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À l'époque, il nous avait semblé utile d'en parler

Vendredi 5 août 2011 5 05 /08 /Août /2011 10:09

nelson-mandela dr www.legrigriinternational.com


Bonjour ! C’est le con de Blanc qui vous demande de l’aide : Mandela – LE Mandela, votre héros - a-t-il favorisé le fils de son meilleur ami pour lui succéder ? Ou, au contraire, subi l’ignoble loi démocratique et dû sacrifier le dit fiston aimé ?

Ne riez pas, noirs lecteurs : votre histoire, faute d’être écrite chez vous, est bel et bien réécrite chez nous. Jusqu’en 2004, pas de problème : Nelson Mandela cède le pouvoir à Thabo Mbeki, point final. Oubliant que la fin de l’Apartheid est aussi due à la lutte de tout un peuple, soutenu par une frange de l’opinion américaine qui boycotte les entreprises anglo-saxonnes investissant en Afrique du sud. Et c’est là que la bât blesse, car ce peuple en lutte possède d’autres figures de proue. Notamment Cyril Ramaphosa, qui crée le syndicat des mineurs, négocie la fin de l’Apartheid avec les Blancs et rédige la nouvelle constitution sud-africaine. D’une fabuleuse intelligence, il est élu à la tête de l’ANC et désigné par les Irlandais comme « observateur » externe au conflit anglo-irlandais du désarmement des uns et des autres… Las ! Mandela choisit le fils de son meilleur ami, aristocrate xhosa comme lui, Thabo Mbeki, par ailleurs vice-président, plutôt que Ramaphosa, secrétaire général de l’ANC, mais fils d’un sergent de ville qui n’a jamais connu Mandela et est loin d’appartenir à l’aristocratie noire sud-africaine. En 2004, un journaliste anglais de la BBC (qui fait donc autorité), décrète que c’est Cyril Ramaphosa le fils du meilleur ami de Mandela et Tabo Mbeki « l’homme de l’ANC ». Ainsi : Mandela « s’incline » devant la volonté populaire en renonçant à désigner Ramaphosa… Le mauvais tour est joué. En France, deux ans après, Jack Lang, fait écrire un livre sur Mandela par des « nègres » qui, se basant sur les archives de la BBC, amplifient la thèse : Mandela est le plus grand des démocrates, il cède aux exigences de l’ANC plutôt que de pousser le fiston de son copain. Mandela, bien sûr, ne moufte pas puisque ça va dans le sens de sa grandeur…
Tabo Mbeki, fils du meilleur ami de Mandela imposé par ce dernier contre la volonté de la majorité de l’ANC, ne peut plus se représenter, ayant effectué deux mandats. La candidature de Ramaphosa revient donc sur le tapis après que le vice-président Jacob Zuma ait été écarté de sa route par une affaire de viol (il a été blanchi) et une autre de corruption. Le génial Cyril représente le « pouvoir économique noir » en Afrique du sud, « boosté » par le fond de pension des mineurs sud-africains (il préside le groupe Johnnic, principal opérateur de téléphonie mobile en RSA et au Nigeria). Il a donc quelques chances d’être élu s’il décide de se jeter à l’eau. Les Blancs diront alors que « le fils du meilleur ami de Mandela a pris sa revanche ». Pas mal, non ?!


Photo - Dr   Texte - Christian d’Alayer

PS : article initialement paru dans la version papier du Gri-Gri International en juin 2007

ensuite re-publié le 20/08/2010 à 17h45...

PS : www.dalayer.kazeo.com

Par Christian d'Alayer DR www.legrigriinternational.com - Publié dans : À l'époque, il nous avait semblé utile d'en parler - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 12:12

Sarko-et-son-miroir-copie-1.jpg 

 

Il y a cinq ans, le journaliste franco-camerounais Théo Kouamouo, pour faire comprendre à l’opinion française la crise ivoirienne, implantait les événements survenus en Côte d’Ivoire dans un décor français. Un texte toujours d’actualité. Lisez plutôt:


« Par une nuit incertaine, Paris est attaquée par des centaines de terroristes lourdement armés qui détruisent tout sur leur passage. Ils tuent méthodiquement des dizaines de militaires dans leurs casernes. Ils assassinent dans sa voiture Jean-Jacques Goldman, le compositeur de génie, qui rentrait de studio un peu trop tard. Ils attaquent les domiciles des plus hauts gradés de l’armée, bombardent la résidence de Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, et la ratent de justesse, font passer de vie à trépas Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur en le criblant de dizaines de balles.
Chassés jusqu’à Lyon par l’armée française, ils affirment être des Français d’origine maghrébine qui se sont révoltés en raison des discriminations de toutes sortes dont ils sont l’objet de la part des Français de souche. Arrestations et brimades policières arbitraires, recrutement au faciès, déclarations scandaleuses des dirigeants sur le « bruits et l’odeur » des immigrés, blocage de toutes les possibilités de vote pour les étrangers même aux municipales, loi interdisant le
voile islamique à l’école… Face à tout cela, ils ont pris les armes !
La France, hébétée, fait appel à l’Union européenne et à l’ONU, tout gênés. L’Union européenne fait une pétition de principe mais demande à Paris de négocier avec les terroristes. La presse algérienne vilipende la France, Abdelaziz Bouteflika annonce que Jacques Chirac sera condamné par la Cour pénale internationale et envoie armes et mercenaires aux insurgés. Pendant que l’Union européenne et les Etats méditerranéens tentent de trouver une solution, la puissante Amérique décide de s’ingérer dans le dossier. Elle convoque  tous les partis politiques français mais aussi les insurgés à une consultation à Washington. Là-bas, au lieu d’admonester les  terroristes, elle demande à Jacques Chirac de les intégrer dans son gouvernement, de nommer un premier ministre « neutre » ais d’origine maghrébine qui aura la totalité de ses pouvoirs à lui – y compris les sacro-saints domaines réservés de la diplomatie et de la défense -, de nommer  les
chefs du mouvement insurrectionnel ministres de la Défense et de l’Intérieur, de donner trois-quarts de son gouvernement à l’opposition militaire et armée – y compris à des terroristes ne sachant ni lire ni écrire -, de désarmer l’armée française en même temps que les bandes
terroristes, de naturaliser des millions d’Algériens, notamment ceux qui, au moment des indépendances, avaient préféré devenir citoyens de leur pays plutôt que de la Métropole… L’Amérique se propose quant à elle de s’interposer entre le gouvernement de Jacques Chirac et les
terroristes, et d’empêcher ainsi toute reconquête de l’intégrité territoriale de la France, d’ici à ce Chirac « cède » aux demandes des insurgés…pour la paix ! Inimaginable en France ? Et pourquoi donc ? Pourquoi imposer à un pays africain qu’on disait le plus moderne et le plus évolué de nos anciennes possessions ce que nous n’aurions jamais fait, ce que nous avons d’une certaine façon refusé il y a plus de cinquante ans en plébiscitant la Résistance la résistance plutôt que
la collaboration face à l’Allemagne nazie et conquérante ? »


Dessin - Mil' Pat.   Texte - Gnim Atakpama & T.Kouamouo

Par Gnim Atakpama Théo Kouamouo Mil'Pat www.legrigriinternational.com - Publié dans : À l'époque, il nous avait semblé utile d'en parler - Communauté : Afrique panafricaine
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Lundi 20 décembre 2010 1 20 /12 /Déc /2010 17:47

Mollah Omar Bongo et Moitié de Carla Sarkozy Waga www.legrigriinternational.com

Le Mollah Omar Bongo accueilli par la future Moitié de Carla Sarkozy à l'Élysée en 2007

 

Dessin - Waga


PS : initialement paru dans la version papier du Gri-Gri en 2007


Par waga www.legrigriinternational.com - Publié dans : À l'époque, il nous avait semblé utile d'en parler - Communauté : Afrique panafricaine
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 10:44

Unity Dowe Les cris de l'innocente www.legrigriinternational.com

 

Ce roman de Unity Dow est inclassable : il s’agit d’un polar avec rebondissements, personnages hauts en couleur, mais également d’un portrait du Botswana. Savant mélange de fiction et de réalité qui fait voyager et surtout frissonner.

Les cris de l’innocente se déroule au Botswana, dans la région du détroit de l’Okavango, nature dense et villages traditionnels : pas de latrines, pas d’eau courante, on dort par terre et en famille, on élève du bétail, on croit à la sorcellerie et aux pouvoirs magiques… Les hommes « honnêtes » ont un petit commerce florissant, une bonne épouse, des bons enfants légitimes, une bonne maîtresse, qui élève, seule, ses enfants, et des ex-maîtresses, tout aussi sympas, qui reçoivent leur ex-amant, lorsqu’il veut rompre la monotonie du duo épouse-maîtresse. L’ « honnête » homme aimerait améliorer sa situation : il lui faut donc pratiquer le « diphego », un meurtre rituel. Il s’acoquine avec deux autres types dans la même situation ; et ils se mettent en chasse d’un « agneau sans poil » : une fillette impubère, qui n’a pas eu ses règles, est vierge, et sans pilosité. On l’enlève et on découpe certaines parties de son corps : les seins, les aisselles, le sexe et l’anus, il faut qu’elle soit vivante et se rende compte de ce qu’on lui fait, sinon sa « viande » et son sang seront mauvais.
Noe, âgée de 12 ans, disparaît : on retrouve ses vêtements ensanglantés. « Dévorée par un lion », la police classe l’affaire. Cinq ans plus tard, Amantle, 21 ans, qui a bien réussi à l’école, doit effectuer son service national (TPS) dans un dispensaire de brousse, où, en plus de son travail, elle fait la bonniche pour la famille qui l’héberge. Devinez où elle atterrit : pile poil dans le village de Noe. Y découvre une boîte contenant les vêtements ensanglantés d’une fillette. Intrépide, elle file au commissariat. Fonctionnaires tatillons, feignasses ou hilarants : Nono, qui mâche du chewing-gum et se goinfre de mayonnaise pour masquer l’odeur de cigarette, afin d’éviter les remarques de son chef. Amantle, aidée d’une amie avocate et d’une apprentie journaliste blanche accumulent des preuves, en prenant de très grands risques. Avec un autre TPS, ils tiennent un conseil de guerre, en pleine brousse, dans  la nuit étoilée, certes, mais également trouée par les yeux verts des hyènes qui entourent le campement. La petite troupe d’élite fait venir les élus locaux qui promettent de trouver les coupables, enfin des boucs émissaires : les policiers qui ont bâclé leur boulot, parce qu’ils avaient peur de se faire tuer par ceux (dont ils connaissent l’identité…) qui avaient pratiqué le « diphango ».
L’auteur est la seule et première femme juge à la Cour suprême du Botswana. Amertume omniprésente dans les descriptions de la police et des instances dirigeantes du pays. Dont elle ne cesse de décrire la beauté. Les héroïnes, en dépit des entraves, peuvent  accéder au pouvoir et se battre pour leurs convictions : Unity Dow est membre de l’International Women’s Rights Watch, et fait promulguer des lois protégeant les femmes et les enfants.
La fin est glaçante.

Texte - Jean-Paul Moche (Jeanne Folly)

PS : Unity Dow - Les cris de l’innocente - Actes Sud
PS 2 : article paru dans le numéro 74 du Gri-Gri International version papier

Par Jean-Paul Moche (Jeanne Folly) www.legrigriinternational.com - Publié dans : À l'époque, il nous avait semblé utile d'en parler - Communauté : Afrique panafricaine
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 10:14
Abdallah Ag Oumbadougou, le bluesman du désert à chech, guitare, belle voix, belle musique et beaux textes est mon dernier chouchou (il ne détrône pas les autres…). Enfant du Niger postcolonial, devenu indépendant en 1960, il est né vers 1962, près d'Agadez, au moment où les Touaregs se font ratatiner à cause de leur refus d’être des citoyens de seconde zone. Il s’offre une guitare à 16 ans et apprend à en jouer seul. Il prend la route à pied pour travailler sur les chantiers de Tamanrasset le jour, et faire de la musique la nuit. « Les clandestins africains rêvent de l’Europe, mais nous, Touaregs, ne rêvons pas de l’Europe, mais nous allons en Afrique. En Algérie ou en Libye, car nous sommes de la même famille », dit-il. Il commence à se faire un nom dans sa communauté, grâce aux cassettes pirates qui circulent. Il chante, en tamashek, l’amour, la dureté de l’exil et la nostalgie du pays. Kalachnikov à la main, il rejoint les rebelles opposés aux troupes régulières ; ses armes sont sa guitare et son magnéto à piles. Les accords de paix survenus en 1995, il revient au pays, et donne son premier concert à Niamey où il découvre sa célébrité. Il la met à profit pour former des jeunes à la musique, et fonde une association destinée à promouvoir la culture nigérienne, à aider les jeunes musiciens et défendre leurs droits.
Désert Rebel est le premier projet d’une série d’initiatives qui proposent la culture comme résistance à l’oppression politique et la marchandisation de... la culture. Courage, ce n’est qu’un début ! Ce disque est le résultat de la rencontre entre musiciens touaregs et français. La plupart des chansons ont été écrites, composées  et interprétées (guitare et voix) par Abdallah : il s’agit de ses grands succès. Quelques invités y ont ajouté leur touche personnelle. Particulièrement émouvante, pour tout dire ma plus préférée, « Yangogo » : un duo avec Sally Niolo (de Zap Mamma), dédié à la mère : « Tu m’as envoyé au bout de la terre  avec un grain de riz / En me demandant de te ramener tout un sac / Je pars, oh ma mère, sur le chemin / Et me demande si un jour le cordon ombilical se coupe. » Je peux te le dire mon ami : jamais !
Quant à « 70 litres », sur un tempo reggae de Guizmo (chanteur de Tryo), elle fait penser à Didier Awadi, en plus soft. Une chanson d’amour, « Tenertin » : ma belle gazelle, et deux « Niger blues » superbes. Et un appel aux Touaregs, les invitant à sortir de leur sommeil, à parler, lire et transmettre leur langue, car « L’Aïr se meurt, asséché par l’ignorance »
 
Texte - Jean-Paul Moche (Jeanne Folly)

PS : Desert Rebel, premier album labellisé « Culture équitable » et premier volet de la collection « Cultures et Résistances ».
PS 2 : paru initialement dans le n°74 du Gri-Gri International version papier
Par Jean-Paul Moche (Jeanne Folly) www.legrigriinternational.com - Publié dans : À l'époque, il nous avait semblé utile d'en parler - Communauté : Afrique panafricaine
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Dimanche 3 octobre 2010 7 03 /10 /Oct /2010 10:01

alexander McCall Smith www.legrigriinternational.comjill-scott dr www.legrigriinternational.comAnnie Milon double Jill Scott dr www.legrigriinternational.com

Le livre - La chanteuse Jill Scott dans l'adaptation en série US - La comédienne Annie Milon qui la double en français

 

Restons donc au Botswana. 7éme tome des aventures de l’Agence numéro 1 des femmes détectives. Sous l’immense ciel bleu de Gaborone, Mma Ramotswe et son assistante Mma Makutsi savourent leur thé rouge, et la douceur de vivre en attendant le client.
L’auteur, anglais, éprouve pour ce pays le même amour qu’Unity Dow. Les enquêtes, ici, ne sont que broutilles : pas de crimes, seulement une recherche sur un pommadin qui s’intéresse de trop près à une riche veuve, ou sur le fiancé de l’assistante, de plus en plus délurée, qui vanne sa patronne, dont la « corpulence traditionnelle » fait dangereusement baisser le plancher de sa voiture lorsqu’elle s’installe au volant... Son mari garagiste prospère de plus en plus, et il reconnaît le bruit de tous les moteurs qu’il a réparés... Le plus terrible dans tout ça, c’est le péril qui menace les fiançailles de l’assistante : le féminisme ! En effet, la charmante lunetteuse Mma Makutsi commence à avoir la langue trop bien pendue.
Je les retrouve à chaque fois avec une tendresse amusée et savoure cette délicieuse lecture comme un bonbon délicatement acidulé.
 

Texte - Jean-Paul Moche (Jeanne Folly)   Photos - DR

 
PS : Alexander McCall Smith, 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d’ennuis - Grands détectives 10/18

PS 2 : paru initialement dans le n°74 du Gri-Gri International version papier

PS 2 : bonus CNN

Par Jean-Paul Moche (Jeanne Folly) www.legrigriinternational.com - Publié dans : À l'époque, il nous avait semblé utile d'en parler - Communauté : Afrique panafricaine
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Dimanche 1 août 2010 7 01 /08 /Août /2010 07:59
Par Sear/Get Busy www.legrigriinternational.com - Publié dans : À l'époque, il nous avait semblé utile d'en parler - Communauté : Afrique panafricaine
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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 23:35

Pascal Sevran www.legrigriinternational.com

 

Il y a deux ans presque jour pour jour nous quittait Pascal Sevran. Succombant à une longue maladie. Ou à la débilité de ses propos catastrophiques... Il était le dernier à continuer de croire que l'Afrique périssait pour cause de surpopulation (la fameuse "bite" des Noirs). Le Gri-Gri, en décembre 2006, avait envoyé à France Soir, qui avait recueilli les malheureux propos de la vieille girouette, une manière de droit de réponse. En cette spécieuse, catégorielle et éminemment contestatble journée contre l'homophobie, il nous a semblé utile, à notre façon, de marquer le coup... Le titre de notre contribution au débat était :  Dommage que Sevran soit si lâche !

 

On l'aimait bien, Sevran. Doué un peu en tout mais réellement bon nulle part (avoir eu un prix littéraire n'abuse que ceux que ça n'amuse pas), il ne faisait de mal à personne. Ringard, mais depuis si longtemps. Politiquement, c'était un zélé fan. Croyant toujours entrer en rébellion en se couchant devant le puissant du moment. Charmant cabot galeux. On ne le  regardait pas, mais on était  toujours content de le voir. Ses tocades politiques  lui ressemblaient : elles déclinaient. De Mitterrand le malin il était passé aux bras de Chirac le viril. Pour finir dans ceux de Sarkozy (pourquoi pas Ségolène, d'ailleurs ?). Qu'on ne compte pas sur le Gri-Gri pour reprocher à Pascal Sevran ses propos pénibles. Ce sont ceux d'un homme usé nerveusement.. Personne n'a oublié ses pathétiques jérémiades, humiliantes pour le public, l'an dernier, lorsqu'il faillit perdre son émission.Soit on porte plainte, pour toucher au cœur de ce genre d'individu, le portefeuille. Soit on sourit en tirant une chasse que ce Vincent Mc Doom de la pensée ne mérite pas qu'on ouvre. Sa lâcheté dispense du commentaire. Chacun sait que ça ne coûte pas cher de taper sur les Noirs. Les procès sont rares, les peines symboliques et sans conséquence (cf Fogiel). Son livre s'était peu vendu, il y a un an. Il avait pourtant fait son Houellebecq, pour avoir sa fatwa. En vain. Appuyer sur une plaie ne donne pas une plume (même aux paons faussement cultivés). C'est d'ailleurs ce qui doit l'avoir le plus vexé, si l'on en juge par l'hystérie de sa réaction dans Var Matin… Comment réagir ? On ne tire pas sur un homme à genoux depuis si longtemps. Journaliste, il ne me vient qu'une idée : lui poser des questions. S'il avait eu des enfants lui-même, aurait-il déclaré qu'il y en avait trop ? Est-ce par narcissisme exacerbé qu'il voudrait condamner la moitié de l'humanité à sa condition de stérile de fait ? Dans son prochain livre, trouvera-t-on une furieuse saillie antisémite ? Et quelques autres…

 

Texte - Grégory Protche    Photo - DR


Par Grégory Protche www.legrigriinternational.com - Publié dans : À l'époque, il nous avait semblé utile d'en parler
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Samedi 15 mai 2010 6 15 /05 /Mai /2010 14:39

Calixte Beyala Michel Drucker Waga www.legrigriinternational.com  

 

Calixthe Beyala et Michel Drucker en Une des journaux. « Andela » et « François Ackerman », dans le roman, à peine autobiographique, L’homme qui m’offrait le ciel (Albin Michel) de Calixthe. Comme dans tous les vaudevilles bourgeois, l’homme marié repart à la fin vers sa femme. La romancière, elle, vers son destin : raconter.

 

Dans le Journal du dimanche, quelques discrètes lignes. En Une de France Soir, une belle photo de Michel Drucker, en compagnie de Calixthe Beyala, au Fespaco de Ouagga. Le genre de photo qui ne montre rien mais qui dit tout. LA romancière africaine de France et LE Monsieur Dimanche familial télévisé. Rien de moins. On guette le blog de Morandini. Rien. Pourtant, il travaille à France Soir aussi… Etonnant. Même Voici y va de sa page (sacrée consécration, en passant). Comme les autres : ils juxtaposent les éléments objectifs accréditant la thèse de la liaison, donc, entre une écrivaine africaine (Andela, dans le roman) et un présentateur superstar et marié (« François Ackerman », que, dans le roman, on reconnaît dans tous les restaurants…). Dans L’homme qui m’offrait le ciel, il est souvent question de la famille de « François ». Comme dans la vraie vie de Michel Drucker. De son frère mort il y a peu, brillant, bien plus brillant que lui (la fausse modestie de la vraie vedette). De son éternelle assistante-complice-confidente : « Michelle ». Sorte de double littéraire. Qui pourrait ressembler à Françoise Coquet (« François » et « Françoise », bien joué), la complice réalisatrice que Drucker évoque presque aussi souvent que de Pierre Desgraupes (le mort qu’il aura fait le plus souvent parler à son propre sujet). Ni lui ni elle ne souhaitent commenter ces articles. Elle, on comprend : le temps et les journalistes travaillent pour elle (la preuve, NDLR le 15 mai 2010). Pour lui, en revanche, ça s’annonce plus épineux… Imaginer Michel Drucker amoureux d’une négresse est plutôt sympathique. Mais le reste du portrait est peu amène. L’homme est lâche comme un mari bourgeois – il fera informer Andela de leur rupture par « Michelle ». Et quitte d’autant moins sa femme que c’est elle qui gère ses affaires, qu’on imagine toutes mises à son nom. Il est sujet à des crises de constipation (p.105). Radin (p.65, il ne laisse qu’un euro de pourboire au restau, cruelle Calixthe). Egocentrique (ne parle que de lui et de son travail). Mal dans sa peau (il conclut, p 213, un sms : « Signé un Blanc lâche comme les autres »). Zélé comme un converti à l’idée de lutter lui aussi pour la cause des noirs (dans le roman, il en reste aux mots). Capable de jouer (p.84) de sa célébrité pour éviter les amendes. En plus, il envoie autant de textos qu’un ado (ou que Bertrand Cantat). Heureusement que c’est un roman. On n’aimerait pas apprendre que la vraie Madame Drucker, Dany Saval, serait capable d’empoisonner un chien pour faire revenir son mari, ou de vider sa carte bleue pour en faire accuser la maîtresse… Ce serait moche. Calixthe aurait dû romancer davantage. Changer la fin. C’eût été beau, immoral et moral à la fois comme du Sacha Guitry : l’animateur préféré des Français divorçant de sa blonde décolorée pour une femme de couleur ! Quel impact sur les masses ! Plus fort qu’un nègre au JT de 20H !


Dessin - Waga  Texte - Grégory Protche

PS : cet article est paru dans le numéro 71 du Gri-Gri International, le jeudi 19 avril 2007.
PS 2 : à sa parution, Calixthe me fit savoir que je l'avais déçue. Elle me voyait très bien développer autour du thème de "l'Eros colonial". Moi aussi. Mais pas là.

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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 11:06
belingas

Le 14 septembre dernier (2007, ndlr), le Mollah Omar a convoqué diplomates, ONGs, parlementaires, membres du gouvernement... Pour « une communication très importante ». Dans cette belle démocratie qu’est le Gabon, où l’information et les médias sont solidement encadrés, il n’en fallait pas plus pour alimenter rumeurs et spéculations plus ou moins farfelues. Au point que les populations – pourtant habituées aux effets d’annonce de la bande à Bongo – ont joué, la veille, à se faire peur (ou plaisir) en subodorant une démission du « Chef ». Douce hérésie. La montagne de la cité de la Démocratie a accouché d’une souris : le président à vie du Gabon était juste venu annoncer à la face du monde qu’il avait enfin trouvé la recette miracle pour sortir son pays du sous-développement. Alléluia ! Grâce à la mise en exploitation « prochaine » des mines de fer de Bélinga (Nord-Est), il allait pouvoir réaliser tout ce qu’il n’avait pas réussi à faire en 40 ans avec le pétrole (qui flambe à plus de 80 dollars le baril), le manganèse, l’uranium, le bois… Le Gabon allait enfin disposer d’infrastructures (autoroutes, écoles, universités, hôpitaux) dignes de son rang d’émirat tropical. Des emplois aussi, par milliers, étaient annoncés. Effets d’annonce. Encore et toujours. 
Les Gabonais, ces gros bêtas, ne sont plus dupes. Quand le Mollah et ses talibans parlent, plus personne ne les écoute. Quand ils viennent fanfaronner à la télé, on zappe. Par réflexe. Ou hygiène de vie. Car les citoyens qui – dans leur immense majorité – vivent comme des primitifs dans un pays scandaleusement riche, sont persuadés que, de l’exploitation des mines de fer de Bélinga, ils n’auront que les inconvénients : pollution et destruction des écosystèmes. Comme avec le pétrole de Shell à Port-Gentil ou la radioactivité d’Areva à Mounana. Pendant que dirigeants et multinationales s’en mettront plein les poches. L’acharnement du gouvernement à faire Bélinga, « envers et contre tout », n’a rien à voir avec l’intérêt national. Il y a longtemps que ces gens-là ont perdu tout sens de l’honneur et du patriotisme. Sinon, le Gabon ne serait pas ce bateau en plein naufrage où une femme et ses deux petits-fils peuvent mourir (le 21/9 à Libreville) écrasés par la masure qui leur servait de maison. Dans l’indifférence totale de la crasse politique au pouvoir, trop occupée à organiser les circuits qui serviront à camoufler le fruit de la prochaine campagne de prédation. Celle du fer de Bélinga. À moins qu’entre-temps, les « dauphins », dans leur empressement à occuper le trône, ne fassent chavirer le navire… 

Texte - Justine Okimi   Dessin - Waga

PS : article initialement paru en septembre 2007 dans Le Gri-Gri papier

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