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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 17:00
Sud af france 24 2011 
France 24, fleuron de l'Audiovisuel extérieur français, a constitué, on le sait, un groupe d'observateurs, les "Observers", chargé de certifier les images vidéo amateur récupérées, en l'occurrence, à l'ocasion de la crise post-électorale ivoirienne. En janvier 2012, ces mêmes Observers, prétendirent mettre à jour les premières images de "pro-Gbagbo" lynchés et brûlés vif par des "pro-Ouattara", via une vidéo par eux authentifiée et située à mars 2011...
Nous avions alors (voir ICI) décrypté message subliminal que portait la pseudo démonstration de France 24 : si les premiers pro-Gbagbo lynchés, sur des images "authentifiées", le sont en mars 2011, c'est qu'avant cela les pro-Gbagbo tuaient au lieu de mourir. (Tuaient des pro-Ouattara toujours civils, sans armes, dioulas, musulmans et victimes de l'ivoirité, il va sans dire).
Notre vidéo, qui récupérait les images amateurs qu'utilisaient France 24 (qui n'appartiennent pourtant, en termes d'information, par définition à personne) fut censurée par Dailymotion à la demande de France 24 (Dailymotion "obéissant" mieux aux réclamations françaises que son homologue international Youtube, où notre vidéo n'a plus subi d'attaque). France 24 prétendait proposer "les premières images de pro-Gbagbo" victimes de pro-Ouattara. Or, images de la RTI à l'appui, nous démontrions sans peine qu'il y avait eu des victimes pro-Gbagbo, et des images identifiées et authentifiées dès décembre 2010 !!! Et même depuis novembre, si l'on remonte à la mort du jeune Zokou Yves, à trois jours du second tour de la présidentielle...
(Sans parler du nombre, toujours à établir, des victimes des bombardements de la Force française Licorne lors des 15 derniers jours de crise sur la résidence présidentielle et ses abords, ou de celles du "Commando invisible" pro-Ouattara, qui terrorisait Abidjan).
Début juillet dernier. Des vidéos sont mises en ligne sauvagement. Que montrent-elles ? Des pro-Gbagbo maltraités, humiliés, torturés par mieux que des pro-Ouattara : par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci). Ces fameuses Forces initiées par décret, courant mars 2011, par Ouattara, au moment de se lancer dans la bataille d'Abidjan, et qui se rendirent coupables à Duékoué, à la fin de ce même mois de mars 2011, du plus grand massacre génocidaire connu par la Côte d'Ivoire et ses populations de l'Ouest.
Un peu mieux "filmées" que les images amateurs habituelles, si celles-ci ne permettent pas immédiatement de dater ou de situer dans l'espace le théâtre de la scène ignoble, les protagonistes sont en revanche clairement identifiés et la nature de leurs relations n'échapperaient pas même à un Moreno Ocampo sortant du bureau de Soro ! Aussi les résistants ivoiriens les ont-ils fait circuler sur la Toile, incurables candides qui continuent de croire qu'à la fin c'est la vérité qui l'emporte. Pas moins sagaces, finalement, que les "observers", ils ont déterminé plus ou moins approximativement les circonstances, le lieu des périodes plausibles durant lesquelles ces images eussent pu être tournées. Tous n'avaient pas raison. Tous n'avaient pas tort complètement. "Sur Internet, il y a à boire et à manger", entend-on souvent dire sottement : comme si à la télé, à la radio et dans la presse écrite, il n'y avait pas aussi "à boire et à manger", mais mieux préparé... Mazette ! Que n'avaient-ils pas fait, quel crime de lèse-journalisme n'avaient-ils pas commis là ! Les "Observers", pourtant convaincus de malhonnêteté et de manque de travail à chaque fois ou presque qu'ils produisent un sujet, les ont pris de haut, les ont tancés et corrigés ! Qui sont ces simples citoyens qui se croient autorisés à contredire leur version officielle de mandatés ? Pardon ! C'est comment, après la télé-réalité, l'info-réalité produite directement par ceux qui la consomment (ou en souffrent) !
Sont-ils drôles, ces "Observers", incarnant ici à merveille l'engeance médiatique occidentale contemporaine, eux qui ne pipèrent pas devant le faux mort du camp Sebroko, en décembre, diffusé par TF1 et LCI, eux qui sont si mal à l'aise lorsqu'on leur demande de revoir la vidéo des "mortes d'Abobo"... car une des mortes au moins continue d'obéir sur les images à des ordres donnés en français (et non en malinké)... Vidéo des mortes d'Abobo pourtant si cruciale dans le processus de décision des frappes lourdes françaises contre l'armée régulière ivoirienne et les populations civiles. Si dommageable à l'image d'un Laurent Gbagbo qui sortait déjà de dix ans de harcèlement médiatique français.
Les "Observers" ne pouvaient en rester là. Il y a quelques jours, prenant leur courage intellectuel et leur méconnaissance de la honte à deux mains, il se fendirent d'un sujet sur ces vidéos de pro-Gbagbo "Guantanamoisés" par les FRCI de Ouattara. Moqueur. Prétentieux. Parfaitement inapproprié. Un lecteur attentif et émotif n'a pu retenir son dégoût devant les pratiques tout à fait détestables de France 24 et nous a envoyé une contribution que nous ne pouvions pas ne pas vous offrir. Mais avant, dans l'ordre, revoyons les vidéos et, surtout, relisons les commentaires désobligeants et idiots des "Observers". La contribution de notre ami Hermann Dos Santos se trouve juste après.  

Titre de l'article de France 24

Côte d’Ivoire : le retour de la cyber-manipulation

Alors que la Côte d’Ivoire connaît un regain de violences, des sites pro-Gbagbo font circuler quatre vidéos montrant des civils maltraités par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) sur la place d’un village. Ces images sont présentées comme récentes alors qu’elles datent, en fait, de mai 2011…
 
Ces images amateurs circulent sur Internet depuis juillet. Elles sont présentées comme ayant été tournées à Alépé, une commune située à 50 km au nord d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne. Divers sites et pages Facebook pro-Gbagbo affirment qu’il s’agit d’éléments des FRCI, l'ex-rébellion pro-Ouattara devenue l'armée régulière après une fusion avec les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire, qui maltraitent des habitants de cette localité. Selon ces sites militants, ces images auraient été tournées en juin 2012. Elles sont présentées comme des preuves que le pouvoir en place cautionne des actes de torture commis par ses soldats contre les populations.
 



Vidéo 1
 
Ces vidéos montrent des hommes en treillis infliger de mauvais traitements à des jeunes en captivité. Sur l’une d’elles, on voit ces jeunes allongés au sol et contraints de chanter la gloire d’Alassane Ouattara. Certains d’entre eux se font piétiner (sur la 1ère vidéo, à partir de la 55e seconde). Une autre vidéo montre des hommes en tenue désigner leurs détenus deux par deux et leur ordonner, en les fouettant, de se gifler mutuellement (sur la 2e vidéo, voir à partir de la 4e minute). La scène se termine par une séance de pompes pour tout le monde.
 



Vidéo 2. 
 
FRANCE 24 a pu contacter un témoin oculaire de la scène, qui a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat. Il nous affirme que les faits se sont déroulés à Domolon, un petit village de la région d’Alépé, en mai 2011, soit quelques semaines après la chute de Laurent Gbagbo, l’ancien président. Il explique que, ce jour-là, les FRCI étaient venues venger d’autres soldats qui s’étaient fait "lapider" par un groupe de jeunes de la ville une semaine auparavant (sur la 3e vidéo, on entend à plusieurs reprises les soldats parler de "lapidation de FRCI").
 
Après avoir pillé plusieurs maisons du village, les FRCI ont alors regroupé les jeunes sur la place et les ont soumis à des actes humiliants. En entendant les tirs, le curé d’Alépé, qui se trouvait à Dabré, un village mitoyen, a accouru en soutane pour tenter de ramener le calme (à plusieurs reprises, on voit un homme en soutane blanche sur les images). Il est parvenu à convaincre le commandant "barbu" visible sur la 3e vidéo de libérer les jeunes, expliquant que ceux qui avaient agressé les FRCI la semaine précédente ont fui le village. Après plusieurs heures, les soldats ont fini par partir, laissant la population "traumatisée", selon notre témoin. 
 



Vidéo 3. 
 
Ce genre d’exactions commises par les FRCI a été plusieurs fois condamné au cours de l’année 2011 par différents rapports d’ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch, mais aussi par l’Onuci, la force de l’ONU en Côte d’Ivoire.
 
Tout au long de la crise post-électorale ivoirienne, la guerre des images entre les deux camps a battu son plein sur Internet. Elle refait surface plus d’un an après la fin de la crise alors que de nouvelles violences, visant principalement des bases des FRCI, déstabilisent le pays.
Ce billet a été rédigé avec la collaboration de Peggy Bruguière, journaliste à FRANCE 24.
Réponse à France 24

Tout d’abord, nous voudrions nous excuser auprès de tous nos lecteurs si nous n’avons pas su déterminer la date à laquelle a eu lieu cette expédition sauvage des frci à Alépé (pardon Domolon), filmée par eux même et mise en ligne sur youtube sous le titre ‘‘frci maltaite la population d’alepe’’.
  Il est clair que nous ne maitrisons pas tout, que dans notre quête de la vérité nous allons parfois vite en besogne (sic), encore une fois excusez-nous, mais, si le pouvoir actuel était, comme il se dit, impartial, si l’état de droit était réel, les gens d’Alépé (pardon Domolon) auraient pu s’en remettre à la justice de leur pays.  
Nous avons commis une erreur (pardon encore) et donc il y a vice de forme, la date n’est pas la bonne, les charges sont rejetées et la partie civile est montrée du doigt.  
A ceux qui disent que mai 2011 c’est très loin déjà, qu’il faut oublier cette affaire, nous répondons que nous serions presque disposés à accepter cette vision des choses pour parvenir à une réconciliation véritable. Ce que nous ne comprenons pas alors, c’est pourquoi ils continuent à brandir des accusations infondées à l’encontre du président Laurent Gbabgo, qui sont pourtant antérieures à mai 2011 ?
Mais bon, allons jusqu’au bout et revenons en à l’article de (Mme ou Mlle ?) Peggy Brugière que nous tenons sincèrement à la remercier pour les informations précieuses qu’elle a su recueillir,  sur la date de et le lieu cet enregistrement, mais aussi sur le pillage du village par les frci, qui a eu lieu en off et donc que nous ignorions.
Nous la remercions également pour sa droiture et pour son impartialité. Peut-être un travail collaboratif avec elle est-il envisageable afin de prévenir toute dérive cyber-manipulatrice dans nos rangs ? Réciproquement, nous serions tout disposés à aider France 24 à mieux filtrer ses sources. Certes, nous nos observateurs sur le terrain ne jouissent pas des mêmes degrés de libertés que ceux de France 24, cependant nous avons tous, une certaine connaissance de la presse Africaine en général, et Ivoirienne en particulier, et lorsque l’on nous présente une image, nous pouvons dire si c’est effectivement une photographie prise à Abidjan en décembre 2010 ou s’il s’agit d’un montage fait à partir d’une photographie prise à Johannesburg le 18 mai 2008 et publié le 25 mai 2008 par le Courrier International.  
Nous tenons également à remercier France 24 pour avoir porté les évènements d’Alépé (pardon Domolon) à la connaissance du plus grand nombre et nous lui souhaitons beaucoup de courage pour affronter cette crise sans précédent qui la secoue. France 24 basculera-t-elle du côté de la vérité ou restera-t-elle la chaîne de Nicolas Sarkozy et disparaitra-t-elle avec lui ?

Photo - dr    Texte - Hermann Dos Santos
PS : Certains d’entre nous ont encore dans leur tête ce refrain que l’on entendait dans les sorbonnes  "FRANCI24 peut se caler à Bouaké, station TVNP est là !", la pensée zougloutique demeure malgré tout.

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Published by Hermann Dos Santos (& G.P.) dr www.legrigriinternational.com - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010
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