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COMMUNIQUÉ DE PRESSE RÉPRESSION AU TCHAD L’Opposition Tchadienne de l’extérieur, la Société Civile, les amis du Tchad Appellent à un Rassemblement citoyen Samedi 18 MAI 2013 DE 13H A 18H Au Parvis des Droits de l’Homme (Place du Trocadéro, Paris). Chasse aux opposants – Traque des journalistes et blogueurs - Arrestations arbitraires - Assassinats. Depuis le 1er mai, date à laquelle le gouvernement tchadien a annoncé avoir déjoué un énième complot visant à déstabiliser le pouvoir du Général Président Sultan
Idriss Deby Itno, les Tchadiens vivent au rythme des arrestations arbitraires. Sur la liste des personnes traquées ou embastillées pour des raisons aussi invraisemblables les unes que les autres, figurent des députés, des journalistes, des
blogueurs, des syndicalistes, des intellectuels, des militaires et des acteurs de la société civile. Au Tchad, les conspirations ourdies contre le régime sont légion et sont une méthode soigneusement élaborée par les autorités dans leur « régulation » des
contestations socio-politiques. L’opposition tchadienne en France, à l’instar des organisations internationales des droits de l’homme et des associations citoyennes, dénonce cette pratique
sulfureuse, prétexte à la purge d’opposants et autres indésirables du pouvoir que sont particulièrement les journalistes indépendants. En s’acharnant contre la liberté de la presse, contre les
élus et en mettant au pas la justice, le régime tchadien entend ne rien céder de sa main mise sur le pays et continuer à le diriger d’une main de fer comme depuis 22 ans. L’opposition tchadienne de l’extérieur et les amis du Tchad, - Appellent à la relaxe pure et simple des personnes incarcérées et au respect de leurs droits, notamment celui de bénéficier d’une justice impartiale ; - Attendent des autorités françaises et de l’Union Européenne, une condamnation ferme accompagnée des mesures restrictives à l’encontre de N’Djamena. Ils déplorent
la mollesse des propos du président François Hollande face à cette répression. L’intervention de l’armée tchadienne au Mali, ne saurait en aucun cas être un blanc-seing accordé au président tchadien qui jouit d’une indulgence outrageante de la
communauté internationale. Fait à Paris le 16/05/2013 Contacts : - Mme Annette Y. Laokolé - Tel :06 13 69 26 83. Courriel :ylaokole@hotmail.com -M. Acheikh Ibn-Oumar - Tel : 06 46 32 0467 Courriel
:ibn.oumar@hotmail.com
Editorial du Monde (11/05/13) : "La réponse de François Hollande a été laconique, vendredi 10
mai, sur le perron de l'Elysée. Faut-il s'inquiéter de la vague d'arrestations d'opposants et de journalistes qui s'abat sur le Tchad depuis la découverte d'un
présumé complot ourdi contre le président Idriss Déby ? "Les principes que nous posons doivent être respectés, y compris au Tchad." Quels sont ces principes que le président français ne
juge pas utile de citer ? Ils s'appellent liberté de la presse et respect de l'Etat de droit. Tous deux sont bafoués au Tchad. Ne fallait-il pas le rappeler ?" Bigre, comme ils y vont au quotidien de révérence !
Il était urgent qu'Hollande réagisse, lui l'incontestable grand perdant de la croisade yankee au Mali et du face à face avec les vieux briscards
françafricains (sans parler du catastrophique impact de l'opération anti Union africaine en RCA). Appliquant la même politique que son géant prédécesseur, il encourait les mêmes sanctions :
impopularité à l'intérieur et ridicule à l'international. On se rappelle de Sarkozy remuant du croupion pendant que Poutine le fessait durant la crise
géorgienne, avant d'aller calmer le "dissident" qu'il avait lui-même envoyé au feu. On se rappelle de Sarkozy, se hâtant de recevoir feu le Mollah Omar Bongo, à peine installé à
l'Élysée, pour bien montrer sa volonté de rupture avec le passé de la république des mallettes dont parlait Pierre Péan. On se rappelle enfin de Sarkozy enfumé par
Déby-Le-Mental dans la sombre histoire de l'Arche de zoé.
On se souviendra d'Hollande le supplétif d'Obama au Mali, parti chasser des djihadistes qui lorsqu'ils ne sont pas sponsorisés par
le partenaire sarko-hollando-compatible qatari, semblent percevoir le RSA en plein Sahel, si l'on en croit les formulaires du Pôle emploi gaulois qu'on retrouve près des
dépouilles de certains... On se souviendra d'Hollande, comme le lâche qu'il est, humiliant pour rien l'ectoplasme Kabila à Kinshasa, adoptant une attitude de cocotte de salon qui
valait bien en discrédit de l'esprit français les sornettes du pion Gaino dans la bouche de la moitié de Carla Bruni à Dakar, incapable qu'il est de dire deux
mots à Ouattara (pourtant détenteur d'un otage français, Michel Gbagbo et responsable de l'assassinat d'un autre, Philippe Rémond, le 30 mars
2011 à Yamoussoukro). On se souviendra d'Hollande roulé dans la farine par Idriss Déby ! Considérable exploit dont nous pension Sarkozy seul capable.
S'appuyant sur le Tchad et ses troupes pour défendre les intérêts américains dans la sous-région et en particulier au Mali (après la RCA), Hollande
le passe-plat se retrouve cocu comme cochon lorsque Déby dépasse les bornes. Semblable à sa marionnette des Guignols de l'info, on l'entend déjà sourire idiotement...
hé, hé, hé...
Dans la grande tradition françafricaine, Idriss déby-de-boisson, qui a encore dangereusement enflé du visage et qui n'est jamais là
que depuis vingt-trois ans (on a déposé Gbagbo pour deux fois moins), de temps en temps, s'invente un complot, s'ourdit contre lui-même une petite machination politique. Ce qui
lui permet de rafler ensuite tous azimuths et, généralement, de faire disparaître de la circulation celui ou ceux qui le gênent vraiment parmi une poignée d'arrêtés finalement élargis.
Quelle fut la réaction française, lorsque le jour de la Fête du travail le notoire fainéant Déby se prétendit victime d'une tentative de coup d'État
?"Le Quai d'Orsay se limitait à prendre"note avec préoccupation des dernières
informations en provenance de N'Djamena"et appelait"le pouvoir et l'opposition à poursuivre un
dialogue serein". Une perle diplomatique presque aussi splendide que celle d'un cancre au bac. Un blanc seing foccartien en diable. Continue Idriss, cogne, pardon, dialogue avec ton
opposition !
Même le quotidien de révérence - incapable d'évoquer, malgré l'évidence du parallèle historique, le nom du grand assassiné, IBNI Oumar
Mahamat Saleh, prétendue victime collatérale d'une autre tentive de déstabilisation, en février 2008 - l'admet : "Ce dialogue n'existe plus depuis longtemps. Les arrestations
arbitraires, elles, se multiplient. (...) Des combats auraient provoqué la mort de trois à huit personnes ainsi que blessé une quinzaine d'autres. Le conditionnel est de mise faute
d'éléments fournis par la police, la justice ou le gouvernement tchadiens. Le pouvoir
d'Idriss Déby a procédé à l'arrestation d'au moins une vingtaine de personnes, dont deux députés d'opposition et deux généraux. Deux autres élus sont recherchés. Dans d'autres affaires, des
critiques de l'homme fort tchadien, des journalistes, des blogueurs, des syndicalistes sont emprisonnés, poursuivis, expulsés."
Peut-être que si au lieu de le dire nous-même, nous les citons, l'impact sera plus fort...
"Ainsi va le Tchad, dont le Quai d'Orsay préfère saluer "le rôle
stabilisateur dans la région, en s'impliquant dans la lutte contre l'insécurité au Sahel et dans le règlement des crises, notamment en République centrafricaine". A Idriss Déby, la France
reconnaissante ?" La France très obligée plutôt, non ?
Ultime et, avouons-le, tout à fait savoureuse pirouette hollandaise : "La présidence française envisage d'inviter des soldats tchadiens à défiler sur les Champs-Elysées, le 14 juillet."
Photo - L'Élysée Texte - J.O.
PS : aux éditions du Gri-Gri
En vente chez Présence africaine, 25, rue des écoles, 75 005, Paris
PS 2 : La préface de Théophile Kouamouo lue par Grégory Protche
PS 3 : Reportage sur le 5ème anniversaire de la disparition d'IBNI Oumar Mahamat Saleh, à Aubervilliers, en février
2013.
Entretien paruin Notre Afrik n° 31 Mars 2013 Page
13 sous le titre :
TCHAD/France : Guy Labertit, ex « Monsieur Afrique » du PS français.
"Ibni ne doit pas passer par pertes et profits."13/03/2013
Pourquoi ce livre que vous venez d’écrire sur l’opposant tchadien [Ibni Oumar Mahamat Saleh], « Ibni, une vie
politique assassinée » (1949-2008) ?Mes premières manifestations à Bordeaux étaient contre l’intervention française au
Tchad en 1970. Etant un militant antiimpérialiste comme on disait à l’époque, j’ai rencontré Ibni Oumar Mahamat Saleh dès 1975 alors qu’il était étudiant en mathématiques et engagé plutôt sur les
bases du Frolinat (Front de Libération nationale du Tchad, ndlr) qui était un mouvement armé. Lui-même a essayé de rejoindre les maquis en 1978, mais a très rapidement rompu avec cette stratégie
de lutte armée dès 1979, choisissant une lutte démocratique pour la conquête du pouvoir. Il a été ministre sous Hissène Habré et sous Idriss Deby Itno.
Pourquoi a-t-il été assassiné ?Parce qu’il s’est écarté du pouvoir d’Idriss Deby. Il était devenu un fédérateur de l’opposition civile. Il s’était présenté contre Idriss Deby en
2001. Il a été arrêté juste au moment où Idriss Deby avait failli être renversé par la rébellion à Ndjamena. Il n’était pas impliqué dans cette rébellion. Deby a profité de cette situation et a
arrêté trois personnes, dont Ibni, et on constate qu’un seul n’a jamais réapparu : Ibni Oumar Mahamat Saleh, parce qu’il était potentiellement un chef d’Etat.
Les auteurs de son assassinat courent toujours…Le rapport d’enquête révèle qu’Ibni a été à 19h30 le dimanche 3 février 2008 et a été présenté au président Idriss Deby dans la soirée même. Et
qu’il a été confié à dignitaire du régime tchadien. Ce que l’on peut penser, c’est que les interrogatoires qu’il a subis dès cette soirée ont été d’une extrême violence. On peut estimer qu’il est
décédé à la suite de ces tortures.
La France considère cependant Idriss Deby comme un allié. On le voit notamment au Mali…Le président Hollande a posé au chef de l’Etat tchadien la question de la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh et a demandé que
lumière soit faite. C’est vrai qu’aujourd’hui, pour des raisons diplomatiques, je ne souhaite pas qu’Ibni soit passé par pertes et profits parce que l’intervention tchadienne est nécessaire à la
réussite de l’ »Opération Serval » au Nord-Mali.
La Françafrique a-t-elle encore de beaux jours devant elle ?Il y a une volonté de rupture qui est incontestable. C’est vrai qu’il y a des engrenages dans lesquels il est difficile de sortir, comme la
situation du Tchad où on se rend compte que garder un objectif politique est parfois difficile. Quel que soit le rôle de l’armée tchadienne dans le Nord-Mali, on ne doit pas oublier que notre
perspective en tant que gauche, c’est d’être toujours du côté des forces qui veulent aller vers le progrès et la démocratie.
Vous disiez que le système des valises entre l’Afrique et la France a toujours existé. A-t-il vécu
?J’ai toujours pensé que ce système avait existé. J’ai toujours temoigné en disant que parmi les grands hommes
politiques francais qui étaient hors de ce système figurait Lionel Jospin. J’en suis persuadé ! Je pense aujourdhui que les forces politiques qui sont en place autour de la gauche ne peuvent etre
soupçonnées de ce dont on a accusé la gauche, notamment pendant la période sous Mitterand.
Que vous inspire l’affaire des biens mal acquis qui implique des chefs d’état Africains ?On fait beaucoup de bruit autour de ces affaires. Je voudrais bien être persuadé que ceux qui mettent ces accusations en avant sont
absolument blancs sur tous les points par rapport à tous les pays d’Afrique. Ce qui me met un peu mal à l’aise par rapport à ces affaires, c’est la bonne conscience que se donnent les
Européens et certaines élites françaises par rapport à l’Afrique.
PS : Guy Labertit vient de publier aux éditions du Gri-Gri
Ibni, une vie politique assassinée au Tchad. Préface de Théophile Kouamouo. 168 p. 10 euros.
Idriss Déby-Le Mental, aka le pire président que le Tchad ait connu. Aussi mal arrivé au pouvoir que systématiquement et triomphalement réélu.
Ancien soudard toujours sensible aux charmes vénéneux de la bouteille (ne l'appelions-nous pas ici jadis "Déby-de-Boisson" ?). Protégé par une armée aussi tribale que violente.
Infatigable chef d'orchestre des divisions tchadiennes. Clientéliste, communautariste et sélectif dans la redistribution. Fournisseur de mercenaires à Kadhafi. Supplétif de
Bozizé et donc de la France en Centrafrique. Capable de piquer la femme d'un de ses fils, de laisser les autres s'empiffrer aux frais de
la princesse (une partie de ses faits et méfaits sont répertoriés en fin d'article) et de rester sans réaction lorsqu'enfin un des fils est abattu comme un vulgaire voyou dans un parking de
région parisienne.
Il a beau rarement se signaler par son intelligence, sa vision à long terme et sa vista continentale, Idriss Déby Itno, pas moins malin que feu le Mollah
Omar Bongo, vient de réussir, après Sarkozy en 2007, à accrocher un nouveau scalp à sa ceinture : celui de François Hollande (ou ce qu'il en reste).
Nouvel "empêché" de de rabrouer, tancer et menacer le vieillissant chef de clan. Régulièrement dénoncé par tout ce que le monde libre compte d'honnêtes gens, Déby se maintient, chacun l'a
compris, grâce au soutien de l'ancienne puissance coloniale. Soutien qu'il force parfois un peu son partenaire historique à lui accorder. Soutien qu'il lui extorque quasiment parfois aussi.
Soutien dont il tire, au final, sa seule légitimité. En 2007, après la pathétique et lamentable affaire de l'Arche de Zoé. Aujourd'hui, grâce à la RCA et à la coloniale
intervention militaire française au Mali.
BBC Africa rapporte que "le ministère français de la défense a affirmé que 1800 soldats tchadiens sont présents à Kidal pour sécuriser
la ville dont l'aéroport est sous le contrôle des troupes françaises." Allez conseiller ensuite à un président aussi diligent et serviable d'accepter, même pas de quitter le
pouvoir, mais juste de ne pas briguer un énième mandat."L'Union européenne pourrait débloquer quelque 250 millions d'euros." De
quoi rembourser Déby, en plus. Et graisser les inévitables rouages takkiedinisants.
Dessin - Karim Boukercha Texte - J.O.
Bonus : quelques articles et vidéos du Gri-Gri relatifs au Tchad et/ou à Déby