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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 10:00

De gauche à droite, Miguel Macedo, ministre portugais de l'intérieur, et ses homologues français Manuel Valls, espagnol Jorge Fernandez Diaz et marocain Mohamed Hassad, le 20 février à Paris.

 

Deux semaines après la tragédie qui s'est déroulée le 6 février à Ceuta, où au moins douze migrants subsahariens ont trouvé la mort en tentant de rejoindre cette enclave espagnole située au nord du Maroc, l'immigration clandestine était à nouveau sur la table des discussions, jeudi 20 février, à Paris, entre les quatre ministres de l'intérieur « concernés par le détroit de Gilbraltar » représentant l'Espagne, la France, le Maroc et le Portugal.  

« Entre Tétouan et Nador [villes du nord du Maroc à proximité des deux enclaves espagnoles Ceuta et Melilla], plus de 2 000 personnes sont prêtes à mener des assauts en prenant des risques insensés, rapporte le ministre de l'intérieur marocain, Mohamed Hassad. Vous êtes obligés de ratisser jusqu'à 30 kilomètres en amont, mais nous assumons complètement cela. C'est quand même mieux que de prendre des risques démesurés.» 

« PASSAGES À TABAC »

Dans un rapport de 79 pages intitulé « Abus et expulsions », les mauvais traitements infligés aux migrants d'Afrique subsaharienne rendu public le 10 février, Human Rights Watch a dénoncé ces opérations.

« Les forces de sécurité marocaines soumettent régulièrement les migrants subsahariens dans le nord-est du pays à des passages à tabac ou à de mauvais traitements, et parfois les volent », écrit l'ONG. « Ces exactions persistent, ajoute HRW, malgré quelques améliorations dans le traitement des migrants depuis que le gouvernement a annoncé une nouvelle politique de migration. »

Soumis à de fortes pressions de la part des Européens, le Maroc a en effet infléchi sa ligne de conduite et tente de mettre sur pied aujourd'hui une politique d'accueil des migrants d'origine subsaharienne. Consigne a été donnée par le roi Mohammed VI : il ne s'agit plus seulement de les traquer mais de leur offrir des papiers pour rester sur place et régulariser ainsi leur situation.

 

 

Le roi Mohammed VI, ici le 18 février lors d'une visite au Mali.

 

Tout un virage dans un pays considéré jusqu'ici comme un territoire de transit où se trouvent, selon les autorités marocaines, 30 000 à 40 000 candidats au départ pour l'Europe. A la hâte, depuis le 2 janvier, des « bureaux des étrangers » ont donc été ouverts un peu partout, pour une durée de un an.

« Sa Majesté a pris la décision politique “on ouvre et on ouvre large” », souligne M. Hassad, qui s'exprimait jeudi devant quelques journalistes. Au 15 février, nous avons déjà reçu 11 000 demandes de régularisation, le rythme est de 300 à 400 inscriptions par jour ». Les antennes de Rabat et de Casablanca sont les plus sollicitées.

La seule condition imposée consiste à attester d'une présence au Maroc depuis cinq ans, mais dans la réalité, ce n'en est pas vraiment une. « Une lettre reçue de Guinée est une preuve, l'envoi d'argent, une ordonnance », détaille M. Hassad. Parfois même, il suffit de rien du tout. C'est ainsi que 4 000 réfugiés syriens – une population que le Maroc se rejette avec l'Algérie de part et d'autre des frontières en s'accusant mutuellement –, sont entrés dans la procédure.

« PÉRIL NOIR »

Cette dernière donne droit à un permis de travail et à l'accès à la formation ce qui, dans un pays où le chômage reste élevé et où les agressions racistes ont nettement augmenté ces derniers mois, ne va pas sans susciter quelques appréhensions. En novembre 2012, un magazine marocain avait suscité l'émoi en affichant sur sa « une » le titre « le péril noir ». En contrepartie de sa nouvelle politique, les autorités marocaines ont resserré la surveillance de leur frontières – « quinze mille agents de sécurité ne s'occupent que de ça », assure le ministre –, pour empêcher l'arrivée de nouveaux migrants et le groupement familial pour les personnes régularisées « n'est pas à l'ordre du jour ».

Aucune coopération, là encore, avec l'Algérie. « Ils font leur travail de leur côté, et nous du nôtre », tranche M. Hassad. « La pratique d'expulser sommairement les migrants à la frontière avec l'Algérie semble avoir cessé », reconnaît cependant HRW. La réunion à Paris a aussi été l'occasion de mettre l'accent a été mis sur la coopération en matière de fraude des papiers d'identité. Un bureau spécialisé sur ce sujet devrait être créé au Maroc avec l'aide des européens.

Retrouvez l'intégralité de l'article ICI.

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Published by Isabelle Mandraud dr Le Monde www.legrigriinternational.com - dans Politique
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