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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 13:02

Tismée, en verlan, c’est le titre du spectacle musical qu’on m’a présenté lundi dernier au Théâtre de la Reine Blanche à Paris dans le 18ème. Honnêtement, j’y suis allée la tête bourrée d’a priori, non justifiés évidemment, je l’avoue sans scrupule avec le recul. En même temps, si on t’annonce que tu vas voir une ancienne élève de la Star Ac sur scène, pas évident de ne pas avoir de préjugés. Je défie quiconque de rester de marbre et impartial sur une telle annonce. Mais la curiosité a pris le dessus et faut dire que le titre donnait envie d’en savoir plus, d’aller voir comment le sujet serait abordé. 
D’ailleurs, parlons en des préjugés, thème principal de la pièce, montée comme une comédie musicale, où le trio métissé - Aurélie Konaté, Khalil Maouene et Felix Sabal-Lecco - s’adonne au chant, à la danse et à la comédie, mélange des genres à l’image de la diversité ethnique et culturelle que prône Bruno Fougnies, l’auteur des mots justes et tellement réels de son œuvre au cœur du contemporain.




Tismée
est la dernière mise en scène de Rubia Matignon - Jo et Joséphine, Et si on chantait, Piaf une vie en rose et noire, (nominé aux Molières 2006) -, qui raconte l’épopée d’une jeune femme à la recherche soudaine de réponses. Elle décide de jeter l’ancre et de traverser la Méditerranée pour ensuite rallier la Guinée Conakry, d’où est originaire son père, débarqué en France trois décennies auparavant. Après une blague de mauvais goût autour de la couleur de sa peau, elle croise la route des deux marins, un Camerounais et un Algérien, qui lui en feront voir de toutes les couleurs pour tester son envie et ses capacités avant ce voyage initiatique et douloureux. 
On oublie la star académicienne et on se retrouve en face d’une comédienne, d’une chanteuse et d’une danseuse qui tient son rôle jusqu’au bout, même si on peut lui reprocher de toutes petite baisses de régime - qu’on mettra sur le compte de la fatigue. On se laisse prendre par la prestation de la jolie Tismée qu'Aurélie Konaté, en tête d'affiche - Belles Belles Belles, Les monologues du vagin, Jo et Joséphine, Fame… -, incarne avec brio ceci dit.



Plus la palme que je décerne au grand Felix Sabal-Lecco - batteur de Manu Dibango, Salif Keita, Peter Gabriel, Lenny Kravitz, Ismaël Lo, Youssou Ndour… acteur et musicien dans Jo et Joséphine - pour sa prestation si rationnelle et son lyrisme, on s’y croirait presque. Un bel exutoire que l’humour pour imposer un charisme naturel qui prend facilement le pas sur celui de ses partenaires. Les rires et applaudissements témoignaient de l’engouement du public pour le jeu du comédien. Même lorsque son texte pouvait paraître un peu vide, il savait le remplir de ses fourberies. 
(Je me suis même autorisée un petit écart de conduite en manifestant haut et fort mon entrain moi qui était installée juste devant, du coup, on entendait plus que ma voix... j’en ai presque perdu tout mon enthousiasme pour ce grand batteur converti en multi-fonctions). 
Pendant plus d’1H30, on voyage à travers des chants, des titres écrits par la Canadienne
Lùa-Jù - parolière de Julien Clerc, Assia, Anthony Kavanagh… - , des intonations rythmées par des ambiances acoustiques et musicales soul, pop, blues, des chants traditionnels camerounais, du Brésil… Un beau voyage autour de la terre. La guitare et le clavier, touchants et authentiques, de Khalil Maouene - réalisateur, compositeur, pour Julien Clerc, Assia, sa soeur, Anthony Kavanagh, Laurent Ruquier… - marquent et emportent généreusement le public dans une symphonie colorée de frissons orientaux. Khalil se prêtera même au jeu de la danse. Un peu gauche et maladroit dans la gestuelle de certains de ses mouvements, on se rend vite compte que la danse n’est pas la discipline dans laquelle il excelle, mais il sera tellement tendre et émouvant derrière sa guitare, qu’il manie avec aisance, qu’on oublie vite tout le reste.



Le clip réalisé par Rachid Dhibou sera l’introduction qui donnera le ton de la pièce musicale. 
Je suis sortie de là plutôt enthousiaste, heureuse de ne pas avoir perdu mon temps, et surtout en ayant bravé les idées toutes faites avec lesquelles j’avais osé venir. Envolée la cuve de préjugés, comme quoi, ne pas se fier aux apparences, elles peuvent souvent se montrer très trompeuses. On le sait pourtant !!!


Texte - Fatou Biramah   Photos - Ma Solange Oussou 


PS : les photos ont été prises, non pas à la Reine Blanche, mais à
l'Européen, en juillet dernier, lors des toutes toutes premières représentations...


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Published by Gri-Gri International - dans Arts & culture
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