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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 13:10

Communication importante reçue, communication importante relayée...


Yves Jégo face aux auditeurs de Tropiques FM

En Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion et en Guyane les tensions sociales s'accentuent. Les premières arrestations musclées ont eu lieu en Guadeloupe.

TROPIQUES FM, la radio des français d'Outre-mer, n'a pas cessé de rendre compte de la dégradation du climat social, politique et économique dans les régions-départements d'Outre-mer.

Mardi 17 février de 19h30 à 20h30,
Tropiques FM reçoit Yves Jego, Secrétaire d'Etat à l'Outre-mer.

Au cours de ce programme, il répondra aux questions des auditeurs. Il s'expliquera face à l'opinion publique et aux inquiétudes des originaires d'Outre-mer.

Claudy Siar
Directeur de Tropiques FM

Tropiques FM 92.6 www.tropiquesfm.com

PS : Le Gri-Gri sera, comme toute la France, à l’écoute. Nul doute qu’il trouvera dans les réponses du Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer de quoi poser dès la semaine prochaine quelques-unes de ses « Questions »…
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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 06:00

dessin © Mil'Pat
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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 17:29
Vous êtes 6 milliards. Nous sommes 2. Nous vous choisissons au hasard. Et vous parlez pendant 3 minutes.


Mathy interviewée lors de la conférence de presse pour le lancement de Trace Tropical TV.

Grégory Protche (au micro) • Pascal Quehen (à la video).
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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 16:30

France-Antilles a publié aujourd'hui un texte signé par des intellectuels martiniquais. On y parle de peuple, de vivre-ensemble, de société, d'épanouissement. Les signataires s'appellent : Ernest BRELEUR, Patrick CHAMOISEAU, Serge DOMI, Gérard DELVER, Edouard GLISSANT, Guillaume PIGEARD DE GURBERT, Olivier POTECOP, Oliver PULVAR, Jean-Claude WILLIAM.
N'hésitez pas, vous aussi, à venir enrichir les débats qui enfin s'ouvrent avec les "Evènements de Guadeloupe et de Martinique"...

Manifeste pour les produits de haute nécessité

« Au moment où le maître, le colonisateur proclament « il n'y a jamais eu de peuple ici » , le peuple qui manque est un devenir, il s'invente, dans les bidonvilles et les camps, ou bien dans les ghettos, dans de nouvelles conditions de lutte auxquelles un art nécessairement politique doit contribuer »
Gilles Deleuze, L'image-temps

« Cela ne peut signifier qu'une chose : non pas qu'il n'y a pas de route pour en sortir, mais que l'heure est venue d'abandonner toutes les vieilles routes. »
Aimé Césaire, Lettre à Maurice Thorez

C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle - à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj - qui est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé - est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

De la légitimité du mouvement

Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faiblissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent. Dès lors, derrière le prosaïque du « pouvoir d'achat » ou du « panier de la ménagère », se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons. La « hausse des prix » ou « la vie chère » ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires -- non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte « d'épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain. Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être consommateur ou bien être producteur. Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste. Alors, quand le « prosaïque » n'ouvre pas aux élévations du « poétique », quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont « le pouvoir d'achat » ou « le panier de la ménagère ». Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d'une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d'escorter les « produits de premières nécessités », d'une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d'une « haute nécessité ».
Par cette idée de « haute nécessité », nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au plus noble de la vie.

« Entrer en dignité sur la grande scène du monde »

Alors que mettre dans ces « produits » de haute nécessité ? C'est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion. D'abord, il ne saurait y avoir d'avancées sociales qui se contenteraient d'elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s'est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l'absence de pouvoir qui lui sert d'ossature. Le « déterminant » ou bien le « décisif » s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses. L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos « présidents locaux » pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, toute victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs. Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d'acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tout point de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d'une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement... Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouvent l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance deviennent des lieux d'expérience véritables et de maturation. C'est en responsabilité que l'on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses. Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion.

Caribéens et Américains

Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C'est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres. Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l'insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l'immédiat ; mais l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du
Marché et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par « l'esprit colonial » et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer. Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américains pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain. Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables « producteurs » - chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes ?- incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l'ampleur du poétique. « C'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale »

Mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement.

On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile. On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à tous. On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd'hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister. Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale. Quant à l'idée du « plein emploi », elle nous a été clouée dans l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple « emploi », et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis à n'ouvrir qu'à la consommation. Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s'envisagera en «tout ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue ». Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l'étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création - créa-consommation.

« Ne pas réduire le Politique à la gestion des misères »

En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais auto-régénération et auto-réorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité. Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes... Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un « panier de ménagère », mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain. Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise, guadeloupéenne, guyanaise, réunionnaise, nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau.

C'est le gratuit en son principe qui permet

Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres. An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie. Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite. Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté. Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète.... Alors voici notre vision : Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant....

PS : Cette tribune a non seulement été publiquée par France-Antilles, mais elle a été, en outre - c'est même là que nous l'avons trouvée -, reprise sur l'excellent milton.dassier.over-blog.com 
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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 06:19

Lybie : Mouammar Kadhafi, dit « Le Kadhafou »

Après trente ans d’arabité fervente (et généreuse), le Guide est (re)devenu africain. Il continue de financer : des intellectuels, des artistes, des médias (Africa n°1). Mais plus de terroristes, depuis qu’il a signé la paix avec le Grand Satan américain - les bombardements de 1986 sur Tripoli et la pendaison de Saddam Hussein l’ayant convaincu. Ses frasques ont perdu de leur éclat : longtemps qu’on ne l’a plus vu recevoir les journalistes occidentaux dans un champ, loin de la ville, assis sur un tracteur ! Longtemps aussi qu’on ne l’a plus vu brûler ou piétiner publiquement, comme il aimait à le faire jadis, le drapeau de la Grande Bretagne ou des Etats-Unis.
Un de ses fils l’a durablement ridiculisé sur les terrains de football italiens (plus exactement, usa ses shorts sur le banc des remplaçants). L’affaire des infirmières bulgares lui a redonné un peu de crédit, redoré son aura diabolique. Eu égard à ses valeureuses années de lutte, au regard de l’incommensurable bonheur vengeur que nous aura apporté sa vexante visite en France (en quoi est-ce « insultant » de demander à la France de jeter un oeil sur le sort fait à ses immigrés en banlieue avant de donner des leçons de droits de l’homme à la terre entière ?), et de l’humiliation infligée à Sarkozy, le « Kadhafou » demeure une valeur sûre. Capable à tout instant d’agréablement nous surprendre.



Cameroun : Paul Biya'a bi Mvondo, dit « Biya rien à faire »
Biya est né il y a longtemps. Voilà bien tout ce qu’on peut dire. Si : a succédé à Ahidjo. Est sorti de sa naphtaline présidentielle pour venir se faire interviewer par France 24 à Noël. A la stupéfaction générale. Son épouse distribue leur numéro de portable et invite à séjourner au Palais, par-dessus tous les protocoles diplomatiques, tous les officiels sympathiques que le couple rencontre. C’est peut-être pour ça que Paul Biya est toujours las sans être là. Le plus grand poseur de lapins du monde.
Même l’ONU, ça le motive pas. Selon certains, il ferait actuellement croire à tous qu’il va modifier la constitution camerounaise, et donc se représenter à la présidentielle pour un troisième mandat (il n’est là que depuis…1982… Ah oui, quand même…). Ainsi, fin des polémiques et des luttes d’influence pour savoir qui lui succèdera le mieux. A part lui, qui pourrait croire ça ?

Texte Grégory Protche • Dessins Mil'Pat
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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 06:18

L'art éphémère ne date pas d'hier ! Pour preuves les peuples vivant autour de la rivière Omo, en Ethiopie non loin de l'endroit où fût trouvée Lucy, qui pratiquent la peinture corporelle depuis des temps immémoriaux. Enseigné depuis l'enfance, cet art prend toute sa signification à l'adolescence, quand les jeunes gens deviennent tour à tour artiste ou œuvre, laissant aller leur expression créative dans le but d'attirer le regard, de se distinguer, de se voir dans le regard des autres, de plaire mais aussi d'être reconnu pour ses qualités artistiques. Ainsi les jeunes femmes privilégient l'originalité de la peinture de leurs seins tandis que les jeunes hommes parent leur penis de cette argile pigmentée qu'ils appliquent généralement à l'aide de leurs doigts ou d'un roseau. Protégés jusqu'à maintenant de la colonisation et de l'esclavagisme par leur éloignement géographique, leurs fauves et insectes redoutables (et aussi un peu grace à leurs kalashnikovs...), les peuples de l'Omo vont devoir faire face aux plus grand dangers pour leur art : la civilisation et le tourisme.

Le photographe Hans Silvester, légende du grand reportage, a eu le choc de sa vie quand il les croise, à 68 ans, au hasard d'un reportage en Ethiopie. Abandonnant l'ordre du temps, il les suit dans leur vallée pour nous rapporter une belle esquisse de cet art millénaire mais contemporain.
Une exposition, « Les peuples de l’Omo » se tient jusqu'au 7 mars 2009 à la galerie de l’Etrave au 4 bis, avenue d’Evian à Thonon et à la galerie Art/espace-Galerie Pome Turbil au 1 bis avenue du Léman, toujours à Thonon.
Et pour ceux qui ne peuvent pas aller à l'expo, deux livres :  “Les peuples de l’Omo,  du corps à l’oubli" et "Entre la nature et l’homme" (Editions de la Martinière).

Texte Pascal Quehen pour http://graphicsoul.over-blog.com • Photos © Hans Silvester
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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 06:16


On constate une "forte recrudescence" du nombre de suicides sur le réseau SNCF en Ile-de France, avec une hausse de 22% en 2008 par rapport à 2007.
Alors que moins de 15% de la population bénéficie d une convention obsèques, nous sommes donc bel et bien sur un marché en forte croissance sur lesquels les offres ne sont pas encore en adéquation avec la demande :

Les groupes d'assurance commencent tout juste à se positionner, 45 % du marché étant concentré entre trois acteurs (Auxia, Aviva Direct, Prévoir)
Les perspectives de Marché devraient attirer de nouveaux intervenants....
La croissance est de retour...

A quand le co-branding ???

Nécronomiquement votre

Jean-Pierre Crepin pour http://necronomie.blogsmarketing.adetem.org/
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 06:15

 

En juillet 2008, l’enragé Chaka Hama Zulu chantait les louanges de Lansana Conté.

 

La Guinée, un pays cadenassé !

 

On le présente souvent comme « le problème » guinéen. C’est vrai. Mais seulement en partie. Car Lansana Conté, le général-paysan président à vie de Guinée est, aussi, paradoxalement, « la solution » dans son pays. On l’a encore vu en mai dernier, lors de la énième mutinerie des soldats à Conakry. Toute la haute hiérarchie militaire s’est débandée, la classe politique s’est mise aux abris. Conté, lui, est monté au front. Seul. Même Ousmane, son capitaine de fils, dont les élucubrations, pendant les émeutes de 2007 avaient fait plus de tort que de bien au pouvoir, a été tenu à bout de baffe. C’est donc Lansana Conté qui est allé discuter personnellement avec les mutins, dont le porte-parole, l’adjudant Pivi – une sorte de Rambo tropical – s’est très vite rangé aux arguments du général-président. Et il en est ainsi, depuis 1996 : lorsque la situation semble complètement perdue, Conté monte en première ligne et redistribue les cartes. Au grand dam des hommes politiques dont on se demande à quoi ils servent finalement.

Jouant de sa maladie – il souffre depuis plusieurs années d’un diabète tenace – comme d’une arme politico-psychologique, Lansana Conté n’a jamais fait mystère de ses intentions. « J’irai jusqu’au terme de mon mandat. » C’est-à-dire en 2010. Avant cette date, il n’y aura pas d’espace politique pour les opposants. Lesquels peuvent donc, en toute logique, prendre des vacances, voyager et attendre la suite du film. Tout est cadenassé. Verrouillé. Et les Guinéens sont résignés. Il y a de quoi. Même Lansana Kouyaté, qui était complaisamment présenté comme l’homme providentiel s’est révélé, en quelques mois, sous son vrai visage : un flibustier. En quinze mois, l’ancien Premier ministre n’a réglé aucun problème. Conakry n’a toujours ni eau ni électricité. Kouyaté s’est contenté de divertir tout le monde, de dilapider la confiance placée en lui et l’argent des bailleurs de fonds. Aucun dossier minier n’a abouti. Ce n’est donc pas étonnant que le limogeage de cet homme qui est arrivé dans la ferveur en 2007 ait été accueilli dans la plus grande indifférence.

Dans ces mêmes colonnes nous n’avions de cesse de dénoncer l’imposture Kouyaté dont l’essentiel du temps était consacré aux voyages à Libreville, Tripoli, Malabo, Abidjan ou Koweit (il y a récemment rencontré le rebelle ivoirien Guillaume Soro). Lansana Kouyaté, à l’instar de nombre d’hommes politiques guinéens, comme Alpha Condé ou Sidya Touré, a fait perdre au peuple tout espoir dans une alternance démocratique. Ce qui laisse le champ libre aux bouffonneries d’un vieux soldat que les intellectuels de la politique ont toujours considéré – à tort – avec condescendance. Maintenant qu’il a mis tout ce petit monde au pas, Lanasana Conté peut enfermer la Guinée à double tour et aller se reposer dans sa ferme. En attendant la prochaine mutinerie.

Après tout, les Guinéens – comme les Gabonais, les Zimbabwéens, les Camerounais ou les Congolais –, n’ont-ils pas, finalement, le seul président qu’ils méritent ?

Chaka Hama Zulu


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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 08:35


Depuis septembre 2008, chaque jour sur l’antenne de Tropiques FM (92.6 et www.tropiquesfm.com), à 7h10-9h30-13h et 22h), le Gri-Gri pose des questions perfides, ironiques et tendres… Morceaux tropicaux choisis.


Pourquoi le Gaulois que je suis, rédacteur en chef d’un journal africain exilé-édité en France, a-t-il l’impression que politiquement, économiquement, socialement, il ne se passe rien, jamais rien, aux Antilles ?

C’en est où, l’histoire des pesticides ? Patrick Lozès, Monsieur Cran, a démissionné et abandonné sa mission auprès d’un Borloo qui ne répondait même plus à ses lettres… mais je n’ai pas l’impression que ça ait pesé beaucoup…

Vous imaginez si au lieu d’être du sud de la France, Jean-Michel Apathie venait de Martinique ? Je sais, ça effraie au premier abord… mais songez-y…

Pourquoi Eric Zemmour apparaît chaque semaine sur France O ? Je veux dire : pourquoi, en retour, Serge Bilé n’est pas le samedi soir sur France 2 dans l’émission de Ruquier ?

Vous savez qui a réclamé l’entrée d’Aimé Césaire à l’Académie française ? Jean-Marie Le Pen. Si je vous le dis.

On a su, finalement, pourquoi le papa d’Audrey Pulvar a subi tant de tracas de la part de policiers sans respect pour son âge, sa carrière et sa santé ?

Quelqu’un sait ce qu’est devenu le professeur Belpomme, celui qui avait diagnostiqué l’empoisonnement des terres insulaires par les pesticides ?

Pourquoi tant de joueurs de foot antillais sont-ils convertis à l’islam ?

Entre le Motodidacte indélicat Estrosi et le playmobil en costume Yves Jego, lequel incarne le mieux le respect de la France pour ses îles ?

Pourquoi le ministre des Antilles, c’est pas un Antillais ?

Est-ce que le mardi 2 décembre 2008, lors des Questions au gouvernement, le député Alfred Marie Jeanne a été satisfait par la réponse que lui fit Yves Jégo, ci devant Secrétaire d’Etat de l’anachronique ministère de l’Outre Mer, devant les caméras de France Télévision, et relativement aux agréments et autres défiscalisations qui pourrissent les transports en Martinique ?

Jégo a promis de tout montrer les nouvelles dispositions et de solliciter les compétences des forces vives. Est-ce que Marie Jeanne l’a cru ?

Une petite visite, innocente, sur le www.outre-mer.gouv.fr. En vidéo, rien de nouveau du sieur Jégo depuis le 2 décembre ! Il était au ski ou quoi ? Depuis le 2 décembre, il a pas trouvé 5 minutes pour répondre par avance, avec le génie imperceptible qu’on lui connaît, aux questions que se posent les ultramarins, et les autres, qui s’aventurent, en sueur, chaque matin sur le site du ministère de l’Outre-mer, attendant qu’enfin un jour quelque chose s’y passe…

Hey, y’a sa bio à Jégo, son casier, son cv… une Maîtrise de droit public en 1983, un DEA d’études politiques à Assas en 1985, et puis, ben… ben c’est tout. C’est tout ? Pas fortiche du diplôme, le nouveau ministre de l’Outre-mer et de la Marine.

Assemblée nationale française. A la tribune, le député socialiste Jean-Marc Ayrault. Il dépose une motion de censure au nom de l’opposition contre la politique du gouvernement et, plus globalement, contre l’action même du président de la république, Nicolas Sarkozy, aka le Mollah Nicolas. Ayrault est assez bon, pour une fois. Presque lyrique, ce qui n’était pas arrivé à un socialiste depuis au moins Jaurès. Il répète à plusieurs reprises le mot colère… tout et tout le monde est en colère, semble-t-il dire. Nous reviennent alors les images de ces pauvres gens, dans Sud-ouest, privés depuis des jours d’électricité… Mais ce n’est pas eux que pense Jean-Marc Ayrault. Vous savez à qui il pense, à cet instant, amis ultramarins, le bon Jean-Marc Ayrault ? A vous !

Jean-Marc Ayrault a dit : « La colère touche même l’outremer ! » Vous voyez un peu l’importance que vous avez, ingrats nègres que vous êtes !

Vous savez pourquoi le ministre de l’Outremer s’est rendu en Guadeloupe ? Pour faire le deuil d’un proche. Oublier dans le travail la perte d’un homme illustre. Un homme très cher à Yves Jégo et David Pujadas s’est en effet éteint il y a quelques jours… Leur coiffeur commun. Hans Beck. Le fondateur de Playmobil.

Ici, dans l’hexagone, comme chantait Renaud quand il était grand, les agences BNP facturent leurs services de base : 45,20€ / ans. La BNP Martinique se fait banquer quand même 246,50 € soit 545% de plus. La BNP Guadeloupe, plus modeste, facture à 140,40 €.
Pourquoi de tels écarts ? Et pourquoi dans ce sens-là ?


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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 08:30


Ci dessus, la Une du Gri-Gri n°78, datée du 27 septembre 2007. On commençait alors de parler des pesticides et du professeur Belpomme (revenu lui aussi sous les feux dans le reportage sur les maîtres de la Martinique diffusé récemment par Canal +).


Ci dessous, le contenu d'une plainte déposée, suite à certains propos tenus dans ce même reportage.




A Monsieur le Procureur Près le Tribunal de Grande Instance de Fort-De-France

Ayant pour avocat la SELARL Germany Conseil & Défense, du Barreau de Fort-De-France, représentée par Maître Georges-Emmanuel Germany,

Le vendredi 6 février 2009 à 21h56 a été diffusée sur la chaîne cryptée de télévision Canal + Antilles un reportage d’investigation intitulé « les derniers maîtres de la Martinique ».
Au cours de cette émission des propos racistes et révisionnistes ont été tenus notamment par Monsieur Alain Huygues-Despointes.

Monsieur Alain Huygues-Despointes :
« Les historiens exagèrent un petit peu les problèmes. Ils parlent surtout des mauvais côtés de l’esclavage, mais il y a eu des bons côtés aussi. C’est où je ne suis pas d’accord avec eux. »

Le journaliste :
« C’est quoi les bons côtés de l’esclavage ? »

Monsieur Alain Huygues-Despointes :
« Il y a des colons qui étaient très humains, (allez !), avec leurs esclaves, qui les ont affranchis, qui leur donnaient des possibilités d’avoir un métier, des choses,… »

Le fait de prétendre qu’il y a eu des bons côtés à l’esclavage, malgré la reconnaissance par la loi dite Taubira de la Traite et l’Esclavage comme crime contre l’humanité, constitue un outrage à la mémoire, le jour même de la mort de Joseph N’Diaye, conservateur du musée de Gorée au Sénégal, le délit d’apologie de crime contre l’humanité prévu et réprimé par l'article 24 alinéa 3 de la loi du 29 juillet 1881. C’est un choc violent porté à la mémoire.
Il n’est pas contestable que l’esclavage aux Antilles concerne l’esclavage des hommes de couleur, ce qui donne à ces propos un caractère raciste visant un groupe humain identifiable.

Toujours au cours de cette émission un certain Monsieur Hayot, parent de Monsieur Bernard Hayot, est interrogé par un journaliste de l’ORTF en 1960 :

Le journaliste :
« C’est facile à mener des ouvriers noirs ? »

Monsieur Hayot :
« Oui. Le noir c’est comme un enfant, il faut être juste, on en obtient ce qu’on veut. »

Le journaliste :
« Vous êtes un béké, qu’est-ce qu’un béké ? »

Monsieur Hayot :
« C’est ce qu’il y a de mieux. Les békés c’est le…ce sont les descendants des blancs européens qui se sont reproduits en race pure dans les colonies. »

Par la suite Monsieur Alain Huygues-Despointes va déclarer :
« Quand je vois des familles métissées, enfin blancs et noirs, les enfants sortent de couleurs différentes, il n’y pas d’harmonie. Il y en a qui sortent avec des cheveux comme moi, il y a d’autres qui sortent avec des cheveux crépus, dans la même famille avec des couleurs de peau différente, moi je ne trouve pas ça bien. On a voulu préserver la race. »


Ces propos racistes prolongent ceux de Monsieur Hayot. Monsieur Alain Huygues-Despointes, par ces déclarations, légitime l’eugénisme, condamne le mélange des races, blessent profondément les familles métissées. Monsieur Alain Huygues-Despointes se présente en représentant d’un groupe ethnique sans doute en raison de son importance économique au sein de ce groupe et explique en utilisant le terme « on » que ce groupe a collectivement voulu préserver la pureté de la race et partage ses opinions.
Cette opposition entre les descendants de colon et le reste de la population de couleur descendante d’esclave dont on a insulté la mémoire en trouvant des bons côtés à l’esclavage, constitue une incitation et une provocation à la haine raciale, faits prévus et réprimés par l'article 24 alinéa 6 de la loi du 29 juillet 1881.

Le plaignant porte plainte pour les faits précités et sollicite d’être informé des suites de la présente plainte afin de pouvoir se constituer partie civile avec élection de domicile au cabinet de son Conseil.

Fait le 7 février 2009 à Fort-De-France
Georges-Emmanuel GERMANY

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