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Dimanche 19 mai 2013 7 19 /05 /Mai /2013 09:45

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Petite révolution financière à prévoir en Angola ... et plus largement dans le secteur pétrolier et sur le marché des devises.

Une nouvelle loi impactant directement les compagnies pétrolières devrait faire du bruit dans le Landerneau … et bien au delà. Cette dernière impose aux majors opérant dans ce pays – important producteur de pétrole – et à leurs prestataires de services de régler leurs dépenses en monnaie locale (à compter du 1er juillet 2013) et via un compte bancaire domicilié en Angola. De quoi bouleverser la donne … Alors que ces paiements s’effectuaient jusqu’à présent principalement à l’étranger et en dollars.
Les économistes estiment ainsi que le système bancaire angolais va devoir faire face à un afflux massif de capitaux et à une augmentation importante du nombre de transactions s’il veut pouvoir répondre aux besoins des acteurs pétroliers.
Si le Fonds monétaire international (FMI) se réjouit pour sa part de la mise en œuvre progressive de la loi, estimant qu’elle devrait permettre le développement du secteur financier et encourager l’innovation, il redoute toutefois que les banques locales voient leurs résultats croître très rapidement. Ce qui, le cas échéant, créerait un terrain propice à la prise de risque et à l’explosion du recours au crédit, selon lui.
Le gouverneur de la banque centrale, José Massano, n’y voit quant à lui que des avantages, estimant que la nouvelle législation permettra au pays de gérer les flux financiers du pétrole grâce aux capitaux qui passeront désormais par la banque centrale d’Angola. Selon lui, les nouvelles mesures, devraient doper l’économie nationale et équilibrer le marché des changes angolais.
Toutefois, la banque centrale angolaise a tenu à souligner la nécessité de garantir la stabilité de la monnaie nationale, des réserves de change et du volume de liquidités en circulation pour éviter toute inflation et tout déséquilibre budgétaire.

A noter que l’industrie pétrolière génère 75% des recettes du pays et 45% de son produit intérieur brut (PIB), l’Angola étant le deuxième producteur de pétrole en Afrique après le Nigeria. Or, selon certains experts, les frais de change de devises que devront supporter prestataires et compagnies pétrolières devraient accroître le coût global de la production de pétrole.
Mais Washington pourrait trouver à redire de telles modalités qui devraient réduire l’importance du dollar dans l’économie angolaise, tout en permettant à l’Angola de diminuer sa dépendance par rapport au secteur pétrolier … et notamment aux majors pétrolières, qui plus est, américaines, telles que Chevron, moteur sur le GNL.
Affaire à surveiller de près, alors que Jean-Louis Gelot, le président de l’Association des entreprises de service de l’industrie pétrolière angolaise (AECIPA) s’alarme d’ores et déjà du risque d’impayés  et au delà des éventuels arrêts de production des installations off-shore très coûteuses qui pourraient résulter de la mise en place de la nouvelle législation.
A l’heure actuelle, les compagnies pétrolières présentes (Total, BP, Chevron, Exxon, Statoil et ENI) ont précisé que la mise en oeuvre de la réforme se fait de façon progressive, en vue d’éviter tout blocage. BP a d’ores et déjà indiqué que les salaires versés « continueront à être indexés sur le dollar pendant plusieurs mois ».
En février dernier, le vice-gouverneur de la Banque Nationale d’Angola (BNA), António André Lopes, a indiqué que l’établissement qu’il dirige menait actuellement des actions visant à corriger l’usage coutumier du dollar américain comme moyen de payement dans les transactions domestiques en parallèle au Kwanza (monnaie nationale).
António André Lopes avait alors déclaré que la BNA fournit des efforts en vue de combattre la dollarisation de l’ économie angolaise, faisant en sorte que le kwanza soit l’unique monnaie à être utilisée pour les payements domestiques, au niveau national.

“Les payements doivent s’effectuer en monnaie nationale et c’est seulement en cas de payement à l’extérieur qu’on peut recourir au dollar ou à d’autres monnaies étrangères, mais à travers des mécanismes établis par la BNA”, a soutenu le vice-gouverneur, lors d’une présentation des nouvelles notes et monnaies de la nouvelle famille de Kwanza.
Mais d’autres éléments d’incertitudes demeurent : la capacité du secteur bancaire angolais à pouvoir gérer les 10 milliards de dollars qui devraient y transiter annuellement, alors que le pays n’accueille à l’heure actuelle que très peu de banques internationales.

Sources : AFP, Angola Presse
Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  - 2 mai 2013

Par Blogfinances dr www.legrigriinternational.com - Publié dans : Economie - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 15 mars 2013 5 15 /03 /Mars /2013 09:00

MAROCSAH.jpg 

Assalam,
Les négociations entre l’Union Européenne et le Maroc concernant le renouvellement des accords de pêche qui permettent aux entreprises européennes essentiellement espagnoles, françaises et portugaises d’exploiter industriellement la ressource halieutique au large du Maroc moyennant une compensation financière annuelle en euros ne semblent pas aboutir.
Le feuilleton en plusieurs épisodes a débuté fin 2011 lorsque le Parlement européen, instance consultative et sans pouvoir législatif aucun, a remis en cause la pertinence économique et la légalité sur le plan international de ce partenariat discuté depuis 2005 et entré en vigueur en 2007. (1) Le cinquième tour du marchandage s’est déroulé à Rabat les 11 et 12 février sans qu’un consensus n’ait été dégagé. La partie marocaine avance des divergences sur l’appréciation de prix pour la concession qui justifierait cet échec. L’Européenne dans sa version nordique menée par les pays scandinaves prétend qu’elle a défendu le droit des Sahraouis puisque la question de l’attribution de cette zone longtemps occupée par l’Espagne et revendiquée par un mouvement sécessionniste n’a pas été tranchée. Il est à remarquer que la somme de la concession annuelle contestée par l’UE, 36 millions d’euros, est dérisoire comparée aux 3 milliards de dollars, prix provisoire de départ qui ne comprend pas les expropriations et la précarisation des familles vivant sur les terres qui seront soustraites à l’agriculture, que va coûter le TGV Casablanca Tanger qui seront empruntés au profit de l’industrie bancaire et ferroviaire française par exemple. Elle semble importer cependant pour les gouvernements espagnols et français qui doivent assurer un certain niveau d’activité pour leurs industries de pêche, les ports et les chantiers navals attenants.

La location des eaux territoriales marocaines cédées à une exploitation étrangère conduit à la dévastation sans doute irréversible d’un capital halieutique national, elle concentre par ailleurs un nœud de questions où s’entrecroisent des contradictions multiples.
D’un côté, l’Union Européenne y est écartelée entre ses pôles sud et nord qui n’y ont pas le même profit pas les mêmes intérêts, elle invoque les prétentions du droit international jamais respecté quand les avantages occidentaux en seraient endommagés. De l’autre, un pays du Sud, protégé jusqu’à un certain point par des parrains du bloc occidental, se trouve  en position de contestation de certaines positions de ce même bloc.

Parmi les éléments de la mosaïque européenne ligotée par l’accumulation de décisions économiques prises par des commissions où la représentation "nationale" tient compte du poids économique de chacun, il se trouvera toujours un État membre qui s’estimera lésé par la répartition de ses contributions. Le gouvernement concerné le fera savoir aux électeurs en temps voulu comme preuve de sa bonne foi et accessoirement de son impuissance consentie.
Le promoteur du rejet de la prolongation de l’accord, l’eurodéputé libéral finlandais Carl Haglund, a argué du faible rapport coût – bénéfice pour l’UE (1 euro pour 83 centimes selon le rapport d’Oceanic Developpement). Mais il avance aussi l’appauvrissement de la ressource par capture excessive des espèces démersales, l’inefficacité des ressources allouées à renforcer la pêche locale et d’aide à la population du Sahara occidental. Or sur les 119 permis de pêche accordés aux armateurs européens, une centaine a été octroyée aux navires espagnols, lesquels ont bénéficié de privilèges exorbitants comme la pêche à la lumière interdite aux navires marocains. Les captures espagnoles étaient débarquées dans les ports espagnols contrairement à l’accord qui prévoyait qu’elles auraient dû l’être dans les ports marocains. Il est normal que l’Espagne contributeur bien plus important que la Norvège, la Finlande et le Danemark au budget de l’UE fasse mauvaise figure et tente de relancer la procédure. Le gouvernement espagnol s’est empressé de demander en compensation  le manque à gagner pour ses pêcheurs qu’il a estimé à plus de 30 millions d’euros, là nous sommes très près du montant jusque là alloué au Maroc et désormais jugé surestimé.

Le gouvernement marocain dans cette circonstance a exposé ses ressources halieutiques au pillage pur et simple car il est dépourvu des moyens de contrôle pour faire respecter les clauses qui restreignent et encadrent les autorisations de pêche. Une compensation à l’épuisement de cette ressource a été prévue à l’ordre du jour de la convention. Sur les 36 millions d’euros, près du tiers aurait dû être consacré à promouvoir le secteur de la pêche durable nationale de ses eaux. D’après le rapport d’Europaportalen, seulement 15% de cette somme a servi à développer la pêche marocaine. Les 85% de différence ont disparu dans des poches insondables pour une comptabilité à peu près normalisée.
Une liste des principaux bénéficiaires marocains de licence de pêche est connue depuis sa publication par un journal marocain Akhbar Al Youm. Les deux premiers et les plus importants sont d’abord le Lieutenant Général Abdelaziz Bennani, actuel Commandant de la zone Sud (2), les généraux Hosni Benslimane et Kadiri ne semblent pas être de reste dans la distribution de la manne. (3) L’ancien ambassadeur étasunien au Maroc, Thomas Riley faisait état de l’usage immodéré du Général Bennani de sa position pour accroître sa fortune personnelle, comme le révèle le contenu du câble Wikileaks 727 08. Ces licences accordées à des Marocains seraient aussitôt concédées à des exploitants étrangers. Les pêcheurs traditionnels sont désormais condamnés à des prises dérisoires (revenu de 100dh/jour soit moins de 10 euros par sortie) et adoptent des métiers complémentaires.
Cet apport très appréciable en protéines est devenu rare et coûteux, l’autosuffisance alimentaire de cette partie de l’Afrique est compromise. Une autre réalité pointe sous les revendications de la confédération de la pêche côtière marocaine qui s’oppose à toute reconduction de ce protocole qui a généré une surexploitation des pêcheries et une baisse constante des ressources halieutiques. Le tonnage débarqué au cours de l’année 2011 a connu un repli de 24%. Actuellement, les cinq dernières années ont été marquées par une baisse constante des captures. Continuées à ce rythme, dans moins de dix ans, elles deviendront nulles.

Au total, le Parlement européen par sa décision du 14 décembre 2011 n’a fait qu’acter le constat de la baisse de la rentabilité du protocole à 36 millions d’euros. Nous n’achetons plus puisqu’il est avéré qu’il y a de moins en moins à prendre. Il froisse les intérêts personnels de quelques puissants notables marocains tout en offrant la parade droidelomiste d’une défense du droit des Sahraouis à s’autodéterminer et s’autogouverner.

Parce que litige il y a sur les limites territoriales du Maroc. Mais avant d’aller plus loin, il faut signaler que pour une pêche perdue, la nasse n’est pas percée pour autant pour l’Europe, ici la France dans ces eaux territoriales. Total réalise depuis un an, le contrat vient d’être renouvelé en janvier 2013, des études basées sur des techniques sismiques à la recherche de poches d’hydrocarbures dans la zone. La multinationale Total exécute l’exploration des fonds marins avec le concours de la compagnie nationale chinoise CNPC.

Lors de la proclamation de l’indépendance du Maroc en mars et avril 1956 la partie sous domination de l’Espagne dans le Sud depuis 1884 a été omise. La notion de souveraineté et de territoire national ici n’a pas l’acception telle que déterminée par l’occident qui a fini par la forger au travers des multiples guerres intra-européennes achevées en 1945. Les zones lointaines du pouvoir central s’auto-administraient mais prêtaient allégeance au sultan du Maroc, payaient tribut et participaient à la défense de la nation. L’autorité du sultan n’était parfois matérialisée que par un ou deux représentants comme dans le Rif dont les tribus avaient eu la charge pendant des siècles de la protection contre les ambitions espagnoles et portugaises. Elles étaient dispensées pour cette raison de payer l’impôt.
La monarchie ibérique a pris pied sur les côtes du Sahara occidental, préoccupée de conserver des comptoirs face aux îles Canaries en sa possession depuis 1479, étape importante pour les routes maritimes vers l’Amérique, l’Afrique australe et l’Asie.
Il avait fallu la remontée de l’armée française en Mauritanie après la conquête de l’Algérie et de la Tunisie pour que s’organise une véritable résistance à l’occupation de la zone intérieure. L’histoire de la résistance de cette partie du Sahara ne diffère pas de celles des autres régions du Maroc, qui ont dû s’organiser au nom d’une guerre sainte contre le colon indépendamment d’un pouvoir central failli. (*) La résistance du Sahara ne s’éteindra qu’en 1934 quand les Français s’emparent de Tindouf  et que les Espagnols occupent Smara et Ifni avec l’appui d’auxiliaires recrutés parmi les nomades.
Le Maroc conduit cependant une guerre en octobre 1957 pour libérer l’enclave d’Ifni et Rio de Oro, tentative vite terminée par la destruction de l’armée de libération du sud sous l’action conjuguée de la France et de l’Espagne en février 1958. Cet épisode mal documenté encore a permis l’élimination d’une Armée de Libération patriote, séquelle indésirable d’un mouvement de résistance indépendant du pouvoir central installé par la France avant son départ symbolique.
La question du Sahara occidental était régulièrement posée devant l’ONU par le Maroc depuis 1963. La France s’abstenait, les USA, le RU et l’Espagne votaient contre régulièrement.
Hassan affrontait une situation intérieure périlleuse même s’il emprisonnait et faisait disparaître toute opposition organisée ou suspectée. La fin du franquisme lui a offert l’idée de créer un show télévisuel, sans doute la première entreprise de spectacle politique d’une dimension inouïe qui a concerné des millions de figurants. Le peuple marocain était invité à participer à une grande marche. Sur des milliers de kilomètres, les Marocains ont rejoint leur Sud.
Le mouvement autonomiste sahraoui, né essentiellement parmi des étudiants de gauche à Rabat dans les années dites de plomb du début des années soixante-dix a trouvé une aide diplomatique, financière et militaire auprès de l’Algérie et de la Libye. La persistance de ce conflit coûte très cher à l’État marocain qui y écoule la plus grande part de ses efforts militaires depuis maintenant trente ans. Quand des tentatives de négociations sont entamées, elles se font entre les gouvernements algérien et marocain, comme s’il s’agissait d’un territoire disputé entre eux. Il est l’une des raisons majeures qui empêchent la réalisation d’un Maghreb uni, avec libre circulation des hommes et des biens. Un dosage savant des appuis des puissances tutélaires enkyste le problème. Le dernier voyage de Hollande donne à la France la prospection et l’exploitation des gaz de schiste, cette bulle qui absorbera et fera fondre les réserves de devises de l’État algérien. Les banques françaises drainent les économies des Marocains, elles y font des profits qu’elles ne réalisent pas en métropole. Il va sans dire, la dette de l’État marocain s’aggrave, l’armement est franco-américain. Une nouvelle ère de l’emprisonnement politique est ouverte au Maroc, comme une nouvelle saison de chasse
Avec la pêche au thon et à la sardine s’exhibe le processus des relations entre dominés et dominants, chacun adoptant une position alternative de corrompu - corrupteur.
Il reste ceux que l’on spolie.
Le peuple marocain est assujetti au paiement des intérêts d’une dette odieuse pour une guerre qui ne dit pas son nom et l’achat d’équipements inutiles.
Le peuple du Sahara qui en dehors de ses élites tournées vers l’Algérie ou ralliées au pouvoir marocain est séquestré dans des camps de réfugiés à Tindouf avec des ressources amoindries par l’assèchement de l’aide internationale ou exposé à la précarité du chômage.
Que peuvent faire des hommes autrefois libres sédentarisés dépendant d’un travail salarié inexistant ?
Fin 2010, des Sahraouis avaient organisé un campement de protestation à Gdim Izik près de Laayoune, l’une des villes administrées par Rabat. Trois mille tentes abritaient 15 000 personnes. (4) Son démantèlement par la gendarmerie a donné lieu à un affrontement qui aurait fait onze morts et plusieurs blessés parmi les forces de l’ordre et  deux tués et quelques blessés parmi les protestataires.
Le 25 février 2013, les 25 prisonniers Sahraouis détenus à l’occasion de cette Intifada pour des droits sociaux ont été jugés par un tribunal d’exception militaire. 9 ont été condamnés à la perpétuité, 4 à trente ans, sept à 25 ans, trois à 20ans et les deux derniers à deux ans.
Une deuxième version de l’emprisonnement politique est ouverte au Maroc depuis quelques années. La résorption des tensions est tentée au travers de festivals de world musique sans doute mis en scène par une succursale de Richard Attias ou assimilée. Ces spectacles où des cachets faramineux sont payés à des Elton John drainent des foules qui ne rêvent plus patrie mais comment s’en extraire en gagnant la mer par pateras.
Frontex veille aux grain, et les candidats à l’émigration nourrissent les poissons, eux-mêmes menacés de disparition.

Photo - dr   Texte - Badia Benjelloun 24 février 2013

Par Badia Benjelloun dr www.legrigriinternational.com - Publié dans : Economie - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 8 mars 2013 5 08 /03 /Mars /2013 08:10
Par dr www.legrigriinternational.com - Publié dans : Economie - Communauté : Afrique panafricaine
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Dimanche 6 janvier 2013 7 06 /01 /Jan /2013 16:00

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Loin de remettre en cause l’héritage d’un demi-siècle d’ingérence économique en Afrique, le gouvernement multiplie les gestes et déclarations d’allégeance aux entrepreneurs français, se montrant plus soucieux de contenir la concurrence internationale dans « leur » pré-carré que de s’attaquer à ce pan de la Françafrique.

Le 4 octobre, le ministère de l’économie et des finances célébrait en grande pompe le quarantième anniversaire des accords de coopération monétaire du franc CFA et du franc comorien, en présence, entre autres, des ministres des Finances des pays concernés et des gouverneurs des Banques centrales des trois zones monétaires (Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Comores).

Invité d’honneur, Alassane Ouattara, installé à la présidence ivoirienne grâce à l’armée française, a déclaré voir en ces accords « le symbole de la qualité et de la profondeur des liens économiques, culturels et politiques qui unissent l’Afrique à la France ». Jusque là, rien de nouveau ni de surprenant, sauf si l’on espérait qu’à l’occasion de son retour au pouvoir, la gauche française ouvrirait le débat sur cette ingérence historique de la France dans les affaires monétaires -et donc économiques- d’une quinzaine de pays d’Afrique.

Moscovici, ou la mission éducatrice de la France

C’était compter sans la capacité à nous surprendre du gouvernement, qui ne se contente pas de prolonger benoîtement certaines politiques prédatrices, mais innove fièrement dans le paternalisme de mauvais goût.

500 F CFA 3 nov 2012 www.legrigriinternational.com 
3/11/2012. 50ème anniversaire de la BCEAO. Nouveau billet.

Ainsi, le même jour, le ministre de l’économie et des finances français, Pierre Moscovici, cosignait avec Alassane Ouattara une tribune publiée dans le Figaro – un journal plus lu que d’autres dans les milieux d’affaires, diront les mauvaises langues. Ils y affirmaient leur volonté de « se tourner vers l’avenir », ce qui impliquerait notamment de « promouvoir des contrats commerciaux justes et équitables. (...) L’aide au développement doit apporter aux États africains un appui juridique et financier renforcé pour mieux négocier les contrats qui les lient aux entreprises internationales. Une initiative sera prise en ce sens lors de notre réunion ».

Dès le lendemain, des médias africains diffusaient cette info selon laquelle « Paris souhaite aider les Etats africains à négocier les contrats internationaux », avec la même générosité désintéressée que le lion apprenant à la gazelle à chercher les meilleurs points d’eau. C’est sûr que Paris a l’expérience de telles négociations : plus de cinquante ans de contrats léonins pour les entreprises françaises, privées ou publiques, ça permet d’établir un catalogue complet des « bonnes pratiques ». Pour justifier l’imposture, les deux Tartuffes affirmaient dans le même élan que « le temps de l’exploitation outrancière des réserves africaines est heureusement révolu » : ça ne coûte rien de l’affirmer, et surtout ça permet de justifier l’activisme diplomatique en faveur du maintien du pillage.

Canfin et le « savoir-faire français »

Car après tout, l’économie française a besoin des « pays en développement ». C’est ce qu’avait affirmé à Médiapart (16 juillet) le ministre délégué au développement Pascal Canfin : « Nous avons un problème de déficit commercial. Il n’est donc pas illégitime que la diplomatie française travaille à le réduire. La mauvaise façon de le faire serait, en ce qui concerne le champ dont j’ai la responsabilité, de lier les aides publiques au développement à l’obtention de marchés pour les entreprises françaises ».

L’aide liée, pourtant, ça marche bien :le rapport que la Cour des Comptes a publié fin juin explique par exemple comment, de 2001 à 2011, le versement d’un euro « d’aide » a rapporté entre 5 et 10 euros de contrats pour les entreprises françaises lorsque cela se faisait via des dispositifs ayant comme condition préalable d’avoir recours à nos vaillants entrepreneurs.

Le problème, c’est que c’est mal vu par les autres bailleurs internationaux et que le Parti socialiste s’est régulièrement insurgé contre le maintien de tels dispositifs, pendant les dix années passées dans l’opposition. Mais la suite du propos de Pascal Canfin montre que ça n’est pas un problème : « Mais si l’on peut développer notre aide dans des secteurs où il existe un savoir-faire français, comme l’assainissement ou les services urbains, (...) c’est une bonne chose ».

Cela tombe bien, dans l’ensemble du pré-carré françafricain, cinquante ans d’ingérence économique ont conduit à éviter l’émergence d’un « savoir-faire local » et à maintenir la prédominance des entreprises françaises. Surtout, que le ministre du « développement » continue de ne pas s’interroger sur les dynamiques historiques qui ont conduit à cette situation. Les trois milliards d’euros prochainement déversés en Côte d’Ivoire à la faveur de son « Contrat désendettement développement », ou C2D (Billets n°217, octobre 2012), pourront ainsi continuer à gonfler les carnets de commande parisiens.

Fabius, ministre du redressement productif en Françafrique

Laurent Fabius avait, quant à lui, expliqué début septembre son souhait de travailler à la relance des entreprises françaises... en Afrique. Ses discours prononcés lors de la XXème conférence annuelle des ambassadeurs, les 28 et 29 août, ont été l’occasion de ressortir le leit-motiv de la « diplomatie économique ». Voilà bientôt quinze ans que l’expression fait florès, puisque Jacques Chirac l’avait déjà employée au sommet Afrique-France de 1998.

Aussi décomplexé que l’était le ministre sarkozyste Alain Joyandet sur la question, Fabius veut encourager ce mélange des genres : « Nous avons besoin d’une diplomatie économique forte, active, réactive, efficace, à l’écoute de tous les acteurs économiques de « l’équipe de France ». En continuant de servir les intérêts généraux de la France, le ministère des Affaires étrangères doit devenir, aussi, le ministère des entreprises. Il doit renforcer son « réflexe économique », et les entreprises renforcer leur « réflexe diplomatie  ».

Même pas d’enrobage sur les prétendus bienfaits de la croissance économique sur le développement : Fabius parle ici de l’international en général, donc sans se limiter au pré-carré traditionnel ; il lorgne même plutôt vers les marchés à conquérir dans les économies dites « émergentes ». L’enjeu, c’est l’emploi en France, dont les statistiques guident les orientations politiques bien davantage qu’une éventuelle ligne idéologique : soutenir les entreprises à l’international (ou plus exactement, les dirigeants des entreprises), ça ne peut qu’être bon pour l’emploi en France, et même pour la planète. Pas besoin de le démontrer, il suffit de l’affirmer : « La diplomatie économique ­ – qui est aussi écologique – est la contribution directe que nous pouvons apporter à l’exigence de redressement économique. Nous faisons, vous faites déjà beaucoup et les entrepreneurs apprécient en général notre action. Mais le déficit considérable de notre commerce extérieur, juge de paix de notre compétitivité, montre que nous devons faire plus et mieux. Certes, l’administration ne remplace pas les entreprises et beaucoup d’autres ministères sont aussi concernés que nous, mais nous pouvons et devons les accompagner. Les défis de la croissance et de l’emploi se jouent, pour une part, à l’international ».

La France, puissance d’influence

Il n’y avait pas grand monde dans l’auditoire pour contredire le ministre : outre les diplomates, parmi les autres intervenants à cette conférence des ambassadeurs, le gratin de la Françafrique économique était présent. Les patrons de Total, d’Areva et de GDF-Suez faisaient par exemple partie des personnalités invitées à exposer leur point de vue, tout comme Philippe Gautier, directeur du MEDEF International, et Alexandre Vilgrain, président du CIAN (Conseil des investisseurs français en Afrique).

Quant à la table ronde sur « les stratégies à l’exportation de la filière nucléaire française », elle comptait parmi ses intervenants la ministre de l’écologie Delphine Batho... que l’on imagine mal souligner les ravages écologiques et sociaux d’Areva au Gabon, au Niger et en Centrafrique, par exemple. Il est également peu probable que la situation politique de ces pays ait été abordée dans la table ronde dédiée au continent, axée sur la thématique « L’Afrique, continent en croissance ».

De fait, les dictatures françafricaines ont comme toujours été absentes des discours du ministre des Affaires étrangères. Celui-ci a pourtant affirmé que « notre pays dispose d’une influence qui dépasse celle qui se déduirait des seules réalités matérielles. La France est bien une « puissance d’influence  ». On sait dès à présent au service de quels objectifs ce gouvernement souhaite utiliser cette influence.

PS : la titraille est de la rédaction

hotos - dr     Texte - Survie.org

Par Survie dr www.legrigriinternational.com - Publié dans : Economie - Communauté : Afrique panafricaine
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Mercredi 2 janvier 2013 3 02 /01 /Jan /2013 23:50
Par TV5 monde www.legrigriinternational.com - Publié dans : Economie - Communauté : Afrique panafricaine
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Samedi 15 décembre 2012 6 15 /12 /Déc /2012 01:00
Par Ma Solange Oussous Grégory Protche www.legrigriinternational.com - Publié dans : Economie - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 7 décembre 2012 5 07 /12 /Déc /2012 12:15
Par RTI www.legrigriinternational.com - Publié dans : Economie - Communauté : Afrique panafricaine
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Mardi 20 novembre 2012 2 20 /11 /Nov /2012 09:15

boureima alpha gado dr www.legrigriinternational.com

Historien et socio-économiste du développement rural le Pr Boureima Alpha Gado exerce à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université Abdou Moumouni de Niamey au Niger où il enseigne l'histoire économique du Sahel. Il est également Chargé de cours à la Faculté d'Agronomie (Centre Régional d'Enseignement Spécialisé en Agriculture / CRESA).
Chercheur associé au Laboratoire SEDET (Société en Developpement dans l'Espace et le Temps de l'Université de Paris 7), ses travaux sur les crises alimentaires au Sahel lui ont valu un prix du Centre National de Recherche Scientifique (CNRS / France).
Coauteur de l'ouvrage "Petit précis de remise à niveau sur l'histoire africaine à l'usage du président Sarkozy" dirigé par Mme Bâ Konaré qui recut le prix du livre anticolonial en 2009, il est parmi les initiateurs d'un Institut privé d'enseignement supérieur au sein duquel il anime un Master en sécurité alimentaire et nutritionnelle, prévention et gestion des catastrophes.

L'intervention du Pr Boureima Alpha Gado, ce jour, à 18H30, s'inscrit dans le cadre des conférences Françoise Giroud d'Action contre la faim.

www.actioncontrelafaim.org

Par dr www.legrigriinternational.com - Publié dans : Economie - Communauté : Afrique panafricaine
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Lundi 12 novembre 2012 1 12 /11 /Nov /2012 10:00

Sarko et Mimi Mathy Mil Pat Masioni www.legrigriinternational.com

(Agence Ecofin) - Le n°2 du gouvernement français, Laurent Fabius, et le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, sont aujourd’hui en visite officielle en Libye.

Selon le communiqué du Ministère des affaires étrangères français, Laurent Fabius sera le premier représentant d’un pays étranger invité à s’adresser au Congrès Général National, élu le 7 juillet dernier. Il s’entretiendra avec le président Mohamed Megarief et rencontrera également le premier ministre élu, Ali Zeidan, ainsi que les ministres de la Coopération internationale, de l’Industrie et du Pétrole.

Arnaud Montebourg abordera avec les autorités libyennes la possibilité d’une alliance entre les deux fonds souverains nationaux, Libyan Investment Authority et Fonds stratégique d’investissement, pour la reprise de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, située dans la circonscription électorale où Laurent Fabius a été élu pendant plus de 30 ans. « La France n'est pas étrangère à la libération de la Libye… Je vais demander au tribunal de commerce de surseoir à statuer pour prendre le temps qu'il faut pour permettre à nos amis libyens d'éventuellement investir dans cette raffinerie » a indique M. Montebourg.

Lire la suite (en particulier la passionnante liste des entreprises françaises liées à la Libye) ICI.

Par Ecofin Mil'Pat www.legrigriinternational.com - Publié dans : Economie - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 19 octobre 2012 5 19 /10 /Oct /2012 08:30
Par TV5 monde www.legrigriinternational.com - Publié dans : Economie - Communauté : Afrique panafricaine
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