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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 11:36
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C’est en rendant visite à ma mamie de 97 ans, (je l’admire, elle lit et tricote énormément), pour lui souhaiter une bonne année que j’ai récupéré mon super livre relié : L’ABEILLE, Journal des Cadettes de France. Quand j’étais petite, je le dévorais régulièrement et avec fierté parce que ma mamie, (ma mamie en Jésus-Christ, comme elle aimait le dire), Erica Brucker, avait participé à sa rédaction. En fait, mon livre se compose de toutes les brochures mensuelles parues entre 1940 et 1944. Et arrivées avec l’armistice quand les journaux ont été interdits en zone occupée. D’ailleurs, dans une lettre adressée aux lectrices, fillettes d’une moyenne d’âge de dix ans, la rédaction explique parfaitement le combat de résistance qu’elle mène contre l’oppresseur où qu’il soit ; et là, sont évoqués les pays d’Afrique du Nord aussi bien que la Lorraine et la Belgique… Petite donc, je prenais mon livre, tournais les pages et m’arrêtais sur un numéro au hasard. Déjà les dates : juillet août 1944, août septembre 1941, me faisaient rêver. Ensuite, il y avait les histoires avec mes héroïnes récurrentes : Christine, Colette, Françoise, Jacqueline, je voulais ressembler à ces petites protestantes. Il leur arrivait toujours des choses simples mais formidables.

Christine rentre en classe, mais sa mère n’a pas pu lui acheter un tablier neuf faute de points. "Alors on a mis une bande au bas de celui-ci… je trouve ça affreux…" Et au fur à mesure les écolières racontent le jour de la Libération. Maryse déplore l’absence de Christine au moment où son père est parti "tondre ces espionnes qui avaient vendu de bons Français, des patriotes !" Mais Monique pense qu’on aurait dû les punir autrement. Jacqueline, en colonie, et de sortie exceptionnelle ce jour-là, a croisé les derniers Allemands sur la route. "Ils n’avaient qu’une envie : de se faire faire prisonniers." Christine n’a pas vu grand chose. À la ferme où elle était, "on suivait les évènements grâce à la T.S.F. Un jour, Claude, le domestique, est parti rejoindre le F.F.I." Elle a entendu les batailles de loin. Monique affirme "en baissant la voix que leur maîtresse a perdu un fils parti pour l’Algérie et mort sur le Front d’Italie." La cloche retentit, Jacqueline et Christine se rapprochent, mais non, la maîtresse annonce qu’elles seront rangées par ordre alphabétique aujourd’hui. Les deux amies ne seront pas côte à côte. En plus la voisine de Christine est une nouvelle à l’air sale et pouilleux. Mais lorsqu’elles doivent se lever pour chanter la Marseillaise, "émue sans regarder sa voisine Christine prend spontanément la main sale dans la sienne." Ça c’était ce que je préférais dans la gazette.

Bien sûr il y avait plein d’autres récits : sur des musiciens par exemple : Pâques avec Jean-Sébastien Bach, pas mal d’histoires venues d’ailleurs, (n’oublions pas que nous sommes dans un journal de missionnaires protestants) ; Oiseaux africains ou encore Ngashili, petite fille du pays Bamoun, des conseils, des recettes, des jeux ; Une journée de camp à la maison. Évidemment le feuilleton saga fleuve, La croix huguenote ou Les enfants Pèlerins, à suivre… Et comme dans tout magazine illustré digne de ce nom une petite BD à la fin : Buzzy-Buzzy la petite abeille. Ce petit journal protestant pour fillettes prônait l’œcuménisme et la solidarité en temps de guerre, le courage et la débrouillardise, et l’amour égal pour tous les enfants de celui pour qui n’existe aucune barrière ni ligne de démarcation : notre seigneur Jésus-Christ.

Texte - Princess Erika

 

PS : http://www.myspace.com/princesseerika

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