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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 09:45
Pour l'AFP & RFI les pro-Gbagbo sont des Bétés... Lugan a gagné (#Ouattarie #RSF)

Abidjan - Des heurts jeudi (10/09) en Côte d’Ivoire - principalement dans l’ouest - au cours de manifestations contre la candidature du président Alassane Ouattara à l’élection présidentielle du 25 octobre ont fait un mort et plusieurs blessés, a appris l’AFP de sources concordantes.

Le Conseil Constitutionnel ivoirien a rendu publique, mercredi, la liste définitive des dix candidats, autorisant notamment M. Ouattara à briguer un deuxième mandat face à une opposition morcelée. Le président sortant est le favori de ce scrutin crucial pour la stabilisation de la Côte d’Ivoire après la crise postélectorale qui a suivi sa victoire en 2010 sur son prédécesseur Laurent Gbagbo.

Ce dernier attend dans une cellule de la Cour pénale internationale (CPI) l’ouverture de son procès le 10 novembre pour crimes contre l’humanité en raison de son rôle présumé dans la crise de fin 2010-début 2011. Plus de 3.000 Ivoiriens étaient morts en cinq mois de violences causées par son refus de reconnaître sa défaite.

Une partie de l’opposition favorable à l’ancien président et qui conteste l’éligibilité de M. Ouattara avait appelé à des marches jeudi.

Les principaux événements se sont produits dans la région natale de M. Gbagbo. Des jeunes Betés (ethnie locale de M. Gbagbo) ont érigé des barrages à Gagnoa (230 km au nord-ouest d’Abidjan), sa ville natale, ainsi qu’à plusieurs carrefours des environs, bloquant la circulation, a appris l’AFP auprès de témoins et d’une source sécuritaire désirant garder l’anonymat.

A Bayota, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Gagnoa, des échauffourées entre transporteurs routiers majoritairement Dioula (ethnie musulmane du nord dont est issue M. Ouattara) et des jeunes ont fait au moins un blessé grave parmi les transporteurs qui se sont alors regroupés. Des affrontements très violents entre gens armés de couteaux, de gourdins et de pierres ont ensuite eu lieu dans la localité voisine de Logouata. Un homme âgé du village a été tué et des maisons ont été incendiées, a-t-on dit de mêmes sources. Plusieurs blessés ont été transportés à l’hôpital de Sinfra.

Par ailleurs, une partie de Bonoua (60 km à l’est d’Abidjan), ville d’origine de Simone Gbagbo, l’épouse de l’ex-président qui purge une peine de 20 ans de prison, a été paralysée par des manifestants.

"Des jeunes Abouré (ethnie locale dont est issue Simone Gbagbo et dont les membres sont majoritairement chrétiens) et des Dioula se sont affrontés à coups de pierres. La police est intervenue en utilisant du gaz lacrymogène. Il y a eu de nombreux blessés", a expliqué à l’AFP un habitant de Bonoua. Ces informations ont également été confirmées par une source sécuritaire ayant requis l’anonymat.

A Yopougon, quartier populaire favorable à M. Gbagbo de l’ouest d’Abidjan (qui doit être moins résumable ethniquement pour l'AFP, ndlr), un bus et un minibus ont été incendiés et un autre a été la cible de jets de pierres, ont constaté des journalistes de l’AFP et d’autres témoins.

Le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko (surnommé jadis "Le Loubard", et toujours proche du champion des brouteurs, ndlr) avait mis en garde lundi contre tout désordre, assurant que "les moyens (...) pour que ce scrutin soit sécurisé et apaisé" seraient "mis en place" (sûrement la raison pour laquelle, on apprenait le 11 septembre qu'un bataillon de soldats mauritaniens venaient d'arriver pour sécuriser la Côte d'Ivoire pré-électorale, ndlr).

SOURCE

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 10:00
Madagascar / Le nouveau code minier profite à tous sauf aux Malgaches... (#Tany)

Mesdames et Messieurs

Veuillez trouver ci-joint, un nouveau Communiqué du Collectif TANY.

Merci de bien vouloir le diffuser.

Avec nos sincères remerciements, veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l'expression de nos respectueuses salutations.

Pour le Collectif TANY

Mamy Rakotondrainibe

LE NOUVEAU CODE MINIER NE DOIT PAS SACRIFIER LE PEUPLE MALGACHE

POUR PLAIRE AUX INVESTISSEURS

Un processus de révision du Code minier est en cours à Madagascar dans la plus grande discrétion. A tel point que les organisations de la société civile (1) ont dénoncé l’absence de cadre formel et règlementé des réunions du Comité conceptuel lié au Ministère des Mines. Les autorités malgaches donnent néanmoins rendez-vous aux investisseurs du monde entier au Salon International sur les Mines et le Pétrole de Madagascar du 23 au 25 septembre 2015 à Antananarivo pour y révéler le nouveau Code minier (2).

Depuis 2005, Madagascar fait déjà figure de « Nouvel Eldorado des compagnies minières et pétrolières ». Une réputation que le pays doit à son Code minier et sa Loi sur les Grands Investissements Miniers, qui accordent des avantages importants aux sociétés minières et pétrolières, ne laissant que des miettes à l’Etat, aux collectivités décentralisées et aux communautés locales.

Mais l’avant-projet du futur code (3), qui remplacera ces deux textes de loi en vigueur, fait de la surenchère en cédant encore plus aux grands investisseurs, nationaux et étrangers, au mépris de l’intérêt national.

A travers ce premier article, le Collectif TANY dénonce cette logique malsaine qui met en danger les petits opérateurs miniers, les communautés locales, et l’ensemble des générations futures malgaches.

Permis minier et titre foncier : des projets source d’accaparement des terres

D’emblée, l’Avant projet pérennise la menace de spoliation des droits sur les terres. Ce risque déjà présent dans le Code minier de 2005 est avéré dans de nombreux cas documentés par le Collectif TANY dans plusieurs régions de Madagascar (4) et (5).Expulsions, pertes de droits légitimes, compensations d’un montant faible et inacceptable, tel est le sort réservé aux populations locales victimes d’accaparements de terres, y compris dans le secteur minier.

Dans son troisième alinéa de l’article 1.1, l’avant-projet stipule que « Nul titulaire de permis minier ne peut s’installer ou procéder à quelconque opération d’extraction [dans le cadre de l’activité de recherche ou de l’activité d’exploitation] sur un site inclus dans son périmètre minier sans être propriétaire [foncier] du site ou, à défaut, sans avoir épuisé la procédure d’identification et d’information des propriétaires et convenu de contrat de bail ou d’autre accord avec les propriétaires fonciers ou avec les autorités locales ».

Déjà contesté auparavant par un groupe d’organisations de la société civile malgache (1), ce premier point porte gravement atteinte à la souveraineté nationale malgache. En effet, cet article 1.1 sous-tend que les sociétés minières, notamment étrangères et transnationales, deviennent propriétaires des terres, au lieu de se contenter d’extraire le produit du sous-sol pour une durée limitée dans le temps.

Cela réduit dangereusement le patrimoine légué aux générations futures malgaches.

Depuis plusieurs années, le Collectif dénonce la loi 2007-036, qui permet aux sociétés étrangères d’acheter et d’acquérir des terrains en pleine propriété. L’autorisation accordée par cette loi a brisé un tabou, en contradiction avec le Code foncier en vigueur qui interdit aux étrangers l’accès à la propriété foncière. D’ailleurs, pour contourner ce frein, de nombreux opérateurs économiques d’origine étrangère ont acquis la nationalité malgache au cours des dernières années (6), sans forcément résider de manière permanente à Madagascar...

Ces éléments aggravent la fuite en avant dans l’octroi de propriétés foncières aux investisseurs au détriment de l’écrasante majorité des citoyens.

N’étant pas un occupant traditionnel, le grand investisseur minier est poussé à acquérir un titre foncier. Pour le commun des Malgaches, le titre foncier reste inaccessible en raison de son coût élevé. Le délai d’obtention constitue un autre handicap car la délivrance d’un titre intervient très souvent plusieurs années après le dépôt de la demande.

En revanche, les sociétés, notamment étrangères, bénéficient de l’appui inégalable de l’EDBM – Economic Development Board of Madagascar, une structure mise en place en 2006 et financée par la Banque Mondiale, « pour renforcer la compétitivité du secteur privé national, accroître l'investissement direct étranger et fournir un service d'accompagnement à l'endroit des investisseurs dans le cadre de leur implantation » (7). Dans ces conditions, ces investisseurs ont la voie libre pour s’octroyer des terres.

Si l’article 1.1 de l’avant-projet est maintenu, seuls les nationaux très riches et les sociétés étrangères pourront entreprendre des activités minières. Les perspectives sont très inquiétantes. Le document « Etat et perspectives du secteur extractif » publié récemment par le Projet TARATRA (8) précise que « sachant que Madagascar a une superficie de 592.000 km2, si on prend la logique qu'une Compagnie minière peut avoir accès à 10.000 km2 [pour un permis de recherches] (9) , cela signifie que 60 sociétés peuvent couvrir tout le territoire. Madagascar est le seul pays qui accorde une telle surface, bloquant les autres initiatives.»

Criminalisation des manifestations : la volonté d’anéantir toute résistance locale

L’Avant projet va plus loin encore dans sa volonté de protéger les intérêts des sociétés minières. Il criminalise de façon scandaleuse les mouvements de contestation au mépris des droits et libertés des populations riveraines affectées par les impacts négatifs.

L’accaparement de leurs terres, l’absence ou l’insuffisance des compensations, comme la non-réalisation des promesses faites par les sociétés minières au cours de réunions de conciliation, ont conduit des populations locales à manifester.

Désormais, les articles 164 à 170 du Code minier concernant les infractions et les pénalités mettent sur le même plan les exploitants illicites, les voleurs et les receleurs de produits miniers d’une part et les personnes qui manifestent en guise de protestation d’autre part.

Dans l’article 167 du code minier en vigueur, ces manifestants sont clairement ciblés et leurs actions condamnées sans appel à des peines extrêmement lourdes : « Les groupes de personnes qui envahissent et occupent les périmètres miniers réglementairement octroyés à fin d’y entreprendre des activités de nature à empêcher leurs titulaires d’exercer leur profession ou de les spolier de leurs droits, commettent un crime et sont punis d’une peine de travaux forcés de cinq (5) ans à vingt (20) ans et d’une amende de 15.000.000 à Ar 150.000.000 ».

Pour anéantir toute résistance, l’Avant-projet a ajouté un article 170-4 destiné à sanctionner les élus des collectivités décentralisées qui soutiendraient les manifestations des communautés locales, comme on a eu l’occasion de le voir dans le passé : « Les personnes membres du conseil et de l’organe exécutif des Collectivités territoriales décentralisées qui se rendent complices dans la violation de périmètre minier, d’envahissement de périmètre minier, d’activités minières illicites, de ruée, indiqués à aux articles 165 à 170-1 ci-dessus, sont punis des mêmes peines que les autres auteurs, avec une circonstance aggravante. »

La criminalisation de toute résistance locale sert de bouclier aux projets miniers quels que soient les préjudices occasionnés aux populations mais aussi aux salariés. Or plusieurs sujets brûlants sont susceptibles de provoquer des manifestations ici-et-là. Par exemple, le licenciement de 1 100 employés à Ambatovy (10) qui serait dû à la chute du cours du nickel, ainsi que le début des licenciements d’employés par les sous-traitants de QMM-Rio Tinto (11) qui exploite l’ilménite. A cet égard, il est illogique de vouloir délivrer des permis d’exploitation de l’ilménite à d’autres compagnies alors que la multinationale qui extrait et exploite déjà ce minerai à Madagascar est en train de ralentir la production et de licencier des employés à cause de la baisse du cours sur le marché mondial.

L’Etat et les investisseurs promettent aux populations que l’installation des compagnies minières apportera le « développement » mais les cas des sociétés opérant déjà à Madagascar prouvent qu’elles n’hésitent pas à sacrifier les emplois dès que leurs intérêts exorbitants sont en jeu.

Une « garantie de stabilité » qui cède encore plus d’avantages aux compagnies minières

L’irréversibilité des droits de propriété accordés aux exploitants miniers est renforcée par l’article 154 et suivant qui propose « aux investissements miniers » une « garantie de stabilité » portant « sur les régimes juridique, fiscal et douanier, ainsi que sur celui des changes ».

A la différence d’autres pays soucieux d’un rééquilibrage du partage de la rente minière (12), la renégociation de contrats est quasiment impossible à Madagascar sous le Code minier en vigueur. L’avant-projet en rajoute et va dans le sens contraire à l’intérêt national en autorisant des exceptions à cette règle si de nouvelles mesures augmentent les avantages des compagnies minières…« Le promoteur peut solliciter le bénéfice de mesures plus favorables qui pourraient intervenir postérieurement à la date de l'option pour la stabilité. Les nouvelles mesures qui seraient plus défavorables que celles en vigueur au moment de la date de l’option, ne seront pas applicables au promoteur. » (article 154-1)

Vers une prochaine exploitation de l’uranium à Madagascar

Fait remarquable et nouveau, l’avant-projet de Code minier a glissé l’uranium parmi les minerais cités dans ses Dispositions générales de l’article 8 relatif à la « recherche, l’exploitation, la transformation, le conditionnement, le transport et la commercialisation des minerais d’uranium et de thorium, [qui] font l’objet de conventions particulières avec l’Etat selon un modèle de convention-type fixé par voie réglementaire ».

Force est de constater que l’exploitation de l’uranium provoque des dégâts sérieux au niveau de la santé humaine et de l’environnement, alors que les capacités et compétences des communautés et institutions malgaches en matière de prévention, de protection et de sécurité sont encore bien faibles (5).

L’inclusion d’une partie spécifique dédiée à l’uranium au sein de l’avant-projet de Code minier n’a rien d’anodin. Le Collectif TANY appelle à la plus grande vigilance face aux risques posés par la radioactivité et ses impacts graves, ce qui nécessite de prendre le temps d’étudier de manière responsable les capacités dans divers domaines et l’opportunité de mettre en place certains projets miniers prévus à Madagascar (13).

CONCLUSION

L’analyse critique de ces points majeurs de l’avant-projet de Code minier révisé est de très mauvaise augure.

Elle prouve que les nouvelles lois risquent de causer des dégâts incontrôlés et un épuisement des ressources minières du sous-sol de Madagascar sans que la nation malgache n’en tire de bénéfices pérennes.

Elle témoigne de la surenchère dont font preuve les autorités et responsables actuels pour attirer les investisseurs (4 000 permis en attente) à l’aide d’un projet de code minier qui risque de légaliser le bradage des ressources minières.

En conséquence, le Collectif TANY

- - réitère la revendication d’un moratoire sur la délivrance de permis miniers, c’est-à-dire une suspension de leur délivrance pendant un délai indéterminé, appuyant ainsi une proposition déjà évoquée par des organisations de la société civile malgaches et par la conférence des évêques ;

- plaide pour la refonte de l’Avant-projet de Code Minier avec la mise en place d’un groupe de travail plus formel, participatif et inclusif,

Ø devant prendre le temps d’échanger, de rebâtir chaque point de la loi en faveur d’une répartition juste et équitable des bénéfices entre les communautés locales, l’ensemble de la nation malgache et les sociétés minières,

Ø réunissant de manière plus organisée et transparente, des représentants des différents acteurs impliqués, dans« un cadre règlementaire pour légaliser et officialiser l'existence nébuleuse des Comités Conceptuels » (8) actuels dont les méthodes de travail improvisées et les dates de réunion changeantes rendent difficile la présence des représentants des organisations de la société civile.

Reste que le travail de révision effectué dans l’Avant-projet de Code minier souffre de lacunes significatives. Plusieurs articles relatifs au Titre V - Obligations attachées à l’exercice des activités minières ne comportent jusqu’à présent aucun développement: C’est le cas de l’Article 94-3.- [Obligation de contribution au développement socio-économique – RSE et « protocole social »], Article 94-4.- [L’obligation de privilégier l’embauche des nationaux] ainsi que l’article 94-5.- [Obligation de transfert de compétence : frais de formation, formation continue du personnel]

Le renforcement de ces articles favoriserait les intérêts de la population malgache. Dans cette perspective, le Collectif TANY réclame

- des consultations publiques dans les différentes régions permettant véritablement l’expression de critiques et suggestions de la part des syndicats d’employés des différentes sociétés minières, des communautés locales riveraines des compagnies minières en cours de recherche et surtout d’exploitation à Madagascar,

- des réunions nationales formelles et officielles de concertation et d’échanges entre l’Etat, la société civile et les acteurs de la vie économique et sociale afin de réfléchir ensemble de manière sérieuse et approfondie sur une politique minière nationale de gestion et de préservation des ressources, sur une répartition équitable des bénéfices liée à une stratégie économique de développement de tous les secteurs et de formation des ressources humaines et compétences malgaches, sur le respect des droits humains, sur les devoirs et responsabilités des différentes parties.

Dans sa vision, le « Document-cadre de la Politique nationale minière » du MPRS – Ministère auprès de la Présidence chargé des Ressources Stratégiques - d’août 2014, avance qu’« un secteur minier durable, géré dans les règles de l’art constitue une source de rentes pour sortir rapidement de la pauvreté et pour être partagé avec la génération future (…)», un vœu que contredit la teneur de l’Avant-projet de Code minier révisé.

En l’état, le texte ne sert que les intérêts des sociétés minières, au mépris des intérêts supérieurs de la Nation malagasy.

Paris, le 20 août 2015

Le Collectif pour la Défense des Terres Malgaches – TANY

Patrimoine.malgache@yahoo.fr http://terresmalgaches.info http://www.facebook.com/TANYterresmalgaches

Références :

(1) Communiqué CRAAD-OI et autres OSC, La société civile relance le processus d’élaboration d’une charte tripartite pour le développement durable et le respect des droits humains dans le cadre des investissements privés à Madagascar, - 28 mai 2015 :http://www.madagascar-tribune.com/La-societe-civile-reclame-une,21151.html

(2) http://www.theenergyexchange.co.uk/event/1st-international-forum-madagascar-oil-mining/endorsement-letter

et Africa Mining Intelligence 7 aout 2015

(3) L’avant-projet n’ayant pas été diffusé au grand public, nous avons reçu différentes versions de diverses sources mais leur contenu est fondamentalement identique.

(4) Re-Common, Solidarité des Intervenants sur le Foncier, Collectif TANY, Les accaparements de terre à Madagascar – Echos et témoignages 2013 : http://terresmalgaches.info/IMG/pdf/Rapport_Accaparements_de_terres_Madagascar_2013.pdf

(5) Non à l’extractivisme : Newsletter n°38 : http://terresmalgaches.info/spip.php?article91

(6) M. Pellerin, Le nouvel essor des relations entre la Chine et Madagascar, Notes de l’IFRI, mars 2011

(7) Economic Development Board of Madagascar http://www.edbm.gov.mg/fr/L-EDBM/Mission-Objectifs

(8) Projet Taratra, Etat et perspectives du secteur extractif, 12 aout 2015, https://www.facebook.com/pages/Projet-Taratra/416457341836685

(9) Article 23 du Code Minier et de l’Avant-projet

(10) http://www.industriall-union.org/fr/madagascar-des-tentatives-de-suicide-apres-les-licenciements-chez-sherritt

(11) http://www.lagazette-dgi.com/index.php?option=com_content&view=article&id=33262:secteur-minier-licenciement-massif-chez-un-sous-traitant-de-qmm&catid=45:newsflash&Itemid=58

(12) http://www.contratsminiersguinee.org/blog/communique-mis-en-place.html, http://www.rfi.fr/emission/20140125-le-burkina-faso-renegocie-contrats-miniers, http://www.voxafrica.com/info/video/0_hphah877/niger-niamey-renegocie-les-contrats-miniers-avec-areva/,

(13) https://www.oecd-nea.org/ndd/pubs/2014/7064-mehium-es-fr.pdf

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Published by Gri-Gri International TANY - dans Economie Politique Madagascar Françafrique
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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 18:00
"La France a toujours été du côté des dictateurs !" / Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, président de la république française de 2007 et 2012.

Responsable, entre autres, de l'installation au pouvoir par les armes françaises du perdant à l'élection présidentielle ivoirienne de 2010, Alassane Ouattara, puis de l'exécution du leader libyen Kadhafi, soupçonné d'avoir financé sa campagne en 2007.

Les propos ci-dessous ont été prononcés le 5 septembre 2015 à l'occasion de l'université d'été des Républicains, le part que dirige le mari de Carla Bruni.

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 05:00
#Cameroun / L'impossible vérification des documents légaux liés aux permis d’exploitation des entreprises forestières

L'histoire est typique du milieu de l’exploitation forestière des pays du bassin du Congo, deuxième poumon de la planète après l’Amazonie. Depuis près d’un an, un rapport sur le secteur forestier du Cameroun circule sous le manteau chez les ONG, les experts, l’administration, les exploitants... Une partie de ceux qui le possèdent refuse de le partager. Les autres en parlent avec précaution : ils savent que son contenu remet en cause l’action de plusieurs acteurs présents dans l’exploitation forestière, dont l’Union européenne (UE).

L’intitulé de ce rapport peut apparaître rébarbatif :« Évaluation de la conformité des documents associés au processus d’attribution de chaque titre forestier en vigueur au Cameroun ». Mais son objet est facile à comprendre : il s’agit des conclusions d’un audit, qui a consisté à vérifier que les documents légaux liés aux permis d’exploitation des entreprises forestières existent bien. Les experts indépendants qui ont réalisé cette étude, financée par l’UE, se sont précisément intéressés aux documents accompagnant les processus d’attribution des permis, recensés par une « grille de légalité »officielle. Dans leur compte-rendu, ils précisent qu’ils se sont contentés de collecter ces documents, et n’ont pas cherché à savoir s’ils étaient valables « sur le fond », c'est-à-dire s’ils étaient ou non de« faux documents de complaisance ».

Le résultat est quand même désastreux : aucune entreprise n’est capable de fournir tous les justificatifs listés – soit une vingtaine. Idem pour l’administration camerounaise.« Les taux de collecte se situent entre 40 et 60 %, ce qui signifie qu'en moyenne, seule la moitié des documents a pu être retrouvée », soulignent les auditeurs. Certains sont introuvables : alors que la loi forestière stipule que « l'attribution d'une vente de coupe ou d'une concession forestière est subordonnée à la constitution d'un cautionnement », les preuves que les entreprises ont déposé auprès du Trésor public cette caution existent pour seulement 3 % des cas.

Concrètement, cela signifie que :

1- Aucune entreprise forestière enregistrée au Cameroun n’est légale (les auteurs de l’audit écrivent : « Aucune entreprise ne peut être considérée comme légale au regard de l'application stricte des grilles de légalité car il n'y a aucun titre dont les documents sont 100 % disponibles et conformes ») ;

2- Tout le bois coupé au Cameroun et vendu sur le marché international devrait être logiquement considéré comme illégal si on applique les « grilles de légalité ».

Pour ceux qui suivent de près l’évolution de l’exploitation forestière industrielle au Cameroun, c’est la confirmation de ce qu’ils savaient déjà : la volonté politique de réguler le secteur est très faible. Depuis des décennies, l’illégal règne dans les forêts, la corruption est la règle, du fait des autorités comme des entreprises. En 2008, un ancien forestier a révélé le montant des pots-de-vin payés par les sociétés forestières à des fonctionnaires et responsables du ministère des forêts, en échange des documents nécessaires pour exploiter une forêt : le prix à payer pour truquer le système d'attribution des concessions forestières, par exemple, oscillait entre 220 000 et 760 000 euros. En 2011, la Commission nationale de lutte contre la corruption (Conac), une structure d’État, a estimé que l’organe chargé d’attribuer les titres d’exploitation forestière était une « organisation artisanale et criminelle ».

L’audit qui nous intéresse aujourd’hui a un mérite : il apporte un éclairage nouveau sur la désorganisation du secteur forestier et sur l’incapacité du système de corruption, pourtant quasi institutionnalisé, à donner un semblant de légalité à l’exploitation forestière. Mais cette enquête est évidemment une mauvaise nouvelle pour les entreprises forestières, et plus particulièrement pour les sociétés à capitaux européens : depuis plusieurs années, elles polissent leur image auprès de leurs clients européens, affirmant être en règle vis-à-vis des lois. Le rapport souligne d’ailleurs que les entreprises « à capitaux internationaux peuvent être moins bien classées » en termes de conformité que celles à capitaux camerounais.

Cette évaluation oblige également à s’interroger sur les labels de certification, comme le FSC (Forest Stewardship Council), censé garantir aux consommateurs que le bois qu’ils achètent provient de forêts exploitées de façon durable et responsable. Le principe numéro un du FSC est de s’assurer que les entreprises forestières respectent « toutes les lois en vigueur ».

Pas de chance, le rapport montre que les entreprises certifiées sont tout autant incapables que les autres de fournir la documentation légale nécessaire. Pire, elles« peuvent être moins bien classées que des attributaires non certifiées ». Des ONG ont d’ailleurs déjà relevé que plusieurs entreprises, dont certaines sont certifiées FSC, ne respectaient pas un principe de base de la loi camerounaise : légalement, une compagnie forestière ne peut avoir plus de 200 000 hectares de forêts. Deux exemples parmi d'autres : le groupe français Rougier et la société Pallisco, filiale du groupe Pasquet, certifiés FSC, contrôlent respectivement 625 253 ha et 388 949 ha.

L’audit donne bien sûr une image déplorable de l’administration camerounaise, qui ne possède « pas vraiment de système d’archivage ». Il précise ainsi : « Il existe une habitude très particulière au sein du MINFOF (ministère des forêts et de la faune) mais assez généralisée qui consiste (1) à partir avec des données lorsqu’on change de poste et (2) à ne pas vouloir s’impliquer dans le traitement et l’archivage des données de ses prédécesseurs afin d’éviter toute implication ou d’avoir à assumer telle ou telle situation passée. »

Les pays qui prêtent ou donnent depuis de nombreuses années de l'argent au Cameroun et aux entreprises forestières ont aussi de quoi être embarrassés. Car s’ils le font pour améliorer leur « gouvernance », cela ne va pas sans une absence évidente de volonté des uns comme des autres. La France est en tête de ces pays : entre 1990 et 2010, son apport au secteur forêt-environnement du Cameroun a été de 42 millions d’euros (engagés), selon un rapport d’évaluation de la politique de l’Agence française de développement (AFD). D’autres fonds ont été débloqués depuis par l’AFD.

Soulignons au passage qu'une partie de cet argent a servi aux entreprises forestières à se doter de « plans d’aménagement forestier », une obligation légale. L’aide publique au développement de la France aide ainsi des entités privées à se mettre en conformité avec la loi camerounaise, ce qui en soi devrait poser de sérieuses questions.

L’UE est également très impliquée : en 2010, elle a conclu avec le Cameroun un Accord de partenariat volontaire (APV), un traité commercial devant aider à lutter contre le bois illégal. L’APV fait partie d’un plan d’action plus large, mis au point par l’UE, le plan FLEGT (acronyme anglais pour « Application des réglementations forestières, gouvernance et échange commerciaux »). En signant l’APV, le Cameroun s’est engagé à ne vendre sur le marché européen que du bois légal. L’UE a fourni des dizaines de millions d’euros pour la mise au point des outils censés assurer cette fameuse légalité, dont des « grilles de légalité ». L’État du Cameroun, la société civile (des ONG occidentales travaillant au Cameroun ont été particulièrement bien dotées) et le secteur privé ont bénéficié de ces fonds.

Une liste des « projets d'appui à l’APV » mis en œuvre pour la seule année 2013 (et souvent axés sur l’amélioration de la « gouvernance ») donne une idée des montants en jeu. Lorsque l’on additionne les chiffres donnés, on obtient plus de 43 millions d’euros. Une belle somme, même si une partie de ces financements « couvre un soutien sur plusieurs années ainsi qu’une action dans d’autres pays ».

Pendant ce temps, rien ne change sur le terrain. Enfin, si : les techniques utilisées par les entreprises pour blanchir le bois coupé illégalement sont de plus en plus sophistiquées, selon plusieurs témoignages d’agents de l’administration camerounaise, d’opérateurs du secteur privé et d’ONG. Un expert européen, qui travaille depuis plus de 15 ans dans le secteur, estime même que la situation n’a jamais été aussi grave. Preuve que l’audit, réalisé dans le cadre de l’APV, dérange : finalisé en septembre 2014, il n’a toujours pas été rendu public. Selon les termes de l’APV, le Cameroun et l’UE doivent pourtant rendre accessibles toutes les informations concernant l’APV, y compris les résultats des audits. Une réunion du Comité conjoint de suivi (CCS) de l’APV, qui réunit Camerounais et Européens, a été plusieurs fois reportée cette année, « à cause, justement, des conclusions de cet audit », selon un activiste européen.

Ladite réunion a fini par se tenir le 7 juillet 2015. Explication donnée à Mediapart par Bernard Crabbé, de la Direction générale UE pour le développement et la coopération (DEVCO) : « L'UE et le Cameroun ont considéré qu'il était important que les deux parties puissent analyser les conclusions de ce rapport avant toute publication. Cela a été fait via le groupe de travail de l'APV qui s'est réuni plusieurs fois à ce sujet depuis septembre 2014 et via le Comité conjoint de suivi qui a validé les conclusions du rapport lors de sa réunion du 7 juillet 2015. Une publication partielle de ce rapport est envisagée prochainement. Les informations concernant les opérateurs détenteurs de titres sont considérées confidentielles et ne seront donc pas publiées. Ceci est conforme avec le texte de l'APV. »

Il n’y aura probablement aucune conséquence pour les entreprises : le « groupe de travail de l’APV », dont elles font partie, a déjà recommandé de mettre en place une procédure « souple » dans la vérification de la conformité légale des documents des concessions forestières attribuées avant l’entrée en vigueur de l’APV (fin 2011), soit la majorité des concessions, et de réduire le nombre de documents à vérifier… Le CCS du 7 juillet a d'ailleursaccepté et validé ces suggestions. Il faut dire que les auteurs de l’audit – dont plusieurs travaillent régulièrement pour les entreprises forestières – ont proposé comme possible solution de « réviser les grilles »de légalité. Une manière de casser le thermomètre ? Les auditeurs se sont aussi opposés à toute idée de remise en question des titres attribués.

L'histoire n'est cependant pas finie, d’autres révélations sont à venir : la Cour des comptes européenne est en train de mener un audit pour vérifier que « la Commission [européenne] a bien géré l’appui fourni dans le cadre du Plan d'action FLEGT de l'UE vers les pays producteurs de bois ». Elle se concentre notamment sur l'utilisation des fonds au Cameroun. Selon des indiscrétions, ce n’est pas de ce côté que viendront les bonnes nouvelles... Mais là non plus, pas de quoi s’étonner : le plan FLEGT, adopté en 2003, n’a apporté quasiment aucun résultat concret nulle part (six pays producteurs ont signé un APV), et personne, y compris à Bruxelles, ne semble être capable de dire précisément combien il a coûté jusqu’ici. Seule certitude : plus de 600 millions d’euros (au moins un milliard, selon un spécialiste) ont été dépensés par l’UE et ses États membres…

TEXTE - FANNY PIGEAUD (Mediapart

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 12:52
#GabonHéritage / Ali Bongo, Robin en bois des BMA

Le 17 Août au soir, sa petite majesté nous a parlé debout pour nous dire finalement deux choses : le dialogue national inclusif, c’est le CND ou rien ; et, les biens mal acquis par la famille Bongo vont officiellement passer à l’Etat gabonais à la tête duquel est juché ABO qui n’entend nullement le quitter. Il lui semble apparemment plus aisé de récupérer des biens qui seront blanchis par leur nouveau statut de patrimoine de l’Etat gabonais. Ce qui, au passage, lui permet de contourner l’adversité familiale qui sévit, en interne, contre lui.


Alors que ne sont pas encore légalement tranchées les questions d’héritage des Bongo entre eux et que, dans le même temps, l’épineux écheveau de l’immense fortune mal acquise des Bongo ne trouve pas d’épilogue, sa petite majesté, à l’occasion de son discours à la nation, s’est fait condescendant en déclarant affecter une partie de ces biens mal acquis à l’Etat gabonais. A moins d’un an de la présidentielle parce que l’homme est régulièrement interpellé sur cette question, on comprend aisément la manœuvre. Cette allocution, c’est le coup d’éclat permanent, de la com., encore de la com., toujours de la com., au point où se tenir debout pour lire un texte téléprompté devient un exploit révolutionnaire dans les bouches soumises des Rossatanga, Moubélet, Billie by Nzé et autres Enongoué, les griots de service - les Gabonais auraient souhaité que ce soit le contenu du texte qui tînt debout. Jusqu’à vouloir nous faire avaler que la sérénité serait revenue chez les Bongo quand on sait que parmi les cinquante-trois héritiers déclarés d'Omar Bongo, seul Ali Bongo Ondimba, actuel chef de l'Etat gabonais, n'a pas communiqué d'acte de naissance. Or, comme le rappelait Ona Essangui, le 20 juin 2015 sur Gabonlibre : « Ce que Nantes nous produit n'établit aucun lien de filiation entre Alain Bernard Bongo et Albert Bongo. Ce qui lui aurait d'emblée accordé la nationalité gabonaise ou française de son résumé père... Or, [dans] l'extrait fourni par Nantes [les] mentions d'ordre public n'apparaissent nullement, ce qui fragilise le caractère authentique d'un tel acte. » La crainte d’être rattrapé par les BMA avant que sa situation administrative ne soit résolue hante l’esprit d’ABO. Les passer officiellement à l’Etat permet donc de voir venir. Dans ces conditions, sa déclaration de « bienfaisance » ne convainc pas lorsqu’il annonce, crânement, « au nom des enfants d’Omar BONGO ONDIMBA, que nous avons décidé de céder l'Etat, à titre gracieux, la propriété située à côté du Camp de Gaulle, dans le 1er arrondissement de Libreville. Elle sera destinée à créer une université au profit la jeunesse gabonaise… [et que] nous avons décidé de céder à l’Etat gabonais, pour le franc symbolique, deux propriétés en France ayant appartenu à Omar BONGO ONDIMBA. Il s’agit de deux hôtels particuliers, situés rue de la Baume dans le 8e arrondissement pour l’un, et rue Edmond Valentin dans le 7e arrondissement de Paris, pour l’autre. Ces biens immobiliers, qui feront désormais partie du patrimoine de l’Etat gabonais, seront affectés à un usage diplomatique et culturel ». Ce qui suggèrerait que les tensions internes aux héritiers se soient estompées, et que l’harmonie serait retrouvée. Le doute est plus que permis. Les biens mal acquis sont généralement définis comme « tout bien meuble ou immeuble, tout avoir ou fonds susceptible d’appropriation privative soustrait illégalement du patrimoine public et qui a pour effet d’appauvrir le patrimoine de l’État ». Les deux hôtels cités plus haut font partie de la liste officielle des BMA. C’est le délit et le crime permanents qui ont permis à des dirigeants un enrichissement que leurs revenus ne peuvent justifier. C’est le résultat de détournements de fonds, de vols ou de transferts illicites d’argent public entre les comptes nationaux et leurs comptes personnels, de la corruption et de l’octroi de rétrocommissions. Les auteurs des infractions utilisent souvent les mécanismes d’évaporation des capitaux opaques, garante d’impunité, grâce notamment aux paradis fiscaux et judiciaires et à la complicité de pays développés. Les associations Survie et Sherpa ont porté plainte pour « recel de détournement de biens publics et complicité » auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris contre cinq chefs d’États africains en fonction et leurs familles dont les Omar Bongo Ondimba. Ils sont soupçonnés d'être propriétaires en France de nombreux biens immobiliers de luxe et détenteurs d’avoirs bancaires auprès de banques françaises et/ou de banques étrangères ayant des activités en France. Le journal Le Monde, qui s'est procuré les procès-verbaux d’une enquête policière ouverte à cet effet par le parquet de Paris en juin 2007, puis classée sans suite pour « infraction insuffisamment caractérisée » en novembre 2007, révèle en janvier 2008 que des membres de la famille Omar Bongo détiennent des douzaines de maisons et appartements à Paris et dans le sud de la France, dont certains ont une valeur de plusieurs millions d’euros, soixante-dix comptes bancaires et neuf véhicules de luxe dont certains payés par des chèques du Trésor public gabonais. La famille d’Omar Bongo Ondimba posséderait ainsi trente troisappartements ou maisons dont un hôtel particulier de plus de 18 millions d’euros à Paris, acheté en juin 2007 par une société civile immobilière associant deux enfants du président gabonais (13 et 16 ans). Le quotidien français « Le Parisien » nous révélait, en février 2015, que « le 4 novembre dernier [2014], l’homme de confiance de la famille Bongo à Paris, Daniel Mentrier, 69 ans, a été mis en examen pour complicité de blanchiment de détournement de fonds publics et recel. Il a admis que 53 millions d’euros avaient été déposés en espèces dans les années 2000 par les dirigeants gabonais sur le compte de sa société Avenir 74, pour l’achat et l’aménagement de deux résidences de luxe à Paris et d’une troisième, à Nice (Alpes-Maritimes).

Proche d’Omar Bongo (président de 1967 à 2009), puis de son fils et successeur Ali Bongo, Daniel Mentrier a déclaré aux juges : « Les règlements en espèces sont légaux au Gabon, et le président et sa famille fasaient partie des plus grandes fortunes au monde. » Tout était donc normal à ses yeux. Trois autres proches de la famille Bongo ont aussi été mis en examen et les actes des ventes litigieuses ont été saisis lors de perquisitions chez des notaires. Les leçons de magnanimité professées par ABO, le 17 au soir, masquent mal la crainte d’une amplification de l’affaire des BMA qui le pousse à déclencher une opération, moins philanthropique qu’elle n’y paraît, de récupération de ce qui peut l’être encore par l’Etat-Bongo. Mais, est-ce le détourneur qui doit établir le niveau de sa rapine ou alors l’addition de ses revenus mensuels multipliés par le nombre de mois et d’années moins l’insolence des signes extérieurs d’une immense richesse visible à l’œil nu fermé ? Est-ce au détourneur de décider s’il doit lui revenir une part de ce qu’il a dérobé ? Ou encore de ce qui doit revenir au Gabon et ce que lui doit conserver ? N’est-ce pas au peuple gabonais d’en décider ? ABO et sa famille sont au cœur de la question de ces biens mal acquis. ABO cherche à en sortir ou, plutôt, à ne pas perdre sur les deux tableaux : celui de l’héritage et celui des BMA. Quand, démagogue et, candidat, en pré-campagne électorale, il se laisse aller à dire que sa part « d’héritage sera partagée avec toute la jeunesse gabonaise, car, à [ses] yeux, tous les jeunes de ce pays sont héritiers d’Omar BONGO ONDIMBA. », sa petite majesté et ses laquais veulent, en fait, échapper à l’étau des procédures de restitution des biens mal acquis dérobés par la famille Bongo un demi-siècle durant. Car, de vraies restitutions ont eu lieu ailleurs. En Suisse, par exemple, où 658 millions de dollars ont ainsi été restitués après 17 ans de procédure aux Philippines sur les fonds des Marcos, l’ex-famille régnante ; 2,4 millions de dollars des fonds du dictateur malien Moussa Traoré ; 594 millions de dollars des fonds du dictateur nigérian Sani Abacha ; 80 millions de dollars des fonds détournés par le clan d’Alberto Fujimori au Pérou. Le Royaume-Uni a restitué au Nigeria des fonds de Sani Abacha hébergés à Jersey. Les États-Unis et leurs alliés en Irak ont réalisé la plus grosse restitution en saisissant en 2003 plus de 2 milliards de dollars appartenant à la famille de Saddam Hussein, somme qui doit servir à la reconstruction de l’Irak. Seule, la France, qui a pourtant ratifié, la première, la convention des Nations Unies contre la corruption (Convention dite de Mérida), n’a encore engagé aucune procédure de restitution. La plupart de ces restitutions se sont déroulées après la chute des dictateurs. Chassé du pouvoir, ABO sait donc ce qui l’attend. Aujourd’hui, il ne peut, sans acte de naissance, hériter de la fortune illicite de son prédécesseur. Demain, les BMA – en fait, l’héritage des Bongo - rétrocédés au nouvel Etat ne lui bénéficieront plus. D’où sa subite générosité.

TEXTE - STEPHEN JEAN LANDRY

in Echos du Nord N°298

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 11:49
#BiensMalAcquis / Démagogie de Bongo Ali

Bilan de six ans de pouvoir très flatteur, legs à l’Etat gabonais de la totalité de sa part de l’héritage qu’il devra recevoir de son père Omar Bongo Ondimba, dons des propriétés familiales situées en France et au Gabon à l’Etat Gabonais… Le chef de l’Etat du Gabon a marqué les esprits. Malheureusement dans le sens de la démagogie.

Omar Bongo Ondimba a eu son moment de vérité en 2007. Il avait reconnu que « Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire(…) ».
Ali Bongo Ondimba a voulu dépasser son père en « restituant au peuple gabonais» une partie des biens volés par son père. A la différence qu’Omar Bongo Ondimba, en 2009, était sincère lorsqu’il avait prononcé son discours testament. L’actuel chef de l’Etat est resté fidèle à sa ligne de conduite qui semble coulée dans le mensonge. Car tout ce qu’il a annoncé, le 17 août 2015, au soir n’était que des contrevérités, voire de nouvelles promesses qu’il rangera aussitôt dans son armoire à « maquettes ». Il est cerné de partout, aussi bien à l’intérieur de son propre parti, le PDG, qui ne veut plus de sa gouvernance, qu’à l’extérieur par le reste du peuple gabonais. Acculé par la justice française qui se rapproche de lui au travers de plusieurs procédures, dont la plus récente contre son directeur de cabinet, Maixent Accrombessi, son nkani, Ali Bongo Ondimba a voulu faire diversion pour essayer de faire oublier ses malheurs le temps d’une fête de l’indépendance. Avec un aplomb sans pareil, malgré les évidences, le chef de l’Etat du Gabon s’est attribué un bilan des plus flatteurs, après six années de pouvoir. Ainsi, les Gabonais apprennent que des centaines de milliers d’emplois ont été créés par l’économie du Gabon sur cette période. A ce demander pourquoi dans un tel contexte, cette embellie ne se ressent pas sur le vécu de ces populations, car le taux chômage officiel frôle toujours les 30% de la population active. Sur la même lancée, l’homme a indiqué avoir construit plusieurs infrastructures dont notamment 1 400 km de routes bitumées. Chacun, en cette période de grande saison sèche propice aux migrations vers l’intérieur du Gabon, pourra juger de la réalité de cette annonce. A ce sujet, en juillet et août 2015, dans deux numéros horssérie - le dernier est encore en vente dans vos kiosques à journaux-, votre journal avait abordé cette question sans complaisance. Le constat fait sur le terrain dément totalement les affirmations d’Ali Bongo Ondimba làdessus. Il faut dire que le chef de l’Etat a voulu lancer une opération de séduction en direction du peuple gabonais, en annonçant solennellement qu’il renonçait à sa part d’héritage au profit d’une fondation dédiée à la jeunesse. Tout comme, en accord avec toute sa famille, « il a décidé » de donner à l’Etat la propriété familiale du quartier Charbonnages de Libreville et deux hôtels particuliers situés à Paris. Un vrai gag qui ne résistera pas longtemps à la réalité.

En tant que légataire universelle de la succession Omar Bongo Ondimba, Ali Bongo Ondimba doit s’attendre à recevoir près de 190 milliards de FCFA d’héritage, à en croire les conclusions de Me Rolongoué, la première notaire qui s’est occupé de cette succession. Sauf que pour l’heure, ce dossier fait l’objet d’une procédure judiciaire engagée en France par l’un des héritiers. A moins d’être devin, le chef de l’Etat ne peut pas, pour l’heure, savoir l’issue de cette procédure. Ni la durée que va prendre cette bataille judiciaire. En toute logique, il aurait dû attendre de recevoir sa part d’héritage, avant de la léguer à l’Etat Gabonais. En agissant comme il le fait, Ali Bongo met la charrue avant les bœufs. Quant au legs de deux hôtels particuliers de Paris, le chef de l’Etat n’ignore pas que ces biens, ainsi que plusieurs autres résidences huppées que sa famille possède en Côte d’Azur, font l’objet d’une procédure judiciaire en France. Dans le cadre de l’affaire dite « des biens mal acquis». Ce sont des immeubles qui sont cités dans ce dossier judiciaire comme éléments de preuve. A ce titre, ils ne peuvent pas changer d’affectation avant la fin de cette procédure judiciaire. Venir annoncer dans ce contexte que sa famille et lui-même ont décidé d’en faire don à l’Etat Gabonais est sans aucun doute une insulte à l’endroit du peuple gabonais. Sauf à croire que, par ce jeu de passe-passe, l’action judiciaire sera stoppée en France. Il va en déchanter et réviser ses cours de droit pénal pour s’en convaincre. Ali Bongo Ondimba était attendu sur un tout autre plan, qui engage l’avenir immédiat du pays, à savoir le dialogue politique inclusif. Il est resté muet sur cette question cruciale, renvoyant les acteurs politiques au très inutile Conseil national de la démocratie (CND). Il a préféré vendre des mensonges et léguer à l’Etat Gabonais une fortune qu’il ne possède pas encore ou qui est mise sous séquestre de la justice française. C’est sans aucun doute ce comportement autiste qui va accélérer sa chute.

TEXTE - ARTHUR PAGE

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 16:07
#Gabon / Déjà, le discours de l'Héritage Alien a été prononcé en retard d'un jour !

Ali Bongo Ondimba n’a pas prononcé le discours attendu par toute la nation le 16 août au soir comme de tradition. Un communiqué laconique de la première chaîne de télévision du Gabon, sous la forme d’une bande déroulante l’a annoncé 20 minutes, après le début du journal télévisé du dimanche 16 août 2015. L’allocution sera finalement programmée pour le lendemain 17 Août à 20 h 30. Aucune indication ne sera donnée sur l’interview annoncée pour 14 heures après la parade militaire. Le commentateur de cette manifestation et son lot de consultants militaires ont soigneusement évité le sujet. Préférant, au contraire, spéculer sur ce que va pouvoir dire le chef de l’Etat à 20h30 le 17 Août. Une prudence qui traduit la cacophonie qui règne au sommet de l’Etat. Les journalistes du 20 heures de ce dimanche 16 août n’ont voulu prendre aucun risque, sans doute pour éviter « les représailles » de la hiérarchie. Elle avait déjà été vertement tancée par le ministre porte-parole du gouvernement Denise Mekam’ne, pour lui avoir fait reprendre, comme une vulgaire comédienne, l’annonce de l’enterrement en première classe de la Prime d’incitation à la performance (PIP), à l’issue du Conseil des ministres précédant la fête nationale du Gabon. Cette fois, il fallait « assurer ». Tant pis si le peuple gabonais attendait avec intérêt ce qu’Ali Bongo Ondimba devait dire au sujet des inquiétudes du moment.
Tant pis surtout pour la communauté internationale, qui pousse les hommes politiques du Gabon à se parler, pour éviter le chaos en 2016 lors de l’élection présidentielle. La chaîne publique n’a pas trouvé tous ces éléments pertinents pour essayer de comprendre et édifier
les téléspectateurs sur cette situation. Selon des sources dignes de foi, le président de la République fait face à deux évènements majeurs qui l’on obligé à « décaler » son adresse à la nation. L’homme est physiquement à bout. Surtout sur le plan psychologique. La dernière garde à vue de son Nkani, Maixent Accrombessi, et surtout l’ouverture d’une information judiciaire l’ont particulièrement affecté. Il sait que l’étau judiciaire en France se resserre dangereusement sur lui. Il rentre d’ailleurs d’une visite privée en Europe pour essayer de se requinquer physiquement et moralement. Les pressions qu’il subit à l’intérieur de son propre camp, lui font prendre conscience que ses « amis » ont décidé de parler de lui au passé. Tout ceci est de nature à faire perdre son latin à tout être humain normalement constitué.
Le communiqué surréaliste de la présidence de la République, qui évoque sans rire « un emploi du temps surchargé » pour justifier le report in extremis du discours, ne fait qu’ajouter un peu plus au mélodrame. Le 17 août est une date inscrite en priorité sur l’agenda du chef de l’Etat du Gabon dès le 1er janvier de chaque année. Sauf décès ou maladie très grave, il ne peut pas se dérober. Surtout que c’est une date qui figure en lettre d’or dans la Constitution du Gabon. Le second élément qui a rendu le chef de l’Etat aphone est qu’il prendrait aussi très au sérieux les menaces avancées par ses adversaires politiques, notamment le président du Front uni de l’opposition pour l’alternance, Jean de Dieu Moukagni Iwangou, le président du mouvement Bongo doit partir (BDP), Daniel Mengara, et le président du Parti social démocrate
(PSD), Pierre-Claver Maganga Moussavou. Ces derniers entendent organiser des manifestations publiques si Ali Bongo Ondimba n’annonce pas clairement l’ouverture du discours inclusif de toute la classe politique du Gabon dans les meilleurs délais. Le discours du 16 août est, en général, le canal le plus approprié pour répondre à toutes ces préoccupations. Il était impérieux pour le chef de l’Etat de tourner sept fois la langue dans sa bouche, avant de s’exprimer. Surtout que la communauté internationale est de plus en plus attentive sur ce plan. D’autant que la présidente de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), la Canadienne Michaëlle Jean, est annoncée à Libreville pour la fin du mois. Les sources
assurent que sur son agenda figure en bonne place l’appel à ce dialogue.
Il en est de même de la tenue de la conférence de l’Agoa à Libreville pour cette fin du mois. Ce n’est pas le moment le mieux indiqué pour avoir des manifestations de rue.


TEXTE - JMS (in Echos du Nord N°298)

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 15:00
#Bongo / Même Catherine Samba Panza est pas venue écouter Ali léguer ses BMA...

C'est un homme seul qui est apparu sur l’écran de la première chaîne de télévision, le 17 août 2015, lors de la parade militaire. Mine de mauvais jours, un pas lourd très prononcé, le président de la République a pris de longues minutes pour descendre de son « Command car » de l’armée gabonaise qui l’a conduit à la Place des fêtes de Libreville, sur le front de mer de la capitale gabonaise. L’homme s’est avancé sur le tapis rouge tel un bœuf que l’on mène à l’abattoir. Le pas très hésitant comme s’il ne voulait pas rencontrer les personnalités constitutionnelles présentes. A moins que ce ne soit l’absence très remarquée de son directeur de cabinet à la tribune réservée aux collaborateurs du chef de l’Etat qui lui a donné cet air bougon. On a pu même observer que l’un des adjoints du directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Samuel Ngoua Ngou, avait pris place aux côtés d’Etienne Massard Kabinda Makaga, le secrétaire général de la présidence. Place réservée au plan protocolaire au Nkani d’Ali Bongo Ondimba.

La solitude d’Ali Bongo Ondimba a revêtu un air de cruauté au constat qu’aucun chef de d’Etat de la sous-région n’a daigné faire le déplacement de Libreville pour la circonstance. Pourtant, l’homme assure la présidence en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac). A ce titre, on aurait pu penser que quelques-uns des onze chefs d’Etats de cet espace communautaire auraient jugé important de venir assister le président en exercice à cette occasion. Même Catherine Samba Panza, la présidente de transition de la République centrafricaine, en quête de soutien de toute sorte, n’a pas jugé utile de faire le déplacement de Libreville.

A ce blackout international s’est ajouté le front intérieur. Les officiels se regardaient en chien de faïence. L’on se serait cru dans une meute de loups où le mâle dominant, contesté, essaie tout de même d’imposer sa loi au reste de la troupe. Les poignées de mains étaient des plus glaciales. Ali Bongo Ondimba n’a eu aucun mot ni pour son Premier ministre, Daniel Ona Ondo, ni pour son ministre de la Défense, Ernest Mpouho Epigat, venus l’accueillir à sa descente du « Command car ». On ressentait pourtant que Daniel Ona Ondo recherchait du réconfort, pour tenter de couper court à toutes les spéculations à son sujet. Ali Bongo Ondimba a été tout aussi avare de paroles envers les personnalités présentes à la tribune officielle. Le président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, celui du Conseil économique et social (CES), Paul Biyoghe Mba, la présidente du Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, et d’autres, ont eu droit à une poignée de mains tiède. Seule exception dans ce climat de « guerre froide intérieure », l’archevêque de Libreville, Mgr Basile Mvé Engone. Le prélat de Libreville sera la seule personnalité avec qui Ali Bongo Ondimba va afficher une certaine complicité. Il ira jusqu’à afficher un large sourire en serrant la main de l’homme d’Eglise au point de lui consacrer quelques minutes en tête-à-tête à la fin du défilé militaire. Il faut dire que la veille, le président de la République avait élevé l’archevêque de Libreville au grade commandeur dans l’ordre du mérite. Ce climat de forte tension au sommet a sans doute conduit le protocole d’État à limiter le nombre d’invités au banquet du 17 août au palais en soirée. Ce furent 400 convives pas plus. En d’autres temps, c’étaient 2 000 à 2 500 personnalités qui étaient conviées à partager le dîner présidentiel au soir du 17 août. Ce n’est pas une question de limites financières, Ali Bongo Ondimba sait trouver l’argent lorsqu’il s’agit de couvrir des frais d’agapes. D’ailleurs, il a fait venir d’Europe un spectacle de sons et lumières à coups de milliards pour égayer la fin de son repas du 17 août 2015. La raison de ce tri est sans doute ailleurs. L’homme ne voulait visiblement pas avoir à sa table les trublions d’Héritage et Modernité. Quitte à prendre le risque d’apparaître plus que jamais seul sur la scène intérieure.

TEXTE - JEAN-MICHEL SYLVAIN (in Echos du Nord N°298)

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 23:30
#Vidéo / De la Françafrique à l'Africafrance : L’Afrique au rayon Glaser / par François de Negroni lu par Protche (#CaveDu18)

Ajoutée le 31 juil. 2015

L’Afrique au rayon Glaser / par François de Negroni (lecture Protche + Cavedu18)

Essayiste, écrivain, François de Negroni, auteur, entre autres de Afrique fantasmes, Les jolies colonies, Avec Clouscard ou encore Old is beautiful, s'en prend ici à Antoine Glaser, personnalité omniprésente dans les médias dominants sitôt qu'il s'agit d'Afrique... Initiateur de la fameuse (et très chère) Lettre du continent, co-auteur avec Stephen Smith de plusieurs livres et "spécialiste de l'Afrique", ainsi que la télévision aime à réduire en grossissant.

Texte : François de Negroni
Lecture : Grégory Protche
Mixage : Cave du 18
www.legrigriinternational.com

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 10:15
Célestine, résistante ivoirienne (HGMJ) à New York cet été
Célestine, résistante ivoirienne (HGMJ) à New York cet été

Déclaration du Front Populaire Ivoirien sur l’élection présidentielle de 2015 en Côte d’Ivoire

A deux mois de l’élection présidentielle, la Côte d’Ivoire demeure dans une situation politico-sécuritaire précaire. Cette situation est marquée par :

  • Une fracture sociale profonde ;

  • La pauvreté généralisée ;

  • Une vive suspicion et une grave crise de confiance entre les acteurs politiques ;

  • Des mécontentements suivis de grèves organisées par de nombreuses catégories sociales ;

  • Des arrestations et emprisonnements arbitraires d’acteurs sociaux et d’opposants politiques.

Pour rappel, le régime Ouattara, au lendemain du 11 avril 2011, a fait enlever plus de mille (1000) personnes, pour la plupart proches du Président Laurent Gbagbo. A ce jour, plus de sept cents (700) prisonniers politiques civils et militaires se retrouvent dans des prisons connues. Sur ce chiffre, deux cent vingt huit (228) personnes portées disparues sont déclarées inconnues par la cellule spéciale d’enquête, selon le document officiel produit par les services du ministre d’Etat Jeannot AHOUSSOU KOUADIO.

C’est dans ce contexte que le régime Ouattara prévoit d’organiser l’élection présidentielle de 2015, avec une Commission Electorale Indépendante (CEI) et un Conseil Constitutionnel totalement à sa solde.

Hier, alors que les rebelles étaient toujours armés et que le pays restait divisé en deux zones, la Communauté Internationale a imposé à la Côte d’Ivoire l’organisation de l’élection présidentielle du 30 octobre 2010, dite ‘’élection de sortie de crise’’. En effet, selon ladite communauté l’élection présidentielle était la seule voie de conciliation et de sortie de crise. Cette élection s’est déroulée dans un climat de tension extrême et a débouché sur un conflit armé. La Côte d’Ivoire a été ainsi plongée à nouveau dans une situation chaotique et de désordre sans précédent, après celle consécutive à la tentative du coup d'Etat du 19 septembre 2002 transformée en rébellion armée. Cette situation a engendré une dictature féroce que subissent malheureusement aujourd’hui les Ivoiriens, qui n’ont d’autre pays que la Côte d’Ivoire.

Alors, le Président Laurent Gbagbo, en homme d’Etat avisé, démocrate, responsable et soucieux de la paix et du bien-être de son peuple, a très tôt, compris la nécessité de la recherche de solutions négociées et consensuelles. Aussi, à son arrestation par les forces coalisées, le 11 avril 2011, a-t-il déclaré à l’Hôtel du Golf : « La phase militaire de la crise a pris fin, passons maintenant à la phase civile… ».

C’est pourquoi, dès le 29 septembre 2011, la Direction intérimaire du FPI conduite par le président Sylvain Miaka OURETTO a déposé, auprès du pouvoir issu du coup de force du 11 avril 2011, un mémorandum pour l’ouverture de discussions afin de gérer de façon négociée et consensuelle la question des élections.

Les discussions Gouvernement/FPI appelées « Dialogue Direct » n’ont commencé que le 18 janvier 2013, soit 15 mois après la demande expresse du Front Populaire Ivoirien. Elles ont été interrompues le 29 mars 2014, avec quelques accords d’ailleurs non appliqués du fait du mépris, de l’arrogance et de la mauvaise foi affichés par le pouvoir Ouattara.

Rappelons, à toutes fins utiles, que ces discussions ont porté sur les préoccupations suivantes :

  1. La question sécuritaire, notamment :

  • Le désarmement des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (F.R.C.I) et l’encasernement des militaires ;

  • La démobilisation des chasseurs traditionnels (Dozos) et autres miliciens ;

  • L’arrêt des persécutions, des enlèvements, des emprisonnements et des tueries des militants et sympathisants de l’opposition.

  1. La manifestation du jeu démocratique, notamment :

  • La liberté d’expression et d’action des partis politiques de l’opposition sur l’ensemble du territoire national (meetings, réunions, marches, …) ;

  • L’accès des partis politiques de l’opposition aux médias d’Etat ;

  • La reforme de façon consensuelle de la Commission Electorale Indépendante (CEI) dans sa composition, son organisation et son fonctionnement.

  1. L’Etat de Droit et le fonctionnement des institutions, notamment :

  • L’arrêt de la politique du favoritisme ethno-tribal dite du ‘’rattrapage ethnique’’ ;

  • Le respect des textes de lois par l’Etat et par tous les Ivoiriens ;

  • L’arrêt de la justice à deux vitesses qui ne condamne que les personnes proches du Président Laurent Gbagbo ;

  • Le dégel des avoirs bancaires ;

  • La libération des domiciles occupés et la restitution des biens confisqués, ainsi que le dédommagement de toutes les victimes ;

  • Le financement des partis politiques, conformément à la loi ;

  • La fin des licenciements abusifs et de la mise à l’écart des cadres et des personnes proches du FPI ou du président Laurent Gbagbo.

  1. La question de la réconciliation nationale, notamment :

  • La libération du Président Laurent Gbagbo ;

  • La libération de tous les prisonniers politiques civils et militaires ;

  • Le retour apaisé et sécurisé de tous les exilés ;

  • La réparation des préjudices avec indemnisation de toutes les victimes ;

  • La question du Grand-Ouest (tueries massives, foncier rural, insécurité, repeuplement, etc.) ;

  • Les problèmes fonciers.

Comme pour distraire l’opinion nationale et internationale, le régime Ouattara a créé « le Cadre Permanent de Dialogue » (CPD), dont le FPI ne fait pas partie. Les mêmes préoccupations ont été presque exactement abordées par les membres de cette autre structure

Aujourd’hui, à deux mois de la date fixée pour l’élection présidentielle, le Front Populaire Ivoirien constate avec regret que, tant dans le cadre du « Dialogue Direct Gouvernement/FPI » que dans celui du « Cadre Permanent de Dialogue », les préoccupations des partis politiques de l’opposition en particulier et celles du peuple ivoirien en général n’ont pas été satisfaites. Pis:

  • Monsieur Youssouf Bakayoko demeure toujours à la tête de la Commission Electorale Indépendante (CEI), alors que c’est suite à la déclaration de son opinion personnelle, faite en lieu et place des vrais résultats de l’élection présidentielle de 2010, au quartier général de campagne du candidat Alassane Ouattara, que la Côte d’Ivoire a connu le second conflit armé ;

  • Une liste électorale suspecte a été établie unilatéralement par le régime ;

  • Monsieur Alassane Ouattara, inéligible conformément à l’article 35 de la Constitution ivoirienne, fait un passage en force, pour se présenter à l’élection présidentielle et se maintenir au pouvoir.

  • L’opposition continue d’être brimée par le régime. L’attaque du meeting de la Coalition Nationale pour le Changement (CNC) par les militants du RDR aidés des forces de l’ordre, sous l’œil bienveillant du Ministre d’Etat Amadou Gon Coulibaly, et qui a occasionné des blessés graves et de dégâts matériels importants, le samedi 15 août 2015 à Korhogo, en est la parfaite illustration. Elle achève de convaincre que les conditions d’une élection transparente et démocratique sont loin d’être réunies.

En conséquence de ce qui précède, le Front Populaire Ivoirien, après en avoir décidé lors de son Comité Central Extraordinaire du 1er août 2015 :

  • Réaffirme qu’il est inopportun d’organiser l’élection présidentielle en octobre 2015 en Côte d’Ivoire ;

  • Demande à ses militantes, militants, sympathisants et au peuple souverain de Côte d’Ivoire de ne pas s’associer à une mascarade d’élection aux conséquences imprévisibles ;

  • Affirme qu’en temps opportun, il se donnera les moyens légaux pour faire barrage à toute imposture et toute forfaiture d’où qu’elles viennent ;

  • Met en garde quiconque prétendrait se présenter à l’élection présidentielle frauduleusement au nom ou sous la bannière du FPI ;

  • Prévient également qu’il s’opposera par les moyens légaux à l’organisation et à la tenue de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire tant que les préoccupations légitimes dûment exprimées et largement partagées par l’opinion nationale ivoirienne ne seront pas satisfaites ;

  • Exhorte ses militantes, militants, sympathisants et les démocrates de tous bords à rester mobilisés, à l’écoute des mots d’ordre du Parti et prêts pour les batailles futures en vue de libérer et restaurer la Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan le 10 Août 2015

Pour le Front Populaire Ivoirien

Le 1er Secrétaire Général Adjoint,

Porte-parole par intérim

Koné Boubakar

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