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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 11:07

 

Cet article du chanteur HK (Ministère des affaires Populaire et HK et les Saltimbanks) fait suite à celui le concernant publié ici même, évoquant sa présence au rassemblement "Touche pas à ma nation". Le Gri-Gri pose des questions mais prend acte des réponses quand elles sont sérieuses.

 

J'ai grandi à Roubaix, et je n'ai pas attendu 2010 pour savoir que je vivais dans une des villes les plus pauvres de France. Dans les années 80, mon quartier commençait sérieusement à avoir des faux airs de bidonvilles où pauvreté, précarité, drogue et violence étaient bien les seules à prospérer. Je suis « un enfant des quartiers » ; fils du béton, rejeton du macadam. Je suis un enfant d'immigré aussi, dernier maillon en date de la chaîne « colonisation-indépendance-immigration ». La mémoire est une chose importante, vitale. La mienne est faite des grandes et petites  histoires que me racontaient mes parents mêlées à mes souvenirs d'enfance. Cette mémoire me rappelle, s'il en était besoin, qui je suis et d'où je viens. Par cette mémoire, je me sens autant lié à la destinée du Tiers-monde qu'à celle du « Quart-monde ». Armé de cette mémoire, j'ai pu vivre mes propres expériences, me forger ma propre identité, mes propres convictions. J'ai pu commencer à écrire mon histoire.

En écrivant cette histoire, j'ai vu ces portes se fermer étrangement devant moi; comme devant tant d'autres « étranges étrangers », j'ai senti la force du vent qui m'invitait à faire demi-tour;  j'ai goûté moi aussi, bien des fois, au « poison de la discrimination ». Un jour, j'ai compris que le mot « égalité » avait dû quitter le sol français le jour où mes parents y avaient posé le pied. Mon histoire s'est écrite aussi à coup de voyages. Un jour, ces voyages m'ont déposé en Palestine. Dans ce pays où 3 millions d'êtres humains ne sont pas considérés comme tels. Ils n'en ont pas les droits les plus élémentaires. Dans cette prison à ciel ouvert, ni les droits de l'homme, ni le droit international n'ont le droit d'entrer. C'est fou comme le monde dans lequel on vit a l'indignation sélective, et comme le concept de « droits de l'homme » peut être parfois à géométrie variable.

Par l'héritage de mes parents ; par la ville où je suis né ; par ce que j'ai pu voir de mes yeux en France et ailleurs dans le monde, j'ai finalement compris une chose : le monde ne changera pas par la charité, la bonne volonté, et l'esprit de solidarité des puissants. Ils finiront toujours par trouver des excuses pour entretenir « le statu quo ». Comme disait l'autre, ils ne sont pas intéressés au changement, ils ont tout à y perdre, en premier lieu, leur hégémonie. C'est un fait incontestable, notre monde n'existe ni par les droits de l'homme, ni par l'esprit de justice humaine, mais par le seul et unique « rapport de force ». Oui, je suis indigné, parmi des millions d'indignés. Je pourrais le rester toute ma vie, à faire les même constats, à assister aux mêmes schémas de domination ; à les dénoncer encore et toujours sans que rien ne change véritablement. Je pourrais me fatiguer encore et toujours, avec d'autres, à manifester notre révolte et notre colère, parfois en masse, plus souvent en nombre réduit.

J'admire sincèrement toutes celles et ceux qui donnent leurs jours et leurs nuits pour « la cause », ou pour « une cause » ; mais ce qui me fait le plus mal c'est quand je les vois « démoralisés », si peu récompensés de leurs efforts. Tant d'énergie pour bien souvent de si petits résultats. Tout serait différent si l'effort des militants était accompagnés de moyens financiers conséquents, de grands relais médiatiques, d'appuis politiques décisifs jusqu'aux plus hauts sommets de l'Etat. Avec l'implication de philosophes influents, de journalistes, d'hommes et de femmes publiques, d'artistes reconnus, de grands sportifs, de chefs d'entreprises, de juges, d'avocats, de professeurs... comme autant d'agents contaminateurs au service d'une même cause. Face à nous, ou plutôt contre nous, c'est exactement ce schéma que nous avons. Quand nous nous battons, nous nous battons contre de véritables machines de guerre où rien n'est laissé au hasard.

Quand je vois BHL, pour ne citer que lui, pouvoir si librement délivrer sa propagande pro israélienne sur tous les médias de France, en maquillant des propos outrageusement partisans derrière une rhétorique humaniste et droit de l'hommiste... Quand je vois le poids médiatique et philosophique qu'a cet homme, je ne me dis qu'une seule chose : nous devons faire de même. Nous devons tout faire pour que dans un futur qui soit le plus proche possible, ce soient nos intellectuels qui soient à sa place. Nous devons être partout. Et, nous ne devons pas être les numeros 4, 3, ou 2. Nous devons tous être les numéros 1, chacun dans notre domaine, dans notre sphère d'influence. Nous devons occuper l'espace, occuper tous les espaces. Créer les nôtres et faire nôtres ceux qui existent déjà. Cela prendra certainement du temps, 10 ans, 20 ans, 30 ou plus. Mais, sans aucun doute, nous devons, aujourd'hui, construire nos révolutions futures, en créant des générations d'hommes et de femmes qui seront victorieuses, parce que influentes et agissant en réseau. Nous devons faire nôtres certains principes de « l'art de la guerre », avec rigueur, exigence, ambition, et vision à long terme. C'est ce en quoi je crois : Soyons nombreux, ayons du poids, soyons connectés les uns aux autres.
Sun Tzu dans l'Art de la guerre dit : « Anciennement ceux qui étaient expérimentés dans l'art des combats se rendaient invincibles, attendaient que l'ennemi soit vulnérable et ne s'engageaient jamais dans des guerres qu'ils prévoyaient ne devoir pas finir avec avantage. Avant que de les entreprendre, ils étaient comme sûrs du succès. Si l'occasion d'aller contre l'ennemi n'était pas favorable, ils attendaient des temps plus heureux. Ils avaient pour principe que l'on ne pouvait être vaincu que par sa propre faute, et qu'on n'était jamais victorieux que par la faute des ennemis. Se rendre invincible dépend de soi, rendre à coup sûr l'ennemi vulnérable dépend de lui-même. »                   

Texte - HK (Ministère des Affaires Populaires)


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Published by HK (Minisère des Affaires populaires) www.legrigriinternational.com - dans Musique
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