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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 10:55

laurent gbagbo

Tribune parue à Abidjan dans les colonnes du Nouveau courrier n°770 le 9 avril 2011

« Le Temps est l’Autre Nom de Dieu » aime à dire le président Laurent Gbagbo. Et la réalité implacable des faits lui donne encore une fois raison. La Vérité sur la crise postélectorale ivoirienne, née du refus d’Alassane Ouattara de reconnaitre sa défaite lors du 2ème tour de la présidentielle ivoirienne le 28 novembre 2010 et la proclamation, par le Conseil Constitutionnel, instance de dernier ressort, de la victoire de Laurent Gbagbo, fait lentement, mais surement son chemin (« tchoko, tchoko » dirait-on en Côte d’Ivoire !).
La récente Audience de confirmation, ou d’infirmation, des charges que la Cour Pénale Internationale (CPI) tente de faire peser sur le président Gbagbo, qui s’est tenue à La Haye du 19 au 28 février dernier a permis à la défense du président, et au président lui-même, de démonter, point par point, l’accusation du Procureur en démontrant que le Document de Confirmation des Charges (DCC), sur le fond ne résistait pas à l’analyse factuelle et, sur la forme n’était, selon l’expression indulgente de Me Ivanovic, qu’un « brouillon » !
Du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, dans un esprit de dialogue et dans le respect de l’intérêt général des ivoiriennes et des ivoiriens, le président constitutionnellement élu, Laurent Gbagbo, n’a eu de cesse de rechercher une solution pacifique, allant même à proposer le recomptage des voix et à s’engager à partir si celui-ci lui était défavorable. En lieu et place, son adversaire malheureux, bénéficiant du soutien personnel de l’ex-président français, Nicolas Sarkozy, s’est enfermé dans une posture belliqueuse et «  jusqu’au-boutiste » qui caractérise les faibles qui avancent dans l’ombre des forts.
Depuis le 11 avril 2011, malgré le « tsunami » médiatique et les efforts répétés de ses mentors pour l’installer dans « ses habits de président », Alassane Ouattara démontre lui-même qu’il est incapable de diriger la Côte d’Ivoire. Voilà près de deux ans que le président élu a été démis par ce qui restera dans l’Histoire comme un Coup d’Etat perpétré par une force armée étrangère, voilà plus d’un an qu’il a été embastillé dans un froid cachot du nord de l’Europe pour l’effacer du paysage politique ivoirien et que constatons nous?
D’abord une Côte d’ivoire à la dérive : dérive politique, sociale, sécuritaire et humanitaire. Sans le régime policier qui enfonce un peu plus chaque jour le pays dans l’impasse et que les derniers et terribles rapports d’Amnesty International (AI) et d’Human Right Watch(HRW) viennent de mettre cruellement en lumière, les ivoiriens auraient déjà exprimé, haut et fort, leur rejet de ce pouvoir illégitime. Pas un jour sans l’apparition de nouvelles difficultés qui, lentement mais surement, participent à désagréger l’unité nationale et à l’entrainer sur le chemin dangereux de la rancune et de la haine.
Alassane Ouattara est lui-même le principal responsable de cette situation et, dans ce contexte délétère, il a instillé à la vue de tous  le poison mortel de l’ « ethnicité » en invoquant la notion de « rattrapage ethnique » pour justifier des nominations privilégiant de façon outrancière des hommes et des femmes d’une région bien déterminée du pays. Mais que  cache cette expression sinon « un nettoyage ethnique » considéré, depuis les drames du XXème Siècle, comme un crime contre l’Humanité. Monsieur Ouattara est comptable devant l’Histoire de ce crime qui devrait le conduire devant les juridictions ad hoc (rappelons nous que ce fut la raison principale invoquée pour déférer Slobodan Milosevic devant le Tribunal Pénal Internationale  pour la Yougoslavie (TPIY), « précurseur » de la CPI).
Dans quelques jours, le 11 avril 2013, cela fera deux ans que le président Laurent Gbagbo aura subit ce Coup d’Etat brutal : une éternité pour un peuple qui souffre quotidiennement, une parenthèse dans l’Histoire d’un pays. Désormais, pour mettre fin aux souffrances des populations, il faut refermer cette parenthèse. La solution est simple et porte un nom : la Réconciliation. Pas une Réconciliation de façade qui, à grands renforts de bruit médiatique, abuse les citoyens et n’a pour but ultime que de laisser prospérer la domination du pouvoir en place, mais bien une véritable Réconciliation qui implique tout le monde et passe, d’abord, par la libération de TOUS les prisonniers politiques, à commencer par le président Laurent Gbagbo, et la mise en place d’une organisation nationale où chaque composante politique, socioprofessionnelle, culturelle et religieuse sera partie prenante. Comme aurait pu le dire le président Houphouët-Boigny, la Réconciliation n’est pas un mot, c’est un comportement !
Ensuite une Afrique en proie à tous les démons de la violence, du tribalisme et de la confiscation régulière du pouvoir par des minorités agissantes généralement soutenues par des intérêts politico-financiers inavouables de la part des « Grandes Puissances ». Actuellement trois situations, en dehors du cas de la Côte d’Ivoire, émergent en Afrique : celles du Mali, du Kenya et de la Centrafrique.
Au Mali, après que « l’exemplaire » démocratie malienne a implosé au premier coup de feu du Capitaine Sanogo, la France a dû, dans l’urgence, pallié un problème militaire et stopper l’emprise de groupes aux franges de l’extrémisme religieux et du grand banditisme mafieux international. Mais ne nous y trompons pas : la solution à venir ne sera que politique et pourrait prendre des années. Le fond du problème malien remonte à des siècles d’antagonisme entre le les populations touaregs et arabes d’un coté et les peuples sub-sahariens. Déjà au XVIème siècle les empire Songhaï et Bambara  furent détruits par les arabes et, il y cent vingt ans exactement l’armée française entrait déjà à Tombouctou….
Au Kenya l’Histoire à été cruelle pour un candidat à la présidence. Raila Odinga a d’abord refuser de reconnaitre sa défaite et a « exigé » que la Cour Suprême vérifie le résultat de la Commission Electorale. Mais c’est ce même Raila Odinga qui avait été mandaté par l’Union Africaine pendant la crise post électorale en Côte d’Ivoire. Il arriva à Abidjan le 5 janvier 2011, rendit visite au président Laurent Gbagbo avant d’aller s’entretenir avec Alassane Ouattara à l’hôtel du Golf. Il devait, ensuite, revenir vers le président Gbagbo, remplissant ainsi sa mission de médiateur. En lieu et place, dès sa sortie de l’hôtel du Golf, il se précipita à l’aéroport, déclara que « Gbagbo devait quitter le pouvoir, même par la force » et rentra au pays. Ainsi il avait doublement trahi son mandat vis-à-vis, à la fois, du président Gbagbo et de ses mandants de l’Union Africaine. Et il voulait, pour son propre compte, que l’on fasse ce qu’il refusait au président Gbagbo, principalement le recomptage des voix.
Elle est aussi cruelle pour la CPI car le président élu avait récemment vu celle-ci confirmer les charges qu’elle faisait peser sur lui depuis la crise post électorale de la présidentielle de 2008 ! Désormais Uhuru Kenyatta est officiellement investi et reconnu par Barack Obama et Ban KI Moon…
En Centrafrique, enfin, le président François Bozizé a été chassé par une coalition hétéroclite, dans un jeu de poker menteur qui n’a pas, loin s’en faut, livré tous ses secrets. Ce pays, pure fabrication du découpage administratif de l’ex-Afrique Equatoriale Française (AEF), est, pour son malheur et ce lui de ses peu nombreux habitants, un « scandale » géologique que chacune des « grandes nations » ne veut pas laisser aux bons soins de son voisin. Il y a quelques décennies la France organisait les « changements » qui lui convenaient avec une désarmante arrogance : ainsi l’Empereur Bokassa, imprudemment parti saluer le Colonel Kadhafi, appris que les français avaient transporté l’ancien président David Dacko, quasiment « à l’insu de son plein gré » pour l’asseoir, entouré d’une poignée de parachutistes, dans le fauteuil redevenu présidentiel après son escapade impériale. Aujourd’hui la « manière » est plus élaborée mais seul le résultat compte.
Ces trois situations, prises à titre d’exemple, nous ramènent à la Côte d’Ivoire et à son futur. Le président Laurent Gbagbo l’a dit clairement dans son adresse à la CPI le dernier jour des audiences de février : l’Afrique a besoin de la démocratie d’abord pour elle-même et pas pour satisfaire une quelconque volonté des européens ou des américains (qui devraient surtout veiller à voir leurs propres structures politiques ne pas dériver dangereusement). Et, pour implanter durablement la démocratie, il ne suffit pas de « faire des élections », il faut aussi, et surtout, respecter la loi.
Et c’est justement le combat de toute une vie du président Laurent Gbagbo. Docteur en Histoire, il  s’en est imprégné dans sa lutte quotidienne. Ainsi dans une des ses premières œuvres, « Soundiata le Lion du Mandingue » il consacrait la légitimité du pouvoir contre l’usurpateur dans l’Empire du Mali ! Et cette pièce fut jouée la première fois en Côte d’Ivoire alors qu’il était en …prison à Seguela en 1971 !
De même quand les Bérets Rouges français reposaient David Dacko sur son fauteuil, Laurent Gbagbo était en butte avec le pouvoir d’Houphouët- Boigny pour lui imposer le multipartisme, source de tout le processus démocratique.
Quant à la mésaventure de Raila Odinga au Kenya, elle jette une lumière aveuglante sur la crise de 2010-2011 en Côte d’Ivoire où les dés étaient pipés dès le départ : il fallait installer Ouattara, quelque en soit le prix et dans ce cas là le prix est aujourd’hui connu, celui de mettre un pays à genoux d’une part et poursuivre un des rares Hommes d’Etat capable de promouvoir la démocratie et son cortège de libertés d’autre part.
Nous sommes à quelques semaines de la décision de la CPI : confirmation ou infirmation des charges contre Laurent Gbagbo.
Confirmer les charges aura deux conséquences : l’une, immédiate, de déclarer la « mort clinique » de la CPI en concrétisant une injustice qui finira de discréditer un organisme déjà passablement décrié. L’autre, à plus long terme, de déstabiliser durablement la Côte d’Ivoire en maintenant enfermée la seule voix capable d’être écoutée quand il faudra nécessairement, un jour, « s’asseoir et discuter ». A cet égard les juges de la Chambre Préliminaire de la CPI porteraient devant l’Histoire la responsabilité d’un chaos éventuel dans le pays.
Infirmer les charges c’est, d’abord, dire le droit et, ensuite, réparer une faute. A aucun moment au cours des débats du 19au 28 février dernier, le bureau du procureur a pu apporter le commencement d’une preuve dans ses accusations, pire il s’est enfermé dans des résonnement spécieux et falsifiés parfois (la vidéo kenyane…). Ne pas reconnaitre la culpabilité du président Laurent Gbagbo donnerait à la CPI une sorte « d’acte de baptême » qui lui offrirait la crédibilité dont elle n’a pas, encore, su acquérir depuis sa création. Dans le même temps elle rendra possible la reprise d’un dialogue politique inter ivoirien en vue de la réconciliation que tous les habitants de ce pays attendent avec impatience dans l’espérance de jours meilleurs.
Il nous reste quelques semaines pour empêcher l’irréparable. L’heure n’est pas à l’anathème ni au découragement. Chaque jour, là où nous sommes, responsables ou simples citoyens épris de justice et de liberté, nous devons nous mobiliser pour faire passer le message de la réconciliation qui n’a qu’un et unique préalable : la libération du président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques.
Le Temps est vraiment l’autre nom de Dieu !

Photo - dr   Texte - Bernard Houdin, conseiller de Laurent Gbagbo et représentant de son porte-parole

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Published by dr Bernard Houdin www.legrigriinternational.com - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010
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