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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 15:04

Ajoutée le 21 juin 2016

Juin 2016 Sankara par Negroni : extraits de Une nuit à Majunga Auteur, sociologue et ancien coopérant particulièrement acerbe avec ses confrères (voir Les colonies de vacances, qui fit grand bruit au milieu des années 1970), ayant travaillé sur l'aristocratie, le suicide et l'image de l'Africain dans la production culturelle, François de Negroni a rencontré à Madagascar, à Majunga plus précisément, un jeune étudiant voltaïque... Thomas Isidore Noël Sankara. Ce livre est le récit de cette rencontre. Lecture : Grégory Protche Mix : Cave du 18 Une nuit à Majunga est paru en mai 2016 aux éditions Materia Scritta.

Published by Gri-Gri International François de Negroni - dans Burkina Faso Devoir d'histoire Littérature Francophonie Gri-Gri TV
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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 11:47

 

Voir vidéo ci-dessous...

29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 10:00
#UneNuitàMajunga / Thomas Sankara aussi lisait François de Negroni ! (#Vidéo #GriGriTVBrut)

#‎QuandSankaraLisaitNegroni‬

1983. Preuve en images.

Une nuit à Majunga. Un livre de François de Negroni. En librairies ces jours-ci.

‪#‎GriGriTVBrut‬

20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 08:08
#Sankara par Negroni / Une nuit à Majunga (sortie le 27 mai 2016)

Texte de la quatrième de couverture

C’était à Madagascar, au début des années mille neuf cent soixante-dix. Nous avions quasiment le même âge. J’étais alors jeune coopérant et enseignais les sciences humaines à l’Université de Tananarive. Lui terminait ses études d’élève-officier à l’Académie militaire d’Antsirabé. Il s’appelait Thomas Sankara. Il faisait partie d’une promotion d’environ trente étudiants, dont deux tiers de Malgaches et le troisième venu des quatre coins de l’Afrique francophone : des Sénégalais, des Tchadiens, des Congolais, et deux Voltaïques. Non, Blaise Compaoré n’était pas le second, quoique s’obstinent étrangement à soutenir des comploteurs en contes et légendes.

Une nuit à Majunga, de François de Negroni

Dessins : Ezzat (sur Facebook)

Featurings : Théophile Kouamouo, Marc de Miramon, Grégory Protche

Editions Materia Scritta (sur Facebook)

Collection SEditions

En librairie et sur Amazon etc à partir du 27 mai 2016

Published by Gri-Gri International - dans Littérature Devoir d'histoire Burkina Faso
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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 15:32
#Bientôt : le livre de François de Negroni sur sa rencontre avec Sankara #Trailer1

Bientôt en librairies, le livre de François de Negroni sur sa rencontre avec Thomas Sankara.

6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 11:12
#Burkina / Vérité, Justice et Réconciliation au menu du dialogue national

SOURCE

Il sera basé sur le triptyque "vérité, justice, réconciliation", selon le premier ministre Paul Kaba Thiéba.

Le chef du gouvernement a obtenu vendredi le vote de confiance du parlement pour son programme de gouvernement.

Dans sa "déclaration de politique générale", M. Thiéba a affirmé que le gouvernement veillera à ce qu'aucun Burkinabè ne soit exclu dans la répartition des fruits du développement et du progrès du pays.

Sur le plan politique, il a annoncé la mise en place d'un dialogue de réconciliation nationale basée sur le triptyque "vérité, justice, réconciliation".

Au total 72 députés sur 125 ont voté pour le programme de gouvernement burkinabé, tandis que 53 se sont abstenus.

Le parti de l'ex président Blaise Compaoré et celui de Zéphirin Diabré, candidat malheureux à l'élection présidentielle, ont appelé leurs députés à l'abstention.

4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 07:00
#Monsanto / Exit le coton OGM Bt pour le Burkina Faso...

SOURCE

Le Burkina Faso a autorisé la commercialisation du coton OGM Bt de Monsanto en 2008. Monsanto a croisé deux variétés burkinabés avec une variété américaine qui contenait le gène Bt (Bollgard II) qui produit un insecticide contre le ver du cotonnier.

Historiquement, le coton burkinabé était réputé pour la qualité de sa fibre, qualifiée de « longue, résistante et uniforme » et pour un taux d’égrenage [1] élevé. Cette dernière qualité est liée en partie à une récolte manuelle car elle assure la pureté du coton qui contient alors peu de matière organique non désirée [2]. La qualité de la fibre est aussi liée à un long travail de sélection conventionnelle mené dès 1946, en partie en lien avec des organismes de recherche publique français, comme l’Institut de Recherche sur le coton et les textiles exotiques (IRCT) [3]. Ainsi, la moyenne du taux d’égrenage du coton burkinabé est passée de 36 à 42% entre 1970 et 2006, et le pourcentage de coton burkinabé classé comme ayant une fibre de bonne qualité (principalement en se basant sur sa taille) est passé de 20% en 1995/1996 à 80% de la production totale en 2005/2006. En raison de sa qualité, le coton burkinabé était donc assez compétitif sur le marché international par rapport à d’autres cotons.

Le coton Bt burkinabé a une fibre de piètre qualité

Cependant, depuis que le coton Bt a été introduit au Burkina Faso, paysans, syndicats agricoles et entreprises burkinabés de la filière coton (dont la Sofitex, une des sociétés d’économie mixte qui gère la filière coton au Burkina Faso) s’accordent sur une dégradation de la fibre.
Ainsi, en mai 2012, le directeur du développement de la production cotonnière de la Sofitex, Dr Déhou Dakuo, affirmait : « Il me semble qu’on a traîné avec un petit défaut de la variété américaine pour ce qui concerne la longueur de la fibre. On s’en est rendu compte très tôt au niveau de Monsanto, des sociétés cotonnières et de l’INERA, et des mesures ont été prises. La première mesure, c’est au niveau de la recherche nationale qui y travaille et dans un ou deux ans, le problème sera résolu » [4].
Toujours en 2012, Gérard Estur, consultant indépendant et spécialiste de la filière coton [5], évoquait « une catastrophe commerciale » avec le coton Bt. En effet, il précisait que du fait d’une qualité de fibre moins bonne, le coton burkinabé était dorénavant directement en concurrence avec le coton pakistanais, qui se négocie à un prix inférieur.
Comme nous le résume Gérald Estur, « à la surprise générale, on a vu réapparaître une proportion très élevée de fibres courtes (1-1/16e de pouce, voire 1-1/32e) [6]. Celles-ci avaient disparu depuis plus de dix ans grâce aux efforts continus des sélectionneurs. Le rendement à l’égrenage a également un peu baissé. Cette chute de la longueur de soie est très dommageable sur le plan commercial : plus de 90% de la production de coton conventionnel est classée en 1-1/8e de pouce qui peut être utilisé en filature classique pour produire des fils fins peignés. Les fibres courtes ne peuvent être vendues pour ce créneau plus rémunérateur, quel que soit leur grade (couleur, propreté). Ce déclassement dévalorise le prix de la fibre de l’ordre de 5% ».

Cette baisse de la qualité provient du parent américain de la lignée de coton utilisée au Burkina Faso et à un processus de croisement trop rapide. Wackes Seppi, pseudonyme qui cache un ardant défenseur des biotechnologies végétales [7] estime en effet que « même avec les outils modernes de génomique, deux rétro-croisements, en principe suivis d’une autofécondation (au moins), ne suffisent pas pour éliminer les caractères « américains » (autres que le Bt). Mais peut-être a-t-on voulu garder une partie de ces caractères et, ce faisant, traîné ceux relatifs à la [faible] longueur de la fibre » [8]. Précisons qu’aux États-Unis, le critère de rendement égrenage – c’est-à-dire le pourcentage de fibre à l’égrenage - n’est pas le critère principal et la fibre produite a toujours été plus courte notamment qu’en Afrique.

Monsanto a tenté de justifier ce phénomène par des conditions environnementales et météorologiques… sans réussir à convaincre grand monde. D’autres explications ont été apportées pour justifier les problèmes dans les champs, comme le mélange de graines OGM et non OGM, le non respect des itinéraires agronomiques par les paysans et le fait que les paysans aient arrêté totalement les traitements alors que ce coton Bt n’était efficace que contre un parasite mais pas contre l’ensemble des parasites du cotonnier. Mais les discours de Monsanto et de la Sofitex, souvent assez simplistes et euphoriques, pouvaient sans doute inciter à croire que ce coton GM n’avait plus besoin d’intrants pour pousser correctement. D’ailleurs, le même Seppi évoque « des producteurs qui auront été leurrés par des rapports trop optimistes ou des publicités trop agressives (cela a vraisemblablement été le cas en Inde) » [9].

Deux universitaires étasuniens, Brian Dowd-Uribe et Matthex A. Schnurr, se sont penchés sur le cas du coton Bt au Burkina Faso [10] et leur analyse corrobore ce qu’annonçait notamment Ousmane Tiendrébéogo et d’autres militants opposés aux OGM : le coton Bt n’est pas rentable pour la filière.

Ainsi, au cours de leur enquête, ces chercheurs ont interrogé de nombreux acteurs de la filière. Et un responsable de Monsanto leur a ainsi confié que les fibres de variétés Bt étaient de 1/32 de pouce plus courte que celles des variétés conventionnelles. Ils notent aussi que pendant la saison 2013/2014, plus des deux tiers de la production nationale ont été classés dans la catégorie « basse ou moyenne qualité » et qu’un tiers seulement de cette production a pu rester classé comme fibre de bonne qualité. Soit un déclin de la quantité de fibres de bonne qualité de plus de 40% depuis 2005/2006 selon les estimations des chercheurs. Quant au déclin du taux d’égrenage, les chercheurs ont eu plus de difficulté à l’estimer avec précision. Ils citent cependant un fonctionnaire burkinabé, sans le nommer, qui « confirme qu’il reste bien en dessous des 42% atteints par des cultivars traditionnels ».

Monsanto promet un autre cultivar : trop tard ?

Finalement, Monsanto a proposé de former un comité technique composé d’experts locaux et internationaux pour enquêter sur ce déclin que personne ne conteste. Monsanto a aussi l’intention de proposer un nouveau cultivar en intégrant le transgène Bt dans une autre variété burkinabé, connue sous le nom de FK64. Cette nouvelle promesse ne semble pas convaincre non plus. Le problème du rétro-croisement avec la variété américaine aurait pu être réglé car techniquement ce n’est pas un problème insurmontable. La Sofitex et Monsanto annonçait dès 2012 que le problème serait réglé rapidement. Quant à savoir pourquoi, finalement, Monsanto n’a pas pris le problème à bras le corps, cela reste un mystère.
En mai 2015, Ali Compaoré, directeur de la Socoma confirmait , à nouveau, ce désarroi : « Nous avons constaté depuis la campagne 2010/2011 un raccourcissement de la fibre burkinabè. Ceci pose à la fois un problème commercial et un problème de réputation pour notre coton. C’est pour cela qu’avec le promoteur nous avons décidé de nous donner un délai de trois ans pour pouvoir corriger ce phénomène avant de pouvoir revenir vers ce coton » [11].

En définitive, selon les chercheurs, ce sont les surfaces de coton Bt qui vont se réduire jusqu’à l’abandon de cette culture. Ils estiment en effet que « frustrées par l’incapacité de Monsanto à identifier et corriger la baisse de la qualité, les entreprises ont fixé un calendrier pour l’abandon progressif du coton Bt et un retour aux cultivars conventionnels burkinabés ». L’apogée de cette culture a été atteinte en 2014/2015 avec 73% des cotonniers qui étaient transgéniques. Ce taux est passé à 53 % en 2015/2016, et ils estiment qu’il passera à 30 % en 2016/2017 avant un abandon total de ces semences lors de la campagne 2017/2018. Rappelons que les semences sont entièrement et intégralement distribuées par les trois sociétés cotonnières (Sofitex, Socoma et FasoCoton). La baisse aurait pu être plus forte en 2015/2016 mais la filière n’avait pas assez de semences conventionnelles pour répondre à la demande, d’où l’estimation faite pour les années à venir.

Les agriculteurs sont payés au poids du coton-graine. La baisse de la qualité de la fibre a donc aussi et surtout des répercussions sur les autres acteurs de la filière, d’où la décision de la Sofitex de réduire la part des champs emblavés avec du coton GM. D’ailleurs, les représentants des plus grands agriculteurs – ceux qui ont les moyens d’acheter le paquet technologique et qui disposent de surfaces importantes (au-delà de 3 hectares de coton) - ne souhaitaient pas revenir au coton conventionnel. Ces derniers, malgré un coût de semences plus élevé [12], ont tiré un petit gain financier (notamment en ayant moins de traitement insecticide à faire) et surtout un avantage en termes de pénibilité du travail avec ces variétés transgéniques (un passage d’insecticide impose de porter sur son dos des bidons de 15 kg sur plusieurs kilomètres). Gérald Estur confirme à Inf’OGM ce diagnostic : « pour les membres de l’Union nationale des producteurs de coton (UNPCB), le coton Bt leur permet de diminuer le nombre de traitements insecticides de 6 à 2. Le coût monétaire est pratiquement le même mais le travail de la main d’œuvre, généralement familiale et non rémunérée, est sensiblement réduit ».
En revanche, question rendement, la déception a été partout ressentie. Monsanto et la Sofitex avaient annoncé +30% de rendements, puis +15% [13]. Mais les témoignages sur le terrain montrent des résultats très hétéroclites. Les sociétés cotonnières pourraient répondre précisément à la question, étant donné qu’elles ont organisé un suivi des parcelles emblavées en coton Bt. Cependant, ces données restent actuellement dans un tiroir.
A terme, l’agriculteur, lui aussi, pourra vite déchanter : en effet, l’expérience chinoise nous apprend que l’efficacité des cotons Bt n’est qu’à court terme. L’apparition d’insectes ravageurs secondaires n’est plus à démontrer.

Plus de 15 millions d’euros de perte pour la filière

Et la filière, elle, perd de l’argent. La décision des sociétés de réduire l’offre en semences Bt est un signe que la situation ne va pas s’améliorer... Concrètement, les trois sociétés cotonnières du Burkina ont demandé formellement à Monsanto plus de 15 millions d’euros (près de dix milliards de FCFA) de dédommagement pour les pertes économiques sur l’ensemble de la filière depuis 2010. Quelle sera la réponse de Monsanto ? La collaboration « idyllique » entre la Sofitex, l’Inera et Monsanto est-elle définitivement terminée ? La fin de l’ère Compaoré ou les manifestations citoyennes d’envergure ont-elles permis l’expression de ce mécontentement ? Tout pousse à croire que la guerre est déclarée... sur le coton GM.

N’oublions pas que le Burkina Faso, avec l’aide de la Fondations Gates, notamment, a commencé à travailler sur la modification génétique du niébé et du sorgho.

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 15:05
#AttentatBurkina / Et si on regardait du côté de #Compaoré et #Soro... (#AQMI #Bamako #Ouaga #Abidjan)

SOURCE


L’attentat terroriste qui a fait 29 morts et 30 blessés à Ouagadougou et dans le Nord du Burkina est la première attaque djihadiste d’envergure dans ce pays. Dans l’après-midi du 15 janvier les assaillants ont tiré sur une gendarmerie, puis dans la soirée, ils se sont lancés à l’assaut de deux cibles : le Splendid Hôtel et le café Cappuccino situés, eux, dans le centre de la capitale. Immédiatement, ces attentats ont été revendiqués par al-Quaeda au Maghreb islamique (AQMI) en précisant que c’était sa « filiale » al-Mourabitoune qui était passée à l’action. Cette organisation est dirigée par le djihadiste Moktar Belmoktar. Le drame survient quinze jours après l’investiture du nouveau Président Roch Marc Christian Kaboré et quatre mois après la tentative de coup d’Etat manqué du général Gilbert Diendéré. Compte tenu de certains faits troublants en provenance de Côte d’Ivoire et des liens qu’entretenaient l’ancien Président Blaise Compaoré et quelques hommes de son clan avec certains chefs djihadistes, il parait légitime de s’interroger sur les véritables commanditaires de ces attentats meurtriers.

Trois pays interconnectés

Pour comprendre les derniers événements survenus à Ouagadougou, il est nécessaire de les remettre dans leur contexte, celui del’Afrique de l’Ouest dans l’œil du cyclone. Le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont trois pays interdépendants, à la fois géographiquement, économiquement mais aussi politiquement.
Les attaques djihadistes ont été perpétrées trois jours seulement après la mise en place du nouveau gouvernement burkinabè. Quelques jours plus tôt, le 28 décembre, veille de l’investiture du Président Roch Marc Christian Kaboré, un commando d’une vingtaine de personnes a été arrêté à Ouagadougou car il projetait d’attaquer plusieurs casernes de la capitale afin de semer la panique dans la ville et d’en profiter pour faire libérer leurs camarades incarcérés après le coup d’Etat manqué du 16 septembre. Parmi les personnes emprisonnées qu’il fallait extraire des griffes de leurs geôliers, se trouvaient, bien évidemment, le général Gilbert Diendéré auteur du putsch raté, et Djibrill Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères. Coup d’Etat, tentative de déstabilisation et de libération des prisonniers, autant de faits qui prouvent que le camp de l’ancien Président Compaoré rêve toujours de reprendre la main.

La Côte d’Ivoire base arrière du clan Compaoré

Lorsqu’il a été obligé de fuir le Burkina Faso après la révolution d’octobre 2014, Blaise Compaoré s’est exilé en Côte d’Ivoire avec quelques-uns de ses plus proches conseillers. Ce pays est donc devenu la base arrière de l’ancien président et de son clan. Quelques jours avant le coup d’Etat, Gilbert Diendéré était à Abidjan. Etrange retournement de l’histoire, puisque jusqu’en 2011, c’est le Burkina Faso qui servait de base arrière à Guillaume Soro, ancien chef rebelle et actuel Président de l’Assemblée Nationale et à ses amis des Forces Nouvelles.
Les liens qu’entretiennent Guillaume Soro, Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré sont anciens, ils datent de 2001. C’est à cette époque que le Burkina a formé, armé et aidé matériellement les rebelles. Guillaume Soro entretient des liens presque filiaux avec Blaise Compaoré.

L’implication du Président de l’Assemblée Nationale ivoirienne dans le coup d’Etat au Burkina

Désormais, il ne fait plus aucun doute que Guillaume Soro, a joué un rôle notable lors du coup d’Etat du général Diendéré. Des écoutes téléphoniques entre le deuxième personnage de l’Etat de Côte d’Ivoire et Djibrill Bassolé ont été interceptées et ont révélé son implication. Au cours de cette conversation, d’une durée de 16 minutes, le Président de l’Assemblée Nationale ivoirienne propose de l’argent pour aider financièrement les soldats qui combattent aux côtés de Gilbert Diendéré puis, il explique doctement sa stratégie pour déstabiliser l’armée burkinabé. « On frappe un commissariat ou une gendarmerie au Nord et puis on frappe là… » Si Guillaume Soro nie la paternité de cet échange, sa véracité ne fait pourtant aucun doute. Il a d’ailleurs été versé au dossier judiciaire instruit par le tribunal militaire de Ouagadougou.

Faits troublants

A quel jeu joue Guillaume Soro dans la sous-région ? A la lumière des informations recueillies par l’IVERIS cette question s’avère cruciale. En effet, depuis quelques semaines, Guillaume Soro a recruté une petite centaine d’anciens soldats de l’armée malienne. Des recrutements de combattants ont également été effectués dans tout le Mali pour le compte du Président de l’Assemblée Nationale ivoirienne.
Les nouvelles recrues sont arrivées en car et par petits groupes de cinq à six personnes jusqu’à la ville de Ségou devenue un carrefour des arrivées de combattants en provenance de plusieurs localités du Mali. Sous couvert de recrutement dans les mines d’or ivoiriennes, ces jeunes hommes étaient ensuite convoyés à Katiola. Cette commune n’a pas été choisie au hasard. D’une part, elle se situe à 50 km de Bouaké, fief du Président de l’Assemblée nationale. D’autre part, selon des sources ivoiriennes, elle abriterait un important arsenal militaire.
Les contacts de Guillaume Soro avec AQMI passent par l’ancien conseiller de Blaise Compaoré, Mustapha Chafi, un mauritanien d’origine qui réside en Côte d’Ivoire depuis la chute de son mentor. Cet homme de l’ombre est proche de Moktar Belmokthar avec qui il a négocié pendant des années la libération de nombreux otages occidentaux. L’autre proche du Président de l’Assemblée Nationale est Ben Maouloud, ce narcotrafiquant fut le bras droit de l’ancien président malien Amadou Toumani Touré, il vit également en Côte d’Ivoire depuis le coup d’Etat de 2012 qui a renversé le Président malien. Mustapha Chafi et Ben Maouloud sont tous deux des arabes proches de Moktar Belmokthar et de ses lieutenants notamment de Yoro ould Dah très actif à la frontière du Mali et du Niger. Lors de leur conversation téléphonique, Guillaume Soro et Djibrill Bassolé, évoquent à plusieurs reprises le surnom de Mustapha Chafi.

La fuite en avant

Certes, il ne fait aucun doute qu’AQMI et la branche de Moktar Belmoktar al-Mourabitoune aient revendiqué les attentats du 15 janvier à Ouagadougou, d’autant qu’ils offrent une vitrine médiatique forte à leurs organisations et leur permet de gagner des points dans leur guerre de communication et d’influence avec l’organisation de l’Etat islamique. Néanmoins, la déstabilisation des nouvelles autorités du Burkina Faso poursuit le même objectif que celui de Blaise Compaoré. D’autant que la justice burkinabé vient de demander son extradition aux autorités ivoiriennes dans le cadre de l’assassinat de l’ancien Président Thomas Sankara.
Quant à Guillaume Soro, l’étau se resserre autour de lui. Depuis quelques mois le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, qui malgré ses nombreuses exactions avait réussi à passer entre les gouttes, encaisse les coups durs. Le jour de l’attentat de Ouagadougou, la justice burkinabè a lancé un mandat d’arrêt international contre lui, avec demande d’extradition dans le cadre de sa participation au coup d’Etat du 16 septembre. Il a également du fil à retordre avec la justice française. La juge Sabine Kheris a émis un mandat d’amener contre lui le 7 décembre dernier dans le cadre de l’instruction du dossier de Michel Gbagbo, fils de Laurent Gbagbo. Alors qu’il était à Paris en visite privée, il a réussi à fuir la France grâce à un ordre de mission signé par le Président Alassane Ouattara, le mandatant à postériori comme membre de la délégation de la COP 21. Enfin, lui et les chefs de la rébellion ont au-dessus de la tête l’épée de Damoclès de la justice internationale. La Cour Pénale internationale (CPI) a toujours exprimé la volonté de ne pas juger un seul camp. A quelques jours de l’ouverture du procès de Laurent Gbagbo, qui se tiendra à partir du 28 janvier, la tension dans le camp des ex-chefs rebelles est à son comble. Quand la CPI émettra-t-elle des mandats d’amener ? Enfin, sur le plan de la politique intérieure, Guillaume Soro a perdu la bataille de la succession d’Alassane Ouattara, qui le soutient comme la corde soutien le pendu. Le Président de l’Assemblée Nationale se retrouve le dos au mur. Dans ces conditions, il ne parait pas étonnant qu’il adopte la stratégie de la terre brûlée.

Enfin, les attentats de Ouagadougou posent d’autres questions cruciales sur l’action et l’efficacité des services de renseignement(I). Si en cette période de transition, la fragilité des services burkinabè peut se comprendre, les défaillances des services ivoiriens, maliens, français et américains- ces deux pays ayant des bases de leurs forces spéciales à Ouagadougou, l’opération Barkhane couvre également le Mali- est inexplicable. Dans une période où le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont dans la tourmente, comment ne pas scruter à la loupe tous les événements et regarder les réalités de ces pays pour comprendre ce qui s’y passe et être en situation de réagir ? En Afrique, le recrutement de combattants ne peut pas passer inaperçu. Les populations locales savent. Et elles parlent…

Leslie Varenne directrice de l'IVERIS

(I) Sur ce sujet vient de paraïtre un article très pertinent de Laurent Bigot

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 11:30
#Terrorisme / Quels impacts sur l'économie africaine ? Samuel Mathey, économiste (#Diasporoom)

Ajoutée le 7 janv. 2016

L’attaque du musée du Bardos à Tunis, celle de l’hôtel Radisson de Bamako, l’université de Garissa au Kenya…Les groupes terroristes enchaînent les conquêtes territoriales et sèment le chaos en Afrique.

Une situation qui pèse sur le développement des pays africains. En Afrique de l'ouest, malgré une croissance évaluée entre 5 et 8 % pour l'année 2015, les risques d’un ralentissement ne sont pas à écarter. Pour contrer la menace terroriste, le président en exercice de la CEDEAO (la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), prévoit de durcir la politique de libre circulation des biens et des personnes pour mieux contrôler les allées et venues des terroristes dans la sous-région.

"Mais il ne faut pas que le terrorisme amène les états à s'enfermer sur eux-même (...)en remettant en cause les leviers nécessaires au développement des économies africaines" souligne l'économiste Samuel Mathey. Dans cette vidéo, Samuel Mathey milite pour une restauration des services militaires et civiques dans les programmes des écoles africaines. Il prône également le soutien à l'entreprenariat dans les secteurs des societés de protection , de l'innovation et des nouvelles technologies de l'information et des télécommunications.

Rappelons qu'en 2015, environ 300 attentas on été commis à l'échelle planétaire, dont près du tiers sur le continent africain.

FLORE ONISSAH

DIASPOROOM

Published by Gri-Gri International Diasporoom - dans Economie Burkina Faso Tunisie Libye 2011 Mali
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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 18:45
Soro le PAN et Soumaila Bakayoko, chef d'état-major ivoirien
Soro le PAN et Soumaila Bakayoko, chef d'état-major ivoirien

Ajoutée le 22 janv. 2016

RFI a pu entendre une écoute téléphonique entre le général et un homme présenté comme étant le général Bakayoko. Il conseille à Diendéré de provoquer un clash pour renverser le rapport de force afin d’être en mesure de sortir de l’impasse dans laquelle il se trouve alors.
« Parce que si tu ne fais pas ça et que tu restes coincé comme ça… Tôt ou tard, l’issue va se resserrer, se resserrer, se resserrer et tu n’auras plus aucune marge de manœuvre. Et là, d’abord, ils vont tout mettre sur toi. Ça il faut le savoir. Politiquement ils vont te dire "tu es le plus gradé, tu es un général". Ils vont estimer que c’est toi qui as mis les gens dans cette situation-là. Et si tu ne fais pas attention, tes propres petits vont se retourner contre toi. Et après c’est vous et vos familles qui vont payer. »

Il poursuit. « Donc s’il y a des garçons là-bas, vraiment c’est des choses qui… parce que dans ce cas, je dis, il n’y a pas deux solutions. Tu comprends ? Si tu laisses faire calmement pour te dire, "bon, Dieu le veut", une fois que tu arrives chez eux là-bas, c’est pour finir avec toi, ça c’est clair ! Je suis au regret de le dire… Si ce n’est pas eux, ce sont tes propres petits qui vont se dire, "bon ben vraiment pourquoi ils t’ont suivi jusqu’à présent". Conclusion, tu es condamné à mener l’action. Donc monte un truc bien. Quoi que ce soit, je ne sais pas. Mais dès que les gens disent "non c’est très simple, c’est parce que ce garçon peut plus déposer (les armes NDLR). C’est que les garçons n’ont qu’à venir nous prendre ici et puis on n’en parle plus". Nous on dit, "tout ça, on ne peut concevoir ça", et là, le grand chef là, Mogho Naba, va appeler les gens, ainsi de suite… »

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