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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 08:00
B President Tiken Jah Fakoly 11052011 1
C'est sorti il y a quelques heures, via les trop fameux observers de France 24 (chaîne d'info française d'État qui s'attribue indument et scandaleusement les images amateurs qu'elle trouve et attaque ensuite ceux qui les reprennent pas plus illégalement qu'elle... qui a l'oreille de la francophile dailymotion, mais moins celle de youtube).
C'est tellement significatif, systématique et représentatif de la manière complaisante dont les médias dominants français traient la Côte d'Ivoire de Ouattara, qu'il ne nous a pas semblé utile de commenter davantage qu'à l'aide parenthèses ironiques disséminées dans le texte même offert par France 24 pour accompagner cette vidéo (qui, une fois n'est pas coutume a été envoyée par son auteur à France 24, ce qui explique que nous nous contentions de relayer cette vidéo sans la revendiquer ou nous l'approprier).

Alors qu’il se rendait dans un village de Côte d’Ivoire pour inaugurer une école dont il a financé la construction, la star du reggae africain Tiken Jah Fakoly a fait l’objet d’une tentative de racket par un policier. Si l’histoire se termine bien, les images filmées par notre Observateur permettent de révéler, selon lui, "une pratique courante en Afrique".
La scène a été tournée début février et se déroule à quelques kilomètres d’Odienné, une ville du nord-ouest de la Côte d’Ivoire, près des frontières maliennes et guinéennes. (Ici, France 24 eût pu incidemment noter que c'est à Odienné que se trouve illégalement emprisonnée Simone Gbagbo). Tiken Jah Fakoly et une équipe de tournage sont sur la route en direction de Samesso, un village où le chanteur a fait construire une école de six classes qui porte son nom.
(Même si on est bien heureux pour les enfants qui fréquenteront les bancs de cette école, on peut s'étonner de voir une chaîne française d'État faire quasiment l'apologie d'un geste certes noble mais tragiquement significatif de l'état du système éducatif ivoirien au Nord... région qui depuis 2002 est de fait sous contrôle rebelle.... l'Unicef elle-même, en février 2011, s'en alarmait.)
 
Moctar Barry est caméraman burkinabè à Droit Libre TV, un site d’informations en ligne. (On rigole ou pas en découvrant que, comme par hasard, le caméraman qui suit Tiken Jah est burkinabé ? Non, c'est anecdotique, laissons tomber ça). Il vit à Bamako, au Mali. Il a filmé la scène dans la voiture de Tiken Jah Fakoly et nous a envoyé sa vidéo. (Pour une fois, France 24 ne s'est pas appropriée la vidéo, à noter aussi).
"En Côte d’Ivoire, mais aussi en Guinée, au Burkina Faso, au Mali… de nombreuses personnes sont victimes de rackets policiers. Il y a quelques années, Laurent Gbagbo [ancien président de la Côte d’Ivoire] avait lancé une campagne de lutte contre le racket des forces de l’ordre tant cette pratique était institutionnalisée dans la société ivoirienne. Mais cette mesure n’a rien changé. Et le problème perdure. (Et en deux ans de pouvoir global, ajouté au dix ans de pouvoir sur le Nord, ni Ouattara ni Soro n'ont jamais pu endiguer le phénomène ? Étonnant à nouvau que France 24 ne contextualise rien.)
Tiken Jah Fakoly, qui est connu dans toute l’Afrique (euh, tu t'avances, coco, il est connu chez les Francophones et encore, pas partout), y est encore plus soumis, mais sa notoriété l’autorise à dire non. (Elle pourrait, par porosité, lui permettre d'en parler à qui de droit, mais non, semble-t-il, sinon, depuis 10 ans, on serait venu à bout du fléau... au moins au Nord !) Les policiers savent que face à ce genre de personnalités, leur intransigeance pourrait leurs nuire. En revanche, ils se montrent moins conciliants avec un citoyen lambda.
"Les policiers nous prouvent qu'il est facile d'acheter leur silence"
Il y a quelques semaines, j’ai de nouveau été soumis à un contrôle à la frontière ivoiro-malienne alors que je me rendais sur les lieux d’un reportage. Le douanier m’a demandé de l’argent. J’ai alors fait comme aurait fait Tiken Jah dans pareille situation : j’ai refusé. Ce qui n’a pas du tout plu au douanier qui m’a alors confisqué tout mon matériel - caméras, ordinateurs, appareils photo… Pour tout récupérer, j’ai dû m’acquitter de 5 000 francs CFA [environ 8 euros].
(On ne saurait trop conseiller à notre ami, pour l'inévitable prochain racket policier en Côte d'Ivoire, d'appeler directement Tiken Jah... il agira sûrement et on n'en est plus à un passe-droit près. Te bile pas, Moctar, fais comme tout le monde !). 
En agissant de la sorte, les policiers nous prouvent qu’il est facile d’acheter leur silence. Pour les trafiquants d’armes ou de drogue, c’est du pain béni." 
Photos - dr     Vidéo - Moctar Barry    Texte - France24/Moctar Barry/GP

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Published by Moctar Barry France 24 www.legrigriinternational.com - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010
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