) personnes portées disparues sont déclarées inconnues par la cellule spéciale d’enquête, selon le document officiel produit par les services du ministre d’Etat Jeannot AHOUSSOU KOUADIO.

C’est dans ce contexte que le régime Ouattara prévoit d’organiser l’élection présidentielle de 2015, avec une Commission Electorale Indépendante (CEI) et un Conseil Constitutionnel totalement à sa solde.

Hier, alors que les rebelles étaient toujours armés et que le pays restait divisé en deux zones, la Communauté Internationale a imposé à la Côte d’Ivoire l’organisation de l’élection présidentielle du 30 octobre 2010, dite ‘’élection de sortie de crise’’. En effet, selon ladite communauté l’élection présidentielle était la seule voie de conciliation et de sortie de crise. Cette élection s’est déroulée dans un climat de tension extrême et a débouché sur un conflit armé. La Côte d’Ivoire a été ainsi plongée à nouveau dans une situation chaotique et de désordre sans précédent, après celle consécutive à la tentative du coup d'Etat du 19 septembre 2002 transformée en rébellion armée. Cette situation a engendré une dictature féroce que subissent malheureusement aujourd’hui les Ivoiriens, qui n’ont d’autre pays que la Côte d’Ivoire.

Alors, le Président Laurent Gbagbo, en homme d’Etat avisé, démocrate, responsable et soucieux de la paix et du bien-être de son peuple, a très tôt, compris la nécessité de la recherche de solutions négociées et consensuelles. Aussi, à son arrestation par les forces coalisées, le 11 avril 2011, a-t-il déclaré à l’Hôtel du Golf : « La phase militaire de la crise a pris fin, passons maintenant à la phase civile… ».

C’est pourquoi, dès le 29 septembre 2011, la Direction intérimaire du FPI conduite par le président Sylvain Miaka OURETTO a déposé, auprès du pouvoir issu du coup de force du 11 avril 2011, un mémorandum pour l’ouverture de discussions afin de gérer de façon négociée et consensuelle la question des élections.

Les discussions Gouvernement/FPI appelées « Dialogue Direct » n’ont commencé que le 18 janvier 2013, soit 15 mois après la demande expresse du Front Populaire Ivoirien. Elles ont été interrompues le 29 mars 2014, avec quelques accords d’ailleurs non appliqués du fait du mépris, de l’arrogance et de la mauvaise foi affichés par le pouvoir Ouattara.

Rappelons, à toutes fins utiles, que ces discussions ont porté sur les préoccupations suivantes :

  1. La question sécuritaire, notamment :

  • Le désarmement des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (F.R.C.I) et l’encasernement des militaires ;

  • La démobilisation des chasseurs traditionnels (Dozos) et autres miliciens ;

  • L’arrêt des persécutions, des enlèvements, des emprisonnements et des tueries des militants et sympathisants de l’opposition.

  1. La manifestation du jeu démocratique, notamment :

  • La liberté d’expression et d’action des partis politiques de l’opposition sur l’ensemble du territoire national (meetings, réunions, marches, …) ;

  • L’accès des partis politiques de l’opposition aux médias d’Etat ;

  • La reforme de façon consensuelle de la Commission Electorale Indépendante (CEI) dans sa composition, son organisation et son fonctionnement.

  1. L’Etat de Droit et le fonctionnement des institutions, notamment :

  • L’arrêt de la politique du favoritisme ethno-tribal dite du ‘’rattrapage ethnique’’ ;

  • Le respect des textes de lois par l’Etat et par tous les Ivoiriens ;

  • L’arrêt de la justice à deux vitesses qui ne condamne que les personnes proches du Président Laurent Gbagbo ;

  • Le dégel des avoirs bancaires ;

  • La libération des domiciles occupés et la restitution des biens confisqués, ainsi que le dédommagement de toutes les victimes ;

  • Le financement des partis politiques, conformément à la loi ;

  • La fin des licenciements abusifs et de la mise à l’écart des cadres et des personnes proches du FPI ou du président Laurent Gbagbo.

  1. La question de la réconciliation nationale, notamment :

  • La libération du Président Laurent Gbagbo ;

  • La libération de tous les prisonniers politiques civils et militaires ;

  • Le retour apaisé et sécurisé de tous les exilés ;

  • La réparation des préjudices avec indemnisation de toutes les victimes ;

  • La question du Grand-Ouest (tueries massives, foncier rural, insécurité, repeuplement, etc.) ;

  • Les problèmes fonciers.

Comme pour distraire l’opinion nationale et internationale, le régime Ouattara a créé « le Cadre Permanent de Dialogue » (CPD), dont le FPI ne fait pas partie. Les mêmes préoccupations ont été presque exactement abordées par les membres de cette autre structure

Aujourd’hui, à deux mois de la date fixée pour l’élection présidentielle, le Front Populaire Ivoirien constate avec regret que, tant dans le cadre du « Dialogue Direct Gouvernement/FPI » que dans celui du « Cadre Permanent de Dialogue », les préoccupations des partis politiques de l’opposition en particulier et celles du peuple ivoirien en général n’ont pas été satisfaites. Pis:

  • Monsieur Youssouf Bakayoko demeure toujours à la tête de la Commission Electorale Indépendante (CEI), alors que c’est suite à la déclaration de son opinion personnelle, faite en lieu et place des vrais résultats de l’élection présidentielle de 2010, au quartier général de campagne du candidat Alassane Ouattara, que la Côte d’Ivoire a connu le second conflit armé ;

  • Une liste électorale suspecte a été établie unilatéralement par le régime ;

  • Monsieur Alassane Ouattara, inéligible conformément à l’article 35 de la Constitution ivoirienne, fait un passage en force, pour se présenter à l’élection présidentielle et se maintenir au pouvoir.

  • L’opposition continue d’être brimée par le régime. L’attaque du meeting de la Coalition Nationale pour le Changement (CNC) par les militants du RDR aidés des forces de l’ordre, sous l’œil bienveillant du Ministre d’Etat Amadou Gon Coulibaly, et qui a occasionné des blessés graves et de dégâts matériels importants, le samedi 15 août 2015 à Korhogo, en est la parfaite illustration. Elle achève de convaincre que les conditions d’une élection transparente et démocratique sont loin d’être réunies.

En conséquence de ce qui précède, le Front Populaire Ivoirien, après en avoir décidé lors de son Comité Central Extraordinaire du 1er août 2015 :

  • Réaffirme qu’il est inopportun d’organiser l’élection présidentielle en octobre 2015 en Côte d’Ivoire ;

  • Demande à ses militantes, militants, sympathisants et au peuple souverain de Côte d’Ivoire de ne pas s’associer à une mascarade d’élection aux conséquences imprévisibles ;

  • Affirme qu’en temps opportun, il se donnera les moyens légaux pour faire barrage à toute imposture et toute forfaiture d’où qu’elles viennent ;

  • Met en garde quiconque prétendrait se présenter à l’élection présidentielle frauduleusement au nom ou sous la bannière du FPI ;

  • Prévient également qu’il s’opposera par les moyens légaux à l’organisation et à la tenue de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire tant que les préoccupations légitimes dûment exprimées et largement partagées par l’opinion nationale ivoirienne ne seront pas satisfaites ;

  • Exhorte ses militantes, militants, sympathisants et les démocrates de tous bords à rester mobilisés, à l’écoute des mots d’ordre du Parti et prêts pour les batailles futures en vue de libérer et restaurer la Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan le 10 Août 2015

Pour le Front Populaire Ivoirien

Le 1er Secrétaire Général Adjoint,

Porte-parole par intérim

Koné Boubakar

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 22:34
#ProcèsHabré / Jacqueline Moudeïna et les 30 000 victimes oubliées des massacres en région

Figure de proue du combat pour la justice des victimes tchadiennes du règne sanglant d'Hissène Habré depuis plus de quinze ans, soutenue (et là commence les questions) par une ONG ultra-controversée - Human rights watch, qui couvrit la crise ivoirienne, mais grâce à un simple photographe basé au...Kenya !!! - Jacqueline Moudeïna a tout pour plaire aux simplistes, simplificateurs et volontiers sentimentalisants médias occidentaux. L'article de Libération que nous reproduisons ci-dessous le démontre surabondamment. Or, si l'honnêteté et la probité de Mme Moudeïna ne sont pas en cause, bien des militants tchadiens s'interrogent sur le fait qu'elle, Reed Brody (HRW) et quelques autres s'en soient, comme délibérément (et alors pourquoi ?), tenus à n'enquêter qu'à N'Djamena... et donc à laisser plus de 30 000 victimes "régionales" sans sépulture, sans justice et sans vérité. Certains ont espéré que la constitution exceptionnelle d'une juridiction africaine spécifique permettrait de mener de plus larges, de plus profondes enquêtes, afin de ne pas s'en tenir aux seules 7 000 victimes, toutes tuées, torturées, mutilées à N'Djamena et dans ses environs, qu'évoque Mme Moudeïna. Las. L'ouverture ces jours-ci du procès Habré à Dakar le confirme : 30 000 victimes, au moins, du régime Habré (et donc de ses fonctionnaires, en particulier l'actuel chef de l'Etat Idriss Déby-de-boisson), n'auront pas droit, elles, à la justice, à la pédagogie et à la vérité historique sur leur calvaire. Le caractère ethnique de certains massacres disparaissant avec ceux-ci dans les oubliettes de l'Histoire du Tchad.

SOURCE

Dans le procès qui s’ouvre lundi à Dakar, cette avocate de N’Djamena défend les victimes de l’ex-dirigeant tchadien Hissène Habré.

Des étoiles tombe une clarté confuse sur N’Djamena. Sur le seuil de la maison aux fenêtres protégées par des paupières en lames de fer, un gardien haut comme une tour, matraque en main, filtre l’entrée dans la rue baignée d’ombre. Arrive la femme pour qui la recherche de la justice est un appareil de propulsion. Il y a chez Jacqueline Moudeïna, 58 ans, coordinatrice du collectif des avocats des victimes du régime de Hissène Habré (4 000 pour le collectif sur un total de 7 000 recensées), un sourire qui peut mordre et cette raideur hautaine dans ce corps douloureux qui a longtemps sonné en passant sous les portiques d’aéroport, après une tentative d’assassinat à la grenade, en 2001, alors qu’elle était à la tête d’une manif de femmes contre le pouvoir. «Aujourd’hui, on m’a enlevé les derniers morceaux, et je ne sonne plus», dit-elle avec lassitude au moment où s’ouvre ce lundi à Dakar, devant les Chambres africaines, le procès de Hissène Habré.

Pour la première fois, les tribunaux africains vont juger l’ancien dirigeant africain pour violations des droits humains. Il est accusé de dizaines de milliers d’assassinats politiques et de torture quand il était au pouvoir, entre 1982 et 1990.

Avocat au Tchad est un métier dangereux, surtout si on refuse de partager la coupe de vin et de sang que le pouvoir d’Idriss Déby, qui fit tomber Habré en 1990, vous tend en remerciement de votre amollissement. Depuis 1998, Moudeïna s’est en quelque sorte soustraite à la vie car le dossier Habré a la forme du colimaçon. C’est ainsi qu’elle s’est recroquevillée pour pouvoir y rentrer et ne jamais en sortir : «C’est la part de naïveté qu’il me reste car je n’ai pas le droit de faillir. Un dossier comme celui-là, c’est surtout une succession d’échecs et de désillusions.»

Il y a eu tour à tour la tentative d’assassinat à la grenade (2001), puis la tentative d’exfiltration (2008) par les autorités françaises au motif que son nom aurait été couché sur «une liste noire» du régime de Déby : «J’ai répondu aux diplomates français que c’était scandaleux de la part de la France de demander au préalable à celui qui m’en voulait la permission de m’exfiltrer et qu’en conséquence, je resterai au Tchad.»

Seule l’ONG Misereor, qui dépend des œuvres catholiques allemandes, finance en 2012 le gardiennage de sa maison et des travaux de maçonnerie censés décourager les tentatives d’effractions et d’intimidations dont elle est l’objet. Elle vient alors d’échapper à un braquage devant chez elle. Quelques jours plus tard, sa voiture est retrouvée «dans un ravin» et les «braqueurs»une balle dans la tête. «Qui peut croire à cette fable de simples braqueurs ?»dit-elle.

Il y a, chez cette femme, l’orgueil de ne rien devoir à personne et de lutter contre la toute puissante attraction des pouvoirs, quels qu’ils soient. Cette indépendance d’esprit, elle dit souvent qu’elle lui viendrait de son père qu’elle n’a pas connu. Jacques Moudeïna est mort en 1957 dans des circonstances mystérieuses. Il était le premier médecin tchadien issu d’une grande famille protestante. Jacqueline est alors confiée à sa grand-mère maternelle, elle aussi protestante. Sa mère se remarie. Naîtrontquatre demi-sœurs et frères.

La voilà scolarisée chez les sœurs de Koumra, une petite ville dans la région du Moyen-Chari, non loin de la frontière avec la République centrafricaine. Et la toute première «révolte» contre ce qu’elle considère comme une injustice. En effet, elle estime que la note donnée «à une fille de militaire français» est surévaluée. L’institutrice, «une dame française», lui répond :«Reste donc à ta place, petite Négresse.» Jacqueline la gifle. Elle est exclue un mois : «En fait, j’ai continué d’assister aux cours, mais par la fenêtre de la classe, et tout en répondant aux questions de l’institutrice que j’avais giflée. Une sœur, que j’aimais beaucoup, m’a dit : "Tu es une révoltée, une enfant devenue adulte un peu trop tôt. Va, retourne en classe".» Puis ce sera, à l’adolescence, le lycée Félix-Eboué de N’Djamena - «seule fille parmi 32 garçons, j’ai dû montrer que j’étais plus intelligente et plus bosseuse qu’eux».

Jacqueline Moudeïna tient le registre de sa vie en accéléré. En 1978, son dossier pour rentrer à l’école d’interprétariat de Bordeaux est prêt. Mais il se perd. Elle rentre en fac d’anglais à N’Djamena par défaut. Se marie la même année avec un journaliste tchadien. Ce dernier réalise une interview de Habré, pressenti pour être Premier ministre. Qui lui dit en le quittant :«Tenez, vous offrirez cette caisse de mangues à votre épouse.» Elle :«Comment aurais-je pu un seul instant imaginer que cet homme allait occuper dix-sept ans de ma vie ?»

Divorce, exil à Brazzaville en 1982 au Congo, au moment où Habré prend le pouvoir de force. Elle est sans le sou et sans métier à Brazzaville. Un oncle avocat lui suggère «de faire son droit» au Congo. Elle mène ses études sur place, qu’elle finance en occupant «un poste de vendeuse en pharmacie». Premier stage en 1995 et retour au Tchad dans un cabinet à N’Djamena. Elle s’inscrit au barreau trois ans plus tard.

Le dossier Habré l’emporte alors dans la fangeuse exploration du mal. Appuyée fidèlement et financièrement par Human Rights Watch dès 2000, elle explique : «J’ai conduit collégialement ce dossier auquel j’ai donné ma voix, avec aussi des moments d’abattements terribles.» Ses proches lui suggèrent d’abandonner quand les menaces se font plus pressantes :«Rayez-moi de la famille ou alors acceptez-moi comme je suis», répond-elle.

Dans le champ visuel de sa conscience, il y a une vingtaine de victimes qui sont venues frapper ce soir-là chez elle. «Que voulez-vous ?» leur dit-elle sèchement. Elles : «Rien, on est venu te voir.» Elles sont restées deux jours dans la cour de la maison. Jacqueline Moudeïna, qui n’a ni enfant ni mari, les a nourries. Un soir, elle se prend le visage dans les mains : «Parfois, elles restent des heures dans mon bureau à me regarder. Je ne peux pas les mettre dehors. Je suis épuisée.»

Depuis que 20 supplétifs du régime de Hissène Habré ont été condamnés à vingt ans de prison et que l’Etat tchadien a été condamné à verser 75 milliards de francs CFA (114 millions d’euros) en réparation aux 7 000 parties civiles, «chacune des victimes se voit milliardaire». Elle poursuit : «On me dit : "Il paraît que c’est toi qui as l’argent ?" C’est un autre combat qui prendra encore des années», souffle-t-elle.

Quand on lui parle de cette foi qui ne l’a pas quittée car chaque dimanche elle se rend au temple, elle répond : «Je suis une protestante élevée par des sœurs catholiques tout en restant profondément protestante. Je porte la voix des orphelins.»

1957 Naissance et mort de son père. 1982 Fuit le Tchad pour le Congo-Brazzaville et débute ses études de droit. 1998 Inscrite au barreau de N’Djamena et prise en charge du dossier Hissène Habré. 2001 Grièvement blessée dans un attentat à N’Djamena. 20 juillet 2015 Début du procès de Hissène Habré à Dakar

Jean-Louis LE TOUZET

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 12:00
Le pavé de Fanny Pigeaud dans la mare franco-ivoirienne (#LivreDuMoment)

Où acheter France Côte d'Ivoire, une histoire tronquée

Cinquante ans après les indépendances de la plupart des anciennes colonies françaises d’Afrique, Paris continue d’être présent sur le continent africain : économiquement bien sûr, militairement, comme le démontrent la cinquantaine d’interventions tricolores qui ont eu lieu dans l’ancien « pré carré », et bien trop souvent politiquement. Contrairement aux promesses de Nicolas Sarkozy, réitérées par François Hollande, de non-intervention dans les affaires intérieures africaines, l’Élysée continue en effet d’y mettre son nez.

La Côte d’Ivoire est depuis un demi-siècle le lieu de telles manœuvres. Fanny Pigeaud a fait paraître fin juin un livre qui retrace l’histoire récente des relations entre Paris et Abidjan, France Côte d’Ivoire – Une histoire tronquée (Vents d’ailleurs, 453 pages). Son livre est centré sur l’élection présidentielle de 2010 qui a vu le président sortant Laurent Gbagbo être défait, puis s’accrocher au pouvoir avant d’en être délogé par des bombardements français et onusien, afin que son concurrent, Alassane Ouattara, puisse s’installer au pouvoir. Mais cette histoire officielle tient-elle compte de ce qui s’est réellement passé ? Certainement pas, répond Fanny Pigeaud, comme le montre cet extrait de son ouvrage qui jette une lumière différente sur la régularité de cette fameuse élection de 2010.L’argument est toujours le même, celui de la « stabilité », qui prend différentes formes. Aujourd’hui, c’est la lutte antiterroriste ou la volonté d’éviter les États faillis. Mais il y a bien souvent des raisons moins avouables publiquement : préservation de certains intérêts économiques, maintien de bases militaires, favoritisme à l’égard de tel ou tel politicien « ami », soutien diplomatique quand la France a besoin de rassembler des votes à l’ONU… En fait, il s’agit ni plus ni moins, pour la France, de continuer à gouverner indirectement ses anciennes colonies, plutôt que de laisser les Africains s’en charger eux-mêmes, avec leurs erreurs et leurs tâtonnements.

UN PROCESSUS OBSCUR

Aucun acteur du processus électoral n’a joué son rôle.

La « communauté internationale », suivie par les médias occidentaux, affirme donc que Ouattara est le vainqueur de l’élection présidentielle. Pourtant, tout montre que le processus électoral n’a pas respecté les règles et que chacun de ses principaux acteurs n’a pas joué son rôle : la commission électorale indépendante, le Conseil constitutionnel et le certificateur de l’ONU Young-jin Choi ont failli à leur mission.

La commission électorale indépendante

La commission électorale indépendante (CEI) est le premier organe qui n’a pas fait son travail correctement. Nous avons vu qu’il y a eu, avant même le scrutin du second tour, de nombreux dysfonctionnements. D’autres anomalies importantes sont facilement détectables. Le taux de participation donné par la CEI, par exemple, pose beaucoup de questions. Tous les observateurs et acteurs ont annoncé à la sortie des urnes qu’il était inférieur d’environ dix points par rapport à celui du premier tour. Le chef de la délégation des observateurs de la francophonie, Gérard Latortue, a ainsi déclaré le 29 novembre qu’il « pourrait avoisiner les 70 % ». Le vice-président de la CEI, Amadou Soumahoro, du RDR, a lui-même expliqué aux médias ce même lundi 29 novembre : « Le taux de participation au second tour de la présidentielle dimanche se situe autour de 70 %, en baisse par rapport au premier tour le 31 octobre, où elle avait atteint 83 %. » Le porte-parole de la CEI, Bamba Yacouba, représentant des Forces nouvelles, a dit le même jour : « Le taux de participation qui est d’environ 70 % est en baisse par rapport à celui du premier tour qui s’élevait à plus de 80 %. » Sur la RTI, Amadou Soumahoro a indiqué, toujours le même jour, à propos du chiffre de 70 % : « Nous sommes surpris que le taux soit aussi élevé, contrairement à ce que nous pensions hier (dimanche). Nous craignions que nous n’atteignions même pas les 60 % de taux de participation. » Or, lorsque le président de la CEI, Youssouf Bakayoko, a proclamé ses résultats provisoires, le 2 décembre, il a donné un taux de 81,1 %, soit 11 points de plus que les 70 % initialement annoncés. Pourquoi cet écart, qui correspondait à un peu plus de 600 000 voix ? Aucune réponse ne sera apportée à cette question. Cette différence a pourtant une incidence importante sur les résultats finaux.

Comme d’autres observateurs, l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki soulignera les incohérences dans les chiffres donnés par les uns et les autres : « L’envoyé de l’ONU, le secrétaire général Ban Ki-moon, et son collègue sud-coréen, le RSSG Young-jin Choi, ont […] déterminé que Ouattara avait gagné, mais sur la base de moins de voix que celles annoncées par la CEI, après avoir déterminé que certaines des plaintes déposées par Gbagbo étaient légitimes. En termes de suffrages exprimés pour les deux candidats, la CEI, le CC et le représentant spécial de l’ONU ont fait trois mesures différentes. »

Un autre problème concerne les procès-verbaux (PV) du scrutin et la manière dont le comptage des voix a été effectué. L’Onuci avait des équipes dans 721 des 20 000 bureaux répartis dans tout le pays. Elle pouvait par conséquent certifier la validité des PV issus des bureaux où ses éléments étaient déployés et avaient assisté au dépouillement des voix. Mais elle n’était pas capable de savoir s’il y avait eu, par exemple, tricherie et entente des acteurs dans les autres bureaux de vote, pour produire des PV ne correspondant pas au choix exprimé par les électeurs. Or, sur beaucoup de PV issus de la zone CNO notamment, des incohérences sont visibles : tout comme l’a relevé Bédié lors du premier tour, de nombreux bulletins de vote comportent plus de votants que d’inscrits. La société chargée de faire le comptage électronique des voix, Sils Technology, a ainsi signalé par écrit à la CEI, le 1er décembre 2010, que son logiciel avait« rejeté un nombre de procès-verbaux pour non-conformité d’acceptation au critère de validation électronique (un nombre de votants anormalement supérieur au nombre d’inscrits) estimé à 2 000 ». En outre, les PV issus de beaucoup de bureaux du Nord indiquent que Gbagbo n’a obtenu aucune voix, ce qui veut dire que ses propres assesseurs n’ont pas voté pour lui. Autre curiosité : selon beaucoup de ces PV, 100 % (voire plus, si l’on compte les votants non inscrits) des électeurs ont voté (souvent à 100 % pour Ouattara), ce qui est extrêmement rare, pour ne pas dire totalement improbable.

De plus, on ne sait pas sur quelles bases les résultats donnés par Bakayoko ont été établis : s’appuient-ils sur la compilation des résultats tels que la CEI les a reçus ? Ou bien seulement sur ceux validés par l’ensemble des membres de la CEI ? La proclamation de Bakayoko est elle-même sujette à caution : quelle est sa valeur légale, alors qu’elle a été faite en l’absence des autres membres de la CEI et que ces derniers n’ont en plus pas validé son contenu ? Quelle est sa valeur, alors que le Conseil constitutionnel a retiré à Bakayoko le droit de la faire ? Quelle valeur a-t-elle, alors qu’elle a été formulée non seulement hors délai, mais aussi au QG de campagne de l’un des candidats, en l’occurrence Ouattara ? Aucune explication valable ne sera donnée à cette dernière incongruité. Youssouf Bakayoko dira juste depuis Paris, le 1er janvier 2011, dans un entretien à RFI qui lui demandera pourquoi il a fait son annonce dans le « quartier général d’un des candidats, Alassane Ouattara » : « Écoutez, moi, je l’ai su par la suite, je ne savais pas qu’il habitait là. » Alors que RFI insistera, disant : « Mais tout le monde le savait. Pourquoi vous, vous ne le saviez pas ? », Bakayoko répondra : « Je n’ai pas à savoir ce que tout le monde sait parfois. » Notons que, après sa déclaration au Golf Hôtel, Bakayoko y restera pendant une semaine. Il demandera à l’Onuci de le faire partir hors du pays, mais celle-ci refusera. C’est finalement la France qui se chargera de l’exfiltrer discrètement vers Paris.

Toutes ces questions concernant les résultats du second tour ne seront pas soulevées par les médias occidentaux. Aucun n’émettra l’hypothèse que les chiffres donnés par Bakayoko aient pu être trafiqués, tout comme l’ensemble du processus. Aucun ne dira ce qui est une évidence pour beaucoup : il y a eu d’importants bourrages d’urnes dans toute la zone CNO – qui représente 30 % des électeurs. « Les FAFN ont tout fait pour faire passer leur candidat dans leur zone. Ainsi Yacouba Bamba, membre de la CEI nationale, a été très actif à Bouaké, où il contrôlait la CEI locale », témoignera un fonctionnaire international.

Le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel et son président ont été sous le feu des critiques des alliés de Ouattara. L’Union européenne a, par la voix de sa mission d’observateurs, résumé les griefs à son égard, en blâmant sa décision d’annuler des votes. Elle l’a accusé de ne pas avoir fait de « vérification préalable des faits allégués » par les requêtes déposées par Gbagbo, disant : « Le Conseil constitutionnel a saisi le prétexte d’incidents isolés, eux-mêmes insuffisants pour affecter les résultats d’ensemble, aux seules fins de modifier les résultats proclamés par la CEI. » L’UE a aussi assuré que le Conseil n’avait pas respecté l’article 31 de la Constitution, selon lequel « la souveraineté appartient au peuple. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice». Mais en affirmant cela, l’UE s’est contredite : elle a elle-même refusé de reconnaître la disposition constitutionnelle faisant du Conseil constitutionnel la dernière voix qui compte. Selon l’article 98, « les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toute autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale ».

Cela étant, il est évident que la manière dont le Conseil constitutionnel a travaillé a posé problème. Pourquoi n’a-t-il pas pris plus de temps avant de rendre son verdict, alors qu’il disposait de sept jours pour examiner les irrégularités soulevées par Gbagbo ? Pourquoi, au lieu d’annuler le vote de sept départements, n’a-t-il pas plutôt annulé l’élection dans son ensemble, comme le code électoral lui en donnait la possibilité ? L’article 64 du code stipule en effet : « Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection. La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des ministres sur proposition de la commission chargée des élections. Le scrutin a lieu au plus tard quarante-cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel. » Toutefois, on peut imaginer que la situation serait restée la même si le Conseil avait annulé l’élection : sa décision n’aurait été acceptée ni par les grandes puissances occidentales, ni par Ouattara, ni par les FAFN.

Une autre question, plus morale ou philosophique, peut être posée lorsque l’on connaît la suite de l’histoire : Yao N’Dré aurait-il dû accepter les résultats de la commission, même s’il les savait truqués, pour éviter une guerre déclenchée par les FAFN ? Doit-on accepter ce qu’on considère comme une injustice pour avoir la paix ? Plusieurs années après, en 2015, KKB, président de la jeunesse du PDCI, déclarera d’ailleurs à propos du soutien de son parti à Ouattara : « Avions-nous le choix en 2010 si nous voulions la paix ? Croyez-vous que le pays aurait été débarrassé […] des armes si Gbagbo avait été déclaré vainqueur des élections en 2010 ? Si Gbagbo avait été déclaré vainqueur de ces élections, nous serions encore dans une Côte d’Ivoire coupée en deux, arme au poing. Des personnes tenaient des armes et disaient que tant que Ouattara n’est pas président de la République, ils ne baisseraient pas les armes. »

Le certificateur de l’ONU, Young-jin Choi

Young-jin Choi a quant à lui outrepassé son mandat. Il affirmera : « La seule question qui demeure est de savoir si l’Onuci est tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel quelles que soient les circonstances. La réponse à cette question devrait tenir compte du fait que le gouvernement ivoirien a accepté le rôle de certification du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire. » Mais le mandat de Choi ne prévoyait pas qu’il prenne en compte une proclamation de résultats provisoires douteuse (il n’a d’ailleurs rien dit sur l’illégalité de la proclamation de Bakayoko), puis qu’il fasse ses propres calculs, pour finalement donner le nom de celui qui avait, selon lui, remporté le scrutin. D’après la résolution 1765 du Conseil de sécurité de l’ONU, il devait simplement vérifier (et certifier ou non) que « tous les stades du processus électoral [fournissent] toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législative ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales ».

À propos des résultats, il devait dire, suivant le critère que l’Onuci avait elle-même fixé, s’ils avaient « été déterminés à l’issue d’un processus transparent et accepté par tous ou contesté de manière pacifique par les voies appropriées ». En donnant le nom de celui qui, selon lui, avait gagné, Choi, et avec lui les Nations unies, s’est substitué aux institutions ivoiriennes, pourtant existantes et opérantes, ce qui ne s’était encore jamais vu nulle part ailleurs. Il s’est ainsi érigé en Conseil constitutionnel « bis » pour désigner Ouattara comme vainqueur et annuler la décision d’un organe constitutionnel, dont les décisions ne sont pourtant susceptibles d’aucun recours en vertu de l’article 98 de la Constitution.

La résolution 1933 prise le 30 juin 2010 par le Conseil de sécurité n’a en outre pas été appliquée : ce texte précisait que le Conseil devait fonder « son évaluation du processus électoral sur la certification établie par le représentant spécial du secrétaire général, conformément aux cinq critères-cadres visés dans le document S/2008/250 et après des contacts sans exclusive avec toutes les parties concernées en Côte d’Ivoire ». La consultation évoquée n’a pas été menée.

Dans les couloirs de l’ONU, à New York ou à Abidjan, ceux soutenant la position de Choi expliquaient que, même s’il y avait eu des fraudes importantes, Ouattara devait de toutes les façons sortir vainqueur du scrutin, parce que c’était une question de « mathématique » : l’alliance du RDR avec le PDCI était plus forte en voix que la LMP, disaient-ils. Mais ce raisonnement « mathématique » omettait de prendre en compte plusieurs inconnues : le taux d’abstention et le nombre de voix des partisans de Bédié qui se reporteraient effectivement sur Ouattara.

Le rôle que l’ONU a joué dans la validation et la reconnaissance de la « victoire » de Ouattara conduira l’organisation dans une quasi-impasse : en se prononçant en faveur d’un candidat, elle a perdu sa légitimité pour jouer un rôle de médiateur dans la crise et aider à sa résolution, si tel était réellement son objectif. Même si l’entourage de Gbagbo restera toujours en relation avec l’Onuci, via Alcide Djédjé, son ministre des Affaires étrangères, lui-même ne voudra plus avoir de contacts directs avec Choi. En abandonnant sa neutralité, l’ONU s’est condamnée, pour ne pas se dédire, à « travailler activement pour l’installation de Ouattara en tant que président du pays et l’élimination de Gbagbo », soulignera Thabo Mbeki. Cette dérive de l’organisation ne fera l’objet d’aucun débat public. Fin 2010, il est pourtant évident que l’ONU est en train d’être instrumentalisée par les grandes puissances qui la contrôlent. Qu’aurait pu faire l’Onuci pour éviter que la situation ne s’aggrave ? L’ancien secrétaire général d’Amnesty International et ancien sous-directeur général de l’Unesco Pierre Sané fera une suggestion : « Pourquoi le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies n’a-t-il pas travaillé sur les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel et décidé ou non de les certifier, comme cela a été le cas lors du premier tour. En cas de désaccord persistant, pourquoi n’aurait-il pas procédé à la vérification détaillée des critères d’annulation mis en avant par le Conseil constitutionnel et évalué leur force de justification et même demandé, compte tenu des circonstances exceptionnelles, qu’Alassane Ouattara puisse soumettre des “contestations démocratiques” et ensuite transmettre un rapport au Conseil de sécurité ? »

Preuve que le système de certification utilisé en Côte d’Ivoire a été un fiasco, même si cela ne sera pas reconnu officiellement : le Conseil de sécurité des Nations unies ne voudra plus en entendre parler. L’expérience d’un mandat confié à un seul individu ne sera donc vraisemblablement pas renouvelée ailleurs.

Début décembre 2010, la situation en Côte d’Ivoire peut se résumer ainsi : le scrutin qui vient de se tenir a une crédibilité faible, voire nulle, bien que l’ONU dise le contraire ; plusieurs résultats ont été donnés : le premier par Youssouf Bakayoko, le deuxième par le Conseil constitutionnel, le troisième par Young-jin Choi ; un candidat, Gbagbo, s’est insuffisamment préparé pour contester le déroulement du scrutin ; l’autre, Ouattara, bénéficie de l’aide de grandes puissances, et plus particulièrement de la France et des États-Unis ; des personnalités clés du processus, Young-jin Choi et Youssouf Bakayoko, ont subi de fortes pressions de la part des diplomates occidentaux et du président français Sarkozy ; la certification onusienne de Choi n’a pas respecté le mandat donné.

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 08:00
#Gabon / Arfi, Benquet, Ondo Mintsa & Harel débattent sur Mediapart

Débat animé par Frédéric Bonnaud. Avec :

- Fabrice Arfi, journaliste à Mediapart.
- Patrick Benquet, réalisateur, auteur de Françafrique, 50 années sous le sceau du secret, un documentaire de référence.
- Bruno Ondo Mintsa, opposant au régime Bongo, animateur du collectif « Ça suffit comme ça ».
- Xavier Harel, journaliste, spécialiste de l'Afrique et des questions pétrolières, auteur du livre Le Scandale des biens mal acquis et de Afrique, pillage à huis clos.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 08:30
La Françafrique perd un ami : levée de l'immunité parlementaire de Balkany

SOURCE

POLITIQUE - Dans cette affaire, Patrick Balkany est déjà mis en examen. La demande de levée de son immunité parlementaire qui a été accepté ce mercredi 18 mars à l'Assemblée nationale va désormais permettre à la justice de prononcer une restriction de liberté à l'encontre du député UMP des Hauts-de-Seine. Les juges d'instruction qui enquêtent sur des faits de corruption passive et blanchiment de fraude fiscale veulent en effet lui imposer un contrôle judiciaire; cela pourrait impliquer qu'il rende son passeport afin de s'assurer qu'il ne quitte pas le territoire français.

Pour cela, il fallait que la majorité des députés du bureau de l'Assemblée vote cette levée d'immunité. Elle l'a été à l'unanimité des 16 membres présents, malgré le souhait contraire du principal intéressé. "Je ne vois pas comment un membre du bureau pourrait voter contre alors qu'on vient de voter la levée d'immunité de Philippe Briand (ex-trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, ndlr)", précisait avant le vote un membre du bureau.

Il faut dire que le dossier monté par les enquêteurs commence à être imposant. Outre le maire de Levallois, sa femme Isabelle est également mise en examen, de même qu'un ami, Jean-Pierre Aubry. Les magistrats soupçonnent notamment le couple, parmi les plus intimes de Nicolas Sarkozy, d'avoir caché au fisc le fait qu'ils sont propriétaires de deux villas où ils séjournent régulièrement à Saint-Martin et à Marrakech.

Un compte à Singapour alimenté par des commissions?

Tout a commencé par la sortie d'un livre (French Corruption) écrit en 2013 par deux journalistes du Monde. On y apprend qu'un ancien ami du couple Balkany, Didier Schuller, a admis l'existence d'un compte ouvert au nom de Patrick Balkany dans une banque suisse et d'une société écran basée au Liechtenstein où aurait transité des fonds publics détournés dans des marchés publics. Une affaire qui intéresse aussi la justice.

Mais au cours de l'enquête sur ce premier volet, les policiers ont été surpris de l'écart entre le train de vie du couple et ses revenus. Voilà pourquoi une enquête préliminaire a été déclenchée le 6 novembre 2013 puis une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale un mois plus tard. Depuis juillet 2014 et un signalement de Tracfin (cellule antiblanchiment de Bercy), elle a été étendue à des faits de corruption ce qui vaut la demande de levée d'immunité.

L'affaire a notamment conduit les enquêteurs à Singapour. Les juges pensent que le couple Balkany pourrait y détenir des sociétés off-shore derrière lesquelles ils se cacheraient pour détenir la propriété à Marrakech. Leur ami Jean-Paul Aubry, ancien directeur général de la Semarelp, la société d'économie mixte d'aménagement de la ville de Levallois-Perret, jouerait le rôle de prête nom.

Les juges d'instruction auraient des documents attestant l'existence de ce compte. Mediapart assure de son côté que ces comptes sont alimentés par des "commissions sur des contrats à l'international, notamment en Afrique, où Patrick Balkany a beaucoup voyagé ces dernières années, ainsi que sur des marchés publics passés à Levallois-Perret". Selon le Monde, le témoignage d'un industriel belge aurait mis les enquêteurs sur la voie en évoquant des contrat d'uranium.

Isabelle Balkany aurait avoué pour Saint-Martin

Lors des auditions, Isabelle Balkany a cependant toujours nié que le couple est d'une manière ou d'une autre propriétaire de cette villa à Marakech. "Je n'ai rien à me reprocher, ce sont des affabulations. Quand on n'a rien à se reprocher, on se sent bien. Qu'ils fassent leur enquête", a déclaré aussi Patrick Balkany à l'issue de sa mise en examen en octobre 2014.

Ce n'est en revanche pas le cas pour la propriété de Saint-Martin. Selon des déclarations de l'avocat d'Isabelle Balkany datant de juin 2014, l'élue a reconnu être "l'ultime ayant-droit" de la société qui détient la maison depuis 1997. En clair, que le couple en est bien le propriétaire mais a omis de le dire au fisc depuis 18 ans.

Ce n'est pas le seul oubli que le couple Balkany aurait pu avoir commis. Libération affirme en effet que la déclaration de patrimoine du député oublie ce qui se trouve au Moulin de Cosy, leur propriété situé à Giverny. Plusieurs toiles de maître dont un Picasso et deux Miro auraient été découvertes lors d'une perquisition en janvier 2014. "Si ces toiles sont authentiques, comme semblent le penser les experts, il y en a pour plusieurs millions d'euros", note le quotidien. La Haute autorité pour la transparence demande pourtant que chaque oeuvre dont le montant dépasse 10.000 euros soit inscrite.

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 19:00
Idriss Debib, dit le Serpent (#Tchad #Kadhafi #CNT

La titraille est de la rédaction

A Dakar, le despote, Idriss Déby se lâche sur ses parrains français.

« Chantez à l'âne, il vous fera des pets. »

Le ministre français de la Défense, Jean Yves le Drian, l’a appris à ses dépens ce mardi 16 décembre lors de la clôture du premier Forum sur la paix et la sécurité à Dakar. En effet, l’enfant-roi des autorités françaises toute tendance confondue, Idriss Déby, a laissé échapper au nez et à la barbe de ses mentors quelques boules puantes incommodant M. Drian tout à sa joie d’avoir réussi son jubilé.

Dans une diatribe acerbe, le voici distillant dans l’auditoire, les effluves nauséabonds de la Franceafrique dont, soit dit en passant, il en est une des plus toxiques émanations.

« Toutes les difficultés sécuritaires de la région saharo-sahélienne sont nées en 2011 de l'intervention militaire occidentale en Libye... Le Mali est une conséquence directe de la Libye, Boko Haram est une conséquence de la Libye...la solution est dans les mains de l'Otan...ce sont eux qui ont créé cela. Nos amis européens et occidentaux ne nous ont pas demandé quand ils ont attaqué la Libye. Non plus quand ils ont divisé le Soudan en deux ».

Ainsi, s’érige-t-il en donneur de leçons. Mais en a-t-il vraiment la légitimité ? Est-il le mieux placé pour faire la morale ? Lui qui, 25 ans plutôt, était catapulté au pouvoir par l’Elysée et depuis, maintenu en place contre vents et marées, mais surtout contre les aspirations de changement démocratique des tchadiens. Lui le fraudeur multirécidiviste aux élections présidentielles tenues dans ce pays depuis 1996 et ce, toujours avec l’appui des successifs gouvernements français. Lui dont le salut en 2006 puis en 2008 contre les rébellions tchadiennes est dû à l’intervention des troupes françaises. Ses « amis européens et occidentaux » avaient-ils demandé la permission aux Tchadiens pour toutes ces interventions ? Mais de cela, le dictateur se garde bien d’en piper mot et ne s’en plaint évidemment pas. Cette pitrerie de Dakar n’est ni plus ni moins qu’une imposture dont le trublion- Président-Général-Sultan a l’art et révèle à suffisance, la nature félonne et foncièrement opportuniste du personnage.

Imposteur en Libye lui, le prétendu fidèle ami du guide libyen qui, avant même que ce dernier ne soit défait, s’était empressé de reconnaître le CNT et d’aller serrer dans ses bras ceux qui « ont fait assassiner Kadhafi ». Quant aux nombreux jeunes tchadiens désœuvrés, qu’il avait enrôlés comme mercenaires aux côtés de Kadhafi, deux semaines plutôt, qu’importe ! Ils passent par pertes et profits.

Imposteur au Mali où, dans une même logique de préserver son pouvoir et redorer un blason terni par 24 ans d’assassinats politiques, il n’a pas hésité un seul instant, à sacrifier des centaines de soldats tchadiens pour la gloire de ceux « qui ont créé le désordre dans la région ». Un convoi de chair à canon, parfait bouclier derrière lequel s’abrite les précieuses vies des militaires français. Des soldats tchadiens qui, pas plus tard que le mois dernier, ont dû menacer de se retirer de Kidal, pour qu’enfin leur solde soit payée. Des soldats disparus dont encore aujourd’hui, veuves et orphelins attendent toujours les indemnités de décès d’un mari ou d’un père. Oui, il est évident que l’engagement au Mali, ne relevait ni d’un acte généreux de défense des droits des Maliens, ni de la lutte contre le terrorisme. Comment peut-on croire que celui qui, dans son propre pays, a fait de la violation systématique des droits fondamentaux de ses concitoyens, un mode de gouvernance, puisse à l’autre bout du monde, aller défendre ces mêmes droits ?

Torture, viols, assassinats, arrestations arbitraires, justice expéditive, insécurité, peur...à Kidal, les militaires tchadiens n’ont pas été particulièrement dépaysés.

Comment admettre que le principal instigateur et soutien de l’horrible secte Boko Haram, se fasse le chantre de la lutte anti-terroriste ? Comment accorder le moindre crédit de pacificateur au père de la tristement célèbre Séléka qui en RCA, sème la mort et la désolation dans tous les foyers ?

En définitive, Dakar n’aura été qu’un épisode de plus des obscénités franco-africaines avec en tête d’affiche, l’hydre tchadien qui heureux de sa misérable prestation, s’en est allé boire son petit lait ou plus exactement, siphonner ses litres de bourbon sec. « On ne tue pas le serpent par la queue, on le tue par la tête ! » a-t-il dit à Dakar. En effet, et dans notre arabe dialectal tchadien, on désigne le serpent par le mot « débib », qui rime étrangement bien avec « Déby ».

Coïncidence ?

Texte / Annette Yoram Laokolé

Coordinatrice du CNCD

Idriss Debib, dit le Serpent (#Tchad #Kadhafi #CNT
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