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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 08:00

Mahan Gahé Basile

(…) Je voudrais tout d’abord vous dire que je suis heureux et fier de représenter la Cgt, de représenter son Secrétaire général Thierry Lepaon à ce Congrès extraordinaire de la Fesaci. La dernière fois que je suis venu en Côte d’Ivoire, cela remonte à 18 mois, c’était pour apporter toute notre solidarité à notre camarade et ami Basile Mahan Gahé Secrétaire général de Dignité.

Il était alors injustement emprisonné à Boundiali après avoir été sauvagement torturé ici à Abidjan. En grande partie grâce à vous, grâce à la solidarité internationale, Basile a été libéré, mais je ne vais pas ici épiloguer sur les raisons exactes de son décès. Chacun peut avoir son opinion, ses doutes ou ses convictions. Mais ce que nous partageons ici, unanimement je le crois, c’est la condamnation sans équivoque de ce qu’il a douloureusement et injustement subi physiquement et moralement.

C’est la condamnation des 660 jours de liberté qui lui ont été volés, arrachés sans le moindre jugement, et pour cause…

Je n’en dirai pas plus ici sur ce sujet, la colère, les blessures de l’âme et la tristesse n’ont pas besoin de grandes phrases. Basile, de cette tribune, au nom de la Cgt, au nom de nous tous ici rassemblés, je te salue, la Côte d’Ivoire, l’Histoire et le syndicalisme ne t’oublieront pas ! Comme je l’ai dit, je suis heureux et fier de participer à ce Congrès extraordinaire de la Fesaci. Je dis bien "La" Fesaci, parce qu’il n’y en a qu’une ! Celle qui n’est "cornaquée" par personne, ni par la cour suprême, ni par le gouvernement ivoirien. Celle qui est riche de 90.000 affiliés aujourd’hui, et 100.000 peut-être demain. Celle qui tend la main pour la réunification de la Centrale. Celle qui enfin tient Congrès aujourd’hui dans cette salle en présence d’une importante délégation de Dignité que je salue chaleureusement, en présence également de la Csi-Afrique et de plusieurs centrales syndicales venant de l’étranger. "La" Fesaci, pour nous c’est vous, et uniquement vous ! Le gouvernement ivoirien semble quant à lui préférer la dissidence et l’allégeance syndicale, même si pour cela il doit violer sans états d’âme les conventions 87 et 144 de l’Oit. Mais nous, Dignité, Cgt et beaucoup d’autres organisations syndicales internationales avons fait le choix de la légitimité, de l’honneur et de la vérité.

De cette vérité portée par le vent de l’Histoire et du syndicalisme authentique, ce vent qui met son souffle exclusivement au service des travailleuses et travailleurs. Ce vent qui n’est inféodé à personne et qui n’est le jouet de propagande de personne ! Et c’est ce vent là, je le sens, va souffler aujourd’hui et demain sur ce Congrès extraordinaire !

Chers amis, chers camarades, je n’ai pas le plaisir de connaître le siège de votre Confédération, mais ce moment viendra sans tarder, j’en suis convaincu. Je crois savoir qu’il est pour l’instant occupé par les Frci 364 jours par an. Et que seul le 1er mai, pour une méprisable campagne de propagande, il est ouvert à des figurants syndicalistes. Puis, dès le 2 mai il redevient le squat de Frci qui en ayant volé, saccagé et détruit vos documents ont fait de la Fesaci une confédération définitivement sans mémoire. C’est criminel, mais raison de plus chers camarades pour construire dès aujourd’hui le présent et le futur de la Fesaci avec encore plus d’enthousiasme et de détermination !

C’est pourquoi, dans les propos qui vont suivre je ne vais plus parler de violations de liberté syndicale et de droits syndicaux, ou d’actes d’ingérence graves. Je vais inscrire la suite de cette intervention de la Cgt dans l’immense et passionnant chantier de reconstruction de la cohésion sociale et des nécessaires succès revendicatifs qui s’ouvrent devant vous.
De France j’avais entendu comme beaucoup les promesses faites par le candidat Ouattara, notamment celle de créer un million d’emplois en 5 ans soit 200.000 par an. Pourtant, depuis que je suis arrivé à Abidjan il, y a une semaine, je n’entends parler que de licenciements et de soi-disant sureffectif, alors que des dégraissages plus que conséquents avaient déjà eu lieu à la Rti, à la Sotra, au port autonome, etc,...

- Y aurait-il dans ce beau et grand pays qu’est la Côte d’Ivoire trop de médecins, d’infirmières, de sages-femmes et d’aides-soignantes alors que 68% des Ivoiriens ont affirmé dans un sondage Alcp-ci avoir du mal à se soigner ?

- Y aurait-il trop d’instituteurs et de professeurs ?

- Y aurait-il trop de transports en commun sûrs et bon marché ?

- Y aurait-il trop de logements confortables et à loyer modéré ?

Ou au contraire n’y a-t-il pas une machine à licencier qui s’est emballée et une machine salariale qui elle s’est agrippée à un niveau bien en deçà du nécessaire ? Je crois que c’est Joseph Ebagnérin qui disait récemment que les salaires ivoiriens prenaient l’escalier alors que les prix prenaient l’ascenseur, et lorsque l’on regarde le taux d’inflation mensuel, Joseph a éminemment raison ! Et cela est d’ailleurs confirmé par le même sondage Alcp auquel je faisais allusion il y a un instant qui affirme que 70% des familles éprouvent en Côte d’Ivoire des difficultés à se nourrir. Et je ne parle même pas ici du niveau des retraites.

Chers amis, chers camarades, un congrès est un moment tellement important dans la vie d’une organisation syndicale et au-delà dans la vie sociale d’un pays, que j’ai envie là, maintenant et au-delà de la Fesaci de lancer dès l’ouverture de ce Congrès et extraordinaire, un appel solennel aux travailleurs ivoiriens à rejoindre en masse le syndicalisme de leur pays.
A eux de choisir la Fesaci, l’Ugtci ou Dignité, mais à vous individuellement et collectivement de les convaincre de prendre dans les jours, les semaines ou les mois à venir la décision importante, nécessaire, cruciale, de renforcer par dizaines de milliers ce syndicalisme-là, authentique et internationalement reconnu !

Le syndicalisme en Côte d’Ivoire comme en France, comme partout dans le monde a un besoin vital d’être irrigué par le sang neuf d’ouvriers, d’employés, d’agent de maitrise et de cadres.
Le syndicalisme sous toutes les latitudes a un besoin impératif d’être renforcé par de nouveaux affiliés. Ouvrons en grand ici, ailleurs et partout les portes et les fenêtres de nos organisations, faisons toute la place nécessaire dans nos organes de direction aux femmes et à la jeunesse !
Ce n’est qu’ainsi, du local au global, avec un syndicalisme plus fort et plus rassemblé que tous les défis auxquels le monde du travail est confronté pourront être un à un relevé.

Je vous prie chers camarades, d’excuser une intervention Cgt sans doute beaucoup trop longue, mais je vois en face de moi dans chacun d’entre vous, des artisans potentiels de la reconstitution de la cohésion sociale et du renforcement du syndicalisme ivoirien.

Je vois également des bâtisseurs potentiels de succès revendicatifs dans une indispensable unité syndicale. Et pardonnez-moi, je ne voulais passer une telle occasion !

Il ne me reste plus qu’à vous dire :

Vive la Fesaci !

Vive l’unité syndicale nationale et internationale !

Bons travaux à toutes et à tous !

Je vous remercie

Jean-Jacques Guigon

Chargé de mission confédéral "Afrique" Secteur "Europe / International" de la Cgt

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Published by Jean-Jacques Guigon dr www.legrigriinternational.com - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010
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