Partager l'article ! Les Questions du Gri-Gri : Kool Shen face à Zemmour chez Ruquier: . Pierre, le frère de Jean, qu’on appelle aussi Mozey / (big up à Fatou la ...
. Pierre, le frère de Jean, qu’on appelle aussi Mozey / (big up à Fatou la négresse), le fils aîné, / celui qui a parfaitement réussi la partie musicale du retour manqué / de Doc Gynéco en cd, / est soupçonné / d’avoir essayé de toucher / de culturelles subventions pour un projet musical qu’il veut monter. / Ou plutôt, lorsque l’organisme sollicité a refusé, / d’avoir fait donner / un coup de fil de semi menace par l’Élysée… / Bizarre, ça ressemble pas, vraiment pas au Mozey / dont on m’a dressé le portrait… /
. Doit-on croire Jay Z / Lorsqu’il dit, / tel Biggie, / qu’avec lui, / les mots vont du cerveau au flow
sans même passer par un stylo, un blackberry ou un ordi, fut-il micro… ?
. Chez Ruquier, face à Zemmour, / je suis d’accord, Kool Shen / lui a fait l’amour… / mais c’est
bien là le problème… / Face à Zemmour, quand on est rap, on discute pas, on ironise pas, on admet pas… on écoute pas. / Il faut faire comme lui, / deux points : ressembler à ce qu’on dit de vous,
jusqu’à ce qu’il se montre tel qu’il est… lui. /
. Si à 40 ans, Kool Shen n’a pas compris qu’il vaut mieux réchauffer les siens / que vaguement rassurer les chiens, / c’est que ces 20 ans n’auront servi à rien… Si c’est toujours par le maître / qu’il faut se faire mettre / pour se faire admettre, / s’il faut toujours encore aussi autant se soumettre / c’est que le rap aura nourri des chiens, / mais vraiment servi à rien… /
. Démontrer à Zemmour qu’on parle français correctement, / en se tenant bien, voire en souriant… / en acceptant ses
questionnements… / élève Kool Shen, satisfaisant… / ou peut-être juste… suffisant… / j’préfère encore le Joey ringard qui court derrière Booba / avec une pauvre vanne qui, comme
dirait Jamel, le tient à bout de bras… /
. Je préfère même peut-être Booba, / celui qui vient pas. / Ou qui, quand il est là, / est tellement mauvais que je
m’en souviens pas, / quand chez Pasto, on fume (aussi) un peu de B.20.B.A…
. Si à 40 ans et des, tu dois encore te justifier, / croire que ta place à la télé faut mériter, / ta discipline légitimer, / c’est que ta vie, tu l’as ratée… / ou que c’est la discipline que tu as ratée… / que tu l’as peut-être pas assez aimée… / Le regard de Zemmour peut pas compter, / au point de vouloir l’amadouer, le posséder, le domestiquer… / Être un pionnier, / médias, pouvoir, majors, avoir de tout bénéficié, / et puis quand même, comme toi Kool Shen, encore penser, / en épicier, / qu’il faut défendre le rap face un cuistre aussi inculte que l’employé de Ruquier… quelle belle défaite… Défaite payante… et trébuchante…
. Pensée du jour (ou presque) : comme quoi c’est facile de faire du rap chiant à écouter comme du Grand corps malade ou du Abdl Al Malik mais sans le texte de rédaction qui vient avec… Hé, je rigole… Peace… où tu veux, mais surtout pas devant chez moi…
Texte - Grégory Protche
PS : extrait des Questions du Gri-Gri International, ce jour, sur Tropiques FM (92.6)
Mais le vrai rap, c'est pas ça : il est anti élitiste car expression aisée de la masse face à sa difficile condition. Ce pourquoi il vient des banlieues dites "difficiles", pas mal de jeunes sachant versifier (on leur apprend le truc à l'école dès les plus petites classes) et trouvant dans le rythme du rap (très simple musicalement) le moyen tout aussi aisé de mettre leurs textes acidifiés en musique. Malheureusement, ce phénomène de masse a vite été récupéré par des gouvernants élitistes à mort et qui y ont vu une atteinte innacceptable à leur pouvoir. Les maisons de disques ont donc été priées de se pencher sur la question pour tuer, commercialement, un mouvement on ne peut plus dangereux pour tous les pouvoirs en place. D'abord aux USA, puis en Europe...