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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 09:00

Tous ceux qui veulent en savoir plus sur les origines et le fonctionnement de la Françafrique, annoncée morte par chaque nouveau président français entrant en fonctions, doivent lire La Guerre du Cameroun – L’invention de la Françafrique 1948-1971, sorti ce 13 octobre 2016 aux éditions La Découverte. Ses auteurs, Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, ont déjà publié, en 2011, Kamerun !, chez le même éditeur, qui décryptait pour la première fois avec minutie la sale guerre, longtemps cachée, faite par la France au Cameroun il y a 60 ans.

Ce nouvel ouvrage, préfacé par l’historien camerounais Achille Mbembe, apporte de nouveaux éléments sur cette période charnière des années 1950 et 1960 et se veut surtout beaucoup plus synthétique que le précédent. Il est tout aussi important : il décrit parfaitement la manière dont la France a piégé le Cameroun et plus largement les pays africains qu’elle a autrefois colonisés pour continuer à les contrôler. Si on ne connaît pas cette partie de l’histoire, on ne peut comprendre en profondeur le Cameroun d’aujourd’hui et la relation si particulière que la France entretient toujours avec ses ex-colonies africaines.

 

Au Cameroun, le piège a pris la forme d’un triple crime, commis par la France. Il y eut d’abord, de 1955 à 1960, cette guerre effroyable menée par le pouvoir français et son armée contre les partisans de l’Union des populations du Cameroun (UPC), parti politique progressiste qui voulait la fin du système d’exploitation coloniale et demandait donc l’indépendance. Pendant ces années cauchemardesques pour les Camerounais, la « doctrine de la guerre contre-subversive » a été consciencieusement appliquée par les militaires français. Des dizaines de milliers de personnes ont été assassinées, dont le secrétaire général de l’UPC, Ruben Um Nyobè, personnalité exceptionnelle qui fut, selon Mbembe« le premier intellectuel camerounais moderne dans le sens où c’est lui qui, le premier, pensa de manière critique les conditions d’émergence d’un sujet libre dans cette partie de notre monde »

Ensuite, il y eut, le 1er janvier 1960, l'octroi au Cameroun par la France d'une indépendance fictive, avec l’installation, à Yaoundé, d’un pouvoir inféodé à Paris, et avec la signature « d’accords de coopération », donnant à l’ex-métropole des conditions très avantageuses pour continuer à profiter des richesses du Cameroun et maintenant le pays sous tutelle monétaire, économique, sécuritaire et politique. Commandée et formée par des officiers français, l’armée camerounaise a continué, jusqu’en 1971, à traquer, torturer et tuer les membres et sympathisants de l’UPC, appelés « upécistes », toujours en lutte pour une véritable indépendance. Un rapport confidentiel britannique retrouvé par les auteurs de La Guerre du Cameroun évoque la « bestialité » des méthodes françaises de cette époque.

Enfin, le troisième acte du crime fut le grand silence imposé par Paris et Yaoundé sur cette longue guerre française au Cameroun et son épilogue : tout a été fait pour effacer des mémoires les idéaux de l’UPC, ainsi que le souvenir d’Um Nyobè (la seule évocation de son nom a été pendant plusieurs décennies un motif d’emprisonnement), et pour recouvrir d’un voile opaque les massacres commis par la France, tout en entretenant l’illusion d’un Cameroun indépendant.

C’est ce triple crime qui a abouti à la mise en place de la Françafrique, « ce système singulier de gouvernance néocoloniale qui permet à un très petit nombre de responsables français en collusion avec une poignée de dirigeants africains de contrôler à distance et à moindres frais ce que le théoricien de la stratégie contre-subversive Charles Lacheroy qualifiera dans ses Mémoires d’“États têtards” : des États dotés d’une grosse tête, une classe dirigeante repue, et d’un corps étriqué, les peuples “sous-développés” prisonniers d’un système qui les maintient sous la domination de leur ancienne métropole », écrivent Deltombe, Domergue et Tatsitsa.

Un document rédigé en 1963 par l’ambassade du Royaume-Uni au Cameroun et reproduit dans La Guerre du Cameroun explique : « Les Français ont, avec un remarquable succès, exorcisé l’état d’esprit nationaliste en accordant l’indépendance politique, tout en continuant à tirer toutes les ficelles du pouvoir. Les décisions politiques, bien que prises par des Camerounais, continuent de refléter la dépendance presque totale du pays envers la France, sur les plans économique, financier, commercial, culturel et militaire. »

Le Cameroun a par la suite servi « d’étalon et d’inspiration » à la France pour la gestion de ses autres colonies africaines : « Les hommes qui ont servi à réprimer les upécistes (…) dans les années 1957-1961 font largement “profiter” de leur expérience camerounaise les pays où ils poursuivent leurs carrières de coopérants », relève La Guerre du Cameroun. Paris a aussi imposé les « accords de coopération » signés par le premier président camerounais, Ahmadou Ahidjo, aux autres colonies. « On donne l’indépendance à condition que l’État, une fois indépendant, s’engage à respecter les accords de coopération. (…) L’un ne va pas sans l’autre », a ainsi précisé, en juillet 1960, le premier ministre français, Michel Debré, dans une lettre au président du Gabon, Léon Mba.

Depuis, cet édifice néocolonial conçu au Cameroun n’a jamais été bouleversé : dans les pays concernés, il n’y a eu aucun événement majeur pour le remettre en cause et ceux qui ont tenté de le contester ont été, les uns après les autres, éliminés ou écartés.

Au Cameroun, le pouvoir actuel, incarné par le président Paul Biya depuis 1982, est par conséquent le prolongement de celui installé par la France en 1960. Il se maintient sans grande difficulté : les quinze années de guerre contre l’UPC et le climat de peur permanente qui a prévalu les deux décennies suivantes ont eu un effet anesthésiant durable. Ceux qui ont vécu cette époque ont fortement déconseillé aux générations suivantes de se mêler de politique. La stratégie de l’oubli imposé a de plus bien fonctionné : « La terreur a tétanisé les populations qui ont perdu la mémoire des événements de ces années 1950 et 1960 et n’ont plus jamais voulu en entendre parler », dit à Mediapart un père de famille, né dans les années 1960. « Les jeunes Camerounais d’aujourd’hui, ceux de 15-25 ans et plus, ne savent rien ou pratiquement rien, dans leur grande majorité, de cette guerre de la France de De Gaulle contre les upécistes. Et c’est là, après leur écrasement militaire, le côté le plus amer de l’élimination de la scène politique des nationalistes révolutionnaires de l’UPC », selon Théophile Nono, secrétaire général d’un collectif, Mémoire 60, qui tente justement, depuis 2009, de redonner la mémoire aux Camerounais. La situation est d’autant plus compliquée que ceux, rares, qui savent encore et qui ont osé transmettre à leurs enfants quelques bribes de leur histoire tragique et de leurs souffrances, ont cessé d’espérer un avenir meilleur pour leur pays et ne parlent plus : « Les parents qui, il y a deux décennies encore, nous comptaient les exploits de l’UPC ne le font plus, convaincus que tout est fini », regrette Théophile Nono. Pour lui, l'une des conséquences les plus graves de la guerre de la France est la« propension des Camerounais à préférer se coucher devant l’ordre injuste et l’injustice ».

Les esprits lucides savent que rien ne s’arrangera tant que la France n’aura pas reconnu ses crimes

Cependant, si la France a remporté la guerre contre l’UPC, elle n’a, dans le fond, pas gagné : depuis les années 1950, elle est profondément exécrée par les Camerounais et le phénomène va en s'aggravant, menaçant son avenir au Cameroun. Ce dernier est même le pays d’Afrique où le ressentiment contre la France est le plus fort et le plus évident : si la mémoire des événements des années 1950 et 1960 a été méthodiquement enfouie, elle est toujours présente dans le subconscient collectif. Aujourd’hui, « les jeunes ne savent pas ce qui s’est passé autrefois. Mais ils détestent les Français. Ils ne savent pas pourquoi, mais ils les détestent », observe un responsable de la société civile camerounaise.  

Le président Biya lui-même est visiblement conscient de cette réalité. Et il n’a pas hésité à l’instrumentaliser dans le cadre d’un bras de fer qui l’oppose à la France depuis quelques années. À la fin d’un discours à la « jeunesse », début 2014, il a expliqué : « Je voudrais qu’ensemble nous nous reportions cinquante ou soixante ans en arrière. C’est de l’Histoire, me direz-vous. Certes, mais nous n’en avons peut-être pas tiré toutes les leçons. À cette époque troublée, ceux qui rêvaient de l’indépendance et de l’unité nationale étaient des jeunes comme vous. Ils différaient sur bien des points : l’idéologie, le parti, la stratégie, la tactique. Mais l’objectif était clair : la liberté. Et beaucoup se sont engagés dans ce combat, au  péril de leur vie. » Aux autorités françaises de comprendre le message subliminal ainsi délivré par le chef de l’État, qui jusque-là n’avait quasiment jamais fait référence à ce passé : « Si la France tente de m’écarter du pouvoir, je mobiliserai la fibre nationaliste et anti-française des Camerounais contre elle. »

Au Cameroun, les esprits lucides savent que rien ne s’arrangera tant que la France n’aura pas reconnu ses crimes. Pour Mémoire 60, elle doit demander « pardon pour avoir privé le Cameroun de son droit légitime à l’indépendance et versé tant de sang pour y parvenir », rendre accessibles « toutes les archives sans exception sur ses actes et faits[politiques et militaires] au Cameroun de 1948 à 1970 », appuyer la recherche et la connaissance « de la vérité sur tous les aspects cachés du conflit dans un souci de justice envers les dizaines de milliers de victimes », dédommager financièrement les « victimes recensées de la guerre et de la répression policière ou leurs familles ».

De telles mesures se sont déjà vues ailleurs, notamment en Grande-Bretagne : à l’issue d’un procès intenté par des citoyens kényans, la Haute cour de justice britannique a condamné, en 2013, l’État à indemniser plus de 5 000 victimes de la sanglante répression, par les forces armées britanniques, de la révolte des Mau Mau, au Kenya, dans les années 1950. La Grande-Bretagne a aussi ouvert ses archives sur cette période, financé l’érection d’un mémorial au Kenya et a présenté des excuses publiques. Les victimes ont évidemment dû mener une longue bataille judiciaire pour obtenir ce résultat : le gouvernement britannique a fait de la résistance et il a fallu trouver les arguments juridiques pour faire lever le délai de prescription.

En France, on est encore très loin de voir se réaliser ce scénario. Les autorités françaises n'ont jusqu’à présent pas reconnu qu'il y avait eu guerre au Cameroun. En 2009, le premier ministre français, François Fillon, de passage à Yaoundé, s’est même permis de dire à des journalistes camerounais l’interrogeant sur la question : « Je dénie absolument que des forces françaises aient participé, en quoi que ce soit, à des assassinats au Cameroun. Tout cela, c’est de la pure invention ! » 

Six ans plus tard, en juillet 2015, le président François Hollande a tenu un discours un peu différent, lors d’une brève visite au Cameroun : « C’est vrai qu’il y a eu des épisodes extrêmement tourmentés et tragiques même, puisque, après l’indépendance, il y a eu une répression en Sanaga-Maritime, au pays Bamiléké. Et nous sommes, comme je l’ai fait partout, ouverts pour que les livres d’histoire puissent être ouverts et les archives aussi », a-t-il déclaré devant des journalistes et son homologue, Paul Biya. La phrase était mal dite, vague et en partie fausse. Hollande est tout de même devenu, en la prononçant, le premier officiel français à reconnaître que la France a été impliquée dans des événements violents au Cameroun.

Mais sa déclaration n’a pas la valeur d’une reconnaissance officielle et, peu avant qu’il ne s’exprime, un rapport publié par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale sur l’Afrique francophone a montré à quel point le niveau de compréhension des responsables français est déplorable. Si les parlementaires auteurs de ce document constatent que « la France fait actuellement les frais de campagnes de presse étonnamment agressives » au Cameroun, ils se montrent en effet complètement incapables d’en identifier les causes : ils ne font allusion à la guerre contre l’UPC que de manière vague dans une note de bas de page. « À écouter Mathias Owona Nguini [un universitaire camerounais questionné par les députés – ndlr], c’est en fait depuis l’indépendance que le rapport avec la France est compliqué et conflictuel, et tant que le Cameroun n’aura pas réussi à dépassionner cet épisode, cet amour-haine sera difficile à combattre. L’idée est encore présente aujourd'hui de l’usurpation du pouvoir par la France au moment de l’indépendance », écrivent nos députés, illustrant ainsi en deux phrases l’idiotie, l’inconscience et la suffisance des responsables français que les Camerounais supportent de plus en plus difficilement.

Le Cameroun n’est pas un cas isolé : la France est d’une manière générale peu encline à regarder en face ses crimes coloniaux et à les reconnaître. « Lorsqu’on compare la situation française avec celle d’autres pays, on s’aperçoit que la France n’est pas le phare qui illumine le monde, mais qu’elle est extrêmement en retard sur cette question. Car non seulement, il n’y a ni reconnaissance officielle, ni réparations, mais en plus on assiste à une réhabilitation du passé colonial. Il faut rappeler cette singularité française qu’est la loi, jamais abrogée, du 23 février 2005, sanctionnant une interprétation positive du passé colonial de la France, souligne l’historien Olivier Le Cour GrandmaisonEt les choses ne vont pas en s’améliorant, comme le montre la déclaration de François Fillon » de septembre 2016 présentant la colonisation française comme un « partage de culture ».

La voie judiciaire peut, pour l’instant, difficilement amener les responsables politiques et l’ensemble de la société française à changer leur regard et leurs positions : le code pénal français adopté en 1994 reconnaît les crimes contre l’humanité et les dit imprescriptibles, mais la Cour de cassation a jugé qu’il ne pouvait pas s’appliquer à des faits antérieurs à son entrée en vigueur, suivant ainsi la volonté du pouvoir politique de bloquer toute possibilité de poursuivre l'Etat français pour des crimes coloniaux. Pour faire évoluer cette jurisprudence, il faudrait que des victimes de massacres commis par l’armée coloniale française, par exemple, déposent de nouvelles plaintes devant les juridictions françaises, quitte, en cas d’échec, à saisir ensuite la Cour européenne des droits de l’homme. La Cour pénale internationale (CPI), elle, ne peut poursuivre que les crimes contre l’humanité commis après sa création, donc après 2002.

Si la France admet un jour ce qu’elle a fait au Cameroun, cela ne sera, bien sûr, pas suffisant : elle doit aussi mettre un terme au système de pensée et de gestion qu’est la Françafrique, enfanté par son triple crime camerounais. Un fils d’upéciste résume ainsi la situation : « La France doit réparer le préjudice, financièrement et moralement. Et cesser de considérer le Cameroun comme une de ses préfectures. » Théophile Nono est du même avis : l’État français « doit s’engager à stopper une fois pour toutes sa politique néocoloniale grossière vis-à-vis du Cameroun et de l’Afrique. Sans une saine acceptation de ces différents principes, il ne fait aucun doute que le sentiment anti-français, plus tenace au Cameroun que partout ailleurs en Afrique subsaharienne, ne va cesser de grossir pour devenir demain une véritable bombe explosive contre la France. On l’aura pourtant vu venir ! » 

 

Texte : Fanny Pigeaud

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 19:25

 

Accra le 22 Octobre 2016.

À Son Excellence Monsieur Paul Biya

Président de la République du Cameroun

Yaoundé

Objet : Condoléances et compassion au peuple Camerounais

 

Excellence monsieur le Président de la République,

C'est avec une profonde tristesse que j'ai appris le grave accident de train intervenu le vendredi 21 Octobre 2016 pres de la localité d'Eseka dans le département du Nyong et Kelle faisant plusieurs dizaines de décès et de très nombreux blessés. Je voudrais, en ce moment douloureux que traverse votre pays, saluer la mémoire des personnes qui ont perdu la vie dans cet accident tragique et souhaiter un prompt rétablissement aux blessés. Je présente aux familles éplorées, a l’ensemble de la population camerounaise, ainsi qu'à vous même et à votre gouvernement, mes sincères condoléances. Je partage la peine de tout Ie peuple qui, dans son ensemble, souffre de cette tragédie nationale. C’est pourquoi, en témoignage de ma solidarité, j'associe mes prières à toutes celles qui sont dites afin que Dieu fortifie le Cameroun qui est appelé, dans l’union, à faire face, avec courage, à cette autre épreuve.

Veuillez agréer, Excellence monsieur le Président de la République, l'expression de ma haute considération.

Le Président Laurent GBAGBO  PO.

Son porte-parole

Le Ministre Justin Katinan Kone.

 

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 13:11
#LeCamerounDeBiya : 33 ans de sodomie / Général Valsero (#RapFrançaisViensPrendreTaLeçon)

Ajoutée le 10 mai 2016

Le Général Valsero exprime 33 ans de règne d'une main forte contre la jeunesse Camerounaise.
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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 09:12
#BandeDessinée / 6ème MBOA Festival à Yaoundé et Douala du 25/11 au 6/12

Depuis 2010, le MBOA BD festival célèbre la bande dessinée au Cameroun. Le paysage culturel évolue de plus en plus et le neuvième art qu’est la bande dessinée constitue aujourd’hui une place des plus importantes.

L’objectif cette année de ce festival se lit d’entrée de jeux lorsqu’on jette un coup d’œil sur sa thématique : « L’édition et la distribution de la BD au Cameroun. »

Le MBOA BD Festival est le meilleur moyen pour nous de consommer camerounais et de découvrir les meilleurs talents dans ce domaine ici au Cameroun et en Afrique Centrale. Il réunit des auteurs venus du Cameroun et d’autres pays tels que : le Maroc, la France, etc. L’occasion rêvée de faire plus amples connaissances avec le monde de l’imagination et de rencontrer des auteurs déjà connus.

Pour cette 6ème édition, le MBOA BD Festival se déroulera dans 2 villes et pendant 2 semaines. Du 25 au 28 Novembre 2015 à Yaoundé et du 02 au 06 Décembre à Douala.

Pour lire la suite de l'article ICI

PS : retrouvez ci-dessous deux vidéos renvoyant au travail du dessinateur camerounais Ezzat.

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 05:00
#Cameroun / L'impossible vérification des documents légaux liés aux permis d’exploitation des entreprises forestières

L'histoire est typique du milieu de l’exploitation forestière des pays du bassin du Congo, deuxième poumon de la planète après l’Amazonie. Depuis près d’un an, un rapport sur le secteur forestier du Cameroun circule sous le manteau chez les ONG, les experts, l’administration, les exploitants... Une partie de ceux qui le possèdent refuse de le partager. Les autres en parlent avec précaution : ils savent que son contenu remet en cause l’action de plusieurs acteurs présents dans l’exploitation forestière, dont l’Union européenne (UE).

L’intitulé de ce rapport peut apparaître rébarbatif :« Évaluation de la conformité des documents associés au processus d’attribution de chaque titre forestier en vigueur au Cameroun ». Mais son objet est facile à comprendre : il s’agit des conclusions d’un audit, qui a consisté à vérifier que les documents légaux liés aux permis d’exploitation des entreprises forestières existent bien. Les experts indépendants qui ont réalisé cette étude, financée par l’UE, se sont précisément intéressés aux documents accompagnant les processus d’attribution des permis, recensés par une « grille de légalité »officielle. Dans leur compte-rendu, ils précisent qu’ils se sont contentés de collecter ces documents, et n’ont pas cherché à savoir s’ils étaient valables « sur le fond », c'est-à-dire s’ils étaient ou non de« faux documents de complaisance ».

Le résultat est quand même désastreux : aucune entreprise n’est capable de fournir tous les justificatifs listés – soit une vingtaine. Idem pour l’administration camerounaise.« Les taux de collecte se situent entre 40 et 60 %, ce qui signifie qu'en moyenne, seule la moitié des documents a pu être retrouvée », soulignent les auditeurs. Certains sont introuvables : alors que la loi forestière stipule que « l'attribution d'une vente de coupe ou d'une concession forestière est subordonnée à la constitution d'un cautionnement », les preuves que les entreprises ont déposé auprès du Trésor public cette caution existent pour seulement 3 % des cas.

Concrètement, cela signifie que :

1- Aucune entreprise forestière enregistrée au Cameroun n’est légale (les auteurs de l’audit écrivent : « Aucune entreprise ne peut être considérée comme légale au regard de l'application stricte des grilles de légalité car il n'y a aucun titre dont les documents sont 100 % disponibles et conformes ») ;

2- Tout le bois coupé au Cameroun et vendu sur le marché international devrait être logiquement considéré comme illégal si on applique les « grilles de légalité ».

Pour ceux qui suivent de près l’évolution de l’exploitation forestière industrielle au Cameroun, c’est la confirmation de ce qu’ils savaient déjà : la volonté politique de réguler le secteur est très faible. Depuis des décennies, l’illégal règne dans les forêts, la corruption est la règle, du fait des autorités comme des entreprises. En 2008, un ancien forestier a révélé le montant des pots-de-vin payés par les sociétés forestières à des fonctionnaires et responsables du ministère des forêts, en échange des documents nécessaires pour exploiter une forêt : le prix à payer pour truquer le système d'attribution des concessions forestières, par exemple, oscillait entre 220 000 et 760 000 euros. En 2011, la Commission nationale de lutte contre la corruption (Conac), une structure d’État, a estimé que l’organe chargé d’attribuer les titres d’exploitation forestière était une « organisation artisanale et criminelle ».

L’audit qui nous intéresse aujourd’hui a un mérite : il apporte un éclairage nouveau sur la désorganisation du secteur forestier et sur l’incapacité du système de corruption, pourtant quasi institutionnalisé, à donner un semblant de légalité à l’exploitation forestière. Mais cette enquête est évidemment une mauvaise nouvelle pour les entreprises forestières, et plus particulièrement pour les sociétés à capitaux européens : depuis plusieurs années, elles polissent leur image auprès de leurs clients européens, affirmant être en règle vis-à-vis des lois. Le rapport souligne d’ailleurs que les entreprises « à capitaux internationaux peuvent être moins bien classées » en termes de conformité que celles à capitaux camerounais.

Cette évaluation oblige également à s’interroger sur les labels de certification, comme le FSC (Forest Stewardship Council), censé garantir aux consommateurs que le bois qu’ils achètent provient de forêts exploitées de façon durable et responsable. Le principe numéro un du FSC est de s’assurer que les entreprises forestières respectent « toutes les lois en vigueur ».

Pas de chance, le rapport montre que les entreprises certifiées sont tout autant incapables que les autres de fournir la documentation légale nécessaire. Pire, elles« peuvent être moins bien classées que des attributaires non certifiées ». Des ONG ont d’ailleurs déjà relevé que plusieurs entreprises, dont certaines sont certifiées FSC, ne respectaient pas un principe de base de la loi camerounaise : légalement, une compagnie forestière ne peut avoir plus de 200 000 hectares de forêts. Deux exemples parmi d'autres : le groupe français Rougier et la société Pallisco, filiale du groupe Pasquet, certifiés FSC, contrôlent respectivement 625 253 ha et 388 949 ha.

L’audit donne bien sûr une image déplorable de l’administration camerounaise, qui ne possède « pas vraiment de système d’archivage ». Il précise ainsi : « Il existe une habitude très particulière au sein du MINFOF (ministère des forêts et de la faune) mais assez généralisée qui consiste (1) à partir avec des données lorsqu’on change de poste et (2) à ne pas vouloir s’impliquer dans le traitement et l’archivage des données de ses prédécesseurs afin d’éviter toute implication ou d’avoir à assumer telle ou telle situation passée. »

Les pays qui prêtent ou donnent depuis de nombreuses années de l'argent au Cameroun et aux entreprises forestières ont aussi de quoi être embarrassés. Car s’ils le font pour améliorer leur « gouvernance », cela ne va pas sans une absence évidente de volonté des uns comme des autres. La France est en tête de ces pays : entre 1990 et 2010, son apport au secteur forêt-environnement du Cameroun a été de 42 millions d’euros (engagés), selon un rapport d’évaluation de la politique de l’Agence française de développement (AFD). D’autres fonds ont été débloqués depuis par l’AFD.

Soulignons au passage qu'une partie de cet argent a servi aux entreprises forestières à se doter de « plans d’aménagement forestier », une obligation légale. L’aide publique au développement de la France aide ainsi des entités privées à se mettre en conformité avec la loi camerounaise, ce qui en soi devrait poser de sérieuses questions.

L’UE est également très impliquée : en 2010, elle a conclu avec le Cameroun un Accord de partenariat volontaire (APV), un traité commercial devant aider à lutter contre le bois illégal. L’APV fait partie d’un plan d’action plus large, mis au point par l’UE, le plan FLEGT (acronyme anglais pour « Application des réglementations forestières, gouvernance et échange commerciaux »). En signant l’APV, le Cameroun s’est engagé à ne vendre sur le marché européen que du bois légal. L’UE a fourni des dizaines de millions d’euros pour la mise au point des outils censés assurer cette fameuse légalité, dont des « grilles de légalité ». L’État du Cameroun, la société civile (des ONG occidentales travaillant au Cameroun ont été particulièrement bien dotées) et le secteur privé ont bénéficié de ces fonds.

Une liste des « projets d'appui à l’APV » mis en œuvre pour la seule année 2013 (et souvent axés sur l’amélioration de la « gouvernance ») donne une idée des montants en jeu. Lorsque l’on additionne les chiffres donnés, on obtient plus de 43 millions d’euros. Une belle somme, même si une partie de ces financements « couvre un soutien sur plusieurs années ainsi qu’une action dans d’autres pays ».

Pendant ce temps, rien ne change sur le terrain. Enfin, si : les techniques utilisées par les entreprises pour blanchir le bois coupé illégalement sont de plus en plus sophistiquées, selon plusieurs témoignages d’agents de l’administration camerounaise, d’opérateurs du secteur privé et d’ONG. Un expert européen, qui travaille depuis plus de 15 ans dans le secteur, estime même que la situation n’a jamais été aussi grave. Preuve que l’audit, réalisé dans le cadre de l’APV, dérange : finalisé en septembre 2014, il n’a toujours pas été rendu public. Selon les termes de l’APV, le Cameroun et l’UE doivent pourtant rendre accessibles toutes les informations concernant l’APV, y compris les résultats des audits. Une réunion du Comité conjoint de suivi (CCS) de l’APV, qui réunit Camerounais et Européens, a été plusieurs fois reportée cette année, « à cause, justement, des conclusions de cet audit », selon un activiste européen.

Ladite réunion a fini par se tenir le 7 juillet 2015. Explication donnée à Mediapart par Bernard Crabbé, de la Direction générale UE pour le développement et la coopération (DEVCO) : « L'UE et le Cameroun ont considéré qu'il était important que les deux parties puissent analyser les conclusions de ce rapport avant toute publication. Cela a été fait via le groupe de travail de l'APV qui s'est réuni plusieurs fois à ce sujet depuis septembre 2014 et via le Comité conjoint de suivi qui a validé les conclusions du rapport lors de sa réunion du 7 juillet 2015. Une publication partielle de ce rapport est envisagée prochainement. Les informations concernant les opérateurs détenteurs de titres sont considérées confidentielles et ne seront donc pas publiées. Ceci est conforme avec le texte de l'APV. »

Il n’y aura probablement aucune conséquence pour les entreprises : le « groupe de travail de l’APV », dont elles font partie, a déjà recommandé de mettre en place une procédure « souple » dans la vérification de la conformité légale des documents des concessions forestières attribuées avant l’entrée en vigueur de l’APV (fin 2011), soit la majorité des concessions, et de réduire le nombre de documents à vérifier… Le CCS du 7 juillet a d'ailleursaccepté et validé ces suggestions. Il faut dire que les auteurs de l’audit – dont plusieurs travaillent régulièrement pour les entreprises forestières – ont proposé comme possible solution de « réviser les grilles »de légalité. Une manière de casser le thermomètre ? Les auditeurs se sont aussi opposés à toute idée de remise en question des titres attribués.

L'histoire n'est cependant pas finie, d’autres révélations sont à venir : la Cour des comptes européenne est en train de mener un audit pour vérifier que « la Commission [européenne] a bien géré l’appui fourni dans le cadre du Plan d'action FLEGT de l'UE vers les pays producteurs de bois ». Elle se concentre notamment sur l'utilisation des fonds au Cameroun. Selon des indiscrétions, ce n’est pas de ce côté que viendront les bonnes nouvelles... Mais là non plus, pas de quoi s’étonner : le plan FLEGT, adopté en 2003, n’a apporté quasiment aucun résultat concret nulle part (six pays producteurs ont signé un APV), et personne, y compris à Bruxelles, ne semble être capable de dire précisément combien il a coûté jusqu’ici. Seule certitude : plus de 600 millions d’euros (au moins un milliard, selon un spécialiste) ont été dépensés par l’UE et ses États membres…

TEXTE - FANNY PIGEAUD (Mediapart

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 13:44
Têtes coupées de combattants nationalistes exposées en public (Association des vétérans du Cameroun, Asvecam)
Têtes coupées de combattants nationalistes exposées en public (Association des vétérans du Cameroun, Asvecam)

"François Hollande se rend au Cameroun vendredi 3 juillet. La dernière visite d’un chef d’Etat français remonte à 1999 quand Jacques Chirac avait fait le déplacement à Yaoundé. Le Cameroun entretient une place à part dans l’histoire de la décolonisation de l’empire français. Le mouvement de l'UPC, l'Union des populations du Cameroun, a été réprimé par la France coloniale puis par le régime du président Ahidjo, soutenu par l’armée française. La guerre du Cameroun entre 1955 et 1971 a fait des dizaines de milliers de morts. La France n'a toujours pas reconnu ses responsabilités."

Ainsi parla RFI le 28/06 dernier.

Avant de proposer quelques extraits (dans lesquels nous-même avons extrait), par écrit d'un entretien audio accordé par Manuel Domergue, un des auteurs du formidable Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948 / 1971).

Pourquoi le Cameroun est-il une exception dans l’histoire de la décolonisation de l’empire français en Afrique ?

Manuel Domergue : Parce que cette décolonisation en Afrique subsaharienne a été violente. Elle a donné lieu à une guerre et par conséquent, c’est un peu l’opposé du mythe qu’on avance, en général, d’une décolonisation pacifique octroyée par la générosité du général de Gaulle.

C’est donc la France coloniale, dans un premier temps, qui va mener cette guerre pour anéantir la rébellion ? Tout à fait. En fait, la guerre commence à partir de l’interdiction de l’UPC, en 1955, et elle va se poursuivre après l’indépendance du Cameroun, jusqu’en 1971. C’est une guerre qui est menée par des militaires français. A partir de 1960, il y a une armée camerounaise puisque le Cameroun devient un pays officiellement indépendant mais, en sous-main, c’est l’armée française qui dirige les opérations, qui lève des milices camerounaises et qui organise l’armée camerounaise pour mieux réprimer, en silence et en secret, cette rébellion nationaliste qui demandait, au départ, l’indépendance. Une fois que l’indépendance a été octroyée – une indépendance un peu factice – ils ont demandé l’indépendance réelle et ont alors demandé à ce que ce soit vraiment des Camerounais désignés par le peuple qui dirigent leur pays. Or, cela n’a pas été le cas d’Amadou Ahidjo, désigné par la France.

Les méthodes utilisées par l’armée sont celles de la guerre révolutionnaire. Etait-ce une doctrine spécifique ? Oui, la doctrine de la guerre révolutionnaire, c’est une doctrine qui a été élaborée par des militaires français qui ont essayé de tirer les leçons de la défaite de la France, en Indochine, après Dien Bien Phu. L’idée, c’était qu’on ne peut pas mener, face à des populations civiles et à des partis politiques, dans un contexte de décolonisation, une guerre front contre front, armée contre armée. Par conséquent, c’est une guerre asymétrique dans le peuple et par le peuple. C’est aussi une guerre psychologique. L’important était de conquérir les cœurs et les esprits pour faire adhérer les populations au projet de la France qui était celui de garder le contrôle sur le Cameroun. C’était aussi une guerre, comme en Algérie, qui s’est menée contre des civils qu’on a regroupés dans des camps de regroupement de manière extrêmement autoritaire avec des conséquences sanitaires et humanitaires désastreuses. C’est aussi une guerre qui s’est menée pour le renseignement. Et donc la France, pour obtenir des renseignements, a torturé systématiquement des civils et des opposants politiques pour obtenir des renseignements et pour mieux annihiler l’opposition politique qu’ils avaient en face d’eux.

Pourquoi cet acharnement de la France à vouloir éradiquer l’UPC alors même que le Cameroun était devenu indépendant ? Parce que la France a accepté, in fine, des pays indépendants en Afrique - avec, comme vous le savez, la vague des décolonisations en 1960 - mais a voulu garder la main et le contrôle politique sur ces Etats officiellement indépendants. Le Cameroun était un pays stratégique, comme d’autres, et la peur était que si le Cameroun basculait dans le camp des opposants à la France - en tout cas des gens qui n’étaient pas obéissants à la France -, cela pourrait servir de modèle ailleurs comme au Togo, en Guinée ou encore en Côte d’Ivoire où il y avait aussi une contestation de l’ordre français néocolonial que certains ont appelé, ensuite, la Françafrique.

Plus de trente ans après la fin de la guerre, la France reconnaît-elle sa responsabilité dans ce qui s’est passé ? C’est cela qui est assez étonnant. La France nie toujours, envers et contre tout, sa responsabilité. Elle nie même le fait qu’il y a eu une guerre. François Fillon, alors Premier ministre en 2009, a été interrogé en conférence de presse sur ces événements et sa réponse était absolument incroyable. Il a dit : « Madame, ceci est une pure invention ! »

Imaginer que la France puisse nier jusqu’à l’existence de cette guerre en disant que « c’est une pure invention » me semble complètement incroyable, aujourd’hui ! Nous interpellons donc, en tant que journalistes et historiens, le président François Hollande - qui se rend au Cameroun - pour lui dire : « Vous n’avez pas d’autre choix que de reconnaître l’évidence même qui a été attestée par des générations d’historiens français, camerounais, américains, etc… par Achille Mbembé, Richard Josep… »

Notre livre a eu accès à quantité d’archives, notamment françaises, qui démontrent qu’il y a eu une guerre menée par la France au Cameroun. Ce n’est pas forcément nous qui le disons. Ce sont également les militaires français eux-mêmes, dans les archives secrètes, qui parlent d’une guerre et qui donnent des bilans ! La France devrait, au moins, le reconnaître et pourrait également aider financièrement des étudiants, des historiens camerounais, français ou d’ailleurs, à renseigner davantage cette guerre. La France devrait ouvrir ses archives à tout le monde. Il n’y a aucune raison de continuer à faire silence sur cet épisode.

Il y a-t-il des blocages aussi au Cameroun ? C’est un sujet tabou ? Oui, c’est un sujet tabou parce que les gens qui sont au pouvoir ou dans l’armée camerounaise, à la tête de l’Etat camerounais, sont directement issus de cette répression. Cinquante ans après, ils en sont encore les premiers bénéficiaires. Ce n’est donc pas d’eux que peut venir la vérité.

Il n’empêche que, quand même, nous avons interrogé le général Semengue qui était, à l’époque, le premier chef d’état-major camerounais et qui nous a avoué, face à la caméra - c’est disponible sur notre site - que oui, l’armée camerounaise coupait les têtes de ses opposants et exposait les têtes « pour faire de la pédagogie », comme il disait, auprès des villageois camerounais qui étaient tentés par l’opposition. Ce n’est pas contestable. C’est même admis par les gens qui ont mis en œuvre cette répression.

Pour écouter l'interview de Manuel Domergue ICI.

Le site du livre Kamerun.

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 14:49
#Révisionisme / Quand Fillon niait la guerre de la France au Cameroun

Ces Questions du Gri-Gri furent diffusées sur Tropiques FM en juin 2009 et mises en ligne dans la foulée sur Dailymotion.

Retrouvez d'autres Questions du Gri-Gri dans une Playlist.

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 22:02
La guerre médiatique de la France contre le Cameroun et l'Afrique, par Gabriel Makang

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L'un des principes élémentaires de la guerre consiste à susciter des trahisons, à infiltrer l'adversaire pour le fragiliser et le faire tomber de l'intérieur. C'est bien ce que la France a fait dans sa tentative de déstabilisation du Cameroun. Elle s'est acquis la coopération passive et active de certains de nos compatriotes dans les forces armées, la classe des élus, la haute administration, les hommes politiques, les associations de la société civile basées à l'intérieur du pays et à l'étranger ainsi que les médias.

Certains l'ont fait pour un gain immédiat, notamment financier alors que d'autres investissaient à long terme, se positionnant pour le prochain régime, croyant l'actuel condamné à tomber comme d'autres en Afrique avant lui.

La société camerounaise est ainsi divisée entre le tout petit groupe qui a de la sympathie pour la France de laquelle ils obtiennent des stages de formation, des dons matériels pour leurs services et même des cadeaux de ses multinationales, et la vaste majorité qui voit en elle la responsable de beaucoup de nos maux. Si tous ces aspects méritent de l'attention, celui qui nous intéresse ici est, vous l'avez deviné, celui des médias et des journalistes qui font le jeu de l'adversaire.

C'est bien connu, qui veut gagner une guerre contrôle l'information.

Celui qui contrôle les médias détermine la perception des populations des évènements. C'est grâce à leur manipulation de l'information que le vol des matières premières des pays africains a été pendant des décennies perçues comme une aide au développement, une arnaque financière telle que le Franc CFA assimilé à un soutien à notre monnaie et qu'une opération de déstabilisation par l'intermédiaire de Boko Haram comme une de simples ambitions territoriales de radicaux islamistes.

Cette guerre médiatique dirigée contre notre continent et le Cameroun en particulier en ces temps de crise n'a pas commencé aujourd'hui. Déjà au temps de la colonisation et pendant les indépendances, la France avait mis en place un vaste réseau d'artifices dans le but de contrôler la pensée des jeunes États naissants. Et les effets de cette colonisation peuvent être encore perçus dans les attitudes de certains des dirigeants africains, surtout francophones.

Parmi les outils de la guerre de la pensée qu'elle a mise en place, on peut citer les centres culturels, la Francophonie, la langue comme langue d'études, les programmes scolaires et les médias tels que RFI, France 24 ou Euronews. La France n'est pas le seul pays engagé dans cette guerre médiatique dans laquelle la recherche de la vérité n'est plus de mise. Chaque grande puissance fait de la propagande et vend aux pays africains et aux autres nations compétitrices sa perception des évènements sociaux, politiques ou financiers, régionaux et mondiaux qui lui est favorable.

La Grande-Bretagne a sa BBC, les États-Unis la voix de l'Amérique, la Chine l'agence Xinhua et une flopée de chaines de télévision, la Russie, la Voix de la Russie, l'Allemagne la Deutschwelle. La récente visite de Guillaume Soro au Cameroun accompagné dans la presse camerounaise d'une vague d'articles pro-Ouattara et anti-Gbagbo est là pour nous édifier sur la manipulation de la presse et des individus.

En Afrique, ces médias étrangers utilisent de plus en plus des journalistes locaux, un peu comme un boulanger grec utiliserait des vendeuses noires pour inspirer confiance et établir une connexion émotionnelle avec ses clients. L'information semble passer mieux lorsqu'elle vient d'une personne qui nous ressemble. Après tout, c'est le frère et il ne peut qu'être qu'objectif puisqu'il est supposé aimer son pays, ce qui n'est pas malheureusement toujours le cas.

Contrôler l'information par l'argent.

L'un des points-clés du contrôle de l'information est sa distribution et celle-ci a été verrouillée depuis longtemps au Cameroun par la France à travers son autre outil appelé Messapresse, qui appartient au groupe français Presstalis, anciennement Nouvelles Messageries de la presse parisienne et qui détient le monopole de la distribution des journaux au Cameroun et dans des pays africains francophones tels que le Gabon, le Sénégal, la Cote d'Ivoire, Madagascar, pour ne citer que ceux-là.

La Fédération des éditeurs de presse au Cameroun (Fedipresse) s'est d'ailleurs plainte de la faible couverture de la distribution et de la violation de l'article 17 du contrat avec les éditeurs de presse, amenant certains éditeurs à travailler sur la création de leur propre société de distribution.

Dans un article titre : Du Vrai Visage de Messapresse, Armand Hamoua

Baka, ancien cadre de Messapresse affirme : « MESSAPRESSE qui est monopoleur n'est pas en réalité là pour la distribution de la presse locale camerounaise. MESSAPRESSE est avant tout un outil d'hégémonie, de propagande et de diffusion de la culture française. À travers le livre scolaire de grands éditeurs comme Larousse, Nathan, Bordas et la presse du genre figaro, Paris Match, le Monde du Graal, Voici, Maxi, cette filiale du groupe NMPP (nouvelle Messagerie de Presse Parisienne) a su mettre en valeur le savoir-faire de la France dans plusieurs domaines. Bien plus, MESSAPRESSE est un puissant outil de renseignements et de collecte d'informations pour l'Élysée via le Quai d'Orsay à travers le Consulat de France à Douala et l'Ambassade de

Yaoundé ».

Des vendeurs de journaux ont confié au Sphinx Hebdo en nous en se plaignant du fait que Messapresse impose de façon injuste les règles du jeu. Par exemple, cette société favorise et pousse agressivement la vente des journaux français dans les kiosques camerounais et détermine le prix des journaux locaux. C'est cette compagnie qui a imposé une quote-part de 140 francs CFA par journal vendu devant lui être versée, provoquant par là une montée fulgurante du prix du journal.

En effet, les Éditeurs de presse se trouvent obligés de vendre un journal à 400 F CFA pour couvrir leurs dépenses. Or à ce prix, il y a peu de Camerounais qui peuvent se permettre d'acheter un journal, certains préférant le louer pour une journée à 100 F CFA aux vendeurs qui entretiennent ainsi un commerce parallèle.

Du coup, les DP deviennent dépendants des sources de financement extérieur pour la survie de leurs journaux que la France à traverses multiples outils tels que l'agence de coopération, le service culturel de l'ambassade, des séminaires et atelier de travail, des stages de perfectionnement et différentes ONG assure gracieusement prenant au passage le contrôle des lignes éditoriales. On voit rarement certains journalistes écrire un article critiquant la France et il est pratiquement impossible d'en faire publier dans certains journaux camerounais.

Selon des informations crédibles données au Sphinx par un responsable d'une chaine de télévision diffusant au Cameroun, certains journaux privés camerounais avaient reçu de l'argent pendant la période qui a entouré la sortie de prison du Professeur Edzoa Titus et Michel Thierry Atangana pour dépeindre le gouvernement sous une lumière négative.

On a aussi vu dans le cadre de cet effort de museler l'information, des journalistes ayant des émissions populaires se faire recruter dans les départements de la communication des multinationales françaises. Malheureusement, cet assaut sur notre intellect ne s'arrête pas à la presse écrite. Une grande partie de cette guerre se joue sur l'internet.

L'internet aussi

Celui-ci est une cible de choix, car il dessert les membres de la diaspora riche de dizaines de milliers de personnes et dont le poids sur les évènements n'est pas à négliger. Il présente aussi le singulier avantage de permettre la diffusion de l'information à travers les frontières, dans le monde entier. Il y a des websites tels que Mediapart qu'on dit indépendants, mais qui a bénéficié du soutien d'un fonds de l'Impôt, donc du contribuable français, instauré par

Sarkozy qui donne un coup de pouce au positionnement géostratégique de la France.

Après avoir publié il y a quelques mois un article accusant Marafa et d'autres ressortissants du Nord d'être des financiers d'une rébellion germant dans la partie nord du pays, Fanny Pigeaud en écrit un autre intitulé « Dans la Lutte Contre Boko Haram, Le Tchad Est Jugé Trop Ambiguë », dans lequel elle fait planer le doute sur la sincérité de l'engagement du président tchadien, Idriss Deby dans sa lutte contre Boko Haram.

Elle sous-entend qu'il serait un soutien de cette organisation terroriste. Cette accusation est pour le moins curieuse lorsque l'on considère le président Idriss Deby comme un allié stratégique de la France, ce qui nous pousse à nous demander si cette sortie n'avait pas pour but de lui faire payer son alliance avec le Cameroun dans sa lutte contre Boko Haram et par la même occasion créer un climat de suspicion parmi les alliés africains ? Une chose qu'il faut garder à l'esprit c'est que le Sphinx Hebdo dans un article précédent intitulé : Boko Haram : La France Mord La Poussière Face Au

Cameroun Et Evalue Ses Options a évoqué des tentatives de créer la division entre les troupes alliées africaines se battant contre Boko Haram.

Il n'y a pas que des sites français qui participent à cette guerre. Il y a aussi des sites camerounais qui sont tellement pro-français que cela frise de la propagande. La preuve en est la flopée d'articles pro-français ayant accompagné la visite de Laurent Fabius, ministre français des Relations Extérieures au Cameroun dont tout le monde comprend qu'elle était surtout une opération de Marketing à l'intention du public africain dans une vaine tentative de dissiper les soupçons qui pèsent sur la France par rapport à son soutien à Boko Haram.

Ces websites tentent par ces manœuvres de ramener la vieille chanson déjà dépassée et à laquelle personne ne croit plus, celle de la France, amie de l'Afrique. Lorsqu'ils publient des articles évoquant la main de la France dans l'affaire Boko Haram, ils les présentent comme dérivant de la théorie du complot, sans fondement.

Par exemple, ils ont publié des articles écrits par leurs correspondants pour expliquer les sources de financements de Boko Haram comme provenant des enlèvements d'étrangers alors que Michel Collon, dans un excellent article a bien démontré que cette activité, du fait de son inconsistance et de relativement faibles revenus qu'elle génère ne peut financer une rébellion faite de milliers d'hommes.

Il y a parmi ces websites, un camerounais très lu qui refuse désormais de publier des articles du Sphinx Hebdo. Pendant longtemps il l'a fait puis subitement a arrêté depuis près de 6 mois sans aucune explication alors qu'il continue de recevoir comme beaucoup d'autres la version électronique de nos écrits. L'article-ci leur a été envoyé et nous espérons qu'il y sera publié. Un de nos lecteurs, qui partage les points de vue du Sphinx Hebdo nous a révélé que certains de ses commentaires sont bloqués dans ce website.

Ce website en particulier contrairement à d'autres qui se contentent de publier les articles qu'on leur envoie a son propre réseau de correspondants qui couvrent et commentent l'actualité pour lui. Est-ce qu'il a des moyens de payer autant de gens ou sont-ils simplement des employés bénévoles ? S'il a d'énormes ressources financières, d'où vient cet argent ? Pourquoi semble-t-il soutenir un pays dont la plupart des Camerounais savent qu'il est sinon derrière Boko Haram, du moins un ennemi traditionnel de l'Afrique dont les méfaits ne sont plus à prouver ?

Ces Commentateurs qui font Le Jeu de La France

Les websites sont infestés de commentateurs dont le rôle semble être de détruire la crédibilité des articles qui exposent la France. Non, ils ne la soutiennent pas toujours ouvertement, mais lorsqu'un article de ce genre est publié, ils attaquent celui-ci avec une violence verbale sans se donner la peine comme le leur suggère d'autres lecteurs de soutenir leur point de vue.

Ils détournent constamment l'attention des lecteurs des méfaits de celle-ci sur les tares du pouvoir de Yaoundé qu'ils critiquent constamment. On ne peut pas leur reprocher de critiquer le régime en place qui par ailleurs leur donne des occasions légitimes de le faire. C'est aussi leur droit.

Ce qui est curieux dans leurs interventions c'est d'abord leur constance sur le net. Il y en a certains qui interviennent dans pratiquement tous les articles publiés, nous poussant à nous demander où prennent-ils ce temps, denrée rare en Occident ? Sont-ils payés pour le faire ? Encore plus curieux est le fait qu'ils tirent non seulement sur le gouvernement, mais aussi sur les institutions de l'État populaires parmi les Camerounais, tels que l'armée à laquelle nous devons tous notre liberté aujourd'hui.

Depuis le début de la guerre, ils critiquent notre armée et trouvent quelque chose de négatif à dire même lorsque celle-ci pose des actes de bravoure et gagne des victoires éclatantes. Tout est systématiquement critiqué dans une tentative demain tenir dans l'esprit des Camerounais le ressentiment généré par les dysfonctionnements dans la marche du pays.

Pourtant, il nous semblait que lorsque l'on attaque votre famille, même si vous avez des doutes sur l'identité de l'agresseur et des malentendus en votre sein, la loyauté vis-à-vis des vôtres vous obligerait au minimum à adopter une attitude protectrice vis-à-vis des vôtres et au mieux à défendre d'abord la famille et régler les problèmes internes plus tard.

C'est ce que font les citoyens d'autres nations. Même dans des pays dits démocratiques, lorsqu'une menace extérieure se présente, tous les citoyens, y compris les hommes politiques font une alliance pour repousser la menace extérieure de loin plus importante que les malentendus de politique interne.

Certains de nos compatriotes semblent prendre plaisir à tirer sur les leurs.

Il n'est pas tard pour ceux-là de se rattraper et de changer. Cet article n'est pas un appel à une chasse aux sorcières, mais à une prise de conscience. C'est contre leurs intérêts qu'ils agissent ainsi. C'est l'avenir de leurs enfants qu'ils compromettent. Rejoignez le bon camp, car c'est uni que nous allons plus rapidement gagner ce conflit. Et nous allons le gagner, car la victoire dans une guerre dépend certes de la puissance et de la bravoure d'une armée, mais aussi de la conscientisation de la population aux enjeux réels et sa détermination à défendre sa terre. Et cela, le Cameroun a déjà.

La France le sait, c'est pour cela qu'elle a envoyé Laurent Fabius au Cameroun calmer le jeu et essayer de rattraper ce qui peut l'être. Si Boko Haram avait été en position de force, le langage aurait été différent. Rappelez-vous avec quelle cruauté ils ont traité les membres du gouvernement Laurent Gbagbo à la chute du régime et ne vous laissez donc pas berner par ces sourires devant les caméras de télévision. Ils sont furieux contre le Cameroun et ont la rage au cœur, mais ça, c'est une autre histoire.

Nous savons que pour beaucoup de journalistes, c'est une affaire de survie financière. Vous avez besoin de cet argent pour nourrir vos enfants, payer leurs études, les soigner et payer leurs factures, on le comprend. Et le gouvernement devrait faire un peu plus pour soutenir la presse et même l'aider à mettre sur pied sa propre société de distribution.

On ne peut laisser un domaine aussi stratégique entre les mains de nos adversaires. Mais d'autres que vous ont été dans l'adversité et n'ont pas trahi. Au maquis, Um Nyobe, Ossendé Afana, Ernest Ouandié, Felix Moumié ont fait face à ce genre de dilemme et ils ont choisi l'honneur. Ils ont choisi de mourir pour nous. Nous ne vous en demandons pas tant. Nous vous demandons simplement de revenir camerounais. N'entrez dans l'histoire de cette façon-là.

Gabriel Makang
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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 14:00
En 2009, Stéphane #Tiki faisait son Strip Tease sur France 3

C'est grâce au progressiste, universaliste et cosmopolite site Fdesouche que nous avons découvert ce Strip Tease de 2009. Doit-on les en remercier ?

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 10:00
#AlikoDangote : "Impossible de se développer seuls, mais nous devons diriger" (#Business #Nigeria #Cameroun #Senegal)

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Lors de l'interview qu'il a accordée cette semaine à la chaine africaine Africa24, l'homme d'affaires africain Aliko Dangote affirme qu'il est difficile pour un africain de faire affaire dans les pays francophones d'Afrique dominés par la France. Il précise : "Vous avez dû lire les difficultés qu'on a pu avoir au Sénégal à cause d'un concurrent qui se trouvait être français et que nous sommes anglophones. Mais tout cela est dernière nous car les difficultés ne nous arrêtent pas, nous aimons les défis".

Le milliardaire nigérian ajoute que "la différence qu'il y'a entre les pays francophones et le Nigeria est que nous avons pris notre destinée en main, nous contrôlons l'économie de notre pays. Je m'excuse auprès des personnes à qui cela pourrait déplaire, mais nous contrôlons notre économie, ce qui n'est pas le cas de la plupart des pays francophones où les nationaux n'ont aucune emprise sur leur économie. Ces économies sont contrôlées par des étrangers qui parfois même dictent leur termes et les conditions aux gouvernements et d'autres."

Avec un brin d'optimisme Aliko Dangote pense qu'avec le temps, les réalisations que le groupe Dangote fait dans plusieurs pays africains aideront à transformer tout cela, en investissant dans différents pays africains francophones ou anglophones, comme la Zambie ou encore le Sénégal, où il y'a encore une dizaine d'années il aurait été inimaginable pour un nigérian d'investir 400 millions de dollars. Il évoque également le fait qu'un groupe africain investisse gros en Afrique n'est pas très commun et est souvent accueilli avec suspicion. Il souligne par ailleurs l'accueil favorable que les autorités éthiopiennes et camerounaises ont eu a l'égard de l'implantation de son groupe dans leur pays respectif.

Le groupe Dangote est un conglomérat nigérian dont le siège social se situe à Lagos au Nigeria. Le groupe est l'un des principaux conglomérats diversifiés en Afrique. Il est présent dans l'industrie du ciment, du sucre, de la farine, du sel, des pâtes, des boissons et dans l'immobilier. Il a généré des revenus de plus de 3 milliards de dollars en 2013. La société emploie plus de 26 000 personnes.

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