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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 09:00

 

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En parcourant la revue de presse du 13 août 2012, je suis tombé sur la « Lettre ouverte » que mon jeune, brillant et très bouillant compatriote Malick Noël Seck a cru de voir m’adresser. Je n’ai connu M. Seck qu’à travers les différentes marches où nous nous sommes rencontrés et les quelques déclarations brûlantes dont la presse se fait parfois l’écho. Pour revenir à sa « Lettre ouverte », je l’ai lue, bien entendu, avec le maximum d’attention. J’en ai apprécié le ton qui, même très ferme par endroit, est restée, pour l’essentiel courtois. Je l’en remercie donc infiniment. J’ai constaté aussi qu’il lui arrive de lire mes contributions, car il m’a cité au moins trois fois, et la troisième longuement. Il est donc bien fondé à me critiquer, à sa convenance. J’ai, cependant, le sentiment que, par-delà ma modeste personne, il règle plutôt des comptes à des adversaires politiques. Ma contribution incriminée ne serait donc qu’un prétexte.  

La « Lettre ouverte » de M. Seck est, en effet, une violente diatribe contre l’ancien président politicien, qui « a perpétré ses crimes dans le silence complice de ses faux adversaires ». L’un de ces faux adversaires, le Secrétaire général du Parti socialiste, Monsieur Ousmane Tanor Dieng, en a eu vraiment pour son grade, davantage que le criminel Wade. Le jeune Seck le traite de tous les noms d’oiseaux et l’accuse de tous les péchés d’Israël. C’est lui qui est responsable de la descente aux enfers du Partis socialiste. Au lieu de se retirer après deux défaites cuisantes, comme il l’aurait promis à Jeune Afrique, M. Dieng « (use) de toutes les manœuvres pour rester à la tête du Ps ». Je ne suis malheureusement pas du Ps et ne sais pas comment il fonctionne. Je sais seulement que c’est un vieux Parti qui, même affaibli, dispose de structures où certaines questions devraient pouvoir se régler. Je me garde donc de m’immiscer dans cette affaire socialo-socialiste et de prendre quelque partie que ce soit.

Monsieur Moustapha Niasse n’a pas été épargné. Le jeune Seck le comprend dans « cette opposition inexistante », dont la « complicité objective » avec le régime abominable de Me Wade ne fait pas l’ombre d’un doute. Il est allé jusqu’à le traiter, avec de nombreux autres compatriotes de Bennoo Bokk Yaakaar (Bby), d’ « élèves obéissants (se contentant) de leurs postes bien rémunérés ». M. Seck a également tourné en dérision la mise en place officielle de la nouvelle Assemblée nationale, ainsi que l’élection du Bureau et des différentes commissions techniques de l’Institution. Il a flétri avec vigueur « le vote à main levée de l’Assemblée, véritable résidu du de la dictature du Parti unique ». Il revient alors à ma modeste personne pour me renvoyer à mes rappels constants des engagements de Macky, avant de me reprocher vivement d’avoir conseillé à Macky Sall de compter sur « l’alliance avec des hommes d’État réputés, en l’occurrence Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse, connaissant la République dans ses moindres recoins et se prévalant d’excellentes relations internationales ». Expériences et relations internationales dont il doute d’ailleurs sérieusement de l’efficacité. Pendant douze ans, elles ne nous auraient servi à rien du tout.

Après avoir exprimé toute son indignation et copieusement réglé leurs comptes aux personnes ciblées, il nous invite à une opposition plus vigoureuse en ces termes explosifs : « (…) Il ne faut jamais protester mollement. Il faut écrire la vérité avec du sang de tigre et des larmes de chien sans maitre ! La démocratie des troubadours et des ménestrels ne fonctionnera pas. Il y a aujourd’hui trop de signes prémonitoires, trop de connivences secrètes, trop de consensus et pas assez d’opposition, pour espérer des lendemains qui chantent (…) »

Voilà, résumée, pour ceux qui ne l’auraient pas déjà lue, la « Lettre ouverte » que monsieur Malck Noël Seck a cru devoir m’adresser. Évidemment, je ne suis pas d’accord avec lui sur tout. Par endroit, cependant, il m’est arrivé d’être partiellement en phase avec lui sur certaines positions, même si la manière dont il les a exprimées pose problème. Ainsi, il n’a pas tout à fait tort, lorsqu’il critique sévèrement les cafouillages dans la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale et, en particulier, l’élection du Bureau et des différentes commissions techniques de l’institution. Il s’est surtout appesanti sur l’irruption, en ce moment précis, du Ministre de l‘Intérieur. Irruption que je considère moi-même, si elle a vraiment eu lieu, déjà comme une grosse entorse à la démocratie et à la séparation des pouvoirs, même si je ne suis pas sûr qu’il y ait donné ou non des instructions.

Il a flétri aussi ce qu’il appelle « la mollesse de l’opposition », qui serait même complice de toutes les forfaitures de Wade. Sans doute, cette opposition n’a-t-elle pas toujours été aussi offensive que nous l‘aurions souhaité. Je ne croirai pas cependant, un seul instant, que l’opposition alors dite significative, ait été complice de Wade en quoi que ce fût. Il ne faut pas exclure, cependant, que quelques-uns de nos plus de 150 partis aient servi de taupes au vieux politicien, qui savait rétribuer de tels services scélérats.

Mon jeune compatriote ne met en évidence que ce qui sert sa cause et ignore d’autres considérations pourtant très éclairantes. L’opposition avait en face d’elle un homme sans foi ni loi et dont la parole donnée ne valait pas un copeck. Il disposait, en outre, d’immenses moyens institutionnels et financiers, et en usait sans état d’âme pour atteindre ses objectifs politiciens. Il y a aussi que les populations n’ont pas toujours joué le jeu. Elles ne cessaient de crier à la mollesse de l’opposition et l’incitaient à manifester, comme le faisait l’opposant Wade. J’ai rencontré plusieurs fois le jeune Seck dans des manifestations qui ont été des fiascos. Au grand dam de l’opposition et à la grande joie des faucons du régime au pouvoir d’alors. Il est vrai que le 23 juin 2011 a été une exception surprenante. L’opposition livrée à elle seule ou avec quelques centaines de manifestants, ne pouvait rien contre le baobab Wade. Il a fallu que le peuple, la majorité du peuple entrât en scène, pour que le gros arbre fût enfin déraciné.

Je ne me permettrai pas, non plus, de décréter, comme le jeune Seck, que ce n’est pas de la nouvelle Assemblée nationale que viendra quelque rupture que ce soit. Elle a sûrement fait des fautes au départ. Pour autant, faut-il la vouer déjà aux gémonies ? Attendons au moins qu’elle commence son travail, et nous pourrons alors la juger sur la base de ses actes !

Pour le reste, Malick Noël Seck ne devrait quand pas espérer me faire épouser ses idées, ses opinions sur certaines personnes, sur Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng notamment. S’il a des problèmes particuliers avec eux, qu’il les règle sans m’y mêler ! Je reste convaincu, malgré tout ce que M. Seck a pu écrire d’irrévérencieux sur eux, qu’ils peuvent encore servir le Sénégal et que le président Macky Sall a besoin de leur compétence, de leur expérience et de leurs carnets d’adresse. Il les traite d’ « élèves obéissants » qui restent silencieux devant certains actes de la gouvernance de Macky Sall. Je ne sais rien de ce qu’ils se disent, eux trois et les autres alliés. Ce dont je suis sûr, par contre, c’est que nous sommes encore loin de la « gouvernance sobre, transparente, efficiente et de rupture » que le président Sall s’était engagé à mettre en œuvre. Ses nominations, en particulier, posent problème. J’ai ouvert un dossier à toutes les mesures individuelles prises par tous les conseils de ministres qui se sont réunis depuis son installation officielle. Les nominations de gouverneurs, de préfets, de sous-préfets exceptés, de magistrats et d’officiers des Forces de Sécurité exceptés, les autres profitent, pour l’essentiel, aux militants de l’Apr (qui se taillent la part du lion) et des partis et coalitions de partis alliés, aux parents, aux amis, à sa belle famille. Et ce qui est remarquable encore et qui contredit formellement un de ses engagements, c’est que la plupart des promus sont très loin d’avoir le profil requis. Rappelons quand même, qu’à une question sur les critères qu’il allait mettre en avant pour la nomination de ses ministres et autres hauts fonctionnaires une fois élu, il répondit catégoriquement : « la compétence et la bonne moralité. » Nous en sommes encore loin.

Les alliés le laissent-ils faire en « élèves disciplinés » ? Je n’en sais rien. En tout cas, d’ores et déjà, le Pr Bathily a réaffirmé son opposition farouche au maintien du Sénat, dès le lendemain de sa nomination comme Ministre d’État auprès du président de la République. Et il a parfaitement raison car, le maintien du Sénat à coup de milliards pour entretenir une clientèle politique par les temps qui courent, est carrément une indécence, même si la Constitution le lui permet. Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng et les autres parlent-ils au président Sall ? Je n’en sais rien. Ils devraient en tout cas le faire, chaque fois que de besoin. Il est vrai qu’on ne parle pas toujours au président de la République à voix haute. Pour revenir à l’invite de M. Seck à une « opposition vigoureuse », je ne serai sûrement pas de la partie. D’abord, je ne suis pas de l’opposition, composée, pour l’essentiel, des reliques du Pds. Et même si, par extraordinaire, j’en étais membre, je ne pourrais jamais « écrire la vérité avec du sang de tigre et des larmes de chien ». Où trouverai-je du sang de tigre ? Comment ferai-je couler les larmes du chien, et surtout à quel titre, puisque nous n’avons aucun contentieux ? Que mon jeune compatriote Seck me laisse donc la liberté d’apprécier les hommes et les événements et de m’exprimer, chaque fois que de besoin, à ma seule convenance, et conformément à mon tempérament.

Enfin, je trouve une certaine incohérence dans l’attitude de M. Seck. Que faisait-il depuis plusieurs années dans la galère socialiste, lui qui connaissait déjà bien le fonctionnement de ce parti, et la responsabilité de son Secrétaire général dans son déclin ? Mon jeune compatriote veut nous laisser aussi l’impression que le vote à l’Assemblée nationale se fait à main levée, ce qui « est un véritable résidu de la dictature du Parti unique ». Ce n’est pas tout à fait exact. Au moins, l’élection du Bureau de l’institution se fait au vote secret. Tout le monde l’a constaté en direct grâce aux différentes télévisions.

Voilà la réflexion que m’a inspirée la « Lettre ouverte » que mon compatriote Malick Noël Seck s’est permis de m’adresser, en toute liberté. C’est un garçon pour lequel j’ai beaucoup de respect, malgré nos divergences sur certaines questions. La démocratie a croisé nos chemins et nous nous sommes tous les eux exprimés librement.

Photo - dr    Texte Mody Niang

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Published by Mody Niang dr www.legrigriinternational.com - dans Sénégal 2011
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