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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 20:38

Le 11 septembre, j’ai demandé le renouvellement de mon passeport, le Gabon ayant décidé d’adopter le passeport biométrique. Il devait m’être délivré le 21 septembre. Après sept rendez-vous sans suite, l’administration, en présence de mon avocat, m’a informé que ce document, pourtant établi, ne pouvait m’être délivré, car le fichier des services de renseignements mentionne mon interdiction de sortir du territoire, sur instruction de l’ancien ministre de l’Intérieur, André Mba Obame.

Pour justifier notre arrestation, devant la presse, le ministre de l’Intérieur avait affirmé qu’il détenait des preuves que Georges Mpaga, Gaston Asseko, Jean-Bernard Poaty, Marc Ona Essangui et moi étions au cœur d’un vaste complot visant à déstabiliser le chef de l’Etat, affirmant même que nous avions des ramifications en Afrique du Sud et au Canada. Mais, se réfugiant derrière un prétendu secret d’Etat, André Mba Obame n’a jamais apporté le moindre élément pouvant étayer ces accusations qui ne figurent même pas dans le dossier. Aucune preuve n’a donc été transmise ni au Parquet, ni au Secrétaire général de la Sécurité nationale, ni au ministre de la Justice, ni à la Cour de Sûreté de l’Etat, ni au président de la République, ni même à son successeur, au ministère de l’Intérieur.
Le prétexte de la détention d’une lettre séditieuse est insensé et il est frappant de voir le déséquilibre qui existe dans l’application de la loi, dans notre pays. En effet, Marc Ona Essangui, Georges Mpaga, Gaston Asseko, Jean-Bernard Poaty et moi avons été incarcérés. Les salaires de l’adjudant Poaty et le mien sont suspendus depuis maintenant dix mois. Il est inexplicable que le rédacteur de la lettre ouverte, pour laquelle nous sommes poursuivis, soit sorti du territoire avant notre incarcération, sans être inquiété. Il est rentré au Gabon au mois de juillet, a fait venir sa lettre ouverte interceptée par les services de renseignements à l’aéroport qui l’ont laissé passer et qui a été distribuée. Il a enregistré sa candidature à l’élection présidentielle qui a été acceptée. Enfin, alors que les candidats de l’opposition sont interdits de sortie du territoire suite aux troubles relatifs au contentieux électoral, Bruno Ben Moubamba a regagné la France, sans être inquiété par la police des frontières.

Après avoir saisi le ministre de la Justice, la Chambre administrative, la présidente de la Cour Constitutionnelle, un certain nombre de ministres, un Directeur général-adjoint à la Direction générale de la Documentation et de l’immigration, pour nos suspensions de salaire et la confiscation de mon passeport, le jeudi 15 octobre, je me suis rendu, avec mon avocat, chez le nouveau ministre de l’Intérieur qui nous a été indiqué comme seul habilité à lever la mesure prise par son prédécesseur. Mais il s’est déchargé sur « la décision du nouveau président », en me demandant de garantir que je n’allais pas à l’étranger pour parler de « ce qui vient de se passer ici », sous-entendu, le contentieux électoral.
Le droit au passeport découle de la liberté de circulation de tout citoyen. Sa délivrance ne saurait être subordonnée à un engagement à renoncer à mes libertés d’opinion et d’expression. Elle ne saurait non plus dépendre du bon vouloir subjectif d’un individu. Je défendrai, quoi qu’il en coûte, mon droit inaliénable à la libre circulation.
En m’empêchant de sortir du pays, Ali Bongo démontre que lui et André Mba Obame, comme je l’ai toujours décrit, sont les frères siamois du bongoïsme. S’il veut durer, le nouvel Etat policier qui s’est imposé au Gabon aurait tout intérêt à se réorienter vers la garantie les droits et libertés des citoyens.

Texte -
Grégory Ngbwa Mintsa

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Published by Gri-Gri International - dans Politique
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