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Le Gri-Gri International           Satirique africain francophone

Né au Gabon en 2001

Trocadéro/PSG - Contribution de Jérôme Reijasse au Nouvel obs (+ la couv de son nouveau livre)

Publié le 15 Mai 2013 par Gri-Gri International in Jérôme Reijasse 7 jours loin du monde

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LE PLUS. Les Qataris en rêvaient : des joueurs parisiens brandissant le trophée de champion avec la Tour Eiffel an arrière-plan. La réalité fut un peu différente. Des débordements ont en effet perturbé une partie de la cérémonie du titre du PSG organisée au Trocadéro. Que retenir de ces heurts ? Par Jérôme Reijasse, journaliste et supporter du PSG, auteur de PARC, tribune K, bleu bas.

FOOTBALL. Dans ma télé, des jeunes qui galopent, des CRS qui galopent, des journalistes qui galopent. Et un pays qui craint le pire.  

Trocadéro. Le PSG voulait fêter avec ses supporters son titre de champion de France, 19 ans après le dernier sacre. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. Avec le PSG, rien ne se passe jamais comme prévu.

Les propriétaires du Qatar, intouchables, trop riches pour être lucides, trop loin pour comprendre, pensaient certainement que la victoire suffirait. Les médias aussi, évidemment.
 
Une valse virile et anecdotique
 
Et non. Très vite, ça s'agite. D'abord des ultras, chassés par le plan Leproux. À l'époque, l'excuse était de stopper la violence qui gangrénait les tribunes du Parc. Pour faire simple : les fachos (Boulogne) et les racailles (Auteuil), ça suffit. Et plutôt que de faire le tri, on avait alors puni tous les vrais passionnés. Eux, moi, tous. Leproux avait alors joué la carte de la morale (il y avait eu des morts, tout de même !). En fait, il préparait, avec Nicolas Sarkozy, l'arrivée en douceur des nouveaux propriétaires. Passons.

Les ultras dégainent quelques fumigènes, escaladent des échafaudages pour déployer une mélancolique et obsolète banderole "Liberté pour les Ultras". Il y a des chants partisans, une rancœur encore vivace, une tristesse encore à vif, on le sent, on le devine, on le voit. Rien de plus déchirant qu'un amour trahi. Mais rien de bien effrayant non plus.

J'entends dire que le vrai feu aux poudres serait venu de la sécurité qui aurait balancé sur ces jeunes gens trop excités une barrière de sécurité... Peut-être. Après, comme toujours, une jeunesse moins romantique (l'ultra, quoiqu'on en dise, est le dernier romantique de ce siècle), plus pragmatique, accélère les choses : elle hurle, casse, abîme, détrousse des touristes, convoque la violence.

Les images que la télévision diffuse en boucles, comme si elle désirait s'en abrutir, ne disent pourtant pas grand-chose. On aperçoit beaucoup de maillots récents, souvent floqués avec un chiffre de banlieue (93, 94, etc...) et le nom d'un joueur star (Beckham, Zlatan, Tiago Silva). Ce qui démontrerait bien que les vrais ultras (qui ont vite fait tourner un communiqué officiel, comme si cela allait changer quelque chose...) n'ont pas participé à cette valse virile et anecdotique, les ultras boycottant tous les produits dérivés du PSG depuis le plan Leproux. Mais ces images ne parlent pas, très peu.
 
Pascal Praud en prophète des ténèbres
 
En revanche, les intervenants cathodiques, eux, s'en donnent à cœur joie. Pascal Praud joue les prophètes des ténèbres (“Et si cet échafaudage s'était écroulé ? Et si, et si, et si...”). Des journalistes, des politiques, des personnalités ont l'air véritablement effondrés et pire, revanchards, comme si ce spectacle finalement assez médiocre, banal, symbolisait la fin d'un monde. Et que l'urgence dictait une réaction féroce, définitive. Rachida Dati évoque, ses larmes et ses cris contenus, la peur ressentie par les Parisiens et les touristes. C'est évidemment ridicule.

Lire la suite et la fin ICI.

PS : la titraille est de la rédaction

PS 2 : 7 Jours loin du monde, le nouveau livre de Jérôme Reijasse sort le 23 mai. 

PS 2 : teaser de 7 Jours loin du monde