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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction et son Ambassadrice Ma Solange Oussou.
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Littérature

Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /2010 11:20

Parc Jérôme Reijasse PSGJérôme Reijasse Parc PSG www.legrigriinternational.com

Samedi 8 mai. Alors que le monde célèbre en silence sous un vent franchement dégueulasse la victoire des alliés, je suis dans le métro, direction le Théâtre de l'Atelier, pour aller entendre Luchini dire des textes de Philippe Muray, Cioran, Nietzsche, invité par Rico, un ami aux goûts sûrs. Mon portable vibre, côté couille gauche. Karim, qui m'annonce qu'il est dans un magasin et qu'il reluque le dvd documentaire : PSG : 40 ANS DE FIÈVRE. 16 euros 99. Je lui réponds de me l'acheter illico. On le regardera le soir même, après le match Le Mans-PSG. Canal, lui, a décidé de diffuser le documentaire le lendemain, en prime  time. Devancer le temps, niquer l'exclusivité, toujours une obligation. Après une énième défaite de Paris, un CSC d'Armand en début de rencontre, on lance le dvd, les yeux déjà émerveillés. 40 ans, notre histoire, notre amour, là, en images, on rêve, on tremble, on espère... Produit par Emmanuel Chain, réalisé par Pierre Hurel et Damien Vercaemer, ce film d'1h30 se propose donc de remonter le temps... De tout dire, sans rien évacuer. Ah, les promesses pleuvent, comme d'habitude... Ça commence plutôt bien : de jolis plans presque cinéma sur nos tribunes, qui chantent, qui vibrent, qui vivent. Le Parc à l'honneur, notre vaisseau. Je suis ému, oui, je croise les doigts. On voit Hechter, Fontaine, Borelli, on replonge dans cette première victoire en coupe de France, Platini qui score mais qui pleure. Magnifique. Mustapha Dalheb, lui, n'a droit qu'à quelques secondes, une image furtive et puis bye bye. Ah bon ? Rocheteau, presque rien. Tiens tiens. On attend Susic. On se dit que le Yougo va bénéficier de quelques minutes glorieuses, quand même. Non. 20 secondes à peine. On écarquille, on comprend. Encore un travail bâclé, encore une arnaque médiatique, encore du vide maquillé à la va-vite. Merde. La réalisation s'effondre, chaque séquence étant entrecoupée de panneaux noirs avec des titres à rallonge, des commentaires faciles, voire inutiles plombant un peu plus l'ensemble. C'est un livre ou un documentaire ? Re-merde.

Le dvd insiste sur nos victoires, comme si c'était le plus important. Rien sur notre âme, notre coeur, nos tripes, notre appartenance. Certes, de revivre quasi en direct la chute du Real nous emplit de joie mais pour ça, Youtube aurait amplement suffi. Dahleb, Rocheteau, Safet zappés mais en revanche, on a droit à 5 bonnes minutes sur le débarquement de Noah, quand Denisot, pour emmerder Luis, engage le tennisman pour remotiver les troupes avant notre finale de coupe d'Europe. Hallucinations!!! Noah, c'est quoi dans notre histoire ? Rien, une anecdote, peut-être quelques joints échangés en coulisses avec Bernard et puis c'est tout. Mais ça dure, ça dure, ça n'en finit plus. Pire : le documentaire insiste lourdement sur les erreurs de Luis. Au marteau les interviews. Luis a déconné, Luis a coulé le PSG, limite (l'interview de Perpère est vraiment sale). Pauvre Luis, contraint de jouer seul les martyrs et les bourreaux. Pauleta, Ronnie, Raï témoignent et ça fait du bien. Ca ne sauvera pas ce dvd pourri mais ça fait du bien. Avant la fin, bing, un petit tour du côté de la violence des supporters. Histoire sans doute de se dédouaner. Pathétique. Le générique défile, on a déjà tout oublié. Le néant, à Paris, on est habitué, pas de problème. Mais là, ça vire quand même à la fête d'anniversaire ratée. Tous les intervenants ont l'air triste, ailleurs. Et les bonus ? Une cascade de buts historiques ? Un bêtisier (il y a de quoi faire, non ?), des images rares ? Bien sûr que non. Une pauvre suite de photos navrantes et les lignes de notre palmarès. Point barre. 40 ans de fièvre, annonçait fièrement le titre... Après 90 minutes, le thermomètre a malheureusement plutôt un goût de merde. Pauvre pays, pauvres journalistes, pauvre PSG, condamné à voir son histoire systématiquement piétinée par des éjaculateurs précoces. Mais pourquoi est-ce toujours aussi douloureux de se faire mettre de la sorte ?


Texte – Jérôme Reijasse   Photo – Ma Solange Oussou


PS : où acheter Parc le livre de Jérôme Reijasse ? 
http://www.parc-lelivre.fr/

Par Jérôme Reijasse www.legrigriinternational.com - Publié dans : Littérature - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /2009 14:47



Image - Ma Solange Oussou   ITV - Ma Solange Oussou, GP & Fatou Biramah

PS : Christophe Gros-Dubois a écrit le roman Punchlines, paru aux éditions Sarbacane en avril 2009.
PS 2 : en éditant la vidéo, une erreur s'est glissée, l'interview a bien été réalisée le vendredi 9 octobre 2009, et non le vendredi 9 septembre, comme le donne à penser la vidéo.


Par Gri-Gri International - Publié dans : Littérature - Communauté : Afrique panafricaine
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 22:48


Jérôme Reijasse, l'auteur, Zoumana Camara, le joueur, Karim Boukercha, l'éditeur, à l'occasion de l'enregistrement d'une émission d'NRJ12 il y a quelques heures.




Le livre de Jérôme Reijasse, édité par Karim Boukercha, dans la collection Tard le soir, chez l'Oeil d'Horus



Au Parc des Princes, le soir de la dernière journée de championnat 2008-2009, Jérôme Reijasse, filmé par celui que nous appellerons désormais son éditeur... 
 

PS : où acheter Parc ? http://www.parc-lelivre.fr/ 
Par Gri-Gri International - Publié dans : Littérature
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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /2009 14:55

Juste avant le tragique PSG-Monaco de fin juin 2009, à l'occasion duquel PSG perdit toute chance d'accéder à la coupe de l'Uefa.
Jérôme Reijasse, auteur de Parc, distribue des tracts annonçant la sortie de son livre aux supporters.



Où acheter le livre : www.parc-lelivre.fr
Depuis peu, le livre est référencé en FNAC...

Images - le numérique à Boukrcha's come back
Par Gri-Gri International - Publié dans : Littérature
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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 07:01

Cher Gri-Gri,

Un jour, pour provoquer son auditoire – mais il le pensait certainement – un ami a dit que les belles femmes étaient toujours intelligentes. À ce moment-là, j’ai seulement pris cette phrase pour un double compliment… et puis j’ai oublié. Mais depuis quelque temps, cette phrase me revient à l’esprit régulièrement. J’y repense, elle me fait toujours sourire mais jusqu’à il y a quelques jours je ne savais pas pour quoi elle surgissait inopinément. J’ai trouvé… C’est un petit ouvrage qui a réveillé ce souvenir. J’ai tendance à penser que, plus qu’aux femmes, cette petite affirmation convient parfaitement aux textes : les textes bien écrits sont forcément justes. Je me suis dit que ça te plairait pas mal de lire un bouquin qui peut affirmer son propos avec à la fois autant de justesse et de mauvaise foi que tu es capable de le faire…

Il y a donc, ce texte paru aux éditions La Fabrique, L’Insurrection qui vient.
Un texte tellement indéfinissable que toute tentative revient à l’amputer immanquablement d’une partie de sa définition… Essayons quand même : le terme peut-être le plus proche serait celui de pamphlet. Mais alors un pamphlet dans la plus pure tradition : un texte écrit, généralement court, dont l’auteur est souvent inconnu, dont le ton est virulent, parfois violent, souvent satirique. Un texte, en tous cas, dont la force tient à la fois à la forme et au fond. Les deux étant inextricablement liés pour servir, plus qu’un propos, un sentiment.

Ici, c’est une colère sourde, ancienne, profondément ancrée, un dégoût profond pour un modèle de société, un modèle de vie, qu’il faudrait accepter tel quel, sans dire mot. C’est un bouillonnement de force vive qui refuse de se laisser éteindre. C’est la force du refus ultime.
Le propos est juste : il n’est ni naïf, ni résigné. Il est solide : argumenté et engagé. Et pourtant, il met mal à l’aise, parce que l’humour ne sied pas au portrait désolant de la société urbaine, salariée, assagie car policée, du XXIème siècle. La tristesse, la révolte, la colère  iraient mieux. Mais la colère est en filigrane, elle suinte sous la drôlerie acide d’une comparaison absurde mais signifiante. Elle explose dans le lyrisme d’une phrase rythmée avec soin, dont la cadence croît comme les voix qui, petit à petit, d’un murmure, prennent courage et parviennent à hurler. À la violence quotidienne, celle du gouvernement et de sa politique policière, raciste, à la violence sociale que la pauvreté et l’exigence de compétitivité ne peuvent qu’attiser, répond la lucidité crue d’un texte qui semble jaillir d’un cœur et d’un esprit intelligent, informé, réfléchi, mais en colère, en révolte, et qui croit à la légitimité de sa révolte. C’est une parole qui jugule sa colère par sa propre sérénité, par la conscience de sa parfaite légitimité.

On n’adhère pas au propos de L’Insurrection qui vient, on s’y reconnaît, dans le refus dont il est porteur, mais aussi bien dans ce qu’il fustige. On culpabilise et on acquiesce tout à la fois. On est dedans et dehors. Comme ses/son auteur. Il y a une instabilité inexorable de ce texte c’est celle de ce que la rhétorique appelait la preuve éthique :
« Qui est celui qui parle ? » Ce n’est qu’à partir de la réponse à cette question que l’on peut réussir à savoir quel crédit accorder au propos. Ici, la négation même d’un auteur – le « comité invisible » –, mais plus encore cette impression diffuse que ceux-ci (ou celui-ci) ne se prennent pas tout à fait au sérieux tout au long du texte, cette impression de la multiplicité des voix, de l’absence d’une conduite à tenir, définie, dogmatique qu’il faudrait nécessairement adopter à la fin de la lecture, empêche de lire ce texte comme un manuel de l’insurrection, comme un petit pense-bête-et-méchant de la révolution. Ce texte fait tomber les écailles des yeux ; il permet la réflexion, il offre de ne jamais prendre pour définitif et véridique les discours, même pas lui-même.

A.

L’Insurrection qui vient, "pamphlet" dû au Collectif Invisible, paru aux Editions La Fabrique, à Paris et en 2007.



P.S. : Le petit extrait du film de Garrel, assez connu, que je joins n'est vraiment pas nécessaire, c'est juste que je n'arrêtais pas d'y penser en lisant et en écrivant.


« Personne ne sait ce qu’il se passe aujourd’hui parce que personne ne veut qu’il se passe quelque chose.

En réalité on ne sait jamais ce qui se passe on sait simplement ce qu’on veut qu’il se passe. C’est comme ça que les choses arrivent.

En 17, Lénine et ses camarades ne disaient pas nous allons faire la révolution parce que nous voulons la révolution. Ils disaient toutes les conditions de la révolution sont réunies la révolution est inéluctable. Ils ont fait la révolution qui n’aurait jamais eu lieu s’ils ne l’avaient pas faite et qu’ils n’auraient pas faite s’ils n’avaient pas pensé qu’elle était inéluctable uniquement parce qu’ils la voulaient.

Chaque fois que quelque chose a bougé dans ce monde ça a toujours été pour le pire.
Voila pourquoi personne ne bouge, personne n’ose provoquer l’avenir.

Faudrait être fou pour provoquer l’avenir.

Faudrait être fou pour risquer de provoquer un nouveau 19, un nouveau 14, un nouveau 37…
-    Alors il ne se passera jamais plus rien.
-    Si parce qu’il y aura toujours des fous, et des cons pour les suivre et des sages pour ne rien faire… »

Extraits du film Liberté, la nuit, de Philippe Garrel
Par Gri-Gri International - Publié dans : Littérature
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