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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 17:14

Bertrand Delanoe dr www.legrigriinternational.com Chirac Roi nègre Mil'Pat Bestiaire www.legrigriinternational.com

 

Une façon comme une autre de réfléchir à la question de la succession à la tête de l'État... les grands moments d'un article du très informé site www.delanopolis.fr

 

"Rappelons-nous plutôt le moment où l'actuel maire de Paris a dit qu'il était disposé à transiger dans le cas Chirac : octobre 2009. Comme par hasard, la ténébreuse affaire Jean-Bouin commençait à lui donner des sueurs froides. La brigade financière venait de l'entendre dans le cadre d'une enquête pour délit de favoritisme et de prise illégale d'intérêts. La possibilité de la mise en examen du maire était ouvertement évoquée par la presse"

"Autre affaire embêtante pour Delanoë et qui reste en suspens : le marché d'enlèvement des ordures ménagères où la présidente de la commission d'appels d'offres de la ville, Mireille Flam, est mise en examen. Une fois encore, le maire de Paris a été entendu par la brigade financière et la trace de rendez-vous malencontreux avec l'avocat d'un des accusés a été retrouvé dans un agenda saisi par la police. On embête Woerth pour bien moins que ça dans les médias ... Bref, Delanoë avait des raisons de jouer la bonne volonté et l'apaisement tout azimut"

"Depuis quelques temps, les gages de bienveillance de l'Etat vis-à-vis de la mairie et du maire se sont multipliés. (...) Offre de présider l'Atelier international pour le Grand Paris, invitation à l'Elysée sur ce sujet qui devrait être suivie d'un déplacement de Sarkozy à la mairie, autorisation donnée par Borloo à l'opération sur la pelouse d'Auteuil qui a permis de débloquer le dossier Jean Bouin la veille même d'une audience cruciale au tribunal, inertie du ministère de la culture face à la destruction de la tribune Art déco de Jean Bouin, réticence à déférer au tribunal administratif un marché manifestement illégal attribué à Mangin aux Halles, réticence à exiger une expérimentation du réaménagement de la place de la République, bienveillance générale dans le traitement du prolongement absurde du tramway, etc ..."

 

Photo - dr    Texte - www.delanopolis.fr


Par www.delanopolis.fr dr www.legrigriinternational.com - Publié dans : En forme - Communauté : Afrique panafricaine
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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 11:46

Barak Obama par Bibi Seck

 

Il y a quelques jours, le journaliste-essayiste-esprit libre belge Michel Collon publiait sur son site un entretien avec le journaliste-essayiste-esprit libre suisse (et rapporteur à l'ONU de 2000 à 2008) Jean Ziegler. Morceaux (bien) choisis... 

 

"Je ne pensais pas que les truands de la finance allaient ruiner l’économie mondiale à une telle vitesse : 1.800 milliards de valeurs patrimoniales ont été détruites."  

"Le 22 octobre 2008, les quinze pays de l’euro se sont réunis à Paris. Sur le perron de l’Elysée, Merkel et Sarkozy ont dit : « Nous avons libéré 1.500 milliards d’euro  pour le crédit et pour  augmenter le  plafond d’autofinancement de 3 à 5% ». La même année, les mêmes pays européens ont réduit leurs subventions pour le programme alimentaire mondial (qui ne vit que de ces subventions) de 40 %. De six milliards de dollars à moins de quatre milliards."

"Les spéculateurs, aujourd’hui, devraient être jugés au tribunal de Nuremberg." "L’agriculture mondiale dans l’état actuel de son développement pourrait nourrir sans problème douze milliards d’êtres humains avec 2.700 calories par individu par jour !"

"Obama suit totalement la surdétermination de l’Empire."

"Je pense que Tel-Aviv dicte la politique étrangère des Etats-Unis avec le lobby de l’AIPAC, comme puissance déterminante. (...) La logique fondamentale est que pour les intérêts pétroliers, il faut un porte-avion stable. Et l’Etat d’Israël mène - ce n’est pas moi qui le dit, c’est un rapporteur spécial des territoires occupés - une politique permanente de terrorisme d’Etat."

"Depuis juin 2002, existe un accord de  libre échange entre Israël et les 27 pays de l’Union européenne qui absorbent 62% des exportations  israéliennes. Dans cet accord, l’article 2 (c’est le même dans tous les traités de libre échange) dit : le respect des droits de l’homme par les partis contractantes est  la condition pour la validité de l’accord. (...) Si la Commission européenne suspendait pendant 15 jours l’accord de libre-échange, les généraux israéliens reviendraient à la raison immédiatement."

"Il faut forcer nos gouvernements. Nous ne sommes pas impuissants. (...) S’ils ne le font pas, alors il ne faut plus voter pour eux, tu comprends, c’est aussi simple que ça !"


Texte - www.michelcollon.info  Dessin - Bibi Seck


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Samedi 15 mai 2010 6 15 /05 /Mai /2010 17:05
Dunhill, c'est...un parfum à Londres...

« Dunhill fait consciencieusement fumer des cigarettes avariées aux consommateurs gabonais ». Ce n'est pas Gaboneco.com, le premier à avoir soulevé l'affaire, qui l'affirme, mais la très respectable, et trop peu souvent sollicitée, Organisation gabonaise des consommateurs (OGC). L’ONG a « reçu plusieurs plaintes émanant des consommateurs tant de ceux de l’intérieur du pays que de Libreville. Ces derniers déclarent à travers leurs requêtes qu’ils fument depuis le mois de Janvier 2010 des cigarettes de marque Dunhill avariées ». La Direction générale de la concurrence et de la consommation (DGCC), ainsi que la Direction de la répression des fraudes et du contentieux des Douanes gabonaises (DRFC) ont été alertées.
« La DRFC a sans tarder réagi en convoquant une réunion à laquelle ont pris part la représentante de la marque Dunhill et les membres de l’OGC. Après cette rencontre, l’OGC s’est rapprochée de l’importateur, la régie représentée par le Groupe CECA GADIS, cette dernière souhaitait une collaboration entre l’administration, l’ONG et Dunhill afin de découvrir celui qui a pu introduire des cigarettes avariées sur le marché », selon le communiqué.
Précision : « À ce jour, la mauvaise foi de Dunhill est avérée. L’OGC se réserve le droit d’entreprendre des actions en vue de boycotter cette marque au Gabon et ensuite poursuivre en justice Dunhill aussi longtemps que la lumière n’aura pas été faite. » Pas mieux !

...et un poison à Libreville !
Dunhill avariées Gabon mai 2010 www.legrigriinternational.com
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 14:19
Pap NdiayeRibbe

Pap Ndiaye

On choisit, pour appuyer Pétré-Grenouilleau, un docile maître de conférences à l’Ecole pratique des hautes études, Pap Ndiaye, proche, par sa femme, d'Yves Kamani, très officiellement chargé au CRIF d'un bureau des « Noirs ». Pap Ndiaye avait l'avantage d'avoir des contacts avec les néo-réactionnaires américains. Il animait une obscure association, le Capdiv. On le chargea de monter au créneau le moment venu pour défendre l’indéfendable et, s’il le pouvait, créer discrètement une organisation de « Noirs » à laquelle on donnerait les moyens d’occuper le terrain et d’être légitimée comme représentative. Le meilleur ami de Jacques Chirac, François Pinault, qui avait fondé sa fortune sur l’exploitation des forêts africaines serait sollicité. Outre les éditions Tallandier, spécialisées dans la glorification de Napoléon, il était propriétaire de trois magazines :
Le Point (acheté en 1997 pour échapper à l'ISF), Historia et l’Histoire. Les deux derniers faisaient dans la vulgarisation historique. Il fut décidé de consacrer un numéro spécial à l’esclavage, qui ferait la promotion de Pétré-Grenouilleau et en même temps celle de Pap Ndiaye. Pour que l'opération négrophobique Villepin-Debray soit vraiment réussie, on désigna un "méchant" : l'humoriste Dieudonné (…). Tous ceux qui diraient le contraire de Pétré-Grenouilleau seraient des antisémites forcenés inspirés par Dieudonné. (…) 
Côté Haïti, Villepin donna des fonctions officielles à Debray et des moyens financiers en le nommant président d’une commission chargée de "réfléchir" sur les relations franco-haïtiennes. La mission véritable était de préparer un coup d’Etat. La partie diplomatique de cette opération fut confiée à trois hommes : Philippe Selz, ancien ambassadeur au Gabon, placé auprès de Régis Debray pour déstabiliser Haïti en Afrique, Thierry Burkard, beau-frère d'un entraîneur de chevaux de course à Chantilly, nommé ambassadeur à Port-au-Prince pour orchestrer la chienlit locale, Eric Bosc, secrétaire à l’ambassade de France, chargé de désinformer la presse française depuis Port-au-prince et d’accorder des visas aux « bons » Haïtiens, c'est-à-dire ceux qui accepteraient de venir à Paris cracher sur le président démocratiquement élu. Bosc (depuis expulsé du Togo pour ingérence) était tellement paranoïaque et négrophobe que cela l'avait rendu presque fou. Il voyait des roquettes braquées sur l'ambassade de France depuis le bureau d'Aristide qui célébrait des messes noires avec sacrifices d'enfants coupés en morceaux. Voilà les "tuyaux" qu'il livrait au correspondant du Monde, établi à Santo-Domingo et proche des Duvaliéristes : Jean Michel Caroit. Des réunions se tenaient à Paris chez Véronique Rossillon, une héritière de la famille Seydoux-Schlumberger qui s’était offert un lycée à Jacmel, le lycée Alcibiade-Pomayrac qu’elle finançait entièrement de ses deniers, ce qui lui donnait une position pour s’intéresser aux affaires du pays et interférer dans la diplomatie française.
(À suivre) 

Texte - Claude Ribbe   Photo - Le Gri-Gri

PS : www.claude-ribbe.com
PS 2 : les trois précédents choix d'extraits tirés du blog de Ribbe figurent ci-dessous

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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /Fév /2010 06:41
Ribbe debray

Dès 2002, à Valérie Terranova, très proche de Jacques Chirac, officiellement conseillère à la Présidence de la République pour la francophonie - officieusement, elle s'occupait aussi du Japon et des bonnes oeuvres d'Omar Bongo - (…), j'avais tenté d'expliquer les origines haïtiennes des Dumas et la nécessité d'assumer avec dignité notre passé esclavagiste pour mieux combattre le racisme. (…) Ce qui fut retenu à l’Élysée était l’imminence des célébrations du bicentenaire, le fait que les anti-napoléoniens s’organisaient à Port-au-Prince, la dangerosité de certains nègres français (…) et l’urgence de parer le coup en montant rapidement une expédition punitive. Il fallait un général. On choisit Régis Debray et on lui assigna une double mission. D’abord constituer un rempart d’intellectuels contre la montée des revendications « mémorielles » en France. La seconde mission était de saboter le bicentenaire de l’indépendance d’Haïti et de prêter main forte à un probable coup d’Etat décidé par Washington contre Aristide, premier président démocratiquement élu de l’histoire d’Haïti et qui avait l'audace d’évoquer le passé peu glorieux de la France : 150 ans d’esclavage, 1 million d’Africains déportés, 5 millions de morts en Afrique du fait de cette déportation d’une part, un racket de 21 milliards de dollars imposé manu militari par Paris en 1825 d’autre part. Debray, devenu grenouille de bénitier, était l’ami intime de la soeur de Dominique de Villepin, Véronique Albanel, épouse d’un général de l’armée de l’air dont Villepin envisageait de faire le chef d’état-major des armées. La générale animait une mystérieuse association en télépathie avec le Vatican, dénommée Fraternité-Universelle, disposant en apparence de gros moyens, et qui était présente, sous prétexte d’intervention humanitaire, sur tous les points chauds du tiers monde et en particulier en Haïti. Cette Mata Hari de confessionnal recrutait à Sciences Po, via l’aumônerie. 
Debray, ravi de pouvoir se prosterner aux pieds des puissants du moment : Chirac, Villepin, allait redevenir, comme sous Mitterrand, le conseiller du prince. (…) Le « médiologue » battit d’abord le rappel des écrivains haïtiens et antillais. Tout le monde n’est pas insensible à un contrat d’auteur, à une visibilité dans les médias, dans les colloques, à un poste dans l’université, à une enveloppe pour une association, à une décoration, à un visa pour un parent, un ami, une maîtresse, à une naturalisation. Ensuite, il fallait trouver des historiens qui puissent minimiser l’esclavage transatlantique. Les choix se portèrent sur Olivier Pétré-Grenouilleau, obscur maître de conférences à l’Université de Lorient, qui venait de soutenir une thèse plus que contestable expliquant en gros que les pires esclavagistes étaient les Africains et les Arabes et que la traite atlantique était une oeuvre de charité au fond assez ruineuse pour les négriers français et les colons antillais.
(à suivre)

Photo - GP (avec le numérique à Ma Solange Oussou) & DR



PS : www.claude-ribbe.com

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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 08:21
Ribbe debray

Mais puisque vous voulez tout savoir sur le futur ministre de la culture de Napoléon IV, je suis obligé d’ajouter que, vingt ans après les faits, un général bolivien, Arnaldo Saucedo Parada, chef des services secrets de la 8ème division, celle là même qui opérait contre la guérilla du Che, donna sa version. (…) « Les déserteurs ont clairement informé du fait que la guérilla se préparait sur les rives du Ñancahuazu avec des éléments cubains, péruviens, argentins et boliviens et que le chef était Che Guevara, sous la protection de Fidel Castro depuis Cuba ; ensuite, cette information a été complétée par un autre guérillero arrêté le 18 mars, Salustio Choque et confirmée par Régis Debray et Ciro Roberto Bustos, le 8 mai 1967, au cours de l'interrogatoire… » (…)

« Avec la chute de Debray et Bustos à Muyupampa, le 20 avril, nous avons eu un panorama large et clair des guérillas, ordre de bataille, organisation et autres questions inconnues jusqu'alors, confirmation de la présence de Che Guevarra et du groupe de cubains, tant grâce aux déclarations de Debray et Bustos que par le bulletin de mémoires écrit par ce dernier (…) La Section 2 de la 8ème division a également obtenu de Régis Debray une lettre écrite de sa main le 14 mai et dans laquelle il confirme la présence de Che Guevara en Bolivie et signale que c'est Fidel Castro lui même qui l'a envoyé le rencontrer. Cette lettre - l'original - a été envoyée au Commandant en chef. » (…)

Une autre chose qui a eu une grande influence a été la séparation d'avec le groupe de Vilo, de l'arrière-garde. Cela a été une séparation involontaire, mais qui a été due précisément à l'insistance avec laquelle Debray a demandé à partir. Face à cette situation - jour et nuit, il parlait avec le Che -, il soulignait qu'il serait plus utile à la ville, nouant les contacts, que physiquement, il n'était pas guérillero, qu'il voulait partir, qu'il pouvait être très utile dehors… (…) C'est quelque chose que personne n'a dit et je dirais à Debray qu'il soit plus honnête, qu'il dise que la guérilla a eu plus de problèmes par sa faute, qu'il dise au moins une fois qu'il a été responsable de la séparation de la guérilla… (…) Voilà donc pour 1967. Refermons le dossier.

Je me demande si ce Che n’était pas au fond un peu jaloux de notre grand intellectuel et de notre merveilleux écrivain national, pour douter ainsi de son ami. (…) Guevara n'était qu'un perdant. La preuve ? Il est mort, pris et exécuté sommairement le 9 octobre 1967, alors que le courageux Debray, lui, a survécu et il même est devenu célèbre en racontant, pendant 43 ans durant, ses glorieuses aventures dans la jungle bolivienne. Comme je l'envie ! Donc tout cela ne prouve rien. Seulement que le Che était paranoïaque et, au pire, que Régis Debray aime la conversation et parle à tout le monde. Même à la CIA. Quoi de mal à cela ? C’est sans doute à cause de cette affabilité naturelle que Nicolas Demorand l’a invité le 22 janvier 2010 au micro de France Inter. A-t-il trop parlé ? Non, il a juste dit qu’il fallait mettre Haïti sous tutelle.

(à suivre)

 

Photo - GP (avec le numérique à Ma Solange Oussou) & DR



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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /Fév /2010 08:00

En 2007, alors que j'étais étudiant dans la ville de Strasbourg, en France, j'ai décidé de me laisser pousser une épaisse barbe. (…) Comme je ne portais pas de kippa ou autre couvre-chef, les gens qui me croisaient dans la rue supposaient que j'étais musulman. Je sentais que les agents de police et les passants me regardaient avec suspicion et, même aux heures de pointe dans le bus bondé, peu de personnes choisissaient de s'asseoir à côté de moi si elles pouvaient l'éviter. Un jour, quelqu'un m'a suivi jusque chez moi et a tenté de me provoquer en duel pour finalement découvrir que je n’étais qu’un Américain, abasourdi par ce qui m'arrivait, et non un Français musulman.

Jamais auparavant je n'avais connu un tel mépris ; cela ne s'est jamais reproduit depuis. Au quotidien, on me mettait dans l'embarras à cause de mon apparence (et de ce qui était supposé être mon affiliation religieuse correspondante).(…) Il n'est pas difficile, à mon sens, de comprendre comment il risque d'être fait mauvais usage de l'interdiction de la burqa pour stigmatiser davantage une population religieuse, une population qui se considère déjà comme étant en marge de la société. (…) Elle renforcera, tout au plus, la position des conservateurs religieux au sein de la population musulmane française en convainquant les musulmans modérés que le reste de la société française ne les acceptera jamais. (…) En admettant que le président français Nicolas Sarkozy soit vraiment convaincu par l'idée que la burqa est un « signe de soumission, un signe de corruption », selon l'édition du magazine The Economist du 16 janvier dernier, la meilleure réponse qu'il pourrait apporter à cela serait d'édicter des mesures visant à intégrer davantage les citoyens musulmans dans la société française. De telles mesures amoindriraient les efforts de la petite minorité de musulmans religieusement conservateurs destinés à regrouper des partisans parmi leurs coreligionnaires mécontents qui se sentent incapables de surmonter les préjugés anti-musulmans.

La nécessité pour le gouvernement français de traiter les minorités religieuses avec respect est portée par sa propre histoire. En 1781, le penseur allemand des Lumières, Christian Wilhelm Von Dohm, a fait une proposition qui, pour l'époque, était révolutionnaire : « Naturellement, la religion du juif ne l'empêchera pas d'être un bon citoyen, à condition que le gouvernement lui reconnaisse les mêmes droits que les autres citoyens ». Or ce sont les Français qui les premiers ont appliqué la vision prophétique de Dohm. En 1806, l'empereur Napoléon Bonaparte émancipa les juifs français en adoptant des lois visant à améliorer leur statut économique et social et en les invitant à s'établir partout où ils le désiraient plutôt que dans les quartiers pauvres et surpeuplés où ils avaient été confinés dans les villes ou de voyager de lieux en lieux dans les campagnes. En outre, il reconnut officiellement leur religion et affirma sa place définitive dans la sphère privée de la vie française.

Aujourd'hui, la France ferait bien de suivre son propre et admirable exemple et d'apparaître comme le premier pays européen à vraiment traiter les citoyens musulmans comme des participants au même titre que les autres citoyens dans la société. Renoncer à l' « interdiction de la burqa » constituerait une première mesure sensée.

Texte - Joshua M.Z.Stanton

 

PS : Joshua M. Z. Stanton est étudiant rabbinique au Hebrew Union College et rédacteur en chef adjoint du Journal of Inter-Religious Dialogue (www.irdialogue.org). Source : Service de presse Common Ground.

PS 2 : texte paru en français dans Les Afriques (www.lesafriques.com)


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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 18:25

Les grands écrivains ont toujours quelque chose à nous dire. Même en face d'une tragédie. De retour d'Haïti, Dany Laferrière répond à la presse et raconte les minutes qui suivirent le séisme...

"Nous sommes alors descendus vers le terrain de tennis, où tout le monde s'est regroupé. Deux ou trois minutes plus tard, nous avons commencé à entendre des cris… Près de l'hôtel, où il n'y avait que peu de dégâts, il y a, dans la cour, de petits immeubles où les gens vivent à l'année. Tous étaient effondrés. On a dénombré neuf morts. Alors qu'on redoutait d'autres secousses, des personnes se sont levées pour commencer à porter secours.

Un énorme silence est tombé sur la ville. Personne ne bougeait ou presque. Chacun essayait d'imaginer où pouvaient se trouver ses proches. L'angoisse était totale. Elle a créé un silence étourdissant qui a duré des heures. Ensuite, on a commencé à rechercher les gens. Nous sommes retournés à l'hôtel et, grâce à la radio américaine et au bouche-à-oreille, on a appris que le palais présidentiel s'était effondré mais que le président Préval était sauf. Mais personne autour de nous n'avait de nouvelles de sa famille.

Haïti Trocadéro 16 01 2010 e
Trocadéro. Paris. 16 01 2010. Fin de la manifestation de soutien à Haïti

"M
on ami, le romancier Lyonel Trouillot, admirable, bien qu'il ait des difficultés pour marcher, est venu à pied jusqu'à l'hôtel. Nous étions sur le terrain de tennis, il ne nous a pas vus. Il est revenu le lendemain en voiture pour m'emmener chez ma mère. Après quoi, nous sommes passés voir le grand Frankétienne [dramaturge et écrivain], qui avait sa maison fissurée et qui était en larmes. Juste avant le séisme, il répétait le solo d'une de ses pièces de théâtre qui évoque un tremblement de terre à Port-au-Prince. Il m'a dit: "On ne peut plus jouer cette pièce."

Je lui ai répondu: "Ne laisse pas tomber, c'est la culture qui nous sauvera. Fais ce que tu sais faire." Ce tremblement de terre est un événement tragique, mais la culture, c'est ce qui structure ce pays. Je l'ai incité à sortir en lui disant que les gens avaient besoin de le voir. Lorsque les repères physiques tombent, il reste les repères humains. Frankétienne, cet immense artiste, est une métaphore de Port-au-Prince. Il fallait qu'il sorte de chez lui. En me rendant chez ma mère, j'étais angoissé car j'ai vu des immeubles en apparence solides totalement détruits, et aussi d'innombrables victimes.

représentant des Haïtiens de France Trocadéro 16 01 2010
Un représentant des Haïtiens de France, Mackendie Toupuissant

"
Ce qui a sauvé cette ville c'est l'énergie des plus pauvres. Pour aider, pour aller chercher à manger, tous ces gens ont créé une grande énergie dans toute la ville. Ils ont donné l'impression que la ville était vivante. Sans eux, Port-au-Prince serait restée une ville morte, car les gens qui ont de quoi vivre sont restés chez eux pour la plupart.

"Lorsque l'ambassade du Canada m'a proposé d'embarquer vendredi, j'ai accepté car je craignais que cette catastrophe ne provoque un discours très stéréotypé. Il faut cesser d'employer ce terme de malédiction. C'est un mot insultant qui sous-entend qu'Haïti a fait quelque chose de mal et qu'il le paye.

C'est un mot qui ne veut rien dire scientifiquement. On a subi des cyclones, pour des raisons précises, il n'y a pas eu de tremblement de terre d'une telle magnitude depuis deux cents ans. Si c'était une malédiction, alors il faudrait dire aussi que la Californie ou le Japon sont maudits. Passe encore que des télévangélistes américains prétendent que les Haïtiens ont passé un pacte avec le diable, mais pas les médias… Ils feraient mieux de parler de cette énergie incroyable que j'ai vue, de ces hommes et de ces femmes qui, avec courage et dignité, s'entraident. Bien que la ville soit en partie détruite et que l'Etat soit décapité, les gens restent, travaillent et vivent. Alors de grâce, cessez d'employer le terme de malédiction, Haïti n'a rien fait, ne paye rien, c'est une catastrophe qui pourrait arriver n'importe où.

Trocadéro Haïti 16 01 2010 A
Trocadéro. Paris. 16 01 2010

Il y a une autre expression qu'il faudrait cesser d'employer à tort et à travers, c'est celle de pillage. Quand les gens, au péril de leur vie, vont dans les décombres chercher de quoi boire et se nourrir avant que des grues ne viennent tout raser, cela ne s'apparente pas à du pillage mais à de la survie. Il y aura sans doute du pillage plus tard, car toute ville de deux millions d'habitants possède son quota de bandits, mais jusqu'ici ce que j'ai vu ce ne sont que des gens qui font ce qu'ils peuvent pour survivre.

"
Les Haïtiens espèrent beaucoup de la communauté internationale. Si des choses sont décidées à un très haut niveau, dans le cadre d'un vaste plan de reconstruction, alors les Haïtiens sont prêts à accepter cette dernière souffrance. La représentation de l'Etat, à travers le gouvernement décimé, étant touchée, c'est le moment d'aller droit vers le peuple et de faire enfin quelque chose d'audacieux pour ce pays.


Texte -  Dany Laferrière   Photos - Ma Solange Oussou

PS : in Le Monde, le 16 01 2010

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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 18:36
Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, recevait dimanche soir à Paris, devant l’Union des patrons et des professionnels juifs de France (UPJF), un prix de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. (sic). Il a qualifié de « poison pour notre République » l’antisémitisme.

« Sur les neuf premiers mois de l’année, ce sont 704 faits (antisémites) qui ont été recensés: 123 “actions” et 581 menaces, qu’il s’agisse d’agressions verbales, de dégradations de bâtiments ou d’inscriptions ». La suite est de lui et de Libération.

« Cela représente plus du double des manifestations d’antisémitisme recensées lors des neuf premiers mois de 2008 : « 350, dont 99 actions et 251 menaces », selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur. L’augmentation d’une année sur l’autre des manifestations d’antisémitisme (+101,14%), est principalement due à celle des menaces (+131,47%), les actes marquant, eux, une hausse de 24,24%. Quant aux manifestations « racistes et xénophobes », autres qu’antisémites, « nous avons recensé, au premier semestre 2009, 127 “actions”, dont les deux tiers sont des atteintes aux personnes et 467 menaces et actes d’intimidation », a indiqué Hortefeux. 

Depuis 2003, les actes antisémites sont recensés à la fois par la police-gendarmerie et le service de protection de la communauté juive, qui confrontent leurs données (plaintes et déclarations) pour établir en commun les statistiques définitives. L’augmentation constatée en 2009 est « en partie clairement liée à la situation internationale », notamment l’exacerbation du conflit israélo-palestinien en janvier, selon le ministre. Il a rappelé qu’un « programme de subventions pour la sécurisation des lieux de cultes et des structures culturelles de la communauté juive portant sur 5 ans » avait été mis en place depuis 2004. Quinze millions d’euros ont ainsi été investis dans ce « programme de travaux » qui a notamment permis la sécurisation, par alarme et videosurveillance, de « 349 bâtiments, dont 107 écoles et crèches, 81 associations et centres communautaires et 161 synagogues ».

Par honnêteté, signalons ces quelques lignes, en fin d'article... « Il est revenu sur les dégradations découvertes dimanche matin à la mosquée de Castres : « Deux oreilles de porc agrafées sur le battant de la porte d’entrée, deux pieds de porc scotchés sur la poignée de l’autre battant, avec, au-dessus, une croix gammée », a-t-il détaillé. « Je le dis avec force, le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme n’ont pas leur place en France (…) il n’y a pas de place dans notre pays pour les extrémismes, d’où qu’ils viennent ».

 

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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 11:11

 

Interview de Michel Platini dans l’Equipe Magazine (le seul journal qui réussit encore à nous faire croire de temps en temps à la nature humaine) du samedi 7 novembre 2009 : petit relevé des phrases qui montrent qu’il fait partie « des grands ». 


1/ À la question « Où serez vous les 14 et 18 novembre prochains » (dates des matchs de barrage France – Irlande), répondre « au Kazakhstan ». 

2/ Tuer les débats de branleurs : « Il n’y a plus de foot irlandais, allemand, italien... Les joueurs voyagent. Le foot s’est mondialisé ». 

3/ Avoir du bon sens : « Les meilleurs partiront s’ils ont envie de partir, parce que, de toute manière, ils gagneront plus à l’étranger », « comment faire accepter au public que des gars qui gagnent des millions puissent bénéficier d’avantages non accessibles aux salariés ordinaires ? » 

4/ Défendre des bases économiques saines : « Je n’ai qu’un credo : que les clubs ne dépensent pas plus d’argent qu’ils en génèrent. » 

5/ Humilier du journaleux : asséner un « Vous n’avez pas une question plus intelligente ? » ; répondre « rien » à « Que vous inspire le tirage au sort des Bleus ? ».  

6/ Défendre les concepts de nation et d’identité sans être un chauvin et un franchouillard type « on est les meilleurs ». D’un côté dire : « en Allemagne, un club doit appartenir à 51% a minima à un Allemand, et ça, j’aime bien. En Angleterre, c’est différent. [...] De voir les familles royales du Golfe venir s’amuser avec les clubs anglais, ça ne me parle pas. » De l’autre, répondre « Que voulez-vous que ça me fasse ? » à « Que vous inspirent les performances des clubs français en Ligue des champions cette saison ? » 

7/ Imposer son statut : « Je suis le président de l’UEFA et je veux rester en dehors de tout ça » : un président n’est pas un supporter. 

8/ Relativiser ce putain de football : « Si elle (l’équipe de France) y va (au Mondial), c’est bien ; si elle n’y va pas, c’est qu’elle ne méritait pas de gagner. » ; « Le foot, c’est un éternel recommencement. » ; « Moi je supporte le foot. La victoire et la défaite font partie du jeu. Il n’y a pas de drame là-dedans. »


Texte - EI

 

Par Gri-Gri International - Publié dans : En forme
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